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Les troubles de l’intégration visuelle - part 10 pot

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De plus, un traitement potentiellement efficace pour les adultes atteints de strabisme, en particulier la chirurgie, peut ne pas être offert ou peut être retardé pendant une période inut

Trang 1

En pratique, si on les compare aux non fumeurs, les

fumeurs ont 4 fois plus de chances de développer une

orbitopathie, 4 fois plus de chances de voir leur

orbitopathie s’aggraver avec l’I131

et moins de chances

de répondre au traitement (prédnisone ou irradiation)17

Outre le fait qu’il faille encourager les patients à arrêter

de fumer, la stratégie de prise en charge générale de

l’or-bitopathie thyrọdienne, au cours de sa phase évolutive

consistera essentiellement à faire en sorte que les

patients se sentent aussi bien que possible jusqu’à ce

que leur maladie se stabilise et qu’une intervention

chirurgicale réparatrice définitive puisse être planifiée Il

n’en demeure pas moins que les patients devront être

étroitement surveillés et traités si des complications

menaçant leur vue survenaient

Du BoTox pour la rétraction de la paupière supérieure

Les symptơmes de la kératite lagophtalmique liés à

une exophtalmie, de la rétraction palpébrale et de la

lagophtalmie peuvent, habituellement, être maỵtrisées en

utilisant un lubrifiant oculaire Dans le cas ó la

rétrac-tion de la paupière supérieure contribue aux symptơmes

de la lagophtalmie et gêne les patients, le recours au

BoTox devra être envisagé Le BoTox peut être injecté

suivant une approche antérieure ou postérieure L’auteur

de cet article préfère l’approche postérieure car elle

pense que l’action du BoTox dans l’orbicularis devrait

être minimisée Si le tonus de l’orbicularis diminuait, la

kératite lagophtalmique et la lagophtalmie pourraient

s’aggraver Cela pourrait poser un problème, si la

rétrac-tion de la paupière supérieure ne répond pas bien, mais

que la paralysie partielle du 7° nerf crânien est induite

« J’injecte postérieurement, entre le centre et le tiers

extérieur de la paupière, juste sous la conjonctive Je

démarre habituellement avec 5 à 10 unités et j’augmente

la dose, si nécessaire, pour obtenir la hauteur palpébrale

désirée » Le patient doit comprendre le risque que ferait

courir un excès de correction et la ptose qui en

résul-terait Par ailleurs, les patients présentant une rétraction

palpébrale supérieure ne répondent pas tous au BoTox

Les patients qui ont le moins de chances de répondre

sont ceux qui présentent une fibrose significative du

muscle releveur et du muscle de Müller Toutefois, les

résultats sont habituellement excellents et les patients

se sentent encouragés car ils sentent que l’on fait

quelque chose pour eux, alors qu’ils attendent la fin de

la phase active

Des stérọdes pour la diplopie

Une diplopie survenant au cours de la phase

évolu-tive peut également être handicapante Si cette diplopie

est associée à une orbitopathie thyrọdienne congestive

significative, l’essai de stérọdes constitue un bon choix

Un traitement bref de stérọdes à forte dose (60 mg de

prédnisone par jour, pendant 5 jours, par exemple),

per-mettra, habituellement, à l’ophtalmologiste de

déter-miner si la prédnisone peut être utile S’il n’obtient pas

de réponse pendant ces 5 jours, il pourra stopper, sans

risque, la prédnisone à forte dose, sans avoir à la réduire

progressivement S’il constate un certain bénéfice, il

pourra poursuivre cette posologie 1 à 2 semaines de

plus, jusqu’à ce qu’il obtienne le bénéfice maximum La posologie de la prédnisone sera alors réduite lentement sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois Les patients devront être mis au courant des effets secondaires de la prédnisone ainsi que des effets indésirables potentiels tels que le diabète, l’hyperten-sion, l’ostéoporose et la nécrose avasculaire de la hanche Sur le court terme, les patients ressentiront, plus vraisemblablement, un surcroỵt d’énergie, des troubles du sommeil, une augmentation de l’appétit et

un gain de poids Il est rare qu’une psychose due aux stérọdes intervienne par la suite

Chez les patients qui répondent bien à la préd-nisone, le traitement devra être réduit lentement Cela pourra prendre plusieurs semaines, voire, le plus sou-vent, plusieurs mois Si cette diminution progressive est rendue impossible par la récurrence des symptơmes, aux faibles doses, ou par des complications dues à la prédnisone, il faudra alors envisager un traitement par irradiation Les patients s’alarment souvent lorsqu’on leur parle d’irradiation Ils croient que cela va les rendre malades et qu’ils vont perdre leurs cheveux L’ophtal-mologiste peut aider à rassurer les patients en leur expliquant que le risque que représente la prise de préd-nisone à long terme est de loin supérieur à celui que représente une irradiation à faible dose Le traitement standard prévoit 2.000 rads (administré à raison de 200 rads par séance, pendant 10 séances étalées sur une période de 2 semaines) Quand les patients compren-nent que cette dose n’est généralement associée qu’à une sécheresse oculaire transitoire et à des risques minimes de cataracte, ils deviennent plus ouverts à cette alternative Dans la plupart des cas d’orbitopathie thyrọdienne, l’irradiation n’est pratiquée qu’une fois Toutefois, dans les cas sérieux, on peut recourir à l’irra-diation, au début, pour les orbitopathies thyrọdiennes sévères congestives, puis ensuite, plus tard, pour les neuropathies optiques compressives Dans ce cas, les complications dues à l’irradiation provoquées par les 2.000 rads supplémentaires vont s’ajouter aux complica-tions provoquées par les 2.000 rads du traitement initial Avec 4.000 rads, les patients développeront probable-ment une cataracte et seront exposés à un léger risque

de rétinopathie et / ou de neuropathie optique dues à l’irradiation Ces complications, plus sérieuses, devien-dront encore plus probables avec 6.000 rads

Irradiation : Le traitement par irradiation orbitaire ne

produit pas de résultats immédiats En effet, on constate,

en général, une absence d’effets notables au cours des deux premières semaines, une aggravation fréquente de

la situation, entre la troisième et la quatrième semaine mais une amélioration graduelle entre la cinquième et

la sixième semaine Cette amélioration se poursuit sur une période allant jusqu’à trois mois Compte tenu de ce schéma, il est sage d’ajouter la prédnisone au traitement,

au cours du premier mois, puis d’en diminuer la posolo-gie, lentement, au cours des semaines suivantes L’amélioration au niveau de la diplopie et de l’exoph-talmie est variable et s’observe sur environ 50 % des patients L’efficacité du traitement par irradiation, dans les cas d’orbitopathie thyrọdienne modérée, a été 6

Trang 2

récemment remise en question Toutefois, de

nom-breux chirurgiens oculoplasticiens croient qu’il peut

être efficace s’il est pratiqué judicieusement, sur des

patients choisis D’une manière générale, les patients qui

présentent une forme inflammatoire aiguë de la maladie

et qui ont bien répondu à la prédnisone font partie du

même groupe que les patients qui présentent une forme

inflammatoire aiguë de la maladie et qui répondront à

l’irradiation

Neuropathie optique : Dans la prise en charge des

patients atteints d’orbitopathie thyrọdienne évolutive,

le plus important est de ne jamais cesser de suspecter

une neuropathie optique Certains patients sont plus

enclins que d’autres à développer une neuropathie

optique compressive Comme on pourrait l’imaginer, les

patients qui présentent une orbitopathie thyrọdienne

congestive significative, avec une restriction des

mouve-ments extra-oculaires et une exophtalmie, sont des

patients à risque Il existe, toutefois, un nombre

signifi-catif de patients sans orbitopathie sévère, qui sont

égale-ment à risque On peut, en effet, citer, parmi les facteurs

de risque, l’âge avancé, le sexe masculin et le diabète Si

l’on soupçonne une orbitopathie thyrọdienne, il faudra

rechercher une anomalie du champ visuel Un scanner

CT, plus particulièrement concentré sur des vues

coro-nales de l’apex orbitaire, est également utile pour

détecter une rétraction apicale Ce signe est presque

toujours présent et confirme largement le diagnostic de

neuropathie optique congestive thyrọdienne Une

sur-veillance étroite de l’acuité visuelle et du champs visuel

sera utile pour déterminer si la neuropathie optique

s’améliore ou progresse Si elle est détectée et traitée à

temps, elle constitue une cause réversible de perte de

vision D’une manière générale, plus la vision devient

opaque, plus vite les patients évolueront vers une perte

de vision irréversible Un déficit visuel modéré et stable

peut être observé pendant des semaines, voire des mois,

sans effets indésirables Toutefois, la neuropathie

optique pouvant se compliquer par une perte visuelle

sévère et de progression rapide, il importera donc

d’in-staurer un traitement dès que le diagnostic sera posé

Bien que l’on dispose, en cas de neuropathie optique

compressive, de trois options de traitement (stérọdes,

irradiation et décompression orbitaire), il n’existe pas de

consensus sur la meilleure façon de prendre en charge

cette affection Certains centres recommandent

l’irradia-tion et même la chirurgie, comme traitement de

pre-mière intention Mais la majorité recommande d’essayer

les stérọdes pour commencer « Ma propre stratégie

thérapeutique est la suivante : si le patient répond bien

à la prédnisone, mais si le bénéfice qu’il en retire ne se

maintient pas lorsque l’on en réduit la posologie, ou si

les effets indésirables de la prédnisone font leur

appari-tion, l’irradiation est alors recommandée » Il est

toute-fois important de bien garder présent à l’esprit que ce

n’est qu’au bout de 6 semaines après l’irradiation que les

effets bénéfiques commenceront à être ressentis Par

conséquent, en cas de perte visuelle significative, une

restauration plus rapide de la vision est nécessaire pour

éviter que la perte visuelle soit permanente et que

l’irra-diation puisse ne pas être appropriée Si l’on ne constate aucune amélioration de la vision avec la prédnisone, ou

si la perte visuelle demeure significative, en dépit d’une certaine amélioration, il faudra alors recourir rapide-ment à une chirurgie orbitaire de décompression La décompression orbitaire, dans le cas d’une neuropathie optique, est en général, une décompression au niveau des trois parois : il faudra faire particulièrement atten-tion à la décompression des alvéoles ethmọdes situés le plus en arrière L’amélioration de la vision peut prendre plusieurs jours et une amélioration soutenue peut n’in-tervenir qu’au bout de plusieurs semaines après une décompression orbitaire réussie Si la perte visuelle intervenue avant la décompression n’est pas d’installa-tion ancienne, la plupart des patients bénéficieront d’une récupération totale de leur vision Une récupéra-tion incomplète de la vision, en dépit d’une chirurgie de décompression adaptée, est plus rare Dans ces cas, une irradiation d’appoint constitue une option

L’orbitopathie thyrọdienne non évolutive

Une fois que l’orbitopathie thyrọdienne a été stabi-lisée, une chirurgie réparatrice peut être planifiée pour les patients qui présentent une exophtalmie, une diplopie ou une rétraction palpébrale persistantes Il s’agit là du groupe de patients thyrọdiens que les chirurgiens oculoplasticiens voient le plus couramment

À ce stade, les patients sont beaucoup faciles à traiter : ils ont, en effet, acquis une meilleure compréhension de leur maladie et leurs attentes sont plus réalistes Ils sont

à présent heureux d’être parvenus enfin à ce stade ó des programmes de réparation chirurgicale peuvent leur être proposés

La réparation chirurgicale est un processus progres-sif Chez les patients présentant une exophtalmie, une diplopie et une rétraction palpébrale significatives, la première intervention chirurgicale aura pour objectif la décompression Elle sera suivie par une correction chirurgicale du strabisme, puis par une correction de la rétraction des paupières supérieure et/ou inférieure et, pour finir, par une blépharoplastie, si indiquée Bien entendu, toutes ces interventions chirurgicales ne seront pas nécessaires pour tous les patients En général,

un intervalle d’environ 6 semaines est laissé entre chaque intervention et la plupart des chirurgiens ocupolasticiens n’effectuent les décompressions qu’au rythme d’une à la fois L’avantage de cette approche pro-gressive, c’est qu’elle minimise le nombre total d’inter-ventions chirurgicales et de révisions nécessaires pour obtenir le résultat final désiré

La décompression orbitaire peut mettre en jeu 1, 2

ou 3 parois orbitaires, selon la sévérité de l’exophtalmie

De même, la décompression de la graisse orbitaire peut être faite seule ou en même temps que la décompression osseuse En général, la décompression graisseuse per-mettra de diminuer l’exophtalmie de 1 à 3 mm de plus (2 mm en moyenne) La chirurgie du strabisme met en œuvre une récession plutơt qu’une résection des mus-cles extra-oculaires Beaucoup de chirurgiens préfèrent des sutures ajustables chez les patients thyrọdiens

Trang 3

1 Spector RH, Carlisle JA Minimal thyroid ophthalmopathy Neurology

1987;37:1803.

2 Kalman K, Leovey A, Kelenhegyi C, et al Euthyroid infiltrative

oph-thalmopathy: Clinical immunological characteristics Acta Med Hung

1989;46:101.

3 Prummel MF, Wiersinga WM, Mourits MP, et al Effect of abnormal

thyroid function on the severity of Graves’ ophthalmopathy Arch Intern Med 1990;150:1098.

4 Hancock SL, Cox RS, McDougall IR Thyroid disease after treatment

of Hodgkin’s disease N Engl J Med 1991;325:599.

5 Gorman CA Thyroid function testing: A new era Mayo Clin Proc

1988;63: 1026.

6 Spierer A, Eisenstein Z The role of increased intraocular pressure on

upgaze in the assessment of Graves’ ophthalmopathy Ophthalmology

1991;98:1491.

7 Khalil HA, deKeizer RJW, Kijlstra A Analysis of tear proteins in Graves’ ophthalmopathy by high performance liquid

chromatogra-phy Am J Ophthalmol 1988;106:186.

8 Henderson J Optic neuropathy of exophthalmic goiter (Graves’

dis-ease) Arch Ophthalmol 1958;59:471.

9 Neigel AM, Rootman J, Belkin RI, et al Dysthyroid optic neuropathy:

The crowded orbital apex syndrome Ophthalmology 1988;95:1515.

10 Trobe J Optic nerve involvement in dysthyroidism Ophthalmology

1981; 88:488.

11 Anderson RL, Tweeten JP, Patrinely JR, et al Dysthyroid optic neuropathy without evidence of extraocular muscle involvement.

Ophthalmic Surg 1989;20:568.

12 Shammas HJ, Minckler DS, Ogden C Ultrasound in early orbitopathy.

Arch Ophthalmol 1980;98:277.

13 Patrinely JR, Osborn AG, Anderson RL, Whiting AS Computed tomo-graphic features of nonthyroid extraocular muscle enlargement.

Ophthalmology 1989;96:1038.

14 Rothfus WE, Curtin HD Extraocular muscle enlargement: A CT

review Radiology 1984;151:677.

15 Bartalena L, et al Relation between therapy for hyperthyroidism and

the course of Graves ophthalmopathy N Engl J Med 1998;338:73-8

16 Tallstedt L, Lundell G, Torring O, et al Occurrence of ophthalmopathy

after treatment of Graves hyperthyroidism N Engl J Med 1992;

326(26):1733-8.

17 Utiger RD Cigarette smoking and the thyroid N Engl J Med 1995;

333(15): 1001-2.

18 Gorman CA, Garrity JA, Fatourechi V, et al A prospective, random-ized, double-blind, placebo-controlled study of orbital radiotherapy

for Graves’ ophthalmopathy Ophthalmology 2001;108(9):1523-34.

La correction de la rétraction palpébrale inférieure

nécessite l’utilisation de matériel d’épaississement Les

greffes autogènes, comme celles du tarse palpébral

supérieur, du cartilage de l’oreille, de la vỏte palatine

ou de la cloison des fosses nasales constituent un bon

choix En ce qui concerne les tissus des banques, tels

que la sclérotiques conservée en banque, il faudra

prévoir de prendre une taille supérieure, dans la mesure

ó la contraction est plus prononcée avec du matériel

autologue La correction de la rétraction palpébrale

inférieure est plus difficile, si l’exophtalmie n’a pas été

traitée convenablement Dans ce cas, il est important de

ne pas procéder à un resserrement horizontal sans un

soutien vertical adéquat, étant donné que la paupière

inférieure peut être repoussée sous le globe oculaire

(comme lorsqu’on resserre une ceinture sous un ventre

bedonnant) La correction de la rétraction palpébrale

supérieure ne nécessite pas de matériel

d’épaississe-ment On peut exciser la partie postérieure du muscle

de Müller et / ou détacher la partie antérieure de

l’aponévrose du releveur La blépharoplastie

chirurgi-cale constitue la dernière étape Les principes généraux

de la chirurgie s’appliquent; il est, toutefois, important

de bien réaliser que les tissus adipeux sont souvent plus

vasculaires et plus fibreux Il faudra veiller à ne pas être

trop agressif lorsqu’on retire de la peau, dans la

blépharoplastie de la paupière inférieure, parce que ces

patients peuvent présenter un risque accru de rétraction

palpébrale inférieure, notamment dans les cas

d’exoph-talmie résiduelle préexistante

Conclusions

Les approches non chirurgicales et chirurgicales de

l’orbitopathie thyrọdienne décrites plus haut ne

doivent être considérées que comme des référentiels :

en effet, les cas sont éminemment variables et chacun

d’entre eux doit être abordé de manière individuelle Il

n’existe aucun consensus général quant à la meilleure

démarche non chirurgicale ou chirurgicale Étant donné

que notre compréhension de cette maladie

auto-immune augmente, nous disposerons,

vraisemblable-ment, de traitements plus spécifiques dans le futur D’ici

là, cet article fournit un cadre pour aider à prendre en

charge les patients atteints d’orbitopathie thyrọdienne

Nancy Tucker, M.D., est une médicine au Département

d’ophtalmologie, à l’hơpital Mount Sinai, Division de

plastiques oculaires

© 2006 Département d’ophtalmologie et des sciences de la vision, Faculté de médecine, Université de Toronto, seul responsable du contenu de cette publication Édition : SNELL Communication Médicale Inc avec la collaboration du Département d’ophtalmologie et des sciences de la vision, Faculté de médecine, Université de Toronto MD

Ophtalmologie – Conférences scientifiques est une marque

déposée de SNELL Communication Médicale Inc Tous droits réservés L’administration d’un traitement thérapeutique décrit ou mentionné dans Ophtalmologie – Conférences scientifiques doit toujours

être conforme aux renseignements d’ordonnance approuvés au Canada SNELL Communication Médicale se consacre à l’avancement de l’éducation médicale continue de niveau supérieur.

L’élaboration de cette publication a bénéficié d’une subvention à l’éducation de

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130-023F

La version française a été révisée par le professeur Pierre Lachapelle, Montréal.

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S N E L L

La D re Tucker déclare qu’elle n’a aucune divulgation à faire

en association avec le contenu de cette publication.

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Conférences scientifiques

SEPTEMBRE/OCTOBRE 2007 Volume 5, numéro 5

COMPTE RENDU DES CONFÉRENCES SCIENTIFIQUES DU DÉPARTEMENT D’OPHTALMOLOGIE ET

DES SCIENCES DE LA VISION, FACULTÉ DE MÉDECINE, UNIVERSITÉ DE TORONTO

Département d’ophtalmologie

et des sciences de la vision Faculté de médecine Université de Toronto

60 Murray St

Bureau 1-003 Toronto (Ontario) M5G 1X5

Le contenu rédactionnel d’Ophtalmologie – Conférences scientifiques est déterminé

exclusivement par le Département d’ophtalmologie et des sciences de la vision, Faculté de médicine, Université de Toronto.

Département d’ophtalmologie

et des sciences de la vision

Jeffrey Jay Hurwitz, M.D., Rédacteur

Professeur et président

Martin Steinbach, Ph.D

Directeur de la recherche

The Hospital for Sick Children

Elise Heon, M.D

Ophtalmologiste en chef

Mount Sinai Hospital

Jeffrey J Hurwitz, M.D

Ophtalmologiste en chef

Princess Margaret Hospital (Clinique des tumeurs oculaires)

E Rand Simpson, M.D

Directeur, Service d’oncologie oculaire

St Michael’s Hospital

Alan Berger, M.D

Ophtalmologiste en chef

Sunnybrook Health Sciences Centre

William S Dixon, M.D

Ophtalmologiste en chef

University Health Network Toronto Western Hospital Division

Robert G Devenyi, M.D

Ophtalmologiste en chef

Strabisme de l’adulte

Partie 1 : Mythes et réalité

PARSTE PH E NP KR AFT, M.D., FRCSC

La mention de strabisme de l’adulte remonte aux temps anciens Les statues

égypti-ennes qui datent de 2750 AJC et 1850 AJC révèlent des pharaons présentant un strabisme

horizontal, alors que les papyrus égyptiens du 18 e siècle AJC décrivent une déviation de l’oeil

et une amblyopie 1 Malgré l’histoire longuement documentée des affections des muscles

oculaires et de leurs traitements, plusieurs idées fausses prévalent encore parmi les

profes-sionnels des soins ophtalmologiques De plus, un traitement potentiellement efficace pour

les adultes atteints de strabisme, en particulier la chirurgie, peut ne pas être offert ou peut

être retardé pendant une période inutilement longue en raison du manque de

connais-sances ou de prise de conscience de ses avantages de la part des professionnels des soins

ophtalmologiques ou des patients 2

Cet article est divisé en deux parties La partie 1, dans ce numéro d’Ophtalmologie –

Conférences scientifiques,présente les mythes qui prévalent sur le strabisme de l’adulte et

la réalité, alors que la partie 2, dans le prochain numéro, se concentrera sur les aspects

thérapeutiques Pour les besoins de notre discussion, on entend par strabisme de l’adulte un

strabisme chez les patients qui ont dépassé l’âge de la maturité visuelle, qui est

générale-ment considéré comme étant de 8 à 9 ans 3-6 Nous espérons que cet article contribuera à

actualiser l’opinion et les connaissances de nombreux praticiens et à éliminer les mythes et

les fausses idées qui prévalent dans ce domaine.

Les mythes

Nous indiquons ci-dessous des idées fausses sur le strabisme de l’adulte qui prévalent

fréquemment :

• C’est une maladie qui se déclare toujours pendant l’enfance

• L’amblyopie est irréversible chez les adultes

• Le strabisme de l’adulte est un problème esthétique et par conséquent, la chirurgie et d’autres

traitements ne procurent pas de bénéfices fonctionnels

• La chirurgie des muscles oculaires n’offre aucun bénéfice lorsque le patient est atteint

d’am-blyopie

• La chirurgie d’un strabisme ancien est associée à un risque élevé de vision double après que

les yeux ont été réalignés

• Le taux de succès pour obtenir un réalignement stable après la chirurgie est plus faible chez

les adultes que chez les enfants

• Peu de progrès ont été faits dans le diagnostic et le traitement du strabisme de l’adulte compa

-rativement à d’autres domaines ophtalmologiques

• La chirurgie du strabisme chez les adultes dépasse les compétences des ophtalmologistes

généraux et ne devrait être réalisée que par des chirurgiens spécialisés dans ce domaine

La réalité

Le strabisme de l’adulte se déclare t-il toujours pendant l’enfance ? Le strabisme qui se manifeste

après l’âge de la maturité visuelle peut avoir son origine dans la petite enfance ou l’enfance, mais

il peut survenir pour la première fois chez des patients plus âgés Dans de nombreux cas, la dévia

tion des yeux a été traitée au cours des premières années de sa survenue par la chirurgie ou des

méthodes non chirurgicales, mais la déviation oculaire est réapparue ou n’a pas été totalement

corrigée La chirurgie durant l’enfance peut donner des résultats satisfaisants pendant de

nombreuses années, mais la correction du strabisme peut se détériorer à la suite d’un certain

nombre de facteurs, incluant la modification de la réfraction, d’autres interventions chirurgicales

ophtalmologiques (p ex la chirurgie de la cataracte ou la chirurgie réfractive), la perte

tempo-raire de vision dans un œil, des maladies systémiques et un traumatisme En revanche, les

MD

Département d’ophtalmologie et des sciences de la vision

FAC U LT Y O F M E D I C I N E

Un i v e r s i t y o f To r o n t o

Disponible sur Internet à : www.ophtalmologieconferences.ca

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plus de 8 ans ont obtenu autant d’amélioration que ceux âgés de moins de 8 ans, dans la mesure ó ils adhéraient

au traitement8 Un autre groupe a démontré que les enfants âgés de 9 à 15 ans pouvaient obtenir une amélioration notable de la vision avec un traitement conventionnel, incluant l’occlusion et le port de lunettes, même s’ils n’avaient pas été traités antérieurement pour amblyopie9

L’étude la plus complète auprès d’amblyopes plus âgés

a été menée entre 2001 et 2004 par un groupe important d’ophtalmologistes pédiatres issus plusieurs centres

nord-américains et connu sous l’acronyme PEDIG (Pediatric Eye

Disorders Investigative Group) Ils ont traité plus de 500

patients âgés de 7 à 17 ans atteints d’amblyopie anisométropique et strabique par pénalisation ou occlu-sion, avec des périodes quotidiennes de vision de près pour l’œil amblyopique Ils ont constaté que 35 % avaient gagné ≥ 2 lignes d’acuité visuelle et le temps de récupéra-tion était le même que chez les enfants qui avaient reçu les mêmes traitements7,10

Les données accumulées de ces études confirment le principe que le système visuel de l’adulte conserve une certaine neuroplasticité bien au-delà de la troisième et quatrième décennie de la vie Étant donné que l’on ne peut pas prédire quels sont les patients qui répondront au traitement, il n’est plus acceptable de refuser un traitement

à un patient, peu importe l'âge, qui est motivé à améliorer

la vision de son oeil amblyope Ces études suggèrent également que s’il doit y avoir une amélioration, celle-ci sera généralement visible 4 à 6 semaines après le début du traitement Par conséquent, si l’on n’observe aucun changement durant ce laps de temps, le professionnel des soins ophtalmologiques peut envisager d’interrompre le traitement

La discussion sur ce thème ne serait pas complète si l’on ne mentionnait pas divers médicaments oraux qui, selon certains rapports, renforcent l’effet de l’occlusion oculaire en inversant l’amblyopie tant chez les enfants que chez les jeunes adultes Des études publiées ont démontré que les médicaments dopaminergiques (p ex l’association lévodopa/carbidopa) peuvent entraỵner une amélioration

de la vision chez les patients qui ne répondent pas bien à l’usage thérapeutique de l’occlusion ou qui ont un gain de vision très limité11 Des études européennes ont vanté les vertus d’autres médicaments, tels que la citrulline, pour améliorer la performance des yeux amblyopiques Cependant, d’autres chercheurs n’ont pas constaté l’effi-cacité de ces agents A ce jour, l’utilisation de ces médica-ments dans le traitement de l’amblyopie chez les enfants

ou les adultes ne fait pas l’objet d’un consensus

La correction du strabisme de l’adulte est-elle esthétique ou fonctionnelle ? De nombreux ouvrages scientifiques confir-ment que le réaligneconfir-ment des yeux chez les grands enfants et les adultes n’est pas qu’esthétique, car il offre plusieurs bénéfices fonctionnels Cependant, les spécia -listes en ophtalmologie ainsi que la communauté médicale

en général continuent d’entretenir l’idée fausse qu’un tel traitement est purement de nature esthétique, ce qui a également créé des obstacles au remboursement des inter-ventions chirurgicales pour strabisme de l’adulte dans certaines juridictions d’Amérique du Nord

La première démarche pour reconnaỵtre les vertus du traitement du strabisme de l’adulte est de nature séman-tique Le terme « traitement esthétique » implique le

changement d’une situation normale à une situation

différente, mais néanmoins normale12

Cependant, une

patients issus de milieux désavantagés ou de pays ó les

ressources pour la chirurgie ophtalmologique sont

limitées, peuvent ne pas avoir eu l’opportunité de recevoir

un traitement pour leur affection pendant leur enfance et

peuvent consulter pour la première fois à l’âge adulte afin

que leur déviation des yeux soit corrigée

Le strabisme acquis à l’âge adulte peut être dû à de

nombreuses causes, qui peuvent être subdivisées en

étiologies innervationnelles et mécaniques Les affections

innervationnelles incluent la paralysie des nerfs crâniens

infranucléaires et supranucléaires due à un grand nombre

de causes, incluant l’AVC, le traumatisme crânien et les

maladies neurologiques systémiques telles que la

myasthénie Les étiologies mécaniques comprennent les

affections de l’orbite qui restreignent les muscles oculaires

Celles-ci peuvent être subdivisées en anomalies de l’os, des

muscles, des tissus mous et de l’œil lui-même Les causes

osseuses incluent les fractures et les déformations

asso-ciées aux syndromes crânio-faciaux Des exemples

d’éti-ologies musculaires sont l’orbitopathie thyrọdienne et la

présence de cicatrices dues à une chirurgie antérieure du

strabisme Les tissus mous peuvent être affectés par des

lésions dans l’espace intraconique ou extraconique ou par

des affections diffuses telles qu’une pseudotumeur

inflam-matoire idiopathique Les affections ophtalmologiques

intrinsèques incluent une très forte myopie qui peut

déplacer le globe à l’intérieur de l’orbite Enfin, le strabisme

a des causes iatrogènes telles qu’une opération de

plisse-ment scléral pour le décolleplisse-ment rétinien et la mise en

place d’implants de drainage pour un glaucome

Les adultes atteints d’un strabisme qui a persisté

depuis l’enfance ne présentent habituellement pas de

symptơmes subjectifs Le phénomène de suppression pour

éliminer la diplopie qui apparaỵt durant l’enfance continue

après que la maturité visuelle est atteinte Par opposition,

la déviation des yeux qui réapparaỵt après des années de

stabilité ou survient de novo chez des adultes produit

souvent un ou plusieurs des symptơmes suivants :

• La diplopie (la perception de la même image dans deux

directions visuelles différentes)

• La confusion visuelle (la perception de deux images

différentes dans la même direction visuelle)

• L’asthénopie (divers symptơmes liés à la « fatigue

oculaire » tels que les céphalées, la difficulté de

focalisa-tion et la tolérance réduite pour la vision de près)

Les adultes peuvent adopter une position de la tête

compensatrice afin de maintenir la fusion binoculaire si le

strabisme est incomitant et s’il y a une région de vision

binoculaire simple dans leur champ binoculaire

L’amblyopie est-elle réversible chez les patients ayant

atteint une maturité visuelle ? Pendant des décennies, on

supposait que lorsqu’une personne avait atteint la

matu-rité visuelle, il n’était plus possible d’inverser l’amblyopie

Par conséquent, jusqu’à ces dernières années,

l’administra-tion de traitements tradil’administra-tionnels, tels que l’occlusion et la

pénalisation chez les enfants âgés de plus de 9 ou 10 ans

ou chez les adolescents qui avaient subi une perte de

vision en raison de la modification de la réfraction ou d’un

strabisme, n’était pas une pratique standard Cependant,

l’approche pour ces « amblyopes plus âgés » a

complète-ment changé après que plusieurs études, publiées au cours

des 50 dernières années, ont démontré une récupération

importante de la vision chez les grands enfants ou les

adultes adultes amblyopes soit à la suite du traitement de

leur amblyopie ou encore de la détérioration de la vision

dans leur bon oeil7

Dans une étude, les enfants âgés de

Trang 6

du résultat, même en l’absence de fusion sensorielle démontrable Dans une étude, les patients dont le stra-bisme s’était déclaré après la maturité visuelle ont obtenu

un meilleur alignement moteur que ceux dont la déviation

était apparue durant l’enfance (81 % vs 63 %)14

Récupération du champ statique de vision binoculaire :

L’un des bénéfices insuffisamment reconnu de la chirurgie

du strabisme de l’adulte est la normalisation du champ de vision binoculaire ou de l’étendue du champ binoculaire

Ce champ peut être mesuré en utilisant une instrumenta-tion conveninstrumenta-tionnelle, incluant le périmètre de Goldmann,

ou à arc ou des dispositifs informatisés destinés au test du champ visuel Cet avantage est particulièrement important pour les patients atteints d’ésotropie Plusieurs études ont confirmé que l’étendue horizontale du champ binoculaire est tronquée dans une proportion allant jusqu’à 30 % d’un cơté ou de l’autre en raison du strabisme convergent20 La perte du champ visuel binoculaire statique a été corrélée

à un risque plus élevé d’accidents de véhicule à moteur21 Une chirurgie de l’ésotropie réussie a rétablir l’étendue du champ binoculaire à la normale chez plus de 90 % des patients dans 2 séries22,23 L’expansion du champ visuel vertical est également possible après une chirurgie correc-trice des muscles oculaires verticaux24

Récupération du champ dynamique de vision binocu-laire simple : L’un des tests les plus utiles de mesure de l’incapacité due au strabisme est le champ dynamique de vision binoculaire simple Le champ de fusion du patient est tracé sur un périmètre de Goldmann ou à arc en util-isant un point ou une cible lorsque le patient déplace les yeux le long de méridiens de la position initiale vers la périphérie25,26

Le graphique fournit une illustration de la zone de vision simple et de la région du champ dans lequel

le patient présente une diplopie (figure 1) Le champ peut être mesuré en utilisant un modèle qui est pondéré en fonction des régions fonctionnelles les plus importantes,

à savoir la région située à 30o

de la position initiale et

le champ visuel vers le bas également (figure 2)25 La chirurgie du strabisme qui est conçue et réalisée de façon optimale peut entraỵner un augmentation importante de l’étendue du champ de vision binoculaire simple et une amélioration du score pondéré attribué au champ de vision binoculaire simple12,27,28 L’expansion du champ de

déviation oculaire est un état anatomique et physiologique

anormal et le réalignement des yeux rétablit une vision

binoculaire normale ou moins anormale Le terme

appro-prié pour cette correction est une thérapie « restauratrice »

ou « reconstructrice »12,13

Il ne fait aucun doute que le réalignement d’un œil non aligné offre un avantage

esthé-tique au patient en termes d’apparence, mais ce

change-ment transforme une situation anormale en une situation

plus normale ou naturelle.

La chirurgie est souvent nécessaire pour corriger un

strabisme lorsque la maturité visuelle est atteinte, et le

reste de cette section traite des bénéfices fonctionnels

conférés par la chirurgie des muscles oculaires Cependant,

il faut noter qu’il existe plusieurs méthodes non

chirurgi-cales pour rétablir la fonction binoculaire et un bon

aligne-ment des yeux Les options chirurgicales et non

chirurgi-cales seront examinées dans la partie 2 de cet article dans

le prochain numéro d’Ophtalmologie – Conférences

scien-tifiques Les bénéfices de la chirurgie du strabisme «

restau-ratrice » peuvent être analysés en établissant 6 catégories :

élimination des symptơmes, récupération de la vision

binoculaire (fusion et stéréopsie), récupération du champ

statique de vision binoculaire, récupération du champ

dynamique de vision binoculaire simple, amélioration du

fonctionnement psychosocial et calcul du cỏt-efficacité

de la chirurgie du strabisme de l’adulte

Élimination des symptơmes :Deux des symptơmes les

plus gênants chez les patients adultes atteints de strabisme

sont la diplopie et le torticolis Le taux de succès de la

chirurgie du strabisme pour éliminer la diplopie varie de

55 % à 94 %, avec une moyenne de 71 %14

Les positions compensatrices de la tête peuvent être causées par

diverses affections liées au strabisme et une chirurgie de

réalignement réussie peut éliminer les torticolis dans plus

de 80 % des cas15 Une étude canadienne menée auprès de

222 adultes a révélé un taux de 76 % de résolution

postopératoire des symptơmes présentés avant l’opération

comme la diplopie, l’asthénopie et le torticolis oculaire5

Une étude menée auprès de 299 patients adultes atteints

de strabisme a révélé que la chirurgie a entraỵné une

amélioration importante dans l’exécution des tâches non

professionnelles de la vie quotidienne (marche, conduite,

lecture et activités de loisirs), les problèmes liés au travail

et les symptơmes liés à la vision (incluant la diplopie, la

fatigue oculaire et les céphalées de nature ophtalmique)16

Récupération de la vision binoculaire (fusion) :Un grand

nombre d’ouvrages scientifiques ont confirmé que chez les

patients qui ont dépassé la maturité visuelle, le taux de

récupération de la fusion sensorielle binoculaire est

élevé14

Ces études ont utilisé divers tests de la fonction

binoculaire, incluant le test des quatre points de Worth, le

test réalisé à l’aide de verres striés de Bagolini et les

stéréotests de Titmus ou Lang3,6,17-19

Une autre observation importante est que la récupération de la fusion n’est pas

limitée aux patients qui ont développé un strabisme après

l’âge de la maturité visuelle En fait, 50 % des patients

atteints de strabisme apparu pendant l’enfance ont

récupéré la vision sensorielle binoculaire après une

chirurgie à l’âge adulte, qu’ils aient ou non subi une

chirurgie antérieure pendant leur enfance3,18

De nombreux patients adultes qui subissent une

chirurgie et ne montrent pas de fusion sensorielle aux tests

de fusion ou de stéréopsie après l’intervention obtiennent

néanmoins une petite amélioration motrice stable à long

terme au niveau de l’angle de strabisme4 Cela suggère que

la fusion motrice peut jouer un rơle dans la stabilisation

Figure 1 : Schéma du champ dynamique de vision binoculaire simple (VBS) chez un patient présentant une parésie du quatrième nerf droit montrant la région ó le patient note une diplopie (région ombrée) et une vision simple (non ombrée) 25

Trang 7

vision binoculaire simple d’un patient est corrélée

avec l’impression subjective d’une amélioration des

activités de la vie quotidienne25

Amélioration du fonctionnement psychosocial :De

nombreuses études se sont penchées sur les incapa

-cités sociales et subjectives des adultes atteints de

strabisme L’amblyopie et le strabisme ont un impact

négatif sur le fonctionnement visuel subjectif, le

bien-être, l’image de soi, les relations interpersonnelles, le

travail scolaire et l’activité sportive chez les

adultes29,30 Une enquête révèle que jusqu’à deux tiers

des adultes interrogés qui présentaient des

antécé-dents de strabisme ont rapporté des consé quences

indésirables survenues à un moment donné de leur

vie en raison de leur affection oculaire30

Le strabisme est un obstacle important pour obtenir un emploi,

l’impact étant plus grave chez les femmes

deman-deuses d’emploi que chez les hommes, et il est encore

plus important chez les patients atteints d’ésotropie

que chez ceux souffrant d’exotropie31,32

Une chirurgie de réalignement réussie peut

élim-iner de nombreux stress négatifs sociaux et

psychologiques30,33

Dans une étude, on a observé que les patients dont les yeux étaient droits après la

chirurgie présentaient une réduction marquée de la

gravité de plusieurs indicateurs importants

d’inca-pacité comparativement à ceux qui présentaient une

déviation résiduelle notable16 Dans un autre rapport

portant sur 31 adultes qui ont subi une chirurgie

pour un strabisme horizontal ancien, on a noté une

amélioration majeure de plusieurs indicateurs

psychosociaux

Quantification du cỏt-efficacité de la chirurgie du

strabisme de l’adulte :Dans plusieurs études bien

conçues, des analyses du cỏt-utilité ont été

effec-tuées pour appuyer l’hypothèse que la chirurgie du

strabisme de l’adulte offre un bon rapport

cỏt-effi-cacité Une étude prospective importante a indiqué un

gain moyen de 2,61 années de vie ajustées pour la

qualité (QALY) après une chirurgie du strabisme chez

des adultes et le cỏt-utilité de la chirurgie est de

Ophtalmologie

1600 US$/QALY, ces deux valeurs ayant « un très bon rapport cỏt-efficacité »35

Un autre groupe utilisant le questionnaire standard sur la fonction visuelle-14 (VF-14) pour évaluer l’impact de plusieurs affections oculaires sur la qualité de vie a constaté des effets subjectifs et quantitatifs négatifs importants chez les adultes atteints de strabisme et d’amblyopie29

Enfin,

le traitement de l’amblyopie s’est avéré avoir un très bon rapport cỏt-efficacité lorsqu’il a fait l’objet d’une analyse du cỏt-utilité36

L’amblyopie limite t-elle les bénéfices fonctionnels de la chirurgie du strabisme de l’adulte ? Bien que cela puisse sembler contre-intuitif, la présence d’ambly-opie n’est pas un obstacle pour obtenir nombre des bénéfices conférés par la correction du strabisme On parvient à rétablir un champ de vision binoculaire statique en présence ou non d’amlyopie2,23 Dans une étude importante menée auprès d’adultes qui ont subi une chirurgie correctrice, l’amblyopie n’a pas limité la possibilité de rétablir la fusion périphérique18

Y a t-il un risque élevé de diplopie après la chirurgie ?

Il existe un mythe répandu parmi les praticiens en soins ophtalmologiques qu’il existe un risque élevé de diplopie après le réalignement d’un œil adulte C’est pourquoi, on refuse inutilement à de nombreux patients d’être opérés ou de recevoir d’autres traite-ments pour rétablir un alignement normal des yeux2

Il est vrai qu’il n’est pas rare que les patients souffrent

de diplopie réfractaire et prolongée après une chirurgie réussie Cette situation prévaut qu’elle que soit la durée ou l’âge d’apparition d’une déviation des yeux3

Une étude rétrospective chez plus de 800 patients adultes subissant une chirurgie a révélé que parmi les patients dont l’angle de déviation était de quelques dioptries prismatiques, l’incidence de la diplopie chronique position primaire n’était que de 1,4 %3 Deux études ont analysé le risque de diplopie postopératoire selon que les patients présentaient ou non une diplopie lorsqu’on utilisait un prisme pour compenser la déviation oculaire lors de la dernière visite avant l’intervention chirurgicale Parmi ceux qui n’ont rapporté aucune diplopie avec le prisme, le risque de diplopie réfractaire après la chirurgie était

de 0 % à 3 % Même parmi les patients qui ont rapporté une diplopie avec le prisme, le risque de vision double à long terme était faible, soit de 1 % à

8 %37,38 D’autres études ont confirmé un faible taux

de diplopie chronique après une chirurgie correctrice, variant de 1 % à 7 % parmi les patients qui n’ont pas rapporté de diplopie avant l’intervention chirurgi-cale14 Bien que le risque de diplopie postopératoire doit être discuté avec les patients adultes avant l’in-tervention, il ne devrait pas être souligné de façon excessive lorsqu’un patient prend la décision de subir

ou non une intervention chirurgicale qui peut offrir

de nombreux avantages

Le taux de succès de la chirurgie chez les adultes est-il inférieur à celui chez les enfants ? Dans la chirurgie du strabisme de l’adulte, les taux de succès rapportés pour réduire l’angle de déviation à quelques dioptries prismatiques, varient de 70 % à 92 %, à raison d’un suivi d’une durée allant jusqu’à 10 ans après la chirurgie3,6,14,18,39

Ces taux sont comparables à ceux pour la chirurgie chez les enfants Une étude prospec-tive récente a démontré que le taux de réalignement

Figure 2 : Modèle d’évaluation pondéré pour usage

avec un schéma du champ de vision binoculaire simple

(VBS) Le nombre total de points est de 100 Lorsque le

modèle est placé sur le champ dans la figure 1, les

segments de VBS totalisent 53 points, qui sont convertis

en un score de vision simple pondéré de 53 %.25

Trang 8

réussi chez des patients ayant atteint l’âge de la

maturité visuelle était similaire au taux chez ceux

au-dessous de cet âge16 De plus, plusieurs études ont

confirmé que la durée du strabisme ne limite pas

l’amélioration potentielle de l’alignement des yeux,

l’étendue du champ de vision ou la récupération de

la fusion18,22,23

Quels sont les progrès réalisés dans le strabisme de l’adulte ?

Au cours des dernières décennies, de nombreux

progrès ont été réalisés dans le diagnostic et le

traite-ment du strabisme de l’adulte Ces progrès se

retrou-vent dans les domaines des sciences fondamentales,

des modalités diagnostiques, du traitement médical et

de la chirurgie Pour des raisons d’espace, cette

discus-sion se limitera à quelques points saillants dans

chacun de ces domaines Cependant, les avancées

dans ces domaines ont été nombreuses et fréquentes

Progrès dans les sciences fondamentales: Des

travaux récents dans les domaines de l’anatomie et de

l’imagerie ont permis de définir et de caractériser les

poulies en tissu mou des muscles extraoculaires Ces

connaissances ont permis d’acquérir de nouvelles

informations sur la cause de divers syndromes, tels

que le strabisme artério-veineux et le syndrome de

rétraction de Duane40 Comme nous l’avons noté

antérieurement, des études prospectives sur l’amblyo

-pie strabique et anisométropique ont démontré qu’il

était possible d’inverser la perte de vision chez une

minorité importante de patients qui ont dépassé

l’âge de la maturité visuelle7 Enfin, une meilleure

compréhension de la contribution des signaux proprio

-ceptifs afférents provenant des muscles extraoculaires

a permis d’améliorer le traitement du nystagmus et

d’autres affections41

Progrès réalisés dans les modalités diagnostiques:

Les progrès réalisés dans l’imagerie des muscles

oculaires et des orbites ont contribué à élucider les

étiologies de nombreuses affections Par exemple,

l’imagerie par résonance magnétique (IRM) dyna

-mique permet de visualiser les mouvements oculaires

anormaux dans des troubles tels que le syndrome de

Duane42

La biomicroscopie ultrasonique (BMU), une

technologie qui est utile pour les pathologies du

segment antérieur de l’œil, permet de localiser les

muscles oculaires, incluant ceux qui ont été

reposi-tionnés antérieurement43 Des avancées majeures ont

également été réalisées dans la technologie de

l’en-registrement des mouvements oculaires permettant

une meilleure classification des cas de nystagmus et

une plus grande exactitude dans le diagnostic de

divers troubles neurologiques qui affectent les

mouvements oculaires44 Enfin, les initiatives de

télésanté utilisant une technologie à bande large

facilitent le diagnostic à distance des affections des

muscles oculaires45

Progrès dans le traitement médical: Vers la fin des

années 1970, des études sur la toxine botulinique de

type A ont permis son utilisation répandue comme

alternative à la chirurgie pour le traitement du

strabisme des enfants et des adultes46 Des études

prospectives importantes récentes confirment que la

pénalisation pharmacologique pour l’amblyopie a été

aussi efficace que l’occlusion pour inverser la perte de

vision durant les 4 premiers mois après l’instauration

du traitement10 Comme nous l’avons noté

précédem-ment, les médicaments oraux comme la L-dopa et la citrilline peuvent améliorer le succès de l’inversion de l’amblyopie dans certains cas réfractaires11 Enfin, l’introduction des prismes de Fresnel en Amérique du Nord dans les années 1960 a permis la correction de

la diplopie dans de nombreux cas que l’on ne pouvait pas corriger par des modifications à l’aide de verres conventionnels, ce qui a évité aux patients le port d’un pansement occlusif inesthétique47 Certaines de ces alternatives seront examinées plus en détail dans

la partie 2 de cet article

Progrès en chirurgie: De nombreuses interventions chirurgicales ont été mises au point après l’acquisition

de nouvelles connaissances sur l’anatomie et la phy -siologie des muscles oculaires durant ces dernières années, incluant les approches pour traiter le stra-bisme artério-veineux, la paralysie des nerfs crâniens

et un strabisme complexe tel que le syndrome de rétraction de Duane47 Les nouvelles méthodes pour traiter la cyclotorsion oculaire ont permis d’améliorer

le taux de succès pour traiter les paralysies du quatrième nerf et le strabisme survenant après une opération de plissement scléral et une translocation maculaire Les sutures ajustables ont révolutionné l’approche adoptée pour la correction du strabisme complexe et standard chez les adultes48

Ces progrès

et d’autres seront examinés dans la partie 2

La chirurgie du strabisme de l’adulte dépasse t-elle les compétences de l’ophtalmologiste général ? Tous les programmes d’ophtalmologie en Amérique du Nord incluent une formation de base minimale en chirurgie

du strabisme comme prérequis pour l’obtention du diplơme Les résidents doivent devenir compétents dans les interventions de base impliquant les muscles horizontaux et de nombreux programmes incluent l’acquisition de compétences dans les opérations des muscles verticaux Une fois que ces compétences sont maỵtrisées, les résidents doivent acquérir les mêmes compétences dans les cas de strabisme de l’adulte qui exigent un apprentissage très court L’acquisition de la pratique des sutures ajustables qui fait également partie de la série de compétences standard acquises par le chirurgien est également rapide, bien que le chirurgien doive consacrer du temps le même jour ou

le jour suivant à ajuster les sutures La chirurgie du strabisme complexe et les opérations ultérieures sur des muscles déjà opérés continuent d’être réalisées par les spécialistes du strabisme

Conclusion

Dans le domaine du strabisme de l’adulte, la réalité est que de nombreux progrès ont été effectués

au cours de ces dernières années dans les sciences fondamentales, le diagnostic et les traitements et l’on

a notamment confirmé que l’amblyopie peut être inversée chez de nombreux patients à l’âge de 8 ou

9 ans Le traitement des adultes atteints de strabisme inclut plusieurs options chirurgicales et non chirurgi-cales qui offrent de nombreux bénéfices fonctionnels

La chirurgie chez les adultes est restauratrice et offre

un excellent rapport cỏt-efficacité Elle permet

de rétablir un alignement satisfaisant, et chez une majorité de patients, on note une résolution des symptơmes préopératoires avec un faible risque de complications, incluant la diplopie

Ophtalmologie

Trang 9

Le Dr Kraft est ophtalmologiste au Hospital for Sick Children et

au sein du Réseau universitaire de santé, et professeur au

Département d’ophtalmologie et des sciences de la vision de

l’Université de Toronto, Toronto, Ontario.

Remerciements : L’auteur désire remercier M me

Frances Kraft et les D rs David Smith, Brian Arthur et Michael Flanders pour avoir

révisé le manuscrit et fait de précieuses suggestions L’auteur

aimerait également remercier Carmelina Trimboli pour son aide

technique dans la réalisation des figures.

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distribuables doivent être envoyés à l’adresse ci-dessus.

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therapeutic device In: Fells P, ed The First Congress of the International

Strabis-mological Association London: Kimpton; 1971:183-93.

48 Jampolsky A Strabismus reoperation techniques Trans Am Acad Ophthalmol

Otolaryngol 1975;79(5):704-17

Réunion scientifique à venir

10 au 13 novembre 2007

111 e Réunion annuelle de l’académie américaine d’ophtalmologie

Nouvelle-Orléans, Louisianne Renseignements : www.aao.org

Le D r Kraft déclare qu’il n’a aucune divulgation à faire en association avec le contenu de cet article.

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Conférences scientifiques

JANVIER/FÉVRIER 2008 Volume 6, numéro 1

COMPTE RENDU DES CONFÉRENCES SCIENTIFIQUES DU DÉPARTEMENT D’OPHTALMOLOGIE ET

DES SCIENCES DE LA VISION, FACULTÉ DE MÉDECINE, UNIVERSITÉ DE TORONTO

Département d’ophtalmologie

et des sciences de la vision Faculté de médecine Université de Toronto

60 Murray St

Bureau 1-003 Toronto (Ontario) M5G 1X5

Le contenu rédactionnel d’Ophtalmologie – Conférences scientifiques est déterminé

exclusivement par le Département d’ophtalmologie et des sciences de la vision, Faculté de médicine, Université de Toronto.

Département d’ophtalmologie

et des sciences de la vision

Jeffrey Jay Hurwitz, M.D., Rédacteur

Professeur et président

Martin Steinbach, Ph.D

Directeur de la recherche

The Hospital for Sick Children

Elise Heon, M.D

Ophtalmologiste en chef

Mount Sinai Hospital

Jeffrey J Hurwitz, M.D

Ophtalmologiste en chef

Princess Margaret Hospital (Clinique des tumeurs oculaires)

E Rand Simpson, M.D

Directeur, Service d’oncologie oculaire

St Michael’s Hospital

Alan Berger, M.D

Ophtalmologiste en chef

Sunnybrook Health Sciences Centre

William S Dixon, M.D

Ophtalmologiste en chef

University Health Network Toronto Western Hospital Division

Robert G Devenyi, M.D

Ophtalmologiste en chef

Une approche pratique pour le traitement

des tumeurs palpébrales

PAR JE F F R E Y JAY HU R W I T Z, M D , F R C S C

Dans l’édition de juillet/aỏt d’Ophtalmologie – Conférences scientifiques,

Hospital et à l’Université de Toronto, a décrit une approche pragmatique pour

comprendre la pathologie des tumeurs palpébrales bénignes et malignes Le

les tumeurs palpébrales, les moyens qu’ils utilisent pour déterminer si une lésion

est bénigne ou maligne et comment ils parviennent à établir un diagnostic

pathologique Dans ce numéro d’Ophtalmologie – Conférences scientifiques, nous

décrivons les caractéristiques cliniques des tumeurs palpébrales et aidons le

clini-cien à caractériser les tumeurs tant bénignes que malignes Il est extrêmement

important de déterminer les caractéristiques d’une lésion pour pouvoir prendre des

décisions concernant le traitement de ces tumeurs.

Évaluations cliniques

Incidence

Les lésions bénignes (figure 1) sont environ 3 fois plus fréquentes que les néoplasmes

malins palpébraux (figure 2)2 Cependant, il est impossible de déterminer avec une

certi-tude absolue si une lésion est bénigne ou maligne en se fondant uniquement sur un

examen clinique

Rapidité d’apparition

Les lésions bénignes sont généralement d’apparition lente et de longue durée

Cependant, des lésions telles que les kératoacanthomes2peuvent apparaỵtre rapidement

et subir une involution En fait, dans la littérature, la question de savoir si ce sont

réelle-ment des carcinomes squameux fait l’objet de controverses

Sensibles au toucher

Les lésions inflammatoires3comme celles de ce patient présentant un chalazion

(figure 3) peuvent être sensibles à la palpation, ce qui suggère une lésion bénigne

Bords de la lésion

Lorsqu’il s’agit de lésions bénignes, la surface de la paupière immédiatement

adjacente à la lésion est habituellement saine, comme l’indique ce naevus amélanique

(figure 4) ou les neurofibromatoses multiples (figure 5) dont ce patient est atteint

Inversement, chez les patients présentant des lésions malignes, comme ce patient atteint

d’un carcinome basocellulaire (figure 6), les marges adjacentes à la lésion sont atteintes

MD

Département d’ophtalmologie et des sciences de la vision

FAC U LT Y O F M E D I C I N E

Un i v e r s i t y o f To r o n t o

Disponible sur Internet à : www.ophtalmologieconferences.ca

Ngày đăng: 18/06/2014, 10:05

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