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Les troubles de l’intégration visuelle - part 5 doc

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La « déception » des patients est beaucoup plus fréquente et peut causer davantage de problèmes pour le chirurgien spécialisé dans la chirurgie réfractive qu’une perte de vision grave..

Trang 1

plus de corriger les fortes myopies ou hypermétropies,

un autre cas à prendre en considération est le patient âgé de plus de 60 ans dont le cristallin a perdu la quasi-totalité de son pouvoir d’accommodation S’il présente des signes de cataracte précoce, le mieux pour le patient est l’extraction du cristallin et l’insertion d’un implant,

au lieu d’une correction de la vision au laser L’imagerie

du front d’ondes est en cours de développement et cette modalité permettra de différencier les aberrations d’or-dre élevé de la cornée et celles du cristallin Si les aber-rations sont sévères et proviennent principalement du cristallin, un échange du cristallin à but réfractif est l’in-tervention de choix

Les innovations dans les implants intraoculaires fournissent davantage d’options aux patients devant subir un échange du cristallin à but réfractif Des implants pseudo-accommodatifs ou multifocaux sont maintenant disponibles La lentille qui est depuis le plus longtemps sur le marché est l’implant Array qui présente une série de zones concentriques sur la face antérieure (Advanced Medical Optics) Elle permet aux patients d’obtenir une bonne vision de loin et de près Les patients se plaignent souvent de la présence de halos autour des points lumineux après l’opération, mais ceux-ci diminuent généralement avec le temps14

La lentille Restor (Alcon) utilise un principe différent qui incorpore une optique de réfraction et une optique de

incomplet et une kératite lamellaire diffuse) Les

résul-tats cliniques initiaux démontrent que la récupération

visuelle est plus rapide comparativement à la PKR

Les améliorations faites dans la technologie du

microkératome pour le LASIK ont entraîné une plus

grande innocuité et une plus grande prédictabilité de

l’épaisseur du lambeau Le laser femtoseconde est

main-tenant une option pour la dissection d’un lambeau9

Bien que les résultats cliniques avec le laser se soient

améliorés, il existe des rapports contradictoires sur la

technologie qui est supérieure : le microkératome

mécanique ou le kératome laser9,10

Le laser permet la découpe du lambeau mince dans des couches

superfi-cielles de la cornée, ce qui accroît l’innocuité de

l’inter-vention Il reste à savoir si cette technique permet

d’obtenir de meilleurs résultats que la PKR

Implantation de LIO phakiques et échange

du cristallin à but réfractif

Pour les fortes myopies (supérieures à -10 D) ou

hypermétropies (supérieure à +5D), une intervention

intraoculaire doit être envisagée (p ex LIO phakique ou

échange du cristallin à but réfractif)11 La LIO phakique

est insérée dans la chambre antérieure et fixée à l’iris

(p ex lentille Verisyse, figure 3) ou derrière l’iris et en

avant du cristallin (p ex une lentille intraoculaire [LIO],

figure 4)12 Les avantages de la LIO phakique sont la

réversibilité et la conservation de l’accommodation Les

contre-indications sont les grandes pupilles > 7 mm et

une profondeur de chambre intérieure < 3,2 mm13

De nombreux patients atteints d’hypermétropie élevée ne

sont pas admissibles à l’implantation d’une LIO

phaki-que du fait phaki-que leur chambre antérieure est peu

pro-fonde Le chirurgien commande un implant phakique

(puissance sphérique, astigmatisme, axe et diamètre) sur

la base de la réfraction, de la profondeur de la chambre

antérieure et du diamètre cornéen horizontal

Un échange du cristallin à but réfractif consiste

sim-plement à extraire le cristallin et à insérer une LIO

L’in-tervention est réalisée généralement sous anesthésie

topique par une incision cornéenne nette Ni des points

de suture ni couvre-oeil sont nécessaires L’astigmatisme

peut être traité en insérant un implant intraoculaire

torique et/ou par des incisions relaxantes limbiques En

Figure 3 : LIO phakique Verisyse fixée à l’iris

semi-périphérique

Figure 4 : Lentille intraoculaire

Figure 5 : La lentille Restor qui a une optique centrale diffractive et une optique périphérique réfractive

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diffraction (figure 5) La zone centrale de l’optique de

3,5 mm est la partie diffractive La lentille est conçue

avec une série de cercles concentriques dans sa partie

centrale dont la distance diminue en périphérie de

1,3 micron à 0,4 micron La nuit, lorsque les pupilles

sont grandes, la plupart de l’énergie lumineuse est

utili-sée pour la focalisation à distance et par conséquent,

l’incidence de l’éblouissement et des halos est faible

(environ 15 %) et généralement de sévérité modérée La

sélection et les attentes des patients sont essentielles

pour l’acceptation des lentilles multifocales De plus,

l’exactitude des valeurs biométriques et une mise en

place précise de la lentille sur la partie centrale et dans

le sac capsulaire sont essentielles au succès de

l’inter-vention Il est important que l’astigmatisme

postopéra-toire soit faible pour obtenir une acuité visuelle non

corrigée satisfaisante

Un implant intraoculaire idéal fournit une

excel-lente vision à toutes les distances focales De nombreux

travaux ont été effectués en vue de mettre au point une

lentille accommodative La première lentille approuvée

aux États-Unis était la lentille Crystalens16

, qui est un implant intraoculaire qui possède une charnière

con-tiguë à l’optique pour permettre à cette dernière

d’avancer légèrement grâce à la contraction du muscle

ciliaire qui entraîne une pression accrue sur le corps

vitré, ce qui améliore la vision de près L’optique de la

lentille est petite (4,5 mm) Une capsulotomie au moyen

d’un laser YAG ne diminue pas l’efficacité de la lentille

Un autre implant accommodatif utilisé dans des essais

cliniques est le Visiogen Dual Optic Lens (deux optiques

reliées par un système haptique à ressort)17

Les interventions intraoculaires sont généralement

associées à une cicatrisation minimale et à un

rétablisse-ment rapide de la vision Le principal risque est

l’infec-tion ou l’endophtalmie, qui sont extrêmement rares,

survenant dans moins d’un œil sur 10 000 yeux Chez

les patients souffrant d’une forte myopie, l’intervention

intraoculaire est associée à un risque accru de

décolle-ment de rétine15,19

, mais l’implant phakique entraîne un risque moins élevé que l’échange du cristallin à but

réfractif Les examens préopératoires et postopératoires

du fond de l’œil avec dilatation de la pupille sont

essen-tiels pour détecter une déchirure de la rétine qui peut

être traitée

Une LIO phakique ou un échange du cristallin à but

réfractif confère généralement une vision d’excellente

qualité En présence d’un défaut réfractif résiduel, la

cor-rection de la vision au laser peut optimiser l’acuité

visuelle non corrigée Cette intervention est

générale-ment réalisée au moins 2 à 4 mois après l’intervention

intraoculaire La combinaison des interventions est

appelée une intervention bioptique

Rétraction thermique du collagène

Des interventions de la cornée visant une

rétrac-tion thermique du collagène ont été mises au point

pour augmenter la courbure de la partie centrale de la

cornée, afin de corriger l’hypermétropie Le laser à

holmium est utilisé pour créer de multiples brûlures

superficielles sur la cornée périphérique Cependant, il

existe une incidence élevée de régression sur une péri-ode de 1 à 2 ans après l’intervention et ce laser est rarement utilisé aujourd’hui Une nouvelle technolo-gie mise au point par Refractec, appelée la « kératoplas-tie conductive », consiste à appliquer un courant haute fréquence dans le stroma semi-périphérique pour créer

de multiples brûlures profondes (80 % de profondeur) Lorsqu’une série de 8 à 32 points de traitement sont placés dans plus de 3 cercles à la périphérie cornéenne (zones optiques de 6, 7 et 8 mm), des stries se forment entre les points pour créer un anneau de resserrement Cela entraîne un cambrement du centre de la cornée

et corrige l’hypermétropie Les données cliniques ont démontré de meilleurs résultats qui sont généralement limités à 2 D d’hypermétropie20 L’avantage de l’inter-vention est qu’aucune incision n’est effectuée dans

la partie centrale de la cornée Cependant, cette inter-vention n’offre pas une aussi grande prédictabilité

et stabilité que la correction de la vision au laser On

a montré un intérêt renouvelé dans l’utilisation

de cette intervention pour la correction de la presbytie

en induisant un degré de myopie pour permettre

la lecture

Anneaux intracornéens

Cette intervention a été mise au point initialement pour la correction des faibles myopies par l’implantation

de deux hémi-anneaux en polyméthylméthacrylate (PMMA) dans le stroma cornéen semi-périphérique (figure 6) Une petite incision verticale d’environ deux tiers de l’épaisseur cornéenne, est effectuée sur le côté supérieur Un anneau de succion est ensuite placé sur la sclère pour augmenter la pression oculaire et rendre la cornée ferme À l’aide d’un dissecteur circulaire en métal, un sillon est créé de chaque côté de l’incision ini-tiale Les segments annulaires (qui existent en dif-férentes épaisseurs) sont ensuite insérés dans la cornée

En augmentant l’épaisseur de la cornée semi-périphérique, le centre de la cornée est aplati La nou-velle courbure de la cornée recouvrant la pupille permet

de corriger les faibles myopies Bien que l’intervention soit attrayante en raison de sa réversibilité potentielle, la correction du trouble réfractif n’est pas aussi bonne qu’avec la correction de la vision au laser et cette tech-nique ne permet pas de corriger l’astigmatisme ou l’hy-permétropie Elle est rarement réalisée à l’heure actuelle

4

Figure 6 : Segments annulaires intracornéens pour corriger la myopie

Trang 3

pour la correction de la myopie, mais elle joue un rơle

important dans le traitement du kératocơne et de la

kératectasie Les segments annulaires peuvent aplatir la

cornée et retarder la nécessité d’une kératoplastie

trans-fixiante

Sélection des patients

Il est extrêmement rare que la chirurgie réfractive

entraỵne des complications graves La « déception » des

patients est beaucoup plus fréquente et peut causer

davantage de problèmes pour le chirurgien spécialisé

dans la chirurgie réfractive qu’une perte de vision grave

La déception peut être minimisée par la sélection

rigoureuse des patients (afin d’éliminer les types de

per-sonnalité inappropriés) et par la présentation des faits,

de façon à ne rien dire ni faire qui pourrait susciter des

attentes irréalistes La mention d’une vision de 20/15 ou

d’une « vision parfaite » peut entraỵner l’attente d’un tel

résultat Il faut éviter de faire des promesses et faire

plutơt des commentaires tels qu’une « vision

consid-érablement améliorée » ou une « dépendance réduite

aux lunettes et aux verres de contact » qui suscitent des

attentes réalistes Les outils de marketing et le personnel

en relation avec les patients doivent également suivre

cette ligne de conduite qui consiste à ne pas faire de

promesses excessives

La sélection des patients ne peut pas être effectuée

sur la base de critères objectifs uniquement Les

perfec-tionnistes, les personnes qui sont incapables de tolérer

de petites déceptions, et d’autres qui seraient

probable-ment terribleprobable-ment contrariées si elles n’obtiennent pas

une vision de 20/20 ou une meilleure vision à la suite

de leur intervention doivent être exclus Cependant, le

temps limité passé avec le patient permet difficilement

au chirurgien de repérer ces traits de la personnalité La

collaboration avec un médecin qui connaỵt le patient

depuis des années et qui peut donc mieux juger de sa

personnalité, est un grand avantage

Les meilleurs candidats à la chirurgie réfractive

sont ceux qui sont très désireux de ne plus porter des

lentilles correctrices (tableau 3), mais qui reconnaissent

que leur vision non corrigée après l’intervention peut

ne pas être tout à fait ce qu’elle était avec une

correc-tion avant l’intervencorrec-tion Les bons candidats sont

rela-tivement accommodants et capables de tolérer de

légères déceptions Le tableau 4 indique certaines

atti-tudes et troubles ophtalmiques qui font d’un patient un

mauvais candidat à la chirurgie Il est essentiel de

reconnaỵtre ces facteurs pour réduire les problèmes

postopératoires potentiels

Pour les patients subissant une PKR, on ne doit pas

sous-estimer la possibilité d’une certaine gêne

postopératoire et d’un certain retard pour obtenir une

acuité visuelle optimale Il vaut mieux souligner cette

possibilité plutơt que de laisser le patient dans

l’igno-rance On ne rencontre pratiquement pas ce problème

avec le LASIK, ó les patients n’éprouvent le plus

sou-vent aucune gêne après l’intersou-vention et récupèrent très

vite leur meilleure acuité visuelle corrigée Cependant,

dans de nombreux cas, un patient peut être un candidat

à la PKR, mais non au LASIK La PKR est l’intervention

de choix dans les cas suivants :

• Dystrophie de la membrane basale épithéliale entraỵnant un risque accru de prolifération de l’ép-ithélium dans la chambre intérieure avec le LASIK

• Zone centrale de la cornée relativement mince et ainsi il resterait < 250 microns de tissu dans le lit cornéen après l’ablation (le LASIK entraỵne un risque d’ectasie cornéenne)

• Fissures palpébrales étroites et/ou yeux profond (ce qui rend difficile l’utilisation du microkératome)

• Kératocơne ou forme fruste de kératocơne (risque d’ectasie cornéenne avec le LASIK)

• Cornée extrêmement plate (< 39 D, ce qui entraỵn-erait un lambeau d’un petit diamètre avec le LASIK), ou cornée dont la courbure est importante (> 48 D, entraỵ-nant un risque accru de trou dans le lambeau avec le LASIK ou d’ectasie en présence d’une forme fruste de kératocơne)

Tableau 3 : Bons candidats à la chirurgie réfractive

•Très insatisfaits de leur dépendance aux lentilles correctrices

•Pensent qu’ils ne sont pas de bons candidats aux lentilles

de contact

•Estiment que le port de lentilles correctrices les restreint dans la pratique de sports ou d’activités similaires

•Pensent qu’ils auraient un meilleur aspect esthétique sans lunettes

•Ils s’inquiètent de ce qu’ils deviendraient s’ils perdaient

ou cassaient leurs lunettes ou leurs lentilles de contact

•Préfèreraient simplement une vision fonctionnelle sans correction pour obtenir une excellente vision avec des lentilles correctrices

•Seraient satisfaits si leur acuité visuelle non corrigée pouvait être améliorée dans une grande mesure, même

si des lentilles correctrices étaient encore nécessaires

•S’adaptent bien au changement

•Sont accommodants ; peuvent accepter d’être déçus

•Ne sont pas perfectionnistes

Tableau 4 : Mauvais candidats à la chirurgie réfractive

•Âgés de moins de 18 ans

•Réfraction instable/myopie progressive

•Astigmatisme irrégulier avec perte de la meilleure acuité visuelle corrigée

•Sécheresse oculaire, avec kératopathie ponctuée

ou filaments

•Cataracte

•Herpes simplex

•Maladie maculaire menaçant la vision (p ex rétinopathie diabétique)

•Grossesse

•Attentes irréalistes

•Non désireux de se soumettre à un suivi

Trang 4

Avant l’intervention

• Les patients portant des lentilles de contact doivent

cesser de les porter pendant une période suffisamment

longue pour permettre à la cornée de se stabiliser (tel

qu’indiqué par la réfraction et la topographie) Pour les

patients portant des lentilles de contact rigides

per-méables au gaz, cette période peut être d’un mois ou plus

(figures 7A et 7B) La cornée des porteurs de lentilles de

contact flexibles se stabilise très rapidement, parfois en

quelques heures Cependant, une période d’une semaine

est nécessaire pour être sûr que la cornée est stable

• La taille de la pupille doit être vérifiée, de

préférence avec une lumière infrarouge (p ex la

pupil-lométrie Colvard) Une estimation de la taille de la

pupille peut être faite à l’aide d’une lampe à fente,

l’é-clairage de la pièce étant éteint et le patient fixant un

point à distance Actuellement, la correction de la vision

au laser qui utilise de grandes zones optiques et de

tran-sition entraỵne rarement un éblouissement ou des halos

En général, il n’y a pas de contre-indications à la

chirurgie oculaire au laser sur la base de la taille de la

pupille Cependant, avec les implants phakiques, la taille

de la pupille doit être < 7 mm

• Une sécheresse oculaire importante chez les

patients atteints de kératopathie ponctuée doit être

traitée agressivement avec des gouttes, des gels et des

onguents ophtalmiques lubrifiants (p ex capsules

BioTears, EyeV Inc.) et/ou des bouchons de silicone

lacrymaux avant l’intervention Si les symptơmes ou les

anomalies cornéennes ne peuvent pas être résolus, le

patient n’est pas un bon candidat à la correction de la

vision au laser

• Il faut exclure la présence d’un glaucome Les

patients atteints de glaucome sont plus susceptibles de

présenter une pression intraoculaire élevée avec l’usage

de stérọdes topiques De plus, une évaluation du disque

optique et si cela est indiqué, une évaluation du champ

visuel, peuvent être utiles, étant donné que la tension

intraoculaire postopératoire peut être artificiellement

basse après une correction myopique au laser, en raison

de l’amincissement de la cornée

• Il faut rechercher les troubles rétiniens pouvant

menacer la vision (p ex dégénérescence maculaire

myopique, dégénérescence maculaire liée à l’âge,

rétinopathie diabétique, etc.) Ces patients risquent de

perdre la vision dans le futur et ne sont pas considérés

comme de bons candidats à la chirurgie réfractive

• Il faut exclure les maladies rétiniennes

péri-phériques (qui augmentent la probabilité d’une

déchirure ou d’un décollement de rétine)

• La qualité de la vision peut se détériorer lorsque la

cornée après l’intervention est trop bombée (> 50 D) ou

trop plate (< 36 D) La courbure cornéenne

postopéra-toire doit être prédite Si elle se situe en dehors d’une

gamme acceptable, il faut recommander une LIO

phak-ique ou un échange du cristallin à but réfractif

Questions médico-légales

Dans certains cas, la situation du patient est

problé-matique pour des raisons médico-légales Par exemple,

si un patient atteint d’une maladie sous-jacente (p ex rétinopathie diabétique, dégénérescence maculaire myopique, dégénérescence maculaire liée à l’âge) souf-fre d’une perte de la vision 1 à 2 ans après la chirurgie réfractive, il peut tenir le chirurgien responsable plutơt que la maladie Il faut faire preuve d’une extrême pru-dence dans ces cas Étant donné que la vision d’un patient peut toujours être corrigée avec des lunettes ou des lentilles de contact, il peut être sage dans ces circons-tances d’éviter l’intervention La grossesse peut affecter

la réfraction et la guérison de la plaie, et un événement fâcheux durant la grossesse peut être attribué à l’inter-vention ou aux médicaments utilisés Par conséquent, il est sage de reporter la chirurgie réfractive chez les femmes enceintes

Soins postopératoires

Les examens postopératoires permettent au médecin d’écouter et de conseiller le patient Ils permettent également l’évaluation de l’acuité visuelle non corrigée,

de la meilleure acuité visuelle corrigée avec réfraction manifeste, et la détection de toutes complications S’il y

a une perte de la meilleure acuité visuelle corrigée, la cause doit être identifiée

Après la correction de la vision au laser

Une perte de l’acuité visuelle (tableau 5) peut être due à un astigmatisme irrégulier provenant d’un prob-lème au niveau de l’ablation (ablation décentrée ou

6

Figure 7A : Astigmatisme irrégulier observé après

le retrait d’une lentille rigide perméable au gaz Porte des lentilles depuis plus de 20 ans

Figure 7B : L’astigmatisme irrégulier a disparu après l’arrêt du port des lentilles de contact pendant 3 mois Le patient est un bon candidat

à la correction de la vision au laser

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irrégulière, ỵlot central), à des complications au niveau

du lambeau (p ex stries ou trou), à une kératite

lamel-laire diffuse, à une kératite superficielle, à un flou

cornéen (haze) ou à un problème intraoculaire En

l’ab-sence de preuve d’anomalies cornéennes ou de

prob-lèmes intraoculaires visibles à la lampe à fente, une

vidéokératographie informatisée permet d’exclure un

problème au niveau de l’ablation comme étant la cause

Un traitement additionnel au laser peut être nécessaire

si la meilleure acuité visuelle corrigée ne s’améliore pas

ou si les symptơmes ne disparaissent pas

On obtient la meilleure vision corrigée et la stabilité

de la réfraction plus tơt avec le LASIK qu’avec la PKR

Avec le LASIK, la meilleure acuité visuelle corrigée est

rétablie généralement en 24 heures et l’on obtient une

stabilité réfractive après 1 à 3 mois Plus l’erreur de

réfraction est faible, plus la stabilité réfractive est

obtenue tơt Avec la PKR, la meilleure acuité visuelle

corrigée est généralement obtenue après 1 mois et la

stabilité réfractive après 4 à 6 mois Des fluctuations

dans la vision sont rares après 3 mois avec le LASIK, et

après 6 mois avec la PKR Dans la plupart des cas, les

fluctuations dans la vision sont dues à une sécheresse

oculaire consécutive à l’intervention Dans ce cas, des

collyres, des gels, des onguents ophtalmiques

lubrifi-ants, des acides gras oméga par voie orale ou un

bou-chon lacrymal peuvent être utiles

Pour les patients présentant une souscorrection ou

une surcorrection, une reprise de l’intervention peut

être envisagée, mais il faudra attendre au moins 4 mois

après le LASIK ou 6 mois après la PKR Ces délais ne

sont qu’approximatifs, l’important étant d’attendre

jusqu’à ce que la réfraction soit stable, avec un

change-ment < 0,5 D par rapport à l’examen effectué le mois

précédent Si un patient souffre de myopie résiduelle ou

consécutive et présente une presbytie ou une

pré-pres-bytie précoce, un essai devrait être envisagé, afin de

déterminer l’acceptabilité d’une monovision avant

d’en-treprendre une amélioration chirurgicale

Chez un patient qui est traité chirurgicalement afin

de créer intentionnellement une monovision et qui

con-naỵt des difficultés, en particulier pour la conduite de

nuit, on peut prescrire des lunettes pour corriger la

vision de loin dans les deux yeux S’il a des problèmes

au niveau de la vision binoculaire et de la pratique d’ac-tivités sportives, on peut faire l’essai d’une lentille de contact à l’oeil utilisé pour la lecture, afin d’améliorer la vision de loin Si un patient se plaint d’éblouissements,

de halos, de diplopie monoculaire ou d’une vision de qualité médiocre et que ces troubles ne s’améliorent pas après quelques mois, il est important d’identifier la cause Toute erreur de réfraction résiduelle non corrigée peut entraỵner des troubles visuels importants La vidéokératographie informatisée permet d’identifier toute anomalie au niveau de l’ablation Si aucune anom-alie n’est identifiée au moyen de la topographie, il faut envisager une analyse du front d’ondes afin de déter-miner si des aberrations importantes d’ordre plus élevé ont été causées Dans ce cas, une ablation guidée par l’analyseur de front d’ondes ou personnalisée peut être réalisée dans le but d’éliminer les symptơmes du patient

et d’améliorer la qualité globale de sa vision

Après l’échange du cristallin à but réfractif

Les complications sont rares et les risques sont sem-blables à ceux d’une extraction de cataracte avec l’inser-tion d’un implant intraoculaire La complical’inser-tion la plus grave est l’endophtalmie Fort heureusement, l’inci-dence est < 1 oeil pour 10 000 yeux D’autres complica-tions incluent l’œdème cornéen (transitoire ou permanent), la subluxation de l’implant, l’œdème macu-laire cystọde, la kératopathie toxique causée par les gouttes ophtalmologiques, l’opacification capsulaire et

le décollement de rétine La détection de ces complica-tions est essentielle pour permettre une réadaptation hâtive Une erreur de réfraction résiduelle peut être traitée soit par un implant secondaire dans le sulcus pour corriger l’hypermétropie ou la myopie, une inci-sion relaxante limbique pour réduire l’astigmatisme ou une correction de la vision au laser

Après l’implantation de LIO phakiques

Comme avec toutes les interventions intraoculaires,

il existe un faible risque d’endophtalmie Une complica-tion plus fréquente associée à l’implantacomplica-tion d’une LIO phakique dans la chambre postérieure est le glaucome avec bloc pupillaire Le patient éprouve de la douleur, sa tension intraoculaire est élevée et la chambre antérieure est peu profonde Les iridotomies au laser faites antérieurement peuvent être fermées, nécessitant un nouveau traitement d’urgence En général, les complica-tions varient, selon la LIO phakique implantée et inclu-ent la subluxation de l’implant (Verisyse > LCI) ; l’œdème cornéen transitoire (Verisyse > LCI) ; la cataracte (Verisyse < LCI) ; le glaucome pigmentaire (Verisyse < LCI) et le glaucome avec bloc pupillaire (Verisyse < LCI) Une erreur réfractive résiduelle peut être traitée par une correction de la vision au laser

Conclusion

Les patients subissant une chirurgie réfractive nécessite une grande attention de la part de l’équipe de soins ophtalmiques, du premier appel téléphonique à la dernière visite de suivi La détermination de l’aptitude

Tableau 5 : Causes de la perte de la meilleure

acuité visuelle corrigée dans la correction

visuelle au laser

Kératite lamellaire diffuse + +

-Prolifération de l’épithélium

dans la chambre intérieure +

Trang 6

-9 Binder PS Femtosecond Lasers: Their comparison with mechanical

micro-keratomes, present and future applications in refractive surgery J Refract Surg 2004;23-29.

10 Slade S A prospective randomized evaluation of LASIK comparing flaps created with a microkeratome vs a femtosecond laser A presentation at: the European Society of Cataract & Refractive Surgeons; September 2004, Paris, France.

11 O’Brien TP, Awwad ST Phakic intraocular lenses and refractory lensectomy

for myopia Curr Opinion Ophthalmol 2002;13:264-270.

12 Hardten DR, Lindstrom RL, Davis EA Phakic intraocular lenses Slack

Incor-porated 2004.

13 Sabbagh L Phakic IOLs Review of Refractive Surgery 2004:9-13.

14 Packer M, Fine IH, Hoffman RS Refractive lens exchange with the Array

multifocal lens J Cataract Refract Surg 2002;28:421-424.

15 Davison JA, Simpson MJ How does the Restor lens work? Review of Refrac-tive Surgery 2004;18-20.

16 Colvard M Moving forward with the CrystaLens Review of Ophthalmology

January 2004.

17 McLeod SD, Portney V, Ting A A dual optic accommodating foldable

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18 Colin J, Robinet A, Cochener B Retinal detachment after clear lensectomy

for high myopia: a seven year follow-up Ophthalmology

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19 Pucci V, Morselli S, Romanelli F, et al Clear lens phacoemulsification for

correction of high myopia J Cataract Refract Surg 2001;27:896-900.

20 McDonald MB, Davidorf J, Maloney RK, et al Conductive keratoplasty for the correction of low to moderate hyperopia 1-year results on the first 54

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21 Guell JL, Velasco F, Sanchez SI, Gris O, Garcia-Rojas M Intra-corneal ring

segments after laser in situ keratomileusis J Refract Surg

2004;20(4):349-55.

22 Stein R Refractive Surgery In: The Fine Art of Prescribing Glasses, 3rd ed, Gainesville, Florida: Triad Publishing;2004.

Réunion scientifique à venir

13 au 15 avril 2005

World Cornea Congress V

Washington, DC Renseignements : Meeting Service

Tél : 866-614-5502 Fax : 877-878-3388 Courriel : WCCV@

laser-registration.com Site Web : www.ascrs.org

des patients à subir une intervention réfractive est

fondée sur des critères objectifs et sur une évaluation de

leur motivation et de leur personnalité Il faut dissuader

les patients qui ne tolèreront pas une acuité visuelle

inférieure à 20/15, les femmes enceintes ou les patients

atteints d’une maladie rétinienne menaçant la vision de

se faire opérer Les candidats à la chirurgie réfractive

doivent subir un examen externe de l’œil, un examen à

la lampe à fente, un examen du fond de l’œil ainsi qu’un

examen des réfractions manifeste et cycloplégique Il

faut déterminer la taille de leur pupille et effectuer une

vidéokératographie informatisée, une pachymétrie et un

examen d’imagerie du front d’ondes Leur état de santé

générale et leur sensibilité aux médicaments sont des

éléments importants de l’anamnèse La monovision doit

être envisagée avec tous les patients atteints de

pres-bytie et de préprespres-bytie précoce Le chirurgien doit aider

les patients à prendre une décision éclairée sur

l’inter-vention qui leur convient le mieux, que ce soit la

correc-tion de la vision au laser, l’échange du cristallin à but

réfractif ou l’implantation de LIO phakiques et doit

s’as-surer qu’ils n’aient pas des attentes irréalistes Grâce à

des lignes directrices claires et à un protocole efficace, la

chirurgie réfractive sera profitable pour le chirurgien

spécialisée dans la chirurgie réfractive, l’équipe de soins

ophtalmologiques et le patient

Raymond M Stein, M.D., FRCSC, est directeur médical,

Bochner Eye Institute, Chef du service d’Ophtalmologie,

Scarborough Hospital, Toronto ; ophtalmologiste

consul-tant, Mount Sinai Hospital, Toronto ; Professeur adjoint

d’Ophtalmologie, Université de Toronto et Président

sor-tant de la Société canadienne de la cataracte et de la

chirurgie réfractive.

Références

1 Lin DT, Holland S Prolate ablation preserves corneal profile J Refract Surg

2003; 4:1-3.

2 Cheng X, Thibos LN, Bradley A Estimating visual quality from wavefront

aberration measurements J Refract Surg 2003;19:S579-S584.

3 Stein RM Clinical experience with the Allegretto Wave in custom and

stan-dard treatments Refractive Eyecare for Ophthalmologists; January 2004.

4 Lin D Allegretto Wave’s Customized Treatment Options Cataract &

Refrac-tive Surgery Today; August 2004.

5 Stein RM: Techniques for Advanced Surface Ablation Refractive Eyecare for

Ophthalmologists; October 2004.

6 Carones F, Vigo L, Scandola E, Vacchini L Evaluation of the prophylactic

use of Mitomycin C to inhibit haze formation after photorefractive

keratec-tomy J Cataract Refract Surg 2002;28:2088-2095.

7 Stojanovic A, Ringvold A, Nitter T Ascorbate prophylaxis for corneal haze

after photorefractive keratectomy J Refract Surg 2003;19:338-343.

8 Pallikaris IG, Naoumidi II, Kalyvianaki MI, Katsanevaki VJ Epi-LASIK:

com-parative histological evaluation of mechanical and alcohol-assisted

epithe-lial separation J Cataract Refract Surg 2003;29:1496-1501.

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Médicale Inc avec la collaboration du Département d’ophtalmologie et des sciences de la vision, Faculté de médecine, Université de Toronto MD

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de commerce de SNELL Communication Médicale Inc Tous droits réservés L’administration d’un traitement thérapeutique décrit ou mentionné dans Ophtalmologie – Conférences scientifiques doit

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L’élaboration de cette publication a bénéficié d’une subvention à l’éducation de

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La version française a été révisée par le professeur Pierre Lachapelle, Montréal.

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S N E L L

Trang 7

Conférences scientifiques

DÉCEMBRE 2004 Volume 2, numéro 10

COMPTE RENDU DES CONFÉRENCES SCIENTIFIQUES DU DÉPARTEMENT D’OPHTALMOLOGIE ET

DES SCIENCES DE LA VISION, FACULTÉ DE MÉDECINE, UNIVERSITÉ DE TORONTO

Département d’ophtalmologie

et des sciences de la vision Faculté de médecine Université de Toronto

60 Murray St

Bureau 1-003 Toronto (Ontario) M5G 1X5

Le contenu rédactionnel d’Ophtalmologie – Conférences scientifiques est déterminé

exclusivement par le Département d’ophtalmologie et des sciences de la vision, Faculté de médicine, Université de Toronto.

Département d’ophtalmologie

et des sciences de la vision

Jeffrey Jay Hurwitz, M.D., Rédacteur

Professeur et président

Martin Steinbach, Ph.D

Directeur de la recherche

The Hospital for Sick Children

Elise Heon, M.D

Ophtalmologiste en chef

Mount Sinai Hospital

Jeffrey J Hurwitz, M.D

Ophtalmologiste en chef

Princess Margaret Hospital (Clinique des tumeurs oculaires)

E Rand Simpson, M.D

Directeur, Service d’oncologie oculaire

St Michael’s Hospital

Alan Berger, M.D

Ophtalmologiste en chef

Sunnybrook and Women’s College Health Sciences Centre

William S Dixon, M.D

Ophtalmologiste en chef

The Toronto Hospital (Toronto Western Division and Toronto General Division)

Robert G Devenyi, M.D

Ophtalmologiste en chef

Le diagnostic et le traitement de l’épiphora lorsque

les voies lacrymales de drainage sont perméables

PA R JE F F R E Y JAY HU R W I T Z, M D , F R C P C

Lorsqu’un patient présente des symptơmes de larmoiement, le diagnostic qui vient

habituellement à l’esprit est l’obstruction d’un conduit lacrymal Cependant, la plupart des

patients manifestant des symptơmes de larmoiement ne présentent pas d’obstruction des

con-duits lacrymaux et l’étiologie est autre Les patients qui présentent des symptơmes de

lar-moiement et dont les voies lacrymales sont perméables souffrent d’une « obstruction

fonctionnelle » et le traitement peut être assez controversé et varié 1,2 Cependant, sur la base

d’une anamnèse détaillée et d’un examen physique minutieux et occasionnellement à titre

complémentaire, d’un examen radiologique de l’appareil lacrymal, on peut établir le diagnostic

et entreprendre le traitement approprié Ce numéro d’Ophtalmologie – Conférences scientifiques,

fournit un aperçu complet des différentes causes de l’épiphora, incluant l’hypersécrétion et

l’élimination réduite des larmes, en particulier les anomalies de la paupière, et les options

thérapeutiques chez les patients dont le système lacrymal est perméable.

Les patients présentant des symptơmes de larmoiement peuvent être divisés en deux groupes :

• ceux présentant une hypersécrétion lacrymale (larmoiement) et

• ceux dont le drainage des larmes est insuffisant, en raison d’une anomalie de la paupière ou

d’une anomalie des voies lacrymales de drainage

Les patients présentant des symptơmes de larmoiement et dont les voies lacrymales sont

perméables peuvent néanmoins présenter une sténose anatomique au niveau de l’appareil lacrymal

suffisamment importante pour causer des symptơmes de larmoiement Normalement, il devrait y

avoir un état d’équilibre dans lequel la quantité de larmes produite devrait être égale à la quantité

de larmes éliminée S’il y a une hypersécrétion de larmes, sans changement dans leur élimination, le

patient présentera des symptơmes de larmoiement De même, si le drainage des larmes est réduit et

que la sécrétion est normale, le larmoiement sera également un symptơme prédominant Une

sécheresse oculaire réelle peut apparaỵtre lorsque la sécrétion des larmes est réduite et/ou que

l’élimination des larmes est accrue (figure 1)

Hypersécrétion lacrymale (larmoiement)

L’hypersécrétion lacrymale peut être due à un phénomène local ou central Les phénomènes

locaux causant un larmoiement peuvent être l’asthénopie, liée à la fatigue oculaire ou à des

pro-blèmes de réfraction, toute maladie externe (conjonctivite, kératite, corps étranger, etc., figure 2),

des anomalies de la paupière (blépharite) ou des anomalies de la paupière causant l’exposition

accrue de celle-ci (ectropion) ou l’ophtalmopathie de la maladie de Graves avec rétraction de la

paupière De plus, une malposition des cils dans les cas de trichiasis (figure 3) ou d’entropion (figure

4) peut causer une irritation avec une sécrétion accrue de larmes Ce qui est caractéristique dans la

symptomatologie de ces patients, c’est qu’ils présentent d’autres symptơmes conjointement au

lar-moiement (figure 5) En présence de démangeaisons, il est possible que le patient souffre d’une

allergie oculaire La sensation de grains de sable dans l’oeil peut être due à un problème d’étalement

des larmes lié à la rétraction de la paupière chez un patient souffrant d’une affection thyrọdienne

ou à une anomalie du film lacrymal chez un patient souffrant de kératite sèche En présence d’un

écoulement ainsi que d’un larmoiement, il faut rechercher activement une maladie conjonctivale

Les causes centrales du larmoiement peuvent être un phénomène d’irritation le long des voies

neurophysiologiques intervenant dans la sécrétion lacrymale De plus, les larmoiements peuvent

avoir des causes psychogènes : le lien avec le phénomène des « pleurs » n’est pas totalement compris

« Les yeux mouillés dus aux yeux secs » sont une cause précise de larmoiement résultant d’une

hypersécrétion lacrymale Ce phénomène est souvent mal interprété, ce qui amène certains

médecins à prescrire des larmes artificielles aux patients qui présentent des symptơmes de

lar-moiement En présence d’une anomalie du film lacrymal, plus précisément de la mucine produite

par les cellules caliciformes conjonctivales, l’étalement des larmes sur la cornée peut ne pas être

MC

Département d’ophtalmologie et des sciences de la vision

FAC U LT Y O F M E D I C I N E

Un i v e r s i t y o f To r o n t o

Disponible sur Internet à : www.ophtalmologieconferences.ca

Trang 8

uniforme De plus, une déficience ou une anomalie de la

sécrétion de meibum par les glandes de Meibomius peut

entraỵner l’évaporation excessive des larmes, ce qui cause

également un problème au niveau de l’étalement des

larmes Cette situation ó le patient a les « yeux secs » peut

causer, par le biais d’un arc réflexe qui retransmet

l’informa-tion à la glande lacrymale, la stimulal’informa-tion d’augmenter la

sécrétion des larmes, afin d’humidifier la cornée Étant donné

que cette sécrétion accrue n’augmente pas la mucine ou les

composants huileux du film lacrymal, les larmes coulent sur

les joues, produisant paradoxalement un « œil humide » dans

une situation ó le patient souffre d’ « œil sec » Le

traite-ment dans cette situation est un substitut de larmes

artifi-cielles qui peut effectivement augmenter la mucine et/ou les

composants huileux du film lacrymal, réduisant ainsi la

stimulation de la sécrétion des larmes par l’arc réflexe

Traitement de l’hypersécrétion lacrymale

Un examen ophtalmologique complet, y compris un

examen de la réfraction, permet souvent d’identifier la

pathologie ou l’anomalie causant une sécrétion lacrymale

accrue La correction des erreurs de réfraction est utile dans

le traitement du larmoiement associé à l’asthénopie

L’éver-sion de la paupière supérieure est essentielle pour exclure

toute pathologie (p ex follicules ou papilles géants) pouvant

causer une irritation continue (figure 2) L’utilisation de

col-lyres lubrifiants est souvent utile pour traiter l’exposition,

qui peut être liée à un ectropion chronique, à la rétraction de

la paupière due à une maladie thyrọdienne, à des anomalies

du film lacrymal, etc Des corps étrangers inclus dans la face

interne de la paupière supérieure peuvent également causer

une sécrétion lacrymale accrue associée à une irritation

La malposition des cils (figure 3) qui cause une irritation

cornéenne et conjonctivale peut être traitée par épilation,

électro-chirurgie (électrolyse) ou cryothérapie En présence

d’un entropion franc, on peut appliquer une bande adhésive sur la paupière vers le bas aidant à son occlusion (traitement

à court terme) ou plus souvent, on effectue une intervention chirurgicale en vue de repositionner la paupière sur le globe oculaire (figure 4) On notera que la cicatrisation conjonc-tivale observée dans les maladies inflammatoires chroniques (p ex la pemphigọde oculaire, le syndrome de Stevens-Johnson ou la kératoconjonctivite chronique) – toutes ces maladies pouvant modifier le film lacrymal et causer une sécrétion lacrymale accrue – peut également se situer au niveau du point lacrymal et/ou du canal d’union, aggravant encore davantage les symptơmes du patient

Élimination réduite des larmes

Si aucune anomalie ne cause le larmoiement, le clinicien doit déterminer s’il existe une anomalie au niveau du mécanisme de pompage lacrymal grâce auquel les larmes s’écoulent dans les voies lacrymo-nasales de drainage On doit procéder à l’irrigation des voies lacrymales de drainage, afin d’exclure une obstruction Cependant, il faut se rappeler que même si les voies lacrymales sont totalement per-méables lors de l’irrigation, le patient peut présenter une sténose au niveau de l’appareil lacrymal détectable par un examen radiologique

Anomalies de la paupière

L’action de pompage normale du muscle orbiculaire joue

un rơle important dans le déplacement des larmes du can-thus externe vers le cancan-thus interne, puis vers les points lacrymaux et les voies lacrymales de drainage Lorsque l’on

Figure 1 : Équilibre normal entre la quantité de larmes

sécrétée et la quantité de larmes éliminée

Figure 2 : Catarrhe vernal causant une irritation et un

larmoiement

Figure 3 : Distichiasis causant une irritation et la sécrétion accrue de larmes

Figure 4 : Entropion causant une irritation de la cornée par les cils et une sécrétion accrue de larmes

Film lacrymal Mécanisme

de sécrétion

• Glande lacrymale

• Glandes lacrymales

accessoires

• Glandes sébacées

• Cellules caliciformes

Drainage ou élimination

• Clignement

• Points lacrymaux

• Canal d’union

• Sac lacrimal

• Canal lacrymo-nasal

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latéralement, afin de vérifier la tension du tendon du can-thus interne, puis la tirer médialement, afin de vérifier le tendon du canthus externe Il saisit ensuite la paupière et la tire loin du globe (test de distension) Une distension accrue indique une laxité de la paupière et des problèmes de pom-page potentiels4 Les paupières doivent être examinées, afin

de rechercher des problèmes cicatriciels Il est important que

le patient regarde vers le haut, puis ouvre la bouche, afin d’observer si ses paupières s’écartent du globe Si c’est le cas,

il y a une composante cicatricielle dans la paupière qui peut causer un problème de larmoiement et ce problème peut être traité La paupière supérieure peut également être touchée et le clinicien doit vérifier si elle est flasque en la

ferme les paupières, les points lacrymaux supérieur et

inférieur touchent les paupières adjacentes et lorsqu’on

ouvre les paupières, les larmes sont aspirées dans les canaux

d’union S’il existe une anomalie de la position du point

lacrymal contre la paupière opposée, les larmes ne seront

pas collectées dans l’un ou l’autre des points lacrymaux et le

patient pourra souffrir d’épiphora (figure 6) La présence

d’une éversion du point lacrymal inférieur peut être due à la

laxité des tissus du canthus interne ou à un processus de

cicatrisation sur la peau (suite à des lésions dues au soleil,

des tumeurs, une réaction inflammatoire à des agents

irri-tants tels que les produits cosmétiques, ou après une

blépharoplastie inférieure)

Si ce processus s’étend sur toute la paupière, un

ectro-pion franc peut se développer, inhibant plus profondément

le passage des larmes par le point lacrymal (figure 7) En

présence d’un ectropion de longue date, la conjonctive est

souvent karatinisée, ce qui peut aggraver la déficience de

l’écoulement des larmes dans le point lacrymal et causer des

problèmes au niveau de l’étalement des larmes (figure 8)

Dans les cas ó la paupière est bien positionnée contre la

surface du globe et en l’absence d’éversion du point

lacry-mal (le clinicien ne devrait norlacry-malement pas pouvoir voir la

paroi arrière d’un point lacrymal normalement placé), le

patient peut néanmoins présenter des symptơmes de

larmoiement en raison d’une « dysfonction de la pompe

lacrymale », dans laquelle les larmes ne sont pas pompées

par une action appropriée du muscle orbiculaire pour leur

drainage dans les voies lacrymales3

Le clinicien doit tester le muscle orbiculaire, afin de

véri-fier s’il existe une dysfonction de la pompe lacrymale Le

patient doit regarder vers le haut et le clinicien tire alors

manuellement la paupière inférieure vers le bas Lorsqu’il

relâche la paupière, celle-ci doit reprendre sa position

nor-male contre le globe Si elle ne se remet pas tout à fait en

position normale, cela peut indiquer une dysfonction de la

pompe lacrymale Le clinicien peut ensuite tirer la paupière

Figure 5 : Lorsque le larmoiement est associé à d’autres

symptơmes, on devrait penser à une hypersécrétion de

larmes

Larmoiement plus

– démangeaisons - allergie

– sensation de sable - film lacrymal (« sec »)

– écoulement (exclure une maladie conjonctivale)

– rétraction de la paupière - affection thyrọdienne

Figure 6 : Éversion du point lacrymal avec sténose

secondaire

Figure 7 : Ectropion sur toute la paupière dû à un problème cutané

Figure 8 : Ectropion chronique avec kératinisation de la conjonctive

Figure 9 : Paupière supérieure flasque

Trang 10

soulevant vers le haut, afin de déterminer s’il y a

inver-sion du tarse (figure 9) Une paralysie faciale occulte

peut indiquer un problème du muscle orbiculaire

neu-rogène La régénération aberrante du nerf facial est le

signe révélateur de cette anomalie (figures 10a et 10b)

À l’examen de la conjonctive, on peut déceler une

hypertrophie de la conjonctive et/ou un repli et/ou une

caroncule qui déplace le point lacrymal loin du lac

lacrymal ou empêche les larmes d’entrer dans le point

lacrymal On peut tenter de raccourcir les tissus

hyper-trophiques avec un décongestionnant topique ou par

une cautérisation bipolaire ou par l’excision du tissu

hypertrophique

Des voies lacrymales non obstruées –

Est-ce que cela est normal ?

Malgré la perméabilité des voies lacrymales lors de

leur irrigation, une anomalie nasale peut être présente

et peut causer une obstruction partielle empêchant les

larmes de s’écouler du canal lacrymo-nasal jusqu’à

l’intérieur du nez Une inflammation au niveau du nez

peut causer une obstruction partielle du canal lacrymal

ou une sécrétion accrue de larmes par un arc réflexe

qui renvoie un signal de stimulation à la glande

lacry-male Par conséquent, l’examen nasal est un élément

très important de l’investigation des voies lacrymales Si

le conduit lacrymal est totalement perméable lors de

l’irrigation, une sténose occulte peut être présente dans

l’appareil lacrymal empêchant le drainage des larmes

Dans ce cas, il est nécessaire d’effectuer une

investiga-tion radiologique plus poussée, telle qu’un dacryocys-togramme5 Cet examen peut révéler une anomalie anatomique (sténose) de l’appareil lacrymal Une scinti-graphie de l’appareil lacrymal6peut également être utile pour l’interprétation physiologique de l’examen anatomique (irrigation et/ou dacryocystographie) Lorsque la perméabilité est totale lors de l’irrigation, un dacryocystogramme peut indiquer une sténose et/ou une dilatation présténotique (figure 11) Une scintigra-phie des voies lacrymales, avec ou sans analyse quanti-tative (détermination par ordinateur des valeurs du flux T1/2), peut démontrer une diminution de l’écoule-ment des larmes de l’ouverture palpébrale jusqu’à l’in-térieur du nez (figure 12)

Traitement des patients présentant un larmoiement dû à une diminution du drainage

Ectropion

L’ectropion du point lacrymal doit être traité ini-tialement par le massage de la paupière supérieure et

en informant le patient qu’il doit toujours frotter ses yeux en effectuant un mouvement vers le HAUT afin

de repositionner le point lacrymal contre le globe Chez

de nombreux patients, cette simple mesure conserva-trice entraîne une amélioration Si cela n’est pas le cas,

on peut effectuer l’inversion du point lacrymal par cautérisation en arrière du point lacrymal ou par une excision triangulaire de la conjonctive sur la face

Ophtalmologie

Figure 10a et 10b : Paralysie du nerf facial avec

régénération aberrante

Figure 11 : Dacryocystogramme de voies lacrymales

totalement perméables montrant une sténose avec

dilatation présténotique

Perméabilité partielle lors de l’irrigation – côté droit

Dilatation marquée du sac lacrymal

Figure 12 : Scintigraphie des voies lacrymales montrant un flux normal sur la droite avec un flux légèrement réduit sur la gauche

Figure 13 : Pince Emporte-pièces de Holth utilisée pour la perforation de la partie postérieure du point lacrymal (petite incision)

Ngày đăng: 18/06/2014, 10:05

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