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Les troubles de l’intégration visuelle - part 4 potx

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Traitement Traitements chirurgicaux Le traitement recommandé d’un mélanome conjonctival du limbe classique comprend l’abla-tion par excision « sans contact » de la tumeur, avec une marge

Trang 1

cellules polyédriques, fusiformes, épithéliọdes ou en

ballon La classification Callendar du mélanome,

établie pour des tumeurs uvéales intra-oculaires, ne

s’applique pas aux mélanomes conjonctivaux Les

colorations immunohistochimiques jouent un rơle

important dans l’évaluation des tumeurs

mélanocy-tiques malignes survenant dans un naevus ou une

mélanose primitive acquise Des gammes de

colo-rations impliquant des anticorps avec des amas de

cellules Melan-A, HMB-45 et S100 favorisent la

différenciation des tumeurs bénignes (naevi), des

mélanoses primitives acquises sans atypie (moins

de 1 % de probabilité de progresser vers le

méla-nome), des mélanoses primitives acquises

présen-tant des atypies (plus de 50 % de chances de

progresser vers le mélanome) et des mélanomes

malins7,8 Les colorations immunohistochimiques

d’un mélanome conjonctival montrent une sensibilité

diagnostique de 100 % avec les anticorps anti-S100

et anti-Melan-A et une sensibilité diagnostique de

85 % avec l’anticorps anti-HMB-458

Traitement

Traitements chirurgicaux

Le traitement recommandé d’un mélanome

conjonctival du limbe classique comprend

l’abla-tion par excision « sans contact » de la tumeur, avec

une marge saine de 2 à 3 mm (Figure 5), une

abla-tion à l’alcool de l’épithélium cornéen adjacent et

une cryothérapie adjuvante de double

congélation-décongélation des marges saines en l’absence de

marges saines de la tumeur de la conjonctive1,9,10

Il est important que toute tentative effectuée ne

perturbe pas la masse tumorale; il est également

important d’utiliser des micro-instruments distincts

pour les différents sites afin de s’assurer que les

spécimens pathologiques ne seront pas contaminés

Les tumeurs qui ont envahi la membrane de

Bow-man (observées sur les biomicroscopies

ultra-soniques préopératoires) et qui adhèrent plus à la

cornée peuvent nécessiter une kératectomie

super-ficielle Les tumeurs qui adhèrent à la sclérotique

sous-jacente (apparaissent immobiles à l’examen

clinique et envahissantes sur le cliché de biomicro-scopie ultrasonique) peuvent nécessiter une sclérectomie superficielle sous la base de la tumeur pour tenter d’assurer une excision complète Il serait bon de s’assurer que le champ opératoire est maintenu sec afin de favoriser l’adhérence de toutes cellules tumorales à la masse excisée Une cryothérapie adjuvante faisant appel à une tech-nique de double congélation-décongélation est appliquée en dessous des bords de l’épithélium conjonctival de la résection et à la base de la dissec-tion sclérale10

Le traitement à l’alcool de la base de

la sclérotique a également été utilisé

Les tumeurs localisées à d’autres endroits (fornix, conjonctive palpébrale, conjonctive tarsi-enne) doivent être excisées avec des marges saines plus larges (3 à 4 mm), un traitement à l’alcool de la base et une cryothérapie des marges de la conjonc-tive1,9 Des greffes autogènes de la conjonctive, des greffes de muqueuse buccale ou des greffes de membrane amniotique peuvent s’avérer nécessaires avec des résections plus larges et dans les cas ó la formation de symblépharon peut constituer une complication possible1,9

Moins fréquemment, certains cas peuvent entraỵner un envahissement du globe ou de l’orbite

et peuvent nécessiter de procéder à une énucléa-tion ou une exentérắnucléa-tion orbitale modifiées

(Figure 6) Shields et al ont passé en revue

20/151 cas (13 %) de mélanomes conjonctivaux qui ont nécessité une exentération de l’orbite pour des patients à un stade avancé de la maladie11

Dans cette série, les facteurs cliniques prédictifs d’exen-tération de l’orbite étaient la faible acuité visuelle (< 20/200), la tumeur amélanotique et la

localisa-tion extralimbale de la tumeur Paridaens et al ont

montré qu’une exentération précoce n’améliorait pas le pronostic vital12

et qu’à l’heure actuelle, elle est réservée à un contrơle palliatif local avec ou sans dissection des ganglions régionaux

Chimiothérapie topique

De publications récentes recommandent de faire appel à une chimiothérapie topique (mito-mycine C, 5-fluorouracil [5-FU] et interféron A) dans

le traitement des cellules de l’épithélium malpi-ghien de la conjonctive, des mélanoses primitives

Figure 4 : Évaluation du mélanome conjonctival

par biomicroscopie ultrasonique

4a : Mélanome conjonctival provenant d’un naevus

conjonctival pré-existant

4b : Cliché de biomicroscopie ultrasonique montrant le

possible envahissement scléral à l’interface de la tumeur et

d’une sclérotique extérieure (flèche)

(Reproduit avec l’aimable autorisation du Dr C J Pavlin, publié

dans Ultrasound Biomicroscopy of the Eye,1995)

(Clichés reproduits avec l’aimable autorisation du D r Jerry A et

du D r Carol L Shields 9

)

Figure 5a et 5b : Technique de biopsie par excision « sans contact » d’une tumeur du limbe

Trang 2

acquises, des mélanomes conjonctivaux et de

l’en-vahissement pagétọde de carcinomes des glandes

sébacées1 Demirci et al ont observé une régression

du mélanome conjonctival et de la mélanose

primi-tive acquise présentant des atypies, avec

l’applica-tion de la mitomycine C à 0,04 %, quatre fois par

jour pendant 28 jours, en traitement initial ou

pen-dant 7 jours en tant que traitement adjuvant

asso-cié à une excision et une cryothérapie13 Les

recommandations actuelles préconisent de traiter la

mélanose primitive acquise présentant des atypies

ou le petit mélanome conjonctival avec 2 à 4 cycles

de mitomycine C en application topique à 0,04 %,

quatre fois par jour et ó un cycle se compose de

7 jours de traitement et de 7 jours sans traitement

afin de permettre à l’épithélium de récupérer Les

patients s’administrent des gouttes à usage topique

pendant qu’ils sont allongés sur le dos et exercent

alors une occlusion des points lacrymaux pendant

5 minutes après l’administration des gouttes

Cer-tains centres placent maintenant de manière

tem-poraire des bouchons méatiques afin de prévenir

les effets antimétabolites sur le système de drainage

lacrymo-nasal Les effets secondaires comprennent

le syndrome de l’œil sec, la kératite ponctuée

super-ficielle (KPS), la conjonctivite toxique et la sténose

des points lacrymaux1

Le 5-FU (gouttes à 1 % dans l’œil) a également

été utilisé pour contrơler la prolifération

superfi-cielle de mélanocytes, incluant la mélanose

primi-tive acquise présentant des atypies et le mélanome

superficiel L’interféron (Intron A) peut également

être administré par voie topique, habituellement

pour contrơler les tumeurs épithéliales malignes,

mais requiert des durées de traitement plus

longues (mois)

Les recommandations actuelles suggèrent que

la chimiothérapie topique (mitomycine C) en

traite-ment principal est le plus efficace pour les

patholo-gies intra-épithéliales telles que la mélanose

primitive acquise présentant des atypies et le petit

mélanome superficiel Elle peut jouer un rơle en

tant que thérapie adjuvante dans des cas de marges

positives ou évidence d’envahissement après un traitement initial de chirurgie et de cryothérapie

Radiothérapie

Le mélanome est une tumeur qui a tendance à résister aux radiations et requiert donc une dose totale de 6 000 à 8 000 cGy pouvant être délivrée par radiothérapie personnalisée sur plaque Ceci est réservé aux patients présentant des tumeurs dif-fuses qui ne sont pas complètement reséquées ou à récidives multiples1 La radiation joue le rơle de traitement adjuvant ou de traitement palliatif des mélanomes conjonctivaux et il n’est fait mention d’aucun cas publié comparant ces traitements avec les modalités chirurgicales

Biopsie des ganglions lymphatiques sentinelles (GLS)

La fréquence des métastases des ganglions lymphatiques, moins importante que celle du mélanome conjonctival, varie de 26 à 40 %, dans

un délai de 10 ans suivant le diagnostic Les gan-glions régionaux qui sont impliqués comprennent les ganglions pré-auriculaires (73 %), les ganglions sous-mandibulaires (9 %) et les ganglions latéraux profonds du cou (18 %) Toutefois, 26 % des patients développent des métastases distantes, sans pathologie ganglionnaire préalable14

Esmaeli et al ont fait état d’une technique de

biopsie G LS qui détecte les pathologies micro-scopiques des ganglions régionaux et apporte des éléments d’information importants en matière

de stadification du mélanome conjonctival14

Le technétium (soufre collọdal marqué au Tc-99m) présentant une activité de 0,3 mCi (11,1 Mbq) dans 0,2 mL est injecté sous la conjonctive autour de la base de la tumeur et est visualisé pendant 20 mi-nutes dans la région des ganglions régionaux (gan-glions intraparotidiens, pré-auriculaires, cervicaux

et sous-mandibulaires) à l’aide d’une sonde gamma portative Les ganglions individualisés sont excisés

et analysés par histologie sur hématoxyline-éosine

et après colorations immunohistochimiques (melan-A, HMB-45, MART-1); ils sont également analysés en recherchant la tyrosine ARNm par la

technique de PCR (polymerase chain reaction)

Les informations sur la stadification de gan-glions positifs au moment de la résection de la tumeur primitive permettent une détection précoce des patients présentant un risque de développe-ment des métastases distantes ainsi que la possibi-lité de proposer une chimiothérapie systémique (p ex., interféron)

Conclusions

L’ophtalmologiste polyvalent(e) ne rencontrera que quelques cas de mélanomes conjonctivaux au cours de sa carrière Cependant, étant donné la morbidité et la mortalité importantes qui accompa-gnent la maladie, c’est un diagnostic qu’il ne peut

Ophtalmologie

Conférences scientifiques

Figure 6 : Mélanome conjonctival à risque

élevé; présentation extralimbale et lésions à

foyers multiples de la conjonctive bulbaire avec

extension à la cornée

(Cliché reproduit avec l’aimable autorisation du D r Brenda Gallie)

Trang 3

8 Heegaard S, Jensen OA, Prause JU Immunohistochemical diagnosis of malignant melanoma of the conjunctiva and uvea: comparison of the novel antibody against melan-A with S100 protein and HMB-45.

Melanoma Res 2000;10:350-354.

9 Shields JA, Shields CL, DePotter P Surgical management of

conjunctival tumors Arch Ophthalmol 1997;115:808-815.

10 Shields CL, Shields JA, Armstrong T Management of conjunctival and corneal melanoma with surgical excision, amniotic membrane

allo-graft and topical chemotherapy Am J Ophthalmol 2001,132:576-578.

11 Shields JA, Shields CL, Gunduz K, Cater J Clinical features predictive

of orbital exenteration for conjunctival melanoma Ophthal Plast

Reconstr Surg 2000;16:173-178.

12 Paridaens AD, McCartney AC, Minassian DC, Hungerford JL Orbital exenteration in 95 cases of primary conjunctival malignant

melanoma Br J Ophthalmol 1994;78:520-528.

13 Demirci H, McCormick SA, Finger PT Topical mitomycin chemother-apy for conjunctival malignant melanoma and primary acquired

melanosis with atypia Arch Ophthalmol 2000;118:885-891.

14 Esmaeli B, Reifler D, Prieto VG, et al Conjunctival melanoma with a

positive sentinel lymph node Arch Ophthalmol 2003;121:1779-1783.

Réunion scientifique à venir

16 au 19 novembre 2004

Annual Meeting of the American Academy of Ophthalmology

New Orleans, Louisiana Renseignements : Tél : 415-561-8500

Fax : 415-561-8533 Courriel : meetings@aao.org

Evénements futurs dans le département

3 au 4 décembre 2004

Walter Wright Day « Ocular Emergencies » Coordinateur – Dr Dan DeAngelis

Note : Adresse du site du Programme pour les professeurs

invités (PPI) : Toronto Western Hospital, West Wing, Room 2-401, 399 Bathurst Street, Toronto

À septembre 2004, le PPI aura lieu à l’Hôpital St Michael,

30 Bond Street, Toronto – Paul Marshall Lecture Theatre, B1-Queen, entrée Queen Street (près de Second Cup)

différer ni laisser de côté Une forte suspicion clinique

est indispensable au moment d’examens de lésions

pig-mentées de la conjonctive, mais une anamnèse

exhaus-tive, un examen avec une lampe à fente, des clichés

cliniques et un suivi clinique étroit peuvent aider à

dif-férencier le mélanome conjonctival des autres lésions

simulatrices Une croissance et une nodularité

docu-mentées devraient conduire à une visualisation

appro-priée (biomicrosopie ultrasonique) et le traitement

initial joue un rôle important dans la réduction des taux

de récidives locales et de métastases L’évaluation des

ganglions lymphatiques sentinelles jouera un rôle de

plus en plus important dans la stadification des patients

Une résection chirurgicale méticuleuse avec une

cryothérapie adjuvante demeure le traitement de choix,

mais la chimiothérapie topique contribue à la prise en

charge initiale et secondaire Une chimiothérapie

systémique et/ou une immunothérapie peuvent être

proposées aux patients présentant des lésions

ganglion-naires au moment de la consultation et qui, avec un peu

de chance, amélioreront leur survie à long terme

Le D r McGowan est Maître de conférence à l’Université

de Toronto et exerce en tant que médecin dans l’équipe de

l’Hôpital général de North York et l’Hôpital Princess

Margaret de l’University Health Network de Toronto.

Remerciements : L’auteur tient à remercier E Rand Simpson

pour sa contribution à la révision de ce manuscrit, le D r

Charles J Pavlin pour sa contribution en biomicroscopie

ultra-sonique et le D r Yeni Yucel pour sa contribution en

histo-pathologie La gestion clinique a été fournie par Lee Penney,

Ocular Oncology Service et les clichés cliniques ont été fournis

par Karen Hahn et Allan Connor.

Références

1 Shields CL, Shields JA Tumors of the conjunctiva and cornea Surv of

Ophthalmol 2004;49:3-24.

2 Shields CL, Shields JA, Gunduz K, et al Conjunctival melanoma; risks

factors for recurrence, exenteration, metastasis and death in 150

con-secutive patients Arch Ophthalmol 2000;118:1497-1507.

3 Paridaens AD, Minassian DC, McCartney AC, Hungerford JL

Prognos-tic factors in primary malignant melanoma of the conjunctiva: a

clini-copathological study of 256 cases Br J Ophthalmol 1994;78: 252-259.

4 Singh AD, Campos OE, Rhatigan RM, et al Conjunctival melanoma in

the black population Surv of Ophthalmol 1998; 43:127-133.

5 Yu GP, Hu DN, McCormick S, Finger PT Conjunctival melanoma; is it

increasing in the United States Am J Ophthalmol 2003;135:800-806.

6 Pavlin CJ, Foster FS Ultrasound Biomicroscopy of the Eye In:

Conjunctival and adnexal disease New York: Springer-Verlag;

1995:196-208.

7 Jakobiec FA, Folberg R, Iwamoto T Clinicopathological features of

premalignant and malignant lesions of the conjunctiva Ophthalmol

1989;96:147-166.

© 2004 Département d’ophtalmologie et des sciences de la vision, Faculté de médecine, Université de Toronto, seul responsable du contenu de cette publication Édition : SNELL Communication Médicale Inc avec la collaboration du Département d’ophtalmologie et des sciences de la vision, Faculté de médecine, Université de Toronto MD

Ophtalmologie – Conférences scientifiques est une marque

de commerce de SNELL Communication Médicale Inc Tous droits réservés L’administration d’un traitement thérapeutique décrit ou mentionné dans Ophtalmologie – Conférences scientifiques doit

toujours être conforme aux renseignements d’ordonnance approuvés au Canada SNELL Communication Médicale se consacre à l’avancement de l’éducation médicale continue de niveau supérieur.

L’élaboration de cette publication a bénéficié d’une subvention à l’éducation de

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La version française a été révisée par le professeur Pierre Lachapelle, Montréal.

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distribuables doivent être envoyés à l’adresse ci-dessus Poste-publications #40032303

Trang 4

Conférences scientifiques

AỎT/SEPTEMBRE 2004 Volume 2, numéro 7

COMPTE RENDU DES CONFÉRENCES SCIENTIFIQUES DU DÉPARTEMENT D’OPHTALMOLOGIE ET

DES SCIENCES DE LA VISION, FACULTÉ DE MÉDECINE, UNIVERSITÉ DE TORONTO

Département d’ophtalmologie

et des sciences de la vision Faculté de médecine Université de Toronto

60 Murray St

Bureau 1-003 Toronto (Ontario) M5G 1X5

Le contenu rédactionnel d’Ophtalmologie –

Conférences scientifiques est déterminé

exclusivement par le Département d’ophtalmologie et des sciences de la vision, Faculté de médicine, Université de Toronto.

Département d’ophtalmologie

et des sciences de la vision

Jeffrey Jay Hurwitz, M.D., Rédacteur

Professeur et président

Martin Steinbach, Ph.D

Directeur de la recherche

The Hospital for Sick Children

Elise Heon, M.D

Ophtalmologiste en chef

Mount Sinai Hospital

Jeffrey J Hurwitz, M.D

Ophtalmologiste en chef

Princess Margaret Hospital (Clinique des tumeurs oculaires)

E Rand Simpson, M.D

Directeur, Service d’oncologie oculaire

St Michael’s Hospital

Alan Berger, M.D

Ophtalmologiste en chef

Sunnybrook and Women’s College Health Sciences Centre

William S Dixon, M.D

Ophtalmologiste en chef

The Toronto Hospital (Toronto Western Division and Toronto General Division)

Robert G Devenyi, M.D

Ophtalmologiste en chef

Le ptérygion – Mise à jour sur les concepts

actuels et les modalités thérapeutiques

PA R SAO LE E, M.D E T AL L A NSLO M OV I C, M.D

Un ptérygion est une pathologie oculaire relativement fréquente qui prédomine

dans les régions chaudes et sèches au nord et au sud de l’équateur Bien que

l’exci-sion chirurgicale suivie d’une greffe conjonctivale soit actuellement le traitement de

choix, de nouveaux traitements ont été décrits, dont certains peuvent causer des

complications de la surface oculaire Dans ce numéro d’Ophtalmologie –

Con-férences scientifiques, nous décrivons les facteurs de risque, la pathogenèse, les

symptơmes et les options thérapeutiques au ptérygion et décrivons également la

technique chirurgicale de l’excision avec autogreffe conjonctivale.

Définition et morphologie

Un ptérygion primitif est défini comme une croissance fibrovasculaire en triangle

qui se développe à partir de la conjonctive bulbaire pour envahir la cornée (figure 1)

Un ptérygion récidivant est généralement une lésion plus agressive qui peut apparaỵtre

rapidement quelques semaines ou quelques mois après l’excision d’un ptérygion

pri-maire (figure 2) Il faut distinguer un pseudoptérygion d’un ptérygion réel Il représente

une cicatrice conjonctivale fibrovasculaire ou un pannus dû à un traumatisme

mécanique ou chimique, ou des dégénérescences cornéennes périphériques, telles que

la dégénérescence marginale de Terrien (figure 3) Bien que similaire sur le plan

histologique, un pinguécula est distinguable d’un ptérygion par sa localisation sur la

conjonctive loin du limbe cornéen et par le fait que les tissus fibrovasculaires présents

dans le pinguécula ne sont pas orientés radialement vers l’apex cornéen

Épidémiologie du ptérygion

La distribution du ptérygion est mondiale, mais sa prévalence est plus élevée dans

les climats chauds et secs1 Le facteur commun est la latitude, étant donné que le

ptéry-gion s’observe principalement dans les réptéry-gions péri-équatoriales aux latitudes de 37oau

nord et au sud de l’équateur Plusieurs études ont montré que la prévalence du

ptéry-gion augmente avec l’âge2-4 L’âge d’apparition le plus fréquent est la vingtaine et la

trentaine2,5

Facteurs de risque

Les facteurs de risque les plus importants sont de nature environnementale, à savoir

les rayonnements solaires et ultraviolets (UV) et l’irritation chronique par des particules

dans l’air

Rayonnements ultraviolets

Le principal facteur de risque environnemental causant l’apparition du ptérygion est

l’exposition aux rayonnements UV6 La lumière UV absorbée par la cornée et la

MC

Département d’ophtalmologie et des sciences de la vision

FAC U LT Y O F M E D I C I N E

Un i v e r s i t y o f To r o n t o

Disponible sur Internet à : www.ophtalmologieconferences.ca

Trang 5

conjonctive favorise les lésions cellulaires et la

pro-lifération cellulaire subséquente7 La quantité de

lumière UV absorbée dépend de la latitude (région

de haute incidence), du terrain réfléchissant et du

temps passé à l’extérieur L’utilisation de lunettes

pro-tectrices et d’une visière peut atténuer certains de

ces facteurs de risque8

Facteurs génétiques

Plusieurs rapports de cas ont décrit des membres

d’une même famille atteints du ptérygion, et une

étude cas-témoins au sein d’un hôpital a montré que

les antécédents familiaux sont significatifs, ce qui

indique une possibilité de transmission autosomique

dominante

Autres facteurs de risque

L’irritation ou l’inflammation chronique du limbe

ou de la cornée périphérique a été citée comme

facteur de risque par les défenseurs de la théorie

de la « kératite chronique »11 Cette inflammation

chronique serait une cause importante de la

défi-cience des cellules souches limbiques et est

exa-minée ci-après12 Wong a également suggéré la

présence d’un facteur angiogénique lié au ptérygion

et par conséquent, on a signalé que l’utilisation d’une

pharmacothérapie angiogénique était une option

thérapeutique13 La poussière, un faible taux

d’hu-midité et des microtraumatismes provenant de

par-ticules, la sécheresse des yeux et le papillomavirus

ont également été mis en cause14-17

Pathogenèse du ptérygion

Les mécanismes pathophysiologiques précis à la

base de l’apparition du ptérygion, de son évolution

et de sa récidive font encore l’objet de débats18

Dégénérescence vs trouble prolifératif

Décrit classiquement comme une « dégénéres-cence élastique » à la microscopie optique, le ptéry-gion consiste en du tissu subépithélial anormal contenant des fibres de collagène altérées qui sont visibles avec des colorants élastiques On pense qu’il s’agit de processus purement dégénératifs causés par l’exposition au soleil19 Cliniquement, le ptérygion a des caractéristiques comportementales qui suggèrent un trouble entraînant une crois-sance proliférative20 Un ptérygion primaire est localement invasif, s’étendant vers l’apex cornéen

Le lien existant entre les rayonnements UV et le cancer est bien connu, et la lumière UV peut causer des mutations dans la kératose solaire et les carcinomes cutanés21 Le ptérygion a une propension élevée à récidiver agressivement après une excision chirurgicale, et les modalités thérapeutiques sont donc semblables aux traite-ments anticancéreux

Figure 1 : Ptérygion primaire – croissance épaisse

affectant l’axe visuel

Figure 2 : Ptérygion récidivant

Figure 3 : Pseudoptérygion, secondaire à

un ulcère de Morren

Trang 6

l’échec de l’intervention Les taux de récidive sig-nalés varient considérablement de 0 % à 89 %22-30

Chirurgie

La chirurgie du ptérygion peut être divisée en quatre principaux groupes dans un ordre de com-plexité croissante :

•Excision de la sclère nue

•Excision avec fermeture/transposition conjonctivale

•Excision avec traitements d’appoint antimitotiques

•Techniques de greffe sur la surface oculaire

Excision de la sclère nue

La technique de l’excision de la tête et du corps

du ptérygion jusqu’à la région canthale nasale en laissant le lit scléral nu pour qu’il se réépithélialise a été décrite pour la première fois en 1948 par D’Om-brain22,30 Bien que de nombreuses études initiales aient rapporté le succès de cette intervention, son principal désavantage est que l’excision de la sclère nue est associée à un taux élevé de récidive (24 % à

89 %) et pour cette raison, elle n’est pas recom-mandée pour le traitement du ptérygion primitif ou récidivant24,25

Excision avec fermeture/transposition conjonctivale

Plusieurs interventions décrivant la fermeture de

la plaie conjonctivale du lit du ptérygion ont été rap-portées La fermeture de la plaie peut être une simple approximation des marges conjonctivales décollées

Ou bien, on peut effectuer une transposition con-jonctivale au moyen d’un lambeau pédiculaire supérieur ou inférieur ayant fait l’objet d’une rota-tion pour fermer le lit du ptérygion Cependant, le taux de récidive ne semble pas être significativement plus faible que pour l’excision de la sclère nue Deux études récentes utilisant la fermeture simple ou un lambeau supérieur ayant fait l’objet d’une rotation montrent un taux élevé de récidive de 37 % et de

29 %, respectivement26-27

Excision avec un traitement médical d’appoint

Un certain nombre de traitement d’appoint ont été décrits pour réduire le risque de récidive après l’excision chirurgicale du ptérygion Chacun a ses avantages, mais ses inconvénients également

Rayonnement bêta :Les rayonnements ionisants inhibent la mitose des cellules qui se divisent rapide-ment et les tissus proliférant activerapide-ment sont donc

Déficience des cellules souches limbiques

Les signes classiques ou les caractéristiques

cliniques d’une déficience limbique comprennent

l’épaississement, la vascularisation, l’inflammation

chronique de la conjonctive, la destruction de la

membrane basale et une croissance fibreuse12 Ces

signes, qui sont également les caractéristiques d’un

ptérygion, font suggérer à plusieurs chercheurs que

le ptérygion serait la manifestation d’une dysfonction

ou d’une déficience localisée, interpalpébrale des

cel-lules souches limbiques étant peut-être la

con-séquence de la destruction des cellules souches liée à

l’exposition à la lumière UV12

Ces nouvelles études sur les mécanismes

moléculaires et cellulaires survenant dans le

ptéry-gion seront importantes, car de nouvelles

connais-sances sur les mécanismes pathophysiologiques du

ptérygion et la récidive de cette pathologie peuvent

modifier notre approche et offrir de nouvelles

straté-gies pour son traitement médical et chirurgical

Symptôme du ptérygion

Le ptérygion au stade précoce peut être

asympto-matique ou peut causer des symptômes occasionnels

de sécheresse des yeux, tels qu’une sensation de

brûlure, des démangeaisons ou des larmoiements,

étant donné que les lésions causent une

humidifica-tion irrégulière de la surface oculaire À mesure que

la lésion se développe, une inflammation ou une

irritation récidivante ou l’apparition de la lésion

peuvent gêner le patient Des troubles visuels

peu-vent apparaître en raison de l’astigmatisme causé par

le ptérygion ou d’une obstruction directe lorsque la

lésion couvre l’axe optique

Options thérapeutiques pour le ptérygion

Le traitement symptomatique avec des lubrifiants

oculaires pour traiter la sécheresse des yeux est

habituellement suffisant au stade initial de la

mala-die Le traitement chirurgical est indiqué lorsque la

lésion est importante, menace ou affecte l’axe visuel

ou cause un astigmatisme important, une irritation,

une rougeur, des larmoiements ou une douleur La

gêne par le caractère inesthétique de la lésion est

une indication relative d’ablation

La chirurgie actuelle du ptérygion varie de la

simple excision de la sclère nue à des techniques

chirurgicales plus complexes, telles que la

kérato-plastie lamellaire et la greffe de membrane

amnio-tique La récidive du ptérygion après son excision

chirurgicale est l’unique cause la plus fréquente de

Trang 7

les plus sensibles Les rayonnements ionisants avec

le strontium-90 ont été utilisés à des doses allant de

1000 à 7000 cGy Bien que les rayonnements bêta

soient utilisés depuis plus d’un demi siècle, les

études sur leur efficacité et leur innocuité sont

généralement insuffisantes, les périodes de suivi ne

sont pas suffisamment longues et il existe peu

d’é-tudes prospectives randomisées31,32 Cependant, la

plupart des études montrent que les taux de récidive

sont faibles, de l’ordre de 10 %

On pense que les événements indésirables

asso-ciés à la chirurgie par les rayonnements bêta sont

fonction de la dose et comprennent des

complica-tions graves (p ex formation d’une cataracte

secto-rielle, atrophie de l’iris, nécrose de la sclère,

formation de plaques sclérales calcifiée33,34) Les

com-plications moins graves comprennent la

conjonc-tivite, la cicatrisation conjonctivale, la kératite, la

photophobie et la ptose Étant donné les

complica-tions graves potentielles et l’existence d’autres

straté-gies thérapeutiques efficaces, l’utilisation conjointe

de rayonnements bêta n’est pas recommandée

Mitomycine C (MMC) :La MMC est un

antibiotique-agent anticancéreux qui inhibe l’ADN, l’ARN et la

synthèse des protéines et a un effet à long terme sur

la prolifération cellulaire La MMC a été utilisée

comme traitement d’appoint de la chirurgie du

glau-come et du ptérygion, ó elle induit l’inhibition locali-sée et prolongée des fibroblastes de la capsule de Tenon Cela réduit les tissus cicatriciels boursouflés associés à la trabéculectomie et la récidive du ptéry-gion La MMC topique à 0,02 % a été utilisée après la chirurgie du ptérygion deux fois par jour pendant 5 jours Les effets indésirables de la MMC topique peu-vent être associés à des complications importantes et potentiellement menaçants pour la vision, com-prenant l’iritis, l’avascularité limbique, la fusion de la cornée (figures 4 et 5), la fusion de la sclère ou la for-mation de plaques calcifiées, la décompensation cornéenne, la perforation sclérale ou cornéenne, le glaucome secondaire et la cataracte25-38

Afin de réduire la toxicité et les complications associées à l’utilisation de collyres de MMC, plusieurs études recommandent maintenant une seule application peropératoire de MMC (comme elle est utilisée dans la chirurgie filtrante du glau-come)27,28,38,39 Les taux de récidive signalés avec l’application peropératoire de MMC varient de 3 % à

43 % et sont généralement comparables à ceux notés avec les collyres de MMC Des complications ont également été signalées avec l’utilisation peropéra-toire de MMC, comprenant la kératite épithéliale ponctuée précoce, le chémosis, le retard dans la guérison de la plaie conjonctivale et les granulomes conjonctivaux Un cas de fusion cornéenne après l’application peropératoire de MMC a également été rapporté40,41 Nous utilisons actuellement la MMC pendant la période peropératoire uniquement pour

le ptérygion récidivant On applique 0,02 mg/mL de MMC avec une éponge chirurgicale Weck Cell pen-dant 2 minutes Le produit est ensuite rincé abon-damment au moyen de 2 flacons de solution saline équilibrée (20 mL chacun) Le site scléral nu est ensuite fermé par une autogreffe conjonctivale

Techniques de la greffe sur la surface oculaire

Étant donné que le ptérygion est considéré main-tenant comme une forme localisée de pathologie de

la surface oculaire, des interventions au niveau de la surface oculaire pour la chirurgie du ptérygion ont été mises au point42 Afin de réparer la surface ocu-laire à la suite d’une chirurgie du ptérygion, on utilise les greffes suivantes :

•Autogreffe conjonctivale

•Autogreffe limbo-conjonctivale

•Greffe de membrane amniotique

Autogreffe conjonctivale

L’autogreffe conjonctivale est l’intervention de choix pour le traitement du ptérygion primitif et est

Figures 4 et 5 : Fusion cornéo-sclérale

après l’excision du ptérygion avec l’aide de

la mitomycine-C

Trang 8

utilisée pendant la période peropératoire

conjointe-ment à 0,02 mg/mL de MMC pendant 2 minutes

dans les cas de ptérygion récidivant C’est une

inter-vention relativement sûre et efficace qui sert d’étalon

par rapport auquel on se réfère pour toutes les

inter-ventions du ptérygion Cette intervention fournit

souvent au patient un excellent résultat sur le plan

esthétique (figure 6)

L’intervention consiste à obtenir une autogreffe

conjonctivale libre (habituellement de la conjonctive

bulbaire supérieure temporale dans le cas d’un

ptéry-gion nasal) et à suturer la greffe sur le lit scléral nu

après l’excision du ptérygion Cette intervention est

décrite en détail ultérieurement Bien qu’elle soit très

répandue, elle est techniquement exigeante Par

conséquent, on a rapporté des variations importantes

de son taux de succès, allant d’un taux aussi faible

que 2 % à un taux aussi élevé que 39 %24

Conjointe-ment à la description de l’autogreffe conjonctivale,

on a décrit des modifications de cette technique,

comprenant l’autogreffe conjonctivale rotationnelle

et l’autogreffe conjonctivale annulaire25

Autogreffe limbo-conjonctivale

Étant donné que l’on a suggéré qu’une déficience

des cellules souches limbiques est une cause

étio-logique du ptérygion, on a proposé l’autogreffe

limbique (appelée également autogreffe

limbo-con-jonctivale) comme modalité thérapeutique13,42 Cette

intervention est similaire à l’autogreffe conjonctivale

excepté que la limite limbique du greffon du

don-neur est prolongée pour inclure l’épithélium

lim-bique, soit par une kératectomie superficielle soit par

une dissection lamellaire superficielle Ce cơté du

greffon est ensuite placé sur le bord limbique du lit

scléral du receveur, afin d’assortir et de reconstruire

le limbe avec de l’épithélium contenant des cellules souches Malgré l’avantage théorique de l’autogreffe limbique, il semble qu’elle n’entraỵne pas une réduc-tion significative du taux de récidive comparative-ment à l’autogreffe conjonctivale conventionnelle

Greffe de membrane amniotique

Il existe des rapports indiquant que la membrane amniotique humaine préservée peut être utilisée comme substrat de la membrane basale dans les interventions de la surface de la cornée (p ex chirurgie du ptérygion par allogreffe limbique)44,45

Le recours à la greffe de membrane amniotique a réduit la récidive du ptérygion La membrane amnio-tique permet de réduire la cicatrisation et la fibrose associées à la chirurgie de la surface oculaire Tout récemment, on a également démontré qu’elle suppri-mait la signalisation du TGF-ß dans les fibroblastes

de la conjonctive et du ptérygion46,47 Bien que moins efficace que l’autogreffe conjonctivale pour prévenir les récidives (14,8 % vs 4,8 % dans une étude com-parative)26, l’intervention entraỵne souvent d’excel-lents résultats sur le plan esthétique Elle offre certains avantages par rapport à l’autogreffe conven-tionnelle, car la conjonctive supérieure n’est pas utili-sée et l’intervention est relativement simple à réaliser Les principaux désavantages sont le cỏt et l’accessibilité de la greffe de membrane amniotique

Autres traitements pour le ptérygion

En plus des interventions décrites ci-dessus, d’autres modalités thérapeutiques d’ablation du ptérygion méritent d’être mentionnées Celles-ci incluent la kératoplastie lamellaire, la kératectomie photothérapeutique au laser Excimer et un nouveau traitement pharmacologique pour le ptérygion utili-sant un stérọde angiostatique On a encouragé

le recours à la kératoplastie lamellaire du fait que le tissu lamellaire cornéen de l’allogreffe présente une barrière limitant la progression du ptérygion La kératectomie photothérapeutique (PTK) a été utilisée pour « lisser » le lit scléral et la surface cornéenne après l’excision du ptérygion, afin de réduire le tissu cicatriciel et les irrégularités de la surface qui peuvent augmenter le risque de récidive48

Technique chirurgicale : excision du ptérygium avec autogreffe conjonctivale

L’intervention peut être réalisée en utilisant une anesthésie topique et régionale dans une salle d’opérations pour interventions mineures De

Figure 6 : Excision du ptérygion réussie avec

autogreffe conjonctivale 8 semaines

après la chirurgie

Trang 9

en sublingual (1 mg) associé à la tétracạne

topique 0,5 % sont administrés au patient avant

l’in-tervention Une dose supplémentaire de tétracạne

est administrée pendant la période peropératoire, si

nécessaire De la lidocạne intralésionnelle à 2 %

avec de l’épinéphrine, injectées dans le lit du

ptéry-gion et le site du donneur pour l’autogreffe

conjonc-tivale sont très efficaces pour soulager la douleur du

patient durant l’intervention

Si les mouvements oculaires présentent un

pro-blème, un fil de traction en soie de calibre 8-0 peut

être placé à travers la cornée supérieure pour

posi-tionner l’œil dans la direction nécessaire pendant

l’intervention et pour réduire les mouvements

involontaires de l’œil Ensuite, la partie conjonctivale

du ptérygion est marquée avant l’intervention avec

un marqueur chirurgical

Une lame Beaver 69 ou 57 est utilisée pour

réaliser une dissection lamellaire de la tête du

ptéry-gion, en vue de l’excision avasculaire complète de

tout le tissu du ptérygion jusqu’au niveau de la

membrane de Bowman (figure 7) Dans ce plan, la

chirurgie est remarquablement avasculaire jusqu’à

ce que l’on atteigne le système vasculaire limbique

Des ciseaux mousses de Wescott sont utilisés pour

décoller la partie conjonctivale du ptérygion (figure

8) Une dissection à l’aide d’un instrument tranchant

est ensuite réalisée pour extraire le corps de

ptéry-gion Une lame Beaver 69 ou une fraise égrisée est

utilisée pour polir le limbe, en s’assurant que tout

tissu fibrovasculaire résiduel du ptérygion est enlevé

et que la région limbique est lisse Les gros vaisseaux

épiscléraux incisés durant l’intervention sont

cautérisés, si nécessaire Les dimensions verticale et

horizontale du lit scléral nu sont mesurées avec un

calibre de Castrovejo

Ensuite, on prélève l’autogreffe conjonctivale L’œil fait l’objet d’une rotation dans le quadrant nasal inférieur et le greffon de taille appropriée est marqué sur la conjonctive bulbaire temporale supérieure Des ciseaux mousses de Wescott sont utilisés pour obtenir un greffon conjonctival mince n’incluant pas

le tissu de la capsule de Tenon (figure 9) Il faut veiller à incorporer uniquement la conjonctive dans

ce greffon, en n’incluant pas le tissu de la capsule de Tenon Des pinces sans griffes sont utilisées pour saisir la conjonctive, afin d’éviter de la percer ou de

la déchirer Lors de la dissection du greffon conjonc-tival du donneur, on doit voir l’extrémité des ciseaux mousses de Wescott à travers la conjonctive pour éviter de percer celle-ci Avec ce type de dissection conjonctivale atraumatique, la formation d’un granu-lome postopératoire dans le site donneur est très rare

et il est habituellement possible de prélever à nou-veau la conjonctive dans le même site à une date ultérieure au cas ó le ptérygion récidiverait

Figure 9 : Dissection de la greffe conjonctivale après que le marquage ait été effectué

Figure 7 : Dissection de la tête du ptérygion avec

une lame Beaver

Figure 8 : Dissection mousse du corps du

ptérygion avec des ciseaux de Wescott

Trang 10

Le greffon conjonctival du donneur doit être

suf-fisamment grand pour incorporer les marques

chirurgicales placées au préalable Lorsque le greffon

conjonctival libre est disséqué, il fait l’objet d’une

rotation dans le lit scléral nu et l’on doit s’assurer

d’aligner le côté limbique du greffon prélevé avec le

limbe sur le site du receveur (c’est le seul côté qui

n’est pas marqué avec le marqueur chirurgical) On

réalise ensuite la suture du greffon sur le limbe par

points séparés à l’aide de trois fils de nylon 10-0 Des

sutures en boucle sont utilisées aux deux extrémités,

fixant la conjonctive du donneur et du receveur à

l’épisclère Une suture en matelas est utilisée sur la

partie médiane pour éviter la rétraction de

l’auto-greffe conjonctivale Les extrémités des fils de nylon

demeurent longues pour réduire l’irritation et

ceux-ci sont enlevés sous une lampe à fente 10 jours après

l’intervention Le reste du greffon est fixé avec des

fils de Vicryl 10-0 ou 9-0, en utilisant plusieurs

sutures à points séparés ou une suture à points

continus (figure 10)

Conclusion

Un ptérygion est une pathologie relativement

fréquente Parmi les divers facteurs de risque,

l’expo-sition aux rayons UV est la plus fréquente Bien que

les symptômes au stade initial de la maladie

puis-sent être légers, ils peuvent être incapacitants pour

la vision aux stades ultérieurs Il existe de

nom-breuses méthodes pour traiter cette pathologie, mais

certaines peuvent causer des complications graves

au niveau de la surface oculaire L’excision suivie

d’une greffe conjonctivale est actuellement le

traite-ment de référence, en choisissant la bonne

tech-nique pour obtenir un bon résultat et un faible taux

subséquent de récidive L’autogreffe conjonctivale

avec l’utilisation, pendant la période peropératoire,

de MMC 0,02 mg/mL pendant 2 minutes suivie d’une irrigation importante est sûre et efficace pour traiter le ptérygion récidivant

Allan R Slomoric, MA, M.D., FRCS(C) est directeur clinique du Corneal/External Disease Service au Toronto Western Hospi-tal, Réseau universitaire de santé et président de la Cornea/External Disease and Refractive Society Il est égale-ment professeur agrégé d’ophtalmologie à l’Université de Toronto.

Sao Bing Lee, M.D., était boursier spécialisé dans le domaine des maladies de la cornée dans le Service d’ophtalmologie et des sciences de la vision.

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Figure 10 : Fin de la chirurgie avec les sutures

en place

Ngày đăng: 18/06/2014, 10:05

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