Niveau haut 4 niveau normal 2 Ex: Taxi Remarque: Le signe exprime l’intonation montante et allongeante niveau assez haut niveau assez bas Remarque: Le signe exprime une intonation de
Trang 1UNIVERSITE DE CANTHO FACULTE DE PEDAGOGIE DEPARTEMENT DE FRANÇAIS
L’INTONATION ET LES DIFFICULTÉS
DE COMPRÉHENSION ORALE
Mémoire de licence de FLE
Sous la direction de :
Monsieur Tran Thanh Ai Étudiante :
Nguyen Viet Thien An Code d’étudiant : 7075925 Classe : Promotion 33 Mai 2012
Trang 2- Tous les professeurs du Département de français de l’Université de Can Tho pour leurs conseils et pour leurs enseignements
Mes remerciements vont également à toute ma famille qui m’a toujours côtoyée et m’a souvent apporté son soutien moral durant mon travail
Trang 3INTRODUCTION
1 Motivation de recherche
La langue est un moyen très important dans la communication humaine Chaque peuple a sa langue qui a des modes particuliers pour représenter le réel Dans une chanson, les notes de musique font sa mélodie L’intonation du discours oral peut être considérée comme les notes de musiques, parfois elle monte, et parfois elle descend Elle rend la parole gracieuse et permet d’exprimer abondamment de gammes de sentiments On peut dire que l’intonation est la mélodie de la phrase
Mon intérêt procède de la perte de contenance d’une étudiante dans un cours de stage pédagoqique Ce jour là, elle a enseigné la compréhension orale
(désormais CO) de la leçon 5 : Une journée idéale de la méthode de français
Ado pour le niveau débutant de la classe 10e Il s’agit d’un dialogue :
« - Bruno : Qu’est-ce que tu fais pendant le week-end ? Tu travailles ?
- Valérie : Travailler ! Travailler ! Non, je passe le week-end dans la maison de
Cécile, près de la mer »
Puis, elle a posé la question : « Qu’est-ce que la fille va faire pendant le week-end ? » Et tous les élèves au niveau débutant donnaient la même réponse « Elle travaille » La bonne réponse est bien évidemment que la fille allait passer le week-end chez Cécile, qu’elle n’ aimait plus travailler en week-end En ce moment, l’étudiante ne savait pas comment bien l’expliquer aux élèves Elle a expliqué que ce n’était pas travailler malgré l’affirmation des élèves Elle a perdu contenance Elle a répété plusieurs fois la phrase
« Travailler, travailler ! Non, je passe le week-end à la maison de Cécile, près de
la mer » avec une voix normale, qui manque d’expressivité
Trang 4Assise au fond de la salle pour observer la séance, je me demandais pourquoi elle n’a pas fait la prosodie et l’intonation pour oraliser cette phrase
Si elle avait mis un peu d’expressivité sur les mots « travailler, travailler », et l’accent sur le mot « Non », l’histoire aurait changé
Cette histoire me fait réfléchir beaucoup Et je commence à m’intéresser à
la méthode d’enseignement de l’expression orale Comment s’exprimer pour bien faire comprendre les autres et pour bien manifester les sentiments ? Il y a beaucoup de pistes de recherche sur cette compétence mais mon choix est le domaine de l’intonation
Partant de ces réflexions, je souhaite bien comprendre la mélodie des paroles dans la communication pour pouvoir bien communiquer et bien enseigner mes élèves l’expression orale
2 L’objet d’étude : Les intonations actualisées dans un document vidéo
authentique
3 Structure du mémoire
Notre mémoire s’articule autour de ces chapitres suivants :
- Introduction : ó je présente la motivation de mon mémoire
- Chapitre 1 : consacré au Cadre théorique et à la méthodologie de recherche
- Chapitre 2 : analyse du corpus, qui comporte toutes les analyses des intonations manifesstées dans le corpus
- Chapitre 3 : que je réserve à la proposition didactique de la recherche
- Conclusion
Bibliographie
Trang 5Quel est le rôle de l’intonation dans l’organisation de l’énoncé oral ? Selon Mario Rossi, l’intonation est une des premières structures linguistiques, acquise dès l’enfance :
« Si vous n'avez pas l'intonation de cette langue [étrangère], vous serez immédiatement pris pour un étranger ; mais si vous en possédez l'intonation, pour l'oreille d'un natif vous serez un autochtone de pure souche, malgré par ailleurs votre mauvaise prononciation qui sera attribuée
à une origine provinciale ; c'est dire l'importance de l'intonation qui est l'une des premières structures linguistiques, acquise dès l'enfance » (Rossi M., 2010)
Trang 6En tant qu’aspect de la communication parlée, l’intonation joue un rôle très important, c’est un moyen linguistique pour transmettre certaines informations
Généralement, on distingue deux fonctions de l’intonation La première est syntaxique, qui permet de différencier les types de phrase: déclarative, interrogative, impérative et négative Quant à la deuxième, fonction expressive, elle permet de traduire une émotion, un sentiment, une opinion, etc…
1.1 Fonction syntaxique:
Si l’intonation permet essentiellement d’attribuer à la phrase à divers types (déclaratif, interrogatif, impératif, etc ) son rôle est aussi de renforcer la structure syntaxique de la phrase en soulignant certaines parties L’intonation, pour ces deux raisons, est intimement liée à la typologie de la phrase et de la ponctuation
On distingue en général quatre intonations de phrase: l’intonation déclarative, l’intonation interrogative, l’intonation impérative et l’intonation négative
1.1.1 Intonation déclarative
L’intonation déclarative est utilisée pour énoncer, décrire, et affirmer Elle
est exprimée par une inflexion descendante finale
1.1.1.1 Phrase à un seul groupe rythmique
Selon la remarque de Léon M dans son livre Exercices systématiques de
prononciation française, il est toujours possible de mettre l’intonation
descendante à la fin de l’énoncé « Si, une phrase n’a qu’un seul groupe rythmique, cela signifie qu’il n’y a pas de mot important à l’intérieur du groupe Dans ce cas, l’intonation sera toujours correcte si on descend en escalier de syllabe en syllabe » (Léon M 2003, p 104)
Trang 7Ex: C’est Marie
1.1.1.2 Phrase à plusieurs groupes rythmiques
Si elle a deux groupes rythmiques, cela implique qu’il y a deux accents et deux variations du ton Selon l’inversion de pente mélodique (IPM), le sommet
de hauteur est toujours à la fin du premier groupe et suivi d’une descendante sur
le second
Ex: L’imagination / prend le pouvoir
Si elle a trois ou quatre groupes rythmiques, (parfois plusieurs dans la langue courante, et ses groupes sont séparés ou non par des virgules; alors chaque virgule correspond à une pause qui dépend du rythme de l’énoncé
Ex: Je l’ai rencontré/ à l’école /ce matin
Ex: Pour le dîner, la jolie princesse/ a pris un morceau de pain,/ trois morceaux de pommes,/un vers de jus d’orange
Dans ces cas, le sommet de hauteur, c’est-à-dire la note la plus haute, est soit à la fin du premier groupe, soit à la fin du deuxième groupe, cela dépend de l’importance du fait
Ex: Je l’ai rencontré/ à l’école /ce matin
Si cet exemple sert à répondre à la question « Tu l’as rencontré dans quelles circonstances », la rencontre est alors le fait le plus important C’est pourquoi le sommet de hauteur est sur la dernière voyelle de “rencontré” La syllabe finale du deuxième groupe (à l’école) monte aussi, mais moins que celle
Trang 8+ Sommet de hauteur : niveau 3 + Final: niveau 1 (Léon M., 2003, p 108)
trois morceaux de pommes,/un vers de jus d’orange
1.1.1.3 L’intonation déclarative – détachement initial
Le détachement initial dans une phrase déclarative est détaché par une virgule Il ne fait pas la partie principale de l’énoncé, il peut être supprimé Il se caractérise par une montée de la voix
Ex: Ce matin, j’ai un rendez-vous
Ex: Il était une fois, une femme pauvre qui n’avait pas d’enfant
1.1.1.4 Intonation déclarative – le détachement interne
Le détachement interne dans une phrase déclarative, nommé intercalé, est séparé par deux virgules, il se trouve au milieu de la phrase Il est peut-être inséré dans la séquence principale ou non, mais il n’est pas la partie de la séquence principale, il peut être supprimé
L’intonation dans un groupe intercalé va rester bas pendant tout le groupe, seule la dernière syllabe, l’intonation va monter légère
Trang 9Ex: Mais le froid, franchement, m’aurait découragé
Ex: Aỏt, à mon avis, n’est pas la bonne saison
Ex: Mon frère, lui, il aime travailler
1.1.1.5 L’intonation déclarative – le détachement final
Le détachement final se trouve à la fin de la phrase, après la dernière virgule Il ne fait pas partie de la séquence principale Il peut être supprimé Le détachement final se caractérise par un ton grave et légèrement montant (principe
de IPM)
Ex: Sa femme ne part pas, à cause des enfants
Ex: C’est une nouvelle victoire pour toi, Oh César!
1.1.2 Intonation interrogative
La phrase interrogative sert à poser une question, demander une confirmation, demander un renseignement ou donner un choix Elle peut être positive ou négative Pour l’intonation, il faut distinguer plusieurs types de phrases interrogatives Selon Léon M (2003), on peut les classifier en sept types suivants:
1.1.2.1 Phrase interrogative à syntaxe énonciative:
Avec l’ajout d’un point d’interrogation à la fin d’une phrase énonciative,
on a tout de suite une phrase interrogative, évidemment, l’intonation va aussi transformer
Une phrase interrogative à syntaxe énonciative se caractérise par une forte montée de la voix sur la dernière syllabe (celle qui porte l’accent)
Ex: Il vont au cinéma
4
Trang 10Remarque: Le niveau 4 est le niveau le plus haut de l’intonation interrogative
1.1.2.2 Phrase interrogative avec inversion
Il existe plusieurs manières de faire une inversion dans la phrase interrogative Mais il est toujours correct de mettre le sommet de hauteur à la fin
de l’inversion Ensuite, on descend en escalier de syllabe en syllabe, puis il faut remonter très légèrement sur la dernière syllabe de l’intonation
Ex: Prenez l’autobus, s’il vous plaît!
Trang 11Quelquefois, la phrase impérative est sous forme d’une phrase elliptique,
et n’énonce que le complément Dans ce cas, l’intonation reste la même que dans
Ex: Je ne comprend pas cette histoire
4
Pre
l’au
to nez
s’il vous bus
me
Trang 12sais
Je ne
pas
ni Elle n’a besoin
ni
de
de
Trang 13il faut bien comprendre le contexte communicatif, la situation ó se trouvent ses mots pour comprendre leurs valeurs réelles
L’intonation parlée dans cette partie n’est pas donnée en fonction de toutes les intonations expressives possibles Il y a plusieurs façons d’exprimer un sentiment Nous regroupons certains cas de sentiment Selon la recherche de Charliac.L et Motron A.-C (2006), on distingue les émotions humaines en plusieurs types comme suivante:
1.2.1 L’insistance, l’accent affectif:
L’Insistance est la manière qui met en relief une distinction entre deux mots ou deux éléments
Ex: Je veux un verre de bière!
L’accent affectif est la manière qui exprime le sentiment du locuteur L’accent affectif est posé souvent sur les adverbes
Ex: Vous êtes toujours en retard!
L’insistance et l’accent affectif se réalisent de la même façon: La première syllabe du mot qu’on veut mettre en relief est plus haute et plus forte, ou on allonge la dernière syllabe du mot de l’insistance
Ex: Je veux un verre de bière! (l’accent est mise sur la première syllabe avec une intonation montante)
Ou: Je veux un verre de bière (l’intonation montante est posée sur le mot
“bière” en allongeant la dernière syllabe)
(On souligne l’allongement)
Trang 14Dans cet exemple, l’intention du locuteur est le choix de bière, donc on
met l’insistance sur bière, on peut dire à haut ton la première syllabe de bière ou
allonger sa dernière syllabe
1.2.2 L’appel
L’appel c’est une parole utilisée pour faire venir à une personne ou pour
attirer l’attention de quelqu’un
L’appel est exprimé par une voix forte et une intonation montante avec
l’allongement de la voyelle finale ou une intonation descendante suspensive avec
des voyelle très allongées
Niveau haut (4)
niveau normal (2)
Ex: Taxi
Remarque: Le signe exprime l’intonation montante et allongeante
niveau assez haut
niveau assez bas
Remarque: Le signe exprime une intonation descendante et allongeante
niveau assez haut niveau assez haut
niveau normal niveau assez bas
Ex: Madame! Votre chemise…
Niveau (4) (niveau3)
niveau (2) (niveau 3)
Ou: Madame! Votre chemise…
1.2.3 L’enthousiasme – la satisfaction:
L’enthousiasme est un sentiment de la grande joie, du bonheur, de la
grande satisfaction et de l’admiration
Trang 15L’expression de l’enthousiasme est exprimée le plus souvent par l’intonation montante sur le mot important suivi d’une intonation descendante sans allongement
Niveau suraigu (niveau 5)
Niveau normal (2)
Ex: Vous êtes dingues?
“La colère froide se manifeste par des phrases exclamatives prononcées avec un débit ralenti, une insistance sur tous les mots et une sensation d’émotion contenu Elle s’exprime par une articulation exagérée et une intonation montante.” (Charliac L., Motron A.-C, 2006, p 90)
niveau normal (2)
niveau bas (1) Ex: Je n’ai jamais vu une foi pareille! (Colère froide)
1.2.5 L’étonnement – la surprise
L’étonement et la surprise sont les réactions à quelque chose d’extraordinaire, d’inattendu La surprise s’exprime souvent sous forme de courtes phrases ou mots-phrases exclamatifs ou interrogatifs
Trang 16L’expression de l’étonnement et de la surprise est manifestée par une intonation montante jusqu’au sommet suraigu ou par une intonation suspensive avec allongement de la dernière syllabe (Charliac L., Motron A.-C, 2006, p 92)
Ex: C’est incroyable!
Niveau assez haut (3)
Niveau assez bas (près de 1)
C’est incroyable!
mi-L’intonation du doute est manifestée par une montée suspensive ou par un commencement à voix haute suivi d’une descente suspensive ralentissant jusqu’à
Trang 17entraînent une distance, une retenue » On distingue le regret d’ordre personnel
du regret d’ordre social
Le regret d’ordre personnel s’exprime souvent par des phrases inachevées
et par un débit ralenti, hésistant Elle est caractérisée par une descente suspensive accompagnée d’un ralentissement du débit
Niveau normal
Niveau assez bas
Ex: Je suis déçu!
Tandis que “le regret d’ordre social est exprimé souvent par des formules
de politesse Et son expression est caractérisée par une intonation neutre.” (Charliac L., Motron A.-C, 2006, p 96)
Niveau normal intonation neutre Ex: Non, il ne fallait pas, vous n’auriez pas dû!
1.2.8 L’ironie, l’implication
L’ironie c’est une façon de se moquer de quelqu’un ou de quelque chose
en disant le contraire de ce qu’on veut faire entendre
L’expression de l’ironie est présentée par une intonation peu descendante
ou peu montante, qui implique un allongement net de la dernière syllabe de l’expression
Intonation peu descendante
Ex: La forme est à la mode!
Intonation peu montante
Ex: C’est original, n’est-ce pas?
1.2.9 La suggestion – le conseil
Sugesstion c’est donner une proposition à quelqu’un sur la conduite qu’il pourrait tenir
Trang 18Un conseil c’est l’opinion donnée à quelqu’un sur ce qu’il devrait faire
La sugession et le conseil ont de même façon pour exprimer l’intonation caractérisée par une courbe intonative suspensive montante
Niveau assez haut (3) Niveau normal (2)
Ex: Fais le premier pas!
1.2.10 L’inachèvement
L’inachèvement c’est l’arrêt, la suspension d’une phrase incomplète qui exprime l’indécision, le doute, l’incertitude, l’embarras, le flottement et terminée souvent par des points de suspension
L’intonation de l’inachèvement est exprimée souvent par de nombreuses pauses, un allongement des syllabes, la production de “euh” et par une intonation suspensive montante ou descendante
Niveau assez haut (3)
Niveau normal (2)
Niveau assez haut (3)
Près de niveau assez haut (entre 2 et 3)
Ex: Oui…
1.2.11 Conclusion
Il n’y a pas de critère pour les expressions de sentiments Il n’exite que les manières relative pour les caractériser Selon les remarques de Charliac.L et Motron A-C, (2006): “Le français oral utilise beaucoup l’implication dont l’intonation est difficile à entendre et à reconnaître et reste difficile à décoder pour des raisons d’ordre culturel” (Charliac L., Motron A.-C, 2006, p104)
2 METHODOLOGIE DE RECHECHE
2.1 Objectif de recherche
Trang 19La compréhension orale est une des étapes les plus importantes dans la communication humaine et en particulier dans l’apprentissage d’une langue étrangère L’écoute des enregistrements en langues étrangères permet aux apprenants de se sensibiliser aux sons de la nouvelle langue à apprendre et de s’entraîner aux compétences orales
Nous remarquons que l’intonation joue un rôle important dans les paroles vivantes, surtout pour les apprenants vietnamiens dont la langue maternelle est une langue à tons
Partant de ce constat, nous choisissons de procéder à une recherche sur l’intonation que font les locuteurs natifs du français, dans le but d’examiner les différences entre les leçons théoriques de l’intonation enseignées à l’université et celle qu’on réalise effectivement dans un contexte déterminé Et nous espérons aussi que cette recherche nous permettrait de bien comprendre différents types d’intonation manifestés dans les messages oraux
http://www.tv5.org/TV5Site/lf/merci_professeur.php à l’occassion de la Semaine
de la presse et des médias à l’école (du 19 au 24 mars 2012), le professeur a fait
une émission spéciale qui s’appelle « Merci professeur ! Spécial presse » En suivant cette émission, on va découvrir l’origine de quelques mots propres à la presse et aux médias Ce sont : gazette / journal/ magazine / canard / serpent de
Trang 20mer / télévision / paragraphe et alinéa/ coquille / dépêche / marronnier /scoop/
feuille de chou
Pour procéder à la recherche sur l’intonation, j’ai choisi 2 vidéos de cette
émission « Merci professeur ! Spécial presse » dont voici le sujet : Serpent de
mer, Paragraphe et alinéa Il y a aussi la transcription pour chaque vidéo sur le
site Voici quelques données numériques de chaque vidéo :
Serpent de mer : 1’56 minutes, 216 mots, 13 énoncés
Paragraphe et alinéa : 1’26 minutes, 228 mots, 11 énoncés
Elles sont facilement trouvées sur le site : francophone/enseigner-apprendre-francais/FLE/Semaine-de-la-presse-et-des-medias-2012/p-19602-Merci-professeur-Special-presse.htm
http://www.tv5.org/cms/chaine-2.3 Les conventions de transcription
- La pause (●)
- L’intonation montant /
- L’intonation descendante \
2.4 Méthodes d’analyse
L’objectif de cette recherche est d’examiner les intonations réalisées dans
un corpus déterminé et de les comparer avec les enseignements diffusés à l’université dans les leçons de phonétique Pour ce faire, nous procédons à une démarche d’analyse qui comporte trois étapes :
La première étape consiste à chercher les vidéos sur le site Internet et choisir celles qui soient convenables à la recherche, tant au niveau du contenu qu’au niveau de la durée Nous avons trouvé que la chaîne TV5 Monde offre beaucoup d’émissions très intéressantes en français sur le site www.tv5.org Après avoir écouté des émissions différentes, j’ai choisi deux vidéos dans
Trang 21l’émission Merci professeur ! Spécial presse présentée par un linguiste, M
Bernard Cerquiglini Grâce aux transcriptions simplifiées accompagnant les vidéos, je vais noter les éléments suprasegmentaux comme la pause, l’intonation montante, l’intonation descendante, l’allongement et les accents suivant une convention de transcription élaborée par moi-même
Dans la deuxième étape, nous identifierons les intonations montantes et les intonations descendantes selon leurs positions : l’intonation faite après un mot, un groupe de mot ou une phrase Cette étape permettra de recenser la quantité des intonations dans chaque cas
Dans la troisième étape, nous analyserons le corpus en classant les intonations faites selon leur position dans les tableaux Nous ferons également des remarques sur l’intonation que le linguiste a faite dans ces vidéos Cette analyse nous permettra de mettre en lumière les différences entre les intonations dans la communication réelle et celle qu’on enseigne
Trang 22CHAPITRE 2
ANALYSE DU CORPUS
1 ANALYSE DE LA VIDEO « UN SERPENT DE MER »
1 comme vous le savez cher\ qemal/(●) le serpent(●) est un reptile/(●) principalement/ terrestre\(●)
L’énoncé comporte trois intonations montantes (IM)
La 1re IM est posée sur un nom propre, avant une pause pour signaler que l’énoncé n’est pas fini
La 2e IM est posée sur un nom, avant une autre pause pour insister sur le mot « reptile/ », mot générique utilisé pour définir le mot « serpent »
La 3e IM est posée sur un adverbe à l’intérieur de l’énoncé, pour mettre en valeur le mot « Principalement/ »
En outre, l’énoncé comporte deux intonations descendantes (ID)
La 1re ID est posée sur l’adjectif « cher\ » suivi d’un nom Cet emploi n’est pas normal car l’énoncé n’est pas complet En effet, l’adjectif « cher » est pré-posé à un nom commun ou un nom propre pour devenir une formule de politesse du type « cher ami », « cher Monsieur » Cette « anomalie » pourrait être expliquée par le fait que l’adjectif « cher » est suivi d’un nom propre qui n’est pas répandu en milieu francophone (Qemal), et que le locuteur hésite un peu en se rappelant le nom propre
Trang 23La 2e ID est posée à la fin de la phrase pour indiquer la fin de l’énoncé
2 il existe\(●) cetes/(●) quelques serpents d’eau/(●) sorte/(●) de couleuvres a/quatiques\(●)
L’énoncé comprend quatre IM
La 1re IMest posée sur un adverbe, avant une pause, pour insister sur le mot « certes/ »
La 2e IM est posée sur la fin du groupe nominal, avant une pause, pour terminer le groupe nominal « serpent d’eau/ »
La 3e IM est posée sur le nom générique « sorte/ », suivi par une pause et qui entame un groupe nominal (« sorte de couleuvres aquatique ») Cette pause parait irrégulière car elle divise le groupe nominal en deux Cette irrégularité semble attirer l’attention de l’auditeur à ce groupe nominal
La 4e IM est posée sur la première syllabe du dernier mot de l’énoncé
« a/quatique », c’est une position anormale, fait que ce mot reçoit deux intonations inverses : la montante à l’initiale et la descendante à la finale Selon
la remarque de Léon P.-R, « les mots perdent leur individualité dans le groupe rythmique, car l’accent de mot disparaît pour se reporter à la fin du groupe rythmique” (Léon P.-R, 1978, p.17) On peut comprendre alors que le locuteur veut mettre l’insistance sur le mot « aquatique »
L’énoncé comprend également deux ID : l’une est posée sur le premier verbe de l’énoncé avant une pause (« il existe\ »), l’autre sur le dernier mot de l’énoncé Si l’emploi de la deuxième ID convient aux règles de la phonétique française, la première ID s’avère problématique car elle ne peut pas marquer la fin de l’énoncé Il est très probable que le locuteur fasse cette intonation descendante d’une manière accidentelle
Trang 243 toutefois\(●) l’imaginaire médiéva/(●) évoquait/ de grands/(●) marins serpents/(●) gigantesques et cruels/(●) vivant au fond des mers en sur\gissant/ (●) pour avaler/(●) équipages et vaisseaux\(●)
L’énoncé implique sept IM Sauf la 2e, toutes les autres sont mises avant une pause
La 1re IM est posée sur la fin d’un groupe nominal « l’imaginaire médiéval/ »
La 2e IM porte sur le verbe conjugué « évoquait/ »
La 3e et 4e sont posées sur le GN « de grands/ (●) marins serpents/ » l’une est mise sur l’adjectif « grands » avant une pause, l’autre sur la fin du GN
La 5e IM sur le dernier adjectif du groupe adjectival « gigantesques et cruels/ »
La 6e IM sur le dernier élément du bloc de deux groupes participaux
« vivant au fond des mers/ » et « en surgisssant/ »
Et la 7e IM est posée sur un infinitif pour insister sur le mot « avaler/ »
Toutes ces intonations montantes conviennent aux règles de la phonétique française en ce qu’elles marquent l’interruption provisoire du flux de la production verbale
Outre les IM, l’énoncé implique également trois intonations descendantes
La 1re ID est posée au début de l’énoncé sur un connecteur logique, avant une pause Cette position ne convient pas aux règles de la phonétique française car l’énoncé n’a pas fini On peut conclure que cette position sert à attirer l’attention de l’auditeur sur les informations qui suivent
Trang 25La 2e ID est posée sur la première syllabe du mot « sur\gissant », pour mettre l’accent sur la soudaineté du verbe « surgir », comme si le monstre apparaissait tout de suite
La 3e ID est posée à la fin de l’énoncé
4 mais on n’en avait/(●) aucun/(●)témoignage/(●)concre\(●)
L’énoncé comprend trois IM, qui sont mises avant une pause
La 1re IM est sur un verbe conjugué (« on n’en avait/ »), cette position convient aux règles de la phonétique française
La 2e IM sur l’adjectif « aucun/ » et la 3e sur le nom « témoignage/ » Ces pauses semblent irrégulières car elles divisent le GN « aucun témoignage concret » en trois Ces irrégularités ont alors la fonction de marquer l’insistance sur ces mots pour souligner l’absence de témoignage concret du Serpent de mer
Dans cet énoncé, il y a une seule ID qui est à la fin de l’énoncé pour le terminer
5 un tel serpent marin/(●) refit surface\(●) si j’ose dire/(●) en 1837\(●)
L’énoncé comporte deux IM, qui se trouvent chacune avant une pause L’une est posée à la fin d’un groupe nominal (« un tel serpent marin/ »), pour annoncer que l’énoncé n’est pas fini L’autre est à la fin d’un détachement interne en vue d’une explication
L’énoncé comporte également deux ID, l’une est posée sur le nom de la locution verbale « refaire surface\ », avant une pause, à l’intérieur de l’énoncé, L’autre est posée à la fin de la phrase pour marquer la fin de l’énoncé Si l’emploi de la deuxième intonation descendante est normale (pour terminer l’énoncé), l’emploi de la première pose problème, car elle se trouve au milieu de l’énoncé lorsque le sens du message n’est pas complet (la date « en 1837 » est indispensable) On pourrait donc dire que cette intonation descendante sert à
Trang 26introduire la subordonnée conjonctive « si j’ose dire » en vue d’atténuation du sens de la locution verbale « refaire surface »
6 le navire le havre\(●) crut(●) apercevoir(●) au large des açores/(●) ce que l’on prit/(●) pour un immense/(●) serpent de mer\ (●)
L’énoncé implique trois IM, qui sont posées avant trois pauses L’une est posée sur un nom propre (« Açores/ »), l’autre est posée sur un verbe conjugué (« prit/ ») La dernière est posée au milieu d’un groupe nominal, sur l’adjectif
« immense/ »
Si la 1re et la 2e IM conviennent aux règles de la phonétique française, la
2e pose problème D’après la remarque de Léon M (2003) « Les noms suivis ou précédés d’un adjectif se comportent aussi comme un seul mot Les deux expressions porteront un seul accent tonique sur leur dernière syllabe Selon la place dans la phrase, cet accent tonique montera (au milieu de la phrase) ou descendra (à la fin de la phrase) », (Léon M., 2003, p 125), on peut conclure que
la position de la pause au milieu du GN « un immense serpent de mer » ne convient pas à la règle de la phonétique En combinant avec une intonation montante posée sur l’adjectif, le locuteur veut mettre l’insistance sur l’adjectif
« immense »
En outre, l’énoncé comprend encore deux intonations descendantes : L’une est posée à la fin du premier groupe nominal « le navire le havre\ », avant
la 1re pause ; L’autre à la fin de l’énoncé pour terminer l’énonciation
Si la position de la deuxième ID est normale pour terminer l’énoncé, la première ID semble anormale, car elle est posée au début avant un verbe conjugué « crut » lorsque l’énoncé n’a pas fini On pourrait comprendre que cette position est liée à ce GN avec l’information précédente « en 1937 » pour continuer l’explication précédente du locuteur
Trang 277 La presse française s’en empara/(●) elle y crut tout d’abord donnant force/ commentaires/(●) puis ayant fait volte/-face(●) elle présenta cet immense/ serpent(●) comme un être/(●) imaginaire\(●)
L’énoncé comprend six intonations montantes
La 1re est posée avant la 1re pause sur un verbe conjugué « empara/ »; elle marque la distinction entre deux groupes rythmiques, cette intonation convient aux règles de la phonétique
La 2e et 3e sont mises sur deux noms consécultifs « force/ » et
« commentaire/ » La 3e IM posée sur « commentaire » convient aux règles de la phonétique pour terminer le GR Cependant, la 2e IM ne convient pas à la remarque de Léon M (2003), que nous avons abordée dans l’analyse du 6eénoncé On pourrait dire que ce fait sert à mettre l’insistance sur « force » du groupe « force commentaires »
La 4e est posée au milieu du mot « volte/-face », c’est une position dérivée logiquement de la 2e et 3e pour mettre en valeur la double face de la presse française dans l’événement du grand serpent de mer
La 5e est posée à l’intérieur du GN « immense/ serpent », sur le mot
« immense » pour mettre l’accent sur l’adjectif
La dernière est posée sur le nom « être/ » du GN « un être imaginaire », avant une pause Cette pause ne convient pas aux règles de la phonétique car elle divise le GN « un être immaginaire » en deux Dans ce contexte, on peut contaster que le locuteur veut démasquer l’intention de la presse française Par conséquent, il veut arrêter sur le mot « être » en ajoutant une IM pour présenter l’expression de l’ironie à cette intention
Il reste dans cet énoncé une ID qui est sur la dernière syllabe de l’énoncé pour indiquer sa fin
Trang 288 à partir des années/ 1850 \ (●) le terme/(●) serpent de mer se mit à désigner dans le vocabulaire(●) journalistique/(●) un sujet(●) rebattu et peu crédible/(●) auquel on recourt néanmoins/(●) dans les périodes /(●) creuses \ (●)
L’énoncé comporte six IM
La 1re est actualisée sur le nom « années/ », selon les règles de la phonétique française, cette position a l’air anormale, car elle ne marque pas la fin d’un GR
La 2e est posée sur le nom « terme/ » avant une pause qui divise le GN
« le terme serpent de mer » en deux, pour insister sur ce nom
La 3e est posée sur l’adjectif « journalistique/ » avant une pause, pour terminer le groupe nominal (« le vocabulaire journalistique ») et commencer un autre groupe
La 4e est posée sur l’adjectif final du groupe nominal « un sujet rebattu et crédible/ »
La 5e est posée sur un adverbe (« néanmoins/ »), pour marquer une distinction entre les GR
La dernière est posée sur le nom « période/ », juste avant le dernier mot de l’énoncé Cette intonation coordonne avec la pause pour mettre l’accent sur ce nom
L’énoncé comporte deux ID L’une est mise sur le dernier élément du premier groupe rythmique (« années 1850\ ») avant la 1re pause L’autre joue le rôle de terminer l’énoncé Si la postion de la 2e
ID convient aux règles de la phonétique française pour terminer l’énoncé, la 1re pose problème Ici, on pose l’intonation descendante sur le chiffre « 1850 », pour mettre l’insistance sur cette information