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Étude comparative des actes de critique sur le réseau social facebook des français et des vietnamiens = nghiên cứu so sánh hành động phê phán trên mạng xã hội facebook của người pháp và người việt

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25 CHAPITRE II: ACTES DE CRITIQUE SUR LE RÉSEAU SOCIAL DE FACEBOOK EN FRANÇAIS ET EN VIETNAMIEN .... Enfin, notre étude part d’une difficulté de la vie quotidienne, c’est la compréhensi

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UNIVERSITÉ NATIONALE DE HA NOI UNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES

DÉPARTEMENT POST-UNIVERSITAIRE

*****************

LÊ NGỌC HẢI

ÉTUDE COMPARATIVE DES ACTES DE CRITIQUE SUR LE RÉSEAU SOCIAL FACEBOOK

DES FRANÇAIS ET DES VIETNAMIENS

NGHIÊN CỨU SO SÁNH HÀNH ĐỘNG PHÊ PHÁN TRÊN MẠNG XÃ HỘI FACEBOOK

CỦA NGƯỜI PHÁP VÀ NGƯỜI VIỆT

Mémoire de fin d’études de Master

Spécialité: Linguistiques françaises Code: 60220203

Hanoi – 2015

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UNIVERSITÉ NATIONALE DE HA NOI UNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES

DÉPARTEMENT POST-UNIVERSITAIRE

*****************

LÊ NGỌC HẢI

ÉTUDE COMPARATIVE DES ACTES DE CRITIQUE SUR LE RÉSEAU SOCIAL FACEBOOK

DES FRANÇAIS ET DES VIETNAMIENS

NGHIÊN CỨU SO SÁNH HÀNH ĐỘNG PHÊ PHÁN TRÊN MẠNG XÃ HỘI FACEBOOK

CỦA NGƯỜI PHÁP VÀ NGƯỜI VIỆT

Mémoire de fin d’études de Master

Spécialité: Linguistique française Code: 60220203

Directeur: Monsieur Pr Dr TRỊNH ĐỨC THÁI

Hanoi - 2015

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ATTESTATION SUR L’HONNEUR

J’atteste sur l’honneur que ce mémoire a été réalisé par moi-même et que les données et les résultats qui y sont présentés sont exacts et n’ont jamais été publiés ailleurs

Hanoi, 2015

Lê Ngọc Hải

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Mes sincères remerciements vont également à mes collègues et à mes amis qui m’ont beaucoup aidé en me donnant des conseils précieux à chaque pas

de mon travail de recherche

Je tiens à témoigner ma profonde gratitude à ma famille pour ses encouragements permanents

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TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION 1

1 Questions de recherche 2

2 Hypothèses de recherche 2

3 Objectif de recherche 3

4 Méthodologie de recherche 3

5 Plan du mémoire 4

CHAPITRE I: ACTES DE LANGAGE 5

1 Conception d’acte de langage ou d’acte de parole 5

2 Conception des actes de langage d’Austin et de Searle 6

3 Conception des actes de langage de C.Kerbrat-Orecchioni 11

3.1 Types de réalisation des actes de langage 12

3.1.1 Réalisations directes 13

3.1.2 Réalisations indirectes 14

4 Facteurs d’influence des actes de langage 17

4.1 Contexte 17

4.1.1 Site (cadre spatio-temporel) 17

4.1.2 But 17

4.1.3 Participants 18

4.2 Relation interpersonnelle 18

4.2.1 Relation horizontale 19

4.2.2 Relation verticale (ou hiérarchique) 20

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4.3 Politesse linguistique 21

4.3.1 Face 22

4.3.2 Politesse 25

CHAPITRE II: ACTES DE CRITIQUE SUR LE RÉSEAU SOCIAL DE FACEBOOK EN FRANÇAIS ET EN VIETNAMIEN 27

1 Critique du facebook 27

1.1 Définition de la critique 27

1.2 Réseau social de facebook 29

1.3 Variété des critiques 30

1.4 Supports de l’acte de critique du facebook 31

1.4.1 Profils personnels 31

1.4.2 Pages ou pages d’adeptes (fanpages) 32

1.4.3 Groupes 35

2 Constitution du corpus 36

2.1 Constitution du corpus 36

2.1.1 Choix de la méthode de collecte des données 36

2.1.2 Justification du corpus 37

2.2 Présentation du corpus 38

2.2.1 Corpus en français et en vietnamien 38

2.2.2 Méthodes d’analyse des données 38

3 Analyse du corpus 39

3.1 Formulation des actes de critique en français 39

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3.1.1 Réalisation directe 39

3.1.2 Réalisation indirecte 34

3.1.3 Structures spéciales 43

3.2 Formulation des actes de critique en vietnamien 44

3.2.1 Réalisation directe 44

3.2.2 Réalisation indirecte 49

3.2.3 Structures spéciales 42

3.3 Remarques sur la formulation des actes de critique en français et en vietnamien 52

3.3.1 Similitudes dans la réalisation des actes de critique en français et en vietnamien 52

3.3.2 Différences dans la réalisation des actes de critique en français et en vietnamien 55

3.4 Acte de critique et la politesse 57

3.4.1 Procédés d’adoucissement 50

3.4.2 Procédés de durcissement 60

3.5 Remarques sur les adoucisseurs et les durcisseurs en français et en vietnamien 62

4 Malaises ou malentendus possibles dans la communication entre les Vietnamiens et les Français 63

CONCLUSION 66

BIBLIOGRAPHIE 69

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INTRODUCTION

Dans le contexte de la mondialisation, la demande de communication devient de plus en plus diversifiée Il existe plusieurs façons de communication, alors, il y aurait certainement le contact entre des différents peuples et cultures

Chaque personne a un lien fort avec sa culture et est dirigée par ses coutumes, ses comportements, ses habitudes etc Selon Pierre Bourdieu, la

culture est « la capacité à faire des distinctions » On pourrait donc dire que

chaque individu est une partie de sa culture et sa manière de penser, même d’agir dépend à son ethnique, à son pays ó il y aurait une norme

Donc, on pourrait conclure qu’il existe des problèmes de malentendu dans la communication entre des différentes cultures Alors, beaucoup de recherches sur la comparaison des systèmes culturels, des linguistiques de différentes communautés culturelles ont été rédigées partout du monde

De notre part, étant consciente de l’importance de la communication interculturelle, nous avons décidé de faire une étude comparative des actes de critique des Français et des Vietnamiens On sait que l’acte de critique est l’un des FTA – les actes menaçants pour les faces, donc, la formulation de ces actes doit être très consciencieuse pour garder les faces et éviter surtout les malentendus

De plus, dans notre siècle, on connaỵt une « explosion » dans le développement des réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, Googleplus, myspace etc On sait bien aussi que Facebook est un réseau social qui a le nombre d’utilisateurs le plus grande du monde, on compte 1,11 milliard

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d'utilisateurs actifs par mois jusqu’à la fin du premier semestre 2013 selon le site journaldunet.com Avec son recouvrement, Facebook devient « le champ

de bataille » des combats de langue, c’est pourquoi nous avons choisi ce réseau social comme notre source de données

Enfin, notre étude part d’une difficulté de la vie quotidienne, c’est la compréhension et la formulation des actes de critique des Français et des Vietnamiens pour avoir la capacité de réagir correctement dans une différente culture

1 Questions de recherche

Pour notre étude, nous nous posons les questions suivantes :

1) Quels sont les procédés de formulation des actes de critique des Français et des Vietnamiens ?

2) Quelles sont les différences et les ressemblances dans la formulation

de cet acte en Français et en Vietnamien ?

2 Hypothèses de recherche

Et nous formulons aussi deux hypothèses suivantes :

1) Il y aurait de différentes façons dans la formulation et la réalisation des critiques en deux langues et cet acte de critique a des caractéristiques particulières en matière de structure et de contenu propositionnel

2) Il y aurait des ressemblances et des différences culturelles dans la réalisation de cet acte dans ces deux communautés de langue

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3 Objectif de recherche

Notre recherche est pour objectif d’identifier les procédés de réalisation des actes de critique sur Facebook des Français et des Vietnamiens À partir de ces résultats, nous voudrions trouver les malentendus possibles entre deux membres

de deux différentes cultures afin de les aider à agir la communication interculturelle

4 Méthodologie de recherche

Cette étude relève du domaine de la pragmatique, plus précisément de

la pragmatique linguistique, qui est définie comme « l’étude du langage en

situation » (Catherine Kerbrat Orecchioni, 1993, p.257), donc, nous

voudrions clarifier en premier temps la théorie sur les actes de langage Ensuite, nous arrivons à l’étude sur la relation interpersonnelle aux dimensions horizontale et verticale aussi que la politesse linguistique car celles-ci appartiennent au domaine de notre recherche et nous aideront à construire la base théorique de notre étude

Notre travail ne s’inscrit non seulement dans le domaine linguistique pragmatique mais aussi fait part de la communication interculturelle Il consiste à s’interroger sur la formulation des actes de critique et les variations culturelles de cet acte à travers le Facebook, un outil de communication important de nos jours De plus, notre étude porte sur la description un phénomène concret (les actes de critique sur un réseau social) pour aider à résoudre les problèmes de malentendu culturel Donc, l’étude descriptive comparative s’accorde avec notre propos car il nous donne un regard global

Nos corpus d’analyse sont principalement constitués des actes de critique tirés du facebook le début du 2015 Nous avons choisi le moment le

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plus proche de notre étude pour avoir un résultat plus valable des activités linguistiques des jeunes au cours de cette période

Nous utiliserons, dans notre recherche, la méthode descriptive comme méthode principale et nous profiterons aussi trois autres approches, ce serait approche analytique, comparative et statistique

Le deuxième chapitre est consacré à construire une définition générale

de l’acte de critique en tant qu’acte de langage et de dégager les valeurs pragmatiques qui sont indispensables à son fonctionnement illocutoire À partir de cette définition, nous allons ensuite constituer notre corpus puis, nous allons fonder sur des caractéristiques communes aux deux langues, entreprendre une investigation comparative visant à décrire les variations concernant la réalisation et le fonctionnement pragmatique de cet acte de langage en français et en vietnamien, afin d’arriver à une réflexion sur la signification culturelle que peuvent apporter les dissemblances observées

Ensuite, nous analyserons des structures syntaxiques et du contenu sémantique de l’acte de critique en français et en vietnamien afin de dégager des ressemblances et dissemblances culturelles dans la structuration, et la formulation des critiques en français et en vietnamien Enfin, nous essayerons

de prévenir les malentendus possibles dans une communication vietnamienne

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franco-CHAPITRE I ACTES DE LANGAGE

Avant de réaliser la recherche sur l’acte de critique, nous devons reprendre dans les recherches antérieures quelques notions de base de l’acte

de langage, des relations interpersonnelles et la politesse et la menace de

politesse dans la communication sociale Alors, dans ce chapitre, nous allons

présenter des concepts principaux de l’acte de langage

1 Conception d’acte de langage ou d’acte de parole

Acte de langage, une action exercée par la parole, est dit aussi acte de parole Acte de langage et acte de parole désignent, à peu près, la même notion Pourtant, certains pédagogues préfèrent le terme « acte de langage » pour éviter les confusions

Dans la pragmatique du premier type, l’acte de langage est un acte social, il est défini comme le but communicatif de l'énonciation réalisée par

un locuteur déterminé dans une situation donnée Donc, il implique au minimum la présence de deux personnes Cependant, l’acte de langage ne peut être collectif, il ne peut être qu’individuel car il est le résultat d’une impulsion ou un désir d’un individu

L'interprétation des actes de langage se fonde sur l’analyse des conditions pragmatiques de l'énoncé, du contexte dialogal, de certains éléments grammaticaux et des lexies, notamment de certaines expressions figées L'acte de langage dépend des conditions pragmatiques de l’énoncé (locuteur et interlocuteur, temps et lieu du dialogue, forces illocutoires et force de prescription), et des conditions d’énonciation (éléments sémantiques,

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notamment la lexie, sujet et formes grammaticales des énoncés, types de verbes performatifs, phrases adverbiales et syntagmes nominaux spécifiques) (cf Dijk, 1972; Searle, 1979, Récanati, 1981) Donc, dans la pragmatique de l’énonciation, on voit clairement que le langage est étudié en situation

Ensuite, la pragmatique du deuxième type envisage le langage comme

un moyen d’agir sur le contexte interlocutif et permette en même temps l’accomplissement d’un certain nombre d’actes spécifiques (les actes de langage, c’est-à-dire les actes réalisés au moyen du langage)

Puis, c’est à partir de la pragmatique du deuxième type que les linguistes ont développé pragmatique du troisième type avec la théorie appelé

« la pragmatique interactionniste » a vu le jour Dans ce type de pragmatique,

le langage est considéré moins comme un moyen d’action que d’interaction entre des individus qui, lorsqu’ils se trouvent engagés dans un processus communicatif quelconque, exercent tout au long de ce processus un réseau d’influences mutuelles comme le disent les pionniers linguistes : « parler, c’est échanger, et c’est échanger en échangeant »

2 Conception des actes de langage d’Austin et de Searle

La pragmatique linguistique s’est développée à partir de la théorie des actes de langage On considère généralement que cette théorie est née avec la publication en 1962 d'un recueil de conférences données en 1955 par John Austin : « How to do Things with Words » qui a le titre français : « Quand dire, c'est faire » (1970)

Cette théorie prend le contre-pied des philosophes qui considèrent les phrases comme représentant des états de choses qui peuvent être vrais ou faux

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et elle montre aussi que la fonction du langage n'est pas essentiellement de décrire le monde, mais aussi d'accomplir des actions

Le point de départ de la recherche d’Austin distingue donc deux types d’énoncés affirmatifs: les constatifs et les performatifs On considère les

énoncés constatifs sont celles qui décrivent le monde, par exemple, « le soleil

brille » et ils peuvent être vrais ou faux (le soleil brille ou non) Les énoncés

performatifs qui ne décrivent rien et ne peuvent pas recevoir une valeur de

vérité, mais accomplissent une action comme « je te promets de venir », ils

peuvent réussis ou non

Dans le détail, d’après Austin, l'identification et la caractérisation des

énoncés performatifs rencontre certaines difficultés D'une part, les

performatifs ne peuvent que réussis dans une circonstance précises, par

exemple, seul le président devant l'assemblée réunie peut dire avec effet « Je

déclare la séance ouverte », ou le prêtre dans l'église « Je te baptise » D'autre

part, seules certaines formes linguistiques particulières permettent de

construire des énoncés performatifs : le verbe doit être à la première personne

et au présent (« Il promet de venir » ou « J'ai promis de venir » ne sont pas

des performatifs qui réalise une promesse, mais des constatifs qui décrive une promesse) Pour autant, la frontière entre les énoncés performatifs et les énoncés constatifs reste incertaine car à côté des performatifs explicites, selon

Austin, il existe des performatifs « masqués » (comme « La séance est

ouverte »), des énoncés mixtes performatifs-constatifs (comme « Je vous remercie ») ou encore de performatifs implicites comme l'impératif « Viens !

» qui équivaut au performatif explicite « Je t'ordonne de venir »

Dans le cadre de la théorie des actes de langage, Austin distingue aussi trois niveaux dans un énoncé :

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- L’acte locutoire (que dit-il ?): c’est l’acte de production d'une suite de sons ayant un sens dans une langue, ou, c’est l’acte de prononcer une phrase en choisissant certains moyens linguistiques

- L’acte illocutoire (que fait-il ?): production d'un énoncé auquel est attaché conventionnellement une certaine « force » Plus précisément, c’est ce que l’on accomplit en disant quelque chose (déclarer, promettre, s'engager…)

- L’acte perlocutoire (pour quoi faire ?): cet acte sort du cadre linguistique C’est ce que l’énoncé provoque, des effets (perturbations, changements) dans la situation de communication

Dans son ouvrage, il affirme que tous les énoncés performatifs, même constatifs sont dotés d’une force illocutionnaire (valeur d’acte) Il propose aussi une classification des valeurs illocutoire, ce sont :

- Les verdictifs : leur valeur est de prononcer un jugement (un verdict) comme : acquitter, considérer comme, calculer, décrire, analyser, estimer, classer, évaluer, caractériser, ect

- Les exercitifs : ils servent à formuler une décision en faveur ou à l'encontre d'une suite d'actions comme: ordonner, commander, plaider pour, supplier, recommander, implorer, conseiller, nommer déclarer une séancer ouverte, avertir, proclamer, ect

- Les commissifs ou les promissifs : ils engagent le locuteur à une suite d'actions déterminée comme : promettre, faire le vœu de, s'engager par contrat, garantir, jurer, passer une convention, embrasser un parti, ect

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- Les expositifs : ils sont utilisés pour exposer des conceptions, conduire une argumentation, clarifier l'emploi des mots, assurer les références comme : affirmer, nier, répondre, objecter, concéder, exemplifier, paraphraser, rapporter des propos, ect

- Les comportatifs ou les « comportementaux » : ils s'agissent des réactions au comportement des autres, aux événements qui les concernent comme : s'excuser, remercier, féliciter, souhaiter la bienvenue, critiquer, exprimer des doléances, bénir, maudire, porter

un toast, boire à la santer, protester, défier, mettre au défi de, ect Quant au philosophe américain J.R.Searle, il affirme dans son ouvrage intitulé Speech acts (paru en 1969, p.52) :

Premièrement, parler une langue, c’est réaliser des actes de langage, des actes comme: poser des affirmations, donner des ordres, poser des questions, faire des promesses, et ainsi de suite, et, dans un domaine plus abstrait, des actes comme: référer, prédiquer; deuxièmement: ces

actes sont en général rendu possibles par l’évidence de certaines règles

régissant l’emploi des éléments linguistiques, et c’est conformément à ces règles qu’ils se réalisent

Searle considère l’énoncé linguistique comme un acte qui fonctionne particulièrement (ordre, question, promesse, ect.), il produit un certain effet et entraine une certaine modification de la situation interlocutive Il distingue :

- Les actes de langage ou les actes illocutoires : ceux-ci correspondent aux différentes actions qui peuvent être accomplis par des moyens langagiers Ces actes fonctionnent sous la régie des règles de la langue

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- Les forces illocutoires permettent à un énoncé de fonctionner comme un acte particulier selon une composante correspondance Ensuite, dans Sens et expression (publié en 1982), il distingue cinq catégories générales d’actes illocutoires qui base sur le but illocutoire et aussi

la direction d’ajustement entre les mots et le monde, ce sont :

- Les assertifs : ils ont pour but d'engager le locuteur ; les mots doivent s'ajuster au monde ; l'état psychologique est la conviction (à des degrés divers selon le contenu) Par exemple : « Il viendra demain »

- Les directifs : leur but est d'obtenir que l'interlocuteur fasse quelque chose ; le monde doit s'ajuster aux mots ; l'état psychologique est le désir, la volonté Par exemple : « Sortez »

- Les promissifs : ils s’agissent d'engager le locuteur à l'accomplissement d'une action ; le monde s'ajuster aussi aux mots ; l'état psychologique nécessaire est la sincérité de l'intention Par exemple : « Je viendrai »

- Les expressifs : ils sont définis comme ayant pour but d'exprimer l'état psychologique ; il n'y a pas d'ajustement du monde aux mots,

et, le contenu « attribue une propriété soit au locuteur, soit à l'interlocuteur » Par exemple : « Excusez-moi »

- Les déclaratifs : leur but est d'instaurer une réalité ó la correspondance entre mots et monde est directe Par exemple : « Je vous déclare la guerre »

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Donc, d’après Austin et Searle, la notion de l’acte de langage est liée avec les unités isolées et non contextualisées qui doit être aménagée, revue, corrigée pour pouvoir fonctionner efficacement dans le cadre d’un modèle des interactions

Cette perspective a influencé fortement dans les recherches linguistiques dans trois décennies après des recherches traitées les problèmes

de la théorie de Speech acts, ils ont tous d’accord que tous les énoncés possèdent intrinsèquement une valeur d’acte et que tout énoncé est doté d’une charge pragmatique, selon les cas, plus ou moins forte

3 Conception des actes de langage de C Kerbrat-Orecchioni

La notion des actes de langage est apparue dans la théorie classique des

speech acts d’une façon abstraite et isolée, ils détachent de leur contexte

d’actualisation Pourtant, en réalité, les actes de langage fonctionnent en contexte et à l’intérieur d’une séquence d’actes C’est pourquoi la

pragmatique des interactions verbales qui les fixe comme « objectif de

dégager les règles et principes qui sous-tendent le fonctionnement des conversations, et plus généralement, des différents types d’échanges communicatifs qui s’observent dans la vie quotidienne » (C Kerbrat-

Orecchioni 1994 : 7)

En général, les actes de langage ou actes illocutoires, qui correspondent aux différentes actions que l’on peut accomplir par des moyens langagiers Le fonctionnement de ces actes est régi par des règles de la langue

La notion d’acte de langage, déjà complexe dans les théories classiques, devient plus complexe avec les avancées théorico-méthodologique qui sont apportées par la pragmatique interactionniste Ce sujet a fait évoluer la

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perception des actes de langage, la rendant plus juste, plus proche de la réalité pragmatique et aussi plus complexe Dans les interactions, les actes de langage nécessitent d’être apprivoisés, identifiés, définis et redéfinis, car, malgré leurs proportions qui semblent réduites et facilement délimitées, en réalité, ils sont des objets beaucoup plus vastes qui échappent aux tentatives

de figement descriptif

Alors, selon C.Kerbrat-Orecchioni, l’acte de langage est l’unité minimale de la grammaire C’est aussi une suite linguistique dotée d’une certaine valeur illocutoire (ou force illocutionnaire), et c’est encore une séquence qui prétend opérer sur le destinataire un certain type de transformation

3.1 Types de réalisation des actes de langage

Selon C Kerbrat-Orecchioni, dire, c’est faire plusieurs choses à la fois (informer d’un fait, et susciter une conduite) ; et plus précisément, dire, c’est faire une chose sous les apparences d’une autre Autrement dit, en matière d’actes de langage, « il n’y a pas de correspondance biunivoque entre un signifiant (forme de l’énoncé : déclarative ou impérative) et un signifié (valeur d’assertion, de question ou d’ordre) » Un acte de langage peut ainsi

se réaliser de différentes manières et une même structure peut exprimer des valeurs illocutoires diverses

En générale, il n’est pas facile de tracer une frontière mais on peut distinguer deux types de types de réalisations: réalisations directes et réalisations indirectes

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3.1.1 Réalisations directes

On admet, dans l’expression directe des actes de langage, deux types de support principaux : les structures performatives et les formes de phrase

a) Les structures performatives :

Les énoncés comme «Je te demande de sortir» ou «Je promets de revenir dans trois jours» dénomment l’acte accompli en même temps qu’ils l’accomplissent Ces énoncés disent explicitement qu’ils sont un ordre ou un promesse et, en même temps, ils sont clairs pour spécifier le statut pragmatique de l’énoncé Mais les formulations tels que « je t’ordonne» ou

« je promesse» n’existent pas pour tous les actes de langage et elles sont rarement utilisées

À l’issus de ce problème, C Kerbrat-Orecchioni (2001, p.36) remarque :

« Les formulations performatives sont donc les plus claires auxquelles

le locuteur puisse recourir pour spécifier le statut pragmatique de l’énoncé qu’il produit Mais ces formulations n’existent pas pour tous les actes de langage et elles sont d’un usage relativement rare […] »

(C Kerbrat-Orecchioni, Les actes de langage dans le discours, Nathan)

b) Les formes de phrases :

Les énoncés comme «Ouvre la fenêtre» ou «Vas-tu à l’école ?» marquent l’acte correspondant sans le dénommer explicitement Mais les quatre formes de phrase (déclarative, interrogative, impérative et exclamative) sont polysémiques tels qu’un même énoncé interrogatif comme «tu viens avec

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nous ?» peut être considéré selon les cas comme une question ou une invitation

On peut dire que les formulations directes d’un acte de langage reste encore une question ouverte car ils portent beaucoup des incertitudes comme les réalisations directes d’un acte de langage peut se font aussi à l’aide des formules diverses telle que la formule performative à la forme impérative Cette formule se présente sous des formes différentes:

- L’infinitif prescriptif : « Eteindre sa cigarette avant d’entrer »

- Les tournures elliptiques : « Feu ? » ou « Deux baguettes ! »

- Certaines tournures déclaratives: « Il faut que tu partes », « Je veux que tu partes », « Tu fermeras la porte avant de partir »

3.1.2 Réalisations indirectes

Un même acte de langage peut réaliser de différentes façons, par exemple, pour donner une requête, on peut utiliser plusieurs structures tels que «Ouvre la fenêtre.», «Tu peux/pourrais ouvrir la fenêtre ?» (1),

«J’aimerais bien que t’ouvre la fenêtre.», « La fenêtre est encore fermer !»,

«La classe est assez sombre.» (2), etc Ces énoncés suivants, dans certaines circonstances, sont pragmatiquement équivalents Inversement, une même structure peut aussi exprimer de différents valeurs illocutoires comme l’énoncé «La classe est assez sombre.» peut exprimer une plaine, une requête,

ou en même temps tous les deux En effet, les différentes valeurs peuvent

s’additionner : quand dire, c’est faire plusieurs choses à la fois ; ou se substituer l’une à l’autre : quand dire, c’est faire une chose sous les apparences d’une autre

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Les actes de langage indirects peuvent être conventionnels ou non conventionnels (principe d’opposition qui est en réalité graduel) Reprenant l’exemple (1), si le récepteur répond par « oui » et sans ouvrir la fenêtre, il sera considéré comme un provocateur ou comme une personne qui ne maîtrise pas bien les règles de la langue française Alors, cette formulation, pour tous les Français, est considérée comme une requête et cette valeur, qui peut encore être renforcée par un marqueur tel que « s’il te plaît », est « conventionnelle » En revanche, dans l’exemple (2), le récepteur peut réagir seulement avec l’assertion « j’aime bien comme ça » et on ne peut pas dire qu’il ne respecte pas les règles de la langue française Donc, la valeur de requête ici est «non conventionnelle» et très largement tributaire du contexte

Pour distinguer les deux types de formulation conventionnelle et non conventionnelle, on peut utiliser les expansions

Par exemple : « Peux-tu ouvrir la fenêtre, s’il te plaît ?/ Peux-tu ouvrir

la fenêtre pour que je puisse écrire ?»

Mais on ne dit pas facilement : «La classe est assez sombre, s’il te plaît / La classe est assez sombre pour que je puisse écrire »

Cela veut dire que les formulations indirectes conventionnelles admettent les mêmes expansions que les formulations directes, expansions qu’autorisent beaucoup plus difficilement les formulations indirectes non conventionnelles

Pour la plupart des actes de langage, il existe ainsi un certain nombre

de formulations indirectes codées, et cela de façon relativement arbitraire : rien ne justifie que «Peux-tu ouvrir la fenêtre? » fonctionne

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conventionnellement comme une requête, mais non « Es-tu capable d’ouvrir

Tu as une cigarette ? (et si oui, donne-m’en une !)

Vous avez l’heure ? (et si oui, dites-la moi !)

Vous êtes française ? (et si oui, d’ó êtes-vous ?)

- La conventionnalisation peut affecter une structure susceptible d’être remplie par un matériel lexical variable, par exemple, pour la requête indirecte : une structure interrogative associée au modalisateur « pouvoir » ou

« vouloir » à la deuxième personne de l’indicatif ou du conditionnel, cet ensemble constituant un marqueur de dérivation illocutoire (« tu peux/pourrais fermer la porte ? ») ; mais elle peut aussi atteindre en bloc une séquence spécifiée syntaxiquement et lexicalement, par exemple :

Je ne suis pas sourd ! = parle moins fort !

Tu as perdu ta langue ? = parle donc !

Ces expressions représentent le degré extrême de la conventionnalisation Il faut en effet admettre le caractère graduel de ce

phénomène, et l’existence d’actes indirectes semi-conventionnels ou

quasi-conventionnels, par exemple, à table, l’énoncé «c’est bon», qui sera presque

systématiquement interprété comme signifiant indirectement : «j’en reprendrais bien», quand il est prononcé à son hơte avec une intonation

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exclamative et « je peux gỏter ? » quand il est prononcé avec une intonation interrogative, au restaurant, à l’intention de son commensal

4 Facteurs d’influence des actes de langage

4.1 Contexte

Selon Austin et Searle, la notion de l’acte de langage est liée avec les unités isolées et non contextualisées mais en réalité, dans la communication réelle, les actes de langage fonctionnent en contexte, il s’agit des discours actualisés dans les situations concrètes de communication et non pas des phrases abstraites Donc, le contexte détermine le processus de production ou d’interprétation

Dans cette partie, nous allons présenter les composants du contexte, autrement dit, l’environnement extralinguistique de l’énoncé et comment ces ingrédients influencent la production et l’interprétation des actes de langage

4.1.1 Site (cadre spatio-temporel)

Le cadre spatial peut être analysé sous des aspects purement physiques :

ce sont des caractéristiques du lieu ó se déroule l’interaction (lieu ouvert ou fermé, public ou privé, vaste ou resserré, …) et il est envisagé aussi sous l’angle de sa fonction sociale et institutionnelle Le cadre temporel est également déterminant pour le déroulement de l’interaction : le discours tenu doit être apprécié au lieu, mais aussi au moment

4.1.2 But

Le but occupe dans le système global une place particulière car chaque interaction comprend un but global de l’interaction et aussi les buts ponctuels qui sont réalisés au cours de la rencontre avec les actes de langages

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On peut distinguer dans le but de l’interaction les interactions à la finalité externe telle que l’achat, l’obtention de renseignement, le traitement médical et les interactions non finalisées comme les conversations qui sont parlés pour parler et pour maintenir les liens sociales

domination (ou l’association de tout autre marqueur)

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L’état de cette relation dans un échange particulier dépend à la fois des caractéristiques «externes» et «internes» de l’interaction selon le principe suivant :

- Toute interaction se déroule dans un certain cadre et met en présence des personnes données, ayant certaines propriétés particulières, et entretenant un certain type de lien socio-affectif, ce sont les données externes (ou contextuelles) de l’interaction, qui sont fixées à son ouverture

- Dans ce cadre vont avoir lieu un certain nombre d’événements, et vont être échangés un certain nombre de signes (verbaux, paraverbaux et non verbaux), telles sont les données internes

- Les comportements produits dans l’interaction sont en grande partie déterminés par les données externes, mais l’important est ici qu’ils

ne le sont pas totalement : les contraintes contextuelles laissent aux interactants une certaine marge de manœuvre C’est-à-dire que la relation est généralement négociable, et d’ailleurs souvent négociée entre les participants à l’interaction ; que les comportements conversationnels (comme l’usage du tutoiement ou la production d’un ordre) peuvent refléter certaines relations existant à priori entre les interlocuteurs, mais qu’ils peuvent aussi les confirmer, les contester, voire les constituer ou les inverser, et ce grâce à la manipulation de certaines unités qu’on appelle des relationèmes (termes de distance, geste, chuchotement ; marqueurs verbaux : pronoms d’adresse, nom d’adresse)

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En ce qui concerne la relation horizontale, les facteurs contextuels les plus déterminants sont :

- Le fait que les interlocuteurs se connaissent un peu, beaucoup, ou pas du tout ;

- La nature du lien socio-affectif qui les unit ;

- La nature de la situation communicative (informelle ou formelle, voire cérémonielle)

4.2.2 Relation verticale (ou hiérarchique)

Cette dimension renvoie au fait que les partenaires en présence ne sont pas toujours égaux dans l’interaction : l’un d’entre eux peut se trouver en position « haute » de « dominant », tandis que l’autre est placé en position « basse » de « dominé »

À la différence de la distance horizontale, la distance verticale est par essence dissymétrique, ce qui reflète au niveau de ses marqueurs (par exemple, dans l’utilisation non symétrique du pronom d’adresse)

De plus, son fonctionnement est similaire à celui de la relation horizontale :

- C’est aussi une dimension graduelle

- Le rapport de places dépend à la fois de facteurs «externes» et

«internes»

En effet :

- Dans certains types d’interactions, «inégalitaires » (échanges entre adultes et enfants, maître et élève, locuteur natif et non natif),

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l’inégalité des participants repose sur des facteurs tels que l’âge, le sexe, le statut, le rôle interactionnel ; ou encore sur des qualités plus personnelles comme la maîtrise de la langue, la compétence, le prestige, le charisme, voire la force physique…

- Par ailleurs, tous les échanges ne se déroulent pas dans un contexte inégalitaire, la « conversation » se caractérisant par une égalité de principe entre les participants Or même dans certains cas, des inégalités marquées peuvent se constituer en cours d’échange Et ce qui prouve que le système des places ne se réduit pas aux données contextuelles, mais qu’il dépend de ce que font les interactants et de

ce qui se passe tout au long de l’interaction

4.3 Politesse linguistique

La politesse linguistique qui est un domaine d'investigation assez récent

en sciences du langage Dans les années 70, les linguistes commencent à s'intéresser à la conversation et en particulier à la politesse dans les interactions verbales Brown et Levinson s'investissent dans les recherches en politesse linguistique en proposant le modèle considéré comme «le cadre théorique le plus cohérent et puissant et ayant en conséquence inspiré le plus les recherches récentes dans ce domaine.» (Kerbrat-Orecchioni 1992 :167) Leech propose l'archi-principe «PP» (Principle of Politeness) Puis en France, les travaux de Kerbrat-Orecchioni contribuent à améliorer le modèle de Brown et Levinson et son système de la politesse est en quelque sorte une synthèse des travaux de ces auteurs

Pour donner la notion de « politesse », Lakoff a défini (1990 :34) :

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«Politeness is a system of interpersonal relations designed to facilitate interaction by minimizing the potential for conflict and confrontation inherent

in all human interchange.»

Plus précisément, pour Lakoff, la politesse est une manière pour tout sujet parlant de se comporter, d’interagir avec autrui de manière harmonieuse selon les règles prescrites par un environnement social

Selon Henri Bergson (1991, p.152), la politesse est « un certain art de

témoigner à chacun par son attitude et ses paroles, l’estime et la considération auxquelles il a droit »

Donc, la politesse est un phénomène linguistiquement pertinent dont les chercheurs, de l’étude à l’étude, ont transformé en véritable champ théorique

Il devient évidement « impossible de décrire efficacement ce qui se passe dans les échanges communicatifs sans tenir compte de certains principes de politesse, dans la mesure ó de tels principes exercent des pressions très fortes – au même titre que les règles plus spécifiquement linguistiques » (Kerbrat-Orecchioni, 1992 : 159-160)

4.3.1 Face

La conception de la politesse se fonde sur la notion de « face », notion empruntée entre autres à Goffman, mais étendue par incorporation de ce qu’on appelle plus communément le « territoire »

D’après Goffman (1993, p 9), la notion de « face » est définie comme :

«La valeur sociale positive qu’une personne revendique effectivement à travers la ligne d’action que les autres supposent qu’elle a adopté au cours d’un contact particulier»

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Dans l’étude de Goffman, la face est importante pour l’individu, elle est, plus précise, une image du moi et il veut qu’elle soit ménagée, soit préservée, en même temps il cherche à la garder

Dans son travail, Goffman a présenté le terme « face work » ou

« figuration » qui est, pour lui, « tout ce qu’entreprend une personne pour que ses actions ne fassent perdre la face à personne (y compris elle – même) » (1974 :15)

Goffman précise aussi que :

« Les membres de tout groupe social ont une certaine connaissance de la figuration et une certaine expérience de son emploi Dans notre société, une telle capacité porte parfois le nom de tact, de savoir-faire, de diplomatie ou

Dans leurs travaux, Brown et Levinson (1987), qui s'inspirent des recherches de Goffman, abordent la notion de « face » en distinguant la face positive et la face négative de chaque individu Les deux auteurs construisent les notions de « la face négative » qui est décrit comme « les territoires de moi » (le corps, l’espace, le temps, les biens…) tandis que « la face positive » est l’ensemble des images valorisantes que les interlocuteurs construisent dans l’interaction, autrement dit, une belle image de soi-même

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En outre, Brown et Levinson, dans leur théorie de la politesse, évoquent la présence d'actes « menaçants » pour la face positive et négative

de chaque individu Ces actes verbaux ou non-verbaux menaçants sont appelés « Face Threatening Acts » (FTAs) ” Les auteurs ont distingué 4 catégories d’actes menaçants pour la face :

- Actes menaçants pour la face négative de celui qui les accomplit: l’offre, la promesse…

- Actes menaçants pour la face positive de celui qui les accomplit: l’aveu, l’excuse…

- Actes menaçant pour la face négative de celui qui les subit: l’ordre,

la requête, les agressions visuels, les sonores ou les olfactives…

- Actes menaçant pour la face positive de celui qui les subit: la critique, la réfutation, le reproche…

Il apparaît nettement que Brown et Levinson ont orienté leur étude vers les actes menaçants pour la face et le territoire Mais Kerbrat-Orecchioni relève qu'il y a ici un déséquilibre et que les actes « non-menaçants » pour la face et le territoire ne sont pas envisagés

Pour rétablir l'équilibre, elle propose de compléter la théorie de Brown

et Levinson en introduisant la notion d'actes non-menaçants qui seront appelés « Face Flattering Acts » (FFAs) ou « actes gratifiants pour la face » (C.Kerbrat-Orecchioni 1996, p 54) Dans le but de créer, de retrouver une bonne «image du moi», la formulation d’un certain nombre «d’actes rituels» qui visent à la préservation de la face et au maintien de l’équilibre socio-relationnel a été mobilisé

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Donc, l’ensemble des actes de langages se réparti en deux grandes familles, les uns sont essentiellement négatifs comme l’ordre ou la critique

et les autres sont essentiellement positifs par exemple le compliment ou le remerciement

4.3.2 Politesse

Pour Brown et Levinson, la politesse apparaît comme un moyen de concilier le désir mutuel de préservation des faces Ils nous concernent la distinction entre politesse négative et politesse positive Ils distinguent la politesse négative orientée vers la face négative, et la politesse positive orientée vers la face positive, en considérant seulement la relation entre la face et un FTA Mais cette distinction sera plus ou moins ambiguë car un FTA peut être menaçant à la fois pour la face négative et pour la face positive Alors, Kerbrat-Orecchioni est arrivé à la conclusion que cette confusion repose essentiellement sur l’absence d’identification du groupe des actes de langage tels que FFAs L’introduction de la notion de FFA dans l’analyse de

la politesse permet de mieux comprendre le phénomène de la politesse et d’établir un modèle théorique productif et efficace Elle permet également de distinguer la politesse négative de la politesse positive :

En général, la politesse négative est de nature abstentionniste ou compensatoire : elle consiste à éviter de produire un FTA, ou à en adoucir par quelques procédés la réalisation - que ce FTA concerne la face négative (ex : ordre) ou la face positive (ex : critique) du destinataire Alors que la politesse positive, au contraire, est de nature productionniste : elle consiste à effectuer quelque FFA pour la face négative (ex : cadeau) ou positive (ex : compliment) du destinataire

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Nous venons de présenter un cadre théorique concernant les actes de langage Nous allons maintenant l’utiliser pour analyser des actes de critique dans notre corpus

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CHAPITRE II ACTES DE CRITIQUE SUR LE RÉSEAU SOCIAL DE FACEBOOK

EN FRANÇAIS ET EN VIETNAMIEN

Dans ce chapitre, nous réservons la première partie pour clarifier la définition de la critique, le réseau social de facebook ainsi que ses variétés et ses supports Ensuite, nous analyserons les caractéristiques de l’acte de critique en nous basant sur le corpus Enfin, nous comparons les formulations

de la critique en français et en vietnamien

1 Critique du facebook

1.1 Définition de la critique

Le mot critique viens du latin criticus, issu du grec ancien κριτικός

(kritikos) c’est-à-dire « capable de discernement, de jugement », il est dérivé

aussi du verbe krinein qui signifie «séparer», «choisir», «décider», «passer au

tamis»

D’après le dictionnaire encyclopédique Linternaute, le terme « la critique » est défini comme suit :

- Blâme, avis négatif, reproche Par exemple : Sa décision lui a valu

beaucoup de critiques Traduction anglais : criticism

- Ensemble des professionnels de la critique Par exemple : Cette oeuvre

a été saluée par la critique Traduction anglais : the critics

- Jugement, appréciation Par exemple : Ce livre a reçu de très bonnes

critiques Traduction anglais : critic (pour un film, un livre )

- Art de juger, d'analyser des oeuvres littéraires ou artistiques

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Dans le dictionnaire La Rousse, « critique » est un nom féminin qui signifie : « Art de juger les œuvres littéraires ou artistiques » comme Critique

théâtrale ; « Jugement porté sur une œuvre littéraire ou artistique » par

exemple : Sa critique est partiale ; « Examen détaillé visant à établir la vérité, l'authenticité de quelque chose » tel que Critique historique ; « Action de critiquer quelqu'un, quelque chose ; jugement hostile, défavorable » : La

critique est facile

Donc, on peut consister le sens du terme critique un jugement favorable

ou défavorable d’une chose ou d’une personne Mais, nous trouvons que cette définition est très vaste pour notre recherche, alors, nous décidons de limiter notre champ de recherche en nous basant aussi sur le dictionnaire français-vietnamien

Après avoir consulté sur le site tratu.vn, nous pouvons définir la critique comme :

- « sự phê bính » (le jugement défavorable), « sự phê phán » (le

jugement) par exemple : Faire la critique d’un roman (phê phán một cuốn tiểu thuyết) ; La critique et la louange (sự phê bính và sự khen ngợi)

- « giới phê phán» (les professionnels de la critique) par exemple :

Faire taire la critique (làm cho giới phê phán câm họng)

- Từ trái nghĩa (antonyme) : Crédulité, croyance, foi, admiration,

apologie, approbation, compliment, éloge, flatterie, louange

En comparaison entre les dictionnaires de français et ceux de vietnamien, nous pouvons enfin décider la définition appropriée pour notre travail, nous avons éclairé l’objet de la critique : c’est un comportement qui

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présente le blâme du locuteur envers son interlocuteur ou bien, précisément dit, un jugement défavorable du locuteur envers son partenaire dans la communication Dans ce sens, « la critique » présente une opinion opposée et cet acte menace souvent la face positive de l’interlocuteur en communicant

1.2 Réseau social de facebook

D’après le wikipédia, facebook est un réseau social en ligne qui permet

à ses utilisateurs de publier du contenu et d'échanger des messages Ce réseau social est compté en juin 2006, 968 millions d'utilisateurs actifs quotidiens sur

un total de 1,49 milliard d'utilisateurs actifs mensuels Au classement d’Alexa des 500 sites web les plus visités, Facebook.com occupe la deuxième place derrière Google.com et devant Youtube.com Le 24 aỏt 2015, pour la première fois sur une seule journée, on compte 1 milliard de personnes ont utilisé facebook

Le facebook a été fondé par Mark Zuckerberg en 2004 à l'université Harvard, il est d'abord réservé aux étudiants de cette université et ensuite est ouvert à d'autres universités américaines avant de devenir accessible à tous en septembre 2006 Le nom du site provient des albums photo («trombinoscopes» ou «facebooks» en anglais) qui regroupent les photos des visages de tous les étudiants prises en début d'année universitaire

Comme l’application d’un réseau social, le facebook permet à ses utilisateurs d'entrer des informations personnelles et de communiquer avec d'autres utilisateurs Les informations susceptibles d'être mises à la disposition

du réseau concernent l'état civil, les études et les centres d'intérêt Ces informations permettent de retrouver des utilisateurs qui partagent les mêmes intérêts Ces derniers peuvent former des groupes et y inviter d'autres

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personnes Quant à communiquer, ce réseau social comporte des fonctions de base qui permettent les utilisateurs de rechercher des personnes, de partager des photos, de chatter, d’échanger des messages, de suivre l’actualité de vos contacts, de présenter des évènements etc

Pour utiliser le facebook, il suffit au choix de créer:

- un profil personnel sur lequel vous souhaitez communiquer des

données publiques

- une page officielle pour communiquer avec des clients ou des fans

- une page communauté pour soutenir une cause ou un sujet

- un groupe pour partager un loisir, une passion, un intérêt

professionnel avec d’autres membres

Pour toutes les deux communautés de langue, la forme de l’acte de critique du facebook est apparue à l’époque de la nouvelle technologie, de l’Internet Ils sont sous forme des phrases ayant un langage particulier Le langage facebook est essentiellement dérivé de la communication verbale, et

a donc pour caractéristique de posséder une syntaxe et un vocabulaire propres, plutôt parlé qui sont totalement différents du langage écrit

«standard»

1.3 Variété des critiques

En tant qu’un des actes de langage, les critiques sont de formulations très variées On compte, en général, les critiques qui dénotent une situation sociale et celles qui jugent une personne Leur emploi ne présuppose que la connaissance globale des normes socioculturelles largement connues et reconnues par les membres de la société

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Pour les critiques qui dénotent une situation sociale, on peut citer quelques sujets comme l’homosexualité, la consommation des cornes de rhinocéros, la construction des monuments publics, etc Ces critiques sont souvent trouvés sur les fanpages ou les groupes et ils portent un fort caractère offensif car sur les pages, les utilisateurs ne savent que quelques informations des autres ou, autrement dit, ce serait l’influence du caractère anonyme du réseau social de facebook

Sur les fanpages on trouve beaucoup de structures comme suit :

- En français : il est nul, F.H nous fous dans la merde, c’est ringarde,

stop au bla bla bla, fermes ta geule…

- En vietnamien : cái lũ khốn nạn, một lũ ngụy biện, mất dạy, thua con

chó…

Quant aux critiques qui jugent une personne, on trouve que celles-ci concentrent surtout sur l’image personnelle ou son attitude, sa façon d’agir enver l’entourage Ces critiques, outre du caractère offensif, portent aussi une taquinerie dans son jugement et ils se trouvent surtout sur les pages privées

On remarque des commentaires comme suit quand un utilisateur publie sa photo ou change son avatar :

- En français : ton surnom c’est poussin, mdr, terrifiant hi hi hi…

- En vietnamien : mập dữ, về uống thuốc đi má, mới phẫu thuật thẩm mỹ

hả em ? …

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1.4 Supports de l’acte de critique du facebook

1.4.1 Profils personnels

Le profil personnel est créé par un individu et doit avoir un nom de personne Dès qu’un profil facebook est créé, il est visible dans facebook et dans les moteurs de recherche avec une interface presque identique pour tous les utilisateurs

En générale, le profil facebook permet d’ajouter « des amis » avec un nombre limité à 5000 Il est en effet beaucoup plus simple de cliquer sur

« ajouter comme ami » pour faire connaître et communiquer avec les autres

Le profil personnel permet aussi d’envoyer des messages privés à ses amis et

on peut leur parler via la messagerie instantanée de facebook et engager des discussions plus personnalisées

Par ailleurs, on constate un point remarquable de cet outil de facebook

ce serait une difficulté de séparation entre la vie privée (famille et amis réels)

et la vie publique (contacts, citoyens…) car la gestion des « amis » dans les listes demande une rigueur difficile à maintenir

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1.4.2 Pages ou pages d’adeptes (fanpages)

Une page facebook est un outil de facebook qui permet aux entreprises, professionnels et organismes de partager du contenu en ligne avec les adeptes

de la page Les adeptes n’ont pas besoin d’être « ami » avec la page ou autrement dit, ils ont simplement besoin de cliquer « J’aime » sur la page et ils deviennent automatiquement adepte de la page Les pages sont accessibles

à tous les utilisateurs de facebook à moins qu’on opte pour limiter l’accès qu’aux administrateurs de la page, ou que l’on cible nos publications par âge, par lieu ou par langue

On note que jusqu’au 19 avril 2010, les pages étaient des pages d’adeptes ou autrement dit, des fanpages et on devenait adepte de la page en cliquant « Devenir adepte » Maintenant, on « J’aime » une Page Facebook et

de ce type de fanpage doivent absolument détenir les droits de publier cette page au nom de l’autorité

Ngày đăng: 09/03/2020, 21:24

TỪ KHÓA LIÊN QUAN

TÀI LIỆU CÙNG NGƯỜI DÙNG

TÀI LIỆU LIÊN QUAN

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