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Étude comparative de l’acte de compliment en français et en vietnamien sur le réseau social facebook

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Nous avons réalisé une étude comparative de l’acte de compliment enfrançais et en vietnamien sur le réseau social Facebook.. Nous avons doncrelevé des ressemblances ainsi que des différe

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UNIVERSITÉ NATIONALE DE HANỌ UNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES DÉPARTEMENT

FACEBOOK

NGHIÊN CỨU SO SÁNH VỀ HÀNH VI LỜI KHEN TRONG TIẾNG PHÁP VÀ TRONG TIẾNG VIỆT TRÊN MẠNG XÃ HỘI

FACEBOOK.

Master : Langue française Code : 60220203

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Hanọ, 2016

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UNIVERSITÉ NATIONALE DE HANỌ UNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES DÉPARTEMENT

FACEBOOK

NGHIÊN CỨU SO SÁNH VỀ HÀNH ĐỘNG LỜI KHEN TRONG TIẾNG PHÁP VÀ TRONG TIẾNG VIỆT TRÊN MẠNG XÃ HỘI

FACEBOOK.

Master : Langue française Code : 60220203 Directeur de mémoire : M.Pr.Dr Trịnh Đức Thái

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Hanọ, 2016

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ATTESTATION SUR L’HONNEUR

Nous attestons sur l’honneur que ce mémoire a été réalisé par nous-même etque les données ainsi que les résultats qui y sont présentés sont exacts et n’ontjamais été publiés ailleurs

Đặng Thùy Dương

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Je tiens tout d'abord à remercier sincèrement Monsieur le Professeur TRINHDuc Thai qui a accepté de diriger mon mémoire de master et a suivi de très prèsmon travail en m’accordant des encouragements, suggestions et critiques utiles.Que soient également remerciés ici à tous mes collègues au Département deLangue et de Culture françaises de l'Université de Langues et d'EtudesInternationales qui ont bien voulu répondre longuement aux demandes que je leur aiadressées pour réaliser cette étude

Je témoigne enfin toute ma reconnaissance à ma famille et à mes amis pourleur soutien dans mes choix et leur attention sans faille dès les débuts de montravail

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Nous avons réalisé une étude comparative de l’acte de compliment enfrançais et en vietnamien sur le réseau social Facebook Nous avons tout d’abordrappelé les problèmes théoriques relatifs à l’étude Ensuite, nous avons construit uncorpus de 100 compliments en français et 100 compliments vietnamiens trouvés surFacebook Nous avons fait des statistiques et retiré des remarques Nous avonsconstaté des façons de complimenter très typiques sur Facebook De plus, nousavons comparé les compliments en français et en vietnamien sur Facebook sousdifférents aspects : thème, formulation, manifestation linguistique Nous avons doncrelevé des ressemblances ainsi que des différences dans la réalisation des actes decompliment en français et en vietnamien sur Facebook Enfin, nous avons essayéd’expliquer ces résultats par des connaissances sociales, culturelles, linguistiques…

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TABLE DES MATIÈRES

ATTESTATION SUR L’HONNEUR i

REMERCIEMENTS ii

RÉSUMÉ iii

INTRODUCTION 1

CHAPITRE 1 : CADRE THÉORIQUE 5

1 Acte de langage 5

1.1 Conceptions des actes de langage

5 1.1.1 Conception des actes de langage d’Austin

5 1.1.2 Conception des actes de langage de J.R Searle

6 1.1.3 Conception des actes de langage de Catherine Kerbrat-Orecchioni

8 1.2.Formulations des actes de langage

8 1.2.1 Formulation directe

8 1.2.2 Formulation indirecte

9 1.3 Facteurs d’influence des actes de langage

10 1.3.1 Contexte

10 1.3.2 Relations interpersonnelles

12

1.3.3 Politesse

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3 Réseau social Facebook 38

3.1 Qu’est-ce que le réseau social ?

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VIETNAMIEN SUR LE RÉSEAU SOCIAL FACEBOOK À TRAVERS LE CORPUS. 44

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vi

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1 Problématique

Les connaissances de l’interculturalité nous semblent indispensables dans l’ère

de la mondialisation de l’économie, de la mobilité croissante des personnes, de lacirculation des biens, des services et de l’information Alors, nous souhaitons faireune recherche dans ce domaine pour, tout d’abord, mieux comprendre les difficultés

de la diversité culturelle et mieux agir dans notre monde interculturel

Et puis, la France et le Vietnam coopèrent actuellement dans de différentsdomaines et le feront davantage dans le futur Dans ce contexte, le rôle de lacommunication langagière entre les gens des deux pays, de deux cultures se révèleextrêmement important Or leur interaction communicative se heurte souvent,malgré leur compétence linguistique, à des obstacles parfois mystérieux que sont lesdivergences socio-culturelles Les chocs, les conflits culturels ou les blocagescommunicatifs se manifestent surtout dans les actes de communication spécifiques(salutation, compliment, excuse, invitation, requête…)

Ensuite, l’acte de compliment, qui existe dans toutes les langues et cultures, aattiré notre attention par sa variété de ses réalisations et sa richesse de sesimplications sociales Pourtant, certains problèmes comme « Qu’est-ce qu’oncomplimente ? », « Comment complimente-t-on ? » varient sensiblement d’un pays

à l’autre, d’une culture à l’autre C’est pourquoi, une étude comparative de l’acte decompliment en France et au Vietnam est nécessaire pour avoir une communicationinterculturelle plus efficace

Mais pourquoi l’acte de compliment sur le réseau social Facebook? Parce quenombreuses études de l’échange complimenteur ont été menées en France et auVietnam Cependant, à notre connaissance, il n’y a pas encore beaucoup d’étudessur l’échange complimenteur sur le réseau social Facebook Or, le réseau socialFacebook est de plus en plus utilisé, non seulement par les jeunes mais aussi par despersonnes âgées, non seulement pour se détendre mais encore pour répondre au

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besoin du travail, des études De plus, l’acte de compliment sur le réseau socialFacebook possède de nombreux points différents avec celui d’une conversationfamilière C’est pourquoi nous souhaitons faire une étude sur le compliment surFacebook pour découvrir l’impact du compliment sur le réseau social Facebook sur

le langage familier

«Étude comparative de l’acte de compliment en français et en vietnamien sur

le réseau social Facebook » est donc un sujet de recherche intéressant Pourtant, ilnous faut avoir des connaissances pluridisciplinaires et interculturelles pour bienétudier cette recherche, nous rencontrerons certainement beaucoup de difficultés en

la réalisant J'espère qu'en menant cette recherche, nous pourrons mieux comprendre

et mieux utiliser l’acte de compliment Nous souhaitons aussi que notre recherchepuisse aider les habitants de deux pays à éviter des chocs culturels en réalisant descompliments

2 Questions de recherche

Dans le cadre de notre mémoire, nous allons chercher à répondre auxquestions suivantes:

1. Quelles sont les façons de complimenter typiques sur Facebook ?

2. Quelles sont les ressemblances et les différences entre l’acte de compliment

en français et celui en vietnamien sur le réseau social Facebook? Quels sontdonc les malaises, malentendus voire chocs culturels possibles quand unFrançais et un Vietnamien se communiquent ?

3. Hypothèses de recherche

Nous avons donc formulé des hypothèses suivantes :

+ Sur Facebook, il y a le bouton « J’aime » et les émoticônes grâce auxquels les internautes peuvent créer de façons de complimenter très distinctives

+ Il existe des ressemblances ainsi que des différences entre l’acte decompliment en français et celui en vietnamien sur le réseau social Facebook Il

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existe donc des malaises, malentendus voire chocs culturels possibles quand unFrançais et un Vietnamien se communiquent.

4 Méthodologie de recherche

Compte tenu de l’objectif et de la perspective comparative de notre étude, laméthode qui nous semble être la plus pertinente est la méthode descriptive avec sespropres démarches: la recherche documentaire, l'observation systématique, l'analyse

de contenu, l'analyse des résultats, l’étude historique, l'étude de cas, l'étudecomparative

Tout d’abord, nous choisissons sur Facebook 100 compliments en français et

100 compliments en vietnamien Ensuite, nous les observons et faisons desstatistiques Après avoir des données, nous donnons des remarques Nous relevonsdes façons de complimenter distinctives sur Facebook et nous comparons les actes

de compliments en français et en vietnamien Enfin nous essayons d’expliquer cesrésultats par des connaissances sociales, culturelles, linguistiques…

5 Plan de la thèse

Notre thèse se composera de deux chapitres Le premier chapitre, "Cadrethéorique", présente les problèmes théoriques relatifs à l’étude Il s'agira toutd’abord de rappeler les fondements théoriques de l’acte de langage tels que lanotion, la classification selon différentes conceptions, la formulation des actes delangages et les facteurs d’influences (le contexte, la relation interpersonnelle, lapolitesse) Ensuite, ce chapitre nous permet d’avoir une vue comparative del’échange complimenteur en France et au Vietnam en découvrant la définition, laclassification, le thème, le cadre spatio-temporel et la structure de l’échangecomplimenteur en France et au Vietnam

Enfin, nous aborderons dans ce chapitre l’histoire, les caractéristiques, lesthèmes de communication fréquents ainsi que des utilisateurs principaux du réseausocial Facebook Le deuxième chapitre sera «Étude comparative de l’acte decompliment en français et en vietnamien sur le réseau social Facebook» Dans ce

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chapitre, nous présenterons tout d’abord le corpus Ensuite, nous analyserons lecorpus en faisant des statistiques, des commentaires sur les points communs et lespoints différents entre l’échange complimenteur en français et celui en vietnamiensur le réseau social Facebook et puis nous relèverons des malaises, malentendusvoire chocs culturels possibles quand un Français et un Vietnamien secommuniquent Nous essayerons enfin d’expliquer ces différences par lesconnaissances linguistiques et les connaissances interculturelles.

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CHAPITRE 1 : CADRE THÉORIQUE

1 Acte de langage

1.1 Conceptions des actes de langage

La pragmatique linguistique s’est développée à partir de la théorie des actes delangage Selon cette théorie, la fonction du langage n'est pas essentiellement dedécrire le monde, mais aussi d'accomplir des actions

L'initiateur de cette théorie est le philosophe britannique Austin dans sonouvrage : How to do things with words (1962), elle est développée par J.-R.Searledans deux ouvrages Les Actes de Langage (1972), et Sens et expression (1982)

1.1.1 Conception des actes de langage d’Austin

1.1.1.1 Notion

La théorie des actes de langage s'oppose à la conception descriptive dulangage selon laquelle la fonction première du langage est de décrire la réalité et queles énoncés déclaratifs sont toujours vrais ou faux Austin défend l'idée que lafonction du langage est aussi d'agir sur la réalité et que les énoncés déclaratifs nesont ni vrais ni faux, mais réussis ou non Austin distingue les énoncés constatifs etles énoncés performatifs Les premiers décrivent le monde (ex: le soleil brille.) etles derniers accomplissent une action (ex: je te promets que je viendrai.) Lesconstatifs sont vrais ou faux (le soleil brille ou non), les performatifs sont réussis ounon Si l'énoncé s'adresse à quelqu'un et si l'énoncé est compris du récepteur,l’énoncé performatif est réussi Par exemple dire « je ne suis pas content » en étant

en colère ou bien en riant

1.1.1.2 Typologies des actes de langage

À l'examen, Austin trouve qu'il est difficile de distinguer clairement constatifs

et performatifs En effet, un énoncé peut être implicitement performatif Parexemple : je viendrai demain

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En outre, un énoncé constatif correspond souvent à un acte de langageimplicite: l'assertion.

Par exemple : je dis la vérité

Alors pour Austin, l'énonciation est le résultat de trois activitéscomplémentaires :

l'acte locutoire (= que dit-il ?) : production d'une suite de sons qui a un sens

dans une langue

l'acte illocutoire (que fait-il ?) : production d'un énoncé auquel est attaché

conventionnellement une certaine « force » (déclarer, promettre, s'engager…)

l'acte perlocutoire (pour quoi faire ?) : cet acte sort du cadre linguistique.

L'énoncé provoque des effets (perturbations, changements) dans la situation decommunication

Il y donc des remarques suivantes :

À chaque niveau, l'acte peut être direct ou dérivé

Locutoire : sens littéral→ sens dérivé Ex : j'ai mal au coeur = estomac

Illocutoire : acte primitif → acte dérivé Ex il fait chaud ici = requête pour ouvrir lafenêtre

Perlocutoire : la dérivation dépend de l'interprétation qu'en fait le destinataire

L'énoncé est réussi si le destinataire comprend l'intention conventionnellementassociée à son énonciation Pour atteindre cette réussite, le destinataire peut recouriraux marqueurs non ambigus (univoques), de l'intonation et du contexte À l'inverse,l'émetteur - pour réussir - doit se soumettre aux lois du discours que l'on peutrésumer ainsi : « n'importe qui ne peut pas dire n'importe quoi, en n'importe quellescirconstances » quand je dis que le soleil brille

1.1.2 Conception des actes de langage de J.R Searle

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Le philosophe américain J.R Searle a affirmé dans son ouvrage intitulé Speechacts, paru en 1969 que: tout d’abord, parler une langue, c’est réaliser des actes delangage Ensuite, ces actes sont en général rendus possibles par l’évidence decertaines règles régissant l’emploi des éléments linguistiques, et c’est conformément

à ces règles qu’ils se réalisent D’après lui, l’énoncé linguistique fonctionne comme

un acte particulier (ordre, question, promesse, etc), qui produit un certain effet etentraine une certaine modification de la situation interlocutive Il distingue :

+ Les actes de langage ou les actes illocutoires, qui correspondent auxdifférentes actions peuvent être accomplis par des moyens langagiers Lefonctionnement de ces actes est réagi par des règles de la langue

+ Les forces illocutoires, qui correspondent à la composante, dans un énoncé, permettant à cet énoncé de fonctionner comme un acte particulier

Ensuite , dans Sens et expression (1982), il distingue cinq catégories généralesd’actes illocutoires sur la base du but illocutoire et aussi de la direction d’ajustemententre les mots et le monde, ce sont : les assertifs, les directifs, les promissifs, lesexpressifs, les déclarations

Les assertifs : Ils ont pour but « d’engager la responsabilité du locuteur (à des

degrés divers) sur l’existence d’un état de chose, sur la vérité de la propositionexprimée » Et leur direction d’ajustement va des mots au monde

Les directifs : Leur but consiste « dans le fait qu’ils constituent des tentatives

de la part du locuteur de faire faire quelque chose par l’auditeur » ; tentatives quipeuvent être « très modestes » ou au contraire très « ardentes » selon l’axe du degréd’intensité de la présentation du but

Les promissifs : Ce sont des actes « dont le but est d’obliger le locuteur (ici

aussi, à degrés variés) à adopter une certaine conduite future »

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Les expressifs : Ils sont définis comme ayant pour bit « d’exprimer l’état

psychologique spécifié dans la condition de sincérité, vis-à-vis d’un état de chosesspécifié dans le contenu propositionnel »

Les déclarations : L’accomplissement réussi de l’un de ses membres garantit

que le contenu correspond au monde

1.1.3 Conception des actes de langage de Catherine Kerbrat-Orecchioni

Les actes de langage sont apparus dans la théorie classique des speech actsd’une façon abstraite et isolée, ils détachent de leur contexte d’actualisation.Pourtant, en réalité, les actes de langage fonctionnent en contexte et à l’intérieurd’une séquence d’actes C’est aussi l’objectif d’une discipline plus récente, lapragmatique des interactions verbales qui se fixe comme « objectif de dégager lesrègles et principes qui sous-tendent le fonctionnement des conversations, et plusgénéralement, des différents types d’échanges communicatifs qui s’observent dans

la vie quotidienne »

En général, les actes de langage ou actes illocutoires, qui correspondent auxdifférentes actions que l’on peut accomplir par des moyens langagiers Lefonctionnement de ces actes est régi par des règles de la langue

Selon C.Kerbrat-Orecchioni, l’acte de langage est l’unité minimale de laconversation C’est aussi une suite linguistique dotée d’une certaine valeurillocutoire (ou force illocutoire) et c’est encore une séquence qui prétend opérer sur

le destinataire un certain type de transformation

1.2 Formulations des actes de langage

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L’énoncé tel que « Je promets » est considéré comme l’énoncé performatifparce qu’on ne peut pas dire « Je promets » sans promettre, et cet énoncé est aussiconsidéré comme l’acte accompli puisqu’il dit explicitement qu’il est une promesse.

À l’issue du problème ci-dessus, C.Kerbrat-Orecchioni (2001:36) remarque:

« Les formulations performatives sont donc les plus claires auquelles lelocuteur puisse recouvrir pour spécifier le statut pragmatique de l’énoncé qu’ilproduit Mais ces formulations n’existent pas pour tous les actes de langage et ellessont d’un usage relativement rare »

1.2.1.2 Formes de phrase

A la différence des expressions performatives, les énoncés : « Pars ! » et «

Es-tu parti ? » peuvent marquer l’acte correspondant, sans le dénommer explicitement.Les quatre formes de phrase (déclarative, interrogative, impérative etexclamative) sont polysémiques :

« Je viendrai », énoncé déclaratif, peut correspondre selon les cas à une

menace, un avertissement, etc

« Pars tout de suite », énoncé à l’impératif, peut correspondre selon les cas à

un ordre, un conseil, une exhortation, une supplication

« Tu peux venir ? » énoncé interrogatif, peut correspondre selon les cas à une question, une invitation

« Que tu es belle ! » énoncé exclamatif, peut correspondre selon les cas à un compliment ou une demande

1.2.2 Formulation indirecte

L’acte de langage indirect est un acte illocutoire accompli indirectement parl’accomplissement un autre En effet, quand on dit quelque chose, c’est qu’on faitune chose sous les apparences d’une autre

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Il existe deux types de formulations indirectes: formulation indirecte

conventionnelle et formulation indirecte non conventionnelle

Comparons les deux énoncés suivants :

(1) Peux-tu fermer la porte ?

(2) La porte est ouverte

Tous les deux peuvent être interprétés comme « Ferme la porte ! », doncfonctionner comme une requête- indirecte, puisqu’elle s’exprime sous la formed’une question en (1), et d’une assertion en (2)

La différence est de taille dans ces formulations :

En (1), si le récepteur répond par « oui » sans fermer la porte, en traitantl’énoncé comme une simple question, il sera considéré comme un provocateur oucomme une personne qui ne maitrise pas bien les règles de la langue française Celaveut dire que tous les Français considèrent cette tournure interrogative comme unerequête : la valeur de requête y est conventionnelle

En (2) au contraire, le récepteur peut seulement répond à l’assertion en disant

« Moi j’aime bien que la porte soit ouverte », il n’est pas accusé de ne pas respecterles règles de la langue française : la valeur de requête est ici non conventionnelle

1.3 Facteurs d’influence des actes de langage

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à l’environnement extra langagier, c’est-à-dire aux éléments permanents quiconstituent le cadre de production à l’énoncé total, synonyme de « situation » Ainsi

un certain nombre d’éléments sont constitutifs de la situation Selon lui, le cadrematériel caractérisé par ses coordonnées spatiales et temporelles, mais aussigénéralement par sa définition sociale

Le contexte se compose des éléments suivants :

1.3.1.1 Site (cadre spatio-temporel)

a Cadre spatial

Selon Catherine Kerbrat-Orecchioni (1996 :16), le cadre spatial peut-êtreenvisagé dans ses aspects purement physiques : quelles sont les caractéristiques dulieu ó se déroule l’interaction (lieu ouvert ou fermé, public ou privé ; appartement,magasin, restaurant, cabinet médical, salle de classe, palais de justice…), mais aussisous l’angle de sa fonction sociale et institutionnelle (le palais de justice non pluscomme bâtiment, mais comme lieu d’exercice de la fonction judiciaire)

1.3.1.2 But

Selon Jacques Cosnier (1987:59), le but est la raison d’existence du site Parexemple, on va au restaurant pour manger, au bureau de tabac pour acheter descigarettes et des timbres…Le but de l’interaction, de l’acte de langage se localisequelque part entre le site (qui a une destination propre), et les participants (qui ontleurs propres objectifs)

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Une interaction comprend un but global de l’interaction et les buts plusponctuels qui correspondent aux différentes actes de langage réalisés au cours de larencontre.

Dans la constitution d’une typologie des interactions, on distingue : lesinteractions à finalité externe (achat, obtention de renseignements, traitementmédical) et les interactions non finalisées comme les conversations ó on parle pourparler et pour assurer la maintenance du lien social

1.3.1.3 Participants

Selon Danielle André-Larochebouvy (1984 :31), Professeur à l'Université deParis III, toute interraction, verbale ou non, résulte de la mise en présence de deux

ou de plusieurs personnes désignées du terme de participants

Dans la conversation, tous les participants peuvent et doivent être à tour derơle des locuteurs, même si la quantité et le volume des répliques sont différentspour chacun Alors qui a le droit de parler à qui dans quelles circonstances ?Toujours selon Danielle AndréLarochebouvy (1984:32), on peut considérer qu’unmembre donné d’un groupe social se trouve pourvu de quatre type d’interlocuteurs :-L’interlocuteur de plein droit désigne un participant à qui on peut toujours et

en toutes circonstances adresser la parole, même s’il n’a pas lui-même envied’entrer en conversation Il s’agit des membres de la famille et des personnes quiconstituent l’entourage intime

- L’intelocuteur légitime

- L’interlocuteur autorisé

- L’interlocuteur improbable

1.3.2 Relations interpersonnelles

1.3.2.1 Relations interpersonnelles: de quoi est-il question?

Ce terme désigne la nature du lien qui unit deux personnes : un couple, desamies, un père et sa fille, un frère et sa sœur Il est question d’interactions,

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d’échanges et de liens entre deux personnes Il s’agit donc de relations dyadiquesmême si ces échanges et ces rapports prennent le plus souvent place dans un universsocial plus large.

Selon Catherine Kerbrat-Orecchioni1 (1994 : 72), cette relation estenvisageable sous trois angles essentiellement:

- La relation horizontale

- La relation verticale

- L’axe du consensus opposé au conflit

1.3.2.2 Relation horizontale

a Qu’est-ce que la relation horizontale

Cette dimension de la relation, selon Catherine Kerbrat-Orecchioni2, renvoie

au fait que dans l’interaction, les partenaires en présence peuvent se montrer plus oumoins “proches” ou “éloignés”, cette distance étant fonction:

(1) de leur degré de connaissance mutuelle

(2) de la nature du lien socio-affectif qui les unit

(3) de la nature de la situation

communicative b Les relationèmes horizontaux

b.1.Marqueurs non verbaux et paraverbaux

1 Les interactions verbales Tome III, Catherine Kerbrat-Orecchioni (1994:72)

2 Les interactions verbales Tome II, Catherine Kerbrat-Orecchioni

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b.2 Marqueurs verbaux

• Les termes d’adresse

• Les thèmes abordés

• Le niveau de langue

1.3.2.3 Relation verticale

a Qu’est-ce que la relation verticale ?

Selon Catherine Kerbrat-Orecchioni (1996 :45), en parlant de la relationverticale, on fait appel au « pouvoir », « hiérarchie », « domination », ou « rapport

de places » Cette dimension souligne que les partenaires en présence ne sont pastoujours égaux dans la conversation: l’un d’entre eux peut se trouver en positionsupérieure, dominante tandis que l’autre est inférieur, dominé

b Principaux taxèmes

b.1 Marqueurs non verbaux et paraverbaux

Selon Catherine Kerbrat-Orecchioni (1996 :46), il s’agit de :

• L’apparence physique des participants et leur tenue vestimentaire

• L’organisation de l’espace communicatif

• Les postures, le jeu des regards, certains comportements gestuels

mimo-• L’intensité vocale et le ton

b.2 Marqueurs verbaux

• Les formes de l’adresse

• L’organisation des tours de paroles

• L’organisation structurale de l’interaction

• Les actes de langage produits durant l’interaction

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1.3.2.4 Consensus vs conflit.

Selon Kerbrat-Orecchioni (1994:82), pour garantir la poursuite d’uneinteraction, il vaut mieux toujours et partout avoir une certaine dose d’accord entreles interactants Pourtant, les exigences à ce sujet varient d’une sociétéà l’autre Onpeut donc supposer :

- Les cultures qui sont caractérisées par la recherche parmanente duconsensus, et l’évitement systématique des conflits

-Les cultures à éthos plus « confrontationnel » qui se montrent beaucoup plus tolérantes envers la communication conflituelle

1.3.3.1 Modèles de la politesse

a Modèle de la politesse de Brown et Levinson

Les travaux de Brown et Levinson se basent sur les notions de face et deterritoire proposées par Goffman Des contraintes rituelles, des règles de politesse,sont donc mises en œuvre pour protéger la face des interlocuteurs La face est

définie, dans « Les rites d’interaction » par Goffman comme «la valeur sociale

positive qu'une personne revendique effectivement à travers la ligne d'action que lesautres supposent qu'elle a adoptée au cours d’un contact particulier.» (Goffman,1974:9)

En 1973, Goffman développe la notion de territoire qui est non seulement pourlui un territoire spatial mais aussi d’autres qui ne sont pas forcément spatiaux :

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l’espace personnel, la place, l’espace utile, le tour, l’enveloppe, le territoire de lapossession, les réserves d’information, les domaines réservés de la conversation.Tous ces territoires ont «un trait commun : leur variabilité socialement déterminée»(Goffman, 1973:54)

Suite à Goffman, Brown et Levinson ont distingué « la face négative » (les

possessions territoriales au sens plus large du terme : territoire corporel, spatial ou

temporel, bien matériel ou savoirs, secrets…) et « la face positive « (le narcissisme

de l'individu, l'ensemble des images valorisantes que les interactants construisent ettendent d'imposer d'eux-mêmes dans l'interaction )

Selon eux, dans toute interaction, constituent des menaces potentielles pourl'une et/ou l'autre de ces quatre faces Ce sont les actes menaçant pour les faces,titulés « Face Threatening Acts »(= FTA)

Dans cette perspective, les actes de langage se répartissent en quatre catégories:

1. Actes menaçants pour la face négative de celui qui les accomplit (par

exemple : offres, promesses, etc.)

2. Actes menaçants pour la face positive de celui qui les accomplit (par

exemple : aveux, auto-critiques, etc.)

3. Actes menaçants pour la face négative de celui qui les subit (par exemple : requêtes, questions personnelle, etc.)

4. Actes menaçants pour la face positive de celui qui les subit (par exemple : critiques, réfutations, etc.)

Puisque la plupart des actes sont potentiellement menaçant pour la ou les facesdes interactants, chacun veut préserver ses faces (face want) : d’une part il essaie dedéfendre son territoire personnel, d’autre part il veut être reconnu et apprécié par lesautres Le moyen permettant de résoudre la contradiction inhérente à la volonté desinterlocuteurs de s'auto-préserver, d'un côté, et d'éviter de heurter les deux facesd'autrui, d’autre côté, est appelé par Goffman face work, terme traduit en français

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par travail de figuration (1974: 15) D’après Brown et Levinson, les participants yparviennent en mettant en œuvre diverses stratégies de politesse.

Le modèle de Brown et Levinson est sans doute la base théoriquefondamentale en matière de politesse linguistique Pourtant, la théorie de Brown etLevinson est considérée comme la excessivement négative qui les amène àn'envisager que l'existence d'actes menaçants pour la face C’est pourquoi, Kerbrat-Orecchioni a continué à étudier et à développer cette théorie avec sa notion «FFA»

b Modèle de la politesse de Kerbrat-Orecchioni

Kerbrat-Orecchioni a remarqué qu’à côté des FTAs, il exsite des actes delangage susceptibles de valoriser les faces tels que l’invitation, le compliment, leremerciement… Ces actes sont appelées FFA - "Face Flattering Actes" C’est à

partir de cette notion que Kerbrat-Orecchioni a lancé la définition de « politesse négative » et « politesse positive » La politesse négative est de nature

absentionniste ou compensatoire : elle vise à éviter de commettre un FTA ou à enadoucir l’effet La politesse positive est de nature productionniste : elle consiste àproduire de temps en temps des FFA et les renforcer ou les hyperboliser

Dans cette perspective, Kerbrat-Orecchioni a défini la politesse comme suit : «

La politesse est un système de règles de comportement visant à ménager (politessenégative) ou à valoriser (politesse positive) les faces d’autrui sans attenter auxsiennes propres »

1.3.3.2 Manifestations linguistiques de la politesse positive

Si les FTA ont généralement tendance à être minimisés dans leur verbalisation,les anti-FTAs se prêtent au contraire volontiers à la formulation intensive

Ainsi le remerciement s’exprime-t-il souvent sur un mode superlatif : « Mercibeaucoup/ mille fois/ infiniment » La séquence « Merci un peu » peut êtreconsidérée comme agrammaticale

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Les locuteurs semblent à adoucir la formulation des actes menaçants et àrenforcer celle des actes valorisants, autrement dit litoliser des énoncés impolis ethyperboliser des énoncés polis.

Par exemple, à table, dès lorsqu’on en présence de l’auteur du plat en question,

on formule souvent son appréciation selon le schéma suivant :

+ appréciation positive : « C’est vraiment délicieux ce plat ! »

+ appréciation négative : « c’est un tout petit salé pour mon gỏt »

1.3.3.3 Universalité de la politesse

Selon Catherine Kerbrat-Orecchioni3, la politesse est un phénomène universel,dans toutes les sociétés humaines, on constate l’existence de procédés de politessequi permettent de maintenir entre les interactants un minimum d’harmonie, malgréles risques de conflits inhérents à toute interaction- il importe en effet de rappeler, à

la suite de Goffman4, que la notion de politesse est logiquement indissociable del’idée d’une fragilité intrinsèque des interactions, et d’une vulnérabilitéconstitutivedes interactants : c’est dans la mesure ó l’on admet que toute rencontre sociale est

"risquée" pour les acteurs qui s’y trouvent engagés (risque pour eux de se sentirmenacés, embarrassés ou humiliés) que l’on doit corrélativement admettrel’universelle nécessité de cesmécanismes compensatoires que sont les rituels depolitesse La politesse est un phénomène universelle, comme est universellel’importance attachée au territoire, et à la face, dans les relations interpersonnelles.Mais en même temps, la politesse n’est pas universelle, dans la mesure ó sesformes et ses conditions d’application (qui doit être poli, envers qui, et de quellemanière, dans telle ou tellecirconstance et situation communicative ?) varientsensiblement d’une société à l’autre Autrement dit, ce sont les règles de la politesse

3 Politesse en deçà des Pyrénées, impolitesse au delà :retour sur la question de l'universalité de la (théorie de la) politesse, réalisé par C Kerbrat-Orecchioni, Mai 2002, page 1

4 "Il n’existe pas d’interaction dans laquelle les participants ne courent pas un risque sérieux de se trouver légèrement embarrassés, ou au contraire un léger risque de se trouver sérieusement humiliés." (Goffman 1973:230) Idée reprise en ces termes par Brown et Levinson : "In general, people cooperate in maintaining face in interaction, such cooperation being based on the mutual vulnerability of face."(1987 : 61)

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qui ne sont pas universelles Elles modifient d’une société à l’autre- ainsi du restequ’à l’intérieur d’une même société, selon l’âge, le sexe, l’origine sociale ougéographiques des interlocuteurs C’est pourquoi des études de l’interculturalité esttrès important dans notre monde interculturel.

2 Acte de compliment

2.1 Définitions

2.1.1 Définitions dans les dictionnaires

Selon le dictionnaire Larousse (1996), le mot « compliment » porte deux significations :

(1) Paroles élogieuses ou affectueuses, que l’on adresse à quelqu’un pour le féliciter

(2) Petit discours adressé à une personne à l’occasion d’une fête, d’un anniversaire

Selon le Petit Robert (2014:275), le mot “compliment” porte les trois

significations suivantes:

(1) Paroles louangeuses que l’on adresse à quelqu’un pour le féliciter.Faire des compliments à quelqu’un Tous mes compliments pourvotre réussite! Compliment sincère, hypocrite

(2) Paroles de politesse Je vous charge de mes paroles pour M.Martin

(3) Petit discours adressé à qq1 pour lui faire honneur Réciter un compliment en vers

Après avoir bien observé ces deux définitions, nous remarquons que lecompliment est considéré comme un “cadeau verbal” qui a le but de valoriser la

“face” positive du destinataire Il s’agit en fait du fait de faire plaisir àl’interlocuteur par une expression de sympathie, d’admiration favorable à son égard

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Dans le cadre de cette étude, nous allons aborder principalement le premiersens du mot compliment, ça signifie des paroles élogieuses, obligeantes etaffectueuses qui font plaisir à l’interlocuteur.

2.1.2 Définitions des linguistes

Selon Véronique Traverso (1996:89), le compliment est une intervention :

- Exprimant une évaluation positive

- Possédant une valeur illocutoire assertive

- Focalisée :

• Sur le destinataire

• Ou sur un objet dont il est responsable

• Ou sur une personne à laquelle il est lié et dont le mérite rejaillit sur lui d’une manière ou d’une autre

Le compliment est considéré, selon Catherine Kerbrat-Orecchioni (1994:202), comme :

- Toute assertion évaluative positive

- Portant sur une qualité ou une propriété de l’allocutaire A (un compliment,c’est une louange adressé à la personne conce)rnée

- Ou bien encore, sur une qualité ou propriété d’une personne plus ou moinsétroitement lié à A

Selon Catherine Kerbrat-Orecchioni, le compliment s’oriente vers :

- les qualités intrisèques de l’allocutaire (ses yeux, son

intelligence…) Ex : T’as de beaux yeux

- des objet dont l’allocutaire possède par hasard ou par choix (sa maison, savoiture, son intérieur, voire sa ville ou son pays)

Ex : C’est chic, votre sac à dos

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- des objets dont il est auteur (son article, son plat…)

Ex : Votre bouillabaisse est vraiment excellent

- les qualités et les biens, des êtres auxquels il est plus ou moins attaché

Ex : Ta copine, je la trouve adorable

2.2 Classification

En se basant sur différents critères, les compliments se distinguent de plusieursfaçons :

2.2.1 Auto-compliment / Compliment orienté vers autrui

Dans le mémoire de fin d’études post-universitaires, Trần Phùng Kim affirmequ’en principe, on ne se complimente pas soi-même En vertu de la loi de lamodestie, toute manisfestation trop obstensible des vanités n’est pas permise et lesauto- compliments sont sérieusement stigmatisés Catherine Kerbrat-Orecchioni aexpliqué ce phénomène par le principe de la « loi des fleurs » Selon elle, seprodiguer à soi-même des éloges, c’est en fait « se lancer des fleurs », et entransgressant la loi sans précaution, on risque de tomber dans une sanction socialetelle que le risque ou la réplique sarcastique Mais si on veut complimenter soi-même, la litote ou autre précation « ravalante » sont recommandés

Ex : « Dans la dernière partie je présenterai ce qui constitue…euh macontribution la plus importante, entre guillemets »

Ou bien il vaut mieux atténuer les auto-compliments par l’hyperbolisation descompliments adressés à autrui :

Ex : « Quand j’écris de la fiction-enfin, quand on écrit de la fiction… »

Quant à des compliments orientés vers autrui, Holmes souligne que les fillestendent à s’entre-complimenter plus que les garçons en proposant les chiffres suivants :

Féminin- Féminin : 51,2 % de l’ensemble des énonces du corpus

Féminin- Masculin : 16,5 %

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Masculin- Féminin : 23,1 %

Masculin- Masculin : 9%

2.2.2 Selon Boisvert et Beaudry (1979), nous pouvons considérer qu’il y a trois types de compliments :

(1) Les compliments justes, sincères et spécifiques

(2) Les compliments complètement faux dits par ignorance ou flatterie

(3) Les compliments vagues et trop généraux

2.2.3 Compliments directs et indirects

Selon Catherine Kerbrat-Orecchioni, on dira directs les compliments quiportent directement sur l’allocutaire A ( « Vous êtes charmante ») et indirects ceuxqui portant sur une personne différente de A mais plus ou moins étroitementassociée à A, viennent par ricochet affecter A (« Il est adorable votre gamin »)

2.2.4 Compliments explicites et implicites

Selon Catherine Kerbrat-Orecchioni (1994:206), un compliment est explicitedès lorsqu’il s’exprime par une formule performative, ou plus communément, parune assertion dans laquelle le jugement évaluatif est posée (« Comme tu es belle »),

et implicite lorsque ce jugement est présupposé :

« Salut beauté »

« C’est à vous ces beaux yeux-là ?

» Ou sous-entendu :

« Il en a de la chance votre mari »

2.2.4 Les compliments sollicités de ceux qui ne le sont pas (obstensiblement du moins)

«- Comment trouves-tu ma nouvelle robe ?

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-Très chic »

Selon Marandin, les informateurs hésitent à catégoriser « compliment » uneévaluation positive donnée en réponse à une demande d’évaluation Selon CatherineKerbrat-Orecchioni, les compliments sollicités : on n’a plus alors affaire à uneintervention réactive- ne sont pas perçus comme d’authentiques compliments, ce quiprouve « a contrario » qu’un vrai compliment doit produire un effet de spontanéité

2.2.5 Compliments citationnels

Selon C Kerbrat-Orecchioni (1994:212), c’est le phénomène ó le locuteurrapporte à A des propos louangeurs tenus sur A par un énonciateur individuel oucollectif, identifié ou anonyme

Ex : Il paraỵt que c’est très intéressant ton séminaire

2.3 Thème du compliment

Les recherches interculturelles des linguistes font preuve que les thèmes descompliments varient selon la culture de chaque pays Selon Barnlund et Araki(1985), au Japon, les compliments les plus fréquents concernent les actes (31%), letravail et les études (19%) et l’apparence (19%), alors qu’aux États-Unis, ils sontmassivement focalisés sur l’apparence (34%) et les traits personnels (33%)

Selon Trần Phùng Kim (2004), au Vietnam ó la qualité de vie s’améliore deplus en plus, on se réjouit du confort de la vie matérielle et de l’euphorie dans la viemorale, des compliments sur la façon de s’habiller, le gỏt du choix des ornementdeviennent de plus en plus courants entre les femmes À propos du niveaud’instruction, les éloges portant sur la réussite professionnelle, la promotion, lacompétence sont fréquents

2.4 Cadre spatio-temporel d’un compliment

2.4.1 Lieu

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Le lieu ó se produit le compliment est très varié : dans les famille ( au seuil

de la porte, à la table…), dans les établissements ( entre les collègues au bureau,entre les camarades à l’école…), dans les lieux publics comme : le cinéma, lesboutiques, les magasins, les marchés, les supermarchés, le restaurant, le théâtre…

2.4.2 Moment

2.4.2.1 Ouverture

On obserse souvent les compliments à l’ouverture des conversations Cephénomène s’explique par plusieurs raisons D’une part, le compliment fait plaisir àl’interlocuteur, alors si le complimenteur a une telle intention envers lecomplimenté Je pense par exemple au cas des commerçants qui veulent faireattention aux clients, veulent leur faire plaisir ou bien au cas ó le complimenteurvoudrait demander de l’aide du complimenté D’autre part, cette fréquence peuts’expliquer soit par une découverte sur un changement quelconque chez sonpartenaire, soit par le besoin de renforcer la solidarité selon Trần Phùng Kim

2.4.2.2 Au cours de l’interaction

Les compliments peut se produire au cours de la conversation par exemple laconversation à table, le cadre d’une émission de variétés, une rencontre avec unepersonnalité connue pour le public

Par exemple : - Tu ne m’as rien dit sur ma nouvelle robe

- Elle est très jolie

- Trop tard ( corpus Trần Phùng Kim)

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Ex : J’ai eu une excellente soirée

2.5 Nature de la relation interpersonnelle dans le compliment

En cas de la relation horizontale, nous reprenons les conclusions deKerbratOrecchioni (1994 : 215) : «Les compliments manifestent une évidenteprédilection pour la relation familière, en relation distante ils seront comme il sedoit plus formels »

Quant à la relation verticale, selon Kerbrat-Orecchioni (1994), la relation de typeégalitaire favorise la production et l’échange de compliments, surtout en France Cephénomène peut s’expliquer par l’élément religieux selon lequel les êtres humains sonttous considérés comme enfant de Dieu et ils sont donc égaux face à Dieu

Ex : L1 : Je crois qu’on se connait

L2 : Alain !L1 : Victor !L2 : C’est extraordinaireL1 : Finalement, tu n’as pas changé !L2 : J’ai un peu vieilli (corpus de Kerbrat-Orecchioni (1994 :77))

En cas de la relation inégalitaire, on constate que les compliments circulentplutôt de « haut en bas », signifie la personne en position supérieure complimentecelle en position inférieure Nous pensons par exemple aux compliments pour butd’encouragement :

Ex : Tu es la meilleure en nage libre, Amy On compte sur toi (Premier Amour,Callie West)

Au contraire, les compliments circulant de « bas en haut » semblent rares

Ex : J’ai très envie de lui renvoyer son sourire, accompagné d’un compliment sur

sa personne Je n’ose pas : elle est le chef (Robbe-Grillet, Djinn, 1985 :14)

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En fait, les compliments de type « de bas en haut » sont très rares dans lessociétés occidentales, notamment la société française Cependant, ils sont fréquentsdans plusieurs sociétés orientales, telle que l’Inde, par exemple au cas ó lapersonne en position inférieure voudrait témoigner sa loyauté à l’égard de sonsupérieur en lui adressant des compliments sur ses mérites Tel est le cas de lasociété vietnamienne, surtout à l’époque ó le Confucianisme domine la viespirituelle des habitants Le confucianisme souligne le rơle suprême du Roi Deplus, cette morale dicte 5 relations cardinales dans la société : roi et sujet, père etfils, frère aỵné et frère cadet, mari et femme, ami et ami (plus jeune) Actuellement,malgré de grands changements de la société, le caractère hiérarchique détermineencore le mode de vie des Vietnamiens Cela s’exprime dans les proverbes :

« trên kính dưới nhường »( respecter les supérieurs, céder les inférieurs)

« cĩ trên cĩ dưới » ( respecter l’ordre : supérieur-inférieur)

Cette idée contribue à expliquer la production de type de « bas en haut » au Vietnam

2.6 Structure de l’échange complimenteur en France

Forme 1 : Tu + être + anxiologique positif ( +spécification)

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Toujours selon Traverso, cette forme semble être utilisée pour le compliment

le plus fort impliquant totalement le destinataire (l’intervention est focalisée sur lapersonne) :

T’es super avec tes cheveux courts !

Ce compliment, qui est plus spécifique, n’implique pas totalement la personne

du destinataire mais seulement un élément de son apparence (focalisation faite sur

un objet) : Ce pull (ton pull) te va vraiment bien ; le rouge te va très bien

Tu as un joli pullC’est aussi le cas dans les formules suivantes qu’ on peut associer à la même forme:

Ton blouson est super

• Ce X (c’) + être + axiologique

C’est joli !

Forme 4 : J’aime bien (ton X)

Ngày đăng: 08/11/2020, 14:53

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