Alors la considération des représentations françaises dans Phong Hĩa, suivant la pisted’imagologie dans les études littéraires, nous permettra de concrétiser les choix des intellectuels
Trang 1REPRÉSENTATIONS FRANÇAISES DANS LA PRESSE COLONIALE
CAS DE TỰ LỰC VĂN ĐỒN
Phùng Ngọc KiênInstitut de Littérature
La société vietnamienne du début du XX siècle connait la juxtaposition de différentesmanières de vie en concurrence l’une avec l’autre, qui s’inscrivent pratiquement dans la pressecontemporaine La revue Phong Hĩa de Tự lực văn đồn (Corps des littéraires autonomes), avec
le mot d’ordre Âu hĩa (rendre européenne à la société vietnamienne), s’assume le rơle de
civiliser la bourgeoisie vietnamienne Il s’agit de la stratégie de la prise de la position dans lechamp intellectuel d’une nouvelle revue des nouveaux arrivés formés à la française Cetteposition, plutơt bourgeoise et rapidement devenue dominante, habite la représentation française ecomme une des normes à la fois sociale et littéraire, qui participent de la société moderne du ViệtNam Alors la considération des représentations françaises dans Phong Hĩa, suivant la pisted’imagologie dans les études littéraires, nous permettra de concrétiser les choix des intellectuels
à la conquête d’une autonomie partielle du champ littéraire dans le Việt Nam colonial De là onvient à la situation historique paradoxale, dans laquelle la représentation sociale apparait àtravers la commerciale, qui est à la fois le moteur et le fruit de la représentation littéraire
Représentation commerciale
Nous focaliserons tout d’abord sur la publicité dans Phong Hĩa, une presse de la périodecoloniale, pour explorer les représentations françaises dans le domaine commerciale Dans lesvingt premiers numéros de Phong Hĩa, les publicités françaises ne sont pas encore présentesdans Phong Hĩa C’est depuis le numéro 19 (27.10.1932) que la publicité de La Velouty de Dixorreprésente dans le centre de la page la plus importante, la page 4, ó on peut lire les évènementshebdomadaires Cette image de la publicité française en relève beaucoup Il s’agit de la beautéélégante qui symbolise le parfum parisien important des années 1930 Son image est BarbaraKent (1907-2011), une actrice importante de Hollywood Elle à bien joué dans les films
hollywoodiens et surtout connue par le film La Chair et le Diable (Flesh and the Devil, 1926),
Trang 2No Man’s Law (1927) devenant populaire Élue comme WAMPAS Baby Stars en 1927, elle
devient alors une star cinématographique à l’époque Sa figure participe de la symbolisation de lanouvelle vie bourgeoise au Việt Nam à tel point que la présence du parfum parisien constitue unenouvelle norme de la société bourgeoise Il s’agit de la griffe de la société bourgeoise desnouveaux arrivés des années 301 En plus, cette représentation commerciale française contribue àconstituer un moteur important qui pousse le champ littéraire à l’autonomisation, néanmoinsjamais atteinte pendant la période coloniale En fait, cette publicité française permet au nouvelhebdomadaire de développer au profit de son autonomie dans la perspective de la concurrence de
la presse à l’époque A noter que Phong Hĩa est un hebdomadaire privé et ne reçoit aucuned’autre source financière que le tirage et la publicité Or ces deux sources s’attachent l’une avecl’autre C’est le tirage qui assure l’efficacité de la publicité, et par contre on peut comprendre lelectorat de la presse à travers la publicité
Une comparaison avec les publicités française en France nous montre quelques différencesintéressantes Tout d’abord la publicité en France est plutơt une peinture, alors que celle au ViệtNam dans le Phong Hĩa est une photo On devrait remarquer cette illustration de publicité sous
forme de photo parce que le cỏt de photodans la presse est certainement plus cher quecelui de peinture Surtout, c’est alors le début
de Phong Hĩa, qui n’est pas non plus fortdans le domaine de la presse avec les photosillustrées, comme Nam Phong par exemple
En fait, la revue Nam Phong doit beaucoup
de photos dans la presse à la sourcefinancière des autorités Même Phụ nữ tânvăn, un hebdomadaire du Sud et plus fort quePhong Hĩa au niveau financier etd’impression, ne le fait pas non plus
Les analyses textuelles montrent que les publicités concernant les produits français sereprésentent de plus en plus dans les places importantes de la revue par rapport aux produits
1 Van Nguyen-Marshall, Lisa B Welch Drumond, Daniele Belanger dans son The Reinvention of Distinction, Modernity and the Middle Class in Urban Vietnam (Springer 2012).
Trang 3vietnamiens Les produits français comptent les
plus importants parmi les publicités étrangères
Il n’y a qu’un produit anglais qu’est la cigarette
Les produits chinois ne se présentent pas Les
figures françaises deviennent alors une sorte de
modèle comme référence au niveau de la vie, de
la valeur, non seulement commerciale mais aussi
de gỏt envers le lectorat vietnamien Ainsi, ces
la genèse qu’à la structuration d’autonomie du
champ littéraire En fait, ces publicités montrent
tout d’abord l’arrivée d’une nouvelle
bourgeoisie de la société vietnamienne des
années 1930 C’est cette bourgeoisie qui peut acheter et faire acheter les produits proposés parPhong Hĩa C’est avec la publicité à grandes valeurs commerciales comme français que PhongHĩa acquiert la haute position dans le champ de presse de l’époque
A cơté de la publicité du parfum, il y en
a d’autres remarquables, telle une concernant
la voiture de marque Renault Cette publicité
date du n32 (3.2.1933), c’est à dire juste après
deux romans feuilletons qui seront publiés
sous la forme des livraisons, Hồn bướm mơ
tiên et Nửa chừng xuấn d’ó l’on peut révéler
beaucoup des représentations français au
niveau social et littéraire Ainsi on peut dire que les représentations françaises s’entrelacent,l’une avec l’autre
Bien qu’on ne connaisse pas exactement la demande dans la structure économique enversles représentations françaises commerciales, on peut supposer que les consommateurs de cesproduits français tiennent une grande distance par rapport aux autres vietnamiens C’est plutơtune distance entre des vietnamiens, qui peuvent acquérir ces produits, et le reste de la société La
Trang 4représentation française commerciale est loin de la société vietnamienne, bien qu’elle fasse partie
des normes de la vie moderne, Âu hóa, rendue occidentale, comme le mot d’ordre des gens de
lettre de Tự Lực văn đoàn Cette représentation commerciale va présupposer, à notre avis, autantdes représentations sociales que celles littéraires
Représentation sociale
Dans la première page de ce numéro (18), il y a une illustration intitulée “Chị em luyệnvợt” (Les femmes font l’exercice de tennis) Cette pratique sportive provient surement de laFrance Mais surtout nous voulons faire remarquer la conduite de la femme représentée dansl’illustration: l’homme se situe en bas de la femme Cette structure des figures n’existe jamaisencore dans la représentation traditionnelle Ainsi ce qui importe dans cette illustration n’est pasvraiment la figure, mais la manière de représenter à la française Il s’agit de la manière de voir,
de regarder et de représenter
Trang 5Dans une autreillustration, le peintre areprésenté une femme
avec les coutumes tân thời (nouvelle ère).
Cette coutume estinfluencée par la pensée
particulier française.Une comparaison nousmontre les représentations différentes des coutumes: l’une dans Nam Phong, l’autre dans PhongHĩa Nam Phong est une revue dirigée par Phạm Quỳnh, qui était un lettré Cette revue a 15 ansplus âgés que Phong Hĩa C’est plutơt que la naissance de Phong Hĩa a signalé la désuétude deNam Phong au niveau des gỏts En fait, le gỏt de Nam Phong est plus traditionnel, mêmeconservatrice Alors que le gỏt de Phong Hĩa tend à être plus moderne On peut observer que lafemme de Phong Hĩa porte les cheveux différents des femmes traditionnelles représentées parles illustrations de Nam Phong Il s’agit des coiffures avec la ligne de cheveux à cơté, droite ougauche, au lieu au centre selon la tradition La robe vietnamienne de Phong Hĩa est parsemée parles motifs de fleurs, alors que la robe de Nam Phong est blanche Dans les illustrations de PhongHĩa, l’homme portent toujours les vêtements occidentaux, alors que les femmes les robesrenouvelées Ces habillements montrent clairement le changement des coutumes de la nouvellebourgeoisie dans les villes Alors que Nam Phong montre toujours l’homme dans la coutumetraditionnelle avec une robe masculine Ainsi, la nouvelle coutume, près des habillementsfrançais, s’attache à la jeune génération, alors que l’habillement représenté chez Nam Phongévoque le vieillissement Alors la représentation française dans la vie sociale tend à être des
jeunes On peut dire que pourque Phong Hĩa se grandisse, ilfaut que Nam Phong diminue
Trang 6Dans les premières trente numéros Phong Hóa, on peut trouver l’illustration du récit quirelate en prose le poème d’Arvers parue dans le no 18 (20.10.1932) Cette illustration représentecinq invités autour d’une table, deux femmes aux robes traditionnelles renouvelées et troishommes aux vestes à l’occidentale Les femmes, comme nous avons remarqué là haut, portentles coiffures à la moderne avec une ligne de cheveux à côté, signes de la manière renouvelée de
la vie moderne Ils se réunissent pour la fête de Noel, avec le festin à l’occidentale: une bouteille
de champagne, les verres, les cigarettes Les meubles sont aussi décorés à la française On peutdire que la vie à la française devient une norme pour les bourgeoises d’alors Dans ce récit, KháiHưng relate non seulement la vie des jeunes citadins, des jeunes bourgeois, mais aussi leurmanière de penser et de vivre à travers la confession de l’amour romantique d’un jeuneamoureux devant ses amis, acte qui ne se trouve pas dans les récits traditionnels La vie à lafrançaise devient une pratique quotidienne chez la jeune génération
La représentation française dans la société est évoquée encore partout dans le récit, dont cetincipit en est l’exemple:
Trang 7Dans le chemin Bac Ninh Đơng Triều, un car roulait à toute l’allure Soudainement, un
passager aux vêtements occidentaux regarda de manière désorientée le paysage et cria 2 :
L’on peut supposer un lien entre les vêtements occidentaux et son attitude “de manière
désorientée” du passager L’image descriptive nous montrant une particulière du personnage à
identifier présuppose que les vêtements occidentaux sont vraiment étrangers non seulement de la
campagne mais aussi des paysans d’alors Cette figure évoque d’autant plus une impression
étrangère que son attitude Cette scène évoque clairement, à notre avis, une distance entre les
gens aux vêtements occidentaux, qui appartiennent à la vie urbaine, et le reste C’est à direcomme la représentation française et son milieu, la campagne vietnamienne Et dans une autre de
Nửa chừng xuân [Printemps à demi], ce sont les gens d’alors, à propos les enfants à la campagne,
qui donnent l’évaluation:
Arrivé à une lacune de la barricade allongeant le chemin, Lộc donne à Huy la boite des
aliments et soudainement se rue dans le jardin Les gamins le voient et montrent du doigt: Eh,
voici un Occidental 3
Les gens qui sont considères comme tây, occidental, c’est à dire français, portent non
seulement les vêtements occidentaux, mais aussi ses manières C’est l’acte de bondir de Lộc,
personnage cite, qui le fait appeler tây par les enfants La situation ó les enfants voient apparaitre un jeune homme dans la campagne et le prennent pour un tây, occidental, montre les
représentations français au niveau de la société Pour eux, les vêtements occidentaux que notrepersonnage porte sont un indice de la différence raciale Cette différence s’attache à la distanceentre les gens d’une société mais surtout aux différentes cultures Nous voulons remarquer que lamanière de vie, de conduite marque la griffe française plus que les vêtements Dans une autrereprésentation sur les français dans la société vietnamienne d’alors parue dans Phong Hĩa, onpeut lire une nouvelle racontée à la première personne de Thạch Lam Nous voulons remarquer
la forme de narration, qui se manifeste comme une petite confession d’un moi de jeune
intellectuel:
Tout d’un coup, je suis surpris de voir une dame française assise loin de chez moi quelques
rang, elle tourne dire quelques choses à une petite fille Ma première impression est vraiment étonnée Une Française, même une dame, s’assoit à la deuxième catégorie, mêlée à tout le monde! Je me demande alors pourquoi cette dame ne prend pas le ticket de baignoire, ou au
2 Trên con đường Bắc Ninh Ðơng Triều chiếc ơ xe ơ tơ hàng bon bon chạy Bỗng một người hành khách vận âu
phục thị đầu ra cửa ngơ ngác nhìn rồi kêu.
3 “[T]ới một chỗ hổng, Lộc đưa gĩi thức ăn cho Huy giữ hộ rồi nhảy ngoắt một cái lên vườn Mấy thằng bé trơng
thấy, trỏ tay vào bảo nhau: Tây kia chúng mày ơi”.
Trang 8moins de la première catégorie, parmi des autres Français riches dont l’apprence me semble être imposante et satisfaisante? Depuis longtemps, nous avons l’habitude de les trouver dans les places supérieurs, à tel point que je ne parviens pas à me figurer une place inferieure.
[…] Je me trouve, comme moi, que les autres autour d’elle la voient de manière curieuse Mais ils la voient de manière campagnarde et trop attentive; dans leurs yeux se dégagent la différence et même l’antipathie.
[…] J’entends trop peu des politesses de la part des dames françaises Je pense
soudainement à la politesse des vrais Français, des Français authentiques, qui ne sont pas encore maux causes par le contexte d’ici 4
L’image de la dame française est décrite avec une sympathie du narrateur Il n’hésite pas àmontrer son mécontent envers d’autres français, qui sont pris pour la plupart comme descolonisateurs typiques Tout d’abord, le moi-narrateur montre la surprise de trouver une dame
française au lot secondaire dans le ciné Một người Pháp, mà lại là một người đàn bà, ngồi ở hạng nhì lẫn với mọi người! L’expression “tout le monde” d’une part intègre le moi-narrateur
dans la masse, dans la foule, composée par les vietnamiens Ainsi il prononce au titre desvietnamiens en face d’une situation particulière: l’apparition d’une dame française au sein desvietnamiens La curiosité envers cette dame implique une réserve, même un doute desvietnamiens envers cette dame français Mais surtout, ce n’est pas la peur, mais plutôt la distanceinfranchissable entre deux espaces La française, à travers la description du moi-narrateur,
semble ressentir cette distance devient retenue, qui est interprétée par le moi narrateur que Đột nhiên tôi tin chắc người đàn bà đó, và đứa con, mới ở Pháp sang bên này Il est clair que la
nouvelle venue au Vietnam expliquerait, selon lui, la distance qu’elle se montre envers d’autresfrançais au Viet Nam d’alors Ainsi, la représentation française dans la vie quotidienne del’époque dans Phong Hóa montre la distance envers les français coloniaux, qui ne sont jamaisentrés dans la société vietnamienne
Néanmoins, dans la description narrative dessus, la sympathie du narrateur envers lafrançaise, supposée la nouvelle venue de la France, montre qu’il ne ressentit pas la distance
4 Lập tức, tôi sửng sốt chú ý đến một người đầm ngồi cách tôi mấy ghế, đang quay sang phía bên nói chuyện với một cô gái nhỏ Cái cảm tưởng tôi có trước nhất là sự ngạc nhiên Một người Pháp, mà lại là một người đàn bà, ngồi ở hạng nhì lẫn với mọi người! Tôi tự hỏi tại sao người đầm ấy lại không lấy vé lô, hay ít ra vé hạng nhất, để ngồi chung với những người Pháp sang trọng mà tôi thấy bệ vệ và mãn nguyện trên các dãy ghế kia? Từ xưa đến nay, chúng ta quen nhìn thấy người Pháp ngồi ở hạng trên, đến nỗi tôi không thể tưởng tượng được rằng họ có thể ngồi ở các hạng dưới Cũng không một lúc nào tôi có cái ý nghĩ rằng người đầm kia không có đủ tiền để trả cái vé hạng nhất […]Tôi nhận thấy, cũng như tôi, những người khác ngồi chung quanh tò mò nhìn vào người đầm Nhưng
họ nhìn một cách sống sượng và chăm chú quá; trong những con mắt đó, đôi khi lại thoáng qua một tia lãnh đạm và
ác cảm nữa […] Tôi ít khi được nghe một người đầm nói với mình lễ phép như thế Tôi chợt nghĩ đến cái lễ độ nhã nhặn của người Pháp, của những người Pháp thật, những người chưa bị cái hoàn cảnh bên này làm xấu đi.
Trang 9envers les français qui ne viennent pas encore au Viet Nam: Tôi ít khi được nghe một người đầm nói với mình lễ phép như thế Tôi chợt nghĩ đến cái lễ độ nhã nhặn của người Pháp, của những người Pháp thật, những người chưa bị cái hoàn cảnh bên này làm xấu đi Cette paradoxe
exprime que le narrateur, et représente des vietnamiens, ne se sent pas distant des valeursfrançaises dites authentiques
C’est sur cette représentation française que se convergent les attitudes des écrivains,malgré leurs positions polarisées dans le champ littéraire en développement Ngô Tất Tố, unécrivain d’un autre groupe qui fait la concurrence avec Tự lực văn đoàn dans le champ littéraireaussi au niveau des objets commerciales qu’au niveau des objets symboliques, a bien sublimé laparole d’un notable campagnard, qui deviendra une référence souvent citée de l’attitude
fétichisme français des nouveaux gens dans la société vietnamienne d’alors: Đồng hồ Tây có bao giờ sai! (Que la montre occidentale ne soit jamais inexacte!) Pour ce notable villageois, cette époque est l’époque occidentale, et donc tous les objets français (tây) deviennent une norme
indiscutable:
Va-t’en, au marché tout de suite! Non plus des discussions! C’est perdu le temps! Dans
cette ère occidentale, le temps c’est de l’or […] Vous êtes nhaque, campagnarde! Que la montre occidentale ne soit jamais inexacte? 5
Chapitre 6, Tắt đèn [L’extinction du feu]
La représentation de Thạch Lam semble s’approche d’une autre de Ngô Tất Tố, quis’occupe surtout de la vie des paysans Cette représentation française au niveau de la sociététourne au conflit axiologique non seulement entre l’étranger et le nhaque, mais aussi l’étranger et
le national Pour Ngô Tất Tố, un écrivain hors de Phong Hoa, la différence occidentale dans lareprésentation sociale implique la distance infranchissable entre les couches sociales Ainsi, si lareprésentation française au niveau de la société d’une part devient la norme pour les nouveauxriches, surtout la bourgeoisie, elle souligne d’autre part la distance entre les classes, labourgeoisie et d’autres, la mineure et la majeure A tel point qu’on peut se demander si cettereprésentation française au niveau de la société devient le symbole de l’antinomie entre lesvaleurs française et nationale On en vient à la considération de la représentation littéraire
5 Đem ngay đi chợ mà bán! Không nói lôi thôi! Mất thì giờ! Thời Tây bây giờ, thì giờ là vàng bạc, không ai
công đâu mặc cả với mày
Ông Nghị rung đùi, vuốt chồm râu tây cong vắt trên mép ngậm tăm :
- Bà quê lắm! Đồng hồ của Tây làm ra có bao giờ sai? Bây giờ mười một giờ là đúng Nhà ta ăn cơm khi
sớm.
Trang 10Représentation littéraire
Khái Hưng dans le numéro 18 a bien transcrit le poème d’Arvers en prose en écrivant une
nouvelle très brève, intitulée de manière romantique, Tình tuyệt vọng [Amour désespéré] La
transcription poétique de Khái Hưng, composée de la prose et de la poésie, a postulé lareprésentation sociale comme représentation littéraire:
Lòng ta chôn một khối tình Tình trong giây phút mà thành thiên thu Tình tuyệt vọng, nỗi thảm sầu
Mà người gieo thảm như hầu không hay.
Hỡi ơi !người đó ta đây!
Sao ta thui thủi đêm ngày chiếc thân ? Dẫu ta đi trọn đường trần Truyện riêng dễ dám một lần hé môi Người dù ngọc nói, hoa cười Nhìn ta như thể nhìn người không quen Đường đời lặng lẽ bước tiên Nào ngờ chân đạp lên trên khối tình Một niềm tiết liệt đoan trinh Xem thơ nào biết có mình ở trong Lạnh lùng lòng mới hỏi lòng,
“Người đâu tả ở mấy dòng thơ đây?”
Khái Hưng a bien vietnamisé le poème d’Arvers deux fois La premiere fois est qu’il atransféré le poème d’Arvers en nouvelle Le récit raconte la confession d’un ecrivain Văn Châu(Jade litteraire), qui avait ete tombe dans l’amour d’une fille il y a cinq ans lors d’un mariage deson copain, dans lequel il avait ete le garcon d’honneur “Il ne comprend pas pourquoi, mais à la
premiere vue de la fiance de son ami, il a ete tombe dans son amour, un amour gratuit, mais
potentiel et indefinissable, comme si les deux ont eu les affinites amoureuses depuis longtemps,les promises amoureuses depuis une vie indefinissable et ils se rencontrent aujourd’hui”6 Lajeune fille rêvée est neanmoins la fiance de son ami Alors il a passe sous silence son amour
6 “Chàng không hiểu vì cớ gì, nhưng mới thoạt trông thấy cô dâu là chàng đã đem lòng yêu ngay, cái yêu vô nghĩa
lý, nhưng nó mạnh mẽ vô chừng, tưởng như hai người vốn sẵn duyên kiếp từ đời nào, đã hẹn hò cùng nhau ở kiếp nào mà đến bây giờ mới gặp gỡ”.
Trang 11desespere tout en frequentant chez son ami, qui avec sa femme recoivent avec bienveillance VănChâu Cette soiree de Noel, avec sa femme, le copain se presente aussi dans le salon et ilstemoignent ensemble de la confession de Văn Châu, à laquelle le copain a bien soulage que
“donc vas-y, tu continue à aimer comme si ton amour est bienvenu L’amour n’est pas coupable,
et meme si le mari de la femme aimee le connait, sans doute il te comprendrait et il n’en doute pas, le tien”7 Ce sur lequel nous voulons attrirer l’attention est tout d’abord l’acte de confessiond’amour aux autres Ce sentiment est vraiment intime et la litterature traditionnelle ne voitqu’une confession de l’amour, non confession d’amour, de Kiều à sa petite soeur Cet amour est
gratuit (cái yêu vô nghĩa lý), nous voulons attirer sur ce terme gidien employe par les
intellectuels vietnamiens d’alors En plus, l’affirmation du mari, qui est en meme temps soncopain et le mari de la femme en question, montre un changement de la mentalite chez la jeune
generation: L’amour n’est pas coupable Il s’agit de la declaration de la legitimation des
sentiments intimes, qui ne sont reconnus pas, et donc ne sont pas acceptes pas par les lettres Cesdeux actes, confession d’amour et affirmantion d’amour, ne peuvent pas voir le jour avant lanouvelle generation eduquee à la francaise Cette education a bien encourage l’individualismechez les jeunes, qui sont loins des coutumes anciennes
La deuxieme fois s’attache à la forme poetique de lục bát, une forme poupulaire et preferee
au Việt Nam Ainsi on peut observer les hésitations de l’évolution littéraire vietnamienne,incarnee par Khái Hưng en l’occurence, en face d’un Autre Ce poeme d’Arvers est un sonnet qui
n’est pas vraiment populaire comme la forme de lục bát choisie par Khái Hưng Il est facile de
proposer d’autres formes poetique plutot correspondantes dans la tradition poetique du Việt Nam
à sonnet Clairement ce choix de Khái Hưng implique des decisions importantes À ce moment
là, le mouvement de la Nouvelle Poésie était encore à l’état d’embryon avec les discussions.L’article de Phan Khôi, repris bientôt dans Phong Hóa, joue le rôle de manifeste du mouvement,
dans lequel son poeme Tình già (Amour vieilli) devient le coup de grâce à l’egard de la poésie
ancienne Khái Hưng, qui est à la fois le traducteur et redacteur, n’est pas loin de ce mouvement
en developpement Or Khái Hưng continue à choisir une forme poetique traditionnelle, plutotppoupulaire On ne comprend que ce choix en supposant son hesitation en face de la pression de
7 “Vậy thì anh cứ yêu, cứ yêu như anh đương yêu Yêu như thế không có tội gì hết, mà người chồng dẫu có biết cũng chỉ thương anh chớ không ngờ vực anh đâu” Nous soulignons.
Trang 12changer Il s’agit de l’anomie, pour reprendre un terme de Bourdieu, du champ littéraire d’alors.Cette anomie represente les distances differentes.
D’une part il s’agit de la distance entre la forme poétique en vietnamien et le thèmepoétique du romantisme de l’amour Cette distance coincide avec les distances entre l’ancien et
le nouveau, le paysan et la bourgeoisie, entre representation sociale et litteraire D’autre part, on
doit compter la venue de la nouvelle mentalité, francaise – tây học, inscrite aussi dans le sujet du
récit que dans la réception du lecteur Le récit au sujet sur l’amour est non seulement provocateurenvers les moeurs et la tradition, mais aussi révélateur à travers l’accueil des représentationsfrançaises chez le lectorat, qui s’habitue à la representation francaise dans le commerce commeune norme de vie, analysée en haut Le lectorat bourgeois qui aime bien cette norme bourgeoiseaccepte facilement cette intrigue à la confession d’amour Cette facilité de la réceptioncorrespond bien à l’arrivée des jeunes vietnamiens, dont la trace s’inscrit profondément dansl’éducation française Cette éducation leur en donne beaucoup La vision du monde en estexemple En fait, la représentation occidentale, en l’occurence française, enracine dans lamanière de voir comme dans cette description comme tableau de paysage suivant:
Mà phong cảnh đẹp thực Bấy giờ ba người đi vào một con đường hẻm Về phía hữu, sườn đồi choai chỏai xuống một cái thung lũng hẹp có cái lạch nhỏ chia đôi hai thửa ruộng chạy dài Về phía tả đi ngược lên ngọn đồi, các vườn giải thành bậc rộng, đất vàng Trong vườn mọc um tùm và không thành luống, thành hàng, biết bao là thứ cây: nào mít, nào đào, nào bưởi, nào cam Thỉnh thoảng trong đám lá xanh lại nhô ra vài cái mái nhà lợp bằng lá gồi màu nâu thẩm Bức tường đất ngăn những nương vườn cao ấy với đường đi thì hình như có chỉ để làm vì, hoặc để trang điểm cái cảnh thôn giã ấy cho tôn thêm vẻ đẹp mà thôi Vì không những tường đã thấp, mà nhiều chỗ lại bỏ hổng như
để mời khách qua đường bước lên chơi (Phong Hóa, số 45, 5 Mai 1933)8
Cette description est d’un roman feuilleton, Nửa chừng xuân Elle commence par une vue générale qualifiant de beau le paysage, et ensuite passe à droite avec la cote de la butte descendant vers la vallée (sườn đồi chia đôi thoải xuống thung lũng), et à gauche montant vers le
pic de la butte (đi ngược lên sườn đồi) Ainsi on peut se représenter un paysage devant lespersonnages-témoins, qui sont aussi lecteurs, avec une allée qui se plonge dans le tableau Cettedescription du paysage est d’autant plus remarquable que ce tableau peint par un narrateur-peintre vietnamien est recours aux outils de la perspective Les buttes décrites constituent la
8 Các dẫn chứng về Phong được chúng tôi dựa theo bản số hóa tại địa chỉ viet.com/ThuVienNguoiViet/PhongHoa.php Xin được cảm ơn các tư liệu miễn phí này.