Il est en effet possible que la cornée soit altérée et opaque dans le cadre d'une association avec un glaucome... Une cataracte ou des opacités cristalliniennes peuvent s'ajouter au tabl
Trang 1consulter un ophtalmologiste en urgence
Toujours posséder une paire de lunettes correctrices adaptée en complément des lentilles
Traitement
Le traitement doit être maximal d’emblée, long, expliqué, surveillé, et associer au moins deux principes actifs de nature différente.
Exemple de traitement de kératite stromale amibienne:
Débridement, dilatation, occlusion, antalgiques et antidépresseurs.
Exemple de fréquence:
Evolution favorable au bout de 10 mois de traitement d'une kératite stromale amibienne
Bibliographie
1) Amblard C., Bourdier G Evolution saisonnière de la structure des communautés microbiennes
dans un réservoir d’eau potable Wat Res, 1996; 30: 613-624.
agents cathioniques diamidines aromatiques autreschlorexidine brolène amino-glycosides PHMB hexamidine imidazolés (kétoconazole PVO)
Jour Horaire toutes les 2 heures 8 fois par jour 3 fois par jour Arrêt progressif
Nuit Horaire toutes les 4 heures
Trang 22) Driebe WT Jr.Present status of contact lens-induced corneal infections Ophthalmol Clin North
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3) Booton G.C., Kelly D.J., Chu Y.W Seal D.V., Houange E., Lam D.S;C, Byers T.J., Fuerst P.A.-18S ribosomal DNA typing and tracking of Acanthamoeba species isolates from corneal scrape
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On définit l'aniridie comme une absence quasi totale et bilatérale d'iris Cette
anomalie est rapidement visible chez le petit enfant, ce qui entraîne une consultation
précoce chez l'ophtalmologiste Cette pathologie rare (1/40.000) se complique très
souvent de glaucome, ce qui va nécessiter une surveillance très régulière de ces enfants.Clinique
L'absence d'iris fait parfois penser que les pupilles sont très dilatées (mydriase) Il existe toujours une mince collerette d'iris et un important reflet orangé du fond d'oeil
quand on l'éclaire, témoin de l'absence de myosis On voit la totalité du cristallin et même
la zonule de Zinn Ces enfants sont souvent photophobes et ils ne sont pas très faciles à
examiner à cause de cela
Des anomalies de la cornée peuvent exister, comme des opacités, une sclérocornée ou
des synéchies
Il s'y associe souvent une dystrophie limbique qui va obérer les résultats d'une
éventuelle greffe de cornée (kératoplastie transfixiante) Il est en effet possible que la
cornée soit altérée et opaque dans le cadre d'une association avec un glaucome.
Trang 4Une dysgénésie de l'angle irido -cornéen est fréquente (50 à 75% des cas) avec
glaucome Ces hypertonies intra-oculaires sont difficilement jugulées par des collyres, et
il faut souvent intervenir chirurgicalement, en sachant que ces opérations sont parfois
délicates à réaliser.
L'atteinte maculaire est quasi constante, avec un absence de macula ou une
hypoplasie maculaire Ceci entraîne un nystagmus et une basse vision (amblyopie).
Une cataracte ou des opacités cristalliniennes peuvent s'ajouter au tableau clinique.Bilan familial
Il faut s'attacher à rechercher le type de transmission de cette anomalie, dans la famille
de l'enfant
Il existe des familles dont plusieurs membres présentent une aniridie Il s'agit alors d'une transmission génétique autosomique dominante par haplo -insuffisance du gène PAX6
qui est muté Ce gène est capital dans l'embryologie de l'oeil.
Le problème survient quand l'enfant est le premier cas de la famille à présenter cette
anomalie
L'enfant peut être le premier d'une lignée génétique avec une transmission autosomique dominante dans le cadre d'une anomalie génétique (mutation de PAX6):
L'enfant peut parfois présenter une anomalie chromosomique, une délétion en 11p13
Pr Patrick Calvas CHU Purpan Toulouse France
La SSCA (Single Strand Conformation Analysis) et la DGGE (Denaturing Gradient Gel Electrophoresis)
permettent de différencier des fragments d'ADN qui ont des aspects tridimensionnels dissemblables à cause d'une différence, même minime, de structure et donc de séquence.
On pourra ainsi visualiser, en électrophrorèse, des migrations différentes.
Trang 5Cette délétion del11p s'accompagne du syndrome WAGR des anglo -saxons (Wilms tumor, Aniridia, Genito -urinary malformation, mental Retardation), décrit par Miler en
1964.
C'est donc l'association
d'une tumeur de Wilms,
d'une aniridie,
d'une malformation génito-urinaire,
et d'un retard mental
Le syndrome WAGR est en rapport avec le gène WT1 qui est le gène suppresseur de
la tumeur de Wilms, et qui est situé à proximité de PAX6 La mutation de ce gène
entraînerait la production d'une protéine anormale WT1 qui annulerait l'action tumeursuppressive du gène WT1 de l'allèle Le gène WT1 suppresseur de tumeur a été
-transformé en un oncogène dominant négatif
Ce gène WT1 contient 10 exons et code pour un facteur de transcription de
développement des gonades et des reins
Le risque d'un syndrome WAGR est de 30% pour un jeune patient présentant une
aniridie non familiale
Ces cas de délétion sont associés à un gonadoblastome ou un néphroblastome (tumeur
de Wilms), qui sont des tumeurs graves mais curables On s'attachera donc à rechercher
ce type de tumeurs par une échographie abdominale tous les six mois, avec surveillance des organes génitaux externes du garçon On décrit des malformations génito-urinaires (ambiguité sexuelle à ectopie testiculaire associée ou non à des anomalies urinaires)
Il est donc capital de demander un caryotype en haute résolution à la recherche de cette
délétion parfois difficile à mettre en évidence, pour savoir dans quel groupe se situe
l'enfant
Analyse cytogénétique et caryotype:
Trang 6Caryotype avec délétion du chromosome 11 (del11)
Pr Patrick Calvas CHU Purpan Toulouse France
Hybridation in situ en fluorescence ou Fluorescence in situ hybridization (FISH) :
Pour évaluer le risque de tumeur de Wilms, on réalise une analyse cytogénétique par
hybridation in situ en fluorescence (FISH), grâce à l'usage d'un panel de cosmides
cernant le gène PAX6, le gène WT1 de prédisposition à la tumeur de Wilms, et des
marqueurs associés, au niveau chromosomique 11p13 Quelques patients ont des
délétions difficiles à mettre en évidence, seulement détectables au niveau 11p13 par
FISH.
Syndrome WAGR
Pr Patrick Calvas CHU Purpan Toulouse France
La FISH (Fluorescence in Situ Hybridization ) consiste à repérer une région
particulière du chromosome, grâce à une sonde oligonucléotidique complémentaire
qui va s'hybrider avec l'ADN Des antigènes sont couplés à certains des nucléotides et vont fixer des anticorps fluorescents Grâce à un microscope UV on met en évidence, sous une lumière ultra violette, des spots de couleur.
Trang 7Hybridation in situ en fluorescence FISH
Pr Patrick Calvas CHU Purpan Toulouse France
Exemple d'étude FISH:
"FISH studies in patients with aniridia reveals >35% with chromosome
abnormalities including five cryptic 3 PAX6 deletions J.A Crolla1, V van
Heyningen2 1) Wessex Reg Genetics Lab, Salisbury District Hosp, Wiltshire, England; 2) MRC Human Genetics Unit, Western General Hospital Edinburgh EH4 2XU
Seventy patients with aniridia (13 familial and 57 sporadic), referred for FISH and
cytogenetic investigations, were studied initially using cosmids mapping to distal 11p13, (cen B2.1(WT1), D11S324, FAT5 {PAX6 exons 1-4}, and FO2121, tel) Finding a case with a deletion not involving FAT5 but including the marker FO2121, ~100kb telomeric, prompted additional studies on all cases reported as normal by FISH A cosmid contig, mapping to a 180kb region 3` of PAX6, was used: (cen A1280 {PAX6 exons 5-13}, G0453, C1170, H1281, SRL11M20, SRL9A13, tel) Five of the 48 normal cases re-tested (7% of all cases) had small deletions ~50-430kb in size, all with a similar
proximal breakpoint in cosmid A1280, indicated by diminished signal on one
chromosome 11 One case with an ~180kb deletion was mosaic, with half the peripheral blood lymphocytes with the deletion and half with normal signals on both 11
homologues Overall, 27 cases (38.6%) were chromosomally abnormal Twelve (17%) had cytogenetically visible interstitial WAGR deletions involving 11p13, ten of which included WT1 Eleven (15.5%), including the five described above, had cryptic deletions only visible by FISH, two include WT1 The remaining four cases (5.5%) had
chromosomal rearrangements: an unbalanced t(11;13) with a deletion of the WAGR region, and three (4%) balanced rearrangements with what appear to be position effect breakpoints 3 of PAX6; (a) an inv(11)(p13q13) with a breakpoint in cosmid H1281 (>75kb downstream of PAX6) (b) a t(7;11) with the 11p13 breakpoint ~30kb
downstream of PAX6 and (c) a dir ins(12;11) with a breakpoint in cosmid C1170 (>40kb from PAX6) The rates and distribution of chromosome anomalies in familial (4/13, 30.8%) and sporadic cases (23/57, 40%) are similar Whether the reduced A1280 signal indicates that the PAX6 gene is disrupted, remains to be assessed If the 13 PAX6 exons
Trang 8are intact, these cases represent interstitial deletions resulting in position effects As the five small deletions were not identified using cosmid FAT5, A1280 should be
incorporated into diagnostic FISH procedures."
Une autre association a été décrite, c'est l'association d'une aniridie, d'une ataxie
cérébelleuse et d'une déficience mentale, c'est le syndrome de Gillespie Il n'y a pas de
mutation de PAX6 et la transmission est autosomique récessive.
Un bilan familial peut permettre de retrouver des marqueurs cliniques génétiques chez
les ascendants ou les collatéraux
Web et bibliographie
Association du syndrome WAGR (en anglais)
Groupe de discussion du syndrome WAGR (en anglais)
http://associationgeniris.free.fr
OMIM Aniridie
OMIM Syndrome de Gillespie
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Il s'agit là d'une pathologie rare, mais qu'on peut rencontrer de temps en temps, soit par
hasard à l'occasion d'un examen ophtalmologique, soit à cause de signes fonctionnels amenant la personne au cabinet médical
Il s'agit de la localisation de poux (oeufs=lentes ou adultes) au niveau des cils Il ne s'agit
pas du pou de la tête pediculus capitis, ni du pou du corps pediculus corporis, mais du pou du pubis pthirius pubis, situé donc nettement plus bas On l'appelle encore morpion.
Le traitement est efficace mais il est important de connaître l'existence de cette parasitose car il faudra entreprendre un nettoyage sérieux des literies, des vêtements et un traitement
du porteur
Signes fonctionnels et physiques
La personne se plaint généralement d'un prurit au niveau des paupières A l'examen on reconnaît facilement les lentes de 0,8 mm accrochées aux cils Parfois on peut voir des
adultes qui sont immobiles dans les cils Il est très difficile de les enlever à la pince car ils s'accrochent fermement aux cils grâce à des pinces L'adulte a une forme de crabe et se
nomme d'ailleurs "crab louse" en anglais.
Cliché Dr Jean -Michel Muratet Lentes accrochées aux cils
Trang 12La bestiole
Le pou du pubis est un insecte de l'ordre des anoploures et du genre phtirius Cet
ectoparasite se présente sous la forme d'un petit crabe trapu de 1,5 à 2 mm de couleur
beige Il envahit principalemenet les poils pubiens mais peut tout à fait se retrouver sur les autres zones de pilosité (région péri-anale, poils thoraciques, aisselles, cils et
sourcils)
Ptirius pubis dans les cils
La femelle pond tous les jours plusieurs dizaines d'oeufs à clapet (lentes), accrochés aux
cils par un produit gluant L'éclosion survient 6 à 8 jours après la ponte et le cycle complet dure environ 21 jours Les animaux adultes vivent un mois.
Phtirius pubis Cliché du à l'obligeance de l'ANOFEL
Contamination
Trang 13La contamination est due généralement à un rapport sexuel avec un partenaire infecté Il
est possible que la transmission puisse se faire par des vêtements ou une literie infectée
Il est donc important de faire une enquête pour savoir d'ó vient cette pathologie
C'est souvent considéré comme une maladie vénérienne Le traitement du partenaire est donc primordial
Traitement
Localement on peut enlever les lentes et les adultes à la pince, lors de l'examen au
biomicroscope Mais comme ils s'accrochent beaucoup aux cils, il est fréquent que le cil vienne avec le parasite Une solution plus radicale est de couper les cils après avoir
enduit les ciseaux de pommade pour ne pas essaimer les individus
La pharmacopée propose classiquement des pommades à l'oxyde de mercure : Oxyde
mercurique jaune 1% Chauvin dont l'indication est: "Utilisé dans le traitement des
blépharites parasitaires" (non remboursé) et la pommade Maurice, qui contient 2,5 % du même oxyde mercurique Son indication est : "Traitement local des blépharites
infectieuses, notamment parasitaires"
On peut aussi enduire largement les cils de pommades qui vont étouffer les insectes Il faut en mettre pendant trois semaines matin et soir N'importe quelle pommade
ophtalmique peut faire l'affaire
L'ophtalmologiste adresse ces patients à un collègue généraliste ou dermato qui fera une
recherche exhaustive sur l'ensemble du patient ou de la patiente, recherche qui se révèle
très généralement positive Il faudra alors utiliser des médicaments spécifiques aux
phtiriases, comme Spray-Pax® (une application) ou bien des traitements à base de
Lindane comme Aphtiria® ou Elénol® (non remboursés)
Il ne faudra pas oublier de laver les vêtements et les tissus à 60° et de les repasser
soigneusement
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Tout oeil douloureux doit être examiné par un ophtalmologiste qui pourra faire le
diagnostic des lésions et prescrire un traitement adapté Certains médicaments
(corticọdes) sont formellement contre-indiqués et peuvent aboutir à la perte de l'oeil : il est donc fondamental de ne jamais les utiliser (ni prescrire) sans diagnostic certain
L'herpès oculaire bilatéral est heureusement rare
Nous allons étudier différents aspects de cette pathologie qui est la cause infectieuse la plus fréquente d'altérations et de taies (cicatrices) cornéennes
Historique
Trang 15En 1920 Grüter réussit à transmettre un herpès oculaire humain à un oeil de lapin ; il
mettait en évidence l'aspect infectieux de la maladie, bien qu'il n'ait jamais pu voir le germe Il montra en 1928 que le zona et l'herpès oculaire étaient proches mais dus à des phénomènes différents (virus dans les ganglions postérieurs et virus dans la cornée) En
1936 il rattacha les kératites "disciformes" à l'herpès après différentes expérimentations chez l'animal Le travail de Grüter fut primordial pour comprendre l'infection herpétique
Il existe un Herpes simplex virus de type 2 (HSV 2), en principe localisé dans les régions
du corps situées sous la ceinture (herpès génital, vénérien) : il est beaucoup moins
fréquent que le type 1 au niveau de l'oeil Il peut provoquer, chez le nouveau-né, une infection oculaire consécutive au passage de la filière pelvi-génitale maternelle
Le virus Herpes simplex (HSV)
Ce virus a un ADN double brin entouré d'une capside icosahédrique composée de 162 capsomères D'un diamètre de 100 µm, le virus contient des protéines d'enveloppe
spécifiques et en particulier des glycoprotéines gC, qui caractérisent le type 1 ou le type 2
Herpès virus de type 2
Cliché dû à l'amabilité de
Linda Stannard
University of Cape Town
Medical School / South
Africa
Précisions sur l'utilisation de cette image de virus :
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-http://www.uct.ac.za/depts/mmi/stannard/emimages.html They may NOT be included in videos, TV programmes
or electronic programmes (such as CD -ROMs), nor may they be used on publications for public distribution.
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Linda Stannard
Trang 16La multiplication de ce virus nécessite son introduction dans la cellule hôte, et demande aussi la présence de deux enzymes d'origine virale, la thymidine kinase et l'ADN
polymérase, sur lesquelles on pourra agir pour traiter l'infection
Le Pr Hoang-Xuan précise :
"La synthèse d'ADN viral s'effectue en plusieurs étapes au niveau du noyau cellulaire Au cours de la phase très précoce, les gènes alpha sont transcrits en l'absence de synthèse des protéines virales, puis s'effectue la transcription des gènes bêta, dont l'expression n'est pas altérée par les antiviraux Enfin, plus tardivement, les gènes gamma sont transcrits à leur tour, mais leur expression n'est possible qu'après synthèse de l'ADN viral Les
nucléocapsides s'enveloppent ensuite à l'aide du feuillet interne de la membrane nucléaire puis, par l'intermédiaire du réticulum endoplasmique, quittent la cellule hôte."
Cet épisode qui peut passer inaperçu, se situe souvent dans l'enfance, et associe une
fièvre, une adénopathie (un ganglion) pré-auriculaire, une conjonctivite folliculaire et souvent une kératite épithéliale On peut observer une hypoesthésie qu'on ne rencontre jamais dans les kératoconjonctivites à adénovirus Les signes fonctionnels se résument donc à une rougeur oculaire périkératique, une baisse d'acuité visuelle et une douleur variables
La kératite peut avoir quatre aspects différents :
=> une kératite ponctuée couvrant la cornée
=> une kératite stellaire qu'il faut observer au fort grossissement du biomicroscope pour déceler, dans les lésions en étoiles, de fines dendrites coalescentes
=> une kératite dendritique, pathognomonique (typique) de la kératite herpétique
L'installation sur la cornée d'une goutte de fluorescéine met en évidence une image en 'feuille de fougère' qui se ramifie sur la cornée On assiste parfois à plusieurs dendrites qui évoluent pour leur propre compte Chaque ramification se termine par une zone un peu dilatée
=> une kératite géographique : il s'agit d'une réunion de dendrites qui prennent un aspect
de vaste placard à la périphérie duquel on retrouve de fines dendrites, permettant le
diagnostic
On décrit parfois de graves primo-infections du nouveau né, qui associent des signes généraux à des atteintes multiples des yeux (chorio-rétinite, cataractes) Des séquelles sont fréquentes à distance de cet épisode si l'enfant a survécu
Les kératites herpétiques récidivantes
Trang 17Le patient sait généralement qu'il est porteur de cette pathologie et à la moindre douleur
ou irritation, il ira consulter son ophtalmologiste pour voir si une récidive survient Seul
un examen attentif au bio-microscope permet de faire la différence entre une récidive, une complication, et une autre maladie
L'expression virale est atténuée par une répression génique, et le virus qui a infecté les cellules est quiescent, jusqu'à ce qu'un événement extérieur le réactive (soleil, stress, fatigue, grossesse) A ce moment-là, la réplication du virus est activée dans le ganglion sensitif avec transfert des virus par l'intermédiaire des nerfs périphériques issus du
ganglion Ces virus vont aller s'exprimer dans les cellules oculaires de la cornée
=> La kératite dendritique récidivante On observe le même aspect que dans la primoinfection Ces récidives peuvent être plus ou moins fréquentes et sont parfois associées à une altération de l'état général ou à une maladie intercurrente Les ultraviolets, les fièvres
-ou les règles sont aussi des facteurs déclenchants
25 à 45% des patients vont récidiver dans les deux ans suivant la première kératite
Les symptơmes sont ceux de toute irritation du segment antérieur : douleur, baisse de la vision, photophobie et rougeur péri-kératique L'examen à la lampe à fente met en
évidence l'ulcère dendritique dans lequel s'accumule la flurorescéine et dont les bords sont décollés
Les traitements sont efficaces et permettent une guérison de la poussée en une dizaine de jours Il peut persister une opacification localisée de la cornée (taie ou néphélion)
=> Les kératites méta -herpétiques Il s'agit d'une lésion cornéenne ronde, profonde
dans laquelle le colorant va s'accumuler : cet ulcère "trophique" est très difficile à guérir
Au bout de plusieurs semaines on peut parfois voir une nécrose du stroma cornéen et une perforation de la cornée, complication gravissime au pronostic sombre
Les kératites stromales
=> Les kératites disciformes Il s'agit d'une kératite profonde, située au niveau du
stroma, qui se caractérise par une opacité stromale ronde gênant la vision, parfois
associée à des signes inflammatoires de la chambre antérieure (uvéite) L'évolution se fait vers une taie cicatricielle souvent néovascularisée à partir du limbe, qui s'accompagne d'un effondrement de l'acuité visuelle
La cortico-dépendance et la cortico-résistance font la gravité de cette lésion très difficile
à traiter ; les corticọdes locaux oculaires étant dans ce cas précis prescrits par
l'ophtalmologue (uniquement) après constatation de l'efficacité de son traitement
antibiotique anti-viral
=> Les kératites interstitielles On décrit des opacités multiples dans le stroma avec une
Trang 18réaction nette de la chambre antérieure (uvéite), ce qui s'accompagne très souvent d'une néovascularisation Ces infiltrats vont parfois évoluer vers un aminicissement cornéen (risque de descemétocèle), et parfois une perforation conclue une évolution torpide.
Kératite stromale cicatricielle néovascularisée
Les traitements
1) Les antiviraux
L'aciclovir (Zovirax®) est le plus connu et le plus utilisé des antiviraux herpétique Son
efficacité remarquable et sa bonne tolérance en font un médicament de choix Cette pommade ophtalmologique à 3% est réservée à l'usage ophtalmologique ; elle n'est pas efficace sur l'herpès labial qui demande une autre forme galénique
La posologie est de 5 fois par jour dans l'oeil, dans le cul-de-sac conjonctival, pendant une durée d'une dizaine de jours En fonction de l'évolution la durée du traitement sera ajustée mais sera pourvuivie 3 jours après la guérison clinique
L'enzyme virale thymidine-kinase va entraîner la première phosphorylation de
l'aciclovir, ce qui va donner de l'aciclovir monophosphate Grâce à des kinases
cellulaires, il va subir deux nouvelles phosphorylations pour devenir de l'aciclovir bi puis triphosphate
L'aciclovir triphosphate est actif sur l'enzyme ADN polymérase du virus et se présente, non seulement comme un inhibiteur, mais aussi comme un substrat de l'ADN polymérase virale Grâce à l'absence de groupement hydroxyle sur sa chaîne acyclique,
l'incorporation de cet analogue nucléosidique entraîne un arrêt complet de l'élongation de l'ADN viral
La réplication du virus sera alors interrompue Seules les cellules infectées seront
concernées puisque c'est le virus qui déclenche la phosphorylation
Il existe une forme injectable qu'on peut utiliser en hospitalisation en cas de tableau
Trang 19oculaire dramatique (on s'en sert aussi dans les méningites herpétiques).
Le valaciclovir (Zélitrex®) est l'ester de la L-valine et de l'aciclovir Il est rapidement métabolisé en aciclovir par une hydrolase A la dose de 1000 mg par jour pendant 7
jours, il est utilisé dans les kératites profondes ou les kérato-uvéites C'est aussi le
traitement princeps (à doses plus fortes) du zona ophtalmique
La trifluridine TFT (Virophta®) est un analogue de la thymidine activé par la
thymidine kinase virale et cellulaire
Le ganciclovir DHPG (Virgan®) est transformé en ganciclovir triphosphate et ralentit
l'élongation de l'ADN virale par inhibition de l'ADN polymérase virale
2) Les autres traitements médicaux
L'atropine est souvent prescrite pour mettre 'l'oeil au repos' et diminuer les phénomènes
inflammatoires de la cornée et de la chambre antérieure On s'attachera à maintenir ce collyre hors de portée des enfants car son ingestion peut leur être fatale
Les corticọdes sont interdits dans l'herpès superficiel ; la perte de l'oeil serait inéluctable
et la responsabilité du prescripteur engagée Dans certaines formes de kératites stromales, les ophtalmologistes les utilisent parfois néanmoins, avec une surveillance très
rapprochée et en association avec un traitement antiviral efficace La difficulté vient de l'évolution des lésions et le médecin modifiera le traitement en fonction des variations qu'il notera à l'examen à la lampe à fente Une décroissance progressive de la posologie évitera un effet rebond
Il ne faut pas oublier qu'un oeil mal soigné peut être perdu en moins d'une semaine
3) La greffe de cornée
On utilise cette greffe quand il persiste une opacité cornéenne importante qui a diminué
de façon nette la vision du patient, plusieurs mois après les épisodes d'inflammations Les résultats sont généralement satisfaisants
On peut l'envisager 'à chaud' en cas de situation de pré-perforation cornéenne Les
résultats sont alors nettement moins bons, mais permettent souvent de sauver un oeil qui serait sinon perdu Une mauvaise vision est toujours préférable à l'absence de vision
4) Prévention des récidives
Le valaciclovir est indiqué chez le patient de plus de 12 ans :
dans la prévention des récidives d'infections oculaires à virus herpes simplex chez le sujet immunocompétent (500 mg par jour) en cas de :
kératites épithéliales après 3 récurrences par an en cas de facteur déclenchant connu
Trang 20 kératite stromales et kérato-uvéites après 2 récurrences par an
Il est donc important de ne pas perdre de temps quand une douleur survient sur un oeil ;
et de se souvenir que les corticọdes oculaires (pommades ou collyres) sont des
médicaments efficaces quand utilisés à bon escient, mais a priori formellement contreindiqués sur un herpès ; leur prescription devant être strictement réservée aux seuls
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