PREMIÈRE PARTIELES PROSspDÉS CHAPITltE PREMIER .^ SONDAGES PAR FAIBLES PROFONDEURS Le sondage est l'opération qui consiste à mesurer la fondeur delamer.Onemploietrèssouventlemotsonde pou
Trang 2et d'adaptation réservés pour tous pays.
ÙC
Copyright 1922 by
Massonet C'^, éditeurs.
Trang 3INTRODUCTION
Ce livre,comme la plupart deceux quej'ai publiésjusqu'à
queje professe àl'École Navale
Ausens général, l'océanographie estlapartie de laphie qui s'occupe delamer L'océanographie physique com- prendl'étude des caractèresphysiques dela mer, profondeur,étendue, température, propriétés physiques et chimiques,
géogra-mouvements.
L'océanographie physique est une science d'observation
les mesurer C'est cette considération qui m'a dicté le plan
de l'ouvrage Dans la première partie, j'expose les dés et les méthodesd'observations ; la deuxième partie est
procé-consacréeà l'examen des principauxrésultats acquis jusqu'à
Désirant faire avant tout un ouvrage pratique,— celui
que j'aurais souhaité avoir moi-même lorsque je suis partipour ma première mission océanographique, — j'ai pensé
que je ne devais pas surchargerce manuel de l'exposé
histo-rique des questions, ni de l'examen de toutes les théories,
de toutes les hypothèses qui ont été émises sur les mènes si complexes de la mer Les faits acquis sont encore
phéno-en si petit nombre que les explications sont souvent maturées
pré-Je me contente d'étudier l'instrument qui m'a paru le
Trang 4meilleur Les procédés indiqués sont ceux qui ont étéapprouvés etrecommandés à plusieurs reprisespar leConseilpermanent international pour l'exploration.de la mer, et ils
viennent d'être encore adoptés par le Congrès pour ration de la Méditerranée, dont j'ai Thonneur de fairepartie
exigentunescience toute particulière, par exemplel'analysedes fonds marins, l'analysecomplète del'eau de mer,etbiend'autres.Celivrea été écritpourdes lecteurs qui ne sontpasforcément chimistes ou minéralogistes, et je ne pouvais pasparlerde choses que je ne connais pas suffisamment Je n'ai
forma-tion des rivages, les coraux, les volcans sous-marins, etc.
Par contre, j'ai pensé que, tout en essayant de conserver
à cet ouvrage un caractère élémentaire, je ne pouvais pasescamoter, sous prétexte qu'elle était difficile, l'étude de la
marée (1).
11 n'est pas possible aujourd'hui d'écrire un livre surl'océanographie physique sans faire plusieurs emprunts aux
l'océanogra-phie, et ce modeste manuel, à cơté des traités
Je suis aussi heureux de profiter de cette occasion pouradresser un souvenir à M. Camille Vallaux, dont les leçons
«Géographie généraleappliquée à l'étude des mersr, m'ont donnéle gỏt d'une science qui m'aprocuré bien desjoies et
Enfin, si un ouvrage de cette sorte comportait une
tous des développements théoriques, qui, quoique très élémentaires,
Trang 5cace, je l'aurais dédié à JeanCharcot, qui a tant faitpour le
développement des études océanographiques en France et
grâce auquel j'ai pu faire, dans l'Antarctique, la plus belle
et la plus intéressante campagne océanographique qu'un marinpouvaitrêver
Trang 7PREMIÈRE PARTIE
LES PROSspDÉS
CHAPITltE PREMIER .^
SONDAGES PAR FAIBLES PROFONDEURS
Le sondage est l'opération qui consiste à mesurer la fondeur delamer.Onemploietrèssouventlemotsonde pour
pro-désigner la profondeur elle-même : on dira par exemple une sonde de 10 mètres, de 20 mètres
L'étude des profondeurs dela mer auvoisinage des terres
doit être très complète pour fournir aux navigateurs descartes exactes Quand les profondeurs ne dépassent pas une
vingtaine ou une trentaine de mètres, les sondages se tiquent simplement en lançant un plomb dans la mer au bout d'une ligne graduée Nous n'insisterons pas sur cetteopération, qui, quoique très simple, demande, pour donnerdes renseignements exacts, desprécautions minutieuses Cessondages-làsontd'ailleursplutôtduressortde l'hydrographie
pra-que de l'océanographie proprement dite
Au-dessus de 30 mètres jusqu'à 200 mètres, les sondages
dont les plusrépandussont lesondeur Thomson etlesondeurWarluzcl.Cesdeuxinstrumentspermettent de sonder jusqu'à
une profondeur de 200 mètres, sans qu'il soit nécessaire destopperlenavire C'estlà un avantagesérieuxennavigation,carilpermet de multiplierlessondes au moment d'unatter-
Trang 8OCÉAyO GRAPII E PHYS 10UE
,s^^
L'usage du sondeur, imaginé par sir William Thomson
monde.
Le modèleactuellement enservice dans la marine fran-
Le sondeur se compose
d'un touret en fonte, surlequel sont enroulés500 mè-
tresdecâble d'acier galvanisé
une charge de 240
Kilogram-mes (fig. 1).
L'axe du touret, qui peutrecevoir des manivelles, est
portépar unchâssis en bois,
de formerectangulaire,évidé
à la partie inférieure et
A sa partie supérieure, le châssis porte, sur une de ses
déroulés Cette indication est donnée parvme aiaruille née par l'axe du touret au moyen d'un train d'engrenages
action-Le touret comprend deux parties distinctes (fig 2) :
l** Un anneau T en forme de V sur lequel est enroulé
le câble d'acier;
2*' Un tambour, constitué par deux flasques P, P', pendants l'un de l'autre et pouvant être rendus solidaires
indé-L'anneau est logé entre les deux flasques du tambour :
il peut tournerlibrement,ouêtre entraînéparle mouvement
du tambour, suivant que les flasques sont écartés ou
mou-Fig I,
Trang 9SO.\DAGES PAR FAIBLES PROFONDEURS
1 des flasques; lorsqu'il est r
)ilisé par le loquet L si l'on
portant un brasB, que l'onpeut
im-mobiliserparun loquet en bronze L,
mobile autour d'un axe horizontal,
et qui est logé à la partie supérieure
lui un
immobi
tourneles manivelles de l'arbre dans
un sensou dansl'autre,on rapproche
ou on éloigne les flasques que porte
rap-prochés, ils immobilisent l'anneau V
qui devient complètement solidaire t
poulie fixée sur l'arrière du
navire Afin d'éviter les
coques qui peuvent se
pro-duire dans le câble lorsque
attaché directement aucâble,
mais à un bout de ligne en
filin, long de 3 mètres
envi-ron,qui letermine.Surcette
bridures, un étui en laiton,
percé à ses deux extrémités
de deux trous permettant à
(fig 3).
Dans l'éiui, on introduit
un tube enverre,biencalibré,
Trang 108 OCÉANOGRAPHIE PHYSIQJE
oncuivre collée à,la gomme-laque, et l'intérieur est enduitd'une couche de chromate d'argent (CrO^Ag) de couleurbrune Entre le chlorure de sodium[(NaCl) de l'eau de mer
qui pénètre dans letube, et le chromate d'argent, il se duitla réaction suivante :
pro-CrO^Ag -h .\aCI = .\gCI -|- CrO^X.i.
Lechlore du chlorure de sodium secombine avec l'argent
transforme en une coloration blanche la coloration brune detoutelapartie dutube dans laquelle a pénétré l'eau de mer
Le chromesecombineavecle sodium pourfaireun chromate
de soude (CrO^Na)soluble, quiestentraîné parl'eau de mer,lorsque celle-ci s'échappe du tube
l'inté-rieur du tube de sonde, et, d'après la loi de Mariotte, elle
pénètre d'autant plus que la pression est plus grande Cettepression est égale au poids de la colonne d'eau située au-dessus du tube, augmentée de la pression atmosphérique
La longueur de la partie non décolorée du tube, sement proportionnelle au volume d'eau qui a pénétré, peut
a atteint le fond Le volume occupé par l'eau dans le tubevarie très lentement, dès que la profondeur est un peugrande Le tube Thomson ne peut donc donner des indica-tions précises qu'à des profondeurs ne dépassant pas 1.50 à
200 mètres
profon-deur correspondant à la longueur de la partie non
déco-lorée
Si lapression barométrique est comprise entre 730 et 750
Si la pression est comprise entre 750 et 760 millimètres, il faut
Trang 11SOyDAGES PAR FAIBLES PROFONDEURS
de fond; si la pressionestcompriseentre 770 et 780 millimètres, il
10 kilogrammes et estévidé à sa partie inférieurepour voirune masse desuif, quiramènera unéchantillondu fond
rece-Si l'on veut ramasser des échantillons du fond pour desanalyses ultérieures précises, on suspend au fil de sonde,
Léger,dontilsera question plus loin (p. 21) Maisleseur Léger ne fonctionne bien que si la vitesse du navire est
ramas-inférieure à 5 nœuds.
suspendu à l'extérieur du navire, on engage le bras B de
demi-tour ou d'un tour, on écarte les flasques du tambour,
doigl en cuivre (fig 3), qu'on tient appuyé sur le fil
pen-dant le déroulement, on estprévenu de l'instantó leplomb
touche le fond, en sentant le fil mollir brusquement A ce
manivelle, on rapproche les flasques de l'anneau T, et onarrête ainsi le déroulement du fil. Lorsque les flasquesserrentbien l'anneau, on soulève le loquet L, qui bloque
le bras de l'écrou R, et on enroule le fil.
Trois hommessuffisentpour lamanœuvre, quelle quesoit
la vitesse du navire Le plomb atteint le fond en quelquessecondes, etilfaut d'une demi-minuteà cinq minutes pour
le rentrer par des fonds de 20 à 200 mètres On peut donc
facilement avoir une sonde toutes les dix minutes ou tous
les quarts d'heure
rapprochés, il n'est pas nécessaire d'employer un nouveau
tube de verre à chaque coup de sonde Il suffit, au moment
qui indique la longueur de fil déroulée On peut admettre
mer
Trang 1210 OCÉANOGRAPHIE PHYSIQUE
«ffectué avec un tube de verre coloré, fournit le coeflicient
à employer pourles sondages suivants On vérifie, detemps
à autre, ce coefficient avec un nouveau tube de verre
Le rapport de la longueur du fil déroulé à la profondeur
est un peu supérieur à 2 pour des vitesses inférieures à
1 nœuds,etatteintpresque3,5pour unevitessede15nœuds.
Comme le sondeur Thomson, le sondeur Warluzel permet
de sonder, en marche, jusqu'à 200 mètres de profondeur.C'estun appareil plus simplequele sondeurThomson,etsonusage tend à se généraliser sur les navires français
Un fût tronconique, en fonte, fixé sur le pont, supporte
un toureten bronze, montésur un axe en acier, etsur lequel
estenroulé le fil de sonde, quiestuncâble d'acier galvanisé
La manœuvre est analogue à celle du sondeur Thomson,
mais le freinage est automatique En appuyantsur la
touretet le câble sedéroule ; il presse alorssur le fil, comme
dans le sondeur Thomson, avec un doigt en cuivre pour
«tâter le fond ». Lorsque la ligne cède brusquement sous la
pressiondu doigt,lefondestatteint;l'hommelâchela
la manivelle et vire Jusqu'à la vitesse de 10 nœuds, un homme suffit.
dérou-lement trop rapide du fil.La vitessenormalede déroulement
est d'environ 5 mètres par seconde
lai-ton T, fermé parlehaut, autour duquelestcoulé une masse
pour recevoir un deuxième tube t, appelé tube indicateur,
et, dans ce but, il porte à sa partie inférieure un bouchon à
que
Trang 13SOyDAGES PAR FAIBLES PHOIOMJEi HS
percés dans sonvoisinage permettentl'introduction de leau dans le tube pendant la sonde
r)ans le tube T, cjui forme ainsi cloche à plongeur, on
introduit le tube indicateur, dont le bas est ferme et dont
le haut est muni d'un bouchon-valve h.
Pendant la descente, l'eau s'introduit dans le tube Y par
les trous de sa partie inférieure, remplit l'espace compris
pendant premiers mètres de
Trang 14OCÉAyOCEAPHlE PHYSIQUE
descente, en refoulant l'air dans le tube indicateur, et
pénètre à son tour dans celui-ci. Pendant la remontée du plomb, cette eau reste dans la partie inférieure du tubeindicateur, et l'air, précédemment comprimé, s'évacue
peu à peu par le bouchon-valve
Le volume non occupé par l'eau dans le tube indicateurindique la profondeur atteinte On le mesure de la façonsuivante: la partie supérieure du tube indicateur porte une
double fenêtre en cellulọd marquée d'un traitnoir : lorsque
contraire,on dévisse le bouchon-valve,et l'on descend dans
letubeunejauge conique graduée jusqu'àcequel'eauvienne
Le sondeur Warluzel présente les avantages suivants :
Le sondage esttrèsrapide, il demande une minute environ
Un homme seul suffỵt d'ordinaire à la manœuvre, tandis
Le tube indicateur sert indéfiniment, et le sondage est,
On peut sonder en eau douce aussi bien qu'en eau salée,
tandis que les.tubes recouverts de chromate d'argent sont
Le sondeur peut s'installer très commodément auprès de
retour, fixée à un léger bout-dehors, débordant la coque du bâtiment (1).
Ils sont très commodes pour faire., le navire stoppé, toutes les
opé-rations habituellesque nous décrivonsplus loin (prises de température,
récolte d'échantillonsd'eau de mer, etc.)jusqu'à 300 ou 400mètres deprofondeur
Trang 15CHAPITRE II
SONDAGES PAR GRANDES PROFONDEURS
Le sondage par grandes profondeurs présente des
dilii-cultés particulières
On ne se servait autrefois, dans les sondages même fonds, que de cordes de chanvre Ces cordes n'étaient pasassez solides pour résister à la traction du plomb, ou bien,
pro-ce qui arrivait leplus souvent, leursurfacerugueuse finissait
par exercer dans l'eau un frottement considérable, elles
étaient arrêtées dans leur mouvement de descente et se
pelotonnaient sur elles-mêmes à une certaine profondeur,sans jamais pouvoir atteindre le fond Ainsi s'expliquent
les prétendus abîmes sans fond des océans, que signalaient
les anciens navigateurs
On employa ensuite des fils métalliques de cuivre ou debronze phosphoreux, encore trop peu résistants, des fils
d'acier qui, pour éviter l'oxydation, devaient être conservésdans unlait de chaux ou dans un bain d'huile Ona pu ainsi
traction de 80 kilogrammes et ne pesant pas plus de 3
Mais la manœuvre de ce fil d'acier, dit corde à piano, est
Aujourd'hui, on se sert ordinairement d'un câble métalliquegalvanisé, formé de trois torons de trois fils d'acier chacun,
de2 à 3 millimètres de diamètre au maximum Cecâble est
beaucoup plussouple que la corde à piano; ilsupporte sans
Trang 1614 OCÉASOGRAPHIE PHYSIQUE
15 a20kilogrammes pour 1 000mètres Il est assez résistantpour porter, en outre du plomb de sonde, divers appareils,thermomètres, bouteilles, etc., ce qui permet, en un seulcoup de sonde, de mener de front plusif^urs opérations dis-
Le principe des machines à sonder par grande profondeur
estlesuivant :
Dès que le plomb de sonde atteint le fond, son poids
n'agissant plus sur la
?," lignede sonde,lamachine
R à sonder est
immédiate-ment et
de sonde, B une poulie
de retour portant un
compteur de tours qui,
à tout instant, indiquera
la longueur de la ligne
filée, Pieplombdesonde,
G un point fixe solidaire
(fig 5).
La poulie de retour B
est tenue par l'intermédiaire d'un ressort à boudin R
Lorsque le poids P n'agit plus pour tendre le ressort R,
m//7//////////~////M
Fig.
une petite charge d'explosif (25 grammes suffisent) et à enregistrer,
provenant de la réflexion sur le fond. Étant donnés l'intervallequi
Trang 17SOyOAGES PAR GRANDES PROFONDEURS IS
aussiun autre rôle. Les mouvements deroulis etde tangage
du navire rendent irrégulier le déroulement de la ligne desonde et provoquent des secousses brusques, capables
d'amener desruptures Leroulis et le tangage produisentdu
sonde diminuait,et le ressort agit pour serrer
automatique-mentle frein, ralentir ledéroulement de la bobineet
produire
Le réglage du frein est assez délicat Si le frein est trop
peut s'emballer, le fil faire des coques et casser
S'il n'y avait pas de frottement, il faudrait, à mesure que
laprofondeuraugmente, serrerle freinde la quantité pondant au poids de la ligne filée. Mais la résistance due à
etnond'unfilsimple.Enréalité,dans beaucoupdemachinesàsonder,il faudrait desserrerlefrein deplusen plus, àmesure
déroulement
enroulé directement sur lui, car il supporte des pressionsformidables, qui risquent de le faire éclater
Le problèmedeseffortssupportésparle tambourestétudiédans
les traités derésistance desmatériaux.Ou trouveque, suruntouret
de 0™,30 de diamètre et de 0'",25 do longueur, l'enroulementd'une ligne de sonde de 10 000 mètres, pesant 10 kilogrammes par
mètre carré. C'est là une pression analogue à celle que subit uncanon pendant un tir.
Si lamachineàsondercomprend deuxmoteurs,un pourremonter
alors à supporter de grands efforts de compression Avec les
données précédentes, si la ligne fait cinq tours sur un touret de
Trang 1816 OCÉANOGRAPHIE PHYSIQUE
profondeur à atteindre est plus grande Par très grandeprofondeur, onestamené àemployerdes plombspesantplus
de 60 kilogrammes La vitesse de déroulement du câble est
tensionstropfortes.Le sondageest dit alorsàplombperdu{2)
Machineàsonder Lucas — La machineàsonder Lucas
de la London TelegraphConstruction Company.
em-ployées actuellement
rOcéan Indien, pour
les travaux phiquespréliminaires à
sur le Clievigné sur les côtes de l'Afrique Occidentale
Le fil de sonde est enroulé sur un tambour A, d'un seul
bloc d'acier fondu, qui peut contenir 8 000 à 10000 mètres
de câble de 1 à2 millimètres de diamètre
(1) Abord deVHirondelle, le prince de Monacose servait de la
ma-.chine àsonder Leblanc, qui est construitesurce principe.
ainsi d'ailleursquetoute autre opération d'océanographie,doit
n'a pas sa place dans cet ouvrage Mais, si je fais cette remarque,
c'estpour montrer àquelpoint l'océanographe,qui n'est pasoHlcier de
demanierlesinstruments, de déterminerles positions etdemanœuvrer
Trang 19SONDAGES PAR GRANDES PROFONDEURS 17
Le filquitte letambour A parlapartie inférieureetpassesur lapoulieB, qui porte un compteur detours (1). La pou-
lieB commande unlevierBCD,articulé en C au bâti de la
machine etrelié àson extrémité D àun freinàruban F, fixé
en E àla partie supérieure du bâti(fig 6).
supérieure du bâti, et leur tension est réglée par la
ressorts rappellentlapoulie vers le tambour et, par
l'inter-médiaire du levier BCD, serrent le frein F et bloquent le
tambour Unpetit frein auxiliaire, mû parunevisT, permetd'arrêterla machine àtoutinstant
permettant d'actionner le tambour à l'aide d'un moteurélectrique ou à vapeur La vitessede déroulement du fil est
d'environ une heure par 4000 mètres La remontée peut se
par minute Le moteur doit avoir une puissance de 8 à
10 chevaux Toutefois, si on se sert comme fil de la corde àpiano et qu'on ne fasse que des opérations de sondages,
un moteur de 2 à 3 chevaux peut suffire.
La plus grande peut recevoir 7 000 à 8000 mètres de câble de
lieu d'être àla partie supérieure,estsurl'arrière.D'autrepart, le
guidage du fil pendant l'enroulement se fait, dans la premièremachine, àl'aide d'une fourche, dans laqueUepassele fil, et qu'onmanœuvre àl'aide d'unlevier. Dansla grande machine,lafourche
mètres
(2) Sans parlerd'une petite machine, construite sur le même
prin-cipe, permettant de faire des sondages jusqu'à 500 mètres de
profon-deur.
Trang 2018 OCÉANO GRA PHIE PHYSIQUE
quecommandeunepetitemanivelleM manœuvréeàlamain(fig 7).
trois cylindres disposés en étoile à 120°l'unde l'autre, et qui
Fiff 7.
Ce dispositif est très souple et peu encombrant
Emplacement de la machine à sonder — Le choix del'emplacement est souvent limité par des considérationsétrangèresau sondage proprement dit(tuyautage de vapeur,par exemple, s'il s'agit d'un moteur de relevage à vapeur).Les principauxfacteurs dont ondoit tenircompte sontles
suivants :
Trang 21SONDAGES PAR GRANDES PROFONDEURS
mémo-rable campagne océanographique dans l'océan Atlantique,
sur l'Hirondelle et la Princesse-Alice du prince de Monaco,
au-dessous de la poulie dans laquelle passe le fil de sonde
avant de tomber à l'eau, est installée une plate-forme,
analogue aux plates-formes de coupée, afin de faciliter la
Iln'estpasindispensable, d'ailleurs, quecesoitla machine
lOteur de relevage
Poulie de retour
Fis 8.
à sonder qui déborde elle-même la coque du navire Pour
rendre lasurveillance du moteurplus facile, il peut y avoir
intérêt à mettre la machine à l'intérieur du navire, avec un
retour supplémentaire sur le pont eten abord C'est la
dis-position actuelle du Pourquoi-Pas? dont la figure 8 donne
un schéma
2» Il fautpouvoir maintenir facilement, pendantla durée
du sondage, le navire à l'aplomb du fil de sonde, qui doit
profondeur Sur le d'Enlrecastreaux, qui dérivait peu, la
machine
Trang 22OCÉAN GRA PHIE PHYSIQUE
F// de sonde
qui a un fardage très important, la meilleure position est à
pendantle sondage, le navire prend une position d'équilibrepas très éloignée du vent arrière, et la dérive est ainsi com-
battue
On peut sonder par houle assezforte, maisle fortclapotis
est très gênant: le sondage peut alors êtrebeaucoup facilité en filant de l'huile.
Plombs de sonde — Ainsi que nousl'avons indiqué, le sondage par grandes pro-fondeurs s'exécute généralement à plomb
perdu Les plombs sont des disques de fonte
ou des demi-sphères évidées d'une dizaine de
kilogrammes chacun Ils s'enfilent sur le
ramasseur de fond R etne sont pas attachésdirectement à la ligne de sonde Ils sontretenus par une petite élingue en filin E,qui passe dans un crochet d'un modèle spé-
cial C, dit déclencheur Brooke, du nom deson inventeur (fig 9). Lorsque le fond est
font basculer le crochet, articulé en a avec
le ramasseur de fond R ; Télingue est ainsi
rendue libre et, à la remontée, les plombsrestent sur le fond
deux instruments : le ramasseur Léger et le îube-bouieille
Buchanan.
Le ramasseur Léger (fig. 10) se compose de deux lourdes
d'une B de
Trang 23SONDAGES PAR GRANDES
En touchant le fond, le loquet est soulevé et retombe
en laissant libresles deuxécopes,
qui se referment brusquement à
cause deleur poids, en
emprison-nant une certaine quantité de
matière L'instrument pèse
7i^s,500. Il est parfait pour tous
les fondssauf ceux de roche
Enarrivant surlefond,il découpe
un cylindre de vase, qui oiîre
l'avantage de présenter, sur une épaisseur assez grande,
une coupeverticaledu sol sous-marin Surles
fonds sableux, le tube Buchananrevient
tou-joursvide Ilfautchoisir l'instrument le plus
convenable à la récolte
Le tube T se visse en a sur une bouteille
B, destinée à recueillir l'eau C'est un
cylin-dre de bronze de 55 millimètres de
diamè-tre etde 50 centimètres de longueur, fermé
enhauteten baspar dessoupapes encuirou
en caoutchouc, qui, à la descente, laissent
passer l'eau de bout en bout, mais qui,
avec le fond, retombent sur leur siège et
emprisonnentainsiunlitred'eau
Un petit plomb, lâché en même tem])s
appuie, à la remontée, sur la soupape
supé-rieure pour la maintenir sur son siège
L'étanchéité de ces soupapes m'a paru difficile à assurer
Fi^' 11.
Trang 2422 OCÉANOGRAPHIE PHYSIQUE
celte bouteille, qu'il faut particulièrement surveiller
Lorsque l'appareil a bien fonctionné, on possède à la fois
un échantillon d'eau et un échantillon du fond
CONSERVATION DES ECHANTILLONS DE FOND.
Les échantillons provenant des ramasseurs Léger sontconservésdansdes petits sacs detoileétiquetés Les boudins,
buvard, étendue sur un morceau de calicot On marque
immédiatement d'une manière indélébile, en les gravant
dans la matière molle avec la pointe d'un canif, les lettres
indiquant le haut et le bas du boudin, et on l'enveloppe,
Les fonds argileux étant difficiles à sécher complètement,
ilfaut assezsouvent changerlessacsentoileoulesmorceaux
payschauds
L'analyse des fonds est une opération compliquée, que
récolter les échantillons pour les remettre plus tard, avectoutes les indications utiles, au minéralogiste chargé d'en
Cependant il peut y avoir intérêt, au point de vue de la
navigation, àreconnaître les fonds d'une façonplus sûreque
nelepermettentlesdénominationscourantesetassezvaguesindiquées surles cartes marines En effet, leslignes qui déli-
mitentles fonds de même nature ne sont pas les mêmes que
pro-fondeur, combinéeavecla nature du fond,permetde fixer la
position du navire d'une façon approchée
Mais, pour que cette méthode porte ses fruits, il fautque
les fonds soient exactement reconnus On peut pour celaconserver dans des petits flacons de verre des échantillons-types, faciles à comparer à vue avec des échantillons qu'onvient de récolter sur le fond Ce procédé ne peut être
vue de
Trang 25SONDAGES PAR GRANDES PROFONDEURS
publiédes cartesdelanaturedesfondssurlescôtesde France,
Dénominationà donner aux fonds — Si l'onveutdénommer
lesfondsd'une façonun peuprécise,sans enfaire l'analyse,onpeutemployerla méthode suivante, préconisée par M Thoulet
Onprendcommebaseladimension des éléments composants,et,
poiu cela, on utilise des tamis, dont les mailles ont une longueurdéterminée.Les plusgros,destinésauxgrossespierres,sontentoile
danslecommercepar numéros,quiexprimentlenombredemailles
que comporte un pouce, soit 27 millimètres Le numéro10 sœrête
Les galets sont les éléments ayant plus de 3centimètres;ensuite
élé-ments arrêtéspar les tamis 30 à 200 Tout ce qui traverse le
tamis 200constitue la vase.
Dosage rapide du calcaire — La proportion de calcaire
contenu dans un échantillon de fond constitue une caractéristique
simple de dosage que m'avait recommandé M Thoulet et qui est facile à employer
On le traite ensuite par l'acide chlorhydrique étendu de moitié
et on retranchela sommedes deux poidstrouvés du poidsinitial.
On a ainsi le poids du calcaire.
Trang 26CHAPITRE m
MESURES RELATIVES A L'EAU DE MER
^
La température de l'eau de mer à toute profondeur est
un élément de première importance pour déterminer les
caractères physiques de la mer
etpour délimiter les régions farables ou non auxespècesanimales,
vo-e qui sonttrèssensiblesaux moindresvariationsthermiques
A la surface, la température de
Teau de mer se mesure avec un
thermomètre ordinaire On puise à
l'avantdu navire un seau d'eau demer,et on mesure immédiatement
sa température en y plongeant un
thermomètre.
Le Ihermomèlre plongeur,
petit tube en verre, qui se remplitd'eau lorsqu'il est plongé dans la
mer, ne donne pas de meilleuresindications, au contraire
Par grandes profondeurs, on se sert d'un ihermomèlre
à renversement,imaginé parlesconstructeursanglais Xegretti
et Zambra. Cet instrument marque la température en un
i
Fig \-2.
Trang 27MESURES RELATIVES A VEAU DE MER 25
parla température des couches d'eau traversées pendant la
remontée
Le principe du thermomètre à renversement est le
étran-glement e du tube capillaire, tel que,si
onrenverse l'instrument, la colonnede
mercurese briseen ce point et tombe à
l'extrémité de la tige La longueur de
la colonne brisée est proportionnelle à
la température du point ó le
thermo-mètrea été retourné
pres-sions des abỵmes, le thermomètre est
enfermé dans un tube de cristal épais
mercure protège particulièrement le
réservoir
Divers perfectionnements ont été
apportés à l'instrument pour obtenir
que la colonne de mercure se brise
toujours en un point très précis On a
aussiajouté, dansletube de cristal
pro-tecteur, un thermomètre auxiliaire,
fixé contre la tige du grand
thermo-mètre, etdestinéàpermettre decorriger
les lectures de la petite dilatation qui a
pu se produire, pendant la remontée,
dans la colonne demercure brisée Une
table spéciale, fournie par le
de la différence des températures du
thermomètre auxiliaire et du
Trang 28OCEA GRAPHIE PH LE
Montures à hélice Montures à messager — Les
thermomètres sont insérés dans une monture spéciale, mettantleurretournementàl'endroitvoulu
Remontée
Fig 14.
l'amiral Magnaghi Le thermomètre est maintenu droit au
départ par la tige E, commandée par une petite hélice enlaiton H A la descente, la rotation de l'hélice visse vers le
bas la tige E, etle thermomètre est maintenu droit dans samonture T A la remontée, l'hélice tourne en sens inverse,dévisse la tige E, qui libère le thermomètre. Celui-ci seretourne alors sous l'influence de son poids
Dansla monture àmessager, l'héliceest remplacée parun
Le messager estun petit cylindre en laiton en deux partiess'emboîtant l'une dans l'autre, et qu'on peut enfiler sur le fil de sonde (fig 15).
La
Trang 29MESURES RELATIVES A L'EAU DE MER 27
Jamontureà hélice Le temps quemetlemessageràatteindre
la monture n'est d'ailleurs pas complètement perdu, car,
de toutes façons, il faut attendrequelques minutes avant de
lia 1j
retournerle thermomètre, afin qu'il se soit bien mis en
plongé
Trang 30
mon-28 OCEA.XOGRAPHJE PHYSIQUE
ture spéciale pour le thermomètre Le thermomètre est jours accompagné d'une bouteille Richard, dont le poids
tou-està peine supérieur àcelui d'une simple montureordinaire,
et qui présente beaucoup de commodité pour l'installation
du thermomètre (Voir au paragraphe suivant la description
dela bouteille Richard)
On peut, sans inconvénients, sur un câble de sonde de
2à 3millimètres, superposer quatreoucinqthermomètres.Si
ces thermomètres sont installés dans des montures à sager, il faut que chaque thermomètre, en se renversant,
qui remplisse ces conditions
d'accrocherlesmonturesdesthermomètresau filde sonde,ni
de les décrocher à la remontée On perd ainsi pas mal detemps, et, tout compte fait, étant donnéle grand risqueque présente une rupture du câble quand plusieurs instru-ments lui sont accrochés, il est souvent préférable de nese
servir que d'un seul instrument, qu'on immerge plusieurs
fois.
Comme la vitesse de remontée du fil est très grande, afin
de pouvoir stopper le moteur à temps, il est bon d'attacher
aucâbleun morceaudechiffon,ou un boutde filin,àquelquesmètres au-dessus de l'instrument, afin d'êtreprévenu de sonarrivée à la surface
RECOLTE DES ECHANTILLONS D EAU DE MER.
A part la bouteille Buchanan, dont il a été questionplus haut (p. 21), on se sert presque uniquementde hon-
leillesRichard pourrécolter des échantillons d'eau à des fondeurs diverses
pro-La bouteille Richard pèse 2 kilogrammes et rapporteenviron 350 centimètres cubes d'eau Elle se compose d'untube de 25 centimètres de long et de 4 centimètres de dia-
un R chaqueextrémité
Trang 31MESURES RELATIVES A VEAU DE MER 2»
Les deux robinets sontreliés par une tige /, de façon à vrir et à se fermer en même temps La tige / porte deux
s'ou-capsules de cuivre c, destinées à recevoir un thermomètre
à renversement T.Labouteille peut basculer autour d'un
axe horizontal, situé à son tiers
positionde départ parun
mes-sager
La bouteille descend dans une
positionlégèrementoblique,afm que
ouvertures A la montée, l'hélice,
tournant en sens inverse, libère la
bouteille qui bascule, les deux
robi-netsRse ferment,etd'autantmieux
que le thermomètre les aide dans
ce sens par son poids, tout en se
renversant lui-même Dans la
obtenu par l'envoi d'un messager Un petit lest de plomb
aide la bouteille à venirbuter contre un arrêt-ressort,qui la
maintient après le retournement
quelconque La bouteille Richard a été reconnue très tique par toutes les expéditions océanographiques qui l'ont
pra-employée
Conservation des échanUllons d'eau de mer — Les
un bouchonparafTinéetportant, surune étiquette, toutesles
indications sur leur origine
Leséchantillons, quidoiventservir àdesanalysesdétaillées
cubessuffisentpour mesurerla chloruration Dansce dernier
cas, on emploie souvent des petits flacons de verre vert,
muni
Fi- 10.
Trang 3230 OCÉANOGRAPHIE PHYSIQUE
ronne de caoutchouc, analogue à la fermeture ordinaire descanettes de bière (1).
Leflacon doittoujoursêtresoigneusementrincé avecl'eau
de l'échantillon à conserver La position géographique, la
date, l'heure de la station sont notées sur une étiquette
en parchemin, ficelée autour du goulot de la bouteille et
assurantsa fermeture
DENSITE DE L EAU DE MER.
Le poids spécifique, désigné par le symbole S'^, est le
rapport du poids de l'unité de volume de l'eau de mer
à P au poids du même volume d'eau distillée à T" Cepoids spécifique s'appelle densité, quand il est rapporté
pour symbole Si. C'est cette densité qui est généralementnotée
Pour certaines études,en particulier pour l'étude des
pression que l'eau possède in situ, c'est-à-dire à la place ó
elle se trouvait dans la masse océanique Le symbole nSireprésente cette valeur et signifie la densité de l'eau de mer
à la température /, à la profondeur de n mètres, et sous la
pressioncorrespondante aux n mètres de profondeur
Lecoefficient de compressibilité del'eau de mer,c'est-à-dire
la quantitédont l'unitédevolume de cette eau estdiminuée
par mètre de profondeur, est égal à 0,00 000 466
Letableau suivant donne, d'après Thoulet, lenombre parlequel on doit multiplier la densité trouvée pour une eau
la pression exercée parles couches sus-jacentes :
(1) Il estimportant que les bouteilles soienten verrevert, quiest le
seul à ne pas altérer à la longue l'eau de mer C'est d'ailleurs celui
tous les brasseurs Si on le désire,on peut se procurer des bouteilles,
contenant 200 centimètres cubes, au laboratoire hydrographique de
Copenhague (2 Jens Kofœssgade) Ces bouteillessont livréesdans des
Trang 33MESURES RELATIVES A VEAU DE MER 31
Pargrandes profondeurs, le poids d'un litre d'eau de mer
peut dépasser ainsi d'une quarantaine de grammes le poids
obtenu sans tenir compte de la compressibilité
Mais cette augmentation de la densité de l'eau avec la
profondeur est bien loin de justifier l'idée,répandue
autre-fois, que l'eau devenait tellement lourde à unecertaine fondeur qu'un boulet de canon y flotteraitentre deux eaux
pro-Tout objet de densité supérieure à 1,1 arrivera sur le fonddes mers les plus profondes
Des tables dressées par Knudsen et un graphique de
M. Thoulet permettent de passer de S* à S\, l et 0, étantdestempératures différentes (1).
Mesurede la densité de F eau de mer par l'aréomètre.— La
détermination de la densité de l'eau de mer est une desopérations capitales de l'océanographie Les deux méthodes que l'on peut employer à bord d'un navire sont la méthode
par l'aréomètre et parla mesure de lasalinité
Un aréomètre est un flotteur de verre lesté par de la
instant le poids P et le volume immergé V, c'est-à-dire les
élémentsnécessairespour déterminerla densitéD parla
for-mule D = r^.
dereaude mer Il a été publié dansla collection des Résultats du
Trang 3432 OCÉAN O GRA PHIE PHYSIQUE
L'aréomètre employé généralement est l'aréomètre deBiichanan à poids età volume variables (fig 17),
L'aréomètre esten verre Ilest lesté à sa partie inférieure
par une petite quantité de mercure Sa tige
cylindrique, parfaitement calibrée, a un mètre d'environ 3 millimètres et une longueur
dia-de 12 centimètres Le volume de sa portion
La tigepeut supporter àsonsommet un petitplateau en nickel P et des poids additionnels
en forme d'anneaux plats, de façon à faire
enfoncer l'aréomètre jusc{u'à ce que l'eau
place l'aréomètre dans l'éprouvette contenantl'eau de mer, en prenant bien soin qu'aucunebulle d'air ne reste adhérente à sa surface En
ajoutant des poids annulaires connus sur le
petit plateau cjui surmonte la tige de
l'instru-ment, leniveau affleure à une certaine
l'appareil et des poids ajoutés donne le poids P de l'eau
P
déplacée, et ^ donne la densité Sf à la température / de
la densité de l'eau à 4°
L'aréomètre est relativement facile à employer sur un
navire, en plaçant l'éprouvette sur une table à roulis, ou
donne ladensité à3 ou 4 unités près dela cinquièmemale Ilnécessitemalheureusement une quantité d'eauassezgrande(environ 1 litte)etne peutêtrepratiquement employé que pourleseauxde surface(1).
déci-Fis 17.
(1) Un modèle plus petit, necomportant pas de poidsadditionnels,
Trang 35MESURES RELATIVES A L'EAU DE MER 33
Un litre d'eau de mer contient environ 35 grammes de
sels (Voir la deuxième partie, chapitre IV) Les trois sels
If splusimportants sont lechloruredesodium, lechlorure de
montré-que, bien que la quantité de sels en dissolution dans l'eau
de mer, c'est-à-dire la salinilé, varie considérablement, les
proportions des différents sels restent à peu près les mêmes
partout Dansces conditions, il sulfitde déterminer la
quan-tité d'un selcontenu dans un échantillon donné d'eau de
mer pour connaỵtre les quantités des autres sels, et parsuite la salinité
On dose généralementle chlore,et,quand on connaỵt le
poidsG duchlorecontenu dans un kilogramme d'eau de mer,,
on en déduit la salinité totale par la formule empirique :
O = 1,811 xG (1).
La méthode employée, préconiséed'ailleurs par leConseilpermanentinternationalpourl'explorationdelamer,esttrèssimple,etpointn'estbesoind'êtrechimistepourlapratiquer.Elle consiste à précipiter le chlore par une solution titrée
d'azotate d'argent, aiguisée de quelques gouttes de mate neutre de potasse, qui donne à l'échantillon une belle
chro-couleurjaune, etquisertd'indicateur(2).
L'azotate d'argent (AgNO^) précipite le chlore à l'état dechlorure d'argent blanc insoluble (AgCl) :
NaGl + AgNO^ = AgCl + Na.NO».
Au moment seulement ó tout le chlore est précipité,,
potasse (K-GrO*) etdonnelieu à une formation de chromate
(1) Knudscn a adopté la furmulo O =^ 0.030 + 1,S05 x C
solu-tiondechromatede pota.sse.
Trang 36OCÉA NO GRA PHIE PHYSIQUE
d'argent (Ag^CrO^) qui produit une forte coloration rouge
moment ó tout le chlorure d'argent est précipité
Il suffỵt, pour appliquer cette méthode, d'avoir uneliqueur titrée d'azotate d'argent On peut faire cette
centi-mètre cube de la liqueur titrée Par exemple, 1 centimètre
cube d'une solution contenant 47^^,936 de nitrate d'argentpar litre d'eau distillée à 15° sature exactement Osr.Ol dechlore
Des burettes graduées (burettes de Knudsen) permettent
de mesurerlaquantité deliqueur nécessairepoursaturertout
le chlore contenu dans 15 centimètres cubes d'eau de mer,puisés avec une pipette graduée (Pipette de Knudsen) (1).
Trang 37MESURES RELATIVES A VEAU DE MER 35
Dans la pratique, on ne détermine la chloruration qu'aumoaillage, et on traite à la suite toute une série dt'chan-
tillons. Toutes les dix mesures, on procède à une nation de chloruration d'une eau normale, dont la salinité
détermi-est très exactement connue Ces échantillons d'eau normale
sont fournis par le laboratoire hydrographique de
cette manière, on peut éliminer les erreurs d'expériences et
rendre parfaitement comparables entre elles les différentesmesures(1).
Une fois la quantité de chlore connue, il est aisé d'endéduirelasalinité etladensitéàdiversestempératures, grâce
auxtables hydrographiques établies par Knudsen.
L'erreur de la détermination de la densité par la mesure
de la chloruration est du même ordre que l'erreur de la
l'avan-tage très importantde ne nécessiterqu'une très faible
quan-tité d'eau On peut donc se servir,pour recueillir les
suite sans danger plusieurs bouteilles sur le même fd desonde
impor-tante d'une eau de mer; c'est celle qui permet le mieux desuivreune eau déterminéeaumilieudelamasse océanique,et
elle présente à l'esprit quelque chose de plus concret que la
2 X37s',ll et 4 X 37",U de nitrate d'argent cristallisé, qu'on doit
Knudsen et des fables hydrographiques dont nous avons parlé plus
haut (p. 31). L'avantage des pipettes et des burettes de Knudsen est
liquide, en lui faisant dépasserles robinets RR,qui sont fermés ensuite
au momentdel'opération (fig 18).L'opérationest décrite danstous ses détails etd'une façon minutieuse dansle Manuel pratique de Vanalyse
internaiio-nalepourVexploralion scientifique de laMéditerranée (!<'' avril 1920).
(1) C'est, en somme, l'application de la méthode bien connue des
normale d'une salinité voisine de celle des échantillons à analyser.
Suivant les régions, il faut se munir d'échantillons d'eau normale
Trang 3836 OCÉANOGRAPHIE PHYSIQUE
densité, en indiquant immédiatement le poids des
sels-dissous dans 1kilogramme d'eau La teneur enselde l'océan
estunfacteur très important de l'existence,du
développe-ment etdeladiffusion des êtres organisésmarins
ré-fraction — Depuis longtemps les océanographes avaient pensé
àutiliser lesrelationsqui existent,dansunmêmeéchantillon d'eau,
de mer, au moyen d'un réfractomètre approprié, àla températureambiante, l'indice de réfraction, de la valeur duquel, à l'aide degraphiques et de tableaux spéciaux, on passe ensuite immédiate-ment à la connaissance de l'indice in situ, puis successivement à
celledeladensité in situ, deladensité normaleà0°, etdelà, si on
M Vaurabourga dressédestablesd'équivalenceentrelesindices
identiques
L'opération totale s'effectue en cinq minutes environ, sur unequantité de liquide de quelques centimètres cubes
La transparence de l'eau de mer se mesure parla deur à laquelle un disque métallique de 30 centimètres dediamètre, peint enblanc, cesse d'être vu L'observateurdoit
profon-semettre à l'abridusoleiletregaider le disque à traversune
est fermée par un disque de verre L'examen à traverscette lunette, dont la base est immergée dans l'eau, est de
beaucoup préférable à l'examen à l'œil nu, parce qu'on est
gênentlavue
Pourapprécierlacolorationdelamer,lemeilleurdispositifest d'en examiner une tranche horizontale au moyen d'unmiroirincliné à45° Onrapporte lacouleurà une gamme decouleurs, dite gamme de Forel, constituée par une série de
10tubesscellés,remplis d'unmélangeen proportionsdéfinies
grammede de cuivre
Trang 39MESURES RELATIVES LE DE MER
contenant des proportions bien définies de jaune et de bleu,
Gomme la solution jaune est plus fortement colorée que
la bleue, à partir du numéro 5 (5 parties de jaune pour
"95 parties de bleu), on a une couleur nettement verte
Trang 40Lorsque le vent a cessé, l'agitation persiste pendant un
certain temps, etles ondulations régulières, qui s'établissent
Les éléments de la houle sont :
La longueur L, exprimée en mètres, de crête en crête,
oudecreux encreux,mesuréeperpendiculairementaux
La hauteur oule creux H, hauteur du creux à la crête deslames;
Lapériode T, temps que mettent deux crêtes successives àpasser au même point fixe ;
céli'rité : V = =;
venirla houle
On mesure ces éléments, soit directement, soit par la
mesure d'autres éléments auxiliaires, ainsi qu'il est indiquéci-après (1).
simul-tanées, de direction et de vitesse difïérentes. La rencontre de ces