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Tiêu đề Technologies et applications des microsystèmes optiques
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Microactionneurs Les microactionneurs sont utilisés pour déplacer finement des composants optiques miroirs, fibres, lentilles afin de réaliser des fonctions optiques sophistiquées de man

Trang 1

Dossier MEMS

1

Micro-usinage de volume

Les matériaux cristallins peuvent êtres usi-nés très précisément par attaque chimique anisotrope La vitesse d’attaque de sub-strats cristallins (silicium, quartz, etc.) par certains bains d’attaque chimique dépend beaucoup des directions cristallines du

matériau (figure 1a) À partir d’un masque

de protection (non attaqué par le bain

d’attaque, et défini par photolithographie), l’attaque chimique fait apparaître des plans bien déterminés, ce qui permet d’obtenir des formes définies avec grande précision dans l’épaisseur du substrat Les plans cris-tallins obtenus peuvent avoir de bonnes qualités optiques et éventuellement servir comme miroirs Cependant, comme les formes produites sont limitées par des plans cristallins, il n’est pas possible d’ob-tenir une forme géométrique arbitraire

Une application populaire de cette technolo-gie est la production de rainures en V ser-vant de supports de précision aux fibres optiques Des rainures en V, permettant d’as-surer le positionnement vertical (enterrage)

du cœur d’une fibre optique avec un déca-lage de 0,6 µm ± 0,3 µm par rapport à la cote visée ont ainsi été réalisées à l’IMFC

Les technologies LIGA constituent une autre catégorie importante de technologies

d’usi-nage de volume (figure 1b) Dans ce cas, le

masque permet d’insoler une couche

épais-se de polymère en profondeur, de façon à obtenir des flancs verticaux après dévelop-pement du polymère Il en résulte une struc-ture polymère qui a la forme du masque

“extrudée” en profondeur, et dont l’épais-seur peut atteindre 1 mm dans le cas du

pro-Les technologies

de base de

microfabrication

Les technologies modernes de

microfabri-cation sont essentiellement basées sur la

photolithographie Grâce à un masque, la

photolithographie permet de définir par

projection des formes géométriques

planes avec une précision de l’ordre du

micromètre Ces formes sont ensuite

utili-sées comme base pour réaliser des

formes tridimensionnelles par enlèvement

ou par apport de matière La précision de

la structure tridimensionnelle obtenue

dépend du procédé d’usinage utilisé On

parle de micro-usinage de volume pour la

fabrication de structures dont l’épaisseur

est de plusieurs centaines de microns à un

millimètre, et de micro-usinage de surface

pour des structures dont l’épaisseur est de

l’ordre de 10 à 20 µm au plus

Technologies et applications des microsystèmes optiques

Figure 1 Les technologies de micro-usinage de volume.

L es technologies de microfabrication héritées de la

microélectro-nique offrent un large panorama de possibilités pour la réalisation

des microsystèmes comportant des fonctions optiques Ces

technolo-gies ont d’abord été développées pour le domaine des MEMS (micro

electro mechanical systems), puis des fonctions optiques ont été

ajoutées (il s’agit alors de MOEMS pour micro electro mechanical

systems), et diverses applications ont été démontrées Des

investisse-ments importants ont été récemment réalisés dans ce domaine, en

particulier pour des applications aux communications par fibres

optiques Cependant, ces microsystèmes peuvent trouver des

débou-chés dans tous les domaines, en particulier dans celui des capteurs.

a) Attaque chimique anisotrope b) Procédé LIGA

Trang 2

est donc assez réduite Cette instabilité est supprimée dans le cas des actionneurs électrostatiques à peignes interdigités

(figure 3b) Dans ce dernier cas, on peut

obtenir des déplacements continus de l’ordre de la dizaine de microns avec des tensions de commande de quelques dizaines de volts Dans la catégorie des actionneurs électrostatiques, il faut

égale-ment citer l’actionneur SDA (scratch drive

actuator) qui a beaucoup été utilisé pour

des microsystèmes optiques, et dont le

principe est schématisé sur la figure 3c Cet

actionneur comporte une mince feuille rec-tangulaire de polysilicium (épaisseur

1 µm), comportant un rebord d’environ 1

µm également La feuille est plaquée sur le substrat par une action électrostatique, ce qui provoque un glissement latéral du

rebord Quand la tension est supprimée, la feuille remonte verticalement, mais sa forme l’empêche de revenir en arrière : à chaque cycle, la feuille avance donc de quelques centaines de nanomètres, et peut ainsi parcourir des distances de plusieurs millimètres sur le substrat en entraînant des objets divers

Les actionneurs thermiques de type

bimorphe (figure 3d) sont constitués d’une

couche métallique déposée au-dessus d’une poutre fine, et dans laquelle circule

un courant qui permet d’élever la tempéra-ture de la poutre La dilatation différentielle des couches du bilame produit un mouve-ment de flexion hors-plan qui peut atteindre plusieurs dizaines de microns Ce principe permet également de produire des déplacements dans le plan : dans ce

2

cédé LIGA-X (utilisant des rayons X pour

l’insolation) Il est ensuite possible de

rem-plir de métal les cavités obtenues par un

procédé de croissance électrolytique On

obtient donc une pièce métallique qui est le

“négatif” de la structure polymère Cette

technologie a été utilisée pour réaliser

divers supports pour la micro-optique, des

connecteurs, ainsi que des actionneurs

Micro-usinage de surface

Le micro-usinage de surface consiste à

réaliser des dépôts de couches sur le

sub-strat, puis des attaques sélectives

permet-tant de dissoudre localement certaines

couches Des couches minces peuvent être

désolidarisées du substrat en dissolvant

sélectivement leur support : il s’agit de la

technique dite “de la couche sacrifiée” La

figure 2 présente un exemple de procédé

d’usinage de surface permettant de

réali-ser des plaques mobiles fixées au substrat

par des charnières Ces plaques peuvent

être relevées verticalement Elles ont été

utilisées comme des miroirs

perpendicu-laires au substrat afin de définir des

micro-bancs optiques complets

Microactionneurs

Les microactionneurs sont utilisés pour

déplacer finement des composants optiques

(miroirs, fibres, lentilles) afin de réaliser des

fonctions optiques sophistiquées de manière

intégrée On peut, par exemple, déplacer

finement des miroirs de cavités Fabry-Pérot,

balayer un faisceau laser, tourner un réseau

de diffraction, etc Du fait de leur grande

faci-lité de réalisation, les principaux types de

microactionneurs réalisés grâce aux

techno-logies MEMS sont :

- les actionneurs électrostatiques ;

- les actionneurs thermiques bimorphes

Divers schémas d’actionneurs sont

présen-tés en figure 3 Les actionneurs

électro-statiques à plaques parallèles (figure 3a)

permettent d’ajuster la position de la

plaque mobile sur une distance égale à un

tiers de l’espacement initial entre les

plaques : si on tente d’augmenter le

dépla-cement au-delà de cette valeur, la plaque

mobile va se coller brutalement sur la

contre-électrode La zone de contrôle

stable de la position de la plaque mobile

Figure 2 Exemple de procédé d’usinage de surface : technique de couche sacrifiée.

Dépôt de la structure

2 e couche sacrifiée

Lithographie et dépôt de l’agrafe

Dissolution des couches sacrifiées

Figure 3 Exemples de microactionneurs électrostatiques ou thermiques.

Dossier MEMS

Trang 3

Dossier MEMS/MOEMS

cas, l’actionneur est constitué d’une couche

métallique structurée en deux branches de

sections différentes (figure 3e) Le courant

traversant l’actionneur produit un

échauffe-ment plus important de la branche de

faible section, dont la résistance est plus

élevée : l’ensemble se courbe donc vers la

branche “froide”, c’est-à-dire vers celle de

grande section

Microsystèmes

optiques

Les technologies précédentes ont été

appliquées pour réaliser des systèmes

nécessitant le déplacement de composants

optiques :

• Des micromiroirs balayables

angulaire-ment ont ainsi été réalisés Le plus connu

est la matrice de micromiroirs de Texas

Instrument, dont le principe est schématisé

sur la figure 4a Ces matrices contiennent

plus d’un million de miroirs de 16 µm de

cơté, supportés par deux charnières de 5 x

1 µm et d’épaisseur 60 nm Les miroirs sont

réalisés par micro-usinage de surface

au-dessus de leur circuit CMOS d’adressage

Ils sont en aluminium et la couche sacrifiée

est constituée de résine photosensible Une

tension de 12 Volts permet de les faire

bas-culer de ± 10° entre deux états stables Ils

sont utilisés comme matrice d’affichage

dans des projecteurs vidéo Du fait de la

faible inertie du système mécanique, le basculement est effectué en seulement

15 µs Par ailleurs, plus de 200 milliards de basculements peuvent êtres réalisés avant d’observer les premiers signes de fatigue

du miroir D’autre part, des matrices de micromiroirs de diamètre 2 mm pour la commutation optique ont récemment été démontrées en 2000 par Lucent Technology Ces matrices sont fabriquées

au moyen d’une filière technologique stan-dard (MUMPS) d’usinage de surface de polysilicium, sur couche sacrifiée en verre

Contrairement aux précédents, ces miroirs sont conçus pour un déplacement

angulai-re continu de manièangulai-re à pouvoir “viser”

l’entrée d’une fibre optique Dans un autre genre, la société américaine Microvision développe des systèmes de vision minia-tures et portables, permettant d’afficher des images directement sur la rétine d’un spectateur Il s’agit d’un microsystème optique placé sur une branche de lunette

du spectateur, et comportant un micromi-roir qui balaye le faisceau issu d’une LED modulée L’image est ainsi formée sur la rétine de la même manière que sur un écran cathodique

• Les filtres Fabry-Pérot accordables

(figu-re 4b) nécessitent également un

micromou-vement mécanique parfaitement compa-tible avec les technologies des MEMS La société américaine Coretek a ainsi déve-loppé un filtre constitué d’une membrane multicouche de haute réflectivité,

suspen-due par quatre poutres fines très près d’un substrat également réfléchissant L’espa-cement entre les miroirs peut être modifié par une commande électrostatique, ce qui

a permis de réaliser un filtre de bande pas-sante 0,27 nm, accordable sur 70 nm (finesse 260) au moyen d’une tension de commande de 13 Volts La commutation de

la résonance du filtre peut se faire jusqu’à

200 kHz De tels filtres ont également été intégrés sur des photodiodes, ce qui per-met de transformer ces dernières en des spectromètres ultraminiatures

• Divers commutateurs entre guides ou fibres optiques ont également été réalisés par déplacement latéral d’un guide d’en-trée permettant de coupler la lumière vers l’un ou l’autre des deux guides de sortie La

figure 4c montre l’utilisation d’actionneurs

thermiques bimorphes pour déplacer des fibres optiques dans le plan du substrat et réaliser ainsi un coupleur 1 x 2

• Les technologies d’optique adaptative peuvent certainement bénéficier des tech-nologies MEMS dans la mesure ó ces der-nières permettent de réaliser de nombreux systèmes optiques en même temps Il devient ainsi éventuellement possible de réaliser des miroirs adaptatifs à relative-ment bas cỏt pour des applications qui ne seront plus réservées à l’astronomie La

figure 4d montre le principe de miroirs

adaptatifs à commande électrostatique, réalisés par des technologies d’usinage de surface standard (procédé MUMPS) à trois couches de polysilicium La déformation atteint 0,9 µm à 60 Volts, et le miroir peut répondre à 60 kHz

• Le contrơle de fréquence de lasers nécessite souvent des miroirs mobiles qui sont aisément réalisables en microtechno-logie Il a ainsi été possible de réaliser des micromiroirs intégrés permettant d’accor-der la longueur d’onde d’émission de diodes laser sur des dizaines de nano-mètres

• Un des apports les plus importants des microtechnologies pour les systèmes optiques est sans doute la possibilité de réaliser des microbancs optiques permet-tant d’aligner des composants optiques en éliminant un grand nombre de réglages complexes qui sont des sources poten-tielles d’instabilité Les techniques de pho-tolithographie permettent en effet de

réali-Figure 4 Exemples de composants microélectromécaniques.

Dossier MEMS

Figure 5 Exemples de microstructures d’alignement optique : a) Structures d’alignement fibre-guides (LMPO,

1999), b) Alignement de diode laser devant une microlentille de Fresnel (UCLA, 1995)

Trang 4

ser des microstructures de positionnement

dont la précision est compatible avec la

mise en place sans réglage de systèmes

optiques complexes Diverses techniques

basées sur le procédé décrit en figure 2

permettent de réaliser (figure 5a) des

sys-tèmes précis d’alignement de composants

optiques Il est même possible d’intégrer

des microactionneurs de type SDA

(fi-gure 3) pour déplacer finement les

compo-sants optiques afin de mettre en place les

microbancs Quand la précision de

fabrica-tion n’est pas suffisante (cas du couplage

laser-fibre par exemple), on peut

égale-ment penser à intégrer un microactionneur

qui permettra de faire les derniers

ajuste-ments nécessaires à l’alignement parfait du

système

Perspectives

Les microsystèmes optiques réalisés grâce

aux technologies de fabrication dérivées

de la microélectronique ont d’ores et déjà

conduit à des applications industrielles

remarquables La matrice de micromiroirs

de Texas Instrument est, par exemple, le

système contenant le plus grand nombre

d’éléments mécaniques jamais construit

par l’homme Les applications de ces

tech-nologies touchent tous les domaines de

l’optique et, grâce à la fabrication de

masse, devraient permettre une

dissémina-tion sans précédent de systèmes optiques

sophistiqués (interféromètres, optique

cohérente, etc.) dans les années à venir

Les concepteurs de systèmes optiques

doi-vent être conscients de l’existence de ces

nouvelles technologies pour pouvoir en

tirer le meilleur parti

Michel de Labachelerie

Laboratoire de physique et métrologie des oscillateurs

32, avenue de l’Observatoire

25044 Besançon Cedex, France E-mail : labachel@lpmo.edu

Dossier MEMS/MOEMS

L’émergence des microsystèmes optiques dans les réseaux de télécommunication

L e concept de microsystème ou MEMS (micro electro mechanical

systems), né dans les années 1980, est basé sur la cohabitation de

struc-tures, à fonctions mécaniques et électriques de très faibles dimensions sur une même puce Ces réalisations d’une très grande variété sont rendues possibles grâce à l’utilisation des techniques classiques

de la microélectronique, telles que la photolithographie, les techniques

de dépơt, de gravure, de report, d’interconnexion et d’assemblage Ces techniques permettent l’émergence de nombreux produits dans des domaines d’application de plus en plus vastes Les microcapteurs, première application des MEMS, envahirent par exemple rapidement les secteurs de l’automobile, permettant ainsi l’introduction des airbags grâce aux accéléromètres micro-usinés, ou du biomédical avec des microcapteurs à usage unique pour la mesure de la pression artérielle De nouveaux produits sont aujourd’hui en développement

et verront bientơt le jour industriellement, tels que des micropompes pour l’injection de médicaments, des commutateurs RF pour les télécommunications mobiles et bien d’autres encore Outre les MOEMS, micro-opto-electro-mechanical systems, composants de type MEMS ayant des propriétés optiques (par exemple : guides d’ondes, phasars, switches…), le domaine des télécommunications optiques, actuellement en pleine expansion, sera lui aussi très demandeur de MEMS et en particulier de MEMS optiques

ou microsystèmes optiques, composants électromécaniques apportant des fonctions optiques Ces derniers apparaissent en effet comme étant les seuls à pouvoir assurer toute une série de fonctions, indis-pensables aux réseaux optiques DWDM (dense wavelength division

multiplexing), commutation, atténuation, insertion/extraction de

canaux et connexion, en traitant directement le signal lumineux Cette approche est aujourd’hui une alternative à de nombreuses et cỏteuses transitions optoélectroniques et électro-optiques, qui sont

une limite en débit de transmission.

Différents types de microsystèmes optiques pour réseaux DWDM sont ainsi en cours de développement ou d’industrialisation Différentes technologies de fabrication sont utilisées parmi lesquelles le micro-usinage de surface sur SOI (silicon on insulator) épaissi semble apporter les meilleures performances pour les matrices de commuta-tions optiques Les avantages relatifs des composants utilisant des sub-strats SOI seront présentés au travers des dispositifs décrits.

Dossier MEMS

Trang 5

Ainsi, le réseau “tout optique”, concept d’utilisation rationnelle et économique des énormes potentialités de la transmission de données par fibre optique, ne peut se développer sans l’émergence de compo-sants optiques actionnables électrique-ment : les MEMS optiques

Principe des MEMS optiques

Une des constitutions classiques de MEMS optique utilise des micromiroirs mobiles,

commandés par des actionneurs

électro-statiques, thermiques, mécaniques ou induc-tifs L’application d’un stimulus, tel qu’une

différence de potentiel ou de température,

a pour effet de modifier la géométrie de la structure, et donc l’orientation de la surface réfléchissante d’un miroir On peut ainsi effectuer des redirections de faisceaux optiques, issus par exemple de fibres optiques

Principales techniques

de fabrication des MEMS

optiques

La plupart des MEMS optiques sont

réali-sés par usinage dit “de surface”, un

pro-cédé ó des épaisseurs de silicium poly-cristallin et des couches sacrificielles, pouvant être gravées sélectivement, sont alternées sur un substrat semi-conducteur

Appliquées à des couches minces, des étapes de lithographie et de gravure per-mettent notamment de fabriquer les miroirs pouvant basculer perpendiculairement au substrat Cette approche a été histori-quement la première, car proche des tech-niques déjà utilisées dans l’industrie microélectronique En revanche, la faible épaisseur de ces couches déposées et le difficile contrơle de ses contraintes internes ont poussé au développement d’alterna-tives technologiques

Plus récemment, le micro-usinage de

sur-face sur SOI (silicon on insulator) épais a été

utilisé et apporte les performances indis-pensables à ces applications Un tel sub-strat comporte structurellement une couche de silicium monocristallin, reposant sur une couche d’oxyde Cette dernière peut jouer le rơle de couche sacrificielle permettant alors de libérer mécanique-ment les structures réalisées dans la couche supérieure de silicium monocristal-lin qui peut être épaissie à souhait par épi-taxie Mais le principal avantage de cette technique de micro-usinage réside dans la nature même de cette couche monocristal-line qui, du fait de l’absence de contraintes internes, assure l’épaisseur, la rigidité, la planéité et le comportement mécanique

Les microsystèmes

optiques :

présentation

et enjeux

Figure 1 : Exemples de microsystèmes

pour différentes applications Source : TRONIC’S Microsystems.

Enjeux des microsystèmes

optiques pour

la commutation

Les perspectives des MEMS pour réseaux

de télécommunications optiques sont

impressionnantes tant par la variété des

fonctions possibles que par les quantités ou

le montant des enjeux économiques Les

débouchés commerciaux les plus

impor-tants se situent actuellement dans la

com-mutation optique pour la reconfiguration et

la sécurisation des réseaux Mais d’autres

produits comme les atténuateurs variables

(VOA : variable optical attenuator), ou les

multiplexeurs d’insertion et d’extraction

optiques (OADM : optical add-dropp

multi-plexing) sont également en cours de

déve-loppement

Les commutateurs optiques utilisant les

technologies MEMS sont destinés à

rem-placer les commutateurs électroniques de

grande puissance qui orientent et

multi-plexent les signaux dans les systèmes de

communication par fibres optiques Les

délais associés à la conversion entre

optique et électronique, principale cause

de ralentissement des transmissions, sont

ainsi éliminés : c’est le tout optique.

Pour satisfaire la demande croissante de

forts débits, du fait notamment du

dévelop-pement du trafic de données et d’Internet,

les fournisseurs d’accès cherchent à

utili-ser de manière optimale les réseaux

exis-tants, en utilisant des réseaux

reconfigu-rables Des matrices de commutation

optique permettront d’activer autant de

fibres préinstallées, sur une liaison donnée,

que le réseau en demandera

Dossier MEMS

A

A

B

B

C

C

D

D

Figure 2 : Principe d’une matrice d’interconnexion 2D.

Gap

GND

L

v

q

Figure 3 : Coupe d’un miroir pivotant (jaune) à bras

de torsion et à force électrostatique (électrode rouge).

L = 0,1 à 1 mm ; θ = 1 à plusieurs degrés ; v = quelques dizaines de volts ; gap = de quelques micromètres à plusieurs centaines de micromètres ; épaisseur du miroir = quelques micromètres.

SOI wafer - Etching o f superficial Si a nd SiO2 la yers

Epitaxy - Impla nt - Pa ssiv atio n - Meta llisa tio n

Etching o f the microstructures

Figure 4 : Principe du micro-usinage de surface, ici sur substrat SOI Source : TRONIC’S Microsystems.

Substrat SOI – Gravure des couches superfiicielles de silicium et d’oxyd

Epitaxie – Implantation – Passivation – Métallisation

Gravure des microstructures

Trang 6

désolidariser une partie de la structure du substrat pour la rendre mobile L’appli-cation d’un potentiel sur les peignes inter-digités permet d’obtenir un déplacement linéaire horizontal du miroir, de plusieurs dizaines de micromètres, au niveau de la sortie lumineuse d’une fibre optique et d’engendrer ainsi deux états, passant ou réfléchissant L’état réfléchissant corres-pond à une position du miroir, dans le fais-ceau optique, à 45° de l’axe de la fibre, telle que ce dernier dévie le faisceau lumineux dans une fibre optique positionnée per-pendiculairement

Ce type de microsystème possède de faibles pertes d’insertion pour un commuta-teur unitaire, un temps de commutation court

ainsi qu’une faible diaphotie (cross-talk).

En revanche, l’obtention de matrices de commutation avec un grand nombre d’en-trées-sorties requiert la mise en cascade

de plusieurs commutateurs unitaires Dans

ce cas, les performances, comme les pertes d’insertion se détériorent quand le nombre d’entrées-sorties augmente

Les commutateurs optiques

analogiques 3D

La deuxième grande famille de commuta-teurs optiques, qui émerge actuellement pour les matrices de grande complexité, uti-lise le fonctionnement de miroirs à un ou deux axes de rotation ; on parle alors de MEMS 3D Lors de l’application d’un poten-tiel, la surface réfléchissante peut tourner d’un certain angle, variable en fonction de la commande ou fixe sur des butées, et déflé-chir un faisceau collimaté, issu d’une fibre optique vers une autre fibre optique, “à

accès aléatoire” La figure 7 montre une

structure de base de micromiroir électrosta-tique, développée par le LAAS du CNRS

Après adaptation de ce principe et du

requis pour des pièces mobiles telles que

des micromiroirs

Les deux exemples de commutateurs

optiques qui suivent utilisent des substrats

de SOI épais : l’un pour sa capacité à

réali-ser une structure mécaniquement mobile

de plus de 62,5 µm d’épaisseur (rayon

d’une fibre optique), l’autre pour assurer

robustesse et planéité à un miroir de

grande taille

Les divers commutateurs à base

de MEMS optiques

En effectuant une analogie électrique, les

commutateurs optiques caractérisent tout

microsystème jouant le rôle d’un

interrup-teur Ces structures peuvent être bistables

(MEMS 2D) entre deux positions ou

analo-giques et asservis (MEMS 3D) pour un

accès multipositions aléatoire en trois

dimensions

Les commutateurs optiques

bistables

Le plus connu des commutateurs bistables

a été développé par l’IMT de Neuchâtel en

Suisse et est aujourd’hui commercialisé par

la société Sercalo basée au Liechtenstein Il

est basé sur le mouvement d’un miroir,

gravé dans l’épaisseur d’une couche de

silicium, sous l’effet d’un actionneur intégré

sur la même puce

La structure mécanique, miroir vertical

linéaire, et le dispositif d’actionnement

électrostatique à base de peignes

inter-digités à variation de surface sont obtenus

par gravure profonde et verticale de la

couche superficielle de silicium Cette

gra-vure est arrêtée sur l’oxyde de silicium

présent dans les structures SOI ; enfin, une

gravure sélective de cet oxyde permet de

design et utilisation de sa technologie géné-rique de micro-usinage de surface de SOI épitaxié, TRONIC’S Microsystems travaille aujourd’hui sur la fabrication de matrices de miroirs 3D de haute performance

Le dispositif présenté est constitué d’un miroir suspendu, actionné par deux élec-trodes inclinées situées en dessous Il permet d’obtenir des angles de balayage de quasi-ment 90° degrés à la fréquence de réso-nance mécanique de la structure Les déve-loppements actuels visent à asservir la posi-tion du miroir, afin de permettre un pointage

et une redirection optimale d’un faisceau optique

Enfin, en associant plusieurs de ces struc-tures, il est possible d’obtenir des matrices

de micromiroirs Ces dernières, appelées matrices d’interconnexion optique (OXC

en anglais), ou brasseur optique, suivant les cas, permettent d’orienter les N faisceaux d’entrée vers N sorties

Différentes architectures ont été proposées pour que chaque faisceau d’entrée puisse être orienté vers chaque sortie en fonction

de la commande appliquée Un prototype

de 256 x 256 entrées-sorties a par exemple été développé par Lucent Technologies

Les premières approches matricielles ont présenté des problèmes de pertes d’inser-tion dans les fibres optiques Les faibles performances étaient principalement liées

Figure 6 : Structure du switch optique Sercalo.

Figure 5 : Principe d’un commutateur optique 2D.

Dossier MEMS

Figure 7 : Commutateur optique volumique 3D

1 mm

Figure 8 : Principe d’une matrice de micro-miroirs.

Trang 7

au difficile asservissement de la position du

faisceau optique mais également à la faible

qualité optique des micromiroirs en

sili-cium polycristallin En effet, ces derniers se

déforment sous l’effet des contraintes ; les

inhomogénéités des faisceaux réfléchis se

traduisent par des pertes de recouplage

dans la fibre optique Ces difficultés ont mis

en avant les avantages technologiques des

structures réalisées en SOI épais Cette

technique est la seule à permettre

aujour-d’hui la réalisation de miroirs de grande

taille, épais, exempts de toute contrainte,

d’une grande planéité avec une couche

réfléchissante En outre, les charnières en

silicium monocristallin présentent de très

bonnes performances mécaniques, et de

baisser les tensions de commande,

assu-rant une tenue en vieillissement

exception-nelle

Perspectives

L’approche DWDM a démultiplié le

nombre de canaux pouvant être

transpor-tés par une fibre, constituant ainsi de

véri-tables autoroutes

L’utilisation optimum de ces autoroutes

nécessite des échangeurs pour permettre

d’extraire des canaux ou d’en insérer de

nouveaux, sans perturber le flot du trafic

Ici encore, l’utilisation de micromiroirs,

actionnables électriquement, à base de

MEMS permet d’envisager des dispositifs d’insertion/extraction de canaux, de type OADM

Enfin, les signaux sont régulièrement amplifiés au cours de leur transmission ou détectés en fin de ligne Dans les deux cas,

la puissance des canaux doit être adaptée

à la réponse des amplificateurs ou des détecteurs Des composants à base de MEMS permettent d’assurer une fonction d’absorbeur optique variable (ou VOA en anglais)

L’introduction des MEMS optiques dans le réseau DWDM de communication à hauts débits n’en est qu’à ses débuts Les prévi-sions vertigineuses mobilisent aujourd’hui nombre de laboratoires et de sociétés, grands groupes et jeunes pousses, de par

le monde

Stéphane Renard

TRONIC’S Microsystems, info@tronics-mst.com,

15, rue des Martyrs, F-38000 Grenoble

Bruno Estibals

Laboratoire d’analyses et d’architecture des systèmes,

7, avenue du Col Roche, F-31077 Toulouse

Dossier MEMS

Figure 10 : Principe d’un OADM.

DWDM : Dense Wavelength Division Multiplexing

Multiplexage dense en longueur d’onde : système de transmission

optique “haut débit” dans lequel de nombreux canaux sont

trans-mis à l’intérieur d’une même fibre optique sur des porteuses

lumineuses de différentes longueurs d’onde

Les meilleurs équipements DWDM qui apparaissent sur le marché

permettent de transmettre sur une seule fibre optique plusieurs

dizaines de canaux modulés à 10 GHz espacés de 50 GHz

MEMS : Micro-Electro-Mechanical Systems

Systèmes micro-electro-mécaniques : microdispositifs, réalisés à

l’aide des microtechnologies, comportant des pièces

microméca-niques, à commande ou détection électrique (par exemple :

capteur de pression, accéléromètre, micromiroirs pivotants…)

MOEMS : Micro-Opto-Electro-Mechanical Systems

Micro-dispositifs de type MEMS dont les matériaux ont des

pro-priétés optiques telles que l’émission, la transmission ou la

récep-tion de lumière

MEMS optiques

Dispositifs micromécaniques classiques utilisés pour agir sur un faisceau optique par réflexion, occultation ou absorption

VOA : Variable Optical Attenuator

Dispositif ayant comme fonction d’absorber une partie de la puis-sance lumineuse d’un faisceau Ce composant peut être constitué d’un MEMS avec une atténuation variable en fonction d’une com-mande électrique

OADM : Optical Add-Drop Multiplexer

Multiplexeur d’insertion / extraction optique : composant permet-tant d’insérer, ou d’extraire, une porteuse lumineuse dans une fibre optique, sans perturber le flot des autres canaux qui y sont transmis

Certains OADM sont purement passifs, adaptés à des longueurs d’onde fixes D’autres, en cours de développement, permettent de choisir les porteuses à insérer ou à extraire à l’aide d’une com-mande électrique

Lexique

Figure 9 : Principe du DWDM.

Source : Bell Laboratories

Trang 8

Les MEMS : une technologie prometteuse

pour les télécommunications optiques

Les

télécommunica-tions à fibres

optiques :

un environnement

florissant

L’année 2000 aura été une année décisive

dans la structuration du marché des

télé-communications à fibres optiques… et le

moment ó les acteurs du domaine auront

réalisé l’importance des technologies

MEMS pour les futurs réseaux tout optique.

En 2000, des industriels du domaine des

télécommunications optiques ont acquis un

portefeuille complet de technologies, pour

la plupart à des prix fantastiques ! Ainsi,

plus de 100 milliards de dollars ont été

échangés au cours d’achats d’entreprises

depuis deux ans, surtout de la part

d’entre-prises américaines Un des points les plus

intéressants de cette vague d’achats est

l’acquisition de centres de recherches

publiques par des groupes privés (par

exemple le CSELT en Italie, qui a été

ache-té par Agilent Technologies, ou encore

l’ac-tivité R&D en optique intégrée de France

Telecom qui a été acquise par HighWave

Optical Technologies) Dans un avenir proche, il est probable que ne survivront plus que quelques grandes entreprises qui domineront le marché (telles que JDS Uniphase, Corning, Alcatel, Lucent,

Nortel…) Comme leurs homologues amé-ricaines, les entreprises européennes sont elles aussi dans une phase d’acquisition d’autres entreprises (c’est le cas d’Alcatel Optronics, d’HighWave Optical Techno-logies ou de Kymata) Ces acquisitions ont contribué à former une chaỵne industrielle

comme on peut le constater dans la

figu-re 1.

Aujourd’hui, de nouveaux acteurs intègrent cette chaỵne industrielle Ce sont des systè-miers tels qu’Ilotron au Royaume-Uni (l’ob-jectif d’Ilotron est le développement de routeurs optiques basés sur des MEMS, les micromiroirs étant achetés à des entre-prises fabriquant de MEMS tels que Optical Micro-Machines – OMM – aux États-Unis) Les entreprises comme Ilotron sous-traitent la fabrication des composants

et ne gardent que les aspects assemblage

et test en interne Ce positionnement straté-gique offre ainsi une plus haute valeur ajou-tée sur les produits finaux que ne le ferait la production simple des composants eux-mêmes

M algré la baisse des valeurs télécom sur les différents marchés

financiers, le marché des télécommunications à fibres optiques

conti-nue son évolution Depuis deux ans, environ 110 milliards de dollars

ont été échangés dans l’acquisition d’entreprises et de nouvelles

tech-nologies par des grands groupes tels que Corning, JDS Uniphase,

Nortel… Aujourd’hui, le nombre de fusions et d’acquisitions a diminué

mais celles-ci sont devenues plus spécifiques Les technologies MEMS,

par exemple, restent très convoitées De plus, dans ce domaine, des

sociétés de capital-risque continuent leurs efforts d’investissements

(en Europe, celles-ci ont investi 400 millions de dollars dans douze

entreprises de ce secteur) Cet article souligne les évolutions

écono-miques les plus récentes de ce marché toujours en croissance, et

montre les rơles clés que joueront les MEMS dans un avenir proche.

Dossier MEMS

Figure 1 : Chaỵne industrielle du secteur des télécommunications optiques.

UTILISATEURS

FOURNISSEURS

DE SERVICES SYSTÈMIERS

FABRICANTS

DE SOUS - SYSTÈMES FABRICANTS DE COMPOSANTS

Sercalo, Cronos (maintenant JDS), Tronic’s Microsystems, TMP (maintenant Kymata), OMM, Kloe (maintenant StockerYale), Gefran Silicon Microsystems (maintenant Agilent)…

Xros, Corvis, Cisco, Ciena, ADVA, Algety (maintenant Corvis), Ilotron…

JDS Uniphase, Corning, ADC Telecom, SDL, Bookhma, Kymata, Etek, HighWave Optical Technologies, Teem Photonics…

Equipement de fabrication : Balzers…

CAO: Memscap… Equipement de test : GN Nettest…

R&D: Leti, Delft… Matériaux: BCO, Corning…

Equipement d’assemblage : Opµs…

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Une des conséquences de cette révolution optique est le remplacement progressif par des composants optiques des fonctions réalisées avec des composants électro-niques (l’électronique étant limitée à un débit d’information de 1 Tbits/s) Comme l’objectif est d’avoir des systèmes tout optique de routage, la fonction routage pourrait être accomplie en utilisant des composants MEMS (tels que des micromi-roirs), qui est la seule technologie pour la réalisation de matrice de routage de

gran-de taille De plus, comme la gran-demangran-de n’est pas uniforme dans le réseau, il y a aussi un besoin croissant de reconfiguration de cer-taines parties du réseau (pour la création

de régions de plus haute capacité par exemple) Les MEMS sont des composants appropriés pour la reconfiguration : WDM add/drop, commutateurs optiques ou matrices de commutation optiques La technologie MEMS est idéale pour des

matrices tout optique (cross connects ou

OXCs) qui pourraient reconfigurer le réseau sur une échelle de temps réduite en réponse au trafic

Ce qu’il faut remarquer, c’est que les tech-nologies “conventionnelles” (telles que la thermo-optique) seront toujours utilisées pour les commutateurs 1 x 2 à 1 x N (qui représenteront le plus grand volume de marché) Néanmoins, les MEMS (MEMS 2D

pour les tailles de matrices jusqu’à

256 x 256 et MEMS 3D pour les matrices

de commutation de taille supérieure à

1 000 x 1 000) permettront la réalisation des matrices de commutation de grande taille (ce qui représentera, à terme, le mar-ché le plus important en dollars) Cependant, de nouvelles technologies arri-vent et pourraient être en concurrence avec les micromiroirs : l’holographie, les cristaux liquides, le jet d’encre, la thermo-optique…

Aujourd’hui, des composants MEMS sont disponibles sur le marché en Europe Des entreprises telles que Sercalo Micro-technology, Kymata Netherlands BV, Colybris SA, Tronic’s Microsystems, PHS MEMS, MEMSCAP… proposent des MEMS optiques Le composant actif le plus fré-quemment commercialisé ou développé est le commutateur optique (qui est l’élé-ment de base pour des systèmes plus complexes) La commutation est une fonc-tion cruciale pour les télécommunicafonc-tions à fibres optiques et pour la réalisation de

cross connects optiques (OXCs) Selon le

cabinet de conseil Yole Développement, la vente totale pour des matrices de commu-tation optiques (à partir des commutateurs

de taille 1 x 2 jusqu’aux OXCs de taille

4 000 x 4 000) pourrait atteindre 1,5 mil-liard de dollars en 2005 uniquement pour

Le lancement de

nouvelles start-ups

Au premier semestre 2000, les sociétés de

capital-risque ont investi 7,3 milliards de

dollars dans le domaine des

télécommuni-cations et le marché des télécom fibres

optiques ne cesse de stimuler la création

de nouvelles start-ups Sept start-ups ont

été lancées dans les trois derniers mois de

2000 : Starlink AG (D) et Cube Optics AG

(D) de l’IMM, Crystal Fibre A/S (DK) et

Cisilias A/S (DK) du centre de recherche

danois COM, Photline (F), Lumentis AB

(SW) et Polatis (GB) Il existe également de

nombreuses autres start-ups qui sont dans

une phase de lancement Il est surprenant

de voir que des technologies, qui servaient

de démonstrateurs dans les laboratoires il y

a quelques années, sont aujourd’hui si

rapi-dement promues

Les télécoms fibres optiques :

une opportunité

pour les MEMS

Le tableau suivant (figure 2) illustre quels

sont les composants et modules utilisés

dans les réseaux DWDM (source Cronos)

Ce tableau montre que les MEMS joueront

un rôle clé dans les points suivants des

réseaux : émetteurs, Mux/Demux,

commu-tateurs et récepteurs

• Pour les émetteurs, les Mux/Demux et les

récepteurs, la technologie des MEMS peut

être utilisée dans la réalisation de filtres et

de lasers accordables

• Pour la fonction de commutation, la

tech-nologie MEMS peut aussi être utilisée pour

les commutateurs optiques, les modules

add/drop et OADM reconfigurables

(tech-nologie micromiroirs 2D et 3D)

Aujourd’hui, il est évident que les

télécom-munications à fibres optiques représentent

la nouvelle “killer application” que

recher-chait la technologie des microsystèmes La

croissance du marché des

télécommunica-tions est fortement liée au trafic Internet

L’augmentation du trafic de l’information

Internet pousse au développement

d’équi-pements de réseaux optiques à haut débit

9

WDM Transmitters

• Source lasers

• Lithium Niobate modulators

• EML

• Tunable lasers

• Wave-lockers

• Tx/Rx modules

WDM Mux/Demux

• Thin film filters

• Fibre gratings

• Waveguides

• Diffraction gratings

• Circulators

• Interleavers

• Mux/Demux modules

• Tuneable filters

WDM Amplifiers

• Dynamic Gain Equaliser

• Isolators

• Tap couplers

• Pump lasers

• Gain equalisers

• Attenuators

• Integrated amplifiers

• SOAs

WDM Switching

• Optical switches

• Circulators

• Couplers

• Add/drop modules

• Configurable OADM

WDM Receivers

• PINs

• APD

• Tuneable filters figure 2 : Composants et modules dans les réseaux DWDM

Dossier MEMS

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sonnes “seulement” en Europe Ceci est à garder en perspective concernant les 400 millions de dollars investis dans cette

activi-té par les sociéactivi-tés de capital risque en Europe (pour douze entreprises)

Ces entreprises européennes emploient plus de 8 000 salariés, avec un taux de croissance de 60 % La valeur financière totale des ces entreprises est actuellement

de plus de 12 milliards d’euros, ce qui reste toujours très élevé malgré la dévaluation boursière de fin 2000

Article rédigé par Eric Mounier (Tél : 04 72 83 01 81)

et publié avec l’aimable

autorisation de Yole Développement

10

les composants MEMS Les composants

MEMS dépasseraient alors le marché du

milliard de dollars !

Dans le domaine des MEMS, l’Europe a une

offre technologique large et complète

(LIGA, réplication, micro-usinage…), un

environnement R&D riche et de haute

qua-lité, la présence de réseaux nationaux qui

mettent en avant les MEMS et les

technolo-gies des microsystèmes, le soutien national

de financement (le réseau de micro-

nano-technologie et Adémis en France,

VDI-VDE/IT en Allemagne…) et la volonté

d’al-ler vers les fonderies ouvertes pour les

produits dédiés (à travers le projet

Europractice) En revanche, l’Europe garde

des problèmes d’industrialisation

(pro-blèmes de cỏt, difficultés à trouver une

fonderie…), de commercialisation et de

lancement des marchés De plus, peu

d’en-treprises proposent aujourd’hui

l’encapsu-lation pour MEMS dans le domaine des

télécommunications optiques

Perspectives

Aujourd’hui, le marché des composants

fibres optiques est en très forte croissance

mondialement, ce qui peut être expliqué

par trois paramètres :

1 Le trafic dans les réseaux de

télécommu-nications est en croissance grâce à Internet

De plus en plus de gens sont connectés, le

taux d’information est en croissance et le

temps en ligne augmente aussi

2 Le marché des télécommunications n’est plus réglementé Il y a de plus en plus d’ac-teurs industriels et de fournisseurs En Europe, plusieurs dizaines de projets de fibres optiques se mettent en place actuel-lement

3 De nouvelles technologies se dévelop-pent pour le routage tout optique

Aujourd’hui, l’électronique est limitée à un débit d’information de 1 Tbit/s ; pour des débits plus hauts, la gestion du réseau devra être tout optique

Ce dernier point est essentiel et explique pourquoi de nouvelles technologies appa-raissent aujourd’hui (telles que les MEMS qui sont de bons candidats pour le routage tout optique et les réseaux reconfigu-rables) Les technologies, qui étaient des technologies de laboratoire il y a quelques années, sont subitement mises en avant et

de nombreuses start-ups se créent Par exemple, Opsitech est une nouvelles spin-off du Léti, créée en juillet 2000 par Patrick Mottier, Michel Bruel et Joël Alanis ; elle produit des composants en optique inté-grée En 2000, l’IMM a lancé deux nouvelles start-ups MEMS : Starlink AG et Cube Optics AG Cependant, cette croissance de start-ups est équilibrée par de nombreux achats par de plus grands groupes (en juillet 2000, par exemple, JDS Uniphase a acquis SDL pour 41 milliards de dollars)

Dans un avenir proche, il n’y aura proba-blement que quelques grandes entreprises qui domineront le marché (des entreprises telles que JDS Uniphase, Corning, Alcatel, Lucent, Nortel…)

Les télécommunications optiques sont la

nouvelle “killer application” des MEMS,

mais il reste le défi stratégique qui est celui

de trouver une fonderie En Europe, une offre industrielle se présente néammoins : Tronic’s Microsystems, TMP, CSEM…

Certaines entreprises sont uniquement IPR

(intellectual property rights) comme Xros

(US) ou Ilotron (GB) et ont besoin de fonde-ries

Cependant, il faut retenir le fait que, malgré

la tendance à la hausse de l’activité télé-communications à fibres optiques, cela reste un marché à moyen volume (aujour-d’hui, les volumes vont de quelques unités pour OXCs, par exemple, à quelques dizaines de milliers d’unités pour les ampli-ficateurs) qui emploie environ 5 000

per-Yole Développement, société de conseil

dans les domaines des microsystèmes

et de la microélectronique, a publié un

rapport décrivant les activités

indus-trielles et de R&D des composants

optiques pour les télécommunications

Ce rapport décrit quelles sont les

tech-nologies actuellement utilisées, quelles

sont les technologies en

développe-ment, les derniers rachats de sociétés, la

position européenne par rapport aux

USA et au Japon… Le rapport inclut

éga-lement 107 profils d’acteurs du domaine

(stratégie, capacité de production,

don-nées financières…) Pour plus

d’informa-tion, contactez : fabopto@yole.fr

Dossier MEMS

Ngày đăng: 23/01/2014, 01:20

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