Comme il n’y a pas de consensus sur la définition de l’émotion, nous voulons d’abord fixer une définition. Il sera donc ensuite possible de proposer un modèle générique.
Avertissement : Nous voulons spécifier ici que nous utilisons quelques mots anglais pour nommer des concepts. Comme ces mots sont utilisés dans la vie réelle pour signifier de larges notions qui seront possiblement très différentes du sens donné ici. Nous avons décidé d’utiliser ces mots pour simplifier la présentation.
Définition
Une émotion est un processus qui caractérise la réponse du corps humain à un événement.
Un événement est une perception par le corps humain d’un changement (ou
Une réponse du corps humain est un ou plusieurs changement interne (indétectable par un observateur extérieur) dans le corps humain, ou une expression ou posture du corps extérieur (détectable par un observateur) ou une absence de changement.
Modèle d’émotions proposé :
Basé sur cette définition nous proposons un modèle d’émotions de sept composants comme décrit dans la figure suivante :
Figure 10 - Architecture de GRACE
Processus émotionnel
Dans ce modèle, sensation est le point de départ. La sensation est générée par un évènement, quelque chose qui existe ou n’existe pas mais qui génère un changement physiologique dans le corps. Cette sensation serait traitée en deux niveaux parallèles.
D’abord, la perception physiologique transformera ce signal initial directement en réponse du corps (battement du cœur, pression sanguine, etc.) et alarmera le niveau de comportement.
La perception cognitive transformera ce signal de sensation en information cognitive sur la situation de l’environnement qui sera traitée par le comportement.
Le comportement calculera la réponse à l’information venant du niveau des perceptions en se basant sur Internal cognitive state. Cette réponse serait envoyée au Body ó la réaction physique aura lieu.
A noter que dans cette définition, le point de départ d’une émotion est un événement. Le processus de réaction à un événement prend quelque temps et ce temps n’est pas constant. Alors, il est possible d’avoir une réponse à un événement suivant avant à celui antérieur.
Description des sept composants
A. Sensation
Cette partie est bien difficile à définir. C’est là ó une émotion commence. On peut considérer (si on suit l’idée de Scherer) que l’évaluation d’un évènement scanne toujours l’environnement du corps et l’état interne du corps. Un moment quelconque, un changement est détecté ; une sensation est née. Cette sensation peut venir (selon la théorie d’Ortony et al) d’un évènement, d’une action d’un agent ou un aspect d’un objet. Cette sensation est envoyée ensuite à deux modules d’interprétation (physiologique et cognitive). Chacun de ces deux modules peuvent inhiber cette entrée si son niveau est considéré trop bas.
En fait, le module de Sensation pourrait être vu comme un représentant de cinq sens humains (la vue, le toucher, l'oụe ou l'audition, l’odorat, le gỏt). Ce serait un système de récepteurs capable de capter et de traduire plusieurs formes d’énergie (stimuli) et de les analyser pour en permettre la perception (ou la détection de changement dans l’environnement). Le terme de sens couvre deux aspects bien différents suivant que l’on soit en présence d'une communication immédiate (donc instinctive) ou médiate (donc rationnelle). En fait, les sens ne sont pas uniquement des transducteurs permettant la mesure de paramètres. Les sens sont les instruments de la perception, c'est-à-dire le lien qui relie l'organisme au monde extộrieur et qui lui permet de faire naợtre une sensation.
La transformation entre l’activation d’un sens et la sensation générée dans le corps est probablement différente entres les personnes (sensibilité par exemple), dans
En répondant à une sensation, une sortie au niveau du corps pourrait être immộdiate. La perception est ici ô instantanộe ằ, on peut considộrer qu’il s’agit d’un événement externe ou d’une transformation interne d’un événement externe.
Par exemple un son très violent déclenche une saturation du système de perception de l’oreille. Cette information provoque un sursaut de l’individu par son arc réflexe (Ensemble constitué par la transmission d'une information sensitive (stimulation) vers un centre nerveux (notamment dans la moelle), ce centre et la transmission de la réponse (motrice notamment) de ce centre aux organes effecteurs).
Dans notre modèle, l’interprétation physiologique analyse l’information du module de Sensation pour calculer la réponse immédiate et fournir cette réponse au module de Body. Cette réponse pourrait aussi être transformée en information fournie comme entrée au module de Behavior.
C. Cognitive interpretation
L’interprétation cognitive est un filtrage des sensations. Elle transforme la sensation au niveau sémantique. Un sens serait attaché à cette sensation. Ce sens dépend de l’humeur de la personne. L’humeur ici joue le rôle d’amplifier quelques caractéristiques particulières. C’est la première partie de l’interprétation d’une sensation. La seconde partie est basée sur : la croyance, la nouveauté, et la concordance avec la relation entre les standards et les buts personnels.
En fait, ce type d’interprộtation prend ô du temps ằ, on considốre alors qu’un processus cognitif se met en place. Celui-ci va dépendre de plusieurs facteurs. Tout d’abord ô l’ộtat cognitif interneằ de l’individu qui se caractộrise par son humeur et ses sentiments. L’humeur dépend de l’histoire de l’individu, de sa fatigue et de sa concentration, il règle la perception de l’événement en fonction de sa valence. Les sentiments caractérisent un autre état interne de l’individu. Cet état est plus complexe et plus difficile à cerner. En effet bon nombre de choses dites sur les émotions sont applicables aux sentiments. Les sentiments vont avoir comme effet de perturber l’interprétation en donnant des valeurs positives ou négatives à des événements.
D. Behaviour
Le Behaviour calcule la réponse émotionnelle et comportementale que le corps doit fournir à une perception. Ici, on trouve ce qui est classique en robotique. Tous ceux
comme la planification, l’apprentissage, et les méthodes évolutionnaires peuvent être appliquées dans ce cas. La différence ici par rapport à une architecture classique est de créer une dépendance avec l’état cognitif interne. En fait, la réaction à une perception n’est pas toujours la même ; deux niveaux de réactions pourraient être distinguées comme suit :
Le premier niveau étant donné classique est que quand on apprend que la réponse n’est pas adaptable aux entrées, on va calculer une autre réponse à la situation.
Le deuxième niveau est la conséquence de la dépendance de l’état cognitif. Si un état cognitif est agressif ou joyeux, il ne crée pas la même réponse que celui tranquille ou dépressif.
E. Internal cognitive state
L’Etat cognitif interne (Internal cognitive state) est le lieu ó deux déclarations seront activées : sentiments (Feelings) et l’humeur (Mood).
Sentiments : c’est le méta-niveau auquel la perception cognitive, le comportement et l’action du corps seront analyses. Ce niveau analyse la situation globale. Il pourrait être un sentiment d’une situation qui est déjà expérimentée, un sentiment que c’est une bonne direction, un sentiment inconfortable car la situation n’est pas celle espérée, un joyeux sentiment car tout est contrôlable, etc.
Humeur : C’est ó l’image globale des sentiments du passé est stocké. Elle a une influence sur la perception cognitive. Elle inclut la prise de position (combattre, s’enfuir, aider, aimer, etc.), états mentaux (motivation, intérêts, extraversion, introversion, etc.), états physiques (la fatigue, l’anxiété, etc.).
F. Intuition
Ce module est utilisé pour créer une sensation quand rien ne s’est réellement passé dans l’environnement. Cette intuition est basée sur l’état cognitif interne. L’intuition pourrait être vue comme une conséquence des sentiments. Les sentiments analysent la situation et prédit une sensation via les connaissances acquises. L’intensité de cette
niveau d’intuition serait obtenu par l’association des séquences de sensation avec une transformation homomorphisme sur les sensations passées.
G. Body
Le Body est le lieu ó le comportement sera exprimé. Cette expression pourrait être interne dans le système nerveux. Il est responsable pour l’augmentation du rythme du cœur et de la pression du sang, parmi d’autres changements physiologiques, au long du sens d’excitation que l’on ressent à cause de l’augmentation de l’adrénaline dans le système. L’expression pourrait aussi être externe avec l’expression du visage, la voix, la prise de position, la sueur, etc.