du mauvais, le bien du mal.
Com. 80-81. Meng-tsốu a dit (L. IV. ch. Li-liờou) : ôLes vestiges(des
ô souverains) s'effacốrent (tsùh sùh) et les chants cessốrent avec eux.
ô Aprốs qu'ils eurent cessộ de se produire, le Tchỷn-thsiờou fut com- .posộ.ằ —Les ôvestigesằ des rois : c'ộtait la doctrine de Wờn et de Wỏ (Wên-wâng et Wỏ-wâng). Comme parles conseils de Wên, l'énergie, la majesté de Wỏ, 1 la splendeur des règnes de Tching (wâng) et de Mng (wâng) furent une époque brillante et prospère,
les Tchêou appelèrent à eux les hommes supérieurs par leurs mérites
et leur intelligence; comme on le voit par les productions nombreuses en poésies du règne de Yéou (wâng),2 dont la proportion était plus élevée que celle du règne de Siỏen-wâng (827-781) son prédécesseur.
1 Wỏ-wâng était le fils de Wên-wâng et le fondateur de la dynastie des Tchêou (1,134-1,114 avant notre ère).
2 II y a, dans le Chợ-Kợng, 40 chants td yà sur 74, et 2 siào yà, apparte- nant au règne de Yèou-wâng (781-771 avant notre ère). C'est plus de la moitié de tous ceux du mờme ordre, 2e partie, qui sont conservộs dans le Chợ Kợntji
(Voir le Chợ Kợng, ộdition impộriale, aux Prolộgomốnes.)
— 62 —
On peut s'en assurer en examinant les Quatre parties du Chợ-Kợng 1. Ce sont là ce que l'on a nommộ : les ôvestiges des rois ằ.
Dès que le siège de la dynastie des Tcheôu fut transporté à l'Orient2,
les maợtres de musique ne publiốrent plus de chants notộs, et les chants populaires (fỏng) disparurent. Tous les princes vassaux ne rendirent plus de visites d'hommages au fils du Ciel, (leur Suzerain) ; et les chants nommés Siào yà cessèrent de se produire. Le fils du Ciel
(le Suzerain) ne ôrộunit plus^ dans des festinsằ, les princes feuda- taires, et les chants Td yà cessèrent de se produire. Tous les princes vassaux ne se présentèrent plus pour assister auxcérémonies des sacri-
fices impộriaux,et les ô chants solennels,nommộs Sỏng,cessốrentde se produire.C'est ainsi que la productiondesvers ou chants (comme ceux dont est composộ le Chợ-Kợng) cessa complốtement, et les ô Vestiges des Souverainsằ (c'est-à-dire, les Chants inspirộs par leur gouverne- ment) ne se reproduisirent plus sous celui de leurs successeurs. C'est pourquoi Khỏng-tsèu, né à l'époque de la décadence des Tchêou orientaux8; ayant vu leurs souverains sans autorité, détestés parles
populations; leur administration méconnue; tous les princes féodaux livrộs à la dissolution, prit le parti de quitter l'ộtat de Wờù (ú il rộsi- dait4), pour retourner dans l'État de Lou (sa patrie). C'est alors qu'il
1 D'aprốs l'autoritộ citộe ci-dessus, il n'y a, dans le Chợ-Kợng, que 5 piốces
de vers dans les Foiùng, 14 dans les Siào-yà, et 6 dans les Td-yà, appartenant au règne de Siỏen-wâng.
2 La cour des Tchêou était située, depuis Wỏ-wâng (le fondateur de la dynastie), à Ko, ouest placộe aujourd'hui la ville de Sợ-ngõn-fou, capitale delà
province du Chõn-sợ. Ping-wõng (770 ans avant J.-C), transporta la cour à
Lo-yè, aujourd'hui Lô-yâng, province du Hô-nân.
3 Confucius naquit l'année kang-sou, du cycle de 60, du règne de Ling-
wâng, 551 ans avant notre ère, et la 22e année du règne de Siâng-Koung, prince de l'Etat de Lou, son pays natal, aujourd'hui province de Cbân-tỏng.
* Confucius quitta l'Etat de Weù pour retourner dans l'ẫtat de Lou la
36e année du règne de King-wâng (484 avant J.-C). C'est alors que le célèbre philosophe s'occupa de mettre en ordre le Chỏ-Kỵng; qu'il recueillit les Li
ou ô Rites ằ; qu'il ộpura le ô Recueil des poộsies ằ (chõnchợ); qu'il rectifia
le Livre sur la Musique (tching yôh) ; qu'il composa ses
ô Dix ailes du Yùh- Kợng ằ [tsụh yùh chùh yùh), c'est-à-dire ses
ô Commentaires et Appendices ằ surce livre; et c'est trois ans après, en481, qu'il composa son Tchûn-Thsiêou.s
— 63 —
composa son Tchim-Thsiêou,dansl'intentionde rétablir l'influence des lois et d'une bonne administration.
Le Tchỷn-Tlisiờouportait anciennement le nom de ô Chronique de Louằ (Lou Szộ ki). Les quatres saisons de l'annộe ộtant suivies (annộe
par annộe) dans la ôChroniqueằ, le nom, par allusion, de Printemps
et d'Automneằ (Tchỷn-Thsieụu),lui fut donnộ ; partant de l'idộe que le
ôprintempsằ est la renaissance de la vie, et que 1' ôautomneằ la ter- mine. Ceux qui résident dans la demeure des princes, ceux-là ont une grande influence sur eux. La dynastie des Tchêou tombaen décadence, dès la translation de sa Cour à l'Est de l'Empire (dans le Hô-nân, midi du fleuve Jaune, l'année 770 av. J.-C.) le Tchûn-Thsieôucom- mence sa chronique à la lrc année du règne de Yin Kỏng, prince de
l'État de Lou (l'an 722 av. J.-C), sur la fin du règne de Ping-wâng,
premier roi des ô Tchờou orientaux ằ. Les princesou Kỏng, de l'ẫtat de Lou, qui leur succédèrent, furent : Hiỏan, Tchouang, Min, Hỵ,
Wen, Siouen, Tching, Siang, Tchao, Ting, et Ngạ1. La chasse du Lin étant arrivé, aussitôt (Confucius) brisa son pinceau (cessa d'écrire).
Il fut blessé à mort, non par le temps, mais par la vue du Lin2. Il se
lamenta de ce que la doctrine des (anciens) rois n'était plus suivie.
1 La chronique de Confucius s'arrête à ce prince, qui régna jusqu'à l'année 430 avant J.-C.
2 Pour comprendre ce passage il faut se reporter à l'histoire de l'époque en question. Le Ki-lin, animal fabuleux, mõle et femelle, qui ne paraợt que pour annoncer les événements heureux, selon la légende, était apparu à la mère de Confucius pour lui annoncer la naissance de son fils; il portait dans sa gueule une pierre de Yỷ, ou de jade, sur laquelle on lisait en chinois : ô Un enfant
ô pur comme le cristal naợtra quand les Tchờou seront sur leur dộclin ; il sera
ô roi, mais sans domaine ằ.
L'année 481 avant notre ère, Ngạ-kỏng, chef de l'Etat de Lou, étant allé à la chasse, les hommes de sa suite rencontrèrent un animal extraordinaire qui fut forcé et abattu. Rapporté mort au palais, il fut jeté à la voirie hors du parc;
mais aucune bête carnassière n'osa en approcher pour le dévorer. Il resta ainsi exposé bien des jours. Confucius l'ayant appris, se transporta sur les lieux pour le voir, accompagné de plusieurs de ses disciples. Il s'écria aussitôt, en le voyant : ô C'est l'animal symbole de la charitộ et de la saine doctrine; c'est un
ô Lin; il s'est montrộ à un petit nombre... et on l'a fait mourir!.. 0 Ciel! en
ô sera-t-il ainsi de la charitộ et de la saine doctrine? ằ — Le Lin vivant avait
— 64 —
La Chronique (le Tchûn-Thsiêou)rapporte les faits politiques qui se sont passés pendant 242 ans. Un mot suffit (à l'auteur) pour louer les
bonnes actions, honorer les robes brodées à fleurs, (c'est-à-dire : les fonctionnaires publics) ; et un mot lui suffit pour exprimer le blâme
ou condamner leurs mauvaises actions; pour être sévère envers les haches et les sabres (c. à d. envers les abus de la force, les révoltes à
mains armées, etc).
Meng-tsốu a dit (L. III 2e partie, Đ 10) : ôKhỏng-tsốu ayant ter-
ô minộ son Tchỷn-Thsieụu, les ministres rebelles et les malfaiteurs
ô tremblốrent ằ. Cela signifie, que leurs bonnes actions comme leurs
méfaits ayant été rendus patents, leurs vertus comme leurs vices ma-
nifestes (dans la ôChroniqueằ de Confucius), les ministres rebelles ou prévaricateurs et les malfaiteurs ne peuvent éviter les châtiments qu'ils méritent, dans le Ciel et sur la terre (wôu sb thâo tsoui yù Thiên
tl tchi kiên yè).
82. - 1| f ằ f 4 Ơ,
San tchỏan tchè, yèou kỏng yâng. .
Tam truyên giâ, hû'u công dzvrcmg.
83. =£ -JE ft • * m Mo
Yèou Tsb chi, yèou Kỏh liâng.
Hiru Ta thi, hiru Côc luo°ng.
annoncộ sa naissance; le Lin abattu qu'il venait de voir lui annonỗait sa mort!
L'événementsuivit de près et vint briser son pinceau (les Chinois ont toujours écrit leur langue avec des pinceaux). Confucius, le grand philosophe, mourut
la 60e année du règne deNgạ Kỏng, en été, à la 4° lune (479 avant J.-C),
à l'âge de 73 ans. C'est de lui que Voltaire a dit :
ô De la seule raison salutaire interprốte,
ô Sans ộblouir le monde, ộclairant les esprits,
ô Il ne parla qu'en Sage et jamais en prophốte :
ô Cependant on le crut, et mờme en son pays. ằ
Beaucoup de souverains chinois ont voulu honorer sa mémoire, L'un de ceux de la dynastie des Mợng l'a nommộ : Le plus saint, le plus sage et le '
plus vertueux des instituteurs des hommes. On peut voir une notice sur sa vie dans notre premier volume de la Description de la Chine,pages 120-183,
avec son portraitet plusieurs autres gravures, comprenantdes vues de la maison ó il naquit, de son tombeau, etc. PI. 22-37.
— 65 —