dÐpartement des langues ÐtrangÌres ------rÐsumÐ du mÐmoire de fin d'Ðtudes supÐrieures description du personnage julien sorel chez stendhaldans L e rouge et le noir DirigÐ par Mme :
Trang 1dÐpartement des langues ÐtrangÌres
- -rÐsumÐ du mÐmoire de fin d'Ðtudes supÐrieures description du personnage julien sorel chez
stendhaldans L e rouge et le noir
DirigÐ par Mme : Lª ThÞ Thu Hµ
PrÐsentÐ par : Ph¹m ThÞ Quúnh Nga
Classe: 40A3, Fran çais
Vinh, mai 2003
Remerciements
Si le travail prÐsent a pu s’achever, c’est pour une part essentielle gr©ce auxencouragements et aux renseignements efficaces de mon directrice derecherche, Mme Lª ThÞ Thu Hµ, professeur de français du DÐpartement des
Trang 2Langues ÐtrangÌres de l’UniversitÐ de Vinh, µ qui, pour les premiers mots, jevoudrais bien destiner mes profondes gratitudes et mes grands remerciements.
Ce mÐmoire ne peut pas s’ achever sans ses aides, avec son Ðrudition et sonexpÐrience, elle m’a aidÐe µ finir ce mÐmoire
J’aimerais aussi exprimer mes meilleurs sentiments pour remercier mesprofesseurs, mes amis de la section de français de m’ avoir encouragÐe µ cetravail important
table des matiÌres
I.Qu'est-ce que c'est la description du personnage?
II.Bref rÐsumÐ sur Le Rouge et le Noir
b.description du personnage julien sorel
*Description de l'extÐrioritÐ de Julien
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Trang 3I.Julien µ travers la description de la configuration extÐrieure
1.Julien µ travers les paroles de M de Rªnal
2.Julien vu de son pÌre et ses frÌres
3.Julien vu du narrateur
4.Julien vu de Mme de Rªnal
5.Julien vu de Mme Derville
6.Julien vu des paysans provinciaux
7.Julien vu de demoiselle Amanda Binet
8.Julien vu de M de Maistre
9.Julien vu de ses camarades au sÐminaire
10.Julien µ travers les paroles d' un accadÐmicien
11.Julien, µ travers ses changements, vu du narrateur
12.Julien vu de Mlle de La Mole
13.Julien vu de M.M de Caylus et de Croisenois
14.Julien vu des personnes dans la salle de jugement
15.Julien µ trvers la description de la tenue
II Julien µ travers la description de l'attitude
1.Julien µ travers son attitude envers les riches, et les nobles
2.Julien µ travers son attitude envers NapolÐon
3.Julien µ travers son attitude envers l'Ðpoque ọ il vÐcut
* Description de l intÐrioritÐ de Julien ’intÐrioritÐ de Julien
I.Julien µ travers la description de la psychologie
1 Julien µ travers son gỏt pour la nature sauvage
2.Julien µ travers ses sensations d’amour
3.Julien µ travers ses activitÐs au sÐminaire
4.Julien µ travers ses comportements envers la sociÐtÐ
5.Julien µ travers son ambition et sa passion pour la libertÐ
6.Julien µ travers ses grands changements intÐrieurs
II Julien µ travers la description du caractÌre
1.Julien µ travers des remarques de M de Rªnal
2.Julien µ travers des conversations et des monolgues intÐrieurs
3.Julien µ travers ses remarques sur M Charles de
Beauvoisis et M le directeur du sÐminaire
4.Julien µ travers ses descriptions sur des espaces du
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Trang 4c Des remarques sur la description du personnage
Julien sorel chez stendhal dans le rouge et le noir
I Utiliser des figures de rhÐtorique: Comparaison, mÐtaphore,
mÐtonymie, anacoluthe, …
II Utiliser les contrastes
III Utiliser le procÐdÐ d' ÐnumÐration
IV DÐcrire ceci pour prÐseter cela
V V PrivillÐgier des monologues intÐrieurs
VI Contenir des messages importants
partie iii: conclusion
I RÐsumÐ sur la description du personnage Julien Sorel chez
Stendhal dans le Rouge et le Noir
II Valeur de la recherche
III Applications pÐdagogiques
IV CapacitÐ de dÐveloppement de la recherche
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partie I introduction
I Motivation du choix du sujet de la recherche
La France se considÌre comme un des plus anciens berceaux de
la civilisation humaine Elle est connue dans le monde entier par ses
Trang 5sites, son architecture, ses monuments, sa tour Eiffel, sa Seine poÐtique;
par les hÐros:Janne d’Arc, Roi de soleil, NapolÐon; c’est Ðgalement le
pays de MoliÌre, La Fontaine,Stendhal, Balzac ceux qui font sa
physionomie littÐraire On ne peut pas comprendre son histoire,la mode
de vie des français si on ne dÐcouvre pas sa littÐrature abondante qui
reflÌte le monde d’©me d’un peuple au cours des siÌcles Un de grands
noms les plus connus est sans doute Henry Beyle-Stendhal
AssoiffÐ de bonheur, Stendhal ne fut guÌre heureux DouÐ d’une
“©me sensible jusqu’µ la folie”, il ne cessa de rÐprimer sa sensibilitÐ
Aujourd’hui il est reconnu comme l’un des Ðcrvains majeurs du 19Ì
siÌcle
Il n’avait qu’une ambition “Ðcrire des comÐdies comme MoliÌre”
mais il ne le rÐalisera jamais.Il doit reprendre service dans l’armÐe.Il a
une admiration pour NapolÐon Cette pensÐe se confie au personnage
Julien Sorel
Plus de 20 ans de crÐation, il a Ðcrit bien des ouvrages aux genres
diffÐrents: essai de psychologie (De l amour,1822’ ), essai de critique
littÐraire (Racine et Shakespear 1823-1825), autobiographie (Souvenirs
d Ðgotisme’ ,1832; Vie de Henry Brulard,1835-1836), les romans(Le
Rouge et le Noir,1830; La chartreuse de Parme,1839), chroniques
italiennes (Recueil de nouvelles Ðcrites,1837-1839) Il n’Ðcrit pas
beaucoup mais avec tout ce qu’il laissa fut suffisant d’ªtre connu de
tout le monde, surtout le roman Le Rouge et le Noir On considÌre
Stendhal comme NapolÐon dans la littÐrature Stendhal consacra sa vie
µ une crÐation littÐraire qui fut exceptionellement puisante et fÐconde
Stendhal mourut µ l’©ge de 59 par une crise d’apoplexie le soir
du 22 Mars 1842
Les hÐros stendhaliens entreprennent une perpÐtuelle“chase au
bonheur”qui constitue le centre de leurs prÐoccupations et la trame de
leur existence ses hÐros vouent une vÐritable culte µ la force d’©me, la
passion, lorsqu’elle est sincÌre doit surmonter les obstacles qui ne
manqueront pas de dresser sur leur chemin,la morale et les conventions
sociales.On s’avoure des sensations fortes, on atteint µ un bonheur
d’autant plus vif, mªme s’il est bref Le”Beylisme”s’affirme comme un
Trang 6art de vivre ọ la quªte du bonheur et des plaisirs s’allient au courage,
aux dangers affrontÐs
Quant au rÐalisme stendhalien, Stendhal s’attache aux faits rÐels
La plupart de ses œvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐevres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐe
de Le Rouge et le Noir lui vient d’un procÌs, les autres romans reposent
sur une solide documentation historique Les œvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeuvres de Stendhal
reflÌtent sincÌrement et fidÌlement la rÐalitÐ Son style est rÐaliste
Refusant de donner un simple photographie sociale, il ne retient que le
tipyque La rÐalitÐ apparait sous les yeux du personnage Cet Ðcrivain
ne reste pas un Sait-Tout mais le “rÐalisme subjectif”qu’il pratique
accroit ainsi l”illusion du vrai”
Le Rouge et le Noir (1830) constitue le premier chef-d’œvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeuvre de
Stendhal, il n’eut guÌre de succÌs µ son Ðpoque Cependant il contient
l’idiologie stendhalienne et l’intÐgration d’un rÐcit romanesque µ
l’histoire contemporaine La premiÌre Ðdition portait Le Rouge et le
Noir, une chronique du XIX Ì Son auteur a donnÐ la signification
symbolique du choix des couleurs: “Le Rouge signifie que, venu plus
t«t, Julien eut ÐtÐ soldat, mais µ l’Ðpoque ọ il vÐcut, il fut forcÐ de
prendre la soutane delµ le Noir” A travers deux tableaux successifs, la
sociÐtÐ apparait bien Ces deux tableaux correspondent µ la structure du
roman Le lecteur suit facilement le dÐveloppement, les conventions
sociales du rÐel qui sont reflÐtÐs dans le roman Stendhal met
talentuesement ses personnages en scÌne µ travers son style de
description du personnage
Voilµ c’est la raison pour laquelle nous choisissons d’Ðtudier la
description du personnage Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir
Bien des chercheurs ont srement ÐtudiÐ ce roman mais la plupart
en soulignent le contenu Il y en a quelques-uns qui mettent l’accent sur
le style de description du personnage mais pas grand soins Nous
souhaitons µ aboutir µ la valeur d’application pÐdagogique aprÌs avoir
ÐtudiÐ la description du personnage Julien Sorel chez Stendhal dans Le
Rouge et le Noir.
II.Objectifs de la recherche
Trang 7L’objjectif le plus imporrtant de cette recherche est d’examiner la
description du personnage Julien Sorel chez Stendhal dans Le Rouge et
le Noir µ travers le repÐrage des trucs stylistiques utilisÐs.
C’est encore une occasion de consolider, perfectionner,
s’enrichir les connaissances linguistiques et culturelles du français en
examinant la description du personnage Julien Sorel
Nous souhaitons ausssi que nos recherches nous donnent une
grande valeur d’application pÐdagogique dans l’enseignement et dans
le dÐveloppement des habiletÐs de CE, EO… aux ÐlÌves ainsi que de
les inciter µ aimer un personnage litÐraire, µ mieux connaitre la variÐtÐ
de la description du personnage, µ leur enrichir le vocabulaire dans
telle ou telle situation, µ leur suggÐrer des maniÌres de la description
du portrait dans l’apprentissage du franais
Iii.histoire de la recherche
Le Rouge et le Noir a ÐtÐ Ðcrit il y a prÌs de deux siÌcles et
plusieurs recherches sur ce roman sont mises en œvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeuvre Pourtant nous
rencontrons des difficultÐs µ effectuer l’histoire de question µ cause de
la manque de documents nÐcessaires Nous avons essayÐ de les fouiller
dans les librairies, au Centre de documentation du DÐpartement des
Langues ÐtrangÌres et, µ la bibliothÌque de l’UniversitÐ Mais ce n’est
pas suffisant Les documents trouvÐs se comptent par les doigts Donc,
les livres que nous approchons paraissent que la base ÐlÐmentaire et
minimale
A documents en fran çais
1 Anne-Ðlisabeth Halperne:Anthologie de la littÐrature
fran çaise XIXÌ siÌcle,Larousse 1994.
2 Evelyne Amon et Yves Bomati:Grandes Œuvres de la uvres de la
littÐrature fran çaise, Larousse 1997.
3 G.Lanson, remaniÐe et complÐtÐe par Paul Tuffau:Histoire de
la littÐrature fran çaise, librairie Hachette 1998.
4 Marie-Caroline Calier et les autres:InitÐraires littÐraires XIXÌ
siÌcle,Tombe I,Hatier 1995.
Trang 85 Stendhal : Le Rouge et le Noir,GF-Flamarion 1999
Dans ces documents on met Stendhal dans le courrant rÐaliste
On prÐsente globalement sa crÐation On parle beaucoup d’autres
romans cÐlÌbres de cet auteur comme Chroniques italiennes, Souvenirs
d Ðgotisme, La chartreuse de Parme’ Quant µ Le Rouge et le Noir, on le
prÐsente assez complÌtement
Dans la plupart de ces livres, on parle en dÐtail de sa vie et son
uvre La plupart de commentateurs rÐservent µ fournir la biographie,
œvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐe
le contexte social et politique influençant sur sa crÐation On tire
Ðgalement des extraits importants du roman Le Rouge et le Noir,
comme dans InitÐraires littÐraires XIXÌ siÌcle, Tombe I; Grandes
uvres de la littÐrature fran
Œuvres de la çaise par exemple Les chercheurs
s’intÐressent peu au style stendhalien mais presque personne ne rÐserve
µ Ðtudier en dÐtail la description du personnage
“Il demeure trÌs lucide et pratique une Ðcriture rÐaliste, plaçant
par exemple dans des contextes historiques prÐcis L’ Ðcriture lui offre
donc la possibilitÐ non seullement d’exprimer sa sensibilitÐ mais aussi
de dresser un tableau de son temps” (Anthologie de la littÐrature
fran çaise XIXÌ siÌcle,page137).
Stendhal a ainsi crÐÐ un personnage d’une grande complexitÐ
psychologique dÐchirÐ entre une puissante volontÐ de rÐussir la
certitude de sa propre valeur, et une sensibilitÐ qui le rend vulnÐrable
Cette complexitÐ est rendue par une grande variÐtÐ de mode d’ Ðcriture
romanesque Stendhal passe de diffÐrentes formes du rÐcit µ toute celle
du discours” (InitÐraires littÐraires XIXÌ siÌcle,Tombe I-page 151).
“Chez Julien, l’ambition est en conflit permanent avec la
sensibilitÐ Cette tension entre le dÐsir impÐrieur de rÐussir et les
exigences d’une nature vunÐrable donne la profondeur au personnage
et,sur le plan narratif, justifie la place arcordÐe µ l’ analyse Sur le plan
littÐraire, le parcours d’un jeune homme dans la sociÐtÐ inscrit l’ œvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeuvre
dans la lignÐe des romans d’apprentissage…” (Grandes Œuvres de la vres de la
littÐrature fran çaise.p.277)
B Documents en vietnamiens
Trang 91 Đào, Đặng Anh ; Nhân, Hoàng :Văn học phơng Tây,Nhà xuất
Les critiques littéraires vietnamiens mettent l’accent sur le talent
de Stendhal Ils admirent sa capacité de créer, de décrire les
personnages et le contexte de type Le Rouge et le Noir est de plus en
plus aimé des lecteurs vietnamiens Le film du même nom a connu un
chaleureux accueil du public Dans les manuels comme Văn học phơng
Tây, Văn học Lãng mạn và Hiện thực phơng Tây thế kỉ 19, Đỏ và Đen
(préface), nous constatons que les auteurs soulignent bien le contenu et
le style stendhalien dans Le Rouge et le Noir.Nous en citons voici
quelques options “Phong cách Đỏ và Đen là phong cách Pháp, một
phong cách độc đáo , một phong cách giờ đây không còn nữa, theo
Flôbe “ Văn học Lãng mạn và Hiện thực phơng Tây –p.279)
“Stăng-đan đa cái yêu cầu trong sáng giản dị, chính xác vào cái
địa hạt rất khó thực hiện mà là địa hạt sở trờng của ông đó là phân tích
tâm lý,mô tả tâm trạng nhân vật (…) ông đi sâu vào nghiên cứu thế giới
bên trong con ngời, cố gắng tìm ra những qui luật của đời sống tâm
lý,và mặc dầu ông theo dõi rất tỉ mỉ sự phát triển của nó ông chẳng bao
giờ biến cái nội tâm thành cái gì bí hiểm hũ nút (…).Đó là vì nhà văn
hiện thực lớn Stăng-đan đã phát hiện đợc rằng tâm lý nhân vật bao giờ
cũng đuợc quyết định bởi toàn bộ điều kiện xã hội trong đó nhân vật
sống và hoạt động (Đỏ và Đen,Tập I” ,p.24-25)
“Cũng lần đầu tiên, tiểu thuyết hiện thực phê phán, dới ngòi bút
Stăng-đan bộc lộ khả năng đi sâu vào phân tích thế giới nội tâm của con
ngời theo một quan điểm khoa học, duy lý, kiểu phân tích tỉ mỉ, sít sao,
có khi đến rợn ngời tâm trạng thầm kín của các nhân vật (…) do đó
Trang 10St¨ng-®an trë thµnh bËc thÇy cho dßng tiÓu thutÕt hiÖn thùc ë Ph¸p”.
(P.51)
“Kh«ng ph¶i ngÉu nhiªn mµ ngêi ta nhËn xÐt r»ng: Ban-z¾c dï cã viÕt
gÇn mét tr¨m cuèn truyÖn song vÉn kh«ng cã mét Juy-liªng So-ren
trong TÊn Trß §êi”.(V¨n häc ph¬ng T©y,P.518).
Alors Le Rouge et le Noir est un grand tableau sur la sciÐtÐ, une
dÐnonciation aïgue envers elle qui tue le talent, la personnalitÐ des
hommes Personne ne dÐcouvre profondÐment le contenu du roman et le
style stendhalien Je profite de cette lacune pour Ðtudier son style de
description du personnage, d’y examiner des trucs concrets en espÐrant
de dÐcouvrir quelque chose de la particularitÐ chez Stendhal
iV.DÐmarches de la recherche
Pour exÐcuter la question posÐe, je suis les opÐrations suivantes:
-RepÐrer des trucs stylistiques utilisÐs dans la descrption du
personnage Julien Sorel
- Examiner, analyser et faire de la synthÌse la description de ce
personnage en ramassant les traits principaux destinÐs µ traduire le
caractÌre et la psychologie du personnage
- Analyser en dÐtail des actes de parole; les dÐchiffrer pour
amener µ une certaine conclusion sur la description du personnage
Julien Sorel
V.Cadre de la recherche
Pour Ðtudier la description du personnage Julien Sorel, nous ne
pouvons fouiller profondÐment que deux exemplaires de Le Rouge et le
Noir (l’un en français, l’autre en vietnamien) Faute de temps,de
compÐtence et de documents nous ne dÐcouvrons que la description du
personnage aux points essentiels: Ðtudier la description de la
configuration extÐrieure du personnage Julien; Ðtudier la description du
caractÌre µ travers la description de la configuration extÐrieure du
personnage,de ses gestes , de son attitude…; Ðtudier la description de
l’intÐrioritÐ de Julien: psychologie, caractÌre en amenant µ une
dÐcouverte des trucs stylistiques chez Stendhal dans le domaine de la
description du personnage Julien
Trang 11*******************
partie ii dÐveloppement
a Terminologies
I.Qu’est-ce que c’est la description du personnage?
On en trouve quelques dÐfinitions:
Dans Le Petit Larousse IllustrÐ-1992 et dans Les techniques
littÐraires au lycÐe-Nouveau bac 96, Hatier’ : “ Description: action de
dÐcrire,dÐveloppement qui dÐcrit; dÐcrire: reprÐsenter, dÐpeindre par
l’Ðcrit ou par la parole ( Le Petit Larousse IllustrÐ)
Dans le deuxiÌme, Claude Eterstein, Adeline Lessot Ðcrivent: “La
description consiste µ reprÐsenter ce qui se situe dans l’espace.Une
description indique aux lecteurs des propriÐtÐs, les caractÌres d’une
scÌne, d’un objet, d'un lieu, d’un personnage Dans ce dernier cas la
description est appelÐe le portrait LiÐe µ l’espace, la description
comporte de nombreux ÐlÐments d’ordres vusuels: volume, forme,
couleur et pour le portrait, aspect physique, vªtement Elle met enjeu
des perceptions, des sensations (…).Elle se fond parfois dans la
narration Une description est rarement un simple motif dÐcoratif Elle a
aussi pour le r«le de situer, faire comprendre, transmettre une idÐe
En basant sur ces dÐfinitions, nous tentons d’approfondir la
description du caractÌre, de la psychologie, de l’attitude du
personnage Julien
Trang 12II.Le Rouge et le Noir et le personnage julien sorel.
Le Rouge et le Noir, publiÐ en 1831, est considÐrÐ comme un
chef-d’œvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeuvre du roman psychologique Il incarne le rÐalisme C’est
pourquoi,il est facile de comprendre porquoi il est traduit en plusieurs
langues et que le film du mªme nom attire beaucoup de gÐnÐrations du
public
L’intrigue du roman est issu de deux faits divers Le premier,
c’est l’affaire Laffargue: un ÐbÐniste ayant assassinÐ sa matresse est
condamnÐ en 1829 µ cinq ans de prison Le deuxiÌme, c’est l’affaire
Berthet: fils d’artisan, prÐcepteur, puis sÐminariste, Antoine Berthet
tente d’assassiner Mme Michoud, la mÌre de ses anciens ÐlÌves
Cependant dans ce roman il y a quelques influences de la vie de
l’auteur: l’enfance douloureuse, sa haine de la famille, son admiration
pour NapolÐon, son anticlÐricalisme
Le Rouge et le Noir raconte l’histoire d’un jeune ambitieux,
Julien Sorel, qui nourrit des rªves napolÐoniens, essaie d'Ðlever
au-dessus de sa condition sociale Deux femmes servent son projet: Mme
de Rªnal et Mathilde de La Mole Les deux sÐjours que Julien affectue,
d’abord chez le maire de VerriÌres, M de Rªnal, ọ l’Ðducation des
enfants lui est confiÐ, puis chez un grand seigneur franc-comtois, le
marquis de La Mole, sont sÐparÐs par un passage au grand sÐminaire de
Besançon
Fils du pÌre Sorel qui possÌde une scierie, Julien , dont les grands
yeux noirs “annonçaient de la rÐfexion et du feu”, dÐcide trÌs t«t de
faire fortune L’opportunitÐ d’autant que sa volontÐ personnelle vont
servir sa rÐsolution Il entre au service de Mme de Rªnal qui n’est pas
insensible µ son charme romantique Un soir, dans l’obscuritÐ du jardin
Julien effleure sa main qui “se retira bien vite” “Mais Julien pensa
qu’il Ðtait de son devoir d’obtenir que l’on ne retirait pas cette main
quand il la toucha” Et ainsi se fera-t-il un devoir d’obtenir toujours ce
qu’on lui refuse Tandis que Mme de Rªnal s’effraie du sentiment
naissant, M de Rªnal, alertÐ par une lettre anonyme, juge opportun
d’ÐloignÐ Julien Celui-ci entre alors au sÐminaire de Besançon pour
Trang 13revªtir le noir de la soutane (d’ọ la deuxiÌme partie du roman): “ce fut
le moment le plus Ðprouvant de sa vie” AprÌs quatorze mois de
sÐparation, Julien s’instroduit chez Mme de Rªnal, en pleine nuit, la
revoir, et lui annonce son dÐpart pour Paris
Devenu secrÐtaire intime de M de La Mole, Julien fait ses
premiers pas dans les salons parisiens Il attire, par sa force de carrctÌre,
l’attention de Mathilde ,la fille de marquis, elle mªme assez audacieuse
pour dominer son orgueil et attirer Julien dans sa chambre: “C’Ðtait le
plus vif bonheur d’ambition, et Julien Ðtait surtout ambitieux” Julien
est chargÐ de mission µ l’Ðtranger; Mathilde s’apperçoit qu’elle est
enceinte Il faut que Julien l’Ðpouse M.de La Mole le dote, l’anoblit, le
munit d’un brevet de lieutenant des hussards (le rouge de l’uniforme est
donc la deuxiÌme couleur qui carrctÐrise le roman)
“C’est au milieu des transports de l’ ambition la plus effrÐe que
les projets de Julien sont ruinÐs :une letre de Mme de Rªnal dÐnonce µ
M.de la Mole les mobiles intÐressÐs de Julien Furieux, Julien se rend µ
VerriÌres et µ l’Ðglise, pendant l’ÐlÐvation, tire sur Mme de Rªnal deux
coups de pistolets (le rouge du sang sur la soutane noir de l’officiant).
CondamnÐ µ mort, Julien accepte un ch©timent qu’il mÐrite Ni
les intervention passionnÐes de Mathilde, ni celles, misÐriordieuses de
Mme de Rªnal, qui a survÐcut, ne peuvent le convaicre A Mathilde, le
funÌbre le devoir de l’ensevelir au cœvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeur des montagnes du Jura Quant
µ Mme de Rªnal, “trois jours aprÌs Julien, elle mourut en embrassant
ses enfants”
B.description du personnage julien sorel
*.description de l'extÐrioritÐ
I Description de la configuration extÐrieure:
Juste au dÐbut l’auteur ne nomme pas immÐdiatement son
personnage intÐressÐ, en revanche il le dÐpeint petit µ petit µ travers les
paroles, les pensÐes, les apprÐciation et µ travers la vision des autres
1 Julien vu de M le maire de Rªnal
“C’est un jeune prªtre, ou autant vaut, bon litaniste, et qui fera
faire des progrÌs aux enfants; car il a un caractÌre ferme”(page 33)
Trang 14Avec trois adjectifs qualificatifs “jeune”, “bon”, “ferme”, le
lecteur est curieux de souhaiter savoir plus le personage prÐsentÐ
2 Julien vu de son pÌre et de ses frÌres
L’image d’un jeune garçon qui “tout sanglant, se rapprocha de
son poste officiel, µ c«tÐ de la scie” et qui “avait les larmes aux
yeux”(page 38) approuve la pitiÐ de lecteur et nous touche le cœvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeur
Cette personne a peut-ªtre une vie intÐrieure complexe Voici la
physionomie de notre hÐros: “Il avait les joues pourpres et les yeux
baisses C’Ðtait un petit jeune homme de dix-huit µ dix-neuf ans, faible
en apparence, avec les traits irrÐguliers, mais dÐlicates et un nez
aquelin De grands yeux noirs, qui, dans les moments tranquilles,
annonçaient de la rÐflection et du feu, Ðtaient animÐs dans cet instant
l’expression de la haine la plus fÐroce Des cheveux ch©tins foncÐs,
plantÐs fort bas, lui donnaient un petit front, et dans les moment de
colÌre, un air mÐchant Parmi les innombrables variÐtÐs de la
physionomie humaine, il en est peut-ªtre point qui se soit distinguÐe par
une spÐcialitÐ plus saisissante Une taille svelte et bien prise annonçait
plus de lÐgÌretÐ que de vigueur DÌs sa premiÌre jeunesse, son air
extrªmement pensif et sa grande p©leur avaient donnÐ l’idÐe µ son pÌre
qu’il ne vivrait pas ou qu’il vivrait pour ªtre un charge µ sa famille
Objet de mÐpris de tous µ sa maison, il haÏssait ses frÌres et son pÌre;
dans les yeux du Dimanche, sur la place publique, il Ðtait toujours
battu”(page 39)
Vingt-six adjectifs, cinq adverbes et la figure de style
“anacoluthe” dans un petit discours ! Le mot “trait”destine
normalement µ la peinture, pas µ la description Dans huit phrases,
l’auteur a peint son personnage en langue Ce tableau en mots est plein
de traits, de couleur et de nuances La richesse du vocabulaire de
Stendhal mÐrite le maitre Des adjectifs se mettent talentueusement,
l’un µ c«tÐ de l’autre, cela donne une harmonie parfaite au portrait du
personnage Pour les dÐtails important comme les yeux, le visage
l’auteur utilise la maniÌre de l’anacoluthe qui donne l’effet de
renforcement le sens de l’ÐnoncÐ qui exprime une rupture Nous avons
Trang 15l’impression que Stendhal joue avec les mots; car “la faible apparence”
marche bien avec “une taille svelte”, avec “grande p©leur” et avec
“toujours battu” mais, “un air extrªmement pensif et sa grande p©leur”
ne marche pas trÌs bien avec “les grands yeux noirs”, “de la rÐflection
et du feu” et avec “un air mÐchant” En outre, on constate Ðgalement
une comparaison superlative et les adverbes “toujours” “extrªmement”
nous donnent des sensations fortes Il semble que l’auteur prÐfÌre le
monde intÐrieur de l’homme:
un air extrªmement pensifune haine la plus fÐroce
il Ðtait toujours battu
La maniÌre de justaposition successivement des adjectifs et
d’utilisation des figures de styles, des adverbes dans une petite
description de Stendhal a achevÐ un tableau en mots
3 Julien vu du narrateur:
Le narrateur regarde Julien objectivement: “Voilµ le jeune
homme de dix-neuf ans, mais faible en apparence, et, µ qui l’on est eut
tout au plus donnÐ de dix-sept, qui portant un petit paquet, entrait dans
la magnifique Ðglise de VerriÌres”(page 46) Ce “jeune homme” a “une
figure de jeune fille” La position d’observer de l’auteur est loin, ou
bien l’angle de camÐra de l’auteur met vers lointain et il y a ici une
opposition µ la fois une mÐtaphore dans cette prÐsentation: “jeune
homme”et “figure de jeune fille” ça veut dire que l’auteur souligne la
“faible apparence” et la beautÐ du personnage Ici nous pouvons
comprendre l’implicature que derriÌre cette figure cache une douceur
ou une “belle figure” L’auteur met son personnage,petite crÐature,dans
un vaste nature “la magnifique Ðglise de VerriÌres” L’homme est si
petit par rapport µ la Nature, µ la vie µ travers le verbe d’action “entrer”
Le personnage ne reste pas immobile, il est vivant mais triste Stendhal
souligne encore une fois la faiblesse en apparence de son personnage
4 Julien vu de Mme de Rªnal:
Celle-ci observe Julien de loin d’abord et puis trÌs proche De
prime abord, elle le voit de loin “C’est la figure d’un jeune paysan
presque enfant, extrªmement p©le et qui venait de pleurer Il Ðtait en
Trang 16chemise bien blanche, et avait sous le bras une veste fort propre de
ratine violette”(page 48)
Ici l’auteur prÐfÌre l’adjectif “p©le” µ “blªme” en vue de faire
une harmonieuse vue Un jeune de dix- huit ans et “p©le”, cette p©leur
convient µ un enfant mais “blªme” µ un adulte Deux phrases avec sept
adjectifs et cinq adverbes ou locution adverbiale ! Seulement chez
Stendhal nous avons l’occasion µ dÐcouvrir la richesse de la langue
française et sa simplicitÐ La langue utilisÐe parait si simple, la
descrption est typique stendhalienne
Face µ face, Madame de Rªnal constate: “Le teint de ce petit
paysan Ðtait si blanc, ses yeux si doux”(page 48) et “Madame de Rªnal
regardait les grosses larmes qui s’Ðtaient arrªtÐes sur les joues si p©les
d’abord,et maintenant si roses de ce jeune paysan”(page 49) Elle le
trouve pitoyable L’apparence si douce de Julien Ðvoque chez Madame
de Rªnal l’idÐe que “ce pouvait ªtre une jeune fille dÐguisÐe” D’aprÌs
elle, c’est “une pauvre crÐature”
Le tout de personnage: le teint, l’habit, la peau s’opposent aux
“grands yeux noirs” qui “annonçaient du feu” Il y a Ðgalement une
autre opposition: “un jeune paysan a la forme presque fÐminine de ses
traits” et comme “une jeune fille dÐguisÐe”.Voici ce que l’auteur veut
dire: Julien a “l’extrªme beautД
Dans les yeux de Mme de Rªnal, Julien est si aimable, pitoyable
non pas “objet de mÐpris” ou un “chien de lisard”
Alors, µ travers des descriptions en dÐtail ci-dessus nous pouvons
imaginer un portrait assez achevÐ de Julien:
La figure: si p©le, si doux, si noble, extrªmement p©le
Le teint : si blanc
Les yeux: grands, noirs,beaux, si doux, brillants
Les joues: si p©les, si rosesLes cheveux: ch©tin foncÐ, bouclÐs, jolisLes surcils: noirs, beaux, si bien arquÐs
La forme: presque fÐminineL’apparence: faible
Trang 17Nous pouvons aussi deviner qu’il est intelligent (bon latiniste),
ambitieux (les yeux reflÌtent de la rÐflexion et du feu) mais ferme Le
contraste entre l’apparence (faible) et l’intÐrieur (ambitieux) parait
assez net des adjectifs de couleur opposÐs sont bien utilisÐs pour
peindre le visage: p©le/ blanc/ rose
5 Julien vu de Mme Derville:
Elle a l’idÐe tout µ fait diffÐrente µ celle de Mme de Rªnal Nous
le recnnaitrons µ travers ses paroles: “Ton petit prÐcepteur m’inspire
beaucoup de mÐfiance Je lui trouvais l’air de penser et de n’agir
qu’avec politique C’est un surnois”(page 106) Cette dame est une
femme intelligente, avec l’attribut “surnois” elle a donnÐ une
apprÐciation assez aigü e Elle apprÐcie Julien de maniÌre µ la fois
objective et subjective
6 Julien vu des paysans provinciaux:
Entre plusieurs forme brillantes, ils font attention au “premier
calavier de la neuviÌme file Ðtait un fort joli garçon, trÌs mince”et “ses
Ðpaulettes Ðtaient plus brillantes, parce qu’elles Ðtaient neuves.”(page
127) Il ressemble µ “un officier d’ordonnance de NapolÐon et chargeait
une batterie.” La maniÌre de prÐciser les choses donne une trÌs grande
valeur Les attentions se concentrent sur ce qui est prÐciesÐ: “le premier
calavier de la neuviÌme file” En gÐnÐrale on fait attention µ ce qui est
le plus distinguÐ que Julien Ðtait toujours
7 Julien vu de demoiselle Amanda Binet:
Elle a remarquÐ “la charmante figure de ce jeune bourgeois de
campagne, qui, arrªtÐ µ trois pas du poªle, et son petit paquet sous le
bras, considÐrait le buste du roi, en beau pl©tre blanc.”(page 191) En
une phrase avec cinq adjectifs et une structure trÌs utilisÐe: anacoluthe,
la beautÐ physique de Julien est de nouveau soulignÐe
8 Julien dans la pensÐe de Monsieur de Maistre:
AprÌs un examen,celui-ci donne un remarque: “Voilµ un esprit
hardi et sain, se disait-il, mais corpus debile (le corps est faible) Chez
Julien, gr©ce au style stendhalien qu’on connait l’esprit et le physique
se contrastent beaucoup L’adjectif “hardi” est plus vif que
“courageux”; “sain”est plus significatif que“pur”.“Hardi” porte bien
Trang 18des sens, y compris intelligent, intelectuel Le choix des mots chez
Stendhal reste trÌs soignÐ
9 Julien vu de ses camarades au sÐminaire:
“Ses camarades y virent un trait odieux de la plus sotte
hypocrisie”, ils disent: “Voyez ce bourgeois, voyez ce dÐdaigneux qui
fait semblant de mÐpriser la meilleure pitance…! fi,le vilain !
L’orgeuilleux ! Le damnÐ ! (page 212)
Pour les sÐminaristes qui ont une “vocation ferme”, c’est µ dire
qu’ils voient dans l’Ðtat ÐcclÐsiastique une longue continuation du
bonheur: bien diner et avoir un habit chaud en hiver”, Julien n’est qu’un
mÐprisÐ; ils ont une haine pour l’©me hautaine de Julien Ils le
condamnent “dÐdaigneux, vilain, orgeuilleux , damnД Stendhal
s’oppose Julien µ ses camarades Il met son hÐros dans un contexte
particulier: un ambitieux, “une ©me de feu” µ “les paysans les plus
grossiers”
10 Julien µ travers des paroles d’accadÐmicien:
“Les maniÌres gauches de ce jeune abbÐ cache peut-ªtre un
homme instruit”(page 282).ça veut dire: il ne faut pas juger les autres
sur leur apparence
11 Julien vu du narrateur, aprÌs ses changements:
“Julien Ðtait un dandy maintenant et comprenait l’art de vivre µ
Paris”(page 317) L’attribut “dandy” est en italique C’est pour mettre
l’accent sur le changement total de Julien en physique et en esprit “Un
dandy” dÐsigne non seulement l’apparence mais encore le
comportement, les maniÌres, parce que Julien a compris “l’art de vivre
µ Paris” Stendhal suit son personnage le moment de moment et note
chaque changement de son hÐros
12 Julien vu de Mademoiselle de La Mole:
Elle “le trouva grandi et p©li Sa taille, sa tournure n’avaient plus
rien du provincial”(page 318) Un prince dÐguisД et compris une
comparaison intÐresante Avant, il Ðtait comme “une jeune fille
dÐguisÐe” et maintenant “prince dÐguisД Il semble que cette
comparaison reste prÐfÐrÐe chez Stendhal Ce “prince dÐguisД a
actuellement une “figure noble” (page 328) Non seulement
Trang 19physiquement, notre Julien, d’un “petit paysan” µ un “dandy” et “prince
dÐguisДdans les yeux de Mlle de La Mole “ses yeux exprimaient le feu
de la consience et le mÐpris des vains jugements des hommes.”(page
332)
13 Julien vu de M.M de Caylus et de Croisenois:
Pour eux, Julien a “l’air prªtre : humble et hypocrite”(page
352).Il semble qu’il existe un contraste: “prªtre :humble et
hypocrite”.Les adjectifs “humble et hypocrite”ne marche pas du tout
avec le nom “prªtre” Mais c’est un trait de carractÌre de Julien Sorel
14 Julien vu des personnes dans la salle de jugement:
“On eÛt dit ce jour-lµ qu’il n’avait pas vingt ans Il Ðtait mis
simplement, mais avec une gr©ce parfaite; ses cheveux et son front
Ðtaient charmants…La p©leur de Julien Ðtait extrªme”(page 527) et on
entend: “Dieu ! comme il Ðtait jeune…Mais c’est un enfant !…il est
bien mieux que son portrait.”(page 528) Notre petit Sorel parait
constament aimable et sÐduit sous les yeux des autres Les phrases
exclamatives ressemblent aux regrets profonds pour la mort µ l’©ge trop
jeune de Julien
Le narrateur a un commentaire fort pimentÐ sur Julien comme
suit “Il faut en convenir le regard de Julien Ðtait atroce Sa physionomie
hidieuse Elle respirait le crime sans alliage C’Ðtait l’homme
malheureux en guerre avec toute la sociÐtД(page 364) Voilµ une
apprÐciation prÐcise et exacte qui fait l’Ðloge l’intelectuel, l’esprit,
l’ambition et l’©me hautaine de Julien Sorel
Pour peindre Sorel, Stendhal a frÐquemment utilisÐ les adjectifs
“jeune”, “petit”, “joli”, “pauvre”:
Trang 20joli garçon
joli petit abbÐ
“pauvre”-deux fois:
pauvre crÐature
pauvre paysan
Cette figure de style s’appelle la mÐtonymie qui donne l’effet de
concentration de l’Ðnoncer et pour Ðviter les rÐpÐtitions monotonnes
D’autre part, ces adjectifs gentils expriment que le narrateur ou mªme
Stendhal a les sentiments affectueux pour Julien
15.Julien µ travers la description de la tenue
DÌs la premiÌre rencontre de Julien avec Mme de Rªnal: il Ðtait
un “jeune homme presque en chemise bien blanche” et sous son bras, il
y avait “une veste fort propre de ratine violette” Il semble que Julien
est un homme rangÐ Une heure aprÌs l’entrÐe chez M le maire, Julien
apparait devant le lecteur comme le “nouveau prÐcepteur tout habillÐ en
noir” L’habit noir se rattache bien µ Julien trÌs t«t Cette couleur
constitue une mÐtaphore juste dans le titre du roman On a l’impression
que le destin de ce jeune est nouÐ avec le “noir”, couleur de l’habit des
soutanes
Les frÌres de Julien l’avait battu par leur jalousie de son “bel
habit noir, par l’air extrªmement propre de leur frÌre” (page 57)Sorel
porte cet habit noir, c’est µ dire il porte dÐjµ son destin sur lui-mªme
“Le bel habit noir” marche fort avec “l’air extrªmement propre” Quant
µ Mme Derville, elle “l’avait vu prÐcepteur honorÐ pour sa science et
non pas ouvrer charpentier, avec une veste de ratine sous le bras comme
il Ðtait apparu µ Mme de Rªnal”(page 103) Sous les yeux des amis de
la famille de La Mole: il portait toujours “son Ðternel habit noir”(page
Trang 21352) L’adjectif “Ðternel” justifie le lien de Julien avec le mÐtier de
soutane µ vie Ce lien ne change jamais Mais l’auteur prÐsente son
hÐros: “il portait fort bien son surplis (…)Sous les longs plis de sa
soutane on pouvait appercevoir les Ðperons du garde d’honneur”(page
129) Deux images opposÐes se manifestent ici: “sous les plis de sa
soutane” cachent les “Ðperons du garde d’honneur” La premiÌre image
symbolise son mÐtier, la deuxiÌme sa carriÌre de sa vie: Il nourrit les
rªves napolÐoniens Le “noir” se rÐpÌte plusieurs fois:
HabillÐ en noir
Bel habit noir
Ðternel habit noir
Son triste habit noir
Il est bien sur une soutane et il va bien µ cette couleur
“noir” Mais parfois on le voit avec “des habits antiques, une cravatte
d’un blanc douteux et quelque chose de cuistre dans toute l’apparence”
(page 414) L’adjectif “douteux” dÐpasse son vrai sens, “d’un blanc
douteux”reste tout µ fait diffÐrent et plus vif que “malpropre”
L’habit est un ÐlÐment complÐmentaire pour imaginer le portrait
du personnage Mais parfois il traduit la personnalitÐ, la vocation d’une
personne, Julien par exemple
II Julien µ travers la Description de l'attitude
1 Julien µ travers son attitude envers les nobles, les riches
Julien a une haine pour ces gens.Il les mÐprise beaucoup µ
travers leur hypocrisie,leur envie de l’argent
Julien est un jeune ambitieux, honnªte, qui vit dans une sociÐtÐ pleine
d’inÐgalitÐ.Il prend toujours la conscience de lui mªme C’est pourquoi,
il est facile de comprendre sa colÌre avec Mme de Rªnal lorsque
celle-ci lui propose une aide: “Je suis petit, Madame, mais je ne suis pas bas,
reprit Jullien en s’arrªtant les yeux brillants de colÌre et se relevant de
toute sa hauteur, c’est µ quoi vous n’avez pas assez rÐflÐtÐ Je serais
moins qu’un valet si je me mettais dans le cas de cacher µ M.de Rªnal
quoi ce que soit de relatif µ mon argent”(page 61) Ici on voit “petit” et
“bas” s’opposent fort "Petit" est synonyme de "pauvre", cela concerne
au matÐriel; et "bas" concerne µ l'inconcience, µ l'esprit humaine Cela
Trang 22provoque une attitude dÐcisitive Il dÐteste Mme de Rªnal et la mÐprise:
“Voilµ, se disait-il,comme sont les gens riches, ils humilient et croient
ensuite pouvoir prÐparer par quelques sigeries!”(page 62) Ce
monologue se considÌre comme une irronie.Tout son mÐpris se
manifeste dans “quelques sigeries”.Stendhal utilise des adjectifs
opposÐs "riche" et "singerie" et une phrase exclamative afin d'exprimer
ce mỴpris de Julien
Dans les sÐjours chez M.de Rªnal, la rÐplique intÐrieure de Julien
Ðtait toujours: “Quels monstres ou quels sots” Il s’agit de traduire son
mÐpris profond envers des gens autour de lui Et Mme de Rªnal trouve
dans les yeux de Julien “un air de supÐriositÐ intellectuelle envers tout
ce qui venait chez elle”(page 65) Pour lui le monde des nobles, tout est
mÐprisÐ, quelquefois y compris Mme de Rªnal Mais cette derniÌre, µ
qui Julien rÐserve ses sentiments, lui donne les moments doux.Il la
respecte,il l’aime
Avec Mme Derville: “Julien la regarda froidement avec des yeux
ọ se peignait le plus souverain mÐpris”(page 80) L'attitude de Julien
se confie µ la locution " souverain mÐpris” et µ l'adverbe "froidement"
Stendhal a fait une comparaison si pimentÐe: “Ce sont sans doute de
tels moments d’humiliation qui ont fait les Robespierre”(page 80)
Avec M.de Rªnal: Devant ses actions, ses maniÌres, “Julien eÛt
envit de rire et resta stupÐfait : toute sa colÌre avait disparu: Je ne sais
pas assez l’animal, se dit-il, voilµ sans doute la plus grande excuse qui
puisse faire une ©me si basse”(page 85) Il ne peut pas croire qu’un
noble comme M.de Rªnal a une action si basse,bassa comme son
©me:trainer Julien par l’argent Il est prªt µ mettre beaucoup d’argent
pourque son prÐcepteur ne sort pas Il pense que l’argent fait l’honneur
L'adjectif "basse" introduit une haine et un grand mÐpris de
Julien envers M de RỴnal
Parfois, Julien se mÐprise et se met en colÌre avec lui-mªme: “Il
n’y a qu’un sot, se dit-il, qui soit en colÌre contre les autres: une pierre
tombe parce qu’elle est pesante Serai-je toujours un enfant? Quand
donc aurai-je contractÐ bonne attitude de donner mon ©me µ ces gens-lµ
juste pour leur argent? Si je veux ªtre estimÐ et d’eux et de moi-mªme,
Trang 23il faut leur montrer que c’est ma pauvretÐ qui est en commerce avec
leur richesse, mais mon cœvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeur est µ mille lieues de leur insolence, et
placÐ dans un sphÌre trop haute pour ªtre atteit par leurs petites
marques de dÐdain ou de faveur”(page 94) C’est une attitude amer et
fou de colÌre La bontÐ pour les riches et les hÐritiers n’est rien
Julien mÐprise Mathilde de La Mole car elle n’est qu’"une
poupÐe parisienne" C'est une mÐtaphore Il mÐprise ses camarades au
sÐminaire car ils ont une “vocation ferme”, ça veut dire qu’ils voient
dans l’Ðtat ÐcclÐsiastique une longue continuation du bonheur: “bien
diner et avoir un habit chaud en hiver” et qu’ils ne sont que des
grossiers Ils ont envient des choses trop banales
2 Julien µ travers son attitude envers NapolÐon Bonaparte
DÌs son enfance, il avait eu des moments d’exaltation “Depuis
bien des annÐes, Julien ne passait peut-ªtre pas une heure de sa vie sans
se dire que Bonaparte, lieutenant obscur et sans fortune, s’Ðtait fait le
maitre du monde avec son ÐpÐe Cette idÐe le consolait de ses malheurs,
qu’il croyait grand, et redoublait sa joie quand il en avait”(page 45-46)
Julien a une grande admiration pour NapolÐon Il pense souvent µ son
idole Le monologue apparait mªme dans la description du narrateur
Chaque fois qu’il dÐsespÌre ou ne trouve pas un issu, il rappelle
NapolÐon: “Quoi !je perdrais l©chement sept ou huit annÐes!
j’arriverais ainsi µ vingt-huit ans; mais µ cet ©ge Bonaparte avait fait ses
plus grandes choses”(page 99) A travers ces paroles et des phrases
exclamatives on reconnait que, pour Julien, NapolÐon reste son amour
sa vie et ses espoirs Bonaparte est l’hÐros des jeunes Français: “Ah!
s’Ðcria-t-il que NapolÐon Ðtait bien l’homme envoyÐ de Dieu pour les
jeunes Français! Que le remplacera? Que feront sans lui les
malheureux, mªme plus riches que moi, qui ont juste les quelques Ðcus
et qu’il faut pour se procurer une bonne Ðducation, et pas assez d’argent
pour acheter un homme µ vingt ans et se pousser dans une carriÌre!
Quoiqu’on fasse, ajouta-t-il avec un profond soupir, ce souvenir fatal
nous empªchera µ jamais d’ªtre heureux!”(page 118) Toutes les
phrases sont interrogatives ou exclamatives! Il semble que l’on le voit
Trang 24chez Stendhal seulement L’anacoluthe dans les ÐnocÐs donne une
effert efficace C’est pour introduire la passion ardente de Julien pour
son hÐros NapolÐon A ce point, Julien porte et trasmet l’idÐal de
Stendhal Ce dernier adore beaucoup Bonaparte On voit dans Julien un
profil de Stendhal
3 Julien µ travers son attitude envers l’Ðpoque ọ il vÐcut
Il la hait fort Il hait l’hypocrisie de la sociÐtÐ, du monde
L’hypocrisie constitue un mal du siÌcle; cela concerne l’attitude
irronique de Julien envers son temps
`“L’influence de mes contemporains l’emporte, dit-il tout haut
avec un rire amer Parlant seul avec moi-mªme, µ deux pas de la mort, je
suis encore hypocrite…O dix-neuviÌme siÌcle !
“…Un chasseur tire un coup de fusil dans une forªt, sa proie
tombe, il s’Ðlance pour la saisir Sa chaussure heurte une fourmiliÌre
haute de deux pieds, dÐtruit l’habitation des fourmis sÌme au loin des
fourmis, leurs œvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeufs…les plus phylosophes parmi les fourmis ne
pourront jamais comprendre ce corps noir, immense, effroyable: la
botte du chasseur, qui tout µ coup a pÐnÐtrÐ dans leur demeure avec
une incroyable rapiditÐ et prÐcÐdÐe d’un bruit Ðpouvantable,
accompagnÐ de gerbe d’un feu rou- ge©tre …
“…Ainsi, la mort, la vie, l’ÐternitÐ, choses fort simples pour qui
aurait les organes assez vastes pour les concevoir…
“Une mouche ÐphÐmÌre nait µ neuf heures du matin dans les
grands jours d’ÐtÐ, pour mourir µ cinq heures du soir; comment
comprendrait-elle le mot nuit? Donnez –lui cinq heures d’existence de
plus, elle voit et comprend ce que c’est la nuit”(page 549)
Tout ce discours ressemble µ une mÐditation de la vie de Julien
Il commence par les choses concrÌtes et puis les choses abstraites Cela
constitue une mÐtaphore: les rÐflexions de Julien de sa vie, de son
Ðpoque Il n'a jamais conscience de son hypocrisie tandis qu’il la
maudit Un hypocrit maudit l'hypocrisie ! Ce phÐnomÌne contraire veut
dire que l'hypocrisie de la sociÐtÐ nait l'hypocrite Il a des tourments de
la vie Il ne comprend pas l’homme Les fourmis ne connaissent pas
pourquoi leur habitation est dÐtruite; la mouche ÐphÐmÌre ne connait
Trang 25pas ce que c’est la nuit ou Julien ne comprend pas le monde et les
autres? La mouche ÐphÐmÌre a besoin cinq heures pour connait ce que
s’est la nuit ou Julien a besoin le temps pour comprendre l’amour pour
Mme de Rªnal? Ce discours contient des idÐes phylosophes trÌs
profodes Julien n'est qu'un victime de la sociÐtÐ contemporaine
A travers le ton, le contenu du discours de Julien devant les jurÐs,
on reconait sa haine pour son temps si fortes Il s’agit d’un dÐfit Il
condamne vivement la sociÐtÐ Il s’agit d’une attitude provocante par
un ton provocant et agressif Le lecteur perçoit une attitude vive
franche et effroyable
Afin d’introduire l’attitude de son personnage, Stendhal utilise
des structures ressemblante avec un verbe accompagnant un adverbe ou
locution adverbiale Ces derniers joue un r«le assez important afin de
reflÐter l’attitude du personnage Julien :
RÐpondit Julien avec un sourire amer
RÐpondit Julien avec une mine de sÐminaire
RÐpondit Julien d’un ton rÐsolu
RÐpondit Julien avec l’expression du mÐpris
RÐpondit Julien en saluant jusqu’µ la terre
Reprit Julien hors de lui
Reprit Julien avec un accent vif et ferme
Reprit Julien froidement
Reprit Julien, l’oeil en feu
Reprit Julien en s’arrªtant les yeux brillants de colÌre
Dit Julien de cet air grave et presque malheureux
Dit Julien enfin embarrassÐ de son silence et d’une voix coupÐe
par les larmes
Dit froidement Julien
Dit Julien ÐtonnÐ
Dit Julien en rougissant beaucoup
Dit Julien en se mordant la lÌvre
Dit Julien avec un empressement d’enfant
Dit Julien enchantÐ
Dit Julien tristement
Trang 26Dit Julien timidement
Dit Julien dÐcouragÐ
Dit Julien d’un ton glacial
Dit Julien d’un air doux
Dit-il avec un de ces accents du cœvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeur
Julien rÐpondit avec candeur
S’Ðcria Julien µ demi haut et des larmes gÐnÐreuses vinrent
mouiller ses yeux
S’Ðcria Julien avec dÐsespoir
S’Ðcria Julien attendri
Se disait-il dans son injustice
Continua Julien plus tranquille
Julien rit bien, intÐrieurement
Il fut d’une froideur parfaite envers Mlle de La Mole
Se rÐpÐtait Julien, l’©me navrÐe
Ajouta Julien avec le sourire du plus extrªme mÐpris
*.description de l'intÐrioritÐ de Julien
I.Description de la psychologie
Stendhal se considÌre comme le maitre du terrain d’analyser la
psychologie du personnage Il parait le pionnier du“roman
psychologique” Il plonge dans tous les coins de l’©me humaine pour
dÐcouvrir ses vibrations Ces vibrations viennent d’un carractÌre prÐcis
et concret Pour les gens qui ont un carractÌre ferme, leur vie intÐrieure
demeure trÌs complexe et ÐtoffÐ Un Ðcrivain vÐritable est celui qui sait
netendre ces vibrations du cœvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeur Stendhal en constitue un Il comprend
les Ðtats d’©me de Julien dans chaque changement de la vie et ses
sensations devant elle
1.Julien µ travers son goÛ t pour la nature sauvage :
Pour prÐsenter la psychologie de Julien, Stendhal emprunte la
beautÐ de la nature qui traduit l’Ðtat d’©me humaine DÐcrire la nature
afin d’exprimer la psychologie du personnage, c’est une figure de style
utilisÐ souvent chez les Ðcrivains Ces pages qui dÐcrivent les vibrations
fortes, vivaces dans l’©me de Julien sont trÌs poÐtiques On en citera
quelques-unes:
Trang 27Quand il va µ la campagne avec Mme de Rªnal et les enfants, il
s’Ðchappe des hommes Julien se sent agrÐable Stendhal Ðcrit: “Julien
de son c«tÐ, avait vÐcut en vÐritable enfant depuis son sÐjour µ la
campagne, aussi heureux de courrir µ la suite des papillons que ses
ÐlÌves AprÌs tant
de contrainte et de politique habile, seul (…) par instinct, ne craignait
point Mme de Rªnal, il se livrait au plaisir d’exister, si vif µ cet ©ge, au
milieu des plus belles montagnes du monde” (page 74)
Julien trouve la libertÐ dans la nature Il envie de rÐaliser les
grandes choses Sous ses yeux, la nature semble belle et pitoresque Il
est presque sensible un moment µ la beautÐ rivissante des bois au
milieu desquels il marche “D’Ðnormes quartiers de roches nues Ðtaient
tombÐs jadis au milieu de la forªt du c«tÐ de la montagne De grands
hªtres s’Ðlevaient presque aussi hauts que ces roches dont l’ombre
donnait une fraicheur dÐlicieuse µ trois pas des endroits ọ la chaleur
des rayons du soleil eÛt rendu impossible de s’arrªter (…) Cette position
de physique le fit sourire, elle lui peignait la position qu’il a brÛllait
d’atteindre au moral L’air pur de ces montagnes ÐlevÐes communiqua
la sÐrÐnitÐ et mªme la joie µ son ©me” (page 86-87) Stendhal a une
observation trÌs mÐticuleuse Il regarde et entend les sons de la vie Il
met son personnage au milieu de la nature pitoresque, le laisse sentir la
grandeur de l’univers Ici on voit des images extraordinaires mais
charmantes: “Ðnormes quartiers de roches nues” On savoure la nature
par le gỏt: “fraicheur dÐlicieuse” Des adjectifs “Ðnormes, ÐlevÐes,
grands” donnent l’impression d’ªtre ÐchappÐ
Stendhal a bien choisi le bruit afin de dÐcouvrir le silence
“Julien debout, sur son grand rocher, regardait le ciel, embrasÐ par un
soleil d’Aỏt Les cigales chantaient dans le champ au-dessus du
rocher, quand elles se taisaient tout Ðtait silence autour de lui Il voyait
µ ses pieds vingt lieux de pays Quelque Ðpervier parti de ces grandes
roches au-dessus de sa tªte Ðtait perçu par lui, de temps µ autre,
dÐcrivant en silence ces cercles immenses L’œvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeil de Julien suivait
marchinalement l’oiseau de proie Ses mouvements tranquilles et
Trang 28puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet
isolement”(page 88).Julien sent la vie par les organes du corps Il
perçoit la nature en tous sens: la vue, l’ouï e et la sensation Gr©ce aux
chants des cigales, on peut comprendre le vÐritable silence, la
tranquillitÐ de la nature La derniÌre phrase est une mÐtaphore Julien
enviait la force, la puissance, l’isolement de l’oiseau de proie, c’est de
traduire sa passion pour la libertÐ, le pouvoir A travers ce petit
discours, le lecteur a l’opportunitÐ de contempler un trÌs vaste espace
des montagnes et de dÐcouvrir une maniÌre de dÐcrire simple de
Stendhal
Dans une soirÐe chez M.le maire, Julien ne pensait plus µ sa
“noire ambition” par son amour avec Mme de Rªnal “Pour la premiÌre
fois de sa vie, il Ðtait entrainÐ par le pouvoir de la beautÐ Perdu dans
une rªverie vague et douce, si ÐtrangÌre µ son caractÌre (…) il Ðcoutait
µ demie le mouvement des feuilles du tilleul agitÐes par ce lÐger vent de
la nuit et les chiens du moulins du Doubs qui aboyaient dans le
lointain”(page 91) InondÐ dans le bonheur, Julien profite la vie par son
cœvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeur Il Ðcoute par le cœvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeur non pas par l’ouïe Son ©me sensible
entend “µ demie le mouvement des feuilles” Tout donne une
impression paisible Cela rappelle des vers d’un poÌte vietnamien”:
“§Çu thÒm r¬i chiÕc l¸ ®a, TiÕng r¬i rÊt máng nh lµ r¬i nghiªng”
(TrÇn §¨ng Khoa)
Les adjectifs “vague, douce, si ÐtrangÌre” sont mis
sucessivement expriment conformÐment l’Ðtat d’©me de Julien en ce
moment Les aboiements des chiens dans le lointain crÐent une grande
profondeur de l’espace et du temps et expriment un silence absolu de
nuit C’est Ðgalement la paix dans l’©me de Julien
Encore, la nature est le bon terrain pourque l’homme entende son
©me Stendhal a fort rÐussi µ l’utiliser: “Julien poursuivait son chemins
gaiement au milieu des plus beaux aspects que puissent prÐsenter les
scÌne de montagnes Il fallait traverser la grande chaine au nord de
Vergy Le sentier qu’il suivait, s’Ðlevant peu µ peu parmi de grands bois
de hªtres, forme des zigzags infinis sur la pente de la haute montagne
Trang 29qui dessine au nord de la valÐe du Doubs Bient«t les regards du
voyageur, passant par-dessus les coteaux moins ÐlevÐs qui contiennent
jusqu’aux plaine fertiles de la Bourgogne et du Beaujolais Quelque
insensible que l’©me de ce jeune ambitieux fut µ ce genre de beautÐ il
ne pouvait s’empªcher de s’arrªter de temps µ autre pour regarder un
spectacle si vaste et si imposant”(page 96) Si on a une peine dans le
cœvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeur, on ne peut voir la nature ªtre si belle A travers cette petite
description, il apparait un tableau de paysage plein de cube, de couleur
et de son
Rarement les moment que Julien se sent tranquille Les
paragraphes dÐcrits de cet Ðtat d’©me sont vrais intÐressants L’Ðglise
est restÐe dans un profond silence, “une demi-obscuritÐ, une agrÐable
fraicheur” y rÌgne, et elle est encore embaumÐe par le parfums des
fleurs et de l’encens C’est “le silence, la solitude profonde, la fraicheur
des longues nerfs” qui “rendaient plus douce la rªverie de Julien” Son
©me a presque abandonÐ de son enveloppe mortelle, qui se promÌne “µ
pas lents” dans l’aile du nord confiÐe µ sa surveillance Il n’est d’autant
plus tranquille ! “Son oeil regarde sans voir” (page 224) Le lecteur
inonde dans un absolu silence L’espace est perçu par la sensation et
par l’odorat La rÐpÐtition de l’adjectif “profond” en quelques phrases,
la fraicheur agrÐable, les parfums crÐent la longueur et la profondeur de
l’espace; la lumiÌre vague “demi-obscuritД avec ce silence suprªme Il
s’agit d’un tableau en mots Stendhal dessine les parfums, un homme
pensif qui voit µ l’infinie, qui “regardait sans voir” Le lecteur ressentit
que le personnage dans ce tableau se divise en deux parties: l’©me et
enveloppe mortelle La paix couvre tout Stendhal plonge dans tous les
coins de l’©me de son personnage pour en dÐcouvrir les vibrations les
plus fines
La nature sauvage joue un r«le considÐrable dans l’exprimation
de la psychologie du personnage Stendhal a plusieurs fois utilisÐ le cri
d’un oiseau ou l’aboiement des chiens pour dÐcrire l’Ðtat d’©me de
Julien
2 Julien µ travers ses sensations d’ amour:
a Pour Mme de Rªnal:
Trang 30*Avant son crime.
Le premier ªtre que Juilen voit chez M le maire de Rªnal est
Mme de Rªnal A travers des comportements, la beautÐ douce, la bontÐ
de cette dame, Julien se sent agrÐable Cependant il sent, dans les
premiers temps, une distance avec elle Quand il reste avec Mme de
Rªnal, il y a un silence absolu, “son ©me Ðtait dans les nues” mais il ne
peut pas sortir de “ce silence huimiliant”,il “se mÐprisait horriblement
Pendant ces moments il ne sait pas l’expression de ses yeux qui “Ðtaient
beaux et annonçaient une ©me si ardente que semblable aux bons
lecteurs, ils donnaient quelquefois un sens charmant µ ce qui n’en avait
pas”(page 66) L’adjectif “semblable” reprÐsente une comparaison trÌs
imaginaire Les yeux sont la fenªtre de l’©me, les “beaux yeux” de
Julien traduisent son “©me ardente”
Avec le temps, il aime Mme de Rªnal Dans une soirÐe chez M.le
maire, Julien ne pensait plus µ sa “noire ambition” par son amour avec
Mme de Rªnal “Pour la premiÌre fois de sa vie, il Ðtait entrainÐ par le
pouvoir de la beautÐ Perdu dans une rªverie vague et douce, si
ÐtrangÌre µ son caractÌre (…)” InondÐ dans le bonheur, Julien profite
la vie par son cœvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeur Il Ðcoute par le cœvres s’inspirent d’ÐvÐnements authentiques L’idÐeur non pas par l’ouïe Son ©me
sensible entend “µ demie le mouvement des feuilles”.Tout donne une
impression paisible L’©me sensible de ce jeune entend la vie
L’expression “si ÐtrangÌre µ son caractÌre” justifie que, jamais dans sa
vie, Julien aime et est aimÐ sincÌrement C’est pourquoi, lorsque
l’enfant de son amante tombe malade, devant la douleur et l’amour
pour l’enfant de Mme de Rªnal, Jullien se sent embarrassÐ Ses
questions µ soi-mªme, ses confessions manifestent ses soucis, ses
tourments pour elle: “Que puis-je pour elle? Il faut se dÐcider Il ne
s’agit plus de moi ici Que m’emportent les hommes et leurs plates
simagrÐes? Que puis-je pour elle?…la quitter? Mais je la laisse seul en
proie µ plus affreuse douleur Cette automate de mari lui nuit plus qu’il
ne lui sert Il lui dira quelque mot dur, µ force d’ªtre grossier ; elle peut
devenir folle, se jeter par la fenªtre” (page 140)
Les phrases interrogatives sont mises juxtapositivement
traduisant le sentiment sincÌre de Julien envers Mme de Rªnal La
Trang 31rÐpÐtition de deux fois “Que puis-je pour elle?” rappelle l’image d’un
homme pensif qui va et vient, qui possÌde des chagrins accumulÐs
Toutefois, chez Julien existe encore les inquiÐtudes de lui-mªme Il a
peur que son amante avouera tout µ son mari s’il cesse de veiller sur
elle Dans sa tªte, il y a des mausaises hypothÌses, des suppositions Il
est souci de son avenir si M de Rªnal sache que sa femme et Julien
sont amoureux Avant de partir il lui dit:“-Je donnerai mille fois de ma
vie pour savoir ce qui peut t’ªtre le plus utile, rÐpondit Julien, jamais je
t’ai tant aimÐ, mon cher ange, ou plut«t, de cet instant seulement, je
commence µ t’adorer comme tu mÐrites de l’ªtre Que deviendrai-je
loin de toi et avec la conscience que tu es malheureux pour moi ! Mais
qu’il ne soit pas question de mes suffrances Je partirai, oui, mon
amour Mais je te quitte, si je cesse de veiller sur toi, de me trouver
sans cesse entre toi et ton mari, tu lui dis tout, tu te perds Songe que
c’est avec ignominie qu’il te chassera de sa maison, tout VerriÌres, tout
Besançon parleront de ce scandale On te donnera tous les torts; jamais
tu ne relÌvras de cette honte…” (page 141) Julien est si intelligent Il
montre comprendre bien son amie et sa situation Il arrive µ persuader
Mme de Rªnal par ses arguments solides et raisonnables Il analyse en
dÐtail, il parle de maniÌre logique Il soulage son amie de ses chagrins
en mªme temps la menace Il dessine de graves consÐquences si elle
avoue tout µ son mari Il semble que Julien connait bien son amie et sa
psychologie
Les conversations de Julien et Mme de Rªnal suggÌrent les
Ðmotions fortes chez le lecteur Notament les sentiments sincÌres pour
son amante Il tombe triste et regrÐtÐ de la quitter
“-Oui, rÐpondit Julien d’un ton rÐsolu, oui, j’abandonne un pays
ọ je sius oubliÐ mªme de ce que j’ai aimÐ le plus en maire, je le quitte
pour ne jamais le revoir Je vais µ Paris.”(page 252) Il se souvient tous
les souvenirs de Mme de Rªnal: l’amour dans ses “yeux charmants”, la
blancheur de sa jolie main, etc Julien mÌne une vie hypocrite mais
avec celle -ci il reste encore des instants sincÌres Il sert cette dame
comme un instrument pour atteindre µ la richesse cependant au fond de