CHAPITRE 2: Difficultés dans l’emploi des synonymes et quelques erreurs en la matière commises par les apprenants vietnamiens.. Par conséquent, les apprenants, surtout les débutants et m
Trang 1Ministốre de l ộducation et de la formation’ộducation et de la formation
Universitộ de vinh
DẫPARTEMENT DES LANGUES ẫTRANGẩRES
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quelques erreurs dans l emploi ’ộducation et de la formation
des synonymes en franỗais
chez les apprenants
vietnamiens
(Một số lỗi trong sử dụng từ đồng nghĩa
ở ngời học việt nam)
MẫMOIRE DE FIN D’ẫTUDES UNIVERSITAIRES
vinh – 2006
Remerciements
Trang 2Je tiens à remercier sincèrement M Th¸i Anh TuÊn, directeur de ce
travail, pour son dévouement, sa gentillesse et ses conseils précieux qu’il nous a apportés au cours de l’élaboration de mon mémoire
Mes remerciements sont également adressés aux professeurs au Département des Langues Etrangères, ceux qui m’ont enseigné au cours de mes études à l'Université de Vinh.
Ma gratitude destine aussi à ma famille et à mes amis pour leur encouragement et leurs aides me permettant de finir à temps ce mémoire.
Trang 3TABLE DES MATIÈRES
Introduction
CHAPITRE 1: Fondements théoriques
1.1 Définitions : ………
1.1.1 Synonymes……….
1.1.2 Antonymes ou contraires ………
1.1.3 Homonymes ……….
1.1.4 Paronymes ………
1.1.5 Polysémie………
1.1.6 Monosémie ………
1.2 Analyse des erreurs ………
1.2.1 Erreurs et fautes ………
1.2.2 Théorie de l’analyse des erreurs ………
CHAPITRE 2: Difficultés dans l’emploi des synonymes et quelques erreurs en la matière commises par les apprenants vietnamiens ………
2.1 Analyse des difficultés dans l’emploi des synonyme chez l’apprenant vietnamien ………
2.1.1 Public ……….………
2.1.2 Réalisation et résultats des fiches de questionnaire……….
2.2 Erreurs rencontrées souvent chez les apprenants vietnamiens concernant l’emploi des synonymes ………
2.2.1 Erreurs dues au voisinage des synonymes ……….
2.2.2 Erreurs dues à l’explication incomplète de l’enseignant… 2.2.3 Erreurs dues à l’influence de la langue maternelle……….
CHAPITRE 3: Applications pédagogiques ………
3.1 Importance d’apprentissage des synonymes ………
3.1.1 Dans l’acquisition du vocabulaire ………
3.1.2 Dans la pratique de la langue ……….
3.2 Propositions pédagogiques ………
3.3 Exercices pratiques ………
Conclusion
QUESTIONNAIRE ………
RÉFÉRÉNCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES
Page
3 7 7 7 10 11 12 12 13 13 13 15
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Trang 41 Motivations scientifiques :
1.1 Le français prend, depuis longtemps, une place spéciale dans notrepays Cette langue est utilisée dans plusieurs domaines comme économique,politique, culturel, diplomatique Cependant, le français est différent duvietnamien sur plusieurs plans dont sémantique Il existe des mots, des phrasesqui sont équivalents en français mais qui ne le sont pas en vietnamien et viceversa Ce serait peut-être un des obstacles pour l'apprentissage du français desvietnamiens
1.2 Dans l’enseignement/apprentissage du français comme dans latraduction (version ou thème), les apprenants, voire les enseignants ont parfoisdes difficultés concernant l’utilisation des termes du même sens Les erreurs encette matière pourraient parfois déboucher aux malentendus dans lacommunication orale ou écrite Cependant, jusqu’à présent, bien que les étudessur cette question soient assez nombreuses, celles qui sont appropriées auprocessus d’enseignement/apprentissage du français actuel au Vietnam existentencore en humble quantité Par conséquent, les apprenants, surtout les débutants
et même les étudiants continuent à affronter des difficultés, à mal saisir le vraisens des mots et à commettre des erreurs regrettables dans l’emploi dessynonymes en français
Une analyse des erreurs de ce type serait alors indispensable et devraitêtre l’objet de recherche des linguistes et aussi des enseignants et apprenantsdans les universités
1.3 En étudiant les manuels de français réservés aux apprenantsvietnamiens, nous constatons que le phénomène des synonymes y est déjà traitémais d’une manière encore assez sommaire, qu’il est introduit implicitementdans les leçons et n’arrive pas à donner aux apprenants des connaissancessystématiques
Trang 5Pour les raisons ci-dessus, nous choisissons comme sujet de
recherche «Quelques erreurs dans l’emploi des synonymes en français chez les
apprenants vietnamiens».
2 Objectif de la recherche :
En choisissant ce sujet, l’auteur du mémoire vise un double objectif :
- Faire une analyse des difficultés ainsi que les erreurs dans l’emploi dessynonymes commises par les apprenants vietnamiens au cours de leurapprentissage du français
- A partir des résultats de l’analyse, fournir aux apprenants des façons àentraỵner l’utilisation de quelques synonymes fréquentes, afin de les aider à biensaisir le français
3 Cadre et objet de la recherche :
Dans le cadre d’un mémoire de fin d’études universitaires, faute du temps
et des conditions nécessaires, nous n’avons pas d’ambition de faire unerecherche approfondie sur tous les emplois des synonymes en français, nousn’étudions que quelques synonymes les plus utilisées dans la communicationquotidienne
Avec cette précision du cadre de la recherche, nous pensons que pourobtenir des remarques pertinentes sur notre sujet, il faudrait traiter nonseulement les données tirées des fiches de questionnaire mais aussi des sources
de haute confiance qui sont les livres des grammairiens français et vietnamiens
renommés tels que : Ngữ pháp tiếng Pháp thực hành (Grammaire pratique du français) de Quốc Mại- Phan Hàm, Dẫn luận ngơn ngữ học de Nguyễn Thiện Giáp, Grammaire progressive du français de Mạa Grégoire- Odile Thiévenaz, Les mots français de Henri Mitterand, …
L’objet de la recherche dans ce mémoire est donc les mots ou phrases desens équivalent qui sont mal utilisés chez les élèves, notamment chez ceux enclasse de terminal au lycée et chez les étudiants en première année à l’université
4 Méthodes de recherche :
Trang 6Pour parvenir aux objectifs précédemment exposés, nous appliquons dansnotre étude les méthodes suivantes que nous détaillons ultérieurement dans leschapitres du mémoire:
1) la méthode statistique,
2) la méthode de classification et de description,
3) la méthode de synthèse et de généralisation
En appliquant ces méthodes, nous suivons la démarche suivante en basantsur des corpus:
Nous faisons d’abord une analyse statistique des résultats que reçoit notreenquête sur les erreurs d’emploi des synonymes chez les apprenants Ensuite,nous réalisons une description et une synthèse Enfin, nous établissons uneclassification et une systématisation des erreurs en essayant de proposerquelques solutions possibles pour aider les apprenants à surmonter les obstacles
5 Etudes antérieures concernant le sujet du mémoire :
Jusqu’à présent, plusieurs auteurs ont déjà réalisé des recherches plus oumoins concernant l’analyse des erreurs d’emploi des synonymes, à savoir :Phạm Tất Đắc [1999], Phạm Văn Bảng [1976], Vũ Đình Tuân [1995], Quốc Mại
- Phan Hàm [2001], Mạa Grégoire - Odile Thiévenaz [2003]… Pourtant, cesauteurs ont étudié des synonymes soit d’une manière générale (définition, listedes synonymes, quelques exemples…), soit seulement dans la langue
vietnamienne Phạm Văn Bảng dans Sách học tiếng Pháp (Livre de français)
n’aborde que les synonymes en comparant à «antonymes », à «homonymes », et
à «paronymes»
Quant à nous, nous nous intéressons non seulement aux résultats obtenusdes auteurs susmentionnés mais aussi à des difficultés rencontrées chez lesapprenants vietnamiens et à l’analyse des erreurs commises par ce public carnous visons notre but principal : trouver une meilleure méthode à apprendrel’utilisation des synonymes en français
6 Signification de la recherche
Trang 7Notre recherche peut comporter des valeurs théoriques et pratiquessuivantes :
Sur le plan théorique, le mémoire apporterait sa contribution à laclarification de l’utilisation des synonymes dans la langue française
Sur le plan pratique, les résultats de la recherche orientent d'une part lesrecherches ultérieures vers une étude plus approfondie sur l’emploi dessynonymes en français et en vietnamien et contribuerait d'autre part à rendremeilleur et plus efficace l'enseignement/apprentissage du français au Vietnam
Le mémoire serait par ailleurs un document de référence utile et profitable pourles enseignants et les apprenants vietnamiens
7 Structure générale de la recherche :
Notre recherche se compose de trois chapitres :
- Dans le premier chapitre, nous essayons de constituer le cadre théorique
de notre étude, c’est à dire examiner quelques notions de base servant defondements théoriques pour la recherche
- Le deuxième portera sur l’analyse des erreurs dans l’emploi dessynonymes en français chez les apprenants vietnamiens
- Dans le troisième, nous cherchons à proposer des applicationspédagogiques et quelques solutions possibles
Trang 8Chapitre I : FONDEMENTS THEORIQUES
1.1 Définitions :
1.1.1 Synonymes.
Ce phénomène existe dans toutes les langues C’est ce qu’on appelle larichesse de la langue dont le français est un exemple représentatif « Orgueil, parexemple, n’est pas tout seul On trouve encore orgueil, superbe, hauteur, fierté,morgue, élévation, dédain, arrogance, insolence, gloire, gloriole, présomption,outrecuidance Tous ces mots expriment des nuances différentes » [Voltaire, cité
dans Sách học tiếng Pháp (Livre de français), p 115]
Les synonymes servent à rendre abondante la langue et comme exprime
le Nouveau dictionnaire des synonymes: « pour moins de monotonie, pour plus
de justesse, pour une plus grande élégance » Mais qu’est-ce que le synonyme? Selon Ferdinand de Saussure : «On appelle synonymes des termes demême sens ou plus exactement de sens équivalents, c’est-à-dire substituablesdans certains contextes » [Dictionnaire de didactique des langues, p.53]
E.Genouvrier, C.Désirat et T.Hordé ont également partagé cette idée.D’après ces auteurs, un synonyme, c’est « un mot que l’on cherche à la placed’un autre » [Nouveau dictionnaire des synonymes, p.5]
Vient ensuite la définition tirée dans Les mots français de Henri
Miterrand: «les synonymes sont des mots ou des expressions qui se différencientpar leur composition phonologique mais appartient à la même classegrammaticale et ont la même signification Autrement dit, un même signifié estexprimé, pour une classe grammaticale donnée, dans des signifiants distincts : lavoiture, l’auto, le véhicule employés dans le même énoncé ne modifient pas lesens général de cet énoncé ; de même pour imprévu, inattendu, inopiné » [p.60] Phạm Văn Bảng dans Sách học Tiếng Pháp [p.112] trouve que “les
synonymes sont des mots qui ont un sens très voisin »
Trang 9D’après le Dictionnaire encyclopédique 2000, Larousse [p.1526]
« synonyme : se dit de deux ou plusieurs mots de même fonction grammaticale,qui ont un sens analogue ou très voisin »
De même, le Dictionnaire encyclopédique, Hachette [p.1817] l’a défini
comme suit : «synonyme : mot qui a approximativement le même sens qu’unautre dans un même système linguistique »
Enfin, Jean Dubois et Réné Lagane dans Larousse Grammaire [p.17]
considèrent les synonymes comme: « des mots qui ont à peu près de la même
signification et qui ne se distinguent que par une nuance de sens ».
Par exemple :
- Une femme fière est soucieuse de son honneur et de sa digité.
- Un homme orgueilleux admire ce qu’il fait et ce qu’il dit.
- Être hautain, c’est humilier les autres pour se grandir.
- Être altier, c’est être impérieux et méprisant
« Fier », « orgueilleux », « hautain » et « altier » sont des synonymes
De ces observations, nous trouvons que le synonyme pourrait être denature très variable et qu’il serait impossible de lui accorder une définitionadéquate La synonymie est en effet moins simple qu’il n’y paraît Rares sontles synonymes parfaites ou variantes sémantiques complètement libres Lesdictionnaires dits des synonymes peuvent être à cet égard trompeurs En réalité,
ou bien les prétendus synonymes ne sont pas absolument interchangeables(impoli, malappris, insolent ; battre, frapper, heurter), ou bien ils appartiennent àdes familles morphologiques de structures différentes, dans lesquelles lasynonymie ne peut s’étendre qu’à travers des modifications morphologiques quicompromettent le parallélisme de l’emploi des termes dans l’énoncé :
« louanger » existe, mais non point d’« éloge », tandis qu’à « louanger »
correspond « élogieux » Ou bien l’identité de sens n’apparaît que dans dessyntagmes de nature particulière, et en nombre limité : on dit « à volonté »
« payer ses impôts » ou « payer ses contributions », mais on ne dira pas « offrir
Trang 10Pourtant, les définitions ci-dessus nous permettent d’en tirer quelquesremarques importantes pour notre recherche :
En premier lieu, il n’y a pas de synonymes totales ou parfaites, qui
«seraient un luxe inutile du langage en contradiction avec la loi d’économie »[Dictionnaire de didactique des langues, p.53] Il est très rare qu’on puisse lesemployer l’un pour l’autre Ainsi, on peut dire indifféremment : « il demeure à
la campagne » ou « il habite à la campagne » mais il faut dire : « il demeure immobile » et non « il habite immobile ».
En deuxième lieu, comme le Nouveau dictionnaire des synonymes [p.160] l’a montré : « bien que les synonymes aillent au moins… par deux, mais
ils ne sont presque jamais jumeaux » Cela veut dire qu’«une paire de mots siproches sont seuls à s’appliquer à certains contextes (…) : on emballe ouenveloppe un paquet dans du papier, on enveloppe mais on n’emballe pas un
malade dans une couverture ».
En troisième lieu, «les synonymes ne sont donc pas interchangeables dansn’importe quel contexte », car «dans certains contextes, il n’y a pas toujourspossible d’employer indifféremment tel ou tel synonyme En dehors d’unesignification commune que se partagent les synonymes, chacun d’eux peut avoir
en propre une nuance particulière qui n’est pas toujours compatibles avec le sensdes termes avoisinants : on peut dire donc « un angle aigu » ou « pointu », « unedouleur aiguë » mais non « une douleur pointue » [Trần Hùng, Précis delexicologie : 60 – 61]
En quatrième lieu, l’emploi des synonymes dépend:
+ Des niveaux de langues : « travailler » est le mot commun, « turbiner» est le terme relâché; «fatigué » est utilisé largement, «rompu » est plus choisi,
«crevé » est familier.
+ Des contraintes syntaxiques: un synonyme ne peut prendre place telquel dans un contexte syntaxique ó il régit ses compléments de la mêmemanière que le mot qu'il remplace Sinon il faut procéder à une construction de
Trang 11l'ensemble : «Il se souvient de ses jeunes années », «il pense souvent à ses jeunes années », «il se les rappelle», « il y pense ».
+ Des nuances du sens: dans certains contextes, un synonyme ne peutprendre place d'autres car chacun d'eux peut avoir de propres nuances, c’est-à-dire selon des cas que l'on choisit tel ou tel mot et laisse passer ses termes
avoisinants: on peut dire « un mendiant accompagne sa femme » ou « son épouse », mais « le président de la république et son épouse présentent à la télévision » et rarement on trouve « le président et sa femme présentent à la télévision ».
En dernier lieu, pour bien comprendre les synonymes, il est préférable deles comparer à d’autres termes telles que antonymes, homonymes, paronymes,polysémie, monosémie
Ci-dessous, nous allons feuilleter quelques définitions
1.1.2 Antonymes ou contraires.
Phạm Văn Bảng dans Sách học Tiếng Pháp (Livre de français) a défini les
antonymes comme : « des mots qui, par le sens, s’opposent directement l’un del’autre » [p.112] Autrement dit, ce sont des mots qui, tout en se rapportant à unemême notion, présentent une différence maximale de sens telle que substituerl’un à l’autre
Ex :
Riche et pauvre Jeune et vieux Blanc et noir Grand et petit
Selon Larousse Grammaire: « les antonymes sont des mots de sens
contraire ou inverse : commencement et fin ; monter et descendre savoir etignorer sont des antonymes [J Dubois et R Lagane, 2001]
Les antonymes peuvent se classifier en trois types: les contradictoires
(l’un se définit par la négation de l’autre, sans terme intermédiaire : « vivant »
-« mort », -« vrai » - -«faux »), les contraires (qui se place aux deux extrémités
Trang 12- « froid » avec « tiède » pour l’intermédiaire), et les inverses ou réciproques qui
impliquent deux phénomènes complémentaires mais inversés : « acheter »
-« vendre » (Voir L.Guilbert, Les antonymes, cahier de lexicologie, No 4, 1964,
p.29 à 36)
On trouve alors qu’il existe une relation de réciprocité entre les
antonymes : « j’entre » - « je sors », mais « je n’entre pas » ne signifie pas « je sors »
1.1.3 Homonymes.
Ce sont des mots, qui se prononcent de façon identique, mais qui diffèrent
par le sens et souvent par l’orthographe [Phạm Văn Bảng, Sách học Tiếng Pháp : 112].
Henri Miterrand définit les homonymes comme des mots qui, ayant unemême phonique (homophonie), se différencient par leur sens D’après cet
auteur, on peut opposer des homonymes partiels, qui, à la différence sémantique,
ajoutent une différence grammaticale (« sein » et « sain », « vert » et « verre »,
« chair » et « cher », « bal » et « balle »), et des homonymes absolus, qui
appartiennent à la même classe grammaticale (« saint » et « sain », « chair » et
« chaire », « voix » et « voie »….)
Les homonymes, pour J Dubois et R.Lagane, sont des mots qui seprononcent de la même manière quoique leur orthographe et leurs sens diffèrenttotalement, ou qui ont une même orthographe, mais de sens différents :
« sceau », « seau », « sot », « saut » sont des homonymes De même, les deuxmots « cousin », l’un désignant un insecte, l’autre un parent, sont deshomonymes « Sceau », « seau », « sot », « saut » sont aussi appeléshomophones, disent ces auteurs, parce qu’«ils ont la même prononciation» Lesdeux mots « cousin » sont dits aussi homographes parce qu’« ils ont la mêmeorthographe » L’homophonie peut s’accompagner de l’homographie, qu’il
s’agisse d’homonymes partiels : « aide » (fém) et « aide » (masc) ; « pair » (adj)
et « pair » (subst) ; « mémoire » (fém) et « mémoire » (masc) ou d’homonymes
Trang 13absolus : « balle du grain » vient de l’ancien français « baller » ; « balle du fusil », de l’italien palla [J Dubois et R.Lagane, Les mots français : 80].
Ex:
Bière (boisson) – bière (cercueil)
Encre (stylo) – encre (bateau)
Bal (fête) - balle (ballon).
Mère (parents) - mer (océan) - maire (ville).
Fois (multiplication) – foi (sentiment) – foie (organe du corps)
Cent (numéro) – sans (préposition) - sent (sentir) – sang (corps)
Collision – collusion Induire - enduire
Temporel - temporaire Vénéneux – venimeux
1.1.5 Polysémie.
On appelle polysémie un mot ayant plusieurs sens En d’autres termes,c’est un mot qui « peut prendre à une époque donnée des significations
différentes » [Henri Miterrand, Les mots français : 78]
En effet, on dit indifféremment « une opération » (militaire) et « une opération » (chirurgicale) ; « un cor » (de chasse) et « un cor » (au pied) Pour
certains mots comme « mettre », « prendre »,… les dictionnaires donnent à peuprès de 80 sens différents ; « tête » et « main » plus de 60 On peut donc dire,d’une manière générale, que le nombre des acceptations différentes est fonction
du nombre des combinaisons dans lesquelles il entre selon les types d’énoncés
« Route », « voie » et « chemin » se distribuent dans des ensembles différentsselon l’environnement qu’admet tel ou tel de leurs sens : on peut dire « suivre sa
Trang 14route », « suivre sa voie », « suivre son chemin », mais on dira « routenationale » et non pas « voie nationale ».
*Rapport entre la synonymie et la polysémie:
La synonymie et la polysémie appartiennent, du point de vue de sasignification, à deux axes différents : celui que définit l’étude des substitutionspossibles de mots différents pour une même signification en un lieu déterminé
de l’énoncé, et celui des combinaisons possibles d’un même mot avec d’autre,avec variation probable de sa signification Ces deux axes dépendent étroitementl’un de l’autre
Effectivement, la synonymie est l’inverse d’une part, de la polysémie quiest la cause primordiale (sinon unique) de la multiplication des synonymes; unterme polysémique a nécessairement plusieurs synonymes mais plusieurs termespeuvent être synonymes d’un autre sans pour autant être synonymes entre eux :
« traiter » peut avoir plusieurs synonymes : « soigner » (un malade), « exposer » (un sujet), «négocier » (une affaire), « recevoir » (un ami), pourtant
« soigner», «exposer», « négocier » et « recevoir» ne sont pas synonymes.
1.1.6 Monosémie.
Le mot est à l’origine porteur d’un seul sens appelé sens primitif Lacommunication postule théoriquement un seul nom pour chaque sens et seulsens pour chaque nom, c’est ce que l’on appelle la monosémie Cette dernièrenous permet d’éviter toute ambiguïté Pourtant, ce phénomène n’existe pas defaçon populaire car le mot évolue et acquiert, au cours de l’histoire, d’autressens Chaque mot a un sens de base et un ou des sens contextuels qui nesuperposent pas Dans ce cas, c’est le contexte qui précise le sens de «cor» et
d’«opération», par exemple (voir 1.1.5) dans « Roland sonna du cor » et « les opérations se poursuivent dans le Delta ».
1.2 Analyse des erreurs.
1.2.1 Erreurs et fautes :
Selon le Nouveau dictionnaire des synonymes, ces deux termes sont
proches en tous emplois Pourtant, toujours selon ce dictionnaire, il existe entre
Trang 15ces termes une différence : «erreur se rapporte à la vie intellectuelle etpsychologique, tandis que faute implicite le plus souvent la vie morale et
religieuse » Ainsi, on dit : « Il doit y avoir une erreur, je ne m’appelle pas Dupont » par exemple pour le sens de malentendu, de confusion et on confesse
ses fautes à l’église «concernant le péché (en terme de religion) [E.Gnouvrier,
C.Désirat, et T.Hordé, Nouveau dictionnaire des synonymes : 278 – 306].
D’après Le Petit Robert (Grand format) [1996 : 808], erreur désigne une
« action non prévue par rapport à une norme » et est synonyme de faute,d’inexactitude De même, faute désigne un manquement à une règle, à unprincipe (dans une discipline intellectuelle, un art) et est synonyme d’erreur,d’inexactitude, d’incorrection [p.899]
Partageant le même avis du Petit Robert - 1996, Le Petit Larousse Compact - 1998 dit de l’erreur la « faute commise en se trompant » [p.395] et de
la faute le « manquement à une norme, aux règles d’une science, d’un art, d’unetechnique, etc ; erreur »
Le dictionnaire français – anglais Le Robert & Collins Compact plus
trouve également que «faute » et «erreur » sont « mistake » en anglais [p.198]
H.Besse et R Porquier dans Grammaire et didactique des langues ont
montré que «la distinction erreur/faute, discutée plus loin, n’est pas pertinent ».D’après eux, «la distinction désormais répandue entre erreur et faute renvoieapproximativement à celle établie par la théorie choimskyenne entre compétence
et performance L’erreur relèverait de la compétence, la faute de performance ».Cependant, outre les difficultés pratiques rencontrées, «cette distinction n’estpas forcément applicable à des occurrences isolées » [p.207 à 209] Toujoursselon ces auteurs, « il ne pourrait y avoir en langue maternelle que des fautes,jamais d’erreurs A moins bien sûr de recouvrir à des jugements normatifsexternes, on peut noter à ce propos que certaines analyses d’erreurs en langueétrangère considèrent comme erreurs des formes assez répandues chez deslocuteurs natifs (donnez-moi-z-en ; si j’aurais su ; j’ai pas vu)
Trang 16De tout ce qui précède et pour faciliter l’étude dans le cadre du présentmémoire, nous choisissons désormais le terme «erreur» pour notre recherchetout en considérant comme synonymes les deux termes : erreur et faute
1.2.2 Théorie de l’analyse des erreurs
Développée à partir des années soixante, l’analyse des erreurs marque une
étape importante dans la recherche en didactique des langues, progressivementdétachée du cadre étroit de la linguistique appliquée
Elle est d’abord envisagée comme un complément ou substitutionéconomique aux analyses contrastives : «les erreurs commises et les difficultésrencontrées par les élèves dans l’apprentissage reflètent bon nombre des points
de différence qui seraient automatiquement inclus dans une comparaisonbilingue complète (….) l’analyse systématique des erreurs constantes, à l’aidedes catégories et des techniques de la linguistique moderne, ouvre un champsfécond aux recherches ultérieures (….), elle apporte une contribution certaine àl’enseignement des langues (….) et offre une solution de rechange qui peut
porter plus vite des fruits » [P.Strevens, 1964 : 65, cité dans « Grammaire et didactique des langues » : 206].
L’analyse des erreurs a alors un double objectif: l’un théorique : mieuxcomprendre les processus d’apprentissage d’une langue étrangère ; d’autrepratique : améliorer l’enseignement Ils s’articulent l’un à l’autre : une meilleurecompréhension des processus d’apprentissage contribue à la conception deprincipes et de pratiques d’enseignement mieux appropriés, ó sont reconnus etacceptés le statut et la signification des erreurs L’étude des apprentissages dans
un contexte d’enseignement, constitue un terrain de recherche utile pour unethéorie de l’apprentissage des langues
Trang 17Chapitre II DIFICULTÉS DANS L’EMPLOI DES SYNONYMES
ET QUELQUES ERREURS EN LA MATIÈRE COMMISES
PAR LES APPRENANTS VIETNAMIENS.
2.1 Analyse des difficultés dans l’emploi des synonymes chez l’apprenant vietnamien.
L’analyse des difficultés des apprenants serait un travail important etindispensable pour l’enseignement/apprentissage des langues, notamment deslangues étrangères En découvrant les obstacles que rencontrent les apprenants,les enseignants pourraient trouver et appliquer des méthodes plus efficaces auprocessus d’enseignement/apprentissage Pour le faire, nous utilisons dans cemémoire des fiches de questionnaire comme présentées ci-après
2.1.1 Public.
Pour pouvoir obtenir des informations crédibles à analyser des difficultésdes apprenants vietnamiens dans l’emploi des synonymes, nous prenons commebase les résultats des tests effectués par des élèves au lycée et des étudiants enpremière année
Nous ciblons ce public qui dispose un certain niveau de langue permettant
de fournir des productions langagières appropriées car ils ont déjà suivi uncursus d’apprentissage du français au moins de trois ans (avec 3 périodes defrançais chaque semaine), c’est-à-dire plus de 250 périodes environ
2.1.2 Réalisation et résultats des fiches de questionnaire.
Nous donnons des fiches de questionnaire aux élèves de deux classes12A, B au lycée Nghi Lộc I, à Nghệ An ó j’ai fait un stage pédagogiquependant deux mois et aux étudiants en première année au département desLangues étrangères à l’Université de Vinh et leur demandons de répondre auxquestions en marquant une croix dans la phrase qui leur paraỵt correcte
Trang 18Puis, nous faisons la synthèse et le statistique des réponses erronées parnos participants afin de montrer une proportion et une classification des typesd’erreur différents
Finalement, en utilisant la méthode analytique, nous essayons de trouverles causes provoquant ces types d’erreur
Nous avons obtenu les résultats que nous présentons dans les tableaux etles graphiques suivants :
Difficultés fréquentées chez les lycéens chez les étudiants
2 Le manque des documents abordant
systématiquement cette question
3 L’influence du vietnamien et la traduction
littérale du vietnamien en français
TABLEAU 1 : Quelques difficultés fréquentées dans l’emploi des synonymes
en français chez les apprenants vietnamiens
2 Le manque des documents abordant systématiquement cette question.
3 L’influence du vietnamien et la traduction littérale du vietnamien en français.
4 Autres difficultés.
GRAPHIQUE 1 : Quelques difficultés fréquentées dans l’emploi des synonymes
en français chez les apprenants vietnamiens
Trang 19GRAPHIQUE 2 : Emploi erroné de quelques synonymes en français
chez les apprenants vietnamiens.
De ces résultats, ci-après nous allons analyser quelques erreursfréquentées chez les apprenants vietnamiens
2.2 Erreurs rencontrées souvent chez les apprenants vietnamiens concernant l’emploi des synonymes.
Nous n’avons pas d’ambition d’aborder toutes les erreurs ainsi que toutesles causes par lesquelles nos apprenants ont mal utilisé les synonymes, maisseulement quelques-unes les plus fréquentées dans les classes de langue
2.2.1 Erreurs dues au voisinage des synonymes
Comme nous l’avons ultérieurement abordé, les synonymes sont des motsqui ont des sens voisins «ou plus exactement de sens équivalents, c’est-à-dire
Trang 2053] Dans ce sens, on pourrait dire qu’il ne risque aucune difficulté pour lesrécepteurs Ex : «J’habite à Paris », « je demeure à Paris » ou « je vis à Paris »sont corrects car «habiter », « vivre » et « demeurer » sont des synonymes quiexpriment le lieu ó se trouve le locuteur Pourtant, on ne peut pas remplacer
«habiter », « vivre » et « demeurer » par «être né » ou « travailler» car dans cenouveau contexte, le récepteur pourrait comprendre sous un autre sens :
Je travaille à Paris ( mon travail m’oblige à y aller)
Je suis né à Paris ( je n’y suis peut-être pas présent)
Les erreurs de ce type sont assez fréquentes peut-être à cause del’habitude du locuteur ou parce qu’à l’oral, le sujet parlant n’a pas, dans laplupart des cas, le temps de faire un bon choix Cela évoque parfois desmalentendus entre les interlocuteurs ou le phénomène ambigu que l’on appellel’amphibologie Examinons les exemples ci-dessous:
Ex 1 : Prenons la phrase suivante (qui n’est pas rare dans les copies desapprenants vietnamiens):
La mère partage un pain en deux parties
Du point de vue grammatical, cette phrase est absolument correcte, mais
on voit que le verbe partager et le nom partie ont la même famille1 : Ils ont un
même radical «part » Très souvent, on évite d’utiliser des mots issus d’une
même famille dans une phrase
Pour que cette phrase soit plus belle, trois solutions sont proposées :
- Soit remplacer le verbe de la phrase par un autre verbe en gardant le sens :
« couper », « diviser » par exemple Alors, cette phrase deviendra :
La mère coupe/ divise un pain en deux parties.
1 Une famille de mots est l’ensemble des mots dérivés et des composés qui ont entre eux une certaine parenté, parce qu’ils proviennent d’un radical commun.
Ex : mots de famille de terre :
Dérivés : terrain- terrier- terrer- terrien- territoire- terrestre- terrine- territorial-
terroir-terreux- terrasse.
Composés : atterrer- atterrir- atterrissage- enterrer- enterrement- déterrer- déterrage [Phạm
Văn Bảng, Sách học tiếng Pháp (Livre de français), tome 3, p 107].
Trang 21- Soit changer le substantif du groupe prépositionnel de la phrase Dans ce cas,
le mot morceau est bien conseillé :
La mère partage un pain en deux morceaux
- Soit changer à la fois le substantif et le verbe :
La mère divise un pain en deux morceaux
(Partager diviser, partie morceau)Cette 3è solution est déconseillée par les grammairiens Effectivement, enchangeant le substantif et le verbe, les apprenants peuvent commettre denouvelles erreurs : La fidélité du contenu n’est pas assurée, la limite duvocabulaire de l’apprenant…
chapitre
2.2.2 Erreurs dues à l’explication incomplète de l’enseignant.
Faute de temps à la classe et peut-être de dévouement, les enseignantsn’expliquent pas parfois en détail aux élèves les sens des synonymes dans descontextes différents, ils ne leur apprennent pas à comment utiliser correctementtel ou tel terme dans des situations de communication concrètes Par conséquent,l’emploi des synonymes des apprenants serait erroné ou inapproprié au contexte
Trang 22Ci-dessous nous allons étudier quelques synonymes qui risquent ce typed’erreur.
2.2.2.1 Nouveau et Neuf :
Tous les deux mots signifient en vietnamien “mới”, mais en français ils
portent deux sens différents
Nouveau: Qui existe, qui est connu depuis peu Qui vient après quelqu’un
ou quelque chose de même espèce, qui vient les remplacer, leur succéder ou s’yajouter [Le petit Larousse compact, 1998 : 702]
Ex:
- Paul a une nouvelle voiture?
- Oui, c’est une vieille Jaguar magnifique
(Cette voiture peut être fabriquée depuis longtemps mais c’est la première
fois que Paul achète ou utilise}
On utilise « nouveau » pour tout changement
Ex:
Une nouvelle adresse
Un nouveau mari.
[Grammaire progressive du français, 500 exercices : 80]
L’opposition de nouveau - ancien:
Ex:
Un nouveau professeur # Un ancien professeur.
Une nouvelle adresse # Une ancienne adresse.
Neuf: de fabrication récente, fait depuis peu et qui n’a pas ou presque pas
servi Qui n’a pas encore été dit, traité [Le petit Larousse compact, 1998 : 694]
Ex:
- Paul a une voiture neuve?
- Oui, c’est la dernière Citroën.
(Cette voiture vient d’être fabriquée et n’est pas encore servie.)
On utilise « neuf » pour les objets:
Ex:
Trang 23Un stylo neuf
Des chaussures neuves.
L’opposition de neuf – vieux:
Ex:
Un chapeau neuf # Un vieux chapeau
De nouveau : une fois de plus [Le petit Larousse compact, 1998 : 702]
De neuf : avec des choses neuves [Le petit Larousse compact, 1998 : 694]
Ex :
Le moteur ne fonctionne pas, il démarre alors de nouveau.
(Il démarre une fois de plus le moteur)
Quoi de neuf ?
(Est-ce qu’il y a des choses neuves ?)
2.2.2.2 Découverte et invention :
Découverte/ découvrir: trouver ce qui était inconnu, ignoré ou caché [Le
petit Larousse compact, 1998 : 306]
Ex:
Christophe Colomb a découvert l’Amérique.
Découverte seulement en 1846, elle reste une planète très
mystérieuse.
[Lê Ngọc Cương, 350 choisies rédactions et dictées: 282].
Ils lui feront découvrir la mer admirable ou un pays plus confidentiel, fait de quiétude et de silence.
[B de Parades, Cites de France, Finistère, cité dans
Lê Ngọc Cương, 350 choisies rédactions et dictées: 282].
De même, on dit : La découverte du feu.
Invention/ inventer: créer le premier ce qui n’existait pas encore et dont
personne n’avait eu l’idée [Le petit Larousse compact, 1998 : 557]
Trang 24Conté a inventé le crayon à papier.
[Le nouvel Espaces 2:120]
C’est la Révolution française qui a inventé presque tous les
symboles actuels de l’Etat française: La devise: “Liberté, Egalité, Fraternité”
[ Livre de tous les Français, Gallimard, cité dans
Lê Ngọc Cương, 350 choisies rédactions et dictées : 316]
Depuis 1895, date de l’invention du cinématographe par les frères
Lumière, le 7è art a beaucoup évolué.
[Lê Ngọc Cương, 350 choisies rédactions et dictées:316]
On peut également dire : L’invention de l’imprimerie
L’invention d’une machine
[Phạm Tất Đắc, Le Français correct].
2.2.2.3 An et année:
An: est une unité de temps et s’utilise après des noms cardinaux:
Ex:
Il avait treize ans – c’était un gaillard tanné par l’air marin.
[Y Quéfflélec, Les Noces barbares Gallimard, cité dans Lê
Ngọc Cương, 350 choisies rédactions et dictées ]
Cependant, il est à peu près certain qu’on l’utilisait dans les îles
aléoutiennes il y a 4000ans.
[W Herbert, Les Esquimaux, Flammarion, cité dans Lê
Ngọc Cương, 350 choisies rédactions et dictées].
Année: met l’accent sur la durée et s’utilise avec des adjectifs et des