UNIVERSITẫ DE VINHDẫPARTEMENT DES LANGUES ẫTRANGèRES ===== ===== NguYễn THị VÂn étude des coverbes “đã” et “đang” dans la traduction en vietnamien du Roman “Le colonel Chabert” d Honor
Trang 1UNIVERSITẫ DE VINH
DẫPARTEMENT DES LANGUES ẫTRANGèRES
===== =====
NguYễn THị VÂn
étude des coverbes “đã” et “đang” dans la traduction en vietnamien du
Roman “Le colonel Chabert”
d Honoré de Balzac ’Honoré de Balzac
Mémoire de fin d études universitaires ’Honoré de Balzac
Vinh, 2009
TABLE DE MATIẩRE
Remerciements 3
Introduction 4
Contenu 7
CHAPITRE 1: Fondements thộoriques 7
1.1 Gộnộralitộs sur la traduction 7
Trang 21.1.1 Définitions de la traduction 7
1.1.2 Définitions de la traduction littéraire 8
1.1.3 Acceptions sur la traduction 10
1.1.3.1 Fidélité à la lettre 10
1.1.3.2 Fidélité au sens 11
1.1.4 Préceptes 11
1.2 Généralités sur la linguistique contrastive 12
1.2.1 La linguistique 12
1.2.2 Définitions de la linguistique contrastive 13
1.2.3 Historique de la linguistique contrastive 13
1.2.4 Les insuffisances des études contrastives 14
1.2.5 Limites et perspectives 16
CHAPITRE 2: Étude des coverbes “Đã” et “Đang” dans le roman “Le colonel Chabert” 18
2.1 Présentation de l’auteur et de l’oeuvre 18
2.1.1 L’auteur Honoré de Balzac 18
2.1.2 L’oeuvre “Le colonel Chabert” 19
2.1.3 La traductrice Đặng Anh Đào 20
2.2 Quelques caractéristiques du vietnamien 21
2.3 Poin de vue sur le vietnamien 21
2.3.1 Point de vue traditionnel: Le vietnamien, une langue à temps verbaux .21
2.3.2 Point de vue non tradictionnel: Le vietnamien, une langue à aspect 22
2.4 La notion coverbe 22
2.4.1 L’absence du coverbe 23
2.4.2 Le coverbe “Đã” 23
2.4.3 Le coverbe “Đang” 24
Trang 32.5 “Đã” et “Đang” dans la traduction “Đại tá Chabert” de Đặng Anh Đào
25
2.5.1 Le coverbe “Đã” dans « Đại tá Chabert » 25
2.5.1.1 “Đã” traduit dans le Présent 25
2.5.1.2 “Đã” traduit dans le Passé Composé 28
2.5.1.3 “Đã” traduit dans l’Imparfait 31
2.5.1.4 “Đã” traduit dans le Passé simple 33
2.5.1.5 “Đã” traduit dans le Plus-que-parfait et l’Infinitif passé 34
2.5.2 Le coverbe “Đang” dans « Đại tá Chabert » 35
2.5.2.1 “Đang” traduit dans le Présent 36
2.5.2.2 “Đang” traduit dans l’Imparfait 38
2.6 L’ordre des procès et la Localisation temporelle 42
2.6.1 L’ordre des procès 42
2.6.2 La localisation temporelle 42
CHAPITRE 3: Remarques Pédagogiques 44
3.1 Importance dans l’acquisition des caractères du vietnamien et de la traduction 44
3.2 Le penchant naturel de la traduction littérale 45
3.3 Les exercices pratiques 46
Conclusion 52
Bibliographie 54
Trang 4Je remercie d’abord Monsieur Nguyễn Duy Bình, mon Directeur demémoire, pour la confiance qu’il m’a témoignée, la patience dont il a fait preuve
à mon égard et les indications qu’il m’a prodiguées depuis le début de ce travail
Mes remerciements sont également addressés aux professeurs auDépartement des Langues Étrangères, ceux qui m’ont enseignée au cours de mesétudes à l’Université de Vinh
Je remercie enfin toute ma famille, tous mes amis et camarades de classequi m’ont soutenue et encouragée tout au long de mon travail
Trang 51 Motivations scientifiques
1.1 Le français prend, depuis longtemps, une place spéciale dans notre
pays Cette langue est utilisée dans plusieurs domaines comme économique,politique, culturel, diplomatique… Il existe des mots, des phrases qui sontéquivalents en français mais qui ne le sont pas en vietnamien Ce serait peut-être
un des obstacles pour l’apprentissage du français des vietnamiens
1.2 Acquérir une nouvelle langue est, peut-on dire, synonyme de découvrir
une nouvelle culture avec des moeurs et des coutumes originales À l’aide desconnaissances culturelles de tel ou tel pays, nous pouvons bien apprendre lalangue, traduire de manière scientifique en langues différentes, sans perdre lapureté linguistique de la langue d’arrivée Cependant, l’apprenant a le plussouvent tendance à imposer des règles grammaticales, morphosyntaxiques de lalangue maternelle à la langue étrangère Cela provoque des difficultés pourl’acquisition de la langue étrangère Les raisons ci-dessus nous ont poussé àréaliser le travail de fin d’études sur l’étude des coverbes “Đã” et “Đang” dans
l’oeuvre littéraire “Le colonel Chabert”, sur l’interférence linguistique entre le
français et le vietnamien par le biais de leur signification et de leur sens, illustrépar des exemples concrets
2 Objectifs de la recherche
En choisissant ce sujet, l’auteur du mémoire vise un double objectif:
- Faire l’analyse des mots coverbes utilisés dans une traduction littéraire
- À partir des résultats de l’analyse, fournir aux apprenants la capacitéd’utiliser des mots coverbes dans la matière de la traduction, afin de lesaider à bien saisir le français
3 Cadre et objets de la recherche
Dans le cadre d’un mémoire de fin d’études universitaires, faute de temps
et de conditions nécessaires, nous n’avons pas l’ambition de faire une recherche
Trang 6approfondie sur tous les emplois des coverbes, nous n’étudions que quelquescoverbes les plus utilisés dans la traduction littéraire.
Avec cette précision du cadre de la recherche, nous pensons que pourobtenir des remarques pertinentes sur notre sujet, il faudrait traiter non seulementles données tirées des fiches de questionnaire mais aussi des sources de hauteconfiance qui sont les livres d’auteurs français et vietnamiens renommés tels que:
Nghiên cứu dịch thuật (Étudie de la traduction) de Hoàng Văn Vân, Cơ sở ngôn ngữ học de Nguyễn Nhã Bản, Théories et pratiques de la traduction littéraire
d’Inês Oseki-Dépré, La notion de fidélité en traduction d’Amparo Hurtado Alblir, Introduction à l’histoire de la traduction de la littérature française au
vietnamien (Mémoire de DEA de Lettre & Art) de Nguyễn Duy Bình, Tấn trò đời-La Comédie Humaine, version vietnamienne de Lê Hồng Sâm - Đặng Anh
Đào, ect
Notre sujet “Étude des mots coverbes “Đã” et “Đang” dans la traduction
du roman “Le colonel Chabert” de traductrice Đặng Anh Đào est réalisée dans
l’espoir d’ouvrir à l’apprenant un chemin le plus court et le plus simple auxmeilleurs résultats sans être influencé par les effets pervers de l’interférence de lalangue maternelle sur la langue étrangère, et à améliorer ses compétenceslinguistiques
4 Méthodes de recherche
Pour parvenir aux objectifs précédemment exposés, nous appliquons dansnotre étude les méthodes suivantes que nous détaillons ultérieurement dans leschapitres du mémoire:
- Méthodes statistique et synthétique: Nous faisons la synthèse des exemplescontenant les coverbes “Đã” et “Đang” dans les documents de référence.Ensuite, nous essayons de classer des significations de chaque coverbe
- Méthode analytique: En principe général, l’analyse est une bonne méthodeafin de trouver les traits sémantiques se cachant derrière des structures
Trang 7grammaticales de ces coverbes Grâce à cette méthode, nous pouvonssubdiviser et approfondir la question en analysant des exemples concrets.
- Méthode contrastive: Durant l’élaboration de ce sujet, nous avons employé
la méthode contrastive pour éclairer les divergences et analogies entre lesdeux langues, les deux cultures C’est pourquoi nous voudrions présenter
en détails la théorie d’analyse contrastive
Le mémoire serait par ailleurs un document de référence utile et profitable pourles enseignants et les apprenants vietnamiens
6 Structure générale de la recherche
Notre recherche se compose de 3 chapitres:
- Dans le premier chapitre, nous essayerons de constituer le cadrethéorique de notre étude, c’est-à-dire examiner quelques notions de base servant
de fondements théoriques pour la recherche
- Le deuxième portera sur l’étude et l’analyse des coverbes “Đã” et
“Đang”, utilisés dans le roman “Le colonel Chabert” de la traductrice Đặng Anh
Đào
- Dans le troisième, nous chercherons à proposer des applicationspédagogiques et quelques solutions possibles
Trang 8CHAPITRE 1 Fondements théoriques
1.1 Généralités sur la traduction
du “transfert” D’après le Petit Robert, traduire consiste à faire que ce qui était
énoncé dans une langue naturelle le soit dans une autre, en tendant àl’équivalence sémantique et expressive de deux énoncés (Voir Nguyên Duy
Binh, Introduction à l’histoire de la traduction de la littérature française au
Vietnam, Mémoire de DEA, P.9) Autrement dit, la traduction est un moyen
d’accès à une information en langue étrangère
Selon J.R Ladmiral, traduire, c’est transmettre des informations d’unelangue de départ (langue – source) dans une langue d’arrivée (langue – cible).Elle est une activité humaine universelle, rendue nécessaire à toutes les époques
et dans toutes les parties du globe La véritable traduction est un acte decommunication déterminée par les conditions de production du traducteur (Voir
Jean-René Ladmiral, Théorèmes pour la traduction, Petite Bibliothèque Payot,
P.11, 13)
Voici la définition que donne Edmond Cary dans “Noblesse de la parole”:
“La traduction est une opération qui cherche à établir des équivalences entre deux textes exprimés en des langues différentes, ces équivalences étant toujours
et nécessairement fonction de la nature de deux textes, de leur destination, des rapports existent entre la culture des deux peuples, leur climat moral,
Trang 9intellectuel, affectif, fonction de toutes les contingences propres à l’époque et au lieu de départ et d’arrivée.”
Plus simplement, l’acte de traduire, à en croire Marianne Lederer, consiste
à “comprendre” un “texte”, puis en une deuxième étape, à “réexprimer” ce
“texte” dans une autre langue
Sur le plan du langage, elle juge que “traduire” est affaire decorrespondances et d’études linguistiques Or, la traduction est affaire delangage: l’emploi d’une langue s’accompagne de la propriété d’acquérir etd’emmagasiner des connaissances sous forme non verbale (Voir Marianne
Lederer, La traduction aujourd’hui, Hachette, 1994, P.11, 13, 87).
G Mounin y ajoute que “La traduction consiste à produire dans la langue
d’arrivée l’équivalent naturel le plus proche du message de la langue de départ, d’abord quant à la signification, puis quant au style” (Georges Mounin, Les problèmes théoriques de la traduction, Tel Gallimard, 1963, Préface XII).
La traduction correspond à une opération de transformation (transfert,transposition) un texte d’une langue dans une autre Selon le point de vue de I.O.Dépré, elle est examinée non seulement comme carrefour intertextuel etinterculturel, mais encore comme un art, art fondé sur une science, et commepratique intermédiaire, comme voie ou moyen de communication
À l’époque moderne, des philosophes l’évoquent comme matière àréflexion Non seulement elle aide l’effacement des frontières du savoir, de lalangue, de la pensée et de la culture, mais encore permet la confrontation avec
l’étranger (Voir Inês Oseki-Dépré, Théories et pratiques de la traduction
littéraire, Armand Colin, 1999, P.11, 17, 79).
1.1.2 Définitions de la traduction littéraire
La littérature désigne “l’ensemble des oeuvres, des textes littéraires dans
la mesure ó ceux-ci manifestent une relation avec l’esthétique, autrement dit un
Trang 10rapport avec la beau” (Mireille Naturel, Pour la littérature de l’extrait à l’oeuvre, Clé International, P.175).
À toute époque, dans la vie spirituelle des hommes, elle occupe une placeprivilégiée Parallèlement, dans le contexte de la mondialisation, une culture nepeut rester isolée Elle a besoin d’autres cultures pour se constituer Alors, latraduction littéraire devient un des instruments de la constitution del’universalité, instrument indispensable
Ainsi, “la traduction littéraire n’est pas, dit Edmond Cary, une opération
linguistique, c’est une opération littéraire” (Cité par Georges Mounin, Op.cit.,
P.13)
En ce qui concerne la traduction qualifiée de littéraire, c’est la traduction,qui transpose un texte littéraire d’une langue dans une autre, qui convient à lalittérature et répond à ses exigences esthétiques, expressives
Plus concrètement, la traduction littéraire fait passer le roman, la poésie, lethéâtre et tout autre genre littéraire d’une langue à une autre Ainsi, la traductiondes textes techniques, scientifiques, historiques ou sociaux est qualifiée si ellerépond aux exigences esthétiques et expressives de la littérature C’est pour celaqu’il faut de la création dans le processus de la traduction Donc, des fichestechniques ne peuvent pas être considérées comme textes littéraires parce qu’iln’apportent pas de créativité
Selon le point de vue de Octavio Paz qui propose quatre points principauxconsidérant la traduction comme création littéraire:
- Le rapport entre langage et traduction
- L’aspect littéraire de la traduction
- Le rapport entre traduction poétique et création littéraire
- La traduction, pont interculturel
Paz, lui même, estime également la traduction littéraire comme la découverte dedifférentes civilisations, modes de pensées, moeurs, etc Elle devient non plus le
Trang 11moyen de révéler l’identité ultime des hommes, mais le véhicule qui montre leurssingularités (Voir Inês Oseki-Dépré, Op.cit., P.112).
Dans le cadre de notre étude, la traduction touché à la traduction littéraire,
plus précisément à celle des coverbes Đã et Đang.
1.1.3 Acceptions sur la traduction
1.1.3.1 Fidélité à la lettre
Les linguistes appellent la fidélité à la lettre le procédé du mot à mot.L’exigence de cette traduction est la clarté, la simplicité, le bon sens et surtout lebon gỏt
Selon Cicéron, le premier théorien de ce courant, traduire mot à motconsiste à conserver le génie de tous les mots et la valeur qui sont des beautés de
la littérature des textes originaux (Voir I.O Dépré, Op.cit., P.19) Autrement dit,
à chaque image, une métaphore, chaque “beauté” du texte original doiventcorrespondre une image, une métaphore, une “beauté” dans le texte d’arrivée
En réalité, dit Saint-Jérơme, “si je traduis mot à mot, cela rend un son
absurde” (Cité par Michel Ballard, De Cicéron à Benjamin, P.U.L, 1991, P.61).
La traduction mot pour mot n’a jamais pu fonctionner la même surfaceconceptuelle dans des langues différentes
La fidélité à la lettre, selon I.O Dépré, ne peut restituer pleinement le sensqu’il a dans l’original ou elle rend un contresens en somme Elle l’appellemauvais gỏt R Ladmiral évoque ce qui le rend impraticable Tout cela renvoie
à l’opposition entre mot et sens
Ainsi, le problème de la traduction est souvent posé dans les termesantinomiques d’un débat académique: la fidélité ou l’élégance, la lettre oul’esprit Ce sont des deux pơles d’une même alternative qui scandent l’histoire de
la traduction selon un mouvement de balancier entre “l’équivalence formelle” et
“l’équivalence dynamique”, entre le mot à mot ou les “belles infidèles”
Trang 121.1.3.2 Fidélité au sens
On appelle la fidélité au sens de la fidélité à l’esprit ou les “belles
infidèles” Gurtado Alblir a défini le sens comme “une synthèse non-verbale
opérée par le processus de compréhension qui le situe lui-même au carrefour des références linguistiques et non linguistiques” (Amparo H.Ablir, La notion
de fidélité en traduction, Didier Ðrudition, 1990, P.144).
C’est pourquoi, il est estime que la fidélité au sens exige trois paramètres
le “vouloir dire” de l’auteur, la langue d’arrivée et le destinataire de la traductionqui ne sont pas indissociables Ce courant s’oppose à la traduction mot à mot.Bien que libre et infidèle, cette traduction est belle et plus accessible à son
public Georges Mounin dans “Les belles infidèle” (1955) condamne mot à mot.
Il montre que la fidélité à la lettre n’est pas parfait parce qu’il oublie que le textetraduit est dans une autre langue, une autre époque et dans une autre civisilation.Cependant, il explique que l’origine des belles infidèles repose sur des raisons
historiques et sociales: “Les belles infidèles ne faisaient qu’éliminer ce qui
n’était pas en accord avec le gỏt de l’époque, remplaçant les moeurs, les idées,
le style des Anciens par les critères de l’époque pour les textes touchent le public” (Amparo H.Alblir, Op.cit., P.17) D’après lui, les belles infidèles
représentent la mort du mot-à-mot qui est liée à l’histoire (car déterminée parl’époque)
1.1.4 Préceptes
Etienne Dolet propose quelques préceptes qui sont valables jusqu’à nos jours:
- Comprendre parfaitement le sens du texte et l’argument traité par l’auteurqu’on ne dispose à traduire
- Connaỵtre parfaitement aussi bien la langue originale que la langue danslaquelle on va traduire – préceptes qui renvoient à la compétence dutraducteur
Trang 13- Ne pas s’asservir au point de rendre l’original mot pour mot, ou autrement
dit, “chaque langue a ses propriétés, translations et diction, locutions,
subtilités et véhémences à elle particulières” ou encore “si l’ordre des mots perverti tu exprimes l’intension de celui que tu traduis, aucun ne t’en peut rendre” (O.I.Dépré, Op.cit., P.24).
1.2 Généralités sur la linguistique
1.2.1 La linguistique
La linguistique est l’étude scientifique du langage et des langues naturellestelles que les paroles des sujets parlants (des locuteurs) les réalisent Son objectifprincipal est d’expliquer la structure, l’évolution des langues
La linguistique est considérée comme une science parce qu’elle traite d’unobjet spécifique, les langues naturelles Elle élabore des théories, précise sesméthodes d’analyse et de description Comme science, elle obéit aux exigencesd’analyse scientifique Toute étude scientifique est caractérisée par une méthode
et par les étapes ci-après: l’observation, la description, l’explication et la
génération, ou élaboration théorique (Nguyên Duy Binh, Cours de linguistique
contrastive; Etudes contrastive du français et du vietnamien, P.5)
- L’observation des phénomènes est le point de départ de toute recherche
scientifique En linguistique, cette observation se fait par le biais d’un corpus.
L’observation est jugée adéquate si le corpus est exaustif et représentative desfaits de communication
- La description des actes linguistiques observés doit montrer que, prisisolément, ces faits sont divers, distincts, individuels; mais pris collectivement,ces faits linguistiques présentent certaines analogies, certaines régularités Pourêtre adéquate, la description doit être objective, c’est-à-dire fondée sur uneobservation impartiale du comportement linguistique des sujets parlants
Trang 14- L’explication des faits linguistiques observes consiste à cerner la nature
du phénomène, à interpréter le pourquoi et le comment de son déroulement envue de sa génération ou de son application
- L’élaboration d’un modèle ou théorie, c’est celle d’un ensemble organisé
de règles destiné à expliquer la compétence linguistique des locuteurs
1.2.2 Définitions de la linguistique contrastive
La linguistique contrastive, c’est la comparaison terme à terme, rigoureuse
et systémique, de deux langues, L1 (langue source) et L2 (langue cible), et deleurs différences structurelles, pour réaliser des outils mieux adaptés et desméthodes plus performantes, en général pour l’enseignement de L2 puisque c’est,
le plus souvent, dans le sens du L1>L2 que se pratique l’analyse contrastive Voir
Renaud Dumond, Doctorant de l’Université des Antilles de la Guyanne (UAG).
La linguistique contrastive s’intéresse sous l’aspect synchronique auxdivergences et convergences entre deux ou plusieurs langues Il existe un lienméthodique étroit avec l’analyse de texte (ou analyse de discours) contrastive
On utilise les terminologies compares pour étudier la synonymie et les relationsd’équivalence Après, on notera un autre lien étroit avec la typologie linguistique,qui a pour but de classer les langues, apparentées ou non, sur la base de leurssimilitudes structurelles
À partir des résultats de comparaisons systématiques et en complétant cescomparaisons par un examen de fautes effectivement commises, on peut soit deles prévenir, soit de les éliminer
1.2.3 Historique de la linguistique contrastive
C’est dans les années soixante que la linguistique contrastive a connu unimmense succès Nourrie des apports de la linguistique structurale etdistributionnelle et de ceux de la psychologie béhavioriste, cette approche de ladescription linguistique, orientée vers l’enseignement-apprentissage des languesétrangères, tel qu’on le concevait il y a une cinquantaine d’années, notamment –
Trang 15l’époque du FLE (puisqu’on ne parlait pas encore de français langue seconde),n’a pas tardé à être décriée puisqu’elle n’avait pas été à la hauteur desespérances, et même des certitudes, que didacticiens et linguistes avaient placées
en elle au moment du “structuralisme triomphant”
Il peut donc sembler paradoxale, aujourd’hui, de consacrer une réflexion à
ce type d’approche, autrefois dénommé “linguistique appliquée”, avec toute lasuspicions (pour ne pas parler de mépris), qui accompagne parfois cettedénomination, tout au moins en Europe
Lorsque les habitudes des deux langues sont semblables, on parlera detransfert négatif: en terme de linguistique, on parle donc d’interférence quand ils’agit de transfert négatif d’habitudes de la langue maternelle dans la langueseconde ou étrangère
L’interférence, et c’est ce qui intéresse le didacticien, se manifeste sousforme de fautes: fautes de prononciation, de grammaire, de vocabulaire, etc
Mais la plupart des auteurs de l’époque classent sous la rubrique
“pédagogique” des éléments qui, aujourd’hui, participeraient en réalité d’uneapproche sociolinguistique de la didactique des langues Ici, “pédagogique” estdonc à comprendre comme qui prend en compte la réalité à laquelle est confrontél’apprenant D’une façon générale, on peut donc affirmer que c’est la situationsociolinguistique qui conditionne les conditions d’enseignement etd’apprentissage des langues mais qu’il ne faut pas, pour autant, négliger lesaspects psycholinguistiques de la question La sociolinguistique et lapsycholinguistique sont donc les deux disciplines qui se situent en amont de ladidactique des langues et qui sont, à des degrés divers, prises en compte par lestenants de l’analyse contrastive
1.2.4 Les insuffisances des études contrastives
En réalité, tout est fait en fonction de la langue cible: toutes les étudescontrastives menées en Afrique, par exemple, l’ont été dans une perspective
Trang 16exclusivement didactique, occultant complètement les aspects culturels, à uneépoque ó la notion de langue-culture, il faut le dire ici, n’était pas de mise.
D’autre part, les études contrastives se sont limitées pendant troplongtemps à l’étude des différences interlinguistiques alors qu’il existe toujoursdes “points d’appui” Par exemple, pour les études qui portent, encore une fois,sur le français et le wolof, on ne fait jamais appel au fait que, dans les deuxlangues, l’antéposition est de règle pour le sujet par rapport au verbe Il faut doncs’appuyer au maximum sur les transferts positifs
Il faut également signaler que, au moins pour les langues africaines, lesmoyens d’investigation des correspondances intra-systèmes sont encoreaujourd’hui largement insuffisants parce que les études théoriques ne sonttoujours pas assez nombreuses et diversifiées
En réalité, c’est à une conception plus dynamique de la comparaisonlinguistique qu’il faut maintenant oeuvrer En effet, celle-ci devrait permettre dedépasser le stade de la description linguistique des énoncés interférentiels pourparvenir à celui de la découverte des règles de la formation de la phraseinterférentielle, sans lesquelles on ne voit pas comment une comparaisonlinguistique pourrait prétendre être en mesure de prédire les interférences
Là encore, c’est vers la sociolinguistique plutơt que, vers la linguistiqueque n’ont pas manqué de se tourner les didacticiens en quête de solutions auxproblèmes posés par les différences entre les langues, mais aussi entre les façons
de les pratiquer
C’est ici que doit prendre place une distinction proposée par WilliamLabov, entre les normes relativement pratiquées par les membres d’unecommunauté, normes relativement diversifiées selon les individus, les catégoriessocioprofessionnelles et les région et les normes subjectivement reconnues quisont revendiquées par tous ceux qui reconnaissent appartenir à cettecommunauté, même s’ils ne les pratiquent pas spontanément En réalité, ce sont
Trang 17d’abord ces normes sociales reconnues en tant que telles qui assurent l’unitéd’une communauté, beaucoup plus que celles qui constituent la cohérence,toujours remises en question, d’un système phonologique, morphosyntaxique oulexical L’analyse contrastive, approche qui se voulait au départ exclusivementlinguistique, a donc, de ce point de vue, totalement manqué sa cible, celle de latransparence de l’intercompréhension dans le respect du système de L2 par unlocuteur issu de L1.
Parler la langue de l’autre, c’est prendre conscience de l’existence de tousles cribles qui viennent parfois en occulter notre perception, ces cribles étantévidemment d’abord linguistiques, mais aussi et surtout culturels La seulemanière de concevoir une nouvelle dynamique didactique sera donc de faireprendre conscience que sa priorité doit être la prise en compte de la différence, àtous les niveaux, entre lui et l’autre
1.2.5 Limites et perspectives
Si les didacticiens ont exploité avec avidité, comme on vient de le voir, lesdonnées fournies un peu partout par les analyses contrastives, en Afriquenotamment, on ne peut que constater, aujourd’hui, les limites de cetteexploitation pédagogique, et même, d’une certaine façon, ses lacune La premièred’entre elles est ordre quasi politique En effet, l’analyse contrastive, souventprésentée par ses adeptes comme une manière indirecte, certes, mais réelle, deprendre en compte la langue maternelle de l’apprenant dans les programmes,dispensa pendant trop longtemps les décideurs de se pencher plus avant surl’épineux problème de la mise en place d’enseignements bilingues dans lessystèmes éducatifs On peut donc affirmer aujourd’hui que l’adoption desméthodologies, tirant leurs principes pédagogiques de l’analyse contrastive oudifférentielle, a servi d’alibi aux décideurs pour retarder l’introduction deslangues maternelles dans les systèmes éducatifs au sein desquels le françaisn’était pas la langue maternelle de l’apprenant
Trang 18Mais il y a plus grave En effet, limitée dans les années soixante-dix auxseuls aspects linguistiques (essentiellement phonologie, morphologie et syntaxe),l’analyse contrastive n’a pas produit les résultats escomptés Selon Henri Besse,
dans le numéro 188 du Français dans le monde, publie un article intitulé
« Ðduquer la perception interculturelle » dans lequel il aborde la question describles culturels, allants bien au-delà d'une comparaison terme à terme, la plupart
du temps fastidieuse, des systèmes linguistiques en présence chez l'apprenant endébut d'apprentissage
Il faudra attendre les années quatre-vingt pour qu'apparaissent dansquelques pays d'Afrique francophone, et d’abord au Mali, des programmes dits
de “pédagogie convergente” Selon ces programmes, le français et les languesmaliennes sont enseignées à l'école du Mali, selon les mêmes principesméthodologiques, d'ó la dénomination de “convergence” utilisée par lespromoteurs de cette nouvelle politique linguistique L'idée qui sous-tend ce type
de projet est que les processus cognitifs d'apprentissage de L1 et de L2 sont lesmêmes Là n’est pas la question qui nous préoccupe ici, mais ce qui est àsouligner c’est que, dans ces conditions-là, le français et les langues nationalesmaliennes sont enseignées simultanément, même si un décalage d’une annéeexiste entre l’enseignement de la langue maternelle (dès la première année) etcelui du français, introduit en deuxième année de cursus Les deux langues enprésence font donc ici l’objet de comparaison implicite interlinguistique Du fait
de leur présence simultanée dans la classe, les deux langues font l’objet d’uneréelle didactique interculturelle qui a l’immense avantage d’installer l’apprenantdans ses deux langues, sur tous les plans à la fois Il aura donc fallu de l’analysecontrastive et ceux de la didactique interculturelle
Trang 19CHAPITRE 2 Étude des coverbes “Đã” et “Đang” dans le roman
“Le colonel Chabert”
2.1 Présentation de l’auteur et l’oeuvre
l'aristocratie, sont le prélude à une carrière d'écrivain à la mode Les Chouans et
la Physiologie du mariage lui assurent la célébrité à partir de 1829, que confirme
la parution en 1831 de Peau de chagrin Il conçoit vers 1833 le projet de la
Comédie humaine, un grand cycle de romans qui relate les aventures d'une série
de personnages unis par les liens du sang ou de l'amitié Espérant trouver fortune
et gloire au théâtre, ses rares incursions dans le domaine se soldèrent par deséchecs
Prodigieux travailleur, l'ambition et la nécessité le contraignaient selon sesdires à une condition de forçat «Homme de désordre, [il] passa sa vie à essayer
en vain de se mettre en ordre» (Remy de Gourmont) Deux mois après son retour
de Russie, ó il avait épousé Mme Hanska, il mourut le 18 aỏt 1850, dansl'indifférence générale, des suites de l'hypertrophie du cœur qui le minait
“Tous ses livres ne forment qu’un livre vivant, lumineux, profond, ó l’onvoit aller et venir et marcher et se mouvoir, avec je ne sais quoi d’effaré deterrible mêlé au réel, tout notre civilisation contemporaine; livre merveilleux que
Trang 20le poète a intitulé Comédie et qu’il aurait pu intituler Histoire, qui prend toutes
les formes et tous les styles Livre qui est l’observation et l’imagination” (VictorHugo, hommage prononcé sur la tombé de Balzac.)
2.1.2 Le roman “Le colonel Chabert”
Le colonel Chabert est un roman d’Honoré de Balzac qui paraỵt sous sa
forme définitive en 1844, une première version du texte ayant paru en 1832
(sous titre La Transaction dans la revue l’Artistes) Il sera de nouveau publié en feuilleton dans le supplément littéraire du Constitutionnel en 1847.
Il entre dans les Scènes de la vie parisienne de La Comédie humaine, dont
il est un des principaux romans
Le colonel Chabert, en tant que tel, est une parenthèse émouvante dans la
galerie de portraits balzaciens, un hommage rendu aux grognards de NapoléonIer
Si l’on ne retrouve plus ce personnage dans La Comédie humaine (excepté
un rappel dans La Rabouilleuse, ó Philippe Bridau évoque la charge glorieuse
du colonel Chabert à la bataille d’Eylau), nombre de protagonistes du roman ont,
en revanche, un rơle dans les oeuvres suivantes ou précédentes, en particulier lesgens de robe dont fait partie Maỵtre Derville
Maỵtre Derville, qui reçoit le colonel Chabert et accepte de le défendre, est
un avoué important dans La Comédie humaine On le trouve dans Une
ténébreuse affaire ó il succède à Maỵtre Bordin, et ó le compte de Marsay
meurt dans de mystérieuses circonstances
Maỵtre Derville est aussi l’avoué de la femme de Chabert, ce qui explique
son insistance à éviter un procès et à proposer une transaction Il acquiert dans
Gobseck une grande réputation par la manière dont il rétablit la fortune de la
vicomtesse de Grandieu C’est aussi l’avoué du père Goriot et l’exécuteur
testamentaire de Gobseck pour sa nièce Esther dans Splendeurs et misères des
courtisanes.
Trang 212.1.3 La traductrice Đặng Anh Đào
La Vice-professeur et Docteur Đặng Anh Đào est née en 1934 à ThanhChương, à Nghệ An Elle est quatrième fille de l’écrivain Đặng Thai Mai etfemme du Général de division Phạm Hồng Sơn Beaucoup de gens l’a connuecomme une Dame Professeur modèle; une chercheuse de la littératureoccidentale, surtout de la littérature française; une traductrice prestigieuse, et à lafois un auteur de plusieurs récits et poèmes
Retirée au Département de la Littérature de l’École Normale Hanọ, elleest un membre des Jurys de thèses et de mémoires de Master et de Docteurlittéraires
Elle est connue par les ouvrages de recherche de la théorie littéraire
comme “Đổi mới nghệ thuật tiểu thuyết phương Tây hiện đại” (Rénovation de l’art dans les romans occidentaux modernes), “Tài năng và người thưởng thức” (Talent et lecteurs), “Văn học Phương Tây thế kỷ 19 - 20” (Littérature
occidentale du XIXè – XXè siècle), etc Elle traduit des oeuvres de Victor Hugo
et de Balzac, dont “Le colonel Chabert” Ces dernières années, elle est parue
comme une critique littéraire vive et ténue, concernant les questions de latraduction
Parmi 50 traducteurs francophones qui se trouve dans “Les traducteurs
littéraires vietnamiens”, elle est un des plus célèbres Ce vieillessement de
traducteurs francophones vietnamiens correspond à la remarque de Lê Hồng Sâm
il y a peu: “Pendant que nombre de traducteurs francophones sont morts ou
devenus vieux […], la jeune génération n’a pas assez de connaissances culturelles, philosophiques, religieuses, sociales, etc., pour bien traduire les oeuvres contemporaines C’est une des raisons pour lesquelles la littérature française contemporaine parvient difficilement au public vietnamien”.
Trang 222.2 Quelques caractéristiques du vietnamien
Selon Haudricourt, le vietnamien, qui appartient à la famille asiatique, est né de la fusion d’un dialecte “mơn-khmer”, d’un dialecte “thạ” etpeut-être même d’une troisième langue encore inconnue
austro-À la différence du français, langue flexionnelle, le vietnamien est unelangue isolante comme le chinois Ses caractères isolants sont manifestés d’unepart par la formation des mots et d’autre part par l’ordre des mots et l’intonation
du locuteur Du point de vue morphologique, tous les mots vietnamiens sontinvariables
En français, la flexion verbale peut indiquer la voix (active, passive etpronominale), la personne (1ère, 2è, 3è), le nombre (singulier, pluriel), le mode(indicatif, subjonctif, impératif), le temps (passé, présent, futur) et l’aspect(lexical, grammatical) En revanche, le verbe vietnamien, ne connaissant pas laconjugaison, n’exprime ni la voix, ni la personne, ni le nombre, ni le temps, mais
il peut traduire l’aspect lexical (Voir Do-Hurinville D.T, 2006, Étude “Đã” et
“Đang” Ordre de procès et localisation temporelle en vietnamien Comparaison avec le français.)
2.3 Les points de vue sur le vietnamien
2.3.1 Point de vue traditionnel: Le vietnamien, une langue à temps verbaux
Selon la grammaire française traditionnelle, formée dans le moule latin, le français dispose de temps verbaux (ou grammaticaux ou “tenses”) pourexprimer le passé, le présent et le futur Cette conception a été introduiteofficiellement dans la langue vietnamienne lors de la republication du premierdictionnaire (1651) rédigé par Alexandre de Rhodes L’auteur a cherché les 3marqueurs suivants pour indiquer le temps:
gréco-Tơi đã hát (Je / passé /chanter): “J’ai chanté.”
Tơi đang hát (je / présent /chanter): “Je suis en train de chanter.”
Trang 23Tơi sẽ hát (je / futur / chanter): “Je chanterai.”
Cette approche temporelle a séduit un très grand nombre d’adeptesvietnamiens de la modélisation de la structure temporelle de leur langue En effetdans le Grand dictionnaire vietnamien paru en 1999, on retrouve la mêmedéfinition de ces trois marqueurs que celui de A de Rhodes Pendant plus troissiècles, le point de vue sur ces trois mots n’a presque pas changé
2.3.2 Point de vue non traditionnel: Le vietnamien, une langue à aspect
Toutefois, dans le concert de partisans, les vietnamiens de l’existence detemps verbaux dans leur langue, il existe quelques voix discordantes NguyễnKim Thản (1977) et Jo – Wang Lin (2003) soulignent que dans les languesflexionnelles existent des temps grammaticaux pour designer le passé, le présent
et le futur, mais qu’en revanche, dans les langues isolantes (vietnamienne,chinoise…), ce sont les circonstanciels de temps qui permettent de les exprimer
Quant à Cao Xuân Hạo (1998), il affirme le point de vue traditionnel en
soulignant que le vietnamien est une langue à aspects sans temps verbaux: “đã” traduit l’aspect “perfect” de l’anglais, “đang” s’apparentant à l’aspect
imperfectif du russe, à l’aspect français dans l’opposition aspectuelle entrel’imparfait et le passé simple
2.4 La notion de “coverbe”
Pour pouvoir interpréter et homogénéiser tous les emplois de “đã” et
“đang”, etc., nous proposerons une approche monosémique en prenant en
considération leur sens verbal original Nous cherchons un invariant sémantiquepermettant de réunir toutes les valeurs de ces coverbes en discours
Nous appellerons donc “đã” et “đang”, etc., coverbes pour indiquer leur
existence simultanée avec les verbes (ó procès verbaux) des énoncés Cescoverbes peuvent être antéposés ou postposés aux procès pour montrer, au point
de référence choisi, qu’ils sont achevés, qu’ils sont en train de se produire, ou
qu’ils se réaliseront (Voir Do-Hurinville D.T, 2006, Étude “đã” et “đang”.
Trang 24Ordre des procès et localisation temporelle en vietnamien Comparaison avec le français, P3.)
Nous distinguerons deux situations suivantes: l’absence de coverbe (ø –
verbe) et la présence de coverbes (đã – verbe), (đang – verbe).
2.4.1 L’absence de coverbe (ø)
L’emploi du verbe sans coverbe a été très peu étudié en vietnamien, etpourtant il mérite d’être présent, car du point de vue statistique, la fréquence
d’emploi des énoncés dépourvus des coverbes (đã, đang, etc.) dépasse de très
loin celle d’empoi des énoncés pourvus de ces coverbes Selon J.-W.Lin (2003),
un très grand nombre de phrases en chinois ne contiennent ni le circonstanciel detemps ni la marque d’aspect
La fréquence d’emploi des énoncés sans coverbes est d’environ 70% dans
la presse; 80% dans les ouvrages d’histoires et de politque; 93% dans les oeuvreslittéraires Dans les ouvrages et revues scientifiques, cette fréquence d’emploiavoisine mêmes les 100%
Cela met l’accent sur le fait qu’en vietnamien les circonstanciels de tempslocalisateurs sont les principaux moyens pour situer les procès dans le passé, leprésent et le futur
(a) Tôi đã làm xong công việc (Je / đã / faire / finir / de / travail): “J’ai
déjà fini mon travail.”
(b) Đã bốn giờ rồi (đã /quatre / heure / rồi): “Il est déjà 4heures.”
-Verbe (mot lexical):
Trang 25(c) Thuốc đắng giã (đã) tật (médicament / amer / đã / maladie): “Le remède amer guérit la maladie.”
(d) Phải du lịch cho thật đã đời (Falloir / aller / voyager / pour / đã / vie):
“Il faut voyager pour être pleinement satisfait.”
Nous nous interrogeons ici sur l’hétérogénéité des emplois de “đã” endiscours Il pourrait acquérir plusieurs sens en vietnamien et correspondre àplusieurs traductions françaises, par exemples le passé compose avec “déjà” en(a), le présent avec “déjà” en (b) Les énoncés (c) et (d) peuvent être paraphrasés
de la façon suivante: “Le remède amer met en fin à la maladie, la guérison étantacquise” et “voyager beaucoup pour mettre fin à l’envie de voyager, lasatisfaction touristique étant acquise.”
Ces exemples amènent à la description de sémantisme de base de ce
coverbe “đã” met fin à une situation X’ à un point de référence choisi, X étant
une situation nouvelle, acquise à partir de ce point de référence Autrement dit,
ce terme indique un changement de situation se réalisant cognitivement parrapport à un point de référence
2.4.3 Le coverbe “Đang”
Selon les linguistes vietnamiens, “đang” serait issu du mot indonésien
“sedang” comme dang “sedang minum” – (đang uống - đang / boire).
est probablement l’acception “chính giữa” (être au milieu de) Le coverbe đang
indique que ce procès est en train de se dérouler à un point de référencesimultané, antérieur ou postérieur à tension
Ce sémantisme de base présuppose que les procès précédés de đang
prendront fin à un moment donné après un point de référence choisi
Exemples:
- Paul đang vẽ một con chim (P /đang / dessiner / un / cl / oiseau): “Paul
est en train de dessiner un oiseau.”
Trang 26- Hômqua, lúc Paul (ø) tới thăm tôi thì tôi đang làm việc (Hier / moment /
P / zero / venir / rendre / visite / je / đang / travailler): “Hier, quand je travaillais,
Paul m’a rendu.”
2.5 “Đã” et “Đang” dans la traduction “Đại tá Charbert” de Đặng Anh Đào.
Comme Nguyên Ngọc dans Les traducteurs littéraires vietnamiens, p.226
a dit: “Ce qu’on oublie souvent, c’est que la traduction exige non seulement unbon niveau de langues étrangères mais encore surtout une maîtrise parfaite de lalangue maternelle pour pouvoir exprimer en cette langues les nuances subtiles del’original, en fait une oeuvre d’art vivante et non un faisceau de lettres mortes.”C’est-à-dire pour bien traduire, on doit à la fois connaître la langue étrangère etmaîtriser la langue maternelle Car il s’agit de la littérature, les intentions et lesimages de l’original ne doivent être exprimées que la fidélité, la clarté etl’élégance de la langue vietnamienne Ce sont trois critères que les traducteurs detous les temps souhaitent atteindre
Malgré les difficultés dans la traduction des oeuvres littéraires françaises
en vietnamien, Đặng Anh Đào nous a apporté une belle traduction (celle quirespecte au maximum l’original, qu’une bonne traduction celle qui est faite dans
un vietnamien le plus pur possible.)
En cequi concerne notre sujet, faute de temps et de capacité, nous n’osonsqu’aborder un petit aspect, c’est la transcription des transcription des coverbes
“đã” et “đang” dans le roman “Đại tá Chabert”,qui a contribué une petite part au
succès de cette traduction au public vietnamien
2.5.1 Le coverbe “Đã” dans «Đại tá Chabert »
2.5.1.1 “Đã” traduit dans le présent
Selon M.Riegel et al (1994, p.298), le présent occupe une place à part
dans le paradigme verbal, car sa forme se caractérise par l’absence de désinencetemporelle, par opposition aux temps du futur et du passé, qui possède chacun
Trang 27une marque temporelle spécifique À cause de l’absence de désinence temporelledans sa forme, on peut traduire aussi bien un fait non temporal qu’un faittemporal La forme Zéro (ou l’absence de marquer) en vietnamien peut, quant àelle, exprimer à la fois des faits non temporels et des faits temporels.
On peut citer quelques cas que le verbe au présent est traduit “đã” dans latraduction “Đại tá Chabert”:
(1) Mais, écoutez-moi donc! (Nhưng, hãy nghe đã nào!)
(2) Eh! Bien, monsieur, je n’ai ni ces pièces importantes, ni déclaration
que j’ai faite chez un notaire d’Heilsberg, en vue d’établir mon identité (Ấy! Vậy
mà thưa ông, tôi đã chẳng có những giấy tờ quan trọng, cũng không có lời tuyên
bố tôi đã viết tại nhà một công chứng viên ở Heilsberg, nhằm xác lập gốc tích
của tôi.)
(3) Madame, les avocats sont bien éloquents lorque les causes sont
éloquentes par elles-mêmes, il se rencontre ici des circonstances capables de
soulever contre vous l’opinion publique (Thưa bà, các luật sư rất hùng hồn khi
bản than các vụ kiện đã rất hùng hồn, đây là nơi hội tụ những tình huống có khả
năng khiến công luận nổi lên chống lại bà.)
(4) – Rosine, dit le vieux soldat, ce mot contient le seul baume qui pût
me faire oublier mes malheurs (Rosine, người lính già nói, một lời nói ấy đã
chứa đựng niềm an ủi duy nhất khiến tôi quên mọi điều bất hạnh.)
(5) Les morts ont donc bien tort de revenir? (- Những người chết đã sai
lầm khi họ trở về?)
(6) – Est-ce vous qui faites pleurer maman? dit Jules en jetant un regard
de colère au colonel (Phải ông đã làm mẹ khóc không? Jules nói và ném một cái
nhìn giận giữ về phía ông đại tá.)
(7) On rencontre des gens qui sont aussi, ma parole d’honneur, par trop
bêtes (Xin thề là ta đã gặp nhiều người quá tệ.)
Trang 28(8) Tous ceux qui tombent sur le pave de Paris rebondissent contre sesmurailles jaunâtres, sur lesquelles un philanthrope qui ne serait pas unspéculateur pourrait déchiffrer la justification de nombreux suicides dont seplaignent des écrivains hypocrites, incapables de faire un pas pour les prévenir, et
qui se trouve écrite dans cette antichambre espèce de preface pour les drames de
la Morgues ou pour ceux de la place de Grève (Tựa tất cả những kẻ ngã xuống
hè phố Paris đều văng trở lại những bức tường vàng vọt kia, nơi đó một người bác ái nếu không mang đầu óc tư biện có thể thấu hiểu được điều biện minh cho nhiều vụ tự sát mà những văn sĩ đạo đức giả vẫn than vãn, họ bất lực chẳng làm
được chút gì để cảnh báo trước, trong khi điều đó đã được viết tại các phòng
chờ này, như một lời tựa cho những tấm thảm kịch nơi nhà xác hoặc nơi quảng trường Grève.)
Le présent semble éternel, c’est-à-dire qu’il englobe tous les temps à lafois qu’il désigne quelque chose qui est, a été et sera vrai, l’éternité étant alorsque conçue comme ce qui est toujours présent
Ordinairement, dans la traduction d’une langue étrangère en languevietnamienne, le temps du verbe au présent est traduit par Zéro (ou l’absence de
marqueur de temps), ou par §ang pour designer une action qui est en train de
dérouler au moment de parler (c’est la valeur de procès en cours.)
Exemple: Soit la phrase: “Le téléphone sonne.”
On peut traduire en 2 façons: - Điện thoại ø reo
- Điện thoại đang reo.
Pourtant, on peut utiliser “đã” pour exprimer les procès imperfectifs avec
“Déjà” au présent
Voir une phrase:
- Paul a obtenu le B.T.S de comptabilité, c’est déjà bien (Paul lấy được
bằng B.T.S kế toán, thế đã là tốt.)