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Difficultés souvent rencontrées en traduction de français en vietnamien chez les étudiants en pédagogie de quatrième année du dlcf

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Face à ce problème, nous avons fait dans le cadre de ce mémoire de fin d’études universitaires une recherche analysée le processus de la traduction, des critères d’une bonne traduction,

Trang 1

UNIVERSITÉ NATIONALE DE HANOI ÉCOLE SUPÉRIEURE DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES DÉPARTEMENT DE LANGUE ET DE CULTURE FRANçAISES

MÉMOIRE DE FIN D’ÉTUDES UNIVERSITAIRES

DIFFICULTÉS SOUVENT RENCONTRÉES EN TRADUCTION

PÉDAGOGIE DE QUATRIÈME ANNÉE DU DLCF

Directeur de mémoire : Mme NGUYEN Thanh Hoa Étudiante : ĐINH Thi Ha Giang

Promotion: QH2009

Classe: QH2009.1.F1

HANOI-2013

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ĐẠI HỌC QUỐC GIA HÀ NỘI TRƯỜNG ĐẠI HỌC NGOẠI NGỮ KHOA NGÔN NGỮ VÀ VĂN HÓA PHÁP

KHOÁ LUẬN TỐT NGHIỆP

Những khó khăn thường gặp trong biên dịch từ tiếng Pháp sang tiếng Việt của sinh viên năm thứ tư ngành

sư phạm khoa Ngôn ngữ và Văn hóa Pháp

Giáo viên hướng dẫn: Cô Nguyễn Thanh Hoa Sinh viên: Đinh Thị Hà Giang

Khoá: QF2009

Lớp: QH2009.1.F1

HÀ NỘI – NĂM 2013

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ENGAGEMENT

Nous nous engageons que ce mémoire a été réalisé par notre travail de recherche propre à nous, et que les résultats de cette recherche n’ont été utilisés dans aucun d’autres mémoires du même niveau

Đinh Thị Hà Giang

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REMERCIEMENTS

Nous tenons tout d’abord à remercier sincèrement Madame NGUYEN Thanh Hoa de nous avoir donné des indications efficaces, des renseignements précieux et des encouragements sans lesquels nous n’aurions pas pu aller jusqu’au bout de ce travail

Nous voudrions également adresser nos remerciements à tous les professeurs

et mes amis du Département de Langue et de Culture françaises de l’École Supérieure de Langues Étrangères- Université Nationale de Hanoï pour leur aide durant la réalisation de notre mémoire

Hanoï, 2013

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RÉSUME DU MÉMOIRE

La traduction joue un rôle très important dans l’apprentissage de langue étrangère surtout pour les étudiants en pédagogie qui n’avaient pas d’expériences pratiques dans la traduction professionnelle Mais, dès le début de notre apprentissage de la traduction, nous avons commis tant d’ erreurs et n’avons pas atteint de bons résultats Nous nous sommes ainsi demandé quelles sont des difficultés rencontrées souvent dans la traduction Face à ce problème, nous avons fait dans le cadre de ce mémoire de fin d’études universitaires une recherche analysée le processus de la traduction, des critères d’une bonne traduction, ainsi que des éléments indispensables dans les phases de la compréhension et de l’expression Sur la base des éléments théoriques ainsi étudiées, nous avons relevé

texte chez les étudiants en pédagogie de 4è année du Département de Langue et de Culture françaises Les résultats obtenus de cette analyse ont dégagé des éléments

de réponse aux questions posées et nous avons donné quelques propositions

pédagogiques pour surmonter des difficultés et améliorer la capacité en traduction

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TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION 1

CHAPITRE 1 5

CADRE THÉORIQUE 5

1.1 La traduction : généralités ? 5

1.1.1 La définition de la traduction au sens général 5

1.1.2 La définition de la traduction à la Théorie interprétative 9

1.1.3 Les trois niveaux de la traduction 13

1.2 Une bonne traduction 16

1.2.1 Qu’est-ce qu’une bonne traduction ? 16

1.2.2 La compréhension 18

1.2.2.1 Les composantes linguistiques 20

1.2.2.2 Les compréhensions des implicites 23

1.2.2.3 Les compléments cognitifs 24

1.2.3 La déverbalisation 25

1.2.4 L’expression 27

1.2.4.1 La reverbalisation 27

1.2.4.2 L’analyse justificative 30

1.2.4.3 L’identité du contenu, l’équivalence de la forme 31

CHAPITRE 2 35

DIFFICULTÉS SOUVENT RENCONTRÉES EN TRADUCTION DE FRANÇAIS EN VIETNAMIEN CHEZ LES ÉTUDIANTS EN PÉDAGOGIE DE QUATRIÈME ANNÉE DU DÉPARTEMENT DE LANGUE ET DE CULTURE FRANÇAISES 35

2.1 La présentation du corpus 35

2.2 L’analyse du corpus 36

2.3 L’explications des erreurs relevées du corpus 45

CHAPITRE 3 55

PROPOSITIONS PÉDAGOGIQUES 55

3.1 Le développement des connaissances de la langue 55

3.2 Le problème de la qualité de la recherche documentaire 62

3.3 L’amélioration du programme de formation 65

3.4 L’amélioration des compétences intellectuelles 66

CONCLUSION 70

BIBLIOGRAPHIE 72

ANNEXE……… 74

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INTRODUCTION

1 Justification du choix du sujet de recherche

La traduction joue un rôle indispensable non seulement dans l’apprentissage

de langues mais encore dans d’autres matières enseignées du Département de Langue et de Culture françaises Elle fournit, en effet, aux étudiants des connaissances et des compétences nécessaires pour trouver un bon travail Cependant, au cours de l’apprentissage de cette matière, nous nous apercevons qu’il existe encore beaucoup d’obstacles auxquels les apprenants, surtout les étudiants en pédagogie qui l’apprennent seulement pendant un semestre doivent faire face Ces derniers comprennent très bien l’importance de la traduction mais la plupart n’arrivent pas à surmonter les difficultés posées par le manque du “savoir-faire” et du “savoir intellectuel” qui sont indispensables lors de l’appentissage et de l’exercice du métier En effet, les résultats de cette matière ne sont pas bons comme d’autres matières Cette réalité nous donne une réflexion sur difficultés souvent rencontrées en traduction chez des étudiants en pédagogie en particulier et des étudiants du Département en général afin ensuite de les accompagner lors de leur apprentissage et nous souhaitons bien, dans leur futur travail

3 Questions et hypothèses de recherche

Dans le cadre de cette recherche, nous essayons de trouver la réponse à cette question suivante:

- Quelles sont des difficultés rencontrées souvent en traduction de fran ç ais en vietnamien chez les étudiants en pédagogie?

Cette question nous permet de formuler l’ hypothèse suivante :

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- Les étudiants en pédagogie rencontrent beaucoup de difficultés faute de

connaissances linguistiques et culturelles

4 Méthodologie de recherche

Dans le cadre de cette recherche, nous utiliserons la méthode qualitative car elle nous aide à mieux nous poser de bonnes questions et d’identifier de bonnes hypothèses Au cours de la recherche, nous prendrons aussi la méthode analytique, synthétique, et descriptive Nous expliquerons avec plus de détails les méthodes utilisées dans le deuxième chapitre de cette recherche

5 Corpus

Notre étude se réalise sur un corpus constitué de traductions faites par les

des raisons à la fois subjectives et objectives

Ce corpus nous permettra de montrer des erreurs rencontrées chez les étudiants en pédagogie Et après, nous pourrons donner des propositions pour l’enseignement et pour l’apprentissage de la traduction

6 Structure du mémoire

Introduction

Chapitre 1: Cadre théorique

1.1 La traduction : généralités ?

1.1.1 La définition de la traduction au sens général?

1.1.2 La définition de la traduction à la théorie interprétative

1.1.3 Les trois niveaux de la traduction

1.2 Une bonne traduction

1.2.1 Qu’est-ce qu’une bonne traduction ?

1.2.2 La compréhension

1.2.2.1 Les composantes linguistiques

1.2.2.2 Les compréhensions des implicites

Trang 9

1.2.2.3 Les compléments cognitifs

1.2.3 La déverbalisation

1.2.4 L’expression

1.2.4.1 La reverbalisation

1.2.4.2 L’analyse juscative

1.2.4.3 L’identité du contenu, l’équivalence de la forme

Chapitre 2 Des difficultés rencontrées souvent en traduction de francais en vietnamien chez les étudiants en pédagogie de quatrième année du Département de Langue et de Culture Fran ç aises

2.1 La présentation du corpus

2.2 L’analyse du corpus

2.3 L’explication des erreurs relevées du corpus

Chapitre 3 Quelques propositions pédagogiques

3.1 Le développement des connaissances de la langue

3.2 Le problème de la qualité de la recherche documentaire

3.3 L’amélioration du programme de formation

3.4 L’amélioration des compétences intellectuelles

Conclusion

Bibliographie

Annexe

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Chapitre 1 Cadre théorique

Ce chapitre est réservé à la présentation des définitions de la traduction au sens général selon des auteurs différents Nous voudrions choisir une des théories

de traduction afin de rechercher le processus, les trois niveaux différents de la traduction Nous donneront les critères pour avoir une bonne traduction en nous basant sur la théorie interprétative À travers des bases théoriques, nous pourrions réaliser les analyses des erreurs dans la traduction chez les étudiants

1.1 La traduction : généralités ?

1.1.1 La définition de la traduction au sens général

Au cours de la présente section, nous discutons des définitions déjà existantes et précisons laquelle d’entre elles convient à notre approche, en la reformulant pour l’adapter au contexte de notre recherche

En effet, le verbe traduire apparaît en 1539, une année avant l’apparition du substantif traduction, terme du traductologue de première heure Etienne Dolet (1540) Du latin traducĕre (faire passer d’un côté à l’autre quelqu’un ou quelque chose), traduire est défini comme le fait de faire passer un texte d’une langue à l’autre (Encyclopaedia universalis sur CD-ROM) C’est la même notion de déplacement qui transparaît dans la définition des traductologues de la première heure, J.P Vinay et J Darbelnet (1960 :20) quand ils disent de la traduction qu’elle

est “le passage d’une langue A à une langue B, pour exprimer une même réalité

X” Dans leur préface, ces auteurs prennent une illustration qui préfigure déjà cette

conception de la traduction : ils sont à bord d’une voiture en partance du Canada vers la France (à 5000km) Ils transconduisent les inscriptions anglaises d’un lieu à l’autre

Selon A.V.Fedorov , « traduire c’est de faire de quelle sorte qu’une

personne sans savoir une langue étrangère puisse comprendre le texte original en cette langue » ou « traduire c’est d’utiliser un moyen d’une langue pour exprimer

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avec exactitude ce qu’on explique dans une autre langue tout en gardant le contenu

et la forme »

De prime abord, force est de constater que cette conception étymologique de

la traduction met l’accent sur l’importance des langues en présence : langue de départ (LD) et langue d’arrivée (LA) Ce qui peut être visualisé sur le schéma suivant :

LD → LA Texte Cette conception fait de la traduction un cas du bilinguisme C’est vrai en partie La traduction est plus qu’un cas du bilinguisme Il faut ajouter aussi que les auteurs de La stylistique comparée du français et de l’anglais (SCFA) ont

également pris en compte la notion d’équivalence, terme qui renvoie à « la

possibilité que des textes rendent comptent d’une situation en mettant en œuvre des moyens stylistiques et structuraux entièrement différents” (op.cit : 52) La

traduction est alors une transposition de la situation S de la langue de départ (langue source) en situation S’ son équivalent en langue d’arrivée (langue cible)

Situation S = Situation S’

Texte LD = Texte LA (L’équivalence des textes repose sur l’équivalence des situations)

Dans un chapitre intitulé "qu'est-ce que la traduction?", Charles Taber et

Eugène Nida (1971 :11) définissent la traduction non en termes de passage d’un texte en LD vers un texte en LA (trans) mais en termes de reproduction du message

de LD (dite aussi LS ou langue source) en LA (dite aussi LC ou langue cible):

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“La traduction consiste à reproduire dans la langue réceptrice le message de la langue source au moyen de l’équivalent le plus proche et le plus naturel, d’abord

en ce qui concerne le sens et ensuite en ce qui concerne le style”

Cette définition insère, sans le dire, la traduction dans le vaste domaine de la

cognition En parlant de « la reproduction », elle pose que le traducteur comprend d'abord le message avant de le « réexprimer » en langue cible

Jean Dubois (1973 :490) donnent à l’opération de traduire le sens suivant :

“Traduire c’est énoncer dans une autre langue (ou langue cible) ce qui a été énoncé dans une langue source, conservant les équivalents sémantiques et stylistiques”

Pour sa part, Jean – René Ladmiral (1979 :223) définit la traduction comme

“une opération de métacommunication assurant l’identité de la parole à travers la différence des langues” Dans la précédente comme dans cette dernière définition,

la traduction est considérée comme une reénonciation d’un message tel qu’on l’a compris en langue source

Concernant l'importance relative que nous accordons aux langues, en traduction, l'on nous objecterait que l'on traduit toujours en….c’est-à-dire d’une langue à une autre Certes, l'énoncé est la mise en fonctionnement des significations linguistiques Mais justement, l'opération de la traduction est un acte énonciatif

Nous ne pouvons nier que les langues sont les véhicules des messages Le faire, c'est nier en même temps l'existence de la traduction Nous partageons ici le

point de vue de Maurice Pergnier (1993:21): “Tout message est porteur de la

langue qui le médiatise et qu’il manifeste, et dont il est étroitement solidaire puisque l’un n’existerait pas sans l’autre”

En prenant l’option de la traductologie contemporaine qui clame que la traduction porte sur le message, nous faisons de la traduction une opération de langage, un acte de communication et non un acte de comparaison inter-linguistique, comme le voudraient Vinay et Darbelnet Car le message se définit non pas en termes de systèmes de signes ; mais par rapport aux paramètres

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d’énonciation : l’énonciateur et/ou le locuteur, le destinataire, l’objet du message, la situation spatio-temporelle, les intentions du locuteur, l’implicite, le contexte cognitif partagé

Alors, nous définirons, avec Maurice Pergnier (1993 : 83), l’opération de la traduction de deux manières: d’abord de manière négative et puis de manière

positive :

« La traduction n’est pas une opération qui résulte d’équivalences préexistantes entre les signes de deux langues Elle est l’opération qui établit, par l’intermédiaire des messages, des équivalences entre 20 signes qui ne sont pas considérés in abstracto, des équivalents, c’est-à-dire des éléments interchangeables

»

Cette conception de la traduction impose que l’on considère l’ensemble de l’information contenue dans l’énoncé et non une unité linguistique La traduction peut même procéder à une réorganisation totale de l’énoncé Il n’est plus question pour le traducteur de se voir lié aux mots et aux structures de la langue source

Ainsi Marianne Léderer (2001 :19) donne-t-elle une formule, presque

extrême que nous reprenons mutatis mutandis : "traduire n’est pas transcoder mais

comprendre et exprimer le sens" Cette formule vient après un postulat pragmatique

que nous avons déjà fait nôtre dans les pages précédentes:

"N’est-il pas légitime de penser que le processus de la communication tel qu’il s’effectue à l’intérieur d’une seule et même langue est le même que celui qui relie le traducteur à son texte original, puis sa traduction au lecteur qui en prendra connaissance, de sorte que le processus de la traduction relève beaucoup plus d’opérations de compréhension et d’expression que de comparaison entre les langues” (op cit:18)

De ce qui précède, l’on peut dire que la traduction devient “une

déverbalisation”, c’est-à-dire une opération totalement libérée de l’emprise du

signifiant, comme nous le présente Jean Delisle :

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Traducteur (Interprète) Concepts à exprimer

Jean Delisle fait de la traduction une opération cognitive qui porte sur les concepts De fil en aiguille, disons qu’Abplanalp aussi est du même avis, raison pour laquelle elle associe la sémantique conceptuelle à la théorie de pertinence pour étudier la traduction du verbe français en allemand

Selon Edmond Cary, « la traduction est une opération qui cherche à établir

des équivalences entre deux textes exprimés en des langues différentes, ces équivalences étant toujours et nécessairement fonction de la nature des deux textes

de leur destination, des rapports existant entre la culture des deux peuples, leur climat moral, intellectuel, affectif fonction de toutes les contingences propres à l’époque et au lieu de départ et d’arrivée »

1.1.2 La définition de la traduction à la Théorie interprétative

La Théorie interprétative, ou Théorie du sens, que l’on appelle aussi parfois Théorie de l’École de Paris, repose sur un principe essentiel : la traduction n’est pas

un travail sur la langue, sur les mots, c’est un travail sur le message, sur le sens Qu’il s’agisse de traduction orale ou écrite, littéraire ou technique, l’opération traduisante comporte toujours deux volets : COMPRENDRE et DIRE Il s’agit de déverbaliser, après avoir compris, puis de reformuler ou ré-exprimer, et le grand mérite de Danica Seleskovitch et de Marianne Lederer, qui ont établi et défendu ardemment cette théorie, est d’avoir démontré à quel point ce processus est, non seulement important, mais également naturel

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Ces deux phases nécessitent évidemment, pour le traducteur, la possession d’un certain savoir : la connaissance de la langue du texte, la compréhension du sujet, la maîtrise de la langue de rédaction, mais aussi une méthode, des réflexes bien éduqués, qui vont lui permettre d’adopter à l’égard du texte l’attitude qui aboutira au meilleur résultat par la recherche d’équivalences, sans se laisser enfermer dans les simples correspondances

La théorie interprétative (ou théorie du sens) part du principe que traduire consiste non pas à remplacer mécaniquement un mot ou un syntagme par un autre, mais à interpréter le sens d’un énoncé en fonction de son contexte et de la situation

de communication avant de le réexprimer en LA comme on le l’exprimerait de façon spontanée sans l’influence de la LD La théorie interprétative est associée à l’École de Paris

En théorie interprétative, le sens est le problème central de la traduction

- Le sens en langue : sens stable des mots (dictionnaire)

- Le sens en discours : sens selon la situation de communication

Interpréter, c’est analyser le sens d’un énoncé dans sa totalité en tenant compte des informations livrées par le texte qui l’entoure et en mobilisant des connaissances extralinguistiques

L’unité de sens en modèle interprétatif est le plus petit élément qui permette l’établissement d’équivalences en traduction (pas mot, collocation, syntagme) C’est une avancée suffisante dans le texte pour faire jaillir une idée de la conscience

La théorie interprétative développée par Daniela Seleskovich et Marianne

Lederer ( « Qu’est-ce que la traductologie », Études réunies par Michel Ballard,

2006) envisage la traduction en tant qu’identité de sens et réexpression de celui-ci dans la langue d’arrivée L’exactitude de la traduction dépend de la correspondance entre le vouloir-dire ou l’intention communicative et les formes linguistiques utilisées dans la langue cible Le texte doit remplir le même rôle dans la langue

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d’arrivée et dans la langue de départ Le processus de traduire comporte, dans la théorie interprétative, trois étapes : celle de la compréhension, celle de déverbalisation et celle de la réexpression

Marianne Lederer et Danica Seleskovitch (2001 : 6) commencent par épingler le problème du statut épistémologique de la théorie interprétative, en faisant de la traduction une discipline relevant de la théorie générale du langage

:“La théorie interprétative […] est théorie dans le sens ó elle explique le

phénomène de la traduction et révèle, à travers lui, les aspects essentiels du fonctionnement du langage”

En effet, la théorie interprétative de Lederer et Seleskovitch est d’un apport théorique indéniable Dans sa défense de la stylistique comparée de Vinay et

Darbelnet, Roda P Roberts (1980 :55) le reconnaỵt aussi, en disant: « Quoi qu’il en

soit, dans la mesure ó leurs travaux (Léderer et Seleskovicth) sont allés plus loin que la S.C.F.A* dans l’analyse du sens du message, on peut dire que leur apport théorique est indéniable »

Lederer (1994 :11) donne aussi quelques élément principals de la théorie

interprétative de la traduction : « La théorie interprétative a établi que le processus

[de traduction] consistait à comprendre le texte original, à déverbaliser sa forme linguistique et à exprimer dans une autre langue les idées comprises et les sentiments ressentis »

Il s’agit d’un modèle interpretatif qui se compose de trois étapes Parmi ces étapes, la déverbalisation est fondamentale dans le processus de la traduction Ce modèle constitue une remise en cause des approches traditionnel les fondées sur la distinction d’une étape de compréhension dans la langue source, à laquelle succède

une étape d’expression dans la langue cible : « Défini de fa ç on sommaire, l’acte de traduire consiste à « comprendre » un « texte », puis en une deuxième étape, a réexprimer ce « texte » dans une autre langue » (Lederer 1994 :13)

Pour Lederer, la véritable traduction n’est concevable que par rapport aux

textes, c’est-à-dire dans le cadre d’un discours et en fonction d’un contexte : « La

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traduction interprétative est une traduction par équivalences, la traduction linguistique est une traduction par correspondances […] la différence essentielle entre équivalences et correspondances : les premières s’établissent entre textes, les secondes entre des éléments linguistiques »

Pour Seleskovitch, face à l’ultrapositivisme des théories linguistiques de la traduction, les théories interprétatives font la part belle au constructivisme en impliquant tous les acteurs de la communication En réalité , alors que les théories linguistiques ne s’intéressent qu’à la langue, les théories interprétatives remettent

l’être humain au cœur de la communication : « Dans la définition de l’opération de

traduction, on en était venu à faire abstraction de l’homme qui traduit et des mécanismes cérébraux mis en jeu, pour n’examiner que les langues et ne voir dans l’opération de traduction qu’une réaction de substitution d’une langue à l’autre »

(Seleskovitch, 1984 : 294) En totale opposition aux théories linguistiques, les théories interprétatives se positionnent résolument dans une logique de communication Avec la négation de la thèse de l’autonomie du sens et de la stricte dépendance contextuelle, c’est une première rupture épistémique qui s’opère Dans

sa version initiale, le paradigme interprétatif est le résultat de l’observation théorisée d’une pratique professionnelle d’interprétation de conférence C’est ainsi qu’un processus de raisonnement inductif aboutit à une forme de doxa

La position interprétative prend en quelque sorte le contre-pied de l’argument linguistique Dans ce cadre, l’objet de la traduction n’est plus le dire, n’est plus la langue, n’est plus l’expression linguistique, mais le vouloir-dire, désignant ce que veut dire le texte On retrouve là presque l’opposition saussurienne entre langue et parole Ce sur quoi va porter la traduction, ce ne sont plus les mots mais la production de l’acte langagier replacée dans la situation de communication Il y a donc lieu de ne pas s’en tenir aux mots, mais de rechercher le sens qui se dégage des mots En quelque sorte, les mots ne sont que des stimuli qui permettent au lecteur de construire un sens Dans l’interaction entre le texte et le lecteur, ce dernier mobilise ce qu’il sait du sujet et de la situation de communication puis projette son savoir et globalement son acquis cognitif qu’il fait

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fusionner avec le résultat de son décodage linguistique du texte pour faire émerger

un sens Ce processus a pour effet de conférer au texte à traduire une certaine part

de la subjectivité du traducteur, celui-ci participant activement à la construction du sens – ou vouloir-dire – en y apportant un peu de lui-même Dans ce cadre, le texte apparaît comme une entité ouverte ; il peut véhiculer plusieurs sens De fait, comme le sens naît, dans la tête du lecteur, d’une fusion des connaissances linguistiques et des connaissances thématiques ainsi que des connaissances liées à

la situation de communication, aux conditions d’énonciation, etc., chaque lecteur –

et le traducteur est un lecteur particulier – projette sur le texte son propre bagage cognitif

Ce qui concerne le “sens” et le “vouloir-dire”, Lederer affirme: “Le sens

d’une phrase c’est ce qu’un auteur veut délibérément exprimer, ce n’est pas la raison pour laquelle il parle, les causes ou les conséquences de ce qu’il dit” En

conséquence, “La théorie interprétative de la traduction, corroborée par

l’expérience, pose que ce sont les désignations des “choses” qui doivent être réexprimer.”

Il ajoute: “De nos jours, on dit plus volontiers “référent” que “chose”’(

Lederer 1994:90) En somme, la théorie interprétative de la traduction est cibliste

en ce sens qu’elle accorde une attention particulière au lecteur cible, à l’intelligibilité de la traduction produite et a son acceptabilité dans la culture d’acceuil

Enfin, la théorie interprétative admet également que le savoir partagé entre le traducteur et l’auditeur (le locuteur) est aussi d’une grande importance dans le processus de la traduction La théorie interprétative ne demande pas au traducteur d’être juriste pour traduire un discours juridique, ni d’être ingénieur électronicien pour traduire un texte portant sur une matière électronique… Elle propose une double démarche heuristique : l’enquête et la recherche documentaire Il n’appartient pas non plus au juriste de traduire un discours juridique parce qu’il est juriste, ni à un spécialiste en marketing de traduire une publicité sur un produit X tout simplement parce qu’il a appris le marketing C’est très insuffisant

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1.1.3 Les trois niveaux de la traduction

Pour traduire nous lisons des mots, puis des phrases et enfin un discours complet L’activité de traduction suit donc cette logique naturelle qui nous est imposée par la langue La structure de cette activité est pyramidale, nous lisons une

à une des unités sémantiques puis des unités sémantiques plus larges et ainsi de suite jusqu’à la lecture d’un vaste ensemble discursif complet Cette pyramide inversée caractérise la langue tout autant qu’elle matérialise les niveaux de difficulté de traduction :

La pyramide linguistique

On va analyser ces trois niveaux à travers des exemples suivants :

Le sens lexical du mot «chemise» est « un vêtement qui se porte sur la partie

supérieure du corps» Il serait inexacte de l’utiliser comme un « vêtement qui se porte sur le pied » comme les « chaussettes » par exemple Une traduction dite

inexacte est une traduction qui ne renvoie pas au sens décrit par un mot ou une expression donnée A ce niveau lexical ó certains mots de la langue renvoient à la réalité concrète, la traduction pose très peu de difficultés au traducteur Il lui suffit

de se munir de bons outils comme les dictionnaires, techniques ou pas, pour se tirer d’affaires, à condition bien entendu, qu’il ait pris soin de s’assurer que telle ou telle organisation préfère utiliser tel ou tel métalangage

Mo t

Phrase

Texte

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Lederer donne d’autre exemple : « you pay her » ( dans La traduction

aujourd’hui) Au niveau du sémantisme lexical, on constate que les

correspondances en français de chacun des mots figurant dans cette phrase sont : You : vous, tu, te, toi…

Pay : payer, rétribuer, rémunérer,…

Her : la, l’, lui, elle

On peut traduire selon les contextes différents, il est alors impossible de donner une traduction correcte L’effacement du contexte dans la traduction de la phrase

provoque l’ambiguïté du mot alors la phrase traduit

En dehors du niveau du mot, nous rencontrons encore les problèmes de la traduction au deuxième niveau, celui de la phrase Nous continuons à analyser

l’exemple que Marianne Lederer a donné dans La traduction aujourd’hui : « you

To pay a bill : régler

To pay one’s respect : présenter

To pay tribute : rendre

To pay money into an account : verser

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Le troisième niveau aborde de l’importace du contexte C’est le niveau du texte La traduction est fondée non seulement sur le sémantisme de la parole mais encore sur le savoir général et le contextuel du traducteur (bagage et contexte cognitif) Grâce à ce savoir, celui-ci traduit un auteur, pas seulement sa langue

Avec la phrase « you pay her », si nous identifions son contexte, nous pourrons une

traduction correcte On verra plus loin que l’ensemble des connaissances du traducteur, pré-existances mais aussi acquises à la lecture du texte, lui ont permis

d’établir l’équivalence de « you pay her » ? et de « C’est vous qui la payez ? »

Grâce à cet exemple, nous trouvons bien le rơle du contexte dans la traduction La décontextualisation produit une forme de traduction mot à mot que

tous condamnent mais que beaucoup pratiquent Seleskovitch a affirmé : « [ ] les

mots pris isolement n’ont que des virtualités de significations, les phrases séparées

de leur contexte n’ont que des virtualités des sens Si on prend des mots au hasard dans le tiroir de la langue et qu’on les examine les uns après les autres, on arrive à aligner pour chacun un certain nombre de signification [ ] Polysémie et ambigụté sont caractéristiques de tout assemblage de mots hors contexte, elles disparaissent lorsque la phrase est placée dans le fil de son discours Seule l’intention de communiquer qui construit la parole libère les mots de la polysémie, les phrases de leur ambigụté et les charge de sens »

Lederer classe les trois niveaux de traduction en deux types : la traduction linguistique et la traduction interprétative La traduction linguistique se compose de

la traduction de mots et de la traduction de phrases hors contexte La traduction interprétative est nommée par la traduction tout court, la traduction des textes

Lederer a dit : « Cette distinction s’est imposée dans mes études de l’interprétation

de conférence, ó il apparait clairement que la traduction des discours fait appel à des connaissances plus vastes que celles des alignements de signes linguistiques et impose au traducteur une demarche interprétative »

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1.2 Une bonne traduction

1.2.1 Qu’est-ce que c’est une bonne traduction ?

Devant une telle interrogation, le traducteur de métier est saisi de trouble, presque de vestige Comment on peut répondre à cette question ? En effet, la traduction n’est pas une science exacte Qu’est-ce qui différencie une bonne traduction d’une médiocre ou d’une mauvaise? Une traduction peut être bonne pour quelqu’un et mauvaise pour une autre personne

Hélas- a écrit André Gide dans une lettre à Thérive- les traductions restent confiées le plus souvent à des êtres subalternes, dont la bonne volonté ne suplée pas l’insuffisance Un bon traducteur doit bien savoir la langue de l’auteur qu’il traduit, mais mieux encore la sienne propre, et j’entends par là: non point seulement être capable de l’écrire correctement, mais en connaître les subtilités, les souplesse, les ressources cachées, ce qui ne peut guère être le fait que d’un écrivain professionnel On ne s’improvise pas traducteur

Donc, une bonne traduction doit répondre à quatre conditions:

- La première condition: La fidélité du sens du texte

Selon Georges Mounin, la qualité première d’une bonne traduction est la fidélité totale à tout le texte Autrement dit, c’est la fidélité au contexte, la fidélité à

la situation et aux registres de langue, la fidélité à la totalité du message inclus dans l’énoncé

Roger-François Moisan affirme que la qualité d’une traduction est un “ ensemble de

beauté et de fidélité”

Parmi les traducteurs qui ont réflechi sur cette condition, nous voudrions évoquer Edmond Cary, qui a distingué des niveaux de fidélité avec beaucoup de

clarté: “ …la fidélité purement sémantique peut présenter des exigences

contradictoires selon qu’on s’attache à la fidélité au sens des mots ou au sens des phrases Plus loin encore, on n’oubliera pas la fidélité aux sens seconds, aux sens cachés, aux allusions, qui contiennent souvent l’essentiel du texte La qualité d’une traduction dépendra souvent du choix qu’on aura fait entre ces fidélités opposées

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Et ce choix, lui aussi, est en grande partie déterminée par le siècle du traducteur, par son public C’est une sorte de synthèse des diverses fidélité au sens qui donne accès à la fidélité à la pensé de l’auteur.”

- La deuxième condition: Une tradition adaptée au destinataire

Une bonne traduction se reconnaît, paradoxalement, au fait qu’il ne s’agit pas d’une traduction, mais d’un texte rédigé par un auteur dans sa langue maternelle Une traduction doit pouvoir produire chez son lecteur le même effet que l’auteur voulait produire sur son public Pour y parvenir, il est souvent nécessaire de ne pas traduire au mot à mot, mais au contraire d’interpréter le texte

Le traducteur doit rester fidèle au texte, mais il doit prendre une certaine marge de liberté s’il veut atteindre cet objectif Il doit notamment prendre des décisions en analysant si un terme ou une partie de texte n’est pas superflue ou si en revanche la phrase mérite quelques éclaircissements Parfois un mot n’existe pas dans la langue cible, le traducteur devra donc réfléchir au mot ou néologisme qui restituerait le mieux le sens de ce dernier Rester fidèle ne signifie pas traduire littéralement Plus qu’aux mots, la fidélité se rapporte aux pensées, à l’atmosphère que l’auteur a

voulu transmettre à ses lecteurs S’il n’a pas le droit d’«améliorer» le texte, le traducteur se doit de s’approprier le texte, d’en faire sa propre interprétation et de

rendre aussi bien que possible l’effet et le sens souhaités par l’auteur

grammaticale incorrecte

En mentionnant la nécessité de disposer du temps suffisant pour se documenter, nous pensons qu’il est bon de rappeler l’importance des conditions de travail et de rémunération du traducteur, des conditions qui influent directement sur

la qualité de la traduction On ne demande pas au traducteur d’entreprise ou du secteur public, pas plus qu’au traducteur a son compte, de faire un chef-d’oeuvre à tout coup Étant donné le peu de temps dont il lui faut souvent se contenter pour se documenter et traduire, il doit, le moins de qualité moyenne, ce qui suppose que tout le sens du texte de départ a été compris et se trouve transposé dans le texte

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d’arrivée Donc, ni faux sens, ni contresens, ni glissement: tout le sens, rien que le sens La langue d’arrivée doit toujours être syntaxiquement et grammaticalement correcte, idiomatique, et le vocabulaire juste et précis, sans impropriété Il faut respecter les niveaux de langue, tenir compte de la destination du texte D’autre part, un traducteur doit, si possible, travailler en équipe et consulter plus que les dictionnaires et les fichiers: les collègues Une traduction doit toujours être revue par son traducteur et révisée par un autre traducteur d’expérience S’il y a urgence,

et faute de mieux, il faudra se contenter de faire relire sa traduction par un autre

- La quatrième condition: La richesse idomatique de la langue

d’expression

Pour effectuer une bonne traduction, il ne suffit pas de connaître la langue source et la langue cible du texte à traduire On ne s’improvise pas traducteur Certes, il s’agit là de la première condition requise, soit d’excellentes connaissances dans les deux langues, sans oublier de toujours traduire vers sa langue maternelle et jamais le contraire À moins éventuellement d’être né ou d’avoir vécu longtemps dans un environnement parfaitement bilingue, nous ne pouvons pas connaître toutes les subtilités d’une langue étrangère, or c’est une nécessité Proverbes, faux-amis,

expressions imagées… Il existe bien des obstacles linguistiques à surmonter dont seule une maîtrise de la langue maternelle et des connaissances approfondies dans

la langue source peuvent venir à bout

1.2.2 La compréhension

La compréhension est une activité tres importante qui fait appel à une compétence linguistique et à un savoir encyclopédique Selon M Lederer dans La

traduction aujourd’hui : « Il n’y a pas de traduction sans compréhension La

traduction professionnelle a besoin en plus des connaissances de la langue, d’un bagage cognitif qui vient d’une part du savoir de l’individu ( connaissance encyclopédie) d’autre part de tout ce que le texte apporte comme connaissance au fur et à mesure que le traducteur avance dans la lecture »

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Pour traduire, il faut d’abord comprendre Mais comprendre quoi ? Il est loin d’être suffisant de comprendre uniquement les signifiés car, appartenant à la langue

et faisant partie d’un ensemble structure, les signifiés ne nous fournissent que des virtualités sémantiques C’est plutôt le sens qu’il faut comprendre et traduire Le sens est la base de la fidélité authentique d’une traduction La compréhension du sens se fait généralement par une analyse des contextes : contexte verbal immédiat, qui aide à lever la polysémie des signes ; contexte verbal élargi, qui permet de désigner le sens d’un énoncé, et contexte situationnel, qui est indispensable pour saisir le vouloir-dire du traducteur Ces contextes sont nécessaires pour la compréhension, mais aussi pour la traduction Le traducteur doit donc dépasser la limite de la langue et effectuer ses analyses dans le domaine de la parole

1.2.2.1 Les composantes linguistiques

La compréhension de l’explicite linguistique d’un texte est de même valeur

de la connaissance de sa langue Les connaissances linguistiques sont conservées

en mémoire sous sa forme verbale, elles s’enrichissent tout au long de l’apprentissage de la langue Il y a une variété de la somme lexicale chez l’adulte, donc, les structures lexicales morphologiques et syntaxiques sont acquis de facon pratiquement définitive Ces connaissances du traducteur font partie de son bagage cognitif et sont bien entendu indispensable à la compréhension des textes et à leur réexpression

Les traducteurs peuvent comprendre le texte grâce aux connaissances linguistiques mais ce sont elles qui arrivent à causer des difficultés dans le processus de la traduction

Le dictionnaire bilingue est un moyen très important pour traduire un texte, mais il ne aide pas les traducteurs à avoir une bonne traduction Il n’arrive pas à expliquer tous les malentendus concernant le lexique chez les traducteurs Dans ce cas, le traducteur doit posséder une connaissance de vocabulaire sans être en mesure soi-même d’utiliser activement tous ces vocables

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La polysémie est une phénomène assez typique dans plusieurs langues, c’est aussi un problème important dans l’opération de la traduction Il provoque des malentendus ou des ambiguités de la langue parce qu’un mot a beaucoup de sens et

spécifique du français Toutes les langues sont concernées, mais chacune a sa

façon, si l’on peut dire Un difficile exercice de la traduction nous apprend en effet que les mots polysémiques ne se correspondent pas d’une langue à l’autre

Par exemple, avec la phrase anglaise « it’s large », on peut avoir plusieurs

D’autre exemple, « nhà tôi đẹp lắm », en vietnamien, « nhà tôi » peut signifier « ma maison » ou « ma femme » Alors, le traducteur doit choisir la traduction la meilleure selon le contexte « ma maison est très belle » ou « ma

femme est très belle »

Le mot « peinture » est très polysémique : il peut signifier une activité ( la

peinture en bâtiment), un matériau ( de la peinture verte), ou un tableau ( une

peinture émouvante) Si on dit : « Il a vendu une belle peinture », cette phrase peut rester ambigue : « peinture » ici est « un matériau » ou « un tableau » ? Cela

provoque un grand problème pour les traducteurs

Tout ce qui concerne l’ambiguïté de phrase isolées à propos des difficultés

de la traduction automatique, Marianne Lederer a donné une liste d’exemples suivante :

L’ambiguïté due à la polysémie d’un mot : « She walked towards the bank »

= « elle se dirigeait vers le rivage » ou « elle se dirigeait vers la banque », l’anglais

« bank » pouvant signifier « rivage » ou « banque »

L’ambiguïté due à la structure d’une phrase et à la polysémie des mots :

« Time flies like an arrow » = « le temps file comme une flèche » ou « Les (mouches) éphémères aiment une flèche » « files » pouvant être le 3e personne du

singulier du verbe « fly» = «voler» ou le pluriel du substantif « fly »= « mouche »,

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« like » une préposition (comme) ou un verbe (aimer) Dans le premier cas, le sujet

est « time » (le temps vole), dans le second « time flies » ( les éphémères)

L’ambiguïté à l’interieur d’un même énoncé en raison de la proposition qui

précède : « George thinks vanila » Traduirait-on «Georges pense vanille » sur le modèle « Georges parle politique » ? La signification de cette phrase ne s’éclaire qu’au vu de ce qui précède : « Do you know what kind of ice cream Haj likes ?

George thinks vanilla », la traduction devient possible : « Sais-tu quel parfum de crème glacée Haj préfère ? Georges, lui, pense que c’est vanille »

D’autre difficulté concernant la connaissance linguistique, c’est la

signification d’un mot Dans son ouvrage, Martinet souligne que « en principe, les

signes de chaque langue forment une structure suigneurie, c’est-à-dire qu’ils s’opposent les uns aux autres de facon particulière, de telle sorte qu’il n’y a pas de correspondance sémantique exacte d’une langue à une autre », comme, le mot

« hot-dog » en anglais ne peut pas être rendu par le mot « chien-chaud » en

français

Exemple : « ils n’aiment pas ce programme »

Pour traduire exactement cette phrase, le traducteur doit faire attention aux contextes

« Qui sont-ils ? », « ils » ici sont les élèves, les ouvriers, les professeurs

« Quel est ce programme ? », « ce programme » peut être un spectacle, un système

éducatif,…

Alors, la manque de correspondance intégralement biunivoque est le propre

de la quasi-totalité du lexique et l’absence d’une correspondance dans le dictionnaire bilingue

Prenons l’exemple des nom vietnamiens « áo dài », « bánh chưng »…qui

n’ont pas d’équivalents français On doit garder ces mots dans la langue étrangère Pour les faire comprendre au lecteur français, le traducteur a tendance à expliquer

comme, « áo dài », qui est une « robe traditionnelle pour les femmes

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vietnamiennes », « bánh chưng » qui est un « gâteau carre de riz, confectionne pour la fête du Têt »

Ensuite, l’étude de la phrase vietnamienne a suscité deux avis divergents C’est une langue à sujet et une langue à thème-rhème Cette langue des marqueurs permettant de distinguer le thème du rhème

Exemple : « Cô gái này tóc tai như rễ cây » = « Cette fille a des cheveux

comme des racines d’arbre » On peut traduire cette phrase « Les cheveux de cette fille sont comme des racines d’arbre » Au contre, si l’on se fie l’approche

thématique, on note « cô gái này (cette fille) » est le thème, identifié par le deictique « này (ce) » , alors que « tóc tai như rễ cây ( cheveux comme des racines

d’arbre) » est le rhème sans verbe

Exemple : « Anh ấy đã chạy xuyên qua rừng.»

« Il ran across the forest.»

« Il a traversé la foret en courant.»

Ces 3 phrases illustrent les caractéristiques du syntagme verbal du vietnamien L’énoncé vietnamien diffère de l’énoncé français et de l’énoncé

anglais Les verbes chạy (courir), xuyên (traverser), qui sont respectivement de type activité, accomplissement et achèvement Une traduction comme « Il a

traversé la forêt » n’est pas suffisante, « en courant » permettant de préciser la

façon d’y parvernir

En bref, pour étudier le processus de la traduction sur le plan théorique, nous devons limiter les problèmes d’ordre linguistique et d’avoir une connaissance des deux langues telle que la traduction n’accuse pas d’erreurs sur ce plan Le traducteur doit aussi posséder une connaissance linguistique de la langue pour surmonter les difficultés rencontrées dans l’opération de la traduction Comme

Marianne Lederer a dit dans « la traduction aujourd’hui » : « moins on connait une

langue et plus cette méconnaissance l’obstacle à l’apparition du sens Le traducteur qui a trop de difficultés d’ordre linguistique à la lecture du texte qu’on

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lui demande de traduire, s’englue dans l’analyse purement linguistique des phrases

et ne parvient pas à la capter le sens du texte Si ces insuffisances linguistiques ne sont pas signalées et corrigées, elles risquent de faire obstacle de fa ç on permanente à sa capacité de créer des équivalents»

1.2.2.2 Les compréhensions des implicites

C’est une partie très importante dans le processus de la compréhension du texte d’origine Le récepteur d’énoncé doit comprendre des présupposés et des

sous-entendus qui sont appelés « les implicites » Ils sont inséparable de la

connaissance de la langue, et ils exercent une influence sur le sens de tout le texte

Dans un colloque de septembre 1980 « Comprendre le langage », Catherine Kerbrat-Orecchiont a dit : « la facon dont le récepteur d’un énoncé en extrait

certaines informations sémantico-pragmatiques à l’aide tout à la fois de ses compétences linguistiques et extra-linguistiques… »

Exemple : « M.Dubois a cessé de fumer»

Donc le présupposé de cette phrase est :

« M.Dubois fumait autrefois »

Nous le comprenons parce que le récepteur peut lier le sens de l’énoncé d’origine avec les connaissances du monde et de langue Autrement dit, les présupposés de la langue font partie de l’association des signifiés à la connaissance

du monde Les sous-entendus ici peuvent être : «tu ferais bien d’en faire autant »

C’est l’intention que l’auditeur de l’énoncé veut transmettre aux récepteurs

M.Lederer a dit : « le phénomène de l’implicite est très général La pensée

choisit pour s’exprimer des formes souvent complexes, jamais totalement explicites ; elle implique autant qu’elle explicite Le lecteur comme l’auditeur, le traducteur comme l’interprète, combinent implicite et explicite pour comprendre les textes Les présupposés étant compris avec la langue, les sous-entendus restant extérieurs à l’acte de traduction, il reste à avoir ce qui s’ajoute à la langue pour la compréhension des textes »

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1.2.2.3 Les compléments cognitifs

Les compléments cognitifs s’intéressent aux processus mentaux qui sont mis

en œuvre dans les différentes activités humaines De ce point de vue, la traduction est envisagée comme un processus de compréhension et de reformulation du sens entre deux langues, intégrant un traitement particulier de l’information

Le traducteur ne lit pas simplement pour comprendre le texte original, mais pour déceler les élements pertinents pour le transfert ; il ne prend pas note dans la consécutive pour ses études futures mais pour rendre le discours qui vient d’être prononcé De même, l’interprète n’écoute pas pour le plaisir mais doit traduire les discours qu’il écoute, qu’ils lui plaisent ou qu’ils l’ennuient ; il doit mobiliser ses connaissances et sa concentration même lorsque le sujet lui est inconnu ou indigeste Enfin, qu’ils soient récepteurs ou émetteurs du message, les interprètes et les traducteurs doivent savoir contrôler leurs émotions et leurs réactions en contexte professionnel

C’est plus ou moins ce à quoi renvoient les « compléments cognitifs » dans

la théorie interprétative de la traduction

Selon Jean-Francois Le Ny, la compréhension est « le produit conjoint de

deux sources d’information travaillant en commun, le texte et les structures cognitives » (Le Ny, J.-F Sciences cognitives et compréhension du langage, PUF,

Le bagage cognitif est composé de l’ensemble des « connaissances

linguistiques et extralinguistiques emmagasinées à plus ou moins long terme dans

la mémoire » (ibidem) C’est donc tout ce dont dispose le lecteur avant même de

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lire le texte et de devenir, dans un second temps, traducteur Ce sont nos connaissances linguistiques en langue française, de manière générale, ainsi que certaines connaissances linguistiques techniques auxquelles fait référence le texte Mais c’est également ce que nous savons sur le sujet dont traite notre texte Avant

de le lire, ce ne sont que des idées de l’ordre de la culture générale (par exemple, ó

se trouve la ville de Sougueur et la Wilaya de Tiaret ? Quelle est sa spécificité

géographique? À quoi ré-fère le proverbe tronqué « les écrits restent » ?), mais à

certains passages du texte, ce sont des souvenirs relatifs à la formation en histoire (par exemple, la Muqaddima d’Ibn Khaldoun et des lectures antérieures sur des sujets connexes tels que les paradis fiscaux et leur classement en listes noires et grises, ou la musique andalouse et la cantatrice Beihdja Rahal)

- Le contexte cognitif

Quant au contexte cognitif, il fait référence au « savoir [constitué à la

lecture du texte] qui s’ajoute à celui que contient déjà le bagage cognitif »

(Lederer, 2006, p 213, Glossaire) C’est donc ce que révèle le texte lui-même sur son sens, chaque passage pouvant contenir un éclairage sur le passage qui le suit ou qui le précède

En me situant vers la fin de mon texte sans lire au préalable les passages dents, je ne comprendrais peut-être pas grand-chose, par exemple, à la phrase « Il

précé-ne faut jamais vendre la peau de l’agprécé-neau avant de l’avoir retournée […] » Le contexte cognitif est un savoir de courte durée puisqu’il se constitue au moment

même de sa lecture, mais il reste en mémoire « suffisamment pour permettre

d’assimiler le discours ou le texte dans sa continuité » (ibid., p 42) Le contexte

verbal en fait partie puisque c’est « l’entourage linguistique d’une unité lexicale »

(ibid., p 212, Glossaire) C’est surtout au niveau de la compréhension du sens d’un mot ou d’un terme que le contexte verbal sera utile

1.2.3 La déverbalisation

Selon la théorie interprétative, D Seleskovitch et M Lederer constatent une pensée détachée du linguistique C’est aussi un élément important dans la

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compréhension, appelé « la déverbalisation » Ce phénomène peut être vérifié dans

la communication courante : nous oublions la quasi-totalité des mots par le locuteur, mais nous gardons en mémoire ce que nous avons compris grâce à notre savoir linguistique et extra-linguistique Par exemple, si quelqu’un nous raconte une histoire, un discours…, les signes du discours disparaissent avec le son de la voix, mais nous en gardons un souvenir déverbalisé, un état de conscience de l’idée

ou du fait évoqué

Andre Dusart explique la deuxième étape : « La phase déverbalisée, soumise

à un repérage cognitif et à une interprétation doit retrouver une expression verbale

en langue d’arrivée La stratégie d’écriture, le choix de formulation censées représenter le plus adéquatement le texte de la langue de départ seront l’étape finale du processus Cette stratégie d’écriture découle donc à la fois de l’interprétation, des choix subjectifs, des préférences de l’auteur, elle se conforme à des normes sociales pour rencontrer l’attente des lecteurs »

Michel Ballard explique, dans un inventaire des différents courants

traductologiques, les méthodes propres à la theorie interprétative : « la

déverbalisation est l’étape qui surgit entre la phase de compréhension et de la rédaction du texte en langue d’arrivée, c’est un processus cognitif ou les données sensorielles deviennent des connaissances dévêtues de leurs formes sensibles La phase de la rédaction devrait être ramené au choix définitifs des expressions équivalentes, aux corrections orthographiques, grammaticales, stylistiques, tout en faisant référence à la norme de la langue d’arrivée »

La phase de déverbalisation dans la compréhension est une des idées centrales

de la théorie de l’ESIT D Seleskovitch montre l’importance de cette phase : « On

peut dire que chaque acte de compréhension est une prise de conscience qui persiste, dissociée des stimulations qui l’ont provoquée La dissociation de la forme

et du sens est à nos yeux le mécanisme essentiel du langage, présent en toutes circontances dans la communication : les formes s’estompent et disparaissent, tandis que les contenus éveilles par le signal s’associent à des souvenirs antérieurs, constituant d’innombrables métacircuits de durée variable, dont certains

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s’intégrent dans le bagage cognitif et deviennent une parcelle de savoir de l’individu » ( Seleskovitch, 1981 :15)

1.2.4 L’expression

Comme la compréhension, l’expression joue un rôle assez importante pour avoir une bonne traduction Après avoir compris le texte d’origine, le traducteur doit interpréter fidèlement le contenu, le sens de l’original grâce à la façon d’expression convenable Le traducteur doit maître de l’expression ; limiter ses opinions personnelles, ses interventions subjectives ; et utiliser d’autre langue correspondante Alors, il est nécessaire que le traducteur possède une connaissance extralinguistique pour mieux comprendre le texte d’origine et puis le traduire en langue cible

1.2.4.1 La reverbalisation

Selon M Lederer la traduction suppose une stratégie réalisée en trois étapes: premièrement, le traducteur doit comprendre dans la langue de départ le sens du texte, ce qui est dit et la manière dont cela est dit Deuxièmement, il faut rendre dans la langue d'arrivée la fonction et l'intention des énoncés, donc reconstruire le sens souvent à l'aide d'autres moyens linguistiques M Lederer appelle cette étape la reverbalisation Elle est précédée par la déverbalisation, étape qui suppose que le traducteur oublie les mots et les phrases à travers les quels s'exprime le sens en retenant le vouloir dire

Pour faire cela le traducteur doit maîtriser une certaine compétence linguistique dans les deux langues mais aussi une compétence encyclopédique qui correspond à la connaissance des choses, à l'expérience du monde extérieur, à toutes les réalités qui meublent notre univers physique et mental Le texte original n’a pas de sens que par rapport à un contexte culturel inhérent à la culture de l’auteur Les mots, les phrases, le texte s'inscrivent dans un univers culturel, dans

un foisonnement d’intertextualités, de connotations intellectuelles, affectives, parfois publiques mais aussi propres à un milieu, une classe C'est pourquoi un bon

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traducteur est une personne qui est imprégnée de cette culture, de cette langue, afin d'en rendre au mieux la richesse

D’abord, la phase de la compréhension consiste à décoder le texte source en analysant les relations sémantiques entre les mots et en déterminant le contenu conceptuel par le biais du contexte

Ensuite, la phase de la reverbalisation implique la reformulation des conceps

du texte source dans une autre langue, en ayant recours au raisonnement et aux associations d’idées

Pour l’expression, le traducteur doit penser au nombre des mots utilisés C’est-à-dire, il faut limiter des mots pour exprimer la phrase d’origine Si l’original

a cinquinze mots en français, le traducteur utilise de cing à sept mots en vietnamien, par exemple

La phrase en français: “Vỏ quít dầy, móng tay nhọn”

On a la phrase équivalente en vietnamien: « À la peau épaisse de la

mandarine, des ongles tranchants »

Nous trouvent que le traducteur utilise six mots pour exprimer le sens de la phrase en français

En réalité, Christine Durieux a affirmé: “La phrase de réexpression

implique une exploration des ressources de la langue d’arrivée Il s’agit à ce stade

de passer en revue les possibilités offertes par la langue d’arrivée pour exprimer

de fa ç on correcte, c’est-à-dire conforme à ses usages, le sens qui a été saisi [ ] Le choix de la reformulation se fait ensuite en fonction du destinataire et de la destination de texte [ ] Le destinataire est le lecteur de la traduction Il y a donc lieu de tenir compte de son attente et de formuler dans la langue d’arrivée un message adapté à ses possiblités de réception et de compréhension Ce qui compte c’est ce que le lecteur est censé savoir avant la lecture de traduction La destination du texte est ce que j’aime appeler la mission de texte C’est à dire a quoi il doit server Le traducteur choisit sa formulation le mieux à même d’exercer

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l’impact voulu Ce qui compte, c’est ce que le lecteur est censé savoir après la lecteur de la traduction pour agir ou réagir dans le sens recherche

( Christine Durieux, “Le fran ç ais dans le monde no.243”)

Concernant la reverbalisation, M.Jean Delisle a donné quelques explications

du processus de réexpression du traducteur: “La recherche de la formation la plus

pertinente s’opère plus ou moins à tatons par les mécanismes conscients et subconcients de la pensée Les informations sont convoquées ou évoquées par la mémoire encyclopédique Au cours de cette exploration, les solutions intermédiaires que le traducteur rejette comme insatisfaisantes sont autant de jugements portes sur l’inadéquation d’un contenu et d’une forme […]

Il arrive que la découverte d’une équivalence se produise plus ou moins spontanément Dans ces moments d’ “inspiration” [on trouve] une compréhension parfaite des idées à rendre alliée à une disponibilité totale des moyens linguistiques pour les exprimer […] Dans d’autres cas, par contre, le cheminement de la reformulation est plus laborieux; il faut “provoquer” les rappochements analogiques et tenter de suivre plus consciemment les méandres de la pensée […] afin de déclencher le mécanisme conduisant à la découverte d’une équivalence acceptable.”

Il ajoute: “ Une fois le sens saisi, sa restitution se fait en fonction des idées

et non en fonction des mots.”

D’après Marianne Lederer, avant d’avoir saisi la plume, certains traducteurs vont traduire et vont apparaître des mots et des expressions dans leur langue Ils veulent repousser le texte complètement et traduire en toute indépendence par rapport à la formulation originale

Alors, la reverbalisation est une phase importante Grâce à elle, nous arrivons à réaliser la phase de la vérification qui vise à valider les choix faits par le traducteur en procédant à une analyse qualitative des équivalents, à la manière d’une retro-traduction

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1.2.4.2 L’analyse justificative

Le processus traductionnel se réalise en trois temps Il comprend une phase

de compréhension du vouloir-dire de l’auteur, une phase de réformulation du sens compris et une phase de justification C’est dans le cadre de cette troisième phase qui a pour but de vérifier que les choix effectués rendent bien compte des idées contenues dans le texte original en vue d’une mise en forme définitive de la traduction

L’analyse juscative s’agit pour le traducteur de vérifier si les phrases qu’il jette sur le papier seront comprises par la collectivité linguistique à la quelle il appartient ; écrivant en français, il s’assure que sa version n’est pas marquée par les formes et structures de la langue de départ Mais ce n’est pas tout Les idées ont beau avoir été saisies, l’écriture être française, cela ne signifie pas pour autant que

le traducteur a été suffisamment créatif pour que son expression fasse comprendre

et ressentir intégralement les idées et les sentiments de l’auteur

Ayant écrit sa traduction, le traducteur devient lecteur de sa propre version ;

il s’efforce de voir si elle est suffisamment adaptée au nouvel univers de connaissances et de sensibilité auquel il s’adresse

J Delisle a résumé le processus interpréatif de la traduction : « La troisième

et dernière étape du processus cognitif de la traduction, l’analyse justificative, a pour but de vérifier l’exactitude de la solution (provisoire) retenue Cette verification consiste à s’assurer que l’équivalence rend parfaitement tout le sens de l’énoncé initial »

Il ajoute : « Que faut-il retenir de cette analyse justificative ? Que nous

enseigne-t-elle sur la dernière étape de processus de traduction ? Elle met en évidence deux choses : premièrement, la justification est toujours fonction de l’interprétation antérieure à la réexpression et, deuxièmement, elle suit elle-même

le modèle interpréatif

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En procédant à la justification de sa traduction, le traducteur cherche à verifier dans quelle mesure la formulation retenue est conformé au sens du passage original, […]

L’analyse justificative est une seconde interprétation La première […] vise

à dégager les idées du message ; la seconde s’intercale entre la réexpression et le choix d’une solution finale et a pour but de vérifier si les signifiants provisoirement retenus rendent bien compte de ces idées [ ] »

(la traduction raisonnée- J Delisle)

1.2.4.3 L’identité du contenu, l’ équivalence de la forme

À la différence du concept "correspondance" de la linguistique contrastive;

le concept d'équivalence appartient à la traductologie En cette discipline, la notion d'équivalence relève du comparatisme et sous-entend, indéniablement, une relation

de valeur égale entre deux entités

La notion de l'équivalence est, comme celle d'opérations traduisantes, un héritage de la stylistique comparée de Vinay et Darbelnet Nous n'y serions pas revenu, au cours de notre approche pragmatique, car elle n'est en rien utile dans la compréhension du processus interprétatif Mais ce serait une entorse à notre cheminement scientifique; car cette notion permet tout au moins l'évaluation de la traduction Naturellement, l'on doit reconnaître qu'il y a des traductions réussies et des échecs de la traduction

Par "équivalence", Vinay et Darbelnet (op cit.: 52) entendent le fait que

"deux textes rendent compte d'une même situation en mettant en œuvre des moyens stylistiques et structuraux entièrement différents Les auteurs donnent l'exemple ci-après: un amateur qui plante un clou et se tape sur les doigts dit: "Aie" en français

Ce qui se traduirait par l'équivalent "ouch" en Anglais ou "eyì ou ayì" en cilubà L'équivalence s'oppose donc à la traduction littérale

La littérature à propos de l'équivalence en traduction est abondante Certains auteurs vont jusqu'à identifier Traduction et Équivalence Nous ne sommes pas prêt

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à franchir avec eux le Rubicon.Nous citerons, à titre indicatif, les types d'équivalence tels que présentés par Gonzalez : l'équivalence linguistique, l'équivalence paradigmatique, l'équivalence stylistique, l'équivalence sémantique, l'équivalence formelle, l'équivalence référentielle, l'équivalence pragmatique, l'équivalence dynamique et l'équivalence fonctionnelle

En effet, l'équivalence linguistique est celle qui consiste à traduire mot à mot Tandis que l'équivalence paradigmatique veut qu'à un substantif dans le texte

de départ corresponde un substantif dans le texte d'arrivée Loin de se cramponner aux mots et aux catégories grammaticales, l'équivalence stylistique recherche l'identité expressive ou affective entre l'original et latraduction Entre temps, on

parle d'une équivalence sémantique lorsque le traducteur "reproduit" le même

contenu sémantique Au cours de cette traduction, l'on veut, à tout prix, que l'on recoure aux mots dont le champ sémantique est identique à ceux du texte de départ

Ainsi, plus proche de l'équivalence sémantique, l'équivalence formelle vise à transférer non seulement le contenu, mais aussi la forme Nous citerons en exemple, la traduction de la poésie Au lieu de la forme, l'équivalence référentielle

se préoccupe de garder les mêmes référents, les mêmes réalités, au cours de la traduction

De toutes ces équivalences, les trois dernières s'entremêlent et quelques fois sont prises l'une pour l'autre L'équivalence pragmatique, pour sa part, vise à

réexprimer l'intention du texte de départ en vue de produire sur “le lecteur

(l’auditeur) cible” le même effet que celui produit sur “le lecteur source” - qui

avait entendu le message dans la langue source Bien plus, l'équivalence fonctionnelle consiste à atteindre, au moyen des éléments linguistiques, extralinguistiques (ou contextuels) et culturels, le même but, la même fonction que

le texte source Il faudrait donc que le texte cible produise les mêmes actes pragmatiques que le texte source

Point n'est besoin de nous voiler le visage pour affirmer que l'équivalence dont il est question, en traduction, ne doit pas être considérée comme une

Ngày đăng: 16/03/2021, 09:35

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