1. Trang chủ
  2. » Luận Văn - Báo Cáo

Analyse des actes d’invitation en français et en vietnamien

81 9 0

Đang tải... (xem toàn văn)

Tài liệu hạn chế xem trước, để xem đầy đủ mời bạn chọn Tải xuống

THÔNG TIN TÀI LIỆU

Thông tin cơ bản

Định dạng
Số trang 81
Dung lượng 2,03 MB

Các công cụ chuyển đổi và chỉnh sửa cho tài liệu này

Nội dung

Dans le premier chapitre, nous essayons de faire le point de la théorie des actes de langage, de l’analyse conversationnelle en différents rangs l’interaction, la séquence, l’échange, l’

Trang 1

UNIVERSITÉ NATIONALE DE HANOi UNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES DÉPARTEMENT DE LANGUE ET DE CULTURE FRANçAISES

MÉMOIRE DE FIN D’ÉTUDES UNIVERSITAIRES

ANALYSE DES ACTES D’INVITATION

Trang 2

ĐẠI HỌC QUỐC GIA HÀ NỘI TRƯỜNG ĐẠI HỌC NGOẠI NGỮ KHOA NGÔN NGỮ VÀ VĂN HÓA PHÁP

KHOÁ LUẬN TỐT NGHIỆP

PHÂN TÍCH HÀNH VI « MỜI » TRONG TIẾNG PHÁP VÀ TIẾNG VIỆT

Giáo viên hướng dẫn: Bùi Thị Bích Thủy Sinh viên: Vũ Thị Kim Oanh

Lớp: QH2009.1.F1

HÀ NỘI, 5/2013

Trang 3

Attestation sur l’honneur

J’atteste sur l’honneur que ce mémoire a été réalisé par moi- même et que les données et les résultats qui y sont présentés sont exactes et n’ont jamais été publiés ailleurs

Vũ Thị Kim Oanh

Trang 4

Remerciements

Je tiens d’abord à remercier sincèrement Madame Bui Thi Bich Thuy d’avoir la gentillesse de donner des conseils et des observations précieuses durant la rédaction de cemémoire

Mes remerciements vont également à Monsieur Trinh Duc Thai pour son enseignement du cours de pragmatique et qui m’a suggéré le sujet“Analyse de l’acte d’invitation en français et en vietnamien”de ce mémoire

Je voudrais enfin adresser un très grand remerciement à mes amis qui m’ont aidé

à faire les corpus d’actes d’invitation en français et en vietnamien

Trang 5

Résumé

Notre travail de recherche comprend deux parties

Dans la premième partie, nous essayons de reprendre quelques fondements théoriques de base Cette partie se compose de deux chapitres Dans le premier chapitre, nous essayons de faire le point de la théorie des actes de langage, de l’analyse conversationnelle en différents rangs (l’interaction, la séquence, l’échange, l’intervention

et l’acte de langage) et de la politesse Dans le deuxième chapitre, nous tenterons dans

un premier temps de définir l’acte d’invitation, et de tracer ensuite la structure d’un échange contenant l’acte d’invitation

La deuxième partie, compsée de deux chapitres, est reservée aux analyses des corpus en français et en vietnamien Nous ferons d’abord une analyse des invitations en deux langues et chercherons ensuite à relever des éléments culturels qui influencent les comportements langagiers des locuteurs dans les échanges d’invitation

Trang 6

TABLE DES MATIÈRES

Introduction 1

Première partie: Concepts théoriques de base 3

Chapitre I 3

Théorie des actes de langage et l’analyse conversationnelle 3

1 Acte de langage 3

2 Problèmes théoriques de l’analyse conversationnelle 8

3 La politesse 11

Chapitre II 14

L’acte d’invitation 14

1 Problème de définition 14

2 Propriétés de l’acte d’invitation 19

2.1 Les participants 19

2.2 L’objet de l’invitation 19

2.3 Canal 18

3 Conditions de réussite d’un acte d’invitation 18

4 L’acte d’invitation et la politesse 18

La deuxième partie: Analyse des corpus 24

Chapitre I 24

L’acte d’invitation en français 24

1 Classement des énoncés réalisant l’acte d’invitation 24

1.1 Classification syntaxique 24

1.2 Classification selon le niveau de direction 25

2 Structure d’un échange contenant l’acte d’invitation 34

2.1 Intervention initiative: C’est l’acte d’invitation dont nous avons étudié les formulations dans la partie I 37

2.2 Intervention réactive: acceptation/refus 37

3 Réalisations 36

Chapitre II 39

L’acte d’invitation en vietnamien 39

1 Classement des énoncés réalisant l’acte d’invitation 39

1.1 Classification syntaxique 39

1.2 Classification selon le niveau de direction 40

2 Structure d’un échange contenant l’acte d’invitation 47

Trang 7

2.1 Intervention initiative 47

2.2 Intervention réactive: acception/refus 48

A Enchaînement sur l’acte directif 57

B Enchaînement sur le cadeau 58

Conclusion 54

Bibliographie 56

Corpus 66

Trang 8

et on a l’impression de perdre la face

1 Le choix du sujet

Les invitations en français et en vietnamnien sont très différentes, ce qui cause des difficultés pour les Vietnamiens apprenant le français car ils sont souvent influencés par des habitudes acquises dans leur langue maternelle Ce sont des raison qui m’aide choisir ce sujet

2 L’objectif de l’étude

Ainsi que doit-on faire pour proposer une invitation? Comment répondre à une invitation? Que faire pour refuser une invitation sans blesser celui qui nous invite? Y a-t-il des ressemblances dans la formulation des invitations chez les Français et les Vietnamiens? Pour pourvoir répondre aux questions ci-dessus, il faut une analyse des actes d’invitation

sous l’angle pragmatique et quelques facteurs culturels

Ce sont des problèmes à étudier dans ce mémoire qui concernant les actes d’invitation et de réception des invitations en français et en vietnamien

3 Méthode de recherche

Pour réaliser ce travail de recherche, nous adoptons la méthodologie descriptive, analytique et comparative Nous allons essayer de dresser la structure d’un échange d’invitation, de relever les différentes formulations des actes d’invitation, d’acceptation et

de refus en français et en vietnamien, d’analyser ensuite des éléments et des conditions de réussite qui contribuent à un échange d’invitation Tout ce travail vise à éclaircir en partie la

description des actes de langage du côté pragmatique

Trang 9

Pour réaliser ce travail de recherche, nous commençons par des théories de l’interaction verbale et de la politesse en interaction verbale avancées par Grice, Goffman, Brown et Levinson, Kerbrat- Orecchioni et d’autres linguistes Les échanges d’invitations seront ensuite analysés à partir des corpus des échanges d’invitation en français et en vietnamien Le premier corpus est composé d’un inventaire des échanges d’invitation dans diverses méthodes de langue et dans quelques documents authentiques cueillis par des amis français Notre corpus vietnamien est constitué d’un ensemble d’échanges d’invitation que nous avons enregistrés dans les interactions quotidiennes de nos amis, de nos professeurs et

de nous-même

4 Plan du mémoire

Notre travail de recherche comprend deux parties

Dans la premième partie, nous essayons de reprendre quelques fondements théoriques de base Cette partie se compose de deux chapitres Dans le premier chapitre, nous essayons de faire le point de la théorie des actes de langage, de l’analyse conversationnelle en différents rangs (l’interaction, la séquence, l’échange, l’intervention et l’acte de langage) et de la politesse Dans le deuxième chapitre, nous tenterons dans un premier temps de définir l’acte d’invitation, et de tracer ensuite la structure d’un échange contenant l’acte d’invitation

La deuxième partie, compsée de deux chapitres, est reservée aux analyses des corpus en français et en vietnamien Nous ferons d’abord une analyse des invitations en deux langues et chercherons ensuite à relever des éléments culturels qui influencent les comportements langagiers des locuteurs dans les échanges d’invitation

Trang 10

Première partie: Concepts théoriques de base

Chapitre I Théorie des actes de langage et l’analyse conversationnelle

Dans cette première partie, nous n’avons pas du tout l’ambition de faire le point sur la théorie des actes de langage et sur le domaine de l’analyse conversationnelle Nous allons essayer de présenter très brièvement les notions de base concernant notre étude sur l’acte d’invitation Nous abordons tout d’abord la notion d’acte de langage, l’objet d’étude de la pragmatique linguistique en nous basant sur la théorie classique des actes de langage

Tout acte de parole implique normalement non seulement une allocution dire l’existence d’un destinataire distinct du locuteur) mais une interlocution (c’est-à-dire

(c’est-à-un échange de propos) En conséquence, (c’est-à-un acte de langage devrait être étudié non seulement comme un acte isolé mais encore en contexte, au sein de l’intervention et surtout dans l’échange C’est pour cette raison que nous abordons dans le deuxième temps les problèmes théoriques de l’analyse conversationnelle Nous aimerions parler tout d’abord de l’organisation structurale des conversations, ensuite de la relation interpersonnelle et enfin de la politesse

1 Acte de langage

1.1 Qu’est–ce qu’un acte de langage?

L’acte de langage peut être défini comme: “Unité minimale de la grammaire

conversationnelle” (Kerbrat- Orecchioni)

La notion d’acte de langage a été proposée par Austin et constitue un des thèmes les plus étudiés de la pragmatique linguistique

Un énoncé n’est pas un simple objet (qui symboliserait ou représenterait un certain état de choses) C’est le produit d’acte d’énonciation, acte qui fait quelque chose par le simple fait de l’énoncer en mettant en jeu deux individus au moins et en établissant entre eux certaines relations

Trang 11

Par l’acte d’énoncer, le locuteur ne décrit pas l’action, elle réalise déjà une action

C’est la raison pour laquelle Austin nomme les énoncés réalisés “performatifs” Les

performatifs sont souvent conçus sur la base des verbes actifs à la première personne mais également à la voix passive ou à l’impératif De plus, Austin distingue les

“performatifs primaires” (comme les cas d’ énoncés à l’impératif) des “ performatifs

explicites” (par l’emploi des verbes performatifs, on ne cherche pas à décrire l’action

mais exprimer l’intention pragmatique de l’émetteur)

Ex: Je me promène

L’énoncé décrit un type d’action et on peut dire que l’énoncé est vrai ou faux Cette énonciation n’accomplit pas l’acte de se promener L’énoncé est constatif

Ex: Je te promets de venir

 L’énoncé ne décrit rien, n’est ni vrai ni faux Il éxécute une action par le seul fait de l’énonciation de la phrase L’énoncé est performatif

 Un énoncé performatif est un énoncé qui, sous réserve de certaines conditions de réussite, accomplit l’acte qu’il dénomme

1.2 Propriétés de l’acte de langage

D’après Searle, tout énoncé linguistique fonctionne comme un acte particulier ( ordre, question, promesse, requête, excuse…) c’est à dire qu’il vise à produire un certain effet et à entraîner une certaine modification de la situation interlocutive Il appelle illocutionary force (en français : force illocutoire) la composante de l’énoncé qui lui donne sa valeur d’acte Cette force illocutoire vient s’appliquer au contenu propositionnel

de l’énoncé Il y a quatre énoncés : affirmation, question, acte de demande, acte de souhait

1.3 Classement des actes de langage

Dans la classification de Searle, le rôle principal est accordé aux conditions essentielles:

+ le but illocutoire

+ la différence de force ou d’intensité dans la présentation du but

+ la direction d’ajustement entre les mots et le monde

Trang 12

Searle distingue 5 catégories générales d’actes illocutoires:

- Les “assertifs” (assertion, information…): ce sont des actes ó le but est

d’engager le locuteur, ó les mots s’ajustent au monde, ó l’ état psychologique est la conviction à propos du contenu, quel que soit le degré de force

Ex: Elle viendra demain

- Les “directifs” (ordre, question, permission…): ó le but est d’obtenir que

l’interlocuteur fasse quelque chose, ó le monde doit s’ajuster aux mots, ó l’ état psychologique est le désir ou la volonté

Ex: Viens chez moi demain!

- Les “promissifs” (promesse, offre…): ó le but est d’engager le locuteur à

l’accomplissement d’une action, ó le monde doit s’ajuster aux mots, ó l’ état psychologique nécessaire est la sincérité de l’intention

Ex: Je viendrai demain

- Les “expressifs” (excuse, remerciement, salutation…): ó le but est d’exprimer

l’état psychologique sous condition qu’il y ait une intention sincère, ó il n’y a pas d’ajustement du monde aux mots, ó le contenu attribue une propriété soit au locuteur, soit à l’interlocuteur Cela correspond aux “comportatifs” d’Austin

Ex: Excusez-moi!

- Les “déclaratifs” (déclaration, condamnation, baptême…): ó le but est

d’instaurer une réalité ó la correspondance entre les mots et le monde est directe, sans ajustement, sous réserve de légitimité institutionnelle ou sociale

Ex: Je vous déclare la guerre

1.4 Conditions de réussite d’un acte de langage

Les conditions de réussite d’un énoncé peuvent être définies comme les conditions qui doivent être réunies pour que sa valeur illocutoire ait quelques chances d’aboutir perlocutoirement

Ex: Un ordre: “Ferme la porte!”

Pour que cetordre ait quelques chances de réussir, il faut que soient réunies certaines conditions portant:

Trang 13

- sur l’état de choses : que la porte existe, ne soit pas déjà fermée

- sur le locuteur : qu’il ait envie que la porte soit fermée, qu’il soit en position de donner des ordres

- sur le destinataire : qu’il ait la capacité matérielle et la disposition psychologique lui permettant d’exécuter l’ordre

Parmi les conditions nécessaires et suffisantes, on distingue surtout:

- Les conditions normales de départ et d’arrivée: les deux interlocuteurs partagent

la même langue et rien ne les empêche physiquement de communiquer

- La condition essentielle spécifiant le type d’obligation contractée par le locuteur

ou le destinataire comme résultat de l’énonciation de l’acte en question

- Les conditions institutionnelles dont l’importance apparaît surtout pour les formules performatives

- Les conditions préliminaires dont dépend la réussite de l’acte spécifiant le savoir

ou la croyance du locuteur relatifs aux capacités, intérêts, intentions du destinataire; à la nature des relations sociales existant entre eux

- Les conditions de contenu propositionnel indiquant ce sur quoi porte l’acte (une proposition, une action du locuteur ou du destinataire)

- La condition de sincérité indiquant l’état psychologique du locuteur associé à la réalisation de l’acte illocutoire

1.5 Actes illocutoires directs et indirects

1.5.1 Actes illocutoires directs

Il y a 2 types de support à l’expressions directe des actes de langage:

1 Les expressions performatives (performatifs explicites d’Autin)

Exemple : Je vous ordonne de fermer la porte

 Les énoncés disent explicitement qu’ils sont un ordre ou une promesse en utilisant les verbes performatifs comme demander, remercier…

2 Les formes de phrases

Il y a 4 formes de phrases :

Trang 14

- Déclarative (assertive) Exemple: Je vais sortir

- Impérative (directive) Exemple : Viens au cinéma avec moi!

- Interrogative (poser des questions) Exemple: Tu peux venir?

- Exclamative ( expressive) Exemple : Que tu es très gentil!

1.5.2 Actes illocutoires indirects

On peut distinguer les 2 types de réalisations indirectes conventionnelles et non conventionnelles des actes de langage

- On peut utiliser les expansions

Exemple: Peux-tu fermer la porte, s’il te plaît?

Les formulations indirectes conventionnelles admettent les mêmes expansions que les formulations directes, expansions qu’autorisent beaucoup plus difficilement les formulations indirectes non conventionnelles

Il existe un certain nombre de formulations indirectes codées Exemple: Peux- tu fermer la porte?

- Dans l’ensemble des formulations indirectes conventionnelles, certains types d’énoncés ne fonctionnent indirectement qu’en cas de réponse positive ou négative

Exemple: Vous avez l’heure? ( et si oui, distes-la moi)

La conventionnalisation peut affecter une structure abstraite susceptible d’être remplie par un matériel lexical variable : une structure interrogative associée au modalisateur “pouvoir” ou “ vouloir” à la 2è personne de l’indicatif, ou du conditionnel

Exemple: Tu peux/ pourrais fermer la porte?

2 Problèmes théoriques de l’analyse conversationnelle

2.1 Analyse structurale ( analyse en “rangs” ou le modèle hiérarchique de l’analyse conversationnelle de Kerbrat – Orecchioni)

Un des éléments essentiels de ce modèle est la notion de rang Il s’agit de la classification des unités hiérarchisées, incluses les unes dans les autres A l’instar du modèle genevois, Kerbrat–Orecchionie a dégagé cinq unités dans l’organisation des interactions verbales:

Trang 15

Unités dialogales

L’interaction

La séquence L’échange Unités monologales L’intervention

L’acte de langage

Selon ce modèle, les conversations sont constituées, non par d’unités informationnelles mais d’actes de langage Elles se présentent comme une architecture complexe et hiérarchisée dans laquelle les unités sont emboîtées les unes dans les autres selon certaines règles d’organisation Ainsi, les actes de langage se combinent pour former des interventions, les interventions se combinent pour former des échanges, les échanges se combinent pour former des séquences et en dernière instance, des conversations

Ce modèle est non seulement hiérarchique mais il est aussi fonctionnel car chaque unité est dotée des fonctions particulières (illocutoires et interactives)

2.1.1 L’interaction

L’interaction est définie comme unité de rang supérieur Comment peut-on délimiter une interaction? Selon Kerbrat–Orecchioni (1991:216), elle propose une formule en assouplissant ces critères : “ pour qu’on ait affaire à une seule et même interaction, il faut et il sufffit que l’on ait un groupe de participants modifiable mais sans rupture, qui dans un cadre spatio–temporel modifiable mais sans rupture, parlent d’un objet modifiable mais sans rupture”

2.1.2 La séquence

Selon Sinclair et Coulthard (1975 – cités par Vion, 1992:150), la transaction est unité de second rang du système Elle est définie à partir des critères de thématisation d’action Une transaction est une unité de négociation conversationnelle portant sur un seul objet transactionnel

Trang 16

Selon Kerbrat-Orecchioni, (1990:218), “la séquence peut être définie comme un

bloc d’échanges reliés par un fort degré de cohérence sémantique ou pragmatique”

Le terme de séquence comprend alors une unité analogue à “transaction” Ce type d’unité n’est pas envisagé par l’équipe genevoise puisque selon cette équipe, l’unité immédiatement constituante de l’interaction est l’échange

2.1.3 L’échange

L’échange est défini comme “la plus petite unité dialogale” de l’interaction Les constituants de l’échange sont des interventions qui entretiennent entre elles des relations illocutoires En tant qu’unité de base du dialogue, elle est formée au moins de deux interventions, une “initiative” et une “réactive”

Mais il se peut qu’un échange ne comprenne qu’une seule intervention dans le cas

ó la réaction à celle-ci est non-verbale (ou l’inverse), ou bien dans le cas ó il n’y a pas

de réaction du tout, on a alors affaire à un échange “tronqué”

Par ailleurs, il se peut aussi qu’il y en ait trois : l’échange, en plus des deux interventions “initiative” et “réactive”, comporte une intervention “évaluative” Au cas

ó l’échange comporte plus de trois constituants (le cas des offres ou des compliments par exemple) on parle de “cycle” ou “d’échange complexe”, ou encore de “macro-échange”

En ce qui concerne l’organisation séquentielle même des échanges, ils peuvent être “linéaires”, “croisés”, “enchâssés” ou encore “imbriqués”

2.1.4 L’intervention

L’intervention est l’unité monologale émise en principe par un seul locuteur C’est une unité fonctionnelle qui se définit par rapport à l’échange comme la contribution d’un locuteur à un échange particulier Chaque fois qu’il y a changement de locuteur, il y a changement d’intervention En principe, dans un tour de parole, il y a une intervention Cependant, en réalité, dans un tour de parole, il y en a souvent deux

Ex : L1 : - Salut ! Où vas-tu?

L2 : - Salut ! Au cinéma

Dans cetexemple, l’échange de question/réponse est enchâssé dans l’échange de salutation Un même tour de parole comporte alors deux interventions

Trang 17

Le découpage des interventions n’est pas toujours évident, surtout en cas des régulateurs car L2 peut participer à l’échange lancé par L1 par un simple “hm”, un morphème confirmatif, une reprise, une reformulation ou une évaluation…

2.1.5 L’acte de langage

L’intervention est constituée d’actes de langage Il peut y avoir plusieurs actes de langage dont l’un est directeur et les autres subordonnés

Ex: Tu es libre ce week-end? Je voudrais t’inviter chez moi

Dans cet exemple, l’acte d’invitation qui donne la valeur illocutoire à l’intervention est précédé d’un acte subordonné qui sert à préparer l’invitation

L’acte de langage peut être défini comme: “Unité minimale de la grammaire

conversationnelle” (Kerbrat- Orecchioni)

2.2 Analyse relationnelle

2.2.1 La relation “ horizontale”

Les facteurs externes (ou contextuels) de l’interaction tels que l’âge, le sexe, le statut… influencent la relation horizontale

Les marqueurs de la relation horizontale sont :

- Les marqueurs non verbaux et paraverbaux: la distance, les gestes, la posture, l’intensité articulatoire, le timbre de la voix, le débit, la rapidité des enchaînements et l’importance des chevauchements de parole

- Les marqueurs verbaux: les termes d’adresse, les thèmes abordés dans l’interaction, les actes de langages…

2.2.2 La relation “verticale”

Les facteurs internes : les événements se passent dans la conversation qui modifient la relation…Ces facteursinfluencent la relation verticale

Les marqueurs de la relation verticale sont :

- Les marquers non verbaux et paraverbaux : l’apparence physique des participants

et leur tenue vestimentaire, l’organisation de l’espace communicatif, les postures, le jeu des regards, l’intensité vocale, le ton utilisé

Trang 18

- Les marquers verbaux: les formes d’adresse, l’organisation des tours de parole, l’organisation structurale de l’interaction, les actes de langages produits durant l’interaction

3 La politesse

3.1 R Lakoff et le principe de politesse

En s’inspirant du principe de coopération de P Grice, R Lakoff (1973) énonce deux maximes conversationnelles “Soyez claire” et “soyez poli” La dernière comprend trois règles:

- Ne pas imposer

- Donner le choix

- Faire que l’allocutaire soit à l’aise

L’importance pour R Lakoff est d’éviter de déplaire à l’allocutaire, ce qui est même plus important que la clarté du message

3.2 E Goffman et les notions de “face” et de “territoire”

E Goffman s’intéresse aux rapports entre les individus dans le monde social et considère la vie en société comme une scène de théâtre dont il est le spectateur et observe les comportements des acteurs qui sont en “face à face”

Dans “Les rites d’interaction” (1974), Goffman développe cette notion de face au sens de “façade” Selon l’auteur, la face est définie comme “la valeur sociale positive qu’une personne revendique effectivement à travers la ligne d’action que les autres supposent qu’elle a adoptée au cours d’un contact particulier” Chacun, dans sa vie sociale, a une “face négative” et une “face positive” La face négative, c’est le territoire privé ou jardin secret, celle de l’intimité La face positive est celle de l’image que l’on donne de soi à l’autre La communication ne fonctionne que lorsque ces deux faces sont ménagées, c’est-à-dire par une négociation sans cesse renouvelée entre ces deux faces contradictoires et complémentaires

Dans une interaction, le locuteur doit protéger sa propre face tout en assurant que

la face de son interlocuteur ne soit pas en danger Pour préserver et sauver la face des interlocuteurs, Goffman propose alors deux solutions: l’évitement et la réparation

Trang 19

L’auteur développe aussi la notion du “territoire” qui comprend l’espace personnel, la place, l’espace utile, le tour, l’enveloppe, le territoire de la possession, les réserves d’information et les domaines réservés de la conversation

La communication consiste alors momentanément à trouver un équilibre global entre faces négatives et positives, entre terrain d’échanges et territoires privés, en fonction du contexte social

3.3 Le modèle de P Brown et S Levison

P Brown et S Levison développent la théorie de la politesse en s’inspirant de celle de E Goffman Ils ont repris la notion “ face positive” de Grice et utilisé la notion

de “face négative” qui correspond à la notion de “territoire” de E Goffman

La “face positive” est la face qu’on peut garder ou perdre, c’est son amour-propre, son narcissisme, sa ou ses image (s) valorisante (s)

La “face négative” représente le “territoire du moi”: le territoire corporel, matériel, spatial, temporel…

Tout individu possède ces deux faces qui sont constamment menacées par les actes de langage Ces actes menaçants pour les faces sont appelés Face Threatening Acts

- Actes menaçants pour la face positive de celui qui les subit Exemple: la critique, les reproches, l’insulte, les injures…sont menaçants pour le narcissisme de l’allocutaire et peuvent lui faire perdre la face

Trang 20

3.4 C Kerbrat–Orecchioni et le nouveau modèle de politesse

On peut constater que les conceptions de Goffman, de Brown et Levinson sont assez pessimistes avec les stratégies d’évitement ou de réparation ou les risques de menace de presque tous les actes de langage Kerbrat–Orecchioni voit la politesse dans une orientation plus “ouverte”.Elle défini la politesse comme “un moyen de concilier le désir mutuel de préservation des faces”.D’après elle, à côté des actes menaçants, certains actes de langage possèdent des aspects qui valorisent telle ou telle face des interlocuteurs Elle propose alors un aménagement du modèle de P Brown et de S Levinson en introduisant des notions “anti-FTAs” puis “ FFAs” ( Face Flattering Acts) Ce sont des actes susceptibles d’avoir sur les faces des effets positifs, comme le compliment, le voeu

ou le remerciement… Ainsi, existe-il trois types d’actes de langage: des FTAs, des FFAs

et des actes mixtes qui ont à la fois FTAs et FFAs

Il exsiste alors deux types de politesse :

- Politesse négative: il s’agit d’éviter de produire des FTAs ou de les adoucir ou de les litotiser

- Politesse positive : elle consiste à produire des FFAs et les renforcer ou les hyperboliser

Dans cette perspective, la politesse désigne tous les aspects du discours:

- qui sont régis par des règles

- qui interviennent au niveau de la relation

- qui ont pour fonction de préserver le caractère harmonieux de cette relation

La politesse qui permet une harmonisation dans les relations interpersonnelles occupe une place importante dans les interactions

Nous allons étudier dans la deuxième partie la politesse dans les acte d’invitation

en nous basant essentiellement sur la théorie de Kerbrat- Orecchioni

Jusqu’à maintenant, nous avons présenté des notions élémentaires sur la théorie de l’analyse conversationnelle Toutes ces notions de base nous serviront dans l’analyse de l’acte d’invitation que nous développerons dans les parties suivantes

Trang 21

Chapitre II L’acte d’invitation

1 Problème de définition

Qu’est-ce qu’une invitation, autrement dit quels sont les types d’énoncés qu’on a tendance à catégoriser comme des invitations ? Pour répondre à cette question, nous allons analyser diverses définitions concernant l’invitation dans quelques dictionnaires, dans le Niveau Seuil et dans certains recueils de pragmatiques

- Définition de l’invitation dans divers dictionnaires

Selon Larousse (1993), “Inviter.v.t.(lat.invitare) 1 Prier (qqn) de venir en un lieu,

d’assister, de participer à quelque chose Inviter qqn à dîner 2 Absolt Payer le repas, la consommation, etc Bois, c’est Paul qui invite!

Larousse a ainsi précisé la nature (prier quelqu’un de faire quelque chose) et l’objet (venir en un lieu, de participer ou assister à quelque chose) de l’acte d’invitation

Il a également abordé le devoir de payer de l’inviteur

D’après Lexis (1983), “Inviter” {vite} v.t ( lat.invitare :1356) 1.3 ( sujet non de

pers) Inviter quelqu’un, lui demander par courtoisie, par politesse, etc de faire telle ou

telle chose, de venir à un lieu, d’assister à telle ou telle cérémonie : Barner invita

Suzanne à danser …{ syn.CONVIER}…Invité, e.n personne que l’on a priée de venir

assister à un repas, à une cérémonie, …Vous êtes mon invité, laissez-moi payer les

consommations…”

Le Lexis a presque la même définition que Larousse (1993) mais il a précisé la manière d’inviter: par courtoisie, par politesse… A travers l’exemple donné au terme

invité, le Lexis détermine aussi celui qui paie une consommation, c’est l’inviteur

La Grande Larousse partage ces définitions en affirmant qu’il s’agit de “prier de

venir en un lieu et d’assister, de prendre part à quelque chose : inviter quelqu’un à dîner,

à un bal, à une cérémonie…” Elle a également présenté des synonymes tels que convier,

prier…

Trang 22

Le Niveau Seuil (1973:100) classe l’invitation dans la catégorie des actes d’ordre, parmi les actes de proposer à autrui de faire quelque chose ensemble:

Inviter : + Je vous invite à dîner (au restaurant)

à venir dîner (à la maison)

Il faut que vous dîniez à la maison

nous dînions ensemble

Allez, on va dîner au restaurant Je vous invite

Laissez-moi vous inviter

Vous êtes mon invité

Si tu es libre, je t’invite

Tu es libre ce soir?

Qu’est–ce que tu fais, ce soir?

+ (Allez) viens chez moi, on fera une petite fête

Tu viens (travailler) avec moi?

Tu ne fais rien ce soir?

Tu n’as rien à faire?

Viens dons voir mon nouveau vélo

(si tu veux), je t’invite à regarder le film chez moi

“Inviter” consiste alors, selon le Niveau Seuil, à proposer à quelqu’un de faire quelque chose avec soi Il appartient, avec les actes proposer ou suggérer, aux actes d’ordre Un trait cependant distingue l’acte d’invitation de ces deux actes consiste en ce que l’invitation est réalisée en faveur du récepteur Une invitation comporte une certaine sympathie du locuteur et une sorte de cadeau pour l’invité De plus, une proposition est une suggestion qu’on peut accepter ou non mais qu’on peut modifier, proposer de modifier alors qu’il est généralement impossible de changer la date ou le lieu de l’invitation Le Niveau Seuil a bien montré la nature de l’acte d’invitation Il a également revelé des moyens linguistiques pour réaliser une invitation

Trang 23

- Définition de l’invitation par des linguistes

Selon Conein (1986), par ce terme, on peut regrouper toutes les propositions de faire en incluant les sollicitations et les suggestions, les invitations et les requêtes indirectes qui verbalement réclament l’assentiment du destinataire

Selon la classification des actes illocutoires de Searle, l’invitation appartient aux actes “directifs” La détermination de la nature de l’acte est importante parce que tout acte illocutoire appartient à une classe en tant que sous type partageant toutes les propriétés définitoires du type en question De plus, si un acte illocutoire appartient à une classe, il est influencé par les conditions d’emploi spécifiques à cet acte

Selon Kerbrat–Orecchioni, l’acte d’invitation accomplit à la fois un acte directif (qui appelle une réaction de type acceptation/refus) et une sorte de cadeau (qui appelle un remerciement)

- Tentative de définition de l’acte d’invitation

A travers les différentes définitions dans des dictionnaires, les définitions de l’invitation par certains linguistes que nous venons de citer, nous pouvons conclure que l’invitation est une sorte d’acte de requête qui consiste à prier quelqu’un de venir en un lieu, d’assister ou de participer à une cérémonie, qui implique un échange sociale requérant au moins deux participants et un certain type d’énoncés dits “répliques” Cette activité est fortement conditionnée par la politesse et donc par l’ensemble de règles conversationnelles et sociales.L’invitation est un acte directif par lequel le locuteur demande à l’interlocuteur d’accomplir une action qui est au bénéfice de l’interlocuteur

En tant que l'acte directif, l’acte d'invitation appelle une réaction de type acceptation/refus etil constitue également une sorte de cadeau qui appelle un remerciement

2 Propriétés de l’acte d’invitation

2.1 Les participants

L’invitation est un acte très usuel dans la vie quotidienne Tout le monde peut s’inviter les uns les autres Durant la vie, on a plus d’une fois invité quelqu’un et on est également plus d’une fois invité à une occasion quelconque La relation entre les

Trang 24

participants à l’invitation est très complexe Cette relation peut être familière ou distante, égalitaire ou hiérarchique

Dans la relation horizontale, les formules d’invitation et les interventions sont plus simples pour les relations familières En relation plus distante, l’invitation paraît plus formelle en suivant strictement des règles sociales et linguistiques

En ce qui concerne la relation verticale, il y a aussi deux types : relation de type égalitaire et relation de type hiérarchique Le premier type se réalise entre amis, entre les membres de la famille, entre les collègues…Le seconde type se base sur la hiérarchie sociale L’invitation peut aller du supérieur à l’inférieur ou à sens inverse C’est le cas des invitations entre un employé et son patron, entre les jeunes et les personnes âgées…

Cependant, quelle que soit la relation, l’invitation sert à renforcer cette relation car

le locuteur veut toujours adresser à son interlocuteur une certaine sympathie et fait de l’invitation un moyen de raccourcir la distance

2.2 L’objet de l’invitation

Comme on a dit dans la définition, l’invitation consiste à inviter quelqu’un à venir

à tel ou tel lieu, à assister à telle ou telle cérémonie On peut ainsi inviter une personne chez soi, au cinéma, au restaurant, à son anniversaire, à un mariage, à une exposition, à une fête, à passer des vacances… Les formules d’invitation dépendent de la relation entre les partenaires et beaucoup d’autres facteurs On peut pourtant classer des objets d’invitation selon les groupes plus ou moins formels :

Un dîner

Un anniversaire

Une fête entre amis

À passer des vacances chez des amis

À aller au cinéma/à un spectacle

À faire des achats

Un mariage

Un baptême

À une remise de diplôme

À la soutenance de thèse

À la crémaillère d’une nouvelle maison

À l’inauguration d’un nouvel établissement

Trang 25

Plus formellement, on invite à assister à une cérémonie importante comme à la cérémonie d’inauguration d’une agence ou à une réception… L’objet de l’invitation est alors multiple

2.3 Canal

Puisque la relation et l’objet de l’invitation sont variés, la manière d’invitation est aussi très diverse En général, on peut inviter une personne en contact direct avec elle Entre amis, on peut téléphoner ou écrire une lettre amicale Dans les relations à distance

et inégalitaires, il est nécessaire d’aller voir directement la personne ou écrire des cartes d’invitation ou des lettres administratives

3 Conditions de réussite d’un acte d’invitation

Comme les autres actes directifs, l’acte d’invitation est accompagné de certaines conditions de réussite:

- Condition du contenu propositionnel est l’acte futur (C) de l’interlocuteur (L2)

- Les conditions préliminaires montrent que le locuteur (L1) veut exercer une certaine “autorité” sur l’auditeur Il y a deux possibilités : soit L2 est en mesure d’effectuer l’action C et L1 pense que L2 va le faire, soit ni L1 ni L2 n’est certain que L2 serait conduit de toute façon à effectuer l’acte lui-même

- La condition de sincérité pose que le locuteur désire que soit accompli l’acte qu’il propose

- La condition essentielle porte sur le fait que le locuteur a l’intention d’amener l’auditeur à exécuter l’acte en question

4 L’acte d’invitation et la politesse

4.1 L’acte d’invitation

En réalisant un acte d’invitation, il faut que le locuteur choisisse un moyen d’expression qui peut être direct ou indirect Ce choix est en fonction de la situation et de

la culture des interlocuteurs

Certains linguistes considèrent que l’acte d’invitation est d’autant plus poli qu’on s’exprime plus directement Ainsi, “Viens prendre un verre” vaut mieux que “ Veux- tu venir prendre un verre?”

Trang 26

D’autres pensent que les réalisations sont presque toujours indirectes

En fait, dans la plupart des cas des échanges d’invitation en français, les réalisations indirectes sont privilégiées, les FTAs sont généralement tendance à être minimisés dans leurs verbalisations, les anti-FTAs se prêtent au contraire volontiers à la formulation intensive

Exemple: Passez donc nous voir bientôt, ça nous fera tellement plaisir

Et selon qu’on focalise les composantes menaçantes ou anti-menaçantes, l’invitation sera: - adoucie: Voulez-vous réserver un peu de temps pour venir chez moi demain?

Ou: Viens prendre un verre

- ou renforcée: Il faut que nous allions déjeuner ensemble

4.2 La politesse

L’invitation est un échange social entre deux participants Le but du locuteur est

de faire accepter l’invitation à son interlocuteur Il doit alors montrer sa volonté, sa sincérité dans le choix des moyens langagiers, des gestes et d’un ton convenable…pour convaincre son invité L’interlocuteur, quant à lui, se base non seulement sur le contenu

de l’invitation mais surtout de sa relation avec le locuteur, de son attitude… pour prendre décision C’est pourquoi dans beaucoup de cas, ce sont les relations interpersonnelles qui l’emportent sur l’objet de l’invitation et décident la réussite d’un acte d’invitation

De plus, comme les autres actes de langage, l’invitation peut se réaliser de différentes façon: directes ou indirectes La conceptualisation de l’acte d’invitation, notamment de l’acte indirect, dépend des procédures actives/interprétatives La coopération des participants est alors très importante

L’invitation est un acte très délicat C’est un acte menaçant (FTA) pour la face négative du locuteur mais il valorise également sa face positive Par l’acte d’invitation,

on propose d’une part à effectuer et s’engage à effectuer un acte susceptible de venir léser son propre territoire ( territoire de matériel, spatial et temporel…) On montre d’autre part, à travers l’invitation, sa générosité et sa gentillesse L’invitation est dans ce cas anti-menaçante pour sa face positive Cependant, le locuteur se met en même temps devant un grand risque qui dépend de la réaction de l’invité

Trang 27

Pour l’allocutaire, l’invitation constitue un FTA mais aussi secondairement un anti–FTA pour sa face négative C’est un FTA car elle crée une “dette”, une contrainte pour l’invité, celui-ci risque de se sentir “obligé” de faire une contre partie ou perdre du temps à autrui En même temps, en tant qu’une sorte de “cadeau”, l’invitation favorise le territoire de l’invité, elles est donc considérée comme un anti-FTA C’est de même pour

la face positive: l’invité peut se sentir “flatté”, content de recevoir la sympathie de l’autre Cependant, il se trouve aussi dans une situation difficile: il risque aussi de perdre

la face s’il refuse l’invitation

Trang 28

La deuxième partie: Analyse des corpus

Dans cette partie, nous allons étudier les actes d’invitation en français puis en vietnamien Dans chaque chapitre, nous allons dresser d’abord le classement des énoncés réalisant l’acte d’invitation Puis, nous essayons de découvrir la structure d’une intervention contenant l’acte d’invitation Enfin, nous allons étudier l’échange autour de l’invitation.Après tout ce travail, nous essayons de trouver quelques éléments culturels qui peuvent avoir des influences sur les actes d’invitation en vietnamien

Chapitre I L’acte d’invitation en français

1 Classement des énoncés réalisant l’acte d’invitation

Il existe au moins deux classements possibles des énoncés réalisant l’acte d’invitation: classement syntaxique et classement selon le degré de direction / indirection Nous allons développer ces deux types de classification et les illustrer par des exemples

1.1 Classification syntaxique

Comme nous avons dit dans la partie précédente: Searle distingue 5 catégories générales d’actes illocutoires, dont les “directifs”,etl’acte d’invitation fait partie des actes directifs

Les formes syntaxiques à travers lesquelles les invitations peuvent être formulées sont:

Trang 29

1.2 Classification selon le niveau de direction

On considère comme “directs” les actes d’invitation qui expriment directement et

littéralement leur force illocutoire (exemple: “Je voudrais t’inviter au restaurant ce

soir.”) et comme “indirects” ceux qui seront accomplis grâce à des conventions sociales

ou qui portent sur une autre personne ou sur un objet quelconque (exemple: “Veux-tu

aller au restaurant aujourd’hui? Il fait beau.”)

- La forme de la phrase: qui marque l’acte correspondant, sans le dénommer explicitement La forme de la phrase est polysémique Pour l’acte d’invitation, la forme

de la phrase n’est pas pertinente Il faut donc recourir à des expressions performatives

On emploie dans cette catégorie des performatifs.Les énoncés performatifs ont une intention d’invitation explicite.Ils contiennent un verbe performatif à la première personne ou des formes apparentées

Exemple: Je t’invite au dỵner ce soir

Tu es mon invité ce soir

Cependant, en réalité, ce cas est très rare, voire exclu

- Soit le verbe “inviter” n’apparaỵt que dans des situations importantes,

solennelles ó les règles de comportement sont bien appréciées, ó les participants gardent encore distance

- Soit le verbe est placé à la fin d’un échange Dans le dernier cas, il ne sert pas à accomplir une invitation mais à rendre explicite une inférence que l’interlocuteur n’a pas comprise comme l’attendait le locuteur ou pour insister sur le fait

Exemple: On va tous les trois au restaurant Je vous invite

Trang 30

Dans ce cas, les performatifs sont adoucis par les verbes “vouloir”, “aimer”,

“pouvoir” utilisés au conditionnel présent ou à l’imparfait

Exemple: J’aimerais t’inviter au restaurant aujourd’hui

Je pourrais t’inviter au cinéma ce soir?

En plus, le verbe “inviter” est utilisé pour résoudre un problème délicat En effet,

en France et dans beaucoup de pays, lorsqu’on fait quelque chose ensemble, on a l’habitude de partager le paiement Par contre, au cas d’invitation, c’est à celui qui invite

de payer

Exemple On va prendre un verre? (une suggestion)

Je t’invite à prendre un verre (une invitation)

On va prendre un verre? Tu es mon invité (une invitation) Laisse-moi t’inviter.(une invitation)

Les deux derniers énoncés peuvent s’employer à la fin de l’échange pour déterminer la personne qui paie

On distingue ici deux types d’indirectivité: invitation indirecte conventionnelle et invitation indirecte non-conventionnelle

a) invitation indirecte conventionnelle:

Les actes indirects conventionnels se fondent essentiellement sur les conditions de réussite de l’acte On peut citer plusieurs catégories:

a Désir/Volonté du locuteur que l’interlocuteur accomplisse l’acte:

Exemple: J’aimerais que tu viennes à mon anniversaire

Trang 31

Dans ce cas, les intérêts du locuteur sont mis avant ceux de l’interlocuteur Cette formule est souvent utilisée dans les relations intimes ou dans les relations hiérarchiques

au sens supérieur-inférieur

b Hyperbolisation par une nécessité:

Exemple: Il faut que nous déjeunions ensemble

c Impératif:

Exemple: Viens dîner ce soir!

Les constructions impératives peuvent contenir des adoucisseurs comme “s’il te plaît, si tu es libre”, etc Pourtant, elles sont rarement utilisées dans les actes d’invitation

en français parce qu’elles sont plutôt du côté d’ordre et qu’elles ne montrent pas la volonté - condition de sincérité du locuteur

d Accomplissement futur ou conditionnel de l’acte par l’interlocuteur:

Exemple: Tu irais au cinéma avec moi?

e La capacité de l’interlocuteur à accomplir l’acte:

Exemple: Je vais partir la semaine prochaine pour Paris Peux–tu venir

avec moi?

f Consentement de l’interlocuteur pour accomplir l’acte:

Exemple: Je te demande si tu veux aller au cinéma avec moi

Il est à remarquer que ces formules sont fréquemment employées sous forme de l’interrogation accompagnée des verbes “ vouloir” ou “ avoir envie”… Elles sont aussi utilisées à la forme négative

Exemple: Tu ne veux pas sortir avec moi? Je vais te montrer des endroits à

la mode

g Motivations d’accomplir l’acte:

Exemple: Ça te dirait d’aller voir un film?

Le locuteur veut orienter l’interlocuteur vers l’intérêt de l’accomplissement de l’acte

h Suggestion:

Trang 32

Exemple: Si on allait au cinéma!

i Combinaison de modalités précédentes et de directifs explicites:

Exemple: Si tu es libre, j’ai une activité Nous allons au cinéma ce soir

b) invitation indirecte non-conventionnelle:

Ce sont les stratégies qui recourent à un énoncé allusif qui porte sur une personne, sur un objet ou sur les conditions de réussite

Exemple 1: Tu es libre ce soir?

Qu’est –ce que tu fais ce soir?

Exemple 2: Demain, ma mère vient et elle aimerait bien te voir

Exemple 3: Il fait beau

Dans le premier exemple, L1 questionne L2 sur la condition de production, précisément sur la capacité de L2 de réaliser sa demande Dans le deuxième exemple, L1 invoque la volonté de sa mère de voir L2 pour renforcer la force illocutoire Ce procédé est appliqué au cas ó il existe entre L1 et L2 une relation étroite: la mère de L1 connaỵt déjà L2 ou L2 est le (la) fiancé (e) de L1 L’invitation dans l’exemple 3 se fonde sur un lien commun: quand il fait beau, on sort

L’emploi des non – conventionnels demande chez l’interlocuteur un processus de décodage et d’interprétation du sens implicite de l’énoncé Cette opération dépend aussi

de la situation de communication.Ces formules sont parfois très floues Il peut y avoir trois situations suivantes :

a L’invité comprend la valeur illocutoire de l’énoncé et il a une réaction positive

ou négative

Exemple: L1: - Que fais-tu demain?

L2:-Rien de spécial On va au cinéma?

b L’invité ne comprend pas l’objectif du locuteur:

Exemple: L1:- Tu es libre demain?

L2:- Oui Pourquoi?

Trang 33

c L’invité comprend bien mais il fait semblant de ne pas comprendre Il demande une invitation explicite:

Exemple : L1: - Que fais-tu demain?

L2: - Demain? Pas de spécial.Mais pourquoi?

Apparemment, les enchaînements dans les deuxième et troisième situations sont les mêmes, il serait alors très difficile de les distinguer L2 demande que le locuteur explicite son objectif Cependant, dans beaucoup de cas, le locuteur constate l’attitude de l’interlocuteur à travers sa réaction pour décider de continuer ou non l’invitation afin de protéger sa face Cette réalisation non-conventionnelle correspond à l’intervention préliminaire

Bref, on remarque que le choix des moyens d’expression de l’acte d’invitation est multiple et que les locuteurs français accordent une préférence à des formules indirectes conventionnelles En utilisant ces procédés, le locuteur se base sur la conventionalité pour transmettre la valeur pragmatique de l’énoncé et pour convaincre l’interlocuteur

Quelques remarques sur les invitations à l’écrit

Dans la vie quotidienne, l’acte d’invitation se réalisent souvent à l’oral, sous forme de dialogue en face à face ou par téléphone Maintenant que les technologies de l’informatique ont d’énorme progrès, les courriers électroniques deviennent un moyen de communication efficace et usuel Pourtant, pour les cérémonies importantes ou officielles, les lettres et les cartes d’invitation sont toujours des moyens privilégiés, voire obligatoires Les invitations peuvent ainsi être faites de plusieurs façons: à l’oral, à l’écrit (par lettre amicale, par lettre administrative, par courrier électronique ou par carte…)

Les Français ont l’habitude d’écrire un petit mot entre amis ou entre ceux qui se connaissent bien, une lettre administrative ou des cartes d’invitation pour des événements importants

1) Invitation sous forme de lettres brèves

Dans ces lettres, comme l’expéditeur et le destinataire se connaissent bien, on utilise le langage familier On peut trouver alors presque tous les moyens d’expression de l’acte d’invitation à l’oral

a) Invitation directe

Trang 34

- avec des verbes performatifs:

Exemple: Je t’invite pour les vacances de Noël

Comme à l’oral, les verbes performatifs servent à insister sur l’acte d’invitation C’est pourquoi ils peuvent apparaỵtre dans la deuxième réalisation de l’acte d’invitation, sous forme de verbes ou de ses dérivés

Exemple: Je crois que tu vas aussi avoir quelques jours de vacances Non? Viens donc les passer ici Cette fois, tu ne peux pas refuser mon invitation

b) Invitation indirecte

* Actes indirects conventionnels:

- Impératif:

Exemple: Viens prendre un pot dans notre nouvel appartement

- Désir, volonté du locuteur que le destinataire réalise l’acte:

Exemple: J’aimerais fêter cet événement avec vous

- La certitude du locuteur que le destinataire accomplisse l’acte:

Exemple: Nous comptons bien que vous nous ferez le grand plaisir de venir

déjeuner avec nous

- Accomplissement futur de l’acte par le destinataire:

Exemple: Je vais au cinéma dimanche matin Vous venez?

- La capacité du destinataire à accomplir l’acte:

Exemple: Tu peux venir dỵner avec nous?

- Consentement du destinataire pour accomplir l’acte:

Exemple: Voulez-vous nous faire plaisir de venir déjeuner à la maison, samedi

prochain?

- Motivations d’accomplir l’acte:

Exemple: Que pensez-vous d’une randonnée de cinq ou six jours à Sa Pa?

- Combinaison de formalités précédentes et de directifs explicites:

Trang 35

Exemple: Je vais boire une bièrre ce soir au café en bas Si tu es libre, viens avec

moi

*Actes indirects non-conventionnels

Exemple: Je vous attends chez moi

Pour les relations plus ou moins éloignées, les actes d’invitation se font dans un niveau de langue plus soutenu La plupart des actes d’invitation sont sous forme de l’interrogation à l’inversion C’est une formule typique de l’écrit

2) Invitation sous forme de lettres officielles

Exemple : La soirée de Gala aura lieu à Hanoi le 20 Mars de 18h30 à l’Ambassade de France Monsieur Spinette serait heureux de vous rencontrer à cette occasion et a le plaisir de vous inviter à cette soirée

L’invitation est faite toujours de façon directe et accompagnée des expressions de politesse très soignées

3) Invitation sous forme d’une carte d’invitation

Les Français ont aussi l’habitude de rédiger des cartes d’invitation, dans l’administration ainsi que dans les relations personnelles Dans les cartes d’invitation, l’acte d’invitation peut être formulé de façon directe ou indirecte mais toujours dans un niveau de langue très soutenu

a) Invitation directe

Les verbes performatifs “ inviter”, “prier” sont souvent présents et sont précédés des formules de politesse “ avoir le plaisir de….”; “avoir l’honneur de…”;

Exemple:

A l’occasion de la Journée nationnale d’hommage aux Harkis

Et aux autres membres des formations supplétives

Monsieur Dominique de Villepin

Premier Ministre

Trang 36

Vous prie de bien vouloir assister à la cérémonie qui aura lieu

Le dimanche 25 septembre 2005 à 15h 45 Cour d’Honneur de l’Hôtel National des Invalides

Heure limite d’arrivée: 15h15

b) Invitation indirecte conventionnelle

- sous forme des phrases elliptiques

Dans ce type d’invitation, il n’existe aucun verbe performatif, aucun marqueur de ceux qui recevront la carte L’inviteur, à la troisième personne, présente seulement le programme de la cérémonie

A travers ces classements des énoncés réalisant l’acte d’invitation, nous sommes arrivés à conclure que les invitations sont toujours exprimés avec un grand enthousiasme, avec des formules très soignées Il est aussi à noter que dans la plupart des lettres d’invitation, l’inviteur sollicite une réponse, ce qui oblige l’invité à être très précis dans

la réponse

2 Structure d’un échange contenant l’acte d’invitation

Un acte d’invitation est considéré comme des unités minimales d’analyse de l’interaction Un trait, cependant, distingue les invitations, c’est le caractère complexe de

la forme de l’échange Il est alors difficile d’extraire des échanges d’invitation dans une

Trang 37

conversation L’entreprise de découpage d’une conversation en échanges est d’autant plus difficile qu’il y ait toujours une dépendance relative d’un échange à un autre

La délimitation de l’échange semble facile lorsque l’échange n’est constitué que

de deux ou trois interventions Il suffit de déterminer l’intervention initiale qui est l’acte d’invitation, l’intervention réactive (acceptation ou refus) et l’intervention évaluative En réalité, un échange d’invitation comprend plus de trois interventions car une intervention initiale peut déclencher plusieurs répliques Alors, l’indentification de l’énoncé qui ouvre

et celui qui clôt un échange d’invitation n’est pas toujours évidente

Le premier problème consiste à déterminer l’intervention initiale.L’intervention n’est pas toujours consituée d’acte d’invitation

Exemple : (Champion 1.page 45)

1 L1 :- Salut Jeans!

2 L2 : - Salut!

3 L1 : - Tu fais quoi ce soir?

4 L2 : - Rien de spécial Pourquoi?

5 L1 : - Une séance de cinéma, ça te tente?

6 L2 : - Bien sûr, je viens

L’acte d’invitation (5.L1) est suivi d’une acceptation (6.L2) Ce couple Question/Réponse peut bien former un échange d’invitation proprement dit Cependant, l’acte d’invitation constitue également une réponse à la questions de 4.L2 (Pourquoi?) Celle-ci est aussi directement liée à 3.L1 dans le but de chercher la raison de l’interrogation 3.L1 Il existe alors entre (3.L1, 4.L2) et 5.L1 une relation de dépendance :

le couple (3.L1, 4.L2) sert de condition pour réaliser 5L1 et 5.L1, à son tour permet de révéler la raison de la présence de (3.L1, 4.L2) Les interventions sont de cette manière étroitement liées l’une à l’autre.Le couple (3.L1, 4.L2) peut être converti en une intervention initiale En ce sens, cet échange sera un échange étendu et qui ne commence pas par l’acte d’invitation mais par la question préliminaire

Trang 38

Un échange d’invitation peut se trouver autonome dans une interaction verbale Mais quelquefois, l’intervention initiative ou réactive de l’échange peut se trouver insérée dans un tour de parole qui comporte des interventions des échanges précédentes

Exemple : (Nouvel Espace 1, page 87)

1.L1: - Tu ne veux pas sortir avec moi aujourd’hui? Je veux te

montrer des endroits à la mode Mais d’abord, tu t’achètes des vêtements corrects?

2.L2:- Tu crois?

3.L1: - Oh oui! Et on va aux Halles les acheter Comme ça, ce soir,

on peut aller aux “bains”

4.L2: - Aux “bains” Tu veux passer la soirée à la piscine?

5.L1: - Mais non, les “ Bains”, c’est une boîte, idiot! J’adore

danser

6.L2: - Tu sais, moi, je n’aime pas beaucoup les boîtes

7.L1: - Celle-là, c’est différent, on s’amuse

8.L2: - Bon, si tu veux Mais d’abord, je veux passer à la poste J’ai

un paquet à envoyer et ça ferme à midi

1.L1 est constitué de trois interventions : les deux premières ouvrent le thème d’invitation de l’échange, la troisième est une requête 2.L2 et la première intervention de 3.L1 s’enchaînent sur l’ate de requête L’échange d’invitation interrompu est reprise et spécifié par la deuxième intervention de 3.L1 L’échange de requête est ainsi embrassé dans l’échange d’invitation.Ces deux échanges sont apparemment indépendants l’un de l’autre.Cependant, par la conjonction “comme ça”, on peut déduire que l’échange de requête constitue une condition de l’échange d’invitation

L’intervention finale pose également des problèmes L’intervention “Bon, si tu veux” peut très bien clore le thème de l’échange car il s’agit d’un acte d’acceptation du locuteur Les deux interventions suivantes ouvriraient un nouvel échange Elles peuvent aussi être considérées comme une condition de l’acceptation de l’interlocuteur De cette manière, elles doivent être prises comme une composante de l’intervention finale

Trang 39

Bref, un échange d’invitation pose toujours des difficultés à tous ceux qui tentent

de le délimiter C’est cette complexité qui est une caractéristique de l’échange d’invitation Cette complexité est due à la diversité des composantes de l’échange et de la différenciation dans la réalisation des interventions Cette différenciation est d’autant plus nette que chaque peuple a des propres moyens d’expression de l’acte de langage

2.1 Intervention initiative: C’est l’acte d’invitation dont nous avons étudié les

formulations dans la partie I

2.2 Intervention réactive: acceptation/refus

L’invitation comporte en même temps deux composantes: “acte directif” et une sorte de “cadeau” sur lesquelles L2 a un libre choix d’enchaîner De plus, comme tous les autres actes de langage, l’invitation peut donner lieu à au moins deux types de réaction: réaction positive et réaction négative La réaction à l’invitation est problématique puisqu’une réaction positive est menaçante pour la face négative de l’inviteur tandis qu’une réaction négative est menaçante pour sa face positive Il sera indispensable de savoir comment répondre et enchaîner dans chaque situation et de déterminer les facteurs qui influencent sur ces réactions

2.2.1 Réactions positives

2.2.1.1 Enchaînements préférés- Acceptation

La structuration d’une conversation dépend d’un principe d’organisation préférentielle qui influence sur la sélection de l’unité de discours qui succède à une unité donnée Selon ce principe, l’enchaînement préféré d’une requête est son acceptation plutôt que son refus, la suite préférée d’une affirmation est un accord plutôt qu’un désaccord

D’une manière générale, les enchaînements préférés correspondent aux enchaînements polis (assertion accord, requête  acceptation, mais aussi autocritique désaccord, complimentrejet au moins partiel…)

La formulation des enchaînements préférés est en principe plus simple, plus directe et il emprunte volontiers les procédés de l’hyperbole, lequel s’exprime souvent superlative

Trang 40

Exemple: - Les plats sont très bons!

- Oui, délicieux!

De même, dans les échanges d’invitation, la réaction positive (acceptation) est utilisée de préférance par rapport à la réaction négative (refus) Certes, il y a des invitations purement formelles, autrement dit, ces invitations sont réalisées sans la volonté sincère du locuteur Cependant, ces cas sont rares Dans la plupart des cas, le locuteur met dans son énoncé une certaine sympathie et vonlonté Accepter une invitation signifie alors l’acceptation de ces sentiments et de cette façon, l’interlocuteur peut renforcer la relation avec le locuteur

- les performatifs+le sentiment

J’accepte avec joie

avec un grand plaisir

Je suis très heureux

enchanté content

Ngày đăng: 16/03/2021, 09:33

TỪ KHÓA LIÊN QUAN

TÀI LIỆU CÙNG NGƯỜI DÙNG

TÀI LIỆU LIÊN QUAN

🧩 Sản phẩm bạn có thể quan tâm

w