Cette recherche vise à vérifier les différences comportementales affectant la pratique de langue française des étudiants en quatrième année et puis trouver les solutions pour une meilleu
Trang 1ÉCOLE SUPÉRIEURE DE LANGUES ET D’ÉTUDES
INTERNATIONALES UNIVERSITÉ NATIONALE DE HANOI Département de français
MÉMOIRE DE FIN D’ÉTUDES
Trang 2TRƯỜNG ĐẠI HỌC NGOẠI NGỮ
ĐẠI HỌC QUỐC GIA HÀ NỘI Khoa ngôn ngữ và văn hóa Pháp
KHÓA LUẬN TỐT NGHIỆP
Giao tiếp liên văn hóa
Khác biệt trong văn hóa ứng xử ảnh hưởng đến việc
thực hành tiếng Pháp của sinh viên năm tư
khoa Ngôn ngữ và văn hóa Pháp
Sinh viên thực hiện: Nghiêm Thị Vân Anh- QH2013.F1.F6BP
Giáo viên hướng dẫn: Đặng Kim Hoa
Hà Nội, 2017
Trang 3ATTESTATION SUR L’HONNEUR
J’atteste sur l’honneur que ce projet de recherche a été réalisé par moi-même
et que les résultats qui y sont présentés sont exacts et n’ont pas jamais été publiés ailleurs
Nghiêm Thị Vân Anh
Trang 4REMERCIEMENT
Je tiens à adresser mes sincères remerciements aux personnes qui m'ont aidée dans la réalisation de ce mémoire
En premier lieu, je remercie Mme Đặng Kim Hoa pour ses soutiens
et ses encouragements sans lesquels je n’arrive pas à accomplir cette recherche
Tous mes remerciements infinitifs vont également à mes camarades, étudiants en quatrième année du Département de français qui sont nombreux à répondre à mon questionnaire de recherche
Trang 5RÉSUMÉ
Après un long parcours d’apprentissage du français, les étudiants en quatrième année du Département de français ont du mal à communiquer avec les Français En prétendant que ces difficultés soient expliquées par les différences de la culture française et vietnamienne Cette recherche vise à vérifier les différences
comportementales affectant la pratique de langue française des étudiants en quatrième année et puis trouver les solutions pour une meilleure communication interculturelle
Les étudiants en quatrième année sont dotés par le collectivisme, l’indirect dans la conversation et la dissimulation de sentiments personnels Ces habitudes qui sont considérablement différentes à celles des Français causent des malentendus, des conflits dans la communication entre les deux parties Afin de remédier à ce problème, il faut avoir donc une meilleure connaissance de soi-même, une ouverture aux altérités et une tolérance- empathie
Trang 6TABLE DE MATIÈRE
INTRODUCTION 1
I Raison du choix 1
II Question de recherche 1
III Hypothèse de recherche 2
IV Méthodologie de recherche 2
V Structure du mémoire 3
Chapitre 1: CADRE THÉORIQUE 4
I D initi n la Cultur 4
1 Culture, c’est la transformation humaine de la nature 4
2 Culture, c’est un patrimoine matériel et immatériel d’un pays 4
3 Culture, c’est un ensemble des systèmes symboliques 5
4 Culture, c’est l’écho du passé 6
5 Culture, c’est un ensemble de règles comportementales 6
II Importance de la culture dans la communication 8
1 Relation entre l’homme, la culture et la langue 8
2 Maîtrise de la culture - clé de communication interculturelle 8
III Différences culturelles dans le comportement de communication 10
1 Valeurs culturelles de G.Hostède 10
1.1 Individualisme ou Collectivisme (IDV) 10
1.2 Distance hiérarchique forte ou faible (PDI) 10
1.3 Contrôle de l’incertitude fort ou faible (UAI) 10
1.4 Masculinité ou Féminité (MAS) 11
Trang 72 Style de communication 11
2.1 Linéaire ou Circulaire 11
2.2 Direct ou indirect 12
2.3 Exprimer ou cacher les émotions personnelles 12
2.4 Concret ou Abstrait 12
Chapitre 2: PRÉSENTATION DU CORPUS ET ANALYSES DES RÉSULTATS 14
I Présentation du public 14
1 Présentation générale 14
2 Niveau de langue 14
3 Niveau de connaissances culturelles 15
II Méthodes de collecte des données 16
1 Questionnaire 16
2 Échantillon 17
III Analys s s r sultats l’ nquêt 17
1 Questions pour déterminer les difficultés des étudiants en communication interculturelles 17
2 Questions pour tester le collectivisme chez les étudiants 19
3 Questions pour tester le style de parler direct ou indirect 21
4 Questions sur l’expression des sentiments personnels 24
Chapitre 3: IMPACTS DES DIFFÉRENCES ET PROPOSITIONS POUR UNE MEILLEURE COMMUNICATION INTERCULTURELLE 28
I Impacts de différences culturelles sur la pratique en français langue étrangère 28
1 Esprit collectiviste contre l’individualisme 28
2 L’indirect et direct dans la communication 32
Trang 83 L’expression ou dissimulation de sentiments personnels 37
II Propositions pour une meilleure communication interculturelle 42
1 Meilleure connaissance de soi-même 42
2 Ouverture aux altérités 43
3 Tolérance et empathie 44
3.1 Tolérance 44
3.2 Empathie 45
CONCLUSION 46
BIBLIOGRAPHIE 47
ANNEXE 49
Trang 9I Raison du choix
L’apprentissage des langues étrangères est considéré comme une des clés primordiales des jeunes vietnamiens dans l’intégration régionale et internationale Ainsi, le nombre d’apprenants augmente de plus en plus au Vietnam Pourtant, la
ma trise en langue n’est pas toujours la portée des exigences Ce constat implique les étudiants du Département de français - ULIS (Ecole de langues et d’Etudes internationales – Université nationale de Hanọ)
Lors d’une communication en langue étrangère, les apprenants ont souvent
du mal s’exprimer, malgré plusieurs années d’apprentissage Leur difficulté peut s’expliquer par plusieurs raisons parmi lesquelles figure sans doute la barrière culturelle En effet, les conversations avec les Français se voient comme un casse-tête pour les étudiants en quatrième année du Département de français quoique leurs résultats d’études aux examens ne semblent pas très décevants Ils peuvent comprendre ce que l’auteur veut transmettre dans les textes écrits ou les documents sonores, ils peuvent aussi écrire une lettre officielle ou un texte argumentatif sans difficulté Il est même possible qu’ils parlent devant toute la classe de tel ou tel sujet exigé Mais, paradoxalement, ils communiquent mal avec les personnes venant du pays dont ils apprennent la langue- les Français
Apprendre la langue d’un pays, c’est aussi apprendre sa culture Or les connaissances culturelles acquises à travers les manuels suffisent-elles pour les étudiants en français langue étrangère (FLE) ? Voilà la question qui nous suggère de réaliser ce mémoire
II Question de recherche
La communication interculturelle nécessite une bonne maỵtrise non seulement de la langue mais encore de la culture véhiculée par cette langue La différence dans les habitudes, les normes de comportement ainsi que la vision du
Trang 10monde sépare les locuteurs des peuples différents et empêche aussi les apprenants
de s’approcher de la langue suivie
Notre question de recherche est donc celle-ci : quelles sont les différences de comportement dans la communication entre les peuples vietnamien et français ? Plus précisément, quelles sont les valeurs et habitudes comportementales qui affectent la communication en française langue étrangère des étudiants en quatrième année du Département de français ?
III Hypothèse de recherche
Sur la base des connaissances acquises dans le cours de « Communication interculturelle », il est observable que la culture orientale en générale et vietnamienne en particulier possèdent des points similaires sur le plan de valeur culturelle et sur le style de communication On trouve également que la culture orientale possède des points distincts même opposés à la culture occidentale Dans l’objectif de dégager les obstacles à la pratique du FLE, cette recherche vise à vérifier les hypothèses ci-dessous, portant plutôt sur les différences de comportement dans la communication entre les deux peuples français-vietnamien :
- Il existe le collectivisme dans le comportement communicationnel des étudiants en quatrième année du Département de français
- Les étudiants du Département tendent à parler indirectement dans une conversation
- Les étudiants expriment rarement leurs sentiments personnels devant les autres
IV Méthodologie de recherche
Pour vérifier ces hypothèses, cette recherche met en usage la méthode théorique qui nous permet d’approfondir les connaissances sur la culture et sur l’interculturel Vient ensuite la méthode descriptive des faits En effet, une enquête a été menée auprès des étudiants en quatrième année du Département de
Trang 11français pour découvrir leur culture comportementale dans la communication et pour analyser par la suite leurs difficultés dans la pratique de la langue française
afin de trouver un bon remède à ce problème
V Structure du mémoire
Le mémoire, qui a pour sujet « Différences comportementales affectant la pratique du français langue française des étudiants en quatrième année du Département de français », se compose de trois chapitres Le premier aborde la définition de la culture et son rôle dans la communication interculturelle Le deuxième analyse les résultats de l’enquête portant sur la valeur comportementale des étudiants dans la communication Le dernier analyse des impacts de ce comportement sur la pratique du français et mentionne quelques propositions
Ce travail vise ainsi à mettre en lumière les habitudes comportementales dans
la communication des étudiants, ce qui permet de déterminer les difficultés culturelles rencontrées et de trouver les solutions pour remédier à ce problème
Trang 12Chapitre 1 CADRE THÉORIQUE
I D initi n la Cultur
La première définition du terme « Culture » provient de Cicéron [2003] Il a
comparé l'homme à la terre : « Un champ si fertile soit-il ne peut être productif sans
culture, et c'est la même chose pour l'humain sans enseignement » [1:13] Plus un
champ est cultivé, plus il nous offre de meilleurs produits Et les produits d’une bonne culture d’un homme, c’est un esprit sain, une connaissance vaste et une grande humanité
Au fil du temps, ce terme prend de l’ampleur au niveau de son sens avec une multiplication de décryptages des spécialistes de différents domaines
1 Culture, c’est la transformation humaine de la nature
La culture, tout d’abord au sens le plus large, est l’ensemble des éléments non-naturels qui existent autour de nous C’est-à-dire ce qui est naturel n’est pas culturel et l’inverse [2:69] Mais, la nature avec l’intention et l’intervention de l’homme deviendra la culture Une pierre dans la forêt, produit de la nature, porterait sa valeur naturelle à jamais à condition qu’elle soit forgée et utilisée par l’homme, comme une arme ou un accessoire de beauté par exemple Les cotonniers
ne seraient propres qu’ la Terre-mère s’ils n’étaient pas la première matière de fabrication des cotons, des vêtements qui font partie de la culture communautaire
La culture n’est donc pas la partie hors de la nature mais née, construite, crée à partir de celle-ci La nature se présente plus ou moins dans l’apparition et l’évolution de la culture sous plusieurs formes
2 Culture, c’est un patrimoine matériel et immatériel d’un pays
La culture, dans le sens de la nature transformée ci-dessus déterminé, revêt toutes les valeurs matérielles et immatérielles normalement à la limite d’un pays Elles sont peut-être un mode de vie, une manière de comportement, une façon
Trang 13d’habillement, ou il s’agit d’une croyance, de la façon de pensée, des éléments spirituels,…d’un peuple Elle nous aide à distinguer les deux pays ou plusieurs À titre d’exemple, la culture du Vietnam est symbolisée par le « Ao dai », le « Pho »,
le « Banh chung », le grand écart hiérarchique dans communication, le Bouddhisme, ect Tandis que celle de la France est représentée par le béret, la barguette, le foie gras, le fromage, l’esprit critique, la lạcité, etc
Toutes les composantes de la culture sont mentionnées dans la définition de l’UNESCO:
« La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes
de valeurs, les traditions et les croyances » [4]
La culture est un facteur immortel d’un pays Elle est probablement si grande qu’elle se comporte de tous les éléments matériels et immatériels, corporels et incorporels, verbaux et non-verbaux Elle incarne, en même temps, le tissu indissociable des générations passé, présente et future Or, elle est aussi tellement petite qu’on peut la toucher, trouver et même créer l’intérieur de chacun, de chaque famille Finalement, force est d’affirmer que la culture est la racine d’une nation, cette dernière persiste éternellement si sa culture existe à jamais
3 Culture, c’est un ensemble des systèmes symboliques
Au sens plus restreint, la culture est comprise comme l’ensemble des valeurs représentantes d’un peuple Selon Lévi-Strauss :
« Toute culture peut être considérée comme un ensemble de systèmes symboliques au premier rang desquels se placent le langage, les règles matrimoniales, les rapports économiques, l'art, la science, la religion Tous ces systèmes visent à exprimer certains aspects de la réalité physique et de la réalité sociale, et plus encore, les relations que ces deux types de réalité entretiennent
Trang 14entre eux et que les systèmes symboliques eux-mêmes entretiennent les uns avec les autres » [5]
Ainsi, la culture comporte en soi à la fois la valeur matérielle avec le langage, l’art, la science, la religion de la réalité physique et la valeur immatérielle grâce à sa valeur symbolique qui exprime les rapports de la réalité sociale L’ensemble des relations dans la société se fonctionne sous l’impact de la culture
4 Culture, c’est l’écho du passé
De plus, la culture, sous un autre point de vue, est une œuvre de l’homme, une tradition intergénérationnelle Nabila Habidou inclut que :
« La culture, c’est donc un ensemble de comportements acquis au fil des temps par un ensemble de personnes unies par une tradition commune Elle est le mode
de vie d’une société La culture peut s’inscrire et trouver toute sa plénitude dans
un tableau de peinture ou dans un espace culinaire ou tout simplement dans les faits et gestes qui trouvent leurs racines profondes dans un passé lointain.» [7 :31]
Cette œuvre, qui se perfectionne incessamment par des générations descendantes, signifie l’ascension du lien entre le passé et le présent On peut écouter les échos du passé médiatisés par la culture et approfondir la culture grâce aux événements historiques Ce fruit est donc l’image complète d’une nation qui encadre ses citoyens et les différencie avec ceux de l’autre par les règles et les habitudes La culture va au-del d’un signe d’identification une passerelle du temps, entre le passé, le présent et le futur
5 Culture, c’est un ensemble de règles comportementales
Pourtant, sous un autre aspect, la culture désigne aussi une identité communautaire véhiculée par un individu Elle renvoie ainsi à une collection des exigences d’un pays auxquelles ses membres doit répondre pour une adaptation son habitat de vie
Cette idée est mise en évidence par Claude Canet :
Trang 15« Ensemble de systèmes de significations propres à un groupe, significations prépondérantes qui apparaissent comme valeurs et donnent naissance à des règles et à des normes que le groupe conserve et s’efforce de transmettre et par lesquelles il se particularise, se différencie des groupes voisins
Ensemble de significations que tout individu est amené à assimiler, à recréer pour lui tout au long de sa vie Ce sont les actualisations de ces interrelations entre les individus et les ensembles des significations détenues par la communauté ambiante qui constituent la culture dans son aspect dynamique » [6 :234]
Chaque communauté crée son propre ensemble des règles comportementales, sans exprès, par leur mode de pensée, leur habitude et leurs valeurs privilégiées Il
se comporte de tous les savoirs et savoir-faire, les activités acquises et transmises au fil du temps des multi-générations par un groupe humain pour une bonne communication et insertion sociale L’acquisition et la transmission de ces normes
se passent de façon surconsciente et subliminale par le soin et l’éducation des enfants par les adultes, leur adaptation à la vie sociale ó les relations amicales et professionnelles influencent considérablement les comportements et les points de vue de l’individu
A titre d’exemple, le familialisme des Coréens du Nord [3 :1] impose aux parents d’apprendre leurs enfants des principes d’attachements et de devoirs vers leurs proches C’est sur ces principes que la société repose On juge telle ou telle personne, la respecte ou la sous-estime, en fonction de ses conduites avec sa famille, des mots utilisés au quotidien Cette conduite est sans doute opposée à la culture américaine dominée par le matérialisme et l’individualisme Chez les Américains, la valeur personnelle vient de lui-même, sa relation familiale ne contribue pas à la détermination de son identité S’il est fort, autonome et qu’il peut gagner sa vie, il a droit d’être respecté par son entourage Donc on n’y voit guère les règles abstraites sur les relations interpersonnelles dans leurs comportements L’efficacité, la certitude et l’intérêt personnel sont ceux qui comptent le plus
Trang 16Dans le cadre de notre travail, nous retenons particulièrement cette dernière définition de la culture en considérant que la communication est soumise aux règles comportementales des locuteurs et surtout de ceux de cultures différentes
II Importance de la culture dans la communication
1 Relation entre l’homme, la culture et la langue
Selon Edward T Hall [1984], le rơle de la culture dans la communication est accentué comme une clé qui ouvre les relations humaines
« La plupart des difficultés des gens entre eux se rapportent à la déformation de
la communication… La culture est imposée à l’homme, elle EST également l’homme dans un sens très large La culture fait le lien entre les hommes et leurs moyens d’interaction » [9 :210]
La relation entre l’homme, la culture et la communication est interdépendante L’interaction entre les hommes s’exerce par la communication linguistique qui souffre des effets de la culture mais c’est l’homme qui crée et dirige
la culture On peut voir donc une relation étroite en cercle entre ces trois éléments Les deux personnes ne peuvent bien communiquer, surtout en langue étrangère, qu’à condition que le facteur culturel soit satisfait, c’est-à-dire l’une comprend et respecte l’autre et l’inverse
2 Maỵtrise de la culture - clé de communication interculturelle
La relation complexe entre la culture et sa langue intéresse un grand nombre
de scientifiques, qui essaient de définir et mettre en lumière ce lien Parmi les grands auteurs, Lévi Strauss [1958], à sa manière, a énoncé son point de vue :
« On peut d’abord traiter la langue comme un produit de la culture : une langue
en usage dans une société reflète la culture générale de la population Mais en
un autre sens, le langage est une partie de la culture ; il constitue un de ses éléments parmi d’autres […] on peut aussi traiter le langage comme une condition de la culture, et à un double titre : diachronique, puisque c’est surtout
au moyen du langage que l’individu acquiert la culture de son groupe […] le langage apparaỵt aussi comme une condition de la culture, dans la mesure ó
Trang 17cette dernière possède une architecture similaire à celle du langage L’une et l’autre s’édifient au moyen d’oppositions et de corrélations, autrement dit, de relation logiques » [11 :78,79]
À cet égard, le rapport de culture et langue est à la fois interdépendant et contradictoire La culture est la mère de la langue, cette dernière fait donc partie de
sa mère et la dessine Grâce à la langue, la culture est mieux aperçue par les autres Mais la langue conditionne, parallèlement, la culture Elle est un outil de disséminer
la culture de manière que la génération future relaie la précédente en apprenant et imitant Ce relais permet, par conséquent, l’immortalité de la culture La corrélation entre la langue et la culture est si résistante que l’on ne peut pas bien utiliser la langue sans une bonne compréhension de sa culture
Suivi par Nabila Habidou, l’importance de la culture dans la pratique de langue est de nouveau mise en évidence :
« Le besoin fondamental d’un apprenant d’une langue étrangère est de connaître la culture véhiculée par cette langue La connaissance de la culture est nécessaire à l’apprentissage de la langue, comme la connaissance de cette dernière est nécessaire à l’accès à la culture C’est grâce à ce lien interculturel que les apprenants réalisent l’altérité comme une ouverture sur soi et sur autrui L’individu s’émancipe et son épanouissement se fait grâce à cette altérité qui tend à percevoir l’autre comme l’autre de soi Ignorer la culture de l’autre ou la rejeter par convictions religieuses ou idéologiques ne peut qu’engendrer des formes extrêmes telles que le racisme et la violence Il y a un lien indissociable entre toute langue et la culture qu’elle est censée véhiculer » [7 :30]
La langue est un élément inséparable de la culture La culture incarne la langue et cette dernière détermine dans certaine mesure la culture Dans une conversation, la compréhension dépend, en grande partie, de la culture La maîtrise
de la culture de soi et de l’autre facilite la négociation et l’équilibre entre les parties étrangère et domestique
Trang 18III Les différences culturelles dans le comportement de communication
1 Les valeurs culturelles de G.Hostède
Tenant bien compte de la relation entre la langue et la culture ainsi que du rơle de la culture dans la communication interculturelle, G.Hoftède a mis en place une enquête au niveau internationale qui résulte les dimensions culturelles pour comparer un pays à un autre, ce sont :
1.1 Individualisme ou Collectivisme (IDV)
L’IDV mesure le lien entre l’individu au groupe Le degré se divise de 0
100 qui permettent de deviner les caractères et les valeurs privilégiées d’un pays Plus le score est faible, plus cette société est à la dérive du Collectivisme ó existe une relation sociale solide et l’intérêt du groupe tient la place hégémonique Par contre, l’indice élevée se trouve chez les individualistes, dans cette société on met l’individu au cœur de l’intérêt À titre d’exemple, le Vietnam avec le score de 16 [12 :4] est estimé comme un collectiviste typique contre le 71 de la France Ces deux sociétés connaissent donc une multitude de différences dans les normes comportementales ainsi que les points de vue du monde
1.2 Distance hiérarchique forte ou faible (PDI)
Ce critère vise déterminer l’écart hiérarchique réglé par le pouvoir et la réaction de répartition inégale dans la société Autrement dit, le niveau du respect et
de l’obéissance vers les personnes supérieures permettent de différencier les deux pays Les personnes de haute hiérarchie, dans ce cas, sont peut-être les parents, les grands-parents dans la famille, les professeurs l’école ou le patron au bureau À cet égard, on ne voit pas beaucoup de différences entre la culture française et vietnamienne dont les scores sont respectivement 68 et 63
1.3 Contrơle de l’incertitude fort ou faible (UAI)
Sur cette dimension, on s’intéresse au niveau de la prise du risque de chaque société Sa tolérance avec l’ambigụté ou l’incertitude reflète plus ou moins son mode de pensée qui influence sur les comportements Les pays qui connaissent un contrơle fort de l’incertitude ont tendance éviter maximalement l’avenir incertain
Trang 19ou un problème inattendu Ils ont peur des changements Au contraire, les scores faibles sont enclins tolérer les incertitudes, ils n’hésitent pas essayer les nouveautés et n’osent pas prendre du risque Le Vietnam et la France sont opposés dans cette dimension Selon cet anthropologue hollandais, la France occupe un rang assez haut dans cette classification, c’est-à-dire qu’un contrôle fort de l’incertitude existe dans la pensée française (86/100) tandis que ce chiffre s’arrête à 21/100 chez les Vietnamiens
1.4 Masculinité ou Féminité (MAS)
Dans cette partie, on compte dans quelle mesure la société désigne le rôle de l’homme et de la femme Dans une société féminine, il n’existe pas de métiers purement masculins ou féminins, l’homme s’occupe de l’éducation des enfants et la femme peut travailler aussi comme une pompière De plus, la société masculine s’identifie également par la priorité des valeurs matérielles tandis que c’est l’être humain et l’environnement chez la féminine La féminité considère qu’on travaille pour vivre alors qu’avec l’autre, on vit pour travailler Obtenant les indices similaires (43 et 39), la culture vietnamienne et française se retrouve dans la liste des pays plutôt féminins
2 Le style de communication
Il est possible de parler une même langue mais difficile d’exercer un même langage Le style de communication de chacun varie d’une culture l’autre Sous l’impact de la culture, notamment les règles de comportement dans la communication, on a relevé des pairs de styles contradictoires (d’après le cours de Communication interculturelle) ci-dessous :
2.1 Linéaire ou Circulaire
Cette norme vise à examiner la voie privilégiée pour atteindre le but de communication : soit tout droit, soit au détour L’un qui choisit la voie linéaire tend présenter explicitement et logiquement du début la fin ce qu’il veut transmettre, précisément, ni plus, ni moins Il croit que cette manière porte l’efficacité et la rapidité nécessaire, surtout dans le travail Par contre, l’autre, qui préfère la façon
Trang 20circulaire, tient compte des détails supplémentaires car ils permettent aux interlocuteurs de comprendre au fond le problème abordé Ils proposent donc souvent une série d’éléments nécessaires pour que les interlocuteurs puissent les relier et comprendre ce qu’il veut indiquer
2.2 Direct ou indirect
Ce style communicatif met en lumière la façon d’exprimer les pensées de chaque groupe Celui du direct n’hésite pas de prononcer les mots exacts afin de montrer ce qu’il pense Il privilégie l’honnêteté dans la relation interpersonnelle qui s’accompagne, d’après eux, de la franchise À l’inverse, ce qui compte pour les personnes qui suivent le style indirect, c’est l’harmonie des rapports Elles ont tendance à refuser les mots francs et voire probablement vexants, ils seront remplacés par les proverbes, les métaphores ou même le silence dans les cas conflictuels ou difficiles à s’exprimer
2.3 Exprimer ou cacher les émotions personnelles
En ce qui concerne les émotions, il dispose de deux types d’expression : exprimer explicitement ou exprimer peu, même cacher les sentiments personnels À partir de la priorité de l’honnêteté dans une relation, les personnes dans le premier groupe montre clairement ce qu’elles ressentent, que ce soient la joie, la tristesse, la colère, la peur,…Ce style leur permet de suivre facilement le dialogue grâce des signes émotionnels de l’interlocuteur Tandis que le deuxième groupe exprime son respect et sa responsabilité vers les autres en gardant et gérant ses émotions à l’intérieur On constate que l’expression excessive ou un mauvais contrôle de sentiments personnels ne se trouvent que chez les enfants qui ne sont pas encore mûrs et habiles dans le comportement
2.4 Concret ou Abstrait
La façon d’accéder tel ou tel problème sépare les orateurs en deux types : concret et abstrait Celui du concret développe les idées par des exemples, des anecdotes, tandis que le style abstrait va commencer par les théories, les concepts, les doctrines,… L’un considère que les situations réelles fondent les idées plus
Trang 21générales Pour l’autre, les théories sont nécessaires pour une compréhension logique et complète du problème abordé Ces différences, voire oppositions entraînent pas mal de malentendus chez les parties interculturelles Le concret pense que l’abstrait est vague et qu’il parle souvent une langue de bois En revanche, le concret nourrit une objectivité et médiocrité chez les abstraits
Trang 22Chapitre 2 PRÉSENTATION DU CORPUS ET
ANALYSES DES RÉSULTATS
I Présentation du public
1 Présentation générale
Notre enquête est menée auprès des étudiants en quatrième année du Département de français, promotion 2013-2017, de l’Ecole de Langues et d’Études internationales- Université nationale du Vietnam à Hanọ (ULIS) Ils viennent de toutes les provinces du pays, des montagnes du Nord aux mers du Sud
Après avoir passé le Concours d’Entrée universitaire avec la sélection du Département, ils ont pu y poursuivre leurs études de langue et de culture françaises Ils étaient au début de la formation soit les francophones, soit les anglophones qui ont été par conséquent divisés dans des classes correspondant à leur niveau de départ
Cependant, les étudiants en quatrième année du Département doivent atteindre en principe le même niveau en fin de la formation Le public ciblé est au nombre de 120 environ dont 40 ont déj appris le français avant l’Université
2 Niveau de langue
La pratique et la maitrise de la langue française de ce groupe, après au moins
4 ans d’apprentissage doivent atteindre le niveau 5 du référentiel national, équivalent au C1 du CECR
Pour ce faire, les étudiants doivent passer les deux premières années ciblées à
la pratique du FLE avant de s’adhérer aux disciplines plus avancées pendant les deux années qui suivent
Trang 23Le programme de la pratique de langue repose sur le manuel « Alter Ego » 1,
2, 3 et 4, pour atteindre les niveaux A1, A2, B1, B2 du CECR (Cadre européen commun de référence pour les langues) Cet ensemble de méthodes permet de développer les quatre compétences nécessaires chez un apprenant linguistique, ce sont la compréhension orale- écrite et la production orale-écrite De plus, il soutient les étudiants de s’entrainer décrire l’image, prendre des notes, argumenter et développer l’esprit critique, En se divisant en quatre livres correspondants quatre niveaux exigés, « Alter Ego » facilite la transmission, l’acquisition et l’évaluation du français des enseignants et étudiants
Par ailleurs, pendant la troisième et quatrième année universitaire, les étudiants du Département de Langue et de Culture françaises ont l’accès au français
de spécialité dans plusieurs domaines : tourisme, économie, environnement, littérature, etc
En un mot, le public de notre enquête dispose d’un niveau linguistique avancé avec des connaissances de base assez riches et diversifiées
3 Niveau de connaissances culturelles
En premier lieu, les connaissances sur la culture française ont étés acquises
au fil de l’apprentissage avec les méthodes Alter Ego qui ouvrent un éventail de valeurs et pratiques des Français sur la gastronomie, les loisirs et les arts, les monuments et les progrès économiques, etc
Ensuite, le parcours d’études réserve une partie particulière l’enseignement
de la culture française grâce aux matières « Civilisation française » et
« Communication interculturelle » dont les manuels sont rédigés et publiés par les professeurs du Département
Pour faciliter l’insertion des étudiants du Département dans l’environnement interculturel, les cours de « Civilisation française » et de « Communication interculturelle » sont lancés dans le programme d’études en troisième et quatrième année En ce qui concerne le manuel « Communication interculturelle », il sert à fournir des connaissances culturelles en faisant une comparaison entre la culture
Trang 24orientale et occidentale, à prévenir et proposer des méthodes pour les problèmes de choc culturel fréquentés Il aide aux étudiants mieux s’adapter dans les conversations avec les gens venant d’autres cultures que la leur La communication interculturelle est enseignée en 3 crédits de 50 minutes Elle joue le rôle de référence pour expliquer quelques problèmes rencontrés des étudiants
II Méthodes de collecte des données
1 Questionnaire
Le questionnaire enquêteur se construit sous forme de QCM (question à choix multiples) Cet instrument constitue une méthode d’enquête efficace et connue par tous les chercheurs Les enquêtés ne perdent pas beaucoup de temps pour accomplir la fiche questionnaire qui facilite en même temps le recueil d’informations, de façon rapide et exacte, de l’enquêteur C’est la raison pour laquelle le questionnaire est choisi et appliqué dans cette recherche
Les questions mentionnées dans l’enquête sont au nombre de 16 Comme le
(https://accounts.google.com/signin/v2/identifier?continue=https%3A%2F%2Fdocs.google.com%2Fforms%2Fd%2F1f_QaKouZtP6Z1Sgup-
mqHWMMo_FO3CxuzPO6XYG7pSc%2Fviewform%3Fedit_requested%3Dtrue&flowName=GlifWebSignIn&flowEntry=ServiceLogin), les deux premières questions sont destinées déterminer le public de l’enquête en éliminant les étudiants d’autres promotions Les questions qui suivent ciblent justement à tester les hypothèses reformulées :
- Les questions 3 et 4 permettent de vérifier les compétences communicatives
et la relation entre la langue et la culture chez les étudiants en quatrième année
- Les questions suivantes 5, 6, 7 permettent de déterminer la tendance de collectivisme ou individualisme chez étudiants
- Les questions 8, 9, 10, 11 se posent pour déterminer le style de communication direct ou indirect des locuteurs
Trang 25- Les 6 dernières questions interrogent sur la préférence de dissimilation de sentiment personnel
Les items proposés aux choix se divisent en 3 niveaux progressifs des réactions A-B-C Ce fait permet aux enquêtés de trouver la réponse la plus correspondante, de faciliter le recueil des données, l’évaluation de l’enquêteur et d’assurer l’objectivité de la recherche
2 Échantillon
On compte actuellement 112 étudiants en quatrième année du DLCF dont 12 garçons Leur niveau du français, au temps de l’enquête, est généralement équivalent au B2+ du DELF pour les langues Ils ont tous appris et passé les cours
de « Civilisation française » et « Communication interculturelle »
Nous avons obtenu 90 réponses en ligne dont 86 proviennent des étudiants
en quatrième année (soit 76% de la population ciblée) et 75 commencent à apprendre le français depuis l’Université (soit 82.7% du public), 4 apprennent depuis l’école primaire (4 7%), 1 au collège (1 2%) et 6 au lycée (7%)
III Analys s s r sultats l’ nquêt
L’enquête est exercée sous forme d’un questionnaire QCM1 complété par les étudiants en quatrième année du Département de français
Les questions se posent sur la base de 2 critères : l’habitude des enquêtés face à telle ou telle situation et leur réaction vers les autres comportements que les leurs
Les résultats de l’enquête seront décrits comme suit :
1 Questions pour déterminer les difficultés des étudiants en communication interculturelles
- QCM 3 : Si vous êtes impliqué dans une conversation avec les Français,
quelle sera votre réaction ?
1
Annex 1
Trang 26Réponse Contenu Nombre
de choix
Pourcentage (%)
A J’ai confiance de communiquer avec
C Je suis confus (e) devant les
Français, je ne peux donc rien dire
Cette question vise à vérifier la compétence communicative avec les Français des enquêtés La plupart d’entre eux (76 7%) ne sont pas confiants dans la mise en pratique du français langue étrangère appris pendant 4 ans universitaires Il n’y a que 5.8% ayant la confiance en soi, contre 17.5% qui sont trop troublés en parlant français dans la vie quotidienne Il est donc véritable que la pratique du français est
un casse-tête pour les étudiants de notre Département
- QCM 4 : Selon vous, la différence culturelle est-elle une des difficultés dans
la pratique d’une langue étrangère ?
de choix
Pourcentage (%)
À travers cette question, on peut voir clairement une prise en conscience du rapport entre la langue et la culture chez les étudiants Autrement dit, ils comprennent bien l’importance de la culture dans la réussite d’une communication, surtout dans la pratique d’une langue étrangère
Trang 272 Questions pour tester le collectivisme chez les étudiants
- QCM 5 : Dans une négociation pour une sortie, vous n’aimez pas le lieu fixé
par le groupe, quelle est votre habitude de réagir ?
de choix
Pourcentage (%)
A Vous exprimez clairement votre avis
personnel, si le groupe ne l’accepte pas, vous ne participerez pas à la
sortie
B Vous essayez de discuter, vous allez
accepter la décision du groupe même
si le groupe n’est pas de votre avis
si la leur est refusée Voire, 23 3% n’ont pas besoin de discuter, ils suivent le groupe même si ce choix n’est pas le meilleur pour eux Par contre, on compte seulement 4.7% qui mettent en priorité leur choix et leur intérêt personnel L’esprit
du groupe semble dominant pour ces jeunes enquêtés
Trang 28- QCM 6 : Un ami quitte votre groupe car il n’aime pas quelqu’un dans le
groupe, qu’en pensez-vous ?
de choix
Pourcentage (%)
B Vous êtes plus ou moins découragé
(e)
C Vous pensez qu’il est égọste 8 9.3
Face à une façon comportementale différente, les étudiants sont enclins à l’accepter Seulement 9 3% réagissent négativement, 32 6 se ressentent mal l’aise tandis qu’il y a 58 1% qui exprime une neutralité vers l’altérité
- QCM 7 : Etes-vous « L’un pour tous » ?
Cette question cible à confirmer le collectivisme chez les enquêtés En observant le résultat, on peut conclure que les étudiants tendent majoritairement à vivre en collectivisme (83.7%), contre 16.3% qui privilégient plus ou moins l’individualisme
En somme, il est observable que la valeur privilégiée de la plupart des étudiants est le collectivisme Ils ont tendance vivre, volontairement, l’intérêt du groupe au lieu de leur propre intérêt Ils se sentent heureux d’être un homme tolérant qui vit pour les autres Par contre, ils sont aussi assez harmonieux avec son respect vis-à-vis des façons comportementales différentes lorsqu’ils ne jugent ou
Trang 29même boycottent pas les différences La préférence d’harmonie des relations sociales s’exprime plus clairement dans leur style de communication
3 Questions pour tester le style de parler direct ou indirect
- QCM 8 : En parlant des points négatifs des autres, quelle est votre
habitude ?
de choix
Pourcentage (%)
A Vous parlez directement, la franchise
et l’honnêteté sont les plus importantes pour vous
B Vous parlez en utilisant les
synonymes, les métaphores pour que les autres puissent deviner ce que
vous voulez dire
C Vous ne dites rien, vous avez peur
des conflits, vous gardez la distance avec eux pour ne pas les vexer
La réponse la plus fréquente à cette question est B, représentant 70.9% Les étudiants aiment utiliser les façons indirectes pour montrer leur idée, surtout dans les cas négatifs ou conflictuels Les deux autres sont presque relatives avec la proportion de 14% qui choisissent de parler directement et 15.1% qui préfèrent le silence
- QCM 9 : Quelle est votre manière de commencer une conversation ?
de choix
Pourcentage (%)
A Vous abordez toute de suite le
problème