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La terminologie médicale dans la traduction du français en vietnamien

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Trang 1

ĐẠI HỌC QUỐC GIA HÀ NỘI

TRƯỜNG ĐẠI HỌC NGOẠI NGỮ

TRẦN THỊ HÀ GIANG

LA TERMINOLOGIE MÉDICALE DANS LA TRADUCTION

DU FRANÇAIS EN VIETNAMIEN

THUẬT NGỮ Y HỌC TRONG DỊCH TỪ TIẾNG PHÁP

SANG TIẾNG VIỆT

LUÂN ÁN TIẾN SĨ CHUYÊN NGÀNH NGÔN NGỮ PHÁP

HÀ NỘI - 2020

Trang 2

ĐẠI HỌC QUỐC GIA HÀ NỘI

TRƯỜNG ĐẠI HỌC NGOẠI NGỮ

TRẦN THỊ HÀ GIANG

LA TERMINOLOGIE MÉDICALE DANS LA TRADUCTION

DU FRANÇAIS EN VIETNAMIEN

THUẬT NGỮ Y HỌC TRONG DỊCH TỪ TIẾNG PHÁP

SANG TIẾNG VIỆT

Chuyên ngành : Ngôn ngữ Pháp

Mã số : 9220203.01

LUÂN ÁN TIẾN SĨ CHUYÊN NGÀNH NGÔN NGỮ PHÁP

Nơi bảo vệ : Trường Đại học Ngoại ngữ - ĐHQGHN

Ngày 23 tháng 9 năm 2020

Cán bộ hướng dẫn khoa học : PGS.TS Đinh Hồng Vân

HÀ NỘI - 2020

Trang 3

TABLE DES MATIÈRES DÉCLARATION SUR L’HONNEUR

DÉDICACE

REMERCIEMENTS

LISTE DES ABRÉVIATIONS i

LISTE DES GRAPHIQUES ii

LISTE DES TABLEAUX iii

LISTE DES SCHÉMAS iv

INTRODUCTION 1

1 Raison du choix du sujet 1

2 Objectifs et questions de recherche 6

3 Hypothèses de recherche 6

4 Méthodologie de recherche 7

5 Structure de la thèse 8

PARTIE I : FONDEMENTS THÉORIQUES 9

CHAPITRE 1 THÉORIES DE LA TRADUCTION 9

1.1 Définitions de la traduction 9

1.2 Théorie de la traduction selon Peter Newmark : une théorie linguistique 12

1.3 Théorie du skopos – une théorie fonctionnelle 13

1.4 Théorie Interprétative de la Traduction selon Danica Seleskovitch et Marianne Lederer 15

1.4.1 Implicite et explicite en traduction 20

1.4.2 Validité de la Théorie Interprétative de la Traduction 21

1.4.3 Recherches sur la Théorie Interprétative de la Traduction dans le monde 25

1.4.4 Justification de l’application de la Théorie Interprétative dans la traduction de la terminologie médicale du français en vietnamien 26

1.5 Critères d’évaluation en traduction 28

1.6 Stratégies de traduction 31

1.6.1 Définition des stratégies de traduction 31

1.6.2 Stratégies de traduction de la terminologie médicale 32

1.7 Recherches en traduction au Vietnam 34

Trang 4

1.7.1 Recherches en traduction en général 34

1.7.2 Recherches en traduction spécialisée 36

1.8 Traduction médicale : particularités et méthodologies 37

1.8.1 Définition de la traduction médicale 37

1.8.2 Particularités de la traduction médicale 37

1.8.3 Méthodologies de la traduction médicale 39

CHAPITRE 2 THÉORIES DE LA TERMINOLOGIE 43

2.1 Définitions de la terminologie 43

2.2 Histoire de la terminologie dans le monde et au Vietnam 46

2.3 Approches de la terminologie 50

2.3.1 Courant linguistico-terminologique 50

2.3.2 Courant traductionnel 52

2.3.3 Courant normalisateur 52

2.4 Caractéristiques du terme et critères d’évaluation en terminologie 53

2.5 Recherches en terminologie médicale dans le monde 55

2.6 Recherches en terminologie médicale au Vietnam 58

2.7 Terminologie médicale en français et en vietnamien 60

2.7.1 Contexte historique et linguistique de la Médecine au Vietnam 60

2.7.2 Étymologie greco-latine - origine de la terminologie médicale française65 2.7.3 Formation de la terminologie médicale en français 65

2.7.4 Terminologie médicale traduite du français en vietnamien 68

Conclusion de la partie I 75

PARTIE II : ÉTUDES DE LA TRADUCTION DE LA TERMINOLOGIE MÉDICALE DU FRANÇAIS EN VIETNAMIEN 77

CHAPITRE 3 DÉMARCHES MÉTHODOLOGIQUES 77

3.1 Linguistique de corpus selon Paul Baker (2010) 77

3.1.1 Taille du corpus et ses critères 78

3.1.2 Concepts principaux de la linguistique de corpus 78

3.1.3 Typologie de corpus 79

3.1.4 Critiques à propos de la linguistique de corpus 80

3.2 Démarches méthodologiques 81

Trang 5

3.2.1 Positionnement 81

3.2.2 Présentation du corpus 83

3.2.3 Démarches d’analyses 87

CHAPITRE 4 RÉSULTATS DE RECHERCHE 91

4.1 État des lieux de la traduction de la terminologie médicale du français en vietnamien 91

4.1.1 Résultats de la recherche exploratoire 91

4.1.2 Résultats de la recherche complémentaire 94

4.2 Difficultés de la traduction de la terminologie médicale du français en vietnamien 98

4.3 Stratégies de traduction de la terminologie médicale du français en vietnamien 103

4.3.1 Stratégies de traduction du Corpus 1 - Ouvrage de spécialité 103

4.3.2 Stratégies de traduction du Corpus 2 – Communications scientifiques 123 4.3.3 Stratégies de traduction du Corpus 3 - Entretiens des spécialistes en médecine 137

4.3.4 Propositions de stratégies de traductions de la terminologie médicale du français en vietnamien 155

CHAPITRE 5 DISCUSSION 158

5.1 À propos des résultats de recherche 158

5.2 Traduction de la terminologie médicale à la lumière de la Théorie Interprétative de la Traduction 161

5.3 Limites de la recherche 166

5.4 Perspectives de recherche 167

Conclusion de la partie II 168

CONCLUSION 169

BIBLIOGRAPHIE 174

Trang 6

DÉCLARATION SUR L’HONNEUR

Je soussignée, Trần Thị Hà Giang, inscrite à l’Université de Langues et d’Études Internationales – Université Nationale du Vietnam à Hanọ

N° de doctorante : 16048218 – Promotion 24 (QH.2016-D2)

Déclare qu’il s’agit d’un travail original et que toutes les sources utilisées ont été indiquées dans leur totalité Je certifie, sur l’honneur, que je n’ai ni recopié ni utilisé des idées ou des citations tirées d’un ouvrage, d’un article ou d’une thèse, en version imprimée ou électronique sans mentionner précisément leur origine et que les citations intégrales sont signalées selon la norme APA

Fait à Hanọ, le 5 octobre 2020

Trần Thị Hà Giang

Trang 7

DÉDICACE

À la mémoire du Professeur Lê Nam Trà (1938-2020) – pédiatre, chercheur passionné et un des trois spécialistes interviewés dans le cadre de cette thèse qui nous a quittés le 26 juillet 2020, juste avant la remise de celle-ci

enseignant-À mon grand-père, qui aurait tant aimé assister à ma soutenance, hélas il n’a pas pu

le faire

À Tùng Anh, Tri An et Nhật An

Trang 8

REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier vivement mon directeur de thèse, Monsieur Đinh Hồng Vân, Doyen du Département de français à l’Université de Langues et d’Études Internationales – Université nationale du Vietnam à Hanọ (ULEI-VNU), pour la confiance qu’il m’a témoignée en acceptant la direction scientifique de mes travaux

Je lui suis reconnaissante de m’avoir fait bénéficier tout au long de ce travail de sa rigueur intellectuelle, de sa disponibilité, de son humour et de sa bienveillance que

je n’oublierai jamais Je suis vraiment fière d’être sa doctorante

Je tiens à remercier Mesdames et Messieurs les membres du jury pour l’honneur qu’ils m’ont fait en acceptant d'évaluer ma thèse

Je tiens à exprimer au Rectorat et à mes collègues de l’Université de Médecine et de Pharmacie de Hai Phong ma profonde reconnaissance pour leur soutien accordé à cette thèse

Je voudrais remercier Monsieur Huỳnh Anh Tuấn, Monsieur Cầm Tú Tài et

le personnel du Département des études post-universitaires (ULEI-VNU) pour leur aide précieuse et efficace à la préparation et la soutenance de ma thèse

Je tiens à adresser mes sincères remerciements à tous ceux qui m’ont soutenue de manière directe ou indirecte pour la réalisation de cette thèse, en particulier :

À Madame Marianne Lederer, Professeur émérite à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, et co-auteure de la Théorie Interprétative de la Traduction, qui a bien voulu m’envoyer ses articles chaque fois que je l’ai sollicitée

Aux spécialistes en médecine, Monsieur le Professeur Lê Nam Trà, Monsieur

le Professeur Đinh Xuân Anh Tuấn et Madame la Docteure Phạm Thị Xuân Tú, pour leur temps précieux accordé à mes entretiens

Trang 9

Aux médecins, enseignants, étudiants qui m’ont beaucoup aidée en participant à mon enquête par questionnaire en ligne

À Alice Jacot pour son amitié, sa gentillesse et son aide pour la relecture de

ma thèse

À Rodolphe du Gardin pour le temps consacré à la relecture de ma thèse, pour son amitié et pour son soutien sans faille

A titre plus personnel, je remercie mon époux, Đinh Dương Tùng Anh, pour

sa patience, son encouragement, sa confiance et ses nombreux conseils en tant qu’époux, médecin francophile et chercheur en neurologie, au long de la préparation

de ma thèse

Je remercie mes deux fils, Tri An et Nhật An, qui m’ont été toujours une source immense de joie et d’encouragement

Finalement, mes remerciements vont à mes parents, à mes beaux-parents, à

ma grande famille et à tous mes amis pour leur accompagnement depuis le début jusqu’à l’achèvement de cette thèse

Trang 10

LISTE DES ABRÉVIATIONS

Université de Médecine et de Pharmacie de Haiphong Université de Langues et d’Études Internationales Diplôme d'Études en Langue Française

Agence Universitaire de la Francophonie

Trang 11

LISTE DES GRAPHIQUES

Graphique 1 : Professions des participants au sondage 95 Graphique 2 : Niveau de français des participants au sondage 96 Graphique 3 : Besoin en traduction de la terminologie médicale du français en vietnamien 97 Graphique 4 : Principaux contextes de la traduction de la terminologie médicale du français en vietnamien 98 Graphique 5 : Principales difficultés rencontrées dans la traduction des termes médicaux du français en vietnamien 102 Graphique 6 : Moyens d’appui dans la traduction des termes médicaux du français

en vietnamien 103 Graphique 7 : Références clés du corpus 1 104 Graphique 8 : Stratégies employées par les professionnels et les étudiants en médecine dans la traduction de la terminologie médicale du français en vietnamien152

Trang 12

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Exemples des termes sino-vietnamiens 70 Tableau 2 : Exemples de la transcription phonétique des termes du français en vietnamien 74 Tableau 3 : Informations détaillées concernant le corpus 1 84 Tableau 4 : Informations détaillées concernant le corpus 2 84 Tableau 5 : Exemple de texte extrait du corpus 1 avant et après l’étape de

"balayage" 87 Tableau 6 : Mise en contraste de la traduction de Google Traduction et celle du traducteur Lê Văn Tri 101 Tableau 7: Informations à propos de la technique de massage cardiaque externe de

2001 à 2018 120 Tableau 8 : Stratégies utilisées dans la traduction de la terminologie médicale du français en vietnamien des deux corpus 1 et 2 149 Tableau 9: Stratégies de traduction de la terminologie médicale selon les spécialistes en médecine 151 Tableau 10: Stratégies de traduction des termes médicaux mentionnées dans les travaux des chercheurs Lê Khắc Quyến (1969), Vương Thu Minh (2005), Lưu Trọng Tuấn (2009) et Maria-Cornelia Wermuth (2013) 154

Trang 13

LISTE DES SCHÉMAS

Schéma 1 : Six stratégies de traduction des termes selon Lưu Trọng Tuấn (2009) 89

Schéma 2 : Modèle de traduction de la terminologie médicale du français en

vietnamien basé sur la Théorie Interprétative de la TraductionError! Bookmark not defined.165

Trang 14

INTRODUCTION

1 Raison du choix du sujet

Avec l'évolution des sciences, des technologies et de la qualité de vie, la portée et les utilisateurs de la terminologie ne se limitent plus aux contextes professionnels, mais s’étendent également à la vie quotidienne

Selon l’Organisation Internationale de Normalisation ISO, la terminologie

est l’ « ensemble des désignations appartenant à une langue de spécialité1

» et la

« science étudiant la structure, la formation, le développement, l‟usage et la gestion

des terminologies dans différents domaine 2 »

Selon le linguiste vietnamien Hoàng Văn Hành (1983 : 26), « La

terminologie se compose des termes utilisés pour exprimer un concept précis appartenant à un système des concepts d'une branche particulière de la science L'ensemble du système de terminologie des sciences constitue la terminologie du langage » D’après Nguyễn Thiện Giáp (1998 : 270), « La terminologie est une partie particulière du langage Elle se compose de mots et de groupes de mots invariables, elle est la désignation exacte des concepts et des publics appartenant aux domaines de spécialités de l‟homme.»

Ainsi, la terminologie pourrait être définie de différentes manières, mais doit toujours être située dans un domaine précis, une certaine science car son sens pourrait être modifié si elle est placée dans un autre contexte, par exemple : le terme

« virus » n’a pas exactement le même sens et ne renvoie pas à la même réalité en

informatique qu’en médecine

1

ISO : Organisation Internationale de normalisation (2000) ISO 1087-1 : 2000 Travaux terminologiques –

Vocabulaire – Partie 1 : Théorie et application, p.10

2 Ibid., p.10

Trang 15

Le développement de la terminologie médicale vietnamienne se trouverait au sein même de celui de la médecine moderne du Vietnam, et particulièrement celui

de l’Université de Médecine de Hanoi, ou L’École de Médecine de L’Indochine (25/10/1904) jadis Si Hồng Xuân Hãn est considéré comme le père fondateur de la terminologie vietnamienne, en médecine, Đỗ Xuân Hợp3

(1906-1985) est devenu une des pierres angulaires de la terminologie médicale vietnamienne avec ses cours d’Anatomie en vietnamien :

Les manuels d‟anatomie en vietnamien du Professeur Ðỗ Xuân Hợp étaient également les premiers manuels universitaires en vietnamien au Vietnam, constituant une base importante pour la naissance du système de terminologie médicale en vietnamien. 4

À la suite de Đỗ Xuân Hợp, de nombreux chercheurs ont publié des ouvrages sur la terminologie médicale franco-vietnamienne, par exemple :

Phạm Khắc Quảng et Lê Khắc Thiền (1951) Danh từ y học – Vocabulaire des

termes techniques de Médecine Paris: Minh Tân

Ministère de la Santé (1976) Dictionnaire médical-pharmaceutique

français-vietnamien Hanọ : Édition de la Médecine

Vưu Hữu Chánh (2000) Dictionnaire des termes médicaux français-vietnamiens

Đà Nẵng: Đà Nẵng

Đinh Văn Chì (dir.) (2001) Dictionnaire de Médecine français-anglais-vietnamien

Hanọ: Édition de la Médecine

Chu Văn Tường et al (2003) Dictionnaire de Pédiatrie

français-anglais-vietnamien Hanọ: Édition de la Médecine

3

Enseignant à l’Ecole de Médecine de l’Indochine de 1932 à 1945, il est également co-auteur avec Pierre Huard de l’ouvrage Morphologie humaine et anatomie artistique (1942) et lauréat du prix Testut décerné par l’Académie française de médecine (1949)

4 Noi.html

Trang 16

http://www.hmu.edu.vn/mobile/tID1246_105-nam-truong-thanh-va-phat-trien-cua-Truong-dai-hoc-Y-Ha-Lý Lâm (2005) Dictionnaire de diagnostic et de traitement des maladies chez les

personnes âgées Hanọ: Édition de la Jeunesse

Il s’agit des dictionnaires de terminologie médicale français-vietnamiens, élaborés avec un nombre relativement important de termes Cependant, à l’heure actuelle, les lecteurs ne sont plus en mesure de retrouver ces travaux en librairies, car ils ont été publiés depuis un certain temps, sans mise à jour, réédition ou réimpression À notre connaissance, quelques études ont été menées vers la fin du XXè siècle sur la terminologie médicale franco-vietnamienne, notamment la thèse

de doctorat intitulée « La standardisation de la terminologie médicale

vietnamienne : une approche socio-terminologique » de Trần Đức Tuấn, soutenue

en 1999 à l'Université de Rouen (France)

De nos jours, au Vietnam et dans la sphère francophone en particulier, les thèses et les ouvrages sur la terminologie médicale franco-vietnamienne sont plutơt rares La liste des résultats de recherche des documents avec le mot clé

«Terminologie médicale» dans le système de gestion de bibliothèque intégrée de la

Bibliothèque nationale du Vietnam montre que le nombre d'ouvrages sur la terminologie médicale qui y sont déposés officiellement reste limité (il n’y en a que

12 sur un total de 695 723 documents dans la base de données de la Bibliothèque nationale du Vietnam) La plupart des travaux sont la traduction de livres, de dictionnaires et d’articles étrangers sur la terminologie médicale en anglais Parmi ces publications, il faut mentionner la contribution importante de Vương Thị Thu

Minh avec sa thèse de doctorat intitulée : « Enquête sur la terminologie médicale

anglaise et sa traduction en vietnamien » Cette thèse est une étude complète et

systématique de la terminologie médicale en anglais, proposant des approches et des solutions à la traduction de la terminologie médicale de l’anglais en vietnamien tout

en assurant son exactitude, son caractère universel et sa norme

Actuellement, d'un point de vue pratique, la terminologie médicale vietnamienne est utilisée non seulement dans le domaine médical, mais également

Trang 17

franco-dans de nombreux domaines connexes tels que l'éducation, la formation, la traduction, les médias, l'économie, la technologie, la production, etc En effet, en plus des médecins, des professionnels de la santé, les patients, leurs proches et toutes autres personnes liées directement ou indirectement à la médecine (étudiants, conférenciers, chercheurs, journalistes, etc.) ont besoin de comprendre et d’utiliser

la terminologie médicale Par exemple, selon un article de l’agence nationale française de santé publique publié en ligne le 07/01/2020, un nouveau coronavirus (SARS-CoV-2 ou Covid-19) a été identifié comme étant la cause de nombreux cas

de pneumonies en Chine et dans le monde entier5 Cette pandémie a une telle influence que toute information sur l’infection au Covid-19 peut créer des différentes réactions psychologiques chez le grand public Or, certains journaux

vietnamiens ont traduit le terme « aérosol » - une des voies d’infection de ce virus – par les termes « bụi khì » et « không khì », c’est-à-dire « poussière » et « air », ce

qui a provoqué une certaine inquiétude chez leurs lecteurs Le Ministère de la Santé vietnamien a enfin confirmé qu’il s’agissait d’une erreur de traduction, et le terme

correct est « khì dung » - un des traitements de la voie respiratoire par infusion

d’antibiotique Cet exemple illustre que la moindre erreur en traduction médicale peut causer de graves conséquences

De plus, les nouvelles inventions et innovations évoluent de plus en plus grâce aux progrès des sciences en général et de la médecine en particulier Par conséquent, la mise à jour des bases terminologiques avec de nouvelles connaissances et de nouvelles technologies est essentielle pour une application efficace et rapide dans la prévention, le traitement des maladies et l'amélioration de

la qualité de vie humaine

Certains pensent qu’il n’est pas vraiment nécessaire d’étudier la traduction de

la terminologie médicale, puisqu’il existe déjà des dictionnaires des termes

5 Selon le site officiel de Santé publique France - l’agence nationale française de santé publique : https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection- a-coronavirus/articles/infection-au-nouveau-coronavirus-sars-cov-2-covid-19-france-et-monde

Trang 18

médicaux Certes, ce sont des outils indispensables et utiles dans la traduction de la terminologie médicale, mais ils ne sont pas suffisants À propos du rơle des dictionnaires des termes médicaux bilingues, le chercheur Hồ Đắc Túc (2012 : 248)

a affirmé que :

[…] từ điển y khoa chỉ hỗ trợ chứ khơng giải quyết rốt ráo vấn nạn thuật ngữ

bởi nếu người dịch, khi gặp một thuật ngữ, chỉ việc tra từ điển và thay từ ngữ gốc bằng thuật ngữ đìch thí ngơn ngữ của bản dịch cĩ thể vừa lủng củng vừa sai nghĩa trong bản gốc […]

(Le dictionnaire médical n'est qu'un outil d'aide, et non pas la panacée face aux problèmes de terminologie car si le traducteur, confronté à un terme, consulte simplement le dictionnaire et remplace le terme source par le terme cible, le résultat ne serait qu'une piètre traduction, bourrée de fautes, le sens

de l'original ne serait pas transmis.)

Pourtant, la recherche documentaire ne nous a fourni qu'une liste très modeste de publicationssur la traduction de la terminologie médicale du français en vietnamien En effet, la visite d'une vingtaine de librairies générales et spécialisées

au Vietnam, sans compter des libraires en ligne, nous a montré que la chance de trouver un dictionnaire médical franco-vietnamien ou un livre de référence sur ce sujet est presque nulle Les ouvrages sur la terminologie médicale ne sont plus publiés ou réédités Or, le besoin croissant d'utiliser ces ressources documentaires des étudiants, des enseignants et du personnel socio-médical, dû aux progrès de la médecine, montre un réel défi à relever dans la mise à jour des connaissances et de

la terminologie, d’ó l’urgence de réaliser des recherches sur la traduction de la terminologie médicale du français en vietnamien

Trang 19

2 Objectifs et questions de recherche

Par la présente thèse, nous cherchons à identifier les stratégies de traduction

de la terminologie médicale du français en vietnamien et espérerons ainsi contribuer

à la normalisation du système de terminologie médicale franco-vietnamien

Cet objectif nous amène à nous poser les questions de recherche suivantes : 1) Quel est l’état des lieux de la traduction de la terminologie médicale du français en vietnamien ?

2) Quelles sont les difficultés de la traduction de la terminologie médicale du français en vietnamien ?

3) Quelles sont les stratégies utilisées pour traduire correctement la terminologie médicale du français en vietnamien ?

3) Afin de résoudre ces problèmes, il est nécessaire de bien maîtriser les deux langues (la langue source et la langue cible), de se documenter sur le domaine en question (il s’agit dans ce cas de la médecine), en respectant les trois étapes de traduction dont la compréhension, la déverbalisation et la réexpression

Trang 20

4 Méthodologie de recherche

Nous employons la méthode descriptive, et ce tout en suivant l’approche qualitative et quantitative

Notre corpus de recherche se compose des documents suivants : Urgences

médicales d’Alain Larcan et Marie-Claude Laprévote-Heully (Massson, Paris,

2001) et les Actes du Colloque international des 30 ans de l'Université de Médecine

et de Pharmacie de Hai Phong sur les maladies respiratoires (il s’agit d’un

colloque coorganisé par l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) et l'Université de Médecine et de Pharmacie de Hai Phong en 2009) À ces deux documents du corpus de recherche s’ajoutent la transcription des entretiens auprès des spécialistes en Médecine, ainsi que les enquêtes en ligne menées auprès des enseignants et des étudiants des six universités de médecine du Vietnam La sélection et la construction du corpus sont basées sur les critères suivants:

1 Pertinence du thème de ces documents par rapport à celui de notre recherche: ces trois documents sont liés à la médecine, il pourrait donc y avoir une assez grande quantité de terminologie médicale

2 Disponibilité d’une traduction officielle en vietnamien

3 Variété de genres: romans, livres spécialisés et articles scientifiques

4 Public professionnel: La littérature professionnelle et scientifique est destinée à un public plus restreint tel que des experts, chercheurs, enseignants…

5 Représentativité des documents sélectionnés

Le corpus sera numérisé et analysé à l’aide des logiciels spécifiques tels que

le logiciel d'analyse sémantique et d‟extraction terminologique Tropes, et le logiciel

d‟alignement de documents You Align

En plus de l'analyse du corpus, nous avons également utilisé un autre outil de

collecte de données : l’entretien approfondi (in-depth interview en anglais) Nous

avons interviewé trois spécialistes en médecine : le professeur des universités –

Trang 21

praticien hospitalier (PUPH) Lê Nam Trà, le PUPH Đinh Xuân Anh Tuấn et la pédiatre Phạm Thị Xuân Tú, avecdes questions ouvertes sur la traduction médicale

du français en vietnamien Ces spécialistes ont été choisis parce qu'ils sont à la fois médecins et enseignants-chercheurs en médecine, et le PUPH Lê Nam Trà a notamment participé à la rédaction de quelques dictionnaires de terminologie

médicale, en particulier le Dictionnaire de Pédiatrie français - anglais - vietnamien

Les informations obtenues de ces entretiens approfondis nous ont beaucoup aidée dans la quête des réponses à nos questions de recherche

Dans ce travail, la transparence oblige, les citations sont en langue d'origine,

en vietnamien ou anglais, accompagnées de nos propres traductions

5 Structure de la thèse

Notre thèse se structure en 2 parties

La première intitulée « Fondements théoriques » se compose de deux chapitres Le chapitre 1 (« Théories de la traduction ») et le chapitre 2 (« Théories

de la terminologie ») constituent en fait le cadre théorique de notre étude, dans lequel seront présentés les éléments théoriques relatifs à notre sujet de recherche tels que les théories de la traduction, celles de la terminologie, les définitions de la terminologie, de la traduction et des stratégies de traduction Dans ces deux chapitres, l’état des lieux de la recherche dans ces deux domaines au niveau national

et international sera également abordé dans cette partie

La deuxième partie (« Études de la traduction de la terminologie médicale du français en vietnamien ») comprend 3 chapitres intitulés respectivement

« Démarches méthodologiques », « Résultats de recherche » et « Discussion »

Le chapitre 3 servira à décrire le corpus et la méthodologie de recherche qui nous permettront d’obtenir les résultats de recherche Le chapitre 4 sera consacré à l’analyse des données, aux résultats de la recherche et le chapitre 5 à la discussion

en vue d’une meilleure traduction des termes médicaux du français en vietnamien

Trang 22

PARTIE I : FONDEMENTS THÉORIQUES

La recherche n’avance qu’en s’appuyant sur les recherches antérieures et la recherche en traduction ne fait pas exception L’étude des théories de traduction fournit au chercheur des connaissances de base en la matière, et une réflexion critique de ces théories lui permet de prendre en compte leurs points forts et de limiter leurs points faibles Avec son propre travail, le chercheur contribue à son tour au progrès des recherches en traduction La première partie de notre thèse

constitue donc le cadre théorique de notre recherche avec deux grands volets : les

principales théories de la traduction et de la terminologie

CHAPITRE 1 THÉORIES DE LA TRADUCTION

Pour notre étude, l’examen de principales théories de la traduction s’avère incontournable Ainsi, nous allons voir comment la traduction est-elle définie

Les théories et les définitions de la traduction sont nombreuses et varient selon les différents chercheurs et les différentes écoles auxquelles ils adhèrent Dans

le cadre de cette thèse, nous avons choisi de présenter les plus représentatives

Selon le Dictionnaire de Didactique du français langue étrangère et seconde,

la traduction est

[…] une activité sémiotique complexe liée aux comportements de compréhension et d‟expression par les processus de déverbalisation puis de reverbalisation À l‟oral, la traduction est aussi appelée interprétation Celle-ci peut-être simultanée (donnée en même temps que parle le locuteur)

ou consécutive (immédiatement après le locuteur) La traduction est

Trang 23

généralement comprise comme un exercice de recherche d‟équivalences entre des textes exprimés en deux langues différentes […] (Cuq et al., 2003 :

(La traduction est un travail consistant à remplacer un message écrit et/ou une déclaration dans une langue par le même message et/ou une déclaration dans une autre langue)

Plus tard, en 1991, il en a donné une autre :

If I define the act of translating as transferring the meaning of a stretch or a unit of language, the whole or a part of a text, from one language to another,

I am possibly putting the problem where it belongs, viz., the meaning of meaning rather than the meaning of equivalence, identity, similarity, likeness, sameness, correspondence and so on By meaning, I am not referring to the whole meaning […] We are therefore only taking about functionally relevant meaning being transferred, leaving out all the superfluous features that can also be found in the text (Id., 1991: 27)

(Si je définis l'acte de traduire comme transférant le sens d'un segment ou d'une unité de langue, du tout ou d'une partie d'un texte, d'une langue à une autre, je pose éventuellement le problème à son origine, à savoir le sens du sens plutôt que le sens de l'équivalence, de l'identité, de la similarité, de la ressemblance, de la similitude, de la correspondance, etc Par signification, je

Trang 24

ne fais pas référence à la signification entière […] Nous ne prenons donc en compte que le sens de signification fonctionnelle transférée, en laissant de côté toutes les caractéristiques superflues que l'on peut également trouver dans le texte.)

Ces deux définitions sur la traduction, nous ont permis de comprendre son

positionnement en tant que « literalist », terme qu’il a lui-même utilisé dans son ouvrage de 1988 intitulé « A textbook of translation » En effet, par « meaning », il voulait désigner « le sémantisme des signes linguistiques » (Inyang, 2010 : 145) Sa

traduction se veut linguistique, ou sémantique selon l’appellation de Newmark même

lui-Quant à Marianne Lederer (1994 :13), co-auteure de la Théorie

Interprétative, « Défini de façon sommaire, l‟acte de traduire consiste à

„comprendre‟ un „texte‟, puis, en une deuxième étape, à „réexprimer‟ ce „texte‟ dans une autre langue » Si en anglais comme en français, le duo « sense/signification »

et « meaning/sens » prête souvent à confusion ou est considéré comme des

synonymes, la Théorie Interprétative en fait clairement la distinction

Pour Marianne Lederer,

„Signification‟ s‟applique à des mots et à des phrases isolées La signification des phrases résulte des significations lexicales et grammaticales Les significations lexicales sont décrites dans les dictionnaires Elles relèvent de la langue et représentent un „pouvoir signifier‟ non actualisé Dans les phrases, elles sont déterminées par le contexte verbal autant que par leur signification initiale au plan de la langue (Ibid., 1994 : 215)

Le terme « sens » est défini comme un « produit de la synthèse des

significations linguistiques et des compléments cognitifs pertinents d‟un segment de texte ou de discours » (Ibid., 1994 : 215-216)

Trang 25

Ainsi, nous en déduisons que pour les tenants de la TIT, le sens ne dépend pas uniquement de signes sensoriels mais c'est le résultat d'une fusion de l'aspect physique de l'énoncé et des connaissances générales du traducteur dans un contexte précis Les différences entre Newmark et les auteurs de la TIT seront détaillées dans les parties suivantes de ce travail

Dans la section suivante, nous aborderons les trois théories de traduction : la théorie de la traduction linguistique selon Peter Newmark, la théorie interprétative selon Danica Seleskovitch et Marianne Lederer et la théorie du skopos de Katarina Reiss et Hans Vermeer Ces trois théories ont été choisies non seulement parce qu’elles représentent trois approches principales de la traduction : l’approche linguistique, l’approche interprétative et l’approche fonctionnelle, mais aussi parce qu'elles sont directement liées aux problématiques traitées par cette thèse

Peter Newmark était un chercheur de renom en traduction Né le 12 avril

1916 à Brno en Tchécoslovaquie et décédé le 9 juillet 2011 au Royaume-Uni, il fut

le Doyen de la Faculté des langues du Polytechnic of Centre London de 1978 à

1981, l’année ó il est devenu professeur émérite Il a publié plusieurs ouvrages sur

la traduction dont les principaux sont : Approaches to Translation (1981), A

Textbook of Translation (1988), About Translation (1991), Paragraphs on Translation (1993), et More Paragraphs on Translation (1998)

Dans son ouvrage A Textbook of Translation (1988), Peter Newmark a listé

plusieurs méthodes de traduction en les classant en deux groupes : l’un à la visée de

la langue d’arrivée et l’autre de la langue de départ (Newmark, 1988 : 45) Sont

classées dans le premier groupe la traduction « adaptation », « libre »,

« idiomatique » et « communicative » Quant au deuxième groupe, il s’agit de la traduction « mot à mot », « littérale », « fidèle » et « sémantique » Cependant, il a

surtout approuvé les deux méthodes communicative et sémantique Il a beaucoup

travaillé là-dessus C'est d'ailleurs ce qu’il a affirmé dans son ouvrage Approaches

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to Translation : « The concepts of communicative and semantic translation represent my main contribution to general translation theory » (Newmark, 1981 :

62) (Les concepts de traduction communicative et sémantique représentent mon apport principal à la théorie générale de la traduction.)

Il propose ces définitions suivantes des deux méthodes de traduction :

Communicative translation attempts to produce on its readers an effect as close as possible to that obtained on the readers of the original (Ibid., 1981:

(La traduction sémantique tente de rendre, aussi fidèlement que le permettent les structures sémantiques et syntaxiques de la deuxième langue, la signification contextuelle exacte de l'original.)

D’après ces définitions de Newmark, la méthode communicative vise le lecteur et la méthode sémantique vise l’auteur C’est-à-dire que le premier privilège

le lecteur en mettant plusieurs indices au profit de sa compréhension

La théorie du skopos a été initiée par Hans Vermeer à la fin des années 1970

en Allemagne En grec, « skopos » signifie le but ou la visée Raková a expliqué l’origine et la caractéristique de cette théorie ainsi :

Hans Vermeer est parti en 1978 du postulat que les méthodes et les stratégies sont déterminées essentiellement par le but ou la finalité (le

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skopos) du texte à traduire La traduction se fait en fonction du skopos Mais

il ne s‟agit pas de la fonction assignée par l‟auteur du texte source, mais d‟une fonction (d‟ó le qualificatif de fonctionnelle attribué à cette théorie) prospective rattachée au texte cible et qui dépend du commanditaire de la traduction (du client) (Raková, 2014 : 112)

D’après Lavault-Olléon (2006 : 511), la théorie du skopos a été présentée par ses auteurs dans une perspective globalisante, c’est-à-dire pour tout type de texte,

cependant, « (l)a traduction littéraire semble être celle qui résiste le mieux à la

théorie du skopos » (Olléon, 2006 : 511) Dans un autre article,

Lavault-Olléon précise davantage la visée globalisante de cette théorie :

Les traducteurs fonctionnalistes allemands Katarina Reiss et Hans Vermeer ont développé la théorie du skopos, une théorie unifiante qui s‟adapte à toutes les situations d‟interaction langagières et met l‟accent sur les fonctions des textes et des traductions plutơt que sur les formes ou les contenus (Lavault-Olléon, 2008 : 12)

Dans sa critique de l’ouvrage de Vermeer (1996) intitulé « A Skopos Theory

of Translation: (Some Arguments For and Against) », Chesterman a résumé la

théorie du skopos en 3 thèses :

In a nutshell, this might be formulated as a syllogism: All actions are oriented (by definition) Translating is an action Therefore translating is goal-oriented (Chesterman, 1998 : 58)

goal-(En un mot, cela pourrait être formulé comme un syllogisme: Toutes les actions sont axées sur les objectifs (par définition) Traduire est une action Par conséquent, la traduction est axée sur les objectifs.)

Cette thèse prend en compte la théorie du skopos dans la mesure ó ses données ont été choisies en fonction de la nature des documents faisant partie du

Trang 28

corpus : il s’agit des textes scientifiques, destinés à un public professionnel et/ou académique

Marianne Lederer

La Théorie Interprétative de la traduction (TIT) est fondée sur l’observation

de la pratique de l’interprétation de conférence et de la traduction écrite par Danica Seleskovitch (1921-2001) et Marianne Lederer à l’École Supérieure d’Interprétation

et de Traduction de l’Université Paris III – Sorbonne Nouvelle, dans les années

1970 Elle est également connue sous le nom de « la Théorie du Sens » ou « la

Théorie de l‟École de Paris »

Marianne Lederer a expliqué le processus de traduction établi selon la TIT :

La théorie interprétative, sur laquelle se fondent les développements qui suivent, a établi que le processus consistait à comprendre le texte original, à déverbaliser sa forme linguistique et à exprimer dans une autre langue les idées comprises et les sentiments ressentis (Marianne Lederer, 1994 :11)

Selon Hồ Đắc Túc (2012 : 204), certains traducteurs chinois la désignent

sous le nom de « Thìch Ý Lý Luận » En vietnamien, ce chercheur l’appelle « Thuyết

Dịch Thuật Diễn Giải » ou « Thuyết Cảm ý » et la définit ainsi :

Thuyết Cảm ý là một phương pháp dịch thuật dựa theo trính tự ba bước sau : (1) « hiểu ý » (comprehension), (2) « ly từ » hay « thoát ly nguyên ngữ » (deverbalization), và (3) « tái diễn ý » (reformulation/reexpression) (Ibid.,

2012 : 209)

(La Théorie du Sens est une méthodologie de traduction fondée sur trois étapes successives suivantes : (1) la compréhension, (2) la déverbalisation et (3) la réexpression.)

Trang 29

Il s’agit en effet de trois phases principales dans le processus de traduction selon les auteures de cette théorie : la compréhension, la déverbalisation et la réexpression

Si Hồ Đắc Túc choisit de traduire en vietnamien le nom de cette théorie à

partir de celui de « Théorie du Sens » (Thuyết Cảm ý), le chercheur Đinh Hồng Vân,

quant à lui, propose une autre appellation vietnamienne de la Théorie

Interprétative : « Lý thuyết dịch nghĩa » (Đinh Hồng Vân, 2010a : 216) Plus tard, il l’appelle « Lý thuyết dịch nghĩa ngôn bản » (Đinh Hồng Vân, 2017 : 605) À propos

de cette théorie, il a écrit ainsi :

Le grand mérite de Danica Seleskovitch et de Marianne Lederer, les deux auteurs de cette théorie, est d‟avoir démontré l‟importance et le caractère naturel de ce processus dans lequel le traducteur doit disposer d‟un certain savoir : la connaissance de la langue du texte, la compréhension du sujet, la maîtrise de la langue de rédaction, mais aussi une méthode, des réflexes bien éduqués, qui vont lui permettre d‟adopter à l‟égard du texte l‟attitude qui aboutira au meilleur résultat par la recherche d‟équivalences, sans se laisser

enfermer dans les simples correspondances (Đinh Hồng Vân, 2010: 143)

Selon Choi Jungwha, la TIT est construite de quatre piliers:

1) command of the native language, 2) command of the source language, 3) command of relevant world and background knowledge and 4) command of interpreting methodology (Choi, 2003 : 2)

(1) maîtrise de la langue maternelle, 2) maîtrise de la langue source, 3) maîtrise des connaissances générales et du monde et 4) maîtrise de la méthodologie d'interprétation)

En effet, selon cette auteure, les traducteurs et interprètes doivent tout d’abord maîtriser leur langue première dans toutes ses nuances et subtilités, et ensuite maîtriser leur langue seconde, ce qui représente une tâche plus difficile car à

Trang 30

part le système phonologique et grammatical plus ou moins clos, le lexique nécessite un apprentissage à vie, tout comme les connaissances générales Concernant le quatrième pilier, Choi Jungwha souligne la distinction entre la TIT et

la plupart des autres théories de traduction :

In this regard, the Interpretative Theory differs from most other theories as it posits that methodologically the process of translating requires an understanding of sense (language meaning + cognitive complements) and a formulation of the translation on the basis of the synecdoche principle

(Choi, 2003 : 2)

(À cet égard, la Théorie Interprétative diffère de la plupart des autres théories

en ce qu'elle postule que, d'un point de vue méthodologique, le processus de traduction nécessite une compréhension du sens (sens du langage + compléments cognitifs) et une formulation de la traduction sur la base du principe de synecdoque.)

Selon les auteures de la TIT, le processus traductif exige d’abord la compréhension du sens et puis une reformulation en se basant sur le principe de la

synecdoque La notion du « sens » et le principe de la synecdoque figurent parmi les

notions clés de la Théorie Interprétative En vietnamien, Hồ Đắc Túc l’appelle

« nguyên lý hoán nghĩa », tandis que Nguyễn Thiện Giáp traduit « synecdoche » de l’anglais en vietnamien « cải dung » (Nguyễn Thiện Giáp 2008 : 320), c’est-à-dire

un type de métonymie qui exprime la totalité par la partie et vice versa Le principe

de la synecdoque doit son nom à la rhétorique Par ce principe qui se manifeste dans les langues et le discours, Marianne Lederer affirme :

Le fait que différentes langues exigent des synecdoques différentes pour désigner les mêmes objets concrets ou abstraits est une des raisons pour lesquelles une traduction par correspondances généralisées n‟est pas possible (Lederer 1994 : 216)

Trang 31

En effet, Marianne Lederer plaide pour la traduction par équivalence, sans pour autant nier la présence de celle par correspondance dans certains cas En même temps, la co-auteure de la TIT souligne la distinction entre les équivalences et les correspondances :

On voit […] la différence essentielle entre équivalences et correspondances : les premières s‟établissent entre textes, les secondes entre des éléments linguistiques, mots, syntagmes, figements ou formes syntaxiques (Ibid.,

Elle a répété et réaffirmé cette idée plusieurs fois dans le même ouvrage:

La traduction des textes par équivalence est la règle, mais au sein de formules équivalences se retrouvent toujours les correspondances ponctuelles […] (Ibid., 1994 : 73)

Il arrive en revanche souvent que les mots gardent dans un texte leur identité

et que leur signification, conservant ses droits, exige une correspondance Il

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peut s‟agir de mots choisis délibérément, d’une liste de mots ou encore de

termes techniques au référent précisément cerné Si ces mots possèdent des

homologues dans les autres langues, ils sont traduits par correspondances

(Ibid., 1994 : 67)

Cette affirmation rejoint celle de Danica Seleskovitch, que les lecteurs

pourraient mieux comprendre après avoir étudié les deux notions correspondance a

priori et correspondance a posteori En effet, la TIT distingue la correspondance a priori de celle a posteori La description de D Seleskovitch sur la traduction par correspondance a priori mène son audience à une image figurative et intelligible de

ce phénomène :

Je dis aux étudiants qu‟en entendant le discours j‟ai l‟impression de faire une brioche aux raisins : je triture, je malaxe, j‟amalgame les ingrédients du discours comme je ferais des ingrédients de la pâte ; mais les raisins secs que j‟ajoute à la pâte résistent au malaxage comme à la cuisson et se retrouvent sous une forme identifiable dans le produit fini : de même se retrouve dans l‟autre langue les mots dont le discours ne modifie pas l‟identité significative qui est la leur hors contexte (Seleskovitch, 1975 : 30)

Dans cette acception, elle parle de "l‟identité significative" et "hors

contexte" En effet, selon Seleskovitch, le phénomène concerne la traduction des

chiffres, des noms propres, des énumérations et des termes techniques Ces derniers doivent être traduits par leurs correspondances dans la langue cible afin de conserver le sens du texte de départ Comme ces éléments ne changent pas de signification hors contexte, il convient de leur trouver une correspondance dans le texte traduit et non de les interpréter afin d’en trouver la traduction comme dans les autres cas

Pour la correspondance a posteori, M Lederer affirme qu’en comparant le

texte de départ et le texte d’arrivée, certaines correspondances peuvent être établies

a posteori Il s’agit du « fruit de l‟actualisation dans les textes d‟aspects pertinents

Trang 33

de la réalité extra-linguistique exprimés par des mots qui se correspondent »

(Lederer 1994 : 72-73)

Ainsi, nous pouvons déduire que selon la TIT, la traduction par équivalences

et la traduction par correspondances peuvent coexister, avec une priorité particulière accordée à la première

1.4.1 Implicite et explicite en traduction

À propos de la question de l’implicite et de l’explicite en traduction, Marianne Lederer affirme qu’:

On communique en utilisant un certain explicite, qui s‟appuie sur l‟implicite qu‟il charrie, pour faire passer l‟intégralité de la chose désignée, c‟est à dire

le sens On fait confiance, pour le faire apparaỵtre, au savoir que l‟on sait exister chez les interlocuteurs auxquels on s‟adresse (Lederer, 2002 : 17-

34)6

En effet, une traduction correcte et efficace repose sur la compétence du traducteur de pouvoir utiliser avec tacte l’explicite et l’implicite De son cơté, Đinh Hồng Vân se joint au propos de Marianne Lederer en soulignant que :

Autrement dit, le sens d‟un texte ne se limite pas à l‟explicite, donc à ce qui est dit dans l‟énoncé du message, mais doit englober aussi ce qui est implicite La compréhension de l‟explicite linguistique d‟un texte dépend de

la maỵtrise de la langue par le traducteur Mais la pensée s‟exprime souvent par des formes complexes, jamais totalement explicites car lorsqu‟il formule son vouloir-dire, le locuteur tient compte naturellement des connaissances communes entre son interlocuteur et lui-même pour n‟apporter que des éléments complémentaires à ce que son interlocuteur sait déjà (Đinh Hồng

Vân, 2010 : 169)

6 Lederer, M (2002) « Correspondances et équivalences Faits de langue et faits de discours en traduction »

in Isrặl, F (dir) (2002) Altérité, identité, équivalence Paris : Minard lettres Modernes, pp 17-34

Trang 34

Ainsi, les connaissances linguistiques sont indispensables à la compréhension de l’implicite, et permettent par conséquent de produire une traduction satisfaisante Pour ce faire, le traducteur doit bien maîtriser ses langues

de travail et disposer de connaissances générales pertinentes ainsi que de celles du domaine de spécialité en question

1.4.2 Validité de la Théorie Interprétative de la Traduction

La TIT a été critiquée par plusieurs chercheurs, dont Baylon et Fabre (1978), Peter Newmark (1982), Giles (1995), Anthony Pym (1997), etc Notamment, selon

Hồ Đắc Túc (2012 : 217), Peter Newmark a critiqué la Théorie Interprétative à propos du manque de preuve scientifique sur la phase de déverbalisation En effet,

en adhérant à la traduction linguistique, Newmark s’oppose aux principes de la Théorie Interprétative et a émis la critique suivante :

The basis of Seleskovitch‟s theory is unsound Translation and interpretation have to be based on words, sentences, linguistic meaning, - because […] they have no other material foundations Meaning does not exist without words

(Newmark, 1982 : 98)

(La base de la théorie de Seleskovitch n’est pas solide La traduction et l'interprétation doivent être basées sur des mots, des phrases, une signification linguistique - car […] ils n'ont pas d'autres fondements matériels Le sens n'existe pas sans les mots.)

En réponse à cette critique, Marianne Lederer évoque le principe de la synecdoque afin d’infirmer l’exactitude d’une traduction fondée purement sur les mots À propos de la critique de Newmark sur l’immatérialité de la Théorie Interprétative, fondée sur le sens plutôt que sur les mots, Lederer rappelle également que :

Trang 35

[…] pour la Théorie Interprétative, traduire le sens ne signifie pas traduire

ce qu‟on croit être « l‟intention » de l‟auteur, ni commenter le texte ou en faire l‟exégèse, mais s‟en tenir strictement à faire passer le vouloir dire de l‟auteur (Lederer, 2016 : 25)7

De plus, sa validité a été prouvée à travers des recherches dans d’autres domaines, dont la neurologie En effet, selon les études en neurologie ont permis d’éclairer cette phase par les activités cérébrales enregistrées entre cette étape de passage entre les deux langues dans le processus de traduction :

En fait, seule la traduction était accompagnée d‟une augmentation de l‟activation au niveau de régions cérébrales associées à la prise de décision,

et d‟une diminution de l‟activation des régions associées au sens des mots

La traduction a également augmenté l‟activation de régions cérébrales associées à l‟articulation Par contre, le passage entre les deux langues a été accompagné par une augmentation de l‟activation de régions cérébrales associées au recodage phonologique Il est également intéressant de signaler

le fait que, au cours de ces travaux, la traduction fut accompagnée d‟une diminution de l‟activation de régions associées au processus sémantique par comparaison à la lecture, indépendamment de la direction de la traduction (directe ou inverse) ou de la fréquence d‟occurrence des mots utilisés dans le protocole expérimental (Price, Green et Von Studnitz, 1999 : 2221-2235,

cités dans Périclès Papavassiliou, 2007 : 34-35)

D’ailleurs, selon Marianne Lederer (2016 :16), de 1974 à 1982 Danica Seleskovitch a travaillé avec le neurologue Jacques Barbizet avec qui elle a écrit un

livre intitulé « Le langage et la pensée » Malgré leur entente intellectuelle,

l’ouvrage est resté inachevé à cause de la disparition prémature du neurologue Toutefois, cette collaboration a permis à Seleskovich d’obtenir des éclaircissements

7 Lederer 2005, cependant cette citation est extraite de son article que l’auteure elle-même a mis en ligne sur Research Gate plus tard en 2016, nous mentionnons donc la référence suivante Lederer 2016 : 25

Trang 36

sur ses questions Les recherches de Jacques Barbizet expliquent « le

fonctionnement de la mémoire, la façon dont se constituent les connaissances ainsi que la coexistence d‟une activité non verbale à côté de l‟activité langagière […].»

(Ibid., 2016 : 17)

La mémoire est un des facteurs importants qui conditionnent le processus de traduction Elle est donc prise en compte dans le travail de Seleskovitch et Lederer Marianne Lederer souligne :

Son modèle (celui du neurologue Barbizet)8

du fonctionnement du langage et

de la mémoire nous semble, encore trente ans après, particulièrement probant et n‟a d‟ailleurs à notre connaissance pas été invalidé jusqu‟à ce jour par le progrès de la neurologie (Ibid., 2016 : 17)

En effet, selon Barbizet:

On peut, s‟autorisant d‟une simplification sans doute abusive, distinguer trois ordres, trois niveaux d‟organisation dans le cerveau : 1 La partie postérieure de l‟hémisphère droit pour certaines conduites opératoires ; 2

La partie postérieure de l‟hémisphère gauche pour l‟ensemble des conduites verbales et certains aspects des conduites opératoires ; 3 Les lobes frontaux, unis aux précédents et entre eux, sièges de représentations encore plus complexes et support de l‟activité idéïque (Barbizet, 1966 : 45-46, cité dans Ibid., 2016 : 17)

À propos des critiques concernant la déverbalisation de la TIT, le chercheur vietnamien Hồ Đắc Túc affirme qu’elles ne sont pas toutes fausses, sans pour autant rejeter la validité de cette théorie et admet d’ailleurs l’efficacité de cette phase de la TIT :

Tuy nhiên nếu ta coi quan niệm ly từ như một phương cách để ứng dụng trong dịch thuật, một đơn thuốc phải uống (prescriptive), thí phương pháp

8 Notre précision

Trang 37

cảm ý rất hữu ìch khi đào tạo hay tím phương pháp dịch, đặc biệt trong ứng dụng dịch nói Trong dịch viết, người dịch „ly từ‟ khó khăn hơn ví nguyên tác vẫn hiện diện, không biến mất như lời nói Tuy vậy hiểu khái niệm này giúp người dịch không bị cấu trúc ngôn ngữ nguồn ảnh hưởng một cách máy móc khi chuyển qua ngôn ngữ đìch (Hồ Đắc Túc, 2012: 218)

(Cependant si nous considérons la déverbalisation comme une stratégie en vue d’une application en traduction, une prescription de médicaments à administrer, la méthode interprétative est très efficace dans la formation ou dans la recherche de méthodologie de traduction, notamment en traduction orale En traduction écrite, le traducteur déverbalise plus difficilement car l’original est toujours présent, n’ayant pas disparu comme la parole Toutefois comprendre la déverbalisation écarte le traducteur de l’influence de

la structure linguistique de la langue source dans la traduction vers la langue cible.)

Hồ Đắc Túc en conclut ainsi :

Nói cách khác, trong khi skopos chú trọng yếu tố bên ngoài (external factor), dịch làm sao để đáp ứng mục đìch yêu cầu của hành động dịch ; thí phương pháp cảm ý chú trọng truyền tải nội dung của ngôn ngữ nguồn, làm sao chuyển tải nội dung ấy một cách trung thực và dễ hiểu nhất bằng ngôn ngữ đìch Như vậy, ý chình của Thuyết Cảm Ý là coi dịch thuật để phục vụ con người chứ không phải phục vụ ngôn ngữ (Hồ Đắc Túc, 2012 : 219)

(Autrement dit, si la théorie du Skopos se concentre sur le facteur externe, c’est-à-dire comment traduire afin de satisfaire l’objectif demandé de l’acte traduisant ; la méthode interprétative se focalise sur la transmission du message de la langue source, c’est-à-dire comment transmettre ce message d’une manière la plus correcte et la plus intelligible Ainsi, l’essentiel de la théorie du Sens repose sur le fait que la traduction est au service de l’homme

et non du langage.)

Trang 38

1.4.3 Recherches sur la Théorie Interprétative de la Traduction dans le

monde

La TIT a été fondée à l’Ecole Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs (ESIT) – Université Paris III Sorbonne Nouvelle, ce qui explique le nombre important de recherches réalisées sur cette théorie et ses applications dans des divers domaines de spécialité De nombreux ouvrages et articles des enseignants-chercheurs de l’ESIT ont été publiés9, parmi lesquels se trouvent les ouvrages de Danica Seleskovitch, Marianne Lederer – les auteures de cette théorie Plusieurs thèses ont été également réalisées à travers le temps, contribuant à la validation de cette théorie qui a été critiquée par plusieurs traductologues (cf la partie 1.1.4.2 de

ce travail) Nombre de thèses sur l’application de la TIT dans la traduction de différents types de textes (textes littéraires, œuvres dramatiques, etc.) et sur la validité de la TIT ont été soutenues à l’ESIT : Inyang Enobong (2010), Zhang Xiangyun (2006), Xie Sitian (2000), Yan Su Wei (1994), Laplace Colette (1992), Zhao He-Ping (1989)

La liste ci-dessus montre un intérêt particulier de plusieurs chercheurs asiatiques (et notamment des chercheurs chinois) à propos de la TIT En effet, cette théorie a été introduite en Chine peu après sa naissance dans les années 1970 D’après Yue Zhao (2014 :1748), en Chine, Sun Huishuang était le premier à étudier

la TIT avec sa traduction chinoise de l’ouvrage Interpretive Skills en 1979

D’ailleurs, le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL), lui aussi, est traduit du français en chinois en appliquant les stratégies de la TIT (cf

Fu Rong 2010) Et au Vietnam depuis 1995, avec l'ouverture du Centre d'Interprètes

et de Traducteurs (CFIT) - Académie diplomatique du Vietnam, les meilleurs interprètes français-vietnamiens travaillant au Ministère de Affaires Etrangères du Vietnam sont diplômés de ce CFIT, bien connu dans ce secteur

9 La liste des publications de l’ESIT est consultable en ligne : 47878.kjsp?RH=1258732372442&RF=1258732372442

Trang 39

http://www.univ-paris3.fr/publications-esit-1.4.4 Justification de l’application de la Théorie Interprétative dans la

traduction de la terminologie médicale du français en vietnamien

D’une part, à propos des applications de la Théorie du Sens, Choi Jungwha (2003 : 13) affirme que cette théorie est applicable pour toutes les combinaisons de langues puisqu’elle est linguistiquement indépendante Elle est donc éligible pour la traduction du français en vietnamien D’autre part, Choi Jungwha ajoute que cette théorie est valable non seulement en traduction fonctionnelle mais également dans plusieurs domaines :

The methods advocated by the Interpretive Theory of Translation are not only valid for functionnal translation, but also for economic, political, technical, scientific or commercial texts There is no a priori obstacle to applying the Interpretative Theory to literature or poetry, as long as the transfer of linguistic elements from one text to another is considered as being not translation but transcoding, the result of which is show readers of the translations the peculiarities of the original language The other condition is

to define translation as a text that should produce the same cognitive, affective and esthethic effects on readers as the original text does (Choi,

2003: 13)

(Les méthodes préconisées par la théorie interprétative de la traduction sont valables non seulement pour la traduction fonctionnelle, mais également pour les textes économiques, politiques, techniques, scientifiques ou commerciaux Il n’existe aucun obstacle a priori à l’application de la théorie interprétative à la littérature ou à la poésie, tant que le transfert d’éléments linguistiques d’un texte à un autre ne soit considéré comme une traduction mais un transcodage, ce qui a pour conséquence de montrer aux lecteurs de la traduction les particularités de la langue d'origine L'autre condition est de définir la traduction comme un texte qui devrait produire chez les lecteurs les mêmes effets cognitifs, affectifs et esthétiques que le texte original.)

Trang 40

Cette affirmation souligne l’application pluridisciplinaire de la Théorie du Sens, que ce soit dans les domaines techniques, scientifiques, économiques ou dans

le domaine littéraire, tout en assurant les effets cognitifs, affectifs et esthétiques produits par la traduction tels dans l’original Il est donc possible d’appliquer cette théorie dans la traduction médicale Marianne Lederer, quant à elle, a également jugé possible cette application pluridisciplinaire en expliquant que :

Toutes les recherches effectuées à l‟ESIT tendent à prouver que la

traduction par équivalences (celle prơnée par la TIT) a une validité générale quelques soient les langues ou les types de textes, littéraires ou techniques, textes de fiction ou de réalité (Marianne Lederer, 1994 : 52)

Pour nous, la TIT répond aux besoins de la traduction des terminologies, et plus particulièrement la terminologie médicale, dans la mesure ó elle met l’accent sur l’importance de la connaissance du sujet et la connaissance de la langue, tout en

affirmant que « […] traduire n‟est pas transcoder mais comprendre et exprimer » (Seleskovitch & Lederer, 1986 : 19) Pour les auteures de cette théorie, « […] la

non connaissance des acceptions techniques des termes peut empêcher la compréhension d‟une phrase ; en fait cette ignorance se fond avec un autre type d‟ignorance, celle du sujet » (Ibid., 1986: 19)

Seleskovitch et Lederer en conclurent ainsi :

[…] il ne suffit pas de savoir une langue pour comprendre ce qui s‟y dit et être à même de le traduire En effet, le processus de compréhension de l‟énoncé linguistique repose sur deux ordres de connaissances, les connaissances tout court, c‟est-à-dire à chaque fois les connaissances pertinentes qu‟évoque l‟énoncé, et la connaissance de la langue L‟appréhension du sens dépend de l‟adéquation de ces deux sortes de connaissances par rapport à la nouveauté apportée par le fait linguistique

(Ibid., 1986 : 20)

Ngày đăng: 14/02/2021, 13:57

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