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La grammaire en chanson cas des temps du passe pour les collegiens du programme bilingue

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Cette interrogation se transforme progressivement en sujet de recherche que je souhaiterais développer dans mon mémoire de Master, lequel sera intitulé « La grammaire en chanson – Cas de

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BỘ GIÁO DỤC VÀ ĐÀO TẠO TRƯỜNG ĐẠI HỌC SƯ PHẠM TP.HỒ CHÍ MINH

Nguyễn Thị Tố Như

LA GRAMMAIRE EN CHANSON CAS DES TEMPS DU PASSÉ POUR LES COLLÉGIENS

DU PROGRAMME BILINGUE

LUẬN VĂN THẠC SĨ KHOA HỌC GIÁO DỤC

Thành phố Hồ Chí Minh – 2017

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BỘ GIÁO DỤC VÀ ĐÀO TẠO TRƯỜNG ĐẠI HỌC SƯ PHẠM TP.HỒ CHÍ MINH

Nguyễn Thị Tố Như

LA GRAMMAIRE EN CHANSON CAS DES TEMPS DU PASSÉ POUR LES COLLÉGIENS

DU PROGRAMME BILINGUE

Chuyên ngành: Lí luận và phương pháp dạy học bộ môn tiếng Pháp

Mã số: 60 14 01 11

LUẬN VĂN THẠC SĨ KHOA HỌC GIÁO DỤC

NGƯỜI HƯỚNG DẪN KHOA HỌC

TS NGUYỄN THỨC THÀNH TÍN

Thành phố Hồ Chí Minh – 2017

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LỜI CAM ĐOAN

Tôi xin cam đoan đây là công trình nghiên cứu của riêng tôi Mọi sự giúp đỡ cho việc thực hiện luận văn này đã được cảm ơn và các thông tin trích dẫn trong luận văn đã được ghi rõ nguồn gốc

Học viên thực hiện luận văn

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REMERCIEMENTS

Pour commencer, je veux adresser mes profonds remerciements à mon directeur de mémoire, Monsieur NGUYỄN THỨC ThànhTín, pour sa grande disponibilité, son aide précieuse, ses encouragements au cours de la rédaction de ce mémoire et pour le temps

qu’il m’a consacré J’ai beaucoup appris avec lui

Je désire aussi remercier les professeurs de l’Université de Pédagogie à ville Ils m’ont fourni les outils et les connaissances nécessaires à la réussite de mes études post-universitaires

HoChiMinh-Enfin, j’adresse mes sincères remerciements à ma famille et à mes amis, qui m’ont accompagnée, aidée, soutenue et encouragée tout au long de la réalisation de ce mémoire

NGUYỄN THỊ Tố Như

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SOMMAIRE

INTRODUCTION 1

CHAPITRE 1 : LA TEMPORALITÉ 3

CHAPITRE 2 : LES TEMPS DU PASSÉ 16

CHAPITRE 3 : LA CHANSON À RÉCIT 27

CHAPITRE 4 : CADRE DIDACTIQUE 36

CHAPITRE 5 : L’ANALYSE DU CONTEXTE DE L’ENSEIGNEMENT 45

CHAPITRE 6 : PROPOSITION DIDACTIQUE 54

CONCLUSION 73

BIBLIOGRAPHIE 78

SITOGRAPHIE 82

ANNEXES 87

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Enseignante de français pour ce programme, je constate une mauvaise maỵtrise des connaissances du français chez mes collégiens Ils se heurtent à des difficultés dans la phonétique, le lexique, la grammaire au cours de leur apprentissage du français La plus grande difficulté de ce public, c’est l’emploi des temps du passé (le passé composé, le passé simple et l’imparfait) Les temps sont les plus utilisés dans la langue française mais ces conceptions n’existent pas dans la langue vietnamienne

Le second souci que je me fais au sujet de ma pratique enseignante, c’est comment donner à mes élèves l’envie d’apprendre le français, comment les captiver et comment rendre mon enseignement efficace Des années passent et je constate une démotivation due à plusieurs raisons objectives et subjectives, dans l’apprentissage du français chez les apprenants adolescents Le manque de pratique de la langue, le surcharge du programme bilingue, la complexité de la langue française, la paresse des élèves, la méthodologie… sont connus comme des facteurs qui empêchent l’acquisition de la langue À mon expérience sur la tranche d’âge de 11 – 15 ans, la plupart des élèves adorent les chansons, surtout celles qui racontent des petites histoires d’amour Ils adorent les séances ó l’enseignant les expose à des exercices à trou en musique Certains élèves s’adonnent même à la transcription des paroles de chansons

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Peut-on mettre la chanson au service de la grammaire, question de joindre l’utile à l’agréable ? Cette interrogation se transforme progressivement en sujet de recherche que

je souhaiterais développer dans mon mémoire de Master, lequel sera intitulé « La grammaire en chanson – Cas des temps du passé pour les collégiens du programme bilingue »

Le choix des temps du passé est expliqué par leur présence régulière dans le récit et

la description En outre, l’inexistence de ces temps dans la langue vietnamienne, entraînant les difficultés dans la compréhension et l’emploi, en est aussi une autre raison

Et comme je suis enseignante pour le programme bilingue au collège Colette, le public choisi est les collégiens des classes bilingues Cette recherche sert ainsi à rendre mon enseignement plus efficace

Mes questions de recherche sont les suivantes :

- Quels rôles assument les temps du passé dans un récit ?

- Comment les chansons à récit peuvent-elles favoriser l’acquisition des temps du passé ?

- Comment s’organise une séquence didactique mobilisant les chansons à récit au service de ce point grammatical ?

Pour ce sujet, je m’appuie d’une part sur l’aspect ludique des chansons qui pourrait être une source de motivation chez les collégiens, et de l’autre sur la structure narrative d’un certain nombre de chansons qui illustre à merveille les emplois des temps du passé L’objectif de ce travail est évidemment l’amélioration de l’enseignement de la grammaire grâce au support musical

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CHAPITRE 1

LA TEMPORALITÉ

Ce chapitre sert de cadre théorique pour notre travail En effet, il vise à introduire des notions linguistiques indispensables pour notre étude des temps du passé ainsi que pour nos exploitations didactiques

- Selon le point de vue de GUILLAUME1, la temporalité peut être considérée

comme un phénomène associé à la chronogenèse, à savoir la formation de

l’image-temps dans la pensée humaine Cette expression linguistique est donc constituée du

temps, de l’aspect et du mode

- Quant à MARTINET, dans sa Grammaire fonctionnelle du français2, la temporalité correspond à la modalité verbale À côté des classes telles que temps, aspect, mode, il y ajoute la voix et la vision et les intègre parmi les déterminants grammaticaux du verbe

1GUILLAUME G., 1965, Temps et verbe Théorie des aspects, des modes et des temps, 1ère éd 1929, 134 pages suivi

de L'architectonique du temps dans les langues classiques, 1ère éd, 1943, Honoré Champion, Paris, 66 pages

2 MARTINET A (dir.), 1979, Grammaire fonctionnelle du français, Crédif, Paris, Didier, pp 103-109

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- Certains linguistes dont GOSSELIN 1considèrent que la temporalité est véhiculée par le temps et l’aspect alors que le mode appartient à la modalité

On peut donc voir que la temporalité est étudiée par plusieurs auteurs et peut varier d’un grammairien à l’autre Le problème sort de la différence terminologique mais réside donc dans les composantes de ce que nous appelons par « temporalité » Leur seul point commun est que celle-ci est intrinsèque de la catégorie verbale et que le temps et l’aspect

y sont présents, quelle que soit la conception

1.2 Le temps

« Temps » et « espace » sont deux dimensions universelles Depuis toujours, l’homme a le besoin de localiser les objets dans l’espace et les faits dans le temps Cependant, si la localisation spatiale peut être représentée facilement et concrètement par les outils graphiques, il n’en est pas de même pour la location temporelle qui ne serait représentée que psychologiquement On emprunte la plupart du temps la dimension spatiale pour représenter le temps

Le temps est aussi une notion linguistique, complexe et abstrait Le « temps » en français est polysémique car il peut désigner à la fois plusieurs significations, de la chronologie au concept « temps linguistique » en passant par la forme grammaticale du verbe entre autres Les choses seraient plus faciles dans les autres langues quand elles ont des vocables distincts pour désigner chacune des catégories de « temps » Les Anglais ont

par exemple time pour le temps chronologique et tense pour les temps du verbe ; les Allemands distinguent aussi Zeit et Tempus

Comme le terme est polysémique, ses définitions varient en conséquence et selon les auteurs :

1 GOSSELIN L., 2005, Temporalité et modalité, coll Champs linguistiques, Duculot, Bruxelles, 257 pages

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- D’après la définition de Dictionnaire de linguistique1de DUBOIS, le temps réel

désigne le continuum qui procède du déroulement et de la succession des

existences, des états et des actions, c’est le temps réel dont la perception serait exprimée par le temps grammatical

- Par ailleurs, DUBOIS utilise aussi le qualificatif « grammatical » pour désigner le

temps Cette catégorie de temps est donc une catégorie grammaticale

généralement associée au verbe et qui traduit diverses catégorisations du temps

“réel” ou “naturel” Souvent, cette catégorie oppose le présent, moment de l’énoncé produit (ou “maintenant”) au non-présent, ce dernier pouvant être le passé, avant le moment de l’énoncé (“avant maintenant”), et le futur, après le moment de l’énoncé (“après maintenant”) : ce sont les temps absolus (en relation

à la personne qui parle) Mais le présent est aussi le non-passé et le non-futur, ce

qui le rend propre à traduire les vérités intemporelles Ainsi, ce temps, selon

l’auteur, est considéré comme une catégorie grammaticale en une relation étroite avec le verbe

- Quant au point de vue de GALICHET2, le temps est envisagé par rapport à une chronologie établie en référence à des points de repère choisis par le locuteur Il

estime que la catégorie verbale ne vise à exprimer ni le temps physique, ni la durée

psychologique Elle consiste simplement à situer le procès par rapport à certains points choisis C’est en somme une catégorie de la succession : elle marque l’antériorité, la contemporanéité ou la postériorité par rapport à une origine convenue C’est donc le temps chronologique

- CHARAUDEAU, dans sa Grammaire du sens et de l’expression3, estime que le

temps n’exprime pas seulement une donnée de l’expérience mais le résultat d’une

1DUBOIS J et al., 1994, éd 2001, Dictionnaire de linguistique, Paris, Larousse-Bordas, p.478

2 GALICHET G., 1973, Grammaire structurale du français moderne, 5e éd., Paris, Hatier, p 94

3 CHARAUDEAU P., 1992, Grammaire du sens et de l’expression, Paris, Hachette, pp 446-447

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construction-représentation du monde, à travers le langage Le temps est, pour lui,

linguistique quand celui-ci est associé aux processus qui décriventce qui survient

dans l’univers, ce qui se produit dans le temps et modifie un état des choses Le

temps linguistique est donc une construction-représentation qui structure

l’expérience du continuum temporel, dans le même instant qu’il exprime et qui s’organise autour d’une référence unique : la situation du sujet parlant au moment

ó il parle

- WILMET1 distingue « temps extra-linguistique » (cosmique, climatique, etc.),

« temps linguistique », « temps verbal » et « temps de conjugaison » (ou « temps morphologique »)

1.3 Le système temporel

Tout comme « temps », le système temporel connaỵt une multiplicité de représentations selon les auteurs Nous reproduisons ci-dessous deux points de vue, à titre

d’exemple, d’IMBS et de GOSSELIN, afin de mettre en évidence une certaine

convergence dans le mode de conception de ce système en français

Selon IMBS2, le terme « temps » désigne à la fois les formes du verbe et les valeurs

de ces formes Il affirme donc qu’il existe deux façons de localiser temporellement le procès, lesquelles sont exprimées par les formes personnelles du verbe :

- La localisation dans le temps indivis : le temps ne présente pas de divisions mais renferme toutes les époques du temps et qui est un temps omnitemporel

- La localisation dans le temps divisé en époques : c’est le temps qui peut aussi être

considérée comme une série d’époques se succédant sur la ligne progressive du temps ; chacune des époques exprime une division du temps (IMBS, 1960 : 4) Ces

1WILMET M., 1997, éd 2003, Grammaire critique du français, 3e éd., Belgique, Duculot, 758 pages

2IMBS P., 1968, L’emploi des temps verbaux en français moderne Essai de grammaire descriptive, Paris,

Klincksieck, 269 pages

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époques sont au nombre de trois : passé, présent et avenir De plus, très importantes, ces trois grandes divisions doivent se baser sur une origine et expriment toujours des relations

IMBS représente cette seconde localisation par les systèmes temporels de la manière

Se rejoignant à cette conception, GOSSELIN désigne le système primaire par le

temps absolu et les systèmes secondaires par le temps relatif

Le temps (la localisation temporelle) peut être absolu ou relatif Il est absolu lorsque le procès (état, activité…) est situé par rapport au moment de l’énonciation (comme présent, passé ou futur) ; il est relatif quand le procès est situé par rapport

à un autre procès (comme antérieur, simultané ou ultérieur)

GOSSELIN (1996 : 9)

GOSSELIN partage le même point de vue mais en plus, il présente un point

nouveau dans ce concept Ce sont les systèmes d’intervalles qui servent à expliquer et justifier le temps absolu et le temps relatif Ce dispositif sera approfondi un peu plus tard dans ce même chapitre

1.4 Relief temporel ou perspective temporelle

WEINRICH propose un point de vue nouveau sur le système des temps français en

les analysant à deux niveaux : formel et sémantique

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- Au niveau formel concernant la conjugaison des verbes, WEINRICH distingue les

temps simples et les temps composés

- Au niveau sémantique, le temps recouvre trois dimensions de signification selon lesquelles s’organise le système français des temps : la perspective temporelle1, le registre temporel et le relief temporel

Le registre temporel étant abordé dans la partie qui suit, notre attention porte sur cette troisième dimension : le relief temporel réside dans la distinction du premier plan et

de l’arrière-plan qui est étudiée plutơt dans des textes narratifs Ainsi les temps plan désignent les faits « en bas-relief », alors que les temps de premier plan appartiennent à la narration

d’arrière-Pour ce concept, partageant tout à fait le point de vue avec WEINRICH, MAINGUENEAU reprend aussi les termes de « premier plan » et d’« arrière-plan » propres à WEINRICH, mais son regard est nuancé:

La littérature contemporaine s’affranchit souvent des règles de l’économie romanesque classique, dont la « mise en relief » est un des maillons essentiels C’est ainsi qu’on peut rencontrer des textes ó l’opposition entre “premier plan” et

“arrière-plan” se trouve neutralisée Une telle neutralisation ne saurait se faire au profit des formes perfectives, tout à fait impropres à exprimer autre chose que des procès ponctuels Il s’agira donc de textes à l’imparfait ou au présent ; comme l’imparfait employé seul s’interprète spontanément comme itératif, c’est donc le présent qui se trouve concerné

MAINGUENEAU (1993 : 63)

1 Selon WEINRICH (1989), la perspective temporelle (rétrospective vs prospective) est définie comme le rapport entre le temps du texte et le temps de l’action (ou de l’événement) La perspective temporelle sera dite rétrospective

si le temps du texte est postérieur au temps de l’action ; et sera dite prospective dans le cas contraire Quand le temps

du texte cọncide avec le temps de l’action, la perspective temporelle deviendra simultanée

Trang 14

En résumé, selon notre conception, le premier plan se caractérise par la présentation des événements saillants, ceux qui constituent le squelette de l’histoire Il est exprimé par les temps verbaux comme le passé composé ou le passé simple Quant à l’arrière-plan, c’est une sorte de description du cadre de l’histoire, les faits sont secondaires par rapport aux événements principaux L’imparfait y serait le temps verbal qui véhicule cette valeur textuelle par excellence

Lan dormait tranquillement lorsque tout à coup son téléphone a sonné Elle a sursauté Par un mouvement de réflexe, elle s’est emparée de son appareil et a dit

« allo » La ligne était sans réponse : c’était son réveil, pas un coup de fil

Dans cet exemple, l’arrière-plan présente la situation dans laquelle les actions

sonner, sursauter, s’emparer, dire ont lieu

le plus-que-parfait Ce qu’on appelle le temps relatif ó le procès est situé par rapport au moment de l’énonciation

- En revanche, le discours est caractérisé par la présence du locuteur et la relation entre celui-ci et le destinataire Cette catégorie recouvre l’oral et l’écrit Les temps verbaux sont variés : le présent, le futur et le parfait, sauf l’aoriste Le temps sera dit temps absolu : le procès est situé relativement à un autre procès

1 BENVENISTE E., 1966, Problèmes de linguistique générale 1, coll TEL, France, Gallimard, 356 pages

Trang 15

WEINRICH distingue deux attitudes de locution : les temps du récit et les temps du

commentaire Il s’agit, pour lui, du registre temporel qui rejoint tout à fait point de vue de

BENVENISTE susmentionné En effet, le registre « récit » (monde raconté) et le registre

« commentaire » (monde commenté) de WEINRICH s’assimilent à l’histoire et au discours de BENVENISTE

MAINGUENEAU partage aussi le point de vue de BENVENISTE et de WEINRICH sur la conception d’un double système temporel en français Il reprend les notions « récit » chez WEINRICH et « discours » chez BENVENISTE pour parler de ce

plan d’énonciation

Bref, le plan d’énonciation est la situation d’énonciation qui comprend deux plans :

le plan du récit et le plan du discours Nous reprenons la terminologie de

MAINGUENEAU qui a l’avantage d’être largement utilisée dans les manuels de langue

- Le plan du discours se caractérise par la présence de l’énonciateur sur la situation d’énonciation et est exprimé par le passé composé et l’imparfait

- Contrairement au plan du discours, le plan du récit est marqué par l’absence de l’énonciateur dans le cadre des procès Le passé simple et l’imparfait représentent

ce plan

Ils étaient amoureux et officiellement ensemble depuis bientôt six mois Il fallait bien fêter ça, en amoureux, et le plus loin possible de la civilisation Olivier décida d’apporter sa bien-aimée dans un bois, faire du camping sauvage

Le locuteur, dans cet exemple, se situe à l’extérieur de l’histoire pour raconter les faits passés

C’était un jour d’hiver Amélie se promenait tranquillement dans la rue quand soudain elle a vu son mari et Sophie - une collègue du bureau à lui Il portait une chemise bleue et tenait un bouquet de fleurs dans sa main

Trang 16

NGUYEN THUC Thanh Tin (2016 : 22)

Le locuteur s’implique dans le déroulement des événements comme s’il vivait dans l’histoire

1.6 L’aspect

L’aspect est une conception assez difficile à appréhender chez les apprenants du français D’après la plupart des grammairiens, les aspects expriment la manière dont le sujet envisage l’événement dans son déroulement La catégorie de l’aspect est véhiculée par le choix de la forme simple ou composé du verbe et par des moyens lexicaux variés

Selon VENDRYÈS, l’aspect est une catégorie complexe

Il n’y a guère en linguistique de question plus actuelle que celle de l’aspect (…) Mais il n’y en a guère aussi de plus difficile, par ce qu’il n’en a pas de plus controversé et sur laquelle les opinions divergent davantage On n’est d’accord ni sur la définition même de l’aspect, ni sur les rapports de l’aspect et du temps, ni sur la façon dont l’aspect s’exprime, ni sur la place qu’il convient de reconnaître à l’aspect dans le système verbal des différentes langues

VENDRYÈS in compte rendu de J HOLT, Études d’aspect, 1943, p 84.

La conception du terme « aspect » varie donc d’un auteur à l’autre Parmi les points

de vue, nous citons ceux de WILMET et de GOSSELIN qui sont assez clairs et

courants

WILMET, dans sa Grammaire critique du français1, établit sa classification

aspectuelle en écartant les verbes en deux groupes : les verbes statiques (aimer, savoir) et les verbes dynamiques (courir, manger) La reconnaissance de ces deux types de verbes

se base essentiellement sur leur sens

1 WILMET M., 1997, éd 2003, Grammaire critique du français, 3e éd., Duculot, Belgique, 758 pages

Trang 17

Selon GOSSELIN(1996), l’aspect se décompose en aspect lexical et aspect

grammatical

L’aspect lexical repose sur les types de procès exprimés par le verbe avec son environnement circonstanciel L’auteur utilise un système de tests sur les 3 caractéristiques du procès dans le but de distinguer les types de procès Ce sont :

- La structure interne de l’intervalle du procès (+/– dynamique) ;

- La nature des bornes (+/– borné) ;

- La relation entre bornes (+/–ponctuel)

S’appuyant sur ces tests, l’auteur distingue 4 types de procès :

Types du procès Caractères du procès Exemples

[–ponctuel] Lire un livre

L’aspect grammatical est noté par les déterminants grammaticaux du verbe, dire les temps verbaux C’est à cette catégorie que nous nous intéressons pour notre étude

c’est-à-Afin de définir les types d’aspects grammaticaux, GOSSELIN établit un système

d’intervalles :

- Les intervalles d’énonciation : qui marquent le moment ó le locuteur prend la parole

Trang 18

- Les intervalles de procès : qui correspondent à la partie de l’axe temporel ó a lieu

À partir de ces intervalles, GOSSELIN définit les aspects grammaticaux suivants :

- Aspect accompli : quand l’intervalle de procès se situe avant celui de référence Cet aspect montre donc l’état résultant du procès

Il est arrivé au bureau depuis une heure

- Aspect inaccompli : quand l’intervalle de référence s’implique tout à fait dans celui

de procès Le procès est donc montré en partie

Elle lisait un roman

Trang 19

- Aspect aoristique : quand l’intervalle de procès et celui de référence se cọncident

Le procès est présenté dans son intégralité

Elle entra dans le magasin

- Aspect prospectif : quand l’intervalle de procès se place après celui de référence

Le procès est donc présenté dans la phase préparatoire

Elle allait entrer dans le magasin

*

B2 B1

II

I

01 02 Référence

Trang 20

En synthèse, pour chaque verbe utilisé dans l’énoncé, les valeurs suivantes vont être identifiées :

- La valeur temporelle : qui représente le moment du procès par rapport au moment

de l’énonciation ou à un autre procès

- La valeur aspectuelle : qui révèle la façon dont le procès est perçu par le locuteur

- Les valeurs textuelles (sur le plan énonciatif et sur le plan du relief) : qui dénotent

la position du locuteur par rapport aux événements et qui distinguent les actions et

le cadre de l’histoire

En nous basant sur ces valeurs, nous procéderons à l’analyse des temps verbaux du passé de l’indicatif dans le chapitre suivant

Trang 21

CHAPITRE 2 LES TEMPS DU PASSÉ

Le mode indicatif englobe le plus de temps verbaux Pour le besoin de cette recherche, nous nous intéressons seulement aux temps du passé

La principale raison de ce choix concerne le programme d’enseignement du niveau

de 8e Le texte narratif, dont le récit, occupe une grande partie de programme de 8e Durant le 1er semestre, les élèves font connaissance avec ce type de texte : découvrir les procédés de texte narratif, s’entraîner à comprendre un texte narratif et à rédiger un texte narratif au passé Les temps du passé constituent donc un phénomène de grammaire incontournable

Nous étudierons ici le passé composé, l’imparfait, le plus-que-parfait et le futur dans

le passé (ou conditionnel) Le passé simple et le passé antérieur y sont absents dans ce chapitre pour de bonnes raisons Tout d’abord, ces temps ne font pas partie du programme bilingue de 8e On constate toutefois quelques occurrences dans des extraits de textes, à titre de découverte, ou dans un objectif d’initiation, et ce toujours dans le cadre du genre narratif Par ailleurs, si le passé simple et le passé antérieur étaient introduits en classe de

8e, cet enseignement se limiterait à la reconnaissance de leurs formes En effet, le passé simple apparaît comme un des temps verbaux difficiles pour les élèves, de par sa conjugaison et ses emplois En réalité, le passé simple n’est utilisé que dans les ouvrages littéraires et dans les manuels d’histoire, mais jamais dans les conversations de la vie courante

Trang 22

2.1 Le passé composé

2.1.1 Formation

Le passé composé se construit avec l’auxiliaire (être ou avoir) et le participe passé

du verbe en question

(aux être) (participe passé)

Il a parlé de Lan pendant la réunion d’hier (1)

L’action parler de Lan s’inscrit dans le passé indiqué par l’expression pendant la

réunion d’hier et se situe avant le moment d’énonciation

- Le passé composé peut encore évoquer un fait passé qui laisse un résultat au moment de l’énonciation

Il est parti depuis une heure (2)

1GOSSELIN, L., 1996, Sémantique de la temporalité en français Un modèle calculatoire et cognitif du temps et de

l’aspect, Duculot, Louvain-la-neuve, 292 pages

Trang 23

L’action partir même, qui évoque une action dans le passé, représente aussi un état qui dure jusqu’au moment de l’énonciation, marqué par la circonstance temporelle depuis

une heure

2.1.3 Valeurs aspectuelles

Le passé composé comprend deux valeurs aspectuelles : aoristique et accompli Reprenons les exemples (1) et (2)

L’intervalle du procès du premier exemple parler de Lan ([B1, B2]) cọncide avec

celui de la référence ([I, II]) Le procès, vu dans son intégralité avec bornes initiales et finales, est donc présenté sous l’aspect aoristique

L’intervalle du procès dans le deuxième exemple se place avant celui de la référence,

ce qui est expliqué par l’expression depuis une heure Il est donc présenté l’état résultant

du procès Le passé composé a donc la valeur d’accompli

B2 B1

II

I

01 02 Référence

parler de Lan

Énonciation

01

Référence Procès

Trang 24

2.1.4 Les valeurs de temporalité textuelle

Sur le plan d’énonciation, le passé composé sert à situer les procès qui se déroulent avant le moment de l’énonciation, c’est le mode du « discours » ó le locuteur se manifeste et inscrit sa présence dans l’énoncé

Hier, j’attendais le bus quand j’ai vu Pierre Aujourd’hui, il est malade

L’action voir se situe avant le moment énonciatif, ce qui est clarifié par les circonstances temporelles : hier, aujourd’hui

En matière de relief temporel, le passé composé met en avant les procès constituant

la progression du texte, ce qui appartient au « premier plan »

Joe était un gentil pigeon qui aimait voler dans l’air froid de l’hiver Un jour, il a rencontré un chasseur qui lui a tiré dessus et lui a troué l’aile

Le passé composé est utilisé pour mettre en relief les événements qui font progresser

l’histoire : rencontrer, tirer, trouer

2.1.5 Emplois

Le Nouvelle Grammaire du Français1 recense 2 emplois du passé composé En premier lieu, ce dernier sert à exprimer un fait accompli à un moment donné du passé

- un fait ponctuel : J’ai eu un accident de voiture hier

- une succession d’événements : Après le vol, elle a décidé de fumer à l’extérieur

Elle a vu un homme, elle lui a demandé une cigarette et a commencé à lui parler

- une répétition : J’ai lu ce livre trois fois

- une durée limitée : Elle a fait son choix en cinq minutes

1 DELATOUR Y et al., 2004, Nouvelle Grammaire du Français, Hachette, Paris, 368 pages.

Trang 25

Il exprime, en deuxième lieu, l’antériorité d’un fait qui a des prolongements dans le présent

Après que j’ai étudié, je me repose maintenant

Bref, le passé composé adopte deux emplois principaux : présent accompli et passé aoristique

2.2 L’imparfait

2.2.1 Formation

La formation de l’imparfait est régulière pour tous les verbes avec la même

terminaison : -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient

Jeunes, nous aimions chanter ensemble

Tous les matins, Sophie allait à l’école avec sa camarade

Une seule exception est le verbe être (j’étais, tu étais,…)

2.2.2 Valeur temporelle

Dans sa valeur temporelle, l’imparfait suggère une action passée en cours d’accomplissement

Hier, à treize heures, il neigeait

L’imparfait ici reproduit le procès neiger comme étant en cours dans le passé et

restant à accomplir

2.2.3 Valeur aspectuelle

L’imparfait exprime des faits non accomplis au passé Sa valeur aspectuelle est donc l’inaccompli

Trang 26

Il prenait son déjeuner

L’intervalle du procès prendre recouvre celui de référence Les bornes initiales et

finales ne sont donc pas prises en compte Ainsi, le procès n’est présenté qu’en partie

2.2.4 Les valeurs de temporalité textuelle

L’imparfait est le temps de l’arrière-plan (ou de l’action secondaire) qui s’oppose au

passé composé ou au passé simple du première-plan L’imparfait exprime une action en

cours dans le passé, un fait non chevé

Elle traversait les grandes plaines de la Bourgogne quand elle vit au loin approcher l’armée des anglais

Elle traversait sert à constituer la toile de fond du récit, sur laquelle vient s’imprimer

une action ponctuelle (elle vit au loin…)

Sur le plan énonciatif, l’imparfait est le temps pour le récit aussi bien que pour le discours

2.2.5 Emplois

L’imparfait est défini comme le temps qui indique une action en cours

d’accomplissement1 dans le passé Il n’a donc pas de limite du début et de la fin du fait

Trang 27

Il faisait froid ce jour-là, nous avons fait la queue pour attendre d’aliment venant des autorités, mon père raconte

La Nouvelle Grammaire du Français1 a recensé d’une manière simple les emplois de l’imparfait qui sont :

- L’imparfait dans la description :

L’arbre de couche était couvert de poussière et le grand maigre dormait dessus (Alphonse Daudet)

- L’imparfait d’habitude ou de répétition (souvent accompagné d’une indication temporelle) :

Pendant les vacances, nous faisions toujours de longues balades à vélo

- L’imparfait employé après la conjonction si(dans ce cas, l’imparfait ne représente

pas un temps du passé mais une modalité)

Si nous avions une voiture, nous pourrions aller visiter les châteaux de la Loire

- L’imparfait dans les formules de politesse :

Je voulais des petits pois

- L’imparfait historique/hypocoristique/de conséquence inéluctable :

Un pas de plus et je tombais

1 DELATOUR Y et al., 2004, Nouvelle Grammaire du Français, Hachette, Paris, 368 pages

Trang 28

2.3 Le plus-que-parfait

2.3.1 Formation

Le plus-que-parfait est un temps composé Il se construit avec l’auxiliaire avoir ou être à l’imparfait et le participe passé

Il était sorti quand nous sommes arrivés

(aux être à l’imparfait) (participe passé)

2.3.2 Valeur temporelle

Le plus-que-parfait indique une action passée, antérieure à une autre action passée exprimée le plus souvent à l’imparfait et aussi au passé composé ou au passé simple

Il ne bavardait plus en classe parce qu’il avait eu une bonne punition

Ils avaient terminé quand nous arrivâmes (ou nous sommes arrivés)

2.3.3 Valeur aspectuelle

Le plus-que-parfait a la valeur aspectuelle de l’accompli : les actions sont présentées comme achevées

J’avais fini mon travail quand tu es rentré

Le procès finir le travail est accompli avant le procès rentrer et ces deux actions se

situent dans le passé

rentrer

Trang 29

2.3.4 Les valeurs de temporalité textuelle

Le plus-que-parfait est utilisé également dans le discours et le récit Il appartient à l’arrière-plan car il exprime une action qui se réfère à un autre moment du passé

Le garçon se leva tout tremblant Il avança doucement dans la pénombre pour atteindre l’interrupteur Enfin, la chambre s’éclaira Il n’y avait là personne, sinon le bon gros vieux chat de Tante Agnès Cette chambre était certes peu accueillante mais Paul était bien certain d’avoir entendu le même bruit qu’il avait remarqué́ la veille pendant qu’il se brossait les dents

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Le procès remarquer s’exprime comme une action dans le passé par rapport aux autres procès (se lever, avancer, s’éclairer) qui se succèdent dans la progression du contexte Contrairement à ces procès du premier plan, le procès remarquer ne participe

pas à l’histoire en question Le plus-que-parfait renvoie alors le procès à l’arrière-plan

2.3.5 Emplois

Le plus-que-parfait exprime premièrement l’antériorité d’un fait passé par rapport à

un autre fait passé exprimé par un verbe à l’imparfait, au passé composé ou au passé simple

Quand il avait bu, il se sentait très enjoué

Deuxièmement, il présente un fait qui s’est prolongé dans le passé

Il avait neigé toute la nuit

Le plus-que-parfait peut aussi être employé avec la conjonction si dans le cas de

l’hypothèse

Si j’avais su, j’aurais pu t’aider !

Trang 30

2.4 Le futur dans le passé

2.4.1 Formation

Le futur dans le passé se conjugue comme le présent du conditionnel, lequel se

construit avec le radical du futur et les terminaisons de l’imparfait ais, ais, ait, ions,

-iez, -aient

Je voudrais parler à Monsieur le Directeur

2.4.2 Valeur temporelle

Le futur dans le passé a la valeur d’un futur lorsque le verbe principal est à un temps

du passé Il marque un fait futur par rapport à un moment passé

Il a promis à ses parents qu’il leur téléphonerait dès son arrivée

2.4.3 Valeur aspectuelle

Le futur dans le passé a la valeur aspectuelle de prospectif L’intervalle de référence

se place avant celui du procès Ainsi, le procès est présenté dans sa phase préparatoire

Il rentrerait à la maison le lendemain

Le procès rentrerait est présenté comme n’ayant pas eu lieu par rapport au moment

de référence

Trang 31

2.4.4 Les valeurs de temporalité textuelle

Le futur dans le passé exprime une action dans le futur du passé, qui n’assiste pas à

la progression de l’histoire donc il n’appartient pas au premier-plan, mais à l’arrière-plan

On utilise le futur dans le passé dans les deux reliefs, discours et récit

Lan tira le rideau La lumière du matin pénétrait la maison Les oiseaux chantaient dans le ciel Lan bondit en bas de l’escalier, arriva dans son jardin quelques minutes après pour chercher des fleurs Elle était sûre que son mari reviendrait ce jour-là

Le contexte se déroule dans le cadre exprimé par les procès inonder, chanter, donc l’arrière-plan Les procès ouvrir, bondir, arriver qui sont successifs font progresser l’histoire, ce qui appartient au premier-plan Le procès revenir conjugué au futur dans le

passé sert à indiquer une action à l’avenir par rapport aux procès du premier-plan

2.4.5 Emploi

Le futur dans le passé possède des valeurs modales riches et variées Cependant, ces emplois nous intéressent peu car nous avons affaire ici au futur dans le passé qui doit se distinguer du premier par son emploi purement temporel et neutre en modalité

Il croyait qu’il finirait ce jour-là

Le procès finirait est postérieur au procès croyait alors que les deux procès se

trouvent à l’époque passée

Trang 32

Tout d’abord, BREMOND nous présente la définition du récit sous trois facteurs qui

ont des relations strictes : le sujet, le temps et la transformation

Que par ce message, un sujet quelconque (animé ou inanimé, il n’importe) soit placé dans un temps t, puis t + n et qu’il soit dit ce qu’il advient à l’instant t + n des prédicats qui le caractérisaient à l’instant t

BREMOND (1973, pp 99-100)

Quant à LABOV, il présume que le récit existe seulement si l’on fait correspondre à

une suite d’événements (supposés) réels une suite identique de propositions verbales1

Selon lui, le récit minimal est défini comme toute suite de deux propositions temporelles

ordonnées, si bien que l’inversion de cet ordre entraîne une modification de l’enchaînement des faits reconstruits au plan de l’interprétation sémantique2

Cette définition est partagée par FILLIETTAZ :

1 DE FORNEL M., 1988, « « Temps et structure narrative » in Temps et aspect, Actes du colloque CNRS, Paris,

24-25 octobre 1985, Paris, PEETERS/SELAF (NSP 19), pp 45-53

2 LABOV W & WALETZKY J., 1967, Narrative Analysis :Oral version of Personal Experience, Essay on the

Verbal and Visual Arts, J.HELM éd., Seattle, University of Washington Press, pp 12-44

Trang 33

Le récit évoque dans une temporalité causalement ordonnée une pluralité d’événements qui s’articulent dans une structure d’intrigue

FILLIETTAZ (2001 : 128)

Pour ADAM, le récit est un type textuel, à côté du descriptif, de l’explicatif, de

l’argumentatif et du dialogal avec lesquels il peut se combiner L’exemple de l’article de journal illustre cette combinaison entre, par exemple, le narratif et le descriptif ou l’argumentatif D’après l’auteur, le type narratif ou récit nécessite au moins un événement Un récit minimal doit se composer au moins de deux propositions narratives liées entre elles par un rapport de contiguïté-consécution temporelle et causale, à quoi se greffe une autre dimension – la dimension configurationnelle :

Il ne suffit pas qu’un lecteur soit capable de suivre une histoire dans ce qu’on peut appeler sa dimension épisodique ; il doit aussi pouvoir saisir ensemble ces événements successifs et dégager une configuration sémantique Soit une dimension configurationnelle qui recouvre ce qu’on peut aussi appeler la macro-structure sémantique d’un texte

ADAM (1999 : 17)

3.1.2 Structure d’un récit

Selon LABOV, le récit doit suivre une structure qui se compose de six parties :

Trang 34

Parmi ces parties, seul le développement est considéré comme l’essentiel du récit, donc obligatoire, tandis que les autres parties peuvent être facultatives

Quant à ADAM, il établit 6 critères d’un récit :

- Une succession d’événements : ce critère est indispensable dans un récit, qui fait progresser et dérouler le récit dans le temps

- Une unité thématique : le récit doit posséder au moins un acteur-sujet, qui assume l’unité de l’action Cette unité thématique est en relation avec le critère de succession d’événements et les prédicats transformés (le troisième critère)

- Des prédicats transformés : qui définissent et caractérisent le sujet Il s’agit de la transformation du sujet de l’instant < t > à l’instant < t+1 >, qui se résume à une situation initiale et à une situation finale

- Un procès : ce critère représente l’action du récit qui se décompose en trois phases : un commencement, un milieu et une fin Combinée avec le critère précédent, la structure d’un récit donne lieu à cinq moments :

o Une situation initiale

o Une complication

Trang 35

o Des actions

o Une résolution

o Une situation finale

- Une évaluation finale : d’une façon explicite ou implicite, le récit comporte, à sa fin, une sorte d’évaluation morale qui lui donne un sens

3.2 La chanson à récit

3.2.1 La chanson

Selon Larousse1, la chanson est un poème à chanter composé de stances égales

appelées couplets, séparées généralement par un leitmotiv, le refrain C’est donc une

association entre le poème et la musique C’est aussi un moyen d’expression, le moyen le plus efficace pour exprimer des sentiments, des réflexions personnelles Quant à la musique, elle est présente partout et occupe une place très importante dans notre vie La musique sert également de langage universel entre des personnes de différentes nationalités et de différentes langues

Chaque pays du monde possède, au long de son évolution historique, sa propre culture qui existe sous plusieurs formes telles que la prose, le poème, la musique et la chanson Parmi elles, la chanson, qui combine le poème et la musique, semble la plus répandue A travers les chansons, s’expriment les caractéristiques ethniques et le symbole

de la communauté Cela montre que la musique, les chansons jouent un rôle important dans l’histoire d’un pays

Au niveau de l’individu, la musique s’avère indispensable dans la vie quotidienne

La musique est présente partout dans la vie humaine Comme une forme d’expression des sentiments, elle répond à tous les états d’émotions de l’homme : de la tristesse à la joie, de l’angoisse au bonheur, etc La musique devient un moyen direct pour s’exprimer

1 www.larousse.fr

Trang 36

profondément les sentiments On constate encore que la musique assiste à développer l’intelligence chez les petits enfants

3.2.2 La chanson à récit

S’agissant du récit, on a l’habitude de l’associer à la prose, au conte, à la nouvelle ou

au roman Pourtant, le récit peut aussi être raconté sous nombre de formes, aussi originales que variées, comme une pièce de théâtre, une danse, un tableau, et une musique Dans la majorité des cas, le récit n’est pas forcément narratif Mais il peut être narratif quand elle raconte une histoire

Les formes de chansons à récit ont apparu dès le Moyen-Âge, avec par exemple, les chanteurs bohèmes, appelés à l’époque les troubadours Au temps de la féodalité, les troubadours, avec leur accompagnement musical, allaient de pays en pays, de châteaux en châteaux et propageaient des événements passés en rime et en musique Ces chansons à récit sont aussi appelées les chansons de toile

Dans la langue vietnamienne, nous ne manquons pas de chansons à récit On peut en

citer quelques-unes : Lan và Điệp, Hòn Vọng Phu, Cô hàng nước, On constate

plusieurs chansons à récit dont le thème porte sur l’amour car c’est le sentiment le plus cher de l’humanité

Cependant, il n’y a pas de définition précise sur les chansons de ce genre, au moins à notre connaissance Nous considérons donc la chanson à récit comme un genre de chanson particulier qui relate en mélodie et en rythme les événements réels ou imaginaires

Bref, la chanson à récit n’est rien d’autre qu’une narration en chanson, avec toutes les caractéristiques d’un récit : cadre de récit avec des indications de lieu, de temps, des personnages et des actions En plus, c’est un récit doté de mélodie et de rythme, ce qui fait toute l’originalité de ce support pédagogique

Trang 37

La chanson à récit suit aussi le schéma narratif avec 5 moments :

- Une situation initiale

- Une complication

- Des actions

- Une résolution

- Une situation finale

En résumé, la chanson à récit est un excellent support à être exploité pour la compréhension orale et pour mettre en lumière l’emploi des temps du passé

3.3 L’utilisation de la chanson en classe de langue

3.3.1 La chanson comme source de motivation dans l’enseignement des langues

Par notre pratique d’enseignement, nous constatons que, dans les manuels de langues étrangères, un nombre conséquent de chansons ou de pièces musicales sont utilisées à tous les niveaux, ce qui illustre encore une fois le rôle important de la chanson dans l’enseignement / apprentissage des langues étrangères

Tout d’abord, l’exploitation de la chanson en classe de langues pourrait répondre à l’objectif d’améliorer la motivation d’apprendre le français Les élèves peuvent retrouver dans les chansons leurs émotions, leurs réflexions, leurs sentiments à condition que les chansons utilisées soient convenables à leur niveau et à leur âge Grâce à cette contiguïté, ils manifesteront de l’intérêt pour le cours de français et pour la langue française En ce qui nous concerne, la chanson peut être tout à fait considérée comme un document authentique par excellence au service de l’enseignement de la langue étrangère

Premièrement, la chanson reflète fidèlement la société contemporaine, y compris la culture, les caractéristiques humaines, la langue parlée d’une communauté En travaillant

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avec les chansons, l’apprenant peut avoir des contacts avec l’aspect culturel, l’aspect linguistique de la langue cible, ainsi que la prononciation, les registres de langue et la vie quotidienne des jeunes S’y ajoute que la musique fait partie intégrante du quotidien Presque tous les jeunes écoutent de la musique chaque jour Alors, avec l’utilisation des chansons comme support, l’enseignant met l’apprenant dans un bain linguistique authentique, cela est l’équivalent à l’action de motiver l’apprentissage chez l’élève

Deuxièmement, grâce à la nature musicale des chansons, les élèves sont attirés de manière naturelle au cours de langue puisqu’écouter de la musique s’apparente à une activité de détente ou ludique et qu’ils se sentent hors de la classe

Par ailleurs, l’exploitation de la chanson convient tout à fait à la méthode implicite qui invite les élèves à découvrir eux-mêmes les phénomènes de langue et à améliorer la motivation d’apprendre Cette démarche se base sur la dimension motivationnelle que la chanson éveille chez les élèves C’est l’argument le plus convaincant de la chanson par rapport à d’autres documents authentiques

Troisièmement, l’utilisation des chansons en classe de langue favorise chez l’apprenant les compétences de communication et l’autonomie Le caractère authentique des chansons leur permet de s’habituer à la langue parlée au quotidien par les natifs et d’intérioriser des structures grammaticales En même temps, leur autonomie se développe

au long des cours, qualité nécessaire dans tout apprentissage, surtout dans l’apprentissage des langues Les élèves, par leur intérêt personnel, trouveront d’autres chansons de différents thèmes, suivant leur gỏt, leurs besoins et leurs attentes

3.3.2 Critères de choix des chansons

Les chansons représentent un support authentique pour l’enseignement de langue étrangère Cependant, comme nous le savons tous, ces poèmes à chanter ne sont pas écrits initialement pour l’enseignement En d’autres termes, elles ne sont donc pas adaptées à

Trang 39

cet effet Le choix des chansons pour l’enseignement peut donc poser problème : comment choisir les chansons à utiliser pour atteindre une efficacité optimale dans les classes de langue ?

COURTADE (2014 : 16) présente trois critères d’adéquation de la chanson à

l’usage en classe de langue

- L’adéquation aux intérêts, âges et sentiments des élèves : comme il s’agit de l’enseignement de la langue étrangère, de celui de la langue française, les chansons doivent être tout d’abord une chanson en langue française, appartenant au monde francophone Elles ont l’intérêt en plus à être connues ou à avoir un certain succès définis dans les pays francophones Le thème traité nécessite une concordance à l’âge des élèves et évite à la fois un « blocage » pour certains élèves (divorce, cohabitation, mort .) On ne peut pas choisir une chanson enfantine pour les adolescents, ce qui peut ennuyer les élèves dès la première minute La mélodie des chansons est également un facteur décisif C’est pourquoi l’enseignant doit faire attention aux styles musicaux des élèves dans le choix de chansons

- L’adéquation au niveau de langue étrangère chez les élèves : ce critère s’appuie essentiellement sur le vocabulaire et le registre de langue, y compris le débit, la durée et la qualité des sons de la chanson La chanson choisie doit utiliser un lexique compréhensible et approprié au niveau des élèves La durée et la qualité sonore de la chanson sont aussi des facteurs auxquels l’enseignant doit faire attention En outre, le débit de la chanson décide l’efficacité de la séquence didactique

- L’adéquation aux contenus enseignés et aux compétences que l’on veut travailler :

il faut une relation étroite entre le contenu communicatif, linguistique des chansons

et les objectifs fixés par l’enseignant Parallèlement, la chanson choisie peut permettre d’éveiller chez l’apprenant des connaissances acquises

Trang 40

Ainsi, pour bien choisir les chansons comme support dans l’enseignement, l’enseignant doit, tout d’abord, comprendre ses élèves sur leur niveau de langue étrangère, leur sentiment, leur situation familiale, même leur gỏt de musique En second lieu, il faudrait fixer des objectifs précis et concrets dans le but de répondre aux exigences susmentionnées et de choisir les chansons les mieux adaptées aux objectifs proposés

En résumé, l’enseignant a l’intérêt à prendre conscience que le choix et l’exploitation d’une chanson en cours de langue supposent beaucoup d’investissement en temps et en effort de recherches, beaucoup de préparation, d’élaboration d’activités, etc

de sa part Pourtant, le résultat de cette technique est sans doute prometteur

Ngày đăng: 02/01/2021, 10:19

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