En effet, les étudiants vietnamiens se perdent dans les exercices portant sur la valeur d’emploi des articles, et ils utilisent l’article défini là ó est demandé l’article indéfini et in
Trang 1B Ộ GIÁO DỤC VÀ ĐÀO TẠO TRƯỜNG ĐẠI HỌC SƯ PHẠM TP HỒ CHÍ MINH
Người hướng dẫn khoa học
TS BÙI KHƯƠNG BÍCH HOÀN
Trang 2Thành phố Hồ Chí Minh – Năm 2011
Trang 3REM ERCIEM ENTS
Qu’il me soit permis d’exprimer ma profonde gratitude
travail avec patience et vigilance ;
- A tous mes professeurs du Département de Français de l’Université de Pédagogie de ville qui m’ont donné de précieux conseils lors de l’élaboration du mémoire;
Hochiminh A Monsieur le directeur et les étudiants du Département de Tourisme de l’École des BeauxHochiminh Arts
et du Tourisme de Nha Trang pour leur aide ;
- A tous les professeurs qui vont lire et évaluer ma recherche
Trang 6INTRODUCTION
À l’heure actuelle, dans le cadre de l’intégration économique du monde et d’échanges culturels ou de transferts technologiques entre différents pays se créent des relations coopératives internationales Viet Nam s’y étant engagé, les partenaires commerciaux de notre pays, les étrangers en visite touristique ou en mission culturelle, humanitaire chez nous ne viennent pas seulement du monde anglophone mais encore des nations francophones Le français se considère alors comme une des langues étrangères « stratégiques » dans le système d’enseignement national actuel La direction générale de notre école des Beaux-Arts et du Tourisme à Nha Trang ne restant pas insensible à la grande nécessité de l’étude des langues étrangères, s’impose au programme d’enseignement du département de tourisme de cet établissement universitaire l’enseignement de l’anglais, du chinois, du japonais, du coréen et du français Les touristes francophones venus de plus en plus nombreux à Nha Trang, le français est enseigné en tant que première langue étrangère aux étudiants de la section de guide touristique et de gestion en hơtellerie- restauration
Les particularités linguistiques du français rendent l’étude de cette langue à la fois passionnante et rebutante Une des difficultés d’apprentissage chez les apprenants vietnamiens consiste en l’utilisation des articles dans leur production orale ou écrite En effet, les étudiants vietnamiens se perdent dans les exercices portant sur la valeur d’emploi des articles, et ils utilisent l’article défini là ó est demandé l’article indéfini et inversement Simple monème ayant pour fonction de déterminer le nom qu’il accompagne, l’article n’est cependant pas d’un emploi facile
La complexité de ses valeurs d’emploi est liée à l’aspect le plus insaisissable de la psychologie, l’aspect cognitif Ainsi, il n’y a pas que les apprenants qui, durant leur apprentissage, sont confrontés à des difficultés de compréhension relatives à l’usage de ce fameux monème mais les professeurs, eux aussi, s’embarrassent dans leurs explications des valeurs d’emploi des articles Pour notre part, avec nos expériences professionnelles acquises au cours de 10 années de travail comme professeur de français langue étrangère au lycée, au centre des langues étrangères et
à l’École des Beaux – Arts et du Tourisme à Nha Trang, nous parvenons tant bien que mal à convaincre nos étudiants de nos réflexions sur les cas d’emploi de ce déterminant Nous ne prétendons donc pas avoir réussi à leur faire distinguer le défini de l’indéfini ou à leur expliquer la raison d’être du partitif dans un propos Nous nous sommes rendue compte que ces lacunes professionnelles ne relèvent pas des approches didactiques mais de nos connaissances encore superficielles sur le problème en question Il nous est alors indispensable de procéder à une étude plus approfondie des valeurs d’usage de ce genre de déterminant, plus précisément, celle qui s’opère par le recours à la notion d’actualisation et ce pour une théorisation linguistique que nous
Trang 7n’avons pas l’ambition de caractériser d’optimale, mais qui se veut plus efficace Nous sommes d’autant plus renforcée dans cette conviction que les erreurs d’usage des articles se répètent systématiquement d’année en année chez nos apprenants, d’ó ce présent travail de recherche Dans la première partie considérée comme cadre conceptuel, nous présentons premièrement l’importance de la sphère nominale à laquelle prend part l’article (chapitre 1) et secondement le problème de l’actualisation (chapitre 2) Font l’objet de la seconde partie l’étude du terrain (chapitre 3) et les suggestions pédagogiques (chapitre 4)
Trang 8Chapitre 1: SPHÈ RE NOMINALE
1.1 Stat ut, fonc ti on du no m
Le nom, noyau du groupe nominal, tient une fonction spécifique que ne peut remplacer aucune autre catégorie grammaticale, celle de véhiculer des entités Sur ce point, nous joignons les
auteurs de Grammaire méthodique du français dans la réflexion selon laquelle « Tout objet de
pensée, quelque soit sa catégorie ontologique, peut revêtir une forme nominale L’hétérogénéité sémantique des noms se ramène à un seul commun dénominateur : ils renvoient à des réalités notionnelles (des concepts) de tous ordres, mais qui ont en commun d’être conçues comme des
« objets de pensées » que l’on peut évoquer en tant que tels » (Riegel et al, p.169)
Comme nous vivons en plein monde matériel, tout thème de conversation, d’entretien, de narration, de reportage, d’information etc… repose quasiment sur des entités En effet, rien qu’à
ouvrir un quotidien, pour ne citer que les thèmes d’actualité, on trouve par exemple Pluies
torrentielles qui sévissent à Khánh Hồ, Ninh Thu ận (Thanh Niên du 2 novembre 2010, page 1),
ou Préoccupations concernant la sécurité des sources d’eau (Thanh niên du 23 mars 2011, page 3)
ou encore Espace ắrienne Libya maỵtrisée par les Alliés (Thanh Niên du 23 mars 2011, page 20) Comme information sous forme d’avertissement aux gens, on a par exemple Danger de mort sur les pylơnes d’électricité ou Défense de fumer à la station-service etc Les enseignes nous présentent et Boulangerie – Pâtisserie, et Photocopie, et Restaurant ou Bistro etc…
1.2 N om et ses déter mi na nts
Cependant les entités ne nous apparaissent pas d’une manière homogène, parce que pas du même moment, ni dans leur intégralité A cela s’ajoute que notre perception des entités varie en fonction de notre état psychologique, ce qui fait qu’une entité appelle à être déterminée de manières différentes, d’ó tant de formes pour la détermination nominale, opération linguistique qui a pour fonction de préciser le rapport entre une entité donnée et son percepteur
La détermination nominale est un continuum de sens Etudier les déterminants du nom, c’est donc étudier la façon dont la prise en conscience d’une entité va du plus flou au plus marqué, du minimum au maximum de son extension notionnelle Ne faisant pas cas de leurs situations d’emploi, mais en vue d’une présentation typologique, sans pour autant prétendre à son exhaustivité, nous tenons à décrire le continuum en question par un axe allant de gauche à droite, sur lequel sont rangés les déterminants qui traduisent les degrés de perception qu’on peut avoir
Trang 9d’une entité, du moins actuel au plus actuel Autrement dit, ces déterminants sont classés selon le degré de croissance de la cognition qu’on peut avoir d’un objet du monde
Sur l’axe, les articles partitifs trouvent leur place dans la même colonne que “un, une des”, pour la raison que ces deux types de déterminants représentent comme point commun l’actualisation première Au même degré, la seule différence qui les distingue, c’est que les articles indéfinis se rapportent aux noms comptables tandis que les articles partitifs se rapportent aux noms non-comptables
Je vois un taxi
On m’a posé une question
Je prends du pain avec de la confiture
Pour faire ce travail, il faut du courage, de l’imagination
Actualisés par les déterminants autres que partitifs, les noms non-comptables ne traduisent plus l’idée de masse, de matière, mais supposent l’idée d’une espèce, d’une catégorie ou d’une personnalité particulière
Il n’aime pas le pain
Quelle confiture veux-tu?
C’est un courage exemplaire
Son imagination m’étonne
L’interrogation portant sur les caractéristiques catégorielles ou identitaires de l’entité dénotée par
le nom, l’entité s’annonce comme très peu marquée dans la perception du locuteur Dans Quel
livre?, quel porte sur le genre ou la catégorie de livre et du fait ne peut rendre livre bien évident au
regard de celui qui parle, c’est ce qui explique le degré le moins actuel qu’occupe l’adjectif interrogatif sur l’axe
Par leurs valeurs, quelque et quelques actualisent le nom plus que les articles indéfinis, mais à un degré moindre que les articles définis Dans Un livre, l’article défini un indique simplement qu’une entité (un livre) existe (Il en est de même pour du pain ó du suggère l’existence partielle de pain) Dans Quelque livre, l’adjectif quelque signale cette existence mais suggère en plus un certain
Trang 10caractère qui lui appartient, malgré son opacité, ce qui rend l’entité plus « notoire » que l’article
indéfini Dans Quelques livres, on constate le même phénomène, sauf que ce qui est suggéré en
plus porte non pas sur le caractère de l’entité mais sur sa quantité Tout cela justifie la place de
quelque et quelques dans le schéma Une propriété ou une caractéristique de l’entité relevée à
l’emploi de quel exclamatif qui manifeste une appréciation qualitative de la part du locuteur (dans
quel livre! par exemple) accentue l’existence d’une entité, d’ó la place de l’adjectif exclamatif au
même niveau que l’adjectif indéfini quelque
L’aspect quantitatif de l’entité s’obtient plus avec cinq ou six qu’avec quelques (J’ai vu
quelques livres / j’ai vu cinq (ou six) livres), ce qui permet de situer l’adjectif cardinal à un niveau
plus élevé que celui de l’adjectif indéfini Mais ne pouvant pas rivaliser avec les ordinaux en
notoriété, ils doivent se ranger avant ceux-là (Il m’a donné cinq livres / Il m’a donné le cinquième
livre) Cependant, les ordinaux doivent se ranger avant l’article défini, vu que, de caractère
dépendant, ils ne peuvent pas fonctionner seuls, et doivent s’associer à l’article défini ou à un autre déterminant, qui, à lui seul, peut très bien remplir la tâche d’actualisateur On a effectivement
passez-moi le premier livre ou passez-moi le livre, et non passez-moi premier livre
Les adjectifs possessifs non seulement présentent l’entité comme connue, mais marquent aussi leur cơté d’appartenance, attribuant à l’entité plus de notoriété que les articles définis Mais ces adjectifs doivent se placer avant les démonstratifs car rien n’actualise une entité mieux que l’acte de démontrer
Vu son objectif de recherche, notre travail se limite à la détermination par article, laissant les autres types de déterminants pour d’autres opportunités de discussion
1.3 Déter mi nat i on pa r articl e
L’article précise les degrés d’existence d’une entité dans la connaissance ou la conscience du locuteur et non dans le monde matériel comme le pensent certains Et cette existence est le résultat d’une opération d’actualisation de l’entité effectuée en son esprit Or, comme nous l’avons montré ci-dessus, l’actualisation d’une entité est question d’un processus compliqué puisque conçue comme un continuum de sens Qui plus est, les propos de l’homme n’obéissent pas à une pensée canonique, et il arrive parfois au locuteur de ne pas se prononcer pour son compte mais pour celui
de son interlocuteur C’est ce que nous montrent les deux extraits suivants (cf Annexes) dont nous mettons en gras certaines expressions susceptibles d’attirer notre attention :
Trang 11Ce dimanche soir, le « pousseur » de la gare de Lyon a été mis en examen pour « homicide volontaire » Cet homme de 28 ans a reconnu, samedi soir, au cours de sa garde à vue, avoir poussé d’un coup de pied, sur le quai de la station RER Gare de Lyon, un homme de 52 ans [….]
Ce Sri-lankais est mort, quelques minutes plus tard sur le quai de la gare malgré l’intervention des secours Vendredi soir, le suspect a été interpellé à son domicile à Fontenay-sous-Bois, dans le
Val-de-Marne [….] Dans un entretien à paraître, lundi, dans le Parisien, la mère de l’agresseur a
indiqué, avoir alerté, il y a deux semaines, les services de police, sur la « dangerosité » de son fils
Le 23 mars dernier, cette mère de famille, demeurant Fontenay-sous-Bois, avait alerté la police,
pour indiquer que sons fils « était en grand état d’agitation »
« J’avais tiré le signal d’alarme Je sentais que mon fils pouvait commettre l’irréparable à chaque
instant » explique cette maman
Une mère qui ajoute : « Ils sont venus avec les pompiers, raconte-t-elle Quand ils étaient là, mon
fils m’a craché dessus Mais ils ne l’ont pas emmené On aurait pu anticiper ce qui s’est passé Si
seulement on m’avait écouté, ce ne serait pas arrivé » [… ] Ce dimanche, cette mère, dont un
autre fils s’est suicidé Il y a plusieurs années, se dit anéantie par ce drame (Le Post.fr, 4 avril 2010)
Grigori Perelman, un Russe de 44 ans a décliné la récompense de l’Institut Clay des
Mathématiques pour avoir résolu la conjecture de Poincaré Depuis quatre ans, il vit reclus dans
son petit appartement vétuste de Saint-Pétersbourg
Les chiffres, oui, mais pas sur des billets verts Le Russe Grigori Perelman, rendu célèbre pour avoir résolu l’un des problèmes mathématiques les plus difficiles posés au 20P
e
P
siècle, a fait savoir
lundi qu’il refusait d’aller chercher le « Prix du Millénaire » que lui a décerné la semaine dernière l’Institut Clay des Mathématiques – un prix qui l’aurait pourtant récompensé d’un
million de dollars(750.000 euros) C’est la seconde fois que ce brillant mathématicien, réputé pour
être un homme discret, ne vient pas chercher un prix qui lui a été décerné [….] (Le Figaro.fr, 24
mars 2010)
Contrairement à l’emploi général des articles défini et indéfini dans les exemples du genre de
« Je vois un jardin Dans le jardin, il y a un arbre Au pied de l’arbre, il y a un banc Sur le banc,
une fillette », dans le premier passage ci-dessus, l’article défini une de Une mère qui ajoute est
d’un emploi peu habituel En effet, une présente mère comme non connue après que ce personnage
est bien identifié au début Cet article s’y trouve cependant à bon escient étant donné que l’auteur
tient à la valeur emphatique de son emploi « Une mère qui ajoute » est pris dans le sens de « Une
mère d’un tel courage qui ajoute »
Trang 12La même remarque est soulevée pour le second passage : on passe de « le prix du
Millénaire que lui a décerné l’Institut Clay des Mathématiques» à « un prix qui l’aurait pourtant récompensé d’un million de dollars » L’entité « prix » s’est annoncée comme bien identifiée pour
se présenter ensuite comme non connue, à l’opposé de la démarche ordinaire de la détermination
nominale Ce qui est inconnu dans « un prix » revient au Russe Grigori Perelman, pas à l’auteur du
passage Ne s’intéressant aucunement à la récompense en question, ce mathématicien ignore ce prix effectivement L’auteur s’est ainsi mis dans la peau du Russe pour découvrir avec lui
« un prix » qu’en fait il connaỵt déjà Cette métamorphose nous approche de la thèse avancée par Georges Kléber (2006) travaillant sur l’emploi des adjectifs démonstratifs, selon laquelle dans
l’emploi du démonstratif – marqueur de centre déictique – il est à marquer un changement de
point de vue : de celui du narrateur on passe à celui du personnage auteur de la perception en question (Kléber, p.18) Toujours selon Kléber, on comprend la raison « stylistique » d’un tel changement de point de vue : le lecteur est amené à empathiser avec le personnage, à voir les choses de la manière dont les voit le personnage (Kléber, p 19)
Actualisateur du nom, l’article s’emploie si différemment d’un cas à l’autre, d’ó sa grande complexité à prendre en compte si l’on tient à maỵtriser son usage
1.4 Lac unes c he z le s ét udia nt s
Non moins que l’étude de la temporalité du français, celle des articles constitue une grande
difficulté à laquelle sont confrontés les apprenants vietnamiens d’année en année
En effet, nos étudiants, dans le choix des articles pour leur devoir ne tenant pas compte des facteurs situationnels, des raisons communément admises par la communauté ni ne faisant appel à leurs dispositions psychologiques finissent par utiliser l’article défini là ó est demandé l’article indéfini et inversement, et cela sans parler de leur emploi problématique de l’article partitif La conséquence en est que d’une part le message de leur interlocuteur leur semble insaisissable et que d’autre part, ils n’arrivent pas à se faire comprendre par leur propos
La non maỵtrise chez nos étudiants des valeurs des articles nous donnant tant de matières à réflexion, nous essayons d’en trouver la raison en vue d’une approche d’enseignement plus efficace des valeurs d’emploi de ce fameux déterminant
Trang 131.5 Hy pot hèses
Il n’y a pas que nos étudiants qui échouent dans leurs études des articles, nous-mêmes, nous
ne trouvons pas toujours aisément des explications pertinentes pour le problème dont il s’agit, réussissant tant bien que mal l’enseignement de ce déterminant
Consciente de nos connaissances encore lacunaires en matière des articles, pour l’élaboration
de nos cours à donner en classe nous nous sommes appuyée sur des ouvrages linguistiques ainsi que sur des manuels de grammaire du français Différents les uns des autres en matière de formulation et de terminologie, ces documents linguistiques consultés se croisent dans la typologie des valeurs d’emploi du déterminant, comme nous le montrent les extraits suivants de certains ouvrages pris à titre d’exemple :
- L’article défini, sert à référer à une entité identifiable à partir du seul contenu descriptif du
reste du GN […] Autrement dit, l’article défini présuppose l’existence et l’unicité : il n’y a pas d’autre(s) référents(s) accessible(s) qui vérifie(nt) la description de la réalité désignée par le GN
La référence ainsi établie peut être spécifique, c'est-à-dire concerner un ou des individus particuliers, ou génériques, c'est-à-dire concerner l’ensemble d’une classe ou d’une sous-classe d’individus (Martin Riegel et al, 1999, p.154)
- En emploi spécifique, l’article indéfini extrait de la classe dénotée par le nom et son expansion un élément particulier qui est uniquement identifié par cette appartenance et qui n’a fait l’objet d’aucun repérage référentiel […] Les emplois génériques de l’article indéfini singulier s’expliquent par le fait que l’élément quelconque auquel renvoie le GN introduit par un est alors considéré comme un exemplaire représentatif (« typique ») de toute sa classe (Martin Riegel et al,
1999, pp.159- 160)
- L’article défini s’emploie devant le nom qui désigne un être ou une chose connus du
locuteur et de l’interlocuteur L’article défini singulier peut aussi s’employer quand on envisage une espèce, une catégorie et non seulement un individu […] L’article indéfini s’emploie devant
un nom désignant un être ou une chose (ou des êtres et des choses) dont il n’a pas encore été question, qui ne sont pas présentés comme connus, comme identifiés Au singulier, il peut avoir aussi une valeur générale (André Gosse, 2000, pp 865- 868)
- L’article défini est utilisé quand le nom est déterminé :
+ par une proposition relative […]
+ par un complément de nom […]
Trang 14+ par la situation de communication […]
Il est utilisé pour exprimer la mesure […] Il est utilisé à la place de l’adjectif possessif, devant les noms indiquant les parties du corps
(Michèle Boulares et al, 1997, p.6)
- L’article indéfini peut marquer l’appartenance à une espèce […] Il désigne une personne,
un objet réels mais que le locuteur (celui qui parle) introduit, présente pour la première fois à l’interlocuteur (celui à qui on parle) […] Valeur « particularisante » de l’article indéfini : Le nom est souvent accompagné d’un adjectif, d’une expression à valeur d’adjectif, d’une relative qui a la valeur d’un adjectif […] Valeur emphatique de l’article indéfini : À la valeur de réalité s’ajoute une valeur de qualité ou une valeur de quantité […] (Sylvie Poisson-Quinton et al, 2002, p.38)
L’approche typologique adoptée communément dans les ouvrages dont sont présentés les extraits ci-dessus nous est utile dans la mesure ó elle nous amène aux instructions de base sur l’utilisation des articles mais elle est loin de nous donner une solution pertinente pour les emplois incorrects chez nos apprenants de ce déterminant Nos étudiants persistent effectivement dans leur usage problématique de « un, une, des » et de « le, la les », malgré nos efforts de puiser dans ces documents précités tout ce qui est nécessaire pour le cours dispensé
Nous nous sommes donc référées au travail de recherche de nos collègues, lequel porte sur
l’emploi des articles Nous avons eu accès à deux mémoires dont l’un s’intitule Erreurs d’emploi
des déterminants chez un groupe d’étudiants vietnamiens (Lý Thị Thu Thuỷ, 1987) et l’autre
Réflexions sur les erreurs dans l’emploi de l’article indéfini et l’article défini chez les enfants vietnamiens (Đồn Trịnh Thị Nam Phương, 1997) Ces deux études nous aident à mieux identifier
et typologiser les types d’erreurs d’emploi des articles chez les étudiants et les élèves vietnamiens sans pour autant nous mener vers une théorisation innovante sur les valeurs d’emploi de ces déterminants
Nous faisons alors l’hypothèse que l’étude des articles ne gagnerait pas à être menée suivant l’approche typologique de ses valeurs d’emploi, que l’investigation doit s’élargir au champ d’actualisation et ce, dans l’objectif d’aider les apprenants à réduire le mieux possible leurs emplois erronés des articles dans leur production orale comme écrite
Comme nous l’avons dit, le nom, pris comme le plus grand véhicule langagier des entités est presque omniprésent dans toute production langagière Invite ainsi à une observation attentive la détermination du nom au moyen des déterminants, en l’occurrence les articles Or, la détermination nominale consistant en l’actualisation des entités n’est pas question de tel ou tel élément isolé, mais de tout un processus Étudier les articles, c’est d’étudier donc la façon dont la
Trang 15prise de conscience d’une entité va d’un degré à l’autre, du moins accentué au plus accentué, dans
Trang 16Chapitre 2 : PROBLÈM E DE L’ACTUALISATION
2.1 O bserv ati ons gé nérale s
L’actualisation est un phénomène psychologique qui se trouve à l’origine de l’emploi de l’article, quelle que soit la nature de ce dernier En linguistique, elle ne renvoie pas aux conditions
de naissance d’une entité du monde (ce qui est l’objet d’étude des sciences de la nature), mais à la manière dont on perçoit l’entité et dont on la rend présente dans son discours par l’emploi de l’article Le problème de l’article, en fait, n’a jamais manqué l’attention des linguistes, et les principaux facteurs qui incitent le locuteur à telle ou telle forme de ce déterminant ont été mis en lumière Mais, pour un regard plus approfondi sur le problème, il nous semble nécessaire de pousser son examen plus loin que les idées reçues jusqu’ici Regarder l’article du point de vue de l’actualisation signifie se mettre dans la peau de celui qui parle pour déterminer pour quelle raison
un article est mis en application, et si effectivement sa forme correspond à la valeur qu’on lui attribue Cela signifie que toute considération structurale ou distributionnelle concernant le fonctionnement de ce déterminant doit être écartée pour laisser la place à une interprétation
« classique », c’est-à-dire très mentale et contextuelle Cette démarche ne va pas à l’encontre des conceptions de base connues jusqu’aujourd’hui, mais au contraire elle cherche à les compléter par les éclaircissements qui sont indispensables pour ce genre de problème mais qui font encore défaut
çà et là dans la littérature linguistique On verra, par exemple, que l’article « indéfini » n’indique
pas toujours une entité « inconnue », comme on le prétend souvent J’ai un cousin qui travaille
chez Peugeot et qu’inversement l’article « défini » n’introduit pas toujours une notion connue Ecoute Le rockabilly, c’est quoi ?
Sous l’angle de l’actualisation, on sera également en mesure d’expliquer pourquoi chez le même locuteur, et dans la même chaîne parlée, l’article peut avoir un parcours alternatif indéfini – défini – indéfini, et pourquoi une entité indéfinie peut être introduite d’emblée comme définie, ou l’inverse…
J’ai un dictionnaire pas comme les autres Voici le dictionnaire Mais c’est un dictionnaire qui ne profitera qu’à celui qui saura l’utiliser
Le tueur en série a commis encore un crime (au début d’un roman policier par exemple) Après une semaine, j’ai trouvé un Paul complètement différent de celui que nous connaissons depuis 10 ans
Trang 17Même si dans le cadre de ce mémoire, nous ne sommes pas en mesure de dresser une typologie exhaustive des emplois de l’article, avec leurs conditions d’usage, la démarche que nous proposons ici doit montrer à quel point le problème de l’article est lié à la manière dont le locuteur voit les choses, et à quel point il est conditionné par l’intention de ce dernier
2.2 Dé fi ni ti on li ng uisti que de l’a ct ua lisa t ion
- Dans Larousse de la langue française – Lexis, l’actualisation est considérée comme une opération par laquelle un mot, signe général de la langue est chargé d’exprimer dans la phrase une représentation particulière (Larousse, 1979, p.25)
- Sur Wikipédia, l’actualisation est décrite comme une opération permettant au nom de remplir sa fonction référentielle et du fait, l’actualisation permet au destinataire d’identifier la
chose dont on parle (cette chose est ainsi appelée référent)
- Selon Riegel et al, l’actualisation s’opère au moyen des morphèmes grammaticaux et cela pour la représentation des choses véhiculées par des morphèmes lexicaux Plus précisément, les déterminants actualisent le nom dans le passage de sa valeur dénominative générale à d’autres valeurs discursives particulières (Riegel et al, 1994, p.563), comme nous le montre cet exemple suivant :
Livre → Un / le / ce/ son / cinq / plusieurs / quelques livre (s)
- Les linguistes adeptes de la théorie de Gustave Guillaume parlent encore de l’actualisation
du procès, laquelle comprend trois stades : le stade quasi virtuel (infinitif et participe), le stade intermédiaire (subjonctif) et le stade de l’actualisation (indicatif) (Riegel et al, 1994, p.288)
2.3 Act ual isat i on c onç ue da ns not re t hès e
L’actualisation dont il s’agit dans notre travail ne s’écarte pas trop des définitions en la matière ci-dessus, à ceci près que dans notre point de vue, l’actualisation est un processus par lequel
un objet ou une entité encore “flou” à son apparition devient plus “claire”, plus “notoire” au fil de sa prise de forme
Faisant partie du processus cognitif, l’actualisation trace les différentes étapes de la conscience humaine à l’égard d’une entité Ce phénomène se reconnait dans certaines catégories conceptuelles
et linguistiques
Trang 182.3.1 Dé mon strat ion par l a conce ption h u mai ne à l’é gar d de la réal ité
Vivant sur Terre, quiconque ne prend pas conscience de la loi d’existence humaine qui se
vieillesse, maladie, mort) et Thành, Tr ụ, Dị, Diệt (prise de forme, existence, changement, destruction) ? En effet, après sa naissance, on grandit, vit sa vie, parvient à la maturité puis vieillit
pour finalement mourir Son parcours peut se résumer en ces mots rangés suivant l’ordre allant de
gauche à droite : néant, naissance, existence, mort ou naitre, grandir, vivre, vieillir, mourir
Il n’y a pas que l’existence humaine qui se déroule suivant son trajectoire échelonné Toutes réalités quotidiennes s’effectuent de même, ayant chacune son propre parcours chronologique : une séance
d’étude commence à 7h30, s’étend sur 4 heures puis prend fin à 11h30, un devoir de composition commence par son introduction pour arriver à sa conclusion en passant par son développement, un
fruit ne prend forme qu’à partir de la pollinisation de sa fleur qui, vient elle-même d’un bouton, un feuillage s’obtient à partir des feuilles dont chacun nait de son bourgeon
Les expressions commencer, s’étendre, prendre fin ou introduction, développement, conclusion ou
bouton, fleur, fruit ou bourgeon, feuille, feuillage d’une part traduisent la prise de conscience chez
l’homme du processus d’existence de la réalité qui l’entoure, d’autre part elles montrent que l’homme se rend compte en même temps des différents degrés d’existence d’une entité
2.3.2 Dé mon strat ion lin guis tique
2.3.2.1 Actualis ation d u proc ès
Le mode verbal traduit les manières de concevoir un procès, autrement dit, tout procès actualisé au moyen des modes verbaux dispose des degrés d’existence différents Allant de l’infinitif à l’indicatif en passant par le subjonctif, l’impératif, le conditionnel, et le participe, l’actualisation modale passe du degré minimal au degré maximal comme suit
Trang 19+ Subjonctif :
Actualisé au subjonctif, le procès s’avère un peu plus « mouvant » puisqu’envisagé dans
l’esprit du locuteur Indiquant que le locuteur ne s’engage pas sur la réalité du fait (Gosse, 2000,
p.1119), le subjonctif présente le procès dans sa virtualité
Ex : Qu’il aille chez le médecin à 15h !
+ Impératif :
L’actualisation par l’impératif décrit le procès comme étant un ordre, une demande, une exhortation Le procès présenté à l’impératif s’avère plus « concrétisé » que celui actualisé au
subjonctif en ce sens que si le second s’arrête au niveau virtuel, le premier parvient à la forme
directive d’un ordre, d’une demande (Riegel, 1994, p 287) bien que sa réalisation ne puisse avoir
lieu qu’à partir du moment de l’énonciation
Ex : Va chez le médecin à 15h
+ Conditionnel :
L’actualisation au moyen du conditionnel situe le procès dans l’éventualité de la réalisation Perçu comme éventuel, le procès est censé être plus près du monde réel et se trouve ainsi à un degré d’existence dit proche de la maximale
Ex : Il irait chez le médecin à 15h
+ Participe :
Comme l’infinitif, le participe est un mode impersonnel Ce mode s’emploie toujours en dépendance de l’indicatif, ce qui lui fait acquérir le degré d’actualisation équivalant à celui de l’indicatif
Ex : Se sentant fatigué, il est allé chez son médecin
+ Indicatif :
Indicatif offre au procès le degré d’existence le plus élevé, voire maximal puisqu’il le présente comme réalisé, indiqué, asserté, ou en un mot, dans sa réalité Selon les auteurs de
Grammaire méthodique du français, c’est le seul mode personnel et temporel qui situe le procès
dans l’une des 3 époques : passé, présent, et avenir et qui pour cette raison se considère comme le mode de l’actualisation du procès (Riegel et al, 1994, p 297)
Ex : Il va chez le médecin à 15h
Trang 202.3.2.2 Actualis ation d e la qual ité et d e la manièr e
Une qualité, une propriété, un état, une manière connaissent aussi différents degrés d’existence Leur actualisation s’effectue ainsi du degré minimal au degré maximal comme nous le voyons ci-après :
- Décrivant certaines couleurs, on peut avoir blanchâtre, blanc, blanc immaculé ou
bleuâtre, bleu, bleu ciel, bleu foncé ou rougeâtre, rouge, rouge vif
- Une intensité peut être qualifiée de faible, de moyenne et d’élevée
- Quelqu’un peut parler lentement, assez vite, vite ou très vite
Selon diverses opinions, la valeur d’emploi des articles est moins compliquée, aussi compliquée ou plus compliquée que celles des adjectifs indéfinis
2.3.2.3 Actualis ation d e l’ent ité
Toute entité apparaît dans la conception humaine suivant différentes étapes de la conscience,
et en fonction de diverses dispositions psychologiques Son existence va alors du plus neutre au plus accentué Elle est dite actualisée et son actualisation relève d’un processus pris pour un continuum
de sens, comme nous l’avons expliqué dans la partie de la sphère nominale
L’actualisation de l’entité - laquelle est dénotée par le nom – se réalise au moyen des déterminants A chaque catégorie de déterminant correspond un degré d’actualisation Il en résulte que le nom est présenté comme peu connu ou bien connu selon que son déterminant se situe au degré le moins actuel ou le plus actuel
En nous appuyant sur la thèse des degrés de conscience que l’on a de l’entité (cf 1.2), nous présentons ci-après la fonction référentielle du nom rendue par l’actualisation au moyen de différents déterminants :
1 Quel livre veux-tu ?
2 Il y a un livre là-bas
3 Il m’a trouvé quelque livre – Il m’a trouvé quelques livres – Quel livre il m’a trouvé !
4 Il m’a trouvé cinq livres
5 Il m’a trouvé le cinquième livre
6 Cherchons vite le livre
7 Il prend mon livre
8 Tu veux ce livre ?
Si le référent exprimé par « livre » s’avère flou dans la première phrase, il se révèle de plus en plus marqué au fil des énoncés
Trang 21Nous avons ainsi montré qu’une notion va du zéro à son extension maximale et que ce processus trace les différents degrés d’existence d’un objet dans l’esprit humain Dans le cadre de notre mémoire et vu notre objectif de recherche, nous focalisons notre travail sur l’actualisation de l’entité au moyen des articles
Sous l’optique de l’actualisation, l’article est pris comme produit de la perception humaine à l’égard d’une réalité Notre investigation doit alors s’étendre au domaine de la cognition pour définir les degrés d’existence de l’entité au sein de l’esprit du locuteur et de là pour donner raison à l’usage contextuel et discursif des articles Partisan de l’approche dite mentale, nous tenons à trouver la raison d’être d’un article produit, nous plaçant en amont de la production et ce, comme un complément pour l’approche typologique adoptée par la plupart des linguistes qui travaillent à la valeur sémantique d’un article employé et placés en aval de l’emploi
Précisément, à l’emploi des articles dans les phrases suivantes de Wilmet (Wilmet, 1998, p.119) :
1 Un patient attend le Dr Knock
2 Le patient du Dr Knock pénètre dans le cabinet de consultation
3 Un homme bien portant est un malade qui s’ignore (Jules Romains, cité par Wilmet)
4 L’homme que n’effraie pas la mort ne cède pas au charlatanisme
l’auteur a penché pour la typologie sémantique en précisant que les articles conviennent à
l’expression d’extensités extrêmes (exemples 1 et 2 : extensité minimale = 1 de patient, exemples 3
et 4 : extensité maximale = t de homme) Sachons que la notion d’extensité est conçue par l’auteur comme suit : l’extensité d’un substantif ou d’un syntagme nominal désigne la quantité d’êtres ou
d’objets auxquels ce substantif ou ce syntagme nominal sont appliqués (Wilmet, 1986, p.47)
Quant à nous, partageant la réflexion de Bonnard selon laquelle, la fonction commune de tous
les articles est de marquer le sens actuel du nom (Bonnard, 1981, cité par Wilmet, 1998, p.120),
mais n’empruntant pas la piste sémantique nous essayons de montrer, dans notre théorisation, de quelles formes d’actualisation sont produits les articles dans les énoncés ci-dessus Autrement dit, si
Bonnard entend par sens actuel du nom variable du signifié nominal pouvant aller de zéro à l’infini
(Bonnard, 1981, cité par Wilmet, 1998, p.120), nous tentons, pour comprendre l’origine de l’emploi des articles, de trouver la voie par laquelle le référent – exprimé par le nom – s’actualise dans l’esprit du locuteur
Quelles sont les formes d’actualisation dont il s’agit ? Et quelle sont les voies d’apparition d’un référent ? Nous trouvons la réponse dans la partie qui suit
Trang 222.4 Ty pol ogie de l ’act ualis ati on
Nous avons eu l’occasion de présenter au § 1.2 le continuum de l’actualisation par déterminants Ce continuum a pour but de montrer comment une entité apparaît dans ses différents degrés de clarté, et donc pourquoi la détermination nominale possède une telle variété de formes Mais dans l’activité langagière du quotidien il n’y a aucune raison pour que le fonctionnement du déterminant suive l’ordre de ce continuum Précisément, on n’est nullement obligé de partir du degré zéro pour arriver après au degré maximal de l’actualisation En plus, le phénomène d’actualisation a des caractéristiques d’ordre énonciatif que le schéma du continuum ne peut pas refléter, en particulier pour ce qui concerne la distinction entre locuteur et interlocuteur, les actants qui ne figurent pas sur l’axe de l’actualisation Compte tenu de ces caractéristiques, nous proposons
la typologie suivante :
Actualisation
endocentrique exocentrique
Act.introductrice: Act.évocatrice : Act.stylistique :
- Introduction première - Evocation situationnelle - Alternative
- Introduction itérative - Evocation généralisante - Implication
Trang 23n’ignore le fameux couple locuteur – interlocuteur, cher à la réflexion énonciative Mais reconnaissons aussi qu’en matière d’article, cette distinction n’a jamais imposé sa valeur On n’a jamais soulevé la question « Auquel de ces deux actants appartient la valeur définie ou indéfinie d’un article ? », question qui peut paraỵtre rudimentaire mais qui en fait ne l’est pas En effet, dans les échanges quotidiens, oraux ou écrits, le fait que nous « actualisons » une entité pour le compte d’autrui est un phénomène fréquent, même beaucoup fréquent que le cas ó nous le faisons pour notre propre cognition A observer de près, on peut même affirmer que la majorité des emplois de l’article indéfini appartiennent à ce type d’actualisation exocentrique, car, une narration ne peut se faire qu’après coup, et que, conditionnés par une loi psychologique, nous menons toujours notre récit en « ménageant » la cognition de celui qui nous écoute, pas notre propre processus de la
découverte du monde C’est pour cette raison que la phrase J’ai un cousin qui travaille chez
Peugeot doit être analysée comme présentant l’indéfini cousin à celui qui reçoit cette phrase, pas à
celui qui la produit, et l’explication de l’article indéfini doit être fournie de la part du récepteur, au
lieu de venir de la part du locuteur On dit un cousin pour la raison que ce cousin est inconnu à la
personne qui reçoit l’énoncé, non pas à celle qui le donne
Mais ce phénomène doit nous sensibiliser à un autre aspect du problème : distinction entre narrateur et personnage chez une même personne, celle qui parle Quand quelqu’un dit, par
exemple, J’ai rencontré ce matin une personne très intéressante, en tant que personnage, le sujet je doit regarder une personne comme indéfinie, mais en tant qu’auteur de cet énoncé il est
censé le connaỵtre, au moment d’énonciation de ce « petit récit », d’ó le caractère exocentrique de
l’article indéfini une, comme dans le cas que nous avons examiné ci-dessus Ainsi, et pour une
conclusion partielle, on peut dire que l’actualisation exocentrique se produit non seulement dans le rapport locuteur - interlocuteur, mais aussi dans le rapport auteur - personnage chez une même personne quand celle-ci produit de la narration
La distinction entre actualisation endocentrique et actualisation exocentrique n’affecte pourtant pas celle des autres formes de l’article du français Une fois que nous quittons le niveau énonciatif pour examiner le niveau textuel, l’énonciateur disparaỵt, laissant toute considération linguistique au seul compte du personnage, celui qui joue le rơle du sujet grammatical Qu’il soit de caractère endocentrique ou exocentrique, le récit encadré par l’énoncé constitue alors le seul objet d’étude de l’actualisation C’est pour cette raison que chacune des deux branches de la grande dichotomie peut avoir toutes les trois catégories d’actualisation qui restent en français : introductrice, évocatrice et stylistique, avec leurs sous-catégories respectives
Trang 242.4.2 Int rodu ction p re miè re
Nous appelons introductrice l’actualisation qui présente une entité comme nouvelle, comme apparaissant pour la première fois dans le récit, et c’est le cas d’emploi qui exige l’article indéfini Suivant ce point de vue, les phrases qui suivent doivent donner une introduction première :
Mon frère a une nouvelle moto
Elle a envoyé un mail
Je vois des policiers devant sa maison
A la différence de la conception traditionnelle, on peut considérer l’article partitif comme une sorte d’actualisation introductrice, précisément une introduction première, mais celle qui se réalise pour les matières non comptables Logiquement l’usage d’une matière « continue » n’est que partiel, ce
On lui a donné du pain
Il reste encore de la viande dans le frigo
Les qualités humaines se trouvent aussi dans ce cas
Dans une telle situation, il faut avoir de la patience
A la surprise de tout le monde, il a montré du courage
Par métaphore, un nom propre peut désigner l’ensemble des œuvres d’un compositeur, d’un peintre
ou d’un sculpteur… Une actualisation partielle de ces œuvres est alors rendue par l’article partitif pour désigner une ou quelques unes de ces œuvres, un emploi qui se rencontre surtout dans le domaine artistique
Dans le programme de ce soir, il y a du Mozart, du Vivaldi et du Brahm
Dans ce musée, on peut voir du Monet, du Cézanne et du Sisley
2.4.3 In trod uctio n itéra ti ve
Mais, l’apparition de l’actualisation première ne signifie pas qu’elle doive être suivie automatiquement de l’article défini Puisqu’un objet est toujours multiple par ses différents aspects,
on peut le présenter avec chaque fois une autre propriété, comme s’il s’agissait de plusieurs objets,
ce qui doit conduire à une itération de l’article indéfini Il est à remarquer que l’objet apparaît alors sous plusieurs noms
Mon frère a une nouvelle moto C’est une Harley-Davidson Et c’est un cadeau de mes
parents pour son anniversaire
Trang 25Il a une résidence secondaire au bord de la mer C’est une belle villa Mais c’est un endroit
ó il se retire une seule fois par an, au mois de juillet
On peut constater le même phénomène avec les noms non-comptables
J’ai du fromage Et c’est du camembert
Pour la première fois, elle a bu du vin Et c’était du bordeaux
De caractère indéfini, l’actualisation introductrice pour les noms non-comptables permet le passage naturel à l’actualisation évocatrice, comme dans le cas d’un nom comptable
On lui a donné du pain Mais il n’a pas mangé tout le pain qu’on lui a donné
Il restait de la viande dans le frigo Et elle a pris toute la viande qui restait pour le dỵner
2.4.4 In trod uctio n géné ralis ante
On peut présenter une entité comme inconnue, mais capable de représenter toute la catégorie d’objets ou de personnes à laquelle elle appartient On dit qu’elle a la valeur généralisante L’entité
peut être interprétée alors comme toute personne qui… ou tout objet qui…
Un policier ne doit pas agir comme ça
Ce n’est pas le comportement d’un policier
Une maison doit avoir ses fenêtres
Ce n’est pas la structure d’une maison
Il est important de noter que seul le déterminant n’est pas capable de créer la valeur généralisante et que le contexte linguistique qui l’entoure y est pour beaucoup Ce contexte doit précisément offrir
un ton « sentencieux », en parlant d’un fait général, avec la plupart du temps le présent pour le verbe, comme nous pouvons l’observer dans les exemples donnés ci-dessus En vue d’une généralisation, on ne dira pas, par exemple :
Un policier n’a pas agi comme ça
Une maison devait avoir ses fenêtres
2.4.5 Evoc atio n situa tion nelle
L’actualisation est évocatrice lorsque l’existence d’une entité est connue, et qu’on ne fait que l’évoquer pour la rendre présente dans le discours, que l’on ait passé par la phase de sa cognition ou non Contrairement à l’acte de présenter une entité, celui d’évoquer est le retour à une notion connue déjà répertoriée et classée dans le savoir d’une personne La plupart des cas d’emploi de l’article défini relèvent de ce type de retour Ce qui caractérise cet usage est le fait qu’il est étroitement lié à un contexte donné, soit situationnel, soit linguistique, soit culturel Précisément, une situation de communication, un environnement textuel, ou encore le trésor culturel de
Trang 26l’humanité, constituent une sorte de situation qui fournit quelque part dans son cadre, et préalablement, l’indice de l’existence d’une entité, ce qui permet au locuteur d’y puiser afin de l’évoquer (Du point de vue terminologique, et dans le cadre de notre problème, le terme d’actualisation pourrait très bien être remplacé par celui d’évocation, car il s’agit ici, à proprement parler, d’évoquer une entité déjà actualisée précédemment)
Peux-tu me passer le sel ? (qui est sur la table, sous tes yeux)
Un jour on lui a fait cadeau d’une guitare, et la guitare l’a accompagné toute sa vie
Jacques est un spécialiste de la période précolombienne
Vue de l’espace, la Terre est bleue
La Méditerranée est ensoleillée toute l’année
L’aspirine possède beaucoup de vertus
2.4.6 Evocat ion gén érali sant e
Mieux que l’article indéfini, l’article défini peut remplir la fonction de généralisation, et sa valeur généralisante ne semble pas la même que celle offerte par la forme indéfinie Ne prenant pas une seule unité pour lui faire représenter toute une catégorie, l’article défini « totalise » une catégorie entière comme objet unique dans son genre L’actualisation est alors non pas d’ordre représentatif, mais d’ordre catégoriel, dans une vision abstraite devant les choses de la vie
Le livre est l’ami de l’homme
Le saxophone est un instrument très expressif
Pour beaucoup de familles, le dîner est un moment sacré
Il est à remarquer que les objets du monde n’ont pas la même chance de s’actualiser pour
présenter leur classe Si l’on peut dire Le livre est l’ami de l’homme
Mais il est impossible, dans la même circonstance, de dire
*Le ventilateur est l’ami de l’homme
*La chaussure est inséparable de l’homme
Par contre, dans un pays tropical, on peut très bien dire Ici, le ventilateur est l’ami de l’homme
Ou au pôle Nord du globe, on peut entendre Ici, la chaussure est inséparable de l’homme
Comme l’article indéfini (§2.4.4), l’article défini demande un contexte approprié pour avoir
la valeur généralisante Il doit présenter un fait général et le temps présent pour le verbe Pour généraliser, on ne dira pas, par exemple :
Le livre est mouillé
Le saxophone a été parfait
Trang 27Il est à remarquer que les expressions, les proverbes, les dictons offrent un grand nombre d’actualisations à valeur généralisante, quand le nom y figure, et que la détermination nominale y soit indéfinie ou définie Le locuteur ne parle plus alors d’un objet concret, mais d’un objet symbolique, de caractère catégoriel On peut même considérer que ce qui est actualisé, ce n’est pas
un objet, mais un acte dans son ensemble ó l’objet n’est qu’une partie constituante La preuve en
est que, pour les expressions comme ci-dessous, il est impossible de poser les questions quel verre ?
quel coup ? quelle cuisine ? quelle guerre ?…
de caractère généralisant dans
Il m’a passé un verre
Elle est entrée dans la cuisine
Mon grand-père est mort dans la Seconde Guerre Mondiale
2.4.7 Ac tual isati on sty listi que ( Altern ati ve )
La façon d’actualiser une chose ou une personne ne provient pas toujours de l’impératif du rationnel, mais d’un souci pour un effet stylistique Profitant du fait qu’une entité possède toujours à
la fois ses différents cơtés, le locuteur peut les avancer à sa guise pour mettre l’entité en valeur, et pour qu’on voie mieux l’objet dont il parle Le parcours le plus usité dans ce cas serait indéfini – défini – indéfini, ce que nous pouvons appeler alternative
C’est un garçon d’une famille pauvre Mais le garçon est brave Il travaille jour et nuit pour aider ses parents Moi, je ne peux pas refuser d’engager une personne qui a une telle
énergie
Trang 282.4.8 Ac tual isati on sty listi que ( Implic atio n immédia te)
Toujours avec le souci d’un effet stylistique, le narrateur peut « jeter » le lecteur dans le vif
du récit au premier abord, l’impliquant ainsi dans l’ambiance de l’histoire racontée sans aucune actualisation préalable pour les personnages et les circonstances de l’histoire L’actualisation, alors,
ne représente plus une simple évocation dans le sens strict du terme, mais simultanément une introduction et une évocation Elle est voulue plutơt qu’objective, et son interprétation doit ainsi aller dans une perspective littéraire Au début d’une miniature, par exemple, on peut trouver :
Le patron n’est pas content Certains de ses employés semblent vouloir déserter Mais ce n’est pas nouveau, car depuis quelques mois la boỵte est en situation de faillite
Si l’on prend le terme d’actualisation dans un sens plus large, on peut remarquer que cet emploi « brusque » de l’article défini n’actualise pas entièrement l’objet ou la personne en question C’est le développement narratif de l’histoire que le lecteur trouve au cours de sa lecture, qui, petit à petit, actualise l’objet ou la personne jeté aux yeux du lecteur au premier abord L’actualisation par article peut ainsi se trouver en contradiction avec l’actualisation narrative
2.4.9 Cas d’o missi on de l’a rticl e
L’omission de l’article est un phénomène bien connu, jamais négligé par les linguistes dans leurs études des déterminants Mais notre réflexion sur le phénomène d’actualisation signifie par elle-même la façon dont on « fait vivre » une entité dans un énoncé par un moyen autre que le nom,
ce qui ne recouvre pas le cas ó le nom s’actualise par son propre sémantisme, et ó son emploi - indéterminé - suffit pour évoquer une image ou notion Cela explique pourquoi le degré « zéro » du déterminant ne trouve pas sa place dans les propos que nous présentons ici
Nous avons présenté dans ce chapitre notre thèse selon laquelle l’étude des articles gagnerait
à être menée dans le sens de l’actualisation et ce, pour une tentative de l’enseignement des valeurs d’emploi de ce déterminant
Afin de nous renforcer dans la conviction que l’approche cognitive développée ci-dessus aide
à la maỵtrise chez nos apprenants de l’emploi de un, une, des et le, la, les, il nous est dispensable de
savoir ó en sont nos étudiants dans leur apprentissage de ce type d’actualisateur, d’ó l’étude du terrain dans le chapitre suivant
Trang 29Chapitre 3 : ÉTUDE DU TERRAIN
L’objectif étant d’avoir une certaine idée sur l’acquisition de nos étudiants en matière des valeurs d’emploi des articles, nous avons procédé à l’étude du terrain qui comprend premièrement celle de leur profil, facteur ayant une certaine influence sur leur usage du déterminant en question et secondement la présentation du corpus dont le dépouillement nous apprendra le résultat du travail des étudiants
3.1 Pr ofil des ét udia nt s
- Réalisé au département de tourisme de l’Ecole des Beaux-Arts et du Tourisme de Nha
Trang, notre corpus est constitué du travail de deux groupes d’étudiants : le premier compte 40 étudiants – vrais débutants en français – en première année de guide touristique, le second regroupe
40 étudiants en troisième année de gestion en hôtellerie-restauration, lesquels ont commencé l’étude
du français en première année universitaire ; sept d’entre eux suivent encore des cours de français
au centre de langues Les étudiants en première année sont à l’âge de 18 à 20 ans, les troisièmes années sont de 20 à 22 ans Et ils viennent de différentes régions telles que Khanh Hoa, Phu Yen, Lam Dong, NinhThuan, Hue, Quang Binh
- Comme nous l’avons présenté, au département de tourisme sont enseignées les langues
étrangères comme l’anglais, le français, le chinois, le japonais et le coréen L’étude de telle ou telle langue étrangère n’est pas au choix des étudiants mais elle leur est imposée par la direction générale
du département ; l’apprentissage obligatoire d’une telle langue étrangère dépend entièrement de l’organisation du cursus Cela dit, certains des étudiants désignés pour l’apprentissage du français se disent contents d’étudier cette langue pour les raisons suivantes :
+ le français est intéressant
+ le français est indispensable pour leur travail professionnel
+ ils ont des parents francophones qui peuvent les aider dans leur étude du français
+ ils souhaitent communiquer en français avec leurs amis français et francophones
- La formation professionnelle destinée à ce public s’étend sur 6 semestres (soit trois années)
dont 5 (à raison de 150 séances de 45 minutes chacune) sont consacrés à l’apprentissage du français, première langue étrangère Au cours de cette durée d’étude, les étudiants travaillent avec les
méthodes Initial 1(Sylvie Poisson-Quinton, Marina Sala, 2001), Initial 2 (Sylvie Poisson-Quinton,
Trang 30Marina Sala, 2001), Tourisme.com (Sophie Corbeau et al., 2004), Hôtellerie-Restauration.com (Sophie Corbeau et al., 2006),
Les quatre compétences linguistiques CO, CE, EO, EE et les acquisitions lexicales,
grammaticales de base font l’objet de l’enseignement du FLE via Initial 1 et Initial 2 Avec cette
méthode, les étudiants apprennent à se présenter, demander /donner des informations, proposer quelque chose, refuser/accepter une invitation etc…
L’enseignement du français à l’objectif spécifique (FOS) s’effectue au moyen de
Tourisme.com (pour la classe de la section de guide touristique) et de Hôtellerie-Restauration.com
(pour la classe de gestion en hôtellerie-restauration)
Parallèlement à ces deux méthodes sont utilisés d’autres documents linguistiques complémentaires que choisissent les enseignants en fonction du thème et de l’objectif de chaque unité des manuels de
base Pour l’enseignement des articles, nous avons recours à La Grammaire pour tous (Bescherelle, 1990) et à Nouvelle grammaire française (Maurice Grévisse, André Goosse, 1994) vu que l’explication des emplois de ce déterminant, dans les leçons 5, 6 et 9 de Initial 1 et 6 dans Initial 2
est trop concise, puisque limitée à la présentation formelle et superficielle (cf Annexe)
Après trois ans d’études à notre établissement, les étudiants peuvent trouver du travail dans le secteur de tourisme, étant guide touristique, réceptionniste, serveur de restaurant ou maître d’hôtel etc…
3.2 Prése ntati on du c or pus
Comme nous l’avons dit, pour la construction du corpus, nous avons travaillé avec 40 étudiants en première année et 40 en troisième année Pour l’élaboration de l’exercice à leur donner
à faire après les cours théoriques, nous avons puisé dans Le français au présent, exercices de
grammaire (Annie Monnerie-Goarin, Marie Thérèse Bréant, 1988), Grammaire – Cours de civilisation française de la Sorbonne – 350 exercices, niveau moyen (Yves Delatour et al., 1987), L’Exercicier – l’expression française pour le niveau intermédiaire (Christiane Descotes-Genon et
al., 1992), Grammaire progressive du français avec 400 exercices (Michèle Boularès, Jean-Louis
Trang 31I Complétez par un article qui convient :
C’est … petite chambre Au milieu de … chambre, il y a … table Sur … table, il y a … lampe jaune Devant … lampe, … livre bleu Sur … livre, … enveloppe blanche Tu ouvres … enveloppe et tu vois … photo C’est … photo de ton ami Tu prends … photo et tu pleures
U
II Complétez les phrases suivantes par l’article qui convient :
1 Il y a … station de métro près d’ici, c’est … station Concorde
2 … café m’empêche de dormir
3 J’aime bien prendre … tasse de café après … déjeuner
4 Martine fume … cigarettes blondes
5 Martine n’aime que … cigarettes blondes
6 … dimanche, nous allons souvent à … cinéma
7 Ma fille est née … dimanche
8 Feriez-vous lire ce livre à … enfant de 8 ans ?
Les étudiants de troisième année ayant fait l’étude plus approfondie des valeurs d’emploi des articles définis, indéfinis et partitifs, leur exercice est d’un degré de difficulté plus élevé et comprend trois parties comme suit :
U
I Articles définis, indéfinis, ou partitifs ? Complétez les phrases avec l’article correct :
1 Prenez 200g de beurre et 3 œufs Mélangez … beurre et … œufs jusqu’à ce que vous obteniez … mélange blanc et mousseux
2 … rose est … belle fleur
3 En ce moment, il fait … temps bizarre : le matin, il y a … soleil et l’après- midi ça se couvre, … vent se lève et il y a … orages
4 Tu as vraiment … courage !
- Oh, ce n’est pas … courage qui me manque, c’est … argent !
5 Il fait … ski et … escalade mais par-dessus tout il aime … randonnées
6 Elle voulait qu’il fasse … violon mais il a préféré … piano
7 Avez-vous lu … roman que je vous ai prêté ?
8 J’étudie deux langues : … anglais et … allemand
9 Si vous voulez acheter … jambon et … pâté, cherchez … charcuterie
10 Je suis allé ce matin à … charcuterie de mon quartier
Trang 32II Complétez par les articles qui conviennent :
J’ai acheté … vieille maison à la campagne … toit est en mauvais état, … portes et … fenêtres sont à refaire Il faut changer … installation électrique … chauffage est à mettre dans tous
… pièces Il faut repeindre … murs Heureusement, … planchers sont en bon état Il n’y a pas besoin de changer … moquette, sauf dans … chambre d’amis
U
III Dans les exemples suivants, il est parfois possible de remplacer le par un Pouvez-vous dire dans quel cas ?
1 La R5 cỏte 7000 euros
2 La R5 se vend de plus en plus
3 Le roman policier se lit bien quand on est fatigué
4 le roman policier a connu un bond spectaculaire
5 L’immigré devient l’ennemi numéro 1 des mouvements de droite
6 L’immigré a généralement beaucoup de mal à s’adapter
7 La veste épaulée réapparaỵt chez beaucoup de couturiers
8 La veste épaulée amincit la silhouette
9 Le camembert est un fromage connu dans le monde entier
10 Le camembert se mange avec un bon vin rouge Pour finir un repas, il n’y a rien de mieux !
Les exercices leur sont donnés à faire en classe Les premières années ont fait leur travail pendant
30 minutes tandis que les troisièmes années ont accompli le leur pendant 45 minutes
3.3 Rés ulta t du trav ail de s de ux cl asse s
Nous allons travailler au résultat des premières années premièrement après quoi sera examiné celui des troisièmes années Dans l’observation du travail des étudiants, seront pris comme erreur les emplois de l’article défini à la place de l’indéfini et inversement, ainsi, nous ne faisons pas cas des incorrections de genre
3.3.1 Tra vail de s pre mi ères an nées
3.3.1.1 Dans la première partie de l’exercice, il s’agit de trouver pour le texte donné 13 articles qui
conviennent Nous choisissons de codifier les 13 solutions de 1 à 13 comme suit :
Trang 33C’est (1)… petite chambre Au milieu de (2)… chambre, il y a (3)… table Sur (4)… table, il y a (5)
… lampe jaune Devant (6)… lampe, (7)… livre bleu Sur (8)… livre, (9)… enveloppe blanche Tu ouvres (10)… enveloppe et tu vois (11) … photo C’est (12)… photo de ton ami Tu prends (13)… photo et tu pleures
Pour chacune des 13 solutions, ci - après, nous présentons premièrement le nombre des étudiants qui ont fait le bon choix et ensuite celui de ceux qui n’y sont pas arrivés
(1) :
28 étudiants ont choisi une petite chambre, soit 70% de l’effectif
12 étudiants ont choisi la petite chambre, soit 30% de l’effectif
(2) :
35 étudiants ont choisi la chambre, soit 87,5% de l’effectif
5 étudiants ont choisi une chambre, soit 12,5% de l’effectif
(3) :
26 étudiants ont choisi une table, soit 65% de l’effectif
14 étudiants ont choisi la table, soit 35% de l’effectif
(4) :
35 étudiants ont choisi la table, soit 87,5 % de l’effectif
5 étudiants ont choisi une table, soit 12,5% de l’effectif
(5) :
28 étudiants ont choisi une lampe, soit 70% de l’effectif
12 étudiants ont choisi la lampe, soit 30% de l’effectif
(6) :
33 étudiants ont choisi la lampe soit 82,5 % de l’effectif
7 étudiants ont choisi une lampe, soit 17,5 % de l’effectif
(7) :
26 étudiants ont choisi un livre bleu, soit 65% de l’effectif
14 étudiants ont choisi le livre bleu, soit 35% de l’effectif
(8) :
32 étudiants ont choisi le livre, soit 80 % de l’effectif
8 étudiants ont choisi un livre, soit 20 % de l’effectif
(9) :
20 étudiants ont choisi une enveloppe, soit 50% de l’effectif
Trang 3420 étudiants ont choisi l’enveloppe, soit 50 % de l’effectif
(10) :
33 étudiants ont choisi l’enveloppe, soit 82,5 % de l’effectif
7 étudiants ont choisi une enveloppe, soit 17,5 % de l’effectif
(11) :
24 étudiants ont choisi une photo, soit 60 % de l’effectif
16 étudiants ont choisi la photo, soit 40 % de l’effectif
(12) :
27 étudiants ont choisi la photo, soit 67,5 % de l’effectif
13 étudiants ont choisi une photo, soit 32,5 % de l’effectif
(13) :
23 étudiants ont choisi la photo, soit 57,5 % de l’effectif
17 étudiants ont choisi une photo, soit 42,5 % de l’effectif
3.3.1.2 Le travail demandé pour la seconde partie est le même que dans la précédente, à ceci près
que cette fois, l’article choisi est d’ordre phrastique Pour chacune des 8 phrases de l’énoncé, nous présentons les solutions des étudiants comme suit :
Phrase 1 : Il y a (A)… station de métro près d’ici, c’est (B)… station Concorde
Nous préférons de codifier 2 solutions de cette phrase respectivement A et B Dans le tableau suivant :
- La première colonne est pour la solution A, dans laquelle sont incluses deux sous colonnes
réservées respectivement à la station et une station
- La deuxième colonne est pour la solution B, dans laquelle sont rangées deux sous colonnes
intitulées respectivement la station Concorde et une station Concorde
- Chacune des quatre sous colonnes porte le nombre des étudiants ayant choisi l’article défini
Trang 35Phrase 5 : Martine n’aime que … cigarettes blondes
les cigarettes blondes
12
des cigarettes blondes
28
Trang 36Phrase 6 : (A) … dimanche, nous allons souvent à (B)… cinéma
3.3.2 Obser vatio ns sur le ré sult at de tra vail d es pre mi ères an nées
La statistique des solutions nous amène à cette remarque : si le nombre des étudiants ayant réussi leur choix des articles pour la première partie est plus élevé que celui des échoués, dans la seconde partie, c’est presque le contraire En effet, à part la première phrase et la quatrième phrase
de la seconde partie ó les articles corrects respectifs « une » dans « une station » , « la » dans « la
station de Concorde » et « des » dans « des cigarettes » sont bien pris respectivement par 57,5 %,
77,5 % et 60 % des étudiants (soit plus de la moitié de l’effectif), dans les phrases qui restent, les articles sont mal employés
Il nous semble qu’à défaut d’un contexte d’ordre textuel, les étudiants se sentent désorientés dans leur raisonnement, et pour ainsi dire, ils s’en remettent au hasard pour ce qui est du choix de l’article convenable
Trang 373.3.3 Tra vai l des tro isiè mes ann ées
3.3.3.1 Dans la première partie du travail, les étudiants doivent trouver pour chacune des 10 phrases
l’article convenable (défini, indéfini ou partitif) Nous présentons leur solution pour chaque phrase
de la même manière que précédemment
Phrase 1 : Prenez 200g de beurre et 3 œufs Mélangez (A)… beurre et (B) … œufs jusqu’à ce que
vous obteniez (C) … mélange blanc et mousseux
7
les œufs
18
des œufs
22
un mélange
9
le mélange
26
du mélange
Phrase 3 : En ce moment, il fait (A)… temps bizarre : le matin, il y a (B)… soleil et l’après- midi
ça se couvre, (C)… vent se lève et il y a (D)… orages
Cette phrase demandant 4 solutions, pour la lisibilité de la présentation, nous choisissons d’afficher les choix des étudiants dans 2 tableaux comme suit :