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La préposition à et son enseignement en classe de francais langue étrangère mémoire de fin détudes post universitaires spécialité didactique du francais langue étrangère

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Un autre contexte est toujours susceptible de donner à la préposition un autre sens, et ce phénomène s’observe aussi bien en français qu’en vietnamien, ce qui fait que, dans les deux lan

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MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION ET DE LA FORMATION UNIVERSITÉ DE PÉDAGOGIE DE HÔCHIMINH-VILLE

_

Trương Thị Minh

LA PRÉPOSITION À

ET SON ENSEIGNEMENT

MÉMOIRE DE FIN D'ÉTUDES POST-UNIVERSITAIRES

EN DIDACTIQUE DU FRANçAIS LANGUE ÉTRANGÈRE

60 14 10

SOUS LA DIRECTION DE MONSIEUR: HUỲNH THANH TRIỀU

HôChiMinh-ville – 2007

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REMERCIEMENTS

J’adresse mes sincères remerciements à Monsieur Huỳnh Thanh Triều, mon directeur

de recherche, pour toute l’attention qu’il m’a portée, les conseils et les remarques qu’il m’a donnés tout au long de mes études Les échanges que j’ai eus avec lui m’ont ouvert de nouvelles perspectives et m’ont donné le courage de poursuivre et d’approfondir ma réflexion Sans ses aides, je n’aurais pas pu réaliser ce mémoire

Mes remerciements et ma reconnaissance viennent à tous mes proches qui m’ont encouragée pendant cette recherche et sans le soutien desquels ce travail aurait difficilement

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INTRODUCTION

Apprenante hier, enseignante aujourd’hui dans la diffusion du français langue étrangère, nous avons accumulé au fil du temps autant de connaissances que d’interrogations sur deux langues, le vietnamien, notre langue maternelle, et le français, notre langue-cible Toutes les deux attirent notre attention et nous aspirons à bien les connaỵtre, surtout quand il s’agit de passer de l’une de ces deux langues à l’autre Nous sommes cependant consciente que sur le chemin de leur conquête les diffficultés sont nombreuses et relevant de tous les plans: phonologique, morphosyntaxique, lexicosémantique, communicatif, socio-culturel À tout moment, ces difficultés peuvent entraver l’enseignement-apprentissage, et aller explorer leur nature s’avère une tâche incontournable Dans le vaste ensemble des problèmes de langue qui doivent solliciter notre

investigation, nous avons décidé de nous limiter à l’étude sur la préposition à du français,

ainsi que ses équivalents en vietnamien

Des questions qui semblent bien simples nous ont pourtant hantée durant nos années

d’étude: Quelle est la différence entre au sud et dans le sud ? Pourquoi disons-nous trên trang nhất pour désigner la première page d’un journal, alors que les Français disent à la une ? À présent, nous sommes encore embarrassée devant bon nombre de cas ó il doit y

avoir une seule possibilité entre à, en et de La réalité montre que la plupart des apprenants,

quand ils produisent un énoncé, ont tendance à tenir compte seulement du sens des mots, mais n’accordent pas assez d’attention aux relations entre eux et à leurs structures syntaxiques En réalité, à cơté de la valeur sémantique - souvent floue - des prépositions, on doit avoir en vue leur contexte, même leur contexte extralinguistique, pour pouvoir donner

la solution adéquate Un énoncé mal structuré n’a pas de sens, et il entrave la communication, car la phrase est un ensemble de mots, mais un ensemble de mots ne constitue pas sûrement une phrase L’emploi des prépositions représente le cas le plus typique du ce caractère structural de l’énoncé Les prépositions jouent le rơle de pivot entre les éléments de la phrase en mettant les mots en relation et indiquent les fonctions qu’ils assurent Si l’on change une préposition, on change aussi la structure et le sens de la phrase :

parler de quelqu’un n’a pas le même sens que parler à quelqu’un, et demander de faire quelque chose ne signifie pas la même chose que demander à faire quelque chose Mais

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tout cela montre aussi à quel point est important le rơle du contexte dans la détermination du sens d’une préposition Un autre contexte est toujours susceptible de donner à la préposition

un autre sens, et ce phénomène s’observe aussi bien en français qu’en vietnamien, ce qui fait que, dans les deux langues, la plupart des prépositions sont en fait polysémiques À notre avis, il n’est pas exagéré d’affirmer que dans les contextes qui suivent, ce sont les

environnements syntaxiques de sur en français, et de với en vietnamien, qui leur donnent un sens bien circonscrit : un livre est sur la table ; je compte sur mon ami ; c’est une étude sur

le comportement des enfants / đứa bé chơi bĩng với những đứa bạn của nĩ ; cơ ấy trở về với những người thân của mình ; với tơi, vấn đề này là quá khĩ

La préposition à est une préposition particulièrement polysémique, parfois ambiguë Une phrase comme J’achète des fleurs à Mme Dupuis peut signifier soit j’achète des fleurs pour en offrir à Mme Dupuis, soit J’achète des fleurs chez Mme Dupuis

Toutes ces observations nous ont amenée aux questions : Quels sont les emplois de la

préposition à ? Quelles sont les valeurs sémantiques de cette préposition? Toutes les constructions de la préposition à sont-elles traduites en vietnamien? Comment peut-on

l’enseigner ? C’est dans l’intention d’aller explorer ces terrains, qui nous semblaient encore mal connus, que nous nous sommes fixé pour objectif de relever et d’analyser les constructions ó s’emploie cette préposition, ainsi que de chercher les solutions au problème didactique posé

Notre mémoire se compose de quatre chapitres Le premier chapitre aborde les notions concernant les prépositions en général Le deuxième présente les structures et les

valeurs sémantiques de à Dans le troisième chapitre nous procédons à une étude contrastive

de à et de ses équivalents en vietnamien Au quatrième chapitre, nous proposons une

démarche didactique pour l’enseignement de cette préposition en classe de français langue

l’apprentissage, et s’accompagne de quelques suggestions pour exercices et activités en classe

Puisque notre étude a pour point de départ les constructions de la préposition à, nous avons consulté Le Bon usage de GRÉVISSE et Grammaire du français de WAGNER et

PINCHON (1991), les ouvrages spécialement conçus pour la pratique de la langue Concernant la didactique des langues, nous nous sommes référée à BESSE et PORQUIER (1984) et à CUQ (1996) pour tout ce qui a trait à l’apprentissage de la grammaire, les

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dimensions psycholinguistiques de l’apprentissage, l’analyse contrastive, l’interlangue, l’analyse des erreurs et l’interférence de la langue maternelle sur la langue-cible Pour éviter

le caractère subjectif des exemples, nous avons recouru la plupart du temps aux phrases trouvées dans des ouvrages littéraires La traduction est également tirée des livres bilingues,

à savoir Les Misérables de HUGO, Les Trois Mousquetaires de DUMAS et Le rouge-gorge

et les autres contes et récits de NGUYỄN Mạnh Súy

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CHAPITRE 1 LES PRÉPOSITIONS EN FRANÇAIS

La phrase est formée par différentes classes de mots dont celle des prépositions Les prépositions sont des mots simples ou des locutions invariables, servant à rattacher, dans une relation de subordination, les mots et les syntagmes de la phrase, et à indiquer leurs fonctions Reconnaissons que les prépositions ne représentent pourtant pas le seul moyen de

marquer la fonction des mots, car l’ordre des mots peut en faire autant : Le policier a abattu

le malfaiteur / Le malfaiteur a abattu le policier

1.1 Syntaxe des prépositions en français

La classe des prépositions n’a pas d’unité morphologique On distingue traditionnellement entre prépositions simples et prépositions complexes (ou locutions

prépositionnelles)

Les prépositions simples constituent, en principe, une liste fermée Elles varient légèrement selon que l’on prend ou non en compte certains tours littéraires ou archạques Parmi les prépositions simples, un premier ensemble est constitué par des formes issues du

latin : à, de, en, entre, jusque, par, pour, sans, sous, sur Une série des formes simples appartient également à la classe des adverbes : avant, avec, depuis, derrière, devant, des substantifs : malgré ; des adjectifs : plein, proche, sauf Un autre ensemble de prépositions

simples dérive de la classe des participes : excepté, hormis, passé, durant, pendant

Les locutions prépositionnelles résultent de l’amalgamme de mots dont la

construction peut être diverse : grâce à, faute de, à l’aide de, à l’insu de, à même de, à raison de, en face de, à partir de «La liste des locutions préposititionnelles doit être

considérée comme ouverte, car de nombreux assemblages tendent à se lexicaliser C’est le

cas des groupes comme : à concurrence à, à la suite de qui n’attendent que la sanction des

grammaires et des dictionnaires » (ARRIVÉ, GADET et GALMICHE, 1986, pp 561-562)

Les prépositions sont des termes qui jouent un rơle relationnel, c’est-à-dire un rơle de pivot entre deux termes D’après DUBOIS et LAGANE (1993, pp 139-140),en français on peut distinguer les constructions prépositionnelles en deux grands types en se basant sur les

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termes liés par la préposition : le terme complété (un verbe, un substantif, un adjectif, un pronom ou un adverbe) et le terme complément (un nom, un pronom, un participe, un adverbe, un infinitif)

À l’intérieur du groupe nominal, les prépositions relient un nom à un autre nom :

l’intérêt de cet ouvrage, son gỏt pour la marche , ou un nom et un adjectif : il est prêt à travailler À cet égard, elles entrent dans la formation des locutions composées qui font partie ou non du lexique de la langue Des mots composés comme verre à pied, tasse à thé, corbeille à pain font partie du lexique ; cependant, sur le même modèle nom + prép + nom, on peut former en discours un nombre indéfini de composés: un bol de chocolat, un verre de lait , qui ne font nécessairement pas partie du lexique

À l’intérieur d’un groupe verbal, les prépositions relient au verbe de divers types de

compléments verbaux, qu’il s’agisse des compléments circonstanciels : Vers le soir, un orage éclata, ou des compléments d’objet indirect introduits par les prépositions à et de : Il rêve de partir, ou encore du complément d’agent des verbes à la voix passive, introduit par

la préposition par : L’entretien a été réalisé par un journaliste spécialisé

Autrement dit, le rơle des prépositions ressort de la comparaison qu’on peut établir entre les constructions directes et les constructions indirectes Les constructions directes reposent sur la juxtaposition de deux termes non parallèles Les fonctions de ceux-ci se déduisent des critères que fournissent l’accord (ou le non-accord), la place respective des termes, le sens et la pause marquée par une virgule Les constructions indirectes se définissent au contraire comme celles ó la dépendance d’un terme ou d’un groupe par rapport à un autre est marquée au moyen d’un mot approprié

J’ai trouvé ces livres

Je les ai trouvés

J’ai trouvé, à ma grande surprise, ces livres

J’ai trouvé ces livres chez un bouquiniste

WAGNER et PINCHON (1991, p 476) estiment qu’on peut classer les prépositions d’après les critères historique et sémantique, ce qui doit donner le classement historique et le classement sémantique Pourtant, le classement historique est rendu difficile du fait de la rareté ou de l’absence de témoignages sur le développement des prépositions au cours de

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l’époque gallo-romaine Il ne permet pas non plus de montrer comment s’organise en français moderne le jeu des différentes prépositions Pour le classement sémantique, il est inefficace et dangereux dans la mesure ó il morcelle à extrême et arbitrairement les valeurs d’emploi d’une même préposition, et aussi parce qu’il confère aux prépositions des sens qui

se dégagent du contexte ó celles-ci figurent Par exemple, nous avons une seule ou

plusieurs valeurs sémantiques pour la prépositions sur dans : être sur la table, discuter sur quelque chose, compter sur quelq’un, trois sur dix… ?

Ainsi, pour les prépositions caractérisés par des emplois nombreux et variés, il est préférable d’analyser ceux-ci d’après la nature morphologique des mots et des groupes de mots dont les prépositions assurent la liaison Ce faisant, on doit tenir compte, d’abord, de l’indépendance plus ou moins grande du mot ou du groupe de mots construit C’est à ce critère que renvoie la distinction entre les compléments circonstanciels, dont la place est relativement libre, et les compléments déterminatifs qui sont rattachés d’une façon plus étroite au terme déterminé Ensuite c’est le caractère locutionnel ou vivant de ces constructions et la productivité plus ou moins grande de ces syntagmes Enfin, ce sont des normes de style qui différencient l’emploi d’une préposition à l’époque classique de son emploi en français moderne

Pour la place des prépositions, généralement, elles suivent le terme qu’elles complètent ou qui forme avec elles une unité syntaxique et sémantique, surtout la

préposition à et de

Il dit bonjour à Marie (dire bonjour à quelqu’un)

*Il dit à Marie bonjour

Il y a un ordre obligatoire du complément introduit par les prépositions Le complément se place généralement juste après le terme complété Mais dans certains cas, on peut changer la place du groupe prépositionnel, surtout des groupes prépositionnels

remplissant la fonction de complément circonstanciel

Les enfants ont un petit repas à 16 heures

À 16 heures, les enfants ont un petit repas

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Quelques prépositions en français peuvent avoir une grande liberté dans certains contextes En français moderne, on intercale parfois un terme secondaire, un adverbe le plus souvent, pour renforcer la valeur sémantique de ce groupe prépositionnel Cette construction

est particulièrement fréquente pour avec et sans

Ni dans l’un ni dans l’autre cas, il n’a su agir correctement

Il arrivera avec certainement son frère

En cas de transformation de phrases (par exemple la nominalisation ou la transformation d’un groupe verbal en groupe nominal), on constate tantôt la permanence des mêmes prépositions, tantôt l’apparition ou la disparition d’une préposition

Discuter sur un problème

→ La discussion sur un problème

Un nouvel indice a été découvert par les enquêteurs

→ La découverte d’un nouvel indice par les enquêteurs

Les prépositions de et à peuvent apparaître quand le complément d’un verbe est un

infinitif (nominalisation infinitive) La préposition de joue un rôle spécialement important

dans les transformations de ce type Elle apparaît devant le groupe du nom qui était sujet ou

objet avant la nominalisation

Pierre m’a demandé ma voiture

→ Pierre m’a demandé de lui prêter ma voiture

Il m'a demandé qu’on le décharge de cette tâche

→ Il m'a demandé à être déchargé de cette tâche

Le train arrive

→ L’arrivée du train

Pour la transformation des groupes prépositionnels en pronoms compléments, on

observe la disparition des prépositions à et de dans les constructions verbales de

complément indirect si le complément est un nom (à l’exeption de quelques verbes

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particuliers comme penser à quelqu’un, s’intéresser à quelque chose ) Les prépositions chez, dans, sur par exemple qui introduisent le complément circonstanciel de lieu sont remplacées par le pronom y Pour d’autres prépositions, on constate leur permanence avec la présence des pronoms toniques

J’ai déjà parlé de cette affaire

→ J’en ai déjà parlé

J’ai déjà parlé à Marie de cette affaire

→ Je lui en ai parlé

Il y a un grand mur devant Morganne

→ Il y a un grand mur devant elle

Il y a bon nombre d’études portant sur l’acquisition des pronoms et la transformation des groupes prépositionnels en pronoms compléments dont celle de Đường Công Minh (1997) sur l’acquisition des pronoms personnels français chez les apprenants vietnamiens, la thèse de Vũ Văn Đại (1999) sur le syntagme nominal en français et en vietnamien L’utilisation des pronoms compléments en général et des pronoms personnels en particulier présentent des difficultés aux apprenants vietnamiens En principe, pour savoir utiliser ces pronoms, ils doivent bien retenir les constructions verbales avec l’emploi des prépositions

Or, en français, les normes qui permettent l’emploi correct des prépositions relèvent plus du lexique que de la grammaire à proprement parler Elles donnent lieu parfois à des distinctions dont l’explication est subtile

donner qqch à qqn → lui donner qqch

penser à qqch → y penser

penser à qqn → penser à lui (à elle…)

parler de qqch → en parler

parler de qqn → parler de lui (d’elle…)

1.2 Les valeurs sémantiques des prépositions

En dehors du rôle qu’elles jouent dans la construction des syntagmes, les prépositions évoquent un rapport, c’est-à-dire un sens Celui-ci peut être précis et limité C’est, par

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exemple, le cas de entre, selon, parmi et de la plupart des locutions prépositionnelles Ces

mots ont en conséquence un nombre d’emploi restreint Certaines prépositions et toutes les

locutions prépositionnelles du type en dépit de, aux alentours de ont une signification stable et n’introduisent que des compléments circonstanciels Dès a toujours un sens temporel et à cause de porte toujours un sens causal Mais les prépositions peuvent,

normalement, se charger de plusieurs sens, et la plupart d’entre elles cumulent de nombreuses significations : temporelles, spatiales, causales, concessives Les prépositions

comme à, de, pour, en sont particulièrement polysémiques À, de, dans, pour, depuis, en peuvent avoir une signification temporelle : à 8h, de 8 à 9, dans 8 jours, depuis le matin, en

2 minutes, pour demain…, mais aussi une signification spatiale: rester à la maison, revenir

de Paris, vivre au Vietnam, être dans le jardin, de Hanoi jusqu’à Hai phong

Comme pour les autres espèces de mots, les valeurs sémantiques des prépositions se tirent du contexte Le rapport qu’évoque une préposition peut être établi sur plusieurs plans

et comporter des nuances variées Examinons le sens des prépositions à, avec, vers dans les

exemples suivants :

Aller à HơChiMinh-ville (destination)

Avoir un blouson à fermeture éclair (caractérisation)

Se lever à 5 heures du matin (repère temporel)

Voyager avec un enfant (accompagnement)

Voyager avec une vieille bicyclette (moyen)

Arriver vers 10h (approximation temporelle)

Aller vers la gare (direction)

Aller vers un compromis (évolution)

À la limite, on peut dire qu’une préposition n’a pas de sens définissable Elle joue simplement son rơle d’instrument C’est le syntagme ó elle figure qui a un sens Certains grammairiens vont jusqu’à dire qu’elles sont « vides » de sens, bien que cela ne signifie nullement qu’elles soient librement substituables Leur sens dans un énoncé dépend très fortement de l’interaction entre les éléments de l’énoncé, particulièrement entre les deux

syntagmes qu’elles relient : pierre de taille et taille de la pierre

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Dans certains cas, la valeur sémantique du verbe est tellement vaste qu’il devient difficile de lui accorder un statut autonome C’est la préposition qui permet alors

d’interpréter comme il faut le sens du verbe qui la précède

J’ai commencé à lire ce livre (commencer à: entamer une action, être au début d’un état)

J’ai commencé par lire ce livre (commencer par : évoquer un ordre, une phase

dans une succession)

En conclusion, les prépositions appartiennent à la classe des mots grammaticaux et jouent le rơle de médiateur à l’égard des éléments de la phrase Dans certains cas la valeur d’une préposition se définit par elle-même, dans d’autres elle dépend du contexte ó figure

la préposition Mais généralement le choix d’une préposition dépend des mots qui l’entourent Il n’est pas rare que l’emploi de telle ou telle préposition soit arbitraire ou purement conventionnel

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CHAPITRE 2 UNE TYPOLOGIE D’EMPLOI

DE LA PRÉPOSITION À

Pour maîtriser une langue, il faut posséder un bon vocabulaire, savoir bien remuer les mots et agencer adroitement les prépositions Dans cette tâche, l’utilisation des prépositions est considérée comme un chemin avec des carrefours, car le rapport qu’évoque une préposition peut être établi sur plusieurs plans et comporter des nuances extrêmement diverses Comme nous l’avons précisé, certaines prépositions ont une valeur par elles-mêmes, et on les renonnaît principalement dans les emplois circonstanciels, telles sont

contre, parmi, chez D’autres, inversement, ont une valeur complexe, qui dépend de la construction dans laquelle elles sont employées, telles sont de, à, en, sur… Parmi ces

dernières, comme nous l’avons remarqué, à est particulièrement polysémique

D’après le Petit Robert (1994), la préposition à vient du latin, ad, ab et apud et se

trouve en tête de la liste des prépositions françaises Morphosyntaxiquement, elle est classée parmi les prépositions simples, mais elle peut se combiner avec d’autres mots pour former

des locutions prépositionnelles : à côté de, au milieu de, à partir de, à l’opposé de, au delà

de, au-dessus de, à l’exception de… À se trouve ainsi dans de nombreuses structures

syntaxiques, avec une grande diversité de sens, ce qui ne manque pas de provoquer des difficultés aux apprenants vietnamiens, surtout quand une structure du français ne trouve pas

son équivalent en vietnamien Pour la plupart des apprenants, à ne signifie que ở, tới ou vào lúc, autrement dit, simplement un lieu, une destination ou un moment du temps Or, ce ne sont que quelques emplois de cette préposition, car on peut avoir aussi, par exemple, une tasse à café, l’homme aux lunettes, ce problème consiste à… , à vous écouter… , chanter à faire trembler les vitres…, avoir quelque chose à faire… De plus, à est facilement

substituable par une autre préposition lorsqu’une légère modification de sens s’introduit dans l’énoncé

Il va à la mer (contact, limite)

Il va en mer (généralité)

Il va dans la mer (intériorité)

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Pourtant, « l’étude de la construction seule est cependant insuffisante Deux constructions semblables peuvent produire des différences de sens importantes, autrement dit, une même structure de surface peut correspondre à différentes structures profondes [ ]

Il arrive aussi que deux constructions différentes produisent le même effet sens Cela ne veut pas dire qu’il faille renoncer à l’analyse syntaxique du sens mais qu’il faut chercher, au-delà des propriétés externes, à l’intérieur de chaque construction, des propriétés cachées, que les dictionnaires ne mentionnent jamais, et qui peuvent être révélées par divers tests syntaxiques, qui en sont les techniques de découverte » (PICOCHE, 1993, p 31) Pour

illustrer ce phénomène, outre la construction acheter quelque chose à quelqu’un, on peut mentionner encore celle de la vue d’une personne ó, sans un contexte précis, on ne peut savoir s’il s’agit d’un sens subjectif ou d’un sens objectif : cette personne voit quelque chose ou on voit cette personne Dans le même type de construction, on peut renconrer aussi l’amour d’une personne ou la haine d’une personne

2.1 Le lieu

À peut établir un lien avec le substantif qui la suit pour exprimer un lieu Ce groupe

prépositionnel assume alors la fonction de complément circonstanciel Comme tel, il peut se

rapporter à l’ensemble de la phrase :

À la campagne, la vie est moins chère qu’à Paris

ou à un terme particulier :

Une maison à la campagne présente bien des agréments

Nous avons précisé plus haut qu’à la différence de à, la préposition en a une valeur

généralisante quand elle désigne un lieu Cependant, devant les noms géographiques désignant les pays, cette caractéristique s’estompe et cède la place à un usage ó ces deux

prépositions se substituent de façon complémentaire Tandis que à va avec les noms de pays

masculins commençant par une consonne ou au pluriel, en va avec les nom de pays féminins

et les noms masculins commençant par une voyelle : au Vietnam, au Japon, aux États-Unis,

en France, en Allemagne, en Iran, en Irak, en Israel… La différence entre les noms qui

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indiquent les départements ou les provinces en France et au Vietnam amène aussi à deux

types de constructions

Il habite dans les Yvelines

Il habite à Nghệ An

Dans l’identification d’un arrondissement, on observe l’absence de la préposition à et

la substitution de celle-ci par dans

Notre école se trouve dans le cinquième arrondissement

Il faut remarquer que la localisation spatiale peut admettre des différentes

prépositions, avec des différentes nuances de sens À, par exemple, a un sens plus général que dans ou en

À l’école, cet élève se comporte bien

Dans l’école, règne une animation vivante

Il habite à la campagne

Il habite en ville

À l’école évoque plutôt l’endroit de l’activité scolaire laquelle peut se passer à l’intérieur ou en dehors des locaux de l’école, tandis que dans l’école signifie nécessairement que le procès se passe à l’intérieur de ses locaux La ville est considérée

comme un espace volumineux, elle est entourée par la banlieue et le centre ville est

considéré comme le noyau de la ville Alors que la campagne évoque un espace plat La préposition en marque en général l’intérieur d’un espace, donc la ville va avec en, tandis que

la campagne va avec à Si l’on compare dans et en, à l’égarde de ville, on peut dire que vivre en ville prend le sens de confort, de consommation, de grands bâtiments, tandis que vivre dans la ville de Paris désigne simplement un endroit

Nous avons vu que lorsqu’il s’agit d’un volume, on a recours à dans, et que quand il s’agit d’un espace de surface ou d’une vision de superposition, on utilise sur Or, à propos d’un journal, on observe qu’il existe trois constructions prépositionnelles possibles : dans le

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journal, sur le journal et à la une Pour les Français, le journal est considéré comme un

livre, donc un volume composé de plusieurs pages contenant des informations, ce qui

justifie des phrases comme Il a trouvé un emploi dans le journal Mais le journal est aussi

un objet concret sur la surface duquel tout autre objet peut trouver son emplacement, ce qui

explique des phrases comme Il a mis la bouteille sur le journal L’expression la une évoque

plutơt une partie de l’ensemble des informations contenues dans un journal, non pas un

objet concret Mais la une n’est pas un objet volumineux, ce qui ne tolère pas la construction dans la une À la une se trouve alors la solution la plus adéquate pour

neutraliser à la fois une vision d’intériorité et celle de superficialité

BLANCHE-BENVENISTE, ARRIVÉ et PEYTARD (1964, p 404) ont présenté l’histoire de cette

distinction On a employé à autrefois, jusqu’au XIXè siècle, devant les noms de pays de genre féminin, désignant des contrées lointaines (aller à la Chine, à l’Amérique ) Dans cette conception, la préposition à présente le lieu comme extérieur, alors que en le présente

comme intérieur Or, la plupart des pays lointains (ou conçus comme tels) étaient du

masculin: ils recurent la préposition à et l’article Comme la France et la plupart des pays

proches étaient du genre fénimin, ils recurent l’aspect de lieu intérieur On les fit précéder

de en sans article Jusqu’au XVIIIe siècle, on a pu employer en devant certains noms de villes On trouve sous la plume de Racine : J’écrivis en Argo, mais cet usage a été condamné par les grammairiens Toutefois, on a dit longtemps, et l’on dit encore: en Avignon Sans doute faut-il voir là une survivance de l’époque ó Avignon était un État papal, un comté Il est encore loisible d’employer en si l’on pense plus à la région d’Avignon qu’à la ville elle-même Une certaine mode a entrainé l’usage canstant de en devant les noms de villes commencant par a C’est ainsi que l’on entend couramment dire:

Je vais en Arles et même récemment, dans les journaux, en Alger

Dans certains cas, la signification de la préposition à est péjorative, alors que dans

exprime simplement l’idée d’intériorité

Il vit à la maison (Il est casanier, il ne sort pas beaucoup et il n’aime pas avoir

des contacts avec les autres)

Il vit dans une belle maison (Il se trouve à l’intérieur d'une belle maison)

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En bref, on peut dire que de à, en, sur à dans, l’identification d’un lieu est de plus en

plus précise, en d’autres termes, d’une vision d’orientation neutre à une vision d’intériorité

2.2 La destination

Le français distingue nettement le lieu d’ó l’on vient (préposition de, éventuellement depuis, dès) mais confond le lieu ó l’on est (je suis à la maison) avec le lieu ó l’on va (je vais à mon travail) Alors que de marque l’origine, à marque la direction

Il va à Paris

Nous irons au théâtre demain soir

D’Artagnan remonte sur son cheval jaune et bientơt il arrive à la porte Antoine à Paris

(Les trois Mousquetaires, p 37)

Dans ces exemples, à exprime le point d’aboutissement Pourtant, cette préposition est remplacée par en quand le nom suivi est un nom de genre féminin, un nom géographique indiquant une région en France (précédés par la) ou un nom commencé par une voyelle

(voir la fonction d’identification de lieu) Avec un nom masculin commençant par une

consonne ou un nom au pluriel, la contraction est exigée : aller au Japon, aux États-Unis

Il y a des cas ó d’autres prépositions entrent en opposition avec à Suivi d’un nom marquant le terme de mouvement, le verbe partir se construit avec pour et non à : Il part pour Paris On doit dire aller chez le coiffeur et non *aller au coiffeur, et cette dernière

expression appartient au parler familier La préposition à ne peut s’employer que devant le

nom représentant le lieu de la profession : au salon de coiffure La préposition chez indique

un lieu occupé par une personne qui y vit ou qui y exerce sa profession Mais il faut en plus qu’existe un lien d’appartenance entre ce lieu, aussi fermé, et la personne qui sert de

référence, parce que chez exprime à la fois l’appartenance et la localisation Quand elle désigne une direction, la préposition à présente le lieu comme un contact : Il va à Paris ; alors que la préposition dans présente le lieu conçu comme intérieur : Il marche dans Paris

2.3 Le temps

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Se trouvant dans la construction à+les noms communs, les noms d’heures, de fêtes religieuses et les noms de saisons, la préposition à exprime le repère temporel en français

Il prend son dỵner à sept heures

Le lendemain, au soleil levant, Monseigneur Myriel se promène dans son jardin

(Les Misérables, p 24)

Mais l’usage de à pour la désignation du temps n’est pas toujours obligatoire

Souvent le complément de temps se construit directement C’est le cas des dates chiffrées

déterminées par un article : J’arriverai le 6 juin, des noms de fêtes religieuses précédées du mot jour : Le jour de Pâques, la circulation a été difficile, des noms de saisons : Ici, l’été, il fait très chaud et l’hiver, très froid, des noms printemps et automne lorsqu’ils sont déterminés par un adjectif : Le printemps dernier , des locutions le jour, la nuit : La nuit, tous les chats sont gris On dit aussi la semaine prochaine, le mois dernier, cette année…

Cependant, dans certains cas, la structure à+nom de temps ne désigne pas le repère

temporel comme le moment ó l’action se passe

Dans Il arrive à temps pour voir un bras passer à travers un trou et fait d’un coup de poing (Les Misérables, p 22) à temps signifie à bon moment

Dans Jean Valjean est condamné à cinq ans de prison (Les Misérables, p 22) à cinq ans de prison signifie que Jean Valjean doit être dans la prison pendant cinq ans avec le

procès jugé par la tribune

Dans Il travaille à la journée, avec la métonymie, à la journée est une unité de

rénumération, de paiement C’est un travail journalier

Et dans Jean Valjean, à sa sortie de prison, n’est plus le jeune homme qui pleurait (Les Misérables, p 24) à sa sortie de prison ne signifie pas seulement le moment ó il est sorti de la prison mais encore des années après Donc ce terme est compris comme à partir

de ce moment, après la sortie de la prison

Avec la valeur temporelle, en alterne par tradition avec à À s’emploi sans article devant certains noms de fête : à Noël, à Pâques, avec l’article devant certains d’autre : à la Toussaint, et avec l’article devant les noms exprimant une époque de l’année : au début de l’année, à la fin de l’année, au mois de… et avec le printemps Par contre, en s’emploi

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devant le nom des mois : en janvier, en octobre, devant les années : en 2007, devant trois noms de saison été, hiver, automne

Pourtant, l’opposition entre à et en prend parfois une valeur particulière Quand on veut parler de la durée d’un temps, la préposition à est remplacée par la préposition en, sauf

pour exprimer la limitation ou l’aboutissement

En deux ans, il a fait des progrès

Il travaille de huit heures à dix-sept heures chaque jour

Il existe des cas ó à est utilisé à la place de en, mais avec une autre valeur À l’automne signifie un moment de l’année et en automne veut exprimer la durée de cette saison (pendant tout l’automne) À ce moment et en ce moment évoquent l’un et l’autre une relation de cọncidence, mais en ce moment la pose dans l’actualité présente, véçue, tandis que à ce moment situe, par évocation, dans une actualité passée

À ce moment, il a entendu un bruit étrange en pleine nuit

En ce moment, il est à Londres

Puisque la notion de temps est diverse, on peut dire que dans l’ensemble, la

préposition à entre en opposition avec d’autres marqueurs temporels, suivant le sens que

l’on veut exprimer

Je ferai ce travail à dix heures (moment, ponctualité)

Je ferai ce travail en dix heures (le temps nécessaire)

Je ferai ce travail dans dix heures (moment de commencement)

J’ai fait ce travail (durée)

L’indicateur temporel à valeur durative pour exprime les deux bornes de la durée

prévue pour l’aboutissement d’une action, qui peuvent commencer à une des trois époques :

présent, passé, futur : je pars / je suis parti / je partirai pour une semaine

Pour saisir la valeur de à, il est donc indispensable de connaỵtre la différence entre cette préposition et en, pendant, dans et pour :

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a Pierre est parti au début de l’année (le départ de Pierre s’est passé à une époque, un

moment précis de l’année On peut distinguer ce moment, par exemple, de la fin de l’année)

b Pierre est parti en cinq minutes (le départ de Pierre n’a pris que cinq minutes et c’est un

départ précipité)

c Pierre est parti pendant dix jours (Pierre est parti et qu’il a été absent pendant dix jours,

mais il est maintenant revenu)

d Pierre est parti pour dix jours (Pierre est parti et il est actuellement absent Son retour est

Il entre dans la salle à manger

Il prend un couteau à dessert

Il porte un manteau à fermeture éclair

Elle a sans doute dans le ventre une machine à faire de l’or

(Le rouge-gorge et les autres contes et récits, p 41)

Pourtant il y a une opposition de sens entre de et à dans ce type de constructions Généralement de exprime l’idée de contenu tandis que à présente le sens générique, l’usage

ou la fonction de l’objet

Une tasse à café (une tasse destinée à contenir du café)

Une tasse de café (une tasse pleine de café)

On observe beaucoup d’autres groupes de mots qui présentent la même opposition :

un vase à fleurs / un vase de fleurs ; une coupe à champagne / une coupe de champagne

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2.5 Le mode de déplacement

La préposition à se trouve dans la construction à+nom de moyen de transport pour

exprimer le moyen, le mode de déplacement

Dans les premiers jours du mois d’octobre, une heure avant le coucher du

soleil, un homme qui voyage à pied entre dans la petite ville de Digne (Les Misérables, p 10)

Pour exprimer le moyen de transport, la préposition à est généralement en opposition avec en On doit dire aller en voiture mais pas *aller à voiture « L’Académie voulait imposer en pour les véhicules susceptibles de contenir les passagers (en voiture, en train, en avion, en bateau, en bus ), à pour les véhicules qui supportent seulement le passager (à

cheval, à pied, à vélo) Il faudrait donc dire aller à bicyclette, à skis, à patins Mais l’usage

courant semble vouloir faire de en la particule propre aux moyens de transport, et l’on dit fréquemment: aller en bicyclette, en moto, en scooter » (CHEVALIER, BLANCHE-

BENVENISTE, ARRIVÉ et PEYTARD; 1964, p 404) Cependant, on ne peut pas abuser

de cet usage pour d’autres verbes comme prendre, faire qui exigent le complément d’objet

direct

Il prend le bus pour aller au travail

Il fait du vélo trois fois par semaine

2.6 La manière et l’accompagnement

La préposition à sert à construire un substantif déterminé spécifiquement Ce

substantif a des valeurs sémantiques très différentes selon les mots qu’elle met en relation,

dont la manière et l’accompagnement Les prépositions de et par peuvent être utilisées aussi

pour exprimer la manière, mais avec des structures différentes (avec ou sans article)

Elle vient à genoux sur le sol, au-devant de tous ces hommes sans se lever, les mains tendues

(Les Misérables, p 50)

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Javert se met à marcher à grands pas vers le bureau de la police

(Les Misérables, p 48)

Elle s’est soulevée à demi et son épaule maigre sort de sa chemise

(Les Misérables, p 106)

Il parle d’une voix basse

Il me remercie d’un sourire

Il a fini par rire

La préposition à exprime aussi la manière dans les constructions ó elle permet

d’indiquer que des personnes ou des choses se suivent ou se touchent Cette valeur sémantique est s’exprime dans les structures ó la préposition se trouve entre les mêmes

mots répétés et sans article On y trouve aussi l’idée de progression et d’addition : peu à peu, mot à mot, une à une

Petit à petit, l’oiseau fait son nid (proverbe)

Peu à peu, l’enfant devient la servante de la maison

(Les Misérables, p 36)

2.7 L’appartenance, la possession, la propriété

Cette valeur sémantique est exprimée à travers les verbes comme: appartenir à quelqu’un, être à quelqu’un

Cette maison appartient à monsieur le Maire

Ce livre est à Ba

On peut renforcer de façon pléonastique un rapport de possession par une structure

ó la préposition à suivie d’un pronom personnel reprend l’adjectif possessif qui précède

C’est son truc à lui

On trouve l’opposition entre à et de dans les expressions de possession Pourtant, le cas de de se limite dans les constructions nominales du type nom+de+nom

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C’est le livre de Pierre

2.8 Les parties du corps

La préposition à est employée à la place d’un possessif avec un nom désignant une

partie du corps

Il a mal aux jambes

Il existe une opposition entre les prépositions à, dans et sur dans la désignation des

parties du corps Puisque l’homme se tient debout sur la terre, il décrit la position des objets

sur son corps à l’aide de sur dans une vision de superposition par rapport au ras du sol et ces objets sont au contact avec la peau en apparence (sur la tête, sur les épaules, sur le visage, sur la joue ) L’emploi de dans donne l’impression que l’objet se trouve à l’intérieur du corps (une balle dans la tête, une douleur dans le ventre ) Plus fréquemment, dans va avec les organes qui se trouvent à l’intérieur du corps (dans le coeur, dans les poumons )

Cependant, si l’on veut désigner seulement les parties du corps sans comparaison avec

d’autres objets ou d’autres places, on utilise la préposition à, surtout dans la construction

verbale avoir mal à Dans tous ces cas, si l’on veut poser la question sur le mot souligné,

c’est toujours à l’aide de ó

Où est-ce que tu as mal?

- J’ai mal au ventre

Où est-ce qu’il a reçu une balle?

- Il a reçu une balle dans la tête

Où est-ce qu’elle a des boutons?

- Elle a des boutons sur les genoux

2.9 L’exclamation

La préposition à peut représenter une tournure élliptique à valeur exclamative Cette

tournure est beaucoup utilisée en français quand on veut exprimer un souhait, adresser un vœu à son interlocuteur ou fixer un rendez-vous

À votre santé!

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On paie des tomates à huit francs la livre

Dans quelques constructions, on constate la valeur sémantique de l’évaluation

La gare? C’est à treize kilomètres d’ici

Il roule à cent kilomètres à l’heure

2.11 La condition et la conséquence

circonstanciel Dans ce cas, elle introduit le sens d’une condition ou d’une conséquence Comme le gérondif, cette construction est comparable à une proposition subordonnée Mais son sens dépend de la place que cette construction occupe par rapport à l’élément déterminé : il s’agit d’une conséquence quand elle est postposée, et d’une relation de concomitance (qui peut comporter une nuance de cause ou d’hypothèse) quand elle est antéposé Pourtant, cet ordre n’est pas pertinent dans certains cas

C’est à ne pas croire

Il chante à faire trembler les vitres

À l’en croire, il n’est pas coupable

À lire dans le noir, vous allez vous user vos yeux (Vous allez vous user vos yeux à lire dans le noir)

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

2.12 Les valeurs sémantiques de à dans les constructions verbales à complément

indirect

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La valeur sémantique de la préposition à dépend de son contexte, précisément des

mots qu’elle met en relation On peut dire que la fonction d’introduction des compléments

indirects du verbe est la plus représentative pour la préposition à On distingue deux cas

pour cette fonction : introduire un substantif et introduire un infinitif

2.12.1 Les valeurs sémantiques de la construction à+substantif

La préposition à sert à construire le second complément pour beaucoup de verbes transitifs exigeant un objet direct Dans ces constructions, le sens de à dépend du groupe

verbal qu’elle suit Elle peut avoir la valeur attributive, la valeur d’identification ou de caractérisation à l’égard du premier complément Examinons les exemples suivants:

Sophie donne des bonbons à son frère

Les campeurs suisses demandent des informations à monsieur Bonami, le fermier

On a ici la même construction pour les deux exemples: verbe+quelque chose (objet

direct)+à+quelqu’un (objet indirect) Pourtant la valeur de à n’est pas identique d’un cas à l’autre Dans le premier exemple, à prend le sens attributif Son frère joue le rôle de récepteur: il reçoit des bonbons de Sophie et Sophie est l’agent de l’action de donner Pour

le deuxième exemple, on a aussi l’action d’attribuer et celle de recevoir, mais à signifie « de

la part de », ou « chez » Elle introduit un actant qui joue le rôle de fournisseur

d’informations à l’égard du premier actant Le sujet du verbe, les campeurs suisses, ce sont des bénéficiaires C’est monsieur Bonami, le fermier, qui donne des informations aux campeurs La préposition à est donc polysémique Ce qui est remarquable, c’est que les

deux valeurs qu’elle donne, s’opèrent dans deux sens tout à fait contraires Et la conséquence en est que dans certains contextes, cette provoque une ambiguïté

Monsieur Samson achète une maison à madame Dupuis

Comme on peut le constater, à madame Dupuis peut signifier soit pour madame Dupuis soit de madame Dupuis Pour lever l’ambiguïté, il faut situer cette phrase dans un contexte précis Dans ces constructions, la préposition à, sans avoir toujours un sens

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définissable, s’oppose tout de même à de dans la mesure ó elle implique sinon un mouvement vers , du moins une relation qui va de l’agent de l’action à la personne, ou à la chose qu’évoque le complément De, au contraire, sert à construire le terme qui évoque soit

le point d’origine d’un mouvement soit la masse d’ó l’on préfère quelque chose C’est

ainsi qu’à l’époque classique un verbe tel qu’emprunter admettait un complément construit soit avec à, soit avec de, suivant que l’on avait en vue l’une ou l’autre de ces relations: emprunter quelque chose à quelqu’un / de quelqu’un

Graphiquement, on peut illustrer les deux régimes syntaxiques de à, présentés dessus, comme suit :

sujet objet direct objet indirect

Sophie donne des bonbons à son frère

sujet objet direct objet indirect

Les campeurs suisses demandent des informations à monsieur Bonami, le fermier

La préposition à sert également à construire le complément indirect d’un verbe employé intransivement Dans ce cas, le sens de à dépend beaucoup du sens de l’énoncé

Comparons :

Ba pense à ses parents

Cette réponse équivaut à un refus

Les groupes prépositionnels à ses parents et à un refus sont des compléments

nécessaires de pense et équivaut Ils se trouvent dans un même type de construction syntaxique verbe+à+quelqu’un (quelque chose) ; ils ne peuvent pas être placés à un autre

endroit dans la phrase Leur fonction syntaxique les situe dans le groupe du verbe, et comme

complément de celui-ci, pas de la phrase Pourtant, la valeur sémantique de la préposition à

n’est pas identique dans les deux cas (en vietnamien on peut les traduire respectivement par

đến et với) Il est à remarquer que le verbe penser peut admettre une construction directe et une autre construction indirecte avec de : penser quelque chose / penser de quelque chose

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Il est arrivé qu’entre l’époque classique et l’époque moderne, on ait choisi et fixé une construction de préférence à l’autre Quand, en français moderne, un verbe admet encore un

complément introduit soit avec de, soit avec à, la différence est celle qui vient d’être

indiquée

On retranche quelque chose de ses revenus

On retire un objet fragile des mains d’un enfant

On retire un privilège à quelqu’un

Mais la seule valeur attributive de la préposition à se trouve déjà dans beaucoup de

contextes, avec des nuances différences Examinons cette préposition dans trois groupes de verbes : le verbe est un transitif direct « complexe »; le verbe est transitif indirect

« souple »; le verbe est transitif indirect « rigide »

Pour le premier groupe, le verbe appelle un complément d’objet direct et un

complémént d’objet indirect Dans cette construction, la préposition à prend la valeur

attributive

Je te donnerai mon adresse

Pierre m’a écrit un poème

Marie leur a raconté une histoire

Les verbes du type donner, raconter ou écrire, qui sont des verbes transitifs

complexes, font le plus souvent l’économie du COD, car celui-ci est inclus intrinsèquement

dans le sémantisme du verbe (on donne / écrit / raconte quelque chose à quelqu’un) Plutôt

que de parler de COI ou de COS, dans le cas des verbes transitifs complexes, il semblerait plus judicieux, pour ce qui concerne l’enseignement du français langue étrangère, de parler

de destinataire du procès, car ces compléments indirects représentent le plus souvent des

acteurs humains qui reçoivent l’objet direct

Pour les verbes qui sont transitifs indirects « souples », la préposition à implique un

rapport de destination (quelquefois un rapport d’attribution) Ces verbes ne peuvent pas avoir de complément d’objet direct, mais exigent un complément d’objet indirect

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Je te parle, mais tu ne m’obéis pas

Tu me ressembles et ça ne me plaỵt pas toujours

Parler, ressembler, téléphoner, répondre, obéir, plaire sont des verbes transitifs indirects « souples » Pour cette catégorie de verbes, la préposition à, marquant la présence

d’un complément indirect, s’efface lors de la pronominalisation, d’ó l’appellation de verbes transitifs indirects « souples » Les compléments sont indirects parce que les acteurs humains, que le procès du verbe mobilise, ne sont pas nécessairement des destinataires (ils

ne reçoivent pas quelque chose) mais ils jouent, indirectement, un rơle dans la réalisation du procès qui, sans eux, semblerait incomplet C’est pour cette raison que, en cas d’absence du

complément indirect, l’interlocuteur devra se l’imaginer, pour que le procès fasse sens (il obéit, tu ressembles, cela plaỵt, je parle mais à qui?)

Pour le troisième groupe, celui des verbes transitifs indirects « rigides », la

préposition à prend une valeur plutơt « directive » qu’attributive, ce qui explique pourquoi ces verbes sont fortement régis par la préposition à qui ne s’efface pas lors de la pronominalisation personnelle : Il tient à moi, je pense à toi Pourtant si le complément représente une chose ou une idée, c’est la forme pronominale y qui prend sa place

- Que dit Marie du prochain départ de Pierre?

- Elle y pense sans cesse

Dans les trois groupes de verbes examinés ici, la préposition à établit entre le verbe

et son complément une relation nécessairement indirecte Mais puique ce complément a une valeur tantơt attributive, tantơt non-attributive, on pourrait parler de ce pronom complément comme d’un complément prépositionnel Son usage exige alors qu’on ne mélange pas ses constructions pronominales :

Il t’obéit et il pense à toi

Je vous téléphone et je tiens à vous

Bien qu’il existe, d’un point de vue normatif, une réelle différence d’emploi entre y

et à lui, il arrive qu’on neutralise cette différence en employant, dans la conversation

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ordinaire, y comme pronom de reprise d’un nom de personne Souvent, cet emploi a un sens

péjoratif

Ce type, je n’y pense plus

La pronominalisation de à n’est pas un mécanisme facile à mettre en place pour un

usager étranger et on retrouvera souvent des erreurs du type:

*Mes parents sont partis, je leur pense tout le temps

2.12.2 Les valeurs sémantiques de la construction à+infinitif

Dans ce type de construction, on peut distinguer deux groupes : être, avoir d’une part

et les autres verbes, de l’autre Le groupe des verbes être et avoir constitue une périphrase dans laquelle avoir+à+infinitif évoque une éventualité ou une obligation, alors que être+à+infinitif évoque, suivant le cas, une conséquence, un état en cours ou une obligation

La préposition à, dans le cas d’obligation, peut être remplacé par pour

Nous avons des problèmes à vous réclamer

J’ai un exercice à faire ce soir

Le temps est à pleuvoir

Il est toujours à travailler

Après les autres verbes, à introduit un infinitif qui peut comporter une variété de sens

selon que l’agent de l’infinitif est l’agent du verbe principal ou l’objet de ce dernier Dans la

plupart des cas, la préposition à n’existe que pour une raison syntaxique

J’ai réussi à faire ce que je voulais

Notre tâche consiste à les convaincre de cette nécessité

Elle oblige son fils à faire ses devoirs

Cependant, elle peut exprimer le but dans certains contextes et on peut la remplacer

par pour, afin de

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Il donne des chaussures à réparer

Elle aide sa mère à laver les vêtements

En français, la plupart des compléments sont liés au verbe soit par la préposition à soit par la préposition de Beaucoup d’entre eux se construisent avec les deux et possèdent parfois même trois régimes : demander quelque chose, demander de faire quelque chose, demander à faire quelque chose / continuer quelque chose, continuer à faire quelque chose, continuer de faire quelque chose / gagner quelque chose, gagner à quelque chose, gagner

en quelque chose / convenir que, convenir à quelque chose, convenir de quelque chose Il y

a des verbes dont les constructions ne se différencient pas sur le plan sémantique vu que

certaines constructions sont rares et d’un caractère prétentieux (aimer, aimer à)

La préposition à possède ainsi une riche possibilité de valeurs Dans certaines

structures, on reconnaỵt facilement son sens (le lieu, le temps, la destination ) Dans d’autres, elle se prête à un usage plutơt conventionnel que motivé Dans certains cas elle provoque l’ambigụté mais celle-ci est facilement levée grâce au contexte On sait bien que

le sens d’une expression ou d’un mot dans un énoncé dépend de deux facteurs: l’apport propre de l’expression ou du mot en question, qui ne dépend que de sa forme, et l’apport du reste de l’énoncé Ces deux facteurs interagissent pour donner à la fois le sens global de l’énoncé et « une part » de ce sens à l’expression ou au mot qui figure dans l’énoncé C’est

pour cette raison que souvent, comme de, la préposition à est considérée comme

« lexicalement vide », et son apport propre comme réduit au minimum, car son sens dans un énoncé donné dépend de son interaction avec le reste de l’énoncé, particulièrement avec les deux syntagmes qu’elle relie

Pourtant, la complexité de l’emploi de à constitue un apport indispensable au bon

fonctionnement du langage Elle donne une grande souplesse à l’expression langagière Les

« jeux » de langage offerts par la préposition à sont une source incontestable de la richesse

et de la finesse de la langue

Pour conclure cette partie, nous aimerions citer GRÉVISSE en estimant que « La syntaxe des compléments et des prépositions, en effet, n’est pas simple, elle a ses chemins, nombreux, avec leurs carrefours, leurs ornières et leurs fondrières même, ó les maladroits s’achoppent, s’embourbent et tombent dans le mauvais style ou dans l’incorrection caractérisée Il importe de bien choisir la préposition pour introduire correctement le

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complément Dans certains cas, il y a lieu de tenir compte de l’aspect sémantique de l’expression Dans nombre d’autres cas, c’est simple affaire de style ou respect de l’usage » (1992, p 3)

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Les représentations des apprenants ont comme corollaire le façonnement d’attitudes spécifiques vis-à-vis des stratégies d’apprentissage et du contenu enseigné Deux domaines dans l’enseignement-l’apprentissage d’une langue étrangère se prêtent particulièrement bien

à un travail sur les représentations et les attitudes: d’une part tout ce qui a trait à la dimension interculturelle et d’autre part tout ce qui relève des représentations métalinguistiques Dans chacun des domaines, il s’agit d’aider l’apprenant à clarifier son image des liens et des différences qui existent entre sa langue d’origine et sa culture et celles

du pays-cible À travers cette démarche effectuée avec l’apprenant, on peut espérer atteindre

un objectif pédagogique fondamental qui est celui de donner ou de redonner davantage de sens à la situation d’apprentissage, de stimuler la motivation, le plaisir et l’effort d’apprendre Il est donc important que les enseignants de langue mettent en valeur les interférences positives tout en prévenant des interférences négatives de la langue maternelle

en langue étrangère C’est la raison d’être de la troisième partie de ce mémoire Cependant, procéder à une comparaison contrastive exhautive serait un travail énorme qui nécessiterait

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beaucoup de temps, même si ces phénomènes avaient fait l’objet des études très poussées

dans les deux langues Nous nous limitons donc à une étude contrastive entre à et ses

équivalents vietnamiens en sens unique, c’est-à-dire du français vers le vietnamien

La question de l’utilisation ou de la non-utilisation de la langue maternelle en classe

de langue dépasse largement le propos de ce mémoire Mais, d’après CUQ (1996, p 43), quelle que soit la réponse méthodologique qu’on lui apporte, l’expérience montre que la langue maternelle constitue toujours pour l’apprenant de langue étrangère un point de repère fondamental Certes, toutes les situations didactiques ne sont pas également favorables, il peut parfois mettre en œuvre, à telle ou telle étape de son action didactique, des techniques largement fondées sur les connaissances grammaticales qu’il a des langues en contact

D’après CUQ (1996, pp 43-46),l’analyse contrastive ne peut pas répondre à coup sûr

à la question « pourquoi un apprenant commet-il telle ou telle erreur ?», elle permet au

moins de systématiser a posteriori, par la comparaison de micro-structures, des

constatations empiriques qui ont des probabilités importantes de renouvellement chez des sujets comparables Un intérêt supplémentaire des études contrastives, au niveau de la description et de la confrontation simple des systèmes linguistiques, est de connaître les bornes des interactions inévitables entre les systèmes mis plus ou moins consciemment en

présence par l’apprenant, c’est-à-dire le terminus a quo constitué par le système de la langue

de départ, et le terminus ad quem constitué par la langue-cible Pour le didacticien toutefois,

cette confrontation des systèmes n’a pas pour objet d’établir une typologie linguistique mais plutôt une typologie des processus d’apprentissage qui sont largement conditionnés par les systèmes linguistiques connus de l’apprenant Il est vrai aussi que la pratique contrastive n’est pas toujours possible mais qu’elle dépend de la situation d’enseignement - apprentissage dans laquelle on se trouve et en particulier de deux paramètres: l’enseignant et

le groupe classe Pour l’enseignant, il doit être bilingue (langue source et langue - cible) ou s’il ne l’est pas, il doit appartenir à une équipe dans laquelle se trouvent des parleurs natifs des deux langues en présence Pour le groupe classe, il doit être autant que possible homogène, ce qui est la majorité des cas dans les situations d’enseignement du français langue étrangère ou du français langue seconde en situation scolaire ou universitaire

De caractère linéaires, les énoncés de toutes les langues se construisent dans le temps

et sur une seule ligne Mais la structuration des mots dans un énoncé est différente entre le français et le vietnamien Au point de vue grammatical, l’énoncé français est conditionné

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par des contraintes morphosyntaxiques et l’ordre des mots, alors que la phrase vietnamienne

se base uniquement sur l’ordre des mots Le vietnamien est une langue assez pauvre en morphologie, d’ó le fait que l’ordre des mots dans la phrase est déterminant Un changement de position des mots entraỵne inévitablement des changements de sens Par exemple, les deux phrases suivantes n’ont pas du tout le même sens:

Anh về bao giờ? - Quand êtes-vous rentré?

Bao giờ anh về?- Quand rentrerez-vous?

La première phrase ci-dessus situe le procès dans le passé, la seconde dans le futur Pour notre travail de recherches, l’approche contrastive n’est pourtant pas une finalité en soi, mais elle vise un objectif déterminé: une application pédagogique À l’issue de l’analyse contrastive, nous essaierons de formuler certaines propositions didactiques dans l’espoir qu’elles seront prises en compte et appliquées en vue de mieux enseigner - apprendre la

préposition à du français, surtout d’aider l’apprenant à minimiser, sinon à éviter, les erreurs

dans l’utilisation de cette préposition

3.1 À et lúc

En tant que mot isolé, à est traduit en vietnamien dans tous les dictionnaires par lúc

ou khi En fonction de préposition, les mots lúc et khi doivent être associés à un nom pour

former un groupe prépositionnel-complément circonstanciel de temps En français, pour exprimer le rapport de temps, la préposition va aussi avec des noms d’heures, de saisons, de jours dans la semaine

Il a un rendez-vous à cinq heures - Hắn ta cĩ một cuộc hẹn lúc năm giờ

Il tournait dans les rues à la tombée de la nuit - Người ấy đi quanh quẩn trong các phố lúc sẩm tối

(Les Misérables, p 12)

À la mort de son mari, Jean le remplace - Sau khi anh rể mất, ơng thay anh giúp chị

(Les Misérables, p 20)

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Pour indiquer le repère temporel, l’expression est exprimée en vietnamien à l’aide de

plusieurs marques (khi, lúc, hồi, dạo, vào ) selon le mot qui les suit (khi sáng, lúc chiều, hồi trẻ, dạo tết, vào mùa xuân )

L’indication temporelle avec la préposition à est usuelle en français Dès les

premières leçons du niveau débutant, les apprenants du français font déjà connaissance avec

la question d’heure: Quelle heure est-il? Il commence à travailler à huit heures (Unité1, leçon 4 Le Nouveau Sans Frontières 1) Pourtant, il y a des constructions vietnamiennes ó l’on n’utilise pas lúc ou khi Influencés par leur langue maternelle, les apprenants, surtout

au niveau débutant, font l’omission la préposition à dans la phrase De plus, lúc ou khi,

selon les contextes, ont des équivalents différents en français, surtout pour les questions portant sur le temps (point de repère, durée, moment ó on parle ) Cela provoque souvent des confusions chez les apprenants

Khi nào chị đi làm? - Quand est-ce que vous allez au travail?

Bảy giờ sáng - * Sept heures du matin

Mùa hè thường cĩ nhiều giơng bão ở Việt Nam

* Été, il y a souvent des orages et des tempêtes au Vietnam

Ngày đăng: 31/12/2020, 15:07

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