MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION ET DE LA FORMATION UNIVERSITÉ DE PÉDAGOGIE DE HỒ CHÍ MINH – VILLE ĐỒNG THỊ ANH THI RÉFLEXION SUR L’INFLUENCE DES SONS ANGLAIS ET/OU VIETNAMIENS DANS L’APPRENT
Trang 1MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION ET DE LA FORMATION
UNIVERSITÉ DE PÉDAGOGIE DE HỒ CHÍ MINH – VILLE
ĐỒNG THỊ ANH THI
RÉFLEXION SUR L’INFLUENCE DES SONS ANGLAIS ET/OU VIETNAMIENS DANS
L’APPRENTISSAGE DE PRONONCIATION DU FRANÇAIS – LANGUE VIVANTE 2 – DES ÉLÈVES
Spécialité : DIDACTIQUE DU FRANÇAIS LANGUE ÉTRANGÈRE
Trang 2REMERCIEMENTS
Nous tenons en premier lieu à exprimer notre gratitude et notre sincère remerciement à Madame NGUYỄN THỊ BÌNH MINH, notre directrice de recherche Durant le temps d’élaboration de ce mémoire, elle nous a encouragée et nous a donné des conseils très bienveillants Elle nous a appris une attitude de travail scientifique sérieuse et un style de pensée bien indépendant
Ensuite, nous remercions les professeurs du Département de français de l’Université de Pédagogie de Hồ Chí Minh ville qui nous ont formée et nous ont beaucoup aidé durant nos études post-universitaires
Enfin, nous souhaitons dire un grand merci au Service de l’Éducation et de la Formation d’An Giang, à notre directeur du lycée Thoại Ngọc Hầu ainsi qu’à nos collègues pour nous avoir favorisée à achever ce mémoire
Trang 3INTRODUCTION
1 Motivation de recherche
À l’heure actuelle, avec les besoins du nouveau contexte socio-économique, la compétence de communication est de plus en plus privilégiée dans l’enseignement/apprentissage d’une langue étrangère Une des conditions préalables qui contribue à la réussite de la communication est celle de la prononciation La raison est simple : si on pronononce bien, on se fera bien comprendre En réalité, beaucoup d’élèves, malgré une connaissance parfaite en morphologie et en syntaxe d’une langue étrangère, n’arrivent pas à se communiquer Ils ne peuvent pas comprendre les étrangers ni se faire comprendre d’eux
Au lycée Thoại Ngọc Hầu, ó je travaille, le français est enseigné comme deuxième langue vivante étrangère (désormais LV2) La première langue étrangère est l’anglais (désormais LV1) Les élèves doivent alors acquérir les connaissances de trois langues ( LV1, LV2 et langue maternelle) simultanément C’est le facteur positif ainsi que négatif dans l’apprentissage du français En ce qui concerne notre travail de recherche, nous nous intéressons seulement à l’aspect négatif Nous constatons que presque tous les élèves rencontrent tant de difficultés concernant la prononciation des sons français L’élève risque
de confondre les trois langues lorsqu’il produit un son français Il a tendance à identifier les sons français par ceux de l’anglais et ceux de sa langue maternelle Prenons comme exemple
le mot « chanson », au lieu d’imiter la nouvelle prononciation /s/ l’élève entend et articule ce mot en se basant sur la base du système phonologique du vietnamien c’est-à-dire qu’il remplace le son français par un propre son de sa langue maternelle qu’il croit
semblable / ᾰ / Avec l’habitude auditive et articulatoire en vietnamien, pour le
mot « sport », l’élève ajoute la voyelle d’appui « i » après « s » quand il prononce ce mot /sip/ Ou encore l’élève indentifie le son [p] non aspiré du français et [ph] aspiré de l’anglais dans sa prononciation
Ces difficultés de prononciation impliquent le balbutiement de l’expression orale de nos élèves Non seulement l’élève doit mobiliser un vocabulaire qu’il ne maỵtrise pas toujours, une grammaire dont les structures sont loin de celles de la grammaire vietnamienne
Trang 4mais il doit également produire un énoncé dont les sons, les accents, l’intonation même sont souvent différents
En tant que professeur de français-LV2, je me pose constamment la question suivante : Devrai-je faire pour aider les élèves à résoudre les difficultés qu’ils rencontrent pendant le cursus d’apprentissage de la prononciation et pour que l’enseignement de la phonétique au lycée soit efficace ? Nous décidons alors d’étudier l’influence négative des sons vietnamien et anglais sur la prononciation des sons français chez nos élèves dans l’acquisition du français
Donc, « en tête de toute méthode pour apprendre une langue vivante, il faut écrire le
mot prononciation Les détails de la méthode peuvent varier, selon le caractère et l’âge de
l’élève, même selon le gỏt du maỵtre ; mais cette première règle est immuable Apprendre une langue, c’est d’abord se mettre en état de produire les sons dont elle se compose » (GUIMBRETIÈRE Élisabeth.,1994 :46)
Avec notre travail de recherche, nous voudrions savoir les causes des erreurs commis par nos élèves De là, nous pourrions les analyser et proposer des solutions de correction adéquates et efficaces
Dans cette perspective, nos hypothèses de recherche sont reformulées : est-ce que la différence entre les systèmes phonologiques de trois langues ( LV1,LV2 et langue maternelle) cause les erreurs de prononciation chez les élèves ? Comment les habitudes articulatoires en langue maternelle et celles en anglais influent-elles sur la prononciation des élèves vietnamiens ?
3 Public visé
Trang 5Dans notre mémoire, nous choisissions de faire le sondage et d’analyser les productions orales des élèves des classes de dixième du lycée Thoại Ngọc Hầu Nous privilégions aux élèves des classes à option Notre public est homogène pour l’âge et pour le niveau de langue, c’est-à-dire qu’il apprend le français comme deuxième langue vivante étrangère
- La deuxième chapitre abordera l’étude de terrain Dans cette chapitre, nous présentons tout d’abord l’élaboration et le choix du corpus Ensuite, nous analysons les résultats à partir des questionnaires réalisés auprès des élèves des classes de dixième Et enfin, nous allons relever les erreurs dans la prononciation des élèves à travers leurs productions orales
- La troisième chapitre consacre aux propositions de techniques de correction de prononciation chez les élèves vietnamiens Nous basant sur les méthodes de correction, nous proposons quelques fiches de correction phonétique et certaines exercices d’entraînement à titre consultatif
Trang 6Chapitre 1 : CONSIDÉRATIONS THÉORIQUES 1.1 Cadre conceptuel
De ces deux définitions, nous nous permettons de dire que la phonétique s’intéresse plus particulièrement aux niveaux acoustique et physiologique Elle nous aide à connaître ce qui concerne, pour les individus, les processus physiologiques de la parole, les organesphonatoires, mais également, les composantes acoustiques des sons
En ce qui concerne notre travail de recherche, nous abordons seulement un des aspects de phonétique qui est la phonétique articulatoire Celle-ci « étudie l’appareil phonatoire et la façon dont cet appareil produit les sons » (BAYLON C., et FABRE P.,1990 :84) Dans la perspective physiologique, elle prend en compte la totalité des organes dits de la parole Ces organes sont tout d'abord l'appareil respiratoire et le larynx, en l'occurrence lescordes vocales, dont la vibration permet la sonorisation, ou voisement, dans
le cas des consonnes sonores ou des voyelles, puis les organes mobiles : la langue (on distingue la pointe de la langue, ou apex, et le dos de langue), les lèvres, le voile du palais et
la luette Par ailleurs, on prend en compte le point d'articulation (point de contact des organes inférieurs mobiles avec les organes fixes) et le mode d’articulation (mode d’ouverture des organes et degré de cette ouverture) Par exemple on distingue les consonnes occlusives ( [t]/[d],[p]/[b],[k]/[g])/fricatives ( [f]/[v],[s]/[z], []/[]), latérale [l],
Trang 7vibrante [R] et les voyelles orales ([] )/nasales([] ), antérieures ([i] )/postérieures ([u] ) , ouvertes ( [a] )/fermées ([i] ), arrondies ([ ] )/non arrondies([e] )
1.1.1.2 Phonétique et phonologie
Si la phonétique s’intéresse à la face matérielle des sons de la langue telle qu’elle se présente dans toute sa diversité dans les faits de la parole Au contraire, la phonologie concentre à étudier le signifiant (image accoustique, expression phonique ) en relation avec
le signifié (concept, contenu sémantique) D’après Pierre LÉON, « la phonologie ou phonétique fonctionnelle (nommée aussi phonémique) est la discipline qui étudie la forme
de l’expression, c’est-à-dire l’arrangement selon lequel s’établit la fonction distinctive des phonèmes dans la structure de la langue » (LÉON P cité par Élisabeth GUIMBRETIÈRE.,1994 :12 )
Prenons comme exemple le mot « pont », pour le phonéticien, il consacre seulement
à l’aspect d’articulation : le son [p] est occlusif, sourd, bilabial, et le [p] peut être prononcé avec la façon différente par deux personnes différentes Ces différences n’intéressent pas le phonologue qui retient simplement que le [p] de « pont » peut s’opposer, par exemple, au [b] sonore ; cette distinction est pour lui essentielle car, en phonologie, la valeur essentielle des sons de la langue est leur valeur d’opposition
Nous synthétisons la différence entre phonétique et phonologie en citant le tableau proposé par Christian BAYLON et Paul FABRE :
Phonétique Phonologie
- Étude des sons de la parole selon
les méthodes des sciences naturelles
- Étude des sons sans tenir compte
de leur appartenance à une langue
- Enregistrement de toutes les
différences phoniques perceptibles
- Étude des sons de la langue avec les méthodes linguistiques
- Étude des sons du point de vue
de la fonction qu’ils remplissent dans une langue déterminée
- Mise en relief des traits phoniques qui ont une valeur distinctive
( BAYLON C., et FABRE P., 1990 :85)
1.1.2 Statut de l’erreur
Trang 8Nous reconnaissons que l’apprentissage passe par un aller-retour entre essais et erreur; autrement dit tout apprentissage est une marche vers la maîtrise Mais tout au long de cet apprentissage, l’erreur est présente
“ Apprendre, c’est toujours prendre le risque de se tromper [ ] qui dit que seul celui fait rien ne commet jamais d’erreur”, (ASTOLFI.,1997:23) En effet, dans le processus d’apprentissage, pour maîtriser des nouvelles connaissances, aucun élève ne commet d’erreur Même, dans l’apprentissage d’une langue étrangère, une langue est tout à fait différente de la langue maternelle de l’élève, celui-ci devra d’abord prendre le risque et commettre des erreurs plusieurs fois pour pouvoir maîtriser cette nouvelle langue
En appuyant sur les modèles constructivistes modernes, l’apprentissage passerait
obligatoirement par des moments de difficultés face auxquels les élèves doivent remplacer leurs anciennes conceptions erronées par de nouvelles correctes Pour acquérir des connaissances nouvelles, l’élève doit prendre conscience de ses erreurs, de son fonctionnement mental Ainsi, les erreurs servent d’indicateurs de ces processus intellectuels
en jeu
Cette nouvelle théorie sur l’apprentissage confère donc à l’erreur un statut beaucoup plus positif C’est-à-dire que l’erreur commise n'est pas de la faute de l'élève Ce n'est pas l'indice d'un défaut de connaissance, mais celui de l'inadéquation des connaissances de
l'élève à rendre compte du réel « L'erreur n'est pas seulement l'effet de l'ignorance, de l'incertitude, du hasard ( ) , mais l'effet d'une connaissance antérieure qui avait son intérêt, ses succès, mais qui, maintenant, se révèle fausse, ou simplement inadaptée »
(BROUSSEAU G Cité par NGUYỄN XUÂN Tú Huyên., 2004 :231) L’apparition de l’erreur dans l’apprentissage peut être considérée comme un indicateur du processus qui nous montre l’effort des élèves pour résoudre un problème intellectuel
Dans sa thèse, Astolfi a remarqué le statut positif de l’erreur :
“ Les erreurs commises ne sont plus des fautes condamnables ni des bogues regrettables : elles deviennent les symptômes intéressants d’obstacles auxquels la pensée des élèves est affrontée” ( ASTOLFI.,1997 :15) Ainsi, la présence de l’erreur dans l’apprentissage est une étape nécessaire dans un processus d’acquisition, révélatrice d’un état de compréhension Elle peut être considérée comme un moyen qui permet de réviser, de modifier des lacunes des connaissances de l’apprenant
Trang 9Dans l’apprentissage d’une langue étrangère, les erreurs sont inévitables Il nous semble que la notion d’erreur et celle de faute se ressemblent ou se différencient l’une de l’autre, sous l’influence de Chomsky sur une différenciation de compétence et de performance qui va permettre de distinguer erreur et faute H.Besse et R Porquier caractérisent ainsi cette différence : “ l’erreur relèverait de la compétence, la faute de la performance Un apprenant ne peut donc corriger ses erreurs, représentatives de sa grammaire intériorisée, mais peut en principe corriger ses fautes, imputables à des lapsus, à
la fatigue ou à diverses causes psychologiques” (BESSE.H et PORQUIER.R., 1991:209)
Comme nous le savons, avant d’apprendre une langue étrangère, l’élève a accumulé
un bagage linguistique en langue maternelle depuis longtemps, donc l’influence de cette langue sur la langue apprise est évidente
Dans l’acquistion d’un phonétisme nouveau, le système phonologique de la langue maternelle est considéré comme “crible” lors de l’apprentissage du système cible Par conséquent, l’élève peut avoir de la difficulté à percevoir des différences qui n’existent pas dans sa langue maternelle De plus, la production peut révéler une restructuration du domaine phonétique d’un élément de la langue maternelle afin d’intégrer l’élément perçu comme semblable Ainsi, face à un son nouveau [y] à acquérir, au lieu d’imiter le son de la nouvelle langue, l’élève cherche à employer son propre son – le son de sa langue maternelle-
et alors, fait des erreurs
Les erreurs peuvent provenir de différentes sources :
- Les erreurs dues aux emprunts d’éléments de la langue maternelle, ou d’une autre langue étrangère étudiée antérieurement, dites aussi erreurs interférentielles Les erreurs interférentielles peuvent affecter dans les domaines: grammaire, morphologie, phonologie, syntaxe par exemple, en matière phonique : “ les élèves font une fiche ” prononcé /lezelvf ynfi/ est une forme déviante due à l’identique de deux sons français et vienamien; “la musique est un art riche en émotions” prononcé / lamyziktaiᾰemon/ est une forme déviante due à la confusion des sons français avec ceux du vietnamien et de l’anglais
- Certaines erreurs proviennent de la surgénéralisation, ce sont des erreurs de type intralinguale que même un locuteur natif pourrait faire Elles ont pour origine les irrégularités de la langue cible
Trang 10- Les erreurs dues au manque de sérieux dans l’apprentissage à la négligence, au relâchement de l’effort de la part de l’apprenant
Bref, commettre l’erreur constitue souvent un moment important dans l’enseignement/apprentissage, un moment qui peut déclencher l’apport d’informations sur l’erreur elle-même ou sur certaines caractéristiques du fonctionnement de la langue étrangère Cette interaction, qui permet à l’apprenant de réviser, de modifier et de développer ses connaissances antérieures, de constituer bien un “ moment critique” de l’enseignement/apprentissage
1.1.3 Interférence
En terme d’enseignement/apprentissage d’un système phonique, il est important de pouvoir établir des comparaisons pour prévenir les difficultés dans l’apprentissage On a longtemps fait appel à la théorie de l’interférence et on continue toujours à le faire pour expliquer les impossibilités à produire certains sons Cette théorie part du fait que le crible auditif d’un individu se stabilisant autour de l’âge de dix ans, il devient par la suite extrêmement difficile d’entendre et donc de reproduire certains sons, ceux notamment qui n’existent pas dans sa langue De ce fait, l’individu va transférer en LV2 les caractéristiques
de LV1 ou de la langue maternelle, on parlera alors de transfert négatif ou d’interférence lorsque l’apprenant va se servir en LV2 d’un élément de LV1 ou de la langue maternelle qu’il croit identique alors que celui-ci est différent Ainsi, l’apprenant vietnamien ne possédant pas le son [y] dans sa langue, prononcera [u] à la place de [y], il substitue tout naturellement le son qui lui paraît identique, celui qu’il a cru entendre Bien évidemment, cela suppose que les deux sons, pour être assimilés, ont des caractéristiques communes, au plan acoustique et/ou articulatoire
Pour expliciter ce terme “d’interférence”, nous voudrions citer les idées de
Troubetzkoy qui sont mentionnées dans son immortel ouvrage intitulé Principes de
Phonologie:
“[ ] chaque homme s’habitue dès l’enfance à analyser ainsi ce qui est dit et cette analyse se fait d’une façon tout à fait automatique et inconsciente Mais, en outre, le système des cribles, qui rend cette analyse possible, est construit différemment dans chaque langue L’homme s’approprie le système de sa langue maternelle Mais s’il entend parler une autre langue, il emploie involontairement pour l’analyse de ce qu’il entend le “ crible
Trang 11phonologique” de sa langue maternelle qui lui est familier Et comme ce crible ne convient pas à la langue étrangère entendue, il se produit de nombreuses erreurs et incompréhensions Les sons de la langue étrangère reçoivent une interprétation phonologique inexacte, puisqu’on les fait passer par le “ crible phonologique” de sa propre langue” ( TROUBETZKOY N.S., 1970:54)
En effet, dans l’apprentissage d’une langue étrangère, pour maîtriser un système de phonétisme nouveau, l’élève appuie souvent sur la base du système de sa langue maternelle Ainsi, l’élève perçoit des sons français à travers le “crible phonologique” du vietnamien qui lui est familier Et comme ce crible ne convient pas àla langue étrangère entendue, il fait de nombreuses erreurs et incompréhensions par ses habitudes articulatoires
Bref, l’influence de la langue maternelle sur l’apprentissage d’une langue étrangère est forte Cette influence provoque aussi bien l’effet positif que l’effet négatif En ce qui concerne notre travail de recherche, nous abordons seulement l’effet négatif appelé “ l’interférence” qui cause des obstacles dans l’acquisition d’une langue étrangère A propos, M.Pendanx, en a donné une définitionapparemment simple:
“ L’interférence c’est-à-dire la forme erronée en langue étrangère dont l’origine vient d’une sorte de calque de la langue maternelle [ ]” ( PENDANX.M., 1998:20)
Selon Francis Debyser, la théorie de l’interférence est définie de trois manières:
- psychologique: l’interférence a pu être considérée comme une contamination de comportements
- linguistique: l’interférence est définie comme un accident de linguistique entraîné par un contact entre les langues
- pédagogique: l’interférence est un type particulier de faute que commet l’élève qui apprend une langue étrangère, sous l’effet des habitudes ou des structures de sa langue maternelle On parle à ce propos de “ déviations”, de “ glissement”, de “ transferts” et de “ parasites”, etc
( DEBYSER.F.,1970:34)
En fait, le vietnamien est une langue monosyllabique tandis que le français, c’est une langue polysyllabique C’est la différence entre le système phonétique vietnamien et celui du français qui provoque beaucoup de difficultés chez l’apprenant vietnamien dans l’apprentissage du français Et pour qu’il puisse maîtriser cette langue apprise, l’apprenant a
Trang 12souvent recours à la langue maternelle Paradoxalement, à son tour, ce recours entraîne des erreurs, il fait un autre obstacle pour l’apprenant Vraiment, l’intégration des habitudes linguistiques de la langue maternelle est à l’origine d’un des principaux obstacles que rencontre l’élève dans l’apprentissage d’une langue étrangère Et il est évident que l’interférence peut affecter aussi bien la compréhension que la production d’un message en langue étrangère
À ce propos, F.Debyser souligne qu’“ un des principaux obstacles à l’apprentissage d’une langue étrangère, est l’interférence causée par la différence de structures entre la langue maternelle de l’élève et la langue étrangère” ( DEBYSER.F., 1970:31) Plus les différences de structure entre la langue maternelle et la langue cible sont grandes, plus les erreurs commises sont nombreuses Certes, dans l’acquisition d’une langue étrangère, l’élève est influencé plus ou moins par sa langue maternelle Il introduit un élément de la langue maternelle dans la langue étrangère étudiée soit consciemment soit inconsciemment
Nous examinons le cas de [p] et [b] français qui accumulent les traits pertinents communs et ne sont en opposition que sur un seul trait distinctif, comme le montre l’analyse ci-dessous:
Phonème consonantique
Il est donc évident qu’un Vietnamien, qui ne possède dans son système phonétiquequ’un seul phonème [b], ne percevra pas leur opposition et ramènera le phonème nouveau pour lui à celui qui est commun à sa langue maternelle et au français En conséquence, il confondra [p] et [b]
Il n’y a pas non seulement d’interférence de la langue maternelle sur la langue étrangère que l’apprenant apprend, mais aussi celle de la première langue étrangère que l’apprenant a déjà été étudiée auparavant
Ainsi, pour un apprenant du français- LV2 au lycée vietnamien, le bagage apporté est l’anglais qu’il a été accumulé au collège Il possède des connaissances sur cette première langue étrangère, et peut l’utiliser comme un outil de communication Et lorsqu’il apprend
Trang 13encore une autre langue étrangère (ici le français-LV2) en même temps que l’anglais, il est impossible d’éviter l’influence de la langue acquise sur l’apprentissage du français Il n’est pas étonnant que l’apprenant anglophone prononce mal le français Si nous comparons la base articulatoire du français et celle de l’anglais, nous verrons que ces deux langues , au point de vue phonétique, sont très différentes, parfois directement opposées Ainsi, toute l’articulation française est caractérisée par une tendance antérieure tandis que l’anglais est caractérisé par une tendance à reculer les articulations dans la bouche Les élèves anglophones ont la tendance de prononcer avec un souffle des sons [ p, t, k] français à cause
de l’habitude auditive en anglais
1.1.4 Interlangue
Ce terme, emprunté à Selinker (1972), a connu une grande vogue dans le début des années 80 Les linguistes ont utilisés différents termes pour le désigner tels que “ compétence transitoire”, “ dialecte idiosyncrasique”, “ système approximatif”, “ système intermédiaire”, “ système approché”, ou plus simplement “ langue de l’apprenant”
NGUYEN VAN Hoang a explicité la naissance de l’interlangue comme suit :“ apprendre une langue étrangère implique la présence de deux langues, maternelle et étrangère “ Toutes les deux apparaissent comme deux manifestations originales et possèdent leurs propres structurations” Le lien entre elles est évident mais invisible et l’apprenant joue alors le rơle de médiateur Il traite son apprentissage de la langue étrangère
à partir de l’ensemble des connaissances multiples qu’il a des deux langues D’ó vient le terme “ interlangue” ( NGUYEN VAN Hoang., 2001:263)
Alors, l’étude de l’interlangue est celle de “ langue de l’apprenant” dans l’apprentissage d’une langue étrangère, représentée par leur expression orale et par celle de l’écrit en langue qu’il apprend L’apprenant emploie une langue qu’il ne maỵtrisepas encore
Il combine des mots pour construire une phrase en se basant sur les structures, les règles qu’il n’a pas encore atteint ou bien qu’il est influencé par les habitudes linguistiques de la langue maternelle ou d’une langue étrangère étudiée auparavant
Même, selon Henri Besse et R Porquier, l’objet de recherche de l’interlangue est “
la naissance et l’utilisation “ non natives” d’une langue quelconque par un sujet non natif et non équilingue, c’est-à-dire un système autre que celui de la langue cible mais qui, à quelque
Trang 14stade d’apprentissage qu’on l’appréhende, en comporte certaines composantes” ( BESSE.H
et PORQUIER.R.,1984:216)
Pour un élève vietnamien, il est en contact direct avec trois langues ( la langue maternelle, LV1 et LV2 ) Il a tendance à les concevoir de façon alternative Sous l’influence de sa langue maternelle et de la première langue étrangère, il risque de transférer son acquis en vietnamien et en anglais, à son “ français” et de restructurer ce dernier en tant que performance provisoire en fonction du vietnamien et de l’anglais
Prenons des exemples, en matière phonique, obtenus par notre enregistrement
« Giong est un géant » est prononcé / tᾰ /
« Tout le monde veut entrer »est prononcé / tulm tvᾰѣe/
« Giong monte sur le cheval » est prononcé / m tsylv/
« Giong arrive devant l’armée ennemie » est prononcé / aivdvᾰlameᾰnime/
Nous voyons que la production des apprenants est inadéquate par rapport à la langue cible et qu’elle comporte des règles de langue cible, des traces de règles de la langue maternelle, et des règles qui n’appartiennent ni à l’une ni à l’autre
Dans l’enseignement d’une langue étrangère, il convient donc de comprendre quelleest l’interlangue phonétique de l’apprenant pour programmer la correction phonétique de matière adaptée et efficace
1.2 Études des systèmes phonétiques français, vietnamien et anglais
Comme cette question a été bien présentée par les autres chercheuses telles que NGUYỄN THỊ Bình Minh, NGUYỄN THỊ Thanh Thuỷ, etc, dans notre recherche nous n’ entrerons pas dans tous les détails de cette opération, tout en signalant en particulier les traits essentiels
1.2.1 Système phonétique français
En parlant de la phonétique du français, il faut absolument aborder les deux classes majeures : les voyelles et les consonnes Il y a plusieurs critères de distinction des voyelles
et des consonnes Nous présentons ici deux critères essentiels:
+ Les voyelles sont prononcées avec la bouche relativement plus ouverte que les consonnes
Trang 15+ La place des voyelles et celle des consonnes dans la syllabe est différente: les voyelles constituent le noyau de la syllabe tandis que les consonnes ne peuvent le faire
Nous commencerons d’abord par décrire les consonnes, et puis les voyelles
1.2.1.1 Consonnes
Le français en compte dix-huit
On opposera les consonnes orales et les consonnes nasales Les consonnes nasales sont décrites par la fermeture du canal buccal avec une position abaisée du voile du palais et
un passage libre de l’air par le nez On a en français trois consonnes nasales [ m, n, ] Les autres sont orales puisqu’elles sont prononcées avec l’air phonateur empruntant la cavité buccale
On opposera de plus les consonnes sourdes aux consonnes sonores Les consonnes sont appelées sonores quand les cordes vocales participent à l’émission du son et vibrent Par contre, il n’y a pas d’intervention des cordes vocales, les voyelles sont donc sourdes
Le français comprend six consonnes sourdes, qui ont toutes leur correspondante sonores :
Sourdes [p]
Notons que le [l] et le [] sont sonores mais elles n’ont pas de correspondantes
sourdes Elles sont des consonnes nommées “liquides”
Nous obtenons donc la série d’oppositions:
Occlusives Bilabiales
Labio-dentales Apico-dentales Dorso-palatales Dorso-vélaires Dorso-uvulaires
Trang 161.2.1.2.Voyelles
Le français en possède seize Il est possible de caractériser toutes les voyelles français en indiquant leur place dans la bouche, le degré de fermeture et la position des lèvres
On opposera les voyelles orales et les voyelles nasales:
- Les voyelles orales sont prononcées avec le palais mou relevé, ce qui ferme le passage nasale Et l’air phonateur emprunte la cavité buccale Ainsi, [i], [e], [], [a], [], [y], [ ], [], [ ], [u], [o], []
- Les voyelles nasales se prononcent avec le voile du palais abaissé, ce qui laisse passer de l’air par le nez Ainsi , [], [], [], [] sont les quatre voyelles nasales du français
On opposera, par ailleurs, les voyelles ouvertes et les voyelles fermées Pour
prononcer les voyelles, les mâchoires sont plus ou moins écartées, la langue plus ou moins éloignée du palais : c'est ce qu'on appelle le degré d'aperture On trouve ainsi des « couples »
de voyelles fermées / ouvertes : /po/pt/; /fe/f/; / f/ f/ ( pot/ porte, fée/fait,oeuf/oeufs) Dans la prononciation d’un [i], [y] ou [u] la langue se trouve près du palais On parle donc les voyelles fermées puisque il y a un rétrécissement et le passsage de l’air est presque fermé Par contre, dans la prononciation de [a] et [], la langue se situe au fonde de la bouche On parle alors les voyelles ouvertes puisque le passage de l’air est ouvert Entre les deux extrêmes, on trouve les voyelles mi-fermées ([e] [ ] [o]) et les voyelle mi ouvertes ([] [ ] []) puisque la position des lèvres est neutre
1.2.1.3 Semi-voyelles ou semi-consonnes
Trang 17Le français possède également trois semi-consonnes ou semi-voyelles [ j – Ч – w ]
Elles sont des phonèmes intermédiaires entre les consonnes et les voyelles Quand on les
prononcent, on entend le timbre d’une voyelle auquel s’ajoute le frottement d’une consonne
spirante Ce sont des fricatives sonores, mais leur articulation se trouve au même endroit que
certaines voyelles qui leur correspondent, ce qui justifie d’ailleur qu’elles soient toutes
sonores, et qui est marqué souvent par l’orthographe
- Le [ j ] est ressemblant à la voyelle “ i” [ i ] On a trouvé dans les mot: fille, Piere,
siège,etc
- Le [ Ч ] est très près de la voyelle “u” [ y ], comme dans les mots : lui, nuit, huit,
etc
- Le [ w ] est plus proche de la voyelle “ ou”[ u ] : oui, loi, roi, etc
Ces phonèmes posent des problèmes de prononciation dans la mesure ó l’on risque
de les confondre avec la voyelle correspondante, ainsi : prier /prije/ mais lier /lje/, brouette
/brut/ mais mouette /mwt/
Médio-dorso-médio-palatale
vélaire
Les traits articulatoires des semi-consonnes françaises
1.2.2 Système phonétique vietnamien
1.2.2.1 Consonnes
Les consonnes vietnamiennes comportent 22 phonèmes y compris le coup de glotte
([]) Elles sont présentées par le tableau articulatoire comme suit:
Dentales ou Alvéolaire Lieu d’articulation
Mode d’articulation
Labiales
dentales Rétroflexes
Ou Post- alvéolaires
Médio Palatale
ou dorsales
vélaire
Dorso-ou Dorso-palatales
tales
Trang 18Toutes ces consonnes peuvent être en position initiale, sauf [p]
Il n’y a que six consonnes finales : [p], [t], [k], [m], [n], []
1.2.2.2 Voyelles
Les voyelles vietnamiennes ou appelées système des tonales comprennent 14
phonèmes dont 11 monophtongues et 3 diphtongues
Monophtongues Diphtongues Timbre
Aperture Aigu Neutre Grave Aigu Neutre Grave
Très ouvertes [] [/ᾰ] [/]
( ĐOÀN Thiện Thuật, 1980:190)
1.2.2.3 Quelques caractéristiques typologiques du vietnamien
1.2.2.3.1 Syllabe
En vietnamien, à la différence du français, la syllabe est perçu comme une unité
de base, en ce sens qu’elle se confond dans la plupart des cas avec le morphème
La syllabe est formée de six éléments, chacun appartenant à un paradigme
autonome
Voici le shéma de la structure syllabique regroupée par ĐOÀN Thiện Thuật:
TON
Trang 19RIME INITIALE
Par ce shéma, la syllabe est composée des éléments suivants:
Une consonne initiale
Une rime, noyeau de la syllabe Elle se compose:
1 d’une prétonale qui est assurée par la semi-voyelle [w] dont la graphie présente par “o ou u”
qua / kwa 1/ : traverser toa /twa 1/ : wagon
2 d’une tonale qui est présentée soit par une voyelle, soit par une diphtongue, élément central de la rime et indispensable de la syllabe
xe / s 1/ : auto tiền / tien 2/ : argent
3 d’une finale qui peut être une consonne occlusive sourde [p,t,k], une nasale [m,n,] ou une semi-voyelle notée “u” ou “i”
viết / viet 3/ : écrire cân / k˘n 1/ : peser nôi / noi 1/ : percer Et enfin, un ton
1.2.2.3.2 Le système des tons
Le ton embrasse toute la syllabe En vietnamien, les tons forment avec les tonales ( voyelles et diphtongues), l’élément non seulement essentiel, mais aussi indispensable, central de la syllabe, qui est aussi un morphème
La syllabe peut se passer de finales, de prétonales mais jamais de tonales, ni de tons
Il n’y a pas de syllabe sans ton
Le vietnamnien est une langue à tons Ces dernières sont au nombre six Ils sont ainsi décrits:
ga égale numéroté Ton 1 “ gare, gaz, drap”
gà descendant numéroté Ton 2 “ poulet, coq”
Trang 20gá montant numéroté Ton 3 “sertir, ajuster”
gả descendant montant numéroté Ton 4 “marier”
gã montant glottalisé numéroté Ton 5 “ lui, individu”
gạ tombant glottalisé numéroté Ton 6 “ enjôler”
Du point de vue de linguistique, le ton est une marque phonologique différenciant des morphèmes de structure segmentale identique Il a donc une fonction distintive
Le ton est une unité discrète au même titre que le phonème, à la seule différence qu’elle n’est pas isolable
Notons que les six tons vont avec les syllabes dont la terminaison est une nasale,
et une semi voyelle et que les tons 3 et 6 n’admettent que les syllabes se terminant par une occlusive ( par exemple : việt, viết)
1.2.3 Étude comparative de deux systèmes phonétiques français et vietnamien 1.2.3.1 Les points différents de système vocalique du français et du vietnamien
En français En vietnamien
1 Plan distributionnel - Toutes les positions:
initiale, interconsonantique, finale
- Les voyelles peuvent apparaitre en contiguité, ex : aéroport
- Deux positions : interconsonantique et finale Jamais en position initiale
3 Voyelles composées: [y], [ ], [ ] - Inexistantes
4 Voyelles nassales: [],[],[],[ ] - Inexistantes
5 Diphtongues: Inexistantes - 3 diphtongues :[ie],
Trang 212 Plan distributionnel: - Toutes les positions:
initiale, interconsonantique, finale
- Initiale, sauf [p] Seulement 6 en position finale [ p, t, k, m, n, ]
3 Mode articulatoire: - Les consonnes finales sont
prononcées par une explosion et une implosion
Elles sont caractérisées par une détente vers la fin de leur réalisation
- Les consonnes nasales sont caractérisées par une fermeture de la cavité buccale et
le passage libre de l’air par les fosses nasales Ainsi [m], [n], [] sont des consonnes nasales
On opposera aussi les consonnes sourdes aux consonnes sonores, si lors l’émission d’une consonne, les cordes vocales entrent en activité, la consonne est dite sonore; sinon, elle est est sourde
L’anglais comporte 8 consonnes sourdes et 8 consonnes sonores correspondantes
Sourdes Sonores [p]
[t]
[k]
[ ]* [f]
[z]
[]
[]
Trang 22(*) Les consonnes affriquées sont des consonnes complexes formées d’une occlusive
Labio-Alvéo laires
Inter den-tales
tales
Pala-res
Vélai-tale
sonore Fricatives
Orale
sourde Latérale
sourde Rétroflexe
- Les voyelles antérieures: [i: - - e - ]
- Les voyelles postérieures: [u: - : - - a: - ]
- Les voyelles centrales: [ - - :]
2 La hauteur de la langue
Trang 23- Les voyelles fermées: [i: - - u: - ]
- Les voyelles ouvertes: [ - a: - - : ]
- Les voyelles mi-ouvertes: [e – : - - ]
3 La position des lèvres
- Les voyelles arrondies: [u: - - a - - : ]
- Les voyelles écartées: [ - i: – e - : - - - ]
4 La longueur:
- Les voyelles brèves: [ - e - - - - ]
- Les voyelles longues: [i: - a: - : - : - u:]
5 La tension du muscle : Les voyelles peuvent être produites avec une grande tension ou une relâchée de la mâchoire et de la gorge Donc, nous avons les voyelles tendues et relâchées
1.2.4.2.2 Les diphtongues ( voyelles à double timbre)
Les diphtongues en anglais comportent souvent une voyelle pure et une glide De cơté de la longeur, les diphtongues sont considérées comme les voyelles longues, mais la première voyelle est plus longue et forte que la deuxième Cette dernière est seulement un quart de diphtongue ó le son allège En anglais, il existe 8 diphtongues: [ e, a, , ,
, , e, ]
1.2.4.2.3 Les triphtongues
Une triphtongue est un glissement d’ une voyelle à une autre et à une troisième voyelle, toutes sont prononcées rapides et sans interruption Toutes les cinq triphtongues sont fermées et centrales Elles glissent sur la première à la deuxième voyelle [ i ] ou [ ] et puis à la voyelle centrale [ ] Ainsi [ ei - ai - i - - a]
Tableau articulatoire vocalique de l’anglais
Trang 24Ouvertes [] [:]
[a:] []
La position des lèvres Non arrondies arrondies
1.2.5 Étude comparative de deux systèmes phonétiques français et anglais
1.2.5.1 Les points différents de système vocalique du français et de l’anglais
En français En anglais
- Lieu d’articulation : - La labiale est très forte et
prend la forme d’un véritable arrondissement des lèvres, et non pas seulement d’une certaine projection
- La labiale est très faible
et comporte seulement une certaine projection des lèvres
- Les voyelles antérieures
- Voyelles nasales - [], [], [], [] - Inexistantes
- Voyelles relâchées - Inexistantes - [ - e - - - - ] (les
voyelles brèves)
- La distinction entre les
voyelles brèves et voyelles
- En général - Toute l’articulation français
est caractérisée par une tendance antérieure
- Toute l’articulation anglais est caractérisée par une tendance à reculer les articulations dans la
Trang 25bouche
- Lieu d’articulation : - [ t – d – n ] sont dentales
- [R] est alvéolaire ( rétroflexe)
- [ t– d – n ] sont alvéolaires
- [r] est uvulaire
- Consonnes
interdentales
- Inexistantes - Il y en a deux : [ - ]
- Consonnes affriquées - Inexistantes - Il y en a deux : [ - ]
Chapitre 2 : ÉTUDES DE TERRAIN
Après avoir étudié les systèmes phonétiques du vietnamien, du français et de l’anglais, nous abordons dans cette partie notre choix du corpus, sa constitution et les activités menées pour vérifier nos hypothèses Viendra ensuite l’étape de l’analyse les résultats à partir des questionnaires et des productions orales des élèves
2.1 Élaboration et choix du corpus
Le corpus est établi à partir des enregistrements et des questionnaires des élèves de la classe de dixième du lycée Thoại Ngọc Hầu
2.1.1 Questionnaire
Nous avons élaboré un questionnaire avec treize questions en langue maternelle sur l’horaire d’apprentissage de phonétique en classe, sur les difficultés ainsi que les causes d’erreurs rencontrées par les élèves dans la prononciation d’un mot ou un son français; De
là, nous pourrions poser des solutions efficaces pour les affronter
Notre public est les élèves des classes à option Tels que 10S, 10T, 10A, et 10V Nous choisissons40 élèves de ces classes pour l’enregistrement
Pour avoir le temps suffisant à réfléchir et répondre au questionnaire, nous laissons les élèves à le faire à la maison
2.1.2 Enregistrement
Pour la lecture, nous sélectionnons des textes figurant dans les manuels de français
ainsi ADO tome 1, Tieng Phap 7 et dans le dictionnaire Cyclopédique Encarta 2005
Comme le niveau des élèves est vrai débutant, nous choisissons des textes courts, simples de
10 lignes environ
Trang 26Nous laissons les élèves un certain temps (10’) avant l’enregistrement pour qu’ils puissent organiser leur lecture et qu’ils l’enregistrent avec le plus d’aisance possible Nous n’avons imposé aucune vitesse d’élocution mais nous avons demandé aux élèves d’enregistrer une fois S’il y a erreur, ils ne doivent pas refaire l’enregistrement
L’enregistrement a été réalisé dans une pièce de vitrine pour que les élèves lisent naturellement le texte Nous y laissons les élèves à enregistrer Et leurs productions ne servent qu’à analyser le corpus de notre recherche
2.2 Choix des locuteurs
Nous limitons notre travail dans l’analyse des références des élèves de quatre classes
à option du lycée Thoại Ngọc Hầu Nous présentons ici quelques caractéristiques de notre public:
- Ils sont relativement homogènes pour l’âge : ils sont de 15 à 17 ans
- Ils sont tout à fait homogènes au point de départ : ils apprennent la première fois le français au lycée Ils travaillent avec la même méthode de français ( ADO tome 1) La première langue étrangère enseignée en classe est l’anglais Le français est élaboré pour l’enseignement du français – LV2 Ils sont tous vrais débutants
Sur l’origine géographique : nos élèves viennent de tous les endroits voisins de Long Xuyen au provine d’An Giang:
o Long xuyên : 26 élèves
o Châu thành : 8 élèves
o Chợ mới : 2 élèves
o Thoại sơn : 4 élèves
Ce n’est qu’un simple inventaire des textes enregistrés Nous y reprendrons pour l’analyse de corpus de notre public en nous utilisant des signes diacritiques de l’API ( Alphabet Phonétique International) et ceux adaptés à notre travail
/ / transcription phonétique d’un mot ou d’un groupe de mot
[ ] transcription phonologique
[*] transcription phonétique de nom propre
[h] aspiration de la consonne
Trang 272.3 Analyse des corpus
2.3.1 Analyse les résultats à partir des questionnaires réalisés auprès des élèves des classes de dixième
Nous avons élaboré un questionnaire composé de treize questions pour réaliser cette enquête Nous avons classé les résultats de l’enquête selon le nombre de fiches remplies (82) Les sujets que nous avons choisis sont homogènes en catégorie d’âge ainsi qu’en niveau de langue C’est- à- dire que les élèves apprennent l’anglais- LV1 et ont 81 heures du français – LV2 Ils ont appris avec le manuel ADO
Les résultats des questions fermées sont représentés dans les tableaux avec leurs fréquences en % et le nombre de réponse reçues
Question 1: La phonétique est-elle considérée comme une matière obligatoire dans l’enseignement?
Oui non ça dépend de la leçon
Nombre
de réponses
1 1.21
Trang 28Question 2 : Combien de séances de phonétique devez-vous assumer pour une semaine ?
Nombre
de réponses
2 2,43
Question 4 : Avez-vous des difficultés dans la prononciation des mots français?
réponses Fréquence en % Non 1 1,21 Pas beaucoup 47 52,31
Sans opinion 1 1,21
Trang 29Total 82 94,97
Question 5 : Que faites –vous quand vous n’arrivez pas à lire ou à prononcerun mot quelconque? (deux réponses possibles)
a Vous vous en passez
b Vous demandez aux camarades ou à l’enseignant
c Vous avez recours aux connaissances de phonétique de l’anglais ou celles du vietnamien
(d) – Ils ont recours aux mots qui se ressemblent aux mots déjà appris
- Ils consultent le dictionnaire
Question 6 : a/ Vous prononcez souvent mal quels sons ? (Entourez les sons choisis)
[] comme jeu
[u] comme vous [y] comme tu [ ] comme deux [ ] comme soeur
[] comme le
[] comme dans [] comme maison
Trang 30[] comme un [] comme matin Semi-voyelles ( ou semi-consonnes)
[ j ] comme hier [Ч] comme lui [w] comme oui
réponses
Fréquence
en % [b] 8 9,75
b/ Dites pourquoi (deux réponses possibles)
a Ils n’existent pas dans le vietnamien
b À cause de l’influence de l’anglais
c Àcause de l’influence de l’habitude articulatoire du vietnamien
Trang 31(e) :- La façon de prononcer de l’enseignant
- Ils ne savent pas comment articuler
- Ils ne connaissent pas de règles de prononciation
- Les heures de phonétique corrective sont très peu
Question 7 : Faites – vous une comparaison de prononciation des sons français et ceux
de votre langue maternelle?
1 1,21
(b) Si “oui” citez-les, si “non” répondez à la question suivante :
- Confondre les sons français à ceux de l’anglais ( des mots français ont
la même graphie que ceux de l’anglais)
Trang 32Question 9 : Vous entraînez-vous à la prononciation? ( deux réponses possibles)
a En classe pendant le cours de phonétique
b À la maison
c Avec l’aide de l’enseignant et du camarade voisin
d Avec d’autres moyens
opinion
1 1,21
(d) S’entraîner seul Question 10 : D’après vous, le cours de phonétique est-il indispensable?
Trang 33(d) - Écouter des documents sonores à la maison
- Lire des extraits de textes, des dialogues
Question 12 : A votre avis, quelles sont les façons d’entraînement phonétique efficaces? (deux réponses possibles)
(d) - Parler français en classe
- Écouter régulièrement des documents sonores de phonétique
- Lire souvent des textes
Question 13 : Selon vous, une bonne prononciation est-elle importante?
- Elle favorise l’apprentissage des mots nouveaux
- Elle aide l’apprenant à avoir confiance en lui dans la communication
- Elle aide à améliorer la compréhension orale
Trang 34- Elle aide peut être leurtravail dans l’avenir
- Une bonne prononciation les aide à bien communiquer
- Elle aide à améliorer l’écrit : on écrit normalement un mot comme on le prononce Ainsi, si on prononce mal, son orthographe s’avère évidemment incorrecte
- Elle favorise bien la compréhension orale
Pourtant, ils ont une grande difficulté dans la prononciation En voici les principales:
- Il faut tenir compte de l’influence de la langue maternelle dansla prononciation des élèves La plupart des élèves ne peuvent pas prononcer les sons français qui n’existent pas dans le système phonologique du vietnamien comme [], [], [], [], [y] [ ], [ ]
- L’impact du vietnamien mis à part, il existe encore une autre influence qui est celle
de l’anglais Les élèves confondent souvent des mots français qui ont la même graphie que ceux de l’anglais dans leur prononciation Prenons par exemple le cas du verbe
« continuer » Orthographiquement, il s’écrit par la même graphie dans les deux langues :
“continuer- continue”
- Les élèves ne se rendent pas compte de l’importance de l’auto-apprentissage parce que le français est perçu comme un cours secondaire dans leur programme d’étude au lycée
- Les élèves ne savent pas l’origine de l’erreur ainsi que la façon de la corriger
Pour s’entraîner à la prononciation, les élèves ont utilisé des moyens suivants:
- Imiter la façon de parler du professeur
- Se servir des cassettes audio pour l’écoute des documents sonores et pour la répétition des sons difficiles à articuler
- Participer activement aux jeux de rôle en classe
- Se servir des exercices de prononciation
Je constate notamment que l’enseignement et l’apprentissage de phonétique au lycée Thoại Ngọc Hầu ne sont pas bien appréciés Il est dû au contrainte institutionnelle comme:
la distribution de programme d’enseignement proposé par la Ministre de l’Éducation et de la
Trang 35Formation Il n’y a pas de cours de phonétique proprement dit Dans une séance, le professeur enseigne à la fois le vocabulaire, la grammaire et fait faire des exercices d’application, donc, l’enseignement et l’apprentissage de phonétique se réalisent seulement
à travers des textes, des dialogues sous forme de lecture Une telle négligence dans l’enseignement et l’apprentissage de phonétique au lycée provoque une lacune de connaissances sur la phonétique française chez les élèves Ceux-ci ne savent pas comment articuler et font souvent la comparaison des sons français avec ceux du vietnamien et de l’anglais D’ó des erreurs dans la prononciation des élèves De plus, le volume horaire minime accordé à la correction phonétique et la façon de prononciation de l’enseignant, la plupart d’élèves ne reconnaissent pas leur prononciation erronée detels ou tels sons français
Ce problème reflète clairement à travers le sondage Ainsi, 47% d’élèves affirment qu’ils ne rencontrent pas beaucoup de difficultés de prononciation des sons français Or , certains sons français comme [y], [ ], [], [], [p], [], [t], [k] qui font des obstacles les plus occupent la minorité de pourcentage sur le choix des élèves En réalité, dans une classe de langue française, si la prononciation de bon nombre d’élèves est encore trop dotée d’accent vietnamien, ou bien anglais, c’est parce que leur objectif est surtout de faire passer le message, et pas forcément de s’intéresser à une prononciation correcte
L’auto-apprentissage des élèves n’est pas le point fort Il est dû aux facteurs tant subjectifs qu’objectifs L’apprentissage du français-LV2 a été consacré aux classes à option Normalement, les élèves de ces classes prennent tout leur temps pour les matières principales Ils laissent le français dans un coin malgré les points d’encouragement En plus, l’emploi du temps de classes à optionest très chargé par rapport aux classes normales Il les fatigue facilement et n’accorde certainement plus de place à l’auto-apprentissage Désormais, la plupart des élèves s’entraỵnent essentiellement à la phonétique en classe à travers des exercices d’entraỵnement proposés par le professeur
2.3.3 Analyse des erreurs des élèves à partir des enregistrements
Comme nous le savons, pour bien maỵtriser une langue, l’apprenant doit non seulement avoir de bonnes connaissances en la grammaire, le vocabulaire, et la culture du pays de cette langue, mais encore une bonne prononciation pour que la communication transmise de façon efficace
Trang 36Les élèves de français- LV2 ne rencontrent pas beaucoup de difficultés sur l’apprentissage de la grammaire et le lexique du français mais les élèves vietnamiens éprouvent énormément de grandes difficultés dans la maîtrise des sons du français Ils font toujours des erreurs de prononciation Quand ils lisent un texte, un dialogue, ils ont du mal à prononcer et confondent souvent les sons français et ceux de la langue vietnamienne et de l’anglais
Les élèves vietnamiens de notre lycée qui apprennent le français font la même chose : ils entendent et articulent les sons du français sur la base du système des sons vietnamiens; c’est- à- dire qu’ils remplacent les sons inconnus par ceux qu’ils connaissent dans le vietnamien et qu’ils trouvent les plus proches de ceux du français Quant aux anglophones qui apprennent le français ont des problèmes dans l’articulation des consonnes et les voyelles
Telles seront les difficultés que nous présenterons à travers des exemples de nos classes en responsabilité Nous nous intéressons aux types d’erreurs dues aux interférences
du public avec qui nous menons l’enquête
2.3.3.1 Erreurs dues à l’interférence en langue vietnamienne
2.3.3.1.1 Les erreurs concernant des voyelles
2.3.3.1.1.1 Les voyelles nasales [],[ ],[],[]
Ce sont des sons qui ont été mal prononcés les plus chez l’élève vietnamien Les voyelles nasales françaises sont pures: en français standard, elles ne sont jamais prononcées avec une consonne nasale ( m, n, ou gn ) à la fin de syllabe à laquelle elles appartiennent Puisque cettes voyelles n’existent pas dans le système phonologique du vietnamien, pour les prononcer, l’apprenant a habituellement tendence à ajouter d’un [] aux voyelles Comme dans:
vang / v˘/ : écho
ăn /ᾰn / : manger xăng / sᾰ/ : essence ông / / : monsieur ainsi ils prononcent :
texte 1 : celle qui la pratique des sentiment
Trang 37con /kn/ : enfance donc, ils prononcent :
texte 1 : la musique est un art
La voyelle [y] n’existe pas en vietnamien, donc, pour la prononcer l’apprenant la remplace par une voyelle correspondante [u] en vietnamien Ou bien il prononce le [y] en se basant sur le [wi] vietnamien
Trang 38Texte 1 : la musique est un art
Dans le système phonologique du français, ces voyelles sont antérieures, arrondies
Ce sont des sons nouveaux à acquérir Comme le [ ] et le [ ] n’existent pas en vietnamien, les élèves vietnamiens ont souvent du mal à les prononcer Ils les confondent fréquemment à la voyelle vietnamienne postérieure et écartée []
Texte 11 : Il veut voir le messager
2.3.3.1.1.4 Les erreurs dues à l’orthographe
Certains élèves vietnamiens ont l’habitude d’articuler les sons français en se basant sur l’orthographe Cela veut dire que les élèves prononcent un son français en appuyant sur
la combinaison entre des lettres comme dans le vietnamien, comme suit:
a + i ai
o + n on
e + t et
i + m im
Trang 39i + n in
e + n en Les élèves les prononcent comme en langue vietnamienne
Texte 3 : Le premier cours commence à huit heures
Encore, les autres erreurs concernant à la non-distinction entre les voyelles fermées
et ouvertes; entre les voyelles longues et brèves; entre les voyelles antérieures et postérieures Mais ces erreurs sont acceptables car elles ne gênent pas la compréhension
2.3.3.1.2 Les erreurs concernant des consonnes
2.3.3.1.2.1 La consonne [g]
Orthographiquement, le [g] en français et le [] en vietnamien sont ressemblants Mais en phonétique, le [g] en français est une consonne occlusive tandis qu’en vietnamien le [] est une consonne fricative qui s’écrit avec la lettre “g” devant les postérieures “, o, u,
ô, uô” et avec “gh” devant les antérieures “e, ê, i.”
Les élèves vietnamiens prononcent le [g] comme dans leur langue maternelle sans explosion, avec une fricative
Texte 5 : Sophie met les bougies sur le gâteau
Trang 40., dit Corinne aux garçons
Texte 1 : partout dans le monde