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Moyens dexpression de la causalité en français (sur le corpus du quotidien le monde)

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Pourtant, dans le mémoire de fin d’études universitaires sur les trois connecteurs de cause “Car, Parce que, Puisque”, nous avons pu constater qu'une bonne reprise de conscience de la

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TÔ LAN PHƯƠNG

MOYENS D’EXPRESSION DE LA CAUSALITÉ EN

FRANÇAIS (SUR LE CORPUS DU QUOTIDIEN « LE MONDE ») Phương tiện biểu đạt mối quan hệ nhân – quả trong tiếng Pháp (Trên ngữ liệu nhật báo Le

Monde)

Mémoire de Master en linguistique

Code : 60 22 20

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TÔ LAN PHƯƠNG

MOYENS D’EXPRESSION DE LA CAUSALITÉ EN

FRANÇAIS (SUR LE CORPUS DU QUOTIDIEN « LE MONDE ») Phương tiện biểu đạt mối quan hệ nhân – quả trong tiếng Pháp (Trên ngữ liệu nhật báo Le

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TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION

CHAPITRE I: CADRE THEORIQUE

1.Causalité

1.1.Définition de la causalité

1.2.Rôles de la causalité

1.3.Catégorisations de la causalité

1.4.Etat de recherche de la causalité dans le domaine linguistique

2.Catégorisations des marqueurs de la causalité

2.1.Selon le critère sémantique

2.1.1 Approche qualitative

2.1.2 Approche fonctionnelle

2.1.3 Approche analytique

2.1.4 Approche synthétique

2.2.Selon le critère grammatical

2.2.1 Moyens d’expression de la cause

2.2.2 Moyens d’expression de la conséquence

CHAPITRE 2: ETUDES SUR LES MOYENS D’EXPRESSION DE LA CAUSALITE DANS LE QUOTIDIEN « LE MONDE »

1.Choix du corpus

2.Collecte des données

3.Analyse des données

3.1.Selon le critère grammatical

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3.1.1 Conjonctions 45

3.1.2 Adverbes et locutions adverbiales 49

3.1.3 Participes passés 50

3.1.4 Gérondif et participe présent 54

3.1.5 Verbes 55

3.1.6 Noms 65

3.1.7 Prépositions et locutions prépositives 64

3.1.8 Position des moyens d’expression de la causalité 67

3.2 Selon le critère sémantique 69

3.2.1 Approche qualitative 70

3.2.2 Approche fonctionnelle 74

3.2.3 Approche analytique 74

3.2.4 Approche synthétique 75

CONCLUSION 78

BIBLIOGRAPHIE 81

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1 Justification du choix du sujet de recherche

Imaginons l’énoncé “La situation internationale est préoccupante”, produit à la tribune

de l’ONU Si l’opérateur continue en disant: “le chat de ma tante est sur le tapis”, on peut

supposer que cela, comme on dit, jette un froid Au contraire, dans le contexte suivant, notre

énoncé paraît être tout à fait à sa place: “Mon cher Jacques, je te préviens, je suis allergique aux chats J’espère que tu n’en as pas chez toi” Réponse de Jacques: “Je suis désolé; le chat

de ma tante est sur le tapis” Cet exemple, cité dans l’Enonciation par Jean Cervoni (Cervoni,

1987) fait preuve de l’importance de la cohésion dans le discours, celle qui exige l’adéquationdes phrases utilisées l’une à l’autre

De nombreuses relations logiques assument cette cohésion du discours Une desrelations les plus exprimées est la causalité Chaque langue, avec son propre systèmesyntaxique et sémantique, a des moyens différents pour exprimer cette relation Beaucoup derecherches en linguistique ont pris la causalité comme l’objet de travail Elles sontprincipalement consacrées à des questions syntaxiques (constructions causatives, oufactitives), à l’étude du lexique causal et aux relations causales entre les énoncés dans lediscours Quant aux manuels de grammaire, les moyens d’expression de la causalité sont plutôtsimplement cités alors que leur nuance passe souvent sous silence Pourtant, dans le mémoire

de fin d’études universitaires sur les trois connecteurs de cause “Car, Parce que, Puisque”, nous avons pu constater qu'une bonne reprise de conscience de la nuance des moyens

d’expression causale est indispensable pour les utilisateurs de la langue C’est cette nuance quidécide le choix de moyens d'expression

En tant qu’enseignant de français, nous constatons que de nombreuses manièresd’exprimer la causalité, fréquemment utilisées par les natifs, restent difficiles pour les apprenants

Le fait que ces derniers ont tendance à les éviter révèle une maîtrise insuffisante de ces outils parles étrangers Par ailleurs, malgré la diversité des moyens d’expression de la cause et de laconséquence, les apprenants ont du mal à s’en servir dans leur communication Ils utilisentsouvent un même procédé pour toutes les situations de communication, celui qu’ils

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ont appris en premier lieu Leurs paroles sont donc moins convaincantes et attirantes Cecipourrait s'expliquer par un éventuel écart entre les outils qui sont enseignés aux étrangers etceux qui sont effectivement utilisés par les natifs.

Pour apprendre une langue étrangère, l’acquisition des éléments linguistiques n’est passuffisante Il est nécessaire qu’on apprenne le style d’expression des natifs pour réduire auminimum les contaminations de la langue maternelle sur la langue étrangère apprise.Autrement dit, il faut apprendre à s'exprimer à la française et éviter d’appliquer l’habituded’expression en vietnamien dans une situation de communication en français

Motivée par les raisons susmentionnées, nous réalisons ce travail de recherche afind'établir un tableau de synthèse des moyens d’expression causales en précisant leur nuance et

en identifiant les procédés les plus utilisés par les Français Ce travail se veut faciliter la tâchedes enseignants dans le choix des moyens d’expression de la causalité, ce qui pourraitcontribuer à améliorer leur travail quotidien auprès des étudiants

En outre, nombre de journaux français, dont le quotidien Le Monde, constituent une

ressource fiable pour l’enseignement et l’apprentissage du français : de nos jours, les extraits

de presse sont très souvent utilisés dans les cours de langues En effet, les auteurs de manuels

de français y trouvent une source de langue authentique avec une forte variété de types detexte véhiculant une grande quantité d'informations, c’est pourquoi nous avons choisi lesjournaux comme le corpus de notre recherche

2 Objectifs de recherche

Notre recherche vise à réaliser une description de différents moyens d’expression de lacausalité aussi bien explicites qu'implicites Ce travail nous permettra également de clarifier lanuance de ces moyens En effet, bien qu’ils servent tous à exprimer la relation causale, leursvaleurs différentes ne les rendent pas toujours interchangeables

En outre, en faisant référence à ces nuances, notre recherche a pour l’objectifd'identifier les moyens d’expression de la causalité les plus utilisés dans les journaux français,

en particulier dans le quotidien Le Monde Cette étude permettrait non seulement de considérer

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le rôle important de la causalité dans l'assurance de la cohésion du discours mais aussi d’aiderles enseignants à choisir les moyens les plus pertinents pour apprendre aux étudiants.

3 Méthodologie de recherche

Pour réaliser ce travail, nous avons combiné différentes méthodes de recherche enscience du langage La méthode descriptive et synthétique nous ont permis de décrire lesmoyens d’expression de la cause et de la conséquence La méthode analytique est appliquée

pour faire analyse la nuance des moyens présents dans le corpus du quotidien français Le Monde et sur les exemples cités par différents auteurs.

4 Questions de recherche

Notre travail de recherche a essayé de répondre aux questions suivantes:

- Quels sont les moyens d’expression de la causalité en français et leurs nuances ?

- Quels sont les moyens les plus utilisés dans le quotidien Le Monde ?

6 Les résultats escomptés

Le présent mémoire se structure en deux chapitres :

traitant deux problèmes : théorie sur la causalité telle que la notion de causalité, les rôles

de la causalité dans des domaines différents, les catégorisations de la causalité; celle sur lesmoyens d’expression de la cause et de la conséquence Par ailleurs, les nuances desmoyens les plus usuels feront bien également l'objet d'analyse et seront présentées dans cechapitre

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- Le deuxième chapitre est consacré à l’étude des moyens d’expression de la causalité

utilisés dans le quotidien Le Monde Les statistiques fourniront non seulement la liste des

moyens les plus usuels mais aussi leur fréquence dans ce quotidien

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CHAPITRE I: CADRE THEORIQUE

1 Causalité

1.1 Définition de la causalité

Il semble que la causalité peut être définie par un lien direct et simple avec la cause Pourtant

c'est une conception très vaste, qui couvre plusieurs domaines et par conséquent, il est difficile

d'en faire une définition exhaustive

A Jackiewicz a même parlé de la “pluralité de points de vue” dans l’étude de la causalité.

“Cette notion, en tant que l’objet de recherche et l’outil d’investigation, tour à tour intéresse

de nombreuses disciplines (physique, biologie, médecine, philosophie, sociologie, psychologie,

linguistique, intelligence artificielle…), qui l’approchent et se l’approprient avec la

terminologie et les modèles qui leur sont propres.” (Jackiewicz, 1998) Il a établi des tableaux

qui réunissent, à titre illustratif, plusieurs définitions ou critères définitoires qui ont été

proposés dans différents domaines pour cerner la notion de causalité Bien que dans le cadre de

ce modeste travail de recherche nous n’ayons pas l’ambition de découvrir cette notion dans

tout son sens, nous citons ces tableaux synthétiques comme une bonne référence pour qu’on ait

un panorama plutôt clair de ce terme

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15 Uli Windisch (1982)

Tableau 1.2: Définitions ou critères définitoires de la causalité (sociologie et psychologie)

En statistiques, mathématiques et Intelligence Artificielle (IA)

Trang 15

20 Glenn(Statistiques)

Trang 16

En logique naturelle et argumentation

Tableau 1.5: Définitions ou critères définitoires de la causalité

(logique naturelle et argumentation)

Dans les encyclopédies et dictionnaires

Trang 17

27 La GrandeLarousse (1972)

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d’intellection, important ou au contraire désuet, des phénomènes dont nous avons l’expérience.”

Tableau 1.6: Définitions ou critères définitoires de la causalité (encyclopédies et dictionnaires)

voirMcCawley (1976)

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34 Gaston Gross (1983)

Trang 20

36 Lascarides, Asher, Oberlander(1992); Lascarides (1993)

Guentcheva (1997)

Dehnière (1997)

Tableau 1.7: Définitions ou critères définitoires de la causalité (linguistique)

Les définitions ou critères définitoires de la causalité des 38 auteurs cités au-dessus ne sontqu’une petite partie d’un ensemble des travaux de recherche sur la causalité Pourtant, ellesfont suffisamment preuve de la pluralité de points de vue sur cette notion

Malgré la divergence dans la conception des auteurs tant dans un même domaine que dans dedifférents domaines, nous y trouvons un point commun entre ces diverses définitions D’unemanière ou d’autre, la causalité est toujours composée de deux éléments: la cause et l’effet Enphilosophie d’abord: “cause efficiente” parmi trois autres formes de cause (Aristote); “passageobjectif, mais non sensible entre la cause et l’effet” (de Descartes à Kant), distinction de

“cause adéquate – cause inadéquate”, de “cause indirecte – cause directe” à travers de l’effet(Spinoza, Roman Ingarden) En sociologie et psychologie, “l’impression d’une efficiencetoujours associée à la causalité” (Piaget) En statistique, mathématiques et IA, “une causalitéconsiste en consécutions” (Brouwer); “les causes sont des étapes qui changent desprobabilités” (Glenn Shafer) En physique: “les causes et les effets doivent être régulièrementconjoints” (Bunge) En logique naturelle et argumentation: “les argumentations tendent àmettre en évidence l’effet qui doit en résulter” (Perelman et Olbrecht-Tyteca) En linguistique:

“the relation between “caused event” and “causing event” ” (Schibatani); “le phénomène A –

la cause est nécessaire à l’apparition du phénomène B” (Gaston Gross)

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Concernant le rapport cause - conséquence, Cécile Grivaz dans son étude “Un jeu de règles permettant de déterminer si une relation causale est exprimée entre des propositions” (Grivaz,

2009) propose des caractéristiques de la causalité autour de deux éléments

Une cause se passe toujours avant une conséquence Cette caractéristique évoque de l’idée de

la succession de deux événements au moyen d’un lien causal de Perelman et Olbrecht-Tyteca,

et du fait qu’un phénomène A (la cause) précède dans le temps le phénomène B (l’effet) deGaston Gross dans les tableaux de définitions ou critères définitoires de la causalité cités au-

dessus Dans certains cas il est difficile de juger de la temporalité, comme dans Jean a tapé le verre contre la table et le verre s’est cassé ou Jacques s’est fatigué en conduisant, mais la

cause ne peut en tous cas jamais se passer après la conséquence

Une autre caractéristique de la causalité est la propriété contrefactuelle: “si la cause n'aurait pas eu lieu, la conséquence ne se serait pas produite non plus Quand on utilise ce test il faut faire attention à ce qui se serait probablement passé Par exemple, si on se demande si “Jean s’est cassé la jambe en skiant” est causal, il faut se demander ce qui se serait probablement passé si Jean n’était pas allé skier (il ne se serait pas cassé la jambe), même s’il aurait pu se casser la jambe d’une autre façon, par exemple en glissant sur une peau de banane.” (Grivaz,

2009)

Il s’agit également de la mention des caractéristiques de la causalité, A Guha, d'un point de

vue cognitif, introduit les deux autres: l’opérativité et la transitivité “L’opérativité correspond

à l’actualité du pouvoir causal dans une situation donnée Elle implique notamment qu’une cause mentionnée à distance dans la surface du texte (son lexique et sa syntaxe) peut rester opérative Par exemple, un but est opératif tant qu’il n’a pas été éteint Le maintien de l’opérativité d’une cause permet à la fois qu’un segment soit la cause d’un autre segment non adjacent dans le texte, ainsi que la multiplicité des antécédents causaux La transitivité résultée de la transitivité de la notion de "condition nécessaire" En effet, si A est une cause de

B, et B est une cause de C, alors A est une cause de C: en l’absence de A, C ne peut avoir lieu, car B ne peut avoir lieu (A condition nécessaire de B), et puisque B n’a pas lieu, C n’a pas lieu non plus (B condition nécessaire de C) Il est donc possible de composer les couples cause – conséquence entre eux pour former des chaîner causales.” (Guha, 1998)

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Ainsi, le rapport cause – effet va et vient toujours non seulement dans les définitions maisaussi dans l’analyse des caractéristiques de la causalité énumérées ci-dessus C’est pour celaque nous avons choisi de considérer la causalité comme une relation cause – effet(conséquence) Pour nous, c’est dans cette relation cruciale que réside la causalité C’est

également le choix d’A Jackiewicz dans “L’expression de la causalité dans le texte” Selon cet auteur, “le choix de considérer la causalité comme la relation entre deux situations (faits, entités…) nous paraỵt entièrement compatible avec à la fois notre perception intuitive de cette notion et la façon directe et courante de l’exprimer (X est la cause de Y, il y a une relation causale entre, X a pour effet Y…) De plus, cette manière de voir cette notion permet d’aborder l’étude de plusieurs moyens d’expressions de la causalité (non seulement les verbes causatifs, mais aussi les diverses locutions verbales ou prépositives…)” (Jackiewicz, 1998)

1.2 Rơles de la causalité

Au point précédent, on a vu de quelle façon on peut comprendre la notion de causalité D’ó

se pose une autre question: pourquoi la notion de causalité est si largement étudiée dans lestravaux de nombreux de champs de recherche? On peut trouver la réponse à cette questionquand on parle de son rơle tant dans la vie quotidienne que dans l’univers scientifique

D’après A Jackiewicz, “les connaissances causales sont omniprésentes tant dans nos raisonnements quotidiens que dans de nombreux domaines de connaissance (scientifique, technique, économique…)” (Jackiewicz, 2004) Beaucoup d’exemples en témoignent En

médecine, on cherche toujours les causes des maladies pour avoir de bons remèdes; dans latechnique, un accident d’avion s’est passé, tout de suite, on cherche sa boỵte noire pourchercher l’origine des conséquences souvent très graves; en économie, la dévaluation du dollar

ou de l’or est toujours rejointe à une certaine cause politique On a même des locutions pour

parler du rapport cause-effet dans le comportement comme “Qui sème le vent récolte la tempête” C’est pourquoi le rơle des connaissances causales dans la structuration de

l’expérience humaine, permettant à la fois l’intelligibilité et la maỵtrise des phénomènes, lesrend indispensables et précieuses dans quasiment tous les domaines d’activité En effet, lacausalité fait partie (aux cơtés des relations temporelles, entre autres) des relationsconceptuelles organisatrices des connaissances qui sous-entendent la perception des processus,

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des événements et des actions humaines Ces relations sont fondamentales au sens ó il n’estpas d’activité qui, d’une manière ou d’une autre, ne les mette en jeu.

Amal GUHA partage ce point de vue avec Jackiewicz sur le rơle de la causalité, qu’“elle est le fondement de l’intelligibilité du monde, de notre capacité à prédire les événements, à planifier nos actions, à interagir avec notre environnement Ce qui n’est pas causal est fortuit ou accidentel, sans explication” (Guha, 1998)

Dans “Causalité, force dynamique et ramifications temporelles”, Anne Reboul a également choisi la conception de Hume, “un des philosophes les plus utiles dans ce domaine”, sur

l’importance de la causalité comme point de départ pour indiquer rapidement quelques

généralités sur la causalité “Hume disait de la causalité qu’elle était le ciment de l’univers.

De façon plus précise, on peut en dire qu’elle est le ciment conceptuel de l’univers, la notion qui nous permet, au-delà de la simple succession temporelle, de faire sens du rapport des éventualités entre elles En d’autres termes, ceux de Hume (1975, 26 Anne Reboul traduit Les italiques sont de Hume):

“Tous nos raisonnements concernant les faits semblent fondés sur la relation de cause

à effet Seule cette relation nous permet d’aller au-delà des données de notre mémoire

et de notre perception (…) Tous nos raisonnements concernant les faits sont de même nature Et il y est constamment supposé qu’il y a une connexion entre le fait présent et

ce qui en est inféré S’il n’y avait rien pour les lier, l’inférence serait précaire”.”

(Reboul, 2003)

A Jackiewicz y ajoute le rơle de la causalité sur le plan de l’argumentation Sur ce plan,

“comme l’ont montré différents auteurs (Borel, 1981), (Plantin, 1990), (Miéville, 1992), (Perelman & Olbrechts-Tyteca, 1992), (Jackiewicz, 1999a, 1999b), la causalité peut être engagée dans plusieurs sortes d’actions discursives dont certaines cherchent à établir l’existence d’une relation causale nouvelle (acte d’explication), d’autres exploitent une relation causale déjà établie à des fins d’étayage (acte de justification) ou d’inférence (relation d’argument à conclusion)” (Jackiewicz, 2004)

De son cơté, dans “Compréhension de textes et représentation des relations causales” (Guha,

1998), A Guha, met en relief le rơle important de la causalité dans une approche

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multidimensionnelle des représentations du texte en particulier et dans la compréhension destextes en général.

Selon l’auteur, comprendre un texte, c’est en élaborer une représentation mentale cohérente Ilexiste trois niveaux de représentation: macrostructure, microstructure et modèle de situation.Les deux premiers sont les représentations du texte proprement dit tandis que le modèle desituation permet d’envisager la cohérence du texte, au-delà des unités textuelles, au niveau de

la situation à laquelle réfère le texte La cohérence du modèle de situation se décompose encinq dimensions: le temps, l’espace, la causalité, la motivation et les protagonistes À l’appui

de plusieurs études empiriques portant sur au moins deux dimensions, A Guha et sescollaborateurs ont bien étudié le rôle spécifique de la causalité et ses interactions avec les

autres dimensions “La causalité apparaît comme un facteur d’une importance particulière, interagissant avec les autres dimensions, notamment à travers la notion d’événement La causalité est à la fois un facteur de continuité de la représentation, et un facteur de pertinence pour le codage des informations relatives aux autres dimensions.” (Guha, 1998).

Ainsi, dans le cadre multidimensionnel, la causalité est une dimension essentielle de lacohérence du modèle de situation

D’ailleurs, la causalité montre également son rôle dans la représentation du texte, en particulier

le texte narratif Pour mettre en évidence ce point, A Guha utilise les résultats de recherche deplusieurs auteurs qui ont décrit les relations de cohérence entre les éléments du texte comme

relevant essentiellement de la causalité “[…] Il s’agit donc pour le lecteur de relier le début et

la fin du texte en une chaîne de relations causales, qu’on appelle chemin critique ou chaîne causale Ce chemin constitue l’épine dorsale du récit En un mot, dans un texte, le poids (importance et mémorisation) des informations du texte peut être prédit par leur place dans le réseau de ses relations causales: l’importance d’une information dépend de sa centralité (proximité au chemin causal reliant le début à la fin du texte) et sa connectivité (le nombre de liens causaux)” (Guha, 1998)

A Jackiewicz analyse un autre aspect du rôle de la causalité dans la langue “Activité cognitive par excellence, le langage humain rend compte de la façon dont nous lisons le monde qui nous entoure pour en parler à nos semblables Sensations, perceptions ou raisonnements élaborés

Trang 25

empruntent la voie des langues pour être communiqués et rendus intelligibles Les schèmes causaux, comme le montrent de nombreuses études de psycholinguistique, organisent des narrations, sous-tendent des explications, fondent explicitement ou implicitement des enchaînements argumentatifs La causalité se trouve ainsi profondément inscrite dans la dimension dialogique du langage” (Jackiewicz, 2004)

En un mot, quel que soit le résultat des études scientifiques sérieuses ou l’observation simple

de la vie de tous les jours, la relation de causalité existe toujours comme une partieindispensable de la vie humaine

1.3 Catégorisations de la causalité

Dans “La causalité dans la langue: une question de point de vue” (Jackiewicz, 2004), A.

Jackiewicz a fait un bilan des catégorisations de la causalité contruites à partir de l’étude de

ses marqueurs D’après lui, elles sont essentiellement de trois types, selon le composant de la

relation pris en considération “Citons en premier lieu les catégorisations qui s’attachent à caractériser l’action causale efficiente, en proposant des distinctions comme “causation directe – causation indirecte”, “causation par contact – causation sans contact”, “causation discursive – causation non discursive” (Nedjalkov & Silnickij, 1969), (Talmy, 1988), (Kordi, 1988), (Jackendoff, 1990), (Pustejovsky, 1995) D’autres typologies cherchent essentiellement

à différencier et à structurer les différents effets possibles d’une action causale

(“causer –

gêner – laisser – faire” ou “création – croissance – maintenance – décroissance – arrêt” (Talmy, 1988), (Garcia, 1998), (Park & Abraham, 2001) Enfin, certaines valeurs de causalité peuvent être dégagées en caractérisant les situations mises en relation (état, processus, événement…) (Gross, 1996) En pratique, les différentes typologies mêlent fréquemment des informations de natures différentes” (Jackiewicz, 2004)

Il s’agit également de la catégorisation de la causalité, pourtant Guha dans son étude

“Compréhension de textes et représentation des relations causales”, au point de vue cognitive,

a proposé d’autres catégorisations sémantiques de la causalité en énumérant quelques critèresclassificatoires de la causalité factuelle susceptible de caractériser des processus cognitifs en

jeu (par opposition aux domaines de connaissances spécifiques), ou un degré de typicité “Les critères sémantiques suivants sont inspirés des classifications proposées par des travaux de

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psychologie du développement, et d’autre part des travaux de la veine de la sémantique cognitive.

Nature de la cause et de la conséquence: les relations de causalité dépendent-elles

de la nature des termes impliqués (états, événement)? L’importance respective

accordée aux états et aux événements diffère en fonction de l’expertise du sujet (Molinari 2002)

Caractéristiques de la cause

Référents impliqués dans la causalité: le caractère naturel ou artificiel des actants

impliqués, ou encore l’opposition entre référents animés et non animés est susceptible

de correspondre à des régimes d’explication distincts lors du développement

(Berzonsky, 1971; White 1990).

Possibilité d’interaction avec la cause: une cause manipulable, c’est-à-dire une

cause sur laquelle une volonté humaine est susceptible d’agir, n’engage pas le même

rapport à la contrefactualité qu’une cause inéluctable (ex Un tremblement de terre).

Caractéristiques de la conséquence: le caractère temporaire ou définitif de la

conséquence peut constituer une mesure intrinsèque de l’importance de la relation cause-conséquence.

Réciprocité de la relation entre la cause et la conséquence: si la conséquence a un

effet en retour sur la cause, le rapport peut être envisagé comme un système cyclique plutôt que comme un mouvement uniforme.

Prototypes de la causalité mécanique: action mécanique d’un agent sur un patient,

déclenchement et empêchement peuvent être la structure de schémas caractérisés non par un domaine spécifique, mais par une sémantique des forces (Denhière et Baudet,

1992, Talmy, 1988, Michotte, 1953).” (Guha, 1998)

De tous critères classificatoires énumérés ci-dessus, on trouve que les types de causalitéproposés par A Jackiewicz ne sont en fait que des cas particuliers, concrétisés d’une part de laclassification sémantique de la causalité proposée par A Guha Caractériser l’action efficiente,différencier les différents effets ou les situations mises en relation correspondent aux critères

de “nature de la cause et de la conséquence”, de “caractéristiques de la cause” ou de

“caractéristiques de la conséquence”.

Trang 27

Afin d’analyser les arguments de causalité et de conséquence employés dans le discourspolitique, André Gosselin & Gilles Gauthier ont proposé une autre typologie Selon ces deuxpsychosociologues, les individus expliquent les réussites et les échecs des gens qu’ilsconsidèrent positivement (y compris eux-mêmes) d’une manière différente quand ilsexpliquent les actions réussies ou ratées de ceux qu’ils considèrent négativement (leursennemis, leurs adversaires, leurs concurrents, etc.) En se basant sur cette différence, ilsproposent quatre types d’arguments de cause:

- “l’argument du mérite qui consiste pour l’acteur à s’attribuer le crédit d’un état de choses considéré comme positif;

- l’argument de justification consistant, pour l’acteur, à attribuer au contexte ou aux facteurs environnants un état de choses négatif qu’on pourrait associer à ses actions et décisions;

- l’argument de chance qui consiste à refuser à l’adversaire le mérite d’un état de choses positif en prétendant qu’il a seulement bénéficié de circonstances favorables;

- l’argument de responsabilité consistant à tenir l’adversaire responsible d’un état de chosees considéré comme négatif”.

Et six types d’arguments de conséquence :

- “l’argument de l’effet pervers selon lequel les initiatives visant à améliorer l’ordre social, politique ou économique existant résultent invariablement en des effets radicalement contraires au but recherché;

- l’argument de l’inanité qui pose que les projets de transformation de l’ordre institué sont vains, inopérants ou sans effet aucun;

- l’argument de la mise en péril qui stipule que les programmes réformistes ont une très fâcheuse tendance à compromettre ou, plus encore, à réduire à néant des acquis, avantages et droits précédemment obtenus, souvent de peine et de misère;

- l’argument de l’engagement fatal qui consiste à attaquer une politique de l’adversaire sous prétexte que celle-ci ouvre la porte à une deuxième action nettement moins désirable, et ainsi de suite dans une spirale ó il est difficile de deviner la conclusion finale;

Trang 28

- l’argument de la prédiction autocréatrice consistant à signifier à l’adversaire que ses croyances erronées peuvent créer leur propre réalité;

- l’argument de l’excès de volonté qui consiste à dire que l’adversaire cherche à obtenir volontairement ce qui ne peu s’obtenir que spontanément ou par un processus d’ensemble ou d’agrégation des actions individuelles qui échappe à toute volonté agissante.» (Gosselin & Gauthier, 1995)

Il est vrai qu’à chaque point de vue, on a ses propres catégorisations de la causalité Elles nouspermettent de comprendre de façon plus approfondie et plus détaillée la notion Jusqu’àprésent, nous avons essayé d'esquisser une vue générale de la causalité comportant sa notion,son rơle et ses catégorisations Dans les lignes suivantes, nous tenons compte de l’état derecherche de la causalité dans le domaine linguistique pour situer notre recherche dans cetableau d'ensemble

1.4 Etat de recherche de la causalité dans le domaine linguistique

Comme ce que A Jackiewicz a remarqué, l’approche langagière de la causalité n’est pas aisée

“Admettant des acceptions diverses et d’importantes nuances de signification, elle traverse de nombreuses catégories grammaticales, d’ó une grande diversité de procédés linguistiques susceptibles de l’exprimer Ce point est développé dans la contribution de G Gross et A Nazarenko Plusieurs typologies des causes ont été proposées dans la littérature linguistique Certaines sont issues des études portant sur des marqueurs (tels que les connecteurs parce que, puisque, car…) (Groupe λ−l 75), d’autres résultent de l’analyse d’une notion grammaticale particulière (l’agentivité, la transitivité sémantique) (François, 1988), (Desclés

& Guentchéva, 1998), d’autres encore s’inscrivent dans une perspective plus cognitive tournée vers la recherche de primitives sémantiques ou d’universaux langagiers (McCawley, 1976), (Wierzbickaa, 1997), (Talmy, 1988), (Desclés, 1990), (Jackendoff, 1990), (Pottier, 2001)” (Jackiewicz, 2004)

J Moeschler fait un bilan de l’état de recherche de la causalité “Les recherches en linguistique sur la causalité se sont consacrées principalement à des questions syntaxiques (constructions causatives, ou factitives), à l’étude du lexique causal et aux relations causales entre énoncés dans le discours On trouvera cependant quelques tentatives de traitement

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complet pour le français, mais d’orientation plus descriptive que théorique et principalement centrée sur l’étude des connecteurs de cause (Nazarenko 2000) Enfin, les constructions causatives ont fait l’objet de travaux d’orientation typologique, consacrés aux modes de réalisation des causatives dans diverses langues du monde (Shibatani 1976, Comrie & Polinsky 1993)” (Moeschler, 2010)

Dans “Causalité et prise en charge énonciative”, A Jackiewicz (1999) a également donné des

remarques sur l’état des recherches sur la causalité en linguistique Pour certaines études, lacausalité est envisagée uniquement dans une visée théorique de connaissance de la langue, etpour d’autres dans une perspective plus pratique, car liée au traitement automatique desinformations causales contenues dans des textes

Deux démarches différentes sont généralement adoptées

répertoriés par des grammaires comme étant des marqueurs de la causalité (s’intéresser aux

connecteurs parce que, puisque, car… par exemple) afin de dégager leurs valeurs sémantiques

et leurs conditions d’emploi Citons quelques références : (Groupe λ−l 75), (Anscombre 84),(Grymel 93), (Nazarenko 94), (Hybertie 96)

- La deuxième part d’une approche plus intensionnelle de la causalité, par exemple, à partir

d’une définition ou d’une catégorisation sous-jacente a priori qui distingue plusieurs types de

causalités, pour essayer de décrire la signification de certains marqueurs qui "tombent" sous ladéfinition ou l’organisation conceptuelle retenue Cette façon de procéder semble être mise enœuvre dans des études dont les distinctions notionnelles caractérisent essentiellement leprocessus physique de causation ou la catégorisation des causes et des effets Citons entreautres (Talmy 88), (Kordi 88), (Danlos 88, 95), (Garcia 98)

On constate que ces deux démarches partagent globalement un certain nombre decaractéristiques En effet,

produit EFFET], alors que la diversité des formes d’explications causales a souvent été

soulignée tant en philosophie qu’en argumentation ((Jacob 97), (Plantin 90), (Largeault 85)

…);

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(ii) elles s’intéressent essentiellement à la causalité exprimée dans le cadre de la phrase ;(iii)elles analysent des énoncés simples, parfois construits en laboratoire ;

(iv) elles rendent généralement compte d’un nombre restreint de marqueurs de la causalité,alors que l’ensemble des moyens d’expression possibles de cette notion est vaste et

2 Catégorisations des marqueurs de la causalité

La compréhension du texte dépend d’une part de son contenu sémantique et des connaissances

du lecteur sur le domaine considéré, et de l’autre, des indices structurels du texte (indices del’organisation des éléments du texte) Les indices sont de nature linguistique, syntaxique (ordredes mots, phrases, paragraphes) lexicaux, ou graphiques (taille, forme, gras, italique, etc.) Ilsdonnent des indices sur l’importance des informations (ex la première phrase d’un paragrapheest considérée plus importante), sur le genre textuel (“Il était une fois”), sur la place d’uneséquence dans la grammaire textuelle (“en bref”, “en conclusion”), sur la structuration duproblème sous ses aspects spatial, temporel, conceptuel (ex les indices d’énumération),argumentatif (“en revanche”) Les marqueurs de la causalité faisant partie de ces indices jouentdonc le rôle important pour exprimer cette relation Nous les classons selon deux critères :grammatical et sémantique Quels que soient les moyens d’expression de la causalité, ilsappartiennent toujours à une catégorie grammaticale certaine Le premier critère

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va permettre donc d’englober presque tous les moyens Le critère sémantique, en revanche,permet de découvrir la nature du lien de causalité Nous espérons que le classement selon ladimension large et profond apporte une vue complète sur les moyens d’expression de lacausalité.

2.1 Selon le critère sémantique

Concernant la catégorisation sémantique des marqueurs d’expression de la causalité, nousavons choisi l’organisation sémantique de A Jackiewicz, celle qui met clairement en évidenceles différences essentielles de signification existant entre les marqueurs lexicaux de lacausalité

Il a proposé de distinguer quatre approches de la causalité correspondant à quatre manièresdifférentes et complémentaires de concevoir, de découvrir et de verbaliser un lien dedépendance causale: l’approche qualitative, l’approche fonctionnelle, l’approche analytique etl’approche synthétique Pour chaque approche, l’auteur présente minutieusement sescaractéristiques et ses propres marqueurs linguistiques Pour présenter les catégorisations desmarqueurs, nous les mettons en avant en précisant les propriétes de chaque approche en casnécessaire

2.1.1 Approche qualitative

Cette approche qualitative correspond à l’acception classique de la causalité Intuitive et

dotée d’un pouvoir explicatif élevé, elle met en avant une cause agissante produisant un effetdistinct d’elle-même Elle rend généralement compte des liens causaux explicitementprésentés comme tels, et permet de décrire un mécanisme causal précis

Il y a deux manières différentes d’appréhender et de verbaliser des faits causaux L’une met enlumière le processus efficient qui mène à la production d’un effet, l’autre est focalisé surl’existence d’une relation entre deux situations En se basant sur cette différence essentielle,l’auteur divise les marqueurs pouvant exprimer l’approche qualitative en deux grands groupes:les marqueurs de l’action causale efficiente (l’action qui met en oeuvre le processus efficient)

et les marqueurs de la relation causale

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Dans l’ensemble des marqueurs du premier groupe, on distingue les verbes relateurs (V1), les

constructions faire + Vinf, laisser + Vinf (V2) et les marqueurs exprimant différents effets

produits (V3)

En premier lieu, viennent les verbes relateurs (V1) On peut qualifier ces verbes de relateurs,

car en prenant pour arguments des situations, ils expriment clairement une relation entre ces

situations qui de par ce fait se trouvent nettement différenciées À l’appui des propriétés

particulières tels que poins “utiles” dans un chemin causal, lien naturel (voire ), les verbes

sont classés en sous-groupes, les verbes qui expriment l’effet produit comme naissant ou

émergeant de sa cause (verbes V12), les verbes qui présentent l’action efficiente comme

aboutissant à un résultat (verbes V13) et les verbes exprimant l’idée d’action qui ne produit

pas de résultat, mais force ou incite à un résultat exprimé dans l’énoncé (V14)

Approche qualitative: action efficiente

V1

Être (entraîné, causé, provoqué, déclenché, occasionné, engendré, suscité, généré, induit, déterminé} par;

inviter à; encourager à…

Tableau 1.8: Marqueurs de l’action causale efficiente (1): verbes relateurs

Parmi les moyens d’expression possibles de la causalité efficiente, c’est-à-dire la causalité vue

comme un processus efficiente qui mène à la production d’un effet, il y a les constructions de

type “faire + verbe à l’infinitif” et “laisser + verbe à l’infinitif” (V2) À la différence des

verbes V1, les constructions en question ne jouent pas uniquement le rôle des relateurs: le

verbe à l’infinitif fait partie intégrante de la situation “effet”

Trang 33

Un grand nombre de verbes du français peuvent en contexte exprimer l’idée de causalité efficiente tout en précisant la nature de l’effet produit.

Approche qualitative: action efficiente

Verbes qui précisent l’effet produit

Créer, produire, fabriquer, …

Maintenir, conserver, préserver, garder, tenir, retenir, soutenir, entretenir, alimenter…

Aider, favoriser, faciliter, appuyer, épauler, soutenir, seconder, encourager, servir…

Gêner, nuire à, freiner, altérer, déranger, entraver, perturber, affecter, obstruer, paralyser, bouleverser, contraindre, troubler, faire obstacle à, fausser, décourager, contrarier, embarrasser, intimider, indisposer, importuner, imcommoder, angoisser,…

Limiter, restreindre, réduire, borner, circonscrire, délimiter, renfermer, …

Arrêter, bloquer, suspendre, interrompre, immobiliser, contenir, supprimer, neutraliser, fermer, stopper, détruire, mettre fin à, …

Empêcher, éviter, contrecarrer, inhiber, prévenir, déjouer, conjurer, enrayer, interdire, annuler, …

Modifier, transformer, changer, métamorphoser, corriger, diversifier, innover, refondre, remanier, rectifier, réviser, renouveler, rénover, révolutionner, dénaturer, déformer, défigurer, remodeler, moduler, réguler,…

Augmenter, renforcer, accroître, agrandir, étendre, amplifier, hausser, approfondir, développer, élargir, grossir, allonger, gonfler, prolonger, intensifier, stimuler, précipiter, redoubler, accélérer, aggraver, améliorer, consolider, fortifier, alourdir, accentuer, revigorer, relancer, durcir, activer, aviver, raminer, attiser, envenimer, affoler, exciter, exaller, exacerber, rassurer, …

Diminuer, réduire, freiner, modérer, ralentir, tempérer, atténuer, restreindre, abaisser, concentrer, condenser, amoindrir, raccourcir, rétrécir, abréger, écourter, affaiblir, appauvrir, minorer, …

Normaliser, homogénéiser, relativiser, banaliser, exclure, occulter, contracter, décapiter, casser, creuser, diviser, porter atteinte, menacer, conforter, retarder, détendre, déplacer, réintroduire, liquider, marginaliser, déposséder, rasséréner, calmer, nier, sacrifier, inverser, reconstituer, restaurer, …

Tableau 1.9: Marqueurs de l’action causale efficiente : verbes qui précisent l’effet produit

Quand au deuxième groupe, les marqueurs de la relation causale pouvant exprimer l’idéed’une relation causale posée ou construite entre deux situations – les verbes et les expressions

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verbales – sont également classés en trois sous-groupes qui met en considération la propriété

de “lien intelligible” et de “points utiles dans une chemin causal” de l’approche qualitative.D’une part, le lien intelligible différencie la cause/ l’effet et la raison/ la conséquence, d’autrepart, les points utiles précisent l’idée générale d’origine et l’idée d’aboutissement Dans lestableaux cités au-dessous, A Jackiewicz isole, sous le terme de « relation signée », tous lesmarqueurs qui expriment l’action de construction de la relation causale, et qui par conséquentintroduisent celui qui prend directement en charge le lien causal exprimé

Premièrement, le sous-groupe des marqueurs qui orientent la realtion causale vers la cause et/

Cause qui être;

{il y a, il existe} (une, plusieurs…) cause à

Cause de (tenir à, provenir de, consister en…};

Avoir cause adj

{être, constituer, apparaître comme, …} {effet,

résultat, résultante, produit, fruit} de;

{être, constituer …} réponse à;

Être issu de;

Être dû à;

Avoir pour {effet, résultat};

{être, constituer, représenter, apparaître comme, …}

Cause de;

Être cause que;

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Être responsible de;

Effet de se traduire par;

Avoir {un, plusieurs, …} effet

Avoir effet adj;

{il existe, il y a} {lien, relation, rapport} {de cause à

effet, de causalité, causal} entre;

{il existe, il y a} chaîne causale entre; …

Tableau 1.10: Marqueurs de la relation causale (1) : cause, effet et lien causal

Deuxièment, le sous-groupe des marqueurs qui expriment l’idée générale d’origine et

d’aboutissement:

Approche qualitative

Origine (source, provenance)

{avoir, trouver, prendre, …} origine dans; tirer origine de;

Devoir origine à; avoir pour origine;

Être à l’origine de, être origine de;

Origine de {se trouver, résier, se situer, …} dans;

Origine de être adj.

{avoir, trouver, …} sa source dans;

Source de {se trouver, résier, se situer, …} dans;

Être à la source de;

{être, constituer, former, représenter, apparaître comme, devenir, …} source de;

Être {considéré, vu, désigné…} par comme oigine de;

Trang 36

{présenter, voir, considérer…} comme source de;

Être (considéré, vu, désigné…} par comme source de;…

Tableau 1.11: Marqueurs de la relation causale (2): origine et aboutissement

Et finalement, le sous-groupe des marqueurs qui expriment l’idée de raison et/ou de

conséquence

Approche qualitative: relation causale

Raison

de;

{là, dans, y…} {résider, se situer, …} raison de;

Raison adj expliquer;

Être raison qui (déterminer,

…}

Tableau 1.12: Marqueurs de la relation causale (3): raison, conséquence, explication

2.1.2 Approche fonctionnelle

Les mesures statistiques sont aptes à révéler ou confirmer l’existence d’un rapport causal à

condition de la démonstration d’une régularité des corrélations constantes Les marqueurs

Trang 38

Approche fonctionnelle

Être fonction de;

{varier, évoluer, décliner, croître, devenir

de plus en plus, …} (adv: linéairement, …) {en fonction de, avec}

{être, que;

{plus, moins, mieux, meilleur, …} {plus, moins, mieux, meilleur,…};

À tout (variation, modification, réduction,

…}

modification, …} de;

{lorsque, quand} {augmenter, diminuer, …} {augmenter, diminuer, …} ;…

Dépendance, fonction, courbe, …} entre; {indiquer, montrer, …} évolution parallèle entre et; …

Tableau 1.13: Marqueurs de la causalité fonctionnelle

2.1.3 Approche analytique

Trang 40

les marqueurs se divisent en deux groupes: la contribution causale et l’influence causale Les

marqueurs du premier groupe servent souvent à focaliser l’attention sur un facteur causale jugé

déterminant tout en reconnaissant la participation possible d’autres facteurs (connus ou

inconnus) À la différence de ceux premier groupe, les marqueurs du deuxième groupe ne

permettent pas de préciser l’effet de l’influence Ils introduisent la situation qui subit

l’influence et non l’effet de celle-ci

Ngày đăng: 08/11/2020, 15:08

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