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Analyse des erreurs dans la production de texte argumentatif (le cas des élèves bilingues de seconde au lycée chu van an, ha noi)

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DÉPARTEMENT DE FORMATION POST - UNIVERSITAIREANALYSE DES ERREURS DANS LA PRODUCTION DE TEXTE ARGUMENTATIF LE CAS DES ÉLÈVES BILINGUES DE SECONDE AU LYCÉE CHU VAN AN, HANỌ Phân tích lỗi t

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DÉPARTEMENT DE FORMATION POST - UNIVERSITAIRE

ANALYSE DES ERREURS

DANS LA PRODUCTION DE TEXTE ARGUMENTATIF

(LE CAS DES ÉLÈVES BILINGUES DE SECONDE AU LYCÉE CHU VAN AN, HANỌ)

Phân tích lỗi trong bài văn nghị

luận

(TRƯỜNG HỢP HỌC SINH LỚP 10 SONG NGỮ TRƯỜNG THPT CHU VĂN AN, HÀ NỘI)

MÉMOIRE POUR L’OBTENTION DU DIPLƠME MASTER

EN SCIENCES DEL

Présenté par : Đỗ Thị Hồng Nhung

Dirigé par : Monsieur le Docteur Trần Đình Bình

HÀ NỘI – 2009

Trang 2

CHAPITRE I : CADRE THÉORIQUE 5

I PRODUCTION ÉCRITE 5

I.1.Qu’est- ce qu’écrire ? 5

I.2 Situation d’écrit 7

I.3 Modèles d’écriture 8

I.3.1 Le modèle linéaire 9

I.3.2 Le modèle non linéaire 9

I.3.2.1 Le modèle de Hayes et Flower (1980) 9

I.3.2.2 Le modèle de Deschênes (1988) 10

I.3.2.3 Le nouveau modèle de Hayes (1996) 11

I.3.2.4 Un modèle de production en langue seconde : Le modèle de Moirand 12

I.4 La relation compréhension – production de texte 13

I.4.1 La communication 13

I.4.2 Les structures de connaissance 15

I.4.3 Des processus parallèles 15

I.5 Écriture en langue seconde 16

I.5.1 Les caractéristiques des textes écrits en langue seconde. 16

I.5.2 Le processus d’écriture en langue seconde 17

I.6 Écriture des classes bilingues au lycée. 18

II PRODUCTION D’UN TEXTE ARGUMENTATIF 19

II.1 Identification d’un texte argumentatif 19

II.2 Caractéristiques d’un texte argumentatif 19

II.2.1 Structure d’un texte argumentatif 19

II.2.1.1 Introduction 20

II.2.1.1.1 Sujet amené 20

II.2.1.1.2 Sujet posé 22

Trang 3

II.2.1.2.2 Exemple 24

II.2.1.3 Conclusion 25

II.2.2 Plans d’argumentation 26

II.2.2.1 Plan dialectique 26

II.2.2.2 Plan thématique 26

II.2.2.3 Plan analytique 26

II.2.2.4 Plan comparatif. 26

II.2.2.3 Plan par opposition 27

II.2.3 Connecteurs d’argumentation 27

II.2.4 Système d’énonciation. 29

II.2.5 Choix du lexique 29

II.2.6 Expression de l’opinion 30

II.2.6.1 Opinion explicite 30

II.2.6.2 Opinion implicite 31

II.2.6.3 Opinion tranchée 31

II.2.6.4 Opinion nuancée 32

II.2.6.5 L’opinion partagée 33

II.2.6.6 Opinion neutre 33

III ERREUR EN DIDACTIQUE DES LANGUES 34

III.1 Qu’est-ce que une erreur ? Qu’est- ce qu’une faute ? 34

III.2 Classement des erreurs 34

III.3 Origines des erreurs 35

III.4 Statut de l’erreur 37

III.5 Attittude face à l’erreur 38

Trang 4

I SITUATION DE L’ENSEIGNEMENT/ APPRENTISSAGE DE LA

PRODUCTION D’UN TEXTE ARGUMENTATIF DE LA CLASSE

BILINGUE DE SECONDE AU LYCÉE CHU VAN AN, HANỌ 40

II ENQUÊTES 42

II.1 Sujet de l’enquête 42

II.1.1.Enseignants 42

II.1.2 Élèves 42

II.2 Questionnaires 43

II.2.1 Questionnaire pour les enseignants 43

II.2.2 Questionnaire pour les élèves 43

II.3 Analyse des enquêtes 44

II.3.1 Analyse de l’enquête auprès des enseignants 44

II.3.2 Analyse de l’enquête auprès des élèves 49

III ANALYSE ET INTERPRÉTATION DES PRODUCTIONS ÉCRITES DES ÉLÈVES 57

III.1 Analyse quantative des productions écrites 58

III.2 Analyse qualitative des productions écrites 59

III.2.1 Erreurs d’ordre grammatical 59

III.2.2 Erreurs d’ordre lexical. 66

III.2.3 Analyse les erreurs d’ordre textuel 67

CHAPITRE III: PROPOSITIONS PÉDAGOGIQUES 70

I PROPOSITIONS PÉDAGOGIQUES POUR L’ENSEIGNANT 70

I.1 Sur l’élaboration de la consigne 70

I.2 Sur la démarche d’enseignement : « De la compréhension en lecture à l’expression écrite » 70

I.2.1 Compréhension en lecture 71

I.2.2 Production écrite 71

Trang 5

I.3 Sur le traitement des erreurs 73

II PROPOSITIONS POUR LES ÉLÈVES 76

III CONTENU D’ENSEIGNEMENT/ APPRENTISSAGE DE LA RÉDACTION

D’UN TEXTE ARGUMENTATIF 78

CONCLUSION 86

BIBLIOGRAPHIE 88

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En apprenant à communiquer en langue étrangère, les apprenants doivent acquérirquatre compétences: compréhension orale, expression orale, compréhension écrite,expression écrite

Bienque, maintenant, on ait tendance à privilégier la communication orale, on nepeut pas nier l’importance de l’expression écrite dans la communication humaine engénéral et dans l’enseignement/ apprentissage des langues étrangères en particulier

Et notamment, dans le cadre du programme de l’enseignement intensif du et enfrançais, le français dispensé dans les classes bilingues est considéré comme langueseconde La production écrite tient une place considérable par rapport aux autrescompétences Il appartient à l’apprenant de maỵtriser diverses stratégies d’écriture, sur lessupports les plus variés, afin de pouvoir construire efficacement sa relation au savoir dansd’autres disciplines que le français, ó il devra prélever de l’information sur des supportsécrits et composer en français de différrents types de textes, allant du narratif àl’argumentatif en passant par l’explicatif et le descriptif

Le niveau 3 de l’enseignement francophone (de la seconde à la terminale) leprépare à la professionnalisation ou à la poursuite d’études francophones au seind’établissements d’enseignement supérieur au Vietnam et dans un des pays francophonesdont la France le plus souvent

Pourtant, selon l’avis de différents enseignants, les résultats de l’enseignement /apprentissage de la production écrite dans les classes bilingues au lycée Chu Van An nesont pas toujours brillants En tant qu’enseignante de français à ce lycée, nous constatonsque les élèves en seconde, lors de la production d’un texte argumentatif et des différentestâches d’écriture restent bloqués de longs moments devant la page blanche et éprouventbeaucoup de mal à commencer leur production écrite et qu’ils ont commis encore bien deserreurs Nous nous posons toujours les questions comme: Qu’est-ce qu’une erreur? Qu’est-

ce qu’une faute? L’apprentissage d’une langue étrangère peut-il ou doit-il se faire « sanserreurs »? Pour quelles raisons les erreurs se produisent-elles dans l’apprentissage d’unelangue étrangère? Les erreurs peuvent-elles être utiles dans l’apprentissage? Pour quoi?Pour qui? Faut-il corriger toutes les erreurs qui se produisent?

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Autrefois, on considérait la faute comme quelque chose de négatif qui vienttroubler l’apprentissage et l’enseignement parce qu’elle provoque des blocagespsychologiques et des obstacles à l’évolution de l’enseignement « l’erreur était le défautdes élèves » Alors on a adopté une attitude négative vis- à- vis de ce qu’on appelle « lafaute et on a essayé de la prévenir à tout prix pour empêcher l’élève de se produire, demultiplier des obstacles aux tentatives de communication On pensait que c’était la fautequi nuisait à la communication Alors en traquant à chaud la faute, l’enseignant prend lerisque de paralyser l’élève, l’aliéner sa liberté, sa créativité.

Aujourd’hui, on a changé de vision On contaste que la faute est une descomposantes nécessaires du processus d’acquisition, conçu comme une série d’essaisd’erreurs, que la faute tient une place très importante dans l’enseignement, qu’elle joue lerơle révélateur des points faibles chez les élèves

Les didacticiens adoptent ainsi une attitude positive à l’égard de ce qu’on appelle

« la faute » Pour eux, on ne saurait pas l’éviter parce qu’il fait partie du processus normald’apprentissage En outre, elle constitue « un facteur de progrès » non négligeable

puisqu’elle permet de réussir l’apprentissage et l’enseignement A partir des erreurs, lesenseignants vont élaborer une pédagogie de l’erreur pour en utiliser dans la stratégie del’enseignement L’erreur est un indice de la représentation que l’élève a du système de lalangue: elle est aussi un miroir qui renvoie à l’enseignant des informations surl’enseignement proposé Pour l’élève, l’erreur ne devrait pas être interprétée seulement entermes de défaillance mais comme indication d’une étape à surmonter

C’est pour toutes ces raisons que nous menons une étude sur les erreurs Mais dans

le cadre d’un mémoire de master, nous n’avons pas l’ambition d’aborder de manièreexhaustive ce sujet Nous espérons simplement analyser les erreurs dans la production detexte argumentif des élèves bilingues de seconde de l’année scolaire 2008- 2009 au lycéeChu Van An, d’abord, pour mieux comprendre la situation ó nous travaillons, et puis,pour trouver des solutions efficaces destinées à mieux leur enseigner cette compétence.Nous avons choisi le texte argumentatif parce que l’une des exigences du programme del’enseignement intensif du et en français est de développer la capacité des apprenants àargumenter et parce qu’il les prépare non seulement aux exercices de la dissertation enpremière mais aussi au baccaulauréat francophone De plus, le texte argumentatif initie lesélèves à défendre leur point de vue en le fondant sur un ensemble d’arguments

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Tout au long de notre recherche, nous essayerons de répondre aux questions

suivantes:

1 Quelles sont les erreurs commises en production d’un texte argumentatif des élèves bilingues de seconde au lycée Chu Van An?

2 Quelles en sont les origines ?

3 Quelles propositions méthodologiques permettront d’améliorer cette compétence

chez eux ?

Ces questions de recherche nous amènent à formuler les hypothèses suivantes:

1 Les élèves bilingues de seconde au lycée Chu Van An ont beaucoup de mal à

produire un texte argumentatif par manque de connaissances textuelles, destratégies pertinentes et aussi de connaissances linguistiques Ils sont égalementinfluencés par leur apprentissage de la langue maternelle quant à la rédaction

2 Des propositions adéquates peuvent les amener à produire des textes de

meilleure qualité

Pour mener à bien ce travail de recherche, nous utiliserons la méthode descriptiveavec la démarche d’investigation et ses opérations telles que l’observation, l’analyse decontenu, l’étude de cas, l’enquête, l’étude évaluative

Notre mémoire comprend trois chapitres:

Dans le premier chapitre, nous construisons un cadre théorique concernantl’expression écrite, le texte argumentatif et l’erreur en nous basant sur des documents etdes ouvrages de référence

Nous consacrons le deuxième chapitre à l’étude de terrain Nous menons, toutd’abord, des enquêtes auprès des enseignants de français à Hanoi et des élèves bilingues de

la classe de 10è de l’année scolaire 2008- 2009 au lycée Chu Van An Nous utilisons laméthode d’enquête par questionnaire Nous élaborons deux questionnaires, l’un pour lesenseignants et l’autre pour les élèves en vue d’obtenir des données sur leurs pratiques etleurs perceptions relatives de la production écrite d’un texte argumentatif Nous travaillonségalement sur les productions écrites des élèves Nous relevons les erreurs, les classons, lesanalysons en nous basant sur des livres, des documents concernant l’erreur et la correctiondes erreurs des didacticiens, des linguistes français A partir de ces copies, nousrecherchons en quoi les erreurs sont conditionnées par le fonctionnement du langage et enquoi elles le reflètent

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Le dernier chapitre porte sur les interventions pédagogiques dans l’enseignement / apprentissage de la production écrite du texte argumentatif.

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CHAPITRE I CADRE THÉORIQUE

Dans ce chapitre, nous allons présenter d’une part la théorie concernant laproduction écrite en général comme les différentes définitions de la production écrite, lasituation d’écrit, les modèles d’écriture, la relation compréhension-production de texte,l’écriture en langue seconde et l’écriture dans les classes bilingues au lycée et d’autre partcelle de la production écrite d’un texte argumentatif en particulier Nous présenterons aussi

la théorie de l’erreur en didactique des langues

I PRODUCTION ÉCRITE I.1.Qu’est- ce qu’écrire ?

Avant d’étudier la production écrite, il est important de comprendre ce qu’écrire ainsi que les caractéristiques de l’activité d’écriture

Il existe des définitions diverses de l’écrire Selon le dictionnaire Larousse (1997),

Savoir rédiger, écrire, c’est à l’aide d’un crayon ou d’un stylo ou de tout autre moyen,tracer sur un support (généralement le papier) des signes représentant les mots d’unelangue donnée, organisés (rédigés) dans le but de conserver ou de transmettre un messageprécis (appelé « l’énoncé ») L’écriture est donc un support (on dit aussi un canal)permettant à celui qui écrit de s’adresser à une autre personne à qui le message est destiné

Dans son ouvrage intitulé : Techniques de l’expression écrite et orale (2002), Denis

Baril précise que l’écriture est une communication à distance qui a un caractère persistant

et définitif et ó le scripteur oeuvre de loin, hors de présence du destinataire

En mettant en relation la production écrite et le développement cognitif, Deschênesadmet que « écrire un texte, c’est tracer les lettres, des mots, des phrases mais aussi etsurtout c’est élaborer un message qui veut transmettre la pensée de l’auteur et informer

correctement le récepteur » (La compréhension et la production des textes, 1988, page 98).

Pour lui, l’activité d’écriture implique nécessairement tout un travail cognitif d’élaboration,

de structuration de l’information qui est le résultat de l’interaction entre la situationd’interlocuteur et le scripteur Il faut que le sripteur produise des connaissances qu’il a desévénements, des faits ou des objets représentés dans sa mémoire, mais aussi et surtout leur

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donne une organisation et une forme qui tiennent compte de plusieurs facteurs autantextermes qu’intermes comme le lecteur anticipé, le contexte social, le rôle qu’il s’attribueainsi que le but qu’il vise.

Deschênes précise dans le même ouvrage que l’activité de production de texte peutêtre envisagée sous plusieurs angles D’abord, sur le plan descriptif, écrire un texte est uneactivité cognitivomotrice relativement complexe dont le but est l’énoncé d’un messageavec une intention précise, à l’aide d’une forme particulière du langage Puis, selon uneperspective fonctionnelle, écrire constitue une forme de communication, un moyen derévéler à soi et aux autres sa perception et sa compréhension des choses ; c’est donc unmode d’action et de transaction sociale qui permet à travers le temps et l’espace desatisfaire des besoins sociaux Cette activité est aussi considérée comme une formed’apprentissage, un moyen d’acquérir de nouvelles informations et de les intégrer, unefaçon de répondre à ses besoins cognitifs d’acquisition et d’ajustement de sesconnaissances ou un outil pour passer du concret au formel, de la réalisation à la logique.Enfin, dans la perspective cognitive, l’activité de production d’un texte écrit peut êtredéfinie comme une interaction entre une situation d’interlocution et un scripteur dont le butest l’énoncé d’un message dans un discours écrit Deschênes conclut ainsi que l’activitéd’écriture est conçue comme le traitement d’informations externes ou internes au scripteurpar différents processus mentaux successifs ou concomitants

D’après Ferdinand de Saussure, l’écriture se considère comme une forme deréalisation, concrétisation des images dans les pensées, du langage « Au sein de lacivilisation industrielle, l’écrit constitue un circuit informatif spécifique qui sert de support

de véhicule à l’enregistrement de toutes les réalisations comportementales oumanifestations culturelles, caractéristiques de l’histoire et de la vie contemporaine des

institutions ou des acteurs d’une société établie » (Un niveau seuil, p.17).

Du point de vue personnel, la production écrite est une façon de communicationdont le scripteur, à l’aide d’un matériel et surtout d’une forme du langage écrit, un moyenbien particulier toujours conforme à des normes socioculturelles et linguitiques, s’adresse à

un ou des lecteur(s) éventuels dans le but de lui (leur) transmettre un message sous formed’un type de texte et un genre de texte appropriés, dans un moment et un lieu déterminés

La production d’un texte en langue étrangère et particulièrement en langue secondedemande au scripteur de maîtriser les contraintes de communication écrite et également les

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outils linguistiques appropriés à son niveau d’expression En particulier dans le contextescolaire, le scripteur ne se trouve pas souvent dans une situation de communicationauthentique : d’abord, l’élève sait qu’il s’adresse à son enseignant qui est censé toutsavoir ; puis il doit suivre la consigne scolaire qui limite toujours le sujet de son texte ; etenfin, l’élève n’écrit pas pour son propre plaisir mais avant tout pour être évalué par sonenseignant L’écrit scolaire est donc sans enjeu autre que celui de témoigner de son savoir-faire Tout cela peut expliquer la particulatité ainsi que les diversités de l’enseignement /apprentissage de la production écrite en langue seconde à l’école.

I.2 Situation d’écrit

Plusieurs chercheurs considèrent « Situations d’écrit » de Sophie Morand comme

un ouvrage de référence d’une approche globale des textes Nous nous intéressons aussi àces situations d’écrits étant donné qu’elles sont bien efficaces dans l’analyse des textesdont le scripteur doit se servir lors de sa rédaction d’un document

Sophie Morand définit la situation d’écrit comme « une situation de communicationécrite qui implique des scripteurs écrivant à (et pour) des lecteurs ou bien des lecteurslisant des documents produits par des scripteurs, production et / ou réception ayant lieu parailleurs dans un lieu et à un moment précis, pour une raison donnée et avec des objectifs

spécifiques » (Situation écrite, 1970, page 8).

La situation de production (écriture) comprend le scripteur, les relations scripteur /lecteur(s) et document ; les relations scripteur / document et extralinguistique

Le scripteur a un statut social défini mais il peut changer de rôle Son attitude peutaussi varier Il appartient à un groupe social défini mais il peut rêver ou envisagerd’appartenir à un autre groupe auquel il emprunte parfois ses modes de vie et son langage

Il a également une histoire, un passé socio- culturel qui peut influencer ces productionsverbales

Il existe toujours les relations scripteur / lecteur(s) Le scripteur écrit à ou pour un

ou des lecteurs avec qui il peut entretenir des relations particulières qui peuvent influer sur

la manière dont il formule son message

Il y a également les relations scripteur lecteur(s) et document Le scripteur a uneintention de communication et veut produire sur ses lecteurs un certain effet pour lui faire

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quelque chose; cette intention transparaỵt souvent dans le document au travers de safonction et des interventions du scripteur dans son propre discours.

Les relaltions scripteur / document et extralinguistique sont aussi importantes car lescripteur doit tenir compte non seulement de son lecteur et de son intention decommunication mais aussi du référent (de quoi ou de qui il parle), du lieu et du moment ó

il écrit, ce qui influence aussi la forme linguistique du document

Quand à la situation de réception, elle se compose du lecteur, des relations lecteur /scripteur et document ; des relations lecteur / document et extralinguistique

Le lecteur possède lui aussi son statut, son rơle, ses attitudes, son histoire, sesgroupes d’appartenance et de référence qui entrent en jeu dans sa propre interprétation dudocument Les relations lecteur / scripteur sont celles que le lecteur se fait à propos duscripteur et qui influent évidemment sur les lecteurs possibles du document

Les relations lecteur / scripteur et document se traduisent par l’effet que ledocument produit sur le lecteur, et qui n’est pas toujours celui que le scripteur attend carcet effet dépend des objectifs de la lecture du lecteur, de ses propres hypothèses sur le sens

du texte et aussi de la manière dont il se projette dans le discours qu’il reçoit

Les relations lecteur / document et extralinguistique sont intéressantes dans lamesure ó l’interprétation du (des) des sens du texte dépend de l’influence du type deréférent, des connaissances antérieures ainsi que du moment et du lieu ó le lecteurentreprend sa lecture

Alors, ces composantes d’une situation d’écrit nous aident non seulement àidentifier le rơle de chaque élément constitutif d’une situation d’écrit mais aussi àcomprendre la corrélation entre ces éléments ainsi que les influences qu’ils exercent les unssur les autres dans les activités de lecture et celles d’écriture

I.3 Modèles d’écriture

Toute pratique pédagogique se rattache, consciemment ou non, à une certaineconception de l’apprentissage, en quelque sorte à un arrière- plan théorique Dans laprésente partie, nous proposons d’examiner quatre modèles de production écrite élaboréspour le français langue maternelle ainsi qu’un modèle pour le français langue seconde Demanière générale, ces modèles sont des théories, des ensembles d’idées et d’hypothèses qui

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nous donnent une vision globale des multiples réalités qui constituent les processusd’expression écrite.

Précisons que l’on regroupe habituellement ces modèles en deux grands types : lesmodèles « linéaires » et les modèles non linéaires

I.3.1 Le modèle linéaire

Le terme modèle linéaire a été utilisé pour la première fois par Rohmer (1965) Ce

modèle nous présente des étapes distinctes de la production écrite En effet, le processus

de la production écrite se divise en trois étapes : la pré-écriture, l’écriture, la

post-écriture Suivant cet ordre, le texte écrit doit suivre une progression logique et claire.

La pré-écriture comprend la planification et la recherche des idées Après avoir

tracé un plan et trouvé des arguments appropriés, l’apprenant se met à rédiger le texte

Pendant cette deuxième étape (l’écriture), il choisit et arrange des idées selon le plan élaboré Et enfin, avec l’étape post-écriture, l’apprenant effectue des modifications et

améliorations possibles sur le fond et la forme de son produit

Il est à reconnaître qu’il faudrait respecter la progression de ce modèle :

planification, rédaction et réécriture comme on l’appelle autrement le modèle unidirectionnel On évite de mélanger des étapes ainsi que de revenir en arrière lors de sa

rédaction Il faut noter que Rohmer a tracé effectivement, avec cette progression, unchemin efficace à suivre dans l'enseignement/apprentissage de l'expression écrite

I.3.2 Le modèle non linéaire

La production écrite a donné lieu à de nombreuses recherches telles que celles deHayes et Flower (1980), de Deschênes (1988), etc Parmi ces recherches, le modèle deHayes et Flower sert de point de référence à de nombreux travaux et effectivement, leprocessus de mise en texte est certainement celui qui a connu une évolution majeure depuis

la naissance de leur modèle

I.3.2.1 Le modèle de Hayes et Flower (1980)

Tout en conservant les grandes étapes proposées par Rohmer, Hayes et Flower

présentent un système d’analyse très différent en ce sens que « l’écriture ne consiste plus

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en une démarche linéaire mais s’appuie, au contraire, sur l’interrelation d’activités

cognitives présentes à divers niveaux ou sous-étapes du processus ».

Le modèle de Hayes et Flower est constitué de trois grandes composantes :

- La mémoire à long terme : Elle regroupe toutes les connaissances déclaratives et

procédurales du sujet (le lexique, les règles de grammaire et d’orthographe, etc.), les métaconnaissances susceptibles d’intervenir dans ce contexte de la tâche, des plans d’écriture etfinalement tous les souvenirs d’expériences antérieures

- L’environnement de la tâche : Il inclut toutes les caractéristiques liées à la tâche

elle-même (tous les facteurs extérieurs au rédacteur), c’est-à-dire les thèmes abordés, la

motivation qu’elle suscite auprès du scripteur

- Le processus d’écriture : Il comprend le processus suivant dans la rédaction : la planification (décider quoi et comment écrire), la textualisation (la production du texte), la

révision (et aussi le contrôle)

I.3.2.2 Le modèle de Deschênes (1988)

Le modèle de production écrite de Deschênes comporte deux éléments : la situation d’interlocuteur et le scripteur.

- La situation d’interlocuteur comprend tous les aspects qui influencent l’écriture, en

particulier la tâche à accomplir, l’environnement physique, le texte lui-même, les

personnes proches du scripteur, les sources d’informations externes

La tâche, c’est ce qu’il faut faire, ce sont les directives explicites, les contraintes qui sont

fournies au scripteur afin de l’orienter vers le but à atteindre

L’environnement physique est le moment de l’exécution du travail Un texte doit être

rédigé dans un contexte déterminé avec ses caractéristiques explicites

Le rédacteur subit également les influences des personnes dans l’entourage, desinformations sur les destinataires La situation d’interlocuteur se compose de tous ceséléments qui entraînent la production d’un texte écrit Avec des éléments mentionnés, unbon rédacteur devrait savoir sélectionner, classifier, traiter, stocker des informationsrecueillies, constituées de ces éléments, et enfin exploiter des stratégies appropriées pouraccomplir ses tâches d’écriture

- Le scripteur comprend deux ensembles : les structures de connaissance et les processus

psychologiques

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+ Les structures de connaissance se rendent à l’ensemble des informations qui sont mises

en réserve dans la mémoire à long terme Ces informations sont des éléments linguistiques,sémantiques, rhétoriques, référentielles qui sont rassemblés dans l’ensemble desconnaissances connues

+ Les processus psychologiques se composent de la perception-activation, de la

construction de la signification, de la linéarisation, de la rédaction- édition et de la révision

I.3.2.3 Le nouveau modèle de Hayes (1996)

Ce nouveau travail de Hayes présente deux éléments majeurs : l’environnement de

- La mémoire de travail est la localisation centrale de tous les processus ou toutes les

activités non automatisées, elle joue son rơle indispensable dans l’activité d’écriture

+ La motivation occupe une place primordiale dans ce modèle La motivation est

considérée depuis toujours comme la première clé pour réussir dans la rédaction des textes avecles éléments suivants : prédisposition, croyance, attitude, estimation, cỏts, bénéfices Lesrédacteurs veulent à la fois faire passer le contenu et donner une bonne impression d’eux-mêmesquand ils écrivent

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+ Les processus cognitifs : Selon Hayes, les fonctions cognitives essentielles dans la rédaction sont l’interprétation de texte, la réflexion et la production de texte.

* L’interprétation de texte comprend la lecture, l’écoute et l’examen graphique pour créer des représentations internes

* La réflexion comprend la résolution de problème (planification incluse), la prise de la décision et la production d’inférence

* La production de texte utilise des représentations internes dans le contexte social etphysique pour avoir un produit écrit, parlé ou graphique

- La mémoire à long terme sert à stocker les savoirs sur la grammaire, le vocabulaire, le

genre, le thème, le destinataire, etc

- Les schémas de la tâche comprennent les informations concernant les buts de la tâche, les

processus à utiliser pour accomplir la tâche et les critères pour évaluer la réussite de la tâche

- La connaissance du destinataire : c’est la connaissance sur celui à qui on envoie son

message, la relation entre celui qui envoie et celui qui reçoit le message En cas d’êtreinconnu pour le destinataire, on devrait se prendre pour celui-là afin de ressentir le message

à composer

- L’impact d’une pratique intensive : l’auteur met l’accent sur l’entraînement de la

rédaction Cette pratique de l’écriture offre aux scripteurs des connaissances, des expériences etparticulièrement des stratégies et capacités d’écriture nécessaires

I.3.2.4 Un modèle de production en langue seconde : Le modèle de Moirand

Le modèle de Moirand est assez différent des modèles précédents Il se compose des composantes suivantes :

- Le scripteur : son statut social, son rôle, son « histoire »

- Les relations scripteur / lecteur (s)

- Les relations scripteur / lecteur (s) / document

- Les relations scripteur / lecteur (s) / document / contexte extra- linguistique

Ce modèle met accent sur les interractions sociales entre le scripteur et son lecteur,autrement dit le contexte social dans lequel se situe le texte ou l’énoncé linguistique Unbon texte est donc une interaction entre un document, un sripteur et un lecteur

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En examinant quelques modèles, nous avons constaté que la conception de laproduction écrite avait beaucoup évalué Ces modèles apportent des solutions définitives,les processus de production de textes demeurant fort complexes A la lumière desconnaissansces actuelles, l’intérêts des modèles réside dans le fait qu’ils peuvent orienterles démarches des enseignants.

I.4 La relation compréhension – production de texte

Plusieurs chercheurs reconnaissent que la compréhension et la production de textepartagent plusieurs caractéristiques communes (Hiebert, Englert et Brennan, 1983 ; Squire1983) et que l’enseignement et la pratique de certaines techniques de compréhension oud’écriture peuvent avoir des effets possitifs sur les performances de compréhension et deproduction (Horowitz, 1985) Beaugrande (1982) et Bereiter (1980) affirment que «l’activité d’écriture possède un certain nombre de caractéristiques apparemment trèsproches de celles d’une tâche de lecteur et que certains éléments des modèles decompréhensions doivent se retrouver dans les modèles de production » D’une part lelecteur utilise des structures de connaissances qui facilitent sa compréhension comme lescripteur puise dans les mêmes structures le matériel nécessaire à la production d’unmessage D’autre part, l’opération de linéarisation, dans une tâche de rappel ou de résumélors de la vérification de la comprénhension, s’apparente à celle exigée en production pourexprimer un message Ce sont les deux aspects apparemment identiques dans les deuxtypes d’activités et qui illustrent bien la nécessité de tenir compte des découvertes encompréhension dans la formulation d’un modèle de production

Nous présentons dans cette partie les analyses de Deschênes sur la nature desrelations entre la compréhension et la production dans une perspective globale decommunication et aussi à travers des parallélismes possibles en situation d’écriture et delecture

I.4.1 La communication

La compréhension et la production ont une même fonction, c’est la communication

En fait, elles se réfèrent toujours à un système de communication émetteur – message –

récepteur (Tamor et Bond, 1983) ó l’émission et la réception du message représentent

deux pơles correspondant à la compréhension et à la production Dans les deux cas, le

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message qui est l’objet des processus doit être envisagé en tenant compte en même temps

de l’activité de l’émetteur et celle du récepteur Lors de sa production d’un message, lescripteur doit s’appuyer sur les hypothèses qu’il fait de ce que pense son récepteur et aussisur sa façon de traiter les informations qui lui seront transmises Le récepteur, quant à lui,doit tenir compte des intentions du scripteur, de sa vision du monde ou de sa conceptionparticulière du thème ou du sujet abordé Alors, les deux activités de compréhension et de

la production supposent une certaine forme de parallélisme inhérente à la communicationqu’ellles impliquent

Denhière (1983) remarque que les activités de production et de compréhensiondoivent être envisagées dans le cadre général de la communication et peuvent être étudiéescomme deux phénomènes de transmission et de traitement d’information Ainsi, apprendre

à lire et à écrire peuvent être vue comme deux aspects inséparables d’un seul processus quiest la maỵtrise du langage écrit » (Briton, 1982 : Smith et Jackson, 1985) Selon Horowizt

(1985) plusieurs recherches ont montré que les deux processus se basent sur des habiletéslinguistiques semblables, et Ammon (1981), de sa part, admet que les deux processussupposent des schèmes de transformations (comparaison, classification, discrimination) quisont indépendantes des contenus traités et qui constituent des habiletés fondamentales danstoute situation de communication

Dans ce sens, il est probable que lire et écrire sont deux tâches créatrices ól’activité du sujet et son évolution sont cognitivement identiques quand elles sontconsidérées dans la perspective de l’acquisition du langage (Elkind, 1976 ; Marsh et coll.,1981) C’est pour cette raison que les conclusions faites par Slatas Water (1980) et Elkind(1976) nous semblent vraiment importantes : « lire et écrire sont des processus qui serenforcent et se complètent par généralisation et transfert de façon quasi automatique parles nécessités de la communication » et alors, « plus un enfant lit, plus il développera seshabiletés d’écriture et plus il écrit, plus il pourra profiter de ses lectures » Dans cecontexte, l’écriture ne peut être analysée sans s’inpirer des théories de la lecture(Beagrande, 1982) de même que la compréhension ne peut se dissocier de la production dumessage

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I.4.2 Les structures de connaissance

Il est nécessaire de comprendre que la compréhension et la production des textespossèdent les mêmes structures de connaissances sur les sujets en question En effet,plusieurs auteurs de différents domaines reconnaissent que les structures de connaissancesdes sujets ont une influence importante, tant par la richesse de leur contenu que par laqualité de leur organisation, sur les performances de compréhension et de production.Plusieurs chercheurs (Birkmire, Callahan et Drun, Carelle ) montrent que des

performances de rappel ou de reconnaissances dépendent en grande partie desconnaissances initiales du scripteur ou du lecteur sur les sujets : les personnes quipossèdent davantage de connaissances antérieures du sujets abordé rapellent plusd’informations, les organisent mieux et font moins d’erreurs que celles possèdant moins deconnaissances du domaine conceptuel du texte Cela explique la raison pour laquelle lescripteur produit des textes de meilleures qualités lorsqu’il maîtrise bien les connaissancestextuelles et qu’il dispose une bonne stratégie de lecture

I.4.3 Des processus parallèles

Outre la même fonction de communication et les mêmes structures de connaissancesur le sujet en question, on prouve également que la compréhension et la production detextes contiennent des processus parallèles tels que l’acquisition de l’information, letraitement de l’information, la mémorisation, la production et la rédaction

En fait, le lecteur ou le scripteur doivent tout d’abord récupérer tous les élémentsobservables du matériel présenté Puis, ils commencent à explorer et à comprendre desparamètres de la situation d’interlocution soumises à l’identification des élémentsobservables Au cours de cette étape, les informations sont sélectionnées et stockées enmémoire pour une utilisation ultérieure Pourtant, les activités ne sont pas les mêmes chez

le lecteur que chez le scripteur

Le traitement des informations du lecteur s’effectue sur le matériel présenté et surdes connaissances activées Alors, son travail cognitif suppose aussi la construction d’unesignification globale, d’une macrostructure par inférence, anticipation et mise en relation

Et le sripteur, quant à lui, devant son matériel, commence à rechercher dans sa mémoiredes informations, des connaissances relatives au domaine, celles qui consisteront à établir

la macrostructure du texte en ce qui concerne la détermination des buts, la sélection et

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l’organisation du contenu ainsi que les procédures d’écriture Ces activités parallèlessemblent se trouver dans les deux processus : l’inférence, la construction de relationsinterpropositionnelles et l’élaboration de macrostructure.

Vient ensuite la phrase de mémorisation ó le lecteur doit emmagasiner ce qu’iltraite pour le réutiliser dans l’immédiat lors du traitement de nouvelles informations et ó

le scripteur stocke le matériel qu’il a sélectionné, organisé ou conçu pour éventuellement letransformer en langue naturel

La dernière étape de compréhension et de production se traduit par la récupération

du matériel stocké en mémoire et la linéarisation de ce matériel dans une forme de langageprécise

Bref, l’étude de différents processus psychologiques mis en oeuvre dans les tâches

de compréhension et de production de texte nous montre qu’il y a une corrélation entre cesdeux activités de communication écrite, ce dont nous pourrons profiter pour unenseignement efficace de la production écrite

I.5 Écriture en langue seconde

Lorsqu’une personne produit un texte dans sa langue maternelle plusieursprocessus entrent en interaction Cette interaction suppose un certain nombre d’opérationspsychologiques assez complexes Sur le plan de la langue seconde, les mêmes questions seposent et l’on doit en plus tenir compte plusieurs autres facteurs qui ont les répercussionsimportantes sur la production du message A partir des études récentes, nous allons essayer

de mieux comprendre certaines caractéristiques de l’écriture en langue seconde et enparticulier les aspects suivants :

I.5.1 Les caractéristiques des textes écrits en langue seconde

I.5.1.1 Des textes plus courts

En étudiant les productions écrites des apprenants de langue seconde, on constateque les énoncés produits sont en général assez courts (Hall 1990 ; Silva 1992) Ces textescontiennent moins d’informations et donc moins de contenu

I.5.1.2 Un vocabulaire restreint

Le vocabulaire que les apprenants en langue seconde utilisent est assez restreintavec des redondances lexicales (Connor 1987)

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I.5.1.3 Une syntaxe simple

Les textes en langue étrangère se caractérisent par rapport aux textes en languematernelle par une syntaxe moins complexe, moins d’enchâssements au moyen deconjonction de subordination (Woodley 1985)

I.5.1.4 Davantage d’erreurs

Il faut enfin reconnaỵtre que dans les productions écrites en langue seconde, il y abeaucoup d’erreurs aussi bien dans la forme du texte que dans la syntaxe des phrases

I.5.2 Le processus d’écriture en langue seconde

I.5.2.1 Un temps de rédaction plus long

Comme le scripteur en langue seconde a plus de difficultés à exprimer ses pensées,

il consacre beaucoup de temps à l’écriture, surtout, lors de la révision Il vérifie avec sointout ce qu’il a écrit, non seulement l’orthographe des mots mais aussi des règles de lagrammaire (Hall 1990)

I.5.2.2 Un répertoire de stratégie limité ou inadéquat

Un grand nombre de scripteurs en langue seconde possèdent un répertoire destratégies limité ou adéquat Ils ressemblent beaucoup aux scripteurs inexpériementés enlangue maternelle Ces scripteurs produisent souvent des textes courts, éliptiques ó lesidées sont juxtaposées dans une forme d’écriture élémentaire de caractère de narration sanscompter les lecteurs éventuels, donc souvent incompréhensibles

I.5.2.3 Une compétence linguistique limitée

Certaines études précisent également que l’apprentissage de l’écriture en langueseconde demande que le sripteur ait déjà acquis un certain degré de compétencelinguistique D’après Cummins (1980), il faut « un seuil linguistique ou un niveau decompétence minimale en deçà duquel l’apprenant éprouve des difficultés à fonctionnerconvenablement » Il note aussi que ce seuil semble jouer un rơle dans l’apprentissage enlangue seconde même s’il n’est pas absolu et peut varier d’un apprenant à l’autre En fait,les étudiants auprès desquels les chercheurs ont mené l’enquête peuvent transférer desstratégies de la langue maternelle à la langue seconde en ce qui concerne la planification et

la révision Cela explique le décalage en fonction de la qualité des produits des scripteurs

de niveau différents : Plus le scripteur a une base solide de connaissances, plus il réussitdans son devoir écrit car « ces apprenants ont transféré leur compétence de bon rédacteurs

à la langue seconde » (Cummins 1989) Les résultats sont presque les mêmes dans diverses

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expériences menées auprès des sripteurs en langue seconde : la compétence linguistiqueinflue sur la qualité des productions écrites en langue seconde Pourtant, ce niveau decompétence linguistique joue un rôle moins important dans le transfert de la stratégie de laplanification comme Jones et Tetroe (1987) ont remarqué que « les apprenants qui ontl’habitude de beaucoup planifier en langue maternelle en font autant en langue seconde,tandis que ceux qui ne planifient pas en langue maternelle ne le font pas en langue seconde

» (cité par Cornaire et Raymond dans La production écrite, 1994, page 69)

En conclusion, la compétence linguistique joue un rôle dans la qualité desproductions écrites mais n’entrave pas le transfert des stratégies d’écriture de la languematernelle à la langue seconde

I.6 Écriture dans les classes bilingues au lycée

Le niveau 3 de l’enseignement francophone prépare à la professionnalisation ou à lapoursuite d’études francophones au sein d’établissement supérieur Pendant les trois annéesqui constituent ce niveau, les apprentissages relevant de l’écrit s’inscrivent donc dans cettelogique, en même temps qu’ils doivent prendre en compte à plus court terme les exigences

de la préparation à l’examen de fin d’études

Les objectifs de la production écrite s’inscrivent majoritairement dans les exigences

de la préparation à la certification L’apprentissage systématique des formes de discoursécrit utilisées dans les examens est au centre des préoccupations

- apprendre à rédiger un paragraphe introductif présentant de manière problématique un sujet de réflexion et annonçant les principaux développements;

- apprendre à rédiger un paragraphe conclusif, synthétisant les principaux acquis d’une réflexion;

- apprendre à établir le résumé d’un texte reprenant les idées essentielles avec fidélité tout

en en respectant les principales articulations;

- apprendre à construire un commentaire de texte littéraire visant à rendre explicites les principaux procédés d’écriture d’un texte;

- apprendre à composer une dissertation présentant de manière ordonnée les différentsarguments relatifs à un sujet de réflexion, dans un ordre permettant de mettre en valeur le point

de vue du scripteur, puis à la rédiger;

- apprendre à constituer un dossier

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II PRODUCTION D’UN TEXTE ARGUMENTATIF II.1 Identification d’un texte argumentatif

Le texte argumentatif a donné lieu à de nombreuses recherches sur l’étude de l’argumentation dont nous nous permettons de présenter ci-dessous quelques définitions

D’après Perelman (1969), « une théorie de l’argumentation a pour objet l’étude des techniques discursives visant à provoquer ou à accroỵtre l’adhésion des esprits aux thèses qu’on présente à leur assentiment ».

Quant à M.J.Borel (1974), il souligne que « l’argumentation relève bien de la logique, par sa fonction probatoire et justificatoire, mais d’une logique qui n’est pas normée de l’extérieur par des constantes universelles de type épistémologique ; ó cette fonction ne s’effectue que si elle est personnalisée à travers la production d’un univers de discours qui n’est pas une copie du « monde réel »… ».

D’après Vignaux (1978), « l’argumentation, c’est cette action sur autrui qui emprunte nécessairement le discours aux fins d’y stabiliser des propositions jusque-là particulières en leur donnant statut d’évidences, de généralités partant de contraintes logiques pour le jugement collectif »

Le texte argumentatif est un texte dans lequel l’auteur présente l’opinion qu’il veutdéfendre et cherche à convaincre le destinataire de la justesse de ses idées Il justifie sonopinion à l’aide d’arguments ou de preuves

Plusieurs formes de textes ont un caractère argumentatif Par exemple, le débat,l’article, l’essai, l’éditorial, le pamphlet, la publicité qui comportent une argumentationpour ou contre quelque chose Alors, le texte argumentatif de type scolaire se distingue- t-il

de ces autres formes de texte d’opinion ? Il se diffère des autres formes par sescaractéristiques que nous présenterons dans la partie suivante

II.2 Caractéristiques d’un texte argumentatif

II.2.1 Structure d’un texte argumentatif

Le texte argumentatif est formé de trois parties distinctes : l’introduction, l’argumentation (les paragraphes du développement) et la conclusion Cette structure claire

et cohérente favorise en effet l’approche et la compréhension du texte chez les lecteurs

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On peut diviser les textes argumentatifs en deux catégories :

- argumentation à une seule thèse (1)

- argumentation à plusieurs thèses (2)

L’introduction se place en tête du texte et est formée en général de trois parties

II.2.1.1.1 Le sujet amené

Le sujet amené, c’est une amorce à la question posée ; une mise en situation ; uneentrée en matière; une présentation de la question posée

Votre sujet amené peut se présenter de diverses façons par l’actualité, par votre expériencepersonnelle, par des considérations générales, par des éléments historiques, par uneexplication et par un commentaire, etc

+ Sujet amené par l’actualité

Vous pouvez débuter votre texte en faisant appel à l’actualité, c’est à dire à des faits

ou à des événements qui se déroulent au moment ó vous écrivez votre texte ou qui se sontdéroulés dans un passé très proche et dont l’effet dure encore

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Exemple : Aujourd’hui, pour laver la vaisselle dans certains grands restaurants, on exige un diplôme d’études secondaires C’est la même pour devenir éboueur.

Dans l’exemple précédant, on présente des faits récents concernant l’embauched’un plongeur ou d’un éboueur Ainsi, on attire l’attention du lecteur sur une réalité qui a

un rappport direct avec le sujet choisi

+ Sujet amené par l’expérience personnelle

Vous pouvez vous servir de votre expérience personnelle (votre vécu, votreapprentissage, etc.) pour présenter votre sujet, à condition que cette expérience individuelleait un lien direct et pertinent avec le sujet choisi

Exemple : L’été dernier, j’ai travaillé à plein temps comme serveur dans un café Cette expérience de travail m’a ouvert les yeux sur mon désir de quitter l’école après ma cinquième année du secondaire.

Dans l’exemple qui précède, l’expérience personnelle de travail comme serveur estdirectement reliée à la deuxième partie du sujet (un travail à plein temps) et ainsi, peutservir d’amorce ou de sujet amené

+ Sujet amené par des considérations générales

Pour amener votre sujet, vous pouvez l’aborder dans une vision globale, collective,universelle, donc présenter une vision élargie de la question posée

Exemple : Pour les jeunes qui terminent leurs études secondaires, se trouvent un emploi n’est pas facile Le contexte économique dans lequel nous vivons favorise peu la création d’emplois.

Dans cet exemple, des remarques généralement sur l’emploi servent à présenter lesujet On parle d’un problème global, généralement vécu par les jeunes du secondaire Cepoint de vue général présente une vision élargie du sujet

+ Sujet amené par des éléments historiques

Vous pouvez également utiliser vos connaissances en histoire pour situer le lecteurpar rapport à votre sujet Mais, sans remonter au déluge, il faut que les éléments historiquesprésentés pour amener votre sujet soient en relation étroite avec la question posée

Exemple : Durant les années soixante, le taux de chômage était plus bas qu’aujourd’hui Déjà les empois devenaient très spécialisés Des secteurs d’activités comme l’informatique et la bureautique, créés par la suite, se sont développés et demandent encore du personnel qualifié.

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Cet exemple fait appel à l’histoire On y parle du passé en faisant référence à laspécialisation et à la qualification de la main - d’oeuvre.

+ Sujet amené par une explication

Vous pouvez présenter votre sujet en expliquant les termes de la question posée(définition des termes de l’énoncé), proposer un éclaircissement, donner des précisions oudes indications, afin de mieux faire connaître (renseigner, montrer) les enjeux de laquestion posée ou votre position en regard de cette question Notez que le sujet expliquépeut suivre le rappel de la question posée

Exemple : Apprendre, étudier, s’instruire ou se retrouver un emploi, exercer un métier, gagner sa vie, tels sont les enjeux de la question posée.

+ Sujet amené par un commentaire

Vous pouvez présenter votre sujet en élaborant un commentaire sur la question même ou sur les termes de la question posée Vous pouvez également faire une critique de

elle-la question ou des termes de l’énoncé Notez encore que le sujet commenté peut suivre lerappel de la question posée

Exemple : Tout le monde sait que le décrochage scolaire est un véritable fléau au Québec Le taux élevé de décrochage ne résulte pas d’une seule cause (celle de trouver

un emploi rémunérateur au plus vite), mais d’une suite d’événements : problèmes familiaux, manque d’intérêt et de motivation pour l’école, difficultés d’apprentissage, etc.

II.2.1.1.2 Le sujet rappelé (sujet posé)

Le sujet rappelé, comme le sujet amené, doit faire partie intégrante de votreintroduction Généralement, le sujet rappelé suit le sujet amené Ainsi, votre introductiondébute par la présentation de votre sujet, suivie du rappel de la question posée pour le sujetque vous avez choisi

Avec ce début d’introduction (sujet amené et sujet rappelé) vous pouvez énoncerclairement le sujet du texte, présenter la problématique

Votre sujet rappelé peut se présenter de diverses façons :

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+ Sujet rappelé en entier (textuellement)

Vous pouvez rappeler le sujet choisi en recopiant la question C’est la façon la plus simple de rappeler votre sujet en entier

+ Sujet rappelé en vos propres mots

Si vous voulez, vous pouvez réécrire la question en la formulant autrement

+ Sujet rappelé avec votre opinion.

Vous pouvez greffer votre opinion au sujet rappelé Pour exprimer clairement uneopinion, il faut bien comprendre le sujet

II.2.1.1.3 Le sujet divisé (le plan général ou le sujet annoncé)

Le sujet annoncé présente chacun des aspects qui seront développés dans votretexte Autrement dit, on annonce le plan de rédaction de cette argumentation et ce plan peutêtre donné sous forme de question

A cette étape, le scripteur avec ses premières lignes peut stimuler la lecture, motiver

la découverte de son texte aux lecteurs et encourager la motivation d’écrire chez lui-même

en employant des expressions figées ou des tournures impressionnantes On ne montre pasencore ses points de vue ni ses arguments pour défendre son argumentation, on ne relèveque l’importance du problème Dans cette introduction, l’auteur n’hésite pas forcément àdire du bien mais se situe devant la problématique

II.2.1.2 Développement (Argumentation)

Il se compose des arguments accompagnés d’exemples à illustrer

II.2.1.2.1 Argument

Un argument est un énoncé qui démontre ou justifie la véracité de la thèse.L’argument doit être développé, illustré par des explications ou des exemples Comme la

thèse, l’argument s'oppose à l’argument adverse explicite ou non Chaque argument

principal peut s'accompagner d'arguments secondaires qui précisent l'explication

Les arguments sont souvent présentés dans l’un des ordres suivants :

+ L’ordre de force croissante : l’argument le plus faible est présenté en premier et le plus fort à la fin

+ L’ordre de force décroissante : l’argument le plus fort en premier et le plus faible à la fin

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* Types d’arguments

Il existe divers types d’arguments Dans le cadre de cette étude, nous présentons quatre types d’arguments les plus rencontrés

+ Des faits : un fait est une réalité observable, vérifiable, objective et parfois mesurable.

Il peut référer à ce qui existe réellement C’est le domaine de la réalité, du

réel + Des exemples

L’exemple est un cas particulier auquel on se réfère pour prouver ce que l’onavance L’exemple, qu’il s’agisse d’une expérience, d’un événement, d’un cas précis, d’unfait semblable à ce qui est présenté, vient illustrer, attester, confirmer, certifier uneaffirmation (une idée) déjà énoncée et vient appuyer et soutenir votre opinion

la question Il servira de preuve en autant qu’il y a un lien direct et pertinent avec le sujet

Le témoignage de quelqu’un d’autre

Lorsque vous utilisez le témoignage de quelqu’un d’autre pour prouver ce que vousavancez, il importe d’identifier la personne dont vous citez le témoignage S’il s’agit d’unspécialiste (ici, un conseiller pédagogique), son titre d’expert vient renforcer votreargument

+ Des références

Les références (rapports de recherche, enquêtes, résultat de sondage, etc.) sont desdonnées objectives sur lesquelles vous pouvez appuyer votre argumentation

II.2.1.2.2 Exemple

L'exemple permet d'illustrer une thèse ou un argument d'une thèse À l'inverse de

l'argument qui a une portée générale, l'exemple expose toujours un cas particulier.L'exemple vient illustrer la pertinence de l'argument à travers un cas concret, dans uneapplication vérifiable L'exemple seul ne peut pas justifier une thèse Lorsqu'un exemple

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contredit une idée générale (c'est-à-dire soutient une thèse adverse), on l'appelle un

contre-exemple.

Lorsqu'un exemple suit une idée dans un texte argumentatif, il l'éclaire, la précise

et est un exemple illustratif Il est introduit par des formules telles que: par exemple,

ainsi, tel que, comme en témoignage

Si l'exemple précède l'idée, il présente un cas concret et permet de tirer un enseignement général, un argument ou une conclusion on l'appelle exemple argumentatif.

* Types des exemples

- L'exemple personnel: offre un témoignage direct mais ne permet de tirer aucune loi

générale

- L'exemple littéraire: la référence à un livre, un film, une pièce de théâtre, un tableau ,

donne un support concret à un argument et permet de le développer

- L'exemple historique: permet un rapprochement avec le passé et il a l'avantage d'être un

fait avéré et déjà analysé

- L'anecdote: introduit dans l'argumentation une impression de vie et parfois une note

d'humour

- Les statistiques: les chiffres, les données économiques (à condition d'être vérifiées)

donnent un fondement scientifique au discours argumentatif

- La fable, le mythe: rendent plus concrète une idée grâce à un récit.

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II.2.2 Plans d’argumentation

Pour défendre votre opinion ou pour réfuter une idée, il vous faut organiser votreargumentation Plusieurs démarches sont possibles Nous proposons ici cinq plansd’argumentation : plan dialectique, plan thématique, plan analytique, plan comparatif etplan par opposition

Nous décrivons brièvement chacun des plans

II.2.2.1 Le plan dialectique

Le plan dialectique demande d'examiner un jugement, d'en montrer les limites voire

de le réfuter C'est le fameux plan "thèse/antithèse/synthèse"

On reconnaît aussi ce type de plan au libellé du sujet : les questions "Pensez-vous que ",

"Dans quelle mesure peut-on dire que ", "Partagez-vous ce point de vue" etc sont sansambiguïté Il faudra confronter les thèses avant d'exprimer nettement un avis personnel

II.2.2.2 Le plan thématique

Le plan thématique s'apparente au contraire à l'exposé Il ne demande pas dediscuter une thèse mais plutôt de l'étayer, c'est-à-dire de fournir un certain nombred'arguments organisés capables de valider le jugement ou de répondre à la question qu'on aproposés

On reconnaît ce type de plan au libellé du sujet : ce peut être une question ("Qu'est-cequ'un grand roman ?"; "Qu'est-ce qu'une œuvre engagée ?") ou une invitation à vérifier uneaffirmation ("En quoi a-t-on raison d'affirmer que ", "Montrez, commentez ou justifiezceci ")

II.2.2.3 Le plan analytique

Le plan analytique, voisin du précédent, se propose d'examiner une notion en enenvisageant les causes, les manifestations qui en découlent avant de proposer d'éventuellessolutions

II.2.2.4 Le plan comparatif

Le plan comparatif amène à établir un parallèle constant entre deux notions Ceplan pourra les examiner successivement dans les deux premières parties avant d'élaborerune synthèse personnelle qui essaiera d'établir leurs points majeurs de ressemblance ou dediscordance et de proposer un dépassement

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II.2.2.5 Le plan par opposition (le pour et le contre)

Le plan par opposition présente une suite d’arguments pour ou en faveur d’uneaffirmation de départ et un enchaỵnement d’arguments contre la position annoncée Pourtout texte argumentatif qui procède par opposition en deux aspects, on trouveraobligatoirement deux arguments par aspects Pour tout texte argumetatif présenté en deuxaspects (le pour et le contre), la conclusion est obligatoire et doit contenir, en plus durésumé de l’argumentation et de l’ouverture du sujet, l’opinion personnelle de l’élève

II.2.3 Connecteurs d’argumentation

Les idées dans un texte argumentatif entretiennent entre elles des relations logiques.Ces relations peuvent être de nature différente afin d’exprimer les nuances de la pensée.Ces relations sont explicites quand elles sont exprimées par les connecteurs logiques Le

tableau proposé par Stéphane Fontaine au site http://www.lettres.net/ présente les

principaux types de connecteurs avec leur relation et fonction dans l’argumentation

et, de plus, d’ailleurs, d’autre part, en outre, Addition, permet d’ajouter unpuis, voire, en fait, tout au moins, tout au gradation argument ou un exempleplus, encore, non seulement mais encore nouveau

etc

ainsi, c’est ainsi que, comme, c’est le cas Illustration permet d’éclairer son ou ses

de, par exxemple, en particulier, arguments par des cas

en réalité, c’est à dire, en fait, plutơt, ou, ou Correction permet de préciser les idéesbien, plus exactement, à vrai dire présentées

aussi que, si que, comme, autant que, comparaison permet d’établir unautant, de même que, de la même façon, rapprochement entre deuxparallèlement, plus que, moins que ect faits

si, à supposer que, sans doute, au cas ó, à Condition permet d’émettre des

la condition que, dans l’hypothèse ó, hypothèses en faveur ou non

car, c’est à dire, en effet, en d’autres Justification permet d’apporter des

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termes, parce que, puisque, ainsi, c’est ainsi informations pour expliciterque, non seulement mais encore, du fait et préciser ses argumentsque, ect.

car, parce que, puisque,, par, grâce à, en Cause permet d’exposer l’origine,raison de, en effet, du fait que, dans la la raison d’un fait

mesure ó, sous prétexte que, en raison de

premièrement, deuxièmenment, puis, Classification permet de hiérarchiser lesensuite, avant tout, d’abord, en premier éléments présentés dans

afin que, en vue de, de peur que, pour, pour Finalité permet de présenter le but de

malgré, en dépit de, quoi que, bien que, Concession permet de constater des faitsquel que soit, même si, ce n’est pas que, opposés à sa thèse encertes, bien sûr, il est vrai que, toutefois maintenant son opinion

mais , cependant, néanmois, en revanche, opposition permet d’opposer deux faitsalors que, pourtant, tandis que, au contraire, ou deux arguments, souventpour sa part, d’un autre cơté, or, en, dépit pour mettre l’un des deux en

ainsi, c’est pourquoi, en conséquence, si Conséquence permet d’énoncer le résultat,bien que, de sorte que, donc, en effet, tant et l’aboutissement d’un fait ou

si bien que, tel que au point que, alors, par d’une idée

conséquence, d’ó, de manière que, de sorte

que

bref, ainsi, en somme, donc, par Conclusion permet d’acheverconsséquence, en guise de conclusion, pour l’argumentation, saconclure, en conclusion, en définitive, démonstration

enfin, finalement

mis à part, ne que, en dehors de, hormis, à Restriction permet de limiter la portéedéfaut de, excepté, uniquement, des propos ou des argumentssimplement, sinon, du moins, tout au mois, qui sont avancés

en fait, sous prétexte que

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Dans le cas de relations exprimées implicitement, il n’y a pas de connecteur

logique : il faut déduire la relation logique à l’aide du contexte en regardant de près :

- La ponctuation : la virgule ajoute une idée à une autre ou donne un détail supplémentaire

; le point- virgule sépare deux idées en gardant une suite logique entre elles les parenthèses oules deux points peuvent introduire un exemple, une cause ou une

conséquence ; le point d’interrogation introduit une explication

- La disposition du texte : elle peut révéler, à l’aide des paragraphes par exemple, lamanière dont le locuteur envisage son argumentation Les paragraphes forment toujours

des unités de sens autour d’une idée, d’un thème précis : denses, longs et peu nombreux, ilsexposent une pensée structurée et ramassée, nombreux et de courte longueur, ils marquent

le caractère décousu de la pensée,etc

- Le système d’énonciation : il s’agit de prendre en compte les pronoms, les temps

verbaux, les termes appréciatifs/ dépréciatifs qui peuvent souligner une relation logiquesous- entendue

II.2.4 Système d’énonciation

On utilise souvent la première personne comme l’indice de la présence du locuteurdans le texte Et « du fait de cette présence forte de l’auteur, le texte argumentatif relève dudiscours (qui est à l’initiative du locuteur) et non du récit (qui est à l’initiative dunarrateur) »

Le locuteur peut se manifester (utilisation de la première et deuxième personne etprésences de marques de jugement) ou pas (objectivité apparente du texteinformatif/explicatif, utilisation du troisième personne et des phrases déclaratives) pourmarquer l’intention de convaincre Le présent intemporel est le temps habituel du texteargumentatif, puisque l’argument est valable de façon générale

II.2.5 Choix du lexique

Un choix du lexique approprié permet au scripteur de mieux exprimer ses points devue sur la thèse ainsi que de mieux convaincre ses lecteurs Ce choix est considéré commel’indicateur du degré de certitude :

- l'affirmation : "assurément", "sans aucun doute", "il est certain que", "toujours",

"jamais"

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En argumentant, le locuteur affirme sa certitude d'être dans le vrai, donc on emploie des termes, des expressions, des verbes qui peuvent exprimer sa confiance, sa conviction dans ses idées Toutes ces marques d'un jugement personnel sont appelées modalisations

l'hésitation : "peut-être", "il est possible que",

L’auteur cherche toujours un lexique affectif qui l’aide à capter la sympathie ou l'estime deson public et à exposer l'image morale la plus positive ou à présenter son dessein commeparticulièrement louable Il utilise pour cela un réseau de termes propres à manifester sonémotion, sa sincérité et son attachement à la thèse exposée

- les connotations qui indiquent un jugement de valeur : connotations positives pour lepoint de vue défendu ; négatives pour le point de vue refusé

II.2.6 Expression de l’opinion

Le texte argumentatif sollicite votre avis sur une question Il faudra faire connaître

au lecteur votre idée sur la question On veut savoir quel est votre jugement, votre penséesur la question posée Voilà pourquoi l’expression de votre opinion personnelle est siimportante

Une opinion doit être constante et présente explicitement ou implicitement danstout le texte Elle présente dans:

- l’introduction pour indiquer la position sur la question

- le développement, afin de montrer que l’argumentation sert et soutient l’opinion

- la conclusion, afin de réaffirmer la position sur la question posée

II.2.6.1 L’opinion explicite

C’est celle qui est sans équivoque Le lecteur peut facilement la déceler dans letexte puisque’elle est claire et précise Elle est donc ouvertement exprimée, souvent dansune formulation courante : Je pense que / je crois que / je suis persuadé que / je suis d’avisque / je trouve que / à vrai dire / en vérité / c’est vrai / il est vrai que / Bien sûr /bien entendu / sans aucun doute / de toute évidence / évidemment / il est hors dedoute que / certes / en fait / en effet, ect

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II.2.6.2 L’opinion implicite

C’est celle qui n’est pas tout à fait évidente au premier coup d’oeil ou à la premièrelecture parce qu’elle n’utilise pas de formules courantes Cependant, on peut facilement ladéceler ou la déduire du contexte Elle est présente dans le texte, mais d’une manière sous-entendue L’expression implicite, dans votre texte, peut être mise en évidence de plusieursmanières :

- Par l’exclamation qui traduit votre idée ou vos sentiments sur la question

Exemple : C’est ridicucle de penser que (sous-entendu implicite : je ne crois pas que )

- Par la caricature, l’excès, l’absurde, les superlatifs qui peuvent aussi renseigner le lecteursur votre opinion

Exemple : Imaginez la situation déplorable dans laquelle se retrouve un jeune, après un diplôme d’études secondaires, s’amène sur le marché du travail Il sera éboueur ou laveur de vaisselle En effet, il est prouvé que (sous- entendu implicite : Il est plus avantageux, je crois, de poursuivre ses études.).

- Par l’humour, l’ironie, la négation d’une évidence, etc qui sont autant de façons

implicites de faire connaître votre opinion sur la question

Exemple : Avez- vous déjà lavé la vaisselle pendant huit heures ? L’eau chaude, les mains rougies, enflées, la peau ratatinée, les brûlures, les boursouflures, tel sera votre lot (sous- entendu implicite : Il vaut mieux poursuivre ses études.

- Par une citation (proverbe, maxime, dicton) qui peut indiquer que vous partagez le point

de vue de l’auteur cité, que cette citation résume votre pensée

Exemple : Comme le disait mon père : Qui s’intruit s’enrichit » (sous-entendu implicite :

Je crois, comme mon père, à ce proverbe qui nous incite à poursuivre nos études)

II.2.6.3 L’opinion tranchée

- Votre opinion peut être positive tout au long de votre texte Vous êtes franchement pour

Exemple : Je crois que la poursuite des études est plus rentable que la recherche d’un emploi à temps plein.

- Votre opinion peut être négative tout au long de votre texte Vous êtes franchement contre

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Exemple : Je ne crois pas que la poursuite des études soit plus rentable que la recherche d’un emploi à temps plein.

II.2.6.4 L’opinion nuancée

Vous pouvez être pour ou contre, mais au cours de votre développement, vouspouvez émettre ou introduire une réserve, sans que votre opinion soit considérée commecontradictoire

Qu’est- ce qu’une réserve ?

Une réserve est une restriction qui permet de tempérer votre jugement sur la question

posée, d’envisager une contrepartie et de la discuter

- Une réserve peut être une concession : Je concède qu’il peut y avoir quelques inconvénients à

- Elle peut vouloir répondre à une objection : On objectera que

- Elle peut vouloir introduire un contre- argument (une contrepartie) : Certains s’opposent à

Même si la réserve présente et précise des limites dans le jugement porté sur la questionposée, elle ne doit pas contredire ni l’opnion de départ (en introduction) ni l’opniond’arrivée (en conclusion)

Comment exprimer une réserve ?

- Dans la conclusion.

Exemple : Malgré le cỏt élevé des études post-secondaires (réserve), je crois que l’assurance de trouver un emploi régulier est plus grande.

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II.2.6.5 L’opinion partagée

Il se peut que dans votre opinion vous soyez partagé entre le pour et le contre.Cependant, ces deux opinions devront faire partie de votre développement ó vous aurezmontré les avantages (pour) et les désavantages (contre) d’une question Votre opinion seraalors partagée entre les aspects positifs et les aspects négatifs de la question

Exemple : Quant à savoir s’il est préférable de poursuivre ses études ou se trouver un emploi régulier, mon opinion est partagée entre les avantages et les inconvénients de ces deux solutions.

Dans cet exemple, on choisit de ne pas présenter une opinion tranchée, car il estpartagé entre le pour et le contre

Introduction : opinion partagée

Développement : arguments pour (opinion pour) arguments contre.(opinion contre)

Conclusion : opinion pour et contre

II.2.6.6 L’opinion neutre

Il se peut que vous vouliez demeurer impartial et très objectif devant la question.L’opinion neutre résulte du fait que, après analyse, vous n’arrivez pas à vous prononcer

Exemple : Quant au fait de poursuivre ses études ou de chercher un travail à plein temps, je crois que cela dépend de chacun.

Ici, on ne se prononce pas personnellement sur la question posée La réponse appartient àchacun ou à la personne concernée

Ci-dessus, nous avons relevé les problèmes théoriques concernant la productionécrite, les caractéristiques essentielles d’un texte argumentatif Dans ce qui suit, nousallons aborder la question de l’erreur, ce qui nous conduit à examiner les erreurs commisespar nos élèves de seconde au lycée Chu Van An, à en trouver l’origine et les solutionsdestinées à améliorer la qualité de leur rédaction de texte argumentatif

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III ERREUR EN DIDACTIQUE DES LANGUES

III.1 Qu’est-ce que une erreur ? Qu’est- ce qu’une faute ?

Dans le langage courant, ces deux termes sont quasi équivalents ; néanmoins «faute » est marquée par une connotation religieuse ; dans ce contexte,

« erreur » est plus neutre Dans le domaine de la didactique des langues, erreur et fauterenvoient à une distinction de nature Les fautes correspondent à des errreurs de type

« lapus » inattention / fatigue que l’élève peut commettre et corriger (oubli des marques depluriel, alors que le mécanisme est maîtrisé) En revanche, les erreurs relèvent d’une

méconnaissance de la règle de fonctionnement (par exemple, accorder le pluriel de «cheval » en « chevals » lorsqu’on ignore s’il s’agit d’un pluriel irrégulier) Les élèves nepeuvent donc pas corriger seuls leurs erreurs

III.2 Le classement des erreurs

Il existe plusieurs types d’erreurs Nous proposons le classement de Michel Ducrot, un coordinateur de programmes pédagogiques à Alep-Syrie,responsable du Centre de Documentation Pédagogique d'Alep

Jean-III.2.1 Erreurs de cohérence et de cohésion textuelle

Ce sont les erreurs concernant :

- l’organisation spatiale du texte et mise en page : respect du type de texte (lettre :

en tête, formules de salutations, date …), la ponctuation (points, virgules,majuscules…) et la division en paragraphes…

- la règle de progression : Chaque nouvelle phrase doit apporter une information nouvelle

et pertinente par rapport à celle qui précède

- la règle d’isotopie : enchaîner les idées, avec les articulateurs logiques Ne pas passer ducoq à l’âne ! Les idées doivent être liées entre elles par un thème commun et qu’il y ait une unité de sens

- la règle de cohérence sémantique : Elle implique l’absence de contradition au niveau dusens à l’intérieur du texte Un texte doit être logique et ne pas affirmer une chose et son

contraire

III.2.2 Erreurs de morphosyntaxe

Les erreurs de morphosyntaxe portent sur :

- l’accord en genre, en nombre des noms et des adjectifs

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- le choix des prépositions et des déterminants…)

- le choix du verbe

- la morphologie des verbes au présent, au futur, au passé composé, imparfait ….

III.2.3 Erreurs liées au type de discours

Il s’agit des erreurs du registre de langue (ex : choix du pronom personnel tu / vous)

et du type de discours (oral / écrit quand on utilise un registre trop oral, familier par rapport

au contexte)

III.2.4 Erreurs lexicales

Les erreurs lexicales sont due au choix du lexique inapproprié Comme le cas duverbe « porter » que l’élève utilise à la placedes verbes « prendre » ou « ramasser » dans laphrase suivante :

« Elle voit le billet par terre et elle le porte tout de suite »

III.2.5 Erreurs de type phonèmes- graphèmes

Ces erreurs interviennent quand l’apprenant ne parvient pas à transcrire certainsphonèmes d’un mot, pouvant être transcrits de différentes façons, alors qu’il les prononcebien Exemple le son \]] peut être transcrit de différentes manières par exemple : ait, est,

es, ai S’il s’écrit le mot forêt comme forait ou forest.

III.2.6 Erreurs d’orthographe d’usage

Il s’agit des erreurs suivantes :

- Oubli ou rajout d’ une lettre

- Inversion des lettres

- Mot mal orthographié par méconnaissance

III.2.7 Erreurs phonétiques

Ce sont les fautes d’élision (ex : je ai) et les fautes dues à une prononciation erronée

(ex : vaconces au lieu de vacances).

III.3 Origine des erreurs

Pour arriver à analyser les erreurs, il n’est pas suffisant de les cataloguer mais decomprendre pourquoi, et surtout comment elles ont été commises afin de pouvoir lescorriger Nous cherchons donc leurs origines du côté de la langue enseignée, de ladifférence entre la langue maternelle et la langue enseignée, de la stratégie d’apprentissage

de l’apprenant et de la méthode d’enseignement utilisée

Ngày đăng: 08/11/2020, 14:40

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