1. Trang chủ
  2. » Giáo Dục - Đào Tạo

Enseignement du français commercial dans des écoles supérieures d’économie au vietnam représentations et propositions d’amélioration

199 48 0

Đang tải... (xem toàn văn)

Tài liệu hạn chế xem trước, để xem đầy đủ mời bạn chọn Tải xuống

THÔNG TIN TÀI LIỆU

Thông tin cơ bản

Định dạng
Số trang 199
Dung lượng 757,12 KB

Các công cụ chuyển đổi và chỉnh sửa cho tài liệu này

Nội dung

ETUDE DES REPRÉSENTATIONS DU FRANÇAIS COMMERCIAL ENSEIGNÉ DANS DES ÉCOLES SUPÉRIEURES D’ÉCONOMIE AU VIETNAM 43 CHAPITRE 3.. ÉTUDE DES REPRÉSENTATIONS DE L’ENSEIGNEMENT DU FRANCAIS COMMER

Trang 1

UNIVERSITÉ NATIONALE DE HANỌUNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES

ĐỖ THỊ THU GIANG

ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS COMMERCIALDANS DES ÉCOLES SUPÉRIEURES D’ÉCONOMIE AU VIETNAM :REPRÉSENTATIONS ET PROPOSITIONS D’AMÉLIORATION

GIẢNG DẠY TIẾNG PHÁP THƯƠNG MẠI Ở CÁC TRƯỜNG ĐẠI HỌCKINH TẾ TẠI VIỆT NAM : BIỂU TRƯNG VÀ ĐỀ XUẤT NÂNG CAO CHẤT

LƯỢNG

THÈSE DE DOCTORAT EN FRANÇAIS

HANỌ - 2015

Trang 2

UNIVERSITÉ NATIONALE DE HANỌUNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES

ĐỖ THỊ THU GIANG

ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS COMMERCIALDANS DES ÉCOLES SUPÉRIEURES D’ÉCONOMIE AU VIETNAM :REPRÉSENTATIONS ET PROPOSITIONS D’AMÉLIORATIONGIẢNG DẠY TIẾNG PHÁP THƯƠNG MẠI Ở CÁC TRƯỜNG ĐẠI HỌCKINH TẾ TẠI VIỆT NAM : BIỂU TRƯNG VÀ ĐỀ XUẤT NÂNG CAO CHẤT

HANỌ – 2015

Trang 3

À mon mari et mes enfants !

Trang 4

Je tiens tout d’abord à remercier mes deux directeurs de recherche, Madame le Professeur NGUYEN Van Dung et Monsieur le Professeur NGUYEN Lan Trung, pour m’avoir guidée, encouragée, conseillée pendant l’élaboration de notre thèse de doctorat Je les prie d’accepter ici ma profonde reconnaissance.

Je voudrais ensuite adresser mes remerciements aux professeurs du cours de doctorat en didactique du FLE qui m’ont enseignée et donné beaucoup de connaissances pratiques (notamment en termes de méthodologie de recherche) et utiles à la rédaction de ma thèse.

Mes remerciements vont également à mes collègues et aux étudiants francophones dans des écoles supérieures d’économie au Vietnam (Ecole supérieure de Commerce extérieur, Ecole supérieure de Commerce, Ecole d’Economie nationale de Hanoi, Ecole d’Economie de l’Université de Hue, Université des Sciences économiques de Hochiminh-ville) qui ont accepté de répondre ou faire répondre aux questionnaires,

de passer l’entrevue de l’enquête de ma thèse Je ne sais comment exprimer ma reconnaissance aux responsables francophones et professeurs de français des filières francophones de ces écoles et d’autres établissements (Institut Polytechnique de Hanoi, Université de Nhatrang, Université de Langues et d’études internationales de l’Université nationale de Hanoi, etc.) qui m’ont envoyé des documents et informations précieuses sur le français commercial et son enseignement dans leur école Je remercie particulièrement les étudiants francophones qui ont répondu à mes multiples demandes d’information par email ou téléphone et ont fait suivre ces demandes à leurs amis de classe ou de promotion.

Je n’oublierai pas les assistances permanentes du personnel administratif et des documentalistes du Département de la Formation Post-universitaire, Ecole

Trang 5

supérieure de Langues et d’Etudes internationales, Université Nationale de Hanọ pendant mes trois années d’études de doctorat.

Je voudrais exprimer ma reconnaissance à mon mari, mes enfants et tous les proches

de ma famille pour leur amour, leur compréhension et leurs encouragements sans lesquels je n’aurais jamais pu finir cette thèse.

Enfin, je prie tous ceux qui m’ont apporté des soutiens, matériels ou moraux, de recevoir mes remerciements les plus sincères.

Trang 6

ATTESTATION SUR L’HONNEUR

Je déclare sur l’honneur que j’ai accompli ma thèse de doctorat seule et sans aide extérieure non autorisée

Trang 7

TABLE DES MATIÈRES

LISTE DES ABRÉVIATIONS x

LISTE DES TABLEAUX xi

LISTE DES GRAPHIQUES ET FIGURE xiii

INTRODUCTION 1

PARTIE 1 CADRE THÉORIQUE 5

CHAPITRE 1 THÉORIE DE LA REPRÉSENTATION SOCIALE 6

1.1 Clarification du concept 6

1.1.1 Historique du concept et définition du dictionnaire 6

1.1.2 Clarification du concept de quelques auteurs 8

1.1.2.1 Emile Durkheim 8

1.1.2.2 Serge Moscovici 9

1.1.2.3 Denise Jodelet 10

1.1.2.4 Jean-Claude Abric 11

1.1.3 Synthèse de définitions en vue d’une adaptation du concept pour notre recherche 12 1.2 Caractéristiques et fonctions des représentations sociales 12

1.2.1 Caractéristiques 12

1.2.2 Fonctions 14

1.3 Fonctionnement des représentations sociales 15

1.3.1 Théorie du noyau central 16

1.3.2 Elaboration des représentations sociales 18

1.3.3 Evolution et transformation des représentations sociales 19

1.4 Synthèse des recherches sur les représentations sociales dans l’enseignement

21 Conclusion du chapitre 1 22

Trang 8

CHAPITRE 2 FRANÇAIS DE SPÉCIALITÉ ET SON ENSEIGNEMENT 24

2.1 Champ de la didactique du français à un public spécifique : origines et principes méthodologiques 24

2.2 Clarification du concept Français de Spécialité 28

2.2.1 Définition du Français de Spécialité et distinction avec le Français sur Objectifs Spécifiques (FOS) et le Français Langue Professionnelle (FLP) 28

2.2.1.1 Définition 28

2.2.1.2 Distinction du Français de Spécialité avec le FOS et le FLP 29

2.2.2 Question terminologique et le choix du terme Français de Spécialité 30

2.3 Enseignement du Français de Spécialité 33

2.3.1 Démarche pédagogique du Français de Spécialité 33

2.3.2 Elaboration de référentiels de formation en Français de Spécialité 36

2.3.2.1 Concept de référentiel 36

2.3.2.2 Elaboration d’un référentiel de Français de Spécialité 38

2.4 Synthèse des recherches sur le Français de Spécialité 40

Conclusion du chapitre 2 42

PARTIE 2 ETUDE DES REPRÉSENTATIONS DU FRANÇAIS COMMERCIAL ENSEIGNÉ DANS DES ÉCOLES SUPÉRIEURES D’ÉCONOMIE AU VIETNAM 43 CHAPITRE 3 APERÇU GÉNÉRAL DE L’ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS COMMERCIAL DANS LES ÉCOLES SUPÉRIEURES D’ÉCONOMIE AU VIETNAM

44 3.1 Licences d’économie proposées aux étudiants francophones au Vietnam 44

3.2 Objectif des programmes de licence d’économie 46

3.3 Le français commercial dans le programme de formation 48

3.4 Etudiants et corps professoral 53

3.4.1 Etudiants 53

3.4.2 Corps professoral 55

Trang 9

Conclusion du chapitre 3 59

CHAPITRE 4 ÉTUDE DES REPRÉSENTATIONS DE L’ENSEIGNEMENT DU FRANCAIS COMMERCIAL CHEZ LES ÉTUDIANTS ET ENSEIGNANTS DES ÉCOLES SUPÉRIEURES D’ÉCONOMIE AU VIETNAM 60

4.1 Méthodologie de l’enquête 60

4.1.1 Population de recherche 60

4.1.2 Echantillon de recherche 61

4.1.3 Outils de collecte de données 64

4.1.4 Déroulement de l’enquête 68

4.1.5 Technique de dépouillement et d’analyse des données 69

4.2 Analyse des données de l’enquête 71

4.2.1 Analyse verticale des données 72

4.2.1.1 Représentation sur « le français commercial » 73

4.2.1.2 Représentation sur « enseigner le français commercial » 77

4.2.1.3 Représentation sur « apprendre le français commercial » 81

4.2.2 Analyse horizontale des données 85

4.2.2.1 Représentation des étudiants sur l’enseignement du français commercial 86

4.2.2.2 Représentation des diplômés sur l’enseignement du français commercial 88

4.2.2.3 Représentation des enseignants sur l’enseignement du français commercial 90

4.2.3 Analyse des composantes de l’enseignement 93

4.2.3.1 Programme de formation 93

4.2.3.2 Professeurs 97

4.2.3.3 Apprenants 100

4.2.3.4 Méthodes et documents utilisés pour la formation 103

4.2.3.5 Evaluation générale de l’enseignement 105

4.2.4 Synthèse des entrevues 107

4.3 Récapitulatif des résutats 109

Conclusion du chapitre 4 113

Trang 10

CHAPITRE 5 PROPOSITIONS PÉDAGOGIQUES 114

5.1 Propositions générales aux écoles d’économie 114

5.1.1 Objectif de la formation 114

5.1.2 Contenu et progression de l’enseignement 115

5.1.3 Méthodologie de l’enseignement 119

5.1.4 Supports de cours 121

5.1.5 Professeurs et étudiants 123

5.1.5.1 Professeurs 123

5.1.5.2 Etudiants 124

5.2 Propositions d’amélioration de l’enseignement à l’ESCE 125

5.2.1 Programme de formation général et place du français commercial 126

5.2.2 Réajustement du contenu de l’enseignement 127

5.2.3 Réorganisation de la progression de l’enseignement 128

5.2.4 Réajustement du volume horaire 130

5.2.5 Elaboration de référentiels de formation et de fiches pédagogiques 131

5.2.5.1 Elaboration de référentiels de formation 131

5.2.5.2 Elaboration de fiches pédagogiques 136

Conclusion du chapitre 5 145

CONCLUSION 147

LISTE DES PUBLICATIONS ET COMMUNICATIONS LIÉES À LA THÈSE

150 BIBLIOGRAPHIE 151

ANNEXES

Trang 11

RÉSUMÉ

La recherche descriptive que nous avons adoptée a permis d’identifier lesreprésentations du français commercial enseigné dans le milieu universitaire auVietnam Pour y arriver, nous nous sommes basée sur la théorie de la représentationsociale et la méthodologie de l’enseignement du Français de Spécialité L’enquête parquestionnaire et l’entrevue semi-dirigée sont deux outils principaux de collecte dedonnées pour élaborer notre thèse Selon les résultats de recherche, l’enseignement dufrançais commercial dans des écoles supérieures d’économie au Vietnam estreprésenté par une image composée d’éléments portant sur un enseignement laissantencore à désirer Les problèmes sont repérés dans tous les éléments constitutifs del’enseignement : objectif de formation, programme, progression, méthodologie,niveau des professeurs, documents et méthodes utilisés… A partir des lacunesdétectées, on a proposé des mesures pédagogiques aux écoles supérieures d’économie

en général et à l’Ecole Supérieure de Commerce Extérieur ó l’auteure travaille enparticulier

Trang 12

Français Langue ProfessionnelleFrançais sur Objectifs SpécifiquesFilière Universitaire FrancophoneMinistère de l’Education et de la Formation du VietnamStructuro-globale audio-visuelle

Ecole supérieure d’Economie - Université de HueUniversité des Sciences économiques de Hochiminh-ville

Trang 13

Tableau 3.1 : Tableau récapitulatif des licences d’économie dans des écoles

supérieures d’économie au Vietnam 49Tableau 3.2 : Thèmes travaillés en français commercial dans des écoles supérieuresd’économie au Vietnam 51Tableau 3.3 : Nombre d’étudiants francophones en licence d’économie au Vietnam53

Tableau 3.4 : Nombre d’étudiants des licences d’économie françaises délocalisées

au Vietnam 54Tableau 3.5 : Nombre de professeurs de français commercial dans les écoles

supérieures au Vietnam 56Tableau 3.6 : Liste de méthodes et livres de français commercial utilisés dans desécoles supérieures d’économie du Vietnam 57Tableau 4.1 : Réponses des étudiants en 4e année à la question d’évocation pour leterme « le Français commercial » (Questionnaire 1) 73Tableau 4.2 : Mise en relation des réponses des 3 groupes d’enquêtés à la questiond’évocation pour l’objet « Le français commercial » (Q1, Q2, Q3) 75Tableau 4.3 : Réponses des étudiants en 4e année pour la question d’évocation pour

le terme « Enseigner le Français commercial » (Questionnaire 1) 77Tableau 4.4 : Mise en relation des réponses des 3 groupes d’enquêtés à la questiond’évocation pour le terme « Enseigner le français commercial » (Q1, Q2, Q3)……

… 80

Trang 14

Tableau 4.5 : Réponses des étudiants en 4e année à la question d’évocation pour leterme «Apprendre le Français commercial » (Questionnaire 1) 82Tableau 4.6 : Mise en relation des réponses des 3 groupes d’enquêtés pour le terme

« Apprendre le français commercial » (Q1, Q2, Q3) 83Tableau 4.7 : Mise en relation des réponses des étudiants en 4e année pour l’ensemble

du champ de l’enseignement/apprentissage du français commercial (Questionnaire 1)86

Tableau 4.8 : Mise en relation des réponses des diplômés pour l’ensemble du

champ de l’enseignement/apprentissage du français commercial (Questionnaire 2)88

Tableau 4.9 : Mise en relation des réponses des enseignants pour l’ensemble duchamp de l’enseignement/apprentissage du français commercial (Questionnaire 3)90

Tableau 4.10 : Mise en relation des termes les plus évoqués par les enquêtés surl’enseignement du français commercial 92Tableau 5.1 : Proposition de tronc commun de compétences langagières à

enseigner en français commercial 116Tableau 5.2 : Exemple de référentiel pour l’objectif de présenter l’organisation

d’une entreprise 120Tableau 5.3 : Progression actuelle du français commercial en rapport avec les cours

de spécialité à l’ESCE 129Tableau 5.4 : Proposition de thèmes et de progression du français commercial enrapport avec les cours de spécialité à l’ESCE 130Tableau 5.5 : Référentiel de compétences langagières à l’oral du domaine

d’import-export 132Tableau 5.6 : Référentiel de compétences langagières à l’écrit du domaine

d’import-export 134

Trang 15

l’objet « apprendre le français commercial » 82Graphique 4.6 : Structure et organisation de la représentation des enquêtés sur

l’objet « Apprendre le français commercial » 85Graphique 4.7 : Structure et organisation de la représentation de

l’enseignement/apprentissage du français commercial chez les étudiants 87Graphique 4.8 : Structure et organisation de la représentation de

l’enseignement/apprentissage du français commercial chez les diplômés 89Graphique 4.9 : Structure et organisation de la représentation de

l’enseignement/apprentissage du français commercial chez les enseignants 91Graphique 4.10 : Les thèmes enseignés en français commercial 94Graphique 4.11 : Lien entre les thèmes enseignés en français commercial et la

spécialité de formation 94Graphique 4.12 : Jugement de l’utilité des thèmes enseignés pour le travail dansl’avenir des étudiants 95Graphique 4.13 : Jugement de la cohérence de la progression de l’enseignement 96

Graphique 4.14 : Place des compétences de communication dans l’enseignement96

Graphique 4.15 : Types d’exercice dans les cours de français commercial 97

Trang 16

commercial 100Graphique 4.21 : Motivation des étudiants pour apprendre le français commercial101

Graphique 4.22 : Evaluation de la nécessité du français commercial pour les étudesd’économie en français en Master 101Graphique 4.23 : Evaluation de l’utilité du français commercial pour le travail 102Graphique 4.24 : Evaluation des difficultés des étudiants dans l’apprentissage 102

Graphique 4.25 : Difficultés des étudiants dans l’apprentissage 103Graphique 4.26 : Evaluation de la qualité des méthodes et documents utilisés dansl’enseignement 104Graphique 4.27 : Evaluation de l’adaptabilité des méthodes et documents utilisésdans l’enseignement 104Graphique 4.28 : Evaluation de la mise à jour des méthodes et documents utilisésdans l’enseignement 105Graphique 4.29 : Evaluation générale de la qualité de l’enseignement du françaiscommercial 106Graphique 4.30 : L’enseignement du français commercial répond-il aux attentesdes étudiants ? 106Figure 4.1 : Représentation du français commercial enseigné dans des écoles

supérieures d’économie au Vietnam

Trang 17

1 Problématique

Le français commercial est enseigné aux étudiants francophones de plusieurs écolessupérieures d’économie au Vietnam La qualité de son enseignement contribue àassurer l’employabilité des étudiants diplơmés qui devront, en fonction des acquisd’apprentissage visés par certaines écoles, travailler dans les entreprises et ycommuniquer avec les partenaires et clients français ou francophones Alors,l’enseignement du français commercial préoccupe les professeurs ainsi que lesorganisateurs de programme qui souhaitent proposer une formation de qualité auxétudiants francophones en économie

Toutefois, selon nos observations, les étudiants de l’Ecole Supérieure de CommerceExtérieur (ESCE) ó nous travaillons depuis une dizaine d’années semblent peusatisfaits de l’enseignement du français commercial sur lequel plusieurs critiques deleur part ont été faites Celles-ci portent sur le programme, la progression, le niveaudes enseignants et les documents utilisés pour la formation Personnellement, nousétions inquiétée par les remarques des étudiants selon lesquelles notre travail n’estpas apprécié malgré nos expériences de plusieurs années d’enseignement Ce souci ắté partagé par des collègues francophones d’autres écoles supérieures d’économie dupays qui ont fait la même remarque sur le français commercial enseigné dans leurécole et le degré de satisfaction limité des étudiants de ce cours Ces observationsnous permettent de supposer que l’enseignement du français commercial dans lesécoles supérieures d’économie au Vietnam ne répond pas encore aux attentes desétudiants

Pour vérifier notre hypothèse, nous avons voulu mener une étude sur lesreprésentations du français commercial des étudiants et enseignants des écolessupérieures d’économie au Vietnam parce que celle-ci est un procédé pourappréhender la réalité Les représentations trouvées permettront de détecter desproblèmes existants dans l’enseignement du français commercial et à partir deslacunes identifiées, nous pourrons proposer des mesures pour améliorer sa qualité

Trang 18

La seconde raison de notre choix du sujet est d’ordre scientifique A notreconnaissance, l’enseignement du français commercial dans les écoles supérieuresd’économie au Vietnam n’a jamais été étudié dans son ensemble, et lesreprésentations de cet enseignement non plus Il faudrait souligner cependant qu’il y a

5 ans, nous avons réalisé nous-même une recherche sur les représentations del’enseignement/apprentissage du français commercial à l’ESCE dans le cadre de notremémoire de master mais nous n’en étions pas encore satisfaite malgré les résultatsobtenus En effet, dans la recherche précédente, nous avons mené une enquête auprèsdes étudiants et des professeurs de l’ESCE mais nous n’avons pas eu le temps detraiter les réponses des enseignants pour identifier les représentations du françaiscommercial Ensuite, lors du dépouillement des données, les rangs d’apparition desmots évoqués par les enquêtés n’ont pas été pris en compte Le traitement seul desfréquences d’apparition des termes cités aurait dû nous procurer des résultatsinsuffisants Ces problèmes constatés nous ont incitée à nous remettre sur larecherche des représentations de l’enseignement du français commercial mais dansune perspective plus approfondie et plus large également Nous nous sommes fixéepour l’objectif de faire sortir la structure de la représentation (avec les élémentscentraux) et donc de déterminer de façon plus exacte la représentation du françaiscommercial enseigné dans des écoles supérieures d’économie au Vietnam Et pournotre enquête, nous allons traiter à la fois les réponses des étudiants et celles desprofesseurs Le dépouillement des mots cités par les enquêtés sera plus satisfaisantavec le traitement à la fois des fréquences et des rangs d’apparition des mots Notreéchantillon de recherche sera élargi, il sera constitué d’étudiants et d’enseignants deplusieurs écoles supérieures d’économie du pays

En termes d’approche théorique, notre thèse sera une étude en didactique(enseignement du français commercial) réalisée à la lumière d’une théoriesociologique (représentation sociale) Elle apportera une preuve pour attester lacrédibilité de l’étude des représentations sociales dans les études de terrain

Trang 19

De ce constat, nous nous posons les questions de recherche suivantes :

1 Quelles sont les représentations du français commercial enseigné dans des écoles supérieures d’économie au Vietnam ?

2 Sur quels points va-t-on intervenir pour améliorer la qualité de cet

enseignement ?

A partir de ces questions, nous formulons des hypothèses suivantes :

1 L’enseignement du français commercial est représenté chez les étudiants et enseignants par une image composée d’éléments portant sur un enseignement laissant à désirer.

2 Pour améliorer la qualité de l’enseignement du français commercial, il faut intervenir sur tous les éléments constitutifs de l’enseignement : programme, méthodologie, professeurs, apprenants, méthodes et documents.

2 Champ d’étude et objectif de la recherche

L’objectif de notre travail est de déterminer les représentations du françaiscommercial enseigné au niveau de la licence en économie chez les apprenants et lesenseignants de quelques écoles supérieures d’économie au Vietnam pour savoircomment notre enseignement est évalué Ainsi, nous étudions le français commercialenseigné dans les licences d’économie vietnamiennes et les licences d’économie enco-diplomation qui délivrent un diplôme vietnamien à l’issue de la formation, en plus

ou non d’un diplôme français Sont écartées donc de notre recherche les licencesfrançaises délocalisées au Vietnam qui délivrent seulement un diplôme français

Le but final de la recherche est de détecter des problèmes existants dansl’enseignement et de formuler des propositions pédagogiques, sur la base desreprésentations trouvées, pour améliorer l’enseignement du français commercial dansles écoles supérieures d’économie au Vietnam

Pour ce faire, nous nous basons sur deux théories pour réaliser notre recherche : lathéorie de la représentation sociale et la méthodologie de l’enseignement d’unelangue de spécialité

Trang 20

3 Méthodologie de recherche

Nous avons adopté une recherche descriptive qui a pour but d’identifier lesreprésentations du français commercial enseigné dans les écoles d’économie auVietnam chez leurs étudiants et enseignants Nous avons recours à deux outilsprincipaux de collecte de données : l’enquête par questionnaire et l’entrevue semi-

dirigée L’enquête par questionnaire est l’outil principal pour recueillir les

représentations des sujets étudiés sur l’enseignement du français commercial

L’entrevue semi-dirigée passée avec des enquêtés volontaires permet d’obtenir

davantage d’informations pour compléter et vérifier les résultats de l’enquête par

questionnaire En outre, la synthèse de documents et informations officiels et des

échanges avec étudiants, collègues, responsables francophones des écoles nous ontprocuré de précieuses informations sur l’enseignement du français commercial dansles écoles supérieures d’économie au Vietnam

4 Plan de la thèse

Notre thèse s’organise en deux grandes parties :

Dans la première partie, nous étudions la théorie de la représentation sociale et laméthodologie de l’enseignement du Français de Spécialité, deux volets du cadrethéorique de notre thèse Chaque théorie est présentée dans un chapitre séparé.(Chapitres 1 & 2)

La deuxième partie est organisée en trois chapitres Le premier (chapitre 3) nousdonne une vue générale du français commercial dans les programmes de formation enlicence d’économie des écoles supérieures d’économie au Vietnam Le deuxième(chapitre 4) est destiné à la présentation de la méthodologie de l’enquête et de sesrésultats Ce chapitre permet de vérifier nos hypothèses de recherche avancées audépart Dans le dernier (chapitre 5), nous formulons, sur la base des représentationsque se font nos étudiants et enseignants du français commercial, des propositionspédagogiques pour rentabiliser son enseignement

Trang 21

PARTIE 1 CADRE THÉORIQUE

Notre thèse cherche à identifier les représentations des étudiants et des enseignantssur le français commercial enseigné dans des écoles supérieures d’économie auVietnam Alors, dans cette partie, nous allons étudier en premier lieu la théorie de lareprésentation sociale qui sert de base théorique importante de notre étude En secondlieu, nous éclairerons les principes méthodologiques de l’enseignement du Français

de Spécialité pour en faire une référence théorique de l’enseignement du françaiscommercial

Trang 22

CHAPITRE 1 THÉORIE DE LA REPRÉSENTATION SOCIALE

La notion de représentation a été évoquée pour la première fois au XIXe siècle parEmile Durkheim Depuis, elle a été étudiée par de nombreux sociologues mais elleadopte toujours le même concept lié à une manière de penser, de s'approprier,d'interpréter notre réalité quotidienne et notre rapport au monde Elle est devenueainsi une théorie importante souvent utilisée dans des recherches en sciences sociales

et humaines

Pour comprendre le concept de base de notre recherche, nous allons étudier la théorie

de la représentation sociale dans son évolution et ses définitions, dans ses fonctions etses caractéristiques ainsi que dans son fonctionnement

1.1 Clarification du concept

1.1.1 Historique du concept et définition du dictionnaire

Historiquement, le concept de représentation sociale a vu le jour avec David EmileDurkheim (1858-1917), un sociologue français qui, à la fin du XIXe siècle, abordait àtravers l’étude des religions et des mythes les représentations individuelles et lesreprésentations collectives Il les distinguait en tenant compte des rapports entre elles(Durkheim, 1898)

Ensuite, le problème du rapport entre l’individu et le collectif a fait l’objet du débatdans le monde scientifique, mais c’est Moscovici qui a introduit en premier lieu, la

notion de représentation sociale dans sa thèse de 1961 intitulée "La psychanalyse, son image et son public Etude de la représentation sociale de la psychanalyse" Après Moscovici, de nombreux chercheurs se sont intéressés aux représentations sociales :

des psychosociologues comme Chombart de Lauwe, Farr, Jodelet et Herzlich, desanthropologues tels que Laplantine, des sociologues comme Bourdieu, des historiens

Trang 23

Codol (1982), et Doise (1986) qui s’inspire directement des travaux de Moscovici(1961) et de Bourdieu (1977) reconnaissent que les représentations sociales reflètentnos interactions avec les autres et nos communications sociales.

Et puis, Abric (1994) aborde la notion de représentation sociale d’une façon plusfonctionnelle Abric est également une figure de référence à propos de lareprésentation sociale en proposant la théorie de sa structure organisatrice constituéed’un noyau central et d’éléments périphériques Cette théorie est largement utiliséedepuis des années dans les recherches portant sur les représentations sociales

Sur le plan étymologique et linguistique, « représenter » vient du latin

« repraesentare, rendre présent » Le dictionnaire Larousse (version électronique) précise qu’en philosophie, la représentation est la « connaissance fournie à l’esprit par les sens

ou par la mémoire » et qu’en psychologie, c’est une « perception, une image mentale, etc., dont

le contenu se rapporte à un objet, à une situation, à une scène, etc., du monde dans lequel vit le sujet » La représentation est « l’action de rendre sensible quelque chose au moyen d’une figure, d’un symbole, d’un signe » Ces différentes définitions contiennent des mots clés qui permettent

d’approcher le concept de représentation: sujet et objet, image, figure, symbole, signe, perception

et action (Martin Sanchez, version électronique)

- Le sujet peut être un individu ou un groupe social.

- L’objet peut être aussi bien une personne, une chose, un événement matériel,

psychique ou social, un phénomène naturel, une idée, une théorie, etc ; il peut être

“aussi bien réel qu’imaginaire ou mythique, mais il est toujours requis.” (Jodelet,

1991 : 37)

- Le mot perception suggère le fait de se saisir d’un objet par les sens (visuel, auditif,

tactile…) ou par l’esprit (opération mentale)

- Le terme action renvoie à l’appropriation de l’objet perçu par le sujet.

- Image, figure, symbole, signe: ce sont des représentations de l’objet perçu et interprété.

Trang 24

Selon Descamps (version électronique), on peut repérer dans une représentation

sociale des éléments cognitifs ou intellectuels (images, contenus figuratifs, idées,

pensées, concepts abstraits, opinions, croyances, stéréotypes, idéologies ), des

éléments affectifs (émotions, sentiments, passions, réactions ), des éléments conatifs

ou volontaires (contenus évaluatifs, attitudes, tendances à réagir, orientation des

conduites, valeurs, normes sociales )

1.1.2 Clarifications du concept de quelques auteurs

Dans la communauté scientifique, de nombreuses définitions de la représentationsociale ont été proposées en fonction des points de vue des auteurs Nous allonsétudier le concept à travers les clarifications avancées par quelques chercheurs deréférence du domaine

1.1.2.1 Emile Durkheim

L’origine du concept de représentation sociale a été attribuée aux travaux de David

Emile Durkheim (1858-1917), qui dans ses études des religions et des mythes, évoque

les représentations individuelles et les représentations collectives Pour ce sociologue, « les premiers systèmes de représentations que l’homme s’est fait du monde et de lui-même sont d’origine religieuse Les représentations religieuses sont des représentations collectives qui expriment des réalités collectives; les rites sont des manières d'agir qui ne prennent naissance qu'au sein des groupes assemblés et qui sont destinés à susciter, à entretenir ou à refaire certains états mentaux de ces groupes» Ce sociologue a distingué les représentions collectives des représentations

individuelles En effet, ces dernières traduisent des états individuels qui s’expliquenttout entiers par la nature psychique de l’individu, au contraire, les représentations

collectives ou sociales traduisent des états de la collectivité : « elles dépendent de la manière dont celle-ci est constituée et organisée, de sa morpho-logie, de ses institutions religieuses, morales, économiques, etc Il y a donc entre ces deux espèces

de représentations toute la distance qui sépare l'individuel du social, et on ne peut pas plus dériver les secondes des premières qu'on ne peut

Trang 25

déduire la société de l'individu, le tout de la partie, le complexe du simple »

(Durkheim, 1912)

1.1.2.2 Serge Moscovici

En France, Serge Moscovici est le fondateur d'un vaste champ de recherche articuléautour des représentations sociales Avec Moscovici, les représentations collectives

de Durkheim sont devenues les représentations sociales, en passant de la sociologie

à la psychologie sociale Par là, le conflit entre l'action de l'individu et celle de lasociété est résolu, car l'individu fait partie de la société, est fait par la société mais de son tour,conjointement avec les autres individus, constitue la société qui les influence Ainsi, il reconnaîtles interactions constantes et le caractère dynamique du rapport individu/société Dans sesdifférents ouvrages (Moscovici, 1961, 1984, 2012, 2013), il montre que les représentationssociales ont le rôle d’instituer une réalité consensuelle, d’intégrer de la nouveauté par leurfonction socio-cognitive,

d'orienter les communications et les conduites Moscovici souligne que « la représentation sociale est (un) système de valeurs, de notions et de pratiques relatives à des objets, des aspects ou des dimensions du milieu social, qui permet non seulement la stabilisation du cadre de vie des individus et des groupes, mais qui constitue également un instrument d'orientation de la perception des situations et d'élaboration des réponses » (Moscovici, cité par Fischer, 1996) Cette définition de

Moscovici met l'accent sur le contenu (valeurs, notions, pratiques) et les fonctions(stabilisation du cadre de vie, instrument d'orientation, élaboration de réponses) d'unereprésentation sociale De plus, Moscovici (1963), en proposant que

« l’élaboration d’un objet social par une communauté avec l’objectif d’agir et de communiquer », rappelle qu’au-delà de toutes questions théoriques, que l’on peut se poser autour

de ce concept, il s’agit avant tout d’étudier un objet social, représenté par un groupe spécifique.C’est Moscovici (1961) qui a proposé les trois dimensions d’une représentation sociale : unedimension structurale (la représentation est un ensemble organisé), une dimension attitudinale(jugements à propos de l’objet) et

Trang 26

un niveau d’information détenu par l’individu au sein de son groupe d’appartenancesur un objet déterminé.

1.1.2.3 Denise Jodelet

Jodelet (1989) définit quant à elle les représentations sociales comme « une forme de connaissance [qui représente un ensemble organisé de cognitions, telles que les opinions, les croyances, ou les attitudes] socialement élaborée [par la communication, l’expérience, la référence aux normes] et partagée [car elle est commune à des groupes sociaux] ayant une visée pratique [elle agit sur le monde et permet d’interagir avec autrui] et concourant à la construction d’une réalité commune à un ensemble social Cette forme de connaissance, parce qu'elle se distingue de la connaissance scientifique, est parfois aussi appelée savoir de sens commun ou savoir nạf, voire croyance » Pourtant, l’étude des représentations d’un fait social est « aussi légitime que cette dernière [la connaissance scientifique] en raison de son importance dans la vie sociale, de l’éclairage qu’elle apporte sur les processus cognitifs et les interactions sociales » Les représenations sociales sont des

phénomènes cognitifs résultant de divers éléments liés à l’individu et au fait social àsavoir : expériences, pratiques, modèles de conduites et de pensée, implicationsnormatives et affectives Ainsi, l’étude des représenations sociales peut-elleconstituer une approche de la vie mentale de l’individu et du groupe Elles sonttraitées à la fois comme le produit et le processus d’importer la réalité extérieure dansl’esprit de l’homme (Jodelet, 1994)

Le concept de représentation sociale désigne une forme de connaissance spécifique

- le savoir de sens commun, une forme de pensée sociale Les représentations socialessont des modalités de pensée pratique orientées vers la communication, la compréhension et lamaỵtrise de l'environnement social, matériel et idéal Elles présentent ainsi des caractèresspécifiques au niveau de l'organisation des contenus, des opérations mentales et de la logique Le

caractère social des contenus ou des processus de représentation est lié « aux conditions et aux contextes dans lesquels émergent les représentations, aux communications par lesquelles elles circulent,

Trang 27

aux fonctions qu'elles servent dans l'interaction avec le monde et les autres »

(Jodelet, 1984)

1.1.2.4 Jean-Claude Abric

Comme les autres chercheurs, Jean-Claude Abric (1996, cité par Roussiau et Bonardi,

2001), propose une définition de la réprésentation sociale : « ensemble organisé et hiérarchisé des jugements, des attitudes et des informations qu’un groupe social donné élabore à propos d’un objet » Cette définition permet de situer les

représentations sociales sur trois premiers piliers proposés par Moscovici (1961).Abric a été l’un des premiers à s'interroger sur la structure des représentationssociales Selon Abric (1984, 1994), la représentation sociale est constituée d’élémentsorganisateurs, stables et non négociables (formant le noyau de la représentation)autour duquel se trouvent des éléments périphériques instables et négociables Lesreprésentations changeront seulement quand le noyau central change

Abric et Jodelet se rejoignent sur un point important lié à la représentation sociale : lareprésentation, ou la connaissance socialement partagée du monde, n’est ni réalitépure ni fiction pure Selon Abric (1994), la représentation n’est pas un simple reflet

de la réalité, elle est une organisation signifiante qui dépend des facteurs contingents(nature et contraintes de la situation, contexte immédiat, finalité de la situation) et desfacteurs plus généraux (contexte social et idéologique, place de l’individu dansl’organisation sociale, histoire de l’individu et du groupe, enjeux sociaux C’est ainsique toute représentation est vêtue de marquage social, enracinée dans une structuresociale Elle est donc ni tout à fait objective ni tout à fait subjective Il n’existe pas àpriori de réalité objective mais toute représentation est représentée car elle estappropriée par le sujet (l’individu ou le groupe), restructurée dans son systèmecognitif, intégré dans système de valeurs qui l’entoure Cette réalité appropriée etréorganisée constitue pour le sujet la réalité même Jodelet (1984) adopte le mêmeconstat en proposant que la représentation

Trang 28

sociale n’est « ni le doule du réel, ni le double de l’iréel, ni la partie subjective de l’objet, ni la partie objective du sujet ».

En bref, les représentations sociales, une forme de connaissance spécifique,

socialement élaborée et partagée, organisée en un double système avec noyau central

et éléments périfériques, sont considérées comme systèmes d’interprétation de notrecognition, notre pensée et notre relation avec les autres et le monde en général,recensées susceptibles d’orienter nos communications et comportements sociaux.Elles contribuent donc à la diffusion et l’assimilation des connaissances, à latransformation sociale

1.1.3 Synthèse de définitions en vue d’une adaptation du concept pour notre recherche A travers l’analyse des définitions et des points de vue sur la représentation

sociale ci-dessus présentés, nous voudrions adopter pour notre thèse ce qui suitcomme la définition du concept de représentation sociale :

La représentation sociale désigne un ensemble d’opinions, d’attitudes et d’informations à propos d’un objet donné, elle est socialement élaborée et partagée par les membres d’un groupe social, structurée en un double système avec noyau central et éléments périphériques Elle résulte d’un ensemble de communications sociales permettant d’interpréter notre environnement quotidien et d’orienter les conduites des individus dans leur vie.

Par cette définition, nous voudrions, comme les auteurs de la théorie (Moscovici,Abric, Jodelet), faire ressortir trois aspects importants de la représentation sociale :attitudinal, structural et communicationnel

1.2 Caractéristiques et fonctions des représentations sociales

1.2.1 Caractéristiques

Les caractéristiques de la représentation sociale ont été dégagées à travers lesanalyses du concept par les auteurs cités ci-dessus

Tout d’abord, la représentation sociale est un savoir de sens commun En ce sens, elle

témoigne de la connaissance spontanée d'un sujet par rapport à des éléments de la viequotidienne se distinguant, de cette façon, du savoir scientifique Pourtant,

Trang 29

l’étude des représentations sociales est aussi légitime que le savoir scientifique enraison de son importance dans la vie sociale et de son apport d’eclairages sur lesprocessus cognitifs et des intéractions sociales.

Ensuite, la représentation sociale est également une construction sociale de la réalité Elle est le « résultat d'un processus d'élaboration basé sur des mécanismes individuels et collectifs » (Jodelet, 2003) et « le produit d'une interaction entre le psychisme humain et le culturel ou social » (Chombart de Lauwe et Feuerhahn,

1997) Sur le plan individuel, la construction sociale de l'objet nécessite lamobilisation de processus cognitifs et psychologiques Se représenter impliquel'individu dans sa subjectivité et dans son expérience Ce qui fait dire à Jodelet que la

représentation sociale a également un caractère autonome et créatif Elle peut ainsi

être considérée comme une forme d'expression du sujet Le sujet avec ce qu'il est, cequ'il pense, ce qu'il connaît, prend les morceaux de tout cela pour créer des figures quiseront le reflet de sa réalité

Aux dimensions cognitives et psychologiques s'ajoutent des dimensions sociales etcollectives Pour Jodelet, la représentation sociale prend sa source dans les savoirsqui sont élaborés et partagés par une société, et qui nous sont transmis par la tradition,l'éducation et la communication orale En ce sens, les catégories qui structurent etexpriment la représentation sociale sont des catégories empruntées à un fondscommun de culture Ainsi, les valeurs, les normes sociales, le contexte historique,l'expérience, les savoirs et les modèles sont tous des éléments contribuant àl'élaboration de la représentation sociale

En plus d'être une réalité construite, la représentation sociale est aussi caractérisée par

sa forme figurative et imageante L'acte de se représenter implique la mise en image

de l'objet, par le sujet, en lui attribuant des traits concrets par le biais de l'imagination

ou de l'imaginaire Bien qu'elle reprenne certains traits de l'objet, cette mise en imagen'est pas une copie conforme de la réalité La forme figurative ou imageante de la

représentation sociale est indissociable de son caractère symbolique et signifiant Elle

témoigne de la façon dont le sujet interprète le monde et du sens

Trang 30

qu'un objet a pour lui La représentation fait donc « correspondre à toute figure un sens et à tout sens une figure» (Jodelet, 2003).

Enfin, la représentation sociale est aussi une façon pour l'individu de se situer dans l'espace social La position que le sujet adopte par rapport à un objet lui permet aussi

de se situer par rapport à d'autres sujets Jodelet affirme, en ce sens, que lareprésentation sociale marque l'appartenance de l'individu à un groupe

En résumé, on reconnaît les différentes caractéristiques des représentations sociales

parmi lesquelles les plus importantes: savoir de sens commun, moyen de constructionsociale de la réalité, autonome, créatif, symbolique et signifiant Surtout, lareprésentation sociale nous permet de positionner l’individu dans l’espace social

1.2.2 Fonctions

Roussiau et Bonardi (2001) synthétisent à travers les recherches sur les

représentations sociales trois vocations essentielles de celles-ci : communication, reconstruction du réel et maîtrise de l’environnement Etant une forme de pensée socialement construite, les représentations ont à « assurer la communication entre les membres d’une communauté en leur proposant un code pour leurs échanges et un code pour nommer et classer de manière univoque les parties de leur monde, de leur histoire individuelle ou collective » (Moscovici, 1961).

De façon concrète, on pourrait énumérer les fonctions différentes des représentationssociales comme suit :

D’abord, elles ont des fonctions cognitives En effet, elles permettent aux individus

d’intégrer des données nouvelles à leurs cadres de pensée Ces connaissances ou cesidées neuves sont diffusées plus particulièrement par certaines catégories sociales: lesjournalistes, les politiques, les médecins, les formateurs…

Ensuite, les représentations ont des fonctions d’interprétation et de construction de la réalité Elles sont une manière de penser et d’interpréter le monde et la vie Les

valeurs et le contexte dans lequel elles s’élaborent ont une incidence sur laconstruction de la réalité Il existe toujours une part de création individuelle ou

Trang 31

collective dans les représentations C’est pourquoi, elles ne sont pas figées Elleévoluent, même parfois très lentement.

Les représentations ont également des fonctions d’orientation des conduites et des comportements Elles sont porteuses de sens, elles créent du lien, et en cela elles ont

une fonction sociale Elles aident les gens à communiquer, à se diriger dans leurenvironnement et à agir Elles engendrent des attitudes, des opinions et descomportements parce qu’elles permettent à l’individu de filtrer, dans la réalitésociale, ce qui va dans le sens de son opinion, c’est-à-dire que l’individu vareconstruire la réalité en fonction de son système d’opinion Elles ont donc un aspectprescriptif “Elle définit ce qui est licite, tolérable ou inacceptable dans un contextesocial donné.” (Abric, 1997)

En outre, on reconnaît des fonctions identitaires des représentations sociales En effet,

celles-ci permettent de situer les sujets dans leur champ social et d’élaborer uneidentité sociale compatible avec des systèmes de normes et de valeurs déterminés.Selon Jodelet (1991), “partager une idée, un langage, c’est aussi affirmer un liensocial et une identité.”

Enfin, d’autres fonctions affichées aux représentations sociales sont celles de

justification des pratiques Celles-ci nous semblent très liées aux fonctions

précédentes Les représentations que le sujet va se faire de l’autre justifient des prises

de position et des comportements Selon Abric (1997), il s’agit d’un “nouveau rôle des représentations: celui du maintien ou du renforcement de la position sociale du groupe concerné.”

En somme, les représentations ont des fonctions importantes dans la vie humaine car

elles nous permettent non seulement de percevoir le monde mais aussi de modifiernotre vision du monde ainsi que d’affirmer notre identité sociale

1.3 Fonctionnement des représentations sociales

Pour bien comprendre comment s’élaborent les représentations, il est important d’étudierleur organisation et leur structure, c’est-à-dire la façon dont elles se forment

Trang 32

1.3.1 Théorie du noyau central

Abric a été l'un des premiers chercheurs à avoir analysé l'organisation et la structure

de la représentation sociale Ensuite, les travaux de Flament (1987), Guimelli etRouquette (1992) ou encore Moliner (1989 ; 1995) ont également contribué à lathéorie du noyau développée par Abric, tant au niveau théorique, méthodologiquequ’empirique Elle est devenue maintenant un des modèles les plus achevés etcohérents des représentations sociales (Valence et Roussiau, 2005)

Selon cette théorie, une représentation sociale est un ensemble organisé et structuréd’informations, de croyances, d’opinions et d’attitudes qui constituent un systèmesociocognitif particulier composé de deux sous-systèmes en interaction : un systèmecentral et un système périphérique (Abric, 2003) Le noyau central est formé deséléments stables et organisateurs de la représentation qui caractérisent l’objet social(par exemple, le fait qu'un psychologue travaille sur le fonctionnement mental desgens) Sans eux, l'objet social n'est plus le même (un praticien ne travaillant pas sur lefonctionnement mental des gens, ne peut pas être psychologue) Ces éléments

centraux sont donc dits stables, organisateurs, et non négociables Ils sont

généralement des préjugés, des stéréotypes ou des opinions Autour de ces élémentscentraux, on trouve des éléments périphériques, faisant partie de la représentationsociale, mais ne sont pas indispensables pour définir la représentation sociale Parexemple, le fait de prescrire des médicaments est un élément de la représentationsociale du psychologue Mais on peut l'enlever sans dénaturer complètement le

concept de "psychologue" Ces éléments périphériques sont donc négociables, ils n'organisent pas la représentation (ils ne définissent pas celle-ci) et sont par conséquent relativements instables (Desbrosses, 2008, version numérique).

Chaque système joue un rôle spécifique mais ils sont complémentaires l’un de l’autre

Le noyau central, considéré comme la base fondamentale de la représentation, vaexprimer le système de valeurs et les conditions socio-historiques d’existence ducollectif ; c’est ainsi le système de normes de l’environnement auquel le groupe seréfère Le système périphérique, quant à lui, n'est pas normatif

Trang 33

mais fonctionnel et dynamique Il permet d'ancrer la représentation dans la réalité dumoment mais est donc plus sensible et déterminé par le contexte immédiat Ilconstitue alors l'interface entre la réalité concrète et le système central, permetl’intégration de l’histoire propre du sujet et donc il rend concret la dimensionnormative du système central (Valence et Roussiau, 2005).

Cette approche structurale met en importance les aspects consensuels des élémentsincontournables du noyau central Celui-ci est constitué d’un petit nombre d’éléments

de haut consensus (small number of highly consensual elements – high consensuszone, Castellotti et Moore, 2002) qui sont stables Les deux représentations sontconsidérées comme distinctes seulement si elles sont composées de deux systèmescentraux différents (Moliner, 1996) Et les représentations changeront seulementquand leur noyau central change C’est pourquoi, repérer et identifier le systèmecentral d’une représentation nous permettra de comprendre ce qui constitue le « cœur

», le fondement social d’une représentation et donc de comprendre sonfonctionnement et sa dynamique dans une perspective de mise en évidence descognitions partagées d’une population donnée par rapport à un objet (Valence etRoussiau, 2005)

Pour appuyer sa théorie du noyau central selon laquelle les éléments centraux sontincontournables pour l’existence de la repésentation, Abric (1989, cité par Desbrosses2008) donne une hypothèse : si l’on demande à quelqu'un de mémoriser lescaractéristiques d’un objet social, les préconnaissances (reflétant la représentationsociale) seront beaucoup mieux retenues que des caractéristiques atypiques quepossède cet objet social particulier Ceci implique le fait suivant : lorsqu'on demande

à des sujets de mémoriser une liste de mots, ils devraient retenir plus de mots si cesmots impliquent les éléments centraux d'une représentation Il est plus aisé de serappeler un tout uniforme et déjà connu : si on en a oublié un morceau, alors parhabitude ou par routine, on peut le re-deviner sans efforts A l'inverse, ces mêmeséléments, si on ne les organise pas il est vraisemblable qu'il soit plus difficile de seles remémorer

Trang 34

La théorie du noyau central d’Abric et son expérimentation sur la représentation de

l’artisan (dont le noyau central est constitué d’éléments suivants : travailleur manuel, amour du métier, travail personnalisé, travail de qualité, apprenti) montrent que les

représentations sociales sont constituées d'éléments centraux stables et organisateurs,des éléments que notre mémoire organise et emporte en permanence Nous pouvonsdonc les retenir (en mémoire immédiate et en mémoire différée), réagir vite face àeux en situation naturelle sans réellement réfléchir

En somme, la représentation sociale s’organise sous forme d’un système constitué

d’un système central (noyau central ou noyau organisationnel) et d’un systèmepériphérique C’est le premier qui est stable, organisateur et normatif pour lareprésentation Il est constitué des éléments que notre mémoire contient enpermanence et que nous pouvons les restituer en premier lieu de façon spontanée

1.3.2 Elaboration des représentations sociales

Rouquette et Rateau (1998) nous montrent deux composantes d’une représentation:ses éléments constitutifs et les liens interdépendants entre ces éléments

Lorsqu’une représentation se crée, deux processus se mettent en oeuvre:l’objectivation avec la constitution d’un noyau figuratif et l’ancrage

D’abord, l’objectivation, c’est l’acte de résorber un excès de significations en les

matérialisant (Moscovici, cité par Jodelet, 1997) Ce processus permet aux individus

de s’approprier et d’intégrer des phénomènes ou des savoirs complexes Il comportetrois phases : le tri des informations, la formation d’un modèle ou noyau figuratif et lanaturalisation des éléments choisis pour la représentation Plus précisément, le tri desinformations se fait en fonction de critères culturels et surtout normatifs, ce qui exclutune partie des éléments ; la formation d’un modèle réside dans le fait que lesinformations s’organisent en un noyau simple, concret, imagé et cohérent avec laculture et les normes sociales ambiantes ; la naturalisation des éléments choisisconsiste dans l’acte d’acclimater, d’adopter de façon durable des éléments auxquels

on attribue des propriétés ou des caractères L’ensemble de la représentation sociales’élabore autour du noyau figuratif

Trang 35

Ensuite, le deuxième processus est l’ancrage qui est l’enracinement social de la

représentation et de son objet En effet, l’objet représenté est investi d’unesignification par le sujet concerné par sa représentation A travers le sens, l’idéesociale et culturelle du sujet doit s’exprimer Mais les éléments de la représentation nefont pas qu’exprimer des rapports sociaux mais contribuent à les constituer aussi Lelangage commun qui se crée entre les individus et les groupes à partir d’unereprésentation sociale partagée leur permet de communiquer entre eux Ainsi, lesystème de référence établi exerce-t-il à son tour une influence sur les phénomènessociaux L’ancrage comporte également l’enracinement dans le système de penséepréexistant: pour intégrer de nouvelles données, les sujets concernés les classent et lesrangent dans des classes de pensée socialement établies

Bref, le processus d’objectivation, en relation avec celui d’ancrage, articule les trois

fonctions de base de la représentation: interprétation de la réalité ; fonction cognitived’intégration de la nouveauté ; orientation des conduites et des rapports sociaux

1.3.3 Evolution et transformation des représentations sociales

La représentation sociale est structurée en un double système: le noyau central et lesystème périphérique

Le noyau central est constitué d’éléments qui donnent sens à la représentation: lanature de l’objet représenté, la relation de cet objet avec le sujet et le système devaleurs et de normes Il exerce deux fonctions essentielles dans la structure et ladynamique représentationnelle Sa fonction organisatrice permet de déterminer lanature des relations entre les éléments de la représentation ; ce noyau central estl’élément unificateur et stabilisateur de la représentation Sa fonction génératriceprécise la signification de chaque élément du champ représentationnel Le noyaucentral est l’élément le plus stable de la représentation Il est très difficile de lemodifier Ainsi, Mugny et Carugati (1985) parlent-ils de “noyau dur” Autour de cenoyau s’organisent les éléments périphériques

Même si le noyau central est le fondement de la représentation, les éléments

périphériques y tiennent aussi une place importante Selon Abric (1994), “ils

Trang 36

comprennent des informations retenues, sélectionnées et interprétées, des jugements formulés à propos de l’objet et de son environnement, des stéréotypes et des croyances Ils constituent l’interface entre le noyau central et la situation concrète dans laquelle s’élabore ou fonctionne la représentation.” Ces éléments permettent

l’ancrage de la représentation dans la réalité des sujets sociaux Ces élémentsprésentent une plus grande souplesse que les éléments centraux et sont le lieu del’individualisation de la représentation, ils interviennent dans les processus de sadéfense et sa transformation

Donc, la représentation est vêtue d’une double dimension, statique et dynamique tout

à la fois Et elle ne se transforme véritablement que lorsque son noyau central change(Flament, 1994) Pour préserver ce noyau (la partie non négociable) le processusreprésentationnel génère des périphéries dont l’une des fonctions est de protéger lenoyau central Par contre, ces périphéries sont plus vulnérables et des modificationssont donc possibles sans remettre en cause la structure globale de la représentationsociale

En conclusion, le concept de représentation sociale, apparu depuis le XIXe siècle, ne

cesse de se développer et d’être largement utilisé comme théorie de base en scienceshumaines Désignant une forme de connaissance socialement élaborée et partagée parles membres d’un groupe social, la représentation sociale reflète une manière depenser, de percevoir et d’interpréter notre réalité quotidienne et notre rapport aumonde A la fois statique et dynamique, elle se transforme véritablement lorsque sonnoyau central change

Pour notre étude, nous nous intéressons à cette théorie parce qu’elle nous prescrit dedevoir repérer le noyau central des représentations du français commercial chez lesétudiants et professeurs pour comprendre la nature de son enseignement - fait socialétudié de notre recherche L’expérimentation d’Abric pour la représentation del’artisan nous a suggéré une piste de recherche pour pouvoir identifier lesreprésentations sociales de l’enseignement du français commercial : technique

Trang 37

d’association des mots qui consiste à faire évoquer aux enseignants et étudiants desitems liés à l’objet social (dans notre cas c’est le français commercial) et en recenserles plus fréquents.

1.4 Synthèse des recherches sur les représentations sociales dans l’enseignement Le concept de représentation est non seulement une partie prenante des problématiques sociolinguistiques mais aussi elle est largement abordée en didactique des langues et dans les travaux portant sur l’apprentissage des langues (Matthey, 1997 ; Zarate et Candelier, 1997)

De nombreux chercheurs ont fait ce constat : les images que se font les apprenantsd’une langue, de sa culture, de ses locuteurs et des pays ó elle est parlée ont deseffets importants sur leur apprentissage On peut en citer Zarate (1993), Candelier &Hermann-Brennecke (1993), Cain & De Pietro (1997), Berger (1998), Muller (1998),Matthey éd (1997), Paganini (1998)

Les représentations sociales sont également sujets de recherche pour plusieurs thèses

de doctorat Ces études portent sur l’école et ses acteurs comme celles de Bouchut

(2010), Morcillo (2000), Owino (2012), Aisenson (2008), etc ; plusieurs auteursabordent précisément les représentations de l’enseignement/apprentissage : Masset(2009), Boudebia (2012), Al Yazigi (2007), Yue Zhang (2012), etc

Certains chercheurs asiatiques ont mené aussi, dans le cadre de leurs étudesuniversitaires en France, des recherches sur les représentations sociales de la languefrançaise chez les étudiants de leurs pays ou d’autres pays de la région Par exemple,Xie Yong (2007) identifie les facteurs qui interviennent dans la construction desreprésentions de la France et des Français chez 6 groupes de Chinois différents etl’auteur démontre l’implication des représentations dansl’enseignement/apprentissage du français en Chine De sa part, Suthisa Rojana-Anun(2005) a soutenu sa thèse sur les représentations du français en Asie du Sud-Est chezles étudiants de licence de son pays (la Thailande), du Cambodge, du Laos, deSingapour et du Vietnam

Trang 38

Des chercheurs vietnamiens, eux aussi, dans leurs études universitaires en France,abordent les représentations sociales de la langue et/ou de la culture françaises et/ou

vietnamiennes Nguyen Van Dung (2000), dans sa thèse intitulée La représentation des rapports de politesse dans la littérature vietnamienne contemporaine Ouvertures, Clotures et Système d’adresse, soutenue en France à l’Université de

Rouen, a décrit les manifestations de la politesse vietnamienne dans la nouvelleconjoncture socio-économique des années 90 et montré que les manifestationslinguistiques de la politesse française ne sont pas foncièrement différentes de celles

de la politesse vietnamienne malgré les différences de cultures De son côté, Thi

Phuong Lan Nguyen-Percher (2010), dans sa thèse intitulée Représentations de la francophonie chez les futurs enseignants de français langue étrangère dans les universités vietnamiennes, a repéré les représentations de la francophonie chez vingt

futurs enseignants vietnamiens de FLE pour mettre en évidence les mécanismessémantico-discursifs et pragmatico-discursifs employés dans leurs discours et ainsifaire apparaître les constitutions identitaires francophones au Vietnam

De notre côté, nous étudions dans notre thèse les représentations de l’enseignement

du français commercial mais non pas celles de la langue française et de la culturefrançaise ni celles d’une matière enseignée dans le milieu scolaire comme dans laplupart des recherches en la matière On pourrait dire que nous avons identifié unautre objet des représentations : une pratique (enseignement de la langue à viséeprofessionnelle) mais non pas une langue/culture ou une discipline enseignée

Conclusion du chapitre 1

A l’origine, la représentation sociale est un concept de la sociologie, développée parEmile Durkheim au XIXe siècle et après par Moscovici et d’autres chercheurs.Depuis, elle est étudiée dans les domaines des sciences sociales et humaines dont lasociologie, la psychologie, la linguistique La représentation sociale désigne unensemble d’opinions, d’attitudes et d’informations à propos d’un objet donné, elle estsocialement élaborée et partagée par les membres d’un groupe social, structurée

Trang 39

en un double système avec le noyau central et les éléments périphériques Elle résulted’un ensemble de communications sociales permettant d’interpréter notreenvironnement quotidien et d’orienter les conduites des individus dans leur vie.

Il est important de souligner qu’il n’y a pas de représentation sans objet Cet objetpeut être matériel ou immatériel, réel ou imaginaire ou mythique mais pour uneélaboration représentationnelle, l’objet doit être complexe, polymorphe et polémique.Quant à son organisation, la représentation sociale s’organise en un double système :noyau central et éléments périphériques Le noyau central est constitué d’élémentsorganisateurs stables et les éléments périphériques sont dynamiques Lareprésentation d’un objet changera seulement quand son noyau central change

Dans les recherches, il faut être conscient d’une caractéristique importante de lareprésentation sociale : elle est une forme de connaissance spécifique – une forme de

pensée sociale appelée parfois savoir nạf qui se distingue de la connaissance scientifique, mais son étude est aussi légitime que celle de la connaissance scientifique en raison de son importance dans la vie sociale, de l’éclairage qu’elle

apporte sur les processus cognitifs et les interactions sociales Elle n’est pas le double

du réel ni celui de l’irréel Elle n’est pas ni tout à fait objective, ni tout à faitsubjective

Pour notre cas d’étude, l’objet social des représentations étudiées n’est pas la languefrançaise en tant que langue/culture ou en tant qu’une matière mais c’est une pratiqueprofessionnelle : enseignement/apprentissage du français commercial Nousvoudrions identifier les représentations des acteurs principaux (professeurs etétudiants) de l’école de cette pratique dans le milieu universitaire vietnamien

Trang 40

CHAPITRE 2 FRANÇAIS DE SPÉCIALITÉ ET SON ENSEIGNEMENT

Le Français de Spécialité, une branche du FLE, devra être enseigné selon uneméthodologie particulière Nous passons en revue dans ce chapitre les origines et lesprincipes méthodologiques du champ de la didactique du français à un publicspécifique en général et ceux de l’enseignement du Français de Spécialité enparticulier

2.1 Champ de la didactique du français à un public spécifique : origines et principesméthodologiques

Depuis les années vingt du XIXe siècle, l’enseignement du français à un publicspécifique a vu le jour Pourtant, c’est vers les années soixante que les approchesdidactiques visant à enseigner les langues vivantes en général et le français enparticulier à un public spécifique en voie de professionnalisation ou en activité ontcommencé à s’imposer comme un courant scientifique Depuis une cinquantained’années, ce champ de la didactique du FLE s’est bien développé avec une dizained’appellations le désignant qui se sucèdent et se distinguent plus ou moins enfonction des priorités et options méthodologiques

Le champ de la didactique du français à finalité pratique et professionnelle,

commence son histoire dans les années vingt du XXe siècle ó est né le Français militaire avec un manuel du français militaire (en 1927) destiné aux soldats non-

francophones combattant dans l’armée française (algériens, sénégalais, marocains) Vers les années soixante et soixante-dix, le français, en tant que langue étrangère, connaỵt un repli sur la scène internationale Alors, on a cherché de nouveaux publics dans différents secteurs et donc prêté une grande attention aux domaines des sciences,

de la technique, du droit, de l’économie Cette politique linguistique a fait naỵtre en France un nouvel enseignement du français, destiné à un public spécifique, ce qu’on

appelle Français scientifique et technique Cette appellation fait référence

à des variétés de langue et des publics de l’enseignement mais ne renvoie à aucuneméthodologie particulière (Lehmann, 1993 : 41) Dans la décennie 1963-1973, le

Ngày đăng: 17/10/2020, 15:52

TÀI LIỆU CÙNG NGƯỜI DÙNG

TÀI LIỆU LIÊN QUAN

🧩 Sản phẩm bạn có thể quan tâm

w