1. Trang chủ
  2. » Thể loại khác

ÉTUDE COMPARATIVE DES ACTES DE REFUS DANS LES PETITS COMMERCES EN FRANCE ET AU VIETNAM

132 16 0

Đang tải... (xem toàn văn)

Tài liệu hạn chế xem trước, để xem đầy đủ mời bạn chọn Tải xuống

THÔNG TIN TÀI LIỆU

Thông tin cơ bản

Định dạng
Số trang 132
Dung lượng 1,45 MB

Các công cụ chuyển đổi và chỉnh sửa cho tài liệu này

Nội dung

Cette recherche est pour connaître comment l’acte de refus est formulé et amené dans les interactions dans les petits commerces.. Pour toutes les raisons ci-dessus, nous avons décidé de

Trang 1

UNIVERSITÉ NATIONALE DE HANỌ UNIVERSITÉ DES LANGUES ET DES ÉTUDES INTERNATIONALES

NGHIÊN CỨU SO SÁNH HÀNH ĐỘNG TỪ CHỐI

TRONG CÁC CỬA HÀNG BÁN LẺ Ở PHÁP VÀ VIỆT NAM

MÉMOIRE DE FIN D’ÉTUDES POST-UNIVERSITAIRES

Discipline : Linguistiques françaises Code : 602.202.03

Hanọ – 2014

Trang 2

UNIVERSITÉ NATIONALE DE HANỌ UNIVERSITÉ DES LANGUES ET DES ÉTUDES INTERNATIONALES

NGHIÊN CỨU SO SÁNH HÀNH ĐỘNG TỪ CHỐI

TRONG CÁC CỬA HÀNG BÁN LẺ Ở PHÁP VÀ VIỆT NAM

MÉMOIRE DE FIN D’ÉTUDES POST-UNIVERSITAIRES

Discipline : Linguistiques françaises

Code : 602.202.03 Directeur de recherche : Monsieur Pr Dr TRỊNH ĐỨC THÁI

Hanọ – 2014

Trang 3

ATTESTATION SUR L’HONNEUR

J’atteste sur l’honneur que ce mémoire a été réalisé par même et les résultats qui y sont présentés sont exacts et n’ont jamais été publiés ailleurs

moi-Trần Thị Thu Phương

Trang 4

REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier vivement Monsieur le Professeur TRỊNH

ĐỨC THÁI qui a la gentillesse d’avoir accepté de diriger mon

travail de recherche et de m’avoir permis de tirer le corpus de son corpus de la thèse Sa direction méthodologique et scientifique, ses conseils précieux ainsi que son soutien attentif m’ont apporté un grand courage à faire cette recherche

Mes sincères remerciements vont également à mes collègues et à mes amis qui m’ont beaucoup aidé en me donnant des conseils précieux à chaque pas de mon travail de recherche

Je tiens à témoigner ma profonde gratitude à ma famille pour ses encouragement permanents

Trang 5

LISTE DES ABRÉVIATIONS

Trang 6

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION 1

CHAPITRE I: ACTES DE LANGAGE ET ACTE DE REFUS 5

I- CADRES THÉORIQUES 5

1 Concepts des actes de langage de l’époque classique au début du XXe siècle…6 1.2 Concepts des actes de langage d’Austin et de Searle 8

1.3 Concept des actes de langage de C.Kerbrat-Orecchioni 13

2 Formulation des actes de langage 14

2.1 Acte de langage direct 15

2.2 Acte de langage indirect 16

3 Facteurs d’influence des actes de langage 20

3.1 Contexte 20

3.1.1 Site (cadre spatio-temporel) 21

3.1.2 But 22

3.1.3 Participants 22

3.2 Interaction verbale et relation interpersonnelle 22

3.2.1 Relation horizontale 23

3.2.2 Relation verticale 24

3.3 Politesse 25

3.3.1 Notion de “face” et de “territoire” d’E.Goffman 25

3.3.2 Modèle de politesse de Brown et Levinson 26

3.3.3 Modèle de politesse de C.Kerbrat-Orecchioni 28

II- ACTE DE REFUS 30

1 Définition dans les dictionnaires 30

2 Refus sous l’angle pragmatique 31

3 Facteur d’influence de l’acte de refus 32

3.1 Contexte 32

Trang 7

3.1.1 Site (cadre spatio-temporelle) 32

3.1.2 But 33

3.1.3 Participants 33

3.2 Acte de refus et relation interpersonnelle 34

3.2.1 Acte de refus et relation horizontale 34

3.2.2 Acte de refus et relation verticale 35

3.3 Acte de refus et Politesse 37

3.3.1 Menace du refus aux faces des interlocuteurs 37

3.3.2 Adoucissement de la face 38

CHAPITRE II: CONSTITUTION ET ANALYSE DU CORPUS 40

I- CONSTITUTION DU CORPUS 40

1 Choix de la méthode de collecte des données 40

2 Justification du corpus des interactions verbales authentiques 41

II- PRÉSENTATION DU CORPUS 42

1 Corpus en français et en vietnamien 42

2 Méthodes d’analyse des données 43

III- ANALYSE DU CORPUS 43

1 Objet de refus 44

1.1 Proposition (ou invitation) d’achat 44

1.2 Marchandage 45

1.3 Demande 47

2 Type de refus 48

2.1 Refus direct 48

2.2 Refus indirect 49

2.3 Refus – trope communicationnel 50

3 Réalisation du refus 51

3.1 Réalisation directe de refus 52

3.1.1 Expression performative : 52

Trang 8

3.1.2 Forme phrase 55

3.1.3 Quelques autres marqueurs 55

3.2 Réalisation indirecte du refus 56

3.2.1 Acte de refus indirect conventionnel 56

3.2.2 Acte de refus indirect non-conventionnel 57

 Moyen para-verbal et non-verbal 59

4 Procédés de l’adoucissement dans la réalisation du refus 60

4.1 Procédés d’adoucissement dans la réalisation du refus en français 60

4.1.1 Refus direct accompagnant d’une intervention évaluative 61

4.1.2 Refus direct accompagnant des termes d’adresse 62

4.1.3 Refus direct en ajoutant une explication 62

4.1.4 Formulation indirecte 62

4.2 Procédés d’adoucissement dans la réalisation du refus en vietnamien 63

4.2.1 Accompagnement des mots familiaux : cô, chú, bác… 64

4.2.2 Refus direct en accompagnant des mots : ạ, dạ… 65

4.2.3 Refus direct en accompagnant une explication 65

4.2.4 Réalisation indirecte 66

5 Réaction du refus 66

5.1 Réaction positive 67

5.2 Réaction négative 72

IV- COMPARAISON DES RÉALISATION DU REFUS EN FRANÇAIS ET EN VIETNAMIEN 74

1 Similitudes dans la réalisation du refus en français et en vietnamien 74

2 Différences dans la réalisation du refus en vietnamien et en français 77

3 Malaises ou malentendus possibles dans la communication entre les Vietnamiens et les Français 81

CONCLUSION 83

BIBLIOGRAPHIE 85

Trang 9

INTRODUCTION

À notre époque, les relations, les coopérations mondiales se multiplient La communication interculturelle devient donc un enjeu et un défi pour tous les pays Chaque pays est relié aux différents niveaux culturels: niveau national, régional, ethnique, générationnel, etc Les membres d’une culture peuvent s’identifier à leur culture d’origine qui influence leur pensée et leur action Selon Pierre Bourdieu, la

culture est «la capacité à faire des distinctions » (1), pour s’identifier par rapport à

d’autres Ou bien la culture est « la programmation collective mentale qui distingue

les membres d’un groupe et un autre groupe » (2) Alors, l’apprentissage des langues étrangères devient une exigence urgente Pourtant, la maîtrise d’une langue étrangère n’est pas simplement de posséder la compétence linguistique, mais encore

de bien utiliser cette langue dans la communication Les connaissances pragmatiques et culturelles deviennent très nécessaires En fait, une bonne interprétation des actes de langage est la plus importante dans les interactions verbales

En réalité, il existe des situations de communication ayant des actes menaçants, dont des actes de refus Cependant, les chercheurs français et vietnamiens ont mis l’accent surtout sur les études des actes qui valorisent la face des interlocuteurs: compliment, remerciement, invitation, excuse, etc Les actes menaçants restent sous-investis, et les connaissances sur ce type d’acte sont limitées Alors dans cette recherche, nous voudrions comprendre en profondeur l’acte de refus dans les interactions verbales Nous espérons que cette recherche contribuera à combler en partie cette lacune

L’acte de refus est très utilisé dans les interactions quotidiennes Dans les échanges interpersonnels, on formule souvent ces actes pour refuser une question,

Trang 10

une invitation, une requête, ou une offre d’un cadeau… Nous trouvons bien que ces actes se présentent souvent dans les interactions verbales commerciales En général, l’acte de refus peut menacer les interlocuteurs en mettant sans cesse leurs faces en

péril Il menace à la fois leur face “négative” et leur face “positive” Cette menace

peut déranger la bonne relation interpersonnelle En effet, dans les interactions verbales, l’acte de refus évoque une certaine impolitesse, à cause de laquelle les interlocuteurs ont l’impression de recevoir des menaces de leurs faces En fait, le refus comporte une grande force illocutoire et cette force peut rendre impoli celui qui l’utilise dans la communication quotidienne

Pour mieux utiliser l’acte de refus et éviter l’impolitesse linguistique dans les interactions verbales, nous allons étudier l’acte de refus Cette recherche est pour connaître comment l’acte de refus est formulé et amené dans les interactions dans les petits commerces De plus, nous voulons trouver des formulations convenables qui nous aident à adoucir des menaces envers des interlocuteurs

Bien que l’acte de refus soit un acte universel, les stratégies de refus connaissent des différences dans les pays différents pour des raisons socioculturelles Donc, il est très utile de réaliser une étude comparative de l’acte de refus chez les Français et les Vietnamiens pour dégager les points communs et les différences dans la réalisation du refus dans les deux langues Les connaissances acquises dans cette étude nous permettront d’éviter des malentendus dans la communication entre les Vietnamiens et les Français

Pour toutes les raisons ci-dessus, nous avons décidé de réaliser une étude sur l’acte de refus dans les petits commerces en France et au Vietnam qui est intitulée:

“Étude comparative des actes de refus dans les petits commerces en France et au

Vietnam.”

Dans notre étude, nous nous appuyons sur un corpus composé d’un ensemble de formulation de refus qui sont tirés de diverses interactions dans les petits

Trang 11

commerces en France et au Vietnam Notre corpus se compose des interactions

ayant l’acte de refus qui sont tirées dans le corpus de la Thèse du Monsieur Trinh

Duc Thai: “Étude comparative du fonctionnement des interactions dans les petits

commerces en France et au Vietnam”

Dans cette recherche, nous essayerons de répondre aux questions de recherche suivantes :

1 Quelles sont les caractéristiques de l’acte de refus et les différences et les ressemblances dans la réalisation de cet acte chez les Français et les Vietnamiens

2 Quelles sont les malaises, les malentendus et les chocs culturels possibles dans les interactions en français et en vietnamien ?

De notre objectif de recherche et des questions de recherche, nous donnons des

Hypothèses de recherche:

1 Il y a de différentes façons dans la réalisation du refus en ces deux langues

et cet acte de refus a des caractéristiques particulières en matière de structure

2 Il y a plusieurs malaises, malentendus, et chocs culturels possibles à tous les niveaux de la réalisation de cet acte dans ces deux communautés de langue

Nous utilisons la théorie de l’analyse conversationnelle dans cette étude Alors, des énoncés choisis sont envisagés au niveau de son contenu et aussi au niveau de la relation interpersonnelle dans la conversation Nous utilisons la méthode descriptive des données collectées, puis la méthode comparative, contrastive pour relever des ressemblances et des différences linguistiques et culturelles dans la réalisation et les formulations des refus en français et en vietnamien Nous mettrons l’accent sur la face des interlocuteurs dans la communication ayant l’acte de refus En effet, un acte de refus a plusieurs réalisations possibles Et le choix entre ces différentes

possibilités dépend du sujet parlant et aussi de la “distance” entre des

interlocuteurs

Trang 12

Cette étude se compose de deux chapitres: le premier : Fondement théorique : Acte de langage et acte de refus ; et le deuxième : Constitution, analyse du corpus et comparaison des formulations de refus en France et au Vietnam

Dans le premier chapitre, nous présenterons des notions de base sur l’interaction verbale: l’acte de langage, la politesse, les relations interpersonnelles dans la communication et la définition du refus

Dans le deuxième chapitre, en première partie, nous constituerons et analyserons du corpus Tout d’abord, nous justifierons le choix et présenterons notre corpus dans des petits commerces, après nous analyserons les formulations de refus dans le corpus, pour enfin présenter des caractéristiques de cet acte En deuxième partie, nous présenterons les résultats de notre étude comparative entre des formulations de l’acte de refus en France et celles au Vietnam pour donner des similitudes et des différences Nous espérons aussi de relever des facteurs socioculturels qui influencent la réalisation des actes de refus en France et au Vietnam

Trang 13

CHAPITRE I:

ACTES DE LANGAGE ET ACTE DE REFUS

Le langage est un moyen qui permet au locuteur de réaliser des actions grâce à

l’énonciation Comme dit C.Kerbrat-Orecchioni (2001 : 33) : « Quand dire, c’est

faire plusieurs choses à la fois » C’est-à-dire, avec tels actes de langage, l’homme

exprime leurs pensées En générale, nous pouvons dire l’acte de langage est « un

moyen mis en œuvre par un locuteur » Grâce à l’aide des mots, on cherche à

informer, inciter, demander, convaincre, etc son ou ses interlocuteurs dans la communication Autrement dit, on peut connaitre un acte de langage comme le but communicatif de l’énonciation effective qui est réalisée par un locuteur dans une communication donnée Quant à la notion de l’acte de langage, nous connaissons beaucoup de conceptions théoriques dans l’évolution de la pragmatique

I- CADRES THÉORIQUES

Avant de réaliser la recherche sur l’acte de refus, nous devons reprendre dans les recherches antérieures quelques notions de base de l’acte de langage, des relations interpersonnelles et la politesse et la menace de politesse dans la communication sociale

1 Concepts des actes de langage

Dans la conception traditionnelle, le langage ne sert que décrire le monde réel Pour les linguistes traditionnels, les énoncés ont la propriété seulement d’être vrai

ou faux

Mais dans l’évolution de la linguistique, l’approche pragmatique est définie

comme «l’étude du langage en acte» qui ouvre la voie à des types d’investigation

très divers:

Trang 14

- La pragmatique de l’énonciation: Étudie le langage en situation qui est actualisée au cours d’un acte d’énonciation particulier L’objet des études est son énonciation

- Acte de langage : (appelé speech acts en anglais) c’est : « Le langage envisagé

comme un moyen d’agir sur le contexte interlocutif » qui permet de réaliser un

certain nombre d’actes spécifiques On peut l’appeler : « actes de discours »,

« actes de paroles », ou « actes de communication » C’est-à-dire des actes réalisés

au moyen du langage

- La pragmatique interactionniste : ici, le langage est considéré moins comme un moyen d’action que d’interaction entre des individus qui, lorsqu’ils se trouvent engagés dans un processus communicatif quelconque, exercent tout au long de ce processus un réseau d’influences mutuelles comme le disent les pionniers

linguistes : parler, c’est échanger, et c’est échanger en échangeant

En 1962, J.L Austin a publié son ouvrage sous le titre « How to do thing with

words » - traduit en français « Quand dire, c’est faire », (Seuil, 1970) Cette

publication est considérée comme un véritable acte de naissance de la théorie des

actes de langage (speech acts) Mais bien avant J.L.Austin, il y avait divers courants

de pensée, relevant de différents champs disciplinaires qui avaient déjà formulé

l’idée « dire, c’est aussi faire » en des termes et dans des perspectives variées

1 Concepts des actes de langage de l’époque classique au début du XXe siècle

Tout d’abord, le courant rhétorique d’Aristote se définit comme l’étude de l’art de persuader par le discours, or le discours persuasif a pour caractéristique essentielle de devoir être adapté au contexte interlocutif et à l’auditoire qu’il a pour visée d’influencer Au Moyen Âge comme à l’époque classique, on a connu le

développement de certains concepts quasiment « performatives » de l’activité

langagière

Trang 15

Au début du XXe siècle, la dimension pragmatique du langage avec des formes diverses a été prise de conscience Cela se traduisait dans des nombreuses recherches sur les actes de langage

En 1933, Bühler a dégagé les trois fonctions du langage: fonctions de

représentation, d’expression et d’appel avec les trois ingrédients : le locuteur, le

monde et le destinataire Après, Jakobson a également repris ces fonctions sous le

nom de fonctions référentielle, expressive, et conative Il a ajouté encore trois fonctions supplémentaires du langage: phatique, métalinguistique et poétique

Ensuite, Ch.Bally a proposé de décomposer le contenu de tout énoncé en un modus (modalité) appliqué à un dictame (le contenu) Ce propos nous permet

d’analyser des valeurs d’acte de langage en 2 côtés : valeur illocutoire et contenu

propositionnel Et au début de XXè siècle, A.Reinach a élaboré une théorie des

« actes sociaux » qui sont accomplis par le langage C’est-à-dire le langage s’est

influencé quelqu’un

Dans les années 30 du XXè siècle, A.H Gardier a affirmé que le langage n’est

pas le miroir de la pensée mais avant tout le moyen d’influencer la conduite d’autrui et que les actes doivent être étudiés dans leur cadre de la vie quotidienne

Malinowski, une perspective ethnographie, a défendu l’idée d’un action: les énoncés peuvent accomplir par eux-mêmes des actions spécifiques, et ils peuvent en accompagner d’autres Il montre que la parole est tissée dans les activités non-verbales, elle permet aussi la réalisation de diverses tâches tout au

langage-long de la vie quotidienne En résumé, selon lui, «la principale fonction du langage

n’est pas d’exprimer la pensée, le langage est essentiellement un moyen d’agir et il

doit être observé «en situation» (Initiation à la pragmatique interactionniste,

Trinh Duc Thai: 16)

L.Wittgenstein, philosophe du langage ordinaire, a relevé un de vue résolument

pragmatique que : « Il ne peut pas dire que sans langue, nous ne pourrions pas nous

Trang 16

comprendre les uns les autres Mais sans langue nous ne pourrions pas influencer les autres de telle façon » Et il a appelé ces influences « Jeux de langage »

1.2 Concepts des actes de langage d’Austin et de Searle

Avec son ouvrage « How to do thing with word ? » publié en 1962, J.L.Austin a

prouvé que le type d’analyse des théoriciens classiques ne permet pas de rendre compte de façon satisfaisante de l’usage que nous faisons véritablement du langage

Il s’est élevé contre le privilège généralement (les pensées classiques) accordé par les philosophes du langage aux énoncés du type corrélativement : contre l’illusion constative et l’impérialisme

Pour J.L.Austin, un tel privilège est en effet injustifié et réducteur, car un grand nombre des énoncés produits en langue naturelle échappe à cette problématique du vrai ou du faux Alors, les énoncés performatifs sont égaux de réaliser quelque chose

J.L.Austin a distingué 2 types d’énoncés : l’un sert à décrire la réalité (appelé énoncé constatif) et l’autre à accomplir ou à faire une action (énoncé performatif)

Ex : - Il pleut  énoncé constatif

- Je te promets de venir te voir demain  Énoncé performatif

Austin a ensuite fait une distinction entre trois catégories d’actes de langage : l’acte locutoire, l’acte illocutoire, et l’acte perlocutoire :

- L'acte locutoire : qui correspondent au fait de dire quelque chose On

accomplit cet acte par le simple fait de dire quelque chose, indépendamment de ses circonstances Cet acte prononce une phrase en choisissant certains moyens linguistiques

Ex : Le professeur a dit à un étudiant : « Ferme la porte, s’il te plait ! »

Trang 17

- L'acte illocutoire : qui est accompli en disant quelque chose C’est l’acte de

langage que l’on réalise par la production d’un énoncé : questionner, ordonner, affirmer, menacer, etc

Ex : Le professeur a demandé à l’étudiant de fermer la porte

- L'acte perlocutoire : C’est l’acte que l’énoncé provoque, ce sont ses effets sur

les interlocuteurs Ces effets varient selon la situation de communication et sont en partie non prédictibles La parole est un moyen d’obtenir de tels effets (convaincre, séduire, effrayer, émouvoir, agacer, etc.)

Ex : L’étudiant ferme la porte

Selon J.L.Austin, un énoncé performatif, sous réserve de certaines conditions de réussite, accomplit l’acte qu’il dénomme Et il affirme aussi que tous les énoncés sont dotés d’une force illocutoire (valeur d’acte), et même les énoncés

« constatifs » Ces énoncés ne constituent qu’un type parmi d’autres d’actes de langage

Austin (1970) a classé les actes illocutoires en 5 catégories, ce sont :

- Les verdictifs ou actes « judiciaires » : Les actes qui consistent à juger (comme : décréter, estimer, classer, etc.)

- Les exécutifs : formulant un jugement, favorable ou non sur une conduite préconisée Ces actes consistent à décider des actions à suivre (comme : ordonner,

pardonner, condamner, nommer, proclamer, etc.)

- Les promissifs : (comme : promettre, garantir, s’engager, etc.) qui obligent les

locuteurs à agir d’une certaine manière, à adopter une certaine conduite

- Les comportatifs : qui expriment une réaction du locuteur envers la conduite antérieure, et un acte de l’interlocuteur (comme : s’excuser, remercier, critiquer,

applaudir, etc.)

Trang 18

- Les expositifs : qui expose une idée, conduisent une argumentation Les adverbes de ce groupe sont très nombreux, dont : affirmer, objecter, expliquer, nier,

répondre, dire, etc

Quant à John R.Searle, un philosophe américain a affirmé dans son ouvrage

intitulé Speech acts (paru en 1969, p.52) : « Premièrement, parler une langue,

c’est réaliser des actes de langage, des actes comme : poser des affirmations, donner des ordres, poser des questions, faire des promesses, et ainsi de suite, et, dans un domaine plus abstrait, des actes comme : référer, prédiquer ; deuxièmement : ces actes sont en général rendu possibles par l’évidence de certaines règles régissant l’emplois des éléments linguistiques, et c’est conformément à ces règles qu’ils se réalisent »

D’après lui, l’énoncé linguistique fonctionne comme un acte particulier (ordre, question, promesse, etc.), qui produit un certain effet et entraîne une certaine modification de la situation interlocutive Les actes de langage sont considérés comme des unités minimales de base dans les communications linguistiques Chaque acte possède un contenu propositionnel et une force illocutoire particulière (acte de promesse, de reproche, de refus…):

- Les actes de langage (ou les actes illocutoires), correspondent aux différentes actions Ils sont accomplis par des moyens langagiers C’est des règles linguistiques régissent le fonctionnement de ces actes

- Les forces illocutoires correspondent à la composante, dans un énoncé Elles permettent à cet énoncé de fonctionner comme un acte particulier

En plus, dans son livre Sens et expression (publié en 1982 ; p48-51), J.R.Searle

a dit qu’il y a 6 grands problèmes dans la taxinomie d’actes illocutoires d’Austin :

- Le premier, le plus grave : Austin n’a pas donné de principes et de critères cohérents pour sa classification Par exemple : les promisses sont définis en terme

Trang 19

de but illocutoire tandis que le facteur d’autorité est considéré comme le base des exécutifs…

- Le deuxième : Austin a fait une confusion entre les actes et les verbes, alors il n’a pas classifié les actes illocutoires mais les verbes illocutoires

- Le troisième : certains verbes qu’il a donnés comme : avoir l’intention de, être prêt à, sympathiser… n’est pas des verbes illocutoires

- Le quatrième : les catégories dans la classification d’Austin se recouvrent trop largement entre elles à cause du manque de critères de classification

- Le cinquième : l’homogénéité est manquée à l’intérieur de chaque catégorie

- Le sixième : les verbes donnés dans les classes ne satisfont pas totalement la définition

À partir des problèmes dans la classification d’Austin, Searle a proposé 12 critères de distinction des actes de langage parmi lesquels, les critères les plus importantes sont:

- Le but de l’acte (but illocutoire) est la condition la plus importante pour former la base de la taxinomie des actes illocutoires

- La direction d’ajustement entre les mots et le monde (ou le rapport entre le monde et le contenu propositionnel de l’acte de langage) est toujours la conséquence du but illocutoire

- L’état psychologique exprimé : le locuteur exprime toujours en accomplissant

un acte, une certaine attitude : le désir, le regret par exemple Pourtant son attitude n’est pas toujours sincère

À partir de ces critères, John R.Searle a distingué cinq catégories générales d’actes illocutoires qui se basent du but illocutoire et aussi de la direction d’ajustement entre les mots et le monde, ce sont:

Trang 20

- Les assertifs : Ils ont l’intention d’«engager la responsabilité du locuteur (à des degrés divers) sur l’existence d’un état de chose, sur la vérité de la proposition exprimée» Et leur direction d’ajustement va des mots au monde L’état

psychologique exprimé est la conviction, la croyance, à propos du contenu

propositionnel, par exemple : analyser, évaluer, décrire, etc

- Les directifs : Leur but illocutoire consiste «dans le fait qu’ils constituent des

tentatives de la part du locuteur de faire faire quelque chose par l’auditeur» ;

tentatives qui peuvent être «très modestes» ou au contraire très «ardentes» selon

l’axe du degré d’intensité de la présentation du but Les verbes correspondent aux

actes de cette classe : demander, ordonner, commander, réclamer, prier, inviter,

conseiller, etc

- Les promissifs : Ce sont des actes dont « le but illocutoire est d’engager ou

d’obliger le locuteur à accomplir une action future » La direction d’ajustement va

du monde aux mots et l’état psychologique est la sincérité de l’intention On

rencontre dans cette classe des verbes : promettre, s’engager, garantir, etc

- Les expressifs : le but illocutoire est «d’exprimer l’état psychologique spécifié

dans la condition de sincérité, vis-à-vis d’un état de choses spécifié dans le contenu

propositionnel» Les verbes de cette classe sont : remercier, féliciter, s’excuser, etc

- Les déclaratifs : ils ont le but de mettre en correspondance directement le

contenu propositionnel à la réalité L’accomplissement réussi de l’un de ses membres

garantit que le contenu correspond au monde Par exemple: déclarer, nommer,

définir, appeler, etc

Selon Searle : l’acte de langage a une possibilité de correspondre une phrase ou

un ensemble de phrases dont l’énonciation littérale à l’intérieur d’une situation particulière qui constitue l’accomplissement d’un acte de langage

Trang 21

Donc, dans la perspective austino-searlienne, la notion d’acte de langage renvoie à des unités isolées et non-contextualités Cette notion doit être aménagée, revue, corrigée pour pouvoir fonctionner efficacement dans le cadre des interactions

Après Austin et Searle, nombreux chercheurs et linguistes traitent les problèmes

de la théorie speech acts, mais ils sont tous d’accord que tous les énoncés possèdent

intrinsèquement une valeur d’acte et que tout énoncé est doté d’une charge

pragmatique plus ou moins forte et évidente selon les cas

1.3 Concept des actes de langage de C.Kerbrat-Orecchioni

Dans la théorie classique des speech acts, les actes de langage sont apparus

abstraitement et isolément Ces actes détachent de leur contexte actuel En réalité, les actes de langage fonctionnent en contexte et à l’intérieur d’une séquence d’actes C’est donc le but de la pragmatique des interactions verbales, une discipline plus

récente : « Dégager les règles et principes qui sous-tendent le fonctionnement des

conversations, et plus généralement, de différents types d’échanges communicatifs qui s’observent dans la vie quotidienne » (C.Kerbrat-Orecchioni 1994 : 7)

La notion d’acte de langage qui est très complexe dans les théories classiques,

se complexifie davantage depuis les avancées théorico-méthodologique apportées par la pragmatique interactionniste Dans les interactions verbales, les actes de langage nécessitent d’être incessamment apprivoisés, identifiés, définis et redéfinis Malgré leurs proportions qui semblent réduites et facilement délimitées, il s’agit en réalité d’objets beaucoup plus vastes qui échappent aux tentatives de figement descriptif

Alors qu’est-ce qu’un acte de langage ? Selon C.Kerbrat-Orecchioni, l’acte de

langage est l’unité minimale de la grammaire C’est aussi une suite linguistique dotée d’une certaine valeur illocutoire (ou force illocutionnaire), et c’est encore une séquence qui prétend opérer sur le destinataire un certain type de transformation

Trang 22

2 Formulation des actes de langage

Un acte de langage n’a pas une seule formulation, mais il peut recevoir plusieurs réalisations différentes Par exemple, pour demander à quelqu’un d’ouvrir

la porte, on peut réaliser de différents énoncés, comme :

- Ouvrez la porte, s’il vous plait !

- Vous pourriez ouvrir la porte ?

- La porte est fermée

- Il fait très chaud dans la chambre

Selon C Kerbrat-Orecchioni, « dire, c’est faire une chose sous les apparences

d’une autre » En d’autres termes, en matière d’actes de langage, « il n’y a pas de correspondance biunivoque entre un signifiant (forme de l’énoncé : déclarative ou impérative) et un signifié (valeur d’assertion, de question ou d’ordre) » Un acte de

langage peut ainsi se réaliser de différentes manières et une même structure peut

exprimer des valeurs illocutoires diverses

On peut donner un autre exemple d’une situation suivante qui entraîne une action

de la part de l’auditeur: Le lundi matin, la mère dit à son enfant : « il est déjà 7

heures, mon chéri» Donc, l’enfant se lève immédiatement, prend son petit-déjeuner

et va à l’école

Dans cet exemple, la mère ne demande pas à son enfant ce qu’il doit faire, mais son énoncé emmène à une décision que son enfant prend

En général, les formulations des actes de langage sont divisées en deux grandes

catégories : formulations directes et formulations indirectes (ou on les appelle l’acte

de langage direct et indirect)

Trang 23

2.1 Acte de langage direct

La formulation directe de l’acte de langage : le locuteur réalise un énoncé en disant directement, explicitement, exactement et littéralement ce qu’il veut exprimer Les actes de langage directs se basent généralement sur deux types de support principaux : les structures performatives et les formes de phrase

Un énoncé performatif est un énoncé qui nous réserve de certaines conditions de réussite, accomplit l’acte qu’il dénomme Il exécute (ou performe) une action par le seul fait de l’énonciation de la phrase Tous les énoncés performatifs comportent la valeur de l’acte Les verbes performatifs permettent de faire un acte de langage, par exemple : permettre, demander, conseiller, interdire, inviter, promettre, etc Pourtant les énoncés performatifs n’existent pas pour tous les actes de langage et ils sont

utilisés assez rarement L’énoncé tel que «Je promets » est considéré comme l’énoncé performatif parce qu’on ne peut pas dire «Je promets » sans promettre Donc, C.Kerbrat-Orecchioni (2001, p.36) remarque : « Les formulations

performatives sont donc les plus claires auxquelles le locuteur puisse recourir pour spécifier le statut pragmatique de l’énoncé qu’il produit Mais ces formulations n’existent pas pour tous les actes de langage et elles sont d’un usage relativement rare […] »

(C Kerbrat-Orecchioni, Les actes de langage dans le discours, Nathan)

Ex 1 : « Je te conseille de rentrer avant 22heures »

Dans ces exemples, l’énonciateur a utilisé le verbe performatif « conseiller »

En disant « Je te conseille…», il accomplit automatiquement l’acte de conseil Et ce verbe « conseiller », a indiqué explicitement l’acte accompli en même temps de

l’énonciation Les formulations performatives sont donc les plus claires pour que le locuteur spécifie la valeur pragmatique de l’énoncé

- Hors des verbes performatifs, on peut utiliser des formes de phrase pour

réaliser un énoncé direct On peut prendre quatre formes de phrase afin de formuler

Trang 24

des énoncés : énoncé déclaratif, énoncé interrogatif, énoncé impératif, énoncé exclamatif

Ex 2 : Rentre avant 22 heures !

Dans le deuxième exemple, l’énonciateur formule le conseil sous la forme de phrase impérative Cette formulation n’indique pas l’acte accompli, mais elle nomme la marque de façon explicite C’est pourquoi l’acte de langage direct est encore appelé l’acte explicite

En plus, on peut réaliser des actes de langage directs avec quelques autres marqueurs :

- Tournure d’injure : Espèce de cochon !

- Tournure de suggestion : Pourquoi nous n’allons pas au cinéma ce soir ?

- Tournure de déploration : Heureux qu’il passe l’examen !

- Tournure elliptique : Feu !

- Tournure déclarative : Il faut que tu partes

2.2 Acte de langage indirect

Un acte de langage peut être réalisé en différentes formulations Par exemple, dans certaines situations, les énoncés suivants sont pragmatiquement

équivalents d’une valeur de requête: «Ferme la porte ! », «Tu peux/pourrais fermer

la porte ?», «Tu veux/voudrais fermer la porte ?, «J’aimerais bien que tu fermes la porte.», « La porte est encore ouverte !», etc En revanche, une structure peut

exprimer des valeurs illocutoires différentes : avec l’énoncé : «Il y a des courants

d’air.» on peut exprimer une plaine, une requête, et même tout cela à la fois

Les actes de langage indirect sont des actes illocutoires qui sont accomplis indirectement en accomplissant un autre Des différentes valeurs de l’acte de

Trang 25

langage indirect peuvent donc s’additionner : Quand dire, c’est faire plusieurs

choses à la fois ; ou se substituer l’une à l’autre : Quand dire, c’est faire une chose sous les apparences d’une autre Un acte est appelé l’acte de langage indirect

lorsqu’il s’exprime sous le couvert d’un autre acte Par exemple, dans l’énoncé «Tu

peux fermer la porte ?» : en apparence, c’est une question (valeur normale de la

structure interrogative) mais, cet énoncé exprime surtout une valeur d’ordre Pour les actes de langage indirects, l’énoncé a un contenu propositionnel et plusieurs valeurs illocutoires Le contenu propositionnel est compris facilement par des langages, mais les valeurs illocutoires se cachent toujours sous les lettres, et on a besoin du contexte pour les connaitre

On connait deux types de formulations indirectes des actes de langage :

formulation indirecte conventionnelle et formulation indirecte non-conventionnelle

On a un énoncé : « Tu peux ouvrir la porte ?» tout le monde admet que hors

certains contextes particuliers, la structure vaut pour une valeur de requête Cette

valeur peut encore être renforcée par un marqueur tel que « s’il te plaît », c’est

« conventionnelle » Pourtant, avec l’énoncé « Il fait très chaud dans cette

chambre.», dans certaines situations de communication, on reçoit une même valeur

Mais il peut avoir une autre valeur, alors elle est «non-conventionnelle», et très

largement tributaire du contexte

- Les formulations indirectes conventionnelles sont des conventions sociales que tout le monde doit les comprendre de même façon Voyez un exemple:

“Peux-tu ouvrir la fenêtre, Pierre?”

Sous la forme d’une question, cet énoncé de locuteur possède une valeur d’une

requête indirecte d’ouvrir la fenêtre Le locuteur ne pose pas une question au

destinateur pour savoir sa capacité d’ouvrir la fenêtre Donc, si le destinateur répond

à cette question par une affirmation: “Oui, je peux.”, ou une négation : “Non, je ne

peux pas.”, c’est un provocateur, un échec dans la communication entre deux

Trang 26

personnes Alors le locuteur doit comprendre cette question comme une requête et y

répondre par une action précise: Il se lève et ouvre la fenêtre Cette situation est

considérée comme une convention sociale, et on réagit par une action mais pas un autre énoncé Les formulations conventionnelles sont aidées par ces conventions pour être mieux comprendre Ici on peut dire que la requête s’exprime conventionnellement par le biais d’une question Selon Searle (1982 : chap.2), l’acte

de question est « primaire » et l’acte de requête est « secondaire » Ou bien la valeur de question est dite « littérale » et la valeur de requête est « dérivée »

- Des formulations indirectes non-conventionnelles évoquent souvent un peu d’ambiguïté Alors on a besoin des contextes précis pour les comprendre Exemple:

“ Pierre, ça manque de lumière ici pour lire”

Dans cet énoncé, le destinateur peut dire: “Moi, j’aime bien comme ça” s’il

comprend cet énoncé comme une plainte du locuteur Et alors le locuteur doit

expliquer (négocier) : “Mais je ne dis pas ça, je veux que tu ouvres la fenêtre” pour

préciser sa requête d’ouvrir la porte En revanche, si le destinateur comprend cette phrase du locuteur est une requête indirecte, il va ouvrir la fenêtre Il n’existe pas les conventions pour que tout le monde comprenne l’énoncé en même chose, et ces énoncés causent souvent des malentendus

C’est-à-dire, en apparence, cette phrase est une plainte du locuteur de manque

de lumière dans la chambre pour lire Mais à travers cette plainte, le locuteur veut que le destinateur ouvre la fenêtre afin d’avoir de la lumière Cette plainte devient une requête indirecte Ici, la valeur de cette requête est non-conventionnelle Alors pour comprendre que c’est une requête et non pas une simple assertion, nous devons

baser sur contexte situationnel qui nous permet d’interpréter la valeur primaire et la valeur secondaire de l’énoncé

Par ailleurs, Searle a montré que l’accomplissement d’un acte de langage indirect consistait souvent à affirmer, ou questionner sur l’une des conditions de

Trang 27

réussite Par exemple: «J’aimerais que tu ouvres la porte» Cet énoncé asserte la condition de sincérité (portant sur le locuteur): Tu as capacité d’ouvrir la porte ? Et

il questionne sur certaines conditions de réussite concernant le destinataire: La porte

est encore fermée C’est une affirmation d’une caractéristique de l’état de choses

(lequel ne doit pas être déjà réalisé au moment de l’énonciation de la requête pour que celle-ci « réussisse »

Pour distinguer les formulations indirectes conventionnelles ou conventionnelles, on peut baser sur les expansions pour limiter des malentendus et pour exprimer la politesse qui se trouvent souvent dans les formulations indirectes

non-conventionnelle: s’il vous plait, s’il te plait…

Ex: Peux-tu ouvrir la fenêtre, s’il te plait?

Et les modalisateurs, “pouvoir” ou “vouloir” à la deuxième personne de

l’indicatif ou du conditionnel présentent très souvent dans les expressions conventionnelles:

Ex: Tu pourrais me passer le livre?

Dans le cas des questions, les formulations indirectes conventionnelles ou une simple question dépendent de la réponse négative ou positive de l’interlocuteur

Voici, quelques exemples typiques (Reprendre des exemples dans le livre de

Madame Catherine Kerbrat-Orecchioni):

Ex 1: L1 : Tu as un stylo?

Si L2 dit “Oui”, cette question devient une demande : “Prête – mois un, s’il te

plait.” Mais quand L2 répond “Non”  c’est une simple question

Ex 2 L1: Tu viens de la France?

En cas ó L2 dit “Oui”, c’est une question de nationalité En revanche, L2 dit

“Non”, cette question est une demande : “Dis-mois d’ó tu viens”

Trang 28

Pour les actes de langage indirects, la convention peut aussi atteindre en bloc une séquence spécifiée syntaxiquement et lexicalement Et dans le français, on rencontre souvent des expressions toute-à-faites que tout le monde peut comprendre

en même façon:

- Je ne suis pas sourd! = Parle moins fort

- Tu as perdu ta langue? = Parle donc

- Mais quel âge as-tu? = Tu te conduis comme un enfant

- Est-ce que je sais, moi? = je ne sais rien

À partir de différentes formes de réalisation, les actes de langage s’exercent sous l’influence de différents facteurs que nous allons aborder dans la partie suivante

3 Facteurs d’influence des actes de langage

3.1 Contexte

Pour les approches classiques (l’approche traditionnelle, l’approche structurale

et l’approche générative), on étudie la langue hors de contexte Mais dans les approches modernes (la méthode directe, la méthode active, la méthode audio-orale,

la méthode SGAV, l’approche communicative et la perspective actionnelle), la langue est étudiée dans le contexte - la situation de communication Les actes de langage qu’Austin et Searle ont envisagés, apparaissent comme des entités abstraites et isolées Ils sont détachés de leur contexte d’actualisation Dans la communication réelle, les actes de langage fonctionnent en contexte, et à l’intérieur d’une séquence d’actes qui ne sont pas enchaînés au hasard Le contexte détermine

le processus de production ou d’interprétation de ces actes En ce qui concerne leur réalisation, le contexte détermine l’ensemble des choix discursifs que doit effectuer

le locuteur : sélection des thèmes et des formes d’adresse, niveau de langue, actes

de langage, etc Pour le récepteur qui interprète les énoncés, le contexte joue

Trang 29

également un rơle décisif, en particulier pour l’identification implicite du discours adressé

Le contexte, autrement dit l’environnement extralinguistique de l’énoncé, se compose des trois éléments: le site (le cadre spatio-temporel); le but et les participants Ces trois éléments influencent beaucoup la réalisation des actes de langage du locuteur et l’interprétation de ces actes du récepteur

3.1.1 Site (cadre spatio-temporel)

Le cadre spatio-temporel possède deux composantes: le cadre spatial c’est le lieu ó se passe la communication, et le cadre temporal, le moment et la durée de la communication

- Le cadre spatial: ce sont des caractéristiques du lieu ó se déroule l’interaction La communication peut se passer dan un lieu ouvert (dans la cours, la rue, ó les participants ont beaucoup de liberté de parler) ou dans un lieu fermé (dans la salle de la classe, dans un bureau de travail, ó nous avons moins de liberté) L’interaction se déroule aussi sa fonction sociale ou institutionnelle (appartement, magasin, cabinet médical…) Par exemple: maintenant, cette salle est

la salle de classe qui est un lieu fermé; mais le soir, on utilise cette salle pour organiser une fête, elle devient un lieu ouvert

- Le cadre temporel: on doit compte le moment et la durée ó se passe l’interaction verbale Le cadre temporel influence la longueur et le contenu aussi de

la communication Si on a une heure à parler, on présente le contenu plus détaillé et plus long qu’avec seule 30 minutes Et à chaque moment, on a des énoncés

convenables: comme au 25 décembre, on dit “Joyeux Noël”, mais nous devons utiliser “Bonne année” au 1 janvier

Trang 30

On connait des interactions à finalité externe (achat, obtention de renseignements, traitement médical…) qui ont un but final, et des interactions non-finalisées ó on parle pour parler ou pour maintenir le lien social

3.1.3 Participants

Le participant est un élément le plus important du cadre communicatif Tout d’abord, le nombre des participants influence la communication: conversation à deux «dialogue», à trois «trilogue» ou plusieurs participants «poly logue» Plus de personnes participent à la communication, moins de liberté pour les participants Les participants peuvent être envisagés dans leurs caractéristiques individuelles (âge, sexe, appartenance ethnique), sociales (profession, statut, etc.) et psychologiques (constantes et passagères : caractère et humeur) ; ou dans leurs relations mutuelles - degré de connaissance, nature du lien social (familial ou professionnel, avec ou sans hiérarchie), et affectif (sympathie ou antipathie, amitié, amour, et autres sentiments qui peuvent être ou non partagés)

3.2 Interaction verbale et relation interpersonnelle

W.Labov et D.Fanshel a défini (C.Kerbrat-Orecchioni 1996:41): “Une

interaction est une action qui affecte les relations de soi et d’autrui dans la communication en face à face” C’est-à-dire la relation entre les participants dans

une interaction verbale se construit par le biais de l’échange verbal Et il existe aussi

Trang 31

de distance ou de familiarité, d’égalité ou de hiérarchie, de conflit ou de connivence, instaurés entre les interlocuteurs Alors C.Kerbrat-Orecchioni a donné une distinction de deux types de relation interpersonnelle: relation horizontale et relation verticale

3.2.1 Relation horizontale

Dans une interaction, les partenaires, en présence, peuvent se montrer plus ou

moins “proches”, ou au contraire, “éloignés” La distance horizontale entre des

interlocuteurs évolue au cours de l’interaction Cette évolution est le plus souvent dans le sens de rapprochement progressif Alors, l’axe de la relation horizontale est

un axe graduel oriente d’une côté vers la distance, vers la familiarité et l’intimité Dans un échange particulier, cette relation dépend à la fois des caractéristiques

“externes” et “internes” de l’interaction selon le principe suivant:

- En ce qui concerne la relation horizontale, les caractéristiques “externes” (des

facteurs contextuels) les plus déterminantes sont: le degré de connaissance entre des interlocuteurs (les interlocuteurs se connaissent beaucoup, un peu ou pas du tout); la nature de leur lien socio-affectif et la situation de communication (informelle, formelle ou cérémonielle)

- Pour les caractéristiques “internes”, on connait un certain nombre de signes (marqueurs): verbaux, para-verbaux et non-verbaux

Les marqueurs non-verbaux et para-verbaux: Les marqueurs non-verbaux nous

aident beaucoup à connaitre une relation intime ou distante dans une interaction La

“distance” (psychosociale) est d’abord marquée par la distance (au sens littéral):

plus les interlocuteurs sont “proches”, plus ils se tiennent près En plus, les gestes

constituent aussi un excellent indicateur de l’état relationnel, particulièrement les

gestes d’attouchement; et aussi des mimiques (sourire, clin d’œil, etc.), et les

phénomènes de mimétisme comportemental sont en général, des révélateurs d’une

relation intime Ensuite, en ce qui concerne les données para-verbaux: l’intensité

Trang 32

articulatoire et le timbre de la voix (Exemple: si on fait du chuchotement, c’est que

l’on est dans une relation intime)

Les marqueurs verbaux: les termes d’adresse (pronom d’adresse: tutoiement

indique la familiarité, mais vouvoiement marque la distance…; nom d’adresse: cher/chère; monsieur, madame, coco, chéri/chérie…); les thèmes abordés (on ne

parle pas des mêmes choses avec des amis intimes et avec des inconnus); les niveaux de langue utilisés (dans la situation formelle, on utilise un langage soutenu, inversement, un langage populaire, familial dans une interaction intime)

3.2.2 Relation verticale

La relation verticale, que l’on l’appelle “le pouvoir”, “l’hiérarchie”, “la

domination” ou “le rapport de place”, indique l’inégalité souvent dans l’interaction

entre des participants: l’un se trouve en position “haute” (dominante), cependant que l’autre est placé en position “basse” (dominé) Son fonctionnement est par

ailleurs similaire à celui de la relation horizontale:

- C’est aussi une dimension graduelle

- Le rapport de places dépend à la fois de facteurs “externes” et “internes” Les facteurs “externes” (des données contextuelles) comme: l’âge, le sexe, le

statut social, la maîtrise de la langue, la compétence, le prestige, voire la force physique… du locuteur et de l’interlocuteur

Le rapport de places dépend aussi de la production de certaines unités

particulièrement pertinentes à cet égard: les “relationnismes verticaux” que C.Kerbrat-Orecchioni appelle “taxâmes” On peut distinguer les “taxâmes de

position haute” et les “ taxâmes de position basse” Les relationnismes verticaux

peuvent être non-verbaux (apparence physique, les regards, les gestes ou mimiques…), para-verbaux (l’intensité vocale, le ton des interlocuteurs) ou verbaux (termes d’adresse, les tours de parole, les thèmes abordés, le niveau de langue…)

Trang 33

Par exemple: Dans la classe, il y a le professeur et les élèves Le professeur est

en position dominante, inversement les élèves en position dominé Les facteurs

“externes”: le professeur est plus âgée, plus compétent, possède un statut social

plus élevé (le professeur) et maîtrise bien des connaissances…que les élèves, et les

marqueurs “internes”: non-verbaux: le professeur a un bureau dans la classe,

l’apparence plus formelle…; para-verbaux: il parle plus forte, est plus confient; verbaux: le sujet, la langue doivent convenir du cours

3.3 Politesse

Dans notre travail de recherche, la politesse est la politesse linguistique qui est liée à la relation interpersonnelle des interlocuteurs La politesse linguistique est une notion assez récente en sciences du langage, un phénomène linguistiquement pertinent Dans les années 70, les linguistes commencent à s’intéresser à la conversation et à la politesse dans les interactions verbales R Lakoff est considéré comme le précurseur dans ce domaine Après, la conception de la politesse a été étudiée et développée par plusieurs chercheurs, parmi lesquels: Grice (1979), G.N Leech (1980), de E Goffman (1973 - 1974), de P Brown et Levinson (1978) dont

le modèle a inspiré les travaux de C.Kerbrat-Orecchioni (à partir de 1990) Selon

C.Kerbrat-Orecchioni (1996: 50): “il est impossible de décrire efficacement ce qui

se passe dans les échanges communicatifs sans tenir compte de certain principes de politesse” Ces principes dirigent les comportements du locuteurs envers surtout son

interlocuteur, mais aussi envers le troisième personne, voire lui-même

3.3.1 Notion de “face” et de “territoire” d’E.Goffman

La conception de la politesse se fonde sur la notion de « face », une notion

empruntée entre autres à Goffman Selon Goffman dans « Les Rites d’interaction »

(1993, p 9), la notion de « face » peut être définie comme : «La valeur sociale

positive qu’une personne revendique effectivement à travers la ligne d’action que les autres supposent qu’elle a adopté au cours d’un contact particulier»

Trang 34

D’après cet auteur, la face joue un rôle très important pour chaque individu C’est une image du moi C’est pourquoi chacun doit chercher à la préserver, mais aussi à la garder celle de son interlocuteur au cours de l’interaction Tout l’effort que suppose

ce ménagement réciproque s’appelle chez Goffman « figuration » ou « face work »:

« Les règles de conduite empiètent sur un individu de deux façons générales:

directement, en tant qu’obligations, contraintes morales à se conduire de telle façon; indirectement, en tant qu’attentes de ce que les autres sont moralement tenus de faire

à son égard » (Ibid.,1993, p.44)

Pour la notion « territoire » Goffman a distingué, dans « La mise en scène de la vie quotidienne » (1973), en huit catégories de « territoire » : l’espace personnel, la

place, l’espace utile, le tour, l’enveloppe, le territoire de la possession, les réserves d’informations, les domaines réservés de la conversation

3.3.2 Modèle de politesse de Brown et Levinson

Les recherches sur la politesse de Brown et Levinson se fondent sur la notion de

«face», empruntée à E.Goffman Dans leur théorie de politesse, ils ont proposé les

notions de « face », de FTA (Face Threatening Act), de « Face want » (le ménagement de face) et de « face work » (travail de face »

- Notion de face : Brown et Levinson indiquent que tout individu possède deux faces : la face négative qui correspond à la notion du « territoire de moi » de

E.Goffman (territoire corporel, spatial ou temporel ; biens matériels ou savoirs

secrets, etc.) et la face positive qui lie à l’ensemble des images valorisantes que les

participants de l’interaction construisent et tentent d’imposer dans la communication

- Notion de FTA : Dans toute interaction à deux participants, ce sont donc

quatre faces (la face positive et négative du locuteur et celles de l’interlocuteur) Et dans la cour du déroulement de l’interaction, les interlocuteurs sont amenés à accomplir certains actes (verbaux ou non-verbaux) Mais la plupart de ces actes qui

Trang 35

constituent des menaces potentielles pour l’une ou/et l’autre de ces quatre faces,

sont appelés « Face Threatening Act » (FTA) par Brown et Levinson Ils ont donc

distingué en 4 catégories d’actes de menace pour la face :

+) Actes menaçants pour la face négative de celui qui les accomplit Exemple : acte d’offre, acte de promesse…

+) Actes menaçants pour la face positive de celui qui les accomplit Exemple : les comportements auto-gardant : l’excuse, l’aveu…

+) Actes menaçants pour la face négative de celui qui les subit Les violations territoriales de nature non-verbale comme les agressions visuelles, sonores, olfactives ; les contacts corporels, indus, etc Mais peut-être les menaces territoriales de nature verbale : les questions indiscrètes, les actes dérangeants ou directif (conseil, requête, ordre, interdiction…)

+) Actes menaçants pour la face positive de celui qui les subit : ce sont tous ceux qui risque de mettre en péril le narcissisme d’autrui : le reproche, le refus, le critique, la moquerie, l’injure…

Les deux premières catégories d’actes menaçants pour la face sont considérées

comme les actes « auto-menaçants » Et les deux dernières catégories reflètent les

comportements menaçants du locuteur envers son interlocuteur

Un acte peut menacer plusieurs catégories de ces quatre faces citées en même temps Mais chaque acte possède une valeur dominante Par exemple : Le refus menace à la fois la face négative et la face positive du destinataire, pourtant sa valeur dominante est la menace de face positive de celui qui le subit

- Notion de « face want » (ménagement de face) : des actes peuvent menacer

potentiellement une ou plusieurs faces de quatre faces citées des interlocuteurs Alors on doit chercher à se ménager les uns les autres, c’est-à-dire on limite (ou éviter) le plus possible de la menace de face à autrui Le désir et le besoin de

Trang 36

préservation des faces de l’interlocuteur est appelés « face want » (ménagement de

face)

- Notion de « face work » (travail de face) : les interlocuteurs doivent protéger la face d’autrui et aussi d’eux même Alors on doit « recourir aux différentes

stratégies de politesse » (Brown et Levinson) Le choix quelle stratégie dépend de

plusieurs éléments, dont les trois les plus importants sont : le degré de gravité du

FTA, la « distance sociale » entre les interlocuteurs (relation horizontale) et leur

« relation de pouvoir » (relation verticale) Ces éléments englobent les autres dans

la communication

3.3.3 Modèle de politesse de C.Kerbrat-Orecchioni

C.Kerbrat-Orecchioni qui est considérée comme la référence française en matière de politesse linguistique, a introduit le notion de FFA Elle trouve que le modèle de politesse de Brown et Levinson est exagérément pessimiste Ce modèle, selon elle, présente les interlocuteurs comme des individus en perpétuelle menace

de FTA Elle propose une autre catégorie d’actes qui peuvent être gratifiants pour ces mêmes faces comme les vœux, les remerciements ou les compliments, et elle les appelle FFA

- Notion de FFA (Face Flattering Act) : Brown et Levinson ont identifié la politesse le fait d’adoucir, limiter ou éviter les FTAs, qui menacent les faces des interlocuteurs Quant à Kerbrat-Orecchioni remarque qu’il existe aussi des actes de langage susceptibles de valoriser les faces de l’interlocuteur (les vœux, les remerciements ou les compliments, les invitations…) à côté des FTAs Elle appelle ces actes FFAs (Face Flattering Act) On groupe ces actes en deux grandes catégories: les uns ont des effets positifs aux faces des interlocuteurs (comme : le compliment, le remerciement,…) et les autre qui possèdent des effets négatifs à leurs faces (l’ordre, la requête, le refus…)

Trang 37

- La politesse est un ensemble de procédés que le locuteur met en œuvre pour ménager ou valoriser son partenaire d'interaction C’est un moyen de limiter et adoucir les actes menaçants les destinataires dans la communication À partir de la notion FFA, Kerbrat-Orecchioni a donné les notions de « politesse négative » et

« politesse positive » (Dans le modèle de politesse de Brown et Levinson, ces deux notions sont passablement confuses) La notion de « politesse» est ici entendue au sens large, comme recouvrant tous les aspects du discours qui sont régis par des règles, et dont la fonction est de préserver le caractère harmonieux de la relation interpersonnelle

En général, la politesse négative est de nature abstentionniste ou compensatoire

: elle consiste à éviter de produire les FTAs, ou à adoucir leur effet par telle ou telle

réalisation Alors que la politesse positive, au contraire, est de nature

productionniste : elle consiste à effectuer quelques FFAs et à les renforcer ou les

hyperbolismes pour la face négative (ex : cadeau) ou positive (ex : compliment) du destinataire

Selon Kerbrat-Orecchioni, la politesse positive joue un rôle aussi important que

la politesse négative : se montrer poli dans l’interaction, c’est la production des FFAs tout autant que l’adoucissement de l’expression des FTAs

Elle a défini : « La politesse est un système de règles de comportement visant à

ménager (politesse négative) ou à valoriser (politesse positive) les faces d’autrui sans attenter aux siennes propres » (1989b :11)

Nous avons présenté ci-dessus brièvement la théorie des actes de langage, ses réalisations, ainsi que les facteurs d’influence Il s’agit de la théorie qui nous permet d’analyser un des actes de langage – acte de refus dans la deuxième partie de ce chapitre

Trang 38

II- ACTE DE REFUS

Tout d’abord, nous trouvons les définitions du refus dans les dictionnaires français-français, puis nous les interpréterons par les dictionnaires français-vietnamien, et connaitrons sa signification dans la langue vietnamienne Nous essaierons ensuite de le définir sous l’angle pragmatique, à l’aide de quelques conceptions des théoriciens linguistiques

1 Définition dans les dictionnaires

D’après le « dictionnaire Larousse » (2010), refus signifie : « Action de ne pas

accepter ce qui est offert, proposé, demandé, fourni, etc » Exemple : S'exposer à un refus Un refus d'obéissance » ou bien : « Action, fait de nier, de contester, de refuser un état, une idée, un comportement, etc » Par exemple : Le refus de la maladie Et son verbe correspondant « refuser » (v.t) est défini « Ne pas accepter ce

qui est offert, proposé par quelqu'un : Refuser une invitation ; Ne pas accepter quelque chose qui ne paraît pas présenter les qualités voulues : Refuser une

livraison ; Ne pas adhérer à quelque chose, le rejeter : Je refusais tout à fait cette idée ; Ne pas vouloir faire quelque chose : Refuser le combat ;Répondre

négativement à la demande de quelqu'un, ne pas lui autoriser quelque chose : On lui

refuse de sortir seul

La nature de refus est un jugement défavorable du locuteur envers son partenaire dans la communication Alors cet acte menace souvent les faces de l’interlocuteur en communicant

Selon le dictionnaire français-vietnamien, de l’institut des sciences sociales du Vietnam, le refus (n.m) correspond à « sự từ chối », « không chấp nhận », « không đồng ý » en vietnamien Ces termes sont définis par le dictionnaire du vietnamien

de l’institut des sciences sociales du Vietnam (1994) comme :

- Từ chối : Không chịu nhận cái được dành cho hoặc được yêu cầu : từ chối sự

giúp đỡ, từ chối nhiệm vụ

Trang 39

En comparaison avec les dictionnaires de français et ceux de vietnamien, on peut éclairer l’objet du refus : c’est un comportement qui présente l’inacceptation

du locuteur envers son interlocuteur Ce type d’acte se trouve toujours dans les interactions chez les petits commerces entre le client et le vendeur

2 Refus sous l’angle pragmatique

Dans la taxinomie des actes de langage proposée par Austin, l’acte de refus appartient à la catégorie des comportatif qui « expriment la réaction à une certaine conduite, un certain acte de l’interlocuteur » (Philippe Blanchet 1995 : 34) C’est-à-dire, le refus n’est pas une initiative mais un acte réactif à un certain acte de l’interlocuteur

Selon Searle, l’acte de refus est classé dans la catégorie « des expressifs » qui manifestent l’état psychologique du locuteur : le mécontentement, l’insatisfaction, l’inacceptation Tandis que d’autres catégories des actes de langage rendent conforme le contenu propositionnel au monde, le contenu propositionnel de l’acte

de refus est présupposé

Après avoir examiné les définitions du refus dans certains dictionnaires et dans les classifications d’Austin et de Searle, nous essayons de généraliser quelques caractéristiques de refus :

- Catégorie d’acte : acte comportatif

- Refus porte sur le passé : c’est un acte réactif à telle ou telle conduite d’une personne

- État psychologique : le mécontentement, l’inacceptation du locuteur

- But illocutoire du refus : refuser ce qui est offert, proposé, demandé, fourni…

- Nature du refus : un acte réactif exprimant un jugement défavorable du locuteur envers son partenaire C’est alors un acte menaçant les faces des

Trang 40

interlocuteurs Le refus menace à la fois la face négative et la face positive du destinataire, pourtant sa valeur dominante est la menace de face positive de celui qui le subit

- FTA (Face Threatening Act) : les menaces potentielles des actes pour l’une

ou/et l’autre des quatre faces des interlocuteurs : les faces négative et positive du locuteur et celles du destinateur

- Objet du refus commercial: une proposition d’achat, une demande, un marchandage

- Nature de l’objet du refus commercial: une demande, une proposition, une offre, une action

3 Facteur d’influence de l’acte de refus

3.1 Contexte

Pour une interaction verbale, le contexte qui se compose trois éléments : le site,

le but et les participants, joue un rơle très important Comme des autres actes de langage, l’acte de refus est évidemment influencé du contexte

3.1.1 Site (cadre spatio-temporelle)

Dans notre étude, nous se basons un corpus comprenant des interactions dans les petits commerces Pour les interactions commerciales, le cadre spatio-temporelle est très clair

Tout d’abord le cadre spatial, c’est le lieu ó existent des interactions commerciales Ces interactions se passent bien sûr dans les magasins, dans les marchés, ó on fait l’achat et la vente Le refus commercial a lieu dans les kiosques

du marché, dans les magasins, … Il est différentiel des shop, des grands magasins

ou des supermarchés, dans les petits commerces on rencontre souvent des

Ngày đăng: 23/09/2020, 22:39

TÀI LIỆU CÙNG NGƯỜI DÙNG

TÀI LIỆU LIÊN QUAN

🧩 Sản phẩm bạn có thể quan tâm