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Tình thái ngôn ngữ và các phương tiện biểu đạt tình thái ngôn ngữ trong tiếng Pháp

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Bài viết đề cập đến các vấn đề cốt lõi về tính tình thái trong ngôn ngữ. Từ việc phân tích định nghĩa của các nhà ngôn ngữ học, tác giả đã đưa ra quan điểm của mình về tình thái ngôn ngữ. Bài báo cũng đề cập đến các loại hình tình thái ngôn ngữ với những cái nhìn khác nhau của các nhà ngôn ngữ trên thế giới.

Trang 1

TRẦN THỊ MINH THỤC *

* Học viện Khoa học Quân sự, ✉ minhthuctran067@gmail.com

Ngày nhận bài: 12/9/2017; ngày sửa chữa: 14/10/2017; ngày duyệt đăng: 20/02/2018

1 DEFINITION

Les réalités de terrain montrent bien que

les définitions sur la modalité sont relativement

nombreuses et différentes de façon importante

La modalité est un domaine qui concerne

différents faits de langue et fait toujours l’objet

des polémiques linguistiques Si on aborde les

définitions “larges”, la modalité est l’attitude du

sujet parlant vis-à-vis du contenu propositionnel

de l’énoncé La modalité inclura alors le

nécessaire, le possible, l’irréel, le potentiel En

revanche, si on choisit les définitions “étroites”,

TÌNH THÁI NGÔN NGỮ

VÀ CÁC PHƯƠNG TIỆN BIỂU ĐẠT

TÌNH THÁI NGÔN NGỮ TRONG TIẾNG PHÁP

La modalité linguistique et ses moyens d’expression en français

TÓM TẮT

Bài báo đề cập đến các vấn đề cốt lõi về tính tình thái trong ngôn ngữ Từ việc phân tích định nghĩa của các nhà ngôn ngữ học, tác giả đã đưa ra quan điểm của mình về tình thái ngôn ngữ Bài báo cũng đề cập đến các loại hình tình thái ngôn ngữ với những cái nhìn khác nhau của các nhà ngôn ngữ trên thế giới Tuy nhiên, về các phương tiện biểu đạt tình thái, các nhà ngôn ngữ đều thống nhất có các phương tiện biểu đạt chủ yếu sau: phương thức sử dụng từ vựng, phương thức

sử dụng từ pháp-cú pháp, phương thức sử dụng ngữ điệu Trong mỗi phương thức này có nhiều phương tiện để biểu đạt các giá trị tình thái ngôn ngữ

Từ khoá: phương thức biểu đạt, phương thức từ vựng, phương thức từ pháp-cú pháp, phương

thức ngữ âm, tình thái ngôn ngữ

on voit la modalité l’expression du “nécessaire”

et du “possible” c’est-à-dire le sémantisme des

verbes devoir et pouvoir

La théorie de C Bally (1943, p.3) affirme que tout énoncé communique une pensée et comprend deux composantes: le dictum, correspondant au contenu représenté, à ce qui est dit du monde de référence, et le modus, correspondant à l’attitude exprimée par l’auteur de l’énoncé Dans la perspective pragmatique, le dictum correspondrait

au contenu propositionnel et le modus à la force

illocutoire de l’énoncé

Trang 2

E.Roulet (1989) précise ce qu’il faut entendre

par la modalité: “Je définirais la modalité comme

une marque du point de vue de l’énonciateur

portant sur l’ensemble d’une proposition, ce qui

exclut du champs des modalités le vocabulaire

axiologique lorsqu’il a une portée locale, interne

à la proposition”

Quant à L.Cervoni (1987) “La notion

de modalité implique l’idée qu’une analyse

sémantique permet de distinguer, un dit (appelé

parfois “contenu propositionnel”) et une modalité

- un point de vue du sujet parlant sur ce contenu”

De son côté, N Le Querler dans “Typologie des

modalités” (1996, p.41) pose la notion d’attitude

constative ou informative du locuteur pour ainsi

exclure l’assertion simple des marqueurs de

modalités: “Je proposerai comme définition de

la modalité: expression de l’attitude du locuteur

par rapport du contenu propositionnel de son

énoncé ”.

Les quelques définitions rappelées

ci-dessus développent donc le dictum vs le modus

de C Bally (1943) respectivement en d’autres

termes ou notions: la représentation, le contenu

propositionnel, le dit vs le point de vue, l’attitude,

la position Il en résulte que la conception sur

cet élément de l’énoncé est faite de manière

hétérogène qui amènera certainement à des

typologies différentes

Quant à nous, nous partirons de la définition

large de la modalité, selon laquelle la modalité

apparaît dans un énoncé comme étant des moyens

langagiers qui expriment l’attitude du locuteur au

contenu propositionnel de son énoncé

2 TYPOLOGIE DE MODALITÉS

La classification de modalité est très différente

d’un auteur à l’autre, celle qui dépend du point de

vue de chacun sur la modalité

P Charaudeau (1992) propose trois types de

modalités: les modalités allocutives, les modalités élocutives et modalités délocutives D’après ce linguiste:

+ Les modalités allocutives impliquent

locuteur et interlocuteur, et précisent la manière avec laquelle le locuteur impose un propos à l’interlocuteur:

- Je vous propose de faire une trêve de quelques

heures pour réfléchir à une solution négociée.

+ Les modalités élocutives n’impliquent pas

l’interlocuteur dans l’acte locutif Elles précisent la manière dont le locuteur relève sa position vis-à-vis du propos qu’il énonce;

Je remarque qu’il a parlé le premier.

Je n’ignore pas qu’il est obligé de se cacher.

+ Les modalités délocutives sont déliées

du locuteur et de l’interlocuteur Le propos émis existe en soi, et s’impose aux interlocuteurs dans

son mode de dire Assertion ou discours rapporté.

Il est évident que Paul viendra.

Il lui a répondu qu’il avait tort de s’inquiéter.

Chez A Culioli (1976, pp.69-73), la modalité

se présente comme suit:

+ La modalité 1: Assertion, interrogation,

injonction

+ La modalité 2: Probable, vraisemblable,

possible, éventuel

+ La modalité 3: Appréciatif.

+ La modalité 4: “Intersubjectif”, e volitif,

déontique, permissif

Dans une approche énonciative, on distingue les modalités d’énonciation et les modalités d’énoncé:

Trang 3

+ Les modalités d’énonciation marquent

“l’attitude énonciative” du sujet de l’énonciation

“dans sa relation à son allocutaire” (M Riel, 1994,

p.580) Elles se traduisent par différents types de

phrases: assertif, interrogatif ou injonctif

+ Les modalités d’énoncé marquent “son

attitude vis-à-vis du contenu de l’énoncé” (of

cit., 1994, p.580) Elles expriment la manière dont

l’énonciateur apprécie le contenu de l’énoncé

De nombreux linguistes approuvent la

classification des modalités en trois groupes:

+ Les modalités objectives marquent une

prise de position sur un étant ou un possible/

probable relevant d’une fluctuation effective de la

réalité du monde Cette modalité objective reflète

une stabilité ou une fluctuation qui est celle du

monde, et la rapporte Elles se répartissent en deux

sous - catégories:

Les modalités ontiques qui impliquent

simplement un jugement de vérité:

Il est (déjà/toujours) venu, il vient, il va venir, je

(te) dis qu’il vient, j’affirme qu’il vient, j’annonce

qu’il vient, je t’assure qu’il vient, j’atteste qu’il

vient, j’assume qu’il vient, il s’avère qu’il vient,

j’avoue qu’il va venir, le fait est qu’il vient, je

confirme sa venue, je postule sa venue, je déchiffre

qu’il va venir, je décrète qu’il va venir, je déclare

qu’il va venir, je divulgue qu’il va venir, j’écris

qu’il vient, je crie qu’il vient, je glapit qu’il vient,

je prétexte sa venue, je te préviens qu’il vient, je

te répète qu’il vient, je te signale qu’il vient, je

mentionne qu’il vient, je tais sa venue

Les modalités aléthiques qui fluctuent autour

du caractère vrai, faux, incertain du fait présenté

dans l’énoncé L’engagement du sujet parlant y est

implicite:

Il est possible qu’il vienne, il devrait venir, il

est probable qu’il vienne, il est improbable qu’il

vienne, il est envisageable qu’il vienne, il va bien

venir, il va certainement venir, Il va peut-être venir,

il viendra sans doute, il viendra sûrement, il y a

de bonnes chances qu’il vienne, il se peut qu’il vienne, il se pourrait qu’il vienne, il peut encore venir, viendra/viendra pas.

+ Les modalités subjectives marquent une

fluctuation du savoir ou de la prise de parti du sujet énonciateur Le modulo de type épistémique/ appréciatif porte sur des éléments du monde dont la stabilité (ou l’instabilité) ne sont pas en cause C’est la relation du sujet à ceux-ci qui l’est On trouve dans cette rubrique deux sous- catégorisations suivantes:

Les modalités épistémiques englobent aussi le

vrai, le faux et l’incertain mais à la différence des modalités aléthiques, le fait est ici explicitement évalué par le sujet parlant En d’autres termes, la présence de celui-ci est manifestée:

je crois qu’il vient, je doute qu’il vienne, j’ignore s’il vient, je sais qu’il vient, je confirme qu’il vient, je prétends qu’il vient, je m’aperçois qu’il va venir, je découvre qu’il va venir, j’apprends qu’il va venir, je discerne qu’il va venir, j’envisage

sa venue, j’oublie s’il va venir, je prédis qu’il va venir, je prévois sa venue, je vérifie qu’il vient

Les modalités appréciatives ou encore

axiologiques/expressives qui jugent le fait en termes de bon, mauvais, normal:

je me réjouis qu’il vienne, je regrette qu’il vienne, j’aime qu’il vienne, j’apprécie qu’il vienne, je comprends qu’il vienne, je condamne sa venue, je critique sa venue, je crains qu’il vienne,

je désire qu’il vienne, j’appréhende qu’il vienne,

il est étrange qu’il vienne, il est regrettable qu’il vienne, il est (in)opportun qu’il vienne, il est malencontreux qu’il vienne, il vient, parfait, il vient, dommage

+ Les modalités intersubjectives marquent un complexe entre la réalité objective à être et la prise

Trang 4

de parti de l’énonciateur à son sujet La modalité

intersubjective, déontique/volitive, est la plus

susceptible d’engager des rapports avec le faire et/

ou le faire faire

Modalités volitives qui manifestent le désir et/

ou la volonté:

je veux qu’il vienne, je refuse qu’il vienne,

j’accepte qu’il vienne, je m’attends à ce qu’il

vienne, j’admets qu’il vienne, j’approuve qu’il

vienne, j’autorise qu’il vienne, je décide qu’il va

venir, j’endosse sa venue, je choisis qu’il vienne,

je concède qu’il vienne, je conçois qu’il vienne, je

plaide pour sa venue, je réclame sa venue, j’exige

sa venue, je préfère qu’il vienne, faites-le venir.

Modalités déontiques régissant l’obligation (la

nécessité), la permission et l’interdiction:

il doit venir, il se doit de venir, il faut qu’il

vienne, il est capital qu’il vienne, il est nécessaire

qu’il vienne, c’est très important qu’il vienne, il

ne peut pas ne pas venir, il est mieux de venir, il a

intérêt à venir, qu’il vienne.

Comme nous l’avons commenté plus haut,

le déontique correspond à ce que “je” crois être

nécessaire en sachant que ce n’est pas, et que

ce n’est même peut-être pas désirable (-Je dois

prendre cette aspirine) Le volitif correspond à une

visée endossée C’est une aspiration pour ce qui

sera Ce qui ne sera pas ou ne sera plus ne relève

pas du volitif Comparer: Je veux une pomme

(volitif) et J’aurais voulu lui parler (appréciatif

portant sur un irréel révolu) On notera que ces

deux modalités peuvent être ramenées à invoquer

l’intersubjectivité

Pour cette division, le problème consiste à ce

qu’elle donne lieu à beaucoup de confusions par

des formes et que l’on ne peut voir la frontière

entre dictum et modus et de même objectivité

et subjectivité D’ó le scepticisme quant à la

pertinence de la notion de modalité Un exemple

suffira:aux termes de cette catégorisation, on peut

attribuer à la forme “- Elle peut faire un stage à

Grenoble” une modalité déontique parce il s’agit

tout d’abord une permission (on lui a permis de faire un stage à Grenoble), une modalité volitive implicitement conçue par un des sens du verbe

pouvoir (elle souhaitait faire un stage et maintenant

elle a pu réaliser ce rêve), une modalité ontique ou assertive parce que ça peut aller si l’énonciateur asserte simplement l’évènement (il constate qu’elle fait maintenant un stage à Grenoble) et enfin une modalité d’énonciation (phrase assertive)

La distinction entre l’aléthique et l’épistémique semble encore plus fragile car l’objectivité, la neutralité, la subjectivité, l’implicite ou l’explicite sont des notions déjà abstraites au point que l’on

ne peut pas dans tous les cas préciser nettement comment est l’engagement du sujet parlant

Pourtant, dans le présent article, nous observons strictement la typologie de la grammaire énonciative pour découvrir les moyens d’exprimer la modalité Nous réalisons toujours qu’un énoncé peut très bien se pencher entre les deux types de modalité ou encore entre leurs sous-catégorisations On doit tenir compte toujours des contextes pour bien comprendre de quel(s) type(s)

de modalité il est question et éventuellement s’il existe tous les deux quel est le dominant

3 EXPRESSION DE LA MODALITÉ

L’énoncé porte souvent des marques du locuteur, qui communique ses sentiments et ses opinions Le locuteur peut également marquer la prise de position sur l’information qu’il rapporte: signaler que l’information n’est pas sûre (marque

de probabilité); ajouter une appréciation positive

ou négative Ses moyens d’expression sont nombreux: l’intonation, l’accent, la typographie,

la ponctuation, certains types de phrase, des verbes d’opinion et de jugement, certains adverbes, certaines figures de style La prise de distance

de l’émetteur vis-à-vis de son énoncé peut se faire avec le conditionnel, ou par des phrases qui

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citent plus ou moins précisément les sources de

l’information Il est à noter que nous utilisons

le terme modalisateur, dans notre travail, pour

désigner le moyen d’exprimer la modalité

3.1 Expression de la modalité au moyen des

modalisateurs lexicaux

Le choix de tel ou tel mot contribue énormément

à exprimer l’attitude du locuteur à l’égard de ce

qu’il dit c’est-à-dire une nuance de modalité Nous

allons maintenant les examiner de près

3.1.1 Expression de la modalité au moyen

des noms

+ Expression de la modalité au moyen des

noms dérivés

Dans sa thèse, Nguyen Ngoc Luu Ly (2008)

a remarqué que les mots lexicaux expriment

cette fine expressive plus nettement que les mots

grammaticaux En effet, les premiers sont la

plupart des mots complexes, donc on peut y ajouter

un affixe de sens mélioratif ou péjoratif pour

exprimer le sentiment De fait, les suffixes – ard

ou – asse expriment quelque chose de quiproquo

envers le concept utilisé Prenons l’exemple:

- Il s’est fait renverser par un chauffeur (1) Vs

Il s’est fait renverser par un chauffard (2)

Dans la première phrase, le chauffeur peut

être un bon conducteur mais à cause de quelque

chose d’impartial qu’il a causé l’accident et on le

voit avec sympathie Tandis que dans la seconde,

on le juge comme un conducteur irresponsable et

dangereux et on exprime le mépris envers lui en

utilisant le suffixe - ard Donc, le suffixe contribue

énormément à l’expression de l’attitude du sujet

parlant à l’égard de son énoncé

+ Expression de la modalité au moyen des

noms affectifs ou évaluatifs

Le choix d’un mot dans le discours dépend

beaucoup de l’émotion du locuteur car il existe des synonymes mais rarement des synonymes parfaits dans tous les cas Il s’agit des noms simples avec nuances affectives en fonction du registre

de langue Prenons un exemple pour illustrer ce

qui vient d’être dit: gueule (langue familière) Vs

bouche (langue courante) Ces deux noms sont

des synonymes mais on ne peut pas les remplacer mutuellement dans tous cas de communication car l’emploi de ces noms dépend de la relation des locuteurs En effet, on peut très bien dire:

“Ferme ta gueule!” pour formuler une colère ou une menace, mais on ne peut pas dire: “Ferme ta

bouche!”.

3.1.2 Expression de la modalité au moyen des adjectifs

Le locuteur peut exprimer son jugement, positif ou négatif, sur l’information qu’il donne Cette modalité s’exprime par l’adjectif employé Examinons l’exemple:

- Cette ville est magnifique.

- Cette ville est jolie.

- Cette ville est moche.

Les phrases ci-dessus montrent bien que les nuances de sentiment du locuteur vis-à- vis

de “cette ville» étendent graduellement selon l’adjectif utilisé

3.1.3 Expression de la modalité au moyen des adverbes

Il existe bien des adverbes qui reflètent l’opinion de l’énonciateur et qui participent ainsi

à la modalisation du discours Ces adverbes assurent le rôle de complément de phrase tels

que certainement, probablement, peut- être…

ou plus généralement celui des compléments

circonstanciels: à mon avis, en toute franchise

Certains adverbes indiquent que l’énoncé est une probabilité ou une certitude C’est le cas

des adverbes suivants: certainement, évidemment,

Trang 6

manifestement, possiblement Comparons les

deux phrases ci- dessous:

- Cet automobiliste a une conduite à risque (1)

- Certainement, cet automobiliste a une

conduite à risque (2)

La première phrase est une phrase neutre, une

phrase de nature descriptive, on ne reconnaît pas

l’opinion du locuteur envers le procès Tandis que

dans la deuxième phrase, phrase modalisée, on la

trouve nettement grâce à l’adverbe certainement.

D’autres adverbes indiquent au lecteur le

jugement de l’auteur ou son appréciation C’est

le cas des adverbes suivants: amicalement,

bizarrement, étrangement, idéalement, malheur

eusement, sincèrement

Prenons un exemple:

- Idéalement, j’aimerais que vous retourniez le

coupon-réponse d’ici la semaine prochaine.

- J’aurais aimé le joindre mais, étrangement, il

ne se trouvait pas au bureau.

Il est important de souligner qu’il y a des

adjectifs employés comme adverbes qui gardent

toujours leurs sens primitifs, tandis que leurs

adverbes dérivés manifestent fortement les

valeurs modales à l’énoncé (juste/justement,

vrai/ vraiment, heureux/heureusement) Prenons

l’exemple suivant:

- Il parle vrai (Vrai dans cette phrase signifie

de façon franche, sincère).

- Vraiment, il est incorrigible (Vraiment

est employé pour renforcer l’affirmation de

l’énonciateur)

3.1.4 Expression de la modalité au moyen

des interjections

Les interjections expriment un sentiment

spontané plus ou moins intense de celui qui parle

On peut mentionner quelques-uns: Ah marque

l’étonnement, exige une explication ou signifie l’incrédulité:

- C’est Corneille, vous savez, qui a écrit les pièces de Molière!

- Ah?

Cette interjection marque aussi la satisfaction

de voir se produire un événement espéré attendu avec impatience et inquiétude

- Ah! Voilà le coureur du Marathon!

L’interjection Euh exprime le doute Elle

se dit en penchant légèrement la tête de côté, en abaissant les commissures des lèvres et en levant les sourcils

- Euh! Tu crois vraiment que c’est vrai?

3.1.5 Expression de la modalité au moyen des verbes

Comme les autres parties du discours,

le verbe ou la construction verbale est un modalisateur qui aide énormément le locuteur

à exprimer les différents degrés sentimentaux: opinion, probabilité, jugement, certitude… Il faut souligner que dans cette partie, nous analysons les modalités exprimées par le sémantisme lui- même du verbe

- Paul doit arriver pour le dessert (1)

- Marie peut oublier l’heure de réunion (2)

- Cette chance paraît inespérée (3)

- Je crois savoir qu’il a déjà invoqué ce prétexte (4)

Dans les trois premières phrases, le locuteur signale que l’information qu’il donne n’est pas

certaine en utilisant les verbes modaux Pouvoir,

Devoir et le verbe Paraître Dans la quatrième, le

sujet parlant donne son avis par le verbe Croire

Trang 7

3.2 Expression de la modalité au moyen des

modalisateurs morphosyntaxiques

Le temps du verbe en français est une source

abondante pour exprimer l’attitude du locuteur

Dans le cadre du présent article, nous ne voulions

que faire une présentation sommaire sur le sujet et

nous le détaillerons dans un autre article

Le temps du présent n’exprime pas seulement

l’action en cours d’accomplissement mais aussi

l’éventualité et l’impératif Considérons l’exemple

suivant:

- Un pas de plus, il tombe (s’il fait un pas de

plus, il tombera)

- Tu veux descendre, hein!

Quant au passé composé, il peut servir à

exprimer la vérité:

- L’oncle est mort en 1969.

En français, les formes flexionnelles du verbe

telles que le morphème “- ait” de l’imparfait, “-

a” du futur, la combinaison entre les morphèmes

du futur et de l’imparfait dans les formes du

conditionnel jouent considérablement le rôle des

modalisateurs Prenons l’exemple:

- Je voulais vous demander un service.

Comme vous le savez, la grammaire

traditionnelle a longtemps laissé croire que les temps

grammaticaux exprimaient fondamentalement une

référence au temps “chronologique” Alors, on

disait volontiers la règle suivante “l’imparfait c’est

hier” Mais, dans cet énoncé, valeur dominante

de l’imparfait n’est pas la valeur temporelle ni la

valeur aspectuelle mais la valeur modale On dit

dans ce cas, c’est l’imparfait de politesse

Comme les autres langues, certains types

de phrase en français, en particulier les phrases

assertives, les phrases exclamatives et les phrases

interrogatives (quand elles posent de fausses questions) sont des moyens efficaces pour exprimer

le vouloir dire du locuteur Par exemple, un garçon fait la cour à une jeune fille Il veut l’inviter à se promener mais il n’ose pas le lui dire directement

Après un long temps d’hésitation, il lui dit: “Il

fait beau dehors” Cette phrase est purement

une phrase assertive pourtant dans ce contexte,

ce garçon ne l’utilise pas pour la description du

temps mais pour proposer une invitation “Alors,

nous nous promenons!”.

3.3 Expression de la modalité au moyen des modalisateurs phonétiques

Les objets d’étude de la prosodie sont l’intonation, l’accentuation et tous les procédés qui permettent d’indiquer à l’auditeur l’interprétation qui doit être faite du continuum sonore Il est naturel que dans la parole, les différents phénomènes prosodiques ne soient pas dissociés mais il existe des indices qui permettront à l’auditeur de savoir exactement quelle interprétation il doit donner à cette suite de sons

3.3.1 Expression de la modalité au moyen de l’accent

D’après I.Fónagy (1980), l’accent concerne

“le relief plus ou moins grand donné à l’expression d’un certain contenu de pensée ou d’émotion sans que se trouvent altérées les nuances psychologiques

de ce contenu” (cité par NGUYEN Thi Binh Minh) Pour les autres linguistes, l’accent est une proéminence d’énergie articulatoire qui se réalise par une augmentation physique de longueur, d’intensité et éventuellement de fréquence en passant de syllabes inaccentuées et/ou au cours de l’évolution de la syllabe accentuée En français, pour manifester son attitude, le locuteur peut prendre en charge l’accent d’expressif (accent d’insistance) qui se caractérise par la souplesse et

la mobilité C’est-à-dire on peut imposer l’accent

à n’importe quelle syllabe d’un mot pour exprimer ses différentes nuances de sentiment, d’émotion

Trang 8

Par exemple, dans un énoncé tel que C’est ma

maison!, le locuteur peut mettre accent sur la

syllabe /ma/ pour insister sur la possession: C’est

ma maison, C’est pas ta maison ou sur/mε/ pour

insister sur l’objet présenté: C’est ma maison,

c’est pas ma villa.

3.3.2 Expression de la modalité au moyen de

l’intonation

Il nous faut dire que les différentes formes

d’appréciation du locuteur qui s’effacent le plus

souvent à l’écrit peuvent être exprimées à l’aide

de ce moyen Plusieurs études montrent que

l’intonation joue un rôle énorme dans l’expression

de la modalité En effet, on peut transmettre

une grande diversité d’émotion par de petites

différences d’intonation Comparons l’exemple:

- Mes pantoufles!

- Je voudrais mes pantoufles!

Dans le premier énoncé, c’est l’intonation

qui tient lieu de modus Cet énoncé montre bien

le pouvoir expressif de l’intonation Le deuxième

énoncé a moins d’expressivité intonative que le

premier qui est plus ambigu du point de vue de

l’intention, il pourrait signifier Mais tu portes mes

pantoufles ou quoi? ou bien Apporte-moi mes

pantoufles! ou bien, Oh j’ai abîmé mes pantoufles!

et ce n’est que l’intonation qui marque la modalité,

dans le premier cas, surprise indignée, dans le

deuxième injonction

3.4 Autres modalisateurs

Quelques expressions mettant à distance

information donnée sont des moyens immanquables

pour montrer la position du locuteur envers

l’événement En effet, dans certains énoncés,

le locuteur peut signaler qu’il ne prend pas la

responsabilité de l’affirmation Il signale que le

contenu de celle-ci est, au contraire, à mettre au

compte d’une tierce personne (de type Selon des

sources…, D’après Monsieur X…, Selon vous…,

Si l’on suit ce raisonnement…).

- Selon certains, cet automobiliste roule trop vite.

- Si l’on suit ce raisonnement, cet automobiliste

roule trop vite.

Une telle classification des modalisateurs montre bien que la modalité est une notion très hétérogène qui couvre différents faits linguistiques./

Notes:

Vous trouverez ci-dessous la traduction des modalités qui sont fréquentes en vietnamien Les modalités d’énonciation: Tình thái của hành động phát ngôn

Les modalités d’énoncé: Tình thái của phát ngônLes modalités ontiques: Tình thái xác nhận Les modalités aléatiques: Tình thái xác tín Les modalités épistémiques: Tình thái nhận thức Les modalités appréciatives/expressives: Tình thái đánh giá/biểu cảm

Les modalités volitiques: Tình thái ước nguyện Les modalités déontiques: Tình thái trách nhiệm

Bibliographie:

1 Bally C (1943), “Syntaxe de la modalité

explicite”, Cahier Ferdinand de Chaussure 3,

Genève, Droz, pp.3-13

2 Cervoni L (1987), Énonciation, PUF, Paris.

3 Charaudeau P (1993), Grammaire du sens

et de l’expression, Hachette, Paris.

4 Culioli A (1990), Pour une linguistique de

l’énonciation, Opération et représentation, Tome

1, Edition OPHRUS, Paris

Trang 9

5 Fĩnagy I (1980), “L’accent en français:

accent probabilitaire”, L’accent en français

contemporain, Studia phonética 15, Fĩnagy.I et

Léon.P, Didier, pp.123-233

6 Nguyen Ngoc Luu Ly (2008), Enseignement-

Apprentissage de l’expression des valeurs modales

en classe de FLE chez le public vietnamien, Thèse

de doctorat de l’Université Nationale de Hanọ,

Hanọ

7 Le Querler N (1996), Typologie des

modalités, Presses Universitaires de Caen, Caen

8 Riel M., et autres (1994), Grammaire

méthodique du français, PUF.

9 Tran Thi Minh Thuc (2012), Enseignement des courbes intonatives exprimant les valeurs modales en français aux étudiants vietnamiens, Thèse de doctorat de l’Université de Hanọ, Hanọ

LINGUISTIC MODALITY AND MEANS OF EXPRESSING MODALITY IN FRENCH

TRAN THI MINH THUC Abstract: This article mentions on core issues of linguistic modality From analysing the definition

of linguists, the author has presented his/her point of views about linguistic modality The article also mentions various types of linguistic modality; due to different views on types of linguistic modality, its classification varies Regarding means of expressing modality, however, all linguists agreed on the following major means: Lexical expression, Auxiliaries, Verbal Morphology In each mode, there are many means of expressing linguistic modality

Keywords: means of expressing, lexical expression, morphology-syntax expression, phonetic

expression, linguistic modality.

Received: 12/9/2017; Revised: 04/10/2017; Accepted for publication: 20/2/2018

Ngày đăng: 17/01/2020, 13:31

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