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Phương pháp tiếp cận liên văn hóa trong giảng dạy ngoại ngữ tiếng Pháp cho sinh viên năm thứ nhất Trường Đại học Kinh tế Quốc dân qua giáo trình Studio 100 – Quyển 1

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Mục đích của nghiên cứu này là tìm hiểu về phương pháp tiếp cận liên văn hóa trong giảng dạy ngoại ngữ tiếng Pháp và tình hình áp dụng phương pháp này trong giảng dạy ngoại ngữ tiếng Pháp cho sinh viên năm thứ nhất ở Trường Đại học Kinh tế Quốc dân qua giáo trình Studio 100 Quyển 1. Để thực hiện những mục tiêu này, chúng tôi đã sử dụng phương pháp định tính và mô tả với những kỹ thuật và thao tác riêng như phiếu điều tra, phân tích, xử lý và phân tích kết quả. Đối tượng tham gia nghiên cứu là 2 giảng viên và 40 sinh viên năm thứ nhất. Qua cuộc điều tra này, chúng tôi đã tìm ra những khó khăn của họ trong quá trình dạy và học văn hóa trong giảng dạy ngoại ngữ tiếng Pháp. Từ đó, chúng tôi đưa ra một số đề xuất sư phạm nhằm cải thiện những khó khăn này. Đây là một trong những nghiên cứu đầu tiên tập trung vào phương pháp liên văn hóa trong giảng dạy ngoại ngữ tiếng Pháp cho sinh viên năm thứ nhất Trường Đại học Kinh tế Quốc dân. Nó mở ra những hướng nghiên cứu mới về phương pháp giảng dạy ngoại ngữ tiếng Pháp tại đây.

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UNIVERSITÉ NATIONALE DE HA NOI UNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES

DÉPARTEMENT POST-UNIVERSITAIRE

*****************

VŨ THÙY PHƯƠNG

APPROCHE INTERCULTURELLE DANS

L’ENSEIGNEMENT DU FLE AUX ÉTUDIANTS EN PREMIÈRE ANNÉE À L’ESEN À TRAVERS LA

MÉTHODE STUDIO 100 - NIVEAU 1

PHƯƠNG PHÁP TIẾP CẬN LIÊN VĂN HĨA TRONG GIẢNG DẠY NGOẠI NGỮ TIẾNG PHÁP CHO SINH VIÊN NĂM THỨ NHẤT TRƯỜNG ĐẠI HỌC KINH TẾ QUỐC DÂN QUA GIÁO TRÌNH STUDIO 100 - QUYỂN 1

Mémoire de fin d’études de Master

Spécialité: Didactique du Français Langue Étrangère

Code: 6014.0111

Hanọ, 2014

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UNIVERSITÉ NATIONALE DE HA NOI UNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES

DÉPARTEMENT POST-UNIVERSITAIRE

*****************

VŨ THÙY PHƯƠNG

APPROCHE INTERCULTURELLE DANS

L’ENSEIGNEMENT DU FLE AUX ÉTUDIANTS EN PREMIÈRE ANNÉE À L’ESEN À TRAVERS LA

MÉTHODE STUDIO 100 - NIVEAU 1

PHƯƠNG PHÁP TIẾP CẬN LIÊN VĂN HÓA TRONG GIẢNG DẠY NGOẠI NGỮ TIẾNG PHÁP CHO SINH VIÊN NĂM THỨ NHẤT TRƯỜNG ĐẠI HỌC KINH TẾ QUỐC DÂN QUA GIÁO TRÌNH STUDIO 100 - QUYỂN 1

Mémoire de fin d’études de Master

Spécialité: Didactique du Français Langue Étrangère

Code: 6014.0111 Directrice: Dr Đỗ Thị Bích Thủy

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Hanọ, 2014

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ATTESTATION SUR L’HONNEUR

J’atteste sur l’honneur que ce mémoire a été réalisé par moi-même et que lesdonnées et les résultats qui y sont présentés sont exacts et n’ont jamais été publiésailleurs

Hanọ, le novembre 2014

Vũ Thùy Phương

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Mes premiers remerciements vont d’abord à ma directrice de mémoire, Madame

DO Thi Bich Thuy, pour la qualité de ses conseils et de son écoute Ses enseignements,ses compétences scientifiques et la confiance qu’elle m’a accordé tout au long de cetravail m’ont été très précieux

Je souhaite présenter mes remerciements au directeur du Département universitaire pour son aide Je remercie mes collègues à l’École Supérieured’Économie Nationale qui ont pris le temps de remplir consciencieusement lesquestionnaires d’enquête qui leur avaient été distribués Je voudrais en outre remerciervivement les 40 étudiants en première année du Département de la Banque et de laFinance de l’École Supérieure d’Économie Nationale Leur coopération m’a permis derecueillir un corpus qui constitue la base de notre analyse

post-Un énorme merci à ma famille pour son soutien constant durant ce mémoire

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Notre mémoire porte sur «Application de l’approche interculturelle dansl’enseignement du FLE aux étudiants en première année à l’ESEN à travers la méthodeSTUDIO 100 - Niveau 1» Il se compose de trois chapitres Dans le premier chapitre,nous abordons le cadre théorique avec les notions de la culture, de la langue, del’interculturel, de l’approche interculturelle dans l’enseignement du FLE; la relationentre la langue et la culture et des méthodologies de l’enseignement de la culture enFLE typiques, etc Le deuxième chapitre présente la méthode Studio 100 - Niveau 1 etl’analyse des résultats d’enquête auprès des enseignants et des étudiants en premièreannée à l’ESEN Dans le dernier chapitre, nous envisageons de donner des propositionspédagogiques et des fiches pédagogiques pour améliorer l’application de l’approcheinterculturelle dans l’enseignement du FLE aux étudiants en première année à l’ESEN

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TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION 1

CHAPITRE I : CADRE THÉORIQUE 5

1.1 Définition de la langue 5

1.2 Définition de la culture 7

1.3 Rapport entre la langue et la culture dans l’enseignement des langues étrangère 12

1.4 Définition de l’interculturel et de l’approche interculturelle dans l’enseignement des langues étrangères 15

1.4.1 Interculturel 15

1.4.2 Approche interculturelle 18

1.4.3 Objectif et place de l’approche interculturelle dans l’enseignement des langues étrangères 19

1.4.4 Méthodes d’enseignement/ apprentissage de l’interculturel, modèle de référence 22

1.4.4.1 Chez Galisson 22

1.4.4.2 Chez Zarate 23

1.4.4.3 Chez De Salins 24

1.4.4.4 Chez Abdallah-Pretceille et Porcher 25

1.4.4.5 Chez Beacco 26

1.4.5 Étapes de l’approche interculturelle 28

1.4.6 Compétences nécessaires que les apprenants doivent avoir selon le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR) 28

1.4.6.1 Savoirs 29

1.4.6.2 Savoir-faire 30

Trang 8

1.4.6.3 Savoir-être 30

1.4.6.4 Savoir-apprendre 31

CHAPITRE II : SITUATION DE L’APPLICATION DE L’APPROCHE INTERCULTURELLE DANS L’ENSEIGNEMENT DU FLE AUX ÉTUDIANTS EN PREMIÈRE ANNÉE À L’ESEN AVEC LA MÉTHODE STUDIO 100 -NIVEAU 1 33

2.1 Présentation de la méthode Studio 100 - Niveau 1 et ses contenus culturels 33

2.1.1 Présentation générale de la méthode Studio 100 - Niveau 1 33

2.1.2 Organisation globale de la méthode Studio 100 - Niveau 1 33

2.1.3 Structure générale 35

2.1.4 Présentation des contenus interculturels dans la méthode Studio 100 -Niveau 1 37

2.2 Enquête 38

2.2.1 Présentation générale de l’enquête 38

2.2.2 Analyse des résultats de l’enquête 38

2.2.2.1 Analyse de l’enquête auprès des enseignants 39

2.2.2.2 Analyse de l’enquête auprès des étudiants 47

CHAPITRE III : PROPOSITIONS PÉDAGOGIQUES 59

3.1 Propositions pédagogiques 59

3.1.1 Apprentissage par expérience directe 59

3.1.2 Ajout du contenu culturel au programme et au contenu linguistique dans les cours 60

3.1.3 Sensibilisation des apprenants à la notion de la culture 61

3.1.4 Organisation des échanges interculturels avec des natifs 66

3.1.5 Évaluation 66

Trang 9

3.1.6 Utilisation de la technologie pour soutenir le processus de l’enseignement et

de l’apprentissage 68

3.2 Fiches pédagogiques proposées pour l’enseignement interculturel dans la méthode Studio 100 - Niveau 1 69

3.2.1 Fiche pédagogique No 1 (pour la séquence 1) 69

3.2.2 Fiche pédagogique No 2 (pour la séquence 2) 72

3.2.3 Fiche pédagogique No 3 (pour la séquence 3) 75

3.2.4 Fiche pédagogique No 4 (pour la séquence 4) 79

CONCLUSION 84

BIBLIOGRAPHIE 86 ANNEXE 1……… I

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LISTE DES FIGURES

Figure 1: Rôle de l’approche interculturelle dans l’enseignement du FLE

actuellement

49

Figure 2: Objectif d’appliquer l’approche interculturelle dans l’apprentissage du

FLE des étudiants actuellement

49

Figure 3: Rôle de la culture dans la communication 51Figure 4: Niveau de l’intérêt aux contenus dans les cours de pratique de langue 52Figure 5: Préparation des contenus culturels abordés dans la méthode avant les

Figure 8: Niveau convenable des contenus culturels dans la méthode Studio 100

- Niveau 1 au niveau des étudiants vietnamiens

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En 1995, l’École supérieure d’Économie nationale de Hanoi (ESEN) etl’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) conviennent d’un partenariat poursoutenir la formation universitaire bilingue en gestion bancaire Jusqu’à maintenant,l’ESEN a attiré un grand nombre d’étudiants Pourtant, ils n’ont aucune connaissance

de base du français, ils doivent suivre 510 heures de FLE pour atteindre le niveau deDELF B2 en 4e année Dans des cours de français, ils rencontrent non seulement desdifficultés linguistiques, mais encore des chocs culturels En effet, chaque pays a sa

culture et chaque culture s’exprime dans sa langue Selon Rocher, la culture est «un

ensemble lié de manières de penser, de sentir et d'agir plus ou moins formalisées qui, étant apprises et partagées par une pluralité de personnes, servent, d'une manière à la fois objective et symbolique à constituer ces personnes en une collectivité particulière

et distincte» (Rocher, G., 1969) Donc, l’enseignement des faits culturels dans les cours

de français est nécessaire En effet, selon Courtillon, il constate qu’ «Apprendre une

langue étrangère c’est apprendre une culture nouvelle, des modes de vivre, des attitudes, des façons de penser, une logique autre, différente, c’est entrer dans un monde mystérieux au début, comprendre les comportements individuels, augmenter son capital de connaissances et d’informations nouvelles, son propre niveau de compréhension» (Courtillon J., 1984) L’approche interculturelle qui envisage

l’acquisition des connaissances culturelles des apprenants, les aide à se familiariseravec la culture étrangère Elle est considérée comme un facteur efficace qui motivel’apprentissage du FLE des apprenants au niveau débutant

Pour mieux comprendre la situation de l’enseignement du FLE aux étudiants enpremière année à l’ESEN à travers la méthode Studio 100, nous allons effectuer uneenquête par questionnaire auprès des étudiants et auprès des enseignants A partir des

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points de vue des apprenants et des enseignants, nous allons connaître leurs difficultés

et donner des propositions visant à améliorer l’attraction et la qualité des cours du FLE

Questions de recherche

Notre problématique s’articule autour de questions :

- Quelles sont les difficultés des enseignants en appliquant l’approche interculturelle dans l’enseignement du FLE à l’ESEN et les difficultés d’ordre culturel des étudiants en première année dans l’apprentissage du FLE à l’ESEN?

- Quelles propositions pédagogiques pourraient contribuer à renforcer l’approche interculturelle dans l’enseignement du FLE aux étudiants en première année à l’ESEN ?

Hypothèses de recherche

A partir des questions ci-dessous, nous formulons 2 hypothèses suivantes:

- Dans l’apprentissage du FLE à l’ESEN, les étudiants en première année rencontrent beaucoup de difficultés d’ordre culturel comme de grandes différences entre la culture maternelle et la culture française, le manque de connaissances dans plusieurs domaines culturels (politique, historique, social, géographique )

En appliquant l’approche interculturelle dans l’enseignement du FLE à l’ESEN, les enseignants rencontrent aussi des difficultés comme l’insuffisance de connaissance en culture maternelle et en culture française, le manque de méthodologie

en matière d’enseignement de la culture en classe

- Les contenus culturels abordés dans la méthode Studio 100, la méthodologie des enseignants dans l’enseignement de la culture et la conscience des étudiants dans l’apprentissage de la culture sont des facteurs principaux qui peuvent contribuer à renforcer l’approche interculturelle dans l’enseignement du FLE aux étudiants en

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Méthodologie de recherche

Nous utilisons la méthode quantitative et descriptive avec ses techniques et sesopérations propres comme enquête de terrain, analyse, traitement et interprétation desrésultats

Notre enquête est constituée des questions sous forme des questions à choixmultiples (QCM) et des questions ouvertes Pour faciliter la compréhension desinterrogés, nous faisons des efforts pour rédiger les phrases simples etcompréhensibles

Architecture de la recherche

Notre travail se compose de trois chapitres

Le premier aborde le cadre théorique: des notions comme la langue, la culture,l’interculturel, l’approche interculturelle et la compétence interculturelledans l’enseignement du FLE

Le deuxième présente la méthode Studio 100 et l’analyse des résultatsd’enquête

Le troisième a pour but d’avancer des propositions méthodologiques etpédagogiques pour renforcer la mise en œuvre de l’approche interculturelle dansl’enseignement du FLE, motiver notre public cible et d’élaborer quelques fichespédagogiques visant à améliorer l’enseignement et l’apprentissage de la culture desétudiants en première année à l’ESEN

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CHAPITRE I CADRE THÉORIQUE

Dans le premier chapitre, nous mettons l’accent sur des notions de base comme

la langue, la culture, l’interculturel, l’approche interculturelle et ses éléments dans leprocessus de l’enseignement et de l’apprentissage du FLE

1.1 Définition de la langue

Dans le processus de recherche, nous avons trouvé plusieurs définitions de lalangue Nous en citons ci-dessous quelques-unes les plus typiques et faciles àcomprendre

- Pour les linguistes, la langue est considérée comme une faculté de communiquer de manière articulée, avec un système de signes d'abord verbaux puis écrits Elle est propre à une communauté humaine Elle est constituée d'un système particulier de signes et de règles, extérieur aux individus qui la parlent.

- Pour les sociolinguistes, la langue remplit deux fonctions sociales

fondamentales : la «communication», c'est-à-dire qu’au moyen de la langue que les

acteurs sociaux échangent et mettent en commun leurs idées, sentiments, pensées, etc

et l'«identification», c’est-à-dire qu’à partir de son double aspect individuel et collectif,

la langue utilise un marqueur identitaire quant aux caractéristiques de l'individu et deses appartenances sociales C’est la raison pour laquelle les langues sont des objetsvivants, soumis à multiples phénomènes de variations et les frontières entre les languessont considérées non hermétiques car elles relèvent d'abord des pratiques sociales

- Dans son «Cours de linguistique générale», Ferdinand de Saussure

(1857-1913) a donné le concept de langue comme un système abstrait de signes que l'homme

peut apprendre La langue tient compte des aspects importants du fonctionnement

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phonétiques et phonologiques, la morphologie, le lexique, la syntaxe ou la sémantique.

Selon lui, la langue est un ensemble de signes, à chaque signe correspondant une idée

différente.

A son avis, la langue est aussi un code, c’est-à-dire un ensemble de règles qui

s’imposent à l’ensemble de ses usagers Ce code existe en dehors d’eux: les usagersn’ont aucune prise directe sur lui Les règles du code concernent les correspondancesqui s’établissent entre les composantes du signe linguistique: son signifiant, ou imageacoustique, et son signifié, ou concept

Langue maternelle et langue étrangère

+ Langue maternelle

La langue maternelle est la première langue qu’une personne a apprise dèsl’enfance Si elle a appris deux langues en même temps, la langue maternelle est cellequi est parlée le plus souvent à la maison avant de commencer l'école Nous donnonsdes exemples tels qu’en France, les enfants dont les parents sont immigrés, apprennent

la langue des parents et celle du pays d’accueil - le français ou c’est au Canada ó lesenfants apprennent deux langues officielles étant le français et l’anglais

Par ailleurs, la langue maternelle est parlée par les natifs du pays ó cettepersonne habite C’est aussi la langue acquise de manière naturelle par l’interactionavec l’entourage, sans avoir d’intervention pédagogique et de réflexion linguistiqueconsciente En général, la langue maternelle est tout d’abord enseignée à la maison.Selon Noam Chomsky et d’autres linguistes, cette langue peut s’apprendre jusqu’àl’âge de douze ans Après cet âge, la langue apprise est considérée comme la langueétrangère

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+ Langue étrangère

Contrairement à la langue maternelle, une langue étrangère est une languequ’une personne doit apprendre pour la maîtriser Autrement dit, si la languematernelle est acquise de manière naturelle, non consciente et non intentionnelle,l’apprentissage d’une langue étrangère commence par la prise de conscience etl’existence d’une intention

Français langue étrangère (FLE)

Le français langue étrangère est le français qui n’est pas la langue maternelledes apprenants et leur est enseigné dans un but culturel ou professionnel, etc

Heuze V et Delbende JC a donné sa définition : «Il (le FLE) est aussi une

langue qui ne connaît pas de variations linguistiques, pas d'accent ni de caractéristiques régionales ; du point de vue didactique, le Français Langue Etrangère est appris dans un cadre institutionnel, est enseigné comme matière» (Heuze et

Delbende, 1992)

1.2 Définition de la culture

Le mot «culture» provient du latin «cultura» et apparaît en langue française vers

la fin du 13e siècle désignant soit une pièce de terre cultivée, soit le culte religieux

Aujourd'hui, le terme «culture» possède une pluralité de sens et de multiples usages Il

s'use ainsi dans les domaines les plus variés et permet de désigner des phénomènes trèsdifférents

En effet, dans le domaine des sciences sociales, la diversité des significations etdes usages semble infinie En 1952, deux chercheurs américains, A.L Kroeber et C.Kluckhohn, dénombraient déjà plus de 150 définitions différentes, forgées depuis lemilieu du 18e siècle par des scientifiques qu'ils soient anthropologues, sociologues ouencore psychologues

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Au fil du temps, la culture a successivement désigné:

- Une première définition du concept ethnologique de la culture a été donnée par

l’anthropologue britannique Edward Burnett Tylor en 1871 Dans son ouvrage La

Civilisation primitive, la culture a été vu par lui comme: « [ ] l’expression de la totalité de la vie sociale de l’homme Elle se caractérise par sa dimension collective, elle est acquise et ne relève pas de l’hérédité biologique Cependant, son origine et son caractère sont en grande partie inconscients.»

D’après cet anthropologue, la vie sociale de l’être humain est définie etexprimée également par des codes, des normes et des valeurs qui jouent un rôleprimordial pour donner de l’ampleur à la vie collective des individus dans un groupedonné

- En 1952, les anthropologues Kluckohn et Kroeber ont essayé de définir la

culture en disant: «La culture est une manière structurée de penser, de sentir et de

réagir d’un groupe humain, surtout acquise et transmise par des symboles, et qui représente identité spécifique Elle inclut les objets concrets produits par le groupe Le cœur de la culture est constitué d’idées traditionnelles (dérivées et sélectionnées par l’histoire) et des valeurs qui leur sont attachées.»

En d’autres termes, chaque groupe social dans une société donnée possède uneculture acquise et transmise par des symboles Cette manière structurée de penser, desentir et de réagir joue un rôle primordial pour donner à ce groupe une identitéspécifique

- En 1969, le sociologue québécois Guy Rocher a ajouté que «la culture est un ensemble lié de manières de penser, de sentir et d'agir plus ou moins formalisées qui, étant apprises et partagées par une pluralité de personnes, servent, d'une manière à la fois objective et symbolique, à constituer ces personnes en une collectivité particulière

et distincte.»

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- Selon Claude Canet, un anthropologue, la culture est un ensemble de systèmes

de significations propres à un groupe, significations prépondérantes qui apparaissentcomme valeurs et donnent naissance à des règles et à des normes que le groupeconserve et s’efforce de transmettre et par lesquelles il se particularise, se différenciedes groupes voisins Ensemble de significations que tout individu est amené àassimiler, à recréer pour lui tout au long de sa vie Ce sont les actualisations de cesinterrelations entre les individus et les ensembles des significations détenues par lacommunauté ambiante qui constituent la culture dans son aspect dynamique La

culture c’est sans doute ce qui se fait et ce qui existe comme ayant du sens dans une

communauté particulière La culture peut être vue comme l’ensemble des formes

imaginaires/symboliques qui médiatisent les relations d’un sujet aux autres et structures de sens plus largement au groupe et au contexte, du groupe, des autres au sujet singulier C’est ainsi que l’individu qui s’est approprié ces formes en s’y

identifiant, acquiert une identité culturelle

- Emile Benveniste, un linguiste français a défini: «J’appelle culture le milieu humain, tout ce qui, par delà l’accomplissement des fonctions biologiques, donne à la

vie et à l’activité humaine, FORME, SENS et CONTENU La culture est un phénomène entièrement symbolique, elle se définit comme un ensemble très complexe

de représentations, organisées par code de relations et de valeurs: traditions, religion, lois, politique, éthique, arts, tout cela dont l’homme, ó qu’il naisse, sera imprégné dans sa conscience la plus profonde et qui dirigera son comportement dans toutes les

formes de son activité, qu’est-ce donc sinon un univers de symboles intégrés en une structure spécifique et que le langage manifeste et transmet? Par la langue, l’homme assimile la culture, la perpétue ou la transforme Or comme chaque langue, chaque culture met en œuvre un appareil spécifique de symboles en lequel s’identifie chaque société La diversité des langues, la diversité des cultures, leurs changements, font

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apparaỵtre la nature conventionnelle du symbolisme qui les articule C’est en définitive le symbole qui noue le lien vivant entre l’homme, la langue et la culture.»

- D’après Geert Hofstede, un psychologue néerlandais, la culture est définie

comme un «logiciel de l’esprit» qui nous guide dans nos interactions quotidiennes Chaque personne porte en lui-même des modes de pensée, des sentiments, et le

potentiel d’agir qui ont été tirés tout au long de sa vie Une grande partie de ce potentiel a été acquis dans la petite enfance car à cette période de la vie, une personne est plus sensible à l’apprentissage et à l’assimilation Dès que certains modes de pensée, de sentir et d’agir ont été mis en place dans un esprit, la personne doit désapprendre ces comportements avant d’être en mesure d’apprendre quelque chose

de différent, et désapprendre est plus difficile que l’apprentissage pour la première fois.

En utilisant l’analogie de la programmation des ordinateurs, ce livre fera appel

à ces modes de pensée, ces sentiments, et ces manières d’agir tels des «mental programs» ; ou pour reprendre le sous-titre, des «logiciel de l’esprit» Cela ne signifie pas, bien sûr, que les gens sont programmés à la façon des ordinateurs Une personne n’est que partiellement déterminée par son mental ou son «program»: il a une capacité de base à s’écarter d’eux et à réagir de manière nouvelle, créative, destructive, inattendu

La culture est toujours un phénomène collectif, car il est au moins partiellement partagé avec les gens qui vivent ou qui vivaient dans le même milieu social, qui est l’endroit ó la culture a été apprise ou acquise Il s’agit de la programmation collective de l’esprit qui distingue les membres d’un groupe ou d’une catégorie de personnes d’une autre catégorie.

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Parmi les définitions de la culture déjà trouvés, nous ne constatons que celles del’UNESCO et du Dictionnaire actuelle de l’éducation (Larousse, 1988) sont les plusclaires et compréhensibles.

- L’UNESCO définit la culture dans la conférence mondiale sur les politiques

culturelles tenue à Mexico en aỏt 1982 de cette manière-ci: «La culture, dans son

sens le plus large, est considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances.»

La culture est en fait un ensemble de normes et de valeurs, qu'un individuacquiert aux cours de sa vie et qui le font entrer dans la société, mais aussi dans descatégories et des groupes sociaux L'apprentissage de la culture se fait par lasocialisation: en fait, c'est surtout par imitation parentale, lors de la petite enfance (ceque l'on appelle socialisation primaire), qui permet à moyen termes d'entrer dans lasociété et de connaỵtre la culture commune à un pays, une région donnée Une foisinséré dans la société, la socialisation secondaire commence, et l'individu se socialise

en fonction du groupe auquel il veut appartenir, en apprenant ses règles Une fois quel'individu a appris ses normes et valeurs, qu'il se sent comme appartenant à ce groupe etque les autres membres du groupe le reconnaissent comme membre, alors il en faitpleinement parti Il est intégré

- La culture, d'après le Dictionnaire actuel de l'éducation (Larousse, 1988), est

définies comme: «un ensemble de manières de voir, de sentir, de percevoir, de penser,

de s’exprimer, de réagir, des modes de vie, des croyances, des connaissances, des réalisations, des us et coutumes, des traditions, des institutions, des normes, des valeurs, des mœurs, des loisirs et des aspirations» Autrement dit, la culture est une

manière de résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés Au total et

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surtout sur le plan anthropologique, la culture est l'ensemble des traits distinctifscaractérisant le mode de vie d'un groupe humain organisé, d'un peuple ou d'une société.

1.3 Rapport entre la langue et la culture dans l’enseignement des langues étrangères

Après avoir donné des définitions de la langue et de la culture, nous trouvonsque la relation entre la langue et la culture est étroite et que la culture joue un rôle trèsimportant dans le processus de l’enseignement et de l’apprentissage des languesétrangères

En effet, le concept de «langue-culture» fait référence aux travaux de R Galisson et L Porcher: «On a trop longtemps sacrifié la culture à la langue En effet,

si celle-ci est elle-même culture, elle est d’abord un moyen d’accès à la culture, pas une fin en soi Si tout paraît indiquer que la culture comble actuellement son retard sur

la langue et devient même l’élément moteur du couple langue-culture, l’influence de l’interculturel y est pour beaucoup: l’onde de choc provoquée par l’émergence de cette notion a ébranlé tous les acteurs du domaine.»

A l’origine du concept, ils ont voulu montrer le lien étroit entre la langue et laculture Ce sont d’ailleurs des recherches menées par des spécialistes du françaislangue étrangère qui ont permis de prendre conscience de l’importance de la culturematernelle, non seulement comme référence et mais aussi comme moyen d’entrer dansles cultures étrangères Vouloir séparer la culture de la langue provoque ce que R.Galisson appelle le choc des cultures:

«L’observation des faits montre que la langue est un obstacle beaucoup moins insurmontable que la culture à l’acceptation de l’autre [ ] En bref, on ne devient pas raciste parce que la langue de l’étranger est différente de la nôtre, on devient raciste parce que sa culture nous choque, que sa façon d’être et de faire nous agresse dans

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nos attitudes et nos comportements propres.» Il est donc fondamental de prendre en

considération la culture en lien avec la langue

En 1952, Claude Lévi-Strauss a très bien situé ce problème lors d’uneconférence réunissant linguistes et anthropologues à Bloomington (Indiana):

Pour définir convenablement les relations entre langage et culture, il faut, me semble-t-il, exclure d’emblée deux hypothèses L’une selon laquelle il ne pourrait y avoir aucune corrélation entre les deux ordres ; et l’hypothèse inverse d’une corrélation totale à tous les niveaux Dans le premier cas, nous serions confrontés à l’image d’un esprit humain inarticulé et morcelé, divisé en compartiments et en étages entre lesquels toute communication est impossible, situation bien étrange et sans rapport avec ce qu’on constate dans d’autres domaines de la vie psychique Mais si la correspondance entre la langue et la culture est absolue, les linguistes et les anthropologues s’en serait déjà aperçu, et nous ne serions pas ici pour en discuter Mon hypothèse de travail se réclame donc d’une position moyenne: certaines corrélations sont probablement décelables, entre certains aspects et à certains niveaux, et il s’agit pour nous de trouver quels sont ces aspects et ó sont ces niveaux.

Certaines théories, considérées aujourd’hui comme parfaitement farfelues, ontpourtant été formulées, entre autres par Van Gineken qui suggère l’existence d’unecorrélation entre les caractéristiques phonétiques d’une langue et des types de culture(tropicale/ arctique, paysanne/ urbaine)

L’intérêt pour la morphologie de la langue en tant que susceptible de révéler descorrélations avec des comportements et des attitudes culturelles, a engendré un certainnombre d’études dont les plus célèbres sont celles de Benjamin Lee Whorf Selon lui,l’influence de la langue sur la culture et les activités personnelles réside dans la façondont elle organise constamment les données de la réalité et analyse les phénomènes Lemonde est en grande partie construit inconsciemment à partir des habitudes

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linguistiques du groupe Whorf soutient que l’étude des catégories grammaticalesd’une langue peut révéler la métaphysique d’un groupe culturel, c’est-à-dire la façondont ce groupe organise et segmente l’expérience Ses études comparées de la langue

hopi et des langues SAE (Standard Average European) ont démontré qu’il existe un

lien, entre, d’une part, la façon dont les deux groupes de langues expriment le nombre,

le temps des verbes et désignent les objets physiques et, d’autre part, la façon dont lesdeux cultures conçoivent le temps, l’espace, la matière, la substance et la forme Ilinfère les conceptions culturelles à partir de l’analyse morphologique et confirmeensuite ses hypothèses par l’observation des comportements dans plusieurs domaines

de la culture Il conclut qu’il existe un lien entre une langue et une façon de penser quielle-même influence le reste de la culture

Dans l’approche interculturelle, l’enseignement d’une langue est considérécomme une activité culturelle Ce fait exige la prise en considération d’éléments divers,notamment historiques, géographiques et ethniques Donc, l’apprentissage des languesn’est purement et simplement qu’un moyen de déceler les différences dans les formes

de réflexion et la diversité dans la vision des aspects socioculturels C’est un processusmultifonctionnel Il permet non seulement de découvrir une langue et sa culture maiségalement d’intégrer les différences dans les formes Le besoin fondamental d’unapprenant d’une langue étrangère est de connaître la culture véhiculée par cette langue

La connaissance de la culture est nécessaire à l’apprentissage de la langue, comme laconnaissance de cette dernière est nécessaire à l’accès à la culture C’est grâce à ce lieninterculturel que les apprenants réalisent l’altérité comme une ouverture sur soi et surautrui

La culture est entièrement symbolique Elle se définit comme un ensemble trèscomplexe de représentations organisées par un code de relations et de valeurs,traditions, religions, lois, politique, éthique, arts, qui imprègne l’homme dans sa

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conscience la plus profonde et dirige son comportement dans toutes les formes de sonactivité Qu’est-ce donc sinon un univers de symboles intégrés en une structurespécifique et que le langage manifeste et transmet? Par la langue, l’homme assimile laculture, la perpétue ou la transforme Or chaque langue, chaque culture mettent en

œuvre un appareil spécifique de symboles en lequel s’identifie chaque société «La

diversité des langues, la diversité des cultures, leurs changements font apparaître la nature conventionnelle du symbolisme qui les articule C’est en définitive le symbole qui noue ce lien vivant entre l’homme, la langue et sa culture.» (Benveniste E., 1966)

1.4 Définition de l’interculturel et de l’approche interculturelle dans l’enseignement des langues étrangères

1.4.1 Interculturel

L’interculturel a la source française, dans le contexte des migrations des années

1970 Le mot «interculturel» se compose de «inter» et «culturel» qui viennent des latins, signifient «entre» et «culture» Il s’agit des rapports ou contacts entre plusieurs

cultures ou groupes de personnes de cultures différentes, leurs points communs, leursinteractions, leurs échanges, leurs relations, etc

L’interculturel est une façon permettant d’analyser la diversité culturelle à partirdes processus et des dynamiques selon une logique relevant de la variation et de lacomplexité Il est considéré comme une construction ouvrant à la compréhension desproblèmes sociaux et éducatifs dans leur rapport avec la diversité culturelle

En 1986, Dasen et Jahoda définissaient l’interculturel comme étant

«essentiellement une perspective qui prend la culture au sérieux» De même, lors de la

fondation de l’Association pour la recherche interculturelle (ARIC) en 1984, unedéfinition large a été retenue, basée entre autres sur celle de l’UNESCO Dansl’introduction des actes du premier congrès de l’ARIC, Dasen et Retschitzki (1989)présentaient la recherche interculturelle de la façon suivante:

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On peut distinguer deux approches complémentaires dans la recherche

interculturelle Premièrement, l’étude de la diversité culturelle, avec ou sans

comparaison explicite entre les cultures, permet de mieux comprendre l’ensemble des

sociétés humaines, et par le miroir de l’altérité, de mieux comprendre sa propre société.Dans les sciences humaines, une méthode comparative permet de remettre en questiondes théories établies dans un contexte particulier, mais trop souvent considérées a priori

comme universelles D’autre part, dans le monde actuel, les contacts entre groupes

culturels se multiplient, dans des situations et pour des raisons forts diverses Une

grande partie de la recherche interculturelle porte sur l’ensemble des phénomènes liés àces contacts

En bref, pour reprendre la définition que l’UNESCO (1984) a choisie, lesinstitutions actives dans les études interculturelles, du point de vue académique, sont

celles impliquées soit dans la comparaison entre de différentes cultures (l’étude

comparative de phénomènes culturels), soit dans l’interaction entre les cultures

(étude sur les processus d’interaction entre individus ou groupes relevant de différents enracinements culturels).

A partir de cet attendu, nous retiendrons ici trois types d’études:

- L’étude d’un phénomène à l’intérieur d’une seule culture, portant en particuliersur l’influence de la culture sur celui-ci, ou des interactions entre le phénomène enquestion et la culture;

- L’étude comparative d’un phénomène dans plusieurs cultures;

- L’étude des processus mis en jeu par la rencontre de personnes d’originesculturelles différentes, ou se réclamant de deux ou de plusieurs cultures

Ces trois types d’études correspondent partiellement à des approchesdisciplinaires différentes Le premier relève plus particulièrement de l’ethnologie (ou

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anthropologie culturelle) et parfois de la sociologie, et de ce qui est parfois appelé la

«psychologie culturelle» (Boesch, 1995; Krewer, 1993; Shweder, 1990), ou encore

l’approche dite «émique» en psychologie culturelle comparée (Martin, ce volume) Le

second type fait plutôt référence à la méthode comparée, considérée parfois commefondamentale et indispensable, récusée par d’autres L’influence de la psychologiesociale est manifeste dans le troisième type de recherches, mais plusieurs chercheursfrancophones ont préconisé la constitution d’une discipline autonome, centrée surl’étude de l’inter-culturation (Camilleri, 1993; Clanet, 1986; 1990; Denoux, 1985,1995) Ce débat sur l’autonomie de la discipline rejoint sur certains points celui qui alieu dans les sciences de l’éducation elles-mêmes (Hofstetter&Schneuwly, 1998)

Selon Abdallah - Preitceille, citée par De Carlo (1998), «l’interculturel est une

construction susceptible de favoriser la compréhension des problèmes sociaux et éducatifs, en liaison avec la diversité culturelle Il se définit comme un choix pragmatique face au multiculturalisme qui caractérise les sociétés contemporaines C’est l’impossibilité de maintenir séparés des groupes qui vivent en contact constant qui entraîne la nécessité de construire des modalités de négociation et de médiation des espaces communs».

Selon lui, le préfixe «inter» du terme «interculturel» indique une mise en

relation et une prise en considération des interactions entre des groupes, des individus,des identités L’interculturel s’élargit et s’écarte du contexte des migrants àd’autres publics, notamment la classe de langue Tout ce que le contact des langues etdes cultures peut engendre comme phénomènes peut s’inscrire dans le processus de

l’interculturel M.Abdallah Pretceille stipule: «Qui dit interculturel dit, s’il donne tout

son sens au préfixe inter: interaction, échange, décloisonnement Il dit aussi, en donnant son plein sens au terme culture: reconnaissance des valeurs, des modes de vie, des représentations symboliques auxquelles se réfèrent les êtres humains,

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individus et sociétés, dans leurs relations avec autrui et dans leur appréhension du monde; reconnaissance des interactions qui interviennent à la fois entre les multiples registres d’une même culture et entre les différentes cultures, et ceci, dans l’espace et dans le temps»

En réalité, l’interculturel au cours de l’enseignement et de l’apprentissage d’unelangue étrangère vise à prendre conscience de l’ensemble des enjeux déclenchés lors

du contact des cultures Il s’agit de collationner la connaissance de la culture cible etl’activation de la culture source en vue de permettre à l’apprenant une ouverture àd’autres perspectives Elle vise aussi à agir sur les attitudes des apprenants endépassant les représentations erronées par l’interaction et l’échange

1.4.2 Approche interculturelle

Dans le dictionnaire de la politique, l’approche interculturelle est définie comme

une forme d'ouverture qui implique un renoncement à l'ethnocentrisme Elle considère

que chaque pays, chaque peuple, chaque groupe humain possède une culture différentequi lui est propre et qu'il n'existe pas une culture, mais des cultures dont certainescoexistent et interagissent

L’apprentissage d’une langue est un processus qui n’est pas lié exclusivement

au contexte scolaire L’interculturel est reconnu comme une composante nécessaire de

la didactique des langues étrangères; en particulier du FLE

L’approche interculturelle occupe aujourd’hui une place reconnue dans l’ungrand nombre de travaux faits par les didacticiens En effet, en mettant au centre de laréflexion de la question de la réussite ou de l’échec de la communication entre desaspects plus sensibles à la variation culturelle au niveau linguistique, pragmatique etinteractionnel, il ne suffit pas de bien maîtriser le système d’une langue étrangère pourbien communiquer dans cette langue Nous savons par ailleurs que les difficultés decommunication que rencontrent les gens de cultures différentes sont moins souvent des

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problèmes d’incompréhension liés aux processus référentiels qui sont en généralfacilement élucidés

L’apprentissage d’une langue étrangère implique l’appropriation de certainstraits culturels En conséquence, les valeurs culturelles transmises par cette langue vontinfluencer les connaissances déjà acquises par l’apprenant La classe de langue est lelieu privilégié pour l’interaction des cultures en présence, les échanges entre lesapprenants leur permettent de s’enrichir culturellement et de découvrir par le biais de lalangue enseignée d’autres phénomènes culturels Enseigner une langue-cultureétrangère, c’est permettre aux apprenants de connaître de nouveaux systèmes designification et les valeurs qui s’y rattachent en leur fournissant l’occasion d’acquérir

de nouvelles compétences, et de réfléchir sur leur propre système culturel

1.4.3 Objectif et place de l’approche interculturelle dans l’enseignement des langues étrangères

Les pratiques culturelles ou interculturelles ne sont pas toujours favorisées parles contraintes du système éducatif Elles sont limitées aux échanges scolaires, quidonnent la possibilité aux apprenants aussi de pratiquer la communicationinterculturelle Dans un contexte scolaire, l’apprenant est devenu «un voyageur» etqu’il peut avoir des expériences culturelles ou pluriculturelles en dehors de l’école,même sans se déplacer, dans sa ville, dans son quartier Par conséquent, la perspectiveinterculturelle qui se définit comme une formation à l’observation des différences, à lacompréhension, à l’interprétation et à la relativisation des données culturelles

Selon Abdallah-Pretceille (1996), «le but d’une approche interculturelle n’est ni

d’identifier autrui en l’enfermant dans un réseau de significations, ni d’établir une série de comparaisons sur la base d’une échelle ethno-centrée Méthodologiquement, l’accent doit être mis davantage sur les rapports que “je” (individuel ou collectif) entretient avec autrui que sur autrui proprement dit Ainsi, dans cette perspective,

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l’altérité n’est plus un phénomène objectif qu’il s’agirait de décrire mais se présente comme un rapport dynamique entre deux entités qui se donnent mutuellement».

L’approche interculturelle offre aujourd’hui une réponse possible au défi lancé

par les nouveaux scénarios socioculturels Selon le Conseil de l’Europe, «L’emploi du

mot interculturel implique nécessairement, si on attribue au préfixe «inter» sa pleine signification, interaction, échange, élimination des barrières, réciprocité et véritable solidarité Si au terme culture, on reconnaît toute sa valeur, cela implique reconnaissance des valeurs, des modes de vie et des représentations symboliques auxquelles les être humains, tant les individus que les sociétés, se réfèrent dans les relations avec les autres et dans la conception du monde» Le point de départ doit donc

être l’identité de l’élève: par la découverte de sa culture maternelle, il sera amené àcomprendre les mécanismes d’appartenance à toute culture Plus il aura conscience descritères implicites de classement de sa propre culture, plus il sera capable d’objectiverles principes implicites de division du monde de la culture étrangère L’objectif n’estdonc pas uniquement pragmatique - offrir aux apprenants les moyens pour organiserleur discours de façon cohérente et interagir avec des étrangers, il est aussi et surtoutformatif, à savoir développer un sentiment de relativité de ses propres certitudes, quiaide l’élève à supporter l’ambiguïté de situations et de concepts appartenant à uneculture différente

La classe de langue doit être un véritable laboratoire d’échanges interculturels Ils’agit d’encourager la coopération entre les formateurs, instituteurs, enseignants etapprenants et de créer les conditions qui favorisent le rapprochement entre les cultures

Le contact d’un locuteur avec une culture autre que la sienne par le truchement de lalangue peut le conduire à une relativisation de ses propres pratiques sociales, de sesconvictions et de ses croyances Dans cette approche, il est important de dépasser etnon d’abandonner son système référentiel pour se mettre à la place de l’autre Le

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travail de la démarche interculturelle consiste essentiellement à aider les apprenants às’approprier et à saisir les traits culturels qui permettent l’accès à l’univers de l’autre àsavoir, l’histoire, les modes de pensée, les symboles et les valeurs Une fois entraînés àces éléments, ils peuvent revenir à leur propre culture, enrichis par le changement etl’expérience.

Cette approche aspire à habituer l’apprenant à passer d’un univers à l’autre, àregarder avec une optique différente, à provoquer des isomorphismes cognitifs etémotifs, pour comprendre comment pensent et sentent les autres, pour revenir ensuitedans sa propre culture, en ayant mieux conscience de la réalité de ses propres racinesculturelles La formation à l’interculturel ne se réalise ni par une simple transmission

de connaissances ni par mimétisme de comportements, mais par l’exercice etl’expérience La compréhension des points de vue différents et leur rapprochement onttoujours constitué des finalités proclamées dans cette formation Par ailleurs,l’interculturel se présente comme une démarche qui tout en agissant sur la conscience

de l’individu, son image de soi et de l’autre, tente de développer chez lui la capacité derelativiser ses valeurs qui lui dictent tout comportement en situation de communication

ou d’apprentissage Le Cadre Européen souligne ainsi un des objectifs de cettedémarche:

«Dans une approche interculturelle, un objectif essentiel de l’enseignement des langues est de favoriser le développement harmonieux de la personnalité de l’apprenant et de son identité en réponse à l’expérience enrichissante de l’altérité en matière de langue et de culture.»

Initier l’apprenant à la tolérance et à l’acceptation de l’autre et à la diversitélinguistique et culturelle c’est lui donner la chance de vivre l’interculturel et des’épanouir socialement et intellectuellement

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1.4.4 Méthodes d’enseignement/ apprentissage de l’interculturel, modèle de référence

1.4.4.1 Chez Galisson

Galisson considère que la culture partagée sédimente dans certains mots qu’ilnomme mots à charge culturelle partagée (mot à C.C.P.) Selon lui, ces mots à C.C.P

sont comme des «lieux de pénétration privilégiés pour certains contenus qui s’y

déposent», qui se chargent «d’implicites culturels qui fonctionnent comme des signes

de reconnaissance et de complicité et reçoivent ainsi une sorte de «Valeurs ajoutée» à

la signification du mot» (1987).

Il a classé trois sortes de mot à C.C.P.:

- Ceux dont la «C.C.P est le produit de jugements tout faits véhiculés par des locutions figurées» ; c’est le cas de celles qui prête qualités et défauts à tel ou tel animal (ex: «fort comme un bœuf», «sale comme un cochon», etc.) ou de celles qui désignent des «inanimés culturels» (ex: sourd comme un pot», «dur comme une pierre», etc.):

- Ceux dont «la C.C.P résulte de l’association automatique d’un lieu à un produit spécifique» (ex: la moutarde de Dijon, les nougats et Montélimar, etc.)

- Ceux dont «la C.C.P est la coutume évoquée par le mot»; c’est le cas des idées associées aux fêtes et à certaines cérémonies (ex: Noël évoque le sapin, la bûche ; le Mardi gras évoque les crêpes; le 1 er mai évoque le muguet; etc.) (1991).

D’après lui, la culture partagée qui est acquise par les natifs peut faire l’objetd’un apprentissage de la part des étrangers et propose donc l’apprentissage basé sur ladécouverte des mots à C.C.P Il souhaite la mise au point d’un dictionnaire reprenantles plus courants de ces mots, qui constituerait un outil indispensable pourl’apprentissage de la charge culturelle partagée

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1.4.4.2 Chez Zarate

Les représentations sociales construisent les limites entre le grouped’appartenance et les autres Partager des représentations, c’est manifester sonadhésion à un groupe, affirmer un lien social et contribuer à son renforcement On peut

dire que «Les représentations participent d’un processus de définition d’identité

sociale» (Zarate, 1990 : 30) Toute représentation relève d’une démarche identitaire et

les représentations de l’étranger constituent une des voies les plus accessibles pour

réfléchir sur le fonctionnement de son identité: «A l’instar de toutes les autres formes

de représentation, les représentations de l’étranger renvoient à l’identité du groupe qui les produits.»

Zarate propose d’accorder une place aux représentations des natifs de cetteculture tout en introduisant dans la description les représentations locales de la culture

étrangère et elle souligne que «les représentations qu’une culture produit sur

elle-même constituent un élément indispensable à la description des faits sociaux en permettant le repérage des enjeux internes à un groupe social donné et l’identification

de la place occupée et revendiquée dans l’espace social ó se groupe inscrit ses intérêts».

Contrairement à la description scolaire qui opère la plupart du temps un travail

de simplification de la réalité sociale en valorisant le recours à une hiérarchisationunique et implicite de ses contenus, la description articulée sur les représentations dunatif et celle de l’étranger crée un nouveau modèle qui repose à la fois sur la

juxtaposition des représentations sociales et sur leur mise en relation: «Comprendre

une réalité étrangère, c’est expliciter les classements propres à chaque groupe et identifier les principes distinctifs d’un groupe par rapport à un autre» Par rapport à la

méthodologie traditionnelle dont la conception est celle du «Dossier de civilisation»,

cette mise en relation des représentations du natif et de l’étranger correspond à la

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nature de la démarche interculturelle: la découverte interculturelle et la confrontation

des diverses représentations dans la classe de langue «Une description est fiable

lorsqu’elle permet de comprendre ce qui différencie des systèmes de valeurs entre eux, quelles sont les règles du jeu dans lesquels un groupe social donné se reconnaît, pourquoi ce qui serait insignifiant pour ceux qui sont extérieurs à ce groupe a force de règle pour ceux qui y participent.»

L’enseignant doit intégrer non seulement les valeurs auxquelles il s’identifiemais aussi surtout ce qui est extérieur son propre système de références à la

description: «La pertinence sociologique consiste à ne pas exposer les seules valeurs

étrangères en conformité avec sa propre identité sociale d’enseignant, à faire jouer explicitement l’effet de mandat lorsque la description est déléguée à un porte-parole (un document et son auteur), à donner à l’élève, interprète de ce document, les moyens

de mettre en œuvre une analyse réflexive de ses propres représentations.»

1.4.4.3 Chez De Salins

L’auteur préconise l’approche interculturelle par l’ethnographie de la

communication «…Apprendre à parler, connaître et comprendre un autre peuple, être

capable d’interagir dans une autre culture, c’est-à-dire maîtriser une compétence communicative, constituent une entreprise décapante… » ( De Salins, 1992 : 7) « Par

le jeu interactif entre la culture originelle et la culture apprise, une troisième dimension se met en place» Dans cette approche, la langue n’est pas la seule composante importante, mais seulement une des représentations «Il faut aussi apprendre à structurer et à restructurer les manières d’être, d’agir, de sentir et de penser…»

Le processus de découverte interculturelle comprend quatre étapes:

1 Le découverte de notre ethnocentrisme latent qui met un écran entre nous et laculture cible;

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2 La distinction de ce que nous concevons consciemment comme formel etnormatif et de ce que nous pratiquons de façon informelle ou subconsciente;

3 La découverte des «évidences invisibles»;

4 La prise de distance avec ce que nous interprétons comme naturel, quand aufond il s’agit des programmes culturels que tout le monde ne partage pas

Elle souligne qu’un des objectifs de l’ethnographie de la communication est

«l’observation des interactions entre membres de communautés linguistiques différentes et l’étude des difficultés qui peuvent se rencontrer dans la communication interculturelle quand les partenaires ne partagent pas les mêmes règles cryptotypiques, en matière de comportements langagier ou non langagier».

1.4.4.4 Chez Abdallah-Pretceille et Porcher

Ces deux auteurs ont développé la conception pragmatique de l’anthropologie entant qu’instrument de la découverte interculturelle

Selon eux, il convient d’apprendre les variations, les distorsions, les réfractionsculturelles dans une démarche de compréhension d’après la connaissance de faitsculturels et l’articulation de la culturalité et de la communication

«Une première ligne d’investigation s’appuie sur une définition de la culture comme un ensemble de signes Or, ou bien ceux-ci sont transparents, et il convient de développer un décodage au sens d’une grammaire, ou bien ils sont «cachés» et cela relève d’une herméneutique L’anthropologie est en en réalité une herméneutique dans

la mesure ó elle effectue un travail d’interprétation et non d’explication comme on a souvent tendance à le croire En effet, la tentation est forte d’expliquer les comportements d’autrui par ses caractéristiques culturelles en s’appuyant sur des techniques de codage et de décodage La connaissance est alors supposée anticiper et faciliter la compréhension d’autrui.»

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Partant de ce constat, ils postulent que la pragmatique représente une hypothèseforte pour l’analyse culturelle et la structuration de la démarche puisque la culture ne

relève pas d’un paradigme du savoir: «L’individu sélectionne, en fonction d’un

objectif, d’une intention, de ses intérêts et des situations, les informations culturelles dont il a besoin Il ne communique pas avec le «tout» de la culture mais uniquement avec des bribes qu’il manipule selon les circonstances, les hasards et les nécessités En conséquence, pour communiquer, il ne suffit pas de connaître «la réalité» culturelle mais de développer une compétence pragmatique qui permet de saisir la culture à travers le langage et la communication, c’est-à-dire la culture en acte, la culturalité.»

C’est pourquoi, plutôt que d’accumulation de savoirs, il faudrait s’interroger surles opérations qui fondent le sens: questionnement ou formulation d’hypothèsesconcernant les manifestations culturelles: le verbal, le paraverbal et le non-verbal

1.4.4.5 Chez Beacco

Beacco propose une méthodologie d’enseignement des langues parcompétences Il a déterminé les composantes de la compétence à communiquerlangagièrement, qui fonde l’approche par compétence et dont le principe est que, si laconnaissance d’une langue peut être analysée en compétences discursives distinctes,alors son enseignement relève de démarches elles-mêmes distinctes

«La composante ethnolinguistique concerne la capacité à identifier le «vivre ensemble verbal», comme ensemble de normes concernant les comportements communicatifs (relevant de l’ethnographie de la communication) et qui ont des effets directs sur la réussite de la communication.» Les apprenants doivent identifier et

accepter les normes communicatives de la culture cible

«La compétence actionnelle concerne la capacité à «savoir agir», au moins dans un ensemble minimum de situations sociales, au sein d’une communauté peu connue ou inconnue, de manière à pouvoir y gérer sa vie matérielle et relationnelle».

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Cela peut être un séjour de courte ou de longue durée Il pense que l’implication dans

ces échanges «matière culturelle» donne lieu, potentiellement, à observations et à

interprétations des communautés autres C’est l’implication dans ces échanges

«matière culturelle» qui «constitue souvent la matière des premiers malentendus ou surprises culturelles, et implique, surtout lors des contacts initiaux, une prise de distance et une disposition à la découverte»

«La composante relationnelle est la dimension visible mais restreinte de la compétence interculturelle Elle concerne la capacité à développer et à mobiliser les attitudes et les savoir-faire verbaux nécessaires à une gestion appropriée d’interactions portant explicitement, même partiellement, sur la matière culturelle et sociétable elle-même.» Selon lui, les interactions en face à face entre un «natif» et un

«étranger» sont en fait la forme la plus concrète de la «communication verbale interculturelle» Cela implique demande d’explications, jugements de valeurs,

réactions affectives «Elles appellent donc la constitution ou le renforcement

d’attitudes positives comme la curiosité, la bienveillance et la tolérance culturelle et constituent un lieu privilégié parce qu’immédiat de l’éducation interculturelle, ó peuvent être verbalisés et mis à plat préjugés et attitudes ethnocentristes.»

«La composante interprétative concerne la capacité des apprenants à donner

du sens, à rendre compte (à eux-mêmes et à d’autres) de société qui ne leur sont pas familières, dont ils ne partagent pas les normes et les références…» Cela consiste à

activer des attitudes intellectuelles dynamiques par rapport aux discours tenus sur sasociété d’origine et la société cible avec des membres de sa communauté et de l’autrecommunauté: discussions, comparaisons, commentaires de voyages, explication à unextérieur, médiation culturelle

«La composante intellectuelle est d’ordre déontologique Elle concerne la nécessité éducative de conduire les apprenants, en contact avec l’étrangeté et la

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différence que manifestent concrètement une langue étrangère inconnue et ceux qui l’emploient, à des attitudes positives devant ces valeurs et comportements, qui peuvent susciter ou activer des réactions d’ethnocentrisme, d’intolérance et de racisme latent tout autant que des processus d’acculturation et de dépendance culturelle, d’enferment identitaire ou d’aliénation.» En classe de langue, cela donne lieu à une approche

réflexive de telles attitudes au contact de communautés culturelles afin de s’employer à

en faire percevoir la valeur et les raisons d’existence «Le fait de mieux percevoir les

cohérences culturelles, l’épaisseur historique, la fonction sociale des comportements

ne signifie cependant pas en accepter moralement l’existence, à moins de prôner un relativisme radical.»

La spécification en composantes des compétences culturelles et interculturelles

de Beacco conduit à des conclusions non inattendues en termes méthodologiques Lestrois dernières font intervenir des savoirs non linguistiques et envisagent lacommunication au sens de compréhension/acceptation des différences culturelles au

lieu de création et transmission verbale de significations «Cela invite donc à en

aborder la méthodologie d’enseignement de manière spécifique et à élaborer, si nécessaire, les démarches d’enseignement correspondantes, qui ne sont pas identiques

à celles employées pour enseigner les compétences d’un autre ordre.»

1.4.5 Étapes de l’approche interculturelle

Les modèles interculturels présentés ci-dessus ont amené au développementd’une approche interculturelle pour aborder la culture en classe de langue

Pour développer une compétence interculturelle, l’apprenant doit d’abord se

décentrer de sa propre culture Avec une prise de distance de sa culture, l’apprenant

peut se poser des questions objectives et découvrir l’existence d’autres cultures et ainsid’autres manières de penser (Giguet, 2008) Comme Genevière Zarate (1983) nous le

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rappelle: «Le rôle que nous assignons à l’étranger est celui d’une mise à distance de la

réalité étrangère et, par contrecoup, de l’objectivisation de la culture maternelle».

L’apprenant doit ensuite apprendre à se mettre à la place des autres Cela veut

dire qu’il apprend à ne pas généraliser et passer des jugements, mais plutôt àemphatiser avec son interlocuteur (Giguet, 2008)

Coopérer est l’étape suivante L’apprenant doit essayer de comprendre son

interlocuteur en dépassant ses idées préconçues (Giguet, 2008)

Finalement, l’apprenant doit comprendre comment l’autre perçoit la réalité et

comment il est perçu lui-même Cela veut dire que l’apprenant doit connaître certaines

données par rapport au comportement de son interlocuteur, pour réussir le décodage deses paroles (Giguet, 2008)

1.4.6 Compétences nécessaires que les apprenants doivent avoir selon le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR)

Selon le CECR, les apprenants doivent avoir quatre compétences: les savoirs,les savoir-faire, les savoir-être et les savoir-apprendre pour pouvoir communiquer avecl’autre

1.4.6.1 Savoirs

Les savoirs se composent de trois parties : la culture générale ; le savoir

socioculturel qui couvre la vie quotidienne, les conditions de vie, les relations

interpersonnelles, les valeurs, croyances et comportements, le langage du corps, le

savoir-vivre et les comportements rituels; la prise de conscience interculturelle

Quand un élève commence dans une langue, il ne part jamais du niveau zéro dufait qu’il a déjà acquit certaines connaissances du monde par son expérience, par

l’éducation ou par l’information etc « La connaissance factuelle du ou des pays dans

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lesquels la langue en cours d’apprentissage est parlée est de première importance pour l’apprenant » (CECR, 2000)

L’apprentissage d’une langue étrangère permet de travailler sur les stéréotypes

et les clichés afin d’accéder à une meilleure compréhension de l’autre culture

1.4.6.2 Savoir-faire

Le faire couvre les aptitudes pratiques Les aptitudes pratiques et faire se composent des aptitudes sociales, des aptitudes de la vie quotidienne, desaptitudes techniques et professionnelles et des aptitudes propres aux loisirs Lesaptitudes et les savoir-faire interculturels comportent la capacité d’établir une relationentre la culture d’origine et la culture étrangère, la sensibilisation à la notion de culture

savoir-et la capacité de reconnaître savoir-et d’utiliser des stratégies variées pour établir le contactavec des gens d’une autre culture, la capacité de jouer le rôle d’intermédiaire culturelentre sa propre culture et la culture étrangère et de gérer efficacement des situations demalentendus et de conflits culturels, la capacité à aller au-delà de relationssuperficielles stéréotypées Le CECR met l’accent sur la capacité d’utiliser dedifférentes stratégies pour établir le contact avec les natifs et la capacité concernant lesmalentendus interculturels: comment les éviter? Comment les surmonter? Commentremédier à un malentendu?

1.4.6.3 Savoir-être

Le savoir-être consiste en facteurs personnels liés à la personnalité propre desapprenants et caractérisés par les attitudes, les motivations, les valeurs, les croyances,les styles cognitifs et les types de personnalité qui constituent leur identité Cette prise

en considération du savoir-être des apprenants est indispensable dans l’enseignementdes langues Un apprenant ne change pas sa personnalité du jour au lendemain, unenseignant doit l’aider à s’exprimer et à développer sa personnalité dans des contextesdifférents afin de jouer son rôle de «médiateur culturel»

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1.4.6.4 Savoir-apprendre

Le savoir-apprendre recouvre la capacité à observer de nouvelles expériences, à

y participer et à intégrer cette nouvelle connaissance, quitte à modifier lesconnaissances antérieures Il comporte plusieurs composantes telles que la conscience

de la langue et de la communication, la conscience et les aptitudes phonétiques,l’aptitude à l’étude et l’aptitude à la découverte heuristique Selon la perspectiveactionnelle préconisée dans le CECR, l’autonomie de l’apprentissage est encouragée et

on peut l’appeler aussi «apprendre à apprendre» L’intérêt de cette tel-voir apprendregrâce auxquels on peut s’ouvrir sur l’autre et communiquer avec l’autre L’intérêt decette prise en compte de la façon dont langue et la communication fonctionnentdémontre le lien entre la langue et la communication

Conclusion du chapitre I

Ce premier chapitre définit le cadre théorique portant sur les notions de langue,

de culture, de l’approche interculturelle, sur la relation inséparable de la langue et de laculture et sur l’application de l’approche interculturelle dans l’enseignement deslangues étrangères

Nous avons trouvé plusieurs modèles de l’interculturel, plusieurs méthodes del’enseignement et de l’apprentissage de l’interculturel des linguistes comme Galisson,Zarate, De Sallins, Abdallah-Pretceille et Porcher et Beacco Selon Galisson,l’enseignement et l’apprentissage de la culture mettent l’accent sur la découverte des

mots à charge culturelle partagée (mot à C.C.P) qui se chargent «d’implicites culturels

qui fonctionnent comme des signes de reconnaissance et de complicité et reçoivent ainsi une sorte de «Valeurs ajoutée» à la signification du mot» Zarate accorde une

place aux représentations des natifs de la culture maternelle en introduisant dans ladescription les représentations locales de la culture étrangère De Sallins préconisel’approche interculturelle par l’ethnographie de la communication qui vise à observer

Ngày đăng: 13/11/2019, 15:47

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