Nghiên cứu được trình bày trong luận văn này tập trung vào nghiên cứu các phương thức thực hiện hành vi phê phán trên Facebook của người Pháp và người Việt. Để thực hiện những mục tiêu này, chúng tôi đã sử dụng bốn phương pháp nghiên cứu: phương pháp mô tả, phân tích, thống kê và so sánh, dùng để xử lý và giải thích kết quả. Dữ liệu nghiên cứu gồm 35 tình huống có chứa hành động phê phán được ghi lại từ facebook trong sáu tuần từ giữa tháng tư đến cuối tháng mười năm 2015, trong đó có 15 tình huống với 82 bình luận bằng tiếng Pháp và 20 tình huống với 97 bình luận bằng tiếng Việt. Mục tiêu của chúng tôi nhằm giúp các cá nhân khác tránh hiểu lầm trong giao tiếp giữa hai nền văn hóa. Đây cũng là công việc cần thiết trong nghiên cứu về các đa dạng văn hóa và giao lưu liên văn hóa đặc biệt là văn hóa Pháp –Việt.
Trang 1UNIVERSITÉ NATIONALE DE HA NOI UNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES
DÉPARTEMENT POST-UNIVERSITAIRE
*****************
LÊ NGỌC HẢI
ÉTUDE COMPARATIVE DES ACTES DE CRITIQUE SUR LE RÉSEAU SOCIAL FACEBOOK
DES FRANÇAIS ET DES VIETNAMIENS
NGHIÊN CỨU SO SÁNH HÀNH ĐỘNG PHÊ PHÁN TRÊN MẠNG XÃ HỘI FACEBOOK
CỦA NGƯỜI PHÁP VÀ NGƯỜI VIỆT
Mémoire de fin d’études de Master
Spécialité: Linguistiques françaises Code: 60220203
Hanoi – 2015
Trang 2UNIVERSITÉ NATIONALE DE HA NOI UNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES
DÉPARTEMENT POST-UNIVERSITAIRE
*****************
LÊ NGỌC HẢI
ÉTUDE COMPARATIVE DES ACTES DE CRITIQUE SUR LE RÉSEAU SOCIAL FACEBOOK
DES FRANÇAIS ET DES VIETNAMIENS
NGHIÊN CỨU SO SÁNH HÀNH ĐỘNG PHÊ PHÁN TRÊN MẠNG XÃ HỘI FACEBOOK
CỦA NGƯỜI PHÁP VÀ NGƯỜI VIỆT
Mémoire de fin d’études de Master
Spécialité: Linguistique française Code: 60220203
Directeur: Monsieur Pr Dr TRỊNH ĐỨC THÁI
Hanoi - 2015
Trang 3ATTESTATION SUR L’HONNEUR
J’atteste sur l’honneur que ce mémoire a été réalisé par moi-même et que les données et les résultats qui y sont présentés sont exacts et n’ont jamais été publiés ailleurs.
Hanoi, 2015
Lê Ngọc Hải
Trang 4Je tiens à remercier vivement Monsieur le Professeur TRỊNH ĐỨC
THÁI qui a la gentillesse d’avoir accepté de diriger mon travail de
recherche Sa direction méthodologique et scientifique, ses conseils précieux ainsi que son soutien attentif m’ont apporté un grand courage à faire cette recherche.
Mes sincères remerciements vont également à mes collègues et à mes amis qui m’ont beaucoup aidé en me donnant des conseils précieux à chaque pas
de mon travail de recherche.
Je tiens à témoigner ma profonde gratitude à ma famille pour ses encouragements permanents.
Trang 5TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION
Dans le contexte de la mondialisation, la demande de communicationdevient de plus en plus diversifiée Il existe plusieurs façons decommunication, alors, il y aurait certainement le contact entre des différentspeuples et cultures
Chaque personne a un lien fort avec sa culture et est dirigée par sescoutumes, ses comportements, ses habitudes etc Selon Pierre Bourdieu, la
culture est « la capacité à faire des distinctions » On pourrait donc dire que
chaque individu est une partie de sa culture et sa manière de penser, mêmed’agir dépend à son ethnique, à son pays ó il y aurait une norme
Donc, on pourrait conclure qu’il existe des problèmes de malentendudans la communication entre des différentes cultures Alors, beaucoup derecherches sur la comparaison des systèmes culturels, des linguistiques dedifférentes communautés culturelles ont été rédigées partout du monde
De notre part, étant consciente de l’importance de la communicationinterculturelle, nous avons décidé de faire une étude comparative des actes decritique des Français et des Vietnamiens On sait que l’acte de critique est l’undes FTA – les actes menaçants pour les faces, donc, la formulation de cesactes doit être très consciencieuse pour garder les faces et éviter surtout lesmalentendus
De plus, dans notre siècle, on connaỵt une « explosion » dans ledéveloppement des réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, Googleplus,
Trang 6myspace etc On sait bien aussi que Facebook est un réseau social qui a lenombre d’utilisateurs le plus grande du monde, on compte 1,11 milliardd'utilisateurs actifs par mois jusqu’à la fin du premier semestre 2013 selon lesite journaldunet.com Avec son recouvrement, Facebook devient « le champ
de bataille » des combats de langue, c’est pourquoi nous avons choisi ceréseau social comme notre source de données
Enfin, notre étude part d’une difficulté de la vie quotidienne, c’est lacompréhension et la formulation des actes de critique des Français et desVietnamiens pour avoir la capacité de réagir correctement dans une différenteculture
1 Questions de recherche
Pour notre étude, nous nous posons les questions suivantes :
1) Quels sont les procédés de formulation des actes de critique des Français et des Vietnamiens ?
2) Quelles sont les différences et les ressemblances dans la formulation
de cet acte en Français et en Vietnamien ?
2 Hypothèses de recherche
Et nous formulons aussi deux hypothèses suivantes :
1) Il y aurait de différentes façons dans la formulation et la réalisation des critiques en deux langues et cet acte de critique a des caractéristiques particulières en matière de structure et de contenu propositionnel
Trang 72) Il y aurait des ressemblances et des différences culturelles dans la réalisation de cet acte dans ces deux communautés de langue.
3 Objectif de recherche
Notre recherche est pour objectif d’identifier les procédés de réalisation desactes de critique sur Facebook des Français et des Vietnamiens À partir de cesrésultats, nous voudrions trouver les malentendus possibles entre deux membres
de deux différentes cultures afin de les aider à agir la communicationinterculturelle
4 Méthodologie de recherche
Cette étude relève du domaine de la pragmatique, plus précisément de
la pragmatique linguistique, qui est définie comme « l’étude du langage en
situation » (Catherine Kerbrat Orecchioni, 1993, p.257), donc, nous
voudrions clarifier en premier temps la théorie sur les actes de langage.Ensuite, nous arrivons à l’étude sur la relation interpersonnelle auxdimensions horizontale et verticale aussi que la politesse linguistique carcelles-ci appartiennent au domaine de notre recherche et nous aideront àconstruire la base théorique de notre étude
Notre travail ne s’inscrit non seulement dans le domaine linguistiquepragmatique mais aussi fait part de la communication interculturelle Ilconsiste à s’interroger sur la formulation des actes de critique et les variationsculturelles de cet acte à travers le Facebook, un outil de communicationimportant de nos jours De plus, notre étude porte sur la description unphénomène concret (les actes de critique sur un réseau social) pour aider à
Trang 8résoudre les problèmes de malentendu culturel Donc, l’étude descriptivecomparative s’accorde avec notre propos car il nous donne un regard global.
Nos corpus d’analyse sont principalement constitués des actes decritique tirés du facebook le début du 2015 Nous avons choisi le moment leplus proche de notre étude pour avoir un résultat plus valable des activitéslinguistiques des jeunes au cours de cette période
Nous utiliserons, dans notre recherche, la méthode descriptive commeméthode principale et nous profiterons aussi trois autres approches, ceserait approche analytique, comparative et statistique
Le deuxième chapitre est consacré à construire une définition générale
de l’acte de critique en tant qu’acte de langage et de dégager les valeurspragmatiques qui sont indispensables à son fonctionnement illocutoire Àpartir de cette définition, nous allons ensuite constituer notre corpus puis,nous allons fonder sur des caractéristiques communes aux deux langues,entreprendre une investigation comparative visant à décrire les variationsconcernant la réalisation et le fonctionnement pragmatique de cet acte delangage en français et en vietnamien, afin d’arriver à une réflexion sur lasignification culturelle que peuvent apporter les dissemblances observées
Ensuite, nous analyserons des structures syntaxiques et du contenusémantique de l’acte de critique en français et en vietnamien afin de dégager
Trang 9des ressemblances et dissemblances culturelles dans la structuration, et laformulation des critiques en français et en vietnamien Enfin, nous essayerons
de prévenir les malentendus possibles dans une communication vietnamienne
franco-CHAPITRE I ACTES DE LANGAGE
Avant de réaliser la recherche sur l’acte de critique, nous devonsreprendre dans les recherches antérieures quelques notions de base de l’acte
de langage, des relations interpersonnelles et la politesse et la menace de
politesse dans la communication sociale Alors, dans ce chapitre, nous allons
présenter des concepts principaux de l’acte de langage
1 Conception d’acte de langage ou d’acte de parole
Acte de langage, une action exercée par la parole, est dit aussi acte deparole Acte de langage et acte de parole désignent, à peu près, la mêmenotion Pourtant, certains pédagogues préfèrent le terme « acte de langage »pour éviter les confusions
Dans la pragmatique du premier type, l’acte de langage est un actesocial, il est défini comme le but communicatif de l'énonciation réalisée par
un locuteur déterminé dans une situation donnée Donc, il implique auminimum la présence de deux personnes Cependant, l’acte de langage nepeut être collectif, il ne peut être qu’individuel car il est le résultat d’uneimpulsion ou un désir d’un individu
Trang 10L'interprétation des actes de langage se fonde sur l’analyse desconditions pragmatiques de l'énoncé, du contexte dialogal, de certainséléments grammaticaux et des lexies, notamment de certaines expressionsfigées L'acte de langage dépend des conditions pragmatiques de l’énoncé(locuteur et interlocuteur, temps et lieu du dialogue, forces illocutoires etforce de prescription), et des conditions d’énonciation (éléments sémantiques,notamment la lexie, sujet et formes grammaticales des énoncés, types deverbes performatifs, phrases adverbiales et syntagmes nominaux spécifiques).(cf Dijk, 1972; Searle, 1979, Récanati, 1981) Donc, dans la pragmatique del’énonciation, on voit clairement que le langage est étudié en situation.
Ensuite, la pragmatique du deuxième type envisage le langage comme
un moyen d’agir sur le contexte interlocutif et permette en même tempsl’accomplissement d’un certain nombre d’actes spécifiques (les actes delangage, c’est-à-dire les actes réalisés au moyen du langage)
Puis, c’est à partir de la pragmatique du deuxième type que leslinguistes ont développé pragmatique du troisième type avec la théorie appelé
« la pragmatique interactionniste » a vu le jour Dans ce type de pragmatique,
le langage est considéré moins comme un moyen d’action que d’interactionentre des individus qui, lorsqu’ils se trouvent engagés dans un processuscommunicatif quelconque, exercent tout au long de ce processus un réseaud’influences mutuelles comme le disent les pionniers linguistes : « parler,c’est échanger, et c’est échanger en échangeant »
2 Conception des actes de langage d’Austin et de Searle
La pragmatique linguistique s’est développée à partir de la théorie desactes de langage On considère généralement que cette théorie est née avec la
Trang 11publication en 1962 d'un recueil de conférences données en 1955 par JohnAustin : « How to do Things with Words » qui a le titre français : « Quanddire, c'est faire » (1970)
Cette théorie prend le contre-pied des philosophes qui considèrent lesphrases comme représentant des états de choses qui peuvent être vrais ou faux
et elle montre aussi que la fonction du langage n'est pas essentiellement dedécrire le monde, mais aussi d'accomplir des actions
Le point de départ de la recherche d’Austin distingue donc deux typesd’énoncés affirmatifs: les constatifs et les performatifs On considère les
énoncés constatifs sont celles qui décrivent le monde, par exemple, « le soleil
brille » et ils peuvent être vrais ou faux (le soleil brille ou non) Les énoncés
performatifs qui ne décrivent rien et ne peuvent pas recevoir une valeur de
vérité, mais accomplissent une action comme « je te promets de venir », ils
peuvent réussis ou non
Dans le détail, d’après Austin, l'identification et la caractérisation des
énoncés performatifs rencontre certaines difficultés D'une part, les
performatifs ne peuvent que réussis dans une circonstance précises, par
exemple, seul le président devant l'assemblée réunie peut dire avec effet « Je
déclare la séance ouverte », ou le prêtre dans l'église « Je te baptise » D'autre
part, seules certaines formes linguistiques particulières permettent de
construire des énoncés performatifs : le verbe doit être à la première personne
et au présent (« Il promet de venir » ou « J'ai promis de venir » ne sont pas
des performatifs qui réalise une promesse, mais des constatifs qui décrive unepromesse) Pour autant, la frontière entre les énoncés performatifs et lesénoncés constatifs reste incertaine car à côté des performatifs explicites, selon
Austin, il existe des performatifs « masqués » (comme « La séance est
Trang 12ouverte »), des énoncés mixtes performatifs-constatifs (comme « Je vous remercie ») ou encore de performatifs implicites comme l'impératif « Viens !
» qui équivaut au performatif explicite « Je t'ordonne de venir ».
Dans le cadre de la théorie des actes de langage, Austin distingue aussitrois niveaux dans un énoncé :
- L’acte locutoire (que dit-il ?): c’est l’acte de production d'une suite desons ayant un sens dans une langue, ou, c’est l’acte de prononcer unephrase en choisissant certains moyens linguistiques
- L’acte illocutoire (que fait-il ?): production d'un énoncé auquel estattaché conventionnellement une certaine « force » Plus précisément,c’est ce que l’on accomplit en disant quelque chose (déclarer,promettre, s'engager…)
- L’acte perlocutoire (pour quoi faire ?): cet acte sort du cadrelinguistique C’est ce que l’énoncé provoque, des effets (perturbations,changements) dans la situation de communication
Dans son ouvrage, il affirme que tous les énoncés performatifs, mêmeconstatifs sont dotés d’une force illocutionnaire (valeur d’acte) Il proposeaussi une classification des valeurs illocutoire, ce sont :
- Les verdictifs : leur valeur est de prononcer un jugement (unverdict) comme : acquitter, considérer comme, calculer, décrire,analyser, estimer, classer, évaluer, caractériser, ect
- Les exercitifs : ils servent à formuler une décision en faveur ou àl'encontre d'une suite d'actions comme: ordonner, commander,
Trang 13plaider pour, supplier, recommander, implorer, conseiller, nommerdéclarer une séancer ouverte, avertir, proclamer, ect.
- Les commissifs ou les promissifs : ils engagent le locuteur à unesuite d'actions déterminée comme : promettre, faire le vœu de,s'engager par contrat, garantir, jurer, passer une convention,embrasser un parti, ect
- Les expositifs : ils sont utilisés pour exposer des conceptions,conduire une argumentation, clarifier l'emploi des mots, assurer lesréférences comme : affirmer, nier, répondre, objecter, concéder,exemplifier, paraphraser, rapporter des propos, ect
- Les comportatifs ou les « comportementaux » : ils s'agissent desréactions au comportement des autres, aux événements qui lesconcernent comme : s'excuser, remercier, féliciter, souhaiter labienvenue, critiquer, exprimer des doléances, bénir, maudire, porter
un toast, boire à la santer, protester, défier, mettre au défi de, ect.Quant au philosophe américain J.R.Searle, il affirme dans son ouvrageintitulé Speech acts (paru en 1969, p.52) :
Premièrement, parler une langue, c’est réaliser des actes de langage, des actes comme: poser des affirmations, donner des ordres, poser des questions, faire des promesses, et ainsi de suite, et, dans un domaine plus abstrait, des actes comme: référer, prédiquer; deuxièmement: ces actes sont en général rendu possibles par l’évidence de certaines règles régissant l’emploi des éléments linguistiques, et c’est conformément à ces règles qu’ils se réalisent.
Trang 14Searle considère l’énoncé linguistique comme un acte qui fonctionneparticulièrement (ordre, question, promesse, ect.), il produit un certain effet etentraine une certaine modification de la situation interlocutive Il distingue :
- Les actes de langage ou les actes illocutoires : ceux-ci correspondentaux différentes actions qui peuvent être accomplis par des moyenslangagiers Ces actes fonctionnent sous la régie des règles de lalangue
- Les forces illocutoires permettent à un énoncé de fonctionnercomme un acte particulier selon une composante correspondance.Ensuite, dans Sens et expression (publié en 1982), il distingue cinqcatégories générales d’actes illocutoires qui base sur le but illocutoire et aussi
la direction d’ajustement entre les mots et le monde, ce sont :
- Les assertifs : ils ont pour but d'engager le locuteur ; les motsdoivent s'ajuster au monde ; l'état psychologique est la conviction (àdes degrés divers selon le contenu) Par exemple : « Il viendrademain »
- Les directifs : leur but est d'obtenir que l'interlocuteur fasse quelquechose ; le monde doit s'ajuster aux mots ; l'état psychologique est ledésir, la volonté Par exemple : « Sortez »
- Les promissifs : ils s’agissent d'engager le locuteur àl'accomplissement d'une action ; le monde s'ajuster aussi aux mots ;l'état psychologique nécessaire est la sincérité de l'intention Parexemple : « Je viendrai »
Trang 15- Les expressifs : ils sont définis comme ayant pour but d'exprimerl'état psychologique ; il n'y a pas d'ajustement du monde aux mots,
et, le contenu « attribue une propriété soit au locuteur, soit àl'interlocuteur » Par exemple : « Excusez-moi »
- Les déclaratifs : leur but est d'instaurer une réalité ó lacorrespondance entre mots et monde est directe Par exemple : « Jevous déclare la guerre »
Donc, d’après Austin et Searle, la notion de l’acte de langage est liéeavec les unités isolées et non contextualisées qui doit être aménagée, revue,corrigée pour pouvoir fonctionner efficacement dans le cadre d’un modèle desinteractions
Cette perspective a influencé fortement dans les rechercheslinguistiques dans trois décennies après des recherches traitées les problèmes
de la théorie de Speech acts, ils ont tous d’accord que tous les énoncéspossèdent intrinsèquement une valeur d’acte et que tout énoncé est doté d’unecharge pragmatique, selon les cas, plus ou moins forte
3 Conception des actes de langage de C Kerbrat-Orecchioni
La notion des actes de langage est apparue dans la théorie classique des
speech acts d’une façon abstraite et isolée, ils détachent de leur contexte
d’actualisation Pourtant, en réalité, les actes de langage fonctionnent encontexte et à l’intérieur d’une séquence d’actes C’est pourquoi la
pragmatique des interactions verbales qui les fixe comme « objectif de
dégager les règles et principes qui sous-tendent le fonctionnement des conversations, et plus généralement, des différents types d’échanges
Trang 16communicatifs qui s’observent dans la vie quotidienne » (C
Kerbrat-Orecchioni 1994 : 7)
En général, les actes de langage ou actes illocutoires, qui correspondentaux différentes actions que l’on peut accomplir par des moyens langagiers Lefonctionnement de ces actes est régi par des règles de la langue
La notion d’acte de langage, déjà complexe dans les théoriesclassiques, devient plus complexe avec les avancées théorico-méthodologiquequi sont apportées par la pragmatique interactionniste Ce sujet a fait évoluer
la perception des actes de langage, la rendant plus juste, plus proche de laréalité pragmatique et aussi plus complexe Dans les interactions, les actes delangage nécessitent d’être apprivoisés, identifiés, définis et redéfinis, car,malgré leurs proportions qui semblent réduites et facilement délimitées, enréalité, ils sont des objets beaucoup plus vastes qui échappent aux tentatives
de figement descriptif
Alors, selon C.Kerbrat-Orecchioni, l’acte de langage est l’unitéminimale de la grammaire C’est aussi une suite linguistique dotée d’unecertaine valeur illocutoire (ou force illocutionnaire), et c’est encore uneséquence qui prétend opérer sur le destinataire un certain type detransformation
3.1 Types de réalisation des actes de langage
Selon C Kerbrat-Orecchioni, dire, c’est faire plusieurs choses à la fois(informer d’un fait, et susciter une conduite) ; et plus précisément, dire, c’estfaire une chose sous les apparences d’une autre Autrement dit, en matièred’actes de langage, « il n’y a pas de correspondance biunivoque entre unsignifiant (forme de l’énoncé : déclarative ou impérative) et un signifié
Trang 17(valeur d’assertion, de question ou d’ordre) » Un acte de langage peut ainsi
se réaliser de différentes manières et une même structure peut exprimer desvaleurs illocutoires diverses
En générale, il n’est pas facile de tracer une frontière mais on peutdistinguer deux types de types de réalisations: réalisations directes etréalisations indirectes
3.1.1 Réalisations directes.
On admet, dans l’expression directedes actes de langage, deux types desupport principaux : les structures performatives et les formes de phrase
a) Les structures performatives :
Les énoncés comme «Je te demande de sortir» ou «Je promets derevenir dans trois jours» dénomment l’acte accompli en même temps qu’ilsl’accomplissent Ces énoncés disent explicitement qu’ils sont un ordre ou unpromesse et, en même temps, ils sont clairs pour spécifier le statutpragmatique de l’énoncé Mais les formulations tels que « je t’ordonne» ou
« je promesse» n’existent pas pour tous les actes de langage et elles sontrarement utilisées
À l’issus de ce problème, C Kerbrat-Orecchioni (2001, p.36) remarque:
« Les formulations performatives sont donc les plus claires auxquelles
le locuteur puisse recourir pour spécifier le statut pragmatique de l’énoncé
Trang 18qu’il produit Mais ces formulations n’existent pas pour tous les actes de langage et elles sont d’un usage relativement rare […] »
(C Kerbrat-Orecchioni, Les actes de langage dans le discours, Nathan)
b) Les formes de phrases :
Les énoncés comme «Ouvre la fenêtre» ou «Vas-tu à l’école ?»marquent l’acte correspondant sans le dénommer explicitement Mais lesquatre formes de phrase (déclarative, interrogative, impérative et exclamative)sont polysémiques tels qu’un même énoncé interrogatif comme «tu viens avecnous ?» peut être considéré selon les cas comme une question ou uneinvitation
On peut dire que les formulations directes d’un acte de langage resteencore une question ouverte car ils portent beaucoup des incertitudes commeles réalisations directes d’un acte de langage peut se font aussi à l’aide desformules diverses telle que la formule performative à la forme impérative.Cette formule se présente sous des formes différentes:
- L’infinitif prescriptif : « Eteindre sa cigarette avant d’entrer »
- Les tournures elliptiques : « Feu ? » ou « Deux baguettes ! »
- Certaines tournures déclaratives: « Il faut que tu partes », « Je veuxque tu partes », « Tu fermeras la porte avant de partir »
3.1.2 Réalisations indirectes.
Un même acte de langage peut réaliser de différentes façons, parexemple, pour donner une requête, on peut utiliser plusieurs structures telsque «Ouvre la fenêtre.», «Tu peux/pourrais ouvrir la fenêtre ?» (1),
Trang 19«J’aimerais bien que t’ouvre la fenêtre.», « La fenêtre est encore fermer !»,
«La classe est assez sombre.» (2), etc Ces énoncés suivants, dans certainescirconstances, sont pragmatiquement équivalents Inversement, une mêmestructure peut aussi exprimer de différents valeurs illocutoires commel’énoncé «La classe est assez sombre.» peut exprimer une plaine, une requête,
ou en même temps tous les deux En effet, les différentes valeurs peuvent
s’additionner : quand dire, c’est faire plusieurs choses à la fois ; ou se substituer l’une à l’autre : quand dire, c’est faire une chose sous les apparences d’une autre.
Les actes de langage indirects peuvent être conventionnels ou nonconventionnels (principe d’opposition qui est en réalité graduel) Reprenantl’exemple (1), si le récepteur répond par « oui » et sans ouvrir la fenêtre, ilsera considéré comme un provocateur ou comme une personne qui ne maîtrisepas bien les règles de la langue française Alors, cette formulation, pour tousles Français, est considérée comme une requête et cette valeur, qui peutencore être renforcée par un marqueur tel que « s’il te plaît », est «conventionnelle » En revanche, dans l’exemple (2), le récepteur peut réagirseulement avec l’assertion « j’aime bien comme ça » et on ne peut pas direqu’il ne respecte pas les règles de la langue française Donc, la valeur derequête ici est «non conventionnelle» et très largement tributaire du contexte
Pour distinguer les deux types de formulation conventionnelle et nonconventionnelle, on peut utiliser les expansions
Par exemple : « Peux-tu ouvrir la fenêtre, s’il te plaît ?/ Peux-tu ouvrir
la fenêtre pour que je puisse écrire ?»
Trang 20Mais on ne dit pas facilement : «La classe est assez sombre, s’il teplaỵt / La classe est assez sombre pour que je puisse écrire »
Cela veut dire que les formulations indirectes conventionnellesadmettent les mêmes expansions que les formulations directes, expansionsqu’autorisent beaucoup plus difficilement les formulations indirectes nonconventionnelles
Pour la plupart des actes de langage, il existe ainsi un certain nombre
de formulations indirectes codées, et cela de façon relativement arbitraire :rien ne justifie que «Peux-tu ouvrir la fenêtre? » fonctionneconventionnellement comme une requête, mais non « Es-tu capable d’ouvrir
Tu as une cigarette ? (et si oui, donne-m’en une !)
Vous avez l’heure ? (et si oui, dites-la moi !)
Vous êtes française ? (et si oui, d’ó êtes-vous ?)
- La conventionnalisation peut affecter une structure susceptible d’êtreremplie par un matériel lexical variable, par exemple, pour la requêteindirecte : une structure interrogative associée au modalisateur « pouvoir » ou
« vouloir » à la deuxième personne de l’indicatif ou du conditionnel, cetensemble constituant un marqueur de dérivation illocutoire (« tu
Trang 21peux/pourrais fermer la porte ? ») ; mais elle peut aussi atteindre en bloc uneséquence spécifiée syntaxiquement et lexicalement, par exemple :
Je ne suis pas sourd ! = parle moins fort !
Tu as perdu ta langue ? = parle donc !
Ces expressions représentent le degré extrême de laconventionnalisation Il faut en effet admettre le caractère graduel de ce
phénomène, et l’existence d’actes indirectes semi-conventionnels ou
quasi-conventionnels, par exemple, à table, l’énoncé «c’est bon», qui sera presque
systématiquement interprété comme signifiant indirectement : «j’enreprendrais bien», quand il est prononcé à son hơte avec une intonationexclamative et « je peux gỏter ? » quand il est prononcé avec uneintonation interrogative, au restaurant, à l’intention de son commensal
4 Facteurs d’influence des actes de langage
4.1 Contexte
Selon Austin et Searle, la notion de l’acte de langage est liée avec lesunités isolées et non contextualisées mais en réalité, dans la communicationréelle, les actes de langage fonctionnent en contexte, il s’agit des discoursactualisés dans les situations concrètes de communication et non pas desphrases abstraites Donc, le contexte détermine le processus de production oud’interprétation
Dans cette partie, nous allons présenter les composants du contexte,autrement dit, l’environnement extralinguistique de l’énoncé et comment cesingrédients influencent la production et l’interprétation des actes de langage
4.1.1 Site (cadre spatio-temporel)
Trang 22Le cadre spatial peut être analysé sous des aspects purementphysiques : ce sont des caractéristiques du lieu ó se déroule l’interaction(lieu ouvert ou fermé, public ou privé, vaste ou resserré, …) et il est envisagéaussi sous l’angle de sa fonction sociale et institutionnelle Le cadre temporelest également déterminant pour le déroulement de l’interaction : le discourstenu doit être apprécié au lieu, mais aussi au moment.
4.1.2 But
Le but occupe dans le système global une place particulière car chaqueinteraction comprend un but global de l’interaction et aussi les buts ponctuelsqui sont réalisés au cours de la rencontre avec les actes de langages
On peut distinguer dans le but de l’interaction les interactions à lafinalité externe telle que l’achat, l’obtention de renseignement, le traitementmédical et les interactions non finalisées comme les conversations qui sontparlés pour parler et pour maintenir les liens sociales
Trang 23Catherine Kerbrat Orecchioni a montré en particulier la relationinterpersonnelle se construisant par l’articulation de deux axes entre eux :l’axe « horizontal » et l’axe « vertical » Cette relation pouvant bienévidemment présenter à la fois des marqueurs de familiarité, de conflit et dedomination (ou l’association de tout autre marqueur).
- Toute interaction se déroule dans un certain cadre et met en présencedes personnes données, ayant certaines propriétés particulières, etentretenant un certain type de lien socio-affectif, ce sont les donnéesexternes (ou contextuelles) de l’interaction, qui sont fixées à sonouverture
- Dans ce cadre vont avoir lieu un certain nombre d’événements, etvont être échangés un certain nombre de signes (verbaux,paraverbaux et non verbaux), telles sont les données internes
- Les comportements produits dans l’interaction sont en grande partiedéterminés par les données externes, mais l’important est ici qu’ils
ne le sont pas totalement : les contraintes contextuelles laissent auxinteractants une certaine marge de manœuvre C’est-à-dire que la
Trang 24relation est généralement négociable, et d’ailleurs souvent négociéeentre les participants à l’interaction ; que les comportementsconversationnels (comme l’usage du tutoiement ou la productiond’un ordre) peuvent refléter certaines relations existant à priori entreles interlocuteurs, mais qu’ils peuvent aussi les confirmer, lescontester, voire les constituer ou les inverser, et ce grâce à lamanipulation de certaines unités qu’on appelle des relationèmes(termes de distance, geste, chuchotement ; marqueurs verbaux :pronoms d’adresse, nom d’adresse)
En ce qui concerne la relation horizontale, les facteurs contextuels lesplus déterminants sont :
- Le fait que les interlocuteurs se connaissent un peu, beaucoup, oupas du tout ;
- La nature du lien socio-affectif qui les unit ;
- La nature de la situation communicative (informelle ou formelle,voire cérémonielle)
4.2.2 Relation verticale (ou hiérarchique)
Cette dimension renvoie au fait que les partenaires en présence ne sontpas toujours égaux dans l’interaction : l’un d’entre eux peut se trouver enposition « haute » de « dominant », tandis que l’autre est placé en position «basse » de « dominé »
À la différence de la distance horizontale, la distance verticale est paressence dissymétrique, ce qui reflète au niveau de ses marqueurs (parexemple, dans l’utilisation non symétrique du pronom d’adresse)
Trang 25De plus, son fonctionnement est similaire à celui de la relationhorizontale :
- C’est aussi une dimension graduelle
- Le rapport de places dépend à la fois de facteurs «externes» et
«internes»
En effet :
- Dans certains types d’interactions, «inégalitaires » (échanges entreadultes et enfants, maître et élève, locuteur natif et non natif),l’inégalité des participants repose sur des facteurs tels que l’âge, lesexe, le statut, le rôle interactionnel ; ou encore sur des qualités pluspersonnelles comme la maîtrise de la langue, la compétence, leprestige, le charisme, voire la force physique…
- Par ailleurs, tous les échanges ne se déroulent pas dans un contexteinégalitaire, la « conversation » se caractérisant par une égalité deprincipe entre les participants Or même dans certains cas, desinégalités marquées peuvent se constituer en cours d’échange Et cequi prouve que le système des places ne se réduit pas aux donnéescontextuelles, mais qu’il dépend de ce que font les interactants et de
ce qui se passe tout au long de l’interaction
4.3 Politesse linguistique
La politesse linguistique qui est un domaine d'investigation assez récent
en sciences du langage Dans les années 70, les linguistes commencent às'intéresser à la conversation et en particulier à la politesse dans lesinteractions verbales Brown et Levinson s'investissent dans les recherches en
Trang 26politesse linguistique en proposant le modèle considéré comme «le cadrethéorique le plus cohérent et puissant et ayant en conséquence inspiré le plusles recherches récentes dans ce domaine.» (Kerbrat-Orecchioni 1992 :167).Leech propose l'archi-principe «PP» (Principle of Politeness) Puis en France,les travaux de Kerbrat-Orecchioni contribuent à améliorer le modèle deBrown et Levinson et son système de la politesse est en quelque sorte unesynthèse des travaux de ces auteurs
Pour donner la notion de « politesse », Lakoff a défini (1990 :34) :
«Politeness is a system of interpersonal relations designed to facilitate interaction by minimizing the potential for conflict and confrontation inherent
in all human interchange.»
Plus précisément, pour Lakoff, la politesse est une manière pour toutsujet parlant de se comporter, d’interagir avec autrui de manière harmonieuseselon les règles prescrites par un environnement social
Selon Henri Bergson (1991, p.152), la politesse est « un certain art de
témoigner à chacun par son attitude et ses paroles, l’estime et la considération auxquelles il a droit ».
Donc, la politesse est un phénomène linguistiquement pertinent dont leschercheurs, de l’étude à l’étude, ont transformé en véritable champ théorique
Il devient évidement « impossible de décrire efficacement ce qui se passedans les échanges communicatifs sans tenir compte de certains principes depolitesse, dans la mesure ó de tels principes exercent des pressions très fortes– au même titre que les règles plus spécifiquement linguistiques » (Kerbrat-Orecchioni, 1992 : 159-160)
4.3.1 Face
Trang 27La conception de la politesse se fonde sur la notion de « face », notionempruntée entre autres à Goffman, mais étendue par incorporation de cequ’on appelle plus communément le « territoire ».
D’après Goffman (1993, p 9), la notion de « face » est définie comme :
«La valeur sociale positive qu’une personne revendique effectivement à travers la ligne d’action que les autres supposent qu’elle a adopté au cours d’un contact particulier».
Dans l’étude de Goffman, la face est importante pour l’individu, elleest, plus précise, une image du moi et il veut qu’elle soit ménagée, soitpréservée, en même temps il cherche à la garder
Dans son travail, Goffman a présenté le terme « face work » ou
« figuration » qui est, pour lui, « tout ce qu’entreprend une personne pour queses actions ne fassent perdre la face à personne (y compris elle – même) »(1974 :15)
Goffman précise aussi que :
« Les membres de tout groupe social ont une certaine connaissance de la figuration et une certaine expérience de son emploi Dans notre société, une telle capacité porte parfois le nom de tact, de savoir-faire, de diplomatie ou
Trang 28qu’il faut faire) A ces rites de préservation des faces Goffman ajoute laréparation, qui permet de sauver la face si elle a été perdue.
Dans leurs travaux, Brown et Levinson (1987), qui s'inspirent desrecherches de Goffman, abordent la notion de « face » en distinguant la facepositive et la face négative de chaque individu.Les deux auteurs construisentles notions de « la face négative » qui est décrit comme « les territoires demoi » (le corps, l’espace, le temps, les biens…) tandis que « la face positive »est l’ensemble des images valorisantes que les interlocuteurs construisentdans l’interaction, autrement dit, une belle image de soi-même
En outre, Brown et Levinson, dans leur théorie de la politesse,évoquent la présence d'actes « menaçants » pour la face positive et négative
de chaque individu Ces actes verbaux ou non-verbaux menaçants sontappelés « Face Threatening Acts » (FTAs) ” Les auteurs ont distingué 4catégories d’actes menaçants pour la face :
- Actes menaçants pour la face négative de celui qui les accomplit:l’offre, la promesse…
- Actes menaçants pour la face positive de celui qui les accomplit:l’aveu, l’excuse…
- Actes menaçant pour la face négative de celui qui les subit: l’ordre,
la requête, les agressions visuels, les sonores ou les olfactives…
- Actes menaçant pour la face positive de celui qui les subit: lacritique, la réfutation, le reproche…
Il apparaît nettement que Brown et Levinson ont orienté leur étude versles actes menaçants pour la face et le territoire Mais Kerbrat-Orecchioni
Trang 29relève qu'il y a ici un déséquilibre et que les actes « non-menaçants » pour laface et le territoire ne sont pas envisagés.
Pour rétablir l'équilibre, elle propose de compléter la théorie de Brown
et Levinson en introduisant la notion d'actes non-menaçants qui serontappelés « Face Flattering Acts » (FFAs) ou « actes gratifiants pour la face »(C.Kerbrat-Orecchioni 1996, p 54) Dans le but de créer, de retrouver unebonne «image du moi», la formulation d’un certain nombre «d’actes rituels»qui visent à la préservation de la face et au maintien de l’équilibre socio-relationnel a été mobilisé
Donc, l’ensemble des actes de langages se réparti en deux grandesfamilles, les uns sont essentiellement négatifs comme l’ordre ou la critique
et les autres sont essentiellement positifs par exemple le compliment ou leremerciement
4.3.2 Politesse
Pour Brown et Levinson, la politesse apparaît comme un moyen deconcilier le désir mutuel de préservation des faces Ils nous concernent ladistinction entre politesse négative et politesse positive Ils distinguent lapolitesse négative orientée vers la face négative, et la politesse positiveorientée vers la face positive, en considérant seulement la relation entre laface et un FTA Mais cette distinction sera plus ou moins ambiguë car un FTApeut être menaçant à la fois pour la face négative et pour la face positive.Alors, Kerbrat-Orecchioni est arrivé à la conclusion que cette confusionrepose essentiellement sur l’absence d’identification du groupe des actes delangage tels que FFAs L’introduction de la notion de FFA dans l’analyse de lapolitesse permet de mieux comprendre le phénomène de la politesse et
Trang 30d’établir un modèle théorique productif et efficace Elle permet également dedistinguer la politesse négative de la politesse positive :
En général, la politesse négative est de nature abstentionniste oucompensatoire : elle consiste à éviter de produire un FTA, ou à en adoucir parquelques procédés la réalisation - que ce FTA concerne la face négative (ex :ordre) ou la face positive (ex : critique) du destinataire Alors que la politessepositive, au contraire, est de nature productionniste : elle consiste à effectuerquelque FFA pour la face négative (ex : cadeau) ou positive (ex :compliment) du destinataire
Nous venons de présenter un cadre théorique concernant les actes delangage Nous allons maintenant l’utiliser pour analyser des actes de critiquedans notre corpus
Trang 31CHAPITRE II ACTES DE CRITIQUE SUR LE RÉSEAU SOCIAL DE FACEBOOK
EN FRANÇAIS ET EN VIETNAMIEN
Dans ce chapitre, nous réservons la première partie pour clarifier ladéfinition de la critique, le réseau social de facebook ainsi que ses variétés etses supports Ensuite, nous analyserons les caractéristiques de l’acte decritique en nous basant sur le corpus Enfin, nous comparons les formulations
de la critique en français et en vietnamien
1 Critique du facebook
1.1 Définition de la critique
Le mot critique viens du latin criticus, issu du grec ancien κριτικός
(kritikos) c’est-à-dire « capable de discernement, de jugement », il est dérivé
aussi du verbe krinein qui signifie «séparer», «choisir», «décider», «passer au
tamis»
D’après le dictionnaire encyclopédique Linternaute, le terme « lacritique » est défini comme suit :
- Blâme, avis négatif, reproche Par exemple : Sa décision lui a valu
beaucoup de critiques Traduction anglais : criticism
- Ensemble des professionnels de la critique Par exemple : Cette oeuvre
a été saluée par la critique Traduction anglais : the critics
- Jugement, appréciation Par exemple : Ce livre a reçu de très bonnes
critiques Traduction anglais : critic (pour un film, un livre )
- Art de juger, d'analyser des oeuvres littéraires ou artistiques.
Trang 32Dans le dictionnaire La Rousse, « critique » est un nom féminin qui signifie : « Art de juger les œuvres littéraires ou artistiques » comme Critique
théâtrale ; « Jugement porté sur une œuvre littéraire ou artistique » par
exemple : Sa critique est partiale ; « Examen détaillé visant à établir la vérité, l'authenticité de quelque chose » tel que Critique historique ; « Action de critiquer quelqu'un, quelque chose ; jugement hostile, défavorable » : La
critique est facile.
Donc, on peut consister le sens du terme critique un jugement favorable
ou défavorable d’une chose ou d’une personne Mais, nous trouvons que cettedéfinition est très vaste pour notre recherche, alors, nous décidons de limiternotre champ de recherche en nous basant aussi sur le dictionnaire français-vietnamien
Après avoir consulté sur le site tratu.vn, nous pouvons définir lacritique comme :
- « sự phê bình » (le jugement défavorable), « sự phê phán » (le
jugement) par exemple : Faire la critique d’un roman (phê phán mộtcuốn tiểu thuyết) ; La critique et la louange (sự phê bình và sự khenngợi)
- « giới phê phán» (les professionnels de la critique) par exemple :
Faire taire la critique (làm cho giới phê phán câm họng)
- Từ trái nghĩa (antonyme) : Crédulité, croyance, foi, admiration,
apologie, approbation, compliment, éloge, flatterie, louange
En comparaison entre les dictionnaires de français et ceux devietnamien, nous pouvons enfin décider la définition appropriée pour notretravail, nous avons éclairé l’objet de la critique : c’est un comportement qui
Trang 33présente le blâme du locuteur envers son interlocuteur ou bien, précisémentdit, un jugement défavorable du locuteur envers son partenaire dans lacommunication Dans ce sens, « la critique » présente une opinion opposée etcet acte menace souvent la face positive de l’interlocuteur en communicant.
1.2 Réseau social de facebook
D’après le wikipédia, facebook est un réseau social en ligne qui permet
à ses utilisateurs de publier du contenu et d'échanger des messages Ce réseausocial est compté en juin 2006, 968 millions d'utilisateurs actifs quotidiens sur
un total de 1,49 milliard d'utilisateurs actifs mensuels Au classement d’Alexades 500 sites web les plus visités, Facebook.com occupe la deuxième placederrière Google.com et devant Youtube.com Le 24 aỏt 2015, pour lapremière fois sur une seule journée, on compte 1 milliard de personnes ontutilisé facebook
Harvard, il est d'abord réservé aux étudiants de cette université et ensuite estouvert à d'autres universités américaines avant de devenir accessible à tous enseptembre 2006 Le nom du site provient des albums photo(«trombinoscopes» ou «facebooks» en anglais) qui regroupent les photos desvisages de tous les étudiants prises en début d'année universitaire
Comme l’application d’un réseau social, le facebook permet à sesutilisateurs d'entrer des informations personnelles et de communiquer avecd'autres utilisateurs Les informations susceptibles d'être mises à la disposition
du réseau concernent l'état civil, les études et les centres d'intérêt Cesinformations permettent de retrouver des utilisateurs qui partagent les mêmesintérêts Ces derniers peuvent former des groupes et y inviter d'autres
Trang 34personnes Quant à communiquer, ce réseau social comporte des fonctions debase qui permettent les utilisateurs de rechercher des personnes, de partagerdes photos, de chatter, d’échanger des messages, de suivre l’actualité de voscontacts, de présenter des évènements etc.
Pour utiliser le facebook, il suffit au choix de créer:
- un profil personnel sur lequel vous souhaitez communiquer desdonnées publiques
- une page officielle pour communiquer avec des clients ou des fans
- une page communauté pour soutenir une cause ou un sujet
- un groupe pour partager un loisir, une passion, un intérêtprofessionnel avec d’autres membres
Pour toutes les deux communautés de langue, la forme de l’acte decritique du facebook est apparue à l’époque de la nouvelle technologie, del’Internet Ils sont sous forme des phrases ayant un langage particulier Lelangage facebook est essentiellement dérivé de la communication verbale, et
a donc pour caractéristique de posséder une syntaxe et un vocabulairepropres, plutôt parlé qui sont totalement différents du langage écrit
«standard»
1.3 Variété des critiques
En tant qu’un des actes de langage, les critiques sont de formulationstrès variées On compte, en général, les critiques qui dénotent une situationsociale et celles qui jugent une personne Leur emploi ne présuppose que laconnaissance globale des normes socioculturelles largement connues etreconnues par les membres de la société
Trang 35Pour les critiques qui dénotent une situation sociale, on peut citerquelques sujets comme l’homosexualité, la consommation des cornes derhinocéros, la construction des monuments publics, etc Ces critiques sontsouvent trouvés sur les fanpages ou les groupes et ils portent un fort caractèreoffensif car sur les pages, les utilisateurs ne savent que quelques informationsdes autres ou, autrement dit, ce serait l’influence du caractère anonyme duréseau social de facebook.
Sur les fanpages on trouve beaucoup de structures comme suit :
- En français : il est nul, F.H nous fous dans la merde, c’est ringarde,
stop au bla bla bla, fermes ta geule…
- En vietnamien : cái lũ khốn nạn, một lũ ngụy biện, mất dạy, thua con
chó…
Quant aux critiques qui jugent une personne, on trouve que celles-ciconcentrent surtout sur l’image personnelle ou son attitude, sa façon d’agirenver l’entourage Ces critiques, outre du caractère offensif, portent aussi unetaquinerie dans son jugement et ils se trouvent surtout sur les pages privées
On remarque des commentaires comme suit quand un utilisateur publie saphoto ou change son avatar :
- En français : ton surnom c’est poussin, mdr, terrifiant hi hi hi…
- En vietnamien : mập dữ, về uống thuốc đi má, mới phẫu thuật thẩm mỹ
hả em ? …
Trang 361.4 Supports de l’acte de critique du facebook
1.4.1 Profils personnels
Le profil personnel est créé par un individu et doit avoir un nom depersonne Dès qu’un profil facebook est créé, il est visible dans facebook etdans les moteurs de recherche avec une interface presque identique pour tousles utilisateurs
En générale, le profil facebook permet d’ajouter « des amis » avec unnombre limité à 5000 Il est en effet beaucoup plus simple de cliquer sur
« ajouter comme ami » pour faire connaître et communiquer avec les autres
Le profil personnel permet aussi d’envoyer des messages privés à ses amis et
on peut leur parler via la messagerie instantanée de facebook et engager desdiscussions plus personnalisées
Par ailleurs, on constate un point remarquable de cet outil de facebook
ce serait une difficulté de séparation entre la vie privée (famille et amis réels)
et la vie publique (contacts, citoyens…) car la gestion des « amis » dans leslistes demande une rigueur difficile à maintenir
Trang 371.4.2 Pages ou pages d’adeptes (fanpages)
Une page facebook est un outil de facebook qui permet aux entreprises,professionnels et organismes de partager du contenu en ligne avec les adeptes
de la page Les adeptes n’ont pas besoin d’être « ami » avec la page ouautrement dit, ils ont simplement besoin de cliquer « J’aime » sur la page etils deviennent automatiquement adepte de la page Les pages sont accessibles
à tous les utilisateurs de facebook à moins qu’on opte pour limiter l’accèsqu’aux administrateurs de la page, ou que l’on cible nos publications par âge,par lieu ou par langue
On note que jusqu’au 19 avril 2010, les pages étaient des pagesd’adeptes ou autrement dit, des fanpages et on devenait adepte de la page encliquant « Devenir adepte » Maintenant, on « J’aime » une Page Facebook et
de ce type de fanpage doivent absolument détenir les droits de publier cettepage au nom de l’autorité
Trang 38Les pages communauté sont pour tout le monde et elles ne demandentaucune permission pour les créer On pourrait créer les pages comme « Pour
Trang 39les amoureux de crème glacée Häagen-Dazs » ou «Contre le projet de Loi
C-42 »
1.4.3 Groupes
Outre les pages fans, facebook propose depuis longtemps la création degroupes Les groupes sont comme des espaces d’échanges d’idées qui peuventêtre créés par n’importe qui sur n’importe quel sujet Les groupes peuvent êtrefermés ou secrets, tandis que les pages sont destinées à permettre à une entité
de communiquer de façon publique
Dans le cadre de cette recherche, nous analysons et comparons ces troissupports principaux et ce serait parce que ces trois supports possèdent descaractéristiques particulières Les fanpages et les groupes présententclairement le caractère anonyme du facebook tandis que les profils personnelsimpliquent une taquinerie dans ces critiques Pour chacun de ces types, nous
Trang 40analyserons et comparerons sa présentation, ses structures syntaxiques, sescontenus sémantiques et ses procédés de renforcement.
2 Constitution du corpus
2.1 Constitution du corpus
Cette partie est tout d’abord réservée à la justification de notre choix ducorpus tiré du réseau social, le facebook en France et au Vietnam Puis, nousprésentons deux corpus, le premier en vietnamien et le deuxième en français.Nous présenterons aussi les méthodes d’analyse des données
2.1.1 Choix de la méthode de collecte des données
Dans la recherche des actes de langage, on peut choisir parmi dediverses méthodes de collecte des données telles que l’enregistrement desinteractions verbales authentiques, l’enregistrement des dialogues dans lesfilms télévisés ou les enquêtes, les romans ou les nouvelles Chaque méthodeconnaît des avantages et des inconvénients
D’abord, pour le corpus tiré des films télévisés ou des enquêtes, noustrouvons, hors des données verbales, l’existence de l’aspect para-verbal etmême non-verbal de l’oral qui joue un rôle très important dans les actes delangage en général et l’acte de critique en particulier Pourtant, cette méthodenous demande beaucoup de temps de transcription et les films français ne sontpas faciles à transcrire Quant à l’enquête, nous avons des problèmesfinanciers et l’authenticité des données n’est pas assurée faute de la nature del’acte de critique
Ensuite, un corpus littéraire tiré d’un roman ou des nouvelles présentedes avantages comme il est « immédiatement disponible et quasiment