INTRODUCTION - De Gia Định à Hô Chi Minh-VilleÀ Particulation du delta du Mékong et des plaines du sud-est du Vietnam, Ho Chi Minh- Ville, capitale économique du Vietnam en est également
Trang 1M inistère de 1’ Éducation e t de (a Form ation
M inistère de la C on stru ction
ƯNIVERSITE D ’ A RCIỈITECTURE D E IIANOĨ
M in istè re de 1’ Education e t de la Je u n e sse
M in istè re de la C u ltu re e t de la C om m unication
Ế C O LE N A T IO N A LE S U P É R IE U R E
D ,AR C H IT EC T U R E D E TOULOUSE
MÉMOIRE DU PO ST-M ASTER FRAN CO PH O N E
DIPLÔM E PRO PRE AUX ÉCOLES D’A R C IỉIT E C T L RE
Pr o j e t Ur b a in, Pả t ỉu m o in e e t De v e l o p p e m e n t Du r a b l e
1RUÒNG ĐẠI HOC KI€N TRÚC HÀ NỘI TRUNG TÂM THÔNG TIN THƯ VIỆN
GV m 1
Étudiant: GOVINDASSAMY Sabine Promotion: 07
Directeur : GIRARD Paulette
H A N O I, 2009
Trang 2SOM M AIRE
INTRODUCTION - De Gia Định à Hô Chi Minh-Ville 3
I - LE GOUVERNEMENT ET LES POUVOIRS LOCAUX 12 1.1 — structure du Gouvem em ent et des autorítés locales 12
1.2 — Les m issions du pouvoir local 20
1.3 — La ville planiíiée 28
I I - LE SECTEU RIN FO R M EL 35
n l — Secteur ĩníormel et pauvreté urbaine 35
I I 2 - Le íonctionnem ent du systèm e iníormel 39
111.3 — Typologie et morphologie 43
I I I - LES PROMOTEURS 52
I I I l — Des partenaires économiques 52
I I I 2 — La production 55
m 3 — Les perspectives pour la ville 63
Trang 3INTRODUCTION - De Gia Định à Hô Chi Minh-Ville
À Particulation du delta du Mékong et des plaines du sud-est du Vietnam, Ho Chi Minh- Ville, capitale économique du Vietnam en est également la plus grande ville Le taux d'urbanisation du Vietnam est plutôt faible et les habitants des deux aires métropolitaines Hanoi
et Hô Chi Minh-Ville ne représentent que 10% de la population du pays [W UST et a l., 2004 - p.24] Hô Chi Minh-Ville fait également partie de l'une des 3 zones économiques de croissance
du Vietnam, Hô Chi Minh- Bà Rịa — Vũng Tàu - Đồng Nai Au Nord, se trouve la zone Hà Nội - Hải Phòng - Hạ Long et au centre, Huế - Đà Nắng - Quảng Ngãi Ces zones sont créées principalement pour répondre à des exigences industrielles Hô Chi Minh-Ville constitue donc actuellement l'un des pôles prioritaires de développement du Vietnam Sa croissance rapide et son iníluence nationale Pont rendue particulièrement attractive sur le marché international Dans
le secteur de la construction, le domaine prioritaire est actuellement le logement Afìn de mieux comprendre de développement actuel de cette ville, nous avons choisi de déíinir les acteurs de
ce développement urbain dans le domaine du logement afin d'étudier leur iníluence sur le processus de fabrication de la ville Intéressons nous en premier lieu à 1'évolution historique de
Hô Chi Minh-Ville, afin de comprendre son contexte actuel
- La conquête du Sud par le peuple Vĩêt
Comparée à Hanoi, qui est le berceau de la culture vietnamienne et fêtera en 2010 ses
1000 ans, Hô Chi Minh-Ville ne s'est développée que relativement tard et a été soumise à d'avantage d'influences exogènes Les Vietnamiens ne se sont implantés à Hô Chi Minh-Ville qu'au XVIIe siècle à 1'issue de la Marche vers le Sud, « Nam Tiên » En 1623, les seigneurs
Nguyễn de la cour du Sud obtiennent du roi Khmer Chey Chettha I I , qui avait épousé une vietnamienne, le droit d'établir un poste d'octroi et de penception de taxes à Prei Nokor, alors une résidence royale secondaire, en échange d'une aide militaire Ils obtiennent petit à petit la libre circulation puis 1'occupation des sols Ce n'est qu'en 1698 qu'est créée la structure administrative de Gia Định, ancien nom de Hô Chi Minh-Ville, sur un territoire appartenant jusqu'alors au royaume Khmer Entre 1788 et 1802 la ville devient la résidence de Nguyễn Ánh, futur empereur Gia Long, qui y fait bâtir avec 1'aide des Frangais une citadelle à la Vauban Parallèlement à cela, à partir de 1778 la révolte des Tây sơn provoque un afflux important de commergants chinois, qui slnstallent dans le village de Minh Hương le long d'un arroyo, à proximité de la rivière Saigon Est créée la ville de Cholon, qui restera longtemps le second centre de Saigon
Au Vietnam les villes traditionnelles sont constituées de deux éléments principaux: la citadelle, qui représente le pouvoir et la ville marchande La citadelle était composée selon les règles de la géomancie II n'en reste que peu de vestiges dans le pays, car les palais étaient détruits par les dynasties régnantes et les remparts extérieurs ont été rasés au XlXe siècle sous roccupatỉon ữangaise Ne subsistent que les tracés des principales enceintes, qui ont été remplacées par des voies et ont orienté la trame viaire La ville marchande quant à elle, ni règlementée ni planiíiée, était congue de manière à entretenir des liens forts avec les lieux d'approvisionnement II faut donc différencier les villes marchandes, qui telles que Hanoi sont liées à la campagne, des villes marchandes telles que Saigon, liées à des ports commerciaux Contrairement aux premières les villes marchandes se développaient principalement autour du port commercial et entretenaient moins de relations avec les villages et la campagne Elles ont
de plus été d'avantage iníluencées par les cultures exogènes : commergants Chinois, colons européens,
Trang 4Fig 1 : Plan de la ville de Saigon — 1795, d ’après le plan réduit du grand plan levé en 1975 p a r Brun Ingénieur.
La ville marchande est construite selon un mode de composition particulier, qui présente
de nombreuses similitudes avec le mode de composition traditionnel des villes européennes, tel que le déíỉnit Pierre RIBOULET [RIBO ULET, 1998] La ville marchande au Vietnam est construite par les habitants pour eux même, elle est donc éditĩée de manière empirique, par agrégation d'éléments individuels, qui pourtant forment un ensemble uni et cohérent Le type d'habitation Principal est le compartiment, ĩntroduit par les Chinois en Asie puis repris par les Vietnamiens et adapté II se compose d'un commerce au rez-de-chaussée et du logement à l'arrière et à l'étage Les commergants íinancent généralement eux même leur commerce, mais la ville marchande étant liée à la spéculation, certains commerẹants achètent une grande parcelle q ulls lotissent et font y édifier des bâtiments destinés à la vente Néanmoins, à réchelle de la rue, les bâtiments
ne sont soumis à aucune règle visant à créer un ensemble ưhomogénéité est apportée par 1'unité des hauteurs, des largeurs des bâtiments, de style, des matériaux utilisés et surtout par
la continuité des rez-de-chaussée En effet, les commerces en rez-de-chaussée sont systématiques et très largement ouverts sur la rue Parties intégrantes du logement, les rez-de- chaussée commerciaux en sont les lieux de vie principaux Ils Ibnt également partie de la rue
Trang 5dans la forme de 1'espace public et dans 1'usage Ils confèrent ainsi à cette dernière une importance particulière Ce caractère de la rue est accentué par les regroupements de corporations Les rues ont donc dans la ville marchande traditionnelle, en outre de leur fonction
de circulation et leur fonction commerciale, un rơle majeur dans rorganisation de la société
Fig 2 : Rues de Cholon, 1 Quai des M alabars, 2 et 3 Rues de Cholon, d ’après le site Belỉe Indochine.
- La période coloniale írangaise
En 1859, la prise de la citadelle par les Frangais, précède le traité concemant la cession des trois provinces de la Cochinchine à la France Les Frangais s'installent sur le « plateau » d'ó ils contrơlent et développent le port marchand maritime Cholon continue de se développer avec l'exploitation du port fluvia! communiquant avec le Mékong Entre 1865 et 1895 les Frangais entreprennent de grands travaux d'établissement de la ville de Saigon : création d'une trame viaire régulière et orthogonale, apparition d'un parcellaire, ils restructurent complètement la ville Saigon se développe autour de différents quartiers : une ville basse est constituée à la contluence de l'arroyo chinois et de la rivière Saỉgon selon une trame dense d ílo ts, les Frangais incite les petits investisseurs privés et les commergants à y acquérir des terrains L'est du plateau, ainsi que les beaux emplacements le long des quais sont destinés aux maisons de commerce, aux compagnies maritimes et aux banques, c’est-à-dire les bâtiments du pouvoir colonial Eníin, 1'ouest du plateau est aménagé pour les quartiers de villas des colons Le réseau viaire permet de lier les difFérentes parties de la ville et sert de support à son développement Lors de la construction des premières voies, des canaux ont été creusés pour drainer l'eau et permettre de créer des terre-pleins constructibles Ces canaux ont ensuite été comblés et remplacés par des avenues La ville coloniale, a été constituée selon un mode de composition inspiré de celui mis en ceuvre en France à répoque L'architecture et la planitìcation urbaine étaient considérées comme des moyens de démontrer la supériorité des Frangais comme civilisation et comme nation Cependant, sans pour autant reconnaítre 1'égalité des communautés, la planilĩcation urbaine telle que l'a utilisée la France dans ses colonies traduit selon Anne BURLAT, une reconnaissance des différentes communautés présentes et une prise
de conscience du plan culturel comme une variable à utiliser au sein de la gestion politique
Trang 6coloniale Les particularités de la ville traditionnelle ont subsisté à Cholon, puisque les Frangais ont choisi de ne pas ou peu réglementer rurbanisation de cette partie de la ville, privilégiant ainsi rinitiative locale et spontanée des populations vietnamiennes et chinoises
Fig 3 : Pỉan de Saigon 1934, d ’après GRANDỈER, Atỉas des Colonies Franẹaĩse, Site internet Belle Indochine.
- La « politique d'urbanisation íorcée » am érĩcaĩne
La Guerre dlndochine (1946-1954) a conduit à la division du Vietnam en deux états distincts Durant cette période, la population de Saigon passe de 500.000 à 2.000.000 d'habitants sans que les autorités ne puissent maĩtriser cet afflux massif La ville se densifie donc : les terrains vacants le long des canaux ou à nntérieur des ĩlots sont occupés Dès 1960, Taxe de croissance urbaine bascule vers le Nord L'intensification des combats et les mouvements de réfugiés génèrent en effet un afflux de population à rorigine d'un développement urbain rapide De plus rétat major américain pousse les populations rurales à slnstaller en milieu urbain afin de contrer rintensification de la guérilla communiste On peut observer un changement d'échelle de la ville Les axes principaux de la trame coloniale sont
Trang 7prolongés, et la séparation entre Saigon et Cholon s'amenuise ưurbanisation s'effectue alors en
« doigts de gant » , le long des axes routiers en absorbant les villages ruraux périphériques et la densiíication se poursuit par roccupation canaux, voies ferrées désaffectées, cimetières, etc Les contraintes naturelles que sont les canaux et la topographie défavorable au Sud et à TEst de 1'agglomération, conduisent au développement de la métropole vers des terrains plus accessibles, ce qui débouche sur une urbanisation déséquilibrée Ce processus entamé dans les années 1960, aboutit à une multiplication des centres secondaires au sein de la métropole [WUST et a l., 2004 ]
Fig 4 : Plan de Saigon — 1965, d ’après CMAC map.
Trang 8- La réunification
En 1975, à Hssue de la Guerre du Vietnam, le pays est réunĩfĩé et Saigon devient Hô Chi Minh-Ville Le régime communiste fondé sur la propriété collective des moyens de production est mis en place dans 1'ensemble du pays La volonté du Gouvernement est d'harmoniser le Nord et
le Sud du pays et de mettre en valeur les zones rurales ƯEtat lance donc une campagne de désurbanisation afin de désengorger la vỉlle au proíìt de Nouvelles Zones économiques, N Z.E Dans un premier temps, les N Z.E sont planiíiées à proximité des agglomérations urbaines pour íormer une ceinture verte d'approvisionnement en produits agricoles, elles sont par la suite implantées dans des régions de plus en plus éloignées Selon les sources, entre 400 000 et
700 000 personnes ont été déplacées dans les N Z.E Cette politique a permis dans un premier temps de résorber certains quartiers précaires, cependant, après quelques mois, les conditions
de vie sont devenues difficiles dans les N Z.E Les aides gouvemementales ont en effet été coupées avant que les pôles de développement ne soient viables De plus, les íamilles déplacées, habituées à la vie citadine, ont rencontré des difficultés à exercer les métiers agricoles Enfìn, les épidémies et surtout la pénurie de nourriture ont affecté les populations déplacées Rapidement, certaines familles ont abandonné les N Z.E pour retoumer s'installer en milieu urbain, souvent à Ho Chi Minh-Ville et de manière illégale [W UST et a l., 2004, p 32] Ces flux migratoires n'étant pas prévus, 1'expansion de la ville s'est efFectuée de manière désordonnée et de nouveaux quartiers précaires se sont développés Les années 70, ont vu apparaĩtre une population sans domicile fixe, constituée en partie d'anciens militaires, íonctionnaires ou capitalistes ruinés ayant fuit les N Z.E
- L'ouverture économique
Entre 1986 et 1988 le Vietnam met en place la politique du Đối mới, qui consiste à
libéraliser 1'économie nationale Dès 1986, cette politique entraĩne non seulement le retour d'une conjoncture économique íavorable, mais également une recrudescence de 1'exode rural Si les rétòrmes entreprises activent la libéralisation de la production et la stimulation du marché libre
et du secteur privé, elles amoindrissent cependant progressivement les mesures de contrôle résidentiel et de limitation des migrations basées sur les mécanismes de subvention de réconomie planifiée ưexpansion non planihée de la ville se poursuit donc Les mesures de décentralisation également entreprises tavorisent la création de centres villes périphériques, l'objectif recherché étant d'augmenter 1'autonomie des districts urbains et d'encourager 1'action coordonnée de 1'Etat, du peuple et de tamille Chaque district tend donc à devenir une ville dans
la ville Les différents noyaux íorment progressivement un réseau qui s'organise selon une logique de type centre-périphérie
Hô Chi Minh-Ville s’étend aujourd'hui sur 2095 km2 et se divise en 19 arrondissements
{quân) et 5 districts ruraux {huyên) 84% de la population métropolitaine est concentrée sur les
19 arrondissements soit une superficie de 494 km2 La population est estimée en 2004 à 6.117.251 habitants, dans Pensemble de 1’unité administrative de Hô Chi Minh-Ville, dont 5.140.412 dans les arrondissements et 976 839 dans les districts ruraux Le taux d’accroissement général de la population est actuellement plus important dans les arrondissements, 1,24 que dans les districts ruraux, 1,07 La densité moyenne de 10.406 habitants au km2 dans les arrondissements, mais elle peut atteindre 50 000 hab./km2 dans certains arrondissements et même être supérieure dans certains quartiers populaires [Bureau des statistiques]
Trang 9Fig 5 : C arte d e H ô C hi M inh-Ville — 2009, d a p r è s G oogle E arth
Trang 10Fig 6 : cen tre ville d e H ô C hi M inh-Viỉle
Fig. 7 : C roissan ce d e la ville 1882