Membre de la Société nationale d'acclimatation Chez M... Les journaux d'élevage îr ont pas peu contribué à l'extension de la vogue dont jouissent, actuellement, les oiseaux : on compte a
Trang 1Membre de la Société nationale d'acclimatation
Chez M RENAUD, Libraire, rue du Sablen
(Droits de traduction et de reproduction réservés)
A U R A Y
I M P R I M E R I E R E N A U D , L I B R A I R E
de France
1886
Trang 2fat e u r s , fates nafaturalisfates en relafation avec les c h a s seurs coloniaux , présentaient sur les m a r c h é s e u -
-r o p é e n s , à Lond-res, à Pa-ris, à Be-rlin, quantité de volatiles issus du pays d'origine, qu'ils s'efforçaient,
de rendre plus ou moins aptes à supporter la vie
d e volière; le nombre s'en accroît tous les jours
ni les arrivages de plus en [dus n o m b r e u x m e t t e n t ces intéressants animaux à la portée de tout le
m o n d e
Les journaux d'élevage îr ont pas peu contribué à l'extension de la vogue dont jouissent, actuellement, les oiseaux : on compte aujourd'hui une vingtaine
de publications fort, bien rédigées, la plupart trées, insérant d°.ns leur partie littéraire les articles,
Trang 3illusla c o r r e s p o n d a n c e d ' a m a t e u r s au sujet de leurs d é couvertes, donnant des consultations sur les divers cas m o r b i d e s après autopsie, facilitant enfin entre leurs a b o n n é s , par u n supplément contenant d e s offres et d e m a n d e s d'animaux , les relations c o m -merciales indispensables à tout éleveur, et dont le plus simple a m a t e u r est h e u r e u x l u i - m ê m e de profiter
-11 en résulte que tout c h â t e a u , toute villa,.toute installation confortable à la c a m p a g n e veut avoir sa faisanderie ou sa volière Dans u n e position sociale
u n peu secondaire , le c o m m e r ç a n t retiré des faires, le directeur de fabrique, le simple m a r c h a n d
af-d a n s son p a r t e r r e , af-derrière son magasin , possèaf-de
sa volière au soleil, ó la jolie collection d'oiseaux indigènes et é t r a n g e r s , s ' é b a t , gazouille , fait la distraction de ses h e u r e s de repos Enfin il n'est pas j u s q u ' a u p r e s b y t è r e , j u s q u ' à la petite maison
d u Docteur, dans le jardin desquels on n ' a p e r ç o i v e quelques oiseaux rares d e r r i è r e un grillage et s u r
le bassin de la p e l o u s e , p e n s i o n n a i r e s aimés et
c h a r m a n t s qui distrayent des tristesses du d e h o r s Les oiseaux font passer les h e u r e s d ' e n n u i , et consolent de bien d e s illusions perdues d a n s la vie Ils intéressent ceux qui les é t u d i e n t et r é c o m p e n -sent l a r g e m e n t , m ê m e au point d e v u e lucratif, les soins qui leur sont prodigués : si quelques personnes trouvent ce gỏt d i s p e n d i e u x , bien d e s
Trang 4m o i n s chers qu'on puisse se d o n n e r
Quant à moi, j ' a i toujours aimé les oiseaux; tout
«niant j e m'y intéressais p a s s i o n n é m e n t ; j e u n e
h o m m e , je les ai laissés un peu d e c ô t é ; mais d e puis dix ans je m'en suis plus spécialement o c c u -
pé que j a m a i s Dès lors j e n'en ai pas fait s e u l e
-m e n t une distraction, -mais un sujet de r e c h e r c h e s
d é b u t a n t s , aux j e u n e s a m a t e u r s qui v o u d r o n t bien,
en profitant de l'expérience des a u t r e s , éviter de l'aire quelques écoles J'y ai j o i n t , d a n s le m ê m e
b u t d'instruction , les découvertes faites p a r m e s
a m i s , et qu'ils ont bien voulu m e c o m m u n i q u e r
Ce petit livre des « Passereaux » est un travail
•sans prétention dont l'auteur désire , avant t o u t ,
ne pas s'attribuer une a p p a r e n c e de doctrine ; ce
•qu'on y trouvera n'est que le produit du
l'expér i e n c e , et laisse ouvel'expértes toutes les questions d ' a mélioration et de réussite en élevage, pour ceux de ânes confrères qui voudront mieux faire et obtenir
Trang 5-vin
de plus brillants résultats Le progrès m a r c h e
tou-j o u r s , en ceci c o m m e en t o u t ; tou-je ne doute pas que , dans dix a n s , nos succès et nos découvertes d'aujourd'hui n e semblent pitoyables à nos succes-
s e u r s En a t t e n d a n t , ils ne trouveront p e u t - ê t r e pas mauvais qu'on leur s o u m e t t e un A B G d u
m é t i e r
Je termine en informant m e s lecteurs q u e , s'ils daignent faire bon accueil à ce début dans la c a r -rière , le zèle qui m ' a n i m e à leur égard ne se r a -lentira point J'ai, sur le b u r e a u , une seconde p a r -tie du m ê m e ouvrage c o n c e r n a n t les « P e r r u c h e s
et les Colombes exotiques, » dont la rédaction est
à l'œuvre, et à laquelle je serai h e u r e u x de m e t t r e pour eux la dernière m a i n , s'ils veulent bien t é -
m o i g n e r à mon travail quelque intérêt Elle pourra paraître au c o m m e n c e m e n t du printemps p r o c h a i n J'adresse aussi des r e m e r c î m e n t s à ceux de m e s confrères en aviculture qui ont bien voulu m e
f o u r n i r , avec une bonne grâce extrême , tous les renseignements dont j'avais besoin ; ils ne s'éton-neront p a s j e l'espère, de voir citer ici leurs n o m s
ou les relations écrites qu'ils ont pris la peine d e m'adresser, et que j ' a i tenu à cœur de r e p r o d u i r e
—• sinon en totalité, du moins en leur m a j e u r e tie Chaque témoignage d'un c o n n a i s s e u r , chaque communication d'un éleveur pratique est une pierre qui ne saurait m a n q u e r à un édifice construit en
Trang 6par-c o m m u n , d a n s l'ensemble duquel par-c h a q u e ouvrier doit loyalement reconnaître sa partie et apparailre aux yeux de tous avec les mérites de sa coopération, propre Je suis certain qu'ils le c o m p r e n d r o n t exactement c o m m e moi
Auray, 25 Juin 188S
Trang 7P A S S E R E A U X
I
L E S COLIBRIS
Lors do la découverte du N o u v e a u - M o n d e , les
E u r o p é e n s furent émerveilles d e voir venir a eux des femmes indigènes magnifiquement p a r é e s de la dépouille d'oiseaux dont le p l u m a g e rivalisait avec les pierreries éfincelantes des plus beaux bijoux orientaux, le rubis, la topaze, l ' é m e r a u d e ; ils ache-tèrent plusieurs de ces parures et les r a p p o r t è r e n t
au pays natal C'est ainsi que les naturalistes de l'ancien m o n d e c o n n u r e n t les colibris
On trouve des colibris dans toute l'Amérique , depuis le Labrador jusqu'à la T c r r e - d e - F e u , y com-pris les Antilles; il n'en existe point ailleurs
P e n d a n t l'été , ils séjournent dans les contrées
Trang 8lcs plus fraỵches et jusque sur les montagnes é l e
-vées des Andes; leur aire de dispersion s'étend h
foutes les terres ó s'épanouissent les fleurs Dès l'approche d e l'hiver ils se c a n t o n n e n t et se r e s -sèrent entre les deux tropiques ; c'est au Mexique surtout qu'ils fixent alors leur séjour Ils p e u v e n t d'ailleurs y jouir de la variation des climats , et
s e m b l e n t témoigner la préférence à l'atmosphère
t e m p é r é e des plaines A Mexico ils a b o n d e n t , les jardins en sont r e m p l i s Ils visitent constamment, les bosquesls e l l e s massifs de fleurs, b o u r d o n n e n t
c o m m e des frelons aulour des orangers et d e s a l inéas , pénètrent p r e s q u e d a n s les maisons , t é m o i -gnant si peu de frayeur à l'égard des personnes qu'on peut les approcher de très près Ce voisinage
-constant et facile a permis h des a m a t e u r s d'étudier
leurs m œ u r s , do surprendre leurs habitudes , d e connaỵtre la n a t u r e de leurs aliments; et, poussant leurs r e c h e r c h e s jusqu'à s'emparer de n o m b r e u x
•sujets soit à la glu , selon l'usage des indigènes , soit plus proprement à l'aide de filets à p a p i l l o n s , ils sont parvenus par mille soins intelligents à sou-
m e t t r e les oiseaux-mouches à la captivité
L'obslacle qui s'oppose à la domestication du colibri n'est pas son a m o u r d e la liberté Il se p r ê -
te aisément aux rigueurs de l'esclavage, sans m a nifester le m o i n d r e regret de son i n d é p e n d a n c e Sitơt qu'il est pris, il devient doux, familier, gour-
Trang 9-lnand, au dire de ceux qui l'ont possédé en c a g e ,
m ê m e pendant quelques h e u r e s seulement Une i'ois iâché dans la c h a m b r e , il se pose sur le p ï e -mier objet qu'il trouve à portée de ses minuscules
p a t t e s , en repart de suite et s'en va planer au-dessus des fleurs, s'y plongeant c o m m e une m o u c h e à
m i e l , si l'on a eu le soin et la délicate attention d'en m e t t r e en un vase à ^a disposition C'est
m ê m e là, le point de départ de son éducation ; dès qu'il a vu et flairé les fleurs , il a b a n d o n n e toute idée de fuite, tout sentiment farouche à l'égard de
l ' h o m m e ; au contraire , il s'approche avec r e c o n naissance de son m a î t r e , l'ait a u t o u r d e lui mille
-é v o l u t i o n s , et paraît satisfait, en sa petite vanit-é personnelle si bien fondée , d e se voir a d m i r é par lui
Etant parvenu à faire entrer un colibri dans la serre de son jardin et à s'en e m p a r e r , M W e b b e r raconte que le rusé petit volatile contrefaisait le
m o r t p e n d a n t qu'il ouvrait lentement la main pour le contempler « 11 se tint immobile d u r a n t quelques minutes sur ma main plate , et je vis qu'il ouvrait les yeux pour e x a m i n e r si la route était libre; il les referma i m m é d i a t e m e n t quand il vit que j'avais le
r e g a r d dirigé vers lui Dès qu'il fut désaltéré, il ne
se gêna plus , se tint sur m o n doigt avec la plus grande a s s u r a n c e , et se mit à se nettoyer les p l u -
m e s avec la m ê m e nouchalencc que sur une branche
Trang 10favorite Mn moins d'une h e u r e cet habitant des
a i r s , en a p p a r e n c e i n d o m p t a b l e , semblait e n t i è r e
-m e n t apprivoisé , et le lende-main il volait d a n s
n ' i m p o r t e quelle partie de la c h a m b r e , vint se
perc h e r sur mon doigt et s e m b l a m e parler d o u perc e
-m e n t d a n s son doux babillage » (Die Gefiéderle
W e l l )
T r o u v e r l'alimentation nécessaire à l'entretien du colibri est l'échec c o n t r e lequel se h e u r t e n t la p l u -part des éleveurs pour obtenir la conservation de cet oiseau C'est q u ' e n effet, le colibri n e se nourrit pas exclusivement, c o m m e l'on est trop porté à le croire,
du suc des fleurs C e r t a i n e m e n t il absorbe b e a u
-c o u p do -ce n e -c t a r au fond des -cali-ces ó on le voit
d a r d e r une langue a l l o n g é e ; m a i s ce suc n'est pour lui q u ' u n e boisson, une sorte de dessert plutơt qu'un aliment s u b s t a n t i e l ; en balayant d e sa langue
le fond des f l e u r s , il enlève une quantité d ' i n sectes invisibles à l'œil d e l ' h o m m e , qui vivent
-en foule , eux s e u l s , a u nectar de ces m ê m e s fleurs La longueur du bec du colibri et sa finesse,
le p e u d e développement des c o m m i s s u r e s des lèvres qui ne lui p e r m e t pas de saisir , c o m m e font les hirondelles , les insectes au v o l , ont fait croire longtemps qu'il ne chassait pas le m o u c h e r o n et dédaignait celle nourriture a n i m a l e ; mais des r e -
m a r q u e s plus minutieuses ont a m e n é à rectifier celte erreur et à reconnaỵtre que l'insecte est la
Trang 11base principale de l'alimentation d e
l'oiseau-m o u c h e
« Il est très-probable, écrivait Bullock en que tous les o i s e a u x - m o u c h e s se nourrissent d ' i n -sectes-, pour un grand n o m b r e le fait est certain
Je les ai souvent observés a t t e n t i v e m e n t dans le jardin des plantes de Mexico; l à , un colibri avait pris possession d'un oranger en fleurs; il s'y tenait
t o u t le j o u r , attrapant les petites m o u c h e s que les fleurs y attiraient Dans un jardin à Jalopa, j ' a i sou-vent a d m i r é c o m m e les colibris chassaient avec adresse au milieu des innombrables toiles d ' a r a i -gnées Ils s'approchaient p r u d e m m e n t de ces toiles pour enlever les m o u c h e s qui s'étaient prises; mais souvent les grandes araignées ne cédaient pas facilement leur proie , et les oiseaux étaient forcés
de se retirer »
Audubon disait à une époque plus rapprochée d e
n o u s : « Les colibris se nourrissent d'insectes , principalement de coléoptères ; on en trouve dans leur estomac avec de petites m o u c h e s , ils p r e n n e n t les p r e m i è r e s d a n s les f l e u r s , les secondes au vol
Le colibri pourrait donc être r e g a r d é c o m m e un
g o b e - m o u c h é s Le n e c t a r , le miel ne suffisent pas
e le nourrir ; c'est au plus s'ils lui sont nécessaires
p o u r é t a n c h e r sa soif On a gardé en captivité
b e a u c o u p de ces oiseaux , les nourrissant de miel
et de sucre : ils n'ont jamais vécu plusieurs mois
Trang 12«et tous sont morts amaigris et é m a c i é s D'autres , par c o n t r e , auxquels on donnait deux l'ois par j o u r
d e s fleurs cueillies dans les bois ou dans les jardins
•et dont la cage était fermée par des gazes à travers lesquels pouvaient passer d e petits insectes , ont vécu ainsi plus d'un an » Bien d ' a u t r e s expériences
o n t d é m o n t r é que la conservation des colibris vants , à l'aide du miel s e u l , ne pouvait r é u s s i r , et
vi-q u ' e n leur fournissant, par les fleurs
continuelle-m e n t renouvelées , l'insecte dont ils sont t r i a n t s , l'on parvient à les entretenir b e a u c o u p plus l o n g -
t e m p s
Wilson déclare avoir conservé des colibris p e n
-d a n t trois mois , grâce aux fleurs fraîches qu'il renouvelait tous les j o u r s Cofl'er, un autre o b s e r -vateur des m œ u r s de ces o i s e a u x , en garda deux pendant plusieurs mois ; il m e t t a i t dans leur cage
d u miel délayé dans d e l'eau : « Ce liquide, dit-il, attirait de petites m o u c h e s que les colibris h a p -paient avec avidité «
Gosse en eut quelquesuns dans sa propre c h a m
-b r e pendant près d ' u n e a n n é e , m e t t a n t à leur disposition des fleurs de moringa d a n s un vase d'eau sucrée Tout r é c e m m e n t M W e b b e r , que j e viens de c i t e r , entretint un colibri pendant trois semaines à l'aide d'une dissolution d e sucre en pain et de miel fin dans trois fois leur quantité
d ' e a u fraîche
Trang 13— _
'Ce n e c t a r artificiel n e suffisait point à l'oiseau-,
m a i g r e le désir qu'il témoignait à s'en abreuver eu plongeant le bec j u s q u ' a u fond de la lasse et en aspirant le liquide à la façon des pigeons ; il perdit
b i e n t ô t sa vivacité et il fallut lui r e n d r e la clef des
c h a m p s Cet oiseau n'en abusa p o u r t a n t pas ; il revint à sa cage s u s p e n d u e à un buisson et à sa tasse d'eau s u c r é e • il en ressortit s'en allant folâ-
t r e r avec d ' a u t r e s colibris sauvages, r e n t r a encore
e t vint passer les nuits sur son perchoir ; il était
d o n c e n t i è r e m e n t apprivoise , et on le conserva
•ainsi plus longtemps , car il pouvait se gorger
<rinsectes à c h a c u n e de ses fréquentes sorties
On pourrait multiplier les exemples ; d e tous
r e s s o r t l'impossibilité d ' e n t r e t e n i r les colibris par
le miel et le s u c r e c o m m e n o u r r i t u r e u n i q u e , et le besoin absolu q u ' é p r o u v e n t les o i s e a u x - m o u c h e s
•d'ajouter au n e c t a r des fleurs une n o u r r i t u r e
ani-m a l i s é e
De toutes les expériences qui o n t été faites en
p r e n a n t cette néecessilé pour point de d é p a r t , la plus efficace et la plus h e u r e u s e en ses r é s u l t a t s ,
n été l'emploi de l'oeuf cuit dont les propriétés
vi-vifiantes r e m p l a c e r a i e n t assez bien l'insecte Gould l'a essayé un des premiers , et parvint à r a p p o r t e r
e n Angleterre des colibris qu'il nourrissait de sirop
e t de j a u n e d'œuf: « Mais quand ils e u r e n t à subir les inflcnocs du climat d ' E u i o p c , dit-il, ils présen-
a
Trang 14lé'rerrt d e s s y m p t ô m e s irrécusables d'affaiblissement
lin a t u r e l l e m e lin t du rayolin, — ou de l'eau a b o lin d a m
-m e n t saturée de s u c r e Il en a rapporté et -m ê -m e
e n t r e t e n u s à Bordeaux par ce r é g i m e p e n d a n t quelque t e m p s : « la cage, dît-il, avait à peine un pied d e d i a m è t r e , elle était divisée en qnaSre com-partiments afin d'isoler cliaquc oiseau Auprès d u petit perchoir, il y avait un pot grand c o m m e une coquille d e n o i x , qui contenait la n o u r r i t u r e ; si n'avait q u ' à y plonger sa langue pour se satisfaire
Le fontt d e la cage était garni de s o n , pour
absor-b e r l'humidité d e s d é j e c t i o n s » (Manuel de
l'Oi-seleur, page 163)
Cet Imbile éleveur fait connaître en détail les
m œ u r s d u rubis-topaze qui niche en Louisiane e n
a v r i l , et r e d e s c e n d versle tropique en s e p t e m b r e , choisit sa compagne dès son arrivée, perche et n i -
c h e sur un alinéa, p o u r s u i t , h a r c è l e tant qu'il est
en a m o u r , tous les oiseaux grands ou petits qui procbent,iui'ine les émérillons et les aigles, couve
Trang 15ỵ'appendant treize jours dans un nid e m b a u m e m e r veilleusement 1is?6 de filaments et duvets d'une 'finesse extrême amalgamés par un gluten qui imite
-l a c i r e , puis n o u r r i t , é-lève ses petits avec u n soin
•merveilleux, et s e les abandonne que pour faire u n e
s e c o n d e n i c h é e , lin aỏt la m u e survient ; les j e u nes p r e n n e n t leurs premières plumes de couleur
-r u b i s , m a i s t e n'est q u ' e n janvie-r seulement qu'ils
•ont toutes leurs éclatantes c o u l e u r s
1! a d é n i c h e et nourri souvent avec succès des
r u b i s , p r e n a n t 'au Irébuchet les parents e l l e s
enfer-m a n t avec leur précieuse progéniture « La cage ,
•qui devait les recevoir était préparée d'avance, tii't,
M Cliiapella , le grillage était en c a n e v a s Je la garnissais d e fleurs faites avec une étoffe enduite ỵle cire vierge Ces fleurs étaient creuses et imi-taient celles d e l'althéa; j e les remplissais de miel vierge délayé dans l ' e a u et plaçais la cage dans ti-n endroit isolé Les cris des petits n e lardaient pas à éveiller la sollicitude du père et de la m è r e ils cédaient aux instincts m a t e r n e l s , prenaient de
la nourriture et donnaient à m a n g e r à leurs p e tits » ''(idem)
-La découverte d'un nid de c o l i b r i s , n'est pas , paraỵt-il, chose facile — M W e b b e r r a c o n t e avec détails c o m m e n t , après mille r e c h e r c h e s i n u t i l e s ,
le h a s a r d lui en fit trouver un 11 avait r e m a r q u é pendant son séjour en Floride que l'oiscau-uiouclie
Trang 16volait souvent au dessus des cours d'eau , il c o n çut la pensée que ce petit a n i m a l , dépourvu d e
-t o u -t e au-tre défense que sa ruse, devai-t placer son nid sur l'extrémité de b r a n d i e s et de liannes qui
s ' é t e n d e n t au dessus des rivières, afin d'être à l'a bri d e s attaques des s e r p e n t s , ou a u t r e s bêtes n u i -sibles Il dirigea d o n c ses r e c h e r c h e s dans cette voie Un jour qu'il s'était arrête auprès d'une pelite
-b a i e , et se reposait adossé au tronc d'un noyer blanc, il vit passer c o m m e une flèche un colibri qui s'arrêta sur l'excoriation noueuse d'une b r a n c h e longuement é t e n d u e sur l'onde; puis aussitôt il en-tendit d i s t i n c t e m e n t le doux et t e n d r e babillage
d ' a m o u r de deux oiseaux se d o n n a n t la b e c q u é e
11 éludia la b r a n c h e , l'explora du regard et n e découvrit rien ; une m u l t i t u d e de n œ u d s tous pa-reils se succédaient sur l ' a r b r e , sans qu'il soit possible d e distinguer m a i n t e n a n t celui qui avait donné asile au colibri Alors le c h e r c h e u r infa-tigable m o n t a sur le noyer et se m i t à tàter la
b r a n c h e avec le pied, é p r o u v a n t chaque rugosité , chaque nœud l'un après l ' a u t r e : après un long examen il r e c o n n u t s u r la b r a n c h e qui se trouvait au-dessous de lui que l'un de ces n œ u d s ayant la grosseur d'un œuf de poule était r e c o u v e r t d'un
b o u q u e t d e plumes f u l g u r a n t e s , rayon d'or et de pourpre élineelant dans le feuillage C'était l'oiseau ueeouvé sur son nid « Sa tête flamboyante , son
Trang 17lwng bec cl ses yeux perçants étaient dirigés vers
m o i , immobile, dit W e b b e r ; il no montrait pas la moindre intention d e s'envoler ; sa poitrine du blanc le plus pur ou plutôt son cou, car elle était, cachée dans le n i d , représentait le contraste le plus doux et le plus innocent avec la magnificence
de la t ê t e , du dos et des ailes L'oiseau nait, a l'espèce la plus fréquente en ces parages,
apparte-et était un peu plus grand que le colibri r u b i n
Je pus ainsi m e r e n d r e c o m p t e d e ce que l'être
a d m i r a b l e , non seulement avait disposé l'intérieur
d e son nid de telle façon , qu'il correspondait eu forme et en g r a n d e u r avec les n œ u d s naturels des
a u t r e s b r a n c h e s , mais aussi que l'extérieur avait
é t é couvert, «vec le m ê m e a r t , d e la mousse sant sur les n œ u d s » , de sorte q u e d u sol il était impossible m ê m e au c h a s s e u r le plus exercé de découvrir le b e r c e a u dans lequel l'oiseau élevait ses enfants
crois-Oui, le colibri se m o n t r e m e r v e i l l e u s e m e n t tiste d a n s la construction de son nid : les brins d'herbe sèche minces c o m m e des fils , les écailles effilochées de f o u g è r e s , et surtout les lichens d e diverses sortes sont les matériaux qu'il emploie au dehors , dont il enlace et tisse sa couchette m o e l -
arl e u s e ; iarl matearlasse arle d e d a n s de m o u s s e et d e s u b stance cotonneuses Tous e s matériaux sont l i é s , fondus, cimentes entre eux., r e n d u s compactes par
Trang 18-tme g o m m e d u r c i s s a n i e , produit sans doute d u miel des fleurs mélangé à la sève des b o u r g e o n s
de certains végétaux que les oiseaux-mouches turent et amalgament en leurs g o s i e r s , dont ils enduisent ensuite leur nid Ils d o n n e n t à ce nid
tri-u n e l'orme variable, sotri-uvent oblongtri-ue et t e r m i n é e
en pointe que l'architecte habile applique à u n e
b r a n c h e d'un arbuste , adosse à la bifurcation de deux t r o n ç o n s , ou suspend aux tiges simples d e s fougères gigantesques , aux lianes qui se b a l a n c e n t entre les troncs des vieux arbres ou m ê m e au m i -
i e u des r o s e a u x ; quelquefois plusieurs liges d ' h e r bes s e u l e m e n t lui servent d e soutien, reliées entre elles par les filaments extérieurs d e l'ouvrage Dans-quelques uns d e ces écrins à bijoux précieux s ' a c -complit un p h é n o m è n e qui agrandit encore la r e -
-n o m m é e de sple-ndeur d u colibri Sous l'i-nflue-nce
de la chaleur développée p e n d a n t l'incubation et
de la fermentation végétale qui en r é s u l t e , selon que l'affirment des naturalistes dignes d e f o i , tels que Audubon et S&homburgk, certains lichens d é -gagent les matières colorantes d o n t ils ont la p r o -priété, et les œufs o r d i n a i r e m e n t blancs d e l'oiseau
se trouvent teints en un b e a u r o u g e c r a m o i s i Deux œufs, j a m a i s plus, voilà à quoi se b o r n e la reproduction d ' u n couple d e colibris à c h a q u e
n i c h é e ; les pelits sont o r d i n a i r e m e n t d e sexes férents et.s'accouplent à leur t o u r , dans la saison
Trang 19dif-•suivante; quelquefois c e sont deux mâles ou deux ỵemelles, et, dans ce c a s , ils vont c h e r c h e r ailleurs les joies do la famille auxquelles ils ont droit Lorsqu'ils v i e n n e n t d e naỵtre , les petits colibris forment e n s e m b l e au fond du nid une petite m a s s e noire , informe , d'ó sortent de longs cous et de pelits becs p o i n t u s ; ils se couvrent p r o m p l e m e n t d'un duvet blanc et dès lors leur croissance est ra-pide ; ils ne lardent pas à remplir le nid ; alors la
m è r e ne les réchauffe p l u s , elle pourvoit s e u lement il l e u r n o u r r i t u r e ; quinze jours après leur éclosion ils ouvrent les y e u x , au b o u t d e
-q u a t r e s e m a i n e s , ils p r e n n e n t leur v o l , faibles encore, voletant avec peine de liges en tiges ; mais bientơt leur force est à son apogée, ils s ' é l a n c e n t ,
se groupent en familles n o m b r e u s e s et vivent en
c o m m u n a u t é jusqu'à la m u e Si on les a p p r o c h e avant qu'ils aient e n t i è r e m e n t pris leur essor, dit M Audubon , « le père et la m è r e , r e m p l i s d'angoisse
e t de t e r r e u r , volent d e ç à et delà, passant à p e i n e
n quelles pouces de la figure d e celui qu'ils croient ' e u r e n n e m i , puis se perchent t o u t a u p r è s d e l u i , sur une b r a n c h e , attendant l'issue des é v é n e m e n t s »
Le père Monldidier s'était e m p a r é d ' u n nid d e colibri c o n t e n a n t deux pelits âgés de vingt j o u r s ;
il le plaça dans une cage a c c r o c h é e à la fenêtre de
sa c h a m b r e , ó les parents vinrent les nourrir La
•cage étant r e n t r é e et la fenêtre 'aisséc o u v e r t e , l«
Trang 20porc et la m è r e p é n é l r a i e n t d a n s la chambre, ifs s'a p privoisèrent si bien qu'ils n e la quittèrent bientơl
p l u s , venant j u s q u e sur les doigs du P è r e et s ' a
-b r e u v a n l d u nectar que celui-ci leur offrait Celte pâtée très line et p r e s q u e liquide était composée
de b i s c u i t , de j a u n e d'œuf et d e sirop ; elle p l a i sait tellement aux oiseaux-mouches qitie la petite
-f a m i l l e , n u l l e m e n t sevrée d e la l i b e r t é , voltigeait
au d e h o r s , au d e d a n s , soitait et r e n t r a i t à tout instant pour aller plonger le bec dans la tasse qui contenait Texquisse n o u r r i t u r e Le soir on les r e n -fermait d a n s leur cage q u e l'on suspendait en l'air loin des attaques d e s r o n g e u r s ; mais une nuit la cage ayant été o u b l i é e , les q u a t r e colibris furent! dévorés par les r a t s
W e b b e r , déjà c i t é , raconte c o m m e n t il prit et éleva les petits du nid d e la Nymphe des fleurs découvert d a n s les noeuds d u noyer b l a n c
Trois semaines s'étaient écoulées depuis sa d é couverte , lorsque s'ơtant r e n d u s de n o u v e a u a u -près du n i d , il le vit occupé par deux colibris si
-b e a u x , si -bien e m p h i m é s qu'il les prit pour des adulles : ils le r e g a r d è r e n t a p p r o c h e r , é t e n d r e le
b r a s vers eux sans manifester d'effroi, sans essayer
de p r e n d r e leur vol Les ayant couverts d e sa main , il les enleva avec le nid , les e m p o r t a chez lui ó, dès leur arrivée, il leur fit boire la compo-sition avec laquelle il nourrissait un r u b i s qu'if
Trang 21gardait en r a g e Les oisillons en prirent avec j o i e ,
et se trouvèrent t o u t - à - c o u p familiers, au point d e venir se percher sur les doigts de leur bienfaiteur Ils d e v i n r e n t les compagnons de captivité d u rubis qui se chargea de leur é d u c a t i o n , les condui-sant au vase de sirop , et se faisant leur g u i d e dans les buissons d e s a l e n t o u r s , c h a q u e fois qu'on
l e u r donnait à tous trois la liberté ; il les r a m e n a i t ensuite au logis oit le sirop fraîchement renouvelé les attirait d e préférence à t o u t
Ils s'en allaient donc tous trois voletant d e
b r a n c h e s en b r a n c h e s , do fleurs en fleurs , à la
r e c h e r c h e d'insectes , sans l'usage desquels ils
n ' e u s s e n t pu v i v r e , car on avait bien r e m a r q u é que la captivité p e n d a n t un laps d e temps t r o p prolongé les étiolait et les faisait d é p é r i r ; mais on
se demandait, quelle était la variété d'insectes qui
de temps en t e m p s leur servait ainsi d e r e m è d e ,
et les r e m e t t a i e n t si bien des privations e n d u r é e s
p e n d a n t la captivité A force d'observations, W e b
-b e r le découvrit : « Je surpris n o t r e ami le
coli-b r i - r u coli-b i s , d i t - i l , a r r a c h a n t g e n t i m e n t , avec la pointe de son long b e c , u n e petite araignée d e sa toile-, il procéda si bien que les gouttes de r o s é e , suspendues à la toile , n e furent m ê m e pas d é -
r a n g é e s » , — r e m a r q u e confirmant bien celle faite par des naturalistes plus anciens , qui ont vu des colibris a t t a q u a n t les araignées d a n s leurs l o i -
Trang 22l e s , soit pour leur enlever les m o u c h e s allirées
d u r s leurs r é s e a u x , soit pour les saisir elles-mêmes
et contredisant une fois d e plus celle assertion très
e r r o n é e , par laquelle on a voulu faire croire que les araignées dévoraient aussi les oiseaux m o u c h e s
N o n , car c'est précisément l'inverse qui a lieu Dès lors les colibris furent plus f r é q u e m m e n t
m i s en liberté ; ils ne d o n n è r e n t pas plus souvent
la chasse aux araignées dans leurs toiles Tous les quinze j o u r s s e u l e m e n t ils se livraient à cette chasse rapide et p r o d u c t i v e ; ils y c o n s a c r a i e n t une m a t i n é e et alors absorbaient u n e quantité suf-fisante de l'insecte aptère destiné à c o m b a t t r e en leurs organes l'abus échauffant du sirop
Enfin « des essais soignés faits sur doux familles, ajoute W e b b e r , m e prouvent que les colibris ne
se nourrissent pas exclusivement du n e c t a r des
H e u r s c o m m e l'indique Audubon ; le fait est que
ce nectar leur offre une n o u r r i t u r e p e n d a n t un certain t e m p s , quinze jours à peu près ; ils n e sau-rait en subsister plus l o n g t e m p s , pas plus q u e d'air p u r , et j e suis convaincu q u e les araignées
n e peuvent leur suffire p e n d a n t plusieurs j o u r s de suite » , ce qui revient à dire que le sirop et l'ali-
m e n t azoté ensemble sont indispensables au bri , et qu'il n e peut se c o n t e n t e r de l'un et l'autre
coli-s é p a r é m e n t ; noucoli-s l'avoncoli-s déclaré decoli-s le d é b u t do
ce travail
Trang 23Constatons donc avec Cl)ii),iclla, W e b b e r el le» autres q u e les colibris, m o y e n n a n t des soins parti-culiers peuvent se conserver en cage, et r e g r e t t o n s que les difficultés, p o u r t a n t i n n i n s u r m o n t a b l e s ,
q u ' e n g e n d r e n t leurs besoins , ne n o u s m e t t e n t pas plus souvent à m ê m e d e pouvoir en posséder en captivité ; car ces oiseaux outre leur plumage b r i l -lant et le n o m b r e très grand d e l e u r s variétés, ont encore des usages fort distrayants et des attitudes très gracieuses, qui c h a r m e n t leurs possesseurs Ceux qui sont connus des naturalistes , se divi-sent en onze familles c o m p r e n a n t vingt-quatre sous g e n r e s , lesquels ont encore des variétés
e n t r ' e u x
Les uns, c o m m e le Patagon g é a n t , qui ne m e sure pas moins de '22 c e n t i m è t r e s , se distinguent par la dimension de leur taille et la forme de leur
-b e c , droit, allongé et pointu c o m m e un glaive : le Docimoste p o r l e - é p é e répond à ce signalement
D ' a u t r e s , c o m m e les P h a é l o n s , ss reconnaissent à
la longueur de la q u e u e ; leur bec est court et
r e c o u r b é , ressemblant chez l'iiutoxôre a i g l e , à celui dru u oiseau de proie ; leur taille est inoins
g r a n d e
D'aucuns sont caractérisés par la s t r u c t u r e de l'aile ou celle de la q u e u e : telle est la Nymphe des
m o n t a g n e s , ou le Rubis-topaze un des plus beaux
c o l i b r i s , mais des plus c o m m u n s de l'espèce ou
Trang 24l'Héliolhrix, dit b a i s e - f l e u r , dont la queue esl en forme de lyre el les ailes en faucilles ; il ne m e s u r e que 10 c e n t i m è t r e s
Un sujet d'un genre différent, le S t é g a m i r e a pour q u e u e deux plumes minces e x t r ê m e m e n t a l -longées, terminées p a r deux larges p a l m e s
11 en est encore d o n t le type est une h u p p e a d
-m i r a b l e -m e n t é t a g é e , telle que la présente le phornis, ou prenant la forme d'un cimier c o m m e chez l'Oxypogon à casque ; à quelques autres deux
Lo-ou trois plumes allongées sur les oreilles ont fait donner une classification et un nom : ce sont les Iléliaclines cornus ; leur queue est en éventail Les plus petits oiseaux-mouches , m e s u r a n t 7 à
8 centimètres de longueur t o t a l e , sont aussi les plus magnifiques d e n u a n c e s : Iris les oiseaux-pierreries, l'Améthiste, le Calotorax les Bellalrix
ét les Hlfes s u p e r b e s
La dernière famille s u r n o m m é e v u l g a i r e m e n t les colibris m a s q u é s , à cause de quelques plumes très singulièrement plantées sur la n u q u e et le cou , c o m p r e n d des oiseaux dont la taille est m i -nime et le b e c u n e é p i n e
Les nuances qui o r n e n t les colibris sont : le brun
à reflets verts , dans les espèces d e grande d i m e n sion, les moins décorées ; le b l e u - v i o l e t , le v e r t brillant chez les moyens ; le r o u g e - g r e n a t , le v e r t -
-é m e r a u d e , le j a u n e - r u b i s , le j a u n e - t o p a z e chez les
Trang 25mieux pures qu'on n o m m e pierreries ; le n iir el le blanc se r e m a r q u e n t sur ceux qu'on a s u r n o m m é s Nymphes des fleurs
Les plus beaux sont les Lophornix : en leur mage toutes les nuances du vert et du rouge m é -tallique rivalisent d'éclat ; le blanc se r e n c o n t r e aussi dans leur c o s t u m e ,
plu-Enfin, parmi les plus petits, le rouge écarlate se voit chez le Sapho à q u e u e fourchue , tandis que
le j a u n e - orange le plus vif est la couleur pale du R a m p h o m i c r o n
princiS c h o m b u r g k parlant des superbes effets de c o u leur produits par les oiseaux-mouches d a n s la
-n a t u r e e-nsoleillée des t r o p i q u e s , d i t : « T o u t à l'heure on a vu une fleur tranquille et solitaire ;
m a i n t e n a n t un topaze brille au dessus d'elle ; on
ne sait ni d'ó ni c o m m e n t il est venu -, un instant après il a disparu L'œil enivré se d é t o u r n e , mais c'est pour voir le m ê m e j e u x se renouveler : ici c'est un rubis aux vives c o u l e u r s , ici une goutelelle d'or ou un saphir étiiicelant de mille feux ; bientơt tous ces joyaux se réunissent en u n e c o u r o n n e splendidc , qui se brise s u b i t e m e n t et la m ê m e scène se r é p è t e »
Une brillante p a r u r e n'est pas l'unique c h a r m e des c o l i b r i s ; quelques uns c h a n t e n t Leur voix n'est pas v i b r a n t e , c'est un bourdon n n n e n t m é l o -dieux qui parfois s'élève à la h a u t e u r d'un son , et
Trang 26plusieurs naturalistes affirment avoir observé c h e ï certains sujets des plus petites races un clianl d é -licat et varié 11 ci; e s t , p a r a î t - i l , qui, lorsqu'ils chantent., — ceci a m u s e r a fort les enfants, — ou-vrent d é m e s u r é m e n t le bec et en sortent h langue
à la longueur d ' u n pouce environ
Gosse fait le tableau suivant d e s m œ u r s et
alti-t u d e s de ses colibris : « Une fois h a b i alti-t u é s à leur nouvelle d e m e u r e , m e s captifs m o n t r è r e n t u n e vivacité sans égale Ils prenaient les p o s t u r e s les plus diverses , se t o u r n a i e n t de tous côtes m o n -trant toutes les b e a u t é s et toutes les variations d e leur p l u m a g e , sous les différents jeux de la l u -
m i è r e Us volaient à droite et à g a u c h e , se b a l a n çaient dans les airs d e la façon la plus gracieuse ,
-et tous leurs m o u v e m e n t s s'exécutaient avec une telle p r o m p t i t u d e , qu'il était impossible à l'œil d e les suivre J'en mis cinq dans une g r a n d e cage dont un coté était garni de treillis métalliques Je redoutais ce c h a n g e m e n t : aussi, no les mis-jc dans
la cage que le s o i r , e s p é r a n t que la nuit les c a l merait Q u a n d j e fermai la p o r t o , ils voletèrent
-un peu de tous cotes ; mais le lendemain ce l'ut avec plaisir q u e j e les vis tous se tenir sur le perchoir et boire dans le vase renfermant le sirop J'esperais-amcner m e s colibris en Angleterre, et j e croyais que les plus grandes difficultés étaient
v a i n c u e s ; mes illusions devaient être détruites Je
Trang 27rie les avais pas depuis une semaine i n cage que les m a l h e u r s c o m m e n c è r e n t J'en perdis deux chaque j o u r A la tin de la s e m a i n e , un seul m e rosi ait, et celui-ci devait bientôt partager le sort
de ses c o m p a g n o n s L'impossibilité de t r o u v e r une quantité suffisante d'insectes est é v i d e m m e n t la cause de la m o r t d e m e s captifs : ils buvaient du sirop, mais ce n'était pas assez pour les c o n s e r v e r Tous périrent e x t r a o r d i n a i r c m e n t amaigris, et leur estomac était tellement racorni qu'on ne pouvait presque plus le r e c o n n a î t r e Dans une c h a m b r e ils avaient encore pu p r e n d r e quelques i n s e c t e s ; d a n s une cage é t r o i t e , cela leur était devenu i m p o s -sible »
On voit d o n c que ce n a t u r a l i s t e , c o m m e les
a u t r e s , a r e c o n n u que la n o u r r i t u r e annualisée était indispensable aux o i s e a u x - m o u c h e s
Une observation assez r é c e n t e à fait découvrir que le raisin est un généreux aliment p o u r l'oisoau-
m o u c h e , et qu'il en est friand C'est à un planteur
de l'Amérique du Sud qu'on la doit Ce planteur avait fait de n o m b r e u x essais d a n s ses terrains de culture,1 - des différentes sortes de vignes que produit
le sol e u r o p é e n : il r e m a r q u a que les colibris taient c o n s t a m m e n t les grappes des meilleurs r a i -sins et se gorgeaient des grains les plus m u r s De
visi-là à l'idée de les abreuver de vin s u c r é , il n'y avait qu'un pas; d'aucuns l'ont tenté et l'on a pensé que
Trang 28cuite nourriture g é n é r e u s e suffirait à remplacer les insectes qu'on ne peut leur fournir en captivité , problème qui semble avoir été résolu dans le sens
d e l'affirmative par la personne faisant l'objet de
la communication suivante adressée le 29 d é c e m
-b r e 187,i à M D e y r o l l e , le Directeur d u journal
l'Acclimatation, h Paris, par un d e ses abonnés
« J'ai connu une d a m e , f e m m e d'un c o n s u l , dit
le correspondant anonyme , qui avait apporté
d'A-m é r i q u e une vingtaine d ' o i s e a u x - d'A-m o u c h e s Les pèces dont j e m e souviens étaient le rubis-topaze, le
es-g r a n d r u b i s - é m e r a u d e , le fer d e lance, le saphir, le vert d o r e , la jacobine Ces oiseaux avaient été pla-cés d a n s u n e c h a m b r e convertie en volière et dont les fenêtres avaient été garnies d e toiles m é t a l l i -
q u e s , le sol était couvert d e s a b l e , de mousse et
de gazon ; des pots d e fleurs n a t u r e l l e s , souvent renouvelées, étaient placés d e distance en distance mais enlevés c h a q u e s o i r , d e crainte d'asphyxie Les oiseaux voltigeaient sans cesse a u - d e s s u s des fleurs , mais peu semblaient leur convenir Au
c e n t r e de la v o l i è r e , s u r un guéridon , était placé
un vase c o n t e n a n t un d e ces bouquets en p o r celaine de Saxe qui se fabriquaient au siècle d e r n i e r
-et que l'on r e t r o n v e encore chez les r e v e n d e u r s Chaque fleur formait une c o u p e ; d a n s c h a c u n e
d ' e l l e s , celle d a m e intelligente v e r s a i t , c h a q u e
m a l i n , un mélange composé de miel et de vin d?,
Trang 29Malaga ou d'Alicante ; les oiseaux venaient
pom-p e r ce mélange avec leur langue d e pom-p a pom-p i l l o n , et
c e t t e succulente liqueur leur donnait u n e force et une vigueur exceptionnelles J'ai pu revoir ces o i -seaux après deux a n n é e s , puis six autres a n n é e s d'intervalle ; en deux ans plie en perdit u n , le vert
d o r é , par accident, e t six ans après, elle en dait encore d i x - s e p t , qui volaient sans cesse avec
possé-la m ê m e vigueur , le m ê m e e n t r a i n , et poussaient
un petit cri c o m p a r a b l e à c e l u i de la m é s a n g e à longue q u e u e »
On croit rêver ! Et l'on se s u r p r e n d en plein p é
-c h é d'envie d e v a n t -celte -c h a m b r e mystérieuse ó voltigent des pierreries ailées
Mais les progrès d e l'industrie e t l'intelligence
h u m a i n e applanissent de nos jours t o u t e s les
diffi-c u l t é s E n pleine Exposition internationale de 1 8 7 8 ,
à P a r i s , on a p u , à la section d e s oiseaux vivants ,
a d m i r e r un certain n o m b r e de colibris , s y m é t r i
-q u e m e n t rangés par couple en des cages faites d e toile métallique , lesquels étaient tarifés , par leur possesseur, à des prix raisonnables
Le propriétaire d e c e s merveilles , d e c o n q u ê t e
t o u t e r é c e n t e pour l ' E u r o p e , était u n F r a n ç a i s bli depuis plusieurs a n n é e s au M e x i q u e , et qui avait composé cet intéressant lot d'oiseaux-mouches
éta-t o u éta-t e x p r è s pour l'Exposiéta-tion
Ce n'était pas la p r e m i è r e fois , du reste , qu'il apportait des colibris en F r a n c e 3
Trang 30- u —
En juin 1 8 7 0 , M Alphonse M i l n e - E d w a r d s ,
fai-s a n t , an fai-sujet d'une importation r é c e n t e de M
V a l l e t , la communication de ses impressions au
c o m t e Marschall, président de la Société O r n i l h o logique de Vienne , disait : « J'en ai pu voir voler
-dans leur cage plus de cinquante a p p a r t e n a n t h
cinq ou six espèces ; leur possesseur n ' a pas fait
connaître la n o u r r i t u r e avec laquelle il réussit, h
soutenir ces charmants oiseaux C'est un sirop qui tient en suspend un aliment animal et azoté »
(Bulletin de la Société d'Ornillwlogie de Vienne)
Interrogé par moi sur les iétalions probables qu'il avait pu avoir alors avec l'importateur des oi-
s e a u x - m o u c h e s , M Geoffroy S a i n l H i l a i r e , leur du Jardin Zoologique du bois de Boulogne , a bien voulu m'adresser ia réponse s u i v a n t e , qui donne la dernière note sur la situation actuelle d e s essais tentés pour l'acclimatement d e s colibris et leurs résultais
(iirec-« M Vallet est venu par deux fois en F r a n c e avec des oiseaux-mouches v i v a n t s , receuillis aux environs de Mexico
» J'ai possédé un certain n o m b r e de ces curieux
s p é c i m e n s , et il en a été vendu par l'imporlaleur,
à diverses p e r s o n n e s , entre a u t r e s à M le baron Alphonse de Rothschild
» M Vallet, que j ' a i parfaitement connu p e n dant le séjour qu'il fit en F r a n c e , m'a assuré qu'il
Trang 31-avait conservé p e n d a n t longtemps des
oiseaux-m o u c h e s captifs dans sa résidence du Mexique
» P e n d a n t le voyage sur m e r , la mortalité avait
é t é assez forte; mais les sujets e m p o r t é s en F r a n c e ont bien vécu , tant que la t e m p é r a t u r e est restée assez élevée
» Nous avions placé ici les oiseaux dans une cage do verre installée a u - d e s s u s d'un r é c h a u d
c o n t e n a n t de l'eau c h a u d e Le résultat a été assez satisfaisant
» Quand au r é g i m e , il était des plus simples : de l'eau pure et de la viande de breuf r é d u i t e en p o u -
d r e impalpable P a s d'eau sucrée ; M Vallet avait essayé au d é b u t d e ce r é g i m e ; il a d u p r o m p t e -
m e n t l ' a b a n d o n n e r
» P a r suite de l'élévation d e la t e m p é r a t u r e , en Très peu d e t e m p s l'eau sucrée se changeait en s i -rop , et les oiseaux se barbouillaient d e sucre de
la façon la plus déplorable: leur plumes se collaient
et chose plus fâcheuse encore, le bec s'embarrassait
d e couches d e sucre qui g ê n a i e n t ses m o u v e m e n t s
» La préparation de la viande d e bœuf en p o u
d r e est fort simple On c o u p e cette viande en l a nières aussi minces que possible, transparentes ; on les expose à u n soleil a r d e n t elles se d e s s è c h e n t bientôt et se conservent en cet état assez l o n g -
-t e m p s , pourvu qu'on les -tienne au sec, Quand on veut obtenir de la p o u d r e , on rape les lanières, M
Trang 32î a l l e t rnpail sur une, toile métallique très Mue L'opération se.-termine-par un tamisage
» La viande en poudre était déposée dans un godet.sur le bord d u q u e l l'oiseau se p o s a i t , m a i s
le plus souvent il prenait: sa n o u r r i t u r e sans poser les pieds, en voletant c o m m e l'ont ces oiseaux pour explorer la corolle des fleurs
» Les observations que j ' a i laites p e n d a n t le s é
-j o u r des oiseaux-mouches au Jardin, m ' o n t porté
à conclure qu'avec des i n s t a l l i o n s c o n v e n a b l e s ,
on pourrait conserver assez t o n g l e m p s l e s o i s e a u x
-m o u c h e s vivants , -m ê -m e sous notre cli-mat » J'ai voulu pousser à l'égard d e s colibris, l'inves-tigation j u s q u e d a n s ses dernières limites J'ai donc fait d e m a n d e r à M d e Rothschild ce qu'étaienS
d e v e n u s les colibris a c h e t é s par lui à l'Exposition
d e 1878
M d e Rothschild m ' a fait r é p o n d r e que ces o i
s e a u x m o u c h e s , transportés au c h â t e a u de F e r
r i è r e s , a p p a r t e n a i e n t à la variété d e s o i s e a u x bleux, et qu'on les désignait ainsi au c h â t e a u , sans-savoir leur nom scientifique
-Ils étaient logés d a n s une cage de verre prenant
un peu d'air d'un seul c ô t é ; leur nourriture se composait u n i q u e m e n t du j u s d ' u n e o r a n g e , qu'on leur offrait c h a q u e j o u r , coupée par la moitié et
s a u p o u d r é e de s u c r e
On n'a pu les conserver plus d'une quinzaine d e
j o u r s
Trang 33Quant à m o i , j ' n i eu l'avantage d e voir à P a r i s ,
au printemps de 1 8 8 " , deux colibris de la grande espèce rapportés r é c e m m e n t par M le baron d e Lareinty, d ' u n voyage à la Martinique et offerts par lui à M" la comtesse d e Puységur sa belle-mère Ces oiseaux venaient d e la Vera-Cruz-, ils avaient été adhetés sur le p a q u e b o t à un e m p l o y é qui les a p -portait en F r a n c e Leur plumage était r/eir et bleu,
à reflets brillants, argentés sur la tête e t sur la g o r
g e , p a t t e s de corail; leur taille celle d ' u n e m é s a n
-g e à tête b l e u e Ils se m o n t r a i e n t vils , s é m i l l a n t s ,
a i m a n t à v i v r e ; on les n o u r r i s s a i t d'œufs hachés et
d e fruits ; une d e m i - o r a n g e était d é p o s é e c h a q u e malin dans leur cage ; j ' a v a i s conseillé d'y j o i n d r e
d u vin d'Espagne saturé d e s u c r e Ils b u v a i e n t d e l'eau s u c r é e
On les conserva longtemps ; l'un d'eux périt à la suite d'un refroidissement gagné à la fenêtre laissée
t r o p tard ouverte par un j o u r d e pluie ; l'autre vit encore à l'heure ó j ' é c r i s ces lignes 11 a passe
ỵhive.1 dans u n e pièce chauffée
Nous conclurons donc d e cette série, d ' e x p é r i e n
-c e s que la n o u r r i t u r e animalisée est i n d i s p e n s a b l e
a u x c o l i b r i s , ce qui c o r r e s p o n d parfaitement à la découverte déjà faite depuis longues a n n é e s , à savoir que les o i s e a u x - m o u c h e s , à l'état libre , ne vivent pas seulement d u suc des fleurs sur les-quelles.ils voltigent sans c e s s e , mais aussi des rey-
Trang 34rïad'es d'insectes invisibles qu'elles c o n t i e n n e n t
De l'autopsie de deux colibris a p p a r t e n a n t s Mm e
la vicomtesse du Châtel, à T o u r s , (acclimatation du
2 0 juin 1 8 8 6 ) , il résulte q u e c e s oiseaux peuvent facilement s u c c o m b e r aux affections cougestives
d u cerveau ou d u p o u m o n , dues h une alimentation
t r o p échauffante et à u n e cage t r o p é t r o i t e Un p e u plus d'espace et u n e pincée d e b i c a r b o n a t e d e sou-
d e dans la boisson les m e t t r a à l'abri d'une fia
p r é m a t u r é e
Trang 35H
L E S D I A M A N T S
Diamant! ce nom un peu prétentieux a été donné aux n o m b r e u x sujets d ' u n e famille de petits fringiles qui portent presque tous sur une partie quelconque
d u plumage un semis de goutelettes blanches d e dimensions d i v e r s e s , les unes ressemblant assez à
d e s gouttes d e rosée , d ' a u t r e s n e dépassant pas le volume d'une petite tête d'épingle Après les o i -
s e a u x - p i e r r e r i e s , dont la description p r é c è d e , les Diamants avaient ici leur place
Ces o i s e l e t s , très en vogue a u j o u r d ' h u i , et dont l'élevage , d e conquête r é c e n t e , paraỵt appelé à devenir l'occupation favorite d e plus d ' u n a m a t e u r , nous viennent de l'Australie Les rives du Murray, les prairies d'Adélạde , les bosquets des environs
d e Sydney, la T a s m a n i e sont leurs séjours h a b i tuels; on les y r e n c o n t r e par groupes n o m b r e u x , vifs,
a l e r t e s , sautillant de b r a n c h e s en b r a n c h e s , g r i m pant au tronc des a r b r e s , ou, sur le s o l , s a u t a n t
-de bruis d ' h e r b e en brins d ' h e r b e , cl ceuillant -de
Trang 36ỵeurs becs assez puissants les graines fraỵches e l laiteuses des graminées qui f o r m e n t , avec les p e -tites baies el les insectes, leur n o u r r i t u r e essentielle
I m p o r t é s en E u r o p e p a r q u a n t i t é s assez c o n s i dérables depuis quelques a n n é e s , ils se sont m o n -
t r é s dès l'abord susceptibles de s u p p o r t e r les v a riations de n o t r e climat t e m p é r é Q u e l l e s u g
-ont passé nos hivers-à l'air l i b r e ; d ' a u t r e s -ont péri sous les vents et s o u s les gelées qui sont i n c o n -
n u e s en l e u r p a y s d ' o r i g i n e , la t e m p é r a t u r e o r d i naire eu Australie p e n d a n t l'hiver n ' é t a n t j a m a i s inférieure à 8 ou 10 d e g r é s au-dessus de zéro L'ac-
-c l i m a t e m e n t et l a -conservation d e -ces petits oiseaux
n e sauraient donc ê t r e assurés q u e d a n s une volière vitrée , ó ils supporteront parfaitement la b a s s e
t e m p é r a t u r e d'hiver, pourvu que l'eau n e s'y c o n gèle point D a n s une installation protégée d e vitres,
la chaleur d e s rayons du soleil se concentre a i s é
-m e n t et produit une a t -m o s p h è r e excellente, qui se maintient m ê m e p e n d a n t la n u i t Si le froid s'ac-
c e n t u e , l'on p e u t élever la t e m p é r a t u r e d u local e n
y plaçant u n e terrine r e m p l i e d e b r a i s e s et c e n d r e s
c h a u d e s , r e c o u v e r t e d ' u n e toile m é t a l l i q u e , ou
m ê m e une jatte en t e r r e c u i t e pleine d ' e a u b o u i l lante , dont le couvercle , perforé d e t r o u s d e s t i -nés à l'exhalaison de la c h a l e u r , p e r m e t aussi d ' i n -sinuer quelques perchoirs sur lesquels les oiseaux;
-se po-seront avec plaisir el viendront pas-ser la nuit
Trang 37On renouvelle l'eau de la eliaulïrelle lu malin , à midi et le soir J'ai employé c e l t e m é t h o d e dans
m a volière de d i a m a n t s , et elle m ' a p e r m i s de conserver en b o n n e santé les oiseaux p e n d a n t des
m o m e n t s d'épreuve assez r i g o u r e u s e
Les diamants sont granivores. En captivité , ils
se nourrissent exclusivement de graines d'alpiste ,
et millet b l a n c ; mais il faut se souvenir que leurs prairies australiennes leur offrent d e la v e r d u r e en
a b o n d a n c e , et nous la r e m p l a ç o n s par le m o u r o n ,
la l a i t u e , la m â c h e qui l e u r sont, m ê m e en hiver, indispensables La boisson devra ê t r e alcalinisé le plus souvent p o s s i b l e , pour c o m b a t t r e leur t e n -
d a n c e naturelle à la p l é t h o r e
Les allures p r o m p t e s , éveillées, galantes m ê m e des d i a m a n t s nous a m u s e n t en volière De m ê m e qu'en liberté ils vivent en familles n o m b r e u s e s , aussi aiment-ils à se r e t r o u v e r en société d a n s la
c h a m b r e d'oiseaux; ils se c h e r c h e n t , s ' a p p e l l e n t ,
se r a p p r o c h e n t , se b e c q u è t e n t t e n d r e m e n t , et quand ils ont froid, ils s'amassent en b r o c h e t t e s interminables sur leurs p e r c h o i r s , le d e r n i e r cher-chant t o u j o u r s , e n sautant sur les a u t r e s , à r e -
p r e n d r e son rang e n t r e deux c o m p a g n o n s ; alors se sont des cris , des p r o t e s t a t i o n s , des coups d e b e c , des d i s p u t e s , des r i r e s , des baisers et des r o n r o n -nements de satisfactions Ces oiseaux assez frileux, témoignent d'une grande intelligence p o u r satisfaire
Trang 38nuK exigences de leur délicatesse : [tendant les froids , l o r s q u e , m a l g r é la clôture minutieuse des vitres d e leur v o l i è r e , la bise pénètre par les fis-sures d u châssis et la jointure des portes , ils
d e s c e n d e n t sur le sol , enfouissant leurs petits pieds transis dans le sable sec et fin , dont ils se font une c h a u s s u r e , et restent ainsi a c c o a v é s , i m -mobiles , ramassés en boule de cinq à six j u s q u ' à
ce que la c h a l e u r leur soit r e v e n u e Mais dès que
le soleil du printemps a fait son apparition, quelle joie p a r m i les diamants ! A travers les vitres vous les voyez courir , voltiger , se poursuivre en j a c a s -
s a n t ; ils ont l'air de s'amuser c o m m e des petits fous; vous e n t e n d e z aussitôt leur voix claire j e t e r ces notes gaies qui sont le prélude des a m o u r s ; vile , ouvrez la porte de l'abri clos et dormez-leur
un accès do quelques h e u r e s dans la partie gée de leur volière , afin qu'ils p r e n n e n t un bon bain d'air et de soleil Alors , les voilà qui p a r t e n t tous c o m m e des flèches e m p e n n é e s ; les uns a p r è s les autres ils s ' é l a n c e n t , m o n t e n t à l ' a r b r e , se hissent au long des b r a n c h e s , s'accrochent aux parois plâtrées d u m u r , d e s c e n d e n t à t e r r e pour aspirer les senteurs d e l ' h u m u s et faire l ' h e u r e u s e capture d'un vermisseau ; jetez-leur quelques vers
grilla-de farine, ils se les d i s p u t e n t , les a r r a c h e n t et les brisent en m o r c e a u x , puis les avalent g l o u t o n n e -
m e n t ; tout cela avec des airs étonnés , r a v i s , in
Trang 39n o c e n t s , des regards furtifs intelligente, pleins d e reconnaissance , et des cris de j o i e , des c l a m e u r s sur tous les tons , des b a v a r d a g e s et des b a l a n c e -
m e n t s de q u e u e si comiques qu'on n e peut faire autre chose que s'extasier d e v a n t ces merveilleuses petites c r é a t u r e s
Les d i a m a n t s ont tous à peu près la m ê m e taille, 10 à 12 centimètres d e l o n g u e u r
Les espèces les plus f r é q u e m m e n t importées sont:
1° Le d i a m a n t à gouttelettes (Spermestes
gutta-ta), le plus a n c i e n n e m e n t connu et le premier
in-troduit dans le c o m m e r c e , d e telle sorte qu'on lui
a d o n n e le nom g é n é r i q u e de d i a m a n t d'Australie, bien qu'il y en ait b e a u c o u p d ' a u t r e s variétés
11 a le b e c , l'œil et le croupion r o u g e s ; la tête ,
le d o s , les ailes et la queue g r i s - m a u v e ; la gorge ,
la poitrine, le ventre b l a n c s ; les flancs noirs
parse-m é s de larges g o u t t e l e t t e s blanches et une b a n d e noire séparant en cercle la poitrine d e la gorge; les pieds sont gris Aucune différence n'apparaît entre
le m â l e et la femelle qui est s e u l e m e n t un peu plus petite et m o i n s longue ; son b e c est m o i n s r o u g e
11 est assez c o m m u n et son prix n'est pas élevé
2° Le Diamant à bavette (Spermetes cincta),
a la tête gais-perle, le b e c noir et un large r a b a t
de la m ê m e c o u l e u r , qui t o m b e en s'étendanl sur
la gorge ; le d o s , les ailes et la poitrine d'un joli brun c h â t a i g n e , plus clair en dessouos qu'en d e s s u s ;
Trang 40lu q u e u e noire, le ventre e l l e croupion b l a n e - c r ê n i e , avec une large ligne noire descendant du croupion
à la cuisse.; les pattes sont rouges La femelle, qui est semblable au m â l e , se dislingue parla c o u l e u r u n peu plus claire d e la p o i t r i n e , un peu plus s o m b r e
do la tête Chez les j e u n e s , la n u a n c e châtaigne est pâle au premier âge et s"accentue à la m u e qui
c o m m e n c e au troisième m o i s Le Bavette est plus
r a r e q u e l e p r é c è d e n t et a été introduit plus lard en
E u r o p e , mais l e s a m a t e u r s le r e c h e r c h e n t d e
préfé-r e n c e au p préfé-r e m i e préfé-r , papréfé-rce ce qu'il e s t plus préfé-robuste , plus vif et plus b e n u 11 est aussi un p e u plus petit
3° Le d i a m a n t d e Gould (Spermt/stçs Gouldi),
r e s s e m b l e b e a u c o u p au Bavette, mais,il a les plumes
d u milieu d e la q u e u e allongées e t p o i n t u e s ; t ê t e ,
n u q u e et face g r i s - b l e u â t r e ; d o s et ailes g r i s - b r u n ; une b a n d e n o i r e e n t r e le b e c et l'œil ; p o i t r i n e el ventre r o u g e â t r e s G o m m e le d i a m a n t à b a v e t t e il a
la b a n d e noire d e s c e n d a n t d u croupion j u s q u ' a u x pattes ; q u e u e n o i r e en d e s s u s et b l a n c h e e n ; d e s -sous ; b e c el pattes j a u n e s -, ceil b r u n Il est fort
r a r e
4° Le diamant à q u e u e d e f e u (Spermestes
ni-tida), a le b e c c r a m o i s i , le front « t - l e tour d e s
yeux n o i r s , l'œil;brun et une peau n u e a u t o u r dés yeux b l e u - p â l e Tête et dos br.uns b a r r é s d e p e -tites b a n d e s noires; poitrine'et v e n t r e m a r q u é s d e très étroites, b a n d e s noires et blanches ; croupion