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I - RECHERCHES GEOLOGIQUES SUR LE JURA SALINOIS, PAR M. JULES MARCOU

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-On rencontre aussi assez fréquemment des filons de gypse soyeux ou fibreux, blanc ou rosé, à fibres droites et contournées, ressemblant à un tissu de soie et disposés sous forme de peti

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et méridionales n'ont p a s encore été soumises à l'étude critique des géologues

du pays, et elles laissent u n e g r a n d e lacune dans les généralités q u e l'on a obtenues

p o u r les localités explorées Il est probable que les principaux résultats ne r e c e vront q u e d e faibles modifications, q u i n ' a l t è r e r o n t pas les principes fondamen-, taux posés p a r MM T h u r m a n n , T h i r r i a et Gressly Cependant ces généralités ne seront certaines q u e l o r s q u e tous les points a u r o n t été décrits p a r des géologues

h a b i t a n t le pays, et q u e les beaux travaux paléontologiques d e MM Alc d ' O r b i gny et Agassiz seront achevés C'est dans l e b u t d e faire connaître la partie occi-dentale d u J u r a q u e j e p u b l i e mes recherches sur le J u r a s a l i n o i s ( l ) ; heureux s i ,

-(1) J'entends par Jura salinois la partie comprise dans le pentagone formé par des lignes qui raient les villes de Quingey, Pontarlier, Moyrans, Saint-Amour et Dôle Les environs de Salins ont été pris comme type, et doivent être regardés comme les points de départ pour cette partie des Monts-Jura

uni-1

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apportant ma pierre à l'édifice, j e puis contribuer à l'avancement d e cette partie

de la géologie

Les p r e m i e r s travaux q u i ont paru s u r les chaînes d u J u r a sont des m é moires p a l é o n t o l o g i q u e s , renfermant les p r i n c i p a u x fossiles caractéristiques des terrains jurassique et n é o c o m i e n , et dont le plus g r a n d m é r i t e a été de fixer l'attention des géologues sur les localités indiquées comme riches en p é t r i -

-fications Ces mémoires sont : Les Essais sur les fossiles de Suisse, d e Scheuchzer,

de Lang et de Gessner ; le Traité des pétrifications, de Bourguet (clans lequel il cite

Salins comme localité riche e n fossiles) ; les ouvrages d e K n o r r , d ' A n d r æ , d e Bruckner, e t c Mais les p r e m i è r e s observations un peu sérieuses qui aient été faites sur le Jura sont dues à de Saussure, Deluc, Escher et EbeL C e p e n d a n t , la géologie d e ces montagnes était encore dans le vague le plus c o m p l e t , lorsque l'illustre et vénérable M de Buch é c r i v i t , en 1 8 o 3 , son m é m o i r e sur les r o -ches du pays de Neuchâtel Malheureusement cet excellent travail resta inédit, et

ne contribua q u e très peu à l'avancement de la géologie dans le Jura

Ce n e fut que quatorze ans a p r è s , q u e les p r e m i è r e s bases furent posées par

M Charbaut, dans son mémoire sur les environs d e Lons-le-Saulnier Ce travail savant, quoique encore très incomplet, renferme des descriptions assez détaillées

s u r les terrains des marnes irisées, du lias, et d e l'oolite inférieure, et donne des

indications générales pour l'étude des étages s u p é r i e u r s , qu'il n e fait fleurer dans une courte description A la m ê m e é p o q u e , M Mérian publia son m é -moire s u r la géologie des environs d e B â l e ; mais, d e môme q u e dans celui de Charbaut, la p a r t i e orographique est très défectueuse; s'appuyant entièrement sur

qu'ef-la fausse théorie de qu'ef-la répétition des formations et d u r e t r a i t des eaux,ces géologues étaient obligés de lui attribuer tous les accidents des couches r e d r e s s é e s , ce qui conduisait à des explications tout à fait inadmissibles Les théories des s o u -lèvements et des dislocations étaient encore d a n s l'enfance ; Cependant tous deux

p r e s s e n t i r e n t et p r é p a r è r e n t les découvertes q u e le savant M T h u r m a n n publia quelques années après, dans son mémoire capital sur les soulèvements j u r a s s i q u e s

du P o r r e n t r u y Ainsi Charbaut, dans son second m é m o i r e sur les t e r r a i n s d e la chaîne j u r a s s i q u e , dit (page 204) : « N e serait-il pas possible q u e dans ces localités,

» comme dans u n grand n o m b r e d e celles q u e j ' a i visitées, les terrains à g r y

» phites perçassent le sol o o l i t i q u e , au lieu d e reposer (ainsi qu'ils peuvent s o u

-» vent le faire croire) sur ces d e r n i e r s terrains?-»

M Mérian, dans u n e excellente coupe du Jura bâlois et soleurois, reconnaît

u n e série d e p h é n o m è n e s complétement identiques aux résultats qu'a obtenus

M T h u r m a n n p a r sa théorie, et qui renferme, suivant ce d e r n i e r savant,« la vraie

» solution du p r o b l è m e des soulèvements j u r a s s i q u e s (1) »

M Élie d e B e a u m o n t , dans son beau mémoire s u r les t e r r a i n s secondaires d u

(1) Voir Essais sur les soulèvements jurassiques, par Jules Thurmann, page 2

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système des Vosges, décrit plusieurs localités de la lisière n o r d ouest du J u r a ,

et établit le synchronisme des t e r r a i n s k e u p é r i e n et liasique de la F r a n c h e Comté avec ceux de la L o r r a i n e et de l'Alsace Enfin, au commencement de 1 8 3 1 ,

-p a r u t la notice de M Thirria sur le terrain j u r a s s i q u e du d é -p a r t e m e n t de la

H a u t e - S a ô n e , travail qui présentait l'étude la plus détaillée qui eût été d o n n é e jusqu'alors sur ce sujet Les divisions établies p a r M Thirria o n t é t é p r e s q u e toutes adoptées, parce qu'elles sont basées sur la distribution des corps organisés, seul guide sur lequel on puisse s'appuyer avec sûreté dans l ' é t u d e des terrains sédimentaires Ce m é m o i r e i m p r i m a u n e nouvelle direction aux r e c h e r c h e s géolo-giques, et jeta un grand j o u r sur le t e r r a i n j u r a s s i q u e du continent, q u i , jusqu'à

ce m o m e n t , était d e m e u r é très imparfaitement connu Deux ans a p r è s , ce savant géologue compléta ses r e c h e r c h e s sur la Haute-Saône, en publiant la statistique géologique et minéralogique de ce d é p a r t e m e n t

Mais le mémoire qui fit faire le plus grand pas à la géologie du J u r a , et qui doit être regardé comme l ' u n e des p r e m i è r e s productions géologiques de notre époque,

est le travail si r e m a r q u a b l e p u b l i é par M Jules T h u r m a n n et intitulé : Essais sur

les soulèvements jurassiques du Porrentruy Ce mémoire, qui date de 1 8 3 2 , renferme

la solution de l'un des problèmes les plus difficiles qu'on puisse r é s o u d r e en géologie Après avoir donné, dans la p r e m i è r e p a r t i e , u n e excellente description géognostique des terrains j u r a s s i q u e s du J u r a b e r n o i s , il p r é s e n t e , dans la se-conde, sa belle théorie orographique des dislocations Classer et soumettre à des lois mathématiques chaque accident de dislocation, p r é v o i r , à l'aspect d ' u n e chaîne, les terrains q u i s'y trouvent; tels sont, en deux mots, les lois découvertes par le savant géologue de P o r r e n t r u y Quelques a n n é e s a p r è s , M T h u r m a n n publia

la carte géologique de l'ancien évêché de Bâle, et compléta l'orographie de cette

p a r t i e du J u r a suisse Toutes les observations qui ont été faites d e p u i s , par les géologues qui ont étudié le J u r a , ont seulement apporté de nouvelles preuves en faveur d é ces lois, et il est p r o b a b l e qu'elles sont générales, sauf q u e l q u e s modifi -cations dues à des accidents l o c a u x , provenant d e failles, ou de d é n u d a t i o n s p r o -duites p a r les eaux

L'apparition des mémoires de M T h u r m a n n fixa l'attention d'un grand n o m b r e

de géologues, qui p u b l i è r e n t successivement plusieurs notices s u r différentes parties du J u r a P a r m i les plus r e m a r q u a b l e s , j e citerai celles : de M de Mont-

m o l i n , qui décrivit le p r e m i e r la formation néocomienne sous le nom de J u r a

-c r é t a -c é , et qui publia q u e l q u e s années après la -carte géologique du -canton de

N e u c h â t e l ; de M T h i r r i a sur le terrain crétacé d e la F r a n c h e - C o m t é , noie dans laquelle il décrit avec beaucoup de détails la couche de limonite du calcaire

j a u n e néocomien; de M Nicolet, qui donna u n e excellente description des vallées tertiaires et néocomiennes de la Chaux de-Fond et du L o c l e ; de M Renaud-Comte sur les vallées d'érosion dans le d é p a r t e m e n t du Doubs E n f i n , M Itier vient de donner, en 1 8 4 1 , un très bon mémoire sur la formation néocomienne dans le dé-

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p a r t e m e n t de l'Ain ; et M Alphonse Favre a p u b l i é , en 1 8 4 3 , un mémoire très détaillé et du plus haut intérêt sur le mont Salève et les environs de Genève Plusieurs autres géologues, tels q u e MM Voltz, Rengger, Hugi, Gaillardoz,

F r o m h e r z , P a r a n d i e r , Mousson, Renoir, Le Blanc, Sauvannau, Roux, Boyé, Lardy, e t c , c o n t r i b u è r e n t , soit p a r des publications très intéressantes, soit par des communications, à faire connaỵtre la constitution géologique des Monts-Jura

La fondation de la Société d'histoire n a t u r e l l e de N e u c h â t e l , en 1 8 3 2 , la réunion extraordinaire de la Société géologique de F r a n c e à P o r r e n t r u y , le congrès scien-tifique de F r a n c e tenu à Besançon, les réunions de la Société helvétique des sciences n a t u r e l l e s , et les deux assemblées d e la Société géologique des Monts-

J u r a à Neuchâtel et à Besançon, ont eu les plus h e u r e u x r é s u l t a t s , et ont donné

u n e grande extension aux études géologiques faites sur le J u r a

Mais si d ' u n e part les travaux de M T h u r m a n n avaient fait faire un pas i m m e n s e

à l'orographie j u r a s s i q u e , de l'autre la géognosie laissait encore beaucoup à désirer

On en était r e s t é , à très peu de chose p r è s , au mémoire de M T h i r r i a , lorsque

pa-r u pa-r e n t en 1 8 3 8 - 4 0 - 4 1 , dans les Mémoipa-res de la Société helvétique, les Obsepa-rvations

géologiques sur le Jura soleurois, par M Gressly de Lauffen Ce beau travail est u n e

desproductions géologiques les p l u s é m i n e n t e s qui aient p a r u en Suisse depuis dix ans, et doit être r e g a r d é comme l'un des p r e m i e r s mémoires géognostiques et pa-léontologiques qui aient été écrits sur les t e r r a i n s sédimentaires Beaucoup' trop ignoré, le mémoire de M Gressly est l'œuvre d ' u n géologue, aussi savant q u e consciencieux, qui y a consacré e n t i è r e m e n t plusieurs années successives de courses et de r e c h e r c h e s , souvent t r è s difficiles, et q u i n ' a rien négligé pour en faire un travail aussi complet qu'on p e u t le désirer de la part d'un géologue de son mérite et de son talent

Les principaux résultats auxquels a été conduit M Gressly sont : que les assises présentent des différences bien m a r q u é e s dans leurs caractères p é t r o g r a p h i q u e s , géognostiques et paléontologiques, non seulement dans le sens vertical, mais aussi dans le sens horizontal, suivant q u e ces assises sont l i t t o r a l e s , sub-pélagiques ou pélagiques ; d'ó il est conduit à rétablir les rivages, les bas-fonds, la profondeur des eaux, et à tracer les changements q u e le fond de la mer a subis aux différentes époques, dans l'Océan j u r a s s i q u e Ces savantes conclusions, appuyées sur un grand n o m b r e d'observations; ouvrent u n e voie i m m e n s e aux recherches des géo-logues et promettent la solution prochaine d ' u n g r a n d n o m b r e de faits j u s q u ' à

p r é s e n t inexpliqués

Ces admirables observations ne sont pas les seules dont M Gressly ait enrichi

la géologie du J u r a ; collaborateur de M.Agassiz, il a beaucoup contribué aux p u blications d e ce savant paléontologiste, en lui c o m m u n i q u a n t un g r a n d n o m b r e d'espèces nouvelles, décrites et classées par lui

-Les travaux de M Agassiz ont fait faire aussi un grand pas aux études

géolo-giques du J u r a ; ses publications intitulées : Echinodermes fossiles de la Suisse ;

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Etu-des critiques sur les mollusques fossiles du Jura et de la craie ; sa Monographie Etu-des Echinodermes, celle des Poissons fossiles, etc., ont jeté une vive l u m i è r e sur les

phénomènes biologiques et s u r la distribution des êtres organisés dans les mers jurassiques et néocomiennes P l u s i e u r s autres paléontologistes très distingués, tels

q u e MM Alex Brongniart, Vollz, Bronn,Goldfuss, de Munster, Zietén, de Buch, e t c , ont p u b l i é u n grand n o m b r e de fossiles d u J u r a , qu'ils avaient recueillis eux-

m ê m e s , ou qui leur ont été c o m m u n i q u é s par MM T h u r m a n n , Thirria, P a r a n d i e r , d'Udressier, Mérian, Hugi, etc Mais un g r a n d n o m b r e d'espèces sont encore iné-dites et seront publiées dans les ouvrages paléontologiques du savant M Alcide d'Orbigny Les géologues du J u r a , aujourd'hui en assez g r a n d n o m b r e , possèdent tous de superbes collections de fossiles, qu'ils c o m m u n i q u e n t avec le plus grand désintéressement à tous les paléontologistes qui p u b l i e n t des monographies Ces géologues sont, o u t r e ceux q u e nous avons cités p r é c é d e m m e n t , MM G e r m a i n ,

dé S a l i n s ; B e r n a r d , de Nantua ; Pidancet, Lory, Vivier et Delesse, de Besançon ; Dubois, de Gray ;Carteron et Choppart, de Morteau; Faivre, de B e l h e r b e ; Jomini,

d e P a y e r n e ; B e u q u e , de P o n t a r l i e r ; Louis Coulon, F r é d é r i c Dubois d e

Montpé-r e u x , G i Montpé-r a Montpé-r d , e t Guyot, de Neuchâtel; Boux et Pictet, de Genève, etc

Ainsi, les travaux de MM T h i r r i a , T h u r m a n n , Agassiz et Gressly ont porté leurs fruits Un grand n o m b r e de points inexplorés sont défrichés par des géologues q u i habitent sur les lieux; espérons q u e , dans peu de temps, un travail général, fondé sur les bases posées par ces savants, r é u n i r a en un seul faisceau les observations particulières de c h a c u n , et présentera la description complète des belles chaînes qui composent les Monts-Jura C'est vers ce b u t d ' u n i t é q u e t e n d e n t tous mes efforts; h e u r e u x si j e puis y c o n t r i b u e r , en p u b l i a n t mes r e c h e r c h e s sur la partie

de ces montagnes que j ' h a b i t e

Il me r e s t e encore à offrir l'expression de ma sincère reconnaissance à plusieurs géologues qui m'ont guidé et aidé dans mon t r a v a i l , en me confiant leurs remar-

q u e s , et en mettant l e u r s collections à ma disposition Je dois des r e m e r c î m e n t s tout particuliers à mon ami et maître,M T h u r m a n n , dont les conseils et les com-munications m ' o n t été du plus grand s e c o u r s , et qui a d é t e r m i n é u n e g r a n d e partie de mes fossiles; à M le docteur Germain, dont les nombreuses explorations dans le J u r a et la belle collection m'ont beaucoup aidé dans mon t r a v a i l , et qui le premier m'a guidé dans mes courses géologiques ; à mon ami, M P i d a n c e t , qui m'a c o m m u n i q u é ses observations sur les environs de B e s a n ç o n , et qui a ex-ploré avec moi u n e p a r t i e de n o t r e J u r a ; à M le vicomte d ' A r c h i a c , qui a eu l'extrême obligeance de corriger mon texte et de me donner d'excellents conseils

p o u r la rédaction e l l e s mémoires à c o n s u l t e r ; enfin à MM Agassiz, Desor et Alcide d'Orbigny, p o u r la détermination ou la révision des fossiles que j ' a i r e -cueillis Puissent ces savants n e pas trouver ce travail indigne d e la protection qu'ils ont accordée à son a u t e u r ! e t , en le l e u r dédiant, j ' a c c o m p l i s un devoir de reconnaissance et de r e s p e c t , que tous les géologues sauront apprécier

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Le J u r a salinois est composé de chaỵnes d e montagnes, de vastes p l a t e a u x , et

d ' u n e partie d e la plaine d e la Bresse Ces différentes régions sont formées sivement de terrains sédimentaires (1) appartenant aux époques t r i a s i q u e , j u -

exclu-r a s s i q u e , cexclu-rétacée et molassique Le keupeexclu-r est le seul exclu-r e p exclu-r é s e n t a n t des t e exclu-r exclu-r a i n s triasiques; le terrain néocomien et le grès vert représentent l'époque crétacée, et les alluvions d e la Bresse sont synchroniques d e la période molassique

Tous ces t e r r a i n s sont très développés, et p r é s e n t e n t des études aussi i n t é r e s santes q u ' u t i l e s P l a c é à p e u près à égale distance des rivages des ỵles formées p a r

-le Schwarzwald et -les Vosges, -le J u r a salinois se trouve sur la bissectrice de gle formé p a r l e golfe a l s a t i q u e , et doit p a r conséquent offrir le plus h a u t intérêt, sous les rapports pétrographiques et paléontologiques Quoique assez éloigné des

l'an-c ơ t e s , il p r é s e n t e dans plusieurs d e ses parties des assol'an-ciations de fossiles

in-d i q u a n t in-des points l i t t o r a u x , ou plutơt in-des bas-fonin-ds; et comme tout tenin-d à prouver q u e les m e r s j u r a s s i q u e s étaient beaucoup moins profondes q u e celles qui sont actuellement à la surface d u g l o b e , il n'est pas étonnant de r e n -contrer des faciès (2) l i t t o r a u x , dans des localités assez éloignées des bords d e la mer

Je divise mon travail en trois p a r t i e s Les deux p r e m i è r e s , qui sont celles q u e

j e publie a c t u e l l e m e n t , c o m p r e n n e n t , l'une les descriptions géognostiques, pétrographiques et paléontologiques du keuper et du terrain j u r a s s i q u e , dont les différents étages constituent e n t i è r e m e n t la charpente d e nos montagnes et dont les dislocations datent de la m ê m e époque, et l ' a u t r e , la description du terrain néocomien, dont le dépơt s'est effectué p e n d a n t q u e les chaỵnes jurassiques étaient

en voie d'élévation J'ai fait une partie distincte du terrain néocomien, à cause de l'âge et surtout d u mode de dépơt et d e la distribution géographique de ce terrain, qui, bien qu'il se soit déposé p e n d a n t q u e les chaỵnes du J u r a s'élevaient (surtout dans les parties méridionales), n'en est pas moins postérieur à la dislocation q u i

a donné au J u r a son relief principal Aussi n e le rencontre-t-on q u e dans les vallées longitudinales e t sur les flancs du bassin suisse, souvent, il est vrai, à u n e assez g r a n d e h a u t e u r , comme aux R o u s s e s , à Lavatay, au Châlet de la Dơle, et

m ê m e au piton sud d e la Dơle en e n t i e r , ainsi q u e v i e n n e n t d e le constater m e s amis MM Lory et Pidancet ; mais jamais on n e le trouve sur u n e ligne d e crêtes

d e montagnes suivant l ' u n e des chaỵnes

(1) La forêt de la Serre, située à deux lieues N -E de Dơle, est une exception ; c'est le seul point ó

le granite soit à découvert Cette localité est du plus haut intérêt, et mérite une description culière qui, je pense, ne se fera pas longtemps attendre

parti-(2) Dans tout le cours de ce Mémoire, le mot faciès est pris dans le sens que lui donne M Gressly (voir Observations géologiques sur le Jura soleurois, pag, 11 et suivantes)

I N T R O D U C T I O N

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La troisième partie renfermera la description des différents terrains de t r a n s port et l'orographie des chaînes du Jura salinois J'ai préféré finir par l'orographie, parce q u e les périodes c r é t a c é e , molassique et diluvienne ayant beaucoup in-flué sur les accidents secondaires de dislocation, il est plus logique d e traiter complétement cette question que de la couper en d e u x p a r t i e s ; d'ailleurs, le Jura,

-s u r t o u t la portion compri-se e n t r e Neuchâtel et la perte du R h ô n e , a continué de s'élever p e n d a n t toute l'époque crétacée et molassique ; p a r conséquent les diffé-rentes chaînes n'ont eu leur orographie actuelle qu'à la fin de ces deux époques Cette d e r n i è r e partie sera accompagnée d ' u n grand n o m b r e d e vues et de cou-pes géologiques, qui embrasseront tous les accidents d e dislocation J'y d o n n e r a i aussi la carte géologique détaillée par couches du bassin crétacé de Nozeroy,

p o u r servir de guide aux géologues qui voudront étudier ce terrain ; et c'est par la môme raison q u e je p r é s e n t e , avec ces deux p r e m i è r e s parties, la carte des envi-rons de Salins

Le système d e description que j ' e m p l o i e est le m ê m e q u e celui de M T h u r m a n n , sauf quelques modifications apportées p a r la différence des localités décrites et par les progrès de la science M Gressly ayant aussi adopté le m ê m e plan, qui est

celui i n d i q u é par le savant M Alex Brongniart dans son Traité des Roches, il en

résulte que l'on aura trois d e s c r i p t i o n s , embrassant u n e assez grande p a r t i e des chaînes du J u r a , faites d'après le m ê m e m o d e , et offrant par conséquent

u n e grande facilité p o u r les études comparatives de ces différentes régions Ce seul

b u t m'aurait suffi pour m e décider à adopter ce plan descriptif, si déjà je n'avais reconnu q u e c'était le meilleur q u e l'on p û t employer pour, les terrains de

n o t r e J u r a

Ainsi, tel est l'ordre de description q u e j ' a d o p t e : Je divise les roches p a r t e r rains, par étages, par groupes et s o u s - g r o u p e s ; chacune de ces divisions sera d'abord r i g o u r e u s e m e n t limitée au moyen de la paléontologie, de la pétrographie

-et de la géognosie; puis viennent une distribution géographique r a p i d e de l'étage -et les caractères généraux qui constituent la caractéristique du groupe Je donne u n e synonymie divisée en deux p a r t i e s ; la p r e m i è r e , qui est celle d e s terrains des diffé-

r e n t e s contrées de l'Europe, est assez i n c o m p l è t e , surtout relativement à

l'Angle-t e r r e q u e j e n'ai pas encore visil'Angle-tée, el'Angle-t ne p o u r r a êl'Angle-tre véril'Angle-tablemenl'Angle-t s û r e q u e lorsque des géologues auront p u b l i é des monographies d'un m ê m e terrain p o u r toute l ' E u -rope, imitant en cela les paléontologistes qui ont reconnu depuis longtemps l'uti-lité des monographies générales La seconde partie établit le synchronisme e n t r e les différentes divisions et, faciès décrits par les géologues qui ont p u b l i é leurs recherches sur les Monts-Jura; ce synchronisme p e u t être regardé comme b e a u -coup plus exact q u e celui qui a é t é établi pour les contrées é t r a n g è r e s , car,

j ' a i p u saisir presque tous les passages des couches, en étudiant et visitant la plus grande p a r t i e des localités décrites par mes devanciers

Une description p é t r o g r a p h i q u e et géognostique, r e n f e r m a n t la s t r u c t u r e , la

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cassure, les c o u l e u r s , le ciment, la composition minéralogique de nos roches, leur stratification et leur p u i s s a n c e , suivra i m m é d i a t e m e n t la synonymie La paléon-tologie sera ensuite traitée avec le plus grand détail ; j e m'appesantirai s u r t o u t s u r l'association des fossiles, sur leur état de conservation, d'accroissement et sur leur position, Je n e citerai dans ces descriptions q u e les genres et q u e l q u e s e s -pèces caractéristiques, me réservant de donner, à la fin de chaque étage, le tableau général de toutes les espèces, avec l'indication des couches et des localités d'ó elles proviennent

Ayant reconnu la très g r a n d e utilité des coupes, j e donne à la fin de c h a q u e étage u n e coupe-type prise dans les environs d e Salins, et j ' e n g a g e tous les géolo-gues qui voudront étudier cette partie du J u r a à commencer les explorations par ces coupes, ce qui facilitera b e a u c o u p leurs recherches Enfin, j e termine chaque étage par une r a p i d e description technologique des minéraux et des roches q u i y sont contenus,

Terrain triasique

Keuper, Limites, divisions et caractères généraux du Jura-keupérien.—Le t e r r a i n l e plus an-

cien qui affleure dans le J u r a salinois est le trias r e p r é s e n t é par le keuper Les deux autres m e m b r e s de ce terrain, qui sont le muschelkalk et le bunter-sandstein ne se

montrent à découvert q u e sur le littoral des Vosges et de la F o r ê t N o i r e , ó ils ont été décrits par MM d'Alberti, T h i r r i a , Mérian, Gressly et Quenstedt

Le muschelkalk, composé exclusivement de calcaire compacte et dolomitique, est subordonné aux bancs de sel gemme et aux m a r n e s salifères qui commencent

le keuper Quoique le passage du keuper au muschelkalk ne puisse pas s'observer dans le J u r a s a l i n o i s , il est p r o b a b l e qu'il s'opère de la même m a n i è r e q u e clans les environs de Bâle et dans la Haute-Saơne Ainsi, j e considère comme formant la limite inférieure et a p p a r t e n a n t au k e u p e r les sels gemmes (1), q u e l'on r e n c o n t r e sur toute la lisière occidentale du J u r a

Un immense développement d e m a r n e s , de gypses, de sels g e m m e s , d e mies et de grès, forme en entier le J u r a - k e u p é r i e n , et p r é s e n t e dans l ' o r d r e de superposition d e ces différentes substances des divisions constantes et bien d i s -

dolo-(1) En conservant les sels gemmes et toutes les couches formant mon étage inférieur dans le

keuper, je suis la classification de M d'Alberti, qui fait commencer le muschelkalk à la dolomie et

au calcaire celluleux avec Pemphix Sueurii et Fucus Hehlii, laissant le lettenkohle et son bed, qui n'est autre que mon étage inférieur, dans le keuper M Quenstedt, en s'appuyant sur des considérations d'une très grande valeur ( voir das Flozgebirge Würtembergs, pag 46 et suivantes),

bone-classe, au contraire, le lettenkohle dans le muschelkalk Ayant eu le bonheur de pouvoir discuter

et étudier ce terrain avec ces deux savants, je me suis arrêté à l'opinion de M d'Alberti, comme convenant et s'appliquant, beaucoup plus généralement, à toutes les localités de la France et de l'Allemagne qui environnent le Schwarzwald et les Vosges

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tinctes les unes des a u t r e s L'absence p r e s q u e complète de fossiles en rend

l'étude t r è s difficile et surtout très a r i d e , et prive le géologue d'un grand secours

pour établir ses divisions en groupes et sous-groupes La pétrographie et la

géo-gnosie étant les seuls guides sur lesquels on puisse s'appuyer, j e me suis appliqué

avec le plus grand soin à étudier tous les accidents minéralogiques et

géognostiq u e s , n'en négligeant aucun et classant les différentes assises d'après cea c a r a c

-tères; j e suis ainsi parvenu à des résultats généraux, q u e j ' a i vérifiés dans tout le

J u r a salinois et bisontin J'ai souvent éprouvé de très grandes difficultés pour

classer certains affleurements isolés; car on sait combien les accidents m i n é r a l o

-giques et géognostiques sont variables et c h a n g e n t suivant q u e les localités étaient

des basfonds, ou se trouvaient dans le voisinage de sources minérales, ou bien e n

core exposées à des courants, e t c , phénomènes qui a p p o r t e n t les plus grandes m o

-difications dans u n e m ê m e série d'assises horizontales Lorsqu'on n'a pas à sa

disposition un ensemble d'organisme caractéristique d e c h a q u e groupe, on conçoit

q u e les difficultés doivent surgir à chaque pas Je crois cependant avoir réussi

dans mes recherches, et, en p r é s e n t a n t les faits dans l ' o r d r e ó j e les ai étudiés et

classés, j'offre aux géologues une étude des plus consciencieuses qui aient été faites

sur ce t e r r a i n Ainsi, quoique lé J u r a keupérien ait été déjà décrit p a r plusieurs

géologues distingués, on p e u t regarder mon travail comme u n e étude tout à fait

nouvelle, s'éloignant de tout ce qui a été écrit sur celte partie du J u r a

Le k e u p e r se divise en trois étages très distincts et très bien caractérisés par

leurs caractères pétrographiques Les caractères généraux sont, p o u r l'étage

in-férieur, un grand développement de sel g e m m e , de m a r n e s salifères, de gypses

rouges et blancs en cristaux rhombọdaux, des argiles plastiques, de la houille et

des gypses gris-noirâtre, mais sans gypses blancs s a c c h a r o ï d e s ; l'étage moyen

renferme u n e grande masse de m a r n e s gypseuses, couleur liedevin, de n o m

-breux bancs d e gypse blanc saccharọde et de d o l o m i e , sans sel ni h o u i l l e ,

et un très petit n o m b r e de cristaux d e sulfate de c h a u x ; de sorte q u e les

étages inférieur et moyen ont des caractères t r o p différents pour pouvoir être

confondus E n f i n , l'étage supérieur est caractérisé p a r u n e absence complète

de gypse et de sel gemme Les roches qui dominent dans cet étage sont des

m a r n e s argileuses, irisées, p a r b a n d e s parallèles, des grès, des schistes marneux'

a r d o i s i e r s , des macignos et des quadersandsteins De sorte q u e j e c o m p r e n d s

dans l'étage supérieur du keuper les quadersandsteins q u e les géologues français

placent dans le lias, et j ' a i ainsi, p o u r limite s u p é r i e u r e du keuper, le calcaire à

Gryphites J'expliquerai plus loin quels sont les faits qui m ' o n t conduit à faire

cette séparation

D'après les observations p r é c é d e n t e s , on voit que les trois étages du J u r a k e u

-périen présentent des caractères qui p e r m e t t e n t d e les distinguer au p r e m i e r

abord S'il est facile de faire immédiatement cette distinction, on éprouve d'assez

grandes difficultés à faire celui des g r o u p e s , et l'on n ' y parvient souvent q u e par

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u n e étude très minutieuse Comme celte division en groupes n'a pas encore été établie et q u e les différents étages n'avaient pas été classés dans leur véritable position, j e ne donne q u e la synonymie pour la formation entière

Angleterre : Red-Marl et Warwick-Sandslone, ou Saliferous Marls and Sandstone

Allemagne : Keuper ou Bunler Mergel et Leltenkohle D'Alberti

France : Marnes irisées ou formation keupérienne

Canton de Bâle : Bunter Mergel (en partie) Mérian

— Argovie : Keuper Mergel Rengger

— Soleure : Terrain keupérien et grès infra-liasique Gressly

— Berne : Terrain keupérien Thurmann

Département de la Haute-Saơne : Terrain keupérien et premier étage liasique Thirria

— du Jura : Formation du calcaire à Gryphiles, moins le calcaire à Gryphées

arquées Charbaut

Distribution géographique — Le k e u p e r est très r é p a n d u dans toute la partie

occidentale des Monts-Jura ; mais c'est dans le J u r a salinois qu'il présente le plus beau développement et qu'on peut l'observer s u r la plus grande é t e n d u e Placé dans le fond des cirques liasiques, il affleure s u r un très petit espace

et le plus souvent il est recouvert p a r les éboulis des escarpements ques qui l'entourent Aussi, est-il bien difficile d e pouvoir l'étudier dans la plus grande partie des M o n t s - J u r a , et ce n'est q u e dans q u e l q u e s l o c a l i t é s , ó les terrains environnants ont éprouvé des dénudations très considérables, q u e l'on peut

ooliti-en suivre les différooliti-entes assises Ces localités exceptionnelles se r e n c o n t r e n t sur le contour des ỵles berzyniennes et vosgiennes, et dans la Bourgogne qui avoisine

le Morvan C e p e n d a n t , c'est encore au pied de la falaise j u r a s s i q u e q u i b o r dait le grand lac tertiaire d e la Bresse, q u e l'on peut le mieux observer le k e u p e r S'étendant sans interruption depuis le pied d u mont P o u p e t , p r è s de Salins, j u s -qu'à Montmorot, p r è s d e Lons-le-Saunier, il se développe ainsi s u r u n e longueur de

-50 kilomètres, en suivant tous les contours et toutes les anfractuosités d é la laise et en affleurant encore, souvent à u n e g r a n d e h a u t e u r , dans les cluses qui unissent cette p r e m i è r e falaise à la seconde On le r e n c o n t r e aussi dans les vallées liaso-keupériennes de la partie du J u r a salinois q u i n'a pas été rasée par les eaux Mais les localités les plus exceptionnelles et celles q u i méritent le plus d'attirer l'attention des géologues sont les environs de Salins, ó le keuper p r é -sente son plus grand développement et offre les plus belles séries De nombreuses carrières à ciel ouvert, p o u r l'exploitation des gypses, p e r m e t t e n t d'étudier les plus petits accidents des couches, et offrent d e nombreuses coupes, faciles à é t u -dier Aussi est-ce dans les environs d e Salins q u e j ' a i pris mes coupes-types pour ce t e r r a i n

fa-Étage inférieur ou salifère

Caractères généraux — Dans l e b a s les marnes salifères alternent avec les

bancs de sels gemmes et quelques minces couches de d o l o m i e s , les marnes d o

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-m i n a n t : dans le h a u t sont des gypses g r i s - n o i r â t r e , r o u g e - p o u r p r e , c o -m p a c t e s , fibreux, ou bien en cristaux en forme de p a r a l l é l i p i p è d e , des m a r n e s irisées le plus souvent plastiques, de la houille et des grès ferrugineux

Il se subdivise en deux groupes, le p r e m i e r c o m p r e n a n t les sels gemmes et les marnes salifères, et le second s'étendant du premier banc de dolomie j u s q u ' a u deuxième banc de dolomie exclusivement

Description pétrographique et géognostique — Ce g r o u p e , très difficile à é t u d i e r ,

ne se m o n t r e à découvert q u e dans u n e seule localité du J u r a o c c i d e n t a l , à

Laffenel, au pied sud d u m o n t P o u p e t , près de Salins La végétation le recouvre e n

-t i è r e m e n -t , mais un pui-ts foncé en ce-t endroi-t p o u r la r e c h e r c h e d u gypse m'a permis d'en suivre les couches Les m a r n e s , d'abord gypseuses dans la partie s u p é -

r i e u r e , deviennent d e plus en plus homogènes à m e s u r e q u e l'on d e s c e n d ; elles passent successivement de la couleur rouge lie-de-vin au gris-veiné, au b r u n , et enfin deviennent noirâtres Le degré d e salure allant toujours en a u g m e n t a n t , et les veines gypseuses devenant d e plus en plus r a r e s , le d i r e c t e u r de l ' e x p l o i t a t i o n , trompé dans son attente de trouver du gypse b l a n c , arrêta les travaux à 18 mètres de p r o f o n d e u r , au moment p e u t - ê t r e ó quelques coups de pioche d e plus allaient découvrir le p r e m i e r banc d e sel gemme Dans ce t r a v a i l , on perça deux petites couches de 0m, 2 0 de calcaires d o l o m i t i q u e s , ressemblant

b e a u c o u p , p a r leur éclat et leur c a s s u r e , aux bancs que l'on r e n c o n t r e dans le calcaire conchylien

Dans toutes les autres localités ó l'on a atteint le sel gemme, soit au moyen de sondages, soit par des p u i t s , on a eu à traverser le deuxième groupe de cet étage,

et m ê m e souvent les points ont été si mal choisis, que plusieurs de ces puits ont traversé en entier le terrain k e u p é r i e n Le p u i t s foncé à Grozon, situé à 5 kilomètres

au sud-ouest d'Arbois, a été placé au milieu du village, à 10 mètres de profondeur dans le second g r o u p e ; aussi, m a l g r é u n e g r a n d e quantité d e déblais provenant d'incendies qui recouvrent le sol, le sel gemme a-t-il été atteint à 86 mètres de profondeur La p r e m i è r e couche d e sel a u n e puissance de 7m, 7 0 ; la roche est de couleur gris-blanc, veiné de b r u n , à texture sub-fibreuse, quelquefois compacte, et à cassure raboteuse Au-dessous se trouvent des m a r n e s salifères, schisteuses, n o i r â t r e s , veinées de gypse fibreux, blanc et rouge, et sillonnées par une mince assise de sel gemme Les travaux ont été arrêtés dans ces marnes, à u n e profondeur de 3 m è t r e s

Ces deux puits de Grozon et de Laffenet sont les s e u l s p o i n t s ó j ' a i e p u étudier

le p r e m i e r groupe de l'étage inférieur; car dans les autres localités le sel gemme

a été atteint au moyen de sondages, et l'on sait dans quel mauvais état de

conser-Premier groupe Sels gemmes

Marnes salifères

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vation se trouvent les matières ramenées p a r la sonde Aussi j e n e m e sers du résultat d e ces sondages q u e comme d ' u n moyen d e vérification

Les anciennes salines royales de Salins et d e M o n t m o r o t , alimentées par d e s sources s a l é e s , sortant toutes de l'étage inférieur d u k e u p e r , ont été les p r e -miers points ó l'on ait trouvé le sel gemme dans le J u r a Les premiers sondages, commencés en 1826, dans l'intérieur des salines d e Salins et d'Arc-et-Senans, fu-rent p r o m p t e m e n t abandonnés et n'aboutirent qu'à la perte de la principale source

Q u a t r e ans a p r è s , au mois de j u i l l e t 1 8 3 0 , un nouveau sondage, e n t r e p r i s dans l a saline de Montmorot, atteignit pour la p r e m i è r e fois le sel gemme, à u n e profondeur

de 130 m è t r e s La sonde en perça sept couches entrecoupées d e minces assises marneuses salifères La r o c h e , d'abord grisâtre, devint e n s u i t e b l a n c h e et rose, e t l'on s'arrêta dans le sel gemme rơsâtre, après en avoir traversé 3 3 mètres L e sondage

d e Salins, repris en mars 1 8 3 1 , rencontra le sel gemme à 237 m è t r e s ; on perça huit couches et on s'arrêta sur u n banc d e sel b l a n c et rosé Depuis l o r s , la n o u -velle administration des salines a fait exécuter à cơté des p r e m i e r s plusieurs sondages qui n'ont conduit à aucun résultat q u i n e soit déjà c o n n u Je ne donne pas la succession des couches traversées dans ces différents sondages, parce q u e j'attache t r è s peu d'importance à ces sortes d e séries, faites p a r des hommes complétement étrangers aux p r e m i e r s é l é m e n t s d e la s c i e n c e , et q u e d'ailleurs

je donne des coupes prises dans des carrières à ciel ouvert e t offrant tout le degré d'exactitude possible (1)

Les sources d'eau salée sont assez nombreuses dans le J u r a ; o u t r e celles d e

la saline d e S a l i n s , de Montmorot et d e G r o z o n , on en r e n c o n t r e encore dans

la vallée des Nans-sous-Gardebois, p r è s Champagnole Toutes ces sources,

ex-cepté celle d e la grotte B d u puits à muire d e S a l i n s , sont peu saturées et ne

varient guère q u e d e 2 à 10 d e g r é s ; aussi les a-t-on p r e s q u e toutes abandonnées, depuis q u ' a u moyen d e trous d e sonde on inonde les bancs pour les dissoudre

On r e m a r q u e dans toutes ces sources q u e plus il pleut et plus elles sont salées ; ainsi, à l'étang du Saloir, près M o n t m o r o t , 1 a source o r d i n a i r e m e n t à 7 degrés s'élève à 8 ; et la grotte B d u puits à m u i r e d e S a l i n s , dont la saturation ordinaire est d e 19 degrés, s'élève quelquefois après d e grandes pluies à 2 2 d e -grés Ces sources r e n f e r m e n t u n assez grand n o m b r e d e substances étrangères, qu'elles ont dissoutes p e n d a n t leur traversée ; u n e analyse des différentes sources

de la saline d e Salins y a constaté l'existence des carbonates d e chaux et d e magnésie, des chlorures d e magnésium, d e potassium et d e s o d i u m , des sulfates

de chaux, d e magnésie, d e potasse, d e s o u d e , un peu de fer et enfin d u b r o m u r e

de potassium

Paléontologie — On n'avait pas encore trouvé d e fossiles dans ce g r o u p e ,

(1) M Levallois, ingénieur des mines, qui a dirigé les premiers sondages de Salins et de

Mont-morot, donne la série des couches traversées, dans une Note sur le gisement du sel gemme dans le département du Jura (Annales des mines, 4 série, tome IV)

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lorsque le c r e u s e m e n t d u puits de Grozon amena la découverte d'un petit Pecten ressemblant beaucoup au P paradoxus de Munster, mais p r o b a b l e m e n t d'une espèce

nouvelle; on y découvrit aussi u n e e m p r e i n t e d ' u n e petite Ammonite i n d é t e r m i

-nable de la famille des Ceratites Ces deux fossiles ont été trouvés dans les marnes

schisteuses salifères, placées au-dessous du p r e m i e r b a n c de sel gemme Du

r e s t e , comme ce groupe n'a encore été étudié q u ' a u moyen de trous de sonde et

de deux p u i t s , on n é p e u t rien affirmer sur sa f a u n e ; c e p e n d a n t il est p r o b a b l e que les fossiles y sont en petit n o m b r e q u a n t aux espèces et aux individus ; car les matières qui se déposaient renfermaient beaucoup de substances contraires à

la v i e , ou peu p r o p r e s au développement de l'organisme qui s'était m o n t r é p e n

-d a n t les -deux p r e m i è r e s pério-des t r i a s i q u e s

Comme ce groupe n'a pas été traversé en entier, j e ne peux donner pour sa teur moyenne q u ' u n e puissance p r é s u m é e de 80 m è t r e s

hau-Second groupe

a) Premier banc de dolomie

(6) Cristaux de sulfate de chaux et gypses noirâtre et rouge, (c) Houille, marnes et grès micacés

Le deuxième groupe se subdivise en trois sous-groupes, q u e , p o u r plus d e

c l a r t é , je vais d é c r i r e s é p a r é m e n t

fa) Premier banc de dolomie

Pétrographie et géognosie — Ce b a n c ne se m o n t r e à découvert q u ' à Laffenet,

près S a l i n s , à l'entrée des deux carrières de gypse situées le plus au S u d C'est un calcaire très compacte, à texture s e r r é e , à cassure inégale, de couleur gris de fumée, quelquefois j a u n â t r e La s t r u c t u r e en petit est s u b s c h i s t e u s e , s'enlevant par feuillets minces et se désagrégeant facilement lorsqu'il est exposé à l'action des agents a t m o s p h é r i q u e s La masse du banc est mal stratifiée et ressemble à u n

m u r qui serait formé de petits carreaux d'inégale h a u t e u r De nombreuses veines t r è s minces d e gypse fibreux, b l a n c , se trouvent e n t r e les joints de s t r a t i -fication, s u r t o u t dans la partie s u p é r i e u r e

Paléontologie — Je n'ai pas encore trouvé de fossile dans cette subdivision

— La h a u t e u r est de 4 mètres

(b) Cristaux de sulfate de chaux et gypses noirâtre et rouge

Pétrographie et géognosie — Le p r e m i e r banc de dolomie est s u b o r d o n n é à u n e

masse énorme de gypse m a r n e u x n o i r â t r e , à s t r u c t u r e très variable, et qu'il est assez difficile de décrire dans u n m ê m e e n s e m b l e Cependant les caractères gé-néraux ne changent pas et se retrouvent tous d a n s les diverses localités ó l'on p e u t étudier ce sous-groupe Ces localités sont Laffenet, Praille et Boisset, près d e Salins, les Nans-sous-Gardebois, Pymont et Montmorot, près de Lons-le-Saulnier

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Le faciès général est u n e très grande quantité de cristaux de gypse à éclat nacré sur les grandes faces de clivage, ordinairement i n c o l o r e , quelquefois cependant coloré en rouge ou en rose Les formes de g r o u p e m e n t des cristaux sont tantơt simples à base rhombọdale, disposés par couches superposées et parallèles, ou bien formant des faisceaux qui s'entre-croisent, comme cela arrive dans la variété d e couleur r o u g e - p o u r p r e ; d'autres fois, mais plus r a r e m e n t , deux cristaux sem-blables se juxla-posent en sens contraire et dans u n e position parfaitement symé-

t r i q u e par r a p p o r t au plan de jonction Enfin, on y trouve des polyalithes, s u r tout dans la variété rouge à cristaux fasciculés

-On rencontre aussi assez fréquemment des filons de gypse soyeux ou fibreux, blanc ou rosé, à fibres droites et contournées, ressemblant à un tissu de soie et disposés sous forme de petites veines de 0m,01, qui sillonnent dans tous les sens des marnes irisées ou des couches de gypse compacte

Les autres gypses que l'on r e n c o n t r e dans ce sous-groupe sont compactes, peu homogènes, à cassure t e r r e u s e , d e diverses couleurs, le gris noirâtre et le rouge b r u n dominant ; plusieurs veines sont d'un rouge p o u r p r e et offrent des géodes de gypse à couches concentriques et d e forme ellipsọdale On rencontre quelquefois des bancs de gypse blanc a n h y d r e , mais jamais d e gypse b l a n c

c o m p a c t e , pouvant servir de p i e r r e à p l â t r e Du fer en p l a q u e t t e s , recouvertes

de petits mamelons p i s o l i t i q u e s , ainsi q u e des rognons o c r e u x , se trouvent quelquefois dans cette division Le sel a p r e s q u e entièrement d i s p a r u , et n'est plus représenté q u e p a r q u e l q u e s n i d s , peu é t e n d u s , et le plus souvent r a p i d e -

m e n t dissous p a r les nombreux courants d'eau qui sillonnent les assises de ce groupe

La stratification est t r è s confuse et ;montre u n enchevêtrement continuel des assises de m a r n e s et d e gypses Ces m a r n e s , le p l u s o r d i n a i r e m e n t plastiques et

d e couleur r o u g e - b r u n et b l e u â t r e , sont souvent s u b s c h i s t e u s e s , et forment

c o m m e des feuillets séparés les uns des autres par des veines de gypse rouge, gris ou à ose Mais, à mesure q u e l'on s'élève, la stratification devient plus d i s -tincte et les dernières couches sont des assises régulières de marnes a l t e r n a n t avec des gypses gris Cette irrégularité dans la stratification donne lieu à un p h é -nomène assez singulier p r o d u i t par les e a u x , qui sillonnant ce groupe en tous sens, forment dans différents points des amas de stalactites gypseuses, analogues

à celles des grottes calcaires Ces stalactites de sulfate de chaux peuvent surtout s'observer à Laffenet, ó l'on en rencontre une assez grande q u a n t i t é

Paléontologie — On ne trouve pas de fossiles dans ce sous-groupe — Hauteur

moyenne, 12 mètres

(c) Houille, marnes et grès micacés

Pétrographie et géognosie — Les dernières couches du sous-groupe précédent

sont très noires et commencent à contenir q u e l q u e s traces de houille, qui finissent

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par prédominer et par former un banc qui atteint quelquefois u n m è t r e de p u i s sance Cette houille est Je plus ordinairement t e r r e u s e , très friable, à éclat vitreux; elle devient quelquefois assez c o m p a c t e , et alors elle a une cassure conchọdale plus ou moins prononcée, terne ou luisante On la rencontre aussi à l'état schisteux,

-p a r feuillets -plus ou moins é-pais, et dans ce cas elle devient très terreuse Les dents minéralogiques sont très fréquents dans cette c o u c h e ; ainsi on y rencontre

acci-en abondance des veinules et des nids de fer carbonaté et de l'oxyde d e fer rouge non h y d r a t é , des cristaux de sulfure de fer et de nombreux sillons de sulfate de

c h a u x , assez minces, fibreux, plumiformes et de couleur b l a n c - j a u n â t r e Des rognons pugilaires de calcaire a n h y d r e i m p r é g n é d e b i t u m e se r e n c o n t r e n t aussi assez fréquemment

La stratification est assez r é g u l i è r e ; mais la couche a u n e puissance qui varie beaucoup d'une localité à u n e a u t r e et souvent elle n e se r e n c o n t r e qu'à l'état

r u d i m e n t a i r e : ainsi, à P y m o n t , à Grozon et à M a r n o z , près de Salins, elle varie

de 60 centimètres à 1 m è t r e , quelquefois m ê m e elle s'abaisse j u s q u ' à 30

centi-m è t r e s ; de sorte q u e son exploitation peut offrir encore certains avantages; centi-mais, dans la p l u p a r t des autres points du J u r a salinois ó cette couche affleure, elle

n ' a t t e i n t q u e q u e l q u e s centimètres, et quelquefois même elle n'est représentée q u e

p a r u n e mince assise d e 2 centimètres d e calcaire a n h y d r e imprégné de b i t u m e , comme à Laffenet et à Boisset En g é n é r a l , on r e m a r q u e q u e cette c o u c h e est beaucoup plus puissante à m e s u r e q u e l'on s'approche des rivages vosgiens et herzyniens, et que c'est sur le p o u r t o u r de ces deux falaises qu'elle est le plus continue et le p l u s r é g u l i è r e

Au-dessus de la houille se trouvent des marnes irisées, très p l a s t i q u e s , ayant quelquefois des couleurs très vives et très variées, et d'autres fois u n e couleur m a t e ,

j a u n e et b r u n Dans ces couches de m a r n e s se trouvent plusieurs assises de grès schisteux, verdâtres, m i c a c é s , séparés dans les joints d e stratification par des veinules de gypse f i b r e u x , blanc, p r é s e n t a n t q u e l q u e s géodes gypseuses La der-nière couche de ces grès passe à un macigno m a r n e u x , cimenté par une g r a n d e quantité d'oxyde de fer rouge Enfin, a u - d e s s u s se trouve une assise assez mince

de m a r n e s très b i t u m i n e u s e s , n o i r e s , avec taches rouge-brun ou m a r r o n , qui est s u b o r d o n n é e au second banc de d o l o m i e , lequel commence l'étage moyen Ces assises m a r n e u s e s et ces grès sont très bien stratifiés e t présentent un d é -veloppement de 7 mètres, qui est ainsi la distance qui sépare la houille de l'étage moyen

Paléontologie — Les seuls fossilesque l'on rencontre sont des débris de végétaux,

q u ' i l est encore extrêmement r a r e de trouver dans un bon état de conservation

Je n'ai recueilli q u ' u n e seule e m p r e i n t e reconnaissable du Pecopteris Meriani,

Brong., à G r o z o n , et un débris de bois fossiles a p p a r t e n a n t à la classe des tylédonées Dans le J u r a bâlois, l'Alsace et le W u r t e m b e r g , les fossiles y sont moins r a r e s On y rencontre assez a b o n d a m m e n t , surtout dans le W u r t e m b e r g ,

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Dico-plusieurs espèces d'Equisetmn, de Fougères et de Cycadées, qui se trouvent dans

un grès g r i s - v e r d â t r e (Grauer Sandstein, nach oben plattenfưrmig und glimmerreich

mit Equiseten und Farrenkräutern, des géologues wurtembergeois), ainsi q u e des

débris de poissons et de reptiles, appartenant aux genres Ceratodus, Metopias et

Mastodonsaurus Ces derniers fossiles sont r é p a n d u s dans les couches d ' u n calcaire

m a r n e u x , j a u n â t r e , formant les p r e m i è r e s assises du lettenkohle (1), qui sente en W u r t e m b e r g mon étage inférieur du k e u p e r , dont le développement dans les Monts-Jura et la Lorraine est i m m e n s e p a r r a p p o r t à celui qu'il atteint dans tout le W u r t e m b e r g C'est s u r t o u t dans les environs d e L u d w i g s b u r g , près d e S t u t t g a r d , q u e l'on r e n c o n t r e en a b o n d a n c e , dans le calcaire j a u n e

repré-du l e t t e n k o h l e , ces belles dents des Ceratorepré-dus runcinatus, palmatus, Kurrii,

Gui-lielmi, Kaupii, etc

Ce dépơt de houille k e u p é r i e n n e , provenant d e la décomposition des végétaux entraỵnés par les courants océaniques d e la m e r triasique, i n d i q u e un grand déve-loppement de la végétation dans les ỵles vosgiennes et h e r z y n i e n n e s , et suppose par conséquent u n laps de temps assez long, e n t r e la dislocation du Schwartzwald

et l'époque ó il s'est formé Ce fait p e u t servir d e point de d é p a r t p o u r les recherches relatives à l'âge approximatif d e la période t r i a s i q u e

La flore k e u p é r i e n n e est peu connue et p r é s e n t e encore u n grand n o m b r e d e l a cunes, qui e m p ê c h e n t de pouvoir en d é d u i r e des généralités si nécessaires à l'histoire végétale de notre globe Cependant un fait très r e m a r q u a b l e e t caractéristique du keuper est l'apparition et un grand développement des plantes de la famille des Cycadées, et u n e absence complète de Conifères, qui, c e p e n d a n t , abondent dans les périodes a n t é r i e u r e s , comme dans celles q u i l'ont suivi

-Étage moyen ou gypsifère,

Caractères généraux — A la partie inférieure, on rencontre un second g r a n d

banc de d o l o m i e , des gypses b l a n c s , des marnes gypseuses rouge lie-de-vin et

du gypse a m y g d a l o ï d e , et à la p a r t i e s u p é r i e u r e , u n troisième grand banc d é

d o l o m i e , des gypses blancs et v e i n é s , et des grès

Les deux bancs de dolomie subdivisent cet étage en deux groupes et servent d'horizon géognostique,

Premier groupe

(a) Second banc de dolomie

(b) Marnes gypseuses, rouge lie-de-vin

(c) Gypses blancs compactes et amygdalọdes

(1) Cette couche correspond au Porosekalk, n° 8, de M Levallois Voir Identité des tions qui séparent dans la Lorraine et dans la Souabe le calcaire à gryphites (lias) du muschelkalk par M Levallois (Mém de la Soc géol de France, 1re série, t I I , p 2 3 ) ,

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forma-(a) Second banc de dolomie

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Pétrographie et géognosie — Un calcaire m a r n e u x , b l e u â t r e , s u b - s c h i s t e u x , u n

peu dolomilique, forme le passage e n t r e les assises s u p é r i e u r e s d e l'étage salifèreet

les assises inférieures d e l'étage gypsifère Cette c o u c h e , d'une assez faible p u i s

-s a n c e , pa-s-se immédiatement au calcaire compacte magné-sien, dont le-s a-s-si-se-s,

généralement à découvert, ont été considérées comme formant un horizon

géognos-t i q u e , dans là L o r r a i n e , l'Alsace egéognos-t la F r a n c h e - C o m géognos-t é Je ferai r e m a r q u e r q u e

l'on n e doit pas attacher u n e bien grande confiance à cet horizon ; car ce banc de

dolomie, ne différant pas p é t r o g r a p h i q u e m e n t des autres couches magnésiennes

que l'on rencontre dans le m ê m e t e r r a i n , ne renferme aucun fossile; e t , lorsque

les couches gypseuses placées a u - d e s s u s et au-dessous ne sont pas à d é c o u v e r t , il

p o u r r a i t très bien arriver que l'on prỵt un banc pour u n autre Ainsi, p a r exemple,

à B e u r r e , près Besançon, la couche dolomitique q u e l'on y observe au-dessus des

gypses n'est point la mơme q u e celle q u e l'on trouve à Pymont et à l'entrée des

carrières de Boisset ; elle est p l u s récente de toute l'épaisseur d'un étage

Le second banc de dolomie est formé d ' u n calcaire c o m p a c t e , quelquefois

grenu et sub-cristallin, de couleur gris de fumée ou gris-clair, et j a u n â t r e à

l'extérieur Sa texture est s e r r é e , souvent très fine, et il offre alors des blocs qui p o u r

-raient servir pour la lithographie La cassure est variable, conchọdale, lisse dans

les roches massives, â p r e et raboteuse dans les roches sub-cristallines 11 se brise

p a r morceaux ayant deux faces parallèles, à angles o b t u s , et en esquilles à b o r d s

t r a n c h a n t s P l u s i e u r s couches p r é s e n t e n t des accidents caverneux formés par des

lamelles de carbonate de chaux, assemblées le plus souvent en forme de p a r a l l é

logramme ou de trapèze ; c'est le calcaire caverneux de C h a r b a u t D'autres p r é

-sentent des cellules anguleuses se croisant dans tous les s e n s , formant comme

u n e masse spongieuse, e n d u i t e d'une couche o c r e u s e , couleur r o n g e - b r u n ; c'est

la rauhwacke, ou dolomie foraminée de M Hugi

Les accidents sont assez n o m b r e u x ; on y r e n c o n t r e des couches de couleurs

rosâtres, teintes par de l'oxyde de fer, avec des cristaux spathiques D'autres assises

à texture subcristalline renferment u n e t r è s g r a n d e quantité de petits points de

la grosseur d ' u n e tête d'aiguille, et colorés en noir par du manganèse

La stratification, très régulière dans la masse, offre en petit un grand n o m b r e

d'accidents de fendillement perpendiculaires aux strates Les couches de r a u h

-wacke alternent plusieurs fois avec les assises compactes ; et le calcaire

caver-neux se trouve accidentellement dans plusieurs couches, et surtout entre lesjoints

de stratification de la masse — La h a u t e u r moyenne de ce sous-groupe est de

6 mètres

Paléontologie — Les fossiles m a n q u e n t c o m p l é t e m e n t , et j e n'ai j a m a i s appris

qu'aucun géologue en ẻt trouvé dans ce sous-groupe

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(b) Marnes gypseuses rouges l i e - d e - v i n

Au-dessus de la dolomie se trouve une faible couche de m a r n e s blanches un peu magnésiennes, devenant gypseuses Puis ensuite des assises de gypse g r i s -

b l a n c h â t r e , veiné de rose et de b r u n , à cassure variant du sub-conchọdal au terreux, et à s t r u c t u r e compacte Le gypse devient ensuite marneux et finit par être remplacé par u n e é n o r m e assise de m a r n e s rouges lie-de-vin, maculées de nombreuses taches vertes, à s t r u c t u r e sub-schisteuse, et à texture t e r r e u s e et très friable Cette m a r n e rouge lie-de-vin est sillonnée en tous sens, mais surtout p e r -pendiculairement aux strates, par de minces veines de deux à un c e n t i m è t r e de gypse rose sub-fibreux; et r e n f e r m e , à sa p a r t i e s u p é r i e u r e , de petits rognons de gypse blanchâtre, saccharọde, à cassure mate

La s t r u c t u r e est assez régulière, s u r t o u t dans la partie inférieure, ó se trouvent les gypses — La h a u t e u r moyenne est de 10 m è t r e s

(c) Gypses blancs, compactes et amygdalọdes

Ce groupe est très difficile à caractériser Composé d ' u n e n o m b r e u s e série d'assises successives de m a r n e et d e g y p s e , il varie d'une localité à l ' a u t r e , sans cependant q u ' o n puisse le confondre jamais avec aucun des autres sous-groupes Ses caractères les plus constants s o n t , p o u r les m a r n e s , des assises assez minces variant de 0m, 0 5 à 0m, 3 0 , et a l t e r n a n t continuellement avec les couches de gypse

La s t r u c t u r e ordinaire de ces marnes est t e r r e u s e , souvent fragmentaire; elles sont

i r i s é e s ; le violet y d o m i n e , et quelquefois le b r u n - n o i r â t r e avec des sables de

m ê m e couleur La p l u p a r t de ces assises marneuses renferment du gypse a m y g dalọde, aggloméré ou l i b r e , b l a n c , rose et violâtre, et enveloppé dans les m a r n e s par des veinules de gypse blanc fibreux La dimension des rognons varie de la grosseur du poing à celle d'une noix

-Le gypse qui, jusqu'à présent, ne s'est m o n t r é que dans u n état assez i m p u r , mélangé de m a r n e et d'argile-, apparaỵt par bancs nombreux, variant de 30 centi-mètres à 1 mètre Il est saccharọde, b l a n c , veiné quelquefois de gris, très com-

p a c t e , à cassure m a t e , quelquefois sub-conchọdale On r e n c o n t r e assez souvent dans cette subdivision des bancs de gypse b l a n c , a n h y d r e , très compacte, à c a s -sure écailleuse et raboteuse : ce g y p s e , désigné par les carriers sous le nom de

gypse à feu, est tout à fait i m p r o p r e à la fabrication du p l â t r e

On y r e n c o n t r e assez souvent des assises de 0m, 2 0 d'épaisseur de dolomie neuse, très fragmentaire, de couleur g r i s - c l a i r , puis des assises de grès m a r -

mar-n e u x , g r i s â t r e s , passamar-nt souvemar-nt à l'état de sable et remar-nfermamar-nt des rogmar-nomar-ns calcaréo - gypseux Une couche d e calcaire m a r n e u x , j a u n e , divisé p a r des lamelles de carbonate de chaux, très c o m p a c t e , quelquefois b r é c h i f o r m e , r e s s e m -

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b l a n t entièrement, par sa composition et son faciès, à l'assise avec dents de

Ce-ratodus du lettenhkole de L u d w i g s b u r g , se r e n c o n t r e assez généralement dans le

milieu de cette division

La stratification est r é g u l i è r e , ainsi qu'on peut l'observer dans toutes les c a r rières à ciel ouvert, et elle n e p e r m e t pas d ' a d m e t t r e u n e disposition par amas

-g y p s e u x , comme ont cru le voir la p l u p a r t des -géolo-gues qui ont écrit sur cette partie du J u r a — La puissance moyenne de ce sous-groupe est de 20 mètres

(6) Gypse blanc et grès

(a) Troisième banc de dolomie

Le calcaire m a g n é s i e n , qui forme ce troisième banc, est très compacte, à sure écailleuse; les fragments sont à angles droits ou a i g u s , très t r a n c h a n t s ; la couleur varie du gris de fumée au gris clair La texture très fine est souvent i n t e r -

cas-r o m p u e p a cas-r de nombcas-reuses cellules, impcas-régnées de petits ccas-ristaux de sulfate

de c h a u x , ou de pisolites d e gypse blanc et r o s e , a n h y d r e P l u s i e u r s couches de rauhwacke se trouvent interposées entre les assises, et souvent forment en e n -tier ce b a n c Le carbonate d e m a g n é s i e , très a b o n d a n t , est p r e s q u e en m ê m e pro-portion que le carbonate de chaux La stratification, en petite m a s s e , est assez diffuse et présente un ensemble qui, comme clans le premier banc de dolomie, res-semble à u n m u r de carreaux d'inégale h a u t e u r Les c o u c h e s , assez m i n c e s , ont de 0m, 2 à 0m, 1 0 , et présentent de n o m b r e u x fendillements perpendiculaires aux strates — La h a u t e u r moyenne est de 3 mètres

m a n t de gros rognons de gypse rose très c o m p a c t e , se r e n c o n t r e au milieu de cette division Dans la partie supérieure, on trouve deux assises de grès g r i s , à ciment calcaire ou gypseux, à s t r u c t u r e s c h i s t e u s e , séparées dans les joints de stratifi-cation par des veinules de gypse blanc fibreux

Les strates, très distinctes et très régulières, varient d'épaisseur p o u r les gypses

de 1 à 4 m è t r e s , et pour les grès et les m a r n e s de 20 à 30 centimètres Dans celte subdivision on n e rencontre plus d e gypse a n h y d r e , comme d a n s le p r e m i e r groupe de cet étage De sorte q u e plus on s'élève, plus les gypses deviennent propres à servir pour la fabrication du plâtre et a u g m e n t e n t de puissance La

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d e r n i è r e couche gypseuse qui t e r m i n e le groupe et la série des gypses, atteint quelquefois 6 mètres de p u i s s a n c e , et ne s'abaisse guère au-dessous de 3 m è t r e s

— La h a u t e u r moyenne d u sous-groupe est de 10 mètres

Distribution géographique de l'étage gypsifère.— Le p r e m i e r groupe et surtout le

second banc de dolomie peuvent s'observer p r e s q u e partout ó affleure le k e u p e r

De nombreuses carrières de gypse sont ouvertes dans ce g r o u p e , surtout aux virons de Salins, ó l'on peut en étudier u n e vingtaine, et à P a n n e s i è r e , près de Lons-le-Saunier Le second groupe s'observe plus difficilement; c e p e n d a n t on le rencontre bien développé et offrant des séries très complètes, à Laffenet, Boisset

en-et Chenoz, près de Salins ; à Grozon, près d'Arbois; à Nevy en-et à Courbouzon, près

de Lons-le-Saunier

Paléontologie — J u s q u ' à p r é s e n t on n'a pas encore r e n c o n t r é u n seul fossile

dans les gypses et les m a r n e s gypseuses des deux étages inférieur et moyeu du

J u r a - k e u p é r i e n (1) Cette absence complète de fossiles est la preuve la plus grande que l'on puisse invoquer pour expliquer l'origine des gypses, des sels gemmes et des dolomies En effet, plusieurs géologues ont attribué la formation de ces roches

à des causes plutoniques, produites pendant la dislocation du J u r a , et qui auraient modifié les roches primitives du keuper Mais alors comment se r e n d r e compte de cette absence de fossiles? car on ne p e u t pas a d m e t t r e u n e i n t e r r u p t i o n dans les phénomènes biologiques, qui offrent un très grand développement dans les pé-riodes a n t é r i e u r e et p o s t é r i e u r e , sans l ' a t t r i b u e r à u n e cause destructrice de l ' o r -ganisme et entièrement opposée à son développement ou à son apparition D'ail-leurs on ne p e u t pas supposer que les gaz sulfureux et a u t r e s , qui auraient modifié

et r e n d u gypseuses ou dolomitiques les roches primitives k e u p é r i e n n e s , eussent détruit toutes les traces et m ê m e les empreintes et les moules intérieurs des fos-siles ; car l'on sait que dans les Alpes, ó p r e s q u e toutes les couches ont été m o -difiées et même complétement c h a n g é e s , on rencontre des fossiles à l'état de moule et m ê m e avec leur t e s t ; a i n s i , les localités de la montagne des F i s , de Schratten, du F a u l h o r n , du Buet et du Beposoir en offrent un grand n o m b r e à l'état charbonneux ou sub cristallin

De sorte que l'absence de fossiles, dans u n e localité sub-pélagique comme le

J u r a salinois, ne p e u t être attribuée qu'à l'existence de substances contraires au

(1) Je ne connais encore qu'une seule exception ; ce sont deux échantillons de gypses sâtre, présentant à leurs surfaces trois moules de Trigonies, lisses, sans ornements, et ayant les crochets arqués du cơté buccal, ce qui, comme on le sait, constitue un sous-genre caractéristique du

blanc-gri-trias, et que M Bronn a appelé Myophoria Ce fossile inédit m'a été communiqué par M Kurr,

professeur de géologie à l'École polytechnique de Stuttgard, qui l'a rencontré aux environs de cette

ville, dans le groupe du Gyps und Mergel, des géologues wurtembergeois ; groupe qui correspond à

mon étage moyen Ici encore, le développement de mon étage moyen est bien supérieur à celui du groupe correspondant en Wurtemberg, ó les assises du gypse sont beaucoup moins puissantes, ainsi que celles de dolomie ; ces dernières manquent le plus souvent ou sont rudimentaires, ainsi que j'ai

pu l'observer dans les environs de Tübingen et à Unter-Turkheim, près de Stuttgard

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développement des animaux et des plantes dans la mer k e u p é r i e n n e Or, ce sont précisément ces substances magnésiennes et sulfureuses qui ont contribué à la formation des gypses et des dolomies, et après le dépơt desquels les êtres organisés ont r e p a r u dans l'étage s u p é r i e u r , ó ils offrent u n assez grand développement d'individus

Plusieurs géologues ont cru r e m a r q u e r q u e les gypses étaient par amas, formant des espèces de gibbosités dans le terrain ; je dois avouer que j e n'ai jamais rien

r e n c o n t r é de semblable dans toute les chaỵnes des Monts-Jura, n i dans la Souabe,

ni à Saint-Léger (Saơne-et-Loire) P a r t o u t le gypse est très bien stratifié, p a r ches souvent puissantes et avec les mơmes caractères généraux II est vrai q u e plusieurs assises présentent du gypse amygdalọde, souvent en très gros rognons,

couet q u e l o r s q u e l'exploitation se fait au moyen de puits, il est fort difficile d ' o b server la stratification ; mais il suffit d'avoir vu plusieurs carrières à ciel ouvert

-p o u r constater q u e les gy-pses et les dolomies sont r é g u l i è r e m e n t stratifiés L'uniformité qui règne dans l'ordre de succession des assises gypseuses et dolomitiques serait aussi assez difficile à expliquer au moyen de ces substances gazeuses, qui auraient métamorphosé les assises au moment de la dislocation du

J u r a Ce serait accorder à ces p h é n o m è n e s u n e bien plus g r a n d e régularité q u e celle qui a été observée j u s q u ' à p r é s e n t D'ailleurs comment expliquer ce choix

q u ' a u r a i e n t fait les agents i n t é r i e u r s des couches du k e u p e r , en épargnant les couches j u r a s s i q u e s , q u i , comme on le sait, ont été disloquées en m ê m e temps, et dans lesquelles on ne rencontre ni sel g e m m e , ni g y p s e , et ó il existe à p e i n e quelques couches minces un peu m a g n é s i e n n e s , qui n e se t r o u v e n t pas le p l u s souvent dans les endroits ó il y a eu les plus grandes dislocations

D'après les observations, p r é c é d e n t e s , on voit q u e j e suis loin de partager nion de M Gressly, qui a t t r i b u e les sels, les gypses et les dolomies à des émanations gazeuses, arrivées p e n d a n t les dislocations j u r a s s i q u e s , et qui auraient modifié les roches keupériennes en s'échappant du fond de cratères d'explosion et de soulè-

l'opi-vement ( 1 ) Toutes les observations q u e j ' a i faites m e conduisent à a d m e t t r e :

1 ° q u e les gypses, les sels gemmes et les dolomies sont dus à des sources minérales

très a b o n d a n t e s , sourdant d a n s la m e r k e u p é r i e n n e , p a r suite de dislocations

(1) Je n'admets pas les cratères de soulèvement pour les dislocations du Jura, et sans émettre aucune opinion en ce moment, je crois devoir dire que les dislocations du Jura ont eu lieu lentement

et se sont continuées pendant toutes les périodes crétacée et molassique, surtout dans la partie située

au sud du parallèle qui unirait Neuchâtel à Besançon ; et que ce système de montagne, d'abord plétement indépendant du système des Alpes, a plusieurs de ses chaỵnes, telles que celles du Reculet

com-et du crêt de Chalamme, dont le relief a été sinon complétement déterminé, du moins très augmenté

par la dislocation des Alpes (Voir ma Notice sur les hautes sommités du Jura, comprises entre la Dơle et le Reculet Bull soc géol de France, 2e série, t IV, p 636); mais ceci n'a lieu que pour

la partie tout-à-fait E.-S du Jura Quant aux autres, leur relief forme un système de dislocation tout à fait à part, et qui, je pense, n'a pas agi dans un sens vertical; c'est ce que je démontrerai dans la troisième partie de ce Mémoire

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t r è s faibles, et qui n'ont pas amené de c h a n g e m e n t d e stratification avec les t e r r a i n s antérieurs ; 2° q u e les dépôts se sont formés avec beaucoup de r é g u l a r i t é , et q u e

si l'on observe q u e l q u e s v a r i é t é s , c'est seulement dans les divisions secondaires, par suite des modifications inhérentes à tous les dépôts s é d i m e n t a i r e s , telles q u e les c o u l e u r s , les assises de sables et de grès, etc Mais les groupes principaux et les étages se montrent constamment avec leurs caractères généraux dans toutes les chaînes des Monts-Jura (1)

Étage supérieur

Caractères généraux — Marnes argileuses irisées, devenant quelquefois calcaires

et dolomitiques, de couleur violâtre ou b r u n e ; le vert domine à la partie s u p é

-r i e u -r e ; elles deviennent ensuite schisteuses, noi-res, et sont alo-rs t-rès imp-régnées d'oxyde de fer, puis elles passent à u n e m a r n e sableuse, qui finit par être remplacée

p a r du macigno Des couches de grès et de calcaires sableux se voient entre les couches de m a r n e et finissent par les remplacer entièrement à la partie s u p é r i e u r e Trois groupes partagent cet étage et sont caractérisés : le premier, p a r u n e masse de roches marno-calcaires et m a r n o - a r g i l e u s e s , bigarrées d e couleurs très vives et très v a r i é e s ; le second,_par des schistes a r d o i s i e r s , n o i r s , avec in-terposition de grès et de calcaires ; enfin le troisième comprend les grès g é n é r a -lement connus sous le nom de quadersandstein

Premier groupe : Marnes argileuses et calcaires, irisées, avec couches de dolomie subordonnées

Pétrographie et géognosie Les gypses sont recouverts par u n e é n o r m e série

d'assises de roches marno-calcaires et m a r n o - a r g i l e u s e s , schisteuses ou bien

se divisant en petits fragments dont les dimensions sont sensiblement égales Texture compacte ou pâteuse, le plus souvent à pâle très fine et s e r r é e Cassure lisse dans les variétés marno-calcaires, et t e r r e u s e dans les a u t r e s Les c o u l e u r s , souvent très i n t e n s e s , sont variées et offrent des nuances du plus bel effet, formant des zones rubanées ; celles q u i dominent sont le v i o l â t r e , le

b r u n , le blanc s a l e , le g r i s , le j a u n â t r e et le vert : cette d e r n i è r e couleur a p p a r tient principalement à la partie s u p é r i e u r e

-La stratification est très régulière Les assises dont l'épaisseur varie de 10 à

40 centimètres alternent avec des bancs de marnes argileuses et calcaires, et quefois même avec des couches plus ou moins puissantes de calcaire magnésien

quel-Paléontologie Les fossiles sont e x t r ê m e m e n t rares ; je n'ai trouvé q u ' u n e seule

plaquette de calcaire un peu dolomitique, contenant des moules de Pecten — La

puissance moyenne est de 12 mètres — Ce groupe se présente avec des caractères identiques dans les environs de Saint-Léger ( S a ô n e - e t - L o i r e ) , ainsi q u e j ' a i pu

(1) Dans un prochain travail, je réunirai les observations que je fais sur le keuper, dans tous les Monts-Jura, et je comparerai ce terrain, avec celui du même âge que l'on rencontre dans le Wur- temberg, la Lorraine et a Bourgogne,

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l'observer, surtout à l'entrée de la carrière de gypse de M B i d r e m a n n , située à Bel-Air Dans la Souabe, les assises qui le composent atteignent un développement beaucoup plus c o n s i d é r a b l e , surtout à la partie inférieure ó l'on r e n c o n t r e u n e épaisseur assez considérable d e couches de grès vert et rougêtre, renfermant u n e

t r è s grande quantité de végétaux; c'est le véritable Schilfsandstein (1) de M Jỉger, avec ses nombreux Calamités arenaceus, Equisetum columnare, Pecopteris stuttgar-

tiensis, Pterophyllum Jœgeri, etc., passés à l'état de grès Cette division du grès

à roseaux n'existe pas dans le J u r a s a l i n o i s , ainsi q u ' u n assez grand n o m b r e sises d ' u n grès b l a n c - j a u n â t r e , sans fossiles, que l'on trouve intercalées dans les

d'as-m a r n e s irisées des environs de Tubingen et de Stuttgart Les divisions établies par M Q u e n s t e d t , qui correspondent à mon p r e m i e r groupe de l'étage supérieur

du k e u p e r , sont : Grüner uni rothscheckiger Sandstein et Buntscheckige Mergel

Pétrographie et géognosie Je n'ai encore pu observer ce grès que dans les deux

localités de Grozon et de Boisset ; dans cette dernière surtout il est très développé

et présente la plus belle composition minéralogique C'est un grès b l a n c , à grain souvent assez g r o s , cimenté par de l'argile colorée en vert par du fer h y d r o -silicaté ; de sorte qu'il ressemble quelquefois au grès vert de la période c r é t a -cée La texture est souvent très serrée et c o m p a c t e , et p r é s e n t e p a r sa r é -sistance u n e cassure très accidentée On y r e n c o n t r e , surtout à la partie inférieure,

beaucoup de petits fragments n o i r s , c h a r b o n n e u x ( provenant de débris

d'Hy-bodus), des paillettes de mica et des grains de feldspath r o s e ; mais le quartz est

la roche dominante

La stratification est r é g u l i è r e , p a r assises assez m i n c e s , avec q u e l q u e s couches marneuses entre les strates — H a u t e u r m o y e n n e , 1 m è t r e 50 centimètres

Paléontologie C'est dans ce groupe q u e c o m m e n c e n t à paraỵtre les fossiles

keupériens ; mais ils sont encore extrêmement r a r e s , sauf une très grande tité de dents et quelques rayons de nageoires provenant de p l u s i e u r s espèces

quan-d'Hybodus, A g a s s , qui constituent dans les assises inférieures un véritable bone-bed On r e n c o n t r e aussi quelques dents d'Acrodus, Agass., des vertèbres d e

Sauriens et q u e l q u e s fragments de Crustacés Ainsi l'on voit qu'aussitơt la d i s parition des dépơts gypseux et d o l o m i t i q u e s , les êtres organisés commencent à

-r e p a -r a ỵ t -r e et à off-ri-r des types de la pé-riode t-riasique Ce g-rès c o -r -r e s p o n d , en

p a r t i e , au Weisser Sandstein des géologues w u r t e m b e r g e o i s

(1) Voir, Bas flưzgebirge Würtembergs, par Quenstedt, p 88 et suivantes; et Beitrag zu einer Monographie des bunten Sandsteins, Musckelkalks und Keupers, par d'Alberti; Stuttgard, 1834

(6) Schistes ardoisiers et calcaire à Cypricardia

(a) Grès de Boisset

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Pétrographie et géognosie Marnes n o i r e s , h o m o g è n e s , très schisteuses, se d é l i

-tant en feuillets extrêmement m i n c e s , et se désagrégeant facilement La p l u p a r t des couches sont imprégnées d e matières b i t u m i n e u s e s et d ' u n e g r a n d e quantité d'oxyde de fer La stratification est très régulière, et les assises qui ont un m è t r e

de puissance a l t e r n e n t avec des couches de calcaire m a r n e u x , h a u t e s de 30 timètres, de couleur b l e u e , g r i s â t r e , j a u n e à l'extérieur, et se divisant en feuillets dans les parties en contact avec les schistes ardoisiers Ces calcaires, dont la dis-position est analogue à celle d ' u n lit de p a v é , renferment accidentellement des nids ferrugineux et b i t u m i n e u x , et q u e l q u e s veines spathiques assez rares

cen-— La puissance du sous-groupe est de 8 m è t r e s

Paléontologie On r e n c o n t r e u n assez grand n o m b r e de fossiles a p p a r t e n a n t aux

coquilles acéphales et au règne végétal Les schistes ardoisiers renferment en

abondance des moules de Posidonia keuperina, Nob., de Pecten et d ' a u t r e s bivalves indéterminables ; des tiges et même des empreintes de feuilles de Calamités, passées

à l'état bitumineux Les calcaires contiennent aussi des moules d e bivalves et de végétaux, souvent même en si grande q u a n t i t é qu'ils forment u n e l u m a c h e l î e L e

fossile le plus abondant est la Cypricardia keuperina, N o b , nov spec.; on ne la

ren-contre q u ' à l'état de moule c a l c a i r e , et seulement dans u n e couche qui se trouve

au tiers supérieur de cette division Les tiges de végétaux sont aussi e x t r ê m e ment nombreuses dans ce c a l c a i r e , et paraissent a p p a r t e n i r , p o u r la p l u p a r t , à

-des Monocotylédonées, telles que Calamites et Equisetum; mais leur mauvais état

de conservation n e p e r m e t pas u n e détermination c e r t a i n e Cette subdivision

cor-respond à la partie s u p é r i e u r e du Weisser Sandstein avec Kohlen du keuper d u

W u r t e m b e r g

(b) Schistes ardoisiers et calcaire à Cypricardia

Troisième groupe (a) Calcaires cloisonnés et fétides

(6) Schilfsandstein, Quadersandstein et Macigno

(a) Calcaires cloisonnés et fétides

Pétrographie et géognosie A la partie s u p é r i e u r e , les schistes ardoisiers

devien-n e devien-n t moidevien-ns devien-n o i r s , moidevien-ns schisteux, et fidevien-nissedevien-nt par être remplacés p a r u devien-n caire m a r n e u x , j a u n â t r e , le plus souvent cloisonné en tous sens par du carbonate

cal-de chaux La s t r u c t u r e en petit est assez diffuse, et la c a s s u r e , très i n é g a l e , varie aussi b e a u c o u p , suivant le degré d e compacité de la couche Des nids sableux et ocreux sont assez f r é q u e n t s , et r e m p l i s s e n t souvent les cellules de carbonate de chaux On y r e n c o n t r e a u s s i , mais plus r a r e m e n t , des empreintes charbonneuses et des veines spathiques P l u s i e u r s couches minces de m a r n e s

g r i s e s , j a u n e s , u n peu b i t u m i n e u s e s , et passant aux g r è s , se trouvent sées entre les couches calcaires Les grès sont alors g r i s , t r è s s c h i s t e u x , et ren-

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interpoferment souvent d e n o m b r e u s e s impressions végétales à l'état charbonneux et m é

-connaissables Dans la partie s u p é r i e u r e , le calcaire devient un peu sableux et

renferme une g r a n d e q u a n t i t é de matière b i t u m i n e u s e , qui lui d o n n e u n e odeur

fétide lorsqu'on le casse ; il est alors g r i s - b l e u â t r e , et l'on y voit de nombreuses

veines de b i t u m e

La stratification est régulière et ne p r é s e n t e q u e des fendillements p e r p e n d i c u

-laires aux strates — La h a u t e u r moyenne des assises est de 30 c e n t i m è t r e s , et

celle du sous-groupe entier est de 7 m è t r e s

Paléontologie Les fossiles, quoique en assez grand n o m b r e sous le r a p p o r t des

i n d i v i d u s , sont i n d é t e r m i n a b l e s Ils a p p a r t i e n n e n t tous à la classe des

Acé-p h a l e s , et Acé-plus Acé-particulièrement aux genres Pecten, Posidonia et Avicula

(b) Schilfsandstein, Quadersandstein et Macigno

Pétrographie et géognosie Des marnes s a b l e u s e s , grises, j a u n â t r e s , souvent s u b

-s c h i -s t e u -s e -s , avec impre-s-sion-s b i t u m i n e u -s e -s , -séparent cette divi-sion du calcaire

fétide, et se trouvent interposées e n t r e les bancs de grès à roseaux (schilfsand r

stein) et à carreaux (quadersandstein) Ces grès micacés, g r i s - j a u n â t r e s , très p e u

développés et cependant très constants dans le J u r a , sont à grains fins, à ciment

de calcaire s p a t h i q u e , à cassure e s q u i l l e u s e , p r é s e n t a n t u n e surface très inégale,

â p r e , et à arêtes assez tranchantes La couleur varie du bleuâtre-foncé au

gris-j a u n â t r e , avec des taches ou petits points d'hydroxyde de fer gris-j a u n e A la p a r t i e

s u p é r i e u r e , le ciment calcaire est r e m p l a c é p a r u n e pâte argilo-calcaire, très

bitu-mineuse, qui fait passer ces grès à un macigno, de couleur j a u n e - g r i s â t r e Enfin, la

d e r n i è r e couche k e u p é r i e n n e , en contact immédiat avec le calcaire à Gryphées

arquées du lias, est u n e assise d e m a r n e s argileuses irisées, de couleur b l e u e ,

b r u n e et r o u g e â t r e , faisant fortement effervescence avec les a c i d e s , et r e n f e r

-m a n t des concrétions calcaires

Les strates, d ' u n e g r a n d e r é g u l a r i t é , sont sub-schisteuses et d ' u n e assez faible

épaisseur ; ainsi les schilfsandsteins q u i sont les p r e m i e r s grès q u e l'on r e n c o n t r e

en s'élevant, n ' o n t que 18 centimètres de puissance, et les q u a d e r s a n d s t e i n s 10

cen-timètres ; ces derniers p r é s e n t e n t à l e u r surface des ondulations qui ont dû être

p r o d u i t e s par le mouvement des v a g u e s , et qui sont tout à fait analogues à celles

q u e l'on voit sur les plaques de g r è s , avec empreintes d e pattes de Mastodonsaurus,

du Krystallisirte sandstein des Buntschekige Mergel, q u e l'on voit dans les musées

d e T u b i n g e n et d e Stuttgart — La h a u t e u r moyenne est de 3 m è t r e s

Paléontologie Ces grès renferment très p e u de fossiles ; la p l u p a r t sont des v é

-gétaux a p p a r t e n a n t aux genres Calamites et Equisetum ; leur mauvais état de

con-servation n e p e r m e t pas de détermination rigoureuse ; ils sont de la m ê m e n a t u r e

q u e la roche qui les r e n f e r m e , et se p r é s e n t e n t comme un mélange de tiges et de

feuilles herbacées entrelacées ; c'est u n schilfsandstein analogue à celui q u e l'on

trouve au-dessus des gypses dans le W u r t e m b e r g Les fossiles d u règne a n i m a l ,

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sont très peu n o m b r e u x ; ils appartiennent aux genres Pecten, Avicula, Lima et

Asterias, et ne se rencontrent q u ' à l'état d e moules assez mal conservés Je dois dire

q u e j e n'ai jamais rencontré dans ces couches de Gryphées, d'Ammonites, nites ni d e Nautiles, ces fossiles si caractéristiques de la période j u r a s s i q u e ; aussi ai-je réuni ces assises au k e u p e r , et limité ce d e r n i e r terrain au calcaire à Gryphées

deBélem-du l i a s , commençant p r e s q u e toujours p a r la couche à Cardinia, avec u n e mince assise de bone-bed Plus loin, lorsque j ' é t a b l i r a i les limites d u terrain j u r a s s i q u e ,

j e donnerai u n e explication détaillée de cette r é u n i o n Ce troisième groupe de

l'étage supérieur correspond au Gelbe harte sandsteine de M Quenstedt ; m a i s , d e

m ê m e q u e les grès et marnes irisées qui se trouvent a u - d e s s o u s , il est beaucoup moins développé dans le J u r a q u e dans la S o u a b e , ó les différentes couches, à

p a r t i r des gypses, atteignent u n e puissance considérable

Résumé Le terrain keupérien se divise d o n c , comme on vient de le voir, en

trois étages, dont les caractères s o n t , pour l'étage inférieur, des sels gemmes (1), des m a r n e s s a l i f è r e s , des gypses noirâtres et r o u g e s , des cristaux de sulfate de

c h a u x , des argiles plastiques et de la houille ; pour l'étage m o y e n , absence d e cristaux de sulfate de c h a u x , de polyalithe et de gypse rouge p o u r p r e , et un grand développement au c o n t r a i r e , d e gypse blanc saccharọde, de m a r n e gypseuse rouge lie-de-vin, et de dolomie Enfin l'étage s u p é r i e u r , qui ne renferme plus de gypses

ni de sels, est exclusivement composé de marnes i r i s é e s , d e g r è s , d e schistes a r doisiers et de quelques couches minces de calcaire Ainsi c a r a c t é r i s é s , ces étages

-ne peuvent plus être confondus, et se reconnaỵtront au p r e m i e r a b o r d ; il n'y

a q u e les groupes et sous-groupes dont l'étude p o u r r a i t p r é s e n t e r quelques

diffi-c u l t é s , et endiffi-core ne serait-diffi-ce q u e pour diffi-certains d ' e n t r e eux

La g r a n d e quantité de m a r n e s , de grès et de débris de végétaux q u e l'on r e n contre dans ce t e r r a i n , i n d i q u e u n e formation v a s o - m a r n e u s e , p e n d a n t la troisième période de l'époque triasique Mais ce caractère n ' y est pas exclusif, surtout dans les deux étages salifère et gypsifère, ó les roches arénacées et marneuses s'enchevêtrent avec les s e l s , les gypses et les dolomies C e p e n d a n t , comme toutes mes observations me p o r t e n t à croire q u e l'origine d e ces roches est

-d u e à un épanchement plutonique opéré par -des sources minérales très abon-dantes qui sourdaient dans la m e r k e u p é r i e n n e , il s'ensuit q u e je regarde le J u r a keupé-rien comme un terrain de formation v a s o - m a r n e u s e , dans lequel des sources minérales ont formé des dépơts p e n d a n t les deux p r e m i è r e s périodes, et qui est devenu exclusivement vaso-marneux p e n d a n t la d e r n i è r e ,

La q u a n t i t é d e d é b r i s de végétaux q u e l'on r e n c o n t r e dans ce t e r r a i n

(1) Les dépơts salifères de la Lorraine (Vie, Dieuze, etc.) appartiennent aussi à mon étage rieur du keuper ; mais il paraỵt, d'après M Levallois, que le gỵte salifère de Salzbronn {Moselle) appartient, comme la plupart de ceux de la Souabe, par exemple celui de "Wilhe'mshall, près Rottweil

infé-(Wurtemberg), au muschelkalk (voir Mémoire sur le gisement du sel gemme dans le département

de la Moselle, e t c , par M Levallois, p 28 Nancy, 1846

Trang 27

i n d i q u e u n g r a n d développement d e la végétation dans les ỵles formées p a r les Vosges et le Schwartzwald ; quoique ce développement soit c e p e n d a n t loin d'éga-ler celui q u e nous p r é s e n t e l'époque c a r b o n i f è r e , q u i est le règne des végétaux

s u r cette p a r t i e d e n o t r e globe Malgré cette diminution dans l e n o m b r e des

p l a n t e s , il n ' e n est pas moins r e m a r q u a b l e q u e , pour l'Europe c e n t r a l e , c'est dans l e dépơt du keuper q u e les débris d e végétaux sont le plus n o m b r e u x ( e n faisant abstraction d e la période carbonifère), car les dépơts d e lignite et les em-preintes végétales q u e l'on r e n c o n t r e dans les terrains du grès bigarré, du J u r a , d é

la craie et dans les bassins tertiaires, sont loin d'être aussi fréquents, et n e p r é s e n

-t e n -t pas l a m ê m e uniformi-té dans l e u r répar-ti-tion De sor-te q u ' e n considéran-t

la période carbonifère comme l e règne d e s v é g é t a u x , on p e u t r e g a r d e r l'époque keupérienne comme la décadence d e ce règne ( b i e n entendu qu'en

p a r l a n t d u règne d e s végétaux j e n e veux pas dire q u e c'est p e n d a n t les périodes carbonifère et k e u p é r i e n n e qu'il y a eu l e plus d e familles, d e genres

et d'espèces de p l a n t e s , mais bien q u e c'est alors q u e les individus se sont développés avec le plus d e vigueur, e t ont offert la p l u s g r a n d e rapidité d'accrois-

s e m e n t )

Je crois être utile aux géologues en p r é s e n t a n t dans l e tableau suivant les rentes subdivisions que j ' a i établies dans ce terrain ; elles diffèrent u n p e u , s e u l e -

diffé-m e n t dans les sous-groupes, d e celles que j ' a i données dans u n e Notice sur la

for-mation keupérienne dans le Jura salinois, publiée en 1 8 4 6

Tableau des différents groupes qui composent le keuper dans le Jura salinois

Bone-hed et couche à Cardinia du lias inférieur ou à Gryphites

Macigno, Quadersandstein et Schilfsandstein

Calcaires cloisonnés et fétides

Schistes ardoisiers, avec calcaire à Cypricardia subordonné

Grès de Boisset

Marnes argileuses et calcaires, irisées, avec couches de

dolomie subordonnées

Gypse blanc et grès

Troisième banc de dolomie

Gypse blanc compacte et amygdalọde

Marnes gypseuses rouge lie-de-vin

Second banc de dolomie

Marnes, grès micacés et houille

Gypse noirâtre et rouge, et cristaux de sulfate de chaux

Premier banc de dolomie

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Au-dessus se trouve le second banc de dolomie qui commence l'étage moyen Les divisions 12 et 13

peu-vent surtout s'observer avec beaucoup de facilité à l'entrée de la seconde carrière, placée un peu au Nord

et au-dessus de la première Cette carrière appartient au premier groupe de l'étage moyen, ainsi

que la suivante ; et celle que l'on voit tout à fait au Nord des précédentes fait partie du second groupe de

l'étage moyen, et présente les premières assises de l'étage supérieur Quoique ce point offre de très belles

séries pour les étages moyen et supérieur, j'ai préféré donner la coupe de Boisset, ó les assises se

suc-cèdent sans interruption Je ferai remarquer que le chemin creux, qui conduit à Boisset à partir de la rivière,

est placé en entier dans l'étage inférieur; l'étage moyen ne commence qu'à l'entrée des carrières, au grand

banc de dolomie

ils éviteront de grandes difficultés dans leurs recherches ultérieures

Pour l'étage inférieur, la coupe a été prise à Laffenet, près Salins; c'est la carrière de gypse la plus au

Sud, ó l'on a fait un puits dans le premier groupe de cet étage; mais comme ce puits est abandonné, je

ne commencerai la série qu'à partir du premier banc de dolomie, que l'on trouve à l'entrée de la

2° Gypse schisteux, de couleur rouge et noirâtre, avec de petits cristaux de sulfate de chaux 0 , 5 0

3° Gypse gris, sub-saccharọde, tendant à passer au gypse fibreux, avec petits cristaux de

gypse, et renfermant une couche de gypse saccharọde, rouge-pourpre 2 , 0 0

4° Gypse blanc fibreux, par assises de 1 centimètre, empâtées dans des marnes argileuses

plastiques, noirâtres ; 4 , 0 0

5° Gypse rouge-brun, passant au gypse gris, schisteux alternant avec quelques couches

minces de sable 1 , 0 0 6° Marnes irisées, dans lesquelles le rouge-brun domine, sillonnées par des veinules de

gypse rose saccharọde 1 , 0 0

7° Gypse gris, avec tache noirâtre, sub-schisteux, saccharọde, avec cristaux rhombọdaux

de sulfate de chaux Des veines de gypse rouge, saccharọde ou en faisceau cristallisé,

sil-lonnent en tous sens les gypses gris Une petite galerie d'exploitation ouverte dans

celte division présente sur ses parois de nombreux cristaux aciculaires de sulfate de soude,

8° Gypse rouge-brun, cristallisé en faisceaux rhombọdaux, avec banc de gypse blanc

an-hydre 1 50

9° Marnes gypseuses, rouge-brun, avec veine de gypse rose, fibreux On compte cinq

assises alternant avec des marnes gypseuses grises 5 , 0 0

10° Marnes grises et gypse gris-noirâtre, schisteux, avec veine blanchâtre 4 , 0 0

11° Argile plastique, irisée des couleurs les plus vives, avec assise de 20 centimètres de

cal-caire anhydre imprégné de bitume Cette division représente la couche de houille 2 , 7 5

12° Marnes irisées, sableuses, renfermant une couche de grès verdâtre, micacé, schisteux,

et quelques filets minces de gypse blanc fibreux, avec rognons pugillaires de gypse rose,

saccharọde 1 , 3 0 13° Marnes sableuses, gris-bleuâtre, subordonnées à une couche de macigno gris-jau-

nâtre et renfermant une grande quantité d'oxyde de fer rouge non hydraté Au-dessus se

trouve une couche de marnes noires, très bitumineuses, avec taches d'un brun-clair 1 , 0 0

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1° Second banc de dolomie ( connu des carriers sous le nom de griffe)

2° Marnes blanchâtres, magnésiennes, devenant ensuite grises et gypseuses, avec filon de

gypse noirâtre

3° Gypse marneux, rouge-brun alternant avec des marnes schisteuses de même couleur,

dont les assises ont 0 m ,80 d'épaisseur

4° Gypse blanc, anhydre, devenant amygdalọde dans sa partie supérieure Cette assise est

séparée des autres par des marnes vertes 5° Marnes rouge brun, couleur lie-de-vin, avec quelques couches de marnes vertes, des

veines de gypse rose fibreux et un banc de gypse blanc

6° Succession de cinq bancs de gypse blanc, amygdalọde, mêlé de marnes rouges, alternant

avec un même nombre de bancs de gypse blanc, saccharọde Plusieurs couches de

marnes irisées, dans lesquelles le violet domine alternent avec les bancs de gypse

7° Gypse gris-blanc, anhydre

8° Marnes grises, terreuses, avec de petites couches calcarifères, qui finissent par prédominer

et par former une couche assez puissante de calcaire jaune, cloisonné, quelquefois

res-semblant à une brèche

9° Grès gris alternant avec des marnes grises et ayant des nodules sableux dans la partie

supérieure Au-dessus se trouve une couche de gypse gris-blanc, avec des veines et de

petits rognons de gypse rose •

10° Couche mince de calcaire argileux, magnésien, fragmentaire ; puis une couche de gypse

blanc, alternant avec des marnes

Étage moyen — 2e groupe

(a)

(b)

1° Troisième banc de dolomie avec rauhwacke

2° Gypse blanc veiné de gris

3° Marnes grises, se désagrégeant et coupées, perpendiculairement aux strates, par des

la-melles de gypse blanc fibreux avec des rognons de gypse rose Au-dessus se trouve un

banc de gypse blanc veiné de rose

4° Grès gris, avec marnes grises

5° Gypse blanc, très compacle

Etage supérieur — 1er groupe

1* Marnes argileuses rouges et vertes, devenant schisteuses et d'une teinte rouge-brun dans la partie

supérieure

2° Calcaire magnésien, marneux, de Couleur blanc-rosé, avec marnes rouges, se désagrégeant et

passant à un calcaire marneux blanc-verdâtre

3° Marnes-calcaires verdâtres, passant au rouge-violet, et se divisant en petits fragments Au-dessus

se trouve un banc de calcaire argileux blanc-verdâtre Cette division offre quatre assises successives

de 2 mètres chacune, dont l'une renferme des tiges de végétaux indéterminables

4° Calcaire marneux blanc-vert, avec marnes vertes; cinq assises

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Suite de la coupe de Boisset

Etage supérieur — 2e groupe

(b)

2° Marnes schisteuses noires ou schiste ardoisier A la partie supérieure, se trouve un calcaire

sableux, gris-blond, avec des taches bleues au milieu

3° Couche mince d'oxyde de fer, avec schiste bitumineux, passant au calcaire jaune en

dehors et avec des taches bleues au centre

4° Schistes ardoisiers avec fossiles, tels que Pecten et Posidonia keuperina ; au-dessus se

trouve le calcaire à Cypricardia

5° Marnes noirâtres, bitumineuses, devenant sableuses et de couleur verte

1 , 0 0

3 , 0 0

1 , 5 0

3 , 0 0 PUISSANCE TOTALE 10 m ,50

Suite de la coupe de Boisset

Étage supérieur — 3e groupe

(a)

(b)

1° Calcaire sableux, jaune-grisâtre, cloisonné, avec oxyde de fer et des veines tapissées de cristaux de

2° Grès gris alternant avec des marnes sableuses 0 , 7 0

3° Calcaire fétide, bleuâtre, très bitumineux, avec fossiles 0 , 8 0

5° Grès à roseaux ou schilfsandstein - 0 , 1 5

6" Marnes sableuses, et au-dessus le quadersandstein et le macigno 1 , 2 0

7° Marnes argileuses, irisées 0 , 5 0

PUISSANCE TOTALE 7 m ,35

Au-dessus se trouve le premier banc du calcaire à Cardinia, qui commence le lias, et en continuant à

s'élever du cơtéd'Aresche, de très beaux ravins mettent à découvert les séries du lias et de l'oolite inférieure

Technologie Le terrain k e u p é r i e n offre d e grandes ressources et est u n d e s

éléments d e la richesse des pays ó on le r e n c o n t r e Les sels gemmes sont l'objet

d'exploitations en g r a n d , ainsi q u e les gypses, surtout à Salins et à Lons-le-Saulnier

Les dolomies fournissent d'excellentes chaux h y d r a u l i q u e s , et p r é s e n t e n t des

blocs qui pourraient aussi servir p o u r la lithographie La houille n'est pas

exploi-tée à cause du p e u d'épaisseur des lits ; cependant q u e l q u e s localités p o u r r a i e n t

offrir des avantages d a n s l'exploitation de ce combustible Quant aux m a r n e s , elles

sont quelquefois employées pour la fabrication des tuiles et mơme d e la poterie

Terrain jurassique

Limites du terrain jurassique Jusqu'à p r é s e n t les géologues n ont pas été d'accord

sur les limites d u t e r r a i n j u r a s s i q u e , p a r t i c u l i è r e m e n t s u r sa limite i n f é r i e u r e ;

cependant il est d e la plus h a u t e importance de les fixer et d e les bien établir La

p l u p a r t des savants qui se sont occupés du J u r a en ont exclu la formation b a s i q u e

p o u r en faire u n t e r r a i n à p a r t ; o r , ce terrain n'est caractérisé ni p a r u n e

discor-dance de stratification avec les dépơts s u p é r i e u r s , n i p a r u n e faune particulière,

ni par u n e composition p é t r o g r a p h i q u e q u i l u i soit exclusivement p r o p r e

Ces c a r a c t è r e s , les seuls s u r lesquels on puisse s'appuyer p o u r poser les limites

Trang 31

des t e r r a i n s , n e se trouvent ni r é u n i s , ni m ê m e séparés p o u r le lias ; de sorte

q u e cette exclusion n ' e s t basée sur aucun fait qui puisse la justifier : aussi j e r e garde cette g r a n d e masse d e m a r n e s et de calcaires m a r n e u x , comme un des

-q u a t r e étages -qui composent le t e r r a i n j u r a s s i -q u e , Sans m ' a r r ê t e r davantage à

la nécessité d e la réunion du lias aux autres dépơts o o l i t i q u e s , j e démontrerai plus loin la corrélation qui existe e n t r e cet étage et les s u i v a n t s , et les inconvé-nients qu'il y aurait à le séparer d u terrain j u r a s s i q u e ; m a i s , d è s ' à p r é s e n t ,

j e dois appeler l'attention sur u n fait de la plus h a u t e importance : j e veux parler

de la véritable limite inférieure de l'étage liasique

Dans les contrées ou le keuper a été disloqué i m m é d i a t e m e n t après son dépơt, comme dans le W ü r t e m b e r g , on r e n c o n t r e à la base d u l i a s , dans le groupe généralement désigné sous le n o m d e calcaires à Gryphées a r q u é e s , des bancs de grès j a u n e - g r i s â t r e , alternant avec les couches de calcaire b l e u - n o i r â t r e , et finis-sant m ê m e par dominer à la partie inférieure Ces g r è s , généralement connus

sous le nom de grès d u lias (Gelbe sandsteine d u Schwarzer-Jura, a, des

géo-logues wurtembergeois), sont dus à des causes p r o p r e s aux localités disloquées et qui leur appartiennent exclusivement Comme ces contrées ont été les p r e m i è r e s

é t u d i é e s , les géologues qui ont ensuite décrit le J u r a ó le keuper n ' a pas été disloqué à cette é p o q u e , n e trouvant pas de couches de grès intercalées e n t r e les bancs du calcaire à Gryphées a r q u é e s , ont jugé à p r o p o s , afin d'avoir aussi des grès à la base du l i a s , d'y r é u n i r u n e partie des grès d u keuper Cette idée

d e vouloir trouver également des grès basiques au-dessus d e ceux du k e u p e r , dans les chaỵnes des Monts-Jura, a été cause q u e l'on a plié les faits à cette hy-pothèse au lieu d e les décrire tels qu'ils s o n t , et que l'on a réuni au terrain

j u r a s s i q u e u n e p a r t i e des grès d u t r i a s Il convient donc d e rétablir ces grès à l e u r véritable p l a c e , et de d é c r i r e les phénomènes tels qu'ils se pré-sentent

Le keuper n'ayant éprouvé aucune dislocation avant celles qui ont déterminé

le relief actuel d u J u r a , c o m m e le prouvent les n o m b r e u s e s observations faites sur tous les points des chaỵnes d e ces montagnes ó ce terrain affleure, ne peut être délimité au moyen d e la discordance de stratification ; mais la pétrographie

et la paléontologie nous i n d i q u e r o n t aussi s û r e m e n t le point de séparation entre

le trias et le terrain j u r a s s i q u e Dans les contrées ó le keuper a été d i s l o q u é , on

a pu facilement trouver ce point de s é p a r a t i o n , et encore n e l'a-t-on fait qu'assez vaguement, à cause du g r a n d n o m b r e de rapports pétrographiques qui unissent ces deux t e r r a i n s et de la r a r e t é des fossiles Mais, p o u r poser sûrement cette li-

m i t e , voyons c o m m e n t ont eu lieu les dépơts sédimentaires à cette é p o q u e , et établissons les différences qui ont dû exister e n t r e les localités disloquées et celles qui n e l'ont point été

D ' a b o r d , dans les contrées disloquées et dans les parties tout à fait littorales

de celles qui ne l'ont pas é t é , il y a eu nécessairement un remaniement des d e r

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-nières couches du k e u p e r , comme cela était déjà arrivé sur une plus g r a n d e

é c h e l l e , lors d e la dislocation des grès v o s g i e n s , dont le r e m a n i e m e n t a formé les grès b i g a r r é s Or, au m o m e n t de la dislocation, les couches keupériennes en

voie de formation étaient d'épaisses assises de grés ( l e Gelbe harte sandsteine de

M Q u e n s t e d t ) , qui ont m ê m e continué à se déposer p e n d a n t l'a d u r é e de la cation ; p a r conséquent ce sont ces grès qui ont été r e m a n i é s , et qui sont venus s'intercaler entre les bancs de calcaire liasique Ces couches arénacées et calcaires

dislo-renferment en abondance des Cardinia concinna et securiformis, Lima gigantea,

Ammonites psilonotus et angulatus, des Pleuromya, des Gryphœa arcuata, ainsi q u e

q u e l q u e s autres fossiles j u r a s s i q u e s , qui v i e n n e n t , comme des j a l o n s , i n d i q u e r que culte partie de n o t r e globe est entrée dans u n e nouvelle phase biologique De sorte q u e , dans ces localités disloquées et l i t t o r a l e s , si le géologue n e p e u t se servir avec certitude de la pétrographie (1), il a , pour lui i n d i q u e r la limite infé-

r i e u r e du terrain j u r a s s i q u e , d'abord la différence de stratification dans les e n droits disloqués ; et p o u r les points littoraux les êtres o r g a n i s é s , excellent guide

-q u i , employé dans des bassins restreints et bien d é l i m i t é s , n e p e u t c o n d u i r e qu'à des résultats exacts et r a t i o n n e l s

Les régions sub-pélagiques et de h a u t e s m e r s qui se t r o u v e n t au sud des îles herzyniennes et vosgiennes, actuellement occupées p a r les Monts-Jura n'ayant pas éprouvé de p e r t u r b a t i o n s i n t é r i e u r e s , ont continué, lors de la dislocation t r i a -sique, à offrir p e n d a n t u n certain temps les mêmes p h é n o m è n e s de dépôts q u ' a u -

p a r a v a n t ; seulement les couches en voie de formation ont r e ç u , au moyen des courants, u n e certaine q u a n t i t é de végétaux arrachés p a r suite de l'action de la

(1) Dans toute la chaîne de l'Albe wurtembergeoise, et même dans lé Jura schaffousois et argovien,

on trouve à la base du lias, au point de contact avec les grès jaunes (Gelbe harte sandsteine), une assise dont l'épaisseur varie de 1 à 3 centimètres, connue sous le nom de bone-bed, et qui est composée

de grains de quartz, assez gros, presque toujours anguleux, présentant rarement l'aspect d'une roche poudingiforme, mais plutôt celui d'un grès bréchiforme, jaunâtre, empâtant un grand nombre de copro- lites, de dents et de fragments de vertèbres de sauriens Cette couche de passage, entre le trias et le Jura, est évidemment le produit d'une perturbation violente et brusque dans les dépôts ; perturbation qui a été de très courte durée et dont les effets n'ont pas été très considérables, comme l'indique la faible puissance de cette assise et son peu d'étendue Ainsi, il est très facile de tailler, dans les carrièresdes environs de Tubingen, Reutlingen, Balingen, etc., des échantillons de trois ou quatre centimètres

d'épaisseur, présentant à la fois du grès jaune du keuper, le bone-bed en entier et du calcaire bleux, bleuâtre, quelquefois avec Cardinia concinna, qui appartient au lias Quant à la distribution géographique de ce bone-bed, elle est limitée à une espèce de cordon littoral qui s'éloigne peu des îles

sa-formées par la Forêt-Noire, les Vosges et le Morvan C'est dans le Wurtemberg que cette assise est la plus constante; on continue à la rencontrer dans les cantons de Schaffouse, d'Argovie et de Bâle, mais plus mince et manquant quelquefois ; enfin, on en retrouve des traces sur plusieurs points du Jura sa- linois Les environs du Morvan, surtout dans les départements de la Côte-d'Or et de l'Yonne, pré- sentent cette couche souvent beaucoup plus développée que dans le Wurtemberg, car elle se confond

en Bourgogne avec les arkoses qui lui paraissent être synchroniques, du moins pour une partie (la

plus inférieure)

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d i s l o c a t i o n , qui sont venus augmenter le n o m b r e des matières déposées Les

dislocations de l'époque triasique s'étant effectuées, et avec elles la cause p e r t u r b a

-trice et le t r a n s p o r t des végétaux ayant c e s s é , u n e nouvelle époque géologique

se développe avec d e nouveaux sédiments et avec un nouvel organisme Par

c o n s é q u e n t , dans les localités sub-pélagiques et pélagiques ó il n'y a pas eu

de d i s l o c a t i o n , les caractères pétrographiques d e l'étage liasique doivent se d i s

-tinguer n e t t e m e n t de ceux de l'étage keupérien, et ils n e doivent pas présenter un

mélange de roches différentes, comme dans les régions disloquées et littorales ó

les grès k e u p é r i e n s ont été soumis à un r e m a n i e m e n t C'est en effet ce qui arrive

dans le J u r a ; aussitơt après les dernières couches de grès k e u p é r i e n , qui n ' o n t

éprouvé aucun r e m a n i e m e n t à cause de leur éloignement des centres de

disloca-t i o n , on passe immédiadisloca-temendisloca-t par u n e couche m i n c e de m a r n e s i r i s é e s , au

cal-caire b l e u , à Gryphées a r q u é e s , qui commence la série j u r a s s i q u e Ce calcal-caire ne

se trouve pas i n t e r r o m p u p a r des couches d e g r è s , comme dans le W u r t e m b e r g

et sur les b o r d s du Morvan ; ce sont des assises successives de calcaires m a r n e u x ,

c o m p a c t e s , u n peu sableux à la p a r t i e i n f é r i e u r e , mais qui sont du reste

parfaitement semblables aux d e r n i è r e s assises supérieures d u calcaire du lias des r é

-gions wurtembergeoises et bourguignonnes

A i n s i , dans les chaỵnes du J u r a , ó l'on n'a pas à sa disposition la discordance

de stratification p o u r d é t e r m i n e r le point de séparation des terrains triasique et

j u r a s s i q u e , on se sert avec une égale certitude des caractères pétrographiques La

paléontologie vient aussi confirmer cette séparation p é t r o g r a p h i q u e , et indiquer

p o u r limite la p r e m i è r e couche du calcaire à Gryphites Car, comme j e l'ai dit dans

la description du keuper, j e n'ai j a m a i s r e n c o n t r é dans les couches de grès et de

m a r n e s qui se trouvent au-dessous d u calcaire liasique, aucun fossile de l'époque

j u r a s s i q u e , tels q u e G r y p h é e s , A m m o n i t e s , B é l e m n i t e s , etc MM Gressly et

T h i r r i a ont trouvé dans un assez petit n o m b r e de localités, dans les couches de

grès tout à fait en contact avec le calcaire du l i a s , quelques Gryphœa arcuata assez

mal conservées et assez rares ; ces r é s u l t a t s , que j e n'ai pu vérifier malgré des r e

-c h e r -c h e s faites dans -ces régions(1), viendraient à l'appui de mon opinion ; -car -ces

géologues o n t é t u d i é les parties littorales jurassiques qui e n t o u r e n t le Schwartzwald

et les Vosges, ó les grès keupériens ont été soumis à u n très faible remaniement

D'après les considérations p r é c é d e n t e s , j e me trouve conduit à établir deux

faciès bien distincts p o u r la partie inférieure du calcaire à Gryphées a r q u é e s du

lias Le faciès des b a n d e s étroites littorales des régions non disloquées, ainsi que

des régions avoisinant les contrées d i s l o q u é e s , caractérisées p a r des couches de

(1) Je n'ai pu trouver une seule Gryphée dans les couches de grès du keuper en contact

immé-diat avec le calcaire du lias, dans les cantons de Bâle et d'Argovie, et M Mérian m'a assuré n'en

avoir jamais rencontré non plus; de sorte que j'ai quelques doutes, sur les faits avancés à cet égard par

MM Gressly et Thirria

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grès i n t e r p o s é e s , renfermant des G r y p h é e s , A m m o n i t e s , etc., dont le type se trouve dans le Filder ( W ü r t e m b e r g ) , contrée située e n t r e Stuttgart et Tubingen,

et dont on retrouve des traces dans le J u r a schaffousois, argovien et de la H a u t e Saône Le second faciès, qui est celui que l'on r e n c o n t r e dans le J u r a b â l o i s ,

-s o l e u r o i -s , b e r n o i -s , b i -s o n t i n , -salinoi-s et du d é p a r t e m e n t de l'Ain, e-st caractéri-sé

p a r l'absence de grès entre les couches d u calcaire à Gryphées a r q u é e s , et par u n passage b r u s q u e du grès du keuper au calcaire du lias De sorte que pour toutes les chaînes des Monts-Jura, excepté une b a n d e étroite de 15 à 20 kilomètres, qui longe les îles h e r z y n i e n n e s et vosgiennes, j ' e x c l u s du terrain j u r a s s i q u e les cou-ches de grès généralement, désignées sous le nom des grès infra-liasique ou q u a -dersandstein, q u e je réunis au terrain k e u p é r i e n Cette exclusion, q u i , ainsi q u e

j e l'ai d é m o n t r é , est nécessitée par les fossiles et la p é t r o g r a p h i e , facilite b e a u coup l'orographie des chaînes, en donnant p o u r limite inférieure du terrain j u -rassique, le dépôt des calcaires à Gryphites q u e l'on trouve toujours à découvert

-et avec des caractères presque identiques dans toutes les localités ; tandis que les quadersandsteins sont partout recouverts par la végétation, ce qui rendait extrê-

m e m e n t difficile et m ê m e illusoire la séparation orographique des étages liasiques

et keupériens ( l )

Ainsi, j e p r e n d s p o u r limite inférieure du terrain j u r a s s i q u e les p r e m i è r e s assises du calcaire à Gryphées a r q u é e s , qui sont ordinairement formées d ' u n

calcaire sableux, g r i s â t r e , renfermant des Cardinia continua et securiformis et la

Lima gigantea Quant à la limite s u p é r i e u r e , la dislocation qui a donné au J u r a

son principal relief, ayant i n t e r r o m p u les dépôts et changé la distribution graphique de l'Océan, il s'ensuivit u n e nouvelle époque dans les phénomènes géo-logiques, et de nouveaux sédiments se déposèrent en stratification discordante sur les couches inclinées du terrain j u r a s s i q u e Ces sédiments sont, p o u r la partie du

géo-J u r a située au sud du parallèle qui unirait Biennes à Gray, le dépôt néocomien, et

p o u r la partie nord le dépôt sidérolitique ou d u b o h n e r z

Division du terrain jurassique en quatre étages — Le terrain j u r a s s i q u e ,

exclu-sivement formé de calcaires, de m a r n e s et de g r è s , présente dans la distribution

de ces roches, q u a t r e grands étages bien distincts, non seulement p a r leur p é t r o graphie, mais aussi par les êtres organisés qu'ils r e n f e r m e n t

-Sous le r a p p o r t p é t r o g r a p h i q u e , on distingue deux formations (2)

vaso-(1) J'ai déjà donné cette limite du terrain jurassique, ainsi que la plupart des divisions que j'établis

pour ce terrain, dans ma Notice sur les différentes formations des terrains jurassiques dans le Jura occidental, insérée dans le IIIe vol des Mémoires de la Société des sciences naturelles de Neuchâtel

1846

(2) Le mot formation est pris dans le sens que lui donne M Constant Prévost, dans son article sur

le mot Formation du Dictionnaire universel d'histoire naturelle, dirigé par M Charles d'Orbigny; ainsi que dans son mémoire Sur la chronologie des terrains et le synchronisme des formations (Voir Bulletin de la Société géologique de France, 2e série, t Il, et les Comptes-rendus de l'Aca- démie des sciences, mars 1845.)

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marneuses et sableuses parfaitement s y m é t r i q u e s , alternant avec deux tions p r e s q u e exclusivement calcaires Ces formations p r é s e n t e n t , chacune avec son analogue, des caractères identiques indiquant le m ê m e mode et la même série

forma-de phénomènes dans l e u r s dépôts

Les deux formations vaso-marneuses qui sont les étages du lias et de clay, p r é s e n t e n t des caractères tellement semblables que souvent le géologue serait très embarrassé pour les distinguer l'une de l'autre, s'il n'avait à sa dispo-sition la paléontologie et la géognosie La base de chacune de ces formations est occupée p a r un calcaire m a r n e u x , puis vient un grand développement de m a r n e s subordonnées à des grès et à des calcaires m a r n e u x , qui forment le passage

l'oxford-e n t r l'oxford-e cl'oxford-es formations vaso-marnl'oxford-eusl'oxford-es l'oxford-et ll'oxford-es formations calcairl'oxford-es supéril'oxford-eurl'oxford-es La cause des formations vaso-marneuses liasique et oxfordienne a agi avec b e a u -coup plus d'intensité p e n d a n t le dépôt du l i a s , dont le développement gigan-tesque a exigé de grandes actions sédimentables Une r e m a r q u e très i m p o r -

t a n t e , c'est que de toutes les formations vaso-marneuses que l'on r e n c o n t r e dans l'Europe c e n t r a l e , la formation liasique est celle dont le dépôt a exigé la plus grande intensité dans les phénomènes qui ont présidé aux formations de ce genre

et dont l'uniformité est la plus constante Avant et surtout après le l i a s , les d é pôts marneux ont une puissance beaucoup m o i n d r e , et sont limités à des loca-lités bien plus r e s t r e i n t e s ; ce qui s'explique par le plus grand n o m b r e de terres émergées, dont les reliefs formaient des golfes et des m é d i t e r r a n é e s , soumis chacun à des phénomènes particuliers tant organiques qu'inorganiques

-Si la pétrographie réunit le lias et l'oxfordien, les rapports paléontologiques sont aussi n o m b r e u x et établissent une relation non moins intime entre ces deux étages ; et cette loi posée par M Gressly que « les faciès de môme n a t u r e pétro-

» graphique et géognostique affectent dans les différents terrains des caractères

» paléontologiques très analogues et se succèdent même généralement à travers

» une série plus ou moins n o m b r e u s e de terrains superposés les u n s aux autres,» reçoit ici u n e rigoureuse application La ressemblance entre les formes organiques des fossiles est tellement frappante q u ' i l faut souvent l'œil d'un paléontologiste exercé p o u r distinguer les fossiles de ces deux étages

Les différentes espèces d'animaux q u i habitaient la mer j u r a s s i q u e , lors du dépôt d u lias, p r é s e n t e n t une organisation appropriée au milieu dans lequel elles vivaient, et offrent u n ensemble d'êtres caractéristiques des formations vaso-mar-neuses Les végétaux s'y m o n t r e n t en assez grande a b o n d a n c e , surtout dans le

grès superliasique, mais généralement ils sont indéterminables, à cause de leur

mauvais état de conservation Ils ont passé soit à l'état de bois c a r b o n i s é , comme dans le calcaire à Gryphées a r q u é e s , soit à l'état bitumineux ou de fer oxydé, ou bien on ne trouve q u e les empreintes qui sont de m ê m e n a t u r e que

la roche

Les polypiers sont r a r e s , ils appartiennent à l'ordre des s p o n g i a i r e s , à bases

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libres, ou très faibles, tels que les Cyathophyllum ; on y rencontre aussi un

Antho-phyllum et une Astrea, mais seulement dans un très petit n o m b r e d e localités et

en très petite q u a n t i t é Les Échinodermes n'y sont représentés que par deux

espèces de Pentacrines, par des A s t é r i d e s , tels q u e les genres Asterias et

Sacco-coma, caractéristiques des vases sableuses qui ont p r o d u i t les grès superliasiques,

et p a r u n e Cidaride extrêmement r a r e , dont je n'ai encore r e n c o n t r é q u e les

p i q u a n t s

Les mollusques acéphales présentent un grand développement de genres, pèces et souvent d'individus : ils appartiennent p r e s q u e tous à des coquilles libres;

d'es-les plus caractéristiques s o n t : d'es-les G r y p h é e s , Pecten, L i m e s , Plicatud'es-les, Spirifer,

T é r é b r a t u l e s , Arches, Nucules, Cardines, Trigonies, Pholadomyes, Goniomyes, Homomyes, Mactromyes et P l e u r o m y e s La p l u p a r t de ces genres sont r é p a n d u s assez uniformément dans les différentes assises basiques des M o n t s - J u r a ; c e p e n -

d a n t quelques u n s a p p a r t i e n n e n t exclusivement à quelques localités littorales et à

des basfonds assez limités A i n s i , la Trigonia navis, si abondante et si c a r a c

téristique à Gundershofen, dans le golfe alsatique, et tout le long de l'Albe w u r tembergeoise de Rottweil à E l l w a n g e n , m a n q u e complétement dans le J u r a b e r -

-nois, s o l e u r o i s , bisontin e t salinois ; la Trigonia pulchella n e se trouve aussi q u e semée çà et là, sans être jamais très abondante dans aucune localité ; les Phola-

domya Voltzii, decorata et reticulata, le Mactromya Hasina, l'Arcomya oblonga et

q u e l q u e s a u t r e s espèces, n e se trouvent q u e dans un très petit n o m b r e de

loca-l i t é s , ó ces moloca-lloca-lusques vivaient en société et par familoca-lloca-les

Les Gastéropodes n ' y sont représentés q u e par trois ou q u a t r e espèces de

Tro-chus et de Turbo, u n e Mélanie, u n e T u r r i t e l l e et u n e Nérinée q u e l'on r e n c o n t r e

très r a r e m e n t Mais en compensation les céphalopodes y a c q u i è r e n t u n

développe-m e n t gigantesque ; les espèces y sont aussi nodéveloppe-mbreuses q u e variées, et l'on p e u t regarder le lias comme le règne des céphalopodes (1) p e n d a n t la période j u r a s -sique

Les Ammonites, dont les p r e m i e r s r e p r é s e n t a n t s se m o n t r e n t dans le t e r r a i n

triasique, n'offraient alors que le genre assez r e s t r e i n t des Ceratiles (2), qui se trouve

r e m p l a c é p a r les n o m b r e u s e s espèces des Arietes, des Amalthei, des Falciferi, des Ornati, des Heterophylli, des Planulati, des Armati, e t c Chacun de ces

groupes offre u n grand n o m b r e d'espèces, distribuées avec o r d r e dans les rentes couches liasiques, et l'abondance des individus de plusieurs espèces ç a r a c -

diffé-(1) Les différents règnes des animaux mollusques et rayonnés que j'établis sont seulement relatifs aux terrains jurassiques des Monts-Jura ; et toutes les fois que j'avance une généralité sur les terrains, c'est seulement pour ceux des chaỵnes du Jura

(2) La première espèce d'Ammonites, que l'on rencontre en remontant la série des terrains, a

été trouvée dans le bunter-sandstein des environs de Strasbourg ; c'est le Ceratites Schimperi de

Buch, dont le seul exemplaire existant jusqu'à présent est déposé dans les galeries paléontologiques

du musée de cette ville, créés par les soins du savant M Voltz

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térise et sert d'horizon paléontologique p o u r les divisions de cet étage E n

g é n é r a l , les Ammonites se r e n c o n t r e n t en plus g r a n d e quantité dans les régions sub pélagiques et pélagiques q u e sur le littoral ; ces a n i m a u x , très bienorganisés

p o u r la locomotion, vivaient p a r t r o u p e s nombreuses de la m ê m e espèce, et s'éloignaient beaucoup des r i v a g e s ; les différentes espèces ne se mélangeaient pas, et dans les endroits ó les dépơts se sont opérés d'une manière régulière et tranquille, on les rencontre par familles, composées d'individus de tous âges, for-

m a n t comme de véritables nids

Les Nautiles atteignent aussi le maximum de l e u r développement p e n d a n t le

d é p ơ t du lias ; les espèces a p p a r t i e n n e n t toutes aux groupes des Striati et des

Lœvi-gati ; on les r e n c o n t r e généralement associés avec les Ammonites d e grandes

tailles et assez éloignés des cơtes; ils a p p a r t i e n n e n t , pour la p l u p a r t , à des espèces très grosses et très larges, ce qui devait leur donner une grande facilité pour la nage;

et si ceux qui vivent actuellement dans nos mers se trouvent souvent éloignés de

trois cents lieues d e tout rivage, à fortiori les espèces fossiles j u r a s s i q u e s , qui

sont beaucoup p l u s grosses, devaient-elles habiter dans des parages très éloignés des t e r r e s émergées lors de la période j u r a s s i q u e ; aussi les r e n c o n t r e - t - o n asso-ciées avec des Ammonites et des Bélemnites dans des localités tout à fait de hautes

m e r s , dans lesquelles on ne r e n c o n t r e aucun a u t r e débris d'êtres organisés Les Bélemnites q u i , j u s q u ' à présent, n'ont pas encore été rencontrées dans les

t e r r a i n s a n t é r i e u r s , se m o n t r e n t avec le lias et offrent u n e telle rapidité dans l'appartion des espèces, q u e tous les étages postérieurs réunis en renferment à peine le m ê m e n o m b r e Les espèces appartiennent exclusivement aux groupes des

Acuari et des Clavati; elles se p r é s e n t e n t o r d i n a i r e m e n t par troupes n o m b r e u s e s ,

et surtout dans les régions sub-pélagiques et de h a u t e s m e r s , ó l'on en rencontre des amas formant u n e véritable lumachelle dans les couches de calcaire marneux Les annélides n e sont r e p r é s e n t é s dans le lias q u e p a r des Serpules peu nom-

b r e u s e s Quant aux poissons et aux r e p t i l e s , on en r e n c o n t r e quelques débris tels

q u e des dents et des v e r t è b r e s , mais ils sont assez r a r e s , et paraissent limités à

q u e l q u e s localités littorales très r e s t r e i n t e s

Un caractère général q u i s'étend à tout cet ensemble de fossiles de formation vaso-marneuse non seulement l i a s i q u e , mais encore de toutes les autres faunes qui se trouvent dans des é t a g e s , composés des mêmes matières marneuses et

a r é n a c é e s , c'est q u e les espèces de corps organisés qui y règnent sont vues d'enveloppes très minces et très peu propres à résister à l'action destructive des vagues de l'Océan Les coquilles sont très faibles, à surface lisse et peu acci-

pour-d e n t é e , et elles se r e n c o n t r e n t r a r e m e n t avec leur test, qui a été facilement pour-détruit soit par les charriages, soit p a r la décomposition de la matière organique

La faune de l'étage oxfordien présente des caractères identiques avec celle du lias Les familles, les genres mêmes sont composés d'espèces qui exigent une attention minutieuse, pour les distinguer de celles qui vivaient lors du dépơt liasi-

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que Quelques g e n r e s , tels q u e les Spirifer, les Plicalules, les P o s i d o n i e s , e t c , ont disparu p o u r être remplacés par d'autres, tels que les Dysaster, les Apio-

crinites, les Cercomya, etc Les céphalopodes dominent t o u j o u r s , c e p e n d a n t

ils ont beaucoup d i m i n u é ; plusieurs genres ont disparu et les espèces assez limitées présentent des individus de petite taille Les Bélemnites surtout se trouvent extrêmement réduites ; on n'en rencontre plus que deux e s p è c e s , et en-core l'une est-elle assez r a r e ; les Nautiles sont plus f r é q u e n t s , ainsi q u e les A m -monites, dont plusieurs espèces sont extrêmement nombreuses ; mais ici elles ne peuvent plus caractériser les couches comme dans le l i a s , et les fossiles sont presque tous au m ê m e n i v e a u , q u o i q u e l'on rencontre plusieurs espèces g r o u -pées par familles et qui ne se trouvent que sur de certains points A i n s i , dans l'oxfordien, tout dénonce la décadence du règne des c é p h a l o p o d e s , q u i effec-tivement ne j o u e n t plus dans les dépơts postérieurs q u ' u n rơle tout à fait secon-daire

Les gastéropodes, un peu moins nombreux q u e dans le lias, offrent les mêmes genres Quant aux a c é p h a l e s , ils sont aussi assez abondants ; les Térébratules surtout présentent u n e grande variété d'espèces et d ' i n d i v i d u s , et c'est dans cet étage que ces brachiopodes offrent le plus grand développement On continue à y

rencontrer des G r y p h é e s , Pecten, N u c u l e s , A r c h e s , L i m e s , T r i g o n i e s , comme

dans le lias Les Pholadomyes se m o n t r e n t en plus grand n o m b r e et appartiennent aux groupes des Bucardiennes et des Cardissọdes Enfin, les Mactromyes et les Gresslyes y sont aussi représentées p a r plusieurs espèces

Les zoophytes sont assez r a r e s , et n e se r e n c o n t r e n t q u e r a r e m e n t dans les r é gions littorales ; mais on les trouve assez souvent dans les parties sub-pélagiques, représentés p a r des polypiers s p o n g i a i r e s , qui formaient de vastes nappes é t e n -dues assez i r r é g u l i è r e m e n t ; ainsi, après en avoir r e n c o n t r é de beaux bancs dans I'Argovie et le canton de Schaffouse, on les voit disparaỵtre p o u r n e plus se m o n -trer que dans la partie Sud du J u r a salinois et dans le d é p a r t e m e n t de l'Ain ; ils

-appartiennent aux genres Scyphia ou Spongites, Tragos et Cnemidium

D'après les considérations p r é c é d e n t e s , on a pu apprécier les relations intimes qui unissent les deux grands étages de formation vaso-marneuse du lias et de l'ox-fordien, séparées entre elles p a r l a formation calcaire d e l'oolite i n f é r i e u r e , q u i , comme j e le démontrerai plus l o i n , p e u t ê t r e regardée comme période de tran-sition d'organisme entre ces deux étages; et l'on a pu voir combien il serait d a n -gereux de séparer le lias d u terrain j u r a s s i q u e , dont il est un des q u a t r e grands étages Plusieurs géologues, entre autres MM de Buch, Alcide d'Orbigny et Gressly, ont depuis plusieurs années réuni ce terrain au J u r a et en me rangeant à leur avis

je crois avoir suffisamment expliqué les raisons qui m'y ont conduit

Les deux étages oolitiques inférieur et s u p é r i e u r , composés p r e s q u e sivement de calcaires oolitiques, bréchiformes et c o m p a c t e s , indiquent deux grandes formations c a l c a i r e s , alternant avec les deux formations vaso-mar-

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exclu-neuses liasique et oxfordienne Dans quelques régions l i t t o r a l e s , ces étages oolitiques calcaires sont i n t e r r o m p u s par de faibles dépơts m a r n e u x , provenant soit de la destruction d'une falaise m a r n e u s e , soit de l'action des fleuves, qui, comme on le s a i t , agissent sans i n t e r r u p t i o n , seulement avec beaucoup moins d'intensité p e n d a n t certaines p é r i o d e s Dans les vastes bassins des terrains secon-daires, comme par exemple dans l'Océan j u r a s s i q u e , ces dépơts ne se formaient point d ' u n e m a n i è r e générale; ils variaient, au c o n t r a i r e , suivant les différents affluents auxquels ils devaient leur o r i g i n e ; aussi n e sont-ils pas c o n t i n u s ,

m ê m e dans les régions l i t t o r a l e s , et leur puissance va toujours en diminuant à

m e s u r e q u e l'on s'avance dans les parages sub-pélagiques, ó, après avoir passé à l'état de calcaire m a r n e u x , ils finissent par disparaỵtre complétement

Je profite de l'occasion qui m'est offerte par ces petites formations vaso m a r neuses, p o u r d o n n e r à leur égard quelques explications que j e crois nécessaires

-M Constant Prévost, dans son mémoire sur la Chronologie des terrains et le

syn-chronisme des formations., n ' é t a b l i t pas de distinction entre les dépơts

vaso-mar-neux, qu'il regarde comme fluvio-marins, dans toutes les différentes époques logiques; il s'est contenté d'établir des faits généraux et de poser des bases qui puissent guider, suivant les théories qu'il a a d o p t é , le géologue dans l'étude des anciens bassins du globe Sans adopter entièrement les opinions de ce

géo-s a v a n t , géo-surtout relativement à l'origine exclugéo-sivement fluvio-marine degéo-s dépơtgéo-s

m a r n e u x , origine, q u i , je pense, n'a été fluvio-marine, q u e p o u r des exceptions très r a r e s , appartenant principalement à la période t e r t i a i r e , j e crois cependant nécessaire d'établir certaines distinctions dans ces dépơts, suivant qu'ils datent des différentes époques géologiques

P e n d a n t l'époque des terrains tertiaires, les dépơts fluvio-marins et neux ont joué u n très grand rơle et présentent de grandes variétés dans leur distribution Les nombreux bassins qui occupaient l'Europe, étant soumis chacun

vaso-mar-à des phénomènes particuliers, t a n t sous le r a p p o r t de la n a t u r e des dépơts q u e sous celui des corps organisés, étaient réduits à des limites assez restreintes, qui

p e r m e t t a i e n t à c h a q u e dépơt de se r é p a n d r e assez r é g u l i è r e m e n t dans tout le bassin De sorte q u ' u n dépơt d e formation vaso-marneuse p e u t être général, sans

p o u r cela avoir eu des causes sédimentaires fort c o n s i d é r a b l e s , et néanmoins il doit ê t r e considéré comme un étage d u terrain dans lequel il se t r o u v e , et non comme un simple accident local, du moment ó il se rencontre sur tous les points

du bassin Mais on conçoit alors q u ' u n dépơt qui aura pu être regardé comme formant u n étage dans un golfe ou une petite m é d i t e r r a n é e , p o u r r a bien ne plus être q u ' u n accident local (bien entendu que le dépơt est supposé formé p a r la même quantité de matières s é d i m e n t a i r e s ) , lorsqu'il aura eu lieu dans un vaste O c é a n , comme l'Océan j u r a s s i q u e , et alors on ne devra plus le considérer comme un des étages du terrain auquel il appartient, mais bien comme un accident d'une origine différente de celle de l'étage dans lequel il se trouve enclavé Or, c'est

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ce qui arrive le plus souvent pour les terrains secondaires, dont les dépơts se sont opérés dans de vastes océans, entourés d ' u n petit n o m b r e d'ỵles et de continents

De sorte q u e dans ces t e r r a i n s , les dépơts qui méritent véritablement de porter

le nom d'étage sont en petit n o m b r e et embrassent d ' é n o r m e s assises qui souvent contiennent, dans différentes localités, des couches de roches d'une origine diffé-rente de celles qui composent l'étage dans lequel elles se trouvent Mais il faut cependant établir des limites et poser les faits sur lesquels on puisse s'appuyer pour reconnaỵtre si un dépơt doit être r e g a r d é comme un des étages du terrain dans lequel il se r e n c o n t r e , ou bien s'il doit être enclavé, et regardé comme une simple subdivision des régions l i t t o r a l e s , dans l'étage de formation différente, qui se trouve au-dessus et au-dessous d e lui

Dans les bassins o c é a n i q u e s , tel q u e celui de la m e r j u r a s s i q u e d e l'Europe

c e n t r a l e , les formations vaso-marneuses n e peuvent être regardées comme étant

un étage que lorsqu'elles satisfont aux conditions suivantes : 1° les rencontrer dans toutes les régions littorales des grandes ỵles qui formaient le b a s s i n , avec des caractères a n a l o g u e s , et qui p e r m e t t e n t de les reconnaỵtre i m m é d i a t e m e n t dans les différentes localités comme étant synchroniques ; 2° il faut que dans les régions sub-pélagiques ces m ê m e s dépơts se p r é s e n t e n t encore avec u n e puissance assez notable, et qui p e r m e t t e u n e reconnaissance i m m é d i a t e , en offrant toujours les mêmes types de roches ; seulement q u e l q u e s assises sont devenues u n peu

c a l c a i r e s , et les grès ont beaucoup d i m i n u é en puissance et en matière sableuse Enfin, il faut, en troisième l i e u , q u e d a n s les régions pélagiques on les rencontre encore à l'état de calcaire m a r n e u x , p a r couches puissantes entre mêlées encore

de q u e l q u e s minces assises de m a r n e s C'est seulement l o r s q u e les dépơts font à toutes ces c o n d i t i o n s , qu'ils peuvent être regardés comme formant un étage

satis-et comme l'un des g r a n d s m e m b r e s du terrain dans lequel ils se trouvent Quant aux parages tout à fait de h a u t e s m e r s , c'est-à dire à 100 lieues des cơtes, les d é -pơts vaso-marneux ne se r e n c o n t r e n t plus q u ' a c c i d e n t e l l e m e n t sur un petit

n o m b r e d e points ó les courants océaniques viennent les déposer, et encore ne s'y montrent-ils q u e p r e s q u ' à l'état d e calcaire m a r n e u x ; c a r , d e m ê m e qu'à l'em-

b o u c h u r e des fleuves et sur q u e l q u e s cơtes, les dépơts fluvio-marins et neux sont continuels et se forment c o n s t a m m e n t ; de m ê m e , dans les régions tout

vaso-mar-à fait océaniques, les dépơts calcaires y r è g n e n t exclusivement, et ne p r é s e n t e n t

au géologue qui les explore q u ' u n e série monotone et gigantesque de calcaire

c o m p a c t e , le plus souvent n o n fossilifère

A i n s i , en a p p l i q u a n t ces principes au t e r r a i n j u r a s s i q u e , je ne considère dans

ce terrain q u e q u a t r e grands étages qui ont été reconnus dans toutes les régions littorales, sub-pélagiques et pélagiques de l'Océan j u r a s s i q u e de l'Europe c e n t r a l e ,

et qui présentent dans chacune d'elles des caractères p é t r o g r a p h i q u e s analogues

de même q u ' u n ensemble d'êtres assez s e m b l a b l e s , dont p l u s i e u r s espèces se retrouvent p a r t o u t ó l'on r e n c o n t r e l'étage Cependant je dois d i r e que ces

Ngày đăng: 23/11/2018, 23:25

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