Ces couches d'ardoises relevées et plus ou moins disloquées et culbutées au voisinage de la roche primitive, sont remplies de cristaux de fer sulfuré ordinai-rement décomposés, semés dan
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E S S A I SUR
LA F O R M E E T L A C O N S T I T U T I O N D E L A CHAINE D E S R O U S S E S , E N O I S A N S ;
P A R M D A U S S E
Lu à la Société géologique le 4 mars 1834
En allant de Grenoble au B o u r g - d ' O i s a n s , au point ó la profonde gorge de
la Romanche s'ouvre sur la petite plaine des Sables dans le prolongement de
laquelle est bâti le b o u r g , on découvre tout-à-coup devant soi la haute chaỵne
des Rousses
L e croquis, fig 1 , p l vin, ne saurait rendre ce que ce spectacle a de frappant;
mais il donne la silhouette et quelques traits distinctifs de cette imposante
m a s s e , s'élevant comme une muraille colossale
L a c r ê t e , qui d'abord appelle le regard, présente une arête continue,
tran-chante, çà et là plus ou moins dentelée, et paraissant suivre une ligne à peu
près droite sur une étendue considérable L e s longs escarpemens ou talus relevés
qu'elle couronne sont si abruptes q u e les neiges ne peuvent s'y maintenir;
elles glissent et s'amassent au pied de ces escarpemens qu'elles dessinent
Ces neiges éternelles et des lambeaux de glaciers pendans par quelques
échan-crures font ressortir encore l'élévation extraordinaire de cette crête; elle
atteint près de 3,ooo mètres au-dessus du spectateur, qui n'en est guère éloigné
que d'un myriamètre L'altitude du point culminant, la pointe de l'Étendart,
est de 3 , 6 2 9 mètres suivant M Héricart de Thury
L a pente totale de la chaỵne, mesurée transversalement du sommet au pied,
est d'environ 2 de base pour 1 de hauteur, ou de près de 2 70; l'inégale
trans-parence de la haute région des cimes et du fond de la vallée fait juger cette pente
beaucoup plus rapide, illusion qu'on éprouve sans cesse dans les Alpes
Toutefois ce vaste talus est c o u p é , comme l'indique le c r o q u i s , par divers
étages dont deux principaux : l'un m a r q u é par les amas de neige dont j ' a i
parlé, forme le dessus des Petites-Rousses, au pied de l'escarpement des
Grandes-Rousses; l'autre, inférieur, s'étend le long du pied des
Balmes-Rousses qui présentent un second escarpement presque à p i c , continu aussi,
et à peu près parallèle au premier On remarque encore au-dessous d'autres
Soc GÉOL — TOM 2 — Mém n° 6 17
Trang 2grands escarpemens moins réguliers, mais pourtant dirigés, en général, comme les supérieurs
Enfin, ce qui frappe également à la première vue de ces montagnes, c'est l'aride nudité des roches de nature évidemment primitive qui les constituent,
et leur couleur o c r e u s e , rousse, d'ó la chaỵne tire son nom
Telles se m o n t r e n t , en venant du c o u c h a n t , ces hautes montagnes que j'ai visitées en 1 8 3 2 , dans le dessein d'y vérifier quelques unes des observations publiées en 1 8 5 9 et 18S34 ( I ) p a r m o n ami, M Élie de Beaumont, J e vais donner les m i e n n e s , quelles qu'elles s o i e n t , parce qu'elles se rapportent à un groupe que ce géologue n'a pas spécialement examiné J e ne suivrai d'autre ordre que celui de mon e x p l o r a t i o n ; mais j e tâcherai de réduire un p e u les longueurs d'un journal au moyen des croquis rassemblés dans les planches VIII et I X , et de l'esquisse topographique de la planche x N'ayant pu donner q u e peu de jours, non exempts de pluie et de neige quoiqu'au mois d'aỏt, à cette exploration qui en ẻt exigé beaucoup plus de ma p a r t , je suis condamné à regret à cette forme peu méthodique d'exposition
Remontant la R o m a n c h e , au-dessus du Bourg-d'Oisans et puis le F é r a n , j'allai d'abord chercher dans cette direction la limite des terrains primitif et secon-daire, et j e la suivis j u s q u ' a u col de la croix de la Petite-Olle, c'est-à-dire sur toute la longueur du versant oriental de la chaỵne, et ensuite, en rebrous-sant c h e m i n , le long de l'autre versant que j ' a i d'abord envisagé J'ai figuré cette limite et m a trace sur la carte et cherché à y exprimer la forme des m o n -tagnes circonvoisines
J e marchai sur le terrain primitif j u s q u e s au-delà de la petite galerie de la route impériale du L a u t a r e t , sauf en deux p o i n t s , l'un un peu avant la grande galerie qu'on rencontre la p r e m i è r e , l'autre entre les deux galeries L a roche secondaire de ces passages, dépendante du grès à anthracite, est telle et si bien encastrée dans la roche primitive, qu'il n'est pas toujours facile de les distin-guer l'une de l'autre et de saisir leurs limites
L a stratification de la roche primitive est notée en quelques points sur la carte
A la R i v o i r e , les feuillets du gneiss ou schiste talqueux courent à peu près N.-S
m a g n é t i q u e , plongeant s o u s un très grand angle vers l ' E Environ 3 o o mèt avant l'entrée de la grande galerie, le plongement se rapproche du N - E A l'origine de l'encorbellement qui précède la petite galerie, ce plongement a lieu sous un angle de 6 0 à 7 0 ° , à l ' E un quart S - E
L a roche de la grande galerie est remarquable, en ce qu'elle est essentiellement feldspathique; celle de la petite est g r e n u e , de couleur verte, contenant du quarz
et veinée de spath calcaire
( 1 ) Tome V des Mémoires de la Société d'histoire naturelle de Paris, et Annales des
Mines, 3 série, tome V
Trang 3L a butte sur laquelle est bâtie l'église Misoin m'a paru formée de gneiss, comme la montagne opposée dite de Clavans
L e calcaire commence à se montrer au fond de la gorge intermédiaire, près du pont dépendant du chemin de Misoin a u village de Clavans D e ce point, j u s -ques au-dessus de ce dernier village, le torrent forme la limite des deux terrains
L e terrain secondaire est l'ardoise ou schiste argilo-calcaire noir des A l p e s , avec b é l e m n i t e s , fournissant quelquefois l'ardoise tégulaire et correspondant, d'après M Élie de B e a u m o n t , a u lias et à la partie inférieure du système ooli-thique
Au P é r o n , l'ardoise est passée sur le versant droit du F é r a n , et s'appuie sur
le pied des Rousses E n contemplant de là et de plus haut le flanc opposé de la
g o r g e , formé d'arides escarpemens couronnés de p â t u r a g e s , on compte les couches de la formation calcaire dont la tranche paraît dans les escarpemens,
et dont la trace est encore reconnaissable sous les pâturages supérieurs Ces
cou-c h e s , sur toute l'étendue qu'on embrasse et aussi loin qu'on les distingue, vent toutes manifestement vers la chaîne des Rousses, ou s'appuient sur son pied, dirigées conséquemment comme cette c h a î n e , ou comme le cours général d u torrent, au N o r d 15 à 20 degrés Est L'angle de relèvement est de 3o à 4o degrés
relè-à p e i n e , par r a p p o r t a l'horizon; m a i s , sur la rive droite, il devient b e a u c o u p plus considérable, et il atteint et dépasse même 9 0 d e g r é s , tout près o u au contact de la roche primitive L e s hauteurs au-dessus du Péron présentent ce relèvement croissant et ce renversement des couches calcaires L a fig ! , pl i x , exprime le fait avec vérité
Ces couches d'ardoises relevées et plus ou moins disloquées et culbutées au voisinage de la roche primitive, sont remplies de cristaux de fer sulfuré ordinai-rement décomposés, semés dans les feuillets souvent par traînées de bas en
h a u t , comme auraient pu les déposer des exhalaisons émanées de l'intérieur Plus h a u t , j ' a i trouvé le contact des deux roches intim e, le plan d'union étant ou presque, ou tout-à-fait vertical, et parfois même un peu renversé L ' a r -doise est appliquée contre la roche primitive et soudée par un ciment ferru-gineux dont elle est imprégnée Ce ciment s'est même insinué, intercalé entre les feuillets de l'ardoise; il a pénétré aussi ou s'est fondu dans le gneiss et en
a fait un minerai de fer ou une roche qui en a l'apparence
Un peu au-delà, la roche primitive s'appuie manifestement sur l'ardoise dans une étendue de 3 à 400 mètres L e s débris de la roche primitive recouvrent
la pente inférieure que divers affleuremens d'ardoise prouvent être formée de cette dernière roche Cet éboulement a repoussé le torrent dans cette partie de
la vallée, comme le montre la carte
Sur une certaine longueur, des esquilles délabrées de roches primitives, en forme de corniche, surplombent au-dessus de l'ardoise et affectent une direction généralement normale à la surface extérieure de la roche Ce fait est exprimé par
Trang 4la fig 3 de la planche I X , qui représente la coupe correspondante de la gorge
du Féran En deux points, on observe le contact même du gneiss et de l'ardoise, suivant un plan tombant vers le F é r a n , sous une inclinaison d'environ 4 de hauteur pour 3 de b a s e , ou de 53 degrés
A ce contact, et j u s q u ' à plusieurs décimètres, l'ardoise est méconnaissable
La roche primitive est également très altérée j u s q u ' à une grande distance L ' a l tération la plus apparente de cette roche consiste dans la couleur que lui c o m -munique le fer dont elle est imprégnée, et dans ses divisions extraordinaires Elle est d'ailleurs sillonnée de filons quarzeux métallifères Un grand nombre
-de traces -de mines diverses se montrent çà et là et ont été recherchées
En un point, qui est enluminé en conséquence sur la carte, se montrent de gros blocs d'un calcaire semi-saccharọde noirâtre; e t , si j e ne m e t r o m p e ,
il y a a u contact même quelques traces de grès L'apparence de ces blocs est bizarre et fort distincte dans l'aspect si curieux de cette partie de la montagne Ils sont là tout-à-fait à la limite des deux terrains, discontinus entre eux et sans divisions régulières On en trouve aussi des débris dans l'éboulis dont j'ai parlé (fig 3 citée)
Immédiatement en amont, sur environ 2 0 0 m., la roche primitive s'appuie être encore légèrement, mais confusément, sur l'ardoise; celle-ci s'abaisse ensuite vers le torrent, puis remonte j u s q u ' a u x Valettes, ó elle paraỵt s'élever de part
peut-et d'autre de l'écoulement des glaciers de la tête du S a u v a g e , en s'adossant à
la b a s e escarpée de la montagne L e vallon intermédiaire est une profonde échancrure dans l'ardoise; d'innombrables et volumineux blocs de grès à an-thracite, à gros fragmens mal a r r o n d i s , en jonchent le fond, surtout vers le pied de l'escarpement sur les hauteurs duquel cette roche existe conséquem-ment En un point du contact de l'ardoise avec la roche primitive, à cette origine du vallon, j ' a i retrouvé le calcaire massif n o i r , semi-saccharọde Des Valettes, par le col de ce n o m , limite de la France avec la S a v o i e , j e gravis la haute crête à laquelle va se terminer b r u s q u e m e n t , en montant tou-
j o u r s vers la chaỵne primitive, la formation d'ardoise Cette c r ê t e , qui forme un alignement tendant de la tête du Sauvage vers Saint-Sorlin, ou au N o r d - N o r d -
E s t , s'abaisse par degrés en s'éloignant de cette montagne Ses dentelures ont quelque chose d'uniforme : leur pente est roide et courte à l'amont, médiocre
et très allongée à l'aval Cette disposition, dont la fig 5 de la planche VIII donne une légère i d é e , est singulièrement frappante Une autre m o n t a g n e , qui forme pendant à celle des Valettes, sur le revers opposé des R o u s s e s , et dont il sera
question plus loin, Cơte-Belle, n'est pas moins remarquable par la même cause
On croit voir, en effet, dans ces grands corps inertes un concours d'êtres animés tournés, dressés, penchés vers un même objet, comme pour se jeter sur lui ou le voir à l'envi, suivant la saisissante image de Saussure (Voyages Cramont, § 916.)
L e versant oriental de cette petite chaỵne calcaire, comme le col des Valettes
Trang 5qui s'y rattache, présente donc des pentes m o d é r é e s , offrant une surface m a melonnée et revêtue de p e l o u s e ; le versant opposé est un escarpement a r i d e , d'équerre au plan des couches, comme ceux du F é r a n , et naturellement dans
-la direction de -la crête considérée ci-dessus qui en est le résultat L e s couches, d'ailleurs, ne sont plus dirigées comme auprès de Clavans et du P é r o n ; elles ont notablement tourné vers le n o r d , mais elles montent toujours directement vers
le sommet des R o u s s e s , à l'Ouest-Sud-Ouest, ainsi q u e j e l'ai dit et que l'indique
le simple aspect extérieur de la montagne qu'elles constituent
Des sommités de cette m o n t a g n e , on jouit d'une magnifique vue sur les Alpes C'est de l'une d'elles, marquée de l'astérique A sur la c a r t e , q u e j ' a i pris
le croquis fig 5 Sur la g a u c h e , est cette m ê m e crête dentelée et ascendante vers la montagne du Sauvage; sur la droite, les sombres rochers de Billian, au-delà de l'Olle; au milieu, la haute chaỵne qui nous occupe Sa longue croupe inclinée est chargée de glaciers et de neiges épaisses descendant très b a s dans la gorge qui résulte de la b r u s q u e cessation de la formation calcaire et qui est exposée au N o r d L a longueur de ce vaste amas de neiges éternelles suit n a t u -rellement la direction générale de la chaỵne qu'elle couronne magnifiquement
L a disposition d e cette croupe des Rousses en pente m o d é r é e , ment aux escarpemens du versant opposé ó les neiges ne peuvent s'arrêter, est sans doute une circonstance essentielle de leur structure
comparative-Du m ê m e lieu, on voit fort bien la limite de l'ardoise et de la roche primitive
j u s q u e par-delà le col de la Petite-Olle, au Sud de Saint-Sorlin L a forme du dơme calcaire o b l o n g , placé entre ce village et le spectateur, indique le relèvement des couches qui le constituent vers le sommet des Rousses, lequel est dans cette partie le Gros-Paron L a carte figure cette limite que je vérifiai de près
J e ne quittai pas sans regret, quelque froid vif qui y régnât, le belvédère ó
je venais de m'arrêter L a descente par l'escarpement dans la gorge du glacier fut dangereuse : pendant la nuit, il était tombé de la neige q u e les aspérités avaient retenue çà et l à , et q u i , en fondant aux rayons du soleil, rendait la roche glis-sante Du moins j'observai ainsi de près cette coupe curieuse de la forma-tion calcaire; ensuite, du revers opposé de la g o r g e , j e l'examinai dans son ensemble et sur toute son étendue : c'est une fente rectiligne dans l'épais-seur d'une telle formation, opérée avec un certain désordre qui inspire irrésistiblement l'idée d'une action mécanique violente, s'alliant d'elle-même dans l'esprit avec la cause naturelle de la rupture et du relèvement des couches Quelque juste répugnance qu'on puisse avoir à systématiser dans cette matière, quand on figure de longues coupes vraies des R o u s s e s , de leur s o m m e t , à Cla-vans ou au Péron, à la montagne des Valettes, et vers d'autres points de l'ho-rizon, il est impossible de repousser cette conjecture qui devient plus o b s é -dante à mesure qu'on observe et qu'on étudie davantage ces montagnes
L e revers gauche de la gorge du glacier est de grès à anthracite L'ardoise
Trang 6s'appuie sur cette roche sur une longueur considérable, ce qu'on voit tement le long du torrent sortant du glacier Ce grès f o r m e , dans la direction de
parfai-la g o r g e , une bande fort parfai-large qui est figurée approximativement sur parfai-la carte
On retrouve ensuite la roche primitive : c'est un gneiss semblant passer quelquefois au schiste t a l q u e u x ; il est constamment sillonné de filons nombreux
de quarz avec divers métaux
L a chaỵne des R o u s s e s a véritablement cessé au col fort b a s de la
Petite-O l l e , p a r ó l'on c o m m u n i q u e de Saint-Sorlin-d'Arve aux beaux pâturages de
la vallée de l'Olle C'est la dernière nervure de cette c h a ỵ n e , et ce qui la tache à la chaỵne des Alpes primitives la plus occidentale, chaỵne b e a u c o u p plus étendue et plus considérable, dont le Grand-Charnier, le pic de Belledonne et
rat-m ê rat-m e le Taillefer font p a r t i e , et dont la direction est p r e s q u e parallèle à celle des R o u s s e s ( I )
( I ) Cette chaỵne, en projection verticale comme en projection horizontale, tient le milieu entre celle dont il vient d'être question et le massif signalé par M Elie de Beaumont et que domine le Mont-Pelvoux, la plus haute montagne de France L'altitude de cette sommité
est en effet de 4,105 mètres ( D e s c r i p t i o n géométrique de la France, par M Puissant 1832);
celle du sommet des Rousses, comme j e l'ai d i t , de 3,629 mètres, et celle des trois montagnes principales citées dans la partie voisine de Ja grande chaỵne occidentale, de moins de 3,ooo mè-
tres, et précisément de 2,559 mètres pour le Grand-Charnier ( S t a t i s t i q u e du déparlement de l'Isère, par M Gueymard I 8 3 I ) , de 3,982 mètres pour Belledonne, et de 2,861 mètres pour le Taillefer ( D e s c r i p t i o n géométrique de la France, citée) L a longue chaỵne juras-
sique de la Chartreuse, qui se prolonge au-delà de sa rupture par le défilé de V o r e p p e ,
et qui n'est séparée de la précédente que par cette partie de la vallée de l'Isère qu'on appelle Grésivaudan, donne un quatrième terme à cette série décroissante Ses principales sommités sont le Granier, de 1,937 mètres; le Grand-Som, au-dessus de la Chartreuse, de 2,o3o mètres; la S u r e , près Voreppe, de 1,923 mètres; la Moucherolle, de 3,288 mètres, etc ( même
Description de la France, citée ) : aussi celte chaỵne ne présente-t-elle plus de ces neiges
éternelles, caractéristiques des véritables Alpes, dont les croupes des autres chaỵnes ou groupes conservent des masses proportionnées à leur rang dans la série On peut remarquer, d'ailleurs, que les Rousses, qui sont en quelque sorte un rameau de la grande chaỵne occiden- tale alpine qu'elles touchent par un b o u t , sont séparées topographiquement, à leur autre extrémité, du colossal massif du Pelvoux, par la fente profonde et très étendue de la Roman- che J e m'arrête l à , parce qu'il serait hâtif d'induire de rapprochemens superficiels à d'autres rapports Ou peut bien dire, si j e ne me trompe, que les forces qui ont soulevé les montagnes ont agi tantơt par places circonscrites et quelquefois par points alignés, tantơt et plus fréquem- ment, suivant des lignes parallèles plus ou moins étendues, et que leur intensité a été propor- tionnelle à la grandeur des masses mues et à la hauteur ó elles ont été portées; mais de telles forces ayant fait éclater leur action dans la même région, ayant joué pour ainsi dire sur le même échiquier, non pas une fois, mais à reprises répétées, et ces actions intermittentes s'étant néces- sairement influencées, soit qu'elles tendissent à s'ajouter ou à s'annuler, soit que le fractionne- ment graduel des masses rendỵt à proportion leur; jeu plus l i b r e , il ne saurait appartenir qu'aux plus savans et aux plus persévérans observateurs de démêler des effets si compliqués, ainsi que tous les cataclysmes qui les ont produits, et de fonder alors une théorie
Trang 7De ce col, en descendant le cours de l ' O l l e , on voit d'abord l'ardoise paraître sur la d r o i t e , après avoir fait le tour du petit dôme primitif domi-nant au Nord ledit c o l , puis monter alternativement contre le pied des montagnes de gauche et de droite de la vallée Ce qu'on en trouve dans
re-la première d i s p o s i t i o n , n'est qu'un faible re-lambeau entre deux proéminences primitives Au contact des deux r o c h e s , en un point tout voisin de l'Olle et qui est indiqué sur la c a r t e , existe une masse d'un calcaire remarqua-ble par sa couleur blanchâtre, par sa dureté, par les nombreux filons spathi-ques qu'il présente et par sa division en couches épaisses Ces couches relèvent sous environ 3o degrés, vers l'Ouest, comme celles du schiste talqueux infé-rieur A l ' a v a l , sur une longueur c o n s i d é r a b l e , l'ardoise ne se rencontre plus que sur la rive droite de l'Olle, qui fait sa limite avec la roche primitive du pied des Rousses Elle forme de ce côté de hautes collines mamelonnées, g é -néralement gazonnées, q u i , d'une p a r t , en s'épaississant et en conservant une grande hauteur, vont se prolonger entre la chaîne du Grand-Charnier et le col
de la Petite-Olle, et q u i , de l'autre p a r t , en se rétrécissant et s'abaissant, vont finir d e biais le long du cours de la rivière
L a forme extérieure de ces masses montre q u e les couches qui les constituent montent généralement vers la grande chaîne occidentale alpine Au-delà, l'ar-doise reparaît sur la rive g a u c h e de l'Olle, et, t o u t - à - c o u p , avec un relèvement
o p p o s é , c'est-à-dire montant vers les R o u s s e s , elle va former également de hautes collines à pâturages en s'élevant graduellement en écharpe contre le flanc escarpé de ces montagnes L e seul aspect de ces collines dévoile encore
leur s t r u c t u r e , et la vue (fig 2, pl VIII) prise de la pente en regard de C ô t e
-B e l l e , met en évidence la grandeur du relèvement et son accroissement vers
le contact du massif primitif, ce qui s'est présenté semblablement sur le flanc opposé de la chaîne des Rousses
L'ardoise forme ensuite cette montagne de Côte-Belle dont les couches vent fortement vers les R o u s s e s , et dont l'aspect a été précédemment c o m p a r é
relè-à celui de la montagne des Valettes
Plus loin e n c o r e , en continuant à tendre au m i d i , après un retour sur
lui-m ê lui-m e , et en se rétrécissant, ce lui-m ê lui-m e terrain d'ardoise flanque le pied de carpement oriental de la montagne isolée et pyramidale de C r o u z e s ; il forme enfin en se dilatant beaucoup à partir des villages d'Oz et de L a n v e r s i n , tou-
l'esj o u r s parallèlement aux R o u s s e s , une longue b a n d e dans laquelle sont c o m pris A l l e m o n t , le V i l l a r d - R e c u l a s , Oulles, etc., et qui touche d'une part au Bourg-d'Oisans, et de l'autre s'appuie contre le flanc oriental des montagnes de l'Infernet et du Taillefer
-L e relèvement de cette bande d'ardoise, qui n'a p u être originairement
Trang 8for-niée que de niveau, alternativement sur l'un et sur l'autre versant de l'Olle, est assurément remarquable; il n'a sans doute pu résulter que de la p o u s s é e , vrai-semblablement simultanée, des chaỵnes de montagnes séparées p a r l a vallée ou gorge de ce nom
Ayant été surpris par la pluie à la Grande-Maison, à l'extrémité du dépơt doise de la partie supérieure de la vallée de l'Olle, j e ne pus immédiatement continuer à suivre cette formation dont j e viens cependant d'indiquer le p r o -longement; j e me réfugiai d'abord au village d'Oz et ensuite au B o u r g - d ' O i -
d'ar-s a n d'ar-s , e n ded'ar-scendant l'âpre gorge coudée que d'ar-suit l'Olle A la cad'ar-scade ded'ar-s
Sept-L a u x (les sept lacs) A peu de distance en amont du Rivier, la roche est un beau granité, le premier q u e je rencontrasse en place dans ma course On sait qu'il abonde sur la h a u t e u r , autour du singulier emplacement de ces lacs L a g o r g e , généralement très resserrée, très profonde et à pente presque à p i c , présente des déchiremens h a r d i s , à vive arête C'est évidemment une fente ou crevasse opérée par rupture dans une masse tout-à-fait s o l i d e , au moins en général Après avoir fait le tour du groupe oblong des R o u s s e s , j e cherchai à en é t u -dier le milieu et le faỵte, complétant, chemin faisant, l'examen du pourtour D u Bourg-d'Oisans j e montai, par le Châtelard et le G u a , sur la crête de l'Herpia, d'ó j e descendis au lac Blanc et au col de C o u a r d ; p u i s , par les g o r g e s
de Flumay et de Vaujany, j e revins à O z , pour remonter par le Besset aux lacs voisins de l'origine de la rigole de Villard-Reculas; et de l à , traversant les beaux pâturages d'Hucz, j e passai encore au G u a , et je revins finalement au Bourg-d'Oisans, par le col de Cluy, par Auris et par la Balme Cette route est tracée sur la carte avec indication du sens de la marche
L ' â p r e escarpement rocheux qui fait face au B o u r g - d ' O i s a n s , sur la droite de
la R o m a n c h e , entre le pont St-Guillenne et la cascade de la Sarenne sous la
Garde, est taillé dans le gneiss En montant de cette cascade au Châtelard, on voit constamment le gneiss plonger au N o r d - E s t , sous un angle d'environ 5o deg avec l'horizon; il en est de même sur le flanc opposé du t o r r e n t , autour de la Garde U n e mine de fer oxidé-hydraté s'exploite sous ce village
A l'orient du hameau de la Ville, audessus de la petite culture qui en d é
-p e n d , on rencontre l'ardoise en -place, -plongeant au Sud-Est On -peut suivre au-delà la limite de cette formation et du g n e i s s , lequel p l o n g e , comme on l'a dit, au N o r d - E s t L'ardoise offre un moment la direction Nord-Ouest un peu Nord Au Châtelard un calcaire massif, ici gris-bleuâtre, là gris-noir ou j a u -nâtre, plus ou moins clair, très d u r , à cassure conchọde et en couches épaisses peu éloignées du niveau, remplace l'ardoise et forme chapeau sur une butte
de gneiss Cette roche calcaire abonde en filons quarzeux et est accompagnée
de cargneule On la voit en contact immédiat avec le dessus du gneiss dont les divisions sont on ne peut plus discordantes avec les siennes, et qui présente
Trang 9une surface fort unie de roche vive Avant ce point, là ó l'on trouvait encore
l'ardoise, il était impossible de voir le contact même des deux formations,
contact si net ici et si frappant
Au-delà du Chatelard, laissant un peu à droite l'ardoise qui va former de ce cơté
tout le haut dơme à pâturages des Marones et de l'Ome-d'Auris, on marche
quelque temps sur le grès à anthracite, divisé en couches peu distinctes, qui
courent à peu près N o r d - S u d , plongent sous un très grand angle à l ' E s t , et
sont encaissées dans le gneiss
Continuant vers le G u a , on reconnaỵt sans cesse la stratification de la roche
qui constitue tout l'escarpement droit de la Sarenne depuis H u e z , et les buttes
saillantes à l'orient des granges d'Huez L a direction est encore à p e u près
N o r d - S u d , avec plongement vers l'Est
Du G u a , montant au N o r d - E s t , et puis au N o r d , on voit le gneiss passer
a u schiste talqueux et se diriger au Nord -Nord-Ouest, en plongeant toujours
vers l'Est D e cette pente méridionale des R o u s s e s , on d i s t i n g u e , à la trace des
couches calcaires qui constituent la partie en regard du dơme des Marones,
sur toute la hauteur de la formation, le prolongement de ces couches à l'Est
Sud-Est Nonobstant la gorge intermédiaire de la Sarenne, le dơme primitif
rocheux à l'Orient du col de Cluy est manifestement formé par le prolongement
des couches de gneiss de la pente opposée dont j e viens de parler, lesquelles
affectent même direction en masse et même plongement à l'Est un peu Nord
Montant toujours le flanc méridional des Rousses, on ne tarde pas à
retrou-ver en place la formation anthraciteuse qu'annoncent de plus en plus de
nom-breux débris Elle forme une bande encaissée dans la roche primitive, suivant
sa stratification ou dirigée entre le N o r d vrai et le N o r d magnétique, et
ascen-dante vers le pied du haut escarpement oriental des Rousses Quelques
exploita-tions d'anthracite y sont ouvertes au fond d'un sillon marqué dans la longueur
de cette formation
Toute la partie des R o u s s e s , supérieure à cette b a n d e secondaire, qui présente
un grand escarpement aride terminé par une crête tranchante, laquelle
s'in-fléchit un p e u vers l'orient à son extrémité et s'abaisse continuellement en
même temps pour aller finir à la S a r e n n e ; toute cette partie des Rousses est
formée d'un gneiss très feldspathique et très schisteux, pour ne pas dire
de schiste talqueux L a direction des couches est toujours à peu près parallèle
à la longueur de la chaỵne; leur plongement vers l'Est n'est pas moins
con-stant D u dernier sommet de la crête en q u e s t i o n , j ' a i fait le croquis fig 4,
pl XI, qui donnera une idée de cette arète si v i v e ; il représente en même temps
comment la chaỵne se termine sur son épaisseur, en dedans de cette arète ou
crête L e s p e n t e s , de ce c ơ t é , sont généralement moins escarpées qu'au c o u
-c h a n t ; la même disposition a été remarquée à l'autre l'extrémité de la -chaỵne
Entre cette crête et une autre crête de g n e i s s , plus hardie encore et de hauteur
Trang 10décroissante aussi vers le midi, existe une dépression singulière, une sorte de cratère informe Cette d é p r e s s i o n , après divers ressauts graduels du s o l , s'étend
au Nord, entre les prolongemens plus ou moins irréguliers de ces crêtes, en teau affaissé que couvre le long glacier dont nous avons précédemment con-templé le pan opposé ( c r o q u i s fig 5) Du fond de cette dépression à l'extré-mité voisine du glacier, règne une bande de grès à anthracite, à peu près de niveau au fond m ê m e ; au-dessus, cette bande court et plonge comme la roche primitive de droite et de gauche, sauf sur une certaine étendue ó elle offre
pla-un mamelon rocheux singulier, qui est formé de couches vỏtées à peu près comme sa surface ou disposées comme les feuillets d'un artichaut Ces couches sont d'ailleurs plus ou moins disloquées, désordonnées, ravinées, et leur aspect est rendu encore plus frappant par la couleur ferrugineuse dont elles sont em-preintes de toute part E n un p o i n t , il y a si peu de distance entre le gneiss
et le g r è s , à stratification concordante et plongeant à l'Est sous un angle d'environ 75 d e g r é s , que la première roche s'appuie peut-être légèrement sur
la seconde, ou qu'au moins l'encastrement a lieu là à paroi à peu près verticale
J e présume que la formation de grès se prolonge au Nord dans la croupe des
R o u s s e s , sous le glacier On voit une fosse à anthracite à la partie inférieure de
ce lambeau, près du Châlet le plus élevé de ce versant méridional des Rousses Tout ce versant, compris entre la bande secondaire dont il vient d'être ques-tion, le glacier et la crête, offre généralement la même r o c h e , c'est-à-dire un gneiss voisin du schiste talqueux, constamment roussi par le fer et présentant très fréquemment des filons de fer oligiste En un point rapproché de la crête, existe un banc presque vertical et dirigé à peu près parallèlement à la c r ê t e ;
il attire le regard par sa saillie et sa couleur claire L e quarz y a b o n d e , et il présente des druses remplies de belles cristallisations qu'on a exploitées A u -
d e s s u s , la pente fort escarpée est difficile à gravir, quoiqu'elle le soit dant moins que celle opposée ou tournée au couchant
cepen-Toute la partie de la crête que j ' a i suivie offre toujours la même roche que j'ai désignée, courant comme la crête dont la direction résulte évidemment
de cette circonstance, et plongeant constamment vers l ' E s t , ou plus sément à l'Est-Sud-Est
préci-J'avais à peine atteint cette cime de l'Herpia q u e le brouillard l'a subitement enveloppée et ne m'a plus permis que par momens et incomplètement la vue des Rousses q u e j e m'étais promise Cette cime ou arête est constamment très vive, coupante, pour ainsi d i r e ; j ' y ai retrouvé le tas de pierres qui a dû servir
au signal géodésique de feu M le capitaine Durand A u - d e l à , en continuant à
la suivre vers le N o r d , elle devient impraticable, étant formée des pointes aiguës de lambeaux de rochers mal assis : sans doute qu'il y a là modification
ou changement dans la nature de cette r o c h e ; l'indicible difficulté des lieux, par le brouillard, ne m'a pas permis de le constater
Trang 11L a descente du grand escarpement occidental est périlleuse; c'est presque partout un précipice Il fallut nous accrocher au rocher des mains et des pieds, presque sans c e s s e , et quelquefois tailler des gradins dans la neige glacée Quand
on serait favorisé p a r l e plus beau temps et par une saison de sécheresse, il s e rait imprudent de s'aventurer sans guide dans de tels lieux, que la bise glaciale enveloppe souvent tout-à-coup de ces épais brouillards qui semblent alors ôler avec la vue l'espoir du salut
-Après le gneiss schisteux, brun roussâtre et métallifère, qui m'a paru tuer assez uniformément l'Herpia, j ' a i rencontré dans cette descente scabreuse
consti-le terrain anthraciteux, en couches parallèconsti-les au schiste primitif, et reconsti-levant sous environ 5o degrés a l'Ouest-Nord-Ouest L e grès se voit d'ailleurs si près au-dessous de la seconde r o c h e , qu'on est forcé de reconnaître que celle-ci s'appuie sur lui Un peu plus b a s , à une espèce de c o l , le grès relève au Nord sous 4o d e g r é s , et forme ensuite, sur la g a u c h e , une haute butte taillée à pic
du côté du Lac Blanc qu'elle domine C'est cette balme à pic, noirâtre, parallèle
à la chaîne, qu'on aperçoit de loin et qu'indiquent les vues 1 et 3 de la che VIII L e relèvement des couches de cette butte a lieu moyennement vers l'Ouest sous un angle faible
plan-En continuant à descendre dans la direction du N o r d , j ' a i marché sur le gneiss tantôt vert et schisteux, à feuillets rapprochés et parallèles, tantôt blanc rou-
g e â t r e , à feuillets épais ou en couches puissantes, semblant même quelquefois
passer au granite massif C ' e s t , à cela près p e u t ê t r e , le g r a n i t e veiné de S a u s
-s u r e , dé-signation q u e la vue de la roche rappelle -singulièrement
J e laissais alors sur ma droite le terrain anthraciteux se dirigeant vers la crête des Rousses dans la direction de l'Étendart L e s nombreux blocs de grès que j e trouvais sur le granit veiné me prouvaient ce prolongement de la formation s e -condaire que le brouillard continuait à m'empêcher de reconnaître direc-tement P u i s , j ' a i de nouveau marché sur le même grès encastré dans la roche primitive, la bande ascendante s'élargissant ou se ramifiant dans cette par-tie avant de revenir vers la haute crête L e granit veiné reparaît immédiate-ment a p r è s , et règne ensuite jusqu'au col de Couard En général, le plateau des Petites-Rousses tout entier, c'est-à-dire tous les mamelons et sillons si divers compris entre l'escarpement des Grandes-Rousses et les balmes du même n o m , sont essentiellement formés de cette roche D'innombrables traces de grandes exploitations métalliques, d'une époque très reculée, subsistent dans tout cet
e s p a c e , qui est criblé de filons métalliques dont aucun de quelque importance n'a peut-être été négligé M Héricart de Thury a cherché à soulever le voile qui
couvrait l'histoire de ces grands et anciens travaux (Journal des mines, t X X I I ) ;
J e donne en appendix un extrait de son précieux travail, trop essentiel à l'objet
du mien pour que j e m e borne à y renvoyer
En continuant vers le col de C o u a r d , le long de cette sorte d'étage qui forme
Trang 12le dessus des Petites-Rousses, on rencontre bientôt, vêtissant le fond primitif, une roche singulière dont il sera beaucoup question dans ce qui suit C'est un calcaire compacte très dur, uni et éminemment conchoĩde dans sa c a s s u r e , de couleur c l a i r e , j a u n â t r e , e t , à la s u r f a c e , couleur de rouille L e s nombreux filons, veines et nodules quarzeux qu'il renferme forment saillie sur cette sur-face, qui est d'ailleurs quelquefois profondément striée par l'action des eaux pluviales, comme il arrive à d'autres calcaires Cette roche forme divers l a m -beaux de peu d'épaisseur, pendant du pied du grand escarpement vers les thal-wegs du plateau, occupant ces thalwegs, s'y réunissant, et les suivant dans leur longueur qui a la direction du plateau ou de la chaîne L a carte indique la forme
et la disposition de cette espèce de coulée ou plutôt de nappe en l a m b e a u x , qu'ont ouverte et que suivent sur toute sa longueur les écoulemens des glaciers qui forment les sources du torrent de la Cochette L a nappe n'a partout qu'une faible épaisseur assez uniforme, croissante pourtant un peu vers l'aval Partout
où le contact est visible, ce qui est fréquent, elle se montre moulée sur le sol
pri-mitif : on ne peut employer d'autre expression pour rendre le fait On la voit souvent divisée en couches onduleuses comme la surface et comme peut être l'enveloppe du fond Quelquefois cette division est marquée par de minces lits
de quarz plus ou moins confusément cristallisé; d'autres fois par le vide cupaient de semblables lits détruits et entraînés par les eaux Une autre division plus commune a lieu normalement aux surfaces dans toutes sortes de s e n s , mais peut-être plus ordinairement d'équerre à la longueur de la n a p p e , ou de l'Est à l'Ouest Ces divisions ont généralement été remplies de cristallisations quarzeuses souvent métallifères; ce qui semble établir un rapport entre le fond et l'enve-loppe Comme j e l'ai déjà i n d i q u é , le quarz s'est aussi aggloméré en nodules dans certaines parties L à où la surface forme m a m e l o n , la division normale partage toute la nappe en prismes qu'on trouve parfois i s o l é s , les uns à côté des autres comme des pavés simplement j u x t a - p o s é s ; cela rappelle les prismes, b a -saltiques đà et là la roche est accompagnée de lambeaux de cargneule En un
qu'oc-p o i n t , au qu'oc-pied du grand escarqu'oc-pement formé là d'un schiste vert qu'oc-plongeant sous
un angle de 6 0 à 7 0 degrés vers l ' E s t , elle se montre e m p l i s s a n t , couvrant un
c r e u x , et ne présentant de couches q u e p r è s de la surface; cette circonstance semble mériter d'être remarquée Au point le plus b a s , l'épaisseur de la roche recouvrante se réduit à celle des couches (Fig 4, planche i x )
L a nappe cesse vis-à-vis le col de Couard où la Cochette devient rapide Ce torrent tombe bientôt, de cascade en cascade, à des solutions de continuité dans
le fond primitif, fort singulières, qu'on a cherché à représenter sur la carte et sur le croquis (Fig 2 , planche vin) : on dirait autant d'affaissemens dans une masse
à peine coagulée qui se serait trouvée porter à vide L a roche est ici g r e n u e , verte, sans stratification régulière, conséquemment de nature granitique Au-dessus de ces c a s c a d e s , entre le sommet de la formation d'ardoise relevée
Trang 13et le col de C o u a r d , cette partie du grand escarpement des Rousses, que montre encore le croquis c i t é , se fait remarquer par sa couleur ferrugineuse et par l'état
de la roche primitive D e nombreux filons métallifères y existent, et notamment
celui de la mine de la Demoiselle, dont le même croquis indique la f o s s e , et
d'ó sort une source minérale abondante ( 1 )
La vue s'agrandit beaucoup en s'élevant, du point ( m a r q u é d e l'astérisque C sur la carte) ó le croquis a été fait, au sommet de cette montagne; on embrasse alors la presque totalité du versant occidental de la chaỵne De l à , la perspective rend très remarquables ces étages parallèles q u e nous avons aperçus de loin
d a n s ce versant, et l'on en distingue quelques uns de p l u s , moins réguliers sans
d o u t e , mais encore semblables
Avant de descendre la gorge de Flumay et de quitter, pour n'y plus ter, le dessus des Petites-Rousses, j e dois dire n'avoir p a s rencontré un seul fragment de grès dans la moraine du grand glacier pendant près du col de
remon-C o u a r d ; cela conduit à penser q u e ce grès n'existe pas à l'occident de
l'Éten-d a r t , et ne peut être qu'à l'orient l'Éten-de cette s o m m i t é , s i , comme cela est possible,
il traverse la chaỵne du lac Blanc à la montagne du Sauvage et à la gorge du cier des Valettes
gla-J e remarquerai enfin q u e le schiste v e r t , dont la fig 4, planche I X , offre u n e coupe, se rencontre en plusieurs points de la Balme-Rouss,e, entre l'écoulement
du Lac Glacé et le col de C o u a r d , toujours dirigé comme la chaỵne et inclinant
vers l'Ouest Partout, encore une fois, ó la stratification existe ou est
reconnais-s a b l e , elle ereconnais-st telle
L a gorge de Flumay résulte de la rencontre de la pente de la chaỵne des
R o u s s e s , au-dessous de l'étage q u e nous q u i t t o n s , avec le grand escarpement d'ardoise de Cơte-Belle L e fond de cette g o r g e , à peu près rectiligne et en pente très rapide, fait moyennement la limite des deux formations primitive et se-condaire L e versant primitif o u de gauche est très accidenté et saccadé dans le haut de la g o r g e ; il présente d'effroyables é b o u l e m e n s , débris de rochers a b ỵ -més n a g u è r e ; diverses fentes en annoncent d'autres c o m m e imminens Dans cette partie, la roche est principalement d u gneiss dont les c o u c h e s , partout o ù elles sont distinctes, tombent toujours vers l'Ouest o u vers le fond de la gorge Au-
d e s s o u s , la surface est plus unie et a r r o n d i e , et la roche est granitique
L a paroi secondaire ou de droite est extrêmement escarpée; elle m o n t r e , pour ainsi d i r e , les entrailles de la montagne de Cơte-Belle Elle est toute ravinée et sillonnée, par la trace des c o u c h e s , de dentelures bizarres; hérissée d'aspérités, d'aiguilles si hardies et si disloquées qu'il s'en éboule sans cesse Vers le p i e d , ce sont des torrens ou coulées de débris q u e les pluies et les grands dégels ont la (I) Cette mine a , en effet, été exploitée à une époque très reculée; la tradition a conservé le
souvenir de celte entreprise, et a joint le merveilleux à son histoire ( M i n e s d'or du
Trang 14départe-faculté de mouvoir et qui voilent souvent, dans le haut de la g o r g e , les assises inférieures de la formation On ne tarde pas toutefois à reconnaỵtre l'uniformité
de situation et de nature de cellesci d'un bout à l'autre de la gorge On r e connaỵt sur toute cette étendue, fort près du fond ou de la roche primitive, des files de b l o c s , sur une épaisseur assez peu variable Au col de C o u a r d , ces
-b l o c s , très a p p a r e n s , sont à proximité de la nappe de calcaire c o m p a c t e ; de droite et de gauche de la source du Flumay, on les voit encore tout p r è s , mais non pas pourtant au contact de la roche primitive E n s u i t e , ils ne se montrent plus que sur la droite et s'élèvent même un peu graduellement dans l'escarpe-
m e n t , à mesure qu'on approche de l'extrémité inférieure de la gorge Dans cette partie, nombre de sources surgissent du lit de l'espèce de couche que forment ces
b l o c s ; ceuxci e m b r a s s e n t , vers le milieu de la g o r g e , un amas de beau gypse a n hydrite avec lequel ils se mêlent et s'enchevêtrent, en quelque sorte Ces blocs, souvent très g r o s , sont fort irréguliers et ne forment nulle part une couche suivie L e u r nature est difficile à reconnaỵtre et à décrire : elle n'est d'abord pas constante, bien qu'à tout prendre leur aspect et les circonstances ó ils sont pla-ces soient uniformes Ici, c'est un calcaire massif, semi-saccharọde, saccharọde
-m ê -m e , de couleur variable du noir au b l a n c , plus souvent rouille, e-mpreint de traces singulières d'altération profonde, et presque toujours cloisonné en t o u -tes sortes de sens par des filons de spath calcaire et quelquefois de q u a r z ; ailleurs, ils semblent formés de fragmens enveloppés d'une pâte de même na-ture, mais sans consistance ou terreuse, ces fragmens et la pâte étant toujours
en quelque sorte, spongieux, e t , en un m o t , à l'état dolomitique jusqu'au cœur des plus gros blocs Enfin, ils paraissent aussi s'être formés aux dépens des cou-ches de g r è s subordonnées dans les assises inférieures de la formation d'ardoise Quant à l'amas g y p s e u x , on doit remarquer qu'il offre distinctement en quel-ques points la même stratification que la formation dont il dépend
Nonobstant les bizarres apparences produites par la tranche des couches doise dans l'escarpement, on reconnaỵt avec un peu d'attention q u e , d'un bout
d'ar-à l'autre de la gorge et du fond de cette gorge d'ar-à la crête de l'escarpement, elles montent toutes vers l'Etendart; et telle est, comme pour la montagne des V a -lettes, la cause de leur aspect si curieux que j ' a i fait remarquer précédemment Dans le b a s de la formation, l'inclinaison de ces couches, par rapport à l'horizon, est faible; elle est parallèle au talus de la base primitive Mais cette inclinaison croỵt dans le haut de plus en plus, et tellement, qu'à la crête de l'escarpement elle atteint et dépasse même l'angle droit En même temps les couches paraissent à proportion plus disjointes, plus disloquées et plus fracassées ( F i g 7 , pl IX) Cela
ne semble explicable q u e par le bondissement des couches supérieures sur celles
qui les portaient, dans un b r u s q u e soulèvement commun
Plus on contemple tous les phénomènes dont ce lieu garde l'empreinte, et plus on se sent, en effet, forcé d'en reconnaỵtre la cause dans une action mé-
Trang 15canique violente, dans la soudaine érection du relief qui s'est fait jour à vers le dépơt secondaire ainsi brisé et soulevé de toutes parts sur ses flancs Les divers modes et sortes d'attérations des couches secondaires, tout le long de leur contact avec le granite et j u s q u ' à une assez grande distance, ne témoignent sans doute pas moins de l'action d'exhalaisons métalliques et acides; j ' y revien-drai Mais je rappellerai ici q u e la première idée é m i s e , qui se l i e , au reste, à la seconde et explique avec elle la formation des filons; q u e cette idée de c o m -motions violentes, d'une date d'ailleurs q u e l c o n q u e , éprouvées par les masses Alpines, avait frappé les observateurs les moins imbus du système qu'a fait défi-nitivement prévaloir le concours des vastes travaux de MM de Humboldt, de
tra-B u c h , Elie de tra-Beaumont, etc., et des théories dont le génie de Fourier a accru la physique mathématique V o i c i , par e x e m p l e , ce qu'écrivait, en 1 7 8 4 , dans le
Journal de physique, le célèbre ingénieur des mines Schreiber, à propos de
l'in-clinaison à l'Ouest ou à l'Est des couches de gneiss et hornblende composant la montagne des Chalanches, de même origine q u e les Rousses et qui n'en est s é p a -rée que par l'Olle : « Quelquefois on ne distingue pas leurs lits, parce que le ro-cher est en désordre et en confusion, surtout aux environs des filons et des couches m i n é r a l e s ; ce qui fait penser que cette montagne a souffert quelques secousses violentes » Et plus loin : «La nature a favorisé l'exploitation de la mine des Chalanches, I ° en ce que la montagne paraissant avoir éprouvé un ébranle-ment qui y a occasionné des fentes et crevasses innombrables, le mineur peut
en tirer parti, etc »
Au-dessous d e l'effroyable éboulis primitif dont il a été q u e s t i o n , et à peu près vis-à-vis l'amas g y p s e u x , sur le granite, reparaissent des nappes de cal-caire compacte pareilles à celle observée entre le col de Couard et le p i e d de l'escarpement supérieur des Rousses Elles sont encore en contact parfait avec
la roche primitive et exactement moulées sur sa surface; elles la tapissent, veloppent et forment des couches mamelonnées, arrondies suivant les accidens principaux ou suffisamment prononcés du moule En un point j ' a i trouvé l'épais-seur totale de la nappe de 2 mètres; rarement elle est moindre ici
l'en-L e granite reparaỵt çà et là sous ces n a p p e s , surtout dans le lit du torrent qui a quelquefois emporté son e n v e l o p p e , et même entamé le granite C'est ce qui a eu lieu immédiatement au-dessous des chalets de Flumay, ó j ' a i dessiné la
petite vue (Fig 6, pl IX) Elle montre, ce que nous n'avions pas vu encore dans
toute la partie supérieure de la g o r g e , le contact même des formations daire et primitive, et apprend que c'est par ce calcaire compacte, que nous trouvions isolé j u s q u e là de la première formation, q u e ce contact s'opère Elle fait voir ensuite la place du calcaire massif altéré et par b l o c s , relativement à
secon-ce contact : secon-ce calcaire commensecon-ce au-dessus de la nappe d e calcaire compacte
et n'en est séparé q u e par quelques lits d'une substance tendre, a l t é r é e ,
tou-j o u r s essentiellement calcaire; au-dessus de tout cela paraỵt l'ardoise, d'abord
Trang 16altérée, puis bientơt vive et noire On voit là on ne peut mieux la surface même
du contact des deux formations, laquelle est parfaitement commune à l'une et à l'autre; ce contact étant, j e le répète, intime Cette surface est unie et nette; elle
r e l è v e , et la nappe relève parallèlement, sous un angle de 25 à 3o d e g r é s , vers l'Est-Sud-Est ou vers les Rousses L a roche calcaire est homogène au contact comme à quelque distance; ce n'est que vers le haut qu'elle passe du jaunâtre clair au bleuâtre plus ou moins foncé L e granite, au contact m ê m e , est dés-
a g r é g é , pulvérulent; sa couleur et son aspect sont modifiés; il ne devient vif qu'à quelques centimètres de distance, et est ensuite tout homogène L a roche calcaire abonde en menus cristaux de pyrites dans ses moindres fentes, et même souvent dans les cassures vives qu'on fait au marteau Cette roche forme ici une épaisseur de plus de 4 m è t r e s , et nous la trouverons bien plus épaisse encore en continuant à descendre
A quelques pas au-dessous du lieu ó j e viens de m'arrêter, est une cataracte
du Flumay, formée par une bosse granitique prononcée, barrant la g o r g e , et couverte et enveloppée, à contact parfait, de huit à dix couches de calcaire
re-c o m p a re-c t e , immédiatement rere-couvertes elles-mêmes, sur la droite, de la re-coure-che
de blocs tuffeux altérés L'inclinaison de la surface de contact va dans la partie
la plus rapide de la cascade au-delà de 5o degrés
En continuant à suivre le torrent j u s q u e vers Vaujany, on le trouve, en général, encaissé dans le calcaire c o m p a c t e , en couches nombreuses et épaisses
L e s nappes remontent çà et là assez haut sur le flanc droit et surtout sur le flanc gauche de la g o r g e ; mais c'est au fond même, dans le lit du torrent, qu'on juge de toute leur p u i s s a n c e , qui est considérable
Cette puissance s'accroỵt de plus en plus du sommet au pied de la gorge vers
V a u j a n y ; et la division normale ou b a s a l t i q u e , remarquée dans les nappes et couches minces des h a u t e u r s , devient à proportion plus rare dans les nappes à couches épaisses des profondeurs
A partir de l'embouchure de l'affluent descendant du col de Vaujany, les rissemens ou éboulis et la végétation masquent de plus en p l u s la nature du fond, et l'on n'en voit guère que ce q u e les torrens et ravins mettent à décou-vert J e n'ai donc pu figurer sur la carte que ce qui est apparent de ces nappes calcaires, qui peuvent être réellement p l u s étendues
atté-Ces n a p p e s , qui ne laissent pas ainsi de se prolonger sur une longueur dérable au fond de la gorge du F l u m a y , comme celles du dessus des Petites-
consi-R o u s s e s , sont des lambeaux incontestables de la formation secondaire Leur application parfaite sur le fond primitif, leur nature compacte et résistante, et
la nature toute contraire de toutes les couches supérieures expliquent quoi il ne reste souvent plus d'autres traces de cette formation, et pourquoi ce n'est guère que là ó le sol a peu d'inclinaison qu'on les rencontre ainsi isolées
pour-L a grande inclinaison qu'on observe à la cataracte du Flumay, et qui excède
Trang 175o degrés en un p o i n t , n'est sans doute qu'un accident tenant à ce q u e cette
partie de la n a p p e est maintenue par les parties a d j a c e n t e s , qui reprennent
b i e n t ơ t , par leur recourbement, une position stable
L e long du pied occidental de CơteBelle, dans la direction du col de V a u
-jany, la roche primitive de la base des Rousses semble pousser un rameau ( à
peu près comme la carte l'indique) au sein de la b a n d e d'ardoise ainsi
échan-crée j u s q u ' a u fond primitif, lequel est incliné et monte vers ledit col Cette roche
est granitique le long de la limite de la partie secondaire de la montagne, et
schisteuse dans le ravin, vers le bord opposé du r a m e a u ; c'est alors un schiste
noir ou vert, qu'on confondrait aisément, dans le premier c a s , avec l ' a r d o i s e ,
s'il n'était accompagné de parties vertes; il est d'ailleurs ineffervescent dans les
acides Sa direction est là N o r d - E s t , et son inclinaison est d'environ 6 0 degrés
vers le Sud-Est C'est peut-être encore le schiste singulier que l'on rencontre çà et
là dans les escarpemens des Rousses et qui aide plusieurs fois à reconnaỵtre la
stratification générale, quand la masse des roches voisines s'en trouve dépourvue,
au moins d'une manière bien marquée Sous la Vilette, on voit un schiste
diffé-r e n t , amphibolique et cdiffé-ristallin, qui n'a plus aucun diffé-r a p p o diffé-r t , même d'aspect,
avec l'ardoise
L a bande d'ardoise q u e les ravins du vallon à pâturages ascendant du Flumay
au col de Vaujany ont échancrée, comme je viens de le dire, ne s'étend, sur le
revers opposé aux R o u s s e s , que j u s q u ' a u pied de la longue et haute corniche d e
la montagne de Crouzes J'ai suivi pied à pied cette autre limite des deux
formations primitive et s e c o n d a i r e , depuis l'origine du grand ravin de la Vilette j u s
-qu'à Oz
L e double d e s s i n , en profil et de face (fig 5, pl I X ) , représente les approches
du contact au premier lieu ó le ravin a une pente de précipice L a roche
pri-mitive, qui est du gneiss, n'est vive qu'à une grande distance; plus près, elle est
couleur minerai de fer, toute c a s s é e , fendillée, altérée, o c r e u s e ; d'un t o u t
autre aspect, c o n s é q u e m m e n t , que plus haut ó elle est vive L a première
couche secondaire est une mince couche de grès fort altéré, transformé vers
son lit en un minerai n o d u l e u x d e fer qui s'unit et s'enchevêtre avec la couche s u i
-v a n t e , laquelle est essentiellement de calcaire c o m p a c t e , plus ou moins
cloi-sonné de filons de chaux carbonatée et de q u a r z , et dont les parties homogènes
et dures se rapprochent du calcaire compacte des nappes Au-dessous, est un
calcaire schisteux, terreux, très effervescent et toujours f o r t o c r e u x ; il en sort
une belle source qu'on a dérivée pour l'arrosage des pâturages inférieurs Puis,
se présente une couche épaisse de b l o c s , j u x t a - p o s é s , mais jamais tout d'une
p i è c e , de calcaire saccharọde blanc mat, ou feuilleté, ou j a u n â t r e , avec filons
spathiques blancs L'ardoise ordinaire commence au-dessous, mais par
lam-beaux et toute p l i é e , contournée; ce n'est qu'à quelque distance qu'elle affecte
sa stratification régulière habituelle Il m e paraỵt impossible de méconnaỵtre à
Soc GÉOL — TOM 2 — M é m n° 6 I9