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Annales and Bulletins Société Linnéenne de Lyon 3334

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De même, dans un ordre d'idée plus agréable, en géologie, le développement et les tendances des animaux et des plantes actuels nou s aident à comprendre les fossiles, non seulement dans

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DE QUELQUES REFLEXION S SUR L'EVOLUTION ET SES THEORIE S

par M CHOISY.

Il est paru en 1959, sous la signature de André DE CAYEUX, Maỵtre de Conférence en Sorbonne, et préfacé par Aimé MICHEL, un livre intitulé

« Trente millions de siècles de Vie », qui a au moins le bénéfice de sug-gérer de nombreuses réflexions, car c'est un sujet perpétuellemen t controversé

Le livre est présenté sur un mode familier, avec des titres de chapi-tres aussi peu scientifiques que possible, comme :

nager mieux

je sème à tout vent

vicaires sans curés, etc

Le début consiste en une présentation intelligente de la Nature, en expliquant comment nous la comprenons, et comment elle peut varier ,

selon les climats, les lieux et autres facteurs ; un paragraphe nous di t comment les évènements géologiques ou historiques sont interprétés :

« Le présent éclaire l'histoire » a dit le physicien BOUASSE Le bon sens parle par sa bouche : nous n'interprétons les évènements du passé , par exemple les crises ou les guerres , qu'en supposant aux hommes qu i

en furent les acteurs les mêmes sentiments ou les mêmes tendances qu' à ceux d'aujourd'hui l'ambition, l'envie, la paresse, ou tout simplemen t

la bétise De même, dans un ordre d'idée plus agréable, en géologie, le développement et les tendances des animaux et des plantes actuels nou s aident à comprendre les fossiles, non seulement dans leurs formes, mai s aussi dans leur répartition, variable au cours des temps ; aucun géologue

ne le conteste »

Il est également noté le rơle important de l'homme dans certains aspects de ce nous nommons la nature, seulement parce que nous vivon s dans les grandes villes, et qui est déjà une nature savamment arrangée ;

« tels sont nos bois, nos vergers, les champs, les prés, les parcs » Mais aussi sont rappelés les différentes formes de la nature en de s lieux ó l'homme ne joue encore qu'un rơle restreint : la vie d'une quarantaine d'espèces d'algues microscopiques qui teintent différemmen t nos glaciers en vivant dans un milieu presque constamment à zéro de-gré ; les faunes et flores des profondeurs, d'ó sont nés les termes de

benthos, necton, plancton

On citerait en entier le chapitre intitulé poétiquement « A défaut

de grives » d'ó je tire au moins le premier paragraphe :

« Chaque milieu, marin ou terrestre, extérieur au sol ou intérieur ,

se présente à nous avec sa physionomie propre Mais si on cherche à le scruter plus en détail, des traits nouveaux apparaissent Une même for-mation naturelle, dans une même région, n'est pas partout composée des mêmes espèces ; elle peut présenter des associations différentes Aux environs de Dourdan près de Paris, la forêt de chênes sur sable sec, nous montre associé au chêne rouvre, le genêt, le chèvre-feuille et la verg e

d'or A' cinq minute de marche, sur un gravier humide et argileux, l e chêne est d 'une autre variété, à glands portés sur un pédoncule, et

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sur-— 31 sur-— tout accompagné du chataignier, du frêne, de l'aubépine, du cerisie r sauvage, de l'orme, du troène, du fusain, de l'églantier, de la ronce et du lierre et une foule de jolies autres plantes Ce sont là deux variétés d'une même formation : la forêt tempérée »

« Les associations sont dans un état d'équilibre , ou proche de l'équi-libre, parfois avec des fluctuations, des hauts et des bas, qui résulten t d'interactions entre espèces, soit que l'une détruise l'autre, soit qu'elle

la concurrence »

N'oublions pas que la notion d'association en botanique est quelqu e chose d'assez vague, dont je crois PRENANT a dit : « la liste des espèces qui composent une association est une liste idéale, mais çà et là, i l pourra manquer une ou plusieurs des espèces composant l 'association ,

et parfois même, l'espèce qui aura été choisie pour la désigner »

De même la définition d'une aire géographique est négative : à l'extérieur de cette aire on est sûr de ne pas trouver l'espèce, mais à l'intérieur on n'est pas sûr de la trouver si on n'en connaỵt pas le s stations !

DE CAYEUX fait également état des contrastes entre les faunes e t flores des continents et celles des ỵles, surtout des ỵles lointaines ; ce sont ces ỵles Océaniques et Antarctiques qui sont qualifiées dans la Géogra-phie Universelle de VIDAI, DE LA BLACHE et GALLoIs de véritables musées , qui recèlent des êtres comparés à des « fossiles vivants » (tome X, Océanie et Régions Polaires australes, 1930)

Ces « musées » naturels, que DE CAYEUX nomme asiles, seraien t (p 231) répartis entre l'Australie et l'Antarctique : « Le record appartien t aux ỵles : Nouvelle Zélande, Madagascar, Indonésie Viennent ensuite deux terres assez bien isolées : l'Australie et l'Amérique du Sud » ; par contre il est fait état d' « une très grande ressemblance entre les pois -sons du Groënland et ceux de Madagascar, il y a quelque 17 millions d'années », ressemblance soulignée par PIVETEAU On notera à ce sujet qu'il ne s'agit que de ressemblances, lesquelles peuvent être trompeuses : voyez les manchots et les pingouins !

A citer encore les principaux passages du chapỵtre « Vicaires san s Curés » :

« Déjà DARwIN, dans son voyage autour du monde, avait noté qu e dans l'archipel des Galapagos, chaque ỵle ou presque, a une espèce d e lézard particulière, et toutes ces espèces appartiennent au même genre Chaque ỵle aussi a son espèce de tortue géante, et une seule, et cett e espèce lui est particulière De là à penser qu'à l'origine il n'y eut qu'un e seule espèce, puis dans chaque ỵle l'espèce ait évolué différemment i l n'y a qu'un pas Et ce sont ces observations de voyage qui mirent DARWI N sur la voie de l'hypothèse de l'évolution »

Ici, une observation s'impose : l'Homme, cet-animal orgueilleux qu i

ne voit en lui qu'une seule espèce, alors que des caractères de couleurs ,

de morphologies faciales ou pileuses seraient suffisantes pour déterminer des espèces différentes chez les animaux, est encore plus orgueilleux e n multipliant les espèces là ó n'existent que des variétés, seulement pou r

la gloire d'y mettre sa signature Tout celà n'est que question d'appré-ciation

De curieuses petites histoires nous sont contées, ainsi celle de s souris de St-Kilda (Ecosse) : « cette petite ỵle possède une espèce (?) de

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souris spéciale, et non loin de là les ỵles Feroè en possèdent une autre , toutes deux assez proches, par la forme, de notre race européenne Or; ces deux espèces ne sont pas tombées toutes faites sur ces ỵles, mais y sont plus vraisemblablement arrivées sous la forme de notre souris continentale, et qu'ensuite, grâce à l'isolement qui les séparaient de leur s congénères, elles ont évolué là d'une manière différente Les souris de St-Kilda ont eu d'ailleurs une triste fin : les habitants ayant abandonné l'ỵle, elles se sont éteintes Nouvel exemple d'interaction : les souris se nourrissaient des déchets de l'homme, ou bien elles profitaient de l a chaleur de ses maisons ou de l'abri de ses greniers et autres bâtiment s

ó les carnivores et oiseaux de proie n'osaient s'attaquer Plus d'hom-mes, plus de souris ! »

« L'isolement peut être dû à l'apparition d'un isthme qui vient à séparer deux mers confluentes Tel est le cas de Panama Il y a quelques millions d'années, l'Atlantique et le Pacifique y communiquaient Au-jourd'hui, de part et d'autre, on compte six-cent paires de poissons vica-riants, les deux vicariants de chaque paire différant par des détail s secondaires De telles ressemblances seraient inexplicables si les espèce s étaient fixes, immuables ; elles s'expliquent tout naturellement si, a u cours des temps, les espèces ont évolué et évoluent différemment d e part et d'autre de l'isthme, ó les conditions de température, salure e t profondeur, sont de fait différentes » D'accord, mais il n'est plus ques-tions d 'espèces nouvelles, mais de variétés d'une même espèce !

Il peut être également dû à la naissance d'un bras de mer créant une ỵle, comme c'est le cas pour « l'Angleterre par exemple qui s'est séparé e

du continent européen quelque 5500 ans avant J C Au début le cerf y était de la même race qu'en France, les restes fossiles nous le montrent ; aujourd'hui, il est devenu légèrement différent, et a formé la race écossaise, à robe plus rouge » Mais comment les restes fossiles peuvent-ils indiquer la couleur de la robe, et même si ce changement de couleu r était dû à une évolution, celà ne pourrait changer l'espèce !

Le cas des souris commensales ou parasites des hommes se compar e aux êtres vivant sur, ou « dans le sol, par exemple vivent entre les racines des plantes, des bactéries, des champignons, quelques lichens, d'in -nombrables insectes ou acariens, et des vers minuscules du groupe de s Nématodes, sans parler des taupes et autres animaux à terrier Entre ces êtres peuvent s'établir des relations étonnantes ; par exemple, certain s filaments de champignons forment des boucles en forme de garrot ; lorsque un innocent ver s'y engage, le champignon gonfle son garrot, étrangle le ver et s'en nourrit »

Nous apprenons page 61 l'extrême différence de répartition de s plantes, à savoir que « seulement 25 espèces sur 300 000 s'étendent à plus

de la moitié de la surface du globe, alors que quelques arbres à Cuba ,

ne sont connus que d'un seul pan de rocher ! » Toutes réserves devant cependant être faites sur la valeur relative de ces 300 000 espèces

Il est cependant des cas qui posent des problèmes délicats, te l

« l'ornithorynque, le plus imparfait des mammifères, qui a un bec d e canard et qui pond des oeufs » DE CAYEUX (p 149), sous le titre du Témoignage des organes, fait état de ce que « les mêmes os constituen t l'aile de la chauve-souris, la patte en forme de pioche de la taupe, e t l'extrémité avant de l'ornithorynque le volume et la forme des os

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varient d 'une espèce à l'autre, mais le nombre des articulations sont, à quelques exceptions près, 'partout les mêmes Et HAECKEL conclut : « A quoi serait-il possible d'attribuer cette étonnante homologie, cette parit é

de la structure interne essentielle dans la diversité des formes exté-rieures ? A quoi sinon à une hérédité commune à partir d'ancêtres com-muns ? » Ainsi, d'une part, on se sert des caractères comcom-muns des patte s pour réunir des animaux apparemment très éloignés par leurs autres éléments morphologiques, tandis qu'on se sert aussi des caractères diffé-rents, mais savamment juxtaposés, pour nous convaincre que le cheval est issu d 'un phylum dont l'ancêtre serait de la taille d'un renard

Evi-demment, la conclusion de HAECKEI, est la logique même, mais CESARI

(La Logique et la Science, Dunod, 1955) écrit à ce sujet :

« D'ailleurs en biologie, l'analogie, dont le rơle est si important e n épistémologie physique ou mathématique, fait partie intégrante de l a science, les classifications hiérarchiques y sont à peu près rigoureuses , bien qu'elles se fondent sur des analogies indéterminées, et celà

contrai-rement aux classifications artificielles ó les analogies permettent de s rapprochements divers Une notion épistémologique (de critique de l a science) sert ici à la science et aboutit à des conséquences vérifiables »

Et CESARI cite plus loin (p 116) : M MOROT-SIR écrit avec juste raison :

« La logique actuelle est dominée par trois préoccupations qui se résu-ment dans les mots : formalisation, démonstration, opération Jusqu'à présent la première semble avoir étouffé les deux autres Il est nécessaire

de renverser cette prédominance Le formalisme doit être considéré comme une conséquence de la mise en place de l'organisation logique d e

la pensée Ainsi, il sera vide des présuppositions philosophiques qu'i l implique ; il ne sera plus solidaire d'une théorie formelle de la connais-sance qui gêne la réalisation d'une logique ayant pour but d'enveloppe r dans des expressions tous les mouvements d'une pensée vivante » Et

CESARI ajoute : « ce renversement des préoccupations du logicien s e

rapporte à la recherche du sens des opérations et non à leur conditio n

de validité Le sens est ce qui importe dans toute connaissance réelle »

Il est remarquable que DE CAYEUX énonce çà et là quelques aveux o u

quelques doutes, dont je relève notamment, et tout à son éloge :

p 114 : « On 'se fait parfois cette idée que les scientifiques sont de s gens qui savent Bien nạf qui le croirait ! »

p 90 : à propos de l'histoire de cailloux géologiques baptisés drei-kanter, celà résultant d'une erreur de jugement : « on voit par là comme

il est facile de se tromper et comme l'erreur est tenace »

Combien peut-il y avoir d'erreurs de ce genre dans une étude o ù

tout est hypothèse ; ' j 'ai noté (Revue Bryologique et Lichénologique , XXIV, 1955, p 364) qu'on avait mis cinquante années à s'apercevoir qu e

le prétendu Sinanthrope n 'était que la juxtaposition d'os appartenant les uns à un singe, les autres à un homme ; je ne retrouve pas l'origin e

de cette citation, et peut-être ai-je confondu avec le Pithécanthrope, pou r lequel les mêmes accusations sont énoncées (G. SAI,Er et L LAFowr, 1943)

Celà n'empêche pas G. DINGEMANS (1956, p 119) de citer les Pithécanthro -pes, avec cependant une restriction : « Si le fémur découvert près d u crâne (à 15 mètres d'après BROOM) lui appartenait » Ainsi, on bâtit toute une théorie sur des faits aussi incertains, et seulement pour le plaisir de croire d'avoir trouvé mais trouvé quoi ?

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Et une forme de cette théorie de l'origine de l'homme à partir d e fossiles au moins partiellement douteux est développée dans l'Encyclo-pédie Française (7 52) ó Pithecanthropus et Sinanthropus sont cités comme représentant notre forme originelle la plus certaine (7 52.3, 7.54.1,

et 7 54.4)

Par contre, il est pour le moins surprenant que les facteurs sanguin s

de l'homme (A, B, O) se retrouvent (A, B) chez les Gibbons et Orangs , (A, O) chez les Chimpanzés, et des antigènes analogues dans les tissu s

et sécrétions organiques (A*, B*) chez les Platyrhiniens, les Cercopithe-cidés, les Orangs, les Gorilles, et les Chimpanzés (sauf B* pour ces derniers) ou d 'antigènes analogues dans les globules rouges (B°) che z les Lémuriens et Platyrhiniens (W BoYD, 1952, p 321) Ce même ouvrage fait remarquer (p 29) que l'usage exclusif de l'étude des squelettes pou r édifier une classification humaine peut être sujet à caution, car comm e TOYNBEE le dit : « c'est un exemple manifeste de la tendance du chercheu r

à devenir l'esclave des matériaux que le hasard a placé dans ses main s pour poursuivre ses études »

Reprenons les citations de CAYEUX

p 68 : « Sans parler de l'extrême rareté des documents fossiles, l a détermination même des espèces fossiles laisse à désirer »

p 93 : « les fossiles conservés ne sont qu'une infime partie des être s anciens », et p 94 : « Pour conclure des témoins à la réalité, des fossile s

au monde vivant de jadis, il faudrait pouvoir tenir compte des probabi-lités plus ou moins grandes qu'un être a de se fossiliser Pour celà, o n n'a malheureusement pas encore d'évaluation numérique Au total, la probalité la plus grande pour un être est qu'il ne se fossilise pas » Aussi sommes nous surpris que l'auteur fasse encore état de théorie s assez controversées , comme celle des Equidés, et encore plus surpris d e lire sous la plume de Aimé MICHEL : (DE CAYEUX, p 15) « A un moment dans le passé, le taureau et moi avons eu le même ancêtre »

Mais, Monsieur Aimé MICHEL, si celà a été, celà l 'est encore

Mais, Monsieur André DECAYEUX, Sile phylum des Equidés n'est pa s

un mythe, si votre « petit animal américain d'il y a 60 millions d'année s était bien l'ancêtre du cheval » comment se fait-il que votre libellule qu i est âgée de 115 millions d'années, est restée libellule mais s'est rétréci e

à 1/15 de sa grandeur initiale ? La voilà bien, l 'évolution régressive, car par rapport au cheval, la libellule moderne devrait bien mesurer au moins autant que la hauteur moyenne de l'homme !

« La prétendue filiation des Equidés, écrit DEPÉRET (1903), est un e apparence trompeuse, qui nous donne seulement le procédé général pa r lequel une patte tridactyle d'Ongulé peut se transformer dans des grou-pes divers en une patte monodactyle, en vue d'une adaptation à l a course ; mais elle ne nous éclaire nullement sur l'origine paléontologiqu e des chevaux » (OsTOYA,p.214) Je répéterai encore cette proposition d 'un rêve imaginaire par lequel nous serions endormis un peu à la façon d e

la Belle au Bois Dormant, mais dont nous ne nous réveillerions que dan s

20 000 ans, en ne trouvant plus que des ossements fossiles de chevaux ,

de mulets et d'ânes ; nous ne nous souviendrons plus du tout que le mulet était stérile, et comme il ferait bien un chaỵnon indiscutable entre l 'âne

et le cheval

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35 -Vous reconnaissez que les conditions de fossilisation sont exception-nelles, je suppose à un millionième des individus (au maximum) et a u millième des espèces ; vous ne travaillez et bâtissez vos hypothèses que , sur des os, sans savoir la nature de la peau, et vous êtes assez audacieu x pour affirmer que des ossements aussi différents que ceux des différents chaỵnons des Equidés (ou prétendus tels) sont les témoins indiscutable s

de l'évolution Après avoir énoncé les différentes interprétations de cet enchaỵnement des Equidés, OSTOYA conclut : « C'est un des plus beaux exemples de filiation que possède la Paléontologie, mais il n'est pas excl u que certains des chaỵnons que l'on possède soient des parents très proche s

et non des ancêtres réels »

D'autre part, la non découverte , dans une couche géologique, d'osse-ments qui auraient pû s'y trouver ne décide en aucun cas de la no n existence de ces êtres à cette époque géologique ; tout au plus peut-on affirmer que les conditions de fossilisation n'ont pas permis leur conser-vation Un argument négatif, même et surtout en paléontologie, ne peu t pas être une preuve

En problèmes de phylogénétisme et de classifications phylétiques, le doute s'installe partout ; DINGEMANS (1956, p 18) constate que « le simple jeu des mutations de gènes chromosomiques, triés par la sélection natu-relle, selon la conception à la fois la plus classique et la plus moderne ,

ne semble pas donner une solution entièrement satisfaisante du pro-blème »

DE CAYEUX mentionne encore une certaine théorie, dont je n 'ai pa s

eu connaissance, d'évolution régressive par diminution du nombre de s espèces ! ? De ce seul point de vue assez étroit, il faudrait d'abord consi-dérer que la croissance du nombre des espèces décrites va de pair ave c notre connaissance de la science, mais que les espèces nouvelles pour

« notre science » ne sont pas forcément nouvelles pour la Nature ; ensuite, avant de parler de nombres d'espèces, est-on bien d 'accord sur

la définition de ce mot « espèce », je ne le pense pas

Par contre, certaines considérations d'ancienneté de certains groupe s dont l'ensemble de chacun nous apparaỵt « naturel » fait que ces groupe s

à caractères archạques sont justement pauvres en genres et en espèces ,

et que par cette pauvreté, ils font figure de « fossiles vivants »

Il est possible et très probable qu'une évolution régressive ait eu lieu

par diminution de taille, et par diminution de nombre de divers organes,

ou encore par simplification

OSTOYA mentionne maints faits en faveur d'une évolution régressiv e généralisée :

(p 62) « BUFFON soutenait déjà que les petites espèces étaient plus variables que les grandes ; LACÉPÈDE en trouve une explication, il trouv e que les requins et roussettes actuels sont issus d 'espèces fossiles bien plus volumineuses »

(p 96) : Etienne GEOFFROY SAINT-HILAIRE ne s'est pas contenté d e jeter des fleurs sur la tombe de LAMARK (dontDE CAYEUX nous dit, p 140 , que, comme MOZART, les restes furent jetés dans la fosses commune cin q ans après sa mort !), il fut un des plus efficaces serviteurs du transfor-misme naissant C'est lui qui avait amené au Muséum Georges CUVIER

avec lequel il travailla intimement pendant huit ans Dans un Mémoire

sur les Orangs qu'ils publièrent ensemble en 1795, ilsposaient la

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ques 36 ques -tion : « Dans ce que nous appelons les espèces, ne faut-il voir que le s diverses dégénérations d'un même type ? »

CLARET DE LA TOURR1rfE (in Chloris Lugdunensis, 1785, p 36 ; A MAGNIN, 1885, p 152) n'écrivait-il pas « Lichenes scyphiferi, specie s unica ? »

Mais reprenons OSTOYA :

(p 110) énonçant les lois (de l'évolution) selon VON BAER : « 4° Les jeunes stades de développement d'un animal ressemblent non pas au x stades des autres animaux moins haut placés dans l'échelle, mais au x jeunes stades de ces animaux » et p 283, OSTOYA commente ainsi cette constatation : « Ainsi, la possession de fentes branchiales par le s embryons des vertébrés terrestres n'est pas envisagée comme un héritage des poissons, mais comme un caractère général de tous les vertébrés » (p 115) « Les races, ou quelquefois les espèces (créées par l 'homme ) quand elles sont abandonnées dans la nature ne peuvent y survivre, o u bien elles reprennent leurs caractères sauvages »

(p 142) : « Ultime désaccord : la notion même de progrès : Il n'y a dans chaque être aucune tendance innée ou nécessaire qui le pouss e vers un avancement progressif dans l'échelle de l'organisation Il pour-rait même arriver, et le cas s'est probablement présenté, que des mem-bres d'un groupe supérieur se soient adaptés à des conditions de vie plus simple, et dans ce cas, la sélection naturelle a dû tendre à simplifier

ou à dégrader l'organisation » et plus loin : « cette progression, qui

se traduit surtout par l'acquisition de nouveaux organes, reste bie n l'énigme majeure de l'évolution »

(p 169) : « Edouard CoPE (1885) admet la lutte pour la vie et l a survivance du plus apte, mais pour lui, la sélection naturelle ne peut qu e conserver ou détruire, ellè ne peut rien créer »

(p 175) : « Le changement de milieu opère un rajeunissement, mai s les groupes les plus évolués n'en sont plus susceptibles »

D'autre part, il faut bien s'entendre sur la notion de régression ; il

ne s'agit pas de philosopher pour savoir si une simplification ou un e diminution se traduit par un bénéfice, qui de ce dernier point de vu e pourrait être considéré comme une progression, mais dans une scienc e

ó tout dépend de la description des organes, nous nous rangeons aux idées de CoPE et DE VRIES, qui qualifiaient de progression toute augmen-tation ou complication d'un organe, et de régression toute réduction ou simplification (OSTOYA, p 218) Evidemment dans de très nombreux cas ,

on constate les deux phénomènes simultanément, mais affectant généra-lement des organes différents

Il est bien connu, par exemple, que les plus grosses roses sont obte-nues artificiellement par la transformation des étamines en pétales ; comparativement, on peut supposer que, si évolution il y a eu, et si le s

Renonculacées dérivent vraiment des Magnoliflores, le genre Thalictrum

qui est une plante herbacée apétale est inférieure par ces deux carac-tères, mais offre une infloresce en panicule ou en grappe qui est l e fait d'une évolution progressive, bien que dans l 'ensemble il y ait eu régression On trouverait maints autres exemples semblables

OSTOYA ajoute plus loin : « Certains biologistes réservent la

quali-fication de progressive à la grande évolution, créatrice d'un organisme nouveau, par exemple du mammifère à partir du reptile Albert VANDEI.

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s'est placé à l'extrême de cette position par la façon dont il conçoit le s

« paliers évolutifs » Les acquisitions essentielles concernent les moda-lités de la sexualité et le développement du psychisme, d'ailleurs corre-latifs Dans la série des Vertébrés, VANDEL est ainsi conduit à compte r l'Homme pour un palier particulier, et d'ailleurs sa théorie est résolumen t anthropomorphique »

Dans mes études sur les Lichens, je suis arrivé à une conclusio n semblable en prenant pour prototypes de mes groupes naturels les genre s supérieurs de chaque groupe OSTOYA note cette phrase de VANDEL : « Le Règne Végétal peut être considéré comme une immense lignée régres-sive », et ajoute « seul un zoologiste pouvait écrire ces lignes ! » Pour ma part, je pense qu'il s'agit, un peu partout, en zoologie et en

"botanique, d'une immense collection de petites lignées régressives, qu i n'ont entre elles que quelques points communs, et si leur origine es t commune, cette origine est perdue dans la nuit des temps Notons encore

à ce sujet la remarquable évolution régressive des seuls Lycopodes « qu i

se sont épanouis au Carbonifère et comprenaient de grands arbres, et n e sont plus représentés que par 600 espèces d'une seule famille, qui sont les végétaux les plus archạques de la flore actuelle » (OSTOYA, p 239) Ajoutons que ces Lycopodes modernes sont tous de petite taille, au moin s dans nos régions, et que cet archạsme n'est considéré que sous l'angle d e

la simplicité, alors qu'il ne s'agit que de pertes de caractères !

Je pense en outre qu'il y a bien, dans le cas des Lycopodes, et d'un e manière générale dans celui de la plupart des fossiles, végétaux o u animaux, une , immense collection d'espèces disparues

Il est particulièrement curieux que je sois arrivé, seulement par me s études lichénologiques, à des conclusions aussi identiques que celles qu i sont énoncées par LEMoINE (Encyclopédie Française, vol, 5, 1937) ó o n peut lire :

(5.82-9) « La notion d'évolution est inadmissible pour des groupe s restreints ; elle ne l'est pas pour l'ensemble des règnes animaux et

• végétaux »

Et OSTOYA de noter, à propos de ce tome 5 de l'Encyclopédie

Fran-çaise (p 301) : « Tous ceux qui ont lu ce tome V auront été frappés pa r

un étrange paradoxe Les nombreux et éminents savants qui en on t rédigé les chapitres l'ont tous fait dans un esprit évolutionniste ; il n'est pour ainsi dire question que d'évolution d'un bout à l'autre de l'ouvrage

Or les conclusions générales dues à la plume de Paul LEMOINE, aboutissent

à nier carrément l'évolution ; mieux, P LEMOINE prétend tirer de citations bien choisies la preuve que tous ses collègues, tout en parlant le langag e transformiste, n'y croient plus le moins du monde »

Toujours d'après OSTOYA, p 301, il est dit que « les arguments négatifs

de LEMOINE se rapprochent beaucoup de ceux de VIALLETON ; les

conclu-sions positives sont au contraire bien différentes » et de citer cette phrase plein de bon sens : « Quant à l'existence' des êtres vivants tels qu e nous les voyons, pourquoi vouloir à toute force qu'ils soient sortis les un s des autres ? »

Il n'en reste pas moins que, dans toute la nature vivante , il est possible çà et là de concevoir et construire de petits groupes « naturels » par leur conformité, avec cependant des variations qui les rapprochent plus ou moins de groupes voisins, mais déjà assez différents pour qu 'on

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— 38 — puisse les en séparer ; par ces fossés plus ou moins profonds qui séparent ces groupes naturels, nous perdons chaque fois la « preuve » d'un phylé-tisme qui ne peut rester que théorique

Mais, au moins en ce qui concerne la plus grande partie du mond e vivant actuel, il apparaỵt comme certain ou presque certain que des quantités innombrables d'espèces ne se sont conservées qu'en se dimi-nuant d'une façon ou d'une autre ; celà est vrai au moins pour le s végétaux, mais aussi pour certains groupes d 'animaux

D'ailleurs, de telles transformations s'expliquent par les cataclysme s géologiques DE CAYEUX écrit (p 117) « Devant l'ampleur de certaine s glaciations passées, on peut se demander si celles-ci n'ont pas provoqué , dans le monde des animaux et des plantes, de grandes crises » Et malgr é que CUVIER ait conseillé de ne pas se laisser hypnotiser par les révolu-tions du globe, on est bien obligé, en pensant à « cette pyramide d e douleur et de sang » décrite par Aimé MICHEL dans la préface du même ouvrage, qu'elle a pû très difficilement engendrer quelque progrè s Reprenant OSTOYA, nous citerons encore (p 240) que « BoULE,

PIVHrEAU, et CUÉNOT pensent que tous les groupes paraissent sur leu r déclin ; que, renouvellant une ancienne opinion, D RosA, M CAULLERY et d'autres admettent que la Vie a perdu sa plasticité d'autrefois ; que

R BROOM (1933) croit aussi que l'évolution est sur sa fin ; enfin qu'Henri

DECUGISpense encore plus radicalement que le monde vivant est depui s longtemps vieilli, et qu'il ne montre plus que les signes d'une proch e décrépitude » Tout celà est bien pessimiste

La meilleure définition de l'Evolution telle qu'elle est conçue actuel-lement est donnée par OSTOYA à la fin de son premier chapitre : « Il s'agit toujours de filiation idéale et non de transformations réelles » , aussi préférerions-nous remplacer les termes de familles ou phylum (qui sont étymologiquement homonymes et synonymes) par celui d 'enchaỵne-ments, car là ó nous voyons idéalement des filiations, il n 'existe en réalité que des variations progressives de formes, ou dégressives selo n l'ordre dans lequel les genres sont présentés

La Terre vieillit très vite en laboratoire ! BuFFONlui accordait 74 000 ans d'âge (OSTOYA, 1951, p 27), ou au plu s

100 000 ans (EMBERGER, 1944, p 17) ; d'après ce dernier, Lord KELVIN lui accordait 100 millions d'années en 1871, mais seulement 20 à 40 million s

en 1889

Actuellement, d'après DE CAYEUX (1958, p 277) la consolidation de s premiers socles continentaux peut remonter à 2 600 ou 4 200 million s d'années ; l'âge respectif des principales couches géologiques est estimé :

par EMBERGER (1944, p 19)

par DINGEMANS (1956 ) (en millions d'années)

Archéen inférieur — 2000 à — 1500 — 2000 à — 1500

moyen — 1500 à — 1100 — 1500 à — 1000 supérieur — 1100 à — 700 — 1000 à — 50 0

Carbonifère — 380 à — 350

60

70 à —

60 à —

1

Ngày đăng: 05/11/2018, 20:37

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