BerndStefanink a raison de dire que: “Si la notion de « mot » a pu être remise en cause par des structuralistes, comme André Martinet, dans le cadre d’une lingu istique de la langue, les
Trang 1UNIVERSITÉ DE CẦN THƠFACULTÉ DE PÉDAGOGIEDÉPARTEMENT DE FRANÇAIS
L’ÉCART SÉMANTIQUE ENTRE LES MOTS FRANÇAIS ET LEURS ÉQUIVALENTS EN
VIETNAMIEN
Mémoire de licence
Classe : NN0653A1 Code d’étudiant: 7063005
Cần Thơ, 2010
Trang 2Au cours de la réalisation de mon mémoire de licence, j’ai reçu beaucoupd’aides dévouées et de soutiens chaleureux de tous les enseignants duDépartement de français, ceux qui ont créé des c onditions favorables pour montravail de recherche Je voudrais leur adresser mes sincères remerciements
Ensuite, je voudrais adresser ma profonde reconnaissance à Monsieur
TRẦN THANH ÁI – mon directeur de recherche pour ses conseils, ses
renseignements, ses remarques et ses suggestions C’est lui qui m’a aidé e avecardeur, m’a suivie tout au long de mon chemin de travail en espérant que jerendrais un intérêt bien remarquabl e à mon mémoire
Je remercie le Département de français de m’avoir fourni des livresindispensables à notre recherche et de m’avoir apporté leur précieux soutienpour la réalisation de ce travail
Je tiens à exprimer enfin mes remerciements infinis à mes am is qui m’ontencouragée et m’ont donné des avis fort utiles
Trang 3INTRODUCTION 5
Chapitre premier CADRE THÉORIQUE 7
1 Qu’est-ce que traduire ? Qu’est-ce la traduction interprétative ? 7
1.1 Traduire, est-ce trahir ? 7
1.2 L’approche interprétative 8
2 Polysémie : 10
2.1 Les mots polysémiques à valeurs analogiques 10
2.2 Les mots polysémiques à valeurs opposées 10
2.3 Les mots polysémiques à valeurs d’ordres différents 11
3 Qu’est-ce que l’écart sémantique dans la traduction interprétative ? 12
4 L’équivalence et la correspondance : 13
4.1 Qu’est-ce qu’une équivalence ? 14
4.2 Qu’est-ce qu’une correspondance ? 14
5 Objectif de cette recherche 15
6 Méthodologie de recherche 15
Chapitre deuxième ANALYSE DU CORPUS 16
1 Le mot campagne (Leçon 5 : Programme pour le week -end, p 22) 16
1.1 Explication des dictionnaires témoins 16
1.2 Analyse des écarts sémantiques 17
1.3 Analyse des équivalents proposés par Le Phuong Than h 17
2 Le mot train (Leçon 5 : Programme pour le week -end, p 22) 19
2.1 Explication des dictionnaires témoins 19
2.2 Analyse des écarts sémantiques 20
2.3 Analyse des équivalents proposés par Le Phuong Thanh 21
3 Le mot sens (Leçon 8 : À auto-école, p 28) 23
3.1 Explication des dictionnaires témoins 23
3.2 Analyse des écarts sémantiques 24
3.3 Analyse des équivalents proposés par Le Phuong Thanh 25
4 Le mot taille (Leçon 12 : À la mode, p 42) 26
4.1 Explication des dictionnaires témoins 26
Trang 44.2 Analyse des écarts sémantiques 27
4.3 Analyse des équivalents proposés par Le Phuong Thanh 28
5 Le mot temps (Leçon 17 : On déjeune, p 52) 29
5.1 Explication des dictionnaires témoins 29
5.2 Analyse des écarts sémantiques 32
5.3 Analyse des équivalents proposés par Le Phuong Thanh 34
6 Le mot jeu (Leçon 19 : Vos écrans !, p 62) 35
6.1 Explication des dictionnaires témoins 35
6.2 Analyse des écarts sémantiques 37
6.3 Analyse des équivalents propo sés par Le Phuong Thanh 38
7 Le mot course (Leçon 23 : À auto-école, p 70) 40
7.1 Explication des dictionnaires témoins 40
7.2 Analyse des écarts sémantiques 41
7.3 Analyse des équivalents proposés par Le Phuong Thanh 42
Chapitre troisième CONCLUSION 43
BIBLIOGRAPHIE 44
WEBOGRAPHIE 46
Trang 5La langue est un moyen d’expression de la pensée C’est pourquoi à l’heureactuelle l’apprentissage d’une langue étrangère, n’est plus seulement une nécessitémais encore un moyen du succès Mais comment peut-on maỵtriser une langueétrangère ? C’est un fait difficile
Dans le cursus d’enseignement à l’université, le cours de la traductionconsiste à entraỵner et à renforcer la capacité de maỵtriser une langue, et j’airencontré beaucoup de difficultés quand je traduisais un texte ou seulement unpetit paragraphe du français en vietnamien D’abord, on doit atteindre lacompréhension globale d’un texte avant de commencer l’activité traduisante grâce
à un coup d’œil sur ce texte, sans chercher à comprendre tous les mots contenusdans ce document Cette technique de lecture rapide est à l’origine de la théorieselon laquelle le réseau sémantique d’une production langagière n’est pasconstitué seulement d’élément s linguistiques, mais encore d’éléments extra -linguistiques, tels que l’environnement (ó apparaỵt le texte?), les caractèresformels (comment est-il présenté?), etc Ce point de vue a contribué pour une largepart à libérer les apprenants de langue étrangère de la t radition philologique, pourles orienter vers des approches plus fonctionnelles de la lecture Mais cela n’estpas suffisant pour la traduction, qui nécessite toujours les compréhension s les plusapprofondies possibles du texte à traduire, y compris les mo indres nuances desmots utilisés, ce qui est souvent négligé dans l’approche globale du texte BerndStefanink a raison de dire que:
“Si la notion de « mot » a pu être remise en cause par des structuralistes, comme André Martinet, dans le cadre d’une lingu istique de la langue, les mots ont
cependant une existence réelle pour le traducteur, qui doit savoir que le mot est
constitué d’un ensemble de sèmes – virtuels tant qu’ils sont hors contexte, comme
par exemple, dans le dictionnaire – dont seulement un sous-ensemble, chaque fois différent est actualisé , selon les contextes dans lesquels entre ce mot ” (1993 : 66).
Quand nous avons compris le texte ou le paragraphe original, l e travailsuivant est la réexpression orale ou écrite en vietnamien Cette dernière n'est pasfacile, car elle ne ressemble pas à ce qu'on comprend Je trouve que dans plusieurssituations, il n’y a pas de cọncidence sémantique absolue entre les mots français
et leurs équivalents en vietnamien Dans ce cas, un mot a ce sens, mais dansd’autres cas, il en a un autre C’est pourquoi il peut provoquer des malentenduschez nous dans la compréhension De plus, le français et le vietnamien ont des
Trang 6façons différentes d’exprimer les idées, et cette langue pourra avoir plusd’expressions que l’autre C’est pour cette raison que le choix des mots, desexpressions, des structures grammaticales en vue de la compréhension du publicsur le texte traduit provoque des soucis permanents du traducteur Evidemment,ces écarts obligent les étudiants à se débrouiller pour soigner leur traduction Laplupart recourent à un dictionnaire pour traduire, le choix d’équivalentsconvenables en vietnamien m’embarrasse toujours C’est pourquoi les questionsposées sont:
- Comment choisit-on les équivalents en vietnamien qui correspondent à un mot français?
- Quels sont les éléments qui déterminent le choix des équivalents ?
C’est la raison pour laquelle, pour bien comprendre l’idée d’un texte, on abesoin des observations des mots accompagnés pour bien déterminer le contextepuis pour bien trouver l’équivalent approprié
Au long de mes études universitaires, je trouve que le s étudiants de languefrançaise même en quatrième année que nous sommes, ont du mal à traduire lestextes En qualité d’un futur professeur, je souhaite trouver le meilleurenseignement de la langue pour aider mes élèves dans la traduction et mescollègues à tirer les meilleures solutions d’enseignement
Je choisis le manuel ADO comme corpus d’analyse pour effectuer marecherche dans le cadre de mon mémoire qui a donc pour titre:
“ L’écart sémantique entre les mots français et leurs équivalents en
vietnamien”
Ma recherche comprend trois chapitres:
Le chapitre premier est réservé au cadre théorique concernant le sujet denotre recherche D’abo rd, je rappellerai sommairement la traduction interprétative Puis j’aborderai la polysémie Ensuite, c’est l’explication de la
notion « l’écart sémantique ». Enfin, je parle de l’équivalence et la correspondance.
Le deuxième est l’élaboration des listes de mots sélectionnées dans laméthode de français ADO
Le troisième est la conclusion
Trang 7Chapitre premier
CADRE THEORIQUE
1 Qu’est-ce que la traduction ? Qu’est-ce la traduction interprétative ?
1.1 Traduire, est-ce trahir ?
Les études en traduction et en traductologie mettent l’accent sur
l’opposition entre traduction linguistique et traduction interprétative , au profit de
la traduction interprétative qui consiste « à comprendre le texte original, àdéverbaliser sa forme linguistique et à exprimer dans une autre langue les idéescomprises et les sentiments ressentis » (M Lederer 1994, p.11) Autrement dit, latraduction doit être conçue non pas au niveau du mot ou de la phrase, mais au
niveau du texte De même, la distin ction entre traduction par correspondances et
traduction par équivalences constitue un des éléments de base des études
traductologiques qui privilégient la traduction par équivalences tout enreconnaissant à la traduction par correspondances sa juste valeu r ainsi que seslimites Dans le triple processus de la traduction (compréhension – déverbalisation– réexpression du sens), le sens l’emporte sur les unités linguistiques et « l’examen
du texte traduit relève certes l’existence de quelques correspondances de motsmais il est essentiellement constitué d’équivalences de discours » (M Lederer1994) Si l’accès au sens du texte original (ou l’interprétation) se trouve difficile àcause des implicites immanents à la langue -culture en question, la réexpressiondans la langue-culture d’arrivée constitue de même une dure épreuve pour letraducteur conscient de reproduire l’explicite et l’implicite, tout comme l’aspectaffectif dans le texte traduit, par des moyens qui ne correspondent pas toujours àceux de la langue-culture de départ, dont le recours à des synecdoques Pourtant, lechoix entre traduction par équivalences et traduction par correspondances restemême à nos jours une dualité vivace, car chacune de ces tendances présente seslimites : l’une tâchant de privilégier la réception et l’aspect « naturel » du textetraduit sacrifie les couleurs du texte original, l’autre s’attachant à l’exotisme etl’étrangeté risque d’offrir un texte d’arrivée illisible M Lederer résume fort biencette dualité en avouant (1994, p.86) : « Je serais tentée de penser que lescontroverses qui opposent les partisans de la fidélité à ceux de la liberté, dureronttant que l’on parlera de ‘traduction’ de façon indifférenciée, demandantglobalement fidélité ou liberté, la lettre ou l’esprit, alors qu’il faut descorrespondances pour rendre la lettre lorsque besoin est, des équivalences pour
Trang 8rendre l’esprit » Bref, « Correspondances et équivalences sont intimement liéesdans le processus de la traduction Jamais les unes ne l’empor tent intégralementsur les autres » (M Lederer 1994, p.86).
De cette façon, même si le fait de « traduire » se trouve très souvent attaché
à l’action de « trahir » (le binôme tradutore-tradittore (traducteur-traître) en
témoigne), disons qu’il serait plu s sage de reconnaître qu’un texte peut tout à faitprêter à de multiples traductions dans une autre langue -culture (et non à une
« traduction unique ») sans pour autant en être trahi, et que le choix de la bonne
traduction dépendrait à chaque fois du conte xte, de la situation, du type de public
visé et de l’usage envisagé pour le texte traduit
1.2 L’approche interprétative :
Il s’agira ici de dire qu’on ne peut pas traduire sans interpréter Interpréter,dans un sens premier, consiste à élucider, à rend re claire ou encore à dévoiler unsens caché La traduction interprétative signifie donc la traduction qui est baséeplutôt sur l’interprétation du message que sur le décodage linguistique Latraduction interprétative privilégie donc le transfert du conte nu du message enreléguant la correspondance linguistique de deux langues concernées au plansecondaire
L’approche interprétative, associée à l’ESIT (École supérieure d’interprètes
et de traducteurs de Paris), propose une théorie qui s’applique essentiell ement à latraduction orale mais également, selon ses partisans, à la traduction écrite et à toutgenre de texte Elle est fondée sur le processus d’interprétation, de déverbalisation
et de reformulation Pour les partisans de cette approche, appelée égale mentthéorie du sens, la démarche à suivre consiste à bien comprendre le sens du texteoriginal et à l’exprimer dans la langue d’arrivée ainsi qu’à identifier la théorieinterprétative à une traduction par équivalences , contrairement à la traductionlinguistique qui serait une traduction par correspondances Lederer (1994 : 51)différencie les deux en ces termes :
« les premières s’établissent entre des textes, les secondes entre des éléments linguistiques, mots, syntagmes, figements ou f ormes syntaxiques.».
Mais cette approche de la traduction, étant basée sur la théorie du sens, netient pas compte des représentations culturelles qui déterminent le sens
De plus, dans l’oral comme dans l’écrit, traduire c’est interpréter, mais ladistance entre le traducteur et le texte est plus grande que celle qui séparel’interprète du discours Cela ne doit pas cacher le fait que la démarche du texte au
Trang 9sens et du sens à un nouveau texte est la même que celle qui va d’un discours à soninterprétation L’interprète a affaire à des discours, est celui qui traduit le contenud’une langue dans une autre langue en cherchant à découvrir les équivalences sansqu’on puisse jamais affirmer que la reproduction est une reproduction exacte dutexte.
Dans un des ouvrages les plus riches qui aient été écrits sur la traduction,George Steiner1 remarque l’ « ambigụté » du mot ‘interprète’ lorsqu’il compare les termes français, anglais et allemand En allemand, écrit -il, le Dolmetscher est :
« L’intermédiaire qui traduit les document s commerciaux, les questions des voyageurs étrangers, les conciliabules diplomatiques et touristiques Il acquiert une formation dans des Dolmetscherschulen ó les exigences sont rigoureuses au
niveau de la langue mais ó l’on ne se préoccupe pas de « haute » traduction »
En français, ajout-t-il, l’interprète,
« C’est le monsieur qui vous dépanne à la banque, dans les administrations ou les
agences de voyage, mais c’est aussi l’exégète et l’exécutant créateur [ ]
‘Traducteur’ par contre, comme le trans lator ou le traduttore, évoque, sans que l’on s’y trompe, Amyot occupé à rendre Plutarque ou Christopher Logue en train
de broder sur l’Iliade »
G Steiner constate que :
« Le mystère du transfer t de signification est, par essence, le même, qu’on traduise un formulaire du bureau de poste ou le Paradiso de Dante ; »
Il n’en estime pas moins que :
« C’est au niveau supérieur que les manifestations sémantiques r elèvent au mieux les problèmes théoriques et pratiques de la traduction, les rattachent plus étroitement aux phénomènes généraux du langage et de l’esprit »
(Steiner, G (1975): After Babel Aspects of Language and Translation, Oxford University Press, Londres Traduction française de Lotringer, L (1978): Après Babel, une poétique du dire et de la tra duction, Albin Michel, pp 236-237.)
G Steiner n’a pas tort mais, s’agissant du processus, celui que l’on peutobserver en interprétation de conférence est le plus immédiatement accessible.L’interprétation de conférence représente à l’état pur le transfe rt de sens qui seproduit, lors du passage de la manifestation sensible d’un discours ou d’un texte, à
la pensée du traducteur puis de celle -ci à une autre manifestation sensible
Les bons interprètes sont en mesure de saisir l’inté gralité du sens desdiscours et de le transmettre La pratique de la consécutive puis de la simultanée,
Trang 10acquise sur le terrain puis affiné dans l’enseignement, a permis de dégager lesnotions fondamentales de la théorie interprétative.
Dès les débuts de l’ESIT, en 1956, les inter prètes de conférence ontappliqué à leur enseignement les principes tirés de leur expérience Ils donnaientaux étudiants des conseils empiriques : « Ne cherchez pas à ‘traduire’, dites ce que vous comprenez ; pour comprendre correctement, pensez à la qual ité en laquelle
s’exprime l’orateur, pensez au interlocuteurs auquels il s’adresse, aux circonstances dans lesquelles qu’il parle… »
2.1 Les mots polysémiques à valeurs analogiques :
Il s’agit des mots qui ont un rapport de ressemblance sémanti que entre lessémèmes
Exemples
Blanc : peut désigner la couleur, l'espace, et le vin
Rouge : peut désigner la couleur, le vin, la race, la colère, le communiste…
Vivre : peut signifier exister, subsister, habiter, expérimenter, traverser
Indien : peut désigner un habitant de l'Inde, ou un autochtone d'Amérique.
Américain : peut désigner ce (ou celui) qui vient de l'Amérique, ou qui vient des États-Unis.
Clarté : peut signifier lumière, transparence, et intelligibilité
2.2 Les mots polysémiques à valeurs opposées
Il s’agit des mots qui désignent à la fois une chose et son contraire
Hôte : désigne selon le contexte celui qui reçoit ou celui qui est reçu ;
Plus: il y en a plus (il y en a davantage) ou il n'y en a plus (il n'en reste pas).
Amateur : désigne selon le contexte une p ersonne avertie ou ignorante ;
Trang 112.3 Les mots polysémiques à valeurs d’ordres différents
Ce type est souvent considéré comme homonyme
Il s’agit des mots qui désignent à la fois une personne et une chose :
Katz et Fodor, propose nt une analyse sémique du sémème "canard" sousforme d'arborescence dans la tradition générative transformationnelle :
Analyse sémique de canard (schéma de Katz et Fodor)C'est la mise en discours qui permettra de désambiguïser et de rendre
monosémiques les unités lexicales polysémiques en langue
Trang 12Il est très rare qu'une unité lexicale soit complètement monosémique enlangue, sauf pour certains lexèmes faisant partie d'un vocabulaire très spécialisé :
hadron = particule chimique susceptible d'interaction for te
Dans les autres cas, même si l'ambiguïté reste possible au moment del'énonciation :
Qu'est-ce que c'est que tous ces canards ? (le locuteur le dit devant un lac
ou en écoutant de la musique)
La plupart du temps, le lexème polysémique se monosémise en passant endiscours :
Oh j'ai vu un canard ! (monosémie)
Oh j'ai entendu un canard ! (animal ou fausse note d'un instrument à cuivre
ou à vent)
J'étudie les canards de Lorenz le biologiste (animal).
J'étudie les canards de Louis Armstrong le saxophonis te (plutôt les fausses
notes que les animaux dans son jardin)
J'ai aperçu un canard (l'animal et pas le journal à cause de l'instantanéité du
procès apercevoir)
3 Qu’est-ce que l’écart sémantique dans la traduction interprétative ?
Quand on traduit un texte, on peut toujours constater qu ’entre deux langues
il existe toujours des écarts sensibles , non seulement du point de vue de la forme
ou de l’expression, mais aussi du point de vue du sens ou du contenu On pa rle ici
du point de vue du sens Observer les exemples suivants :
a Il affiche un grand luxe.
Trang 13b Cette entreprise affiche un chiffre d’affaire de …
D’après le dictionnaire « le Petit Robert », le verbe afficher signifie :
Vt 1 Publier, annoncer au moyen d’affiches ( niêm yết, yết thị, bố cáo…) ;
2 Montrer ostensiblement, faire étalage de (phơ bày, phơi bày…) ;
3 Inform Présenter des données sur un écran (hiển thị lên màn hình vi tính) ; Vpr Se montrer avec ostentation (được trưng ra, phơ bày ra…).
Donc pour l’exemple a, on peut traduire en anh ấy phơ bày một sự xa xỉ.
Et l’exemple b, peut-on utiliser aussi le mot phơi bày pour le mot affiche :
doanh nghiệp này phơ bày số danh thu là… ? si en français, le verbe afficher peut
être employé indifféremment pour le sujet nom de personne et nom de chos e, mais
en vietnamien, le verbe phơ bày va avec l’exemple a., mais pas avec l’exemple b.
On doit chercher un autre mot qui peut exprimer ce que veut dire affiche un chiffre
d’affaire, mais qui peut être procédé d’un sujet nom de chose Donc on peut dire :
Doanh nghiệp này đạt số doanh thu là
Doanh nghiệp này cĩ số doanh thu là …
À partir des exemples ci -dessus, on trouve qu’i l n’y a pas de cọncidencesémantique absolue entre les mots français et leurs équivalents en vietnamien.Dans ce contexte, un mot a ce sens, mais dans d’autres c ontextes, il en a un autre
On appelle cela l’écart sémantique entre deux langues
F de Saussure a remarqué comme suit :
« si les mots étaient chargés de représenter des concepts donnés d’avance, ils
auraient chacun, d’une langue à l’autre, des correspondants exacts pour le sens :
or il n’en est pas ainsi » (1960 : 161 ).
4 L’équivalence et la correspondance :
La traduction interprétative est une traduction par équivalences, latraduction linguistique est une traduction par correspondances Pour bien cerner lesproblèmes posés par la traduction, il est nécessaire d’éclaircir ces deux notions -clés
4.1 Qu’est-ce qu’une équivalence ?
On reprend l’exemple de la deuxième partie Pour exprimer le premier sens
du verbe afficher (publier, annoncer au moyen d’affiches), en vietnamien, on a les
Trang 14mots : niêm yết, yết thị, bố cáo, công bố On nomme ces mots qui sont des mots
équivalents Donc, qu’est-ce-qu’une équivalence ?
Les équivalents sont les mots qui ont les sens équivalents d’un mot dégagé
de son contexte, les mots équivalents peuvent quelques fo is remplacer eux-mêmes,mais quelque fois ils ne peuvent pas faire cela ou s’ils font les remplacements, ils
auront un sens différent Donc, si un mot en français a n sens, alors chaque sens aurait m équivalents Par conséquent, le nombre d’équivalen ts d’un mot français sera: n X m C’est la raison pour laquelle, quand on cherche à comprendre un texte,
on doit déterminer les sens des mots Quand on fait la traduction d’un texte en un eautre langue, on doit en même temps déterminer le sens et les équivalents quicorrespondent aux mots
4.2 Qu’est-ce qu’une correspondance ?
En traduction, la correspondance d’un terme est sa significationpréalablement définie dans une autre langue Ainsi donc, on peut la trouver dansles dictionnaires bilingues Elle s’oppose à l’équivalence L’équivalence est unecorrespondance inédite Elle est le mode de tradu ction générale, n’excluant paspour autant les correspondances que justifie l’existence d’élém ents quicorrespondent en toutes circonstances : évocation hors contexte ou emploi dans untexte
La traduction pour être réussie, doit viser à établir une équivalence globaleentre le texte original et le texte traduit , les correspondances répondant à desbesoins ponctuels alors que leur application systématique ne permet trait pasd’obtenir cette équivalence Les raisons pour lesquelles la mise en correspondancesystématique des éléments de deux langues ne produit pas de bonne s traductions nesont pas faciles à discerner, mais la mauvais e qualité de ce genre de traductionsaute aux yeux
C’est en interprétation simultanée que le peu d’intelligibilité de ce type detraduction apparaît le plus clairement : l’auditeur ne ressent pas seulement latraduction comme lourde et peu agréable, il la trouve inintelligible car la contin uité
et la vitesse du débit oral n’autorisent ni pause de réflexion, ni retour en arrière Latraduction par correspondances est dans ce cas totalement inopérante Dans l’écrit,
le manque d’intelligibilité est moins net, mais une traduction par corresponda ncesgénéralisées est lourde, peu agréable à lire
La mise en correspondances de deux langues est le premier niveau de latraduction ; s’agissant de vocables ou de phrases isolés, elle peut être utile dans
Trang 15l’enseignement des langues ; s’agissant de termes monoréférentiels, elle estpresque toujours indispensable ; s’agissant de textes entiers, elle est inopérante.Forts de ces observation s, traducteur et interprètes recherchent la réussite de latraduction dans une équivalence entre les textes.
5 Objectif de cette recherche :
L’objectif principal de cette recherche est d’étudier le degré de l’écartsémantique entre certaines classes de mots français utilisés dans ce manuel et leurséquivalents en vietnamien pour que l’enseignant puisse choisir des stratég ies dansl’enseignement
6 Méthodologie de recherche :
Pour procéder à ce travail, je suis la démarche suivante:
Sélectionner les mots utilisés dans la méthode de français ADO et quiprésentent des écarts sémantiques entre eux et leurs équivalents en vie tnamien Jesélectionne les mots selon les critères suivants : ils sont les noms utilisés souventdans la vie quotidienne ou dans les textes littéraires, ils ont beaucoup de sens et delocutions qui peuvent faire l’ embarras chez les élèves dans la sélection du sensexact d’un mot
Analyser et comparer les sens pour trouver l’écart grâce à un dictionnairemonolingue (Le Petit Robert électronique, version 2.1., 2001) et un dictionnairefrançais – français – vietnamien (Lê Phương Thanh, 1999, Maison d’éditions Vănhoá Thông tin.) car le premier est rédigé sérieusement par une équipe descientifiques connus et utilisé comme ouvrage de référence Le deuxièmedictionnaire est très connu pour son contenu assez volumineux, no tamment pourson format « de poche », très pratique pour les élèves vietnamiens
Trang 16Chapitre deux
ANALYSE DU CORPUS
Dans cette partie, j’analyse les mots qui peuvent provoquer les difficultéschez les élèves et que j’ai relevés du manuel ADO
1 Le mot campagne (Leçon 5 : Programme pour le week -end, p 22)
1.1 Explication des dictionnaires témoins
Campagne n.f.
Le Petit Robert Lê PhươngThanh
I.
1 Vx Vaste étendue de pays découvert.
2 (1671) La campagne : les terres cultivées,
hors d'une zone urbaine (opposé à ville)
3 Ensemble des lieux fertiles, hors des
villes
II Spécialt
1 (1587) Étendue de terrain, zone ó l es
armées se déplacent, lorsqu'elles sont en
guerre (opposé à camp, place forte).
2 Par ext (1671) L'état de guerre, les
combats, pour une armée
Faire campagne : participer à une opération
de guerre
Loc Se mettre en campagne : se mettre sur
le pied de guerre, commencer une opération
Spécialt Se dit d'une unité chargée de la
recherche des renseignements et du contact
avec l'ennemi qui part en opérations Fig
Partir pour une recherche méthodique
3 (1798) Ensemble de travaux civils menés
pendant une période déterminée, et destinés
à se reproduire
Action de communication limitée à une
période précise et à un objet précis
1 đồng bằng
2 nơi thơn dã
- Faire campagne: tịng quân
- Se mettre en campagne : đi tìm
4 cuộc vận động
Trang 171.2 Analyse des écarts sémantiques :
On voit que dans le dictionnaire « Le Petit Robert » (désormais LPR), le
mot campagne a plus de significations que dans le dictionnaire français
-français-vietnamien de Le Phuong Thanh (désormais LPT)
Partie I :
Pour la première signification, la correspondance vietnamienne est đồng
bằng et pour la deuxième, sa correspondance vietnamienne nơng thơn renvoie à : khu vực dân cư tập trung chủ yếu làm nghề nơng, phân biệt với th ành thị.
Quant à la troisième signification, on peut trouver sa correspondance en
vietnamien est nơi thơn dã.
Partie II :
On ne trouve pas dans le dictionnaire de Le Phuong Thanh lacorrespondance en vietnamien de la première signification , ici on peut comprendre
que c’est nơi đĩng quân.
Comme la dernière, la signification deux n’a pas de correspondance
vietnamienne, on peut utiliser le groupe de mot chiến đấu pour expliquer cette
signification
À partir des locutions de cette signification, le vietnamien a des mots qui
sont un peu cọncidence : tịng quân et đi tìm.
On trouve que le mot chiến dịch correspond à la signification trois.
1.3 Analyse des équivalents proposés par Le Phuong Thanh
a Pour exprimer les terres cultivées, hors d'une zone urbaine , en vietnamien, on dit nơng thơn, đồng ruộng, đồng quê, thơn quê, nơi thơn d ã…
Exemple (Ex) : Ce week-end, je vais à la campagne avec ma famille.
Dans cette phrase, on peut choisir le mot nơng thơn pour traduire le mot
campagne Donc la traduction de cette phrase est : Tơi về nơng thơn chơi cùng gia đình vào dịp cuối tuần.
b Pour l’idée « Ensemble de travaux civils menés pendant une période
déterminée, et destinés à se reproduire », on a les mots : đợt vận động, chiến dịch…
Ex : J’ai participé à une campagne électorale l’année dernière.
Trang 18Dans cette phrase, le mot électorale a le sens tuyển cử - tranh cử - bầu cử Pour ce contexte, on peut choisi les mots cuộc tranh cử, đợt vận động, chiến dịch pour le mot campagne C’est pourquoi, cette phrase pourra être traduite comme suit: tôi đã tham gia vào một cuộc tranh cử (đợt vận động ou chiến dịch tranh cử)
vào năm ngoái.
Trang 192 Le mot train (Leçon 5 : Programme pour le week -end, p 22)
2.1 Explication des dictionnaires témoins
2 Techn Suite ou ensemble de choses
semblables qui fonctionnent en même
temps
3 Milit Train des équipages* Train de
combat — Absolt Le train Unités, soldats
du train.
4 Vx Ensemble de domestiques,
chevaux, voitures qui accompagnent une
personne
II (1829; emploi absolu de I, 1o) La
locomotive et l'ensemble des voitures
(wagon) qu'elle traîne
T.G.V Train corail* Train monorail.
Loc Comme une vache regarde passer
un train: avec un air passif, abruti.
Prendre le train en marche : s'associer à
une action déjà en cours; assumer la
continuité d'une entreprise
Le train: moyen de transport ferroviaire.
Par anal Jouet d'enfant représentant un
train en miniature, avec sa voie ferrée
Offrir un train électrique à un enfant.
III.
1 (XIIe) Vieilli Manière d'aller, d'évoluer,
marche (des choses)
TRAIN DE VIE : vieilli genre de vie,
manière de vivre
2 Allure du cheval, d'une monture, et
par ext d'un véhicule ou d'un c oureur, d'un
marcheur
3 Bộ, hệ thống hoạt động đồngbộ
2 xe lửa
- T.G.V : xe lửa cao tốc
- Prendre le train en marche :
tham dự nửa chừng một công việc
- xe lửa
Trang 203 Loc adv (1636) EN TRAIN : en
mouvement, en action, ou en humeur d'agir
4 Loc prép (1666) EN TRAIN DE (en
tour négatif) : disposé à
IV Partie qui traîne.
1 (1467) Partie qui porte le corps d'une
voiture et à laquelle sont attachées les
roues
2 (XVIe) Partie de devant, de derrière des
animaux de trait, des quadrupèdes
Pop Derrière
3 (1680) Techn Anciennt Partie d'une
presse d'imprimerie sur laquelle on posait la
forme
- En train : đang đi, đang chạy
- En train de : đang thực hiện
5 bộ bánh xe
6 phần thân của động vật tứ chi
7 phần mông
2.2 Analyse des écarts sémantiques :
Il reste encore quelques significations qu’on peut tro uver dans Le Petit
Robert mais pas dans le dictionnaire de Le Phuong Thanh.
personne), leurs sens sont un peu semblables À partir de ces explications, on peut
donner les mots comme đoàn người, đoàn xe, đoàn gia cầm, đoàn ngựa, hàng,
dãy…Mais pour le dictionnaire de LPT, on a trouvé que la correspondance en
vietnamien de ces deux significations est đoàn, cette correspondance ne généralise
pas le sens du mot « train » dans cette partie Autrement dit, il n’y a pas de lacorrespondance exacte entre les éléments de deux systèmes linguistiques
Quant à la signification trois :Milit Train des équipages* Train de combat Cette dernière a le sens dans le militaire, c’est pourquoi on peu t l’expliquer par
đoàn quân, đoàn người et Train de combat par tàu chiến.
Partie II :
Trang 21La correspondance en vietnamien de la signification première est xe lửa (xe
cĩ đầu máy kéo nhiều toa chạy tr ên đường ray), mais au niveau des locutions
constituées à partir de cette entrée , on ne trouve pas toutes ses correspondances
Par exemple : T G V (Train à grande vitesse) : xe lửa cao tốc, prendre le train en
marche : tham dự nửa chừng một cơng việc On utilise les mots thụ động, ngu ngốc… pour exprimer la locution Comme une vache regarde passer un train et xe lửa đồ chơi pour Jouet d'enfant représentant un train en miniature, avec sa voie ferrée.
Partie III :
LPR a expliqué les significations première et deuxième : la première
signification est Manière d'aller, d'évoluer, marche (d es choses) qui peut être compris par dáng đi, cách tiến triển, chiều hướng et la deuxième signification est
allure du cheval, d'une monture, et par ext d'un véhicule ou d'un coureur, d'un marcheur qui correspondent aux équivalents vietnamiens suivants dáng đi của
Mais tandis que dans le dictionnaire de LPT, on a trouvé seulement le sens en
vietnamien qui correspond aux deux significations cách đi, nước bước (allure,
vitesse), on voit que la correspondance vietnamienne n’exprime pas tous les
équivalents possibles de deux significations Donc on trouve clairement que le sens
du mot train et ses équivalents vietnamiens ne se cọncident pas.
Partie IV :
Il y a seulement la troisième signification dont on ne trouve pas lacorrespondance vietnamienne
2.3 Analyse des équivalents proposés par Le Phuong Thanh
a Pour le sens « la locomotive et l'ensemble des voitures qu'elle traỵne », en
vietnamien, on peut dire : đồn hỏa xa (xưa), đồn tàu hỏa, địan xe lửa, xe lửa,
tàu hỏa, hoả xa (xưa), chuyến xe, chuyến tàu, toa tàu, tàu…
Ex : Un train est un véhicule guidé circulant sur des rails.
Pour cette phrase, on doit choisir les mots xe lửa, tàu hỏa, hoả xa (xưa) pour le mot train car le mot véhicule est un mot au singulier, c’est pourquoi on ne
peut pas choisir les autres mots pour ce cas
La traduction de cette phrase est : Xe lửa (tàu hỏa, hoả xa) là một phương
tiện được điều khiển chạy trên đường ray
Ex : Quand on monte dans le train, nous pouvons rencontrer des inconnus.
Trang 22Pour le mot train ici, on doit choisir le mot toa tàu ou tàu Donc on a la traduction de cette phrase : Khi chúng ta bước lên toa tàu, chúng ta có th ể gặp gỡ
nhiều người không quen.
b Pour marquer les deux idées « Ensemble de domestiques, chevaux,voitures qui accompagnent une personne » et « File de bêtes de somme qui suivent
qqn », on peut avoir les mots : đoàn, đoàn người, đoàn xe, đoàn ngựa, đoàn
thuyền…, đàn, đám, nhóm, bầy, lũ, hàng, dãy, dây, dọc, chuỗi…
Ex : Elle est partie avec son train.
Dans cette phrase, le mot train peut être traduit par les mots : đám tuỳ tùng
(những người đi theo để giúp việc) , đám người, đoàn người… et la traduction est :
cô ta đi khỏi cùng với đám tuỳ tùng.
Ex : Un train de mulet.
On utilise le mot hàng ici, alors quand on dit un train de mulet, c’est à dire
một hàng la.
c Pour désigner Manière d'aller, d'évoluer, marche (des choses ), allure du
cheval, d'une monture, d'un véhicule ou d'un coureur, d'un marcheur , on peut dire
en vietnamien : cách đi, cách chạy, nước đi, nước bước, nước chạy, bước đi, tốc
độ, tiến triển, chiều hướng…
Ex : les cyclistes vont grand train sur la piste.
Dans cette phrase, le mot train ici marque la manière d’aller On peut comprendre cette phrase comme : Những vận động viên xe đạp phóng nhanh trên
đường đua.
Ex : les chevaux vont petit train sur le gazon
Et pour ce cas, train désigne allure du cheval, donc la traduction de cette phrase est : những chú ngựa bước đi thong thả trên bãi cỏ.
Trang 233 Le mot sens (Leçon 8 : À auto-école, p 28)
3.1 Explication des dictionnaires témoins
sens n m.
Le Petit Robert Le Phuong Thanh
I
1Faculté d'éprouver les impressions que
font les objets matériels
physiol Système récepteur unitaire d'un e
modalité spécifique de sensations
(correspondant, en gros, à un organe
déterminé)
Le sixième sens : l'intuition.
Loc Cela tombe sous le sens: cela va de
soi, c'est évident
2Au plur Littér et vieilli LES SENS
Chez l'être humain, Instinct se xuel, besoin
de le satisfaire
3LE SENS DE : faculté de connaître
d'une manière immédiate et intuitive
(comme par une sensation)
Spécialt, vx Sens interne, intime: la
2Mod BON SENS : capacité de bien
juger, sans passion, en présence de
problèmes qui ne peuvent être résolus par un
raisonnement scientifique
3SENS COMMUN : manière de juger,
d'agir commune à tous les hommes (qui
équivaut au bon sens)
Ça n'a pas le sens commun : c'est