Dans la formation des enseignants, à côté de la méthode d‟enseignement traditionnelle, la didactique, qui est définie comme l‟étude de la transmission d‟un savoir ainsi que les conditio
Trang 1BỘ GIÁO DỤC VÀ ĐÀO TẠO TRƯỜNG ĐẠI HỌC SƯ PHẠM TP HỒ CHÍ MINH
ÉLAORATION D’UNE TERMINOLOGIE
NGƯỜI HƯỚNG DẪN KHOA HỌC:
TS NGUYỄN XUÂN TÚ HUYÊN
Thành phố Hồ Chí Minh - 2009
Trang 2
REMERCIEMENTS
J‟adresse tous mes remerciements les plus sincères à:
La direction et les professeurs du département de Français de l‟Université de Pédagogie de Hochiminh-ville, pour leurs enseignements ;
Madame Nguyễn Xuân Tú Huyên, mon directeur de recherche, pour
sa disponibilité, ses conseils pour mon travail de recherche ;
Madame Anne Le Roux, professeur émérite de l‟Université de Caen,
M Jean-François Thémines, HDR, directeur-adjoint chargé de la recherche à l‟IUFM de Caen-Basse-Normandie, pour leur aide à la documentation et la construction de la structure notionnelle ;
Mme Nguyễn Thị Kim Liên, M Nguyễn Văn Luyện, du département
de géographie de l‟Université de Pédagogie de Hochiminh-ville ; Mme Hồ Thị Thu Hồ, de la Faculté de Pédagogie de l‟Université de Cần Thơ ; Mme Hoàng Thị Diễm Trang, professeur du lycée Gia Định pour la lecture des fiches terminologiques et pour leurs observations;
Mes proches pour leur soutien moral
Huỳnh Lê Thiên Trúc
Trang 3TABLE DES MATIÈRES
Introduction……… 4
Chapitre 1 : Notions théoriques utilisées dans le cadre du mémoire…… 7
I Généralités……… 7
1 Points communs et différences entre la lexicologie……… 7
la lexicographie et la terminologie 2 Raisons du choix de l‟approche socioterminologie……… 8
3 Les besoins terminologiques……… 9
4 Moyens de satisfaction des besoins terminologiques……… 11
II Notions clés de la terminologie……… 15
1 Concept……… 15
2 Terme……… 19
3 Référence……… 22
III Structure d‟une fiche terminologique……… 24
IV Le transfert des compétences et la professionnalisation des enseignants… 29 Chapitre 2 : Analyse du travail effectué……… 32
I Didactique et didactique de la géographie……… 32
II Corpus choisi……… 34
III Résultats du travail de recherche……… 35
1 Présentation du travail de recherche………35
2 Moyens de création terminologique………36
3 Approches choisies……… 43
4 Structure notionnelle……… 46
IV Avis des usagers……… 47
Conclusion……… 51
Bibliographie ……… 54
Annexes
Structure notionnelle
Fiches terminologiques
Index
Français - Vietnamien Vietnamien - Français
Trang 4INTRODUCTION
I Le cadre de l’action
Pendant longtemps, la géographie était considérée comme une science
« naturelle », « physique », science de la nature et de la Terre s‟intéressant à
la biogéographie, la climatologie, la géomorphologie, l‟hydrologie… Puis
elle a évolué vers une science sociale : « La géographie est bien une science sociale, et une pratique active de l‟espace (savoir penser l‟espace pour agir
sur lui et non plus le subir) [ ] L‟objet de la géographie est bien l‟espace ordonné, construit- qu‟il soit représenté ou objectif, géométrique-, et la construction d‟un savoir sur les relations de l‟homme, de la société, avec cet espace »1 D‟après Thémines2, l‟activité scientifique en géographie consiste
à rendre compte de la production sociale d‟espace terrestre, en construisant des systèmes conceptuels de relations, dans l‟élaboration desquels l‟exploration des distances joue un rôle central Et pour Le Roux3, […] les activités en classe de géographie […] sont nombreuses : les élèves sont invités à identifier, mettre en relation, formuler un problème, analyser, interpréter, généraliser, conceptualiser, synthétiser, évaluer comme pour toute discipline scientifique
Au Vietnam, dans le contexte de réforme éducative, il s‟avère indispensable que les formateurs soient au courant de cette évolution La convention interuniversitaire signée entre l‟Université de Pédagogie de HoChiMinh-ville et l‟Université de Caen Basse Normandie a permis la
Trang 5création d‟actions de formation des ressources humaines en géographie et en didactique de la géographie, par l‟organisation de septembre 2007 à septembre 2009 de quatre séminaires de formation destinés à une vingtaine
de professeurs de réseaux et de formateurs venant de différents d‟établissements de formation d‟enseignants du Vietnam (Cân Tho, Dong Thap, Hochiminh-ville, Huê, Tien Giang, Vung Tau) L‟objectif de ces quatre séminaires est d‟initier les formateurs d‟enseignants et les professeurs
et de les aider à accéder- grâce à l‟expertise française- à de nouvelles approches dans l‟enseignement - apprentissage, à les faire réfléchir à de nouvelles démarches pédagogiques et à de nouveaux savoirs
Dans la formation des enseignants, à côté de la méthode d‟enseignement traditionnelle, la didactique, qui est définie comme l‟étude
de la transmission d‟un savoir ainsi que les conditions d‟enseignement et d‟apprentissage de ce savoir, est une discipline nécessaire, car elle permet aux professeurs de bien maîtriser les savoirs enseignés, ainsi que les conditions d‟enseignement de ces savoirs dans un contexte scolaire précis
Au Vietnam la didactique est une discipline très nouvelle, introduite dans notre pays grâce aux experts français en didactique des mathématiques et didactique de la géographie L‟élaboration d‟une terminologie en didactique
de la géographie s‟avère nécessaire pour le développement, l‟intégration de
la discipline dans la formation des enseignants de géographie au VietNam et cette terminologie est considérée comme une ressource pour le développement des compétences des formés dans le cadre d‟un dispositif de transfert
Trang 6II Public
Tout projet terminologique est défini en fonction de ses objectifs et de son public-cible Le nôtre est destiné aux formateurs des établissements de formation d‟enseignants et aux enseignants de réseaux de géographie du Vietnam qui s‟initient à la didactique de la géographie telle qu‟elle est conçue en France
III Questions de départ
En faisant ce travail de recherche, nous nous posons les questions de départ suivantes :
1 Quelle approche choisir pour la conception d‟une terminologie en didactique de la géographie en fonction du public cible, en fonction des objectifs de transfert des compétences?
2 Quelle forme donner à cette terminologie ?
3 Dans quelle mesure la terminologie élaborée peut-elle être une ressource pour le transfert de savoirs et de compétences chez les formés ?
IV Structure du mémoire
Ce travail de recherche comprend les parties principales suivantes:
Première partie : Présentation des notions théoriques utilisées dans le travail
Deuxième partie : Analyse du travail effectué
Bibliographie
Annexes
Présentation des fiches terminologiques
Trang 7 Index français-vietnamien
Index vietnamien-français
Trang 8la linguistique appliquée
À la différence de deux branches linguistiques pré-citées, la terminologie se consacre à l‟étude scientifique des termes, à un domaine spécialisé Elle est souvent utilisée dans les activités de type traductionnelles, documentaires ou normalisatrices Elle s‟adresse aux
1 Georges Mounin, cité dans Nguyen Xuan T.H., 2005:2
2 Webster, 1976
3 Seghers, 1972
Trang 9besoins des spécialistes et des techniciens Ce sont des traducteurs, des documentalistes, des normalisateurs, des lexicographes, des encyclopédistes, des pédagogues, des étudiants et des autres “apprenants” Elle les aide à se comprendre, à collaborer, à négocier, à s‟entendre, à enseigner… et à éviter des malentendus, des imprécisions On peut étudier la terminologie selon deux axes : synchronique- pour voir la circulation des savoirs ; et diachronique- pour connaître l‟histoire des sciences, des techniques, des idées Il existe aussi une approche sociolinguistique de la terminologie que nous allons adopter pour notre projet terminologique
2 Raisons du choix de l’approche socioterminologique
La terminologie traditionnelle “implique que les concepts soient fixes
et indépendants de l‟histoire” et elle repose sur un postulat : “la mise à l‟écart de la signification au profit de la désignation”1, c‟est-à-dire qu‟elle ne s‟intéresse pas à la transmission et à l‟évolution de la signification du terme dans le temps
La socioterminologie s‟est développée dans les années quatre-vingts Pour Enide Faulstisch, cité dans Gaudin2, “ la socioterminologie est une discipline qui s‟intéresse au mouvement du terme dans les langages de spécialité” Et puis, selon Marcel Diki-Kidiri, cité aussi dans Gaudin3
, qui a mené des recherches portées principalement sur l‟aménagement terminologique des langues africaines, la socioterminologie “s‟est donnée comme objectif d‟étudier comment les locuteurs (utilisateurs, sujets, etc.) réagissent aux termes techniques, les utilisent et les rejettent, et ce que cela induit comme relation de communication, et comme jeu et enjeu de
1 Gaudin F., 2003:27
2 Gaudin F, 2003:14
3 Gaudin F, 2003:15
Trang 10pouvoir” Les socioterminologues s‟intéressent ainsi non seulement aux termes mais aussi à leur circulation dans les communautés, à l‟étude de leur apparition, de leur adoption ou de leur rejet
Les caractéristiques de la socioterminologie peuvent être rassemblées sous trois aspects principaux Le premier implique la dimension sociale et s‟illustre tout particulièrement dans les préoccupations de politique linguistique ; mais l‟étude de la circulation des termes implique également des pratiques langagières telles que celles que l‟on désigne du nom de
vulgarisation Le second aspect impose une réflexion sur la façon de décrire
le fonctionnement discursif des termes, leur description linguistique étant centrée sur la dimension sémantique, et sur les concepts à utiliser pour décrire ces cohortes lexicales Pour ce faire, les notions de domaine, d‟expert, de systèmes conceptuels devaient être réexaminées à la lumière des acquis de la linguistique sociale, de la sémantique qu‟elle soit, selon les auteurs, interprétative, référentielle ou cognitive Selon le troisième aspect,
la linguistique étant une science sociale, réfléchir à ces vocabulaires comme
à des unités culturelles oblige à considérer leur histoire L‟histoire de ces noms, de leurs sens, c‟est aussi l‟histoire de nos idées et de nos façons de les dire1
3 Les besoins terminologiques
Donner le nom à un nouvel objet, transmettre et diffuser des idées, normaliser sont des activités terminologiques La dernière activité est difficile parce que la terminologie pose des problèmes de cohérence internes Par exemple dans les savoirs théoriques, la conception d‟un savoir n‟est pas
la même selon les écoles, les tendances, les hommes ; dans les sciences
1 Gaudin F, 2003:16
Trang 11humaines, les terminologies les plus cohérentes ne sont pas toujours les plus répandues et acceptées par tous; ou dans les sciences appliquées ó il y a des emprunts notionnels, des abstractions des données pratiques
Puis les besoins terminologiques sont très variables selon la nature des domaines, de leur développement et le statut des langues1 Certes, les théories cohérentes, quelle que soit leur nature, ainsi que les domaines institutionnels et prescriptifs, s‟élaborent sous forme de discours constitutifs,
ó les noms de notions prennent leur place relative selon un système de valeurs explicite La définition des termes et leurs emplois typiques doivent
en principe permettre d‟y repérer les systèmes conceptuels Une activité terminologique systématique peut être appliquée à ces discours et extraire les éléments constitutifs de leur terminologie objective Pour les sciences qui sont en voie de constitution ou d‟évolution, la définition des termes doit être mise au point régulièrement Les configurations conceptuelles de la biologie,
de la chimie, etc évoluent sans cesse Leurs terminologies évoluent, mais elles conservent forcément la trace des états antérieurs des connaissances : c‟est donc un rapport changeant entre les termes en partie ancienne et les notions nouvelles que la terminologie scientifique doit définir Il s‟agit avant tout ici d‟une mise au point permanente des définitions
Selon le statut des langues, on distingue deux sortes de besoins terminologiques: besoins externes et besoins internes.2 Les langues qui jouent souvent le rơle de constitution des terminologies scientifiques et techniques comme l‟anglais, le français, l‟allemand,… doivent satisfaire des besoins terminologiques internes Ces langues assument directement une activité constitutive de terminologie scientifique et technique, c‟est-à-dire
1 Rey A., 1979:62
2 Rey A., 1979: 65-67
Trang 12qu‟elles doivent créer, donner un mot nouveau pour désigner un nouvel objet Les autres langues, qui empruntent des notions déjà existantes dans d‟autres langues satisfont des besoins terminologiques appelés externes Quelle que soit la langue, l‟élaboration d‟une terminologie en langue nationale est une affaire de politique linguistique
En effet, l‟analyse des besoins terminologiques, liée à celle des besoins culturels, didactiques, scientifiques, dépend de facteurs sociolinguistiques particuliers Dans certains cas, on n‟admet pas même l‟existence de besoins,
et les langues concernées sont confinées par l‟histoire à d‟autres fonctions, leurs locuteurs étant contraints d‟apprendre l‟une des langues dominantes pour les domaines dont il est ici question La décision de fonctionner dans sa langue maternelle ou dans une langue « nationale » (en élaborant des terminologies) ou de se résigner à emprunter la langue-outil avec la matière
à travailler est d‟ordre politique, car toute langue est capable de tout nommer : l‟impression trop fréquente que certaines sémantiques ne peuvent répondre au besoin notionnel relève de l‟idéologie Ce qui est vrai, c‟est que les moyens de création dénominative varient selon la langue.1
4 Moyens de satisfaction des besoins terminologiques
Pour répondre à des besoins terminologiques, il existe des moyens propres à chaque langue et à chaque culture Parmi les moyens langagiers et notionnels, il y a l‟apparition de nouvelles notions et la modification de notions existantes ; la modification se traduit au point du vue linguistique par des notions, l‟emprunt, la néologie ou les procédés de l‟abréviation et de
la siglaison ou l‟utilisation des formes déjà existantes2
1 Rey A., 1979: 65-67
2 Rey A., 1979: 68-74
Trang 13L‟apparition et la modification des notions, au sens de système notionnels ou de conceptualisations stricto sensu, ne sont perçues que par les scientifiques théoriciens au cours de leur recherche, par les taxinomistes qui constituent les classes d‟êtres, par les inventeurs en technologie Les utilisateurs de terminologies n‟ont connaissance de ces processus notionnels qu‟à travers les termes qui leur sont affectés, soit dans leur langue, soit dans une langue étrangère Ce dernier cas est le plus typique et le plus clair : une science, une technique proposent un terme nouveau dans la langue ó la recherche, la création se sont élaborées ; une langue réceptrice perçoit immédiatement l‟existence de la notion, de la classe d‟êtres, derrière ce terme, et recherche un signe apte à assumer la fonction de terme tout en s‟intégrant au système de la langue
Exemple : F : didactique
V : didactic
L‟emprunt constitue la solution la plus évidente, la plus paresseuse, mais aussi la plus efficace internationalement, car elle neutralise partiellement les différences interlinguistiques et respect aussi la notion originelle, plus aisément repérée On peut dire que l‟emprunt dénomme la notion et connote son origine, ce qui explique son succès malgré ses inconvénients
Trang 14préexistantes, ces unités terminologiques nouvelles n‟étant pas toujours considérées par les linguistes comme des néologismes
Exemple : F : communauté discursive
V : cộng đồng diễn ngôn
Les procédés de l‟abréviation et de la siglaison présentent l‟originalité
de produire un signe formellement nouveau sans aucune opération sémantique : elles empruntent une dénomination à fonction terminologique composée de plusieurs mots, y prélèvent soit des lettres initiales, soit des lettres et/ou des lettres initiales , et les combinent Ces procédés sont particulièrement fréquents avec les noms propres (firme, institutions, organismes, sociétés, …) et le résultat en est périodiquement critiqué par les usagers auxquels ils posent des problèmes de compréhension redoutables Exemple : F : AUF Agence Universitaire Francophone
V : AUF
F : LASER Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation
V : LASER
Au lieu de recourir à une forme nouvelle, empruntée hors de la langue
et produite par la morphosyntaxe, le besoin terminologique peut être satisfait par l‟utilisation des formes déjà existantes L‟affectation d‟une forme lexicale simple ou complexe à une notion est une variété d‟ « emprunt interne terminologique » Ce procédé économise les formes, mais contrevient à une règle aussi essentielle que peu respectée : celle de la monosémie de tout terme Il n‟est efficace que parce que le discours, dans chaque domaine, se charge de lever des ambiguïtés
Exemple : F : situation
V : vị trí / tình huống
Trang 15Situation (Vị trí ) : ensemble des relations établies par la
rencontre en un lieu donné, de personnes, de biens, d‟informations, de capitaux, en provenance et/ou à destination d‟autres localisations Ce contact suppose le franchissement des distances entre les lieux concernés La circulation tend à produire une limite qui sépare alors l‟aire qui s‟organise en fonction de cette circulation d‟autres aires (Thémines, 2006 : 14)
Situation (tình huống) : Une situation, en tant qu‟objet
d‟étude didactique, est une couple dans la réalité (une situation ne dure pas éternellement) Elle se caractérise par l‟émergence, dans le temps et l‟espace de la classe, d‟un élément ou d‟une configuration d‟éléments (relation, projet, objet de savoir, documents…) nouveaux (Reuter, 2007 : 203)
Les jugements et attitudes : Les moyens internes correspondant au système morphologique de la langue, sont mis en œuvre par les locuteurs en situation Les difficultés, les anomalies, les irrégularités de la néologie entraînent des jugements issus d‟attitudes sociales et culturelles Ces jugements, portés sur la forme expressive des termes (structure graphique et phonique, nombre de syllabes, euphonie ou cacophonie), qui favorisent ou freinent la productivité du système et celle des processus de nomination, sont aussi des moyens dans la satisfaction des besoins terminologiques Exemple : F : 1 menu (restaurant)
2 menu (informatique)
V : 1 thực đơn
Trang 16Comme l‟élément thực (aliment) est très productif en
vietnamien, donnant une série de mots composés appartenant au domaine de l‟alimentation tels que thực khách, ẩm thực, thực phẩm, lương thực, etc…, le sème
« alimentation » devient prédominant et il n‟est plus possible d‟utiliser le mot existant en vietnamien pour désigner la nouvelle acception de « menu » en français Par conséquent, les locuteurs vietnamiens ont préféré l‟emprunt « menu » pour le domaine de l‟informatique
La socioterminologie est encore impuissante à énoncer les lois de l‟acceptation et du rejet car elles sont complexes Elles mettent en œuvre des facteurs linguistiques, psychologiques, sociaux, mais aussi des rapports de force qui passent par le statistique des discours
Dans la partie suivante, les notions clés de la terminologie seront présentées
II Notions clés de la terminologie
En parlant de terminologie, il est indispensable de définir les notions clés telles que concept, terme, référence
1 Concept
Selon les approches, le concept a des sens différents
Selon la terminologie traditionnelle, le concept est « une abstraction passive de traits présents dans le réel »1 Puis, pour la norme ISO, la notion
1 Gaudin F., 2003:62
Trang 17est une « unité de pensée constituée par abstraction à partir des propriétés communes à un ensemble d‟objets »1
Dans sa thèse, Otman G.2 considère « la notion de concept dans son sens le plus large : tout ce qui contient de l‟information ou de la connaissance » Il pose que « l‟ensemble des termes d‟un domaine se partage l‟ensemble de la matière à signifier dans ce domaine » Et par la suite, il reprend simplement à son compte « l‟équation concept = terme »
Sous l‟angle de l‟approche terminologique, les termes n‟ont pas d‟existence individuelle, le système notionnel qui les inclut détermine leur signification C‟est donc leur statut linguistique qui fonde leur autonomie puisque ce sont « des éléments qui font partie d‟un système linguistique spécialisé »3
Pour les socioterminologues, le concept se construit de façon dynamique, par « un ensemble de procédures qui relèvent d‟une construction terminologique par un auteur donné au sein d‟un texte Par conséquent, un concept ne peut pas être dissocié de l‟ensemble des usages qui en sont faits, son nom est solidaire des autres signes qui participent à la verbalisation du contenu conceptuel Les concepts sont ainsi liés à des langues et leur étude».4
Il existe deux démarches en terminologie : onomasiologique et sémasiologique La première part des notions pour faire comprendre les termes La deuxième part des unités lexicales en discours pour faire correspondre les notions du domaine envisagé Dans le cadre de ce mémoire,
la deuxième est adoptée puisque nous avons choisi d‟adopter la démarche
Trang 18socioterminologique Ainsi il y aura à la fois une prise en compte des communautés de parole et une mise en relation des unités de dénomination des notions d‟une langue avec d‟autres termes dans une autre langue
Toutes les définitions dans les fiches terminologiques de ce mémoire se trouvent dans un contexte définitoire différent de la définition qu‟on trouve dans les dictionnaires Selon F Gaudin, ce contexte présente l‟avantage d‟être un énoncé produit dans une visée pragmatique, adressé à un lectorat construit par l‟auteur et rédigé de façon « naturelle », c‟est-à-dire de façon plus spontanée qu‟une définition Et le contexte définitoire figure au sein d‟un texte suivi, qu‟il soit pédagogique, de vulgarisation, d‟information quelconque Il ne propose donc qu‟une définition partielle parce qu‟orientée vers la bonne compréhension d‟un discours déterminé ; le discours étant animé d‟une pragmatique particulière, il ne vise qu‟un point de vue sur l‟unité en question ; seuls un certain nombre de traits sémantiques de l‟unité définie sont alors actualisés Pour cette raison, dans une fiche terminologique, un terme doit avoir souvent deux ou plusieurs contextes définitoires pour être bien compris
Exemples :
1 Milieu naturel : l‟ensemble des éléments de la nature
(climat, sols, eaux, pentes, etc.), présents et associés en un lieu et autour de lui, forme le milieu naturel de ce lieu On voit donc que par là, tout à la fois, il fait partie du système
du lieu et il est hors de lui, partie de son environnement Il n‟est évidemment que l‟un des éléments de la définition du milieu géographique (Brunet, 1992 :302)
2 La notion de milieu,[ ], combinaison géographique de
relations qui règlent l‟existence de l‟homme-habitant,
Trang 19dynamiques et instables dans l‟espace et dans le temps (Le Roux, 1995 :88)
Dans l‟approche sociolinguistique, les terminologues ont une tâche de décrire le sens des termes Pour ce travail de description, il existe deux approches :
Une approche relationnelle : les unités de sens sont mises en relation
les unes avec les autres (relations lexicales : hyperonymie, synonymie, isonymie, relations d‟inclusion, de partie/tout ou relations syntaxiques)
Une approche par définition basée sur des contextes : le contexte
définitoire est un énoncé se trouvant au sein d‟un discours suivi, possédant une visée pragmatique particulière, actualisant certains traits sémantiques de l‟unité définie Le contexte définitoire par conséquent ne présente qu‟une définition partielle, qu‟un point de vue spécifié, orientée vers une bonne compréhension du texte par un lectorat déterminé D‟après Gaudin1, bien cerner une notion, c‟est souvent parvenir à articuler plusieurs points de vue qui coexistent dans les discours
Dans le travail de l‟élaboration de ces fiches terminologiques, nous acceptons les définitions suivantes :
La définition formelle : X= Y + caractéristiques (X : terme, Y :
élément générique de définition)
Exemple : Une carte est une représentation graphique [ ]
des phénomènes inscrits à la surface de la Terre sur une projection en plan et à échelle réduite de la portion de surface terrestre sphérique représentée Elle permet de
1 Gaudin F., 2003: 159
Trang 20repérer une série de lieux et d‟objets, d‟en visualiser les dimensions et les proportions (Dunlop, 2009 :12)
La définition semi-formelle : X = caractéristiques
Exemple : L‟activité scientifique en géographie consiste à
rendre compte de la production sociale d‟espace terrestre, en construisant des systèmes conceptuels de relations, dans l‟élaboration desquels l‟exploration des distances joue un rôle central (Thémines, 2006 :21)
La définition non formelle qui est définie comme une définition de
remplacement
Exemple : Situation didactique : Il y a situation didactique
chaque fois que l‟on peut caractériser une intention d‟enseignement d‟un savoir par un professeur à un élève, et que des mécanismes socialement bien définis sont institués pour ce faire Ce qui caractérise la perspective constructiviste, c‟est la volonté de mettre l‟élève en situation
de produire des connaissances en référence d‟abord au problème, et non d‟abord en référence à l‟intention d‟enseignement C‟est la présence et la fonctionnalité dans la situation didactique d‟une étape de situation a-didactique qui est la marque principale de la différence avec des situations formelles (Johsua et Dupin, 1999 : 260-261)
2 Terme
En terminologie, l‟aspect formel de l‟unité terminologique est appelé
“terme” Une unité lexicale devient terme quand elle est introduite dans un domaine spécifique Trois critères d‟un terme sont l‟univocité, la
Trang 21monoréférentialité et l‟appartenance à un domaine D‟après Pierre Lerat, cité dans Gaudin1, l‟univocité, appelée aussi biunivocité, « c‟est la relation biunivoque entre un mot ou un groupe de mots et une définition spécialisée qui caractérise le terme » Toutefois, Gaudin constate que cette relation biunivoque ne peut s‟appliquer qu‟à des terminologies très normalisées par exemple le vocabulaire du droit Maria Teresa Cabré, citée dans Gaudin2, partage le même point de vue en disant : « la réalité pratique est toutefois légèrement différente, car, si l‟on analyse le discours, une forme du même
domaine peut avoir plus d‟un sens » Prenons l‟exemple du terme virus
Aujourd‟hui, il désigne un « micro-organisme infectieux à structure bien définie », mais sa signification renvoie à un « élément étranger contagieux » présent dans ses acceptions anciennes (le virus de paludisme), ou analogiques (le virus d‟un programme informatique) L‟univocité, la monoréférentialité ne peuvent être dissociées, car la seconde fonde la première dans l‟optique terminologique : si le terme ne possède qu‟une signification, c‟est parce que sa désignation est étroitement fixée et qu‟il étiquette une classe délimitée de référents Dès lors qu‟un nom est associé à une pluralité de classes référentielles, on aperçoit mieux ce qui est constitué historiquement comme sa signification, laquelle peut se limiter, dans certains emplois abstraits, à des schèmes très généraux, qui sont aisément appliquables à des référents nouveaux
Le terme peut être analysé sous trois critères différents :
Critère formel : le terme est un ensemble phonétique composé de phonèmes se matérialisant par l‟écrit, et qui possède une structure interne composée de morphèmes Phonétiquement parlant, le terme ne
1 Gaudin F., 2003 :44
2 Gaudin F., 2003 :45-46
Trang 22se distingue pas des autres mots de la langue, car il obéit aux règles du système commun ;
Critère sémantique : le terme est une unité de référence par rapport à
la réalité donnée et qui a sens ; ce sens peut être décrit par un ensemble de signes distinctifs ;
Critère fonctionnel : le terme est également une unité de distribution ; ces unités ont besoin d‟un environnement linguistique donné et elles sont souvent liées aux autres unités textuelles
Les huit caractéristiques du terme scientifique vietnamien étaient proposées par Hoang Xuan Han, dans son lexique français -vietnamien de termes mathématiques, physiques, chimiques, mécaniques et astrologies
intitulé Danh từ khoa học (Vocabulaire scientifique)1 :
a Chaque idée doit avoir un nom ;
b Chaque nom est propre à cette idée ;
c Une idée ne peut pas avoir plusieurs noms ;
d Le nom doit évoquer facilement l‟idée ;
e Les termes doivent faire partie d‟un système unique et cohérent ;
f Le terme doit être simple ;
g Le terme doit obéir à l‟intonation vietnamienne ;
h Le terme doit être créé avec des procédés usuels et doit avoir un caractère national
Selon la terminologie traditionnelle, avec une vision cloisonnée des sciences, chaque terme se trouve dans un domaine unique, et un concept doit correspondre à un terme et un terme doit correspondre à une référence Mais dans la réalité, nous rencontrons que les concepts peuvent « émigrer » d‟une discipline à l‟autre, d‟un domaine à l‟autre et il y a aussi des disciplines
1 Traduction de Nguyễn Phú Phong, 1978 :7
Trang 23nouvelles appelées « disciplines carrefours » qui empruntent des concepts aux disciplines différentes Prenons le cas de « didactique » : elle s‟intéresse non seulement aux concepts d‟une discipline déterminée mais aussi à ceux
de la sociologie, de la psychologie, des sciences de l‟éducation… Alors, en socioterminologie, il est nécessaire de trouver la définition des concepts dans
un contexte définitoire précis
Les termes sont très souvent des noms substantifs, plus rarement des adjectifs, et quelquefois des verbes Les unités terminologiques affectent souvent la forme de syntagmes nominaux Leur structure est constante un élément déterminé (nom ou syntagme nominal) et une détermination réalisée par un ou plusieurs adjectifs ou compléments prépositionnels (de, à, avec,…)-en français1
Exemple : F : espace
la référence est un processus éminemment socialisé, dans un cadre d‟une praxis, d‟une expérience active du monde
Les termes ne permettent de référer que grâce à notre interaction avec les autres locuteurs de notre communauté linguistique, appelée la
communauté discursive- « toute communauté destinée à produire des
1 Rey A., 1979:71
2 Gaudin F., 2003 :35
Trang 24connaissances [ ] considérée comme une « communauté discursive »1 Tous les membres dans la communauté discursive respectent les mêmes
contraintes Par exemple le mot arbre, en informatique, est « une structure
de données récursive générale »2, un arbre est « un végétal ligneux dont le
tronc nu s'ancre profondément dans la terre grâce à ses racines, et qui présente des ramifications recouvertes de feuilles ou d'épines à partir d'une certaine hauteur”; dans le sens technique, un arbre est « un axe qui reçoit le mouvement de rotation d'un moteur pour le transmettre à un organe” 3
Ensuite, pour prendre en compte des groupes de locuteurs en
interaction, D Maingueneau, en 1984, dans son ouvrage Genève de discours, propose aussi le concept de formation discursive : c‟est « un
système de contraintes de bonne formation sémantique »4, un ensemble de discours acceptables, admissibles, recevables, fabriqués par des locuteurs d‟une communauté selon des contraintes déterminées, tels les connaissances, les habitudes, les préjugés existant dans leur communauté, à une certaine époque
Puis, quand nous échangeons, nous ne cherchons pas à communiquer exactement les mêmes contenus, nous posons par principe que les contenus communs sont suffisants pour construire une interprétation valide de ce qui dit notre interlocuteur Et quand ce n‟est pas le cas, on s‟explique Cette attitude vaut également dans le cas des discussions scientifiques, plus rigoureuses dans leurs visées Ce principe milite en faveur d‟une relative imprécision du concept, cette forme de flou facilitant son rôle heuristique dans les transferts d‟un domaine de connaissance à l‟autre Ces discussions,
Trang 25de nature philosophique, sont en partie nourries par la décontextualisation qui caractérise ces réflexions sur le signe dans la tradition occidentale et semble assez traditionnelle en sémantique.1
Et puis, selon André Pétroff, cité dans Gaudin2, « au niveau des réalisations technologiques, on aura besoin d‟un acier aux caractéristiques précises, ce qui, de nouveau, renvoie aux normes de fabrication, donc aux discours qui les énoncent On voit donc que les actes fondateurs de tel ou tel terme sont effectivement des discours » Les significations sont fixées dans des discours Et ce sont eux qui font évoluer, notamment vers plus ou moins
de précision dans la construction de la référence
III Structure d’une fiche terminologique
La fiche terminologique est composée de trois niveaux d‟informations sur les unités lexicales en question:
Niveau notionnel: nous analysons le concept en le mettant dans un/des
contexte(s) définitoire(s)
Niveau documentaire: nous mettons des informations comme des
références des contextes, l‟équivalent en anglais du terme (si c‟est possible) à la fin de la fiche
Niveau linguistique: nous faisons une analyse relationnelle pour
indiquer la place de l‟unité terminologique dans la structure notionnelle ó elle se trouve Dans le cas, qui nous concerne, comme
le public visé n‟est pas un public de linguistes, nous indiquerons seulement l‟hyperonyme du terme ainsi que le domaine d‟activité dans lequel il est utilisé
1 Gaudin F., 2003:39-40
2 Gaudin F., 2003:42
Trang 26Donc, la fiche terminologique en didactique de la géographie se compose des éléments suivants:
En français
En vietnamien
Từ tiếng Việt tương đương
(đề nghị từ mới)
3 {hyperonyme}
{nghĩa khái quát}
{hyper} {nkq} Terme générique
Thuật ngữ mang nghĩa khái quát
Trang 27vietnamien}
{dịch sang tiếng
Việt}
contexte définitoire en français en vietnamien
Dịch ngữ cảnh định nghĩa tiếng Pháp sang tiếng Việt
6 {sources}
{ Nguồn tư liệu}
{sources} {tl} Références des texts
Nguồn tư liệu
de les traduire en vietnamien pour bien les comprendre
Exemple : F : didactique
V : didactic
Ensuite, il faut avoir la rubrique {sources} pour aider les utilisateurs à consulter dans le cas ó ils voudraient étudier de façon plus approfondie
Trang 28Exemple : Dans la fiche Représentation, nous présentons toutes les œuvres consultées, en vietnamien et en français dans la rubrique {sources}
1 Le Roux A., 2005, Didactique de la géographie, Presses
5 Thémines, J.F., 2005, Géographicité et professionnalité des enseignants d’histoire-géographie Mémoire d‟habilitation à
diriger des recherches, Caen, volume 3
6 Thémines J.-F., 2006, Enseigner la géographie: un métier qui s’apprend, Hachette Livre
La rubrique { notes } sert à apporter des précisions à la définition, soit des définitions dans la langue vietnamienne, soit des commentaires, soit
à justifier la pertinence du terme, de la notion dans la présente structure terminologique
Exemple : Dans la fiche Géographie scolaire, la rubrique {notes} présente quatre stratégie pour une nouvelle géographie scolaire que les usagers apprécient bien
Quatre stratégies [ ] pour une nouvelle géographie scolaire :
Une première voie de sortie de la géographie scolaire classique serait sa réorganisation en fonction des problèmes auxquels les
Trang 29sociétés contemporaines ont à faire face Il ne s‟agit pas de
« moderniser » la géographie scolaire par ajout et collage d‟éléments d‟économie, d‟écologie ou d‟autres spécialités, mais de réoganiser les savoirs à enseigner en fonction de problèmes sociaux d‟aménagement et de gestion du territoire que la société confie à résoudre entre autres à des géographes [ ]
Une deuxième proposition consiste à rapprocher la discipline des enjeux politiques contemporains Le découpage des objets d‟enseignement n‟est pas à redéfinir ; c‟est leur traitement qui doit être modifié [ ]
Une troisième voie de rénovation de la géographie scolaire préconise l‟ouverture culturelle aux autres sociétés et aux autres civilisations La géographie scolaire doit permettre de découvrir qu‟il existe d‟autres points de vue sur le monde [ ] Elle est un moyen d‟apprentissage des différences et simultanément de l‟idée d‟une communauté de destin entre les êtres humains.[ ]
Enfin, une quatrième préconisation propose la mise en place d‟une discipline du social La géographie scolaire se fond dans un enseignement de sciences sociales, lequel prend en charge, entre autres, la dimension spatiale de la société Cette dimension spatiale est celle qu‟explore avec ses concepts propres, la géographie scientifique Ces concepts devraient contribuer à repenser la progression des apprentissages scolaires, à l‟échelle du social tout entier
(Thémines, 2006 : 44-46)
Trang 30La dernière rubrique choisie est {anglais} parce qu‟à nos jours, l‟anglais est une langue internationale Les utilisateurs ont pu déjà accès à des livres en géographie et en didactique de la géographie en anglais Cette rubrique les aide à comparer et à bien comprendre les termes Le projet terminologique est donc considéré comme une ressource dans le transfert de connaissances et de compétences visé
Exemples : F : lieu
A : place
F : Evaluation
A : Valuation
La terminologie élaborée se veut être une ressource pour le transfert
de savoirs et de compétences des experts français aux enseignants formateurs vietnamiens Qu‟est-ce qu‟un transfert de compétences ?
professionnalisation des enseignants
Le transfert ne saurait être une application directe « Transférer, c‟est réinvestir un apprentissage dans une situation différente de celle ó il s‟était produit ».[…] A la différence de l‟application qui consiste simplement à mettre en pratique un apprentissage déjà réalisé, le transfert consiste pour un sujet à recontextualiser un apprentissage effectué dans un contexte particulier1
Pour bien comprendre la définition de la compétence, il est nécessaire de faire une distinction simple, facilement compréhensible entre « être compétent » et « avoir des compétences »
1 Le Boterf, 2008:142
Trang 31 « être compétent » : c‟est être capable d‟agir et de réussir avec compétence dans une situation de travail ; c‟est mettre en œuvre une pratique professionnelle pertinente tout en mobilisant une combinatoire appropriée de ressources (savoir, savoir-faire, comportement, mode de raisonnement…) On se réfère ici au domaine
de l‟action
« avoir des compétences » : c‟est avoir des ressources (connaissance, savoir-faire, méthode de raisonnement, aptitudes physiques, …) pour agir avec compétence.1
La professionnalisation se réalise par des parcours incluant et alternant des situations variées (situation de formation, situation de travail, prises de fonction, situations extra-professionnelles…) et diverses modalités d‟apprentissage (auto-formation, compagnonnage, tutorat, coaching, formation formelle, résolution de problème, réalisation des projets, études, apprentissage coopératif, échange de pratiques, retours d‟expérience La professionnalisation ne se réduit donc pas à la formation La professionnalisation ne consiste pas seulement à se préparer à un métier, mais à l‟exercer comme un professionnel : intelligence des situations, prise d‟initiatives pertinentes, capacité à transférer, relation de service…2
Ce travail de recherche espère contribuer au transfert des compétences
et à la professionnalisation des enseignants
Dans cette partie, nous venons de mentionner des éléments théoriques qui servent de cadre conceptuel à notre mémoire
Ainsi, nous avons étudié de près des concepts clés en terminologie, les différents aspects de l‟activité terminologique (approche
1 Le Boterf, 2008:118
2 Le Boterf, 2008:252
Trang 32socioterminologique, besoins terminologiques et moyens linguistiques utilisé) avant de proposer l‟élaboration d‟une fiche terminologique type
A la fin, nous avons voulu nous intéresser au dispositif de formation qui sert de cadre à notre travail terminologique, à savoir un dispositif de transfert de compétences.
Trang 33Chapitre 2 :
ANALYSE DU TRAVAIL EFFECTUÉ
Notre travail de recherche s‟appuie sur deux notions nouvelles au Vietnam : la géographie et la didactique de la géographie Donc, dans cette partie, nous présenterons premièrement la didactique et la didactique de la géographie Deuxièmement, nous parlerons du corpus choisi Troisièmement, la présentation générale du travail de recherche est abordée
Et comme nous avons choisi l‟approche socioterminologique, les avis des usagers seront étudiés dernièrement
I Didactique et didactique de la géographie
Dans le travail « Elaboration d‟une terminologie français-vietnamien en didactique des disciplines » de Madame Nguyễn Xuân Tú Huyên1, il n‟existe pas encore un équivalent de « didactique » en langue vietnamienne L‟auteur propose deux solutions :
Soit, nous acceptons le procédé de l‟emprunt et nous avons le
terme Đidactic Cette solution permet de respecter le critère
d‟internationalité et de neutraliser les différences
interlinguistiques Mais Đidactic ou Didactic renferme des
éléments étrangers en graphie et phonétique
Soit, nous acceptons le terme de phương pháp dạy học comme équivalent de Didactique, tout en mentionnant que Đidactic ou Didactic peuvent être considérées comme des variantes
terminologiques permanentes L‟avantage de ce procédé est qu‟il
1 Nguyễn Xuân Tú Huyên ,2001 :60-67
Trang 34permet l‟économie des formes, qu‟il sonne vietnamien L‟inconvénient est que le critère de monoréférentialité en terminologie n‟est pas respecté et que dans la langue vietnamienne, cet équivalent renvoie plus qu‟aux méthodes d‟enseignement/apprentissage qu‟aux théories didactiques et à leurs concepts spécifiques
Personnellement, nous choisissons la première solution parce qu‟elle permet de neutraliser partiellement les différences interlinguistiques Si on
utilise le terme phương pháp dạy học, on ne pense qu‟à la méthode, à
l‟enseignement, à l‟apprentissage tandis que « la didactique d‟une discipline est la science qui étudie, pour un domaine particulier (…), les phénomènes d‟enseignements, les conditions de la transmission de la “culture” propre à une institution (…) et les conditions de l‟acquisition de connaissances par un apprenant».1 Donc, le terme phương pháp dạy học ne pourrait pas expliquer
de façon suffisante les idées du terme « didactique » A travers les séminaires, nous avons observé que les participants ont tendance d‟utiliser le
terme didactic pour remplacer le terme phương pháp dạy học
Selon Le Roux2, « la didactique a pour objet la connaissance scientifique des processus de transmission et d‟appropriation des connaissances, afin de mieux comprendre, expliquer, justifier, raisonner les situations d‟enseignement d‟un contenu disciplinaire La didactique pense la logique des apprentissages à partir de la logique du savoir (et de son épistémologie) et la pédagogie pense la logique des apprentissages à partir
de la logique de classe »
1 Johsua et Dupin, 1993 : 2
2 Le Roux, 2005: 9, 231
Trang 35Aussi pour cette auteur, la didactique de la géographie est une science sociale à part entière, à la fois sur le plan de la recherche, pour ce qui concerne la méthodologie, les problématiques et les objets d‟investigation, et sur le plan de l‟intervention sociale, dans la formation et dans l‟enseignement, comme aide à la définition pour les professeurs de possibles didactiques « La didactique de la géographie n‟a pas pour but de présenter des recettes, mais bien d‟interroger les pratiques, de construire un regard distancié et critique, de proposer des outils d‟action et de réflexion afin de faire évoluer l‟enseignement sous la responsabilité des professeurs Ceux-ci peuvent alors en raisonner les conditions d‟exercice et aussi les possibilités,
au lieu d‟imiter un modèle didactique qui est supposé unique et qui est de plus en plus inadapté aujourd‟hui à ceux qui apprennent »
II Corpus choisi
Le corpus sur lequel nous nous sommes appuyés est composé de données écrites et les textes sélectionnés sont rédigés par les spécialistes du domaine et publiés dans les années 1990, par exigence de synchronie Ces livres nous ont été présentés par les deux spécialistes en didactique de géographie- animateurs des quatre séminaires Nous avons également utilisé des documents utilisés au cours de quatre séminaires et des documents sur
des sites d‟internet destinés aux géographes (hypergeo.eu ou cybergeo.eu)
A chaque fois qu‟il nous a été possible de le faire, nous avons aussi consulté des ouvrages de géographie en vietnamien Comme nous l‟ avons déjà dit, la géographie considérée comme science sociale et la didactique de la géographie sont très nouvelles au Vietnam Alors, les notions proposées dans notre structure notionnelle se trouvent rarement dans les textes, les
Trang 36livres vietnamiens Les textes choisis renferment des éléments définitoires qui permettent la construction des notions
Comme le questionnement actuel de la géographie a profondément modifié les contenus d‟enseignement, il a fallu que nous abordions également les concepts fondamentaux de la « nouvelle » géographie Notre terminologie par conséquent est composée de deux parties : le cadre épistémologique et la didactique de la géographie, et elle comprend en tout
97 entrées
III Résultats du travail de recherche
1 Présentation générale du travail accompli
Le projet terminologique a été conçu en fonction du public des participants au séminaire et il est considéré une ressource documentaire pour les enseignants-formateurs Il les aide à approfondir les connaissances acquises au cours des séminaires Plus qu‟une liste de termes français- vietnamien, le produit final pourra être consultable lors des séances d‟analyses de pratiques projetées par certains formateurs et enseignants qui ont décidé de se constituer en groupe de réflexion
Dans ce travail de recherche, nous avons regroupé une centaine de termes fondamentaux, utilisés en géographie science sociale et en didactique
de la géographie et nous avons pris les termes dans le contexte de discours suivis, rédigés par des spécialistes, pour montrer que les termes circulent bien au sein des communautés de géographes et de didacticiens de la géographie Nous avons choisi ainsi une étude synchronique
La terminologie élaborée est destinée à répondre aux besoins des formateurs des enseignants et des enseignants de géographie du Vietnam qui
Trang 37désirent se former à la géographie science sociale et à la didactique de la géographie Nous espérons en même temps enrichir la langue vietnamienne,
la dotant de nouveaux termes en géographie et en didactique de la géographie pour la professionnalisation des enseignants de la géographie du Vietnam Cette création lexicale sera examinée dans la partie suivante
2 Moyens de création terminologique
D‟après Đào Mục Đích1, à l‟époque de l‟ouverture et de l‟intégration, le vietnamien est en train de développer de façon diversifiée et moderne En faisant un enquête sur la formation des mots dans les journaux à Hochiminh ville comme Tuoi Tre, Thanh Nien, Phu Nu, Nguoi Lao Dong, Sai Gon Giai Phong, les chercheurs ont remarqué trois tendances dans la formation des mots
Selon la première tendance, on développe le sens d‟un terme ou élargit son sens C‟est l‟une des façons pour enrichir la langue vietnamienne parce que la phonétique originale du terme est stable mais son sens change et se développe
Exemple : Thị trường nhà đất đóng băng ở mức cao (Thanh Niên,
5/11/2002) (Le marché foncier est gelé à haut degré)
Đóng băng dans cette situation signifie qu‟il n‟y a pas de ventes et d‟achats dans le marché Ce sens est différent au sens de đóng băng dans le
1
http://d.violet.vn/uploads/resources/597/716177/preview.swf
Trang 38dictionnaire1 « kết đọng lại thành cái có trạng thái cố định, có hình dáng không thay đổi »
La deuxième tendance consiste à créer des mots nouveaux à partir des modèles d‟association déjà existants (déterminé + déterminant) Les éléments de formation du terme choisis sont basés sur
l‟association d‟idées : Les termes nouveaux sont construits d‟un élément stable plus un ou des éléments qui se trouvent avant ou après
Exemple thưởng nóng pour dire que féliciter immédiatement et à
temps
les relations d‟opposition Exemple : tin nóng – tin nguội (information chaude – information froide), giàu cực kỳ - nghèo cực kỳ
(extrêmement riche – extrêmement pauvre)
les relations sémantiques égalitaires Exemple : tổ chức thiện nguyện (Tuổi Trẻ 4/11/2001) (thiện nguyện = từ thiện + tự nguyện) ; giữ vai trò đầu lĩnh (đầu est un élément purement vietnamien et lĩnh est un élément sinologique) ; nhiều doanh nghiệp hóa mỹ phẩm, bánh kẹo (Tuổi Trẻ 16/11/2002) (hóa mỹ phẩm = hóa phẩm + mỹ phẩm) Cette
façon de création des termes, surtout l‟utilisation des éléments vietnamiens, est beaucoup utilisée dans la presse car ces éléments permettent de transmettre une plus grande somme d‟informations de façon concise Pourtant, à côté des termes déjà intégrés dans le système de la langue vietnamienne, il existe encore beaucoup de termes nouveaux de ce type qui sont dans la phase de mise à l‟épreuve : au public de sélectionner, de trier, et d‟éliminer
1 Hoàng Phê (chủ biên), Từ điển tiếng Việt, NXB Đà Nẵng –Trung tâm từ điển học, Hà Nội – Đà Nẵng,
1996
Trang 39 le changement de la nature des termes Exemple : Sao (*) vào trường thì cứ vác mặt lên trời… nĩi năng kiểu sao (**)… cử chỉ đầy phong cách sao (***)… (Tuổi Trẻ, 1/9/2001) ( Sao (*): est un nom pour indiquer des chanteurs, acteurs, Sao (**): est un adjectif , sous- entendre que prendre un air méprisant, être insolent, …, Sao (***): est
un adjectif sous-entendre les gestes comme chercher à paraỵtre, défroisser les cheveux…)
Dans la troisième tendance, la langue vietnamienne emprunte des termes des langues étrangères pour enrichir son lexique A l‟époque du développement et de l‟intégration mondiale, la plupart des emprunts sont faits dans les domaines informatique-électronique, économiques, médicales,
médiatiques… Exemple : internet card (thẻ truy cập internet), e-learning (giáo dục điện tử), fire wall (bức tường lửa), online information (thơng tin trực tuyến), fastfood (thức ăn nhanh), m-commerce (thương mại di động), …
Nous rencontrons aussi des phrases ó il y a en même temps des termes vietnamiens et anglais parce que la notion n‟est pas encore traduite en vietnamien ; ou n‟a pas encore son équivalent en vietnamien; ou l‟équivalent
ne répond pas encore aux besoins ; ou la traduction en vietnamien est trop
longue Exemple : Nếu học sinh chọn homestay thì cĩ nhiều lợi thế (Tuổi Trẻ 7/12/2002), Lượng cholesterol nhiều trong máu là một trong nhiều nhân
tố liên quan của bệnh lý (Tuổi Trẻ, 11/11/2001) Pourtant, il existe des
termes ayant déjà des équivalents en vietnamien mais les mots anglais sont
aussi utilisés Exemple : Mặc dù sales off đến 60-70% nhưng giá vẫn cao (Tuổi Trẻ, 8/12/2001), Bạn click chuột trên icon để mở menu…và down load chương trình về (Tuổi Trẻ, 2/10/2001) À cơté des emprunts anglais, nous trouvons aussi beaucoup de mots sino-vietnamiens : Lối chơi tấn cơng đẹp
Trang 40mắt làm mãn nhãn người hâm mộ (Thanh Niên, 18/11/2002) ; Giá xi măng vẫn giữ ở mức bình ổn (Thanh Niên, 15/11/2002) ; des éléments sino- vietnamiens mais formés à la syntaxevietnamienne, exemples : Thực hiện chính sách miễn giảm học phí (Tiếng Hán là giảm miễn), Thảo dược không bao bì thì càng khó xác định (Tuổi Trẻ, 1/12/2002) (Tiếng Hán là dược thảo)
Et d‟après Nguyễn Thiện Giáp1
, pour normaliser les terminologies scientifiques, techniques, nous devons répondre au critère de l‟exactitude Si les termes existants dans la langue vietnamienne n‟assument pas l‟exactitude, on accepte des emprunts Pour examiner l‟exactitude des termes, il est nécessaire de bien maîtriser les traits sémantiques de la notion Les terminologues ne peuvent pas se charger seuls de ce travail, il faut avoir une coopération entre des terminologues et des experts du domaine Pour les emprunts au chinois, nous les prononçons selon la phonétique sino- vietnamienne et nous utilisons l‟écriture nationale Alors, ces emprunts sont
aussi acceptés dans beaucoup de situations Exemples : tập trung dân chủ,
cơ sở hạ tầng, kiến trúc thương tầng… Pour les emprunts venant de l‟Europe
comme l‟anglais, le français, on s‟intéresse à la phonétique et à l‟orthographe La première tendance considère la langue comme un système
de système, et des termes sont soumis aux échanges internationaux Donc, à côté des règles phonétiques de la langue vietnamienne, nous pouvons utiliser des structures qui n‟existent pas encore dans notre langue La seconde accepte seulement des syllabes écrites de façon disjointe Les emprunts européens introduits en vietnamien doivent obéir à l‟orthographe et à la phonétique vietnamienne Les gens qui sont pour cette tendance pensent que
1 Nguuyễn Thiện Giáp, 2002: 322-325