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La manifestation de la politesse verbale dans la formulation du reproche, le cas des nouvelles françaises contemporaines = Biểu hiện lịch sự qua hành động chê trách trong các tác phẩm truyện ngắn Pháp hiện đại

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UNIVERSITÉ NATIONALE DE HANOI UNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES DÉPARTEMENT POST-UNIVERSITAIRE ******************* LÊ HẢI YẾN LA MANIFESTATION DE LA POLITESSE VERBALE

Trang 1

UNIVERSITÉ NATIONALE DE HANOI UNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES

DÉPARTEMENT POST-UNIVERSITAIRE

*******************

LÊ HẢI YẾN

LA MANIFESTATION DE LA POLITESSE VERBALE DANS LA FORMULATION DU REPROCHE, LE CAS DES NOUVELLES

Trang 2

UNIVERSITÉ NATIONALE DE HANOI UNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES

DÉPARTEMENT POST-UNIVERSITAIRE

*******************

LÊ HẢI YẾN

LA MANIFESTATION DE LA POLITESSE VERBALE DANS LA FORMULATION DU REPROCHE, LE CAS DES NOUVELLES

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ENGAGEMENTS ATTESTATION DE NON PLAGIAT

Je, soussignée, Lê Hải Yến

Etudiante en Master du Département Post-universitaire – Université de Langues et d’Études internationales – Université Nationale de Hanoi

Atteste sur l’honneur que le présent dossier a été écrit de ma main, que ce travail est personnel et que toutes les sources d’informations externes et les citations d’auteurs ont été mentionnées conformément aux usages en vigueur (Nom de l’auteur, nom de l’article, éditeur, lieu d’édition, année, page)

Je certifie par ailleurs que je n’ai ni contrefait, ni falsifié, ni copié l’œuvre d’autrui afin de la faire passer pour mienne

Je supporterai toutes les sanctions en cas de plagiat

Fait à Hanoi, le vendredi 23 septembre 2016

Etudiante en Master

Lê Hải Yến

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REMERCIEMENTS

Je tiens d’abord à exprimer ma profonde gratitude et mes remerciements sincères à mon directeur de recherche, Monsieur DO Quang Viet - Docteur en Science du langage, pour sa grande disponibilité, son dévouement, son soutien, ses conseils judicieux qu’il m’a accordés tout au long de ce travail de recherche

Je tiens aussi à remercier les responsables, les professeurs-collègues du Département de français de l’Université de Langues et d’Etudes Internationales qui m’ont donné des conseils précieux et permis l’aboutissement de ce travail dans les meilleures conditions

J’adresse enfin ma profonde gratitude à ma famille qui m’a encouragée et soutenue, à tous mes amis qui m’ont aidée à bien mener ce travail

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RESUME

Dans notre recherche, nous allons d’abord étudier les recherches des pionniers dans

le domaine de l’acte de langage et de la politesse verbale en général et de l’acte de reproche en particulier Le reproche est pour but d’exprimer le mécontentement du locuteur et d’inspirer la honte et le regret à l’interlocuteur Il est donc un FTA très fort qui peut menacer gravement les faces du « reproché » et parfois du

« reprocheur » aussi

Alors, pour adoucir la menace sur les faces des interactants, on a recours à des procédés de politesse dont les procédés substitutifs et les procédés accompagnateurs Les premiers sont beaucoup plus utilisés, surtout la formulation indirecte et le « vous » de politesse Ils ont plus ou moins d’influences sur l’attitude des interlocuteurs mais en général, les réactions sont plutôt négatives

Les procédés de politesse varient aussi en fonction des facteurs P, D et L Dans le cas des facteurs P et L, nous ne trouvons pas de très grande variation des procédés

La formulation indirecte est toujours le procédé le plus utilisé, et le « vous » de politesse au deuxième rang et puis les autres procédés sont rarement employés Seulement le facteur D qui fait un changement assez net dans le choix des procédés : Avec D+, la formulation indirecte est au premier rang mais avec D-, le

« vous » de politesse la dépasse, ce qui peut être expliqué par la règle sociale des français : il faut vouvoyer aux personnes plus âgées et aux gens qu’on ne connait pas

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TABLE DES MATIÈRES

ENGAGEMENTS i

REMERCIEMENTS ii

RESUME iii

INTRODUCTION 1

CHAPITRE I : FONDEMENT THEORIQUE 5

1 Concepts des actes de langage 5

1.1 Concept des actes de langage d’Austin et de Searle 5

1.2 Concept des actes de langage de C Kerbrat-Orecchioni 8

2 Réalisation des actes de langage 9

2.1 Réalisation directe 9

2.2 Réalisations indirectes 10

3 Facteurs d’influence des actes de langage 11

3.1 Contexte 11

3.1.1 Le cadre spatio-temporel 12

3.1.2 Le but 12

3.1.3 Les participants 12

3.2 Relation interpersonnelle 12

3.2.1 La relation horizontale 13

3.2.2 La relation verticale 13

3.3 Politesse linguistique 14

3.3.1 E Goffman, la face, le territoire du moi et les figurations 15

3.3.2 Modèle de politesse de Brown et Levinson 17

3.3.3 C Kerbrat-Orecchioni et son extension de la théorie de politesse 18

4 L’acte de reproche 22

4.1 Définition du reproche 22

4.2 Le reproche en pragmatique 22

4.2.1 Le reproche dans les classifications des chercheurs 22

4.2.2 Analyse du reproche 24

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CHAPITRE II: MANIFESTATION DE LA POLITESSE VERBALE

DANS LA FORMULATION DU REPROCHE, LE CAS DES

NOUVELLES FRANÇAISES CONTEMPORAINESError! Bookmark not defined.

1 Préliminaire Error! Bookmark not defined.

2 Manifestation de la politesse verbale dans la formulation du reproche,

le cas des nouvelles françaises contemporaines.Error! Bookmark not defined.

3 Justification des résultats obtenus Error! Bookmark not defined.

4 Quelques conseils pour les reprocheurs et les reprochésError! Bookmark not defined.

CONCLUSION Error! Bookmark not defined.

BIBLIOGRAPHIE 27

ANNEXES……… ……… I

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INTRODUCTION

Dans une société civilisée, basée sur le respect et sur des valeurs morales, la politesse joue un rơle bien important Elle définit une forme de communication et de comportement à adopter Les usages de la politesse se sont formés le long des siècles

et ne cessent d’évoluer Ils sont différents selon les époques et les cultures Jusqu’à maintenant, la politesse a été étudiée dans deux directions : la politesse comme norme sociale et la politesse linguistique, surtout la politesse verbale Le domaine de

la politesse verbale est difficile et bien différent de celui de la langue vietnamienne D’ailleurs dans l’apprentissage et l’enseignement du français, il n’est pas abordé suffisamment et les étudiants n’arrivent pas encore à bien maỵtriser les moyens linguistiques pour exprimer la politesse De plus, dans les situations ó il y a des mécontentements ou des conflits, il nous demande une utilisation plus subtile de la politesse verbale Alors, nous comptons d’étudier les moyens linguistiques utilisés pour exprimer la politesse verbale dans la formulation du reproche avec un corpus constitué de dialogues relevés dans une dizaine de nouvelles français du XXè siècle pour élucider la manifestation de la politesse verbale en le français Nous espérons que notre recherche pourrait à éclaircir certains faits d’ordre linguistique et culturel qui serait appliqué dans l’enseignement du français

Pendant les années universitaires, nous avons la chance de faire une première approche sur la théorie de la conversation dans le cours de Pragmatique et nous nous sommes beaucoup intéressés au thème de la politesse Le cours de pragmatique nous

a fourni des connaissances de base sur les recherches en politesse, surtout la politesse verbale avec une présentation sommaire sur les théories des premiers pionniers

Désirant de nous renseigner sur la politesse verbale dans le dialogue, nous avons cherché comme documents de référence les recherches qui avaient abordé ce thème Nous avons trouvé la recherche de Mme NGUYEN VAN DUNG Elle a soutenu sa thèse de Doctorat intitulée « La Représentation des Rapports de Politesse au Vietnam dans la littérature Contemporaine » en 2000 Dans sa recherche, elle a analysé un corpus d’une trentaine de nouvelles vietnamiennes contemporaines C’est une

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recherche très minutieuse sur la politesse verbale en langue vietnamienne Alors, l’idée d’une recherche sur la politesse verbale en français avec un corpus constitué de dialogues relevés dans des nouvelles françaises nous est arrivée

Comme ce sujet est trop vaste et touche plusieurs domaines de recherche interdisciplinaires (sociologie, psychologie…), nous décidons donc d’étudier la politesse verbale à travers la formulation d’un acte de langage complexe qui est

« reproche » Alors, dans le cadre de notre mémoire, nous nous limitons d’étudier la manifestation de la politesse verbale dans la formulation du reproche avec un corpus constitué de dialogues relevés dans des nouvelles contemporaines au niveau de la séquence

Dans notre mémoire, nous cherchons à répondre aux questions suivantes :

- Comment la politesse verbale est exprimée dans les reproches parus dans des nouvelles françaises du XXè siècle ?

- La politesse verbale exprimée dans les reproches parus dans les nouvelles françaises du XXè siècle se varie-t-elle en fonction des facteurs Pouvoir, Distance, Légitimité et en fonctions des réactions aux reproches?

Pour ces questions, nous formulons des hypothèses suivantes :

- Dans les énoncées de reproche parus dans des nouvelles françaises du XXè siècle,

la politesse verbale est exprimée par les procédés substitutifs et les procédés accompagnateurs

- Les procédés de politesse utilisés dans les reproches parus dans des nouvelles françaises du XXè siècle varient selon les 3 facteurs Pouvoir, Distance et Légitimité et selon les procédés de politesse utilisés

En réalisant cette recherche, nous voudrions contribuer à éclaircir certains faits d’ordre linguistique et culturel pour appliquer dans l’enseignement de la langue

En ce qui concerne la méthode de la recherche, nous suivons principalement la méthode inductive en coordonnant avec la méthode déductive Ensuite, pour collecter des données, nous utiliserons le corpus préexistant constitué des dialogues dans les

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nouvelles françaises de l’époque contemporaine Enfin, après avoir eu des données dans la main, nous suivrons la démarche d’analyse des données suivante : catégorisation, statistique, description, analyse, synthèse, confrontation des résultats d’analyse des données avec les hypothèses envisagées

Notre recherche se compose de deux chapitres Le premier est consacré aux fondements théoriques Nous allons présenter les notions de base concernant la politesse linguistique Nous comptons faire une synthèse des concepts de base concernant strictement le sujet de recherche dont la théorie d’Austin et de Searle, les notions de « face » et de « territoire » introduit par E Goffman qui a posé des fondations de la théorie de politesse des deux auteurs P Brown et S Levinson Ces derniers ont introduit la notion des FTAs (Face Threatening Acts - les actes menaçants pour les faces positives et négatives) Après, C Kerbrat - Orecchioni a aménagé le modèle de P Brown et S Levinson en ajoutant la notion des FFAs (Face Flattering Acts – les actes qui donnent des effets positifs sur les faces) Nous abordons ensuite les façons de réalisation des actes de langage et les facteurs socio-culturels qui exercent une influence sur la manifestation de la politesse verbale, à savoir contexte, relation interpersonnelle… Nous comptons donc parler aussi des procédés utilisés pour exprimer la politesse verbale Une rubrique importante sera réservée à l’identification des valeurs illocutoire de l’acte de reproche, c’est-à-dire une tentative de définition du reproche du point de vue pragmatique L’étude des travaux des auteurs antérieurs nous permet d’établir le fondement théorique pour notre recherche

Dans le deuxième chapitre, nous présenterons le corpus constitué et entrerons dans l’analyse des données Nous nous concentrerons sur les procédés de politesse utilisés

et traiterons les effets qu’ils produisent en appuyant sur les réactions positives ou négatives des interlocuteurs Nous analyserons aussi les réactions des reproches dans lesquels le locuteur n’utilise pas de procédé de politesse pour comparer par la suite aux réactions des reproches avec procédé de politesse Nous comptons tout d’abord classer les données dans deux catégories : les énoncés de reproche dans lesquels on

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utilise les procédés de politesse et les énoncés de reproche sans procédés de politesse Puis, nous les décrirons et donnerons des commentaires sur la manifestation de la politesse dans ces reproches et sur la fréquence des moyens linguistiques utilisés Ensuite, nous comparerons les réactions des reproches avec et sans procédés de politesse en les analysant dans la relation avec les facteurs : Pouvoir (P+, P=, P-), Distance (D+, D-) et Légitimité du reproche (L+, L-) Enfin, nous ferons la synthèse sur les procédés de politesse utilisés dans les reproches en français en précisant la fréquence de chaque procédé de politesse Ensuite, nous synthétiserons les réactions des interlocuteurs faces aux reproches avec et sans procédés de politesse Puis, nous comparerons les résultats obtenus avec les hypothèses proposées au début de la recherche Nous chercherons aussi à expliquer le résultat obtenu Enfin, nous essayerons de proposer quelques stratégies de communication pour les

« reprocheurs » et les « reprochés »

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CHAPITRE I : FONDEMENT THEORIQUE

Dans ce chapitre, en vue d’analyser la manifestation de la politesse verbale dans la formulation du reproche, nous entrons tout d’abord dans l’étude des conceptions de base sur les actes de langage, les relations interpersonnelles et la politesse linguistique, Après, nous proposons une première approche de l’acte de « reproche » qui fait partie du sujet de notre recherche

1 Concepts des actes de langage

Il existe de différents concepts sur la notion d’acte de langage dans l’histoire

siècle, avec la prise conscience des linguistes de la dimension pragmatique du langage, de nombreuses recherches sur les actes de langage ont été réalisées :

1.1 Concept des actes de langage d’Austin et de Searle

Que signifie un acte de langage ? Ce dernier est un moyen mis en œuvre par un locuteur pour agir sur son environnement par ses mots : il cherche à informer, inciter, demander, convaincre, promettre, etc …

La théorie sur les actes de langage a été développée par John L Austin (1911-1960) dans Quand dire c’est faire (1962) qui débouche sur une véritable typologie des actes

de langage, qui renouvelle profondément la pragmatique

Austin distingue trois catégories d’actes de langage : L’acte locutoire, l’acte illocutoire et l’acte perlocutoire :

- L’acte locutoire : l’acte de dire quelque chose On lui attribue généralement un sens et on la met en relation avec un référent

Ex : Il a dit que…

Dans cet exemple, il y a seulement l’acte de dire

- L’acte illocutoire : l’acte qui est effectué en disant quelque chose

Ex : Je t’ordonne de me dire la vérité ! Dans cet exemple, la personne produit l’acte d’ordonner en disant

- L’acte perlocutoire : Les effets qu’on cherche ou qu’on peut chercher à accomplir

au moyen du langage : persuader, tromper, influencer, convaincre, mettre en

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colère, faire peur… Ils varient selon la situation de communication Certains des actes sont souvent réalisés par la voix (Ex : acte de persuader), alors que pour d’autres actes, d’autres moyens sont parfois plus efficace (Ex : acte de faire peur)

La théorie des actes de langage s’oppose à la conception descriptive du langage qui veut que la fonction première du langage est de décrire la réalité Selon Austin, la fonction du langage est aussi d’agir sur la réalité De cette idée fondamentale, Austin distingue ensuite deux types d’énoncé : l’énoncé constatif et performatif

- L’énoncé constatif a une valeur de vérité, autrement dit, il sert à décrire le monde (Ex : La lune tourne autour de la Terre (1)) Cet énoncé peut être vrai ou faux (le chien peut être vraiment devant la maison ou non)

- L’énoncé performatif ne sert pas à décrire la réalité mais à accomplir une action (Ex : Je te promets de faire des efforts (2)) Ce type d’énoncé n’est ni vrai ni faux mais réussi ou non Dans cet exemple, cet énoncé est réussi s’il s’adresse à quelqu’un et si le récepteur comprendre le message ou s’il y a la correspondance entre ce qui est dit et ce qui est fait (L’émetteur de l’énoncé tient sa parole et fait

de vrais efforts)

Au cours de sa réflexion, Austin a trouvé qu’il existe des énoncés performatifs implicites à côté des énoncés performatifs explicites Par exemple, l’énoncé « Je ferai des effort » peut être compris comme une promesse (= je te promets de faire des efforts) Ou l’énoncé (1) ne rapporte pas qu’un fait mais affirmer la réalité de ce fait

Il est comparable alors à « J’affirme que la lune tourne autour de la Terre »

Dans ces exemples, les énoncés constatifs accomplissent aussi des actes de langage Alors, la frontière entre « constatif » et « performatif » n’est pas vraiment claire Autrement dit, selon Austin, tous les énoncés sont dotés d’une force illocutionnaire

Il propose donc une classification des valeurs illocutoires :

- Les « verdictifs » : prononcer un jugement

Ex : condamner, calculer, évaluer, caractériser…

- Les « exercitifs » : formuler une décision à l’encontre d’une suite d’actions

Ex : ordonner, commander, conseiller, proclamer…

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- Les « promissifs » : obliger les locuteurs à suivre une suite d’actions déterminée : promettre, faire le vœu de, garantir…

- Les « expositifs » : Exposer des conceptions, conduire une argumentation, clarifier l’emploi des mots

Ex : affirmer, expliquer, exemplifier, paraphraser…

- Les « comportatifs » : Des réactions face aux comportements des autres et aux événements qui les concernent

Ex : remercier, féliciter, s’excuser, souhaiter, reprocher…

En s’appuyant sur la théorie des actes de langage de J.L Austin, John R Searle a

rédigé un essai intitulé Speech acts (Les actes de langage) dans lequel il affirmer

que : « parler une langue, c’est réaliser des actes de langage, des actes comme : poser des affirmations, donner des ordres, poser des questions, faire des promesses, et ainsi

de suite, et, dans un domaine plus abstrait, des actes comme référer, prédiquer » Il ajoute : « ces actes sont en général rendus possibles par l’évidence de certaines règles régissant l’emploi des éléments linguistiques, et c’est conformément à ces règles qu’ils se réalisent » Autrement dit, cette théorie insiste sur le fait qu’un individu peut s’adresser à un autre dans l’idée de faire quelque chose plutôt que de simplement dire quelque chose

Ensuite, dans le prolongement d’Austin, Searle distingue cinq catégories générales d’actes illocutoires : les assertifs, les directifs, les promissifs, les expressifs, les déclaratifs

- Les assertifs engagent le locuteur sur la vérité de la proposition exprimée

Ex : informer

- Les directifs correspondent à la tentative de la part du locuteur d’obtenir quelque

chose de son destinataire

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Ex : l’acte de reproche pour exprimer le mécontentement du locuteur face à un acte

« rendre vrai » un état du monde Autrement dit, l’énoncé doit être conforme au monde

ou le monde doit se conformer à ce qui est dit

1.2 Concept des actes de langage de C Kerbrat-Orecchioni

Si dans la perspective austino-searlienne, les actes de langage sont analysés d’une façon abstraite, isolée et détachent de leur contexte d’actualisation, C Kerbrat-Orecchioni les met dans le contexte et à l’intérieur d’une séquence d’actes avec la pragmatique des interactions verbales Selon elle, les actes de langage sont des

« objets trop complexes pour se laisser enfermer dans un seul et unique cadre théorique »

Depuis les avancées apportées par la pragmatique interactionniste, la notion d’acte de langage est devenue plus complexe mais plus juste et plus proche de la réalité pragmatique Dans les interactions, il faut que les actes de langage soient identifiés,

définis et redéfinis sans cesse car les objets sont plus vastes et ne servent plus qu’à décrire le monde

C.Kerbrat-Orecchioni pose donc l’idée fondamentale de la théorie des actes de langage : « tous les énoncées possèdent intrinsèquement une valeur d’acte » (Kerbrat-Orecchioni 2001 : 21‒22) et elle considère l’acte de langage comme l’unité minimale

de la grammaire qui porte une certaine valeur illocutoire (ou force illocutionnaire)

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2 Réalisation des actes de langage

Il existe plusieurs manières pour réaliser un acte de langage et une seule structure

peut exprimer des valeurs illocutoires diverses Dans son œuvre intitulé « Les actes

de langage dans le discours », C Kerbrat-Orecchioni propose deux définitions d’un

acte de langage dont l’une est : « quand dire, c’est faire plusieurs choses à la fois » (Kerbrat-Orecchioni, 2001 : 22) Autrement dit, une même réalisation peut exprimer plusieurs actes L’autre définition est « quand dire, c’est faire une chose sous les apparences d’une autre » En d’autre terme, un acte de langage peut être formulé

« indirectement, sous le couvert d’un autre acte » De là, l’idée est développé avec une distinction entre réalisation directe et réalisation indirecte qui sont reconnues grâce à quelques marqueurs prosodiques, lexicaux, syntaxiques et quelques codes

- Les verbes performatifs

Ex : « Je te promets de t’offrir un cadeau »

« Je te conseille de ne pas fumer » Dans ces exemples, les actes « promesse » et « conseil » sont dénommés quand les énoncés les accomplissent On ne peut pas dire « je promets » sans promettre Les verbes « promettre » et « conseiller » sont des verbes performatifs Un verbe ne peut pas être performatif « par nature », il ne l’est que dans certaines conditions d’emploi

De plus, il doit être employé à la première personne au présent de l’indicatif Il est donc facile de reconnaitre le statut pragmatique de l’énoncé Pourtant, ce type de réalisation direct est rarement utilisé, comme l’a remarqué C Kerbrat-Orecchioni

dans son livre « Les actes de langage dans le discours » (C Kerbrat-Orecchioni,

2001 : 36) :

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« Les formulations performatives sont donc les plus claires auxquelles le locuteur puisse recourir pour spécifier le statut pragmatique de l’énoncé qu’il produit Mais ces formulations n’existent pas pour tous les actes de langage et elles sont d’un usage relativement rare […] »

- Les formes de phrase

Il existe d’autre manière de réaliser un acte de langage explicitement sans utiliser les verbes performatif Examinons ces exemples :

« Efface le tableau ! » (1)

« Veux-tu sortir avec moi ce soir ? » (2)

Dans ces phrases, les actes sont formulés mais ne sont pas dénommés L’énoncé (1) accomplit un ordre sans utiliser le verbe « ordonner », l’énoncé (2) accomplit une invite sans le verbe « inviter » En fait, un acte de langage peut se faire à l’aide des formules diverses :

- L’infinitif prescriptif : « Eteindre la lumière avant de partir »

- Les tournures elliptiques : « Deux demi ! »

- Certaines tournures déclaratives : « Je voudrais que tu sortes », « il faut que tu sortes »

Mais, il existe aussi des cas ó une forme porte plusieurs sens Par exemple, un énoncé déclaratif comme « Il fait mauvais » peut être interprété comme un refus ou

un avertissement Dans ces cas, ces actes sont réalisés de façon indirecte

2.2 Réalisations indirectes

Comme a défini C Kerbrat-Orecchioni, « Quand dire, c’est faire plusieurs choses à la fois » et « Quand dire, c’est fait une chose sous l’apparence d’une autre » Un même énoncé peut porter plusieurs valeurs illocutoires Et à l’inverse, un acte peut s’exprimer de plusieurs façons Par exemple : l’énoncé « Le ciel est gris » peut être traduit par « Je ne veux pas sortir » (refus), « Alors, apporte le parapluie ! » (avertissement) ou simplement « Il va pleuvoir » (assertion) Ses valeurs peuvent même s’additionner Et les énoncés comme « J’ai des choses à faire », « Je ne suis pas disponible », « Il fait mauvais aujourd’hui », « Pas de question ! »…peuvent être

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considérés comme équivalents dans certaines circonstances Bref, les actes de langage indirects est donc des énoncés qui disent une chose pour en signifier une autre

Il existe deux types de formulations indirectes : formulation indirecte conventionnelle

et formulation indirecte non-conventionnelle L’acte de langage indirect conventionnel est un acte de discours socialement reconnus alors qu’on doit se baser sur le contexte pour déterminer l’acte de langage indirect non-conventionnel Par exemple, l’énoncé « Tu peux fermer la porte ? » est normalement pris pour une requête Souvent, on peut ajouter un marqueur tel que « s’il te plaît » pour renforcer

la valeur de la requête Cet énoncé est donc « conventionnel » En revanche, il n’y a aucun indice pour identifier un acte de langage indirect non-conventionnel Comme dans le cas de « Il fait froid », l’énoncé prend la forme d’une assertion et ne peut porter la valeur d’une requête que dans certaines circonstances et il faut se baser sur

le contexte situationnel On l’appelle alors « non-conventionnel »

En général, la formulation indirecte d’un acte de langage consiste à affirmer ou interroger sur les conditions de réussite de l’acte en question L’énoncé « Tu peux fermer la porte ? » porte sur la condition de réussite qui concerne le destinataire alors que l’énoncé « Il fait froid » porte sur l’état de chose au moment de l’énonciation Outre les différentes façons de réalisation, les actes de langages sont influencés par plusieurs facteurs Nous allons les étudier dans la partie qui suit

3 Facteurs d’influence des actes de langage

3.1 Contexte

Dans leurs recherches, Austin et Searle étudient les actes de langage mais détachés

du contexte En fait, les actes de langages sont utilisés dans des situations de communication et c’est dans certaines situations précises que le locuteur choisit de produire et interpréter tel ou tel actes de langages D’une part, le contexte dirige la sélection des thèmes de discussion, les termes d’adresse utilisés, le niveau de langue, etc… des émetteurs D’autre part, il facilite l’interprétation des récepteurs, en particulier des actes de langages implicites

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Le contexte comprend trois éléments : le cadre spatio-temporel, le but et les participants

Normalement, en commençant une conversation, le locuteur vise toujours à un but global Et pour atteindre ce but, il doit formuler une série d’actes de langage qui correspondent à des buts plus ponctuels

3.1.3 Les participants

Les participants jouent le rôle décisif dans la réussite des actes de langage On peut les classifier selon les critères suivants :

- Leurs caractéristiques individuelles : âge, sexe, appartenance ethnique…

- Leurs caractéristiques sociales : statut social, profession,…

- Leurs caractéristiques psychologiques : caractère, état d’âme

- Leurs relations mutuelles, y compris le degré de connaissance, type de lien (amical, familial ou professionnel) et l’affectif (sympathie ou antipathie, amitié, amour )

- Leurs nombres : 2 personnes (dialogue), 3 personnes (trilogue), plus de 3 personnes (polylogue)…

3.2 Relation interpersonnelle

Ngày đăng: 22/03/2017, 20:39

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