UNIVERSITÉ NATIONALE DE HANỌ UNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES DÉPARTEMENT D’ÉTUDES POST-UNIVERSITAIRES HỒ THANH HUYỀN EXPLOITATION DES ÉLÉMENTS CULTURELS DANS LE
Trang 1UNIVERSITÉ NATIONALE DE HANỌ UNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES
DÉPARTEMENT D’ÉTUDES POST-UNIVERSITAIRES
HỒ THANH HUYỀN
EXPLOITATION DES ÉLÉMENTS CULTURELS DANS LES MANUELS DE FRANÇAIS DES CLASSES À OPTION
( CAS DES LYCÉES À OPTION À HANOI )
KHAI THÁC CÁC YẾU TỐ VĂN HỐ TRONG SÁCH GIÁO KHOA
TIẾNG PHÁP DÀNH CHO CÁC LỚP CHUYÊN ( CÁC TRƯỜNG THPT CHUYÊN Ở HÀ NỘI )
MÉMOIRE DE FIN D’ÉTUDES POST-UNIVERSITAIRES
Trang 3ATTESTATION SUR L’HONNEUR
J’atteste sur l’honneur que ce mémoire a été réalisé par moi–même
et que les données et les résultats présentés ici n’ont jamais été publiés ailleurs
Ho Thanh Huyen
Trang 4REMERCIEMENTS
Je tiens tout d’abord à remercier sincèrement Monsieur le Docteur Tran Dinh Binh, Directeur de recherche de m’avoir donné des recommandations, des remarques très intéressantes et des encouragements constants tout au long de mon travail de recherche Je le prie d’accepter ici ma profonde reconnaissance
Mes remerciements s’adressent ensuite aux professeurs et aux élèves de quatre lycées à option à Hanọ, qui nous ont créé des conditions nécessaires à la réalisation de ce travail
Je voudrais aussi adresser mes remerciements au Département d’études Post-universitaires de l’Université des Langues et d’Etudes internationales de son aide efficace
Enfin, je voudrais exprimer ma reconnaissance à ma famille pour sa compréhension et ses encouragements sans lesquels je n’aurais jamais pu mener à bien ce mémoire
Trang 5RÉSUMÉ DU MÉMOIRE
Notre travail a pour objectif d’identifier des problèmes rencontrés par les enseignants ainsi que les apprenants des lycées à option à Hanọ dans l’enseignement/apprentissage des éléments culturels et ensuite d’avancer des propositions méthodologiques et pédagogiques pertinentes pour résoudre ces problèmes Il se compose de trois chapitres :
Dans le premier chapitre, nous avons essayé d’établir un cadre théorique constitué des fondements théoriques relatifs à l’enseignement des éléments culturels dans un cours de français, langue étrangère FLE, dans notre cas Dans le chapitre qui suit, nous allons voir comment ces principes théoriques sont mis en œuvre dans l’enseignement de la culture française et francophone par les enseignants de français des lycées à option à Hanọ à travers les manuels de français en usage À partir des analyses des résultats de nos enquêtes menées auprès des enseignants et des apprenants des classes de français à option à Hanọ, nous pouvons mieux comprendre la situation actuelle de l’enseignement/ apprentissage des éléments culturels dans ces établissements Nous découvrons et comprenons bien leurs problèmes tels que le manque des connaissances socioculturelles françaises des apprenants, des supports pédagogiques, des contacts réguliers avec des francophones, le manque du temps, la surcharge du programme d’enseignement, l’inadaptation des méthodes, etc Tout cela peut provoquer la démotivation des apprenants dans leur apprentissage d’une langue étrangère en général et du français
en particulier Cette réalité nous amène à des interprétations qui serviront de base à nos propositions pédagogiques pour un meilleur enseignement des éléments culturels dans le dernier chapitre
Trang 6TABLE DES MATIÈRES
REMERCIEMENTS i
RÉSUMÉ DU MÉMOIRE ii
TABLE DES MATIÈRES iii
LISTE DES FIGURES v
INTRODUCTION 1
1 Raisons du choix du sujet de recherche 1
2 Objectifs de recherche 2
3 Questions et hypothèses de recherche 2
4 Méthodologie de recherche 3
5 Structure du mémoire 3
CHAPITRE 1: CADRE THÉORIQUE 5
1.1 Notion de culture 5
1.1.1 Qu’est-ce que la culture? 5
1.1.2 Culture et civilisation 8
1.2 Interculturel 11
1.2.1 Problème de l’interculturel 11
1.2.2 Compétence interculturelle 13
1.3 Langue et culture dans l’enseignement/apprentissage de langue étrangère 17
1.3.1 Langue et culture 17
1.3.2 Enseignement de la culture à travers les méthodes 20
1.3.3 Approche interdisciplinaire et l’enseignement de la culture en FLE 29
CHAPITRE 2: ÉTAT DES LIEUX DE L’ENSEIGNEMENT-APPRENTISSAGE DES ÉLÉMENTS CULTURELS DANS LES CLASSES DE FRANÇAIS DES LYCÉES À OPTION À HANOI Error! Bookmark not defined 2.1 Présentation des lycées à option à Hanoi Error! Bookmark not defined 2.1.1 Lycée Hanoi-Amsterdam Error! Bookmark not defined 2.1.2 Lycée Chu Van An Error! Bookmark not defined 2.1.3 Lycée Annexe ………36
Trang 72.1.4 Lycée Nguyen Hue Error! Bookmark not defined
2.2 Présentation générale des manuels de français «Tiếng Pháp 10, Tiếng Pháp 11
et Tiếng Pháp 12» et « Tiếng Pháp 10 nâng cao, Tiếng Pháp 11 nâng cao, Tiếng
Pháp 12 nâng cao » Error! Bookmark not defined
2.2.1 Objectifs Error! Bookmark not defined
2.2.2 Structure Error! Bookmark not defined
2.2.3 Contenus culturels insérés dans les manuels Error! Bookmark not defined
2.3 Présentation de la méthode de recherche Error! Bookmark not defined
2.3.1 Méthode de recherche Error! Bookmark not defined
2.3.2 Description de l’échantillon Error! Bookmark not defined
2.4 Analyse et interprétation des résultats des enquêtes.Error! Bookmark not defined 2.4.1 Apprenants Error! Bookmark not defined
2.4.2 Enseignants Error! Bookmark not defined
CHAPITRE 3: QUELQUES PROPOSITIONS PÉDAGOGIQUES POUR
AMÉLIORER L’ENSEIGNEMENT DES ÉLÉMENTS CULTURELS DANS LES
CLASSES DE FRANÇAIS DES LYCÉES À OPTION À HANOI Error! Bookmark not defined 3.1 Contenus culturels à enseigner et choix de documents.Error! Bookmark not defined 3.1.1.Contenus culturels à enseigner Error! Bookmark not defined
3.1.2 Choix de documents Error! Bookmark not defined
3.2 Supports pédagogiques supplémentaires Error! Bookmark not defined
3.3 Rôle de l’enseignant dans l’étude de la culture Error! Bookmark not defined
3.4 Formation et auto-formation des enseignants Error! Bookmark not defined
3.5 Quelques activités culturelles et démarche pédagogiqueError! Bookmark not defined 3.6 En langue cible ou en langue source ? Error! Bookmark not defined
3.7 Evaluation Error! Bookmark not defined
CONCLUSION Error! Bookmark not defined
BIBLIOGRAPHIE 34
ANNEXE I Error! Bookmark not defined
Trang 8
LISTE DES FIGURES
Figure 1 Taux de bonnes réponses sur la culture française/francophone des apprenants de Hanoi-Amsterdam (Le premier questionnaire) 45 Figure 2 Taux de bonnes réponses sur la culture française/francophone des apprenants de Chu Van An (Le premier questionnaire) 45 Figure 3 Taux de bonnes réponses sur la culture française/francophone des apprenants d’Annexe (Le premier questionnaire) 46 Figure 4 Taux de bonnes réponses sur la culture française/francophone des apprenants de Nguyen Hue (Le premier questionnaire) 46 Figure 5 Rôle des connaissances culturelles dans l’apprentissage d’une langue étrangère .49 Figure 6 Influence des connaissances socioculturelles sur les compétences communicatives 50 Figure 7 Taux de manque de connaissances socioculturelles dans de différents domaines chez les apprenants .52 Figure 8 Domaines intéressés par les apprenants dans l’apprentissage des contenus culturels 53 Figure 9 Professeur français ou vietnamien ? Quel choix ? 53 Figure 10 Documents à utiliser par les apprenants dans l’apprentissage de la culture française/francophone 54
Figure 11 Présentation des thèmes culturels dans « Tieng Phap 10,11,12 » et
« Tieng phap 10,11,12 nang cao » 55
Figure 12 Quantité des contenus culturels présentés dans « Tieng Phap 10,11,12 » et «
Tieng phap 10,11,12 nang cao » .56
Figure 13 Informations culturelles mises à jour 56 Figure 14 Rôle des connaissances culturelles dans l’enseignements/apprentissage d’une langue étrangère 58
Trang 9Figure 15 : Comparaisons des faits culturels français et vietnamiens 60
Figure 16 Cause des difficultés dans l’enseignement des faits culturels 61
Figure 17 Types de documents à utiliser dans l’enseignement des faits culturels 63
Figure 18 Supports de recherche des documents supplémentaires 63
Figure 19 Importance accordée aux éléments culturels enseignés dans les tests d’évaluation 64
Trang 11INTRODUCTION
1 Raisons du choix du sujet de recherche
De nos jours, l'apprentissage des langues étrangères accéléré par la mondialisation dans tous les domaines, devient une activité répandue dans toute société car la connaissance des langues facilite la communication et la coopération entre les nations Il est donc nécessaire d'apprendre une ou plusieurs langue(s) étrangère(s) pour connaître d'autres pays et leurs cultures, etc.,, et pour voir le monde autrement L’enseignement/apprentissage d’une langue étrangère devient
alors indispensable
Alors, dans l’enseignement/apprentissage d’une langue étrangère, une bonne connaissance linguistique ne suffit pas pour une bonne communication, la culture exerce également une grande influence sur la formation linguistique, l’une
est complémentaire de l’autre et essentielle pour l’autre
Or, nos expériences d’enseignant de français montrent que dans la classe
de langue, l’accent est souvent et essentiellement mis sur l’apprentissage des compétences linguistiques et que l’environnement culturel dans lequel fonctionne la langue française est négligé L’enseignant, pour des raisons différentes (faute de temps, manque d’expériences, etc…), s’intéresse le plus souvent à la forme et à la signification des mots, et rarement au fond culturel des expressions linguistiques Les élèves, dans la plupart des cas, laissent échapper aussi le contenu culturel des mots et des expressions, les désignations faisant allusion à un fait culturel spécifique, ils se contentent alors de ce qu’expliquent leurs enseignants
Dans l’enseignement des langues, on constate que les apprenants ont besoin non seulement de connaissances linguistiques mais encore des connaissances socioculturelles pour pouvoir utiliser la langue étrangère en question dans des situations socioculturelles variées, différentes
À partir des constats ci-dessus, nous avons décidé de mener un travail de
recherche intitulé: « Exploitation des éléments culturels dans les manuels de
Trang 122 Objectifs de recherche
Notre travail a pour objectif d’identifier des problèmes rencontrés par les enseignants ainsi que les apprenants des lycées à option à Hanọ dans l’enseignement/apprentissage des éléments culturels et ensuite d’avancer des propositions méthodologiques et pédagogiques pertinentes pour résoudre ces problèmes
3 Questions et hypothèses de recherche
Notre problématique s’articule autour des questions suivantes :
a Quelles sont les difficultés rencontrées par les apprenants et les enseignants des classes à option de français à Hanọ dans leur enseignement /apprentissage des éléments culturels français, francophones ?
b Les contenus culturels français et francophones présentés dans les manuels « Tieng phap 10,11,12 » et « Tieng phap nang cao 10,11,12 » répondent- ils aux objectifs de l’enseignement du F.L.E aux élèves de ces classes ?
c Quelles sont les propositions méthodologiques et pédagogiques destinées
à améliorer l’enseignement des éléments culturels français, francophones aux apprenants des classes à option de français ?
À partir des questions ci-dessus, nous formulons les hypothèses suivantes :
Hypothèse 1 : Les difficultés dans l’enseignement/apprentissage des faits culturels
français, francophones sont dues aux différentes raisons :
- De la part des apprenants : limite de connaissances linguistiques et manque
de connaissances socioculturelles, niveau de langue hétérogène, manque de motivation, manque de l’environnement de communication, contacts limités avec des natifs, etc
- De la part des enseignants : manque d’expériences et de méthodologie en matière d’enseignement de la culture en classe, surcharge du programme d’enseignement, insuffisance de l'horaire, manque des documents complémentaires, de matériels, inadaptation des contenus culturels dans les méthodes de français aux objectifs d’enseignement/apprentissage, etc
Trang 13Ces facteurs constituent un obstacle majeur pour un enseignement/apprentissage efficace des éléments culturels français, francophones
Hypothèse 2 : Les contenus culturels français, francophones présentés dans les
méthodes de français « Tieng phap 10,11,12 » et « Tieng phap nang cao 10,11,12 »
représentent les aspects principaux de la culture française : société, éducation, politique, littérature, mœurs et coutumes, etc mais ils ne répondent pas tout à fait aux objectifs de l’enseignement du F.L.E, aux attentes des apprenants
Hypothèse 3 : L’insertion des documents authentiques complémentaires appropriés au
niveau, aux besoins des apprenants, aux objectifs de l’enseignement/apprentissage duF.L.E, l’ajout d’un environnement francophone favorable et une méthode d’enseignement adaptée des enseignants peuvent contribuer à améliorer la qualité de l’enseignement/apprentissage des éléments culturels français, francophones dans les lycées à option à Hanọ
4 Méthodologie de recherche
Dans la réalisation de ce travail de recherche, la méthode descriptive avec ses propres techniques et opérations comme enquête par questionnaire, par entretiens auprès des enseignants et des apprenants est utilisée, ceci nous permet de décrire leur situation de l’enseignement/apprentissage du français dont les faits culturels insérés dans les manuels de français en usage Les analyses de données nous amènent à des conclusions sur les difficultés rencontrées par les enseignants et les apprenants Les propositions pédagogiques de notre recherche sont fondées à partir
du fondement théorique et de la réalité constatée
5 Structure du mémoire
Notre mémoire se compose de trois chapitres :
Après une courte introduction dans laquelle nous essayons de justifier le choix du sujet, les objectifs, les questions, les hypothèses, la méthodologie de recherche et la structure du mémoire Le premier chapitre sera consacré aux fondements théoriques concernant la définition des termes : « culture »,
Trang 14« interculturel » et leur place dans l’enseignement/apprentissage d’une langue étrangère, les principes méthodologiques
Dans le deuxième chapitre, en nous basant sur l’analyse du corpus constitué de nos enquêtes par questionnaire et par entretiens auprès des apprenants
et des enseignants, de nos analyses des éléments culturels présentés dans les
manuels de français « Tieng phap 10,11,12 » et « Tieng phap nang cao 10,11,12 »,
nous présenterons l'état des lieux de l’enseignement/apprentissage de la culture française, francophone dans les classes de français des lycées à option à Hanọ
Dans le dernier chapitre, nous apportons les propositions effectives et réalistes concernant les contenus culturels à enseigner et le choix de documents en fonction des objectifs d’enseignement du F.L.E dans le cadre du programme d’enseignement officiel; la démarche méthodologique à suivre pour améliorer
établissements
Nous pensons que notre travail de recherche apportera une petite
contribution à l’amélioration de la qualité de l’enseignement/apprentissage de la culture française dans les classes de français des lycées à option à Hanọ et à l’enrichissement et à l’approfondissement des connaissances de la Didactologie de langue et de culture françaises en contexte scolaire vietnamien
Trang 15CHAPITRE 1 CADRE THÉORIQUE
Dans ce chapitre, nous allons mettre en lumière les notions de « culture »,
«interculturel » et leur place dans l’enseignement/apprentissage de langue et de culture française à travers les méthodes de français, depuis la méthode traditionnelle jusqu’à l’approche actionnelle et l’approche interdisciplinaire dans l’enseignement de la culture étrangère, la culture française et francophone dans notre cas
1.1 Notion de culture
1.1.1 Qu’est-ce que la culture?
vers la fin du 13è siècle désignant soit une pièce de terre cultivée, soit le culte religieux Aujourd'hui, le terme «culture» possède une pluralité de sens et de multiples usages Il s'emploie ainsi dans les domaines les plus variés et permet de désigner des phénomènes très différents En effet, dans le domaine des sciences sociales, la diversité des significations et des usages semble infinie La première définition de la culture date de 1871 par Edward B Tylor, un anthropologue
anglais: «La culture est un tout complexe englobant les connaissances, les
croyances, les arts, la morale, les lois, les coutumes ainsi que les autres capacités et habitudes acquises par l'homme en tant que membre d'une société.»
En 1952, Alfred Kroeber et Clyde Kluckhohn, anthropologues américains,
ont rédigé une liste de plus de 150 définitions du mot « culture » dans leur livre «
Culture: a critical review of concepts and definitions »
Au fil du temps, les chercheurs ont donné leurs propres définitions de la
culture à savoir : La culture est, selon le sociologue québécois Guy Rocher, "un
ensemble lié de manières de penser, de sentir et d'agir plus ou moins formalisées qui, étant apprises et partagées par une pluralité de personnes, servent, d'une
manière à la fois objective et symbolique, à constituer ces personnes en une collectivité particulière et distincte." (Guy Rocher, 1969, 88)
Trang 16D'après CORTES (1993-1994 : 46), la culture «c'est ce patrimoine de
coutumes, de savoir, de gestes que les sociétés humaines se transmettent d'une génération à l'autre; c'est l'ensemble des structures sociales, religieuses, artistiques» « La culture est à la fois pour l'homme le réceptacle dans lequel il déversera les produits de son imagination, de sa création, et le réservoir qui lui dispensera une certaine manière de vivre »
Louis Porcher, sociologue et écrivain français, a proposé sa définition très
pertinente:“Une culture est un ensemble de pratiques communes, de manières de
voir, de penser et de faire qui contribuent à définir les appartenances des individus, c’est-à-dire les héritages partagés dont ceux-ci sont les produits et qui constituent une partie de leur identité” (Porcher, 1995.)
On peut constater l’évolution dans la définition du terme « culture » dans
le dictionnaire « Le Petit Robert »
En 1995, la culture est définie comme suit :
• Développement de certaines facultés de l'esprit par les exercices intellectuels appropriés; par exemple l'ensemble des connaissances acquises qui permettent de développer le sens critique, le gỏt, le jugement
• Ensemble des aspects intellectuels propres à une civilisation, une nation (La culture occidentale, orientale, la culture gréco-latine.)
Récemment, en 2009, les auteurs de ce dictionnaire ont ajouté :
• Développement de certaines facultés de l'esprit par les exercices intellectuels appropriés; par exemple l'ensemble des connaissances acquises qui permettent de développer le sens critique, le gỏt, le jugement, la connaissance, l’éducation, la formation, l’instruction;
• Ensemble des aspects intellectuels propres à une civilisation, une nation;
• Ensemble des formes acquises de comportement, dans les sociétés humaines et c'est le synonyme de «civilisation»
Trang 17Parmi les différentes définitions du terme « culture », nous constatons que la
définition de la culture de l’UNESCO, présentée à la suite de la conférence mondiale sur les politiques culturelles, tenue à Mexico en 1982, est la plus complète :
«La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l'ensemble
des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs; qui caractérisent une société ou un groupe social Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances.»
*Typologie de culture
La conception de « culture », sa typologie varient d’un auteur à l’autre selon
leur point de vue et leur discipline
Pour les didacticiens et les pédagogues, dans l’enseignement des langues étrangères, on distingue différents types de culture: la culture cultivée, savante, anthropologique ou partagée
- Culture cultivée
D’après Porcher, la culture cultivée occupe une place primordiale dans une société, par laquelle la société distingue sa propre identité Cette culture doit être
impérativement transmise par l’institution éducative, parce qu’elle “reflète une
culture nationale toute entière” (Porcher, 2004, p.54) Elle a été longtemps la seule
présente dans les méthodes de langues
- Culture savante
Pour Robert Galisson, “la culture savante” correspond à des savoirs touchant la littérature, les arts, l’histoire, etc
- Culture anthropologique ou partagée
Selon Porcher, la culture anthropologique ou partagée, correspond à des
manières dont les natifs “voient le monde, la façon qu’ils ont de se comporter dans
telle situation, ce qu’ils croient, leurs représentations de l’étranger, leur image de l’interculturel” (Porcher, 2004, p.55)
Trang 18Il souligne l’importance de cette culture dans l’enseignement du F.L.E, car
ce sont les pratiques culturelles qui marquent les comportements et les conduites
des citoyens français par exemple Par rapport à “ la culture cultivée”, celle-ci a une
place inférieure dans l’enseignement des langues étrangères depuis toujours
Jusqu’au milieu des années quatre-vingt, cette dimension de l’enseignement du
F.L.E n’a pas quasiment pénétré le cours de français Cependant, la culture partagée
constitue un obstacle dans l’apprentissage des langues étrangères, car cette culture
contient des comportements que l’on devrait adopter dans la vie quotidienne et ces
comportements devraient être traduits en acte gestuel et/ou verbal Depuis ces
dernières années, de plus en plus de didacticiens se sont rendu compte de la place
importante de cette culture Maguy Pothier dit ainsi dans son livre: “ Si l’on retient
l’idée que la culture partagée est la clé d’un certain nombre de comportements
sociaux collectifs et individuels, une compétence culturelle plus axée sur cette
culture partagée devient incontournable pour l’apprenant étranger (appelé à vivre
dans le pays cible ou être en contact avec des natifs), s’il veut véritablement
comprendre et être compris sans malentendus interculturels” (Pothier, 2003, p.26)
1.1.2 Culture et civilisation
Les termes de « culture » et de « civilisation » ont été l’objet d’interprétations
diverses pendant très longtemps de la part des historiens, des philosophes et des
ethnologues
Dans l’enseignement de langue étrangère, ces deux termes sont très souvent
utilisés pour désigner l’ensemble des connaissances socioculturelles Sont-ils
synonymes ou concurrents dans la didactique des langues étrangères ?
Dans plusieurs cas, nous trouvons nécessaire de recourir à la définition du
terme de civilisation pour mieux définir la culture Le terme « civilisation » est
dérivé indirectement, au 13è siècle, du latin civilis signifiant « citoyen » par
l’intermédiaire de « civil » qui signifie poli et « civiliser » qui signifie « cultivé » au
sens figuré Il faut dire que ce terme est employé en des sens très variés Le mot
« civilisation » ne figure dans le dictionnaire de l’Académie française que depuis
Trang 191835, il contient en général l’idée de progrès et désigne souvent un état des mœurs avancé, résultant d’une certaine maîtrise des arts et des techniques André Comte-
Sponville, philosophe français, définit la civilisation comme « l’ensemble des
créations humaines (œuvres, techniques, institutions, règles, normes, croyances, savoirs et savoir-faire…) propres à une société donnée, par quoi elle se distingue
de la nature et des autres sociétés »
Dans le dictionnaire Le Petit Robert 2006, nous pouvons trouver les définitions suivantes du terme « civilisation »:
• Fait de civiliser ou se civiliser;
• Ensemble des caractères communs aux vastes sociétés considérées comme avancées; ensemble des acquisitions des sociétés humaines;
• Ensemble des phénomènes sociaux (religieux, moraux, esthétiques, scientifiques, techniques) communs à une grande société ou à un groupe de sociétés
Alors, il est à reconnaître qu’il y a de différents points de vue autour de la définition de ces deux termes : « culture » et « civilisation », ils sont tantôt synonymes, tantôt concurrents
Tout d’abord, selon Edgar Morin (sociologue et philosophe français né en
1921) la culture est « l’ensemble des croyances, des valeurs propres à une
communauté particulière » ou autrement dit, le terme « culture » est alors lié à une
société donnée et identifiable tandis que la civilisation sert à désigner des ensembles plus étendus, plus englobants dans l’espace et dans le temps ; c’est ce qui peut être transmis d’une communauté à une autre : les techniques, les savoirs, la science, etc Cependant, la majorité des sociologues et anthropologues pensent que ces deux notions sont synonymes
Dans son ouvrage intitulé « La civilisation », L Porcher (1986:12) souligne l’importance des questions culturelles dans la didactique des langues Dans cette discussion, les mots « culture » et « civilisation » n’apparaissent pas en tant que termes distincts, mais au
contraire, l’auteur les pose comme étant des synonymes «Ce que l’on entend par culture
comme par civilisation constitue, dit-on, un enjeu didactique essentiel et préalable»
Trang 20Reboullet (1973 :46) a considéré ces deux termes comme synonymes : « civilisation
(sens moderne) et culture (tel que l’emploient aujourd’hui les anthropologues et les sociologues anglo-saxons ou de langue espagnole) recouvraient le même contenu et pouvaient donc être indifféremment employés» Dans la didactique des langues
étrangères, nous nous mettons d'accord avec l'anthropologue américain Sapir en considérant que pour des raisons essentiellement opératoires, la culture et la
civilisation sont synonymes, et que c'est «l'ensemble des attitudes, des visions du
monde et des traits spécifiques de civilisation qui confèrent à un peuple particulier
sa place originale dans l'univers»
Dans l’enseignement/apprentissage d’une langue, il faut apprendre aux élèves à maỵtriser une compétence culturelle pour pouvoir bien s’adapter à des situations de communication différentes
1.1.3 Compétence culturelle
D’après Abdallah-Pretceille, la compétence culturelle est « la connaissance
des différences culturelles (dimension ethnographique), [ ] une analyse en termes de structures et d'états » (1996 :32) À ce titre, elle est une simple connaissance des faits et
des caractéristiques des cultures sans un effort de compréhension de leur manipulation réelle en situation de communication Mais, critiquant cette première définition, elle
pense que « entendue comme connaissance de l'Autre, la compétence culturelle, quelle
que soit la finesse des savoirs, reste extérieure à l'acte de communication » D'ó la
nécessité d'évoluer pour une conception plus pratique
Pour Porcher (1988 :92), « la compétence culturelle est la capacité de percevoir les
systèmes de classement à l'aide desquels fonctionne une communauté sociale et, par conséquent, la capacité pour un étranger d'anticiper, dans une situation donnée, ce qui
va se passer (c'est-à-dire aussi quels comportements il convient d'avoir pour entretenir une relation adéquate avec les protagonistes en situation) »
Par rapport à Abdallah-Pretceille, Porcher évolue sensiblement Pour lui,
la compétence culturelle n'est plus statique, mais elle est envisagée en terme plutơt évolutif, mouvant Sa conception de la compétence culturelle (1988 : 92) est ainsi
Trang 21« une approche en termes de savoir-faire, c'est-à-dire la capacité pour un individu
donné de s'orienter dans la culture de l'Autre à partir d'une démarche compréhensive et non plus seulement descriptive»
Pourtant et malgré cette évolution, l'inquiétude face aux mutations culturelles de plus en plus nombreuses et accélérées demeure lancinante et préoccupante C'est la raison pour laquelle bien que l'approche de Porcher (1988)
soit celle de « la culture en acte par opposition à la culture objet »,
Abdallah-Pretceille (1996) pense que la valeur théorique d'une telle définition ne permet pas
de sortir de l'impasse au plan pédagogique D'ó la nécessité d'envisager une approche interculturelle
1.2 Interculturel
Actuellement, la mondialisation engendre de plus en plus de rencontres et d’échanges avec les interlocuteurs venant de contextes linguistiques et socioculturels variés Cette tendance a donné naissance à une nouvelle notion, celle
de « interculturel », qui est aujourd’hui connu de tout le monde
Pour savoir ce que c’est l’interculturel, il faut absolument aborder sa définition L’interculturel a la source française, dans le contexte des migrations des années
1970 Le mot «interculturel» se compose de «inter» et «culturel» qui viennent des latins, signifient «entre» et «culture» Il s’agit des rapports ou contacts entre plusieurs cultures ou groupes de personnes de cultures différentes, leurs points communs, leurs interactions, leurs échanges, leurs relations, etc
(management, entreprise, communication) et est liée à l’idée d’ouverture En 1986, grâce à Louis Porcher, l’interculturel fait son entrée dans le domaine du F.L.E Selon
Trang 22Abdallah Preitceille, citée par De Carlo (1998), «l’interculturel est une construction
susceptible de favoriser la compréhension des problèmes sociaux et éducatifs, en liaison avec la diversité culturelle Il se définit comme un choix pragmatique face
au multiculturalisme qui caractérise les sociétés contemporaines C’est l’impossibilité de maintenir séparés des groupes qui vivent en contact constant qui entraîne la nécessité de construire des modalités de négociation et de médiation des espaces communs» Selon elle, le préfixe «inter» du terme «interculturel» indique
une mise en relation et une prise en considération des interactions entre des groupes, des individus, des identités L’interculturel s’élargit et s’écarte du contexte des migrants à d’autres publics, notamment la classe de langue Tout ce que le contact des langues et des cultures peut engendrer comme phénomènes peut s’inscrire dans
le processus de l’interculturel
Selon M.Abdallah Pretceille, l’interculturel donne tout son sens au préfixe inter: interaction, échange, décloisonnement et au terme culture: reconnaissance des valeurs, des modes de vie, des représentations symboliques auxquelles se réfèrent les êtres humains, individus et sociétés, dans leurs relations avec autrui et dans leur appréhension du monde; reconnaissance des interactions qui interviennent à la fois entre les multiples registres d’une même culture et entre les différentes cultures, et ceci, dans l’espace et dans le temps
Louis Porcher (2004, p118), lui aussi, a donné son avis sur ce problème : «
quand on apprend une langue étrangère, c'est l'interculturel qui est en jeu, et nullement l'international Certes, on vise une communication, donc une capacité technique, mais qui ne saurait être purement linguistique et formelle, sinon l'espéranto suffirait On cherche aussi à respecter chacun des cultures, des croyances, chacun des modes de vie, à aller vers un métissage possible sans abandon de son identité Apprendre une langue étrangère c'est affirmer à la fois sa propre identité et celle de l'étranger en allant vers les conditions d'une coopération
et en se donnant les moyens d'éviter des affrontements »
Trang 23Donc, l'approche interculturelle n'a pas pour but d'identifier autrui en l'enfermant dans un réseau de significations, ni d'établir des comparaisons sur la base d'une échelle ethnocentrée Elle donne une place plus importante à l'individu
en tant que sujet qu'aux caractéristiques culturelles de l'individu La rencontre avec
un étranger, c'est d'abord une rencontre avec un sujet ayant des caractéristiques propres Ce qui exige une compétence interculturelle permettant une compréhension mutuelle entre les interloculteurs de culture différente
1.2.2 Compétence interculturelle
La compétence interculturelle n’est pas celle permettant de communiquer avec
un étranger (avec une personne de nationalité, de culture différentes), mais tend vers la reconnaissance de l'interlocuteur comme "autrui" (une autre personne) L'objectif est donc d'apprendre la rencontre et non pas d'apprendre la culture de l'autre En effet, un membre d'un groupe social va utiliser ce crible culturel ou en d'autre terme issu de la psychologie sociale, une «représentation collective» présentée sous diverses appellations usuelles: «mentalités», «croyances», «valeurs», «visions du monde», «attitudes»,
«opinions», «évaluations», «préjugés», «mythes», «idéologies», «stéréotypes» (Boyer, 1995), c'est-à-dire des caractéristiques ainsi que des attitudes associées à telle ou telle culture étrangère de son propre système culturel, et des savoirs préalables sur cette culture étrangère afin d'entrer en interaction avec l'Autre Face aux réalités de la culture étrangère, la mise en relation de deux cultures entraỵne une redéfinition de l'identité maternelle, la reconnaissance positive ou négative des différences, la production des jugements de valeurs qui impliquent, dans la diversité de pratiques, la supériorité ou l'infériorité d'une culture par rapport à l'autre Et alors, la notion de «compétence interculturelle» est introduite dans l'étude de la culture et dans l'enseignement du F.L.E,
car «toute communication entre deux personnes d'origines différentes est toujours une
relation interculturelle» (Charaudeau, 1987) On pourrait croire que la connaissance des
moeurs et coutumes d'une communauté nous permet de comprendre les actes de langage
et les comportements de l'interlocuteur dans la mesure ó celui-ci respecte encore les modèles d'interaction bien répertoriés Pourtant, la réalité des échanges quotidiens
Trang 24ne l'est pas toujours En réalité, dans les échanges, les interlocuteurs ont rarement recours aux principes stables et équilibrés de références, mais très souvent à un système de références bien diversifié, voire inconscient, de leur propre culture Un locuteur natif qui peut s'exprimer et décoder un discours donné d'une façon compréhensible / admissible selon les normes, les règles d’usage plus ou moins implicites de sa culture d'origine, semble incompréhensible et bizarre aux yeux d'un interlocuteur étranger, puisque l’étranger est détaché de toutes réalités de la culture
du natif Par conséquent, l'enseignement du F.L.E implique non seulement celui des savoirs, mais aussi de savoir-faire et de savoir-être; crée chez l'apprenant la compétence interculturelle au travers de l'interaction inévitable et enrichissante entre la culture maternelle et la culture étrangère car l'interculturel n'est pas seulement un phénomène de représentations en contraste, débouchant inévitablement sur des stéréotypes, mais se configure comme un processus, un échange entre ces deux cultures visant un objectif de se débarrasser des barrières, d'établir la réciprocité et la solidarité Il faut donc pour l'apprenant :
• Acquérir la conscience que tout système de valeurs qui régit les comportements est relatif, dépend d'une culture donnée, et savoir traduire cette conscience en comportements adéquats
• Savoir identifier ce qui, dans l'interprétation d'un fait culturel étranger, relève de son propre ethnocentrisme, c'est-à-dire son crible, ses lunettes, son filtre culturel
• Savoir identifier et interpréter la variété et la complexité des manifestations d'une culture étrangère en les situant dans leur contexte social, économique, historique, etc Acquérir par là la conscience que l'appartenance nationale d'un individu n'est pas le principe fondateur de son identité, et qu'il y a d'autres définitions et distinctions pertinentes
• Savoir relativiser les différents concepts de «normalité» que les membres de cultures différentes expriment
• Savoir identifier une norme de comportement dans une culture étrangère