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La formation de la stratégie une mise en boucle d’articulations duales

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La formation de la stratégie : une mise en boucle d’articulations duales D’un point de vue de la stratégisation, la division physique de l’entreprise de ser-vices de réseau impose non p

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La formation de la stratégie : une mise en boucle

d’articulations duales

D’un point de vue de la stratégisation, la division physique de l’entreprise de

ser-vices de réseau impose non pas une stratégie, mais des stratégies Elle nécessite effectivement la délibération d’une stratégie planifiée mais également la possibilité que des idées émergentes puissent être ratifiées «chemin faisant» Ces idées, susceptibles

de devenir des stratégies émergentes améliorent la stratégie délibérée au fil des nements conjoncturels, locaux, qui ne peuvent pas toujours être prévus et envisagés

évé-Pourquoi la nécessité d’une

délibéra-tion de la stratégie ? La reladélibéra-tion

com-plexe des éléments constitutifs de la

stratégie présuppose une réflexion a

priori, anticipée, afin que l’entreprise

soit capable d’une action dans la

durée et non pas d’une soumission

aux événements L’intensité

d’investis-sement justifie par exemple une

stra-tégie délibérée planifiée Il faut

admettre qu’il existe une taille

mini-male représentant une sérieuse

bar-rière à l’entrée Pour s’implanter, une

entreprise doit disposer d’un assez

grand nombre d’unités qui se traduit

par des cỏts fixes élevés (Pollin &

Ullmo, 1992) Le retour sur

investisse-ment ne peut pas se parier sur

l’ab-sorption des événements et le groupe

ne peut pas laisser une unité rique assumer seule une stratégielorsque la rentabilité de son choixpeut réduire celle du groupe Autreexemple, le consommateur ou le clientsouhaite être assuré et rassuré de trou-ver le service d’une enseigne identique,quel que soit l’endroit ó il se manifes-

périphé-te Dès lors, l’entreprise de réseauhomogénéise l’offre, et plus particuliè-rement le système d’offre afin qu’unequalité de service soit irréprochable surl’ensemble du ou des territoires Cettehomogénéisation s’appelle la «servuc-tion» ainsi définie : «L’organisation sys-tématique et cohérente de tous les élé-ments techniques et humains de l’inter-face client-entreprise, nécessaires à laréalisation d’une prestation de service

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dont les caractéristiques commerciales

et les niveaux de qualité ont été

déter-minés au préalable» (Eiglier &

Langeard, 1987, p.15) Cette

homogé-néisation ou «organisation systématique

et cohérente» est le fruit d’une

délibéra-tion de la direcdélibéra-tion de l’entreprise qui

cadre les paramètres

L’entreprise de services de réseau, de

par sa dispersion géographique, est

confrontée à des marchés multiples et

mouvants La diversité, la variété et la

dynamique de la demande requièrent

de la part de l’entreprise de l’ambition,

une capacité de perception,

d’adapta-tion, de cohésion, de cohérence,

autre-ment dit que la stratégie de la firme

«intègre un positionnement de marché

et l’exécution de capacités» (Fuchs &

al., 2000, p 118) Les grandes

entre-prises de services sont alors doublement

intégrées : une première intégration liée

aux contraintes technico-économiques

de leur infrastructure en réseau et une

seconde intégration qui relève d’un

principe de management stratégique,

au sens de Fuchs & al (2000)

Pourquoi encourager les idées

émer-gentes ? La valeur et l’intérêt de la

coproduction du service croissent dans

les entreprises de services de réseau

Ces entreprises fondent leur

perfor-mance sur celles des centres de

résul-tats dont la dispersion géographique

nécessite un ajustement au marché

local La littérature récente sur les

entreprises de services de réseau est

unanime sur les conséquences d’unedistribution des sites sur le territoiresupervisé par une infrastructure : ellesont la spécificité de «gérer des réseauxphysiques territorialement très étendus,

et de développer des services chands sur cette base» (Bizac &Mahieu, 1999, p 427)

mar-En ce sens, Veltz (2000) précise quel’orientation vers le marché aval favo-rise la création de mini-entreprisescomplexes plutôt que des démembre-ments opérés sur la base des divisionsfonctionnelles Autrement dit, ladécomposition de grandes entreprisesorganisées sur un modèle hiérarchiqueclassiquement fonctionnel et sub-divi-sionnel s’est effacée au profit d’uneorganisation en un réseau de centres

de profit autonomes, le tout étantsupervisé par un centre stratégiquecompact Il s’agit alors de concilier leséconomies d’échelle qui justifientl’existence des groupes avec la proxi-mité et la rapidité qu’exige l’évolutiondes marchés (Veltz, 2000)

Satisfaire la proximité et la rapidité del’évolution des marchés nécessite de dif-férencier les marchés sur lesquels lescentres de profit sont implantés : l’offre

de service ne peut être centralisée dans

sa totalité; et de développer des stratégies afin que l’offre soit co-produi-

micro-te localement : les marchés/besoinslocaux peuvent avoir des spécificitésqui nécessitent des rétroactions sur laproduction de l’offre Intégrer les spéci-

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ficités implique la prise en compte de

stratégies émergentes, ce qui signifie

pour l’entreprise de développer une

aptitude à capturer des idées nées

loca-lement et à les insérer dans le plan

stra-tégique, c’est-à-dire un processus par

lequel elle construit des nouvelles

com-pétences pour créer ou soutenir son

avantage concurrentiel ou selon les

termes de Teece & al (1997a, b), de

développer des capacités dynamiques

Toutes les offres de services ne

néces-sitent pas une solution construite, elles

peuvent être plus ou moins

standardi-sées et même automatistandardi-sées selon la

récurrence, le volume et la complexité

de la demande Les offres d’une

entre-prise de services de réseau sont le plus

souvent homogénéisées, de manière à

ce que le client-usager trouve à tout

moment et en tout lieux une garantie

de service La stratégie délibérée

devient une nécessité pour une

inté-gration de la stratégie, pour prévoir

une rentabilité face à l’intensité

d’in-vestissement, et pour obtenir une

qua-lité homogène sur l’ensemble du

réseau Les entreprises de services de

réseau doivent, d’une part, établir des

processus de planification stratégique

délibérée afin de développer des

règles de prises de décisions qui

gui-dent les actions organisationnelles

(Ansoff, 1965) des unités dispersées

sur le territoire et de coordonner les

actions organisationnelles (Ansoff,

1988) entre les unités, et d’autre part

développer des stratégies émergentes

qui permettent à l’entreprise fier et de se procurer de nouvellesopportunités pour adapter les activitésdes unités aux marchés locaux Lesprocessus de planification stratégique,ainsi que les stratégies émergentes,sont des éléments complémentaires de

d’identi-la formation de d’identi-la stratégie, qui tent l’apprentissage et l’adaptation(Andersen, 2000) et forment les capa-cités dynamiques Il convient donc des’intéresser à l’implication organisa-tionnelle d’une telle coexistence déli-béré/émergence Une dialectique qui

facili-en appelle d’autres

La formation de la stratégie : de nouvelles responsabilités,

de nouvelles exigences

Des managers stratèges

La composition et la dispersion de treprise de services de réseau ont pourconséquences une centralisation des

l’en-‘grandes décisions stratégiques’ et unedécentralisation des micro-décisions

Un accroissement du pouvoir de sions des directeurs des agences com-merciales ou des concessionnairespour qu’ils puissent adapter leur straté-gie en fonction de la clientèle locale Il

déci-en résulte une certaine «stratégisation»des organisations, c’est-à-dire que lenombre de cadres intermédiaires, mis

en situation d’acteurs stratégiques,

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augmente considérablement Tannery

(2001, p 247) fait état de cette

décentralisation orientée marché et de

ses conséquences : «Comme la

crois-sance des entreprises de services

passe par une extension

géogra-phique, via la duplication de l’offre

service par clonage des lieux de

pres-tation, la forme organisationnelle

résul-tante est spécifique L’encadrement

intermédiaire y gagne un rơle

particu-lier Sa responsabilité concerne moins

l’application des règles conçues au

niveau central que l’animation du

per-sonnel, l’organisation des processus

de prestation et la finalisation pour

tenir compte des contextes locaux»

Sous l’expression «décentralisation

accrue», Martinet (2001, p 185)

résu-me le phénomène en écrivant que nous

assistons à l’ : «Enregistrement d’un

dou-ble mouvement : la responsabilité de la

planification stratégique passe des

fonc-tionnels aux opérafonc-tionnels et du niveau

central aux unités décentralisées» Dans

l’entreprise de services de réseau en

particulier, l’essentiel du renouvellement

des problématiques du management

stratégique vient de l’évolution des

managers, de leurs responsabilités et de

leurs contributions à la formation de la

stratégie, et plus particulièrement celle

des middle managers En effet, ils sont

des managers «sécants», intermédiaires

hiérarchiques et situés à la frontière des

organisations; cette position leur permet

de développer des relations et des

savoirs inter- et intra-organisationnels et

les place comme des personnes-clésdans la co-production de l’offre et dans

la co-construction des compétences, et

de fait, dans la co-évolution de la gie (Payaud, 2004)

straté-Des nouveaux apprentissages individuels, collectifs et surtout complets

Tout est apprentissage ou prétexte àl’être

La dispersion des unités de prestation

de services augmente le risque dedéperdition et d’apprentissage frag-mentaire, ó une unité développe dessavoirs sans les partager avecd’autres De fait, doivent être instaurésdes lieux, espaces et temps de partage

de connaissances pour favoriser prentissage A propos de ce type d’en-treprise, Denis (2000) écrit que l’infra-structure encourage les liens inter-uni-tés basés sur la concurrence et lacoopération L’accent est mis sur la

l’ap-«communication de bonnes pratiques»

et sur un apprentissage partagé dessituations particulières de certainssites, estimant que l’expérience peutêtre utile à d’autres sites confrontés àdes contextes similaires L’objectif estidentique à celui des communautés depratique, qui sont des groupes de per-sonnes liées entre elles de manièreinformelle et qui ont en commun l’ex-pertise et la passion d’un même travail(Brown & Duguid, 1991) Les gens

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impliqués dans ces communautés de

pratique «partagent expérience et

connaissance, librement et avec une

créativité qui favorise le

développe-ment de nouvelles approches des

pro-blèmes» (Snyder & Wenger, 2000,

p 7) Ces groupes peuvent piloter une

stratégie, donner naissance à une

nou-velle activité, résoudre un problème,

promouvoir la diffusion de bonnes

pra-tiques, développer les compétences

professionnelles des individus et aider

les entreprises à embaucher et retenir

les meilleurs talents Que les

partici-pants appartiennent au monde interne

d’une grande entreprise, ou externe,

la communauté de pratiques a des

caractéristiques similaires à la

«nou-veauté organisationnelle» que

Burgelman (1987, p 99) identifiait il y

a une quinzaine d’années : «(elle) crée

un environnement dans lequel les

opportunités nouvelles peuvent être

explorées, couvées, transformées en

projets et se voir offrir une chance de

démontrer leur viabilité économique»

Nous pouvons supposer que l’idée

émergeant d’une communauté de

pra-tiques sera d’autant plus légitime

qu’el-le sera issue d’un groupe dont qu’el-les

per-sonnes partagent intérêt,

connaissan-ce, expertise, expérience

L’apprentissage peut également se

réa-liser en modifiant les systèmes

d’éva-luation Veltz (2000) écrit à ce propos

que les activités sont réparties en

uni-tés de taille variable dotées d’une

autonomie relative interne En d’autres

termes, elles sont pilotées et nées à travers une prescription desobjectifs et un contrôle des résultatsplutôt qu’à travers une définition strictedes moyens à utiliser et des chemins àsuivre pour aboutir à ces résultats Lacapacité d’apprentissage individuelle

coordon-et collective devient donc un élémentcentral pour les performances de toutenature L’ «amélioration continue», parpetites étapes successives et cumula-tives, qui se réalise sur la base d’uneanalyse empirique du travail réel plusqu’à partir de schémas théoriques apriori, est une source d’efficacitépotentielle considérable

Martinet (2001, p 186) résume ainsique : «Les outils sont davantage prispour ce qu’ils sont : des aides au rai-sonnement, à l’analyse, voire à l’ima-gination, mais ne sont pas révérés defaçon dogmatique Les plus fréquem-ment cités sont : les analyses forces/faiblesses, les scénarios et analyses desensibilité, le «benchmarking» etl’identification des compétences fonda-mentales»

Parfois outils formalisés, parfois munications informelles entre homo-logues, ou encore rencontres formellesentre personnes partageant les mêmesinterrogations, les supports d’appren-tissage diffèrent, mais une préoccupa-tion commune est qu’ils s’exercent afin

com-de renouveler les compétences com-de treprise, et lui permettre une meilleurecongruence avec son environnement

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l’en-Un apprentissage complet est un

apprentissage structurant

La capacité dynamique, autrement dit

l’identification, la construction et

l’ap-propriation de compétences, passe

alors par l’apprentissage

organisation-nel (Dodgson, 1993) L’apprentissage

organisationnel est une réponse à la

nécessité d’ajustement sur une période

de grande incertitude Le concept

d’apprentissage est un concept

dyna-mique qui explique le changement

dans les organisations, mais

égale-ment un concept intégrateur qui réunit

plusieurs niveaux d’analyse :

l’indivi-du, le groupe et l’entreprise (Crossan,

Lane & White, 1999) De ce fait, il

permet de revoir la nature de la

coopé-ration des organisations Une

ap-proche interdisciplinaire de

l’appren-tissage permet également d’éviter des

perspectives trop introspectives Si

l’apprentissage est généralement

con-sidéré comme étant une compétence

de l’entreprise, nous pensons que

l’in-térêt réside plus particulièrement dans

le mécanisme de transfert qui permet à

l’apprentissage individuel de devenir

apprentissage organisationnel, et

réci-proquement (Kim, 1993)

Ainsi que nous le schématisons dans la

Figure 1, dans le contexte d’une

entre-prise de services de réseau, la

capaci-té dynamique naît de la manifestation

structurante de trois catégories de

com-pétences : les comcom-pétences

indivi-duelles, les compétences locales et les

compétences globales Cela confirmeque la connaissance à la base descompétences est détenue à différentsniveaux Sans la présence de cettedynamique, la formation de la straté-gie ne peut avoir lieu Les entreprises

de services de réseau doivent lopper des «réseaux de compétences»selon Gadrey & Zarifian (2002,

déve-p 50), c’est à dire des : munautés d’actions au sein desquelless’active un agir collectif, un assembla-

«Com-ge souple de sujets, pris (…) dans lefilet de leurs initiatives croisées»

Expliquer les liens étroits entre les troistypes et les processus permettant lespassages entre les compétences signi-fie comprendre comment une idéeémergente devient une pratique expli-cite et reconnue de l’entreprise, com-prendre la contribution individuelleaux actions collectives ou encore com-prendre comment se développent lescapacités dynamiques

Le passage d’une compétence à l’autreintègre à la fois la simple boucle(«single-loop learning») : apprentissa-

ge adaptatif par lequel on réagit auxchangements en adaptant son action;

la double boucle («double-loop ning») : l’atteinte des objectifs nécessi-

lear-te une remise en cause des schémasd’action de l’organisation; et le deute-ro-apprentissage : apprendre à ap-prendre (Argyris & Schön, 1978) Ladynamique entre ces trois types decompétences est à la base de la for-

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mation de la stratégie, dans la mesure

ó elle permet la ratification d’idées

émergentes, l’institutionnalisation

d’in-formations et de connaissances, et

dont elle trouve son origine dans des

structures facilitant l’apprentissage

organisationnel

Cette explication est proche du

modè-le de Nonaka & Takeushi (1995) qui

affirment que le processus de

connais-sance organisationnelle se résume

dans l’élargissement d’une

connais-sance individuelle par des expériences

nouvelles, suivi par le partage

d’expé-riences vécues au sein d’un groupe,

puis par la conceptualisation et la

cris-tallisation de ces expériences :

créa-tion d’un nouveau concept et sa

concrétisation L’apprentissage est

complet dès lors qu’il est structurant,

c’est-à-dire qu’il vient compléter,

ajou-ter des connaissances et des pratiques

à l’ensemble de l’organisation,

deve-nant ainsi une nouvelle base de

com-pétences améliorable

Selon Kim (1993), ce sont soit les

modèles mentaux individuels, soit les

modèles mentaux partagés qui affectent

l’interaction de l’apprentissage

indivi-duel et l’apprentissage organisationnel

Ce même apport est confirmé par Hay

& Williamson (1997) qui s’intéressent

à ce que les échelons inférieurs jugent

être une bonne stratégie

Première-ment, la stratégie délibérée doit fournir

une «inspiration», une vision,

autre-ment dit un but à atteindre

Deuxiè-mement, elle doit aider «à voir les liens»entre les initiatives de chacun, c’est-à-dire que la stratégie délibérée doitannoncer clairement le système enplace Troisièmement, elle doit servir de

«critère» pour les décisions courantes :

un cadre annonçant des règles du jeu.Quatrièmement, elle doit créer de la

«marge de manœuvre», autrement dit :autoriser, laisser libre cours à des initia-tives Enfin, elle doit instaurer un «lan-gage commun», afin d’homogénéiserles concepts et faciliter la communica-tion Finalement, les cinq qualités énon-cées par les échelons inférieurs corres-pondent à un besoin de modèles men-taux individuels et partagés, dont laclarté et la communication dépendentdes échelons supérieurs et dont leurabsence devient préjudiciable au renou-vellement des compétences

La formation de la stratégie : un mix de délibéré, d’émergence,

les figures libres (Figure 1)

Les figures libres peuvent se déroulerdans le chaos dans la mesure ó elless’effectuent dans l’isolement, ó leretour d’expérience est absent, ó elles

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naissent pour un usage strictement

indi-viduel Dès lors, il s’agit pour

l’entrepri-se de structurer les figures imposées de

telle manière qu’elles «organisent»,

autorisent les figures libres afin que

celles-ci aient l’opportunité d’être

parta-gées, officialisées et qu’elles puissent

devenir à leur tour des figures imposées

Force est de constater que les

diffé-rences entre les deux entreprises

por-tent principalement sur l’articulation

entre les figures imposées et les figures

libres et de fait, sur le contenu et le

résultat de la formation de la stratégie

L’interaction inégale entre d’une part le

délibéré et l’émergent et d’autre part le

formel et l’informel, modifie le type de

proximité, d’harmonie avec son milieu

dont l’entreprise absorbe plus ou

moins bien les spécificités des bassins

locaux (Payaud, 2004b) La fluidité et

le maintien de la relation des quatre

notions assurent une formation de la

stratégie continue et itérative

Définition et articulation des

termes

Ici, le délibéré représente à la fois le

résultat –la stratégie formalisée– et la

mise en place de cette formalisation

–de la constitution de la stratégie à sa

déclinaison dans les différents niveaux

hiérarchiques– Nous définissons le

«délibéré» comme étant la manière

dont il est constitué, dont il est diffusé

et dont il est décliné La constitution

tra-duit le fait que chacun trouve l’intérêt

de faire participer l’autre afin que desboucles d’interaction se forment à tousles niveaux La diffusion traduit l’intérêtque la stratégie soit connue de tous,même si cette connaissance est spa-tiale, incomplète ou partielle L’essen-tiel est que la connaissance paraissesuffisante pour chacun La connaissan-

ce de la stratégie requiert un travail dediffusion et de traduction d’intérêt dechacun La déclinaison vient, enquelque sorte, matérialiser, opération-naliser la traduction de la stratégie enobjectifs appropriés, tangibles, et éva-luables Elle permet de connaître lapossible participation aux résultats de

la stratégie délibérée, en d’autrestermes les objectifs permettent de sesituer a priori, et par rapport à unevision d’ensemble

Il est difficile de réaliser une listeexhaustive du contenu du «formel»; ilregroupe notamment la structure, lesoutils, les ressources, les valeurs affi-chées de l’entreprise Le «formel»représente l’ensemble des élémentscommuns offert, déclaré par l’organi-sation : ce que chacun sait ou estcensé connaître Il est peut être «lourd»s’il est issu d’un long héritage organi-sationnel, et de fait, difficilement modi-fiable («path dependencies», culture,structure, etc.) ou «léger», s’il s’agitd’outils de management, dont la sup-pression ou l’amélioration sont aisées

La qualité de ces éléments influence leprocessus de mise en émergence d’uneidée; par exemple, un système lourd de

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reporting, un contrôle de gestion

enva-hissant, une focalisation sur le

quantita-tif, un système d’informations centralisé,

ou un manque d’homogénéité dans les

outils, une collection de systèmes

d’in-formations hybrides et cloisonnés auront

une influence néfaste sur le processus

L’«informel» rassemble les ments non déclarés, non officiels, plus

comporte-ou moins pratiqués par tcomporte-ous, plus comporte-oumoins connus de tous, qui viennent soitenrichir, soit déstabiliser, soit fluidifierl’organisation

Figure 1 : La formation de la stratégie : une mise en boucles

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L’«émergent» distingue quant à lui les

décisions, les idées qui visent à

amé-liorer l’existant, qu’il soit «formel» ou

«délibéré» Il s’agit d’une formalisation

de pratique, dont l’importance, la

répétition, ou l’aspect généralisable

nécessitent de rendre publiques un

comportement et/ou une compétence

gardés jusque-là tacites La naissance

de l’émergence suit le processus

évolu-tionniste variation/sélection/rétention

De ces quatre éléments naissent

plu-sieurs boucles qui décomposent les

ago-antagonismes planning/learning,

téléologique/écologique évoqués par

Martinet & Payaud (2004a) :

– La boucle délibéré/formel (1)

représente l’ajustement entre les

moyens et les objectifs; il s’agit, en

d’autres termes, de ce que nous avons

appelé les «figures imposées», ó les

outils se sont construits autour de la

stratégie, et ó la stratégie a pris

forme en fonction du formel existant

– La boucle formel/informel (2)

repré-sente la marge de manœuvre offerte

afin de créer la possibilité que des

outils, des pratiques puissent voir le

jour officiellement, d’une manière

for-malisée En d’autres termes, la boucle

se concrétise lorsque le formel

incom-plet permet une nouvelle formalisation

Notons, par exemple, que l’impact de

la structure diffère selon qu’elle

pré-sente une grande rigidité, une

hiérar-chie pesante, des échelons nombreux

ou, à l’inverse, si elle présente des

redondances, des émiettements Autreexemple, si les procédures et les points

de contrơle sont nombreux, si chacunapplique les procédures à sa manière,s’il y a peu de procédures écrites, ou

si les procédures sont contournées, il

en découle au mieux une lenteur desprises de décisions

– La boucle informel/émergent (3) estl’ensemble des initiatives mises enœuvre face à du non prévu, délibéréet/ou formel Ces «figures libres» rati-fiées, officialisées, viennent combler

un vide organisationnel afin de faireface et de compléter les «figures impo-sées»

– La boucle délibéré/émergent (4)traduit une stratégie officielle large quiaccueille les adaptations des agencesaux spécificités locales, dont lesdimensions sont généralisables

Si maintenant nous articulons, non pasles éléments, mais les boucles entreelles, la formation de la stratégies’opère peu à peu

– L’interaction des boucles gent/délibéré et délibéré/formelconstitue les nouvelles figures impo-sées

émer-– L’interaction mel forme de nouvelles combinaisons

délibéré/formel/infor-de ressources, ce qui suppose soit trée de nouvelles ressources, soit lanouvelle exploitation de ressources

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l’en-existantes afin que le délibéré puisse

se réaliser

– La connexion émergent/informel/

formel illustre la construction de

compé-tences afin de faire face à des situations

qui requièrent de nouvelles pratiques

jusque là non envisagées par le formel

– Et, enfin, la relation

informel/émer-gent/délibéré traduit la situation ó

des compétences sont développées

pour faire face à des situations de

mar-ché non prévues par le délibéré,

autre-ment appelées les capacités

dyna-miques

Deux illustrations contrastées

Méthodologie : objectif, choix des

entreprises et méthode d’analyse

L’objectif principal est de proposer un

cadre prescriptif Ce type de travail,

appelé «framework» par les

anglo-phones, fournit des outils et ce, pour

deux raisons (Porter, 1991)

Première-ment, le «framework» identifie les

variables pertinentes, les questions que

les utilisateurs doivent se poser, afin

qu’ils développent des conclusions

façonnées à une industrie ou à une

entreprise particulière Guidés par des

cadres conceptuels et

méthodolo-giques «génériques», la construction

des problèmes et celle des

raisonne-ments appropriés au contexte

spé-cifique sont rendus possibles

Deuxièmement, le «framework», selonPorter (1991), réinjecte des variablesqui témoignent de la diversité dessituations, des choix possibles, et mon-trent de ce fait que les paramètres nesont pas fixes, mais en flux Pour abou-tir à de tels canevas, les idées de confi-gurations (Mintzberg, Miller,…), decadres modulaires (Porter lui-même)proposent des référentiels de raisonne-ment, moyen terme entre l’infinité desituations concrètes et la dangereusesimplicité d’un modèle universel

Le matériau empirique constituéd’études de cas contrastées est néces-saire pour la construction d’un «frame-work» Les études de cas sont alors lesmieux à même de saisir les processus,les articulations, les récursivités, lesbouclages, les «feed-backs»… maisaussi les difficultés, lacunes, carencesconceptuelles et instrumentales éprou-vées «sur le terrain» Cette visée ingé-nierique s’accomplit davantage par laconstruction à partir d’études de cascontrastées que par la seule comparai-son de cas homogènes : chaque casapporte des éléments «positifs», quisont alors confortés et confrontés parles éléments «négatifs» de l’autre cas

Le dépassement des études de casconsiste à mettre en perspective lesleviers managériaux à partir d’unecomparaison de pratiques L’objectifd’informer le praticien est atteintlorsque le «framework» permet d’aiderl’analyste à mieux penser le problème,

en dirigeant la réflexion vers des

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acteurs et des facteurs identifiés

com-me variables-clés, c’est-à-dire, de

pro-poser une meilleure articulation du

délibéré et de l’émergent, du formel et

de l’informel

Les cas ont été choisis pour fournir le

maximum de richesse informationnelle

sur l’objet, selon des motifs théoriques

que nous appelons les critères de

perti-nence Dans la mesure ó nous

cher-chons les variables, critères, paramètres

de participation à la formation de la

stratégie, il faut porter notre regard sur

les entreprises dont les conditions

éta-blies permettent l’intervention des cadres

intermédiaires dans le stratégique Il

s’agit de se demander quels critères

pourraient définir le choix des cas, afin

d’éliminer des dimensions qui

freine-raient la compréhension de notre

recherche, pour mettre en lumière celles

qui les favoriseraient :

1) Une activité par «business unit»

(travail temporaire, hơtellerie

restaura-tion, banque, assurance…) et soumise

à un univers concurrentiel;

2) Un siège, ou «centre», qui définit

une stratégie délibérée et contrơle plus

ou moins son application dans les sites

dispersés sur le territoire

3) La pression/adaptation locale et

globale Une offre homogène ne suffit

pas à satisfaire un territoire vaste et

diversifié susceptible d’influer sur le

contenu du service

4) Le degré de «services» qui

compo-se l’offre peut être plus ou moins sent L’entreprise de services de réseauconcernée ici est soucieuse de la «per-sonnalisation» du service

pré-Ces dimensions appellent la tion active du manager à un ajuste-ment, à une adéquation, de son centre

participa-de profit aux objectifs participa-de l’entreprise et

à la diversité des territoires A priori, lemanagement de l’entreprise a tout inté-rêt à mettre en place des moments, deslieux pour détecter les signaux suscep-tibles d’améliorer voire de faire évoluer

la stratégie délibérée En se trant sur les processus de diffusion et dedéclinaison de la stratégie d’une part,

concen-et sur les processus de suivis concen-et tement d’autre part, nous avons tenté

d’ajus-de repérer et d’ajus-de souligner les moments,les lieux et les circonstances, de délibé-ration, de formalisation et d’émer-gences et pratiques informelles

La méthodologie employée a été lyse qualitative de données afin donc

l’ana-de proposer l’ana-deux étul’ana-des l’ana-de cas(Payaud, 2005) Les données et infor-mations amassées ont été collectées ausein de sources primaires –36 entre-tiens dans 6 directions régionales— et

de sources secondaires –une revue depresse française menée depuis 1999,

de journaux d’entreprises soit destinésaux salariés, aux clients, de documentsofficiels (Rapports annuels), et dedocuments internes (Manuel de mana-gement, Manuel de qualité, procé-

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dures, outils, etc.)— La diversité des

sources a garanti une validité de

construit (ou théorique) par la

multi-angulation des données, du temps de

collecte, des personnes, etc

L’en-registrement et la retranscription des

entretiens ont permis :

1) une analyse de contenu grâce à

des données discursives fiables;

2) que chaque rencontre précise,

ap-profondisse et complète la précédente;

3) d’assurer une validité interne

sup-plémentaire (la retranscription

en-voyée à l’interlocuteur pour réagir et

compléter ses propres paroles)

Les citations proviennent de la

resti-tution des entretiens réalisés auprès

de trois niveaux hiérarchiques de

managers dans chacune des

entre-prises : des responsables d’agence,

des directeurs de secteur et des

direc-teurs régionaux pour Adecco; des

managers de première ligne, des

managers de deuxième ligne et des

directeurs régionaux pour

Gaz-de-France-Transport Rendre compte des

processus est un exercice délicat Ainsi,

nous avons pris le parti, ici, d’exposer

les différents acteurs, les moments et

lieux qui composent les processus,

comme pour mieux «les vivre»

Le cas Adecco

Le personnel dispose d’un ensemble

de dispositifs et d’outils formels et

for-malisés qui lui permettent une sance continue de la stratégie, de sonétat d’avancement, des pratiques, desvolontés de leur entreprise… Et, s’il lesestime insuffisants, il a la latitude deles compléter par des pratiques infor-melles Nous rendons compte de cesdispositifs et comportements

connais-La réunion de lancement au mois dejanvier est le lieu de déclaration de lastratégie délibérée dans les régions etconstitue un «cadre global qui sert deréférent à des systèmes interprétatifslocaux» (Chanal, Lacroux, Mounoud,2001)

«Il y a les «objectifs DG», les «objectifs société», qui nous sont donnés lors de la réunion de lancement en début d’année et par là-même, il y a le directeur régional qui, compte tenu de ses forces et faiblesses au sein de sa direction régionale, va axer plus précisément tel ou tel point, les objectifs de

la DG deviennent les «objectifs DR» Responsable d’Agence (RA)

«La stratégie Adecco est diffusée à travers la réunion de lancement faite au niveau de la

DR qui est le lancement officiel d’une année avec la communication de la stratégie de la

DG, relayée ensuite par la DR avec une sentation des objectifs sur tous les plans C’est à l’occasion du lancement régional qu’on a l’information nationale, qui a tradi- tionnellement lieu fin janvier.» Directeur d’Agence (DA)

pré-Il y a effectivement assimilation etappropriation des objectifs société parles directions régionales et non pasune simple réplication Le directeurrégional peut rendre prioritaires un oudeux objectifs, cela ne signifie pas

Trang 14

pour autant que les autres objectifs

sont abandonnés sous prétexte qu’ils

sont largement maỵtrisés, puisqu’ils

sont maintenus en objectif de fond,

mais cela signifie qu’une priorité est

donnée à ces deux-là Les

respon-sables ayant été informés des objectifs

société et des objectifs de la direction

régionale, ils doivent à leur tour se les

approprier, en informer leurs équipes

agences, pour qu’ils soient déclinés au

sein des agences Il s’agit en premier

lieu d’un travail personnel de la part

du responsable d’agence qui fait un

bilan de son année (n-1) A partir de

cette analyse, le responsable d’agence

conclut classiquement sur les

opportu-nités à saisir et les menaces pesant sur

l’agence D’autre part, l’analyse de

l’agence s’effectue en cinq points :

l’action commerciale; les actions liées

à la gestion des ressources

intéri-maires; l’animation/les échanges avec

les différentes structures du Groupe;

les performances qualitatives et les

performances quantitatives :

«Ma stratégie d’agence est définie en début

d’année à la suite du bilan de fin d’année

précédente (…) une sorte d’analyse des

écarts (…) Au moins de façon autonome on

tire un bilan de l’année qui vient de

s’écou-ler, riche de ce qu’attend la Direction pour

l’année qui arrive; je remets un plan de

développement stratégique sur différents

axes (commercial, recrutement, gestion et

sécurité) (…) On fait une synthèse, on

réajuste le tir, couplé aux nouveaux objectifs

d’ó vient découler une stratégie toute

natu-relle du développement de l’agence sur des

axes bien précis et clairement identifiés (…)

Chacun s’approprie les objectifs DR, et

objectifs nationaux par rapport à son bassin d’emploi Si on me dit de développer ma part de marché d’environ 40% alors qu’on

a déjà la moitié du secteur, ça n’a pas de sens Chacun s’arrange par rapport à son environnement.» RA

Dès lors, le rơle de chaque niveau demanagement est ici un relais interpré-tatif, traducteur des logiques globales

à des contextes locaux Le travail derelais interprétatif et traducteur signified’une part une traduction de forme :rendre tout cela compréhensible etintelligible au public auquel ons’adresse, ainsi qu’une traduction defond : contextualisée et situationnelle Les axes prioritaires de l’agence sontalors déclinés à un niveau individuel,autrement dit chaque collaborateur del’équipe agence connaỵt quelle doitêtre sa contribution au développement

de son agence

«Le chef d’agence va se fixer des objectifs pour arriver aux objectifs fixés par la région : ce sont les axes de développement prioritaires (…) puis avec chaque personne,

on a le plan d’actions individuelles qui reprend les axes de développement agence,

en mettant les actions précises à mener, qui

va s’occuper de quoi, les moyens mis en œuvre, les dates, ou le rythme que l’on va suivre L’entretien individuel est ce que j’ai fait pour l’agence, mais d’une manière indi- viduelle pour chaque collaborateur : Forces, points à améliorer, les apports en terme de formation, leur ressenti par rapport à ce qu’ils ont vécu et vers quels objectifs on va tendre au niveau personnel Voilà comment

on décline ces objectifs en tout début née Tout ça est clơturé en principe fin jan- vier.» RA

Trang 15

d’an-Les objectifs de la société, de la

direc-tion régionale, les axes de

développe-ment prioritaires de l’agence, ainsi

que les plans d’actions individuelles

sont réunies dans un même document

disponible et consultable en agence

par tous les membres de l’équipe

agence appelé : le Pilotagence

«Le pilotagence permet de chiffrer, d’expliquer

les objectifs en matière commercial, en

matiè-re sécurité, et ce sur quoi nous nous sommes

engagés au sein de l’agence Il y a quelques

fois des petites rectifications de sa part sur des

objectifs qui lui paraissent soit surestimés, soit

sous-estimés Recadrer permet d’affiner les

décisions prises par l’agence.» RA

Il est constitué dans chaque agence

par le responsable d’agence et

égale-ment envoyé à la direction régionale

De cette manière, celle-ci a

connais-sance de la déclinaison, des actions

envisagées par les agences qui

contri-buent aux objectifs région

La direction générale est informée de

la déclinaison de sa stratégie sur

l’en-semble du territoire par la rencontre

des directeurs opérationnels avec

cha-cun de ses directeurs de région

Ainsi, la diffusion et la déclinaison sont

une déconceptualisation de la

straté-gie, autrement dit une concrétisation

des termes qu’elle contient En effet,

chaque traduction par les relais

quan-tifie, rend palpable la stratégie De la

«stratégie» au niveau national, nous

atteignons des «plans d’actions

indivi-duelles» en agences Les axes de

déve-loppement sont traduits en objectifs quieux-mêmes sont traduits en actions.Comme une appropriation individuelle

de la stratégie, les collaborateurs enagences évaluent leur contribution aurésultat de l’agence, le responsabled’agence à ceux de son secteur, ledirecteur de secteur à ceux de sarégion, et enfin le directeur régionalanticipe la participation de sa région

à la stratégie de la société

La déclinaison des objectifs société qu’aux collaborateurs en agence esteffectuée d’une manière formelle, leslieux et dates des réunions et des entre-tiens sont connus de tous, quelle quesoit la position hiérarchique et quelleque soit la région Peu de différencessont remarquables d’une région àl’autre, contrairement au suivi et àl’ajustement qui font apparaître desorganisations informelles, mais fré-quentes

jus-Le suivi de la stratégie, qu’il soit auniveau de l’agence, de la région ou de

la société, se réalise d’une part grâce

à des outils formels et d’autre partgrâce à des initiatives informelles Sielles sont informelles, elles ne restentnéanmoins pas rares; le contenu, lafréquence, les participants sont à l’ini-tiative du dit manager

Le point formel de suivi en agence quifait l’unanimité est le «point agence tri-mestriel», à la fois occasion d’échan-ges, outil de bilan et de réajustement

Trang 16

Le responsable d’agence et son équipe

font un bilan sur les trois derniers mois

écoulés

«Tous les trois mois, on vérifie s’il n’y a pas

de courant inverse, c’est ce qu’on appelle le

point agence Le point agence rend compte

de la réalisation des objectifs en termes

quantitatifs et qualitatifs, le chef d’agence

réalise sa propre analyse et ses propres

recommandations (…) Ce point agence

per-met de redresser le chemin qui sépare le

point de départ du point d’arrivée Donc

tous les 3 mois, on redresse la barre.»

Directeur de Région (DR)

L’ensemble des outils insufflé par la

procédure qualité est un moyen

quali-tatif de suivi de la qualité de la

presta-tion de service D’un point de vue

quantitatif, il existe aussi des outils

informatiques et de réseau qui

permet-tent à chaque responsable et/ou

direc-teur de surveiller financièrement les

états de gestion des agences Ce suivi

formel est complété par des initiatives

informelles : les responsables

d’agen-ce improvisent des points agend’agen-ce

infor-mels dont la vocation est une

informa-tion quantitative et qualitative quasi

quotidienne

«A la quinzaine dans certaines agences ils

font des points plutơt organisationnels,

pla-nification, suivi clients, de tableaux de bord

agence Ils sont contrơlés, vus, corrigés mais

ne remontent pas obligatoirement.» DA

«Un point informel tous les mois et demi au

cours duquel on aborde tous les objectifs fixés

en début d’année, l’avancement de chacun

par rapport à ses objectifs, les problèmes

ren-contrés, les solutions qu’on peut apporter,

l’or-ganisation En fait, c’est ni plus ni moins

l’avancement du point agence, au lieu de le faire bêtement à la fin du trimestre.» RA

Le point agence, point formel et malisé, nécessite de la part de l’équi-

for-pe agence un travail de synthèseconséquent Le responsable d’agenceorganise à plusieurs reprises dans letrimestre et au sein de l’agence desrencontres informelles dont les objec-tifs sont multiples :

1) un suivi rythmé de ses résultatsquantitatif et qualitatif,

2) un échange d’informations sur sazone d’activité et

3) une préparation à l’exercice triel

trimes-Le formel crée alors l’informel Les exigences cadrées par le manuel

de qualité, des procédures nationalesfont naỵtre des moments et lieux deconversations Ces conversations sont

à l’origine d’émergences Le formeln’est absolument pas incompatibleavec l’émergence, dans la mesure ó ilcrée des lieux de conversation quicréent des situations ó on rend comp-

te des émergences, ó des idées gent, ó on partage des émergences.L’ensemble des points agences estenvoyé au directeur de secteur, quiconsolide les bilans et les relevés dedécisions, afin d’adresser le tout audirecteur de région qui organise uncomité régional :

émer-«Les 40 agences font un point agence L’ensemble de ces remontées permet de

Ngày đăng: 15/02/2017, 15:58

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