CHAPITRE 8 Pathologies et thérapeutiques de la dimension verticale en denture mixte.. Approche diagnostique des pathologies de la dimension verticale Ces pathologies regroupent des d
Trang 1CHAPITRE 8
Pathologies et thérapeutiques
de la dimension verticale en denture mixte
Conséquences sur l'équilibre musculaire
M RABERIN
8.1 Approche diagnostique
des pathologies
de la dimension verticale
Ces pathologies regroupent des dysmorphies
alvéolaires et squelettiques, par excès et par défaut
Ngan et F i e l d s4 0 4 rappellent que Subtelny et
Sakuda ont défini la dimension verticale par excès,
t e r m e a n g l o - s a x o n équivalent d ' « o p e n bite»,
c o m m e u n e absence de contact entre des groupes de
dents antagonistes c'est-à-dire la béance qui peut
être incisive ou molaire, que Sassouni distingue les
«open bite» squelettiques des dentaires, et q u e
Proffit a caractérisé de «long face syndrome», les
patients présentant u n étage inférieur très allongé
du double point de vue clinique et céphalométrique
A l'opposé, o n parlera d'hypodivergence faciale,
ou de «sbort face s y n d r o m e »
8.1.1 Epidémiologie - Etiologie
Evolutivité
8.1.1.1 Epidémiologie
La fréquence du «long face syndrome» a été
esti-mée sur u n e population américaine à 0.6 %, selon
Proffit3 6 5 et W h i t e cités par Ngan et F i e l d s4 0 4 Ces
m ê m e s auteurs estiment la fréquence des béances
antérieures à 16 % p o u r les enfants m é l a n o d e r m e s
et à 4 % p o u r les leucodermes, ce taux d i m i n u a n t à
l'adolescence, d'après M c S h e r r y3 5 4 E n période de
denture mixte, le taux de béance antérieure p e u t
atteindre 17 %, cité par de A l m e i d a1 1 5
U n e é t u d e s u r 190 enfants h y p e r d i v e r g e n t s
m o n t r e q u e seulement 20 % d'entre eux présentent
u n e béance antérieure : 80 % o n t d o n c u n
recou-vrement incisif malgré u n angle FMA très ouvert,
révélant ainsi des compensations dentaires qui
seraient influencées, selon Betzenberger et a l4 9, par
la présence ou n o n d'une respiration buccale et par les parafonctions
8.1.1.2 Etiologie
Seuls les facteurs étiologiques fonctionnels et mus-culaires seront développés, mais l'intervention du génome sur l'expression phénotypique du schéma facial ne doit pas être omise
• Les béances
M c S h e r r y3 5 4 classe les étiologies des excès verti-caux antérieurs en :
- acquises : les succions, les traumatismes par fracture bilatérale condylienne ou arthrite juvénile rhumatọde,
- iatrogènes par traitement orthodontique mal conduit,
- s q u e l e t t i q u e s , c o n s é q u e n c e s des r o t a t i o n s faciales induites par u n e anomalie fonctionnelle ventilatoire c o m m e la résistance des voies ắriennes, ou par u n e anomalie linguale posturale
et fonctionnelle, essentielle p o u r P e d r a z z i4 5 0,
- neuromusculaires par u n handicap mental
De Almeida et a l1 1 5 o n t classifié les béances selon d e u x types d'étiologie de pulsion linguale :
- béance par pulsion linguale primaire, si la pul-sion est à l'origine de la béance (macroglossie) ou en relation avec u n e anomalie du couloir ắrien posté-rieur,
- b é a n c e par pulsion linguale secondaire, si la position de la langue est u n e adaptation à des condi-tions pré-existantes morphologiques créées par des parafonctions ou u n e croissance verticale excessive
La succion digitale et la sucette, les pressions des lèvres et de la langue, l'obstruction des voies ắriennes postérieures, u n passage nasal inadéquat représentent les causes les plus fréquentes des béances mais l'étiologie est souvent multifactorielle Article disponible sur le sitehttp://www.orthodfr.orgouhttp://dx.doi.org/10.1051/orthodfr/200172143
Trang 2La succion du p o u c e est tardive, c'est-à-dire
encore présente en denture mixte, p o u r 10-15 %
des enfants dans u n e étude m e n é e par le Service de
Santé Publique des USA, en 1973, et citée par
N g a n - F i e l d s4 0 4 Da Silva F i l h o1 1 1 rapportent, dans
u n e é t u d e é p i d é m i o l o g i q u e c o n d u i t e s u r des
enfants brésiliens en denture mixte, la fréquence
élevée des béances d o n t 23 % proviendraient de
succions digitales ou d'une pulsion linguale
J o h n s o n et L a r s s o n2 5 4 suggèrent q u e tout enfant
avec u n développement mental normal possède sa
propre conduite biologique de succion et que le
trai-tement orthodontique n e devrait débuter qu'après la
prise de conscience de l'enfant des risques qu'il fait
courir à sa denture
• Les supraclusions
La supraclusion incisive p e u t être la
consé-quence d'une infra-alvéolie molaire ou d'une
supra-alvéolie incisive ou des deux Les infra-supra-alvéolies
molaires, ou béances latérales, p e u v e n t être d u e s à
u n e infraclusion des molaires temporaires, à des
troubles éruptifs des premières molaires définitives,
à des succions latérales et, surtout, à la posture
lin-guale postérieure et latérale Cette anomalie
d'érup-tion apparaît dans 7 à 9 % d'enfants âgés de 7 à
12 ans, selon les travaux de Steigman, Kurolet
Mueller cités par R o b e r t4 8 1 : les molaires m a n d i b u
-laires temporaires ou définitives seraient les plus
souvent atteintes Létiologie de ces infraclusions est
souvent liée à l'agénésie de la d e n t sous-jacente, à
u n e pathologie du ligament alvéolo-dentaire ou la
pression excessive de la l a n g u e4 6 6 - 4 6 8
8.1.1.3 Evolutivité spontanée
m Les béances
N a n d a3 9 6 a examiné l'évolution du schéma facial dans d e u x groupes d'enfants de 4 à 18 ans présen-tant u n e hyperdivergence ou u n e hypodivergence faciale, par des études céphalométriques longitudi-nales Lévolution du schéma hyperdivergent est très précoce p o u r les filles ; les modifications verti-cales les plus tardives o n t été enregistrées chez les
g a r ç o n s p r é s e n t a n t u n s c h é m a h y p o d i v e r g e n t (fig 3 0 ) Ces o b s e r v a t i o n s p e r m e t t e n t , selon
N a n d a , d'optimiser l'âge du d é b u t de traitement, les séquences thérapeutiques, la durée de la période de contention dès la mise en place de la denture mixte
et confirment l'intérêt des traitement interceptifs
p e r m e t t a n t de freiner les facteurs d'une croissance verticale pathologique
Les relations entre les dysfonctions cranio-man-dibulaires et les pathologies occlusales verticales
o n t été mises en évidence par les travaux de Williamson, cités par Moyers et a l3 9 2, de
Eger-m a r k - E r i c k s o n1 5 4 et de P e d r a z z i4 5 0 Ces auteurs
p e n s e n t q u e les béances sont des facteurs p r é p o n -dérants d'apparition des D.C.M et q u e la distraction condylienne résulte de l'instabilité m a n d i b u -laire sur les mo-laires : le disque glisse en avant d e
sa position n o r m a l e , p r o v o q u a n t u n e dysfonction temporo-mandibulaire D a n s u n e étude p o r t a n t
s u r 7 3 0 0 enfants japonais, lijima, Motegi et a l2 3 8
r a p p o r t e n t u n e fréquence de D.C.M d e 12 %,
p a r m i lesquels 72 % de malocclusions d o n t 5 % de béances
Volume 93
Trang 3Cependant, p o u r la plupart des auteurs d o n t
Watson, W o r m s et Hanson, cités par De A l m e i d a1 1 5,
cette fréquence d i m i n u e avec l'âge, se situant à
envi-ron 2 % chez les adolescents d'origine caucasienne
et 16 % chez les adolescents mélanodermes Cette
diminution serait le résultat de l'établissement de
l'occlusion, de la maturation neuro-musculaire de
l'enfant, de sa maturation psychologique à la
cessa-tion des succions et de la diminucessa-tion de taille des
végétations adénọdiennes
• Les supraclusions
M o o r r e e s3 8 8 rappelle q u e la clé de la dimension
verticale est établie, lors de l'occlusion des
deuxiè-m e s deuxiè-molaires tedeuxiè-mporaires U n e anodeuxiè-malie coronaire
de ces dents p e u t entraỵner u n e perturbation de la
dimension verticale lors de l'installation de la
den-ture mixte Moorrees a d m e t u n e variation
physio-logique du recouvrement avec l'âge : il se produirait
u n e augmentation du recouvrement à la fin de la
période de denture mixte stable par la chute des
molaires temporaires, puis u n e d i m i n u t i o n lors de
la prise de fonction des prémolaires
P l a n a s4 6 3 pense q u e le recouvrement incisif est
maximal à six ans, q u a n d les molaires viennent de
faire leur éruption et diminuera avec le temps
La position de l'incisive supérieure j o u e u n rơle
d é t e r m i n a n t dans les possibilités de croissance
mandibulaire et peut constituer, en cas de position
anormale verticale, u n verrou à l'expression de cette
croissance
8.1.2 Particularités cliniques
Le diagnostic portant sur le schéma facial que
pré-sente l'enfant repose sur des données cliniques,
complé-tées par des données céphalométriques Seuls les
princi-paux traits cliniques seront mentionnés pour mémoire
8.1.2.1 Hyperdivergence
Laugmentation de la h a u t e u r de l'étage inférieur,
u n e échancrure pré-angulaire marquée, des
lar-geurs faciales réduites, la présence inconstante de
béances antérieures plus ou m o i n s étendues
carac-térisent u n e direction verticale de la croissance
faciale
De Almeida et a l1 1 5 classifient les béances en
fonction de leur intensité verticale et horizontale, et
en fonction du niveau de l'atteinte verticale :
den-taire, dento-squelettique ou squelettique seule
En présence d'une respiration buccale, le tableau
clinique se transforme en type adénoỵdien avec des
répercussions parodontales par hyperplasie gingivale
8.1.2.2 Hypodivergence
Létage inférieur d i m i n u é , associé à u n angle
mandibulaire fermé, caractérise l'hypodivergence
faciale, qui est le plus souvent accompagnée d'une supraclusion incisive
Le recouvrement incisif est pathologique au-delà
de 4 m m en denture mixte selon R i c k e t t s4 7 8 La supraclusion p e u t provoquer u n e morsure de la
m u q u e u s e palatine ou du p a r o d o n t e inférieur, et
u n e gène lors de la mastication chez l'enfant
La supraclusion p e u t être la conséquence d'une dysfonction linguale primitive ou secondaire résul-tant de l'ankylose des molaires temporaires
Labarraque et B a s s i g n y2 8 3 préconisent u n e sur-veillance semestrielle et, en présence d'une infraclu-sion qui s'aggrave ou d'un retard d'éruption de plus
de six mois de la dent p e r m a n e n t e sous-jacente, la solution thérapeutique de choix à cette ankylose des molaires temporaires reste l'extraction
8.1.3 Caractéristiques neuro-muscu-laires des dysmorphies de la dimension verticale
Les dysmorphies v e r t i c a l e s1 4 9 possèdent u n e entité clinique dans laquelle la croissance du sque-lette et de l'enveloppe faciale concourent au
déve-l o p p e m e n t de déve-la pathodéve-logie Ces caractéristiques influent sur les résultats thérapeutiques
8.1.3.1 La sangle élévatrice
La localisation des zones d'insertion et l'orienta-tion des muscles masticateurs seraient variables en fonction de la typologie verticale Les études par IRM n ' o n t p o u r t a n t pas permis de mettre en évi-dence u n e corrélation entre la surface de section des muscles masticateurs et la typologie verticale, d'après H a n n a m et W o o d2 1 2 et Weijs et Hillen, cités par B o i l e a u5 7
• Hyperdivergence
T h r o c k m o r t o n et F i n n5 7 0, cités par Ahlgren4,
m o n t r e n t que l'activité musculaire du masséter et
du ptérygọdien latéral est plus faible chez les hyperdivergents Lactivité des sus-hyọdiens est, par contre, plus importante p o u r les hyperdivergents, selon Darqué et Bertrand-Brangier1 1 0
P r o f f i t4 6 7, Ingervall et a l2 4 2 p e n s e n t q u e le schéma hyperdivergent n'est pas corrélé avec des forces occlusales faibles, en période de denture mixte Des forces occlusales élevées peuvent être présentes : la force occlusale n e serait pas u n facteur étiologique, mais u n e conséquence de ce type de croissance
• Hypodivergence
De n o m b r e u s e s études o n t été faites sur la sangle élévatrice des hypodivergents
B o i l e a u5 8 rappelle que, selon les travaux de Haas, la sangle ptérygo-massétérine serait plus large
Trang 4chez les hypodivergents et insérée en avant des
molaires provoquant, selon D a r q u é1 1 0, des forces
musculaires élevées limitant la croissance alvéolaire
postérieure, et par conséquent, la croissance
verti-cale de la face
La sangle élévatrice est plus verticale p o u r les
hypodivergents, selon Sassouni et N a n d a cités par
B o i l e a u5 7
E n présence d'une supraclusion et d'un plan
d'occlusion horizontal, Ingervall et Thilander cités
par le m ê m e a u t e u r5 7, n o t e n t u n e activité
impor-tante d u temporal postérieur en occlusion
maximale, en rapport avec le m o u v e m e n t de recul m a n
-dibulaire nécessaire lors de la fermeture Boileau,
Bardinnet et D o r i g n a c5 9 associent la présence de la
supraclusion dans les classes II division 2 avec u n
s y n d r o m e musculaire, défini par u n e hyperactivité
des élévateurs et u n e r u p t u r e de l'équilibre
labio-lingual en faveur de la sangle labiale Les travaux
récents de Pancherz et a l4 3 9, et de Peck et a l4 4 9
r e p r e n n e n t les conclusions de Darqué et
Bertrand-G r a n g i e r1 1 0, différenciant u n schéma squelettique
spécifique de classe II/2 primitive et de classe II/2
secondaire, associées toutes d e u x à u n système
neuro-musculaire particulier C e p e n d a n t vis-à-vis
de la supraclusion, Boileau et a l5 9 ne p e u v e n t
conclure en privilégiant u n des d e u x rôles possibles
de la musculature, qu'il soit d'origine
étiopathogé-nique ou d'adaptation secondaire
8.1.3.2 La sangle labio-mentonnière
• Hyperdivergence
Lhyperdivergence favorise l'existence au repos
d'une inocclusion labiale : Atherton et al, Gustafson
et al, cités par B o i l e a u5 7, constatent u n e relation
entre le degré d'inocclusion et l'augmentation de
h a u t e u r de l'étage inférieur
Lextension céphalique postérieure associée à
l ' h y p e r d i v e r g e n c e5 1 8-5 1 9 serait à l'origine, selon
Hellsing et l ' E s t r a n g e2 2 3, d'une augmentation de la
pression des lèvres
P o u r Ingervall et J a n s o n2 4 0-2 4 9, la force m u s c u
-laire labiale développée lors de la contraction
maxi-male est plus faible chez les hyperdivergents ; Kydd
constate u n e d i m i n u t i o n de 65 % de la pression
labiale
Lors des fonctions, Boileau et a l5 7 rapportent
q u e Gustafson et al constatent l'activité plus élevée
de l'orbiculaire inférieur et du muscle de la h o u p p e
du m e n t o n , p o u r les hyperdivergents
• Hypodivergence
P o u r les hypodivergents, l'activité musculaire de
la lèvre supérieure p e n d a n t les fonctions serait plus
élevée, mais u n e d i m i n u t i o n de la pression de la
lèvre supérieure au repos se produirait
Pour L a n g l a d e2 8 8, la sangle labio-mentonnière contribuerait à a u g m e n t e r la supraclusion en pré-sence d'un angle inter-incisif pathologique
8.1.3.3 Musculature linguale et typologie verticale
L o w e3 1 9, Gross et a l2 0 3 constatent q u e la posture linguale varie en fonction de la divergence : chez les hypodivergents, la pointe de la langue est située en dessous du plan d'occlusion alors q u e chez les hyperdivergents, elle est en avant et au-dessus des incisives inférieures
Le c o m p o r t e m e n t lingual p e n d a n t les fonctions est caractérisé par u n e propulsion linguale chez les hyperdivergents
En présence d'une béance, Boileau et a l5 7
indi-q u e n t indi-que Kydd a trouvé u n e pression linguale sur les incisives d e u x fois supérieure à la pression nor-male
8.1.3.4 Relations fonctionnelles avec
l'oreille moyenne
Marasa et H a m3 5 8 expliquent q u e toute a n o m a -lie de contraction du muscle vélo-palatin n e permet plus l'ouverture de la trompe d'Eustache Le liquide
n e s'évacuant plus, reste dans l'oreille m o y e n n e et est à l'origine d'infections Le rôle des fissures
p é t r o t y m p a n i q u e s d a n s l'étiologie des otites séreuses chez l'enfant a aussi été remarqué : dans les cas présentant u n e supraclusion incisive totale, les incisives inférieures repoussent distalement les condyles mandibulaires en direction des fissures pétrotympaniques lors de la fermeture, p o u v a n t être à l'origine d'inflammations rétro-méniscales, de
la capsule articulaire, ou d'une obstruction de la
t r o m p e d'Eustache Des études à long terme per-mettraient de confirmer les effets positifs à court terme du traitement précoce des supraclusions sur
la santé oto-rhino-laryngologique de ces enfants, après ouverture de l'occlusion
L o u d o n3 1 8 suggère qu'il existerait u n e relation entre u n e infraclusion incisive sévère chez l'enfant,
et les otites séreuses à répétition
8.2 Thérapeutiques
de la dimension verticale
et conséquences sur l'équilibre musculaire
Face à une hyperdivergence faciale, appelée excès vertical antérieur, ou encore dans la littérature anglo-saxonne «anterior open-bite», accompagnée d'une béance dentaire, le traitement en denture mixte s'orientera vers la recherche et l'élimination de tout
Trang 5facteur contribuant à favoriser cette direction
patholo-gique de croissance et privilégiera la normalisation
des fonctions, par le soutien d'un traitement
oto-rhino-laryngologique, au besoin chirurgical, et d'une
cation fonctionnelle avec ou sans auxiliaire de
réédu-cation linguale et ventïlatoire
Face à une hypodivergence avec supraclusion
inci-sive sévère, le traitement s'orientera vers une
théra-peutique orthopédique sans suivi fonctionnel
obliga-toire, les perturbations initiales étant plus limitées
mais ayant pour objectif un déverrouillage de la
crois-sance
8.2.1 Traitement de Vhyperdivergence
faciale Équilibre musculaire
• Objectifs et limites thérapeutiques
Le traitement orthopédique des excès verticaux
antérieurs d e m e u r e le plus difficile défi de
l'ortho-dontiste en raison des pathologies musculaires liées
à cette d y s m o r p h i e squelettique
E n effet, les objectifs thérapeutiques seraient de
ré-orienter la direction de croissance mandibulaire
d'une rotation postérieure vers u n e rotation
anté-rieure, d'équilibrer le rapport entre les h a u t e u r s
faciales antérieure et postérieure, tout en éliminant
les pathologies fonctionnelles linguales et
ventila-toires
R e d l i c h4 7 5 estime q u e le s o u r i r e gingival
( « g u m m y smile») qui accompagne les excès
verti-caux sévères n e p e u t être amélioré lors d'un
traite-m e n t en d e n t u r e traite-mixte, par l'utilisation de forces
verticales sur le maxillaire puisqu'il résulte d'une
croissance excessive, verticale, maxillaire et
insuffi-sante de la lèvre supérieure U n e phase chirurgicale
o r t h o g n a t h i q u e et parodontale devra d o n c être
envisagée, en fin de croissance
D'après S t e l l z i g5 3 3, de n o m b r e u s e s techniques
o r t h o d o n t i q u e s o n t été proposées p o u r obtenir la
fermeture de l'occlusion : l'ingression des secteurs
postérieurs, la mésialisation des dents postérieures
après extractions ou encore, régression des
inci-sives
Toutefois, les c o m p e n s a t i o n s dento-alvéolaires
de la m a l o c c l u s i o n initiale s o n t indésirables p o u r
des raisons fonctionnelles et esthétiques Le b u t
d u t r a i t e m e n t est d'obtenir u n e a u t o - r o t a t i o n
m a n d i b u l a i r e précoce par ingression des d e n t s
postérieures
Le traitement interceptif s'orientera, en priorité,
vers une rééducation fonctionnelle associée à des
auxi-liaires de réhabilitation des fonctions déficientes, puis
vers des forces orthopédiques dont on commentera les
effets squelettiques, mais surtout musculaires et
fonc-tionnels
8.2.1.1 Apport de la thérapie myo-fonc-tionnelle dans le traitement des béances
E n présence d'un enfant présentant u n e hyper-divergence faciale, u n e investigation oto-rhino-laryngologique complète s'impose p o u r éliminer
u n e éventuelle pathologie ventilatoire Il faudra, dans l'affirmative, recourir à u n traitement médical
ou chirurgical, suivi de la rééducation ventilatoire déjà décrite
Les lèvres et la langue sont les acteurs principaux dans la création et la maintenance des béances Les thérapeutiques myo-fonctionnelles permettent de limiter leur action nocive La myothérapie regroupe des exercices spécifiques à chaque muscle des lèvres
ou de la langue, de façon à corriger les pathologies
de l'équilibre fonctionnel entre les forces oro-faciales excentriques et concentriques
Daglio et a l1 0 5-1 0 6 ont étudié le c o m p o r t e m e n t musculaire au niveau des muscles des lèvres, de la langue et des masséters, par électromyographie d'enfants présentant des béances, avant et après leur physiothérapie fonctionnelle Ils observent que
la physiothérapie apporte u n e suppression de la dyskinésie de la lèvre inférieure, c'est-à-dire l'arrêt
de sa rétraction lors de la déglutition, dans les phases ventilatoires, la d i m i n u t i o n de la contrac-tion m e n t o n n i è r e dans la fermeture buccale, et u n e corrélation significative avec l'amélioration des rap-ports verticaux dentaires et squelettiques Il serait
d o n c possible d'influer favorablement s u r les
b é a n c e s antérieures par u n e m y o t h é r a p i e E n absence de pathologie squelettique, Daglio et
a l1 0 5-1 0 6 pensent q u e cette physiothérapie p e u t évi-ter u n traitement orthodontique
Graber, cité par C h a s e8 9, propose u n exercice de myothérapie p o u r combattre l'hypotonie de la lèvre inférieure dans les béances : il d e m a n d e à l'enfant
de placer la lèvre supérieure p e n d a n t 3 0 m n der-rière la lèvre inférieure
8.2.1.2 Apport de Vélastopositionnement
et des positionneurs en denture mixte
Le concept de l'élastopositionnement, introduit par Harold Kiesling en 1946, a été repris en 1980 par O s a m u Yoshii qui a développé le concept du positionneur d y n a m i q u e grâce u n matériau silicone produit à haute température, plus plastique et com-portant plusieurs degrés de dureté : Renaud y fait
r é f é r e n c e4 7 7 En 1990, Gugino, Yoshii et le labora-toire Great Lakes Orthodontics mettent au point le matériau actuel des positionneurs, d o n t l'utilisation est fondée sur le concept du déverrouillage et des écrans
P o u r B e r g e r s e n4 6-4 7, ces appareils agissent tant
au niveau fonctionnel qu'au niveau o r t h o d o n t i q u e
Trang 6et o r t h o p é d i q u e grâce à leur action sur les arcades
dentaires, sur la croissance, sur le découplage des
entités langue/ enveloppe faciale, sur la fonction
ventilatoire et sur les positions condyliennes Il
pense q u e la période la plus favorable p o u r le
trai-tement des dysmorphies dento-alvéolaires
corres-p o n d à la corres-période de denture mixte, corres-par suite de la
présence de la masse dentaire importante
consti-tuée par les molaires temporaires Ce positionneur
p e u t corriger des béances puisqu'il agit c o m m e u n
écran lingual
Bergersen a m o n t r é la possibilité de correction
par u n guide myo-fonctionnel de l'éruption, des
s u r p l o m b et supraclusion incisives au stade de la
denture mixte, avec u n port quotidien de 2 à
4 heures s'ajoutant à u n port n o c t u r n e
Tallgren et a l5 4 1 o n t étudié par
électromyogra-phie les modifications des activités musculaires
engendrées par le port d'un appareil
myo-fonction-nel sur des enfants présentant u n e denture mixte,
au niveau des lèvres, des muscles masticateurs, des
muscles m e n t o n n i e r s et du digastrique Ils
consta-tent u n e a u g m e n t a t i o n des contractions et de la
tonicité des muscles oro-faciaux dans les premières
semaines, suivie d'une chute de cette activité m u s
-culaire au b o u t de 3 mois, lors des principales
fonc-tions oro-faciales (fig 31)
8.2.1.3 Activateurs fonctionnels et
équi-libre musculaire
• Action sur la fonction linguale
Lautrou et S a l v a d o r i2 9 2 reconnaissent à l'E.L.N
u n e action similaire à celle des activateurs m o n o
-blocs sur la fonction linguale Ils rappellent les idées
de Balters, p o u r qui l'activateur devait faciliter la
p o s t u r e linguale n o r m a l e , c o n s é c u t i v e m e n t au déplacement de la mandibule en position protrusive
F r â n k e l1 8 1-1 8 2 c o m m e n t e l'action secondaire de son dispositif orthopédique sur la fonction lin-guale : les écrans participeraient à la guérison de la syncinésie langue/lèvre n o t a m m e n t au cours de la déglutition
P a g e4 2 7 élargit les bienfaits de l'orthopédie fonc-tionnelle sur l'état de santé des enfants sujets, a u x énurésies nocturnes, a u x infections des oreilles, aux dysfonctions cardio-pulmonaires, a u x troubles visuels et de la concentration, rejoignant les idées
de Talmant sur la thermorégulation cérébrale
• Effets squelettiques et musculaires
Frânkel et F r â n k e l1 8 1 attribuent la rotation anté-rieure trouvée sur leur échantillon à l'augmentation
de la h a u t e u r postérieure de la face, d u e à u n e crois-sance compensatrice condylienne résultant des exercices de contraction labiale
Ngan et F i e l d s4 0 4, W e i n b a c h et S m i t h5 8 6 ne confirment pas la rotation antérieure rapportée par Frânkel, mais u n e poursuite du schéma de crois-sance vers l'hyperdivergence
Haydar et E n a c a r2 1 8 o n t étudié les effets du régu-lateur fonctionnel de Frânkel sur des enfants en denture mixte, présentant u n excès vertical anté-rieur avec béance et n e trouvent q u e des
change-m e n t s alvéolaires, en partie d u s aux exercices de contraction labiale associés au port de l'appareil et
au recul postural de la langue
uV
160
140
120
100
80
60
40
20
0
• W.tht>ui SmeH
inli
4
î yeai aller placement
uV
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• Wrthoui ShMJkJ
N-r
Figures 31 a et b
M o d i f i c a t i o n s d e l'activité musculaire, en p é r i o d e d e d e n t u r e m i x t e , après le p o r t d ' u n appareil m y o f o n c
-t i o n n e l ( é c r a n )
Trang 7E n p é r i o d e de d e n t u r e m i x t e , certains
au-t e u r s4 0 4- 4 2° -4 2 1-5 8 6 p e n s e n t q u e les b i o n a t o r s et le
régulateur de F r à n k e l p r o v o q u e n t des résultats
plus rapides sur la b é a n c e si des p l a q u e s d e
sur-élévation o u u n e force extra-orale h a u t e à a p p u i
m e n t o n n i e r3 4 3 s o n t ajoutées p o u r contrôler la
croissance maxillaire verticale
Stellzig et a l5 3 3 préconise u n activateur
possé-d a n t u n e z o n e élastique possé-d a n s les secteurs latéraux
p o u r traiter les béances, à l'aide d'une g y m n a s
-tique o r t h o p é d i q u e de mastication p r o v o q u a n t
u n e ingression des secteurs postérieurs et u n e
fer-m e t u r e de l'angle fer-m a n d i b u l a i r e
M o r e n o - G o n z a l e s3 8 9 associe les exercices d e
réhabilitation n e u r o - m u s c u l a i r e des lèvres et des
m u s c l e s m a s t i c a t e u r s à u n e force extra-orale ayant
u n a p p u i infra-mandibulaire, p o u r désactiver les
m u s c l e s s u p r a - h y o ï d i e n s Son é t u d e l o n g i t u d i n a l e
é l e c t r o m y o g r a p h i q u e et téléradiographique m e n é e
s u r d e u x ans porte s u r 30 enfants, d ' u n e m o y e n n e
d'âge de 9 ans, c o m p a r é s à u n g r o u p e t é m o i n : elle
r a p p o r t e u n e d i m i n u t i o n significative de
l'ouver-ture d e l'angle m a n d i b u l a i r e et u n e
stabilisa-tion de la h a u t e u r faciale, consécutives à ce
traite-m e n t
8.2.1.4 Apport des forces ingressives
pos-térieures
Eaction d'une p l a q u e de surélévation molaire
p e r m e t d'exercer u n e surcharge occlusale
posté-rieure par contraction des muscles élévateurs et
d'induire u n e ingression des secteurs postérieurs
• Plans de morsure postérieurs
Eutilisation des plans de surélévation
posté-rieurs p o u r le traitement des béances repose sur
u n e modification de la direction de croissance
m a n d i b u l a i r e et alvéolaire supérieure, à la suite de
l ' a u g m e n t a t i o n d e l'activité m u s c u l a i r e d e s
m u s c l e s é l é v a t e u r s E é t u d e d e I n g e r v a l l et
B i t s a n i s2 4 3 m o n t r e q u e l'augmentation de la
tension m u s c u l a i r e p r o v o q u e u n e rotation m a n d i b u
laire antérieure générée par stimulation m u s c u
-laire, mais n e p r o v o q u e pas de d i m i n u t i o n de la
croissance verticale maxillaire ou de la croissance
alvéolaire postérieure
• Les aimants répulsifs
La correction des béances en d e n t u r e m i x t e
p e u t être réalisée à l'aide d'aimants répulsifs,
inclus d a n s des p l a q u e s de surélévation molaire
Dellinger et D e l l i n g e r1 3 3 o n t étudié à long t e r m e
les effets d e ce «Correcteur Vertical Actif» (AVC)
m u n i d e h u i t c h a m p s m a g n é t i q u e s répulsifs p r o
d u i s a n t u n e force d e 700 g sur des enfants en d e n
-ture mixte Ils a p p l i q u e n t ce dispositif amovible
o u scellé, en fonction de la c o o p é r a t i o n de l'enfant
p e n d a n t 3 m o i s p u i s utilisent u n e p l a q u e de
c o n t e n t i o n avec vérin p e n d a n t 6 mois La d i m i n u -tion des béances et la r é d u c t i o n de la h a u t e u r faciale inférieure o b t e n u e est stable
Kiliaridis, E g e r m a r k et T h i l a n d e r2 6 3 o n t com-paré les effets des forces ingressives avec des
p l a q u e s p o s s é d a n t des a i m a n t s répulsifs a u x plaques traditionnelles, m u n i e s de surélévations molaires de m ê m e épaisseur chez des patients pré-sentant u n e infraclusion antérieure en d e n t u r e mixte, après u n p o r t journalier de 18 h e u r e s p e n
-d a n t 6 mois
Il semble q u e les a i m a n t s répulsifs aient u n e action plus rapide, mais favorisent l'apparition de
p r o b l è m e s secondaires transversaux d u type de l'inversion d'occlusion molaire Eaction des plaques
d e s u r é l é v a t i o n serait freinée a p r è s q u e l q u e s semaines, par u n e d i m i n u t i o n de la force exercée
p a r les muscles élévateurs G o l d s p i n k , cité par Kiliaridis et a l2 6 3, explique cette modification d e l'activité m u s c u l a i r e par les variations des m u s c l e s élévateurs qui, étirés au d é b u t d u traitement, pro-duisent u n e force i n t e n s e de contraction réflexe transmise a u x dents U n n o u v e l équilibre n e u r o
-m u s c u l a i r e s'établit ensuite, grâce à l'allonge-ment musculaire créé par des extra-sarcomères qui se rajoutent à la l o n g u e u r des fibres musculaires La force transmise a u x dents d i m i n u e
8.2.1.5 Egression incisive par appareil multi-attache
Eutilisation des t e c h n i q u e s fixes, en d e n t u r e
m i x t e , n e p e u t se concevoir qu'après la fermeture des apex des incisives afin d'éviter t o u t risque de sidération de croissance o u d'apparition de cou-dures radiculaires
C h a s e8 9 p r é c o n i s e ce système p o u r traiter u n e
b é a n c e dentaire d u e à u n e succion digitale, o u
p o u r parfaire la m y o t h é r a p i e d'une p u l s i o n lin-guale initiale Eobjectif de la t e c h n i q u e fixe est de fermer les béances par egression antérieure à l'aide d'auxiliaires, c o m m e les tractions inter-maxillaires antérieures Cette t e c h n i q u e reste c o n t r e - i n d i q u é e face à u n s c h é m a hyperdivergent (fig 3 2 )
8.2.2 Traitement de Vhypodivergence
faciale et équilibre musculaire
Les indications prioritaires du traitement p r é -coce de la s u p r a c l u s i o n incisive s o n t de p r o v o q u e r
le déverrouillage sagittal d e la croissance m a n d i -bulaire et d'éliminer les risques p a r o d o n t a u x en présence d ' u n e s u p r a c l u s i o n totale, c o m m e le sou-lignent Boileau et D a r q u é
Trang 8Figures 32 a, b, c et d
En fin d e p é r i o d e d e d e n t i t i o n m i x t e , c o r r e c t i o n d ' u n e infraclusion incisive é t e n d u e après p o s e d ' u n e grille
et r é é d u c a t i o n f o n c t i o n n e l l e , puis prise en charge m u l t i - a t t a c h e
La supraclusion incisive p e u t être traitée, en
denture mixte, par ingression des incisives après
u n e fermeture apicale complète, c'est-à-dire vers
10 ans p o u r les centrales et 11 ans p o u r les
laté-rales, ou par égression des molaires temporaires et
premières molaires, ou par u n e combinaison de ces
d e u x m o u v e m e n t s
Pour C h â t e a u8 7, l'égression molaire est dix fois
plus rapide q u e l'ingression incisive
Seul u n diagnostic clinique et céphalométrique
permettra d'orienter la thérapeutique
8.2.2.1 Ingression incisive par
suréléva-tions
• Les plaques palatines de surélévation
Boileau et a l5 9 pensent que les supraclusions
profondes p e u v e n t être réduites par utilisation de
plaques rétro-incisives, tout en surveillant
l'hyper-activité élévatrice massetérine :
- la plaque palatine de Korn, avec u n plan plat
rétro-incisif, dans le concept de l'orthodontie
pos-turale, p e r m e t la d é p r o g r a m m a t i o n des muscles de
la mastication et le repositionnement spontané de
la m a n d i b u l e ;
- la plaque palatine avec u n plan de surélévation
rétro-incisif, ou plus étendu jusqu'aux prémolaires ;
- l e s gouttières unilatérales permettent régres-sion du cơté opposé, mais p e u v e n t provoquer l'in-gression par surcharge du cơté gouttière
• Les équi-plans
- l'équi-plan de P l a n a s7 4, p l a q u e d'acier inter-posée entre les incisives, exerce u n e force ingres-sive s u r les inciingres-sives, p r o v o q u e u n e croissance accélérée des procès alvéolaires mandibulaires,
p e r m e t les m o u v e m e n t s m a n d i b u l a i r e s latéraux et
la réhabilitation neuro-occlusale, en particulier le
d é v e l o p p e m e n t vertical et u n remodelage des ATM ;
- l ' é q u i - p l a n épais de Château, cité par B r u6 9,
p e r m e t u n e contraction des muscles masticateurs par dépassement de la position de repos Il p e u t être contre-indiqué en présence d'une proalvéolie supé-rieure
• La plaque C fonctionnelle de Cervera
Produit u n e égression postérieure et u n e ingres-sion incisive, par transmisingres-sion des forces de
serre-m e n t des serre-mâchoires au niveau de la double plaque métallique antérieure
Cette action est p r é p o n d é r a n t e au c o u r s du
s o m m e i l lent q u i a lieu d a n s la première moitié de
la nuit, ó se p r o d u i t u n e p h a s e d'activité m u s c u
Trang 9-laire i n t e n s e de la sangle é l é v a t r i c e4 6 9 P e n d a n t le
s o m m e i l p a r a d o x a l (20 % du s o m m e i l global), se
p r o d u i t u n e p a r a l y s i e q u a s i c o m p l è t e d e s
muscles La croissance verticale des procès
alvéo-laires est favorisée p a r les écrans vestibualvéo-laires qui
é l i m i n e n t la pression du b u c c i n a t e u r au niveau
des d e n t s postérieures Cette p l a q u e est u n
appa-reil flottant q u i n e tient q u e par le s e r r e m e n t des
d e n t s , et p a r l'appui de la l a n g u e contre le b o u t o n
palatin qui i n d u i t ainsi la r é é d u c a t i o n de la
pos-ture linguale
• Les butées rétro-incisives de Philippe
Masses de composite collées sur les faces
pala-tines des incisives
• Les gouttières
L e e2 9 7 préconise l'utilisation de gouttière
anté-rieure de r e p o s i t i o n n e m e n t afin de réduire le
d é p l a c e m e n t discal, puis la prescription d ' u n e
gouttière de r e p o s i t i o n n e m e n t s u p é r i e u r p o u r
repositionner les condyles en avant et en h a u t
d a n s leur cavité glénọde, avant la p h a s e m u l t i
-bague, e n fin de d e n t u r e mixte
• Les couronnes de surélévation
D a n s les années 80, a été introduite u n e
tech-n i q u e d e modificatiotech-n de la d i m e tech-n s i o tech-n verticale
qui s'appuie s u r les c o u r o n n e s p é d o d o n t i q u e s
pla-cées en surélévation sur les molaires temporaires
inférieures Leur mise en place p e r m e t u n e
egres-sion des premières molaires et de modifier le
s c h é m a facial d'hypodivergence, ainsi q u e des
améliorations de l'état général du patient selon
L o u d o n3 1 8 La d i m e n s i o n établie par les
suréléva-tions des molaires temporaires semble être stable
L o u d o n rappelle q u e ces surélévations p e r m e t t e n t
les modifications fonctionnelles suivantes :
- u n e é r u p t i o n verticale n o r m a l e des premières
molaires définitives, ce qui c o n d u i t les condyles
vers u n e position rétrusive, et d o n c , vers la
posi-tion 4-7, ou encore, vers u n e posiposi-tion centrée d a n s
la fosse glénọde,
- u n c h a n g e m e n t de la p o s t u r e linguale, d'une
interposition postérieure latérale vers u n e p o s t u r e
n o r m a l e h a u t e ,
- u n e amélioration des p r o b l è m e s auriculaires,
tels les otites séreuses à répétition (en littérature
a n g l o - s a x o n n e , «Otitis Media w i t h Effusion» :
O.M.E)
L o u d o n3 1 8 cite l'idée de la surélévation
occlu-sale, reprise avec des plots en composite collés s u r
les face occlusales des molaires temporaires
infé-rieures d'un j e u n e patient, p r é s e n t a n t u n e
supra-clusion totale et u n e rétrognathie m a n d i b u l a i r e
L o b t e n t i o n de l'occlusion entre les premières
molaires définitives s'effectue après u n m o i s et
demi U n e récidive est toujours observée, entre 20
et 4 0 % du gain vertical, ce qui c o n d u i t à envisager p é r i o d i q u e m e n t u n rebasage En fin de d e n ture mixte, après la c h u t e des molaires t e m p o -raires inférieures, u n arc de base est placé a u x
d e u x arcades, avec des élastiques verticaux entre les molaires, p o u r p o u r s u i v r e régression molaire avant l'éruption des prémolaires
8.2.2.2 Ingression incisive par appareil multi-attache
Les principes b i o m é c a n i q u e s du nivellement s'appliquent s u r la d e n t u r e m i x t e ó l'ingression est réalisée par des t e c h n i q u e s fixes, c o n t i n u e s ou segmentées La c o n t e n t i o n de l'ingression o b t e n u e par t e c h n i q u e fixe devra être envisagée j u s q u ' à la reprise d u t r a i t e m e n t en d e n t u r e définitive, par appareil n o c t u r n e de type activateur ou p l a q u e palatine, en fonction des troubles occlusaux à améliorer
Le contrơle vertical et sagittal des incisives supérieures p e u t être réalisé, selon le principe de
la t e c h n i q u e B i o p r o g r e s s i v e2 0 5' 2 0 6 par u n arc de base qui p e r m e t le déverrouillage de la croissance
c o n d y l i e n n e1 7-4 1 8
C a n n o n i et Salvadori7 5- 7 6 p r é c o n i s e n t l'utilisa-tion d'un arc de base, en d e n t u r e mixte, sur
c h a q u e arcade afin d'ingresser et de vestibuler les incisives s u p é r i e u r e s p u i s les inférieures, en recréant u n s u r p l o m b p o u r p e r m e t t r e , en présence
d ' u n e rétrognathie m a n d i b u l a i r e associée, la mise
en place d'un activateur en fin de dentition mixte Lobjectif de cette m é c a n i q u e en d e n t u r e m i x t e est
de normaliser le r e c o u v r e m e n t incisif, de réaliser
u n alignement antérieur et d'obtenir des relations molaires, u n e g u i d a n c e incisive et u n contact bila-bial (fig 3 3 )
Il faut, toutefois, éviter d'utiliser cet arc trop
p r é c o c e m e n t avant la fin d'édification radiculaire,
en raison des forces exercées s u r les racines des incisives : M u r p h y C h a c o n a s et a l3 9 3 o n t n o t é des forces p l u s i m p o r t a n t e s délivrées sur les incisives latérales par l'arc de base
8.2.3 Conséquences des traitements précoces de la dimension verticale sur les A.TM
8.2.3.1 Traitement des béances
L e e2 9 7 a étudié le traitement des béances anté-rieures associées à u n e p u l s i o n linguale et à des dysfonctions t e m p o r o - m a n d i b u l a i r e s Il pense, en
p r e m i e r lieu, q u ' u n protocole de traitement de suppression de la pulsion linguale s'impose grâce
à des exercices de contrơle lingual, et au p o r t
Trang 10d ' u n e gouttière de r e p o s i t i o n n e m e n t a n t é r i e u r
p o u r réduire le d é p l a c e m e n t méniscal, suivi d'un
r e p o s i t i o n n e m e n t s u p é r i e u r p o u r replacer les
condyles dans la partie antéro-supérieure de la cavité
glénọde La thérapeutique orthodontique n e peut
intervenir qu'après la stabilisation de cette
réhabili-tation fonctionnelle et la normalisation de la posture
l i n g u a l e4 5 0
Selon les études de Gokalp et al ^ 7 S U R TRM, ie s
forces verticales exercées sur les ATM lors des
trai-tements précoces de béances antérieures n e
provo-queraient pas de c h a n g e m e n t de position d u disque
méniscal
8.2.3.2 Traitement des supraclusions
Les corrections des malocclusions de classe II
division 2 engendrent u n remodelage et u n e
adap-tation fonctionnelle des ATM : le tubercule
articu-laire est plus p r o n o n c é dans ces malocclusions, ce
qui constitue u n facteur prédisposant aux D.C.M
Les études axiographiques tridimensionnelles de
Anders et E k a r d t1 3 sur 28 enfants en d e n t u r e mixte,
présentant u n e malocclusion de classe II division 2,
m o n t r e n t l'adaptation articulaire à la linguoversion
des incisives supérieures et révèlent u n e
augmenta-tion des m o u v e m e n t s de propulsion par
comparai-son à des enfants en denture mixte, i n d e m n e s de
malocclusion
Il convient d o n c d'opter p o u r u n redressement précoce des incisives supérieures afin de favoriser l'adaptation fonctionnelle des structures t e m p o r o -mandibulaires
8.3 Stabilité et contention des traitements
de la dimension verticale
en denture mixte
8.3.1 Stabilité des traitements précoces
des béances et environnement muscu-laire
Sans réhabilitation d u couloir ắrien postérieur
et en présence d'une tension p e r m a n e n t e des génio-glosses et génio-hyọdiens, ou face à u n e macro-glossie, la récidive des béances est de mise avec
p o u r s y m p t ơ m e l'apparition d'une vestibuloversion incisive
F i n k s1 6 6 pense q u e la stabilité d u traitement des béances par les grilles d é p e n d de la posture lin-guale : les effets des grilles, c'est-à-dire de la «crib thérapie», n'entraỵnent pas de modifications sur la
d y n a m i q u e linguale mais induisent u n e posture lin-guale m o i n s antérieure