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LA COOPÉRATION CULTURELLE ENTRE LA FRANCE ET LE VIETNAM

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Fondements historiques...6 1, Etablissement du régime colonial de la France...7 1.1 Perte de l’indépendance du Vietnam...7 1.2 Politique coloniale générale de la France au Vietnam...9 2,

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Ministère des Affaires Étrangères ACADÉMIE DIPLOMATIQUE DU VIETNAM

Réalisé par  : Nguyễn Thùy Dương

Classe  : E-03 Promotion : 35

Sous la direction de : M Nguyễn Hoàng Như Thanh

Hanoi - 2012

Trang 2

Bộ Ngoại Giao Việt Nam HỌC VIỆN NGOẠI GIAO Khoa Tiếng Pháp Quan Hệ Quốc Tế

_

KHÓA LUẬN TỐT NGHIỆP

Giảng viên hướng dẫn : M Nguyễn Hoàng Như Thanh

Hanoi - 2012

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LỜI CAM ĐOAN

Tôi xin cam đoan khóa luận tốt nghiệp về đề tài LA COOPÉRATION CULTURELLE ENTRE LA FRANCE ET LE VIETNAM do chính tôi thực hiện Đây là kết quả nghiên cứu của tôi

và không trùng với bất kì kết quả nghiên cứu của tác giả nào khác.

Tôi xin chịu mọi hình thức kỉ luật nếu có bằng chứng chứng minh đây là kết quả nghiên cứu của tác giả khác.

Tác giả khóa luận

Trang 4

Je tiens à remercier sincèrement Monsieur NGUYỄN HOÀNG NHƯ

THANH – Professeur au Département des Sciences politiques (Académie

diplomatique du Vietnam) pour avoir accepté de me diriger dans ce travail

de mémoire Malgré des divagations du début, je peux enfin atteindre monbut Je le dois à son accompagnement très impliqué, dévoué et judicieux

J’adresse aussi mes remerciements sincères à tous les professeurs,surtout les membres du jury de mémoire du Département de Français del’Académie Diplomatique du Vietnam Grâce à eux, j’ai pris conscience del’importance et de l’intérêt de la diplomatie internationale

Je voudrais également associer à mes remerciements tous les membres

de ma famille qui m’ont encouragé dans ce travail de mémoire Leursremarques et leurs expériences ont contribué à éclairer les questions faisantl’objet d’investigation dans ce travail

Mes remerciements vont aussi à mes amis vietnamiens et français quin’ont pas hésité à me prodiguer critiques, suggestions, commentaires,explicitations et encouragements pour que mon travail aboutisse

NGUYỄN THÙY DƯƠNG

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AUPELF : Association des Universités partiellement ou entièrement

de langue françaiseUREF  : Université des réseaux d’expression française

AUF  : Agence universitaire de la Francophonie

APD  : Aide publique au développement

CFVG  : Centre franco-vietnamien de formation à la gestion

FSP  : Fond de solidarité prioritaire

USTH  : Université des sciences et technologies de Hanoi

CCF  : Centre culturel français

AEFE  : Agence pour l’Enseignement du Français à l’EtrangerONG  : Organisations non – gouvernementales

HCMV  : Ho Chi Minh – ville

CNCD  : Commission nationale de la coopération décentralisée

PACCOM  : Comité de Coordination des Aides du Peuple

AAFV  : Association d’Amitié Franco – Vietnamienne

ZSP  : Zone de solidarité prioritaire

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Table des matières

INTRODUCTION 1

CHAPITRE 1: FONDEMENTS DE LA COOPÉRATION CULTURELLE ENTRE LA FRANCE ET LE VIETNAM 4

I Théorie globale sur la culture 4

1, Définition de la culture et de l’échange culturel 4

2, Types et rôles de l’échange cultuel : 5

II Fondements historiques 6

1, Etablissement du régime colonial de la France 7

1.1 Perte de l’indépendance du Vietnam 7

1.2 Politique coloniale générale de la France au Vietnam 9

2, Domination de la culture française 11

2.1 « Quoc ngu » - produit des contacts culturels franco-vietnamiens 11

2.2 Influence sur la culture et le développement culturel 13

CHAPITRE 2: COOPÉRATION CULTURELLE ENTRE LA FRANCE ET LE VIETNAM 19

I, Situation internationale 19

II Politique de la France 20

III Politique du Vietnam 23

IV Stratégie de la coopération culturelle entre la France et le Vietnam 27 CHAPITRE 3: CONCRÉTISATIONS DE LA COOPÉRATION CULTURELLE ENTRE LA FRANCE ET LE VIETNAM 31

I Coopération bilatérale (coopération intergouvernementale) 31

1, Documents gouvernementaux : 31

2, Concrétisation des activités de la coopération bilatérale 34

II Coopération décentralisée (coopération régionale) 37

1, Le concept de coopération décentralisée 37

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2, Concrétisation des activités de la coopération décentralisée entre le Vietnam et la France : 38

III Coopération entre structures privées indépendantes (coopération non– gouvernementale) 43

IV Remarques des activités de la coopération culturelle entre la France

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Dans le contexte ó le monde est devenu progressivement global,évolutif et multipolaire avec de grands changements sur la politique et lasociété Des pays se rapprochent de plus en plus et ils ont une vraieconscience de la culture, aussi son importance Un besoin de diversité, dedialogue et de solidarité est plus urgent En particulier, entretenir ledialogue interculturel est une des premières priorités de chaque pays Car,

si la diplomatie des pays, notamment des petits pays, veut se valoriserefficacement, chaque pays devra mobiliser la force sur tous les domaines,parmi lesquelles, la culture Et la coopération culturelle – une des activitésprincipales de la culture, est un outil le plus nécessaire pour que la culture

de chaque pays jouera un rơle à l’échelle mondiale La coopérationculturelle est aussi un bon chemin qui aide les pays à publier leur image (laculture, les habitants, les coutumes, ) et acquérir facilement des élitesculturelles de l’étranger En dehors, elle est un canal qui influence le plusdirecte et le plus efficace à la vie spirituelle des habitants, parce que l’objetdes activités étrangères est non seulement les Etats mais aussi les habitants.Grâce à elle, les valeurs culturelles des nations ont une bonne occasion de

se sauvegarder et se valoriser lorsqu’ils échangent avec les autres cultures

La coopération culturelle entre la France et le Vietnam est donc une preuvesignificative à l’origine des fondements historiques, même des intérêts desdeux pays

« France – Vietnam : deux pays liés par l’histoire »

Depuis longtemps, la France et le Vietnam nourrissent une relationcomplexe Les liens profonds entre les peuples français et vietnamien sesont passés dans une histoire commune, y compris dans les périodes desouffrance mutuelle Malgré une longue durée de domination française, les

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Vietnamiens n’ont jamais cessé d’affirmer leur propre culture Le combat

du peuple pour son indépendance contre les envahisseurs a pour but de sasouveraineté et de la préservation de son identité par le refus d’assimilationpar d’autres cultures Pourtant, à travers ses contacts avec la culturefrançaise, des valeurs issues de la culture française étaient profondémentintégrées à la culture vietnamienne Ça faisait s’enrichir la culturevietnamienne

La coopération culturelle franco-vietnamienne avait donc une longuehistoire avec beaucoup de vicissitudes Alors, comment est-elle à l’heureactuelle ? Le dialogue des cultures française et vietnamienne est-elle assezforte et nécessaire pour justifier l’influence de la culture française auVietnam ? Quel pourrait être l’avenir de cette coopération ? Cette étudecherche à apporter des éléments de réponse à toutes ces questions

Ce mémoire se compose de trois parties :

A cơté du but d’exploitation, la colonisation française avait une grandecontribution à donner une identité propre au peuple vietnamien face auxpuissances culturelles régionales D’ó la coopération entre les deux pays ắté établie et est de plus en plus renforcée

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La deuxième partie aborde concrète cette coopération, sur la situationinternationale, le contexte de chaque pays et la situation de la coopérationculturelle entre le Vietnam et la France.

La dernière partie étudie les activités concrètes issues de cettecoopération : la coopération intergouvernementale, régionale et entrestructures privées indépendantes

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CHAPITRE 1: FONDEMENTS DE LA COOPÉRATION CULTURELLE ENTRE LA FRANCE ET LE VIETNAM. 

I Théorie globale sur la culture

1, Définition de la culture et de l’échange culturel

La définition que donne l’UNESCO de la culture : « La culture, dans

son sens le plus large, est considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances » 1

Concrètement, d’une part, au plan individuel, la culture est l’ensembledes connaissances acquises, l’instruction, le savoir d’un être humain.D’autre part, au plan collectif, la culture représente également l’ensembledes structures sociales, religieuses, …, et les comportements collectifs telsque les manifestations intellectuelles, artistiques, … qui caractérisent unesociété La culture comprend ainsi trois groupes de manifestations : l’art, lelangage et la technique

D’après Tran Ngoc Them, linguistique, spécialisé dans l’étude des

cultures, « la culture est un système organique des valeurs matérielles et

spirituelles que l’homme a créées et thésaurisées à travers un processus d’activités pratiques, dans l’interaction entre l’homme et ses propres milieux, naturel et social » 2 Ce concept tourne toujours autour de quatre

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- ces valeurs doivent avoir été créées par l’homme, ce qui les diffèredes choses naturelles

- leurs créations doivent être le résultat d’un processus historiquecontinu

- il faut qu’elles fassent partie d’un système anthropologique etsocial rigoureux

L’échange culturel se produit lorsque les pays qui ont la

ressemblance sur les conditions géographiques (la distance, la position, …),les conditions naturelles et sociales se rencontrent et s’échangent les

valeurs culturelles Ou bien, il est « la communication d’ordre artistique,

littéraire, scientifique qu’établissent entre eux deux ou plusieurs pays par l’intermédiaire d’institutions et de moyens appropriés pour développer le patrimoine culturel de chacun d’eux » 3

2, Types et rôles de l’échange cultuel :

L’échange culturel se compose de plusieurs types :

Le multiculturalisme veut simplement désigner la coexistence de

différentes cultures (ethniques, religieuses, …) au sein d’un mêmeensemble (pays)

L’interculturalisme est une philosophie d’échange entre les groupes

culturels d’une société

L’acculturation est l’ensemble des phénomènes qui résultent d’un

contact continu et direct entre des groupes d’individus de culturesdifférentes et qui entraînent des modifications dans les modèles culturelsinitiaux de l’un ou des deux groupes Il faut bien distinguer

« acculturation » et « assimilation », ce dernier désigne la perte d’une

culture d’origine à cause de l’appropriation d’une nouvelle culture

3 Site http://www.cnrtl.fr/definition/%C3%A9change

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Alors, l’échange culturel est très important pour tout le monde.

Premièrement, c’est la meilleure façon de voir une autre culture et de

voyager le monde grâce aux activités culturelles, aux programmestouristiques et aux articles sur la vie des gens d’autres pays Le monde estdevenu sans frontière, on peut facilement contacter avec n’importe qui dans

le confort de chez eux Deuxièmement, l’échange culturelle nous aide à

comprendre la mode de vie et pensée d’un pays différent, les gens de cepays, leur priorité et leur préférence Cette compréhension est d’autant plusimportante dans cette époque de la mondialisation Cela permet un échangeconcret entre les peuples Un échange qui ouvre les esprits, fait évoluer lespays et les cultures C’est toujours gratifiant dans le sens ó on s’ouvre aumonde, on ne se terre pas dans sa propre culture, on essaye de comprendreles autres pour pouvoir se comprendre soi-même et pouvoir trouver des

passions Troisièmement, l’échange culturel est l’un des premiers objectifs

dans la stratégie de la politique étrangère de chaque pays dans le processusd’assurer le développement, la sécurité et l’influence

II Fondements historiques

Avec plus de 10 siècles de lutter contre les Chinois et près d’un sièclecontre les Français, l’histoire, et même la culture du Vietnam avaient uneoriginalité significative qui était le caractère « dualiste » vis-à-vis despeuples dominateur C’est à dire, en sauvegardant l’identité culturelle de lanation, le Vietnam était encore intégré par les élites culturelles de l’étranger(de la Chine et de la France) En particulier, la rencontre du Vietnam avec

la France est celle de la culture du végétal avec la culture du métal, del’économie agricole féodale avec l’économie industrielle capitaliste lorsque

la France, à cet époque, a été un des pays les plus riches dans le monde et apossédé une des cultures les plus modernes Après près d’un siècle de

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domination, la culture française a bien évidemment marqué beaucoupd’influences profondes dans la vie spirituelle du peuple vietnamien etcertains de ses traits font partie intégrante de la culture vietnamienne Cetteculture a laissé des vestiges palpables qui font partie du paysage culturel et

de l’identité du pays

1, Etablissement du régime colonial de la France

1.1 Perte de l’indépendance du Vietnam

Après dix siècles de domination chinoise, les Vietnamiens setrouvaient encore dans la pauvreté, le malheur et le retard Le 31 aỏt 1858,une escadre française a attaqué Da Nang inaugurant une guerre de conquêtecolonial menée par l'impérialisme français

Les Français ont choisi le bon moment pour se déclencher l'invasionlorsque le féodalisme du Vietnam était dans une grave récession depuis lafin du 18è siècle Pourtant, les premières graines du capitalisme ont étéapparues au Vietnam contre les relations économiques arriérées dominantdepuis longtemps du féodalisme vietnamien C'était aussi la période ó lemouvement insurrectionnel, des révoltes paysannes se sont passées engrande envergure Le système politique de la dynastie des Nguyen étaitfortement bureaucratique, arbitraire et retardataire dans toute sa rigueur.Tous les pouvoirs se sont concentrés dans les mains du "roi" A cause de lapolitique réactionnaire du roi et des hauts dignitaires de la Cour servantleur intérêt et leur besoin, la situation économique et financière était de plus

en plus faible dans toutes les aspects : l'agriculture, l'industrie et lecommerce De plus, les conditions de la vie des habitants dans les villagesétaient de jour à jour démunies Le Vietnam était donc devenu la bonneproie des pays capitalistes, surtout la France Le capitalisme français avaitlongtemps un réseau des espions au Vietnam sous le nom des marchands etdes missionnaires

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Cependant, face à l'agression, dans le Cour des Nguyen, il y a eudeux partis opposés, celui du compromis et celui de la résistance Le roi etles hauts dignitaires de la Cour étaient effrayés par les armes modernes desFrançais; ils se méprenaient également sur les intentions de l'agresseur,croyant que les Français se sont occupés plus d’accorder des avantagescommerciaux que de conquérir le pays Par ailleurs la monarchie desNguyen, concentré toujours à réprimer des révoltes intérieures, ne pouvait

ni ne voulait mobiliser toutes les énergies de la nation pour s'opposer àl'agression Toutes ces raisons incitaient le roi et les hauts dignitaires de la

Cour à pratiquer une politique de "hồ nghị"4 (paix et négociation),cherchant à détourner les foudres de l'agression par des concessions de plus

en plus importantes Au contraire, une partie du mandarinat, la grandemajorité des lettrés et le peuple dans l’ensemble, héritant d'une longuetradition de lutte pour l'indépendance nationale, ont opposé par contre unerésistance farouche à l'agression Ils ont affirmé que si la résistanceopposée par les troupes royales sera faible, celle des forces populaires serapuissante et prolongée, obligeant l'impérialisme français à mener uneguerre longue et cỏteuse Mais la défection de la monarchie, la seule forcequi à l'époque, pouvait assumer un rơle de direction à l'échelle nationale,sapait les efforts des patriotes vietnamiens

Alors, les Français ont pris pied sur le territoire du Vietnam et ontcommencé à mettre en œuvre leur tactique colonial en établissant leurrégime colonial dans tout le pays vietnamien L'histoire vietnamienne amarqué une page tournante D'une part, la dynastie a été renversée etremplacée par un nouveau régime – le capitalisme D'autre part, le Vietnam

a été perdue dans les mains des Français et devenu une colonie

4 NGUYEN Khac Vien, Vietnam – une longue histoire, Ed The gioi, Hanoi, 2004

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1.2 Politique coloniale générale de la France au Vietnam

Du début de la pénétration française en Indochine, surtout le Vietnamjusqu’à la fin de la présence française, la politique coloniale générale de laFrance a été divisée en quatre périodes :

- de la conquête française à l’établissement de l’Indochine française

- de la « pacification » française à l’apogée de la présence française

en Asie

- l’empire ébranlé (1ère guerre mondiale, crise économique mondiale,

et montée des mouvements patriotiques vietnamiens)

- de l’anéantissement du pouvoir français par la présence japonaise

et la guerre de résistance vietnamienne à la fin de la colonisationfrançaise

Les Français ont divisé le Vietnam en trois « pays » - Tonkin, Annam

et Cochinchine avec le Laos et le Cambodge, tous étaient les états de lapéninsule indochinoise sous leur régime colonial Chaque « pays » étaitadministré par un Résident supérieur et les provinces par un Résident Tousétaient français Les administrations importantes : sécurité, finances,travaux publics, poste, agriculture, santé, commerce, … étaient entre lesmains des Français Le Gouverneur général dirigeait l’Indochine, assisté duConseil Supérieur de l’Indochine qui réunissait autour de lui les Résidentssupérieurs et les Directeurs français des services les plus importants Al’échelon inférieur, la France a apporté son mode d’organisationdémocratique aux villages Le principe de la séparation des pouvoirs quis’est introduit d’abord en Cochinchine, est progressivement étendu Laresponsabilité collective des villages est supprimée Les populationsindigènes ont le moyen de faire entendre leur voix, des Assembléesconsultatives existent dans tous les pays de protectorat Des codesnouveaux sont rédigés par les juristes français, qui ont fait des efforts pour

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fondre ensemble les principes du droit français et ceux du droit indigène.

Un des progrès du droit français appliqué au Vietnam était la suppressiondes peines cruelles de l’ancien Code (supplices, décapitation au sabre,strangulation, mort lente par coups de rotin…)

En matière de la culture, la politique française s'est adaptée auxréalités culturelles du Vietnam, ce qui diffère de ce qui s'est passé dansd'autres colonies françaises en Afrique tout particulièrement La Franceimpose aussi sa langue comme langue officielle et administrative à cespeuples qui ne partagent ni les mêmes langues ni les mêmes religions.Mais la langue et la culture françaises se heurtent à deux civilisations trèsanciennes, l'une chinoise et l'autre indienne, qui ont profondémentinfluencé et influencent toujours la pensée et les structures socio-politiques

de ces sociétés indochinoises Concernant l’économie, la colonie allaitdevenir un débouché pour les produits industriels français L’établissement

du système économique colonial s’était introduit par le pillage des terrespour établir des implantations ; l’exploitation des ressources naturelles ; laconstruction des usines, des infrastructures servant de la politiquecoloniale Cette politique a profondément changé la structure économique

du Vietnam avec la parution de nouveaux secteurs, l’implantation desrelations de la production capitaliste et la promotion du développement del’économie marchande Une jeune industrie se forme peu à peu auVietnam avec des compagnies d’investissement capitalistes. L’apparition

de la banque indochinoise a également impulsé un développementrelativement rapide des voies de communication

L’établissement du régime colonial modifia, certes, profondément peu

à peu les structures de la société traditionnelle De nouvelles catégories

sociales sont apparues : ouvrière, bourgeoise, intellectuelle ; de nouvelles

idées se sont frayées un chemin dans les esprits En particulier, la classe

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d’ouvrière était le pilotage de la révolution vietnamienne étant à l’originedes paysans, étant bien acquis la pensée marxiste – léniniste et devenant lepionnier de la révolution du Vietnam

La politique coloniale générale de la France reconnaissait beaucoup dechangements au Vietnam, surtout la culture Alors, comment et quels sontces changements ?

2, Domination de la culture française

2.1 « Quoc ngu » - produit des contacts culturels franco-vietnamiens

Avant la domination française, les Vietnamiens avaient aussi uneécriture propre qui a laissé ses empreintes sur plusieurs objets et sitesnaturels Cependant, plus tard, l’usage de cette écriture a été interdite par

les Chinois qui l’ont ensuite remplacée par le han, leur écriture nationale.

Lorsque au Xè siècle, le Vietnam a devenu indépendant et s’est libéré dujoug chinois, l’usage du han n’était pas disparu, bien au contraire puisque

le vietnamien parlé était à l’époque dépourvu d’écriture Dans ce contexte,

les lettrés vietnamiens ont créé le nôm pour transcrire leur parler, exprimer

leurs idées et sentiments Il s’agit de la transcription des sons vietnamiens

en caractères sur le modèle han Le nôm servait au début principalement à

transcrire les sons des mots vietnamiens qui n’existaient pas dans le

vocabulaire chinois Mais le nôm exigeait naturellement la connaissance

des caractères chinois, et présentait toujours de multiples difficultés Peu àpeu, il est devenu langue d’expression poétique jusqu’au XIXè siècle

A côté de l’usage administratif du han et des créations littéraires

en nôm, apparut avec l’arrivée des missionnaires occidentaux, le quôc ngu

était un modèle de transcription des mots vietnamiens en caractères latins

Ce système a été mis au point par les missionnaires français, espagnols etportugais pour les besoins de l’évangélisation Par la suite, il a été utilisé

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par l’administration coloniale française et les intellectuels vietnamiens.

Face à l’expansion du quôc ngu, l’usage du nôm s’est de plus en plus réduit en même temps que celui du han Le quôc ngu s’est avéré un outil

de communication et de diffusion plus abordable aux masses populaires dufait de la souplesse de son écriture alphabétique

En réalité, dès le début du XVIIè siècle, les missionnaires catholiquesavec la collaboration d’amis et lettrés autochtones, ont apporté unecontribution importante à la connaissance de la langue vietnamienne encomposant et en éditant les premiers dictionnaires du vietnamien vers leslangues européennes (notamment vers le latin, le français et le portugais).Alexandre de Rhodes était l’un des premiers missionnaires qui ontcontribué à cet échange culturel et l’un des premiers Européens à bienconnaître la langue vietnamienne Il jouait un rôle important dans la mise

au point de la romanisation du vietnamien, connue sous le non de quôc

ngu Parmi ses œuvres en langue vietnamienne, il faut citer un catéchisme,

et surtout son dictionnaire « Dictionarium Latinum » (annamite – portugais – latin) Avec le catéchisme, ce

Annamiticum-Lusitanum-dictionnaire est le premier ouvrage publié en quôc ngu Plus tard et surtout

pendant la première moitié du XXè siècle, plusieurs auteurs vietnamiensont commencé à publier d’autres dictionnaires importants contribuant ainsi

à rendre le vietnamien de plus en plus riche et perfectionné

Il faut souligner que face à un peuple possédant un niveau culturelélevé, les administrateurs français avaient opté pour une politique habilevis à vis du patrimoine culturel vietnamien L’écriture en idéogrammes n’apas été complètement abandonnée Le français a été utilisé dansl’enseignement et dans l’administration La langue vietnamienne et son

écriture latinisée, le quôc ngu, ont été développées dans le peuple. En fait,

les Français ont publié plusieurs documents concernant la promotion du

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quôc ngu Par exemple, le 8 mai 1861, l’Amiral Charner a signé le décret

de construire le Collège d’Adran pour former des interprètes et d’enseigner

le vietnamien pour les Français Ou bien, le Gouverneur général de

l’Indochine française Albert Sarraut a signé le « Règlement général de

l’instruction publique » et l’a publié au 10 avril 1918 Ce règlement a

effacé tous les examens du régime colonial de la Chine L’instructionpublique a réglé l’enseignement du français (10 heures par semaine) et

celui du han (1,5 heures par semaine) Les Français ont choisi le quôc ngu pour enseigner parce que le quôc ngu était proche avec le français, il était facile à apprendre et à se souvenir C’est pourquoi le quôc ngu a été

devenu le moyen d’enseignement général En dehors, les Français ont

également édité le journal de Gia Dinh en 1865 pour réaliser la politique

de remplacer le nôm par le quôc ngu En même temps, le développement

de la littérature, de l’art et du journalisme en quôc ngu a dépassé toutes les prévisions des Français En définitive, le quôc ngu était devenu le symbole

de la modernité du Vietnam sur le fond national sous le régime colonial de

la France

2.2 Influence sur la culture et le développement culturel

A côté du « quôc ngu » - le produit le plus important des contacts

culturels entre le Vietnam et la France, le régime colonial français aprofondément influencé sur les autres domaines de la sociétévietnamienne

Tout d’abord, sur l’éducation, les Français ont mis en place dans

chaque « pays » un Service de l’Enseignement local dirigé par le Chef deservice Ces services ont été relevés de la Résidence Toutes les décisionssur la nomination, la mutation, la promotion ou la discipline desprofesseurs ont été données par le Résident Globalement, en remplaçant le

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système d’éducation confucéenne par le nouveau système, les Françaisavaient trois objectifs principaux : former une classe de valets (lesemployés dans les domaines d’administration, d’éducation, de santé et deconstruction) obéissant à réaliser la politique coloniale des Français ;ensuite, diffuser les idées françaises, l’appréciation de leur exploitation et

la fidélité avec eux et enfin, avoir pour but de la démagogique, pour queles Vietnamiens croient que le système éducatif français au Vietnam étaitcivilisée et progressiste Pourtant, les Français ont encore construit unsystème d’éducation moderne au Vietnam et ont eu une grandecontribution sur le développement d’éducation vietnamienne

Parallèlement à la diffusion du quôc ngu, l’utilisation du français a été

appliquée dans les protectorats (Annam, Tonkin) et dans la colonie(Cochinchine)5 A partir de 1906, les autorités coloniales sont devenuesresponsables de l’enseignement public du protectorat et ont réorganisé laformation supérieure L’enseignement comprenait deux systèmes : le systèmepublic franco- indigène et le système public français ; deux niveaux :l’enseignement primaire et secondaire et l’enseignement supérieur6

Le système franco-indigène, un système bilingue et élitiste, composé

d’un premier et d’un second cycle, avait pour but d’initier les jeunes à unminimum de connaissances jugées nécessaires et de dégager une éliteindispensable au fonctionnement du régime Un certificat d’étudesélémentaires scolaires a marqué le premier cycle de cet enseignement Lalangue maternelle constituait le véhicule exclusif d'enseignement au niveauélémentaire avec néanmoins un enseignement facultatif du français Lepassage au français s'est principalement effectué à partir de la première

5 Valérie DANIEL, “La Francophonie au Vietnam”, Ed L’Harmattan, 5-7 rue de l’Ecole – Polytechnique,

75005 Paris, 1992.

6 TRINH Van Thao, L’écolde française en Indochine, Ed Karthala, 1995.

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année du niveau suivant qui comprenait trois cours Cet enseignementconstituait le premier stade de sélection des futurs étudiants et étaitsanctionné par le certificat d’études primaires complémentaires

L’enseignement du deuxième cycle comprenait deux niveaux Lepremier durait 4 ans et l’enseignement y était dispensé en français La fin

de l’enseignement était sanctionnée par le diplôme d’études primairessupérieures indochinoises Le deuxième dont le diplôme obtenu équivalait

au baccalauréat durait 3 ans Les enseignements étaient dispensés auxlycées de Hanoi, Hue, Saigon D'une manière générale, la capacitélinguistique en français restait un critère de sélection très sévère dans lescycles primaire et primaire supérieur

Le système public français, quant à lui, reproduisait le schéma de

l’éducation nationale en vigueur en France7 Des cours de formationaccélérée se sont ouverts dans les ateliers et les bureaux La scolarisationprogressait au Vietnam entraînant l’augmentation du nombre d’élèves del’enseignement public, même dans le secondaire L'enseignement primaireétait devenu obligatoire et les enseignements secondaires et supérieurs ontété bénéficiés d'un certain développement En outre, une nouvelle élitevietnamienne formée dans les écoles franco-indigènes a disparu Ce sontdes intellectuels de type nouveau qui ont officiellement contribué àmoderniser leur nation tout au long du XXè siècle Ils étaient nombreuxdans tous les domaines de la vie : littérature, presse, musique, peinture,science, médecine, histoire, enseignement… Plusieurs vivent encoreaujourd’hui et continuent à apporter une grande contribution intellectuelle

au Vietnam A travers l’école, la culture française et son universalisme ontimprégné les jeunes Vietnamiens de l’époque L’esprit de la révolution

7 PHAN Thi Hoai Trang, Thèse « La Francophonie au Vietnam, du fait colonial à la mondialisation : un

enjeu identitaire », Université Jean Moulin Lyon 3, le 20 juillet 2005.

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vietnamienne prend son origine dans celui de la Révolution française.Presque tous les révolutionnaires vietnamiens, qui se sont opposés aurégime français, ont été formés dans les écoles mêmes de la colonisation.Ils sont devenus plus tard des dirigeants du nouveau gouvernement

Et puis, c’est la naissance de la presse et de l’édition moderne, la

liberté de presse permettait à de jeunes nationalistes vietnamiens des’exprimer Le nombre des revues, des articles, de nombreux livres et

guides pratiques s’est de plus en plus accru Les publications en «quoc

ngu» à caractère scientifique étaient abondantes (Khoa hoc pho thong –

Sciences universelles de 1934 à 1942, Khoa hoc tap chi – La revue des

sciences de 1931 à 1940) La naissance de la presse et de l’édition moderne

a donné des effets positifs dans la vie sociale du Vietnam Notamment, lapresse était un moyen que les jeunes pouvaient se contacter avec lesnouvelles pensées, plus civilisées, plus démocratiques D’ó, elle a créé dechangements positifs dans la pensée des jeunes, aussi les vietnamiens

Ensuite, la littérature vietnamienne a été fortement influencée et

restait aujourd’hui des vestiges les plus évidents, notamment la naissance

d’une littérature en langue vietnamienne (le « quơc ngu ») et de la

littérature vietnamienne d’expression française Un nouveau genre

littéraire écrit apparut dans cette langue : le roman après que le « quơc

ngu » était diffusé par l’administration coloniale et du fait des efforts

d’intellectuels vietnamiens Des genres inconnus jusqu’alors du publicvietnamien ont paru : presse, poésie nouvelle, théâtre rénové, critiquelittéraire, histoire, écrits philosophiques, scientifiques, artistiques,

satiriques, sociaux, Surtout, c’était l’apparition du mouvement « Tho

moi » - une période nouvelle dans la poésie vietnamienne Avec la poésie

nouvelle, les gens sentaient qu’ils avaient dans leur poitrine un “cœur

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nouveau” ; on rajeunissait Ce mouvement fut d’abord implanté à Hanoi Il

a contribué à renverser tout l’édifice poétique régie par les règles de l’arttraditionnel trop étroites et surannées C’était aussi la première fois que lesécrivains et poètes vietnamiens pouvaient s’affirmer comme des individuslibres, sans les entraves de la moralité féodale, ils avaient l’impression derenaître Ils pouvaient s’exprimer tous les sentiments personnelles (leurpatrie, leur volonté révolutionnaire, l’amour du pays natal, …) Des genreslittéraires nouveaux firent leur apparition et s’affirmèrent au fil du temps :autobiographies, récits, reportages

De plus, en ce qui concerne la recherche scientifique, les applications

techniques de la science étaient les premiers contacts de la sociétévietnamienne avec la science française La première génération descientifiques vietnamiens modernes, issue en général de familles de lettrésconfucéens, a reçu une formation universitaire française dans l’ancienneIndochine française ou en France La plupart des études et recherchesétaient consacrées à l’archéologie, l’ethnologie, la philosophie, c’est àdire aux sciences humaines Dans d’autres domaines de recherches, surtout

en médecine, de nombreuses études étaient faites par les spécialistesfrançais (recherches en laboratoire et fabrication de vaccins et de sérums,par exemple le vaccin contre la peste d’Alexandre Yersin).L'administration coloniale a aussi impulsé la création de plusieurs musées(à Hué, à Hanoi et au Saigon pour sauvegarder des biens culturels) et laconstruction de certains centres de recherches (l’Institut Pasteur de Saigon

en 1890 et de Nha Trang en 1895, le Service géologique en 1918, l’Institutagronomie coloniale en 1918 et l’Institut océanographique en 1922 oul’Ecole française d’Extrême – Orient en 1900 servant les activitésculturelles et historiques) au Vietnam

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Enfin, la tradition vietnamienne avait des grands changements sur des

mœurs et des idées La célèbre tunique « Ao dai », un des premiers

changements de la révolution dans l’habillement, combinaison entrel’Occident et la tradition vietnamienne, est devenue le symbole de la femmevietnamienne Les Vietnamiens remplaçaient leurs costumes traditionnelspar les vêtements à la française et ceci était plus accentué en ville qu'à lacampagne Avec le développement urbain accéléré par le développementéconomique, le visage des grandes villes du Vietnam s’est profondémenttransformé avec l’apparition de nouveaux bâtiments coloniaux, des villas etdes grandes avenues Et sur la peinture, la cuisine vietnamienne, il y avaitaussi des changements influençant jusqu’à maintenant

Pour conclure, la société traditionnelle vietnamienne a étéprofondément bouleversée A cơté des pensées traditionnelles, avec lanouvelle pensée de la France, c’est la première fois dans l’histoirevietnamienne que l’individu a été considéré non comme un sujet du Roimais comme un citoyen d’un pays Le «moi» est entré dans la littératureavec pleine de questions sur son existence D’ó, c’est une bonneopportunité de recevoir les élites de la pensée marxiste – léniniste desjeunes qui avaient une patrie profonde A propos des changementsmatériels, le visage du pays et les infrastructures sociales sont de plus enplus développés et modernisés Beaucoup d’universités, de monumentsarchitectures sont apparus La colonisation française peut aussi êtreconsidérée comme un agent actif et un catalyseur qui permettent parfoisaux colonisés de se découvrir et d'innover Elle est une étape importante de

ce cheminement identitaire du Vietnam contemporain8 Alors, lacoopération culturelle entre le Vietnam et la France a été créée sur desfondements solides et elle a des bases significatives pour se développer et

se renforcer dans l’avenir

8 HUU Ngoc, Les dialogues interculturels du Vietnam, contribution à la IIIè Conférence ministérielle sur

la culture de la Francophonie, les 14 et 15 juin 2001,

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CHAPITRE 2: COOPÉRATION CULTURELLE ENTRE

LA FRANCE ET LE VIETNAM

I, Situation internationale

Les premières années du nouveau millénaire sont témoins d’évolutionsrapides et complexes, de la situation internationale Ce contexte est marquépar les faits suivants :

Le terrorisme est devenu une vraie menace pour la paix, la stabilité et

le développement de tous les pays Après l’événement du 11 septembre

2001 aux Etats-Unis, le terrorisme s’est étendu à plusieurs endroits dans lemonde, laissant de lourdes conséquences Le terrorisme constitueracertainement une grande menace pour la sécurité et la stabilité de toutes lesrégions dans le monde

Dans le nouveau millénaire, les relations entre les grandes puissancesévoluent Après la fin de la guerre froide et l’effondrement de l’URSS, lesEtats-Unis sont devenus la seule puissance, une supériorité sur les planséconomique, militaire et scientifico-technologique Et maintenant, c’estl’émergence très rapide de la Chine pour élargir son influence à l’échellemondiale

Les relations entre les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, la Russie enparticulier et les autres pays riches, connaissent des évolutions complexes

et des tensions à cause des guerres en Irak et en Afghanistan, tous les paysconcernés cherchent à « se réconcilier » Le mouvement anti-guerre connaît

un nouveau développement, notamment contre celle en Irak

La mondialisation doit faire face à des nombreuses difficultés : leprotectionnisme est en hausse ; le round de pourparlers à Cancun(Mexique) a échoué, de nombreux pays cherchent à négocier et signer desaccords de libre échange bilatéraux

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En particulier, en raison de l’importance de la coopération culturelle(la diplomatie culturelle), elle est devenu l’un des premiers aspectsimportants dans la stratégie de chaque pays et la politique étrangère pourassurer leur développement, leur sécurité et leur influence.

II Politique de la France

La politique étrangère de la France est basée sur les principesfondamentaux suivants : le respect des droits de l’Homme et des principesdémocratiques, le respect de la coopération avec les autres nations,l’élargissement de son influence à l’échelle mondiale et l’assurance de sondéveloppement durable Dans le cadre de ces principes, la France assuretoujours la cohérence entre la sauvegarde de son indépendance et ledéveloppement des solidarités régionales et internationales En fait, dans lemoment ó l’influence de la France à l’échelle internationale a tendance àaffaiblir et la France doit lutter contre la forte concurrence des autres pays,

la France fonde sa politique de coopération internationale sur deux volets :l’influence et la solidarité, autour de quatre axes principaux (aider audéveloppement par la coopération, encourager les échanges culturels etl’usage du français, promouvoir la coopération scientifique et universitaire

et assurer la présence du français de par le monde

En outre, depuis longtemps, la France possède dans le monde d’uneforte image culturelle qui reste un grand avantage comparatif, au mêmetitre que son industrie, son commerce, son éducation, ses universités ou sarecherche Ce caractéristique de ce pays explique sans aucun doute d’unepart pourquoi la France est la première destination des étrangers voulantdécouvrir sa culture et des étudiants étrangers voulant y faire leurs études

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D’autre part, beaucoup de pays veulent également accueillir les élitesculturelles de la France en s’enrichissant de leur culture.

C’est pourquoi, la diplomatie de la France se base sur son action

culturelle pour se déployer, « non seulement pour contribuer au

rayonnement de la France mais aussi pour féconder le dialogue et l’échange avec les très nombreuses cultures étrangères » 9 Toutes lesactivités culturelles de la France à l’étranger sont réalisées et dirigées parles ambassades, les instituts français, les centres culturels et les Alliancesfrançaises avec leurs partenaires étrangers dans les programmes concrètess’orientant vers la préservation du patrimoine culturel et la diffusion de lapensée français

Aujourd’hui, cette action culturelle est indissociable de la prise encompte des enjeux globaux qui déterminent l’avenir de l’humanité Deplus, en conséquence, elle doit pouvoir contribuer à une gouvernance de lamondialisation A cet effet, elle a vocation à pouvoir associer trèslargement avec les autres pays (surtout avec les pays qui ont de profondesrelations avec la France, par exemple le Vietnam), au-delà des partenaires

de la coopération française, les sociétés civiles La représentation culturellefrançaise à l'étranger est l'une des plus développée et étendue du monde.Cela s'explique par son histoire qui est maintenant assez ancienne et à ladiversité des fonctions qui ont été octroyées à son réseau au travers letemps

La France qui a des liens anciens avec le Vietnam et qui a été l’un despremiers pays occidentaux à soutenir le Vietnam dans sa politique derénovation, entretient une relation étroite avec ce pays Mais, depuis ladécolonisation, la langue française a progressivement décliné au Vietnam.Cette situation s’est expliquée par la grande conscience des pays valorisant

9 Site http://ambafrance.org/

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les langues nationales et par la concurrence d’autres langues étrangères AuVietnam, le français était en chute libre En fait, au Nord du pays, on l’aéliminé des écoles primaires et secondaires, sauf au titre de langueétrangère L’aide soviétique et chinoise au gouvernement du pays afavorisé l’enseignement du russe et du chinois Au Sud, le français aégalement connu un ébranlement dû à la volonté politique nationale devietnamisation prises par les autorités locales et à l’arrivée massive desAméricains dans tous les domaines De 1965 à 1972, l’armée et lesentreprises américaines étaient au Vietnam les plus gros fournisseursd’emplois ; ce qui présentait un moteur pour l’apprentissage de l’anglais.Dans l’enseignement général, l’anglais est devenu langue vivanteobligatoire dans le 1er cycle de l’enseignement secondaire et avec lefrançais et le chinois comme deuxième langue étrangère obligatoire dans le

2e cycle

La réunification du pays, trop vite suivie de son isolement à cause de

la question cambodgienne, n'a pas permis une reprise de l'enseignement dufrançais avant la fin des années 1980 Il continuait à régresser et a étééclipsé par le russe et l’anglais Puis, après le Renouveau, avec la demandeurgente de la capacité d’usage des langues étrangères et le recul du russe, lefrançais a repris sa place En 1993, le Vietnam comptait 510.000 locuteursfrançais10 dont la plupart étaient les personnes âgées apprenant le françaisavant l’indépendance du pays Pourtant, au milieu de la décennie 90, desinstituts universitaires francophones et des classes bilingues sedéveloppaient grâce à l’installation de l’AUPELF - UREF (aujourd’huil’Agence universitaire de la Francophonie AUF) A l’heure actuelle, lalangue française est face à l’envol de la langue anglaise sur tous les

10 Haut Conseil de la Francophonie, Etat de la Francophonie dans le monde Données 1993, La

documentation française, Paris 1993.

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continents et dans toutes les réunions internationales Parallèlement, lesautres pays riches s’élargissent de plus en plus leur influence à la culturedes petits pays (les Etats – Unies, la Chine, la Corée du Sud) en exportantmassivement des produits culturels (les films, la mode, …) qui pénètrentprofondément à la vie spirituelle des habitants de ces petits pays, surtout lavie des jeunes.

De cette réalité, la France s’oriente vers le renforcement de lacoopération dans tous les domaines, surtout la culture, avec le Vietnampour atteindre les objectifs fixés de sa politique étrangère En coopérantavec le Vietnam sur la culture, la France définit les priorités concernantl’action culturelle extérieure et l’aide au développement Précisément, cespriorités sont soutenir la langue française en même temps que la diversitéculturelle, promouvoir la recherche et les enseignements supérieursfrançais, élargir la présence de la France dans l’audiovisuel et les nouvellestechnologies

III Politique du Vietnam

Le Vietnam occupe une place privilégiée du fait de sa positiongéopolitique au sein de l’Asie du Sud Est Avec environ 88 millionsd’habitants11, de tradition encore fortement agricole, le Vietnam s’estprogressivement ouvert à la mondialisation Du passé jusqu’aujourd’hui, leVietnam est souvent connu par le monde comme une nation disposant de

riches traditions culturelles Depuis le lancement du Doi Moi qui signifie

littéralement « nouvelle ère », le Vietnam a connu des performancesremarquables en matière de croissance et de développement Il inaugureune politique de changement et de renouveau, en s’ouvrant vers « une

11 Site http://vnexpress.net/gl/doi-song/2011/10/dan-so-viet-nam-qua-dong-tao-nhieu-suc-ep-xa-hoi/

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pleine mutation économique » La croissance économique s’estaccompagnée d’une amélioration des conditions de vie et des indicateurssociaux, aussi de la réduction de la pauvreté.

Face aux défis majeurs, en particulier dans le domaine économique etsocial, le Vietnam doit réaliser les réformes (économique, culturelle) etaméliorer l’environnement des investissements afin de créer un contexteattrayant L’ouverture économique du pays permet aux acteurs culturelsfrançais et européens d’envisager des collaborations au Vietnam, parmilesquelles, c’est la coopération culturelle

En fait, la politique culturelle au Vietnam est influencée par l’idéologie

du Parti Communiste vietnamien Elle trouve ses origines dans un texteadopté par le Comité Central du Parti Communiste en 1943, pendant laguerre de résistance contre les Français et les Japonais Le Secrétairegénéral du Parti Communiste, Truong Chinh, affirme dans ce texte savolonté de promouvoir et de développer une culture spécifiquementvietnamienne au service de l’identité nationale

Les objectifs affichés dans ce document, visant à rallier les artistes etles intellectuels vietnamiens à la longue bataille contre les agresseursétrangers, sont les suivants :

• élever le niveau général des connaissances des classes travailleusesdans le champ des arts et de la culture,

• développer la vie culturelle dans les aires rurales et isolées,

• nourrir et développer les traditions culturelles des groupes ethniquescomposant la nation vietnamienne Cette volonté de promouvoir l’identiténationale vietnamienne à travers le développement économique et culturelreste aujourd’hui la pierre angulaire de la politique vietnamienne

Ayant joué un rôle idéologique crucial pendant la longue lutte pourl’indépendance, la politique culturelle est considérée après 1945 comme un

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moyen efficace de renforcer la révolution communiste et de faire avancer lacause socialiste Pendant longtemps, les seuls critères retenus pour estimerune œuvre d’art ont été leur caractère national, hérọque et révolutionnaire Toutes les formes d’expression et de création artistiques doivent seconformer à la ligne du Parti Communiste Le gouvernement a lancé dansles années 1950 et 1960 une action culturelle d’envergure visant àencourager la participation de la population à des activités culturelles En

matière des activités culturelles, ce mouvement s’articule autour de la

création d’un réseau étendu de maisons de la culture, de centresd’information et de culture et de clubs culturels En parallèle, legouvernement demande aux artistes vietnamiens de devenir membres desassociations nationales pour la littérature et les arts L’adhésion auxassociations professionnelles des arts et de la littérature est toujoursobligatoire pour ceux qui veulent travailler dans les structures qui sontgérées par l’État, faire reconnaỵtre officiellement leur art, publier leurstravaux littéraires ou réaliser des films En d’autres termes, cette conditionest fondamentale pour pouvoir bénéficier de toute forme d’aide de la part

de l’État Quant à l’éducation, le Gouvernement vietnamien a créé les

objectifs fixés pour tous les organes éducatives : encourager l’apprentissagecontinu, développer la créativité, accueillir la science et le technique plusmodernes, augmenter le nombre d’élèves de tous les niveauxd’enseignements, améliorer les infrastructures servant l’enseignement etmobiliser les capitaux de l’Etat et les entreprises investissant à l’éducation

Et à propos de la recherche scientifique, l’Assemblée Nationale du

Vietnam a adopté le 9 juin 2000 la première loi sur la Science et laTechnologie Cette loi a définit les dispositions générales de la recherche

en science et technologie au Vietnam, les missions des établissements derecherche et des universités ainsi que les mesures à mettre en œuvre pour le

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développement des financements et des coopérations internationales12 Endehors, un Fond National de la Recherche, qui investit à des projetssélectionnés, a été mise place par le gouvernement vietnamien.

Aujourd’hui, la politique culturelle vietnamienne est gérée par unréseau d’agences gouvernementales dont le rôle est de garantir l’adhésionaux idées du Parti Communiste Cette politique met en avant l’importanced’un retour aux valeurs traditionnelles et de l’adhésion stricte à la ligne duParti Communiste Cependant, en parallèle, le gouvernement encourage lesartistes et les organisations d’art à expérimenter de nouvelles formesd’expression artistique et de nouveaux styles de management culturel Lesartistes vietnamiens explorent rapidement les nouvelles opportunitéss’offrant alors à eux Depuis 1998, on constate ainsi une participationcroissante des artistes vietnamiens à des échanges culturels avec leurshomologues étrangers, favorisant l’émergence de formes d’artpluridisciplinaires et impulsant la mise en place de plusieurs espaces d’artsalternatifs à Hanoi et à Ho Chi Minh Ville

Le principe « le Vietnam est ami de tous les pays de démocratie » est

le fondement dans tous les domaines, même dans la politique culturellevietnamienne Le Vietnam renforce de plus en plus la coopérationculturelle avec les pays voisins et les grands pays Et la France, ayant desliens anciens avec le Vietnam, est un partenaire privilégié du Vietnam etson interlocuteur principal en Europe

IV Stratégie de la coopération culturelle entre la France et le Vietnam

Ces dernières années, les priorités de la coopération culturelle de laFrance sont fondées sur les échanges et les transferts de savoir-faire, lerenforcement des échanges des valeurs culturels Malgré le passé colonial,

12 Cahier “L’action de la France pour la recherche scientifique”, No 3, Edition 2004

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la France occupe une très bonne position dans le contexte des relationsinternationales du Vietnam La France figure parmi les rares donateurs quirespectent la position du Vietnam quant au rythme auquel les réformesdoivent se poursuivre

La France est le deuxième bailleur de fonds bilatéral derrière le Japon

Au niveau européen, la France est l’un des premiers partenaireséconomiques du Vietnam, le premier donateur bilatéral de l’Aide publique

au développement (APD) et le deuxième investisseur au Vietnam13, avec unstock de projets qui s’élevait à plus de 150 millions d’euros en 201014 Les priorités transversales de la France au Vietnam se comprennent

de :

- La formation des élites et la recherche scientifique.

En raison du développement rapide du Vietnam à l’heure actuelle, il aégalement besoin des ressources qualifiées et de haute qualité Lacoopération avec la France dans ce domaine a une grande contribution à laformation des élites vietnamiennes tandis que l’objectif de la France est depromouvoir les succès obtenus dans les universités vietnamiens avec leconcours des Grandes écoles et universités françaises et d’attirer lesétudiants vietnamiens faisant les études en France Au Vietnam,l’Ambassade française est l’agence la plus haute qui décide tous lesprogrammes de formation des élites et de recherche scientifique En

matière de formation des élites, ces coopérations se font sous deux formes :

la coopération (sous forme des accords) avec les établissementsuniversitaires vietnamiens vise à développer des formations au Vietnam etl’accélération de la mobilité des étudiants en France Au Vietnam, laFrance a tendance à créer des centres de formation (Centre franco-

13 Site http://www.ambassade-vietnam.com/

14 Site http://www.francemondexpress.fr/

Ngày đăng: 06/11/2015, 16:47

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