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Moyens dexpression de la causalité en français (sur le corpus du quotidien le monde = phương tiện biểu đạt mối quan hệ nhân quả trong tiếng pháp (trên ngữ liệu nhật báo le monde

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En outre, en faisant référence à ces nuances, notre recherche a pour l’objectif d'identifier les moyens d’expression de la causalité les plus utilisés dans les journaux français, en part

Trang 1

TƠ LAN PHƯƠNG

MOYENS D’EXPRESSION DE LA CAUSALITÉ EN FRANÇAIS

(SUR LE CORPUS DU QUOTIDIEN « LE MONDE »)

Phương tiện biểu đạt mối quan hệ nhân – quả trong tiếng Pháp

(Trên ngữ liệu nhật báo Le Monde)

Mémoire de Master en linguistique

Code : 60 22 20

Hanọ – 2012

Trang 2

TƠ LAN PHƯƠNG

MOYENS D’EXPRESSION DE LA CAUSALITÉ EN FRANÇAIS

(SUR LE CORPUS DU QUOTIDIEN « LE MONDE »)

Phương tiện biểu đạt mối quan hệ nhân – quả trong tiếng Pháp

(Trên ngữ liệu nhật báo Le Monde)

Mémoire de master en linguistique Code : 60 22 20

Directeur de recherche: ĐINH HỜNG VÂN

Hanọ – 2012

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TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION 1

CHAPITRE I: CADRE THEORIQUE 5

1 Causalité 5

1.1 Définition de la causalité 5

1.2 Rôles de la causalité 16

1.3 Catégorisations de la causalité 19

1.4 Etat de recherche de la causalité dans le domaine linguistique 22

2 Catégorisations des marqueurs de la causalité 24

2.1 Selon le critère sémantique 25

2.1.1 Approche qualitative 25

2.1.2 Approche fonctionnelle 30

2.1.3 Approche analytique 31

2.1.4 Approche synthétique 33

2.2 Selon le critère grammatical 34

2.2.1 Moyens d’expression de la cause 34

2.2.2 Moyens d’expression de la conséquence 39

CHAPITRE 2: ETUDES SUR LES MOYENS D’EXPRESSION DE LA CAUSALITE DANS LE QUOTIDIEN « LE MONDE » 44

1 Choix du corpus 44

2 Collecte des données 44

3 Analyse des données 45

3.1 Selon le critère grammatical 45

Trang 4

3.1.1 Conjonctions 45

3.1.2 Adverbes et locutions adverbiales 49

3.1.3 Participes passés 50

3.1.4 Gérondif et participe présent 54

3.1.5 Verbes 55

3.1.6 Noms 65

3.1.7 Prépositions et locutions prépositives 64

3.1.8 Position des moyens d’expression de la causalité 67

3.2 Selon le critère sémantique 69

3.2.1 Approche qualitative 70

3.2.2 Approche fonctionnelle 74

3.2.3 Approche analytique 74

3.2.4 Approche synthétique 75

CONCLUSION 78

BIBLIOGRAPHIE 81

Trang 5

INTRODUCTION

1 Justification du choix du sujet de recherche

Imaginons l’énoncé “La situation internationale est préoccupante”, produit à la tribune

de l’ONU Si l’opérateur continue en disant: “le chat de ma tante est sur le tapis”, on peut

supposer que cela, comme on dit, jette un froid Au contraire, dans le contexte suivant, notre

énoncé paraît être tout à fait à sa place: “Mon cher Jacques, je te préviens, je suis allergique

aux chats J’espère que tu n’en as pas chez toi” Réponse de Jacques: “Je suis désolé; le chat

de ma tante est sur le tapis” Cet exemple, cité dans l’Enonciation par Jean Cervoni (Cervoni,

1987) fait preuve de l’importance de la cohésion dans le discours, celle qui exige l’adéquation des phrases utilisées l’une à l’autre

De nombreuses relations logiques assument cette cohésion du discours Une des relations les plus exprimées est la causalité Chaque langue, avec son propre système syntaxique et sémantique, a des moyens différents pour exprimer cette relation Beaucoup de recherches en linguistique ont pris la causalité comme l’objet de travail Elles sont principalement consacrées à des questions syntaxiques (constructions causatives, ou factitives), à l’étude du lexique causal et aux relations causales entre les énoncés dans le discours Quant aux manuels de grammaire, les moyens d’expression de la causalité sont plutôt simplement cités alors que leur nuance passe souvent sous silence Pourtant, dans le

mémoire de fin d’études universitaires sur les trois connecteurs de cause “Car, Parce que,

Puisque”, nous avons pu constater qu'une bonne reprise de conscience de la nuance des

moyens d’expression causale est indispensable pour les utilisateurs de la langue C’est cette nuance qui décide le choix de moyens d'expression

En tant qu’enseignant de français, nous constatons que de nombreuses manières d’exprimer la causalité, fréquemment utilisées par les natifs, restent difficiles pour les apprenants Le fait que ces derniers ont tendance à les éviter révèle une maîtrise insuffisante

de ces outils par les étrangers Par ailleurs, malgré la diversité des moyens d’expression de la cause et de la conséquence, les apprenants ont du mal à s’en servir dans leur communication Ils utilisent souvent un même procédé pour toutes les situations de communication, celui qu’ils

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ont appris en premier lieu Leurs paroles sont donc moins convaincantes et attirantes Ceci pourrait s'expliquer par un éventuel écart entre les outils qui sont enseignés aux étrangers et ceux qui sont effectivement utilisés par les natifs

Pour apprendre une langue étrangère, l’acquisition des éléments linguistiques n’est pas suffisante Il est nécessaire qu’on apprenne le style d’expression des natifs pour réduire au minimum les contaminations de la langue maternelle sur la langue étrangère apprise Autrement dit, il faut apprendre à s'exprimer à la française et éviter d’appliquer l’habitude d’expression en vietnamien dans une situation de communication en français

Motivée par les raisons susmentionnées, nous réalisons ce travail de recherche afin d'établir un tableau de synthèse des moyens d’expression causales en précisant leur nuance et

en identifiant les procédés les plus utilisés par les Français Ce travail se veut faciliter la tâche des enseignants dans le choix des moyens d’expression de la causalité, ce qui pourrait contribuer à améliorer leur travail quotidien auprès des étudiants

En outre, nombre de journaux français, dont le quotidien Le Monde, constituent une

ressource fiable pour l’enseignement et l’apprentissage du français : de nos jours, les extraits

de presse sont très souvent utilisés dans les cours de langues En effet, les auteurs de manuels

de français y trouvent une source de langue authentique avec une forte variété de types de texte véhiculant une grande quantité d'informations, c’est pourquoi nous avons choisi les journaux comme le corpus de notre recherche

2 Objectifs de recherche

Notre recherche vise à réaliser une description de différents moyens d’expression de la causalité aussi bien explicites qu'implicites Ce travail nous permettra également de clarifier la nuance de ces moyens En effet, bien qu’ils servent tous à exprimer la relation causale, leurs valeurs différentes ne les rendent pas toujours interchangeables

En outre, en faisant référence à ces nuances, notre recherche a pour l’objectif d'identifier les moyens d’expression de la causalité les plus utilisés dans les journaux français,

en particulier dans le quotidien Le Monde Cette étude permettrait non seulement de considérer

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le rôle important de la causalité dans l'assurance de la cohésion du discours mais aussi d’aider les enseignants à choisir les moyens les plus pertinents pour apprendre aux étudiants

3 Méthodologie de recherche

Pour réaliser ce travail, nous avons combiné différentes méthodes de recherche en science du langage La méthode descriptive et synthétique nous ont permis de décrire les moyens d’expression de la cause et de la conséquence La méthode analytique est appliquée

pour faire analyse la nuance des moyens présents dans le corpus du quotidien français Le

Monde et sur les exemples cités par différents auteurs

4 Questions de recherche

Notre travail de recherche a essayé de répondre aux questions suivantes:

- Quels sont les moyens d’expression de la causalité en français et leurs nuances ?

- Quels sont les moyens les plus utilisés dans le quotidien Le Monde ?

6 Les résultats escomptés

Le présent mémoire se structure en deux chapitres :

- Par la synthèse des informations, le premier chapitre présente le cadre théorique traitant deux problèmes : théorie sur la causalité telle que la notion de causalité, les rôles de la causalité dans des domaines différents, les catégorisations de la causalité; celle sur les moyens d’expression de la cause et de la conséquence Par ailleurs, les nuances des moyens les plus usuels feront bien également l'objet d'analyse et seront présentées dans ce chapitre

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- Le deuxième chapitre est consacré à l’étude des moyens d’expression de la causalité

utilisés dans le quotidien Le Monde Les statistiques fourniront non seulement la liste des

moyens les plus usuels mais aussi leur fréquence dans ce quotidien

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CHAPITRE I: CADRE THEORIQUE

1 Causalité

1.1 Définition de la causalité

Il semble que la causalité peut être définie par un lien direct et simple avec la cause Pourtant c'est une conception très vaste, qui couvre plusieurs domaines et par conséquent, il est difficile d'en faire une définition exhaustive

A Jackiewicz a même parlé de la “pluralité de points de vue” dans l’étude de la causalité

“Cette notion, en tant que l’objet de recherche et l’outil d’investigation, tour à tour intéresse

de nombreuses disciplines (physique, biologie, médecine, philosophie, sociologie, psychologie, linguistique, intelligence artificielle…), qui l’approchent et se l’approprient avec la terminologie et les modèles qui leur sont propres.” (Jackiewicz, 1998) Il a établi des tableaux

qui réunissent, à titre illustratif, plusieurs définitions ou critères définitoires qui ont été proposés dans différents domaines pour cerner la notion de causalité Bien que dans le cadre

de ce modeste travail de recherche nous n’ayons pas l’ambition de découvrir cette notion dans tout son sens, nous citons ces tableaux synthétiques comme une bonne référence pour qu’on ait un panorama plutôt clair de ce terme

3 Spinoza (1661-1677) “J’appelle cause adéquate celle dont on peut percevoir

l’effet clairement et distinctement par elle-même;

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j’appelle cause inadéquate ou partielle celle dont on ne peut connaỵtre l’effet par elle seule” Ethique III, (cause adéquate = cause formelle)

connexion nécessaire

6 Roman Ingarden (1948) Distinction entre cause indirecte: “si, entre la

réalisation d’un certain effet E (effet) et celle d’une certaine cause C (cause) il y a un intervalle défini de temps pendant lequel C n’existe plus et E n’existe pas encore, en ce cas E n’est point l’effet de C, mais au plus l’effet d’une autre C’ qui, de sa part, est l’effet de

C ou de C’’ qui, lui, est l’effet de C ou d’une autre C”’, etc.”, et directe: cas ó ce laps de temps est inexistant

et “que les autres conditions de la relation de causalité sont remplies, nous disons la cause directe”

successeurs (1958)

Critères d’identification des causes et des raisons: (1) Hétérogénéité logique, (2) Connaissance avec ou sans observation (expérimentation), (3) L’allongement possible des chaỵnes de causes et de raisons, (4) Règles d’interprétation et normes d’exécution

8 John Stuart Mill (1974) Notion de cause totale (“the whole cause”)

9 D Davidson (1982) Deux niveaux d’analyse: celui de la relation causale

entre événements que l’on peut saisir directement, sans explication, et celui de l’explication causale qui se superpose à la saisie directe et qui peut être formulée

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dans des langages théoriques différents, voire concurrents

10 Jean Largeault (1985, 1990) “Il n’y a peut-être pas de sens à essayer de définir ce

qu’est une cause Il semble naturel de présumer que c’est quelque chose qui agit Il existe deux grandes conceptions des causes: idéalistes (ou positiviste) et réaliste.”

11 Dretske (1988, 1993a) Causes déclenchantes et causes structurantes

(conditions d’arrière plan)

12 Jean-François Bordron (1996) “Une cause ne peut ne pas agir Un agent peut

suspendre toute action.”

Tableau 1.1: Définitions ou critères définitoires de la causalité (philosophie)

En sociologie et psychologie

N 0 Auteur Définitions ou critères définitoires

13 Emile Durkheim (1897) Dans son étude sur les causes du suicide, il déclare

inintéressante pour le sociologue la prise en compte des itinéraires individuels des suicidés, menant à des

“insolubles problèmes de casuistique” Seules sont valables les “vraies causes déterminantes” d’ordre social, mises en évidence dans des analyses statistiques

14 Serge Moscovici (1979) Distinction entre causalité primaire (les imputations:

recours spontané, recherche des intentions) et causalité dérivée (les attributions: opération d’objectivation)

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15 Uli Windisch (1982) Cinq formes logico-discursives de l’explication

causale: la causalité segmentée, la causalité circulaire,

la causalité contingente, la sursaturation causale, la causalité multiple

16 Albert Michotte (1946) Causalité perceptive Michotte étend le domaine de la

causalité à la perception elle-même

17 Jean Piaget (1950) L’impression plus ou moins anthropomorphique, plus

ou moins formalisée, d’une efficience, toujours associée à la causalité et qui lui donne sa puissance explicative, sa prégnance psychologique, a précisément

sa source dans le schème de l’action propre

Tableau 1.2: Définitions ou critères définitoires de la causalité (sociologie et psychologie)

En statistiques, mathématiques et Intelligence Artificielle (IA)

N 0 Auteur Définition ou critères définitoires

18 Patrick Suppes (Suppes 81)

(approche bayésienne)

Définit formellement trois notions causales: cause prima facie, cause fallacieuse et cause véritable (genuine cause); citons la définition de la première:

“l’événement B est une cause prima facie de l’événement A si et seulement si (i) l’événement B se produit avant A; (ii) la probabilité (conditionnelle) que

A se produise lorsque B s’est produit est supérieure à

la probabilité (non conditionnelle) de l’arrivée de A”

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n’y a pas de cohérence causale dans l’univers

(Statistiques)

Les causes sont des étapes (des choses, des événements) qui changent des probabilités des événements futurs Parler de la causalité c’est parler de

la capacité de prédiction de la nature

Abelson (1975, 1977) (IA)

Distinction entre le résultat, la raison, la permissibilité, puis l’empêchement et l’initialisation

Tableau 1.3: Définitions ou critères définitoires de la causalité

(statistiques, mathématiques et IA)

En physique

N 0 Auteur Définition ou critères définitoires

22 Jean Ullmo (1967) La causalité, au sens le plus général, consiste à

attribuer les événements, les phénomènes, à des objets identifiables, capables de les produire; la légalité règle leur manifestation ou leur déroulement dans le temps

23 Mario Bunge (1971) Une relation causale doit satisfaire aux conditions

suivantes:

C1 La relation doit engager au moins deux systèmes différents; C2 Les causes et les effets doivent être régulièrement conjoints; C3 Il doit y avoir un délai positif ou nul entre la cause et l’effet; C4 Le feed-back

du déterminé sur le déterminant doit être négligeable; C5 Il ne doit pas y avoir d’effets spontanés; C6 Les causes et les effets doivent être en relation biunivoque

Tableau 1.4: Définitions et critères définitoires de la causalité (physique)

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En logique naturelle et argumentation

N 0 Auteur Définition ou critères définitoires

24 Jean Blaise Grize (1990) Distinction entre une liaison causale, établie dans une

explication, et un lien logique de raison à conséquence qui correspond à une justification (deux valeurs de

b celles qui, un événement étant donné, tendent à déceler l’existence d’une cause qui a pu le déterminer;

c celles qui, un événement étant donné, tendent à mettre en évidence l’effet qui doit en résulter

26 Christian Plantin (1990, 1996) “La connaissance causale intervient sous diverses

formes en argumentation, et il faut distinguer les argumentations établissant une relation causale des argumentations exploitant une relation causale.”

“L’argumentation est dans la cause qu’il construit”

Tableau 1.5: Définitions ou critères définitoires de la causalité

(logique naturelle et argumentation)

Dans les encyclopédies et dictionnaires

N 0 Source Définition ou critères définitoires

Trang 15

Causation: rapport entre cause et effet; pouvoir d’agir

en tant que cause

Cause: (1) ce qui produit un effet; (2) ce par quoi un événement arrive, une action se fait; (3) ce pour quoi

on fait quelque chose

“causalité” désigne un ensemble de relation d’ordre entre les choses elles-mêmes, touchant leur permanence, leur succession et leurs interactions, ou bien l’idée de causalité ne dénote par une propriété des choses elles-mêmes, mais seulement un mode

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d’intellection, important ou au contraire désuet, des phénomènes dont nous avons l’expérience.”

Tableau 1.6: Définitions ou critères définitoires de la causalité (encyclopédies et dictionnaires)

En linguistique

N 0 Auteur Définition ou critères définitoires

31 James D McCawley (1968) Mise en évidence d’un prédicat CAUSE qui entrerait

dans la signification des verbes de causation de changement:

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two events here must be to the extent that it allows the speaker to entertain a counterfactual inference that the caused event would not have taken place at that particular time if the causing event had taken place, provided that all else had remained the same”

Distinction entre la causation manipulatoire et la causation directive

34 Gaston Gross (1983) Le phénomène A est la cause d’un phénomène B

quand les conditions suivantes sont remplies: (i) le phénomène A précède dans le temps le phénomène B, (ii) le phénomène A est nécessaire à l’apparition du phénomène B

35 Leonard Talmy (1985, 1988) Cas particulier dans une dynamique des forces

Le modèle de Talmy est construit sur la métaphore de l’interaction des forces, ó s’opposent: l’agoniste et l’antagoniste, l’action et le repos, l’entité plus forte et l’entité plus faible, la situation stable et le changement,

la tendance et le résultat Huit situations particulières d’interaction peuvent être distinguées, dont celles ó l’antagoniste fait subsister ou fait changer l’état de l’agoniste (“causing”), et celles ó il laisse subsister ou laisse changer l’état de l’agoniste (“letting”)

35 Jackendoff (1990) Fonction thématique CS (CS+: causation aboutissant à

un succès; Csu: causation à succès indéterminé: CS-: causation aboutissant à un échec

Fonction actionnelle AFF (AFF-: causation; AFF0: laisser-faire; AFF+: assistance)

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36 Lascarides, Asher, Oberlander

38 Jacques François et Guy

Dehnière (1997)

“Causativité: à la lecture de la phrase on repère la cause et son effet”

Tableau 1.7: Définitions ou critères définitoires de la causalité (linguistique)

Les définitions ou critères définitoires de la causalité des 38 auteurs cités au-dessus ne sont qu’une petite partie d’un ensemble des travaux de recherche sur la causalité Pourtant, elles font suffisamment preuve de la pluralité de points de vue sur cette notion

Malgré la divergence dans la conception des auteurs tant dans un même domaine que dans de différents domaines, nous y trouvons un point commun entre ces diverses définitions D’une manière ou d’autre, la causalité est toujours composée de deux éléments: la cause et l’effet En philosophie d’abord: “cause efficiente” parmi trois autres formes de cause (Aristote); “passage objectif, mais non sensible entre la cause et l’effet” (de Descartes à Kant), distinction de

“cause adéquate – cause inadéquate”, de “cause indirecte – cause directe” à travers de l’effet (Spinoza, Roman Ingarden) En sociologie et psychologie, “l’impression d’une efficience toujours associée à la causalité” (Piaget) En statistique, mathématiques et IA, “une causalité consiste en consécutions” (Brouwer); “les causes sont des étapes qui changent des probabilités” (Glenn Shafer) En physique: “les causes et les effets doivent être régulièrement conjoints” (Bunge) En logique naturelle et argumentation: “les argumentations tendent à mettre en évidence l’effet qui doit en résulter” (Perelman et Olbrecht-Tyteca) En linguistique:

“the relation between “caused event” and “causing event” ” (Schibatani); “le phénomène A –

la cause est nécessaire à l’apparition du phénomène B” (Gaston Gross)

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Concernant le rapport cause - conséquence, Cécile Grivaz dans son étude “Un jeu de règles

permettant de déterminer si une relation causale est exprimée entre des propositions” (Grivaz,

2009) propose des caractéristiques de la causalité autour de deux éléments

Une cause se passe toujours avant une conséquence Cette caractéristique évoque de l’idée de

la succession de deux événements au moyen d’un lien causal de Perelman et Olbrecht-Tyteca,

et du fait qu’un phénomène A (la cause) précède dans le temps le phénomène B (l’effet) de Gaston Gross dans les tableaux de définitions ou critères définitoires de la causalité cités au-

dessus Dans certains cas il est difficile de juger de la temporalité, comme dans Jean a tapé le

verre contre la table et le verre s’est cassé ou Jacques s’est fatigué en conduisant, mais la

cause ne peut en tous cas jamais se passer après la conséquence

Une autre caractéristique de la causalité est la propriété contrefactuelle: “si la cause n'aurait

pas eu lieu, la conséquence ne se serait pas produite non plus Quand on utilise ce test il faut faire attention à ce qui se serait probablement passé Par exemple, si on se demande si “Jean s’est cassé la jambe en skiant” est causal, il faut se demander ce qui se serait probablement passé si Jean n’était pas allé skier (il ne se serait pas cassé la jambe), même s’il aurait pu se casser la jambe d’une autre façon, par exemple en glissant sur une peau de banane.” (Grivaz,

2009)

Il s’agit également de la mention des caractéristiques de la causalité, A Guha, d'un point de

vue cognitif, introduit les deux autres: l’opérativité et la transitivité “L’opérativité correspond

à l’actualité du pouvoir causal dans une situation donnée Elle implique notamment qu’une cause mentionnée à distance dans la surface du texte (son lexique et sa syntaxe) peut rester opérative Par exemple, un but est opératif tant qu’il n’a pas été éteint Le maintien de l’opérativité d’une cause permet à la fois qu’un segment soit la cause d’un autre segment non adjacent dans le texte, ainsi que la multiplicité des antécédents causaux La transitivité résultée de la transitivité de la notion de "condition nécessaire" En effet, si A est une cause de

B, et B est une cause de C, alors A est une cause de C: en l’absence de A, C ne peut avoir lieu, car B ne peut avoir lieu (A condition nécessaire de B), et puisque B n’a pas lieu, C n’a pas lieu non plus (B condition nécessaire de C) Il est donc possible de composer les couples cause – conséquence entre eux pour former des chaîner causales.” (Guha, 1998)

Trang 20

Ainsi, le rapport cause – effet va et vient toujours non seulement dans les définitions mais aussi dans l’analyse des caractéristiques de la causalité énumérées ci-dessus C’est pour cela que nous avons choisi de considérer la causalité comme une relation cause – effet (conséquence) Pour nous, c’est dans cette relation cruciale que réside la causalité C’est

également le choix d’A Jackiewicz dans “L’expression de la causalité dans le texte” Selon cet auteur, “le choix de considérer la causalité comme la relation entre deux situations (faits,

entités…) nous paraỵt entièrement compatible avec à la fois notre perception intuitive de cette notion et la façon directe et courante de l’exprimer (X est la cause de Y, il y a une relation causale entre, X a pour effet Y…) De plus, cette manière de voir cette notion permet d’aborder l’étude de plusieurs moyens d’expressions de la causalité (non seulement les verbes causatifs, mais aussi les diverses locutions verbales ou prépositives…)” (Jackiewicz, 1998)

1.2 Rơles de la causalité

Au point précédent, on a vu de quelle façon on peut comprendre la notion de causalité D’ó

se pose une autre question: pourquoi la notion de causalité est si largement étudiée dans les travaux de nombreux de champs de recherche? On peut trouver la réponse à cette question quand on parle de son rơle tant dans la vie quotidienne que dans l’univers scientifique

D’après A Jackiewicz, “les connaissances causales sont omniprésentes tant dans nos

raisonnements quotidiens que dans de nombreux domaines de connaissance (scientifique, technique, économique…)” (Jackiewicz, 2004) Beaucoup d’exemples en témoignent En

médecine, on cherche toujours les causes des maladies pour avoir de bons remèdes; dans la technique, un accident d’avion s’est passé, tout de suite, on cherche sa boỵte noire pour chercher l’origine des conséquences souvent très graves; en économie, la dévaluation du dollar

ou de l’or est toujours rejointe à une certaine cause politique On a même des locutions pour

parler du rapport cause-effet dans le comportement comme “Qui sème le vent récolte la

tempête” C’est pourquoi le rơle des connaissances causales dans la structuration de

l’expérience humaine, permettant à la fois l’intelligibilité et la maỵtrise des phénomènes, les rend indispensables et précieuses dans quasiment tous les domaines d’activité En effet, la causalité fait partie (aux cơtés des relations temporelles, entre autres) des relations conceptuelles organisatrices des connaissances qui sous-entendent la perception des processus,

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des événements et des actions humaines Ces relations sont fondamentales au sens ó il n’est pas d’activité qui, d’une manière ou d’une autre, ne les mette en jeu

Amal GUHA partage ce point de vue avec Jackiewicz sur le rơle de la causalité, qu’“elle est le

fondement de l’intelligibilité du monde, de notre capacité à prédire les événements, à planifier nos actions, à interagir avec notre environnement Ce qui n’est pas causal est fortuit ou accidentel, sans explication” (Guha, 1998)

Dans “Causalité, force dynamique et ramifications temporelles”, Anne Reboul a également choisi la conception de Hume, “un des philosophes les plus utiles dans ce domaine”, sur

l’importance de la causalité comme point de départ pour indiquer rapidement quelques

généralités sur la causalité “Hume disait de la causalité qu’elle était le ciment de l’univers

De façon plus précise, on peut en dire qu’elle est le ciment conceptuel de l’univers, la notion qui nous permet, au-delà de la simple succession temporelle, de faire sens du rapport des éventualités entre elles En d’autres termes, ceux de Hume (1975, 26 Anne Reboul traduit Les italiques sont de Hume):

“Tous nos raisonnements concernant les faits semblent fondés sur la relation de cause

à effet Seule cette relation nous permet d’aller au-delà des données de notre mémoire

et de notre perception (…) Tous nos raisonnements concernant les faits sont de même nature Et il y est constamment supposé qu’il y a une connexion entre le fait présent et

ce qui en est inféré S’il n’y avait rien pour les lier, l’inférence serait précaire”.”

(Reboul, 2003)

A Jackiewicz y ajoute le rơle de la causalité sur le plan de l’argumentation Sur ce plan,

“comme l’ont montré différents auteurs (Borel, 1981), (Plantin, 1990), (Miéville, 1992),

(Perelman & Olbrechts-Tyteca, 1992), (Jackiewicz, 1999a, 1999b), la causalité peut être engagée dans plusieurs sortes d’actions discursives dont certaines cherchent à établir l’existence d’une relation causale nouvelle (acte d’explication), d’autres exploitent une relation causale déjà établie à des fins d’étayage (acte de justification) ou d’inférence (relation d’argument à conclusion)” (Jackiewicz, 2004)

De son cơté, dans “Compréhension de textes et représentation des relations causales” (Guha,

1998), A Guha, met en relief le rơle important de la causalité dans une approche

Trang 22

multidimensionnelle des représentations du texte en particulier et dans la compréhension des textes en général

Selon l’auteur, comprendre un texte, c’est en élaborer une représentation mentale cohérente Il existe trois niveaux de représentation: macrostructure, microstructure et modèle de situation Les deux premiers sont les représentations du texte proprement dit tandis que le modèle de situation permet d’envisager la cohérence du texte, au-delà des unités textuelles, au niveau de

la situation à laquelle réfère le texte La cohérence du modèle de situation se décompose en cinq dimensions: le temps, l’espace, la causalité, la motivation et les protagonistes À l’appui

de plusieurs études empiriques portant sur au moins deux dimensions, A Guha et ses collaborateurs ont bien étudié le rôle spécifique de la causalité et ses interactions avec les

autres dimensions “La causalité apparaît comme un facteur d’une importance particulière,

interagissant avec les autres dimensions, notamment à travers la notion d’événement La causalité est à la fois un facteur de continuité de la représentation, et un facteur de pertinence pour le codage des informations relatives aux autres dimensions.” (Guha, 1998)

Ainsi, dans le cadre multidimensionnel, la causalité est une dimension essentielle de la cohérence du modèle de situation

D’ailleurs, la causalité montre également son rôle dans la représentation du texte, en particulier le texte narratif Pour mettre en évidence ce point, A Guha utilise les résultats de recherche de plusieurs auteurs qui ont décrit les relations de cohérence entre les éléments du

texte comme relevant essentiellement de la causalité “[…] Il s’agit donc pour le lecteur de

relier le début et la fin du texte en une chaîne de relations causales, qu’on appelle chemin critique ou chaîne causale Ce chemin constitue l’épine dorsale du récit En un mot, dans un texte, le poids (importance et mémorisation) des informations du texte peut être prédit par leur place dans le réseau de ses relations causales: l’importance d’une information dépend de sa centralité (proximité au chemin causal reliant le début à la fin du texte) et sa connectivité (le nombre de liens causaux)” (Guha, 1998)

A Jackiewicz analyse un autre aspect du rôle de la causalité dans la langue “Activité cognitive

par excellence, le langage humain rend compte de la façon dont nous lisons le monde qui nous entoure pour en parler à nos semblables Sensations, perceptions ou raisonnements élaborés

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empruntent la voie des langues pour être communiqués et rendus intelligibles Les schèmes causaux, comme le montrent de nombreuses études de psycholinguistique, organisent des narrations, sous-tendent des explications, fondent explicitement ou implicitement des enchaînements argumentatifs La causalité se trouve ainsi profondément inscrite dans la dimension dialogique du langage” (Jackiewicz, 2004)

En un mot, quel que soit le résultat des études scientifiques sérieuses ou l’observation simple

de la vie de tous les jours, la relation de causalité existe toujours comme une partie indispensable de la vie humaine

1.3 Catégorisations de la causalité

Dans “La causalité dans la langue: une question de point de vue” (Jackiewicz, 2004), A

Jackiewicz a fait un bilan des catégorisations de la causalité contruites à partir de l’étude de

ses marqueurs D’après lui, elles sont essentiellement de trois types, selon le composant de la

relation pris en considération “Citons en premier lieu les catégorisations qui s’attachent à

caractériser l’action causale efficiente, en proposant des distinctions comme “causation directe – causation indirecte”, “causation par contact – causation sans contact”, “causation discursive – causation non discursive” (Nedjalkov & Silnickij, 1969), (Talmy, 1988), (Kordi, 1988), (Jackendoff, 1990), (Pustejovsky, 1995) D’autres typologies cherchent essentiellement

à différencier et à structurer les différents effets possibles d’une action causale (“causer – gêner – laisser – faire” ou “création – croissance – maintenance – décroissance – arrêt” (Talmy, 1988), (Garcia, 1998), (Park & Abraham, 2001) Enfin, certaines valeurs de causalité peuvent être dégagées en caractérisant les situations mises en relation (état, processus, événement…) (Gross, 1996) En pratique, les différentes typologies mêlent fréquemment des informations de natures différentes” (Jackiewicz, 2004)

Il s’agit également de la catégorisation de la causalité, pourtant Guha dans son étude

“Compréhension de textes et représentation des relations causales”, au point de vue cognitive,

a proposé d’autres catégorisations sémantiques de la causalité en énumérant quelques critères classificatoires de la causalité factuelle susceptible de caractériser des processus cognitifs en

jeu (par opposition aux domaines de connaissances spécifiques), ou un degré de typicité “Les

critères sémantiques suivants sont inspirés des classifications proposées par des travaux de

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psychologie du développement, et d’autre part des travaux de la veine de la sémantique cognitive

Nature de la cause et de la conséquence: les relations de causalité dépendent-elles de

la nature des termes impliqués (états, événement)? L’importance respective accordée aux états et aux événements diffère en fonction de l’expertise du sujet (Molinari 2002)

Caractéristiques de la cause

Référents impliqués dans la causalité: le caractère naturel ou artificiel des actants

impliqués, ou encore l’opposition entre référents animés et non animés est susceptible

de correspondre à des régimes d’explication distincts lors du développement (Berzonsky, 1971; White 1990)

Possibilité d’interaction avec la cause: une cause manipulable, c’est-à-dire une cause

sur laquelle une volonté humaine est susceptible d’agir, n’engage pas le même rapport

à la contrefactualité qu’une cause inéluctable (ex Un tremblement de terre)

Caractéristiques de la conséquence: le caractère temporaire ou définitif de la

conséquence peut constituer une mesure intrinsèque de l’importance de la relation cause-conséquence

Réciprocité de la relation entre la cause et la conséquence: si la conséquence a un

effet en retour sur la cause, le rapport peut être envisagé comme un système cyclique plutôt que comme un mouvement uniforme

Prototypes de la causalité mécanique: action mécanique d’un agent sur un patient,

déclenchement et empêchement peuvent être la structure de schémas caractérisés non par un domaine spécifique, mais par une sémantique des forces (Denhière et Baudet,

1992, Talmy, 1988, Michotte, 1953).” (Guha, 1998)

De tous critères classificatoires énumérés ci-dessus, on trouve que les types de causalité proposés par A Jackiewicz ne sont en fait que des cas particuliers, concrétisés d’une part de la classification sémantique de la causalité proposée par A Guha Caractériser l’action efficiente, différencier les différents effets ou les situations mises en relation correspondent aux critères

de “nature de la cause et de la conséquence”, de “caractéristiques de la cause” ou de

“caractéristiques de la conséquence”

Trang 25

Afin d’analyser les arguments de causalité et de conséquence employés dans le discours politique, André Gosselin & Gilles Gauthier ont proposé une autre typologie Selon ces deux psychosociologues, les individus expliquent les réussites et les échecs des gens qu’ils considèrent positivement (y compris eux-mêmes) d’une manière différente quand ils expliquent les actions réussies ou ratées de ceux qu’ils considèrent négativement (leurs ennemis, leurs adversaires, leurs concurrents, etc.) En se basant sur cette différence, ils proposent quatre types d’arguments de cause:

- “l’argument du mérite qui consiste pour l’acteur à s’attribuer le crédit d’un état de choses

considéré comme positif;

- l’argument de justification consistant, pour l’acteur, à attribuer au contexte ou aux

facteurs environnants un état de choses négatif qu’on pourrait associer à ses actions et décisions;

- l’argument de chance qui consiste à refuser à l’adversaire le mérite d’un état de choses

positif en prétendant qu’il a seulement bénéficié de circonstances favorables;

- l’argument de responsabilité consistant à tenir l’adversaire responsible d’un état de

chosees considéré comme négatif”

Et six types d’arguments de conséquence :

- “l’argument de l’effet pervers selon lequel les initiatives visant à améliorer l’ordre social,

politique ou économique existant résultent invariablement en des effets radicalement contraires au but recherché;

- l’argument de l’inanité qui pose que les projets de transformation de l’ordre institué sont

vains, inopérants ou sans effet aucun;

- l’argument de la mise en péril qui stipule que les programmes réformistes ont une très

fâcheuse tendance à compromettre ou, plus encore, à réduire à néant des acquis, avantages et droits précédemment obtenus, souvent de peine et de misère;

- l’argument de l’engagement fatal qui consiste à attaquer une politique de l’adversaire

sous prétexte que celle-ci ouvre la porte à une deuxième action nettement moins désirable,

et ainsi de suite dans une spirale ó il est difficile de deviner la conclusion finale;

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- l’argument de la prédiction autocréatrice consistant à signifier à l’adversaire que ses

croyances erronées peuvent créer leur propre réalité;

- l’argument de l’excès de volonté qui consiste à dire que l’adversaire cherche à obtenir

volontairement ce qui ne peu s’obtenir que spontanément ou par un processus d’ensemble

ou d’agrégation des actions individuelles qui échappe à toute volonté agissante.»

(Gosselin & Gauthier, 1995)

Il est vrai qu’à chaque point de vue, on a ses propres catégorisations de la causalité Elles nous permettent de comprendre de façon plus approfondie et plus détaillée la notion Jusqu’à présent, nous avons essayé d'esquisser une vue générale de la causalité comportant sa notion, son rơle et ses catégorisations Dans les lignes suivantes, nous tenons compte de l’état de recherche de la causalité dans le domaine linguistique pour situer notre recherche dans ce tableau d'ensemble

1.4 Etat de recherche de la causalité dans le domaine linguistique

Comme ce que A Jackiewicz a remarqué, l’approche langagière de la causalité n’est pas aisée

“Admettant des acceptions diverses et d’importantes nuances de signification, elle traverse de

nombreuses catégories grammaticales, d’ó une grande diversité de procédés linguistiques susceptibles de l’exprimer Ce point est développé dans la contribution de G Gross et A Nazarenko Plusieurs typologies des causes ont été proposées dans la littérature linguistique Certaines sont issues des études portant sur des marqueurs (tels que les connecteurs parce que, puisque, car…) (Groupe λ−l 75), d’autres résultent de l’analyse d’une notion grammaticale particulière (l’agentivité, la transitivité sémantique) (François, 1988), (Desclés

& Guentchéva, 1998), d’autres encore s’inscrivent dans une perspective plus cognitive tournée vers la recherche de primitives sémantiques ou d’universaux langagiers (McCawley, 1976), (Wierzbickaa, 1997), (Talmy, 1988), (Desclés, 1990), (Jackendoff, 1990), (Pottier, 2001)” (Jackiewicz, 2004)

J Moeschler fait un bilan de l’état de recherche de la causalité “Les recherches en

linguistique sur la causalité se sont consacrées principalement à des questions syntaxiques (constructions causatives, ou factitives), à l’étude du lexique causal et aux relations causales entre énoncés dans le discours On trouvera cependant quelques tentatives de traitement

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complet pour le français, mais d’orientation plus descriptive que théorique et principalement centrée sur l’étude des connecteurs de cause (Nazarenko 2000) Enfin, les constructions causatives ont fait l’objet de travaux d’orientation typologique, consacrés aux modes de réalisation des causatives dans diverses langues du monde (Shibatani 1976, Comrie & Polinsky 1993)” (Moeschler, 2010)

Dans “Causalité et prise en charge énonciative”, A Jackiewicz (1999) a également donné des

remarques sur l’état des recherches sur la causalité en linguistique Pour certaines études, la causalité est envisagée uniquement dans une visée théorique de connaissance de la langue, et pour d’autres dans une perspective plus pratique, car liée au traitement automatique des informations causales contenues dans des textes

Deux démarches différentes sont généralement adoptées

- La première (classique) consiste à approfondir l’étude de certains moyens d’expression répertoriés par des grammaires comme étant des marqueurs de la causalité (s’intéresser aux

connecteurs parce que, puisque, car… par exemple) afin de dégager leurs valeurs sémantiques

et leurs conditions d’emploi Citons quelques références : (Groupe λ−l 75), (Anscombre 84), (Grymel 93), (Nazarenko 94), (Hybertie 96)

- La deuxième part d’une approche plus intensionnelle de la causalité, par exemple, à partir

d’une définition ou d’une catégorisation sous-jacente a priori qui distingue plusieurs types de

causalités, pour essayer de décrire la signification de certains marqueurs qui "tombent" sous la définition ou l’organisation conceptuelle retenue Cette façon de procéder semble être mise en œuvre dans des études dont les distinctions notionnelles caractérisent essentiellement le processus physique de causation ou la catégorisation des causes et des effets Citons entre autres (Talmy 88), (Kordi 88), (Danlos 88, 95), (Garcia 98)

On constate que ces deux démarches partagent globalement un certain nombre de caractéristiques En effet,

(i) elles restent dans l’ensemble très près de la forme canonique de la causalité [CAUSE produit EFFET], alors que la diversité des formes d’explications causales a souvent été soulignée tant en philosophie qu’en argumentation ((Jacob 97), (Plantin 90), (Largeault 85)…);

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(ii) elles s’intéressent essentiellement à la causalité exprimée dans le cadre de la phrase ; (iii) elles analysent des énoncés simples, parfois construits en laboratoire ;

(iv) elles rendent généralement compte d’un nombre restreint de marqueurs de la causalité, alors que l’ensemble des moyens d’expression possibles de cette notion est vaste et hétérogène;

(v) elles ne s’intéressent que très ponctuellement aux problèmes liés à la polysémie qui caractérise plusieurs marqueurs de causalité ;

(vi) elles n’abordent pas le problème posé par l’exploitation de ces marqueurs replacés dans leurs contextes d’apparition, dans le but d’identifier des énoncés causaux dans les textes réels Selon la manière de diviser les démarches des études de la causalité, il nous semble d’être dans les premiers parce que notre recherche se concentre sur les moyens d’expression de la causalité Cependant nous ne cherchons pas les marqueurs linguistiques de la causalité dans les phrases ou les énoncés isolés mais dans les articles de journal de thèmes variés La prise en considération des catégorisations des marqueurs proposées par différents auteurs dans la partie suivante nous fait constater la diversité de ces moyens

2 Catégorisations des marqueurs de la causalité

La compréhension du texte dépend d’une part de son contenu sémantique et des connaissances

du lecteur sur le domaine considéré, et de l’autre, des indices structurels du texte (indices de l’organisation des éléments du texte) Les indices sont de nature linguistique, syntaxique (ordre des mots, phrases, paragraphes) lexicaux, ou graphiques (taille, forme, gras, italique, etc.) Ils donnent des indices sur l’importance des informations (ex la première phrase d’un paragraphe est considérée plus importante), sur le genre textuel (“Il était une fois”), sur la place d’une séquence dans la grammaire textuelle (“en bref”, “en conclusion”), sur la structuration du problème sous ses aspects spatial, temporel, conceptuel (ex les indices d’énumération), argumentatif (“en revanche”) Les marqueurs de la causalité faisant partie de ces indices jouent donc le rôle important pour exprimer cette relation Nous les classons selon deux critères : grammatical et sémantique Quels que soient les moyens d’expression de la causalité, ils appartiennent toujours à une catégorie grammaticale certaine Le premier critère

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va permettre donc d’englober presque tous les moyens Le critère sémantique, en revanche, permet de découvrir la nature du lien de causalité Nous espérons que le classement selon la dimension large et profond apporte une vue complète sur les moyens d’expression de la causalité

2.1 Selon le critère sémantique

Concernant la catégorisation sémantique des marqueurs d’expression de la causalité, nous avons choisi l’organisation sémantique de A Jackiewicz, celle qui met clairement en évidence les différences essentielles de signification existant entre les marqueurs lexicaux de la causalité

Il a proposé de distinguer quatre approches de la causalité correspondant à quatre manières différentes et complémentaires de concevoir, de découvrir et de verbaliser un lien de dépendance causale: l’approche qualitative, l’approche fonctionnelle, l’approche analytique et l’approche synthétique Pour chaque approche, l’auteur présente minutieusement ses caractéristiques et ses propres marqueurs linguistiques Pour présenter les catégorisations des marqueurs, nous les mettons en avant en précisant les propriétes de chaque approche en cas nécessaire

2.1.1 Approche qualitative

Cette approche qualitative correspond à l’acception classique de la causalité Intuitive et

dotée d’un pouvoir explicatif élevé, elle met en avant une cause agissante produisant un effet distinct d’elle-même Elle rend généralement compte des liens causaux explicitement présentés comme tels, et permet de décrire un mécanisme causal précis

Il y a deux manières différentes d’appréhender et de verbaliser des faits causaux L’une met en lumière le processus efficient qui mène à la production d’un effet, l’autre est focalisé sur l’existence d’une relation entre deux situations En se basant sur cette différence essentielle, l’auteur divise les marqueurs pouvant exprimer l’approche qualitative en deux grands groupes: les marqueurs de l’action causale efficiente (l’action qui met en oeuvre le processus efficient)

et les marqueurs de la relation causale

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Dans l’ensemble des marqueurs du premier groupe, on distingue les verbes relateurs (V1), les

constructions faire + Vinf, laisser + Vinf (V2) et les marqueurs exprimant différents effets

produits (V3)

En premier lieu, viennent les verbes relateurs (V1) On peut qualifier ces verbes de relateurs, car en prenant pour arguments des situations, ils expriment clairement une relation entre ces situations qui de par ce fait se trouvent nettement différenciées À l’appui des propriétés

particulières tels que poins “utiles” dans un chemin causal, lien naturel (voire ), les verbes

sont classés en sous-groupes, les verbes qui expriment l’effet produit comme naissant ou émergeant de sa cause (verbes V12), les verbes qui présentent l’action efficiente comme aboutissant à un résultat (verbes V13) et les verbes exprimant l’idée d’action qui ne produit pas de résultat, mais force ou incite à un résultat exprimé dans l’énoncé (V14)

Approche qualitative: action efficiente

V11 Causer; provoquer; déclencher; entraîner; engendrer; susciter; générer; induire; déterminer

Être (entraîné, causé, provoqué, déclenché, occasionné, engendré, suscité, généré, induit, déterminé} par;

V12 Naître de, émerger de;

V13 Pousser à; forcer à; obliger à; contraindre à; astreindre à; imposer, condamner à; inciter à;

inviter à; encourager à…

Tableau 1.8: Marqueurs de l’action causale efficiente (1): verbes relateurs

Parmi les moyens d’expression possibles de la causalité efficiente, c’est-à-dire la causalité vue comme un processus efficiente qui mène à la production d’un effet, il y a les constructions de

type “faire + verbe à l’infinitif” et “laisser + verbe à l’infinitif” (V2) À la différence des

verbes V1, les constructions en question ne jouent pas uniquement le rôle des relateurs: le verbe à l’infinitif fait partie intégrante de la situation “effet”

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Un grand nombre de verbes du français peuvent en contexte exprimer l’idée de causalité efficiente tout en précisant la nature de l’effet produit

Approche qualitative: action efficiente

Verbes qui précisent l’effet produit

Créer, produire, fabriquer, …

Maintenir, conserver, préserver, garder, tenir, retenir, soutenir, entretenir, alimenter…

Aider, favoriser, faciliter, appuyer, épauler, soutenir, seconder, encourager, servir…

Gêner, nuire à, freiner, altérer, déranger, entraver, perturber, affecter, obstruer, paralyser, bouleverser, contraindre, troubler, faire obstacle à, fausser, décourager, contrarier, embarrasser, intimider, indisposer, importuner, imcommoder, angoisser,…

Limiter, restreindre, réduire, borner, circonscrire, délimiter, renfermer, …

Arrêter, bloquer, suspendre, interrompre, immobiliser, contenir, supprimer, neutraliser, fermer, stopper, détruire, mettre fin à, …

Empêcher, éviter, contrecarrer, inhiber, prévenir, déjouer, conjurer, enrayer, interdire, annuler, …

Modifier, transformer, changer, métamorphoser, corriger, diversifier, innover, refondre, remanier, rectifier, réviser, renouveler, rénover, révolutionner, dénaturer, déformer, défigurer, remodeler, moduler, réguler,… Augmenter, renforcer, accroître, agrandir, étendre, amplifier, hausser, approfondir, développer, élargir, grossir, allonger, gonfler, prolonger, intensifier, stimuler, précipiter, redoubler, accélérer, aggraver, améliorer, consolider, fortifier, alourdir, accentuer, revigorer, relancer, durcir, activer, aviver, raminer, attiser, envenimer, affoler, exciter, exaller, exacerber, rassurer, …

Diminuer, réduire, freiner, modérer, ralentir, tempérer, atténuer, restreindre, abaisser, concentrer, condenser, amoindrir, raccourcir, rétrécir, abréger, écourter, affaiblir, appauvrir, minorer, …

Normaliser, homogénéiser, relativiser, banaliser, exclure, occulter, contracter, décapiter, casser, creuser, diviser, porter atteinte, menacer, conforter, retarder, détendre, déplacer, réintroduire, liquider, marginaliser, déposséder, rasséréner, calmer, nier, sacrifier, inverser, reconstituer, restaurer, …

Tableau 1.9: Marqueurs de l’action causale efficiente : verbes qui précisent l’effet produit

Quand au deuxième groupe, les marqueurs de la relation causale pouvant exprimer l’idée d’une relation causale posée ou construite entre deux situations – les verbes et les expressions

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verbales – sont également classés en trois sous-groupes qui met en considération la propriété

de “lien intelligible” et de “points utiles dans une chemin causal” de l’approche qualitative D’une part, le lien intelligible différencie la cause/ l’effet et la raison/ la conséquence, d’autre part, les points utiles précisent l’idée générale d’origine et l’idée d’aboutissement Dans les tableaux cités au-dessous, A Jackiewicz isole, sous le terme de « relation signée », tous les marqueurs qui expriment l’action de construction de la relation causale, et qui par conséquent introduisent celui qui prend directement en charge le lien causal exprimé

Premièrement, le sous-groupe des marqueurs qui orientent la realtion causale vers la cause et/

Cause qui être;

{il y a, il existe} (une, plusieurs…) cause à

Cause de (tenir à, provenir de, consister en…};

Avoir cause adj

{être, constituer, apparaître comme, …} {effet,

résultat, résultante, produit, fruit} de;

{être, constituer …} réponse à;

Être issu de;

Être dû à;

Avoir pour {effet, résultat};

{être, constituer, représenter, apparaître comme, …}

Être {assigné, attribué, imputé, imputable} à;

{citer, évoquer, …} parmi cause de;

{rechercher, chercher, …} cause de dans;

{désigner, considérer, traiter…} comme cause de; Être {désigné, considéré, traité…} par comme cause de;

{citer, évoquer, …} parmi effet de;

{désigner, considérer, traiter…} comme effet de; Être {désigné, considéré, traité } comme effet de; {établir, poser, postuler,…} {lien, relation, rapport} {de cause à effet, de causalité, causal} entre;

{montrer, prouver, démontrer, découvrir, attester, accréditer, confirmer,…} (existence) {lien, relation,

Trang 33

Être responsible de;

Effet de se traduire par;

Avoir {un, plusieurs, …} effet

Avoir effet adj;

{il existe, il y a} {lien, relation, rapport} {de cause à

effet, de causalité, causal} entre;

{il existe, il y a} chaîne causale entre; …

rapport} {de cause à effet, de causalité, causal} entre Relier dans rapport de cause à effet;

Tableau 1.10: Marqueurs de la relation causale (1) : cause, effet et lien causal

Deuxièment, le sous-groupe des marqueurs qui expriment l’idée générale d’origine et d’aboutissement:

{avoir, trouver, prendre, …} origine dans; tirer origine de;

Devoir origine à; avoir pour origine;

Être à l’origine de, être origine de;

Origine de {se trouver, résier, se situer, …} dans;

Origine de être adj

{avoir, trouver, …} sa source dans;

Source de {se trouver, résier, se situer, …} dans;

Être à la source de;

{être, constituer, former, représenter, apparaître comme, devenir, …}

source de;

{être, constituer, apparaître comme, …} aboutissement de; Avoir pour aboutissement;

Relation

signée

Faire découler de;

{présenter, considérer, désigner…} comme origine de;

Être {considéré, vu, désigné…} par comme oigine de;

{présenter, considérer, voir…} comme aboutissement de; Être (présenté, considéré, …} par

Trang 34

{présenter, voir, considérer…} comme source de;

Être (considéré, vu, désigné…} par comme source de;…

comme aboutissement de; …

Tableau 1.11: Marqueurs de la relation causale (2): origine et aboutissement

Et finalement, le sous-groupe des marqueurs qui expriment l’idée de raison et/ou de conséquence

Approche qualitative: relation causale Raison Conséquence Explication Relation

posée

Avoir pour raison;

{être, constituer, …} raison

de;

{là, dans, y…} {résider, se

situer, …} raison de;

Raison adj expliquer;

Être raison qui (déterminer,

Trang 35

Approche fonctionnelle Dépendance (fonction) Corrélation Relation

posée

Dépendre de;

Être (dépendant, sous la dépendance} de;

Être fonction de;

{varier, évoluer, décliner, croître, devenir

de plus en plus, …} (adv: linéairement, …)

{en fonction de, avec}

{être, avoir, augmenter, …} d’autant plus

que;

{plus, moins, mieux, meilleur, …} {plus,

moins, mieux, meilleur,…};

À tout (variation, modification, réduction,

…} de correspondre {variation,

modification, …} de;

{lorsque, quand} {augmenter, diminuer, …}

{augmenter, diminuer, …} ;…

{être, se trouver, demeurer, …} {en, dans}

{corrélation, dépendance mutuelle, rapport mutuel, interdépendance, relation réciproque, rapport réciproque, lien réciproque, covariance, covariation} (adj.);

{il y a, (il) existe} {corrélation, interdépendance,…} (adj.) entre;

Corrélation {avec, entre} être;

{établir, poser, découvrir…} {relation

linéaire, {lien, rapport, relation} de

Dépendance, fonction, courbe, …} entre;

{indiquer, montrer, …} évolution parallèle

entre et; …

{établir, observer, …} {corrélation, dépendance mutuelle, rapport mutuel, interdépendance, relation réciproque, rapport réciproque, lien réciproque, covariance, covariation} entre;

{montrer, prouver, démontrer, découvrir, attester, accréditer, confirmer,…} (existence) {corrélation,

…} entre; … Tableau 1.13: Marqueurs de la causalité fonctionnelle

2.1.3 Approche analytique

L’origninalité de l’approche analytique réside dans son caractère partiel, c’est-à-dire elle met

en lumière certains facteurs causalement efficaces dans un effet produit Selon cette approche,

Trang 36

les marqueurs se divisent en deux groupes: la contribution causale et l’influence causale Les marqueurs du premier groupe servent souvent à focaliser l’attention sur un facteur causale jugé déterminant tout en reconnaissant la participation possible d’autres facteurs (connus ou inconnus) À la différence de ceux premier groupe, les marqueurs du deuxième groupe ne permettent pas de préciser l’effet de l’influence Ils introduisent la situation qui subit l’influence et non l’effet de celle-ci

Approche analytique: contribution causale

Action efficiente Contribuer à; intervenir dans; participer à; prendre part à; jouer rôle dans; concourir

à…

Relation

posée Avoir contribution {dans, à};

Avoir influence dans;

{rôle, influence} de dans être;

Être pour quelque chose dans;

{être, se trouver, …} impliqué dans;

La part de dans se situe vers;

Compter pour dans;

Être en cause dans;…

signée Établir, étudier, modéliser, indiquer …} {contribution, participation, intervention,

rôle, influence} de dans; … Tableau 1.14: Marqueurs exprimant la contribution causale

Approche analytique: influence causale Action efficiente Influencer; influer sur; agir sur; retenir sur; s’exercer sur; jouer sur; peser sur;

{opérer, exercer, …} {action, influence, effet, pouvoir} sur;

Être influencé par;

{provoquer, créer, produire, entraîner, …} {effets, conséquence} (adj.) sur;

Trang 37

Relation

Posée Être {sensible à, soumis à, sous} {action, influence, effet, impact, incidence, emprise,

pouvoir} (adj.) de;

Avoir (action, influence, effet, impact, incidence, emprise, pouvoir, poids, retentissement, conséquence} adj – domaine

Signée {établir, étudier, soupçonner, s’intéresser à, évaluer, …} {action, influence, effet,

impact, incidence, emprise, pouvoir, poids, conséquence} de sur; … Tableau 1.15: Marqueurs exprimant l’influence causale

2.1.4 Approche synthétique

L’approche synthétique rend compte globalement des dépendances complexes pouvant exister entre les phénomènes La relation exprimée par les marqueurs en question n’est pas orientée car l’ordre d’énonciation des situations mises en rapport est libre Les faits mis en rapport sont généralement massifs et nettement distincts Le lien exprimé est presque toujours impossible à verbaliser par une paraphrase causale habituelle

Approche synthétique Relation posée {il y a, (il) existe}{relation, rapport, lien, correspondance} entre

Être {en rapport, en relation} avec;

Être lié (par {relation, rapport, lien, correspondance} adj.);

Aller de conserve;

Aller de concert;

Aller de pair…

Relation signée Faire rapprochement entre et;

Lier {et, à, avec);

Relier {et, à, avec};

Mettre en relation et;

{établir, démontrer, déterminer, mettre en évidence, …} {relation, rapport, lien, correspondance} entre; …

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Tableau 1.16: Marqueurs des liens “synthétiques”

2.2 Selon le critère grammatical

Sous l’angle grammatical, la relation de causalité comporte deux termes: la cause et l’effet Dans la subordination causale, on met en dépendance la cause; dans la subordination consécutive, on met en dépendance l’effet Des systèmes de connecteurs très différents opposent clairement ces deux sens de la relation

2.2.1 Moyens d’expression de la cause

Nous regroupons les moyens d’expression de la cause dans les tableaux : proposition subordonnée circonstancielle, proposition indépendante coordonnée, groupe infinitif prépositionnel, groupe nominal prépositionnel, proposition indépendante justaposé Ce classement nous permet de saisir toutes les manières d’exprimer la causalité selon les constructions grammaticales

Le premier tableau présente les conjonctions de subordination qui introduisent les propositions causales à l’indicatif et au subjonctif également

Proposition subordonnée circonstancielle

Parce que La principale représente un fait connu, admis de tous,

mais qui pose une question implicite : quelle en est la

cause ? La proposition introduite par Parce que apporte la

réponse à cette question

Elle apporte une explication qui souvent est la réponse à la

question “pourquoi?”

connu, admis de tous, mais qui pose une question implicite : de quoi est-il cause ? La proposition principale apporte la réponse à cette question (Dubois, Jouannon, & Lagane, 1965)

Trang 39

Elle introduit une cause qui est connue, ou qui supposée

connue de celui à qui on parle

Elle indique une cause déjà exprimée

Étant donné que Cette expression signifie "compte tenu de", c'est-à-dire

plus proche de “puisque” que de “parce que”

Vu que/ du fait que Equivalent de Étant donné que, cet outil s'emploie plus

souvent en langue juridique

Vu que peut se placer aussi bien en tête qu’à l’intérieur de

la phrase

Elle est très proche de “parce que” Elle a une valeur emphatique et elle met en évidence la proposition subordonnée Elle désigne bien la conformité de la cause avec l’effet (Dubois, Jouannon, & Lagane, 1965)

Introduisant une subordonnée qui précède la principale, elle se place toujours en tête de la phrase

Cette conjonction de subordination se trouve plutôt dans la langue écrite

Du moment que/ dès lors que/

Trang 40

Elle est synonyme de “parce que” mais s’y ajoute l’idée que l’interlocuteur ne croit pas à l’explication donnée

Ce n’est pas que/ non (pas) que Les conjonctions de la cause niée, contestée, rejetée

La phrase est construite sur trois propositions: la principale, la proposition de la cause niée – au subjonctif,

et la proposition de la vraie cause – à l’indicatif Cette troisième proposition est introduite par “mais”, “mais parce que” ou “mais c’est que”

Soit que … soit que

Soit que … ou que

Que …ou quel

La conjonction de la cause supposée On en connaît pas la vraie raison, donc on envisage des raisons possibles qui peuvent être vraies ou non, ce qui explique le mode de cette subordonnée: le subjonctif Elle signifie “ou bien parce que… ou bien parce que”

Le deuxième tableau rassemble les moyens introduisant les propositions coordonnées

Proposition indépendante coordonnée par

information nouvelle, comme “parce que” mais elle ne se place jamais en tête de phrase

En effet Cet adverbe confirme l’information qui précède en introduisant

souvent une explication détaillée ou une preuve qui renforce cette information

Conjonction de coordination un adverbe de sens coordonnant exprimant la cause

Tant Ces deux adverbes marquent l’intensité ou la répétition, “tant”

étant plus soutenu

Ngày đăng: 22/10/2015, 14:29

TỪ KHÓA LIÊN QUAN

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