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cours de lexicologie francaise giáo trình từ vựng tiếng pháp

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II taut done lier étroitement svntaxe et lexique, e'est-a-dire partir de phrases, utiliser le mot étudié dans line phrase qui on justific I’emploi, employer un mot polysémique dans diffe

Trang 1

T R Ầ N T H Ể H Ù N G

G I Á O T R ÌN H

TỪVựNG TIẾNG PHÁP

OLHJ

■li o

Trang 2

ECO LE SUPERIEURE DES LANGUES ETRANGERES

TRAN THE HUNG

C O U R S

d e l e x i c o l o g i e ữ a n ẹ a i s e

U N IV E R S IT E N A T IO N A L E D E H A N O I

Trang 3

c e manuel constilue line aide dans I'apprcntissage de la linguistique fran^aise II est con^u pour les ctudiants dll Département dc Langue et de

C ivilisatio n Kranẹaises (ie I.K e o le Supcricures de Langues, Université Nationale de Hanoi M ais il cst evident qu'il peut ẽtre utile à tous ceux qui veulent approfondir leur competence linguistique cn general et lexicale cn particulicr.

Noire démarche repose non seulement sur un appel à la competence Icxicalc des ctudiants mais aussi sur leurs aptitudes à la créativité De mẻnie que le parleur dispose de certains schemes syntax iques, de même il utilise, sans rendrc compte des « lois » dc formation lexicale qu’ il iniporie dc lui faire praliquer le plus possible, qu’ il s'agisse de morphologic (derivation, compositions, etc.) ou de sémantiques (synonym ic, antonymic etc.) Aussi avons-nous propose un assez grand nombre d'exerciccs dont nous devons Pessentiel à M Obadia, R Dascotte, M Glatiuny ct L Collignons.

II no faut pas oublier que le lexique est structure II importe done de les

fa ire utiliscr systématiquement c'est-à-dire en partant des performances des éiudiants - que nos exercices sollicitent “% de préciser, d'etendre et de diversifier les moyens propres à développer en eux Inaptitude à communique!* C e n’est possible que par la constniction de phrase Un mot n'a de valcur precise que dans un contexte II taut done lier étroitement svntaxe et lexique, e'est-a-dire partir de phrases, utiliser le mot étudié dans line phrase qui on justific I’emploi, employer un mot polysémique dans differents sens, compte tenu de ses constructions et de sa combinatoire sémantico-syntaxiquc l/enrichisscment du vocabulairc sera done nccessairement roccasion de consolider les mécanismes syntaxiques.

Trang 4

Cependant, le mot peut ẻtre lie non seulement à la situation extralinguistique, mais à Tensemble du tcxte dans lequel il figure II peut

se situer au centre (Tune multiplicité de rcseaux qui dépassent les limites

de la phrase Pour cette raison, nous avons préscnté un certain nombre de textes dans les exercices.

Nous avons emprunté à H Mitterand pour la presentation dcs problèmes d'hom onym ie, dc synonymic et à p Guiraud pour les locutions íranẹaises N ous leur exprimons ici nos remerciements sincères.

Le chapitre sur Tutilisation des dictionnaires n ’a qu’ un b u t : c'est de fournir aux étudiants une base leur permettant d'ameliorer leur pratique langagière.

A ux professeurs done d'adapter leur demarche à leurs étudiants en tenant compte de la situation qui peut varier d'une classe à une autre.

L 'a u te u r

Trang 5

S O M M A I R E

c hapitre prem ier: L'ohjet de la lexicologie 7

C’hapitre deux : Les néologismes et 1’évolution sémantique 21

chapitre trois : Les formes récentes (f origine íra n ẹ a ise 35

Chapitre quatre L / affixation 47

chapitre cinq : La composition 77

chapitre six : Les emprunts 89

chapitre se p t: Les locutions 97

Chapitre h u it: La synonymic et i'antonymie 113

Chapitre n e u f: L'homonymie et la polysémie 131

c h a p itre dix : La lexicographic 145

Documents complémentaires 175

B ib liog rap h ic 183

Trang 6

I/apprentissage du lexique va de pair avec Tacquisition de la connaissance des choses.

1 e lexique individuel est très ditĩérent d’ un individu à un autre

M ais un lexique de cinq m ille unites permet de répondre à la plus grande partie de situation de communication courante de la vie pratique.

1 e lexique individuel peut sc subdiviser en l e x i q u e d e s i t u a t i o n : ce son! des ensembles de vocabulaires disponibles.

Trang 7

2.2 Le lexique global

11 est é v id e n t q u ’un individu ne peut p o sséd er to u s les m o ts qui

c o m p o s e n t la langue: un nom bre indéterm iné d e m ots d e m c u ren t

“ e x té rie u rs ” à son lexique C e sont to u s les m ots que le locuteur n ’a pas

e n c o re re n c o n tré s d a n s 1’usage quotidien de son langage À une ép o q u e

h is to riq u e m e n t d é te rm in é e , une c o m m u n a u té linguistique d isp o se d ’une

so m m e c o n s id e ra b le de m ots, cette so m m e constitue le ỉe x iq u e ỵ ỉ o b u ỉ

d e la langue.

O n peut d istin g u e r le le x iq u e g e n e r a l et !es ỉe x iq u e s d e s p é c ia ỉitẻ : le lexique général est co m m u n à to u s les lo c u te u r s ; ies lexiques de spécialité sont liés à un dom aine: science (chim ie, astronom ie), science et tech n iq u e (in fo rm atiq u e), m étier (m enuiserie), activité (jardinage)

L ’etu d e des lex iq u es d e spécialité est la terminologie.

E ntre le iexique global et lexique individuel, ii existe encore un

so us-ensem ble, ce q u ’on peut appeler le ỉe x iq u e d u g r o u p e II com porte

d e s term es sp écifiq u es q u e ne connaĩtront pas les autres C e lexique peut

preoccupation.

L ’in terco m p réh en sio n cesse là ó il y a un élém ent qui n ’est pas

co m m u n P lu s les interỉocuteurs se ressem blent, plus la partie co m m u n e

est étenđue, e t plus ie g ro u p e s ’etend, plus elle est réduite:

Trang 8

2.3 Levocabulaỉre

il est en fin indispensable dc distinguer le le x iq u e du v o c a b u la ir e qui

est r e n s e m b le tics mots cffcctivement em ployes par le locuteur dans un acte dc parole precis, realise sous forme de discours oral ou écrit.

L c vocabulairc sc prête à un inventaire et à une description, done un ensemble concret, délimité.

La richesse dll vocabulaire d un sujet depend de la richesse dc son lexique II s'ag it done tTenrichir le lexique individuel d c r é l è v e et de

r a i d e r à faire un choix convenable, en vue d’utiliser son vocabulaire avec

precision.

2 4 R a p p o r t s e n t r e le l e x i q u e e t le v o c a b u l a i r e

Le vocabulaire et le lexique sont en rapport d ’inclusion: le

v o cab u laire est toujours une partie (de d im en sio n s v ariables selon le

m om ent et les milieux socio-culturels) du lexique individuel; ce d e rn ie r lui-inênie, cst une partie du lexique global.

3 L e m o t

3.1 L e p r o b l è m e d e d e f i n i t i o n

l ° / Ọ u 'e s t-c e q u ’on entend par m o t? O n P a to u jo u rs em p lo y e

c o m m c si la notion de mot allait de SOI Rien n ’est aussi ambigu que ce

term e Ọ uels sent les critères permettant d ’identifier et d e d elim iter les unites lexicales dans la suite de sons qui frappent notre Oreille lo rsq u ’on

nous parle et qu’on appelle chainc p a r lé e ou c h a i n e sonore ? Les

segm ents q u e Pécriture isole par des blancs corresp o n d en t-iIs à une réalité linguistique bien déterminée?

Trang 9

T ou tes les d efinitions données ju s q u 'ic i ont été jugees insuffisantes., ỉncom plètes C ertains linguistiques distinguent les m o ts g r a p h iq u e s ct les

m o ts p h o n é tiq u e s

S i nous considérons le mot dans son apparence graphiquc, il cst un groupement de lettres limité à sa droite et à sa gauche par un “ blanc” qui forme ses frontieres naturelles.

U n mot phonétique est un groupe de sons qui portc un seul accent M a is dans un groupe de mots, chaque mot perd son accent personnel au profit du groupe paccent se déplace pour se reporter sur

la syilab e finale (par exem pie : Dorm ez, Dorm ez bien, D o rm ez bieti

v i t e ) ; d ’autre part, les mots “ courts” , places au début d'un groupe, com m e les a rticle s, les pronoms, ne reẹoivent pas d ’accent, si bien

q u ’ un ensem ble com m e j e l e l u i d o n n e ne se laisse pas distinguer aisém ent, à I ’audition, i t de l e et l e de l u i L ’ ensem ble constitue un

m o t p h o n é t i q u e dont les lim ites ne coincident pas avec ce lle s du m o t

d ifficu ltes dans la definition du « mot ».

M ais toutes les difficultes ne sont pas là L e vrai problèmc est de

savoir si les segm ents isoiables q u ’on désigne c o m m e des m ots

correspondent à une réalité linguistique bien dẻterminée Ci)m nicnt

d é c o u p e r les unites p o u r avoir des m ots ? M a c h in e à é c r ir e , qui est un

ensemble réíérant à un objet unique, forme-t-il un mot ou trois m ots ? De

plus, lo rsq u ’un m ot g raphique ou phonétique, com m c m o u s s e [m us],

présente plusieurs sens (cas de polysémie) qui dénomment des elements differents de la réalité socio-culturels ( m o u s s e - variété de v ẻ g é ta l;

que I’on a relevé de sens? Y a-t-il un ou deux mots phonétiqucs dans Ịỏsãdcgut] ? deux ou trois dans [depejevujarlata] ?

2°/ A ndré Martinet abandonne la notion de mot au profit dcs notions

de m o n è m e s et de s y n t a g m e s Selon lui, « uti énoncé comme J ' a i m a l ù lư

l ê t e ou line partie d’ un tel énoncé qui fait un se.is, comme i ’u i m u i ou

Trang 10

ffiiiL s'appelle nil sig H c linguistiquc Tout signc linguistique comportc ill!

(" J 'ai mal à la tctc“ , M a i m a r , "m ai” ), et un s ig n ự ìư n t g race à quo i le

sitihc sc manifesto, ct quc Io n présente entre les barres obliques (/z e mal

a la let/ /z e mal/, /mal/) C 'cst au signifiant que, dans le langage courant,

on réserverait le nom dc signe L e s unites que livre la p r e m i e r e

a r t ic u l a ti o n avec leur signific et leur signifiant, sont d e s sig n es, ct des

sighes minima puisque chacun d'cntre eux ne saurait ctre analyse en une succession dc signes II n'cxiste pas de terme Uliiversellement adm is pour designer ces unites Nous emploierons ici celui de m o n c m e » (A

M artinet, 196 L p 15) Dans cette term inologie d e M artinet, le m ơ n è m e

est I'unite significative élémentaire II pcut coVncider avec la découpe graph ique du « mot », mais souvent être partic intégrée au « mot »; par exem ple t r a v a i l l e u r comporte deux monèmes: t r a v a i l ! - et - e u r \ n o u s

tr a v a il Io n s co m p o rte trois m onèm es: n o u s tr a v a il I - o n s C h a q u e

nionẻme est charge dc sens:

t r a v a i l l- - action (oil procès) (Tun certain type = non-oisiveté;

- o n s = pluralité dll procès <je + tu);

Cette analyse nous pemiet d’operer parmi les monèmes une distinction: travail!- peut entrer dans des groupements clivers ( u n

tr a v a iỉỉe u r, ị e tr a v a iỉỉe s tr a v a ille z) ; dans ces groupem ents, il pourrait être

rcmplacé par un autre moncme, par exem ple p o i n t - ( u n p o i n t e u r , j e p o i n t e ,

ces diverses positions ; la série à laquelle ils apparliennent est de type ouvert, ce sont les lexemes Par contre des monèmes comme j e y n o u s, ứ,

morphemes Par I cmploi du terme de m o n è m e , Tauteur cherche done à désambiguiser le tenne do morpheme désignant les unites significatives de base aussi bien lexicalcs quc proprement morphologiques.

Trang 11

A in si ce que 1’on désigne traditionnellement comme un m o l ne constituera pas, pour r analyse linguistique, une unite pertinente Si, |K)tir des raisons de commodité due à I’usage, le terme m o t est encore employe, nous savons qu’ il ne peut être tenu pour catégorỉe ou notion scientifii|Uc

“ II sem ble que la solution du problèm e pourrait se trouver dans le rem placem ent, dans la pratique linguistique, du m o t par le concept

b eaucoup plus souple de s y n ta g m e O n désigne, sous ce terme, tout

groupe de plusieurs signes minimaux M ais il est sous - entendu que les

signes minimaux conẹus comme faisant partie (Fun syntagTT.e sont tels

qu’ ils entretiennent entre eux des rapports plus intimes que ceux CỊUÍ les

relient au reste de 1 'é n o n c é : d a n s la phrase u n é n o r me r o c h e r

s u r p lo m b a it la v o ie f e r r e e, on isolera très naturellem ent trois iyntagm es :

u n c n o r m e r o c h e r , s u r p lo m b a it, et la v o ie f e r r e e

3°/ B Pottier nous propose de trailer non plus avec des mots niais avec d es le x ie s (B Pottier, I n tr o d u c tio n à I 'é tu d e d e s s tr u c tu r e s ịỉr a m m a lic a le s fo n d a m e n ta le s ) “ Les lexies sont les elem ents fondam entaux, en langue, de la construction syntax iq u e” O n Jistinguera trois sortes de lexies :

- simple: cheval, chien

L E X I E - composée: cheval-vapeur, brise-glact

- complexe: cheval marin, pomme de tirre.

L e classement en lexie repose sur plusieurs critères, notarrm ent:

la s é p a r a b ilité On dira un m o u lin à c a fé é le c tr iq u e et non un

m o u /in é ỉe c tr iq u e à c a fé, u n e c h a is e lo n g u e r o u g e et non m e c h a ise

r o u g e lo n g u e Les elem ents d 'u n e suite de m ots offrent entre eux unc

certaine cohérence, si bien que “ les emplois répétés de certaine; associations fmissent par s ’ inscrire dans I’ inventaire lexical des sujet; parlants, aux côtés des mots simples” ;

l a v a l e u r f o n c t i o n n e U e “ La lexie com plexe ou la lexie composét fonctionne comine la lexie simple: par exemple s o u s - c h e f fonctionnt exactement de la mẻme manière que c h e f

Trang 12

•l°/ Jacqueline Picoche ( l (>77) propose le terme de s i g n e l e x i c a l

Scio n ellc on peut répondrc au\ questions susmentionnées d ’abord sur le

plan phomque cnsuitc sur le plan du fonctionnement des unites dans la

chaĩne parlée e! de leur sens.

• Point de vue phoniquc

1 /accent joue le role d element d em arcatif? O ui, dans certaines longues comme le russe par exemple oil il petit occuper diverses places

nriais toujours la mcme pour un mot donné; sa presence signale done une

unite lexicale pleine En franẹais par contre, r accent, assez faible, frappe

en principe la dernière voyelle du mot mais cettc valeur démarcative est

annulcc à rintérieur (Tun groupe de mots étroitement lies du point de vue

syntaxique (oil syntagme): raccent ne subsiste que sur le dernier mot du

groupe; raccent peut être aussi déplacé sous re fle t (Tune volonté

d ’expressivitc: raccent de F o r m i d a b l e !, qui frappe normalement le a

(F o r m i d a b l e !) pent très bien passer sur le o initial ( F o r m i d a b l e ! ) Le role

deniarcatif de Taccent est done assez faible en íranẹais De plus, le

íranẹais permet toutes sortes de liaisons et d'elisions qui contribuent à

effacer la frontiere dcs mots composant un syntagme L e s traits

deniarcatifs phoniques lie jouent, dans Ic découpage en mots de la chaĩne

parlée, qu'un role dadjuvants; les critères principaux sont d ’ordre

syniaxique et sémantique, commc indique la célèbre definition de Meillet,

« u ti m o t r e s u l t e l i e I 'a s s o c i a t i o n d ' u n s e n s d o n n ẻ a u n e n s e m b l e Ltd s o n s

d o n n é s s u s c e p t i b l e d u n e m p l o i g r a m m a t i c a l d o n n ẻ ».

• Point de vue syntatico-sémantique

Sur cc plan du fonctionnement dcs unites dans la chaĩne parlée et de

leur sens, on distingue: les unites m orphologiquem ent et

graphiquem ent sim p les teiles quo c o u t e a u, p e n c i u l e, a n i m a l s les unites

morphologiqucment composées, mais graphiquement simples telles

que a n t i c o i i s t i t u t i o n n e ỉ ỉ e m e n t et les unites g raphiquem ent com plexes

telles CJUC p o m m e d e te r re , oil a s s is ta n te s o c ia ie

Trang 13

S ur le plan sy n tax iq u e on peut isoler des unites de fonctionnemerot

en faisant j o u e r d iv ers critères dont les principaux sont CCU.X

á 'i n s é p a r a b i li té et d e c o m m u ta tio n

+ Le critère d ’inseparabilite, c ’est-à-dire 1’im possibilité d ’intercale-r

un m o rp h em e q u elco n q u e, fonctionne év id e m m e n t pour les in i t é s

m o rp h o lo g iq u e m e n t et graphiquem ent sim ples, ainsi que pour les m ates

m o rp h o lo g iq u e m e n t com p o sées, mais g rap h iq u em en t simples ; in a s s o n rôle principal e s i d e te ste r le caractère lexical d ’unites graphiqucnvent

• co m p lex es Im p o ssib le d e dire p o m m e j a u n e d e te r r e ou a ssista n t* t r è s

s o c ia le

+ Le critère de co m m u tatio n , a u tre m en t dit, d e s u b s titu tio n d 'u n

é lé m e n t à un au tre, v ie n t d ’ordinaire c o n firm e r ce que révèle le critère

d ’in sep arab ilite II est fo n d e sur le fait que, lo rsq u ’une univẵ est lex icalisée, c ’e st-à -d ire sentie c o m m e un m ot et non com rre un

s y n ta g m e , e lle e n tre d a n s un réseau d ’o p p o sitio n avec d es miités sim p les, et tire d e là sa valeur: P r e n e z ỉ a p u r t e ! s ’oppose à R t s t e z !

av ec lequel il se tro u v e en rapport d ’a n to n y m ie et peut ẽtre re rrp la c é

p a r le s y n o n y m e S o r t e z ! II est n o rm a le m en t im possible, dans une u n ité lexicale g ra p h iq u e m e n t com plexe, đ e p ro c é d er à une c o m m u a t ion

te rm e à te rm e sans lui faire perdre son statut đe s y n ta g m e l e x k a ỉ i s ẻ ,

( c ’est-à -d ire fo n c tio n n a n t c o m m e un m ot u n iq u e ) au trem en t d it á t m o t s

c o m p o s e s , et sa n s la tran sfo rm er en s y n t a g m e lib r e , asso c at ion

te m p o ra ire d e m o ts in d é p e n d a n ts : il est facile d e su b stitu er à p o m tie d e

te r r e d es m o ts sim p le s tefs que n a v e t ou c a r o tte Par contre, d a is un

c o n te x te tel q u e L ' e n fa n t a tn o d e lé u n e p o m m e d e te r r e g la is e , il est

e v id e n t q u ’on a affaire à trois mots d istincts, la d ifficulte d'intrcduiire

un a d je c tif en tre d e e t te r r e est fortuite (é p a is s e, ìo u r d e seraien àì la rig u e u r p o ssib le s) et la substitution se ferait e le m e n t par élém en' (ịpar

e x e m p le u n e p o i r e e n p là t r e ) D e m ê m e p o u r p i e d à te r r e : un seui nnot

d a n s // a u n j o l i p i e d à te r r e à la c a m p a ^ n e qui e x c lu t * u n p i e d l i c u e u x

à te r r e e t a d m e t la su b stitu tio n de m a is o n ou v illa , trois m o ts d>ns» //

Trang 14

f r a n c h I I p é m h l e m e n t l a ỊH ỉs.sc r c llc i't p o s a u n p i e d ( e n d o ỉ o r i ) ù t e r r e L à enco re, la substitution element par element : i l l e v a u n e m a i n e n I a i r

A cela s 'a jo u ten t lies critcrcs seco n d aires c o m in e r i m p o s s i b i l i t é de

coordonner (HI tie reprendrc un scul dcs elements du compose: * U n

{.he m m tic f e r c l lie t c r n \ oil * je p r c fe r e le t h e m in cie f e r a la r o u t e , le

t h e v im c s t m o in s /litig a n t sont im possibles II n e fait d o n e pas de d o u te

q u e p o m m e lie t c r n \ c h e m in ile f e r, a s s is t a n ts s o c i a l e et p r e n d r e la

p o r ỉ e d o iv en t ctrc m algré les d isjo nctions g ra p h iq u e s , c o n s id c ré s

c o n iin e d es unites lexicales tbnclionnant e x a c te m e n t c o m m e d e s un ites

s im p le s

t'e p e n d a n t ' ces critères constituent plutôt d e s in d icatio n s q u e des

p re u v e s , Ic fait q u ’un groupe dc m ots soit ou non lex icalisé n 'e s t pas

to u jo u r s incontestable, r unite lexicale c o m p le x e n ’a rien d an s son

a s p e c t fu n n e l qui la distingue (Tun sy n tag m e libre, les critcres ne sont

in te rp re tatio n s F a ir e p e u r est co m m u tab le en bloc av ec e ff r a y e r, m ais

te m p o ra ire , circonstancielle, destinée à la c o m m u n ic a tio n m o m e n ta n é e :

j ’litilise une a ig u ille et il se trouve q u 'e l le est a im a n té e (o u j e 1‘ai choitsic telle) Le mot com pose cst une a sso ciatio n sta b le d e s tin é e à

e x p r im e r un c o n c e p t un, quoique com plexe, et te n d a n t d an s son g e n re à

ru n ã v c rs a lité : on appelle a ig u ille a im a n íé e la c la sse en tiè re de to u s les

in s tru m e n ts q u e les physiciens d é n o m m en t ainsi et, au b esoin, on

actUiaiisera cette unite lexicale dans le discours.

D ans ce cours, nous continuerons par c o m m o d ité à u tiliser le te rm e mi>t dans le s e n s de r e u n ite iexicale”

Trang 15

et celui qui s ’attache au x autres signes presents d an s le c o n te x te (“Je viens de tro u v e r un a p p a r te m e n t au 5* étage, ex p o se plein sud” ) C e principe d e d ifference fait q u ’il s ’agit pour le signe d ’e t r e c e q u e lex

a u tr e s s ig n e s n e s o n t p a s e t d e n 'être p a s c e q u e le s a u tr e s s o n t

C h aq u e perception de difference constitue ce que T o n appelle un

tr a it s ẻ m a n tiq u e Par ex em pỉe, en opposition à v illa , a p p a r te m e n t posscdc les traits sém a n tiq u e s suivants: h a b ita tio n d a n s u n im m e u b le , h a b ita tio n

s itu é e e n v ille M ais d e n o m b reu x autres traits pourront c o n stitu e r le sens

de ce m ot selon le c o n tex te dans lequei celui-ci se tro u v era e m p lo y e

3 2 2 L e s e n s a u c e n t r e d ’u n r é s e a u d e c o r r é l a t i o n s

L ’a n aly se du sen s d es mots d o it se faire en tenant c o m p te du

c o n te x te e t d u s y s tè m e A utrem ent dit, les traits sé m a n tiq u e s depen d en t des corrélations qui s ’etab lissen t entre les signes C e s co rrelatio n s sont de

d eux ordres: d'o p p o s itio n et de c o m b in a is o n

Les relations d ’opposition : elles sont constituées par I’ensemble

des rapports d e substitution qui peuvent s ’etablir e n ữ e c e rta in s signes à

r in té r ie u r d ’un m ê m e contexte Ainsi, de m êm e q u e les mots gram m aticau x u n et le sont en opposition dans le co ntexte “Jf’ai pris u n /

le frain d e n u it” , de m ê m e les mots lexicaux th e a tr e e t c in e m a ainsi que

b le u et b la n c, sont en opposition dans “ Hier soir j e suis allé au th é á tr e I

c in é m á " , et “ II a repeint sa cuisine en b le u / b l a m e C e s relations

Trang 16

d ’opposition sont ditcs v i r t u e l k s, parce que les m ots c o n c e m é s ne

peuvent pas sc Irouver, cn méme temps, au mẻmc endroit du contexte

C c s relations sont encore appelécsp a r a d ig m a tiq u e s.

L e s re latio n s de com bỉnaison : elles sont constituées par Pcnsem ble dcs rapports de combinaison qui s ’établissent entre les diíiOrcnts signcs qui forment ce qu’on appelle le contexte linguistique

une phrase, et seulement par cette phrase et par le contexte, que nous pouvons donner à un mot sa signification exacte et nette” A in si, dans

‘\)e prcfcre le vin mais je ne déteste pas la bière” , mots gram m aticaux et mots lexicaux se trouvent dans des rapports de com binaison L a caractéristique généralc de ces rapports est q u 'ils respectent des règles

d agencement (syntaxe) el de coherence sémantique C e s relations sont dites e f f e c t i v e s parce que les mots concem és sont co-présents dans un mẽnie contcxte C e s relations sonl encore appelées s y n t a g m a t i q u e s L e sens des signes se trouve done au centre de ce réseau de correlations dont lcs deux axes sont solidaires Tun de Tautre.

3 2 3 S e n s e t d o m a i n e s d ’e x p e r i e n c e

L e signe résulte cPune triple conceptualisation, réíérentielle,

structurelle et situationnelle II s’ ensuit que le sens se construit dans des

cham ps (Texpérience qui correspondent aux divers dom aines de la pratique sociale des individus cTune communauté linguistique donnée

On parlera dc d o m a in e s d ' e x p e rie n c e Le sens du mot c a n a r d , par

e.xernple, ne sera pas le m êm e selon q u 'il se réfère au d o m a in e

d e x p é ric n c e de la F E R M E ( a n im a l d o m e s ti q u e d 'é ! e v a g e ) , de la

M U S IQ U E ự a u s s e n o t e ) , dc la C U I S I N E ( v i a n d e d e v o ỉ a i ì ì e), des

M É D IA S D 'IN F O R M A T IO N ự a u s s e i ì o u v e l ỉ e ) ou đe la Z O O L O G I E

( o i s e a u p a l m i p e d e ) , etc.

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relations son! indiquées par dcs mots ( e t y (J i\ q u e etc.), ceux-ci sont

appelés 'm o t s v id e ,v” oil cncorc g r a m m a t i c a u x \ la fonction des mots

" p i e i n s ' M ais il sulĩit de quclques exemples pour que cette distinction,

cette opposition se brouilie sous les difficultes de ra n a lyse :

J’ai lu lift livrc

et J'ai III le livre

n'om pas tout à fait le même sens

II y a ( io n o u n glissement du dom aine de la sram m aire vers celui du lex iq u e Et il convient de poser que tout elem ent de P én o n cé est charge

d c s e n s et participe au sens de ré n o n c é global.

4 2 L a f o n c t i o n d e s e l e m e n t s “g r a m m a t i c a u x ” e t “ l e x i c a u x ”

M ais pouvo n s-n o u s situer sur un m ẽm e plan les elem ents

sém;antiques “ gram m aticaiix'' el “ lexicaux”? Les m ots contribuent-ils au

sens de la m ê m e m anière?

Les ele m e n ts linguistiques ont pour fonction, du point de vue

semantic]lie, d e r ẻ /é r e r à et de d é n o m m e r V e x p e r ie n c e que nous vivons

D a n s u n e ta b l e, le second mot, un nom , désigne un elem ent de ce

ccnt<exte que Ton appelle e x tr a -lin g u is iiq u e ; le prem ier mot, un article, ne

fait cqu‘ex p rim er line particu larity une m o d a U tè de P élém ent désipné par

table*. Serait d o n e le x ic a I tout ce qui dans la langue peut se rapporter, en

la d ié n o m m c u u, à re x p e rie n c e des homines, g r a m m a tic a l, tout ce qui

d e te r m i n e les m ots de cette evocation C ela im pliquerait que I'essentiel

dll sen s, dans un énoncé, est portc par les elements lexicaux, de telle sorte

que lie loculeur puisse, éventuellem ent faire économ ie du gram m atical.

Dc plus, les elements lcxicaux appartiennent à des ensem bles vastes;

les éĩlémcnts gram m aticaux à des ensembles restreints; et à partir d ’une

struciture donnce, nous pouvons construire nombre de phrases điíTérentes

car iinnombrables sont les noms, innombrablcs sont les verbes En revanche

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le' locụteur ne dispose pas d'un nombre illimité d'articles, ni de prepositions: ces mots sont dénombrables aisément.

3/ Un mot phonétique peut-il correspondre à plusieurs mots graphiqucs?

Un mot graphique peut-il correspondre à plusieurs mols phonétiques? Donnez des exemples à 1’appui.

4 / Pourquoi les appellations d e m o t v id e et de m o i p l e i n sont-elles

impropres ?

5/ L e s mots contribuent-ils au sens de 1’énoncé global de la mcme manière? Donnez des exemples (non cités dans le cours).

6/ Q uelles diíĩérences de sens y a-t-il dans deux phrases suivantes?

Q uelle conclusion pouvez-vous tirer?

- L e train de Paris vient d ’arriver.

- L e train yient d’arriver de Paris.

7/ V o u s connaissez sans doute le sens des mots suivants Sinon, referez- vous au dictionnaire et dites avec quel autre mot on les trouve

toujours (ou presque) exclusivem ent associés : saur - bée - h o ch er - perpétrer - hère - sire - bissextile - ouvrable.

Trang 20

C H A P IT R E D E U X

1 L a n é c e s s i t é d e c r é e r d e s f o r m e s n o u v e l l e s

Une com m unautc socioiinguistique ne cesse de faire bouger son

langage, el plus particulierem ent son lexique Au co u rs des siẻcles, le

vocabulaire a beaucoup évolưé: bien des mots ont disparu, beaucoup

d 'a u tre s sont successivem ent apparus Au m om ent de leur entree dans

la langue, on pouvait appeler n é o ỉo g is m e chacun de ces nouveaux

Venus La presence des ternies nouveaux dans la langue est inevitable:

bien des néologism es sonl indispensables, notam m ent:

á ' im p r ifn a n ie , d e c o h a b it a ti o n, de m ic r o - o r d in a t e u r, d e n a u tiq u e

a ê r i e n n e, d' a e r o n a u tiq u e d'a e r o s ta tio n par ex em ple.

form e nouvelle est é g alem en t frequente quand la co m m u n icatio n se

fail mal parce que la forme traditionnelle (peu pratique) devient

difficile à manier: dc n o s jours le verbe c lo r e , defect if, fait place à

c ỉỏ t u r e r, s o iu tio n n e r concurrence r é s o u d r e dont r u s a g e est difficile.

Les nẻologism es favorisent done souvent la com prehension

A ussi ne distinguerons-nous pas ceux qui correspondraient à une

notion nouvellc (inform atique) et ceux qui exprim eraien t (Tune autre

m anière line notion co n n u e (solutionner) I^I distinction est delicate et

p eu utile N ous m ettrons seulem ent à part les form es récentes

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(apcsaiiteur) et les sen s récents (créneau) Les raisons qui cx pliqucnt

I’emploi des expressions ct mots nouveaux sont très diverses On petit

les e m p lo y e r par souci de precision technique, pour am uscr p o u r ren d re plus sim p le une expression qui serait longue Parfois aussi certains en ab u sen t par snobism c et pretention Parm i les ncologisincs

on peut d istin g u er les m ots fo r m e s s u r d e s r a c in e s jr a n q a is e s et les

e m p r u n ts faits à d es iangues étrancères O n distingue aussi les

n é o lo g ism e s sé m a n tiq u e s dus à re v o lu tio n sém antique (n éo lo g ism cs par m odification des traits de selection) et les n éologism es dc langine (n é o io g ism e s de form e produits par d es regies linguistiques avec les lex em es qui existent sous Pétat latent).

2 L ’e v o l u t i o n d e l a l a n g u e

La linguistique a un double objet, elle est la science du langage net

la science des langues.

Si tous les hommes ont cette capacité de parler tous ne parlemt

pas la même langue L a langue est un système specifique de sign<ss

articulcs d ont le fonctionnem ent repose sur un certain nom brc d e

regies, de contraintes Elle est à la fois un produit social de la íacultté

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íhi líin^age et un ensemble de conventions nécessaires, adoptées par le

corps social pour permettre Pcxercice de cette ĩaculté che/ Ics

individus HI le cst distinclc (ill langage par son caractère

C(>n\ t'H iio n n c L s o c i a l , i’v n lu iif.

La langue est un phénomène social Ellc est au service de la

société et elle évoluc avcc la société M ais comment la langue évolue-

t-ellir? I/évolution dc la langue ne depend pas uniquement des

couches supérieures dc la société parce que la langue, en tant que systẽme, est r oeuvre de toute la masse populaire.

• La langue évolue lentement par rapport aux autres phénomènes

sociaux.

• L e lexique (Tunc langue est le lieu des plus grandes variations, des mots disparaissent de r usage quand d ’autres sont créés, selon les nécessités de la denomination (c'est-à-dire selon les besoins socio- culturels du m ilieu).

• La grammaire d'une langue se modifie beaucoup plus lentement: les elements qui en sont constitutifs sont relativement stables.

• L e lexique d ’une langue s'enrichit non seulement par le nombre

de mots qui sont successivement apparus m ais aussi par les changemcnts de sens des mots existants.

3 d e v o l u t i o n s é m a n t i q u e

3.1 L a m o n o s é m i e e t la p o l y s é m i e

L e mot est à rorigine porteur d’ un seul sens appelé s e n s p r i m i t i f :

la communication postulc ỉhéoriquemcnt un sell I nom pour chaque sens ct IIn seul sens pour chaque nom M ais le mot évolue et acquiert, ,IU cours lie rh isto irc d'autres sens C e s dem iers sont plus souvent

em ployes que Ic s e n s p r i m i t i f qui tombc, dans bcaucoup de cas, dans

Trang 23

I'oubli Cette p u ỉ y s é m i e - existence de plusieurs sens pour un mème mot - est un phénomène caractéristique des mots du íranẹais qui présente un avanlage evident dans la communication (cf ch 9, 2.1).

Si un mot peut a v o ir plusieurs sens, ce sont des sens virtueis

C h aq u e mot a un s e n s d e b a s e et un ou des s e n s c o le x tu e ls qui n e se

superposent pas C ’est le cotexte qui precise le sens de c o r et de

o p e r a tio n dans “ R oland sonna du cor” et " L e s o p e r a tio n s s e

p o u r s u iv e n t d a m le d e lt a ”. E t dans chaque cas, le m ot é v o q u e un

co n cep t precis C ’est la m o n o s é m ie La m on o sém ie d es m ots n o u s perm et d ’eviter toute ambiguTté.

3 2 L a r e s t r i c t i o n e t r e x t e n s i o n d e s s e n s

B eaucoup de m o ts o n t change de sens au cours d e I’histoire

L a b o u r e r signifiait au tre fo is tr a v a ille r On labourait non seu le m e n t la terre m ais aussi le bois, le fer De nos jours, on dit la b o u r e r l a te r r e

seulem ent Son sens d ev ien t plus étroit! il y a alors r e s tr ic tio n du sens

P u n ie r était line corbeille p o u r contenir le p a i n, mol qui sert de radical

à panier II désigne m a in te n a n t un ustensile d ’osier, d e j o n c ou fom>é

d ’une m atière rigide, m uni d ’une anse, avec lequel on tran sp o rte dcs provisions, des m arch an d ises, etc Le sens du m ot s ’est étendu: il y a

e x te n s io n du sens D an s la classification des f i g u r e s r h é to r iq u e s , la

restriction et I’extension de sens definissent la m é t a p h o r e et la

m é to n y m ie

3 3 L a m é t a p h o r e e t l a m é t o n y m i e

3 3 1 L a m é t a p h o r e

a ) Q u 'e s t-c e q u e la m é ta p h o r e ?

Trang 24

Q u a n d un o u v ric r d e m a n d e un p ic d -d e -b ic h e , il ne p en se pas à

la ftm e lle du cerf, m ais à un instrum ent m é ta lliq u e qui re sse m b le - plus oil m o in s - ả tin pied de biche D e m ê m c q u a n d on p arle de

d v n fi d’ lin pcigne, dc tc te (Tune épingle Dans ces expressions, en

vertJ cTune re sse m b la n c e plus ou m o in s p re c ise , on a “ tra n s p o rté ”

sur m objet materiel un nom qui désigne une partie d'un être vivait C'est le principe de la m è ta p h o r e: la métaphore est I’ emploi

dc out terme auquel on en substitue un autre qui lui est assimilé

aprèi la su p p re ssio n des m ots in tro d u is a n t la c o m p a ra is o n Les

méuphores expriment la ressemblance, mais il faut souligner que

c e tu r e s s e m b la n c e e x is te d 'iib o r d (et parfois uniquement) d a n s

I ’e s fr it d e I 'a u te u r d e lư m é ta p h o r e Autrement dit, dans le cas de

m é t c p h o r i s a t i o n, il se produit une c o n t a m i n a t i o n en tre les

c o n tin u s s é m a n tiq u e s d es term es A et B D a n s M a t h ie u e s t u n e

p u a le terme A s’ impregne des caractéristiques de la classe du term: B (M athieu s'impregne de la classe a n im a l tout en contnuant d'appartenir à la classe h u m a in), et inversement, le term.* B s’ impregne des caractéristiques de la classe du terme A (puce s’ impregne de la classe h u m a in tout en continuant d’ ap>artenir à la classe a n im a l). On pourrait dire que M athieu est

un t u m a i n - a n i m a l - t r e s p e t i t et que p u ce est ici UĨ1 h u m a i n - t r è s

p e t i t Cette contamination sémantique est tout à fait évidente dans

un éioncé com m e « L 'h o m m e est un ro se a u p e n s a n t » (propriété

c o m n u n e : ê tr e f r a g i l e e t r e s is ta n t) D o n e la m é ta p h o re n ’est pas

line com paraison raccourcie: la com paraison est un jugem ent

e x p lc ite porté sur certains aspects de la ressem blance qui peut exìstír entre deux êtres tandis que la métaphore vise à fo n d re deux ctres en un seul C ’est pourquoi on peut dire que la

m e t a / h o r i s a t i o n propose une vision d u m o n d e d a n s la q u elle les signei s u b is s e n t une m e ta m o r p h o s e.

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b ) M é ta p h o r e e t le c o n te x te

Une mẻtaphore est rarement isolée, c ’est-à-dire qu’elle n ’est pas

« gratuite »: presque toujours elle entretient des liens s é m a n tiq u e s

étroits avec le contexte Parfois, au cours d ’un mẽme texte, plusieuxs métaphores de même type se succèdent A ussi est-il souveint impossible et peu utile de « tra d u ire » une métaphore L ’énoncé métaphorique est la meilleure ou la seule fafon qu’a à disposition le locuteur pour communiquer sa pensẻe (en d’autres termes, il n’y a pas

d ’equivalent littéral de sa pensée) Cette proposition stipule qu’ un énoncé métaphorique ne peut être réduit à 1’une quelconque de s<es paraphrases Dire, en effet, à son enfant ( l a ) ou ( lb ) ne se réduit pas à communiquer leurs paraphrases (2a) ou (2b):

n ’est pas moins attendrissant pour autant (comme le somt généralement les jeunes animaux).

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« M ais c ’est une vraic p u c e , cet e n f a n t! »

Cette structure est généralement exprimée à I’aide du verbe ẻ t r e

on de Pun de ses equivalents On parlera de d e f i n i t i o n m é t a p h o r i q u e

+ la c o m b in a is o n NI lie N2 : « il possède la r u s e d u r e n a r d et la

fo r c e d u lio n »).

De lous les changem ents de sens, la m étap h o re est le type le plus courant Les plantes, les anim aux, !es instrum ents en particulier échangent leurs noms; les parties du co rp s h u m ain sont la source d ’un trcs grand nom bre de ces m étaphores : la te le d ’u n p o n t, le p i e d d u n e

m o n ta g n e , le s d e n ts d 'u n e s c ie etc.

3 3 2 L a m é t o n y m i e

La m ẻ to n y m ie rem place un mot p a r un au tre m ot qui est lie au

p rem ier par un rapport logique suffisam m ent net : b o ir e u n v e r r e au lieu de b o ir e d u v in \ mais dans la m étonym ie, il n ’y a pas de rapport

de ressem blance, il y a seulem ent le rapport de contiguĩté : deux objets, êtres sont rapprochés dans l’ex p e rien c e com m une, e ’est pourquoi le nom de l’un (v e r r e) pourra être utilise à la place de Pautre

( v i n ) : u n v e r r e d e v in Les deux objets, êtres, notions sont lies par une relation de a u te u r à o u v r a g e (Je viens de lire un Balzac), c o n te n a n t à

c o n tc n u (Je vais boire un verre), de in s tr u m e n t à u tilis a te u r (II est le

p rem ier violon à l’orchestre de Lille), d e p h y s i q u e à m o r a l (II a du coeur à I’ouvrage), etc Certains linguistes distinguent entre la

m ẻ to n y m ie et la* syn ecd o q u e.

L a s v n e c d o q u e, comme la métonymie, remplace un terme par un autre, m ais la relation entre le terme employe et le terme remplacé est plus étroite dans le cas de la synecdoque E lle permet d ’exprim er un ensemble, un tout par une de ses parties (ex « L e s voiles disparurent à I’horizon 1 > = L^ĨS bateaux à voile disparurent à 1’horizon), un objet par

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sa m atière (ex « I Is croisèrent leur fer » = I Is croisèrent leur épéc, ils

se b attent à 1’épée) E t réciproquem ent, elle perm et d ’exprim er une partie d 'u n e n se m b le par I’ensem ble lui-m êm e, le particuiier píư le

g eneral (ex « 1’é p é e » sera dit « I’arm e », « le chien » sera dit

« r a n im al », etc.).

O n v o it q u e d an s la m étonym ie, 1’élé m e n t qui rem place (le

su b stitu an t) ne fait pas partie de P é lé m e n t substitué (le substitué)

D a n s la sy n e c d o q u e , I’elem ent substitué fait partie intégrante de 1’é lé m e n t q u ’il rem place.

3 4 L a l i t o t e e t I’h y p e r b o l e

a ) L a lito te

Si le substituant représente un degré de quantification plus faible

q u e le substitué, c o m m e b o n par rapport ả e x c e lle n t qui perm et dans

c e rtain es circo n stan ces, d e dire “C ’est un b o n travail” au lieu de

“C ’est un e x c e lle n t travail” , on aura affaire à un effet de litote La

lito te est d one une figure rhétorique consisten t à se servir d 'u n e

e x p re ssio n qui affaiblit la pensée afin de faire entendre plus q u 'o n ne dit O n produit so u v en t un effet d e litote avec des expressions

n e g a tiv e s d u genre: c e n ’e s t p a s tr è s b o n p o u r c 'est m a u v a is ; O n n e

m o u r r a p a s d e / a i m a u jo u r d 'h u i pour O n VO b e a u c o u p m a n g e r

a u j o u r d 'h u i.

b ) L 'h y p e r b o le

À P in v erse, si le substituant représente un degré de quantification

p lu s fort que le substitué, com m e c a m io n p a r rapport à v o itu r e (“ M ais

e ’est un c a m io n !” en parlant d ’une voiture), on aura affaire à un effet

d ’h y p erb o le L ' h y p e r b o le est done une figure qui consiste à m ettre en

re lie f une idée par 1'emploi d ’une ex p ressio n qui va au-delà dc la pensée A u trem ent dit, I’hyperbole am plifie les term es d 'u n énoncé afin d e m ettre cn e v id en ce un objet on une idée O n dit une d o u le u r

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U ifinie p o u r line g r a n d e (fa u h ’u r, un tr a v a il s u r h u m a in pour un g r a n d

tr a v a il, un v e n t () d è c o r n c r ỉe s bcvufs pour un v e n t ir e s f o r t

Dans CCS deux cas (la litote et rhyperbole), on voit que le

s u b s t i t u é sans 1'exprimcr dircctement C e n'est done pas le s u b s t i t u a n t

q;ji correspond à r intent ion de com m unication, m ais le t e r m e

s u b s t i t u t e transforme à rissu e de ^operation.

3 5 L ’e u p h e m i s m e e t le t a b o u

On a p p e lle e u p h e m is m e toute m anière attén u ée ou ad o u cie

d 5e x p rim e r certains faits et certaines idées don t la eru d ite pcut blesser, autrem ent dit on cherche le mot favorable : un article n ’est plus e n

r e c la m e m a is e n p r o m o tio n

O n ne dit pas : i l e s t ( r è s p e u r e u x mais /7 e s t i r e s p r u d e n t Quand

on parlc d'euphem ism e, on pense aussitơt aux t a b o u s u existe des contraintes sociales quị, dans certaines circonstances, empêchent

ru tilisa tio n de certains m o ts :

• La décence nous interdit toute image obscene ou đégótante ;

• O n e v ite aussi par courtoisie certaines e v o c a tio n s déplaisantes

On ne p a r le pas de c o r d e dans la m aison d ’un p e n d u, un m o r i est le

d e fu n t ou le d is p a r u C e s substituts sont appelés e u p h é m i s m e, c ’est-à- dire les m o ts favorables.

Trang 29

c h a n g e m e n t d an s notre attitude subjective à 1’égard du referent l.e

fu sil n’est plus une arme à pierre; nous continuons à dire le soleil se

c o u c h e

3 7 L a s t r a t i f i c a t i o n s o c i a l e

L es lan g u es de groupes sociaux présentent chacune des caractères d istin cts qui tiennent à la fois à la culture, aux m o d es d e vie

e t surtout à P activ ité économ ique e t technique du groupe ; il y a des

s tr a tific a tio n s En passant d ’un groupe à un autre, le sen s du mot

m o d ifie ; ces “e m p r u n ts s o c ia u x” constituent le principe essentiel du

c h a n g e m e n t d e sens Un m ot special est ad o p té par I’ensem ble de la collectivité, un m ot general peut être au contraire abandonne à un

g ro u p e : il y a g e n e r a lis a tio n ou s p e c ia lis a tio n du mot À la

g e n e r a lis a tio n correspond le plus souvent une e x te n s io n du sens, de

m ê m e q u e la s p e c ia lis a tio n en entraĩne une r e s tr ic tio n

3 8 L e s c a u s e s d e I n v o l u t i o n s é m a n t i q u e

À to u te s les ép o q u es du íranẹais, d es m ots existants ont change

de sens: les uns ont perdu de leur sens, les autres en ont acquis de

supp lém en taires Les causes en sont nom breuses:

a / C a u s e s h is lo r iq u e s ou changem ent dans les sciences et les tech n iq u es, les institutions, les moeurs entraĩnant un changem ent d e

c h o se s sans c h a n g em en t du nom { fu s il, p lu m e ) ',

b/ C a u s e s U n g u is tiq u e s ou c h an g em en ts dus ả d es causes

p ho n étiq u es, m o rphologiques ou syntaxiques (Jrite, lo u e r

d C a u s e s s o c ia te s : Les “em prunts so c ia u x ” et les dépiacem ents

d e I’aire sociale du m ot (tr a v a ille r , p a n i e r );

d / C a u s e s p s v c h o lo g iq u e s : e ’est la recherche d e I’expressivitc

d e s tab o u s et I’eu p h e m ism e (d is p a r u , d e m o c r a tie lib e r ie

Trang 30

E X ÊR C ICES

I/ p ile s quelle categoric d'etre humain pcut, depuis quelqucs temps, ctrc designee par chacune des expressions suivantes :

col blanc, blouse blanche, poulet, colom be, aubergine,

col bleu, casque bleu, iiueule noire,

2/ P a n s les phrases suivantes, quels m o ts sont-ils e m p lo y e s d a n s un sens recent ? E x p rim e / la m ẻm e idée à Taidc cTun te rm e ou de

plusieurs termes utilises avec leur signification traditionnelle.

a) L es centres com m erciaux ne sont pas une petite affaire L eur

m ise en orbite ne sc fait pas du j o u r au lendem ain.

b) Les entreprises voulant dim inuer leurs charges salariales en une

p criode difficile cherchent tous les m oyens de d ég raisser leurs effectifs.

c) En période electorate, le désir de propagande p o u sse les

m ilitants, en dépit dcs règlem ents, à un affichage sauvage.

d) M o n sieu r Dupuis veut être depute ; depuis d eu x ans, il travaille

sa future circonscription.

e) Un très beau spectacle inspire par un sens aigu de l'E tat et execu te dans rh u ile , com m e disent les techniciens.

0 En fin de sem aine, quand les reservations crèvent le p lafo n d , la

C a rav eỉle est rem placée par un B o ein g 727.

g) X est un des je u n e s loups d e la m ajorite qui p o u sse les dirigeants à renouveler leur strategic; il a les d en ts lon g u es et com pte bien satisfaire son appétit.

h) L a production augm ente trop rapidem ent; les sp écỉalistes parlent d e surchauffe.

3 / C o n n aissez-v o u s les term es récents form es su r le m o d è le

c e n tr a lis e r / c e n tr a lis a tio n pour ex p rim er les idées su iv a n te s ?

a) Donner une importance d r a m a t i q u e à un fait.

b) Faire passer à une m u n ic ip a lité la charge d ’un serv ice ou la

p ro p riété cTun terrain.

Trang 31

c) Donner à quelqu’un rid é e qu’ i! est c o u p a b l e

d) Faire entrer une dépense dans le b u d g e t de l ’ Etat.

e) C onsidérer quelque ch o se c o m m e s a c r ẻ

f) Faire passer à la n a t i o n la propriété de certains biens privés.

g) Donner un caractère p o l i t i q u e à quelque chose.

h) Établir une organisation h i é r a r c h i q u e

4 / Le mot p il o t e sert à fo rm er des m o ts com poses désig n an t quelque chose qui peut ê ữ e considéré c o m m e un mcxièle ou un exem ple

T ro u v ez - en quelq u es-u n s que v o u s utilisez dans d es phrases.

5/ Expliquez avec precision, en tenant compte de I’existence de sens figure, comment on peut :

b) frapper sur un v a le t sans risq u er d ’etre accusé d e cou p s et blessures ?

c) conserver des b o u l e s d e n e i g e dans un lieu très chaud ?

d) m an g er d es tê le s d e n è g r e sans être anthropophage ?

e) placer un enfant au m ilieu de g u e u l e s d e l o u p et ne pas craindre pour lui le sort du Petit Chaperon rouge ?

f) nettoyer un q u e u e đ e p i e à I’essen ce ?

g) e s s u y e r le s p lâ tr e s sans y to u ch er ?

h) être sur des charbons ardents sans se brũler ?

6/

a) D ans le texte de prose suivant, quelle est la com paraison, puis le

detail qui mettent sur la voie pour permettre d'identifier le serpent de métal.

b) R elevez les divers m étaphores.

c) Q uel est 1’élément đe ressemblance entre rid é e exprim ée par

chacun des termes métaphoriques et celle qu’evoquerait le mot

« propre » correspondant ?

Paysage de montagne vu des crêtes

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I curs angles brusques (ceux des crctcs) réservent ties s u rp rise s:

o n découvre soudain UIÌ autre vcrsant, u n c vallcc co m m e line rigole lie m ontagncs, un abim c oil sc tord Ic serpent d e métal q»! s'ccaille

ch cascade à I’abnrd d*unc Ibrêt tout en has Puis e ’est un enfer de roches, un trou énorm e dc desolation.

(ARAGON, Aurélien, Gallimard)

7/ Dans le texle suivant, relcvez les métaphores, indiquez ics tcrmes

propres correspondant au\ termes m ctaphoriqucs et dites Peffet produit par I'ensemblc I auteur aime-t-il le métro ?

Le m étro béait non loin de là, attirant dans sa gueule noire des

g ro u p es cTimprudents Par intervalle, le m o u v e m e n t inverse se produisait et, péniblem ent' il vomissait un paquet cTindividus pâlis

ct am oindris, portant à leurs vêtem ents I'o d e u r d es entrailles du

m onstre, qui puent fort.

un sens assez different.

c) b e faẹon encore plus nette, il en est de même dans le dernier paragraphe à propos cTun autre m o t : lequel ?

V ie tlle s p e a u x La reform e est un des g ra n d s serpents de m ers de

rE n s c ig n c m e n t Or, co m m e chacun sait, q u a n d un serpent change

de peau, cela veut dire q u ’il se dépouille de T ancienne pour en laisser p o u sse r line rigoureusem ent identique à celle q u ’il vient

d a h a n d o n n e r

C ’est ainsi, en tout cas, quc le bachol et les au tres exam ens ont fait peau neuve au cours de la dernière generation.

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Je ne sais si le colloque y changera quelque chose, mais ce qu*il

y a de certain, c’est que, si Ton veut s'attaquer à 1'épaissc peau cTâne de la vieille bête, il y aura toujours des gens pour pousser dfi?s cris d’ecorche.

J W

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-CHAPỈTRE TROIS

LES FORMES RÉCENTES D’ORIGINE FRANQAISE

Les form es récentes d 'o rig in e íranẹaise sont très nom breuses On

en entend chaque jo u r de nouvelles, qui, pour la pluparỉ, ne passent pas dans la langue com m une Elles se font suivant quatre moules principaux.

1 L a d e r i v a t i o n a f f i x a l e

On utilise alors un prefixe eưou un suffixe (affixation) C ’est

p r o g r a m m a tio n C ertaines formes sont considérées par quelques critiques co m m e laides ou lourdes M ais la co m m unication peut

s ’etab lir grace à elles parce qu’elles s’ integrent dans le système formel

d e la langue Si on entend le mot in fe r m a b le y on sera étonné, voire scandalise, m ais on com prendra parce q u ’on retrouve tous ses

e lem en ts d an s les syntagm es tels que f e r m - e r, ///-connu, pardon -a b le ,

e t c ; si I’on entend in fe r m e r , ce sera beaucoup plus difficile, parce

q u e le prefixe -in ne s ’em ploie guère pour form er des verbes.

L e term e dc d e r iv a tio n peut aussi designer r ensem ble des processus de formation des mots, incluant la c o m p o s itio n L ’acception restreinte, en opposition à c o m p o sitio n s est plus usuelle C ’est aussi notre point de vuc dans ce cours.

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2 L a c o m p o s i t i o n

Elle est souvent guidée aussi par r a n a lo g ic :

international —» multinational Le plus souvent, c ’est le deuxiẻnie

te n n e qui qualifie le p r e m i e r : une a t t a q u e - s u r p r i s e; parfois c 'c s t

r inverse: un c h e f- p ilo te.

Derivation et composition sont les deux grandes voies de la

formation de mots, c’est pour cette raison que nous réserverons deux

chapitres à part, Pun à la derivation (cf chapitre quatre), et I’autre à la

composition (cf chapitre cinq).

4

3 L ’a b r e v i a t i o n

O n parle souvent de la “ loi du m oindre effort’' p o u r e x p iiq u e r

certains faits de langage qui se caractérisent par des abréviations de

m ots et đe phrases M ais en fait, on n ’abrege pas par parcsse oil par

fatigue L ’ abreviation correspond à un double enjeu: celui de la

c r e a tio n d e m o ts n o u v e a u x et, corrélativem ent, celui d e la m a r q u e

d ’u n e id e n titẻ s o c ia le Dire aJ ’ai eu le b a c n, “J ’ai ren d ez-v o u s avec

mon p ro f’, c'est mettre en opposition des mots tels que h o c et

b a c c a la u r é a i, f a c et / a c u ỉ t é, et en m êm e tem p s m o n trer son

appartenance au groupe social qui vit dans le milieu estudiantin II

s ’agit d o n e ( f u n procédé conscient, sinon délibéré, qui s ’instaure dans

d e s m ilieux bien definis du point de vue social et linguistique La

c o u p u re d e s m ots non com poses est pratiquée, en particulier, par les

lycéens et les étudiants pour les termes qui entrent dans leur vie

d ’etudiant: f a c (faculte), p r o f (professeur) a g r e g (agrégation), pour

les termes qui touchent à la vie politique: m a n i f (manifestation), u n a r

(anarchistc) C ette pratique est relevée aussi d an s ie langage

co m m ercial: im p e r (im perm eable), in o x (inoxydable), et d une

manière générale dans Ic langage parlc familier: d ' a c (d accordv

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LvicJemment, certains ties mots, qui ont fait 1‘objel d u n e abrcviation e* qui à r o r ig in c marquaient unc appartenance sociale, ont fini par se suhstitucr aux mots entiers, perdant ainsi leur fonction d'identite sociale II nc viendra à re sp rit de personne de dire “ Je vais prendre

k n té tr o Ị H ) lita in \ ou ” J'ai achetc un s ty lo g r a p h e” , m é tr o et s ty lo ont

etc construits par abrcviation, mais ils fonctionnent maintenant Coniine d es mots entiers tine typologie complete dcs abréviations de cettc nature exigerait unc étude socio-linguistique approfondie et apporterait certainement des inform ations intércssantes sur les formes m odernes de rargot On se contente de répertorier ici, faute

de place el de temps, trois types cPabréviation: l ’ellip se , la truncation, les sigles.

3.1 L ' e l l i p s e

Nous supprimons dans le discours tout ce qui n'est pas indispensable à la communication L 'e l l i p s e e s t la forme la plus courante ce procès Elle consiste, dans une sequence oil les mots apparaissent habituellement de manière très solidaire, à ne retenir qu’ un mot qui vaudra pour la sequence, et de preference le mot qui peut fonctionner par ailleurs de faẹon autonome C ’est pourquoi ce fait se produit souvent avec des adjectifs qui deviennent des lioms

“I m v i l l e c a p i t a t e de la France" devient “ /tf c a p i t a t e de la France’' puis

‘7ữ c a p i t a l 'é* \ L/ellipse est aussi liée au contexte; “ la capitale’' désigne Paris dans la mesure oil on sait qu’ il est question (Tune ville et (Tune

v illc franẹaise, il s ’agit done d ’ un sens contextuel du mot m ais q if il dcvient inutile de préciser parce qu’ il est impliqué dans Pénoncé C e precede de formation est très frequent en argot et dans les jargons de metier oil I 'ellipse produit des mots codes pour les seuls membres du groupe : un noir pour un café noir (bistrot), unc roulante pour une cuisine rouflante (arméc), etc.

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3.2 La troncation

L ’é c o n o m ie peut attaq u er les m ots eu x -m ê m es et il y ii

tr o n c a tio n Elle co nsiste à am puter la form e d ’un m ot d e certaincs dc ses syllabes.

- T ro n catio n des syllabes finales De “v é h ic u le a u to m o b ile” 0 »

p asse à “a u to m o b ile” puis à “a u to ” ;c in ẻ m a to g r a p h e” devient

“ c/rtế/na” et “c i n é A ssez curieusem ent, la p red o m in an ce d ’tinc tro n catio n qui to m b e ju s te su r la jo in tu re des d eu x elem ents de

c o m p o sitio n c o m m e m icro (m icro-phone), photo ( photo-graphie), sty lo (sty lo -g rap h e), etc a donné r illu s io n que la syllabc en -o constituait la finale du p rem ier elem ent retenu après troncation D ’ou, (Tune part certain es fausses etym ologies c o m m e m é té tì (alors que :

P a u to n o m isa tio n d ’un suffixe -o très usité d an s la form ation populairc

et argo tiq u e (a p é r o, a lc o o lo , etc.).

- T ro n catio n des syllabes initiales C ’est en général la fin d» m ot qui tom be: ỉa s tẻ r é o , l a té ỉé , etc Mais il arrive que ce soit le d é b u t : u n

b u s (a u to b u s), u n c a r ( a u to c a r )

t

3 3 L a s i g l a i s o n

L e d é v e io p p e m e n t d es langues tech n iq u es a favorise aussi ties

ab ré v iatio n s du type “ U N E S C O ”, “O N U ” q u 'o n ap p elle les s ig le s

L a siglaison peut être rangée sous le m êm e type d 'a b re v ia lio n (ou red u ctio n ) d an s la m esu re oil elle consiste à assurer la presence de

c h a c u n d e s constitu an ts d e I’unite syntagm atique d a n s la nouvelle

se q u e n c e soit par la p rem iere lettre de ch aq u e co m p o san t, soit par une fraction syllabique très réduite Le sigle résulte du double souci

d ’o b te n ir une réduction graphique et phonétique đ e la séquence syntax iq u e estim é e tro p longue pour être facilem ent utilisable dans la

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co m m unication, et de m aintenir la relation sy n ta x iq u e en tre lcs elem ents par la reference à c h a q u e c o m p o sa n t c o n s titu tif de I‘ensem ble O n assiste à un renversem ent du rapport cn tre langue parlée et langue écrite Dans son principe, en effet, le sigle est

cl originc graphique, puisque la lettre initiate ne pent être isolée du

mot que p a r reference à la forme m inim ale d e la lettre d e I'alp h ab et qui ne c o rre sp o n d pas systém atiquem ent à un se g m e n t p h o n é tiq u e el qti’elle doit re c e v o ir une voyelle d ’appui pour ê tre p ro n o n ẹ a b le sou s la form e sy llab iq u e (d —► ỊdeỊ) Le procédé s ’est p lanté cTabord d an s sa fonction g rap h iq u e pour former surtout d es nom s cT organism es sociaux et in tc m a tio n a u x oil des intitules de sociétés c o m m e rc ia le s et industrielles, su sceptibles d 'e tre đ éposés au registre du c o m m e rc e ;

differencial ion et d ’opposition q u ’il offre par le sim p le j e u d ’une seule lettre Le sigle a done d ’abord une fonction d e n o m in a tiv e et distinctive d 'e tiq u e tte avant d'etre utilise c o m m e te rm e du langage parlé Ensuite les s ig le s s'ap p liq u en t aux m ots c o m p o sa n t u n e locution

d e n o m in ativ e d ésig n an t officiellem ent des g ra n d e s o rg an isatio n s politiques, adm inistrative*, syndicates, te ch n iq u es, par e x e m p le

C F D T , R A T P , O N U , U SA , etc C e procédé peut être utilise dans

d 'a u tre s circo n stan ces, par nianière de derision et p a r le sn o b ism e, pour d é n o m m e r d es categories d e gens: B C B G (B ớ q C hic Bon

G enre) Parfois, certains objets sont d é n o m m é s p a r un sigle: BD, OVNK p a r ex em p le.

S ur le plan phonétique, on est passé d e r h a b i t u d e d e p ro n o n c e r les lettres une à line à P habitude de p ro n o n cer r e n s e m b l e en syllabes

La m ẽm e m u tatio n s 'o p e re encore souvent à p artir d ’un n o u v eau sigle,

d 'a b o r d p ro n o n c é lettriquem enl, et ensuitc s y l l a b i q u e m e n t ; T adoption

dc P u n e on de r a u t r e form e peut co rrcsp o n d re à d cs c o n n o tatio n s

d iv erses d e fam iliarite oil de distanciation Le m a in tie n d e la

p ronon ciatio n lettrique est rendu inevitable par une c o m b in a iso n de

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consonnes' imprononvables syllabiquement (C N R S / C R S ) Une sequence lettriquc dépourvue de voyelle peut êtrc transformeo en sequence syllabique si chacune des lettres esl transposable en syllabe :

C G T —» c é ị ỉ é t ẻ O n constate que, si le groupe consonantique initial

n ’admet pas de prononciation conforme au phonétisme franvais, I’ensemble du sigle a tendance à être prononcé lettriquement : M P L A (M ouvem ent Populaire de Liberation de l'Angola) On contoume 1’obstacle en substituant à I’ initiale une s y lla b e : S IN V IM = Société d'Investissem ent Im m obiliers.

L e processus de consecration du sigle comme mot nouveau est

d ’essence socio-linguistique puisquMl résulte de sa diffusion dans la communauté avec les transformations phonétique qu’ellc e n tra ĩn e ; mais il est aussi linguistique quand le sigle se transforme en base de derivation suffixale D ans la mesure ó le sigle fonctionne comme un nom, il entre nécessairement dans le cy cle des transformations inhérentes à chaque mot de base L e s plus frequentcs sont la transformation adjectivale : z u p (Zone à Urbaniser en Priorité) —*• zupeen, O N U —» onusien, la tfansformation nominale qui marque soit l ’appartenance à un organisme ( C G T —> c é g é t i s t e ; C F D T —»

c é d é t i s t e , soit la possession d ’un titre: C A P E S (Certificat d'Aptitude à I'Enseignem ent Second Degré) —* capétien; E N A —» énarque.

L e sigle se trouve d ’autant mieux intégré comme mot du lexique que I’effacement de la motivation syntaxique origineile est plus facile; elie va de soi lorsqu’elle se fonde sur une sequence syntagmatique appartenant à une langue étrangère L a reconstitution de la sequence des composants de base est alors le privilege de ceux qui connaissent cette la n g u e : U N E S C O (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization) Pour le locuteur francophone, la sequence syllabique ne peut correspondre qu’a un signe global defini par la matiẻre phonique du signifiant et par le signifie L a prononciation de cette sequence syllabique seion le phonétisme íranọais n’est entravée

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p a r au cu n e reference au phonctisme de la languc cTorigine, p u is q iril

s 'a g i t ( f u n m ot cnticrcm cnt nouveau d an s sa su b sta n c e phonique.

I.e sigle appartient par essence à la catég o rie n o m in ale ; il doit

s u b ir line transform ation suffixale p o u r s ’e m p lo y e r clans une autre

c a te g o ric syntaxique, sa u f lịuand ii est un nom adjective par

ju x tap o sitio n à un autre nom com m e la plupart d es n o m s (un dep u te

R P R ) Sa categoric nominate im plique un g e n r e ; c 'e s t par

r in tcrm cd iaire dc la categoric du genre q u e la se q u e n c e syntax iq u e

in itiate d em eu re présente dans le sigle C elui-ci prend, en efTet, le

g e n r e dc base de la sequence syntaxique N o u s tro u v o n s là le fait structure! constate dans la formation des unites sy n ta g m a tiq u e s

ie x i c a l e s : elles se créent à partir (Tune b a se d 'a n c r a g e des

d e t e r m i n a t i o n s ; ce term e génẻrique fo u m it à r u n i t e sy n ta g m a tiq u e

s o n genre ainsi q u 'a u sigle qui en est derive C ’est pourquoi on dirait

ỉa C G T (la C onfederation), mais le C N P F (le C e n tre / N atio n al du Píatronat Fran^ais), le S.M.I.C, la T.V A On peut facilem en t établir

u n e lisle d e s term es, bases des s i d e s , d istrib u teu rs du g enre, selon le

C o n fe d e ra tio n , Federation, Syndicat, U nion ; on ren co n tre, d an s le

d o m a iu e politique Union, M ouvem ent, Front, O rg a n isa tio n , P a r t i ; le

d o m a in c c o m m ercial et Industrie! fo u m it S o ciété, C o m p a g m e On

p e u t m ẻnie co n stater que certains sigles ne reẹo iv en l pas d e genre, tels

d e s nom s propres, dans la mesure oil le te rm e base n ’est pas reiprcsente : F.o (Force Ouvrière).

4 L a d e r i v a t i o n i m p r o p r e o u l a c o n v e r s i o n

La d erivation impropre (appelce aussi d eriv atio n non affix a le par

o p p o s itio n à derivation affixalc) sc fait par c h a n g e m e n t d e catégorie

Ngày đăng: 26/01/2015, 09:09

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