µ travers la mort de Madame de Rªnal, on justifie le cachet culturel de la soumission dont les manifestations concrÌtes: la concience de la soumission µ l’esprit de la matresse de Julie
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la soumission ? Est –ce que la soumision est une portÐ
culturelle?
Lª ThÞ Thu Hµ (a)
RÐsumÐ Dans cet article µ travers la mort de Madame de Rªnal, on justifie le cachet culturel de la soumission dont les manifestations concrÌtes: la concience de la soumission µ l’esprit de la matresse de Julien Sorel; la soumission du devoir maternel et conjural de Madame de Rªnal et enfin, la mort de l’hÐroine se prÐsente de
la tache forcÐe de la soumission
L’extrait Lµ Ðtait enveloppÐ
ce qui restait de Julien
L’extrait Lµ Ðtait enveloppÐ ce qui
restait de Julien se place µ la page 556,
c’est la derniÌre page du roman Le
Rouge et le Noir de Stendhal, suivant la
version de GF Flaramion en 1964 Pour
objectiviser des analyses, il vaut mieux
faire apparaître l’extrait Le voici :
FouquÐ1 n’eut pas le courage de
parler ni de se lever Il lui2 montra du
doigt un grand manteau bleu sur le
plancher; là etait enveloppÐ ce qui
restait de Julien Elle se jeta à genoux
Le souvenir de Boniface de La Mole et
de Marguerite de Navarre3 lui donna
sans doute un courage surhumain Ses
mains tremblantes ouvrirent le
manteau FouquÐ dÐtourna les yeux Il
entendit Mathilde marcher avec
prÐcipitation dans la chambre Elle
allumait plusieurs bougies Lorsque
FouquÐ eut la force de la regarder, elle
avait placÐ sur une petite table de
marbre, devant elle, la tªte de Julien, et
la baisait au front…
Mathilde suivit son amant jusqu’au tembeau qu’il s’Ðtait choisi Un grand nombre de prªtres escortaient la biÌre
et, à l’insu de tous, seule dans sa voiture drapÐe, elle porta sur ses genoux la tªte de l’homme qu’elle avait tant aimÐ
ArrivÐs ainsi vers le point le plus ÐlevÐ d’une des hautes montagnes du Jura, au milieu de la nuit, dans cette petite grotte magnifiquement illuminÐe d’un nombre de cierges, vingt prªtres cÐlÐbrÌrent le service des morts Tous les habitants des petits villages de montagnes, traversÐs par le convoi, l’avaient suivi, attirÐs par la singularitÐ
de cette Ðtrange cÐrÐmonie
Mathilde parut au milieu d’eux en longs vªtements de deuil, et, à la fin
du service, leur fit jeter plusieurs milliers de piÌces de cinq francs
NhËn bµi ngµy 12/10/2006 Söa ch÷a xong 20/12/2006
Trang 2§¹i häc Vinh T¹p chÝ khoa häc, tËp XXXVI, sè 1b-2007 RestÐe seule avec FouquÐ, elle voulut
ensevelir de ses propres mains la tªte
de son amant FouquÐ faillit en devenir
fou de douleur Voulut ensevelir de ses
propres mains la tªte de son amant
FouquÐ faillit en devenir fou de
douleur
Par les soins de Mathilde, cette
grotte sauvage fut ornÐe de marbres
sculptÐs à grands frais en Italie
Mme de Rªnal fut fidÌle µ sa
promesse Elle ne chercha en aucune
maniÌre ◊ attenter µ sa vie; mais trois
jours aprÌs Julien, elle mourut en
embrassant ses enfants
La position de l’image de la mort
de Mme de Rªnal dans l’extrait
La terminologie position utilisÐe
dans ce cas a plusieurs sens: de
classement, d’importance, de
signification…En se basant sur l’
extrait de vingtaine lignes ci-dessus, on
trouve que l’auteur concentre la
description sur l’enterrement de Julien
et sur l’amour et la douleur de
Mathilde En effet, on reconnait
visiblement que presque tous les dÐtails
concernent l’enterrement de Julien, la
douleur et l’amour de Mathilde Des
nuances et des gestes du personnage
intermÐdiaire FouquÐ (<<…FouquÐ1
n’eut pas le courage de parler ni de se
lever …; Ses mains tremblantes
ouvrirent le manteau ; FouquÐ faillit
en devenir fou de douleur …>>)
soulignent la douleur, la vraie douleur
de Mathilde de La Mole D’autres
mouvements de Mathilde (<<…, devant elle, la tªte de Julien, et la baisait au front…;… seule dans sa voiture drapÐe, elle porta sur ses genoux la tªte de l’homme qu’elle avait tant aimÐ ; RestÐe seule avec FouquÐ, elle voulut ensevelir de ses propres mains la tªte
de son amant ; Par les soins de Mathilde, cette grotte sauvage fut ornÐe
de marbres sculptÐs à grands frais en Italie …>>) insistent sur son amour si fort pour Julien La prÐsence du convoi
en pleine nuit et leurs animations (<<…, au milieu de la nuit, dans cette petite grotte magnifiquement illuminÐe d’un nombre de cierges, vingt prªtres cÐlÐbrÌrent le service des morts Tous les habitanst des petits villages de montagnes, traversÐs par le convoi, l’avaient suivi, attirÐs par la singularitÐ
de cette Ðtrange cÐrÐmonie …>>) renforcent le mysÌre et l’Ðtrange de l’enterrement de Julien ambitieux MÐcaniquement, la description de la mort de Mme de Rªnal est classÐe µ la fin de l’extrait et aussi µ la fin du roman Elle contient la plus modeste proportion contre les autres descriptions dans l’extrait: une demie µ vingt lignes complÌtes A l’opposÐ des descriptions analysÐes ci-dessus, la mort de Mme de Rªnal est dÐcrite trÌs gÐnÐrale A part le seul dÐtail :<<… elle mourut en embrassant ses enfants…>>,
on ne trouve plus rien de complÐmentaire Le classement en dernier, la moindre proportion, la
Trang 3§¹i häc Vinh T¹p chÝ khoa häc, tËp XXXVI, sè 1b-2007 description de faon gÐnÐrale, est- ce
que tout cela veut dire que l’image de la
mort de Mme de Rªnal Ðtait-elle moindre
valeur par rapport µ la valeur du
roman et de l’extrait? La rÐponse est
srement non Parce qu’ avant tout,
dans une proposition de 6 mots
(<<…elle1 mourut2 en3 embrassant4 ses5
enfants6…>>) il y a deux verbes mourir
et embrasset qui suscitent des
imaginations: les yeux fermÐs/les bras
croisÐs ; les liaisons entre le verbe
embrasser et le nom de complÐment
direct enfants, entre l’image d’une mÌre
morte et l’image des enfants en ses bras
croisÐs inspirent un amour matenel trÌs
Ðmouvant D’autre part, la
condensation de l’image µ travers les
deux verbes opposÐs mourir (l’Ðtat
immobile) et embrasser (l’animation
sentimentale) laisse au lecteur des
questions sur des causes de la mort de
Mme de Rªnal dont la soumission de
l’amour au devoir
Qu’est-ce que la soumission?
Est-ce qu’elle est une portÐ culturelle?
La soumission, c’est le nom qui vient
du verbe “soumettre” et, suivant le
dictionnaire Le Robert d’aujourd’hui,
Paris (France),1993, “soumettre”, c’est
de <<…mettre dans un Ðtat de
dÐpendance, ramener µ l’obÐissance
>>(p.960) Ou encore: << action
d’abaisser, ranger sous sa puissance,
sous son autoritÐ>> ( Petit Larousse
illustrÐ, Paris 1992, p 908.) … Selon
ces dÐfinitions et ce qui se dÐroule dans
la vie quotidienne, on peut dire que la soumission est de penser ou de faire en suivant la pression de la puissance, de l’autoritÐ d’autrui
Tout d’abord, la soumission
caractÐristiquement hiÐrachique (ausi bien la hiÐrarchie sociale que la hiÐrarchie familiale) Cette pensÐe dirige le geste et , de plus en plus , elle devient comportement omniprÐsent dans la vie: l’enfant obÐit aux parents,
le serveur se soumet au maitre, l’employÐ se soumet au chef etc Du temps immÐmorial µ nos jours, la soumission ne se perd jamais dans la vie socialle ni dans la vie familiale, elle est parallÌle aux activitÐs spirituelles
de l’homme quoiqu’elle soit de positif ou
de nÐgatif, quoiqu’elle soit un fait plus obligatoire que conscient L’ existence
de la soumission est tout µ fait permanent, nÐcessaire et omniprÐsente dans la vie de gÐnÐration µ gÐnÐration , elle devient mode de pensÐe, mode de vie et c’est µ partir de cela qu’on la trouve culturelle
L’effleurement, la conscience de
la soumission µ l’esprit de la
maîtresse et la rÐsonance de mort
de l’amour Comme on le sait, l’image de la mort
de Mmede Rªnal est dÐcrite par une proposition trÌs courte, mais elle est trÌs frappante et trÌs affective :<< …, mais trois jours aprÌs Julien, elle mourut en embrassant ses enfants
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>>(Stendhal, Le Rouge et le Noir,
version GF Flammarion , Paris, 1964,
p 556) Pourquoi est - elle morte trois
jours aprÌs la mort de Julien? Et
pourquoi choisit-elle la mort et non
l’amour maternel tandis qu’elle aime
bien ses enfants? La question ramÌne le
lecteur µ la promenade fatale dans
l’obscuritÐ du prÐcepteur avec sa
maîtresse C’est µ de cette promenade
que l’effleurement se produit Et cet
effleurement µ la main de Julien et de
Mme de Rªnal dans la nuit est la racine
de l’incidence, il devient par hasard
complice de l’amour nÐ du coeur de la
maîtresse Mmede Rªnal, qui est sensible
au charme romantique de Julien, sent
de l’effleurement un coup de vent vital
de l’amour Ce coup de vent de l’amour
est plus fort que jamais quand Julien
ne tire pas sa main de la main de sa
maîtresse TombÐe amoureuse de
Julien aussit«t les premiers jours de la
rencontre, Mme de Rªnal ne voit de ce
geste qu’ un amour rÐciproque, la
question pourquoi Julien ne tire pas sa
main de la sienne ne se lui pose pas Le
seul narrateur qui est toujours ÐveillÐ
nous dit: <<…Mais Julien pensa qu’il
Ðtait de son devoir d’obtenir que l’on ne
tirat pas cette main quand il la toucha
…>> (Stendhal, Le Rouge et le Noir,
version GF Flammarion , Paris 1964, p
75) C’est Ðvident que la cause vient de
la concience de soumission de Julien
Sorel Il ne tire pas sa main parce qu’il
pense que cet effleurement est
l’intention de sa maîtresse et lui, un domestique, il doit obÐir µ la maîtresse
En effet, la conscience de soumission de Julien commande son geste Mais quant
µ Mme de Rªnal, le geste sous le signe de
la soumission de Julien qu’elle ne saisit pas et son amour irrÐsistible pour Julien la trompent et rendent la rÐsonance d’amour qui la ramÌne,
inÐvitablement
L’amour et la soumission du devoir maternel et de celui d’une femme
L’amour et la soumission du devoir maternel et de celui d’une femme s’affrontent Mme de Rªnal aime tant Julien Sorel, malheureusement elle est mariÐe, elle a des enfants L’amour et l’ Ðtat civil la mettent dans une lutte psychologique extrªmement furieuse dont la consÐquence est la mort L’amour ou le devoir qu’ elle doit choisir? C’est vraiment difficile µ rÐpondre pour elle Elle aime le prÐcepteur et elle sait aussi bien que le devoir ne lui permet pas Que doit-elle faire pour ne perdre ni l’un ni l’autre? Dans ce cas, il vaut mieux qu’elle mette son amour en secret parce que ce sentiment est illÐgal contre une femme mariÐe L’amour en cachette et l’encerclement du devoir la font vivre toujours en crainte Le sentiment mystÐrieux grandit jour le jour dans son coeur et la conscience de soumission
du devoir ne font pas non plus de
Trang 5§¹i häc Vinh T¹p chÝ khoa häc, tËp XXXVI, sè 1b-2007 concessions L’amour est fort , mais le
devoir lui est beaucoup plus puissant
qu’elle n’a pas de courage pour protÐger
son vrai amour Elle fait toujours donc
face au conflit l’amour et le devoir Une
hypothÌse, si la consience de
soumission n’existait pas dans la vie,
Mme de Rªnal ne souffrirait srement
pas comme elle souffrait et elle vivrait
heureuse µ c«tÐ de son amant Mais,
l’hypothÌse est simplement hypothÌse
La soumission est disponible, elle peut
obliger n’importe qui µ faire des choses
qu’on ne veut pas quelques fois faire
dont l’histoire de Mme de Rªnal est un
exemple
La mort de Mmede Rªnal- l’attache
forcÐe de la soumission
L’image <<…, mais trois jours aprÌs
Julien, elle mourut en embrassant ses
enfants >> exprime bien que Mme de
Rªnal ne peut pas continuer µ vivre
sans Julien, sans amour Mais pourquoi
n’a-t- elle pas la solution pour sauver
son amour en Ðtant vivante? A
l’Ðvidence, Mme de Rªnal n’a pas
d’audace de quitter son devoir µ cause
de la pression de puissance et d’autoritÐ
de la famille dont le mari est le coeur,
elle s’oblige alors µ obÐir au devoir et µ
vivre de son amour en secret Le devoir
lui demande de se soumettre tandis
qu’elle se captive µ l’amour Qu’est-ce qui se passerait si elle ne cÐdait pas au devoir? Malheureusement, en rÐalitÐ, la soumission du devoir l’a convaincue et a prÐcipitÐ son amour µ la situation sans issue Enfin, pour se dÐlivrer de la soumission, de celle qui tue son amour,
Mme de Rªnal choisit la mort comme la solution finale
Conclusion L’image de la mort de Mme de Rªnal,
un dÐtail trÌs sensible, suggÌre d’autres informations valables µ part la sensation littÐraire La soumission du devoir analysÐe ci-dessus contribue tant«t µ mieux comprendre des images littÐraires concernant un personnage principal du roman cÐlÌbre Le Rouge et
le Noir, tant«t µ faire reconnaître une portÐe culturelle existente dans la vie
et enfin, faire saisir la relation entre la rÐalitÐ et ce qui se reflÌte dans la littÐrature
A partir des suggestion des dÐtails littÐraires, faire fouiller, dÐvelopper non des cachets culturels mais ausi d’autres informations sous-entendues est un fait nÐcessaire pour rendre le plaisir µ faire
de la lecture et µ avancer l’imagination
Et alors, rendre le plaisir de travailler
en enseignement et apprentissage de la littÐrature
Trang 6Đại học Vinh Tạp chí khoa học, tập XXXVI, số 1b-2007
Livres à consulter
[1] Aline Gohard-Radenkovic, L’écrit stratégie et pratiques, CLE- Paris 1995
[2] Catherine Cazaban, Littérature 1re Textes et méthode, Hatier, Paris, 1994 [3] Christine Campoli, , Littérature Du Moyen- Âge au XXe siècle, Paris 1994 [4] évelyneAmon , Grandes oeuvres de la littérature franaise, Larousse Bordas, Paris 1997
[5] Francoise Bouillé,…, Le Robert dictionnaire d’auj’ourd’hui, Paris, 1993
[6] Marie- Caroline Carlier, , Itinéraires littéraires XIXe siècle, France 1997
[7] Stendhal, Le Rouge et le Noir, version GF Flammarion , Paris, 1964
[8] …, Petit Larousse illustré, Paris, 1994
Tóm tắt
Cái chết của Bà đơ Rênan phải chăng là kết cục của sự phục
tùng? Sự phục tùng là một nét văn hoá?
Trên cơ sở xác định vị trí hình ảnh cái chết của Bà đơ Rênan, xác định nội hàm thuật ngữ phục tùng, xác định sự phục tùng nh− một nét văn hoá chúng tôi đi sâu phân tích một số biểu hiện cụ thể làm nổi bật ý thức phục tùng xét trên bình diện văn hoá
(a) Foreign Departement, Vinh University