Dans le premier chapitre, nous nous concentrerons sur la théorie de la traduction afin d’identifier les impacts des connaissances encyclopédiques sur la compréhension eL la traduction;
Trang 1MEMOIRE DE FIN D’ETUDES UNIVERSITAIRES
LE ROLE DES CONNAISSANCES JURIDIQUES DANS LA TRADUCTION
DE DROET
(Etude de cas des étudiants du Département de Francais — Université de Langues
et d'Etudes Internationales — Université Nationale du Vietnam ả Tlanoi)
Sous la direction de M HO Tung Son Réalisé par : LUQNG Ngan La
Code d’étudiant : 16040867
Classe : 15F1.CLC
Année aniversitaire 2018-2019
Trang 2
ĐẠI HỌC QUỐC GIÁ HÀ NỘI
TRƯỜNG ĐẠI HỌC NGOẠI NGỮ KHOA NGÔN NGỮ & VĂN HÓA PHÁP
KHÓA LUẬN TÓT NGHIỆP
'VAI TRÒ CỦA KIÊN THỨC PHÁP LÝ TRONG DỊCH THUẬT CHUYÊN
Trang 3
Vatteste sur honneur que ce mémoire a été réalisé par moi-méme, que ce
travail est persormel el que toutes sources d’infonnalions externes el les citalioms
auteurs ont été montiomnées conformément aux usages on vigueur (nom de Pautour,
nom de l’article, éditeur, lieu d’édition, année, page)
Je vertifie par aillews que je n’ai ni contrefait, ni falsifié, ni copié Pauvre d’autrui afin de Ja faire passer pour la mienne Je supporterai toutes les sanctions en
cas de plagiat
LUONG Ngan Ha
Trang 4REMERCIEMENTS
Je tiens tout dabord a remereier vivement Monsieur HO ‘Tung Son, pour avoir
acceplé de me diriger toul au long de mon travail de recherche Grace 4 ses conseils
prévicux ct sos remarques utiles, j’ai pu accomplir ec memoire avec réussitc
Je tiens aussi a exprimer ma gratitude envers tous mes professeurs aut
Département de frangais pour m'avoir beaucoup appris, ainsi m’avoir permis d’avoir
de meilleures conditions pour mener a bien mes recherches
Mes remerciements vont également aux étudiants du Département de francais
de P'Université de Langues et d’Htudes Internationales pour leur contribution 4 ce
tavail de recherche
Je voudrais enfin adresser mes remerciements les plus chaleureux et sincéres A tous mes proches et mes amis qui, de prés ou de loin, se sont impligués au cours de la réalisation de ce mémoire tant par leur soutien intellectuel que mental
Trang 5
RESUME DU MEMOIRE
Notre travail de recherche vise a mettre en Iumidre Vinfluence des connaissances juridiques sur la qualité de la traduction dans le domaine de droit ainsi qu’a determiner les obstacles que rencontrent Jes gtudiants du Département de frangais de ' ULUI au cours de Ja traduction de droit, puis a proposer des solutions
Dans le premier chapitre, nous nous concentrerons sur la théorie de la traduction afin d’identifier les impacts des connaissances encyclopédiques sur la
compréhension eL la traduction; de cette maniére, d’étudier la relation ontre les
connaissances juridiques et la compréhension ainsi que Ja traduction de droit
Dans le deuxiéme chapitre, nous cssayorons de spécifier les difficultés possibles @ partir des résultats de notre recherche venant d'une enguéte menée auprés
des Giudiants du Département de frangais de PULEI Basdes sur le fonderment
théorique aussi bien que Ja réalité constatée, nous proposerons des solutions modestes pour atténuer les problemes qui existent
Trang 61.1.2 Trois niveaux de la traduction kHrrererrrrrrrrrrrrrrrarrrreo 1
1.1.3 Notions đe sens et de signification socssesesessssseessuasssnessnsnssceessasascieees 14
1.2.3, Regle de droit et autres régles soolalos con 25)
Trang 7a Que signifie le caractere général de la régle de droit ? 25
b Pourquoi dit-on que Ta régle de droil est obligatoire ? 26
c Comment le caractére contraignant de la regle de droit se manifeste-t-
1.2.5 Nécossité du droit
b, Le droit esl un instrument de polilique
1.3.3, Langue generale et langue « spécialisée » 29
Chapitre 2, COMMENT LES ETUDIANTS DU DEPARTEMERT DE
FRANCAIS DE L’ULEI TRADUISENT-ILS LES TERMES JURIDIQUES
c Article 2016 Code civi ¬ 35
Trang 8b « 7hấm phán » - - - 40
2/3 Propositions méthodoÌoBiqWES ci nonnennrrarerrrereiaiooeo, đỔ
2.3.1 Perfectionnement linguistique cọ n2 ecreiee 45 2.3.2 Amélioration des compétences juridiqus cọc na neo 5 CONCLUSIO!
BIBLIOGRAPHIE
Trang 9INTRODUCTION
1 Raison du choix du sujet de recherche
Nous nous présentons dans me nouvelle époque ot les connaissances se valorisent sous tous les aspects de la vie sociale, qui entraine donc J’omniprésence et la
variété des documents spécialisés dans différents domaines Ces demiers servent au besoin de recherche, de lecture ainsi que d’accés aux élites mondiales Ainsi, la nécessité évidente de la traduction constitue un fardeau sur Jes épaules du traducteur Le réle d'un
wadueteur n’eal pas quelque chose de simple: il est chargé d’éliminer a barrigre de la
langue, d’ établir des comexions entre des communautés et de transmettre du savou d'une
société 4 une autre Un ban traducteur aspire 4 conserver le sens du message transmis et 4
apporter le maximum @ informations au deslinalaire, avec le minimum de changements
de syntaxe
Cependant, les connaissances linguistiques sont insuffisantes car chaque communauté a ses particularités avec son propre fondement économique, culturel et
social Test irréfulable que ces différences posent des difficullés pour fa compréhension
ainsi que la réexpression de la langue Ce qui est considéré acceptable ou désirable dans
une communauté peut se voir parmi les tabous d'une autre Par exemple, les Vietnamiens
posent des questions persomeltes pour montror qu'ils sintéressent Pun a Pautre, tandis que telles questions sont vues comme une invasion de la vie privée par les Frangais Pour
Jes Iraducleurs et interprétes du fulur, le manque de connaissances encyclopédiques peul
créer des malentendus ou offenses graves au cours de leur travail de traduction
Nous avons décidé de restreindre Je cadre de ce travail de recherche en choisissant le domaine de droit qui contient plusieurs termes professionnels en droit et exige donc des connaissances juridiques pour mener a bien la traduction Ce choix est originaire lout d’abord de mon besoin personnel En tant qu’éudiante on baduetion el er droit simultanément, nous nous intéressons beaucoup a la traduction de droit, en méme
temps rencontrons de nombreuses difficultés en traduisant les termes juridiques dans les
Trang 10documents de référence pour servir nos études En outre, le réle des textes juridiques se
ercuse dans la vic humame En particulier, le droit régle toute relation dans la sowidlé sur
les plans économique, politique, culturel et social Bref, la traduction de droit coutribue
non seulement au développement de tous les dumaines mais aussi 4 la capacilé de penser
ct Pexprimer los idées de fagon cxacte, persuasive ct concise
Ce mémoire a pour but @identifier importance des connaissances juridiques dans la traduction des termes en droit 4 Fégard des étudiants du Département de frangais
de l'Université de Langues et &’Titudes Intemationales (ULI) et de proposer des mesures
pédagogiques pour mener 4 bien la compréhension ainsi que la traduclion des documents
of se figurent les éléments juridiques chez les étudiants
2 Objectifs de recherche
Notre travail de recherche a pour objeetif de melire en lummére Pinflucnee des
connaissances juridiques sur la qualité de la traduction dans le domaine de droit ainsi que
de déterminer les problemes que rencontrent les étudiants du Département de Frangais de
PULEI dans la traduction spécialisée en droit, puis proposer des solutions
3 Questions de recherche
Notre problématique s’articule autour des questions suivantes :
1 Pourquoi les connaissances linguistiques ne suffisent pas a éviter les difficultes que rencontrent les étudiants dans la traduction ?
2 Comment les connaissances juridiques influencent-elles la qualité des iraductions
de droit chez les étudiants ?
3 Quels sont les problèmes atxqwels les étudianis du Département de francais de PULET doivent faire face en traduisant les termes juridiques ?
4, Llypothéses de recherche
A partir des questions ci-dessus, nous formulons les hypothéses suivantes :
Trang 11Hypothése 1: Un méme terme utilisé dans les textes habituels et coux de droit peul se comprendre on différents sons Un toxle spécialisé on droit nidcessite non seulement la maitrise de la langue de départ mais aussi les connaissances juridiques
mentionnées
Llypothése 2: Les connaissances juridiques font partie des connaissances encyclopédiques qui influencent certainement la saisie du sens et la réexpression du taducteur dans le texte d’arrivée Hn faisant la traduction en droit, le traducteur est obligé d’enrichir ses connaissances générales concernant le pays d'origine du destinataire pour
mieux comprendre aspect juridique de ce pays, puis améliorer la qualité du texte traduit
Hypothése 3 : Au cours du travail de recherche, les étadiants du Département de
frangais de /’ULEI reneontrent parlvis des documents eu sc figurent des éléments
juridiques Lis ne profitent souvent que de leurs connaissances linguistiques pour
Dans le cadre de ectle recherche, nous ubiliserons la méthode quahtative car cle
nous permet de mieux proposer des questions et des hypotheses raisonnables Au cows
de la recherche ainsi que de Panalyse des données intervierment plusicurs autres méthodes telles que la méthode descriptive, synthétique ou analytique Nous expliquerons plus précisément les méthodes utilisées dans le deuxiéme chapitre du mémoire
6 Structure du mémoire
Toul dabord, nous dormons une courle introduction dans laquelle nous essayons
de justifier le choix du sujet, les objectifs de recherche, les questions posées mu cours du travail de recherche, les hypothéses de recherche, la méthodologie de recherche et la
structure du mémoire.
Trang 12Notre mémoire se compose đe đeux chapitros :
Le premier chapitre sera consacré 4 quelques notions de base de la théorie de la
traduction ; la notion de la traduction, les trois mveanx de fa traduction, les notions de
sons ct de signification, le bagage cognitif, la traduction par correspondances ct la traduction par équivalences ainsi que Ja notion du droit, afin de montrer la fagon dont la
compétence juridique qui fait partie des connaissances encyclopédiques influence le
processus de traduction de droit
Dans Ie chapitre qui suit, on nous basant sur V’analysc des réponses de notre
recherche par enquéte menée auprés des étudiants du Département de frangais de Y ULE,
nous parlerons de leurs difficultés dans la traduction des termes juridiques Ensuite
quclyues suggestions scronl proposées on vue d’allénuer cos problémes à un corlain
degré,
Trang 13
Chapitre 1 CADRE 1DRIQUE
Le premier chapitre servira ả la clarifieation døs problemes théoriques gui jouent un rồle primordial đans là collecle et Ì”analyse du corpus de ce mémoire Ce cadre théorique nous permuet d’ identifier la relation entre le bagage cognitif (y compris les connaissances dans
le domame de droit) et la traduction de droit chez les étudiants du Département de frangais de !'ULEL Ce chapitre se compose de deux parties La premiére porte sur les problémes théoriques de la traduction tels que les notions de traduction selon différents courants, les trois niveaux de Ia traduction, les notions de sens et de signification, le bayage cognitif, la waduction par correspondances ef celle par équivalences Ta seconde
se centre sur les notions de droit qui attirent totalement notre champs d’ étude
1.1 Théorie de la traduction
1.1.1 Notions de Ia traduction
Selon le dictionnaire Le Petit Robert, le mot traduction provient du verbe éraduire,
dont Porigine est le verbe latin graducere (1480), signifiant « faire passer une langue dans une autre », qui date de 1520, « faire que ce qui était énoncé dans une langue
naturelle le soit dans une autre, en tendant a Véquivalence sémantique et expressive des
deux énoncés » (2008 ; 2592) Nous pouvons observer que Le Petit Roberl ne donne pas
le choix au traducteur en ce qui conceme !’intransigence tranchante de Pacte traduisant,
qui est ascormpl: si Pom obtient fe passage dune languc 4 Pautre cl du sons, cl de fa
forme L’équivalence des deux énoncés semble donc étre le but d’une traduction
L’énoncé sur fequel porte l’opération traduisante peut varier d’une simple phrase ou
méme un mot jusqu’a Poouvre d’un éenvam Ce mol est aussi délini dans Ie dictionnarre
Trang 14Sous le point de vue des experts en langue, la traduction peut être défnie
dilTéremment cn foriction des criléres of, des primierpes tis 4 la base de sa concephon
Selon Ladmiral, wi traducteur frangais, la traduction est reconmue dans Voeuvre
« Théorémes pour la traduction » comme « une activité humaine universelle rendue
nécessaire a toutes les époques et dans toutes les parties du Globe » (Payot, 1979 ; 28)
Mounin, un nguiste frangais et grand chercheur de la traduction souligne que « la traduction consiste @ produire dans la langue d’arrivée Véquivalent naturel te plus
proche du message de la langue de départ, d’abord quant a la signification puis quant au
style » (Mounin, 1963 ; 12) 1] laisse la prioité a Ja transmission du sens du texte source
dans le texte cible, la traduction, c'est « le passage et ce n'est que le passage du sens
3)
d'un texte d’une langue dans une autre », (1963 :
J.C.Catford alfrme, dans son ouvrage « A Linguistic Theory of Translation », que
«la traduction est une opération réalisée sur les langues : un processus de substitution
d'un texte dans une langue par un texte dans une autre langue » (1965 : 20)
Danica Seleskovitch et Marianne Lederer, dans leur ouvrage « La théorie du sens
ou la théorie interprétative » , ont décrit la traduction comme un processus de trois étapes indissociables mais bien distincles : compréhension, déverbalisation el réexprassion
Fdmond Cary proposc une aulre conception de fa traduction qui eat pertinente ot
lntéressante | « La traduction est une opération qui cherche a établir des equivalences
entre deux textes exprimés en des langues différentes, ces équivalences étant toujours et
nécessairement fonction de la nature des deux textes, de leur destination, des rapports
existant entre la culture des deux peuples, leur climat moral, intellectuel, affectif, fonction de toutes les contingences propres a U’époque et au lieu de départ et d'arrivée »
(Sprová, 1995 : 158)
Pour Lederer, dans « La traduction d'aujourd'hui » (1994), « L’acte de traduire
consiste & « comprendre » un texte et puis le réexprimer dans une autre langue Cela
11
Trang 15signifie que la compréhension fait interveniy non seulement des connaissances linguistiques mais aussi extralinguishiquey tinsi, la qualité de la réexpression dépend du degré de connaissance de la langue d’arrivée, du talent avec lequel le traducteur manie
ta phưne » (1994:13)
A partir des notions mentionnées ci-dessus, la définition de traduction peut étre
déduite comme suit
- La traduction est une activité langagiére qui établit une équivalence entre le texte
de Ja Tangue source cl celui de Ja langue sible en Lenant comple de corlaines contrainles
(contexte, style, gramnmaire, ete.)
- La traduction est une activité de communication dans laquelle la complexité, les particulantés, les nuances, les significations du texte et du discours sont tansmises d'une
langue 4 une antre
- La traduction est ume activité interactive entre des cultures différentes dans
laquelle les traducteurs devierment, les iilernmeédraires des échanges inlercullurels,
1.1.2 Trois niveaux de la traduction
Pour étre capable de traduire, on ne peut pas manquer de capacité bien utiliser une langue étrangére Pourtant, afin de conserver les intentions stylistiques de 'auteur, il faut plus que les connaissances linguistiques Si Yauteur utilise un idiome dans son ceuvre, un tradnetenr sans connaissances encyelopédiques comprendrait son vouloir-dire, mais aurait du aval a le réexprimer en recréant le méme effet que Pidiome ferait dans le texte de depart Une explication littérale peut abimer Ja conservation du style, tandis que une traduction mot-4-mot risque d’étre inintelligible
Exemple :
Le chat parti, les souris dansent
= Mèa vũng nhà, chuột xướng ca.Vũng chủ nhà, gà vọc niều lâm
12
Trang 16Traduction mot-d-mot : Ado di khdi, 1 chuột nhảy miáa
xplication : « Hn Pabsence de Pautorité é laquelle an est normalement soumis, on
fail prenve d'euphorie insouciante Celle-ci peut d'ailleurs nous amener & transgresser
es régles, » (Lintornaute.com)
Pour traduire, le traducteur doit bien sir posséder les connaissances linguistiques
de la langue cible et aspirer 4 maitriser son utilisation, Mais la traduction ne se limite pas
au travail de transcodage, qui peut étre effectué par un ordinateur ou quelqu'un avec la maitrise (ume langue étrangére mais sans aucun savoir sur les particularités de fa culture
dou elle vient, ou comment Hvidemment, la traduction automatique donne souvent des
textes d'arrivée qui se lisent moins naturellement que si ils sont traduits par un traducteur
La Hieorle des wots miveaux de Ja traduction que déimonlre Marianme Lederer dans son
livre « La traduction aujourd'hui - Le modéle interprétatif » (1994, p.14-15) pourrait
mettre on lumigre pourquor Ces miveaux sont: Ie niveau sémantisme lexical, celui de la
mise en ceuvre d’une langue et celui du texte
Voici un exemple pour les expliquer | N6 dn don di
Au premier niveau, on trouve les correspondances de chaque mot de la phrase :
N6 — il, elle
dn = manger, goitler, déguster, dim = frappe, raclée, coup,
dur = asses, suffisamment,
Au niveau de la mise en ceuvre d’une langue, d’apres Lederer, le contexte verbal limite le nombre de correspondances possible « La signification dun mot est précisée par les mots qui entourent, et chacune de ces significations précise a son tour celles des
autres mots, mais aucun contexte autre que verbal n'intervient »
13
Trang 17Au niveau du texte, le traducteur utilise son savoir général et contextuel pour complélor Ie sémantismne de son texte ä traduire Tl est capable de Padapter non seulement
4 la teneur que l'auteur a donnée, maintenir le message, explicite ainsi qu’implicite, dans
le texte Parrivée Sans les connaissances extralinguistiques, le traducteur auraient du mal
& achever co niveau : le contenu peut étre parfaitement transmis, mais a un destinataire qui ne le comprend pas dans sa totalite, car il ne s*habitue pas encore aux particularités de
la culture doit vient le texte original
1.1.3 Notions de sens ct de signification
Jean-Paul Sartre (1985, p.50-51) a décrit le sens dans son wuvre « Qu'est-ve gue
Ja littérature ? » comme ci-dessous ¢
« [Ainsi] dés le départ, le sens n’est plis contenu dans les mots puisque c’est Ini, au contraire, qui perme! de comprendre la signification de chacun d’eux ; et Vobjel littéraire quoiqu’il se réalise a travers le langage, ne jamais donné dans le langage ; [ ] aussi les cent mille mots alignés dans un livre peuvent dire lus un a un sans que Te sens
de Teeuvre en jaillisse ; te sens n’est pas la somme des mots, il en ext la lotalité
organique »
Dans un texte, le sens ost sans doule lansmis par los unités linguistiques, mais il n’y est pas enfermé, En utilisant la langue, l’auteur aspire 4 faire comprendre son vouloir-
dire, mais 6c que le réeeplcur comprend dépend de ce que les mots dans Ie toxts suscilont
dans son cerveau Comme le style de pensée, le contexte culturel, les expériences personnelles, etc de chaque individu sont distincts, le sens ne peut pas étre le méme pour
tous les destinataires
D’aprés Marianne Lederer dans «La traduction aujourd'hui - Le modéle wnlerprétalif' » (1994, p25): « La saisie du sens n'est pas le produit d’élapes snocessives mais d’une seule démarche d’esprit On ne comprend pas un texte d’abord au niveau de
la langue, puis & celui du dixcours, mais d'emblée au niveau du discours » Un exemple 4 Vorigine de Ja vie quotidicnne ; quand on voit son ami, on ne constate pas que o’est
14
Trang 18@abord 2 ami, puis son ami, mais on voit immédiatement que c’est son ami Le savoir global est subconsciemmment appliqué Au fil de la carriére, i est normal que le traduetour
trouve des mots qu’il n’avait jamais entendus S’il ne se repose que sur sa competence
Tinguistique, elle ne l'aboutira nulle part: Dans une lelle situation of il n'a pas 1m le temps
ni le moyen pour trouver toutes les significations du mot et puis juger quelle ost la signification la plus pertinente, la mobilisation des connaissances générales et
conloxtucllcs est indispensable T.c sera cst transmis, [ait visible par les umités
linguistiques mais appréhends dans l'ensemble du discours, sans que Je traducteur fasse
trop d’attention 4 chaque mot utilisé
lin frangais, les mots «sens» et «signification» sont utilisés de facon interchangeable Dinh Hong Van (2010, p.146) a précisé la relation etre elles dans son
aricle nomimd « Ja théorie du sens ef la traduction des facleurs culturels » - « Hors de
tout contexte, les mots ont un caractére ouvert: chacun d’entre eux
renvoie @ un concept ou d une Tiste de concepls, c'est sa signification ou ses
significations potentielles Dans un texte ou un discours, une de ses significations s’actualise et elle est interprétée par le récepteur pour construire du sens » Le sens dépond donc de la conscionce du réceptcur cl non les mols du texte Quant 4 Ja
signification d'un mot, elle est determinée préalablement de la traduction, dans les
dictionnaires Nous présentons un exemple avec le mot « nghia » en vietnamien, qui se traduil comme « sens », « signification » (il Wexisle aucune distinetion entre o
concepls
en cette langue), « ce qui est conforme & la morale », « fidélité », etc Parmi plusieurs
sigmfications, t] faut se reposer sur le contexte pour trouver quel est le sens du mot dans
cc cas
La mnlipHeHe des significalions of la Mexibihité du sens nous conduisenl aussi a Ta
constatation de Dinh Hong Van : «A notre avis, cette apposition est d'une importance
capitale dans le processus de compréhension en général et dans la pratique de la
traduction en particulier car en réalité, on peut comprendre tous les mots d’un message
sans comprendre son sens et inversement, comprendre un message sans en avoir compris
15
Trang 19tous les mots; dans le premier cas, on comprend les significations des mots alors que
dans le second les connaissances exiralinguistiques ont permis Vanticipation du sen
C'est dans son intérét que le traducteur doit distinguer le sens, abjet de son activité de la
signification décrite dans les dictionnaires, il doit garder toujours a l’esprit que, isolé de tout contexte, un mot ou méme une phrase n’a que des virtualités de sens, »
1.1.4, Bagage cognitif
a Détinition du bagage coguitif
Il existe des situations dans la vie actuelle, dans lesquelles une persomne est censé
transmettre le message dime source extérieure 4 1m autre individu: si elle ne fe
comprond pas entiérement, elle peut essayor de trouver le vouloir-dire ả base des unités lmguistiques du message, ou répéter le message mot par mot et laisser le récepteur Vinlerpréler comme il veut Toules ces options laiase la porte ouverie pour les
malentendus et la déformation, done il est nécessaire pour les traducteurs, dans une telle situation, de s’efforcer de faire une recherche documentaire pour les éviter le plus
possible Pour que Je sens du texte source soil compris, le traducteur doit posséder la
capacité de comprendre sơn contenu non seulement sous l’angle linguistique, o'est-a-dire
de trouver toutes les correspondances entre les deux langues et reformer ensemble des
mols cn langue cible, mais dl faul aussi dire capable de saisiy le savow-dire de Pauteur, de
créer une image mentale complete lors de la déverbalisation du texte
‘Yendis qu’un traducteur travaille sur un document abordant, par exemple, Je trouble schizo-affectif (« un terme psychiatrique désignant un trouble mental associant
Trang 20courant des manifestations des đeuwx raladies ci-dessus et comment ils s'influenoent l'un
ä Vaulre chez, les gens alleinis de trouble schivo-alfechl
D’aprés Luklow Hassina dans son article « De la recherche docimentaire dans
Vapprentissage de la traduction des textes informatifs » (1993, p 107-120), la recherche documentaire « va au-dela de la simple analyse des unites linguistiques et discursives
pour atteindre les connaissances thématiques pertinenies au domaine du texte en
question y compris, ceux dits informatifs qui requiérent, parfois certaines connaissances approfondies sur les termes et les notions objet de l'information »
Lederer, dans son ceuvte «La traduction d'aujourd’hui», définie te bagage
cognitif comme suit : «Le bagage cogmitif n'est pas fait de notions articulées entre elles
de fagon cohérente et nommée individuellement ; il est constitué de souvenirs (d’auires
diraient de représentations mentales}, de faits d’expérience, d’événement qui ont marqué, d’émotions Le hagage cognitif, ce soni des connaissances théoriques, dex imaginations,
le résultat de réflexion, le fruit de lectures, c'est encore la culture générale et le savoir spécialisé Il s’agit d’un tout contenu dans le cerveau sous une forme deverbalisée dans
la quelle chacun puise pour comprendre un iexte ƒ, ] Le bagage cognitif est pour
Fessentiel ce qui se nomme en anglais encyclopedic fou world) knowledge
connaissance encyclopédique ou connaissance du monde It comprend toutes les
compréhension » (2007:10)
17
Trang 21Ainsi, le bagage cognitif désigne cet ensemble de connaissances linguistiques et encyolopediquos dont dispose chaque individu Un ensemble do connaissanees acquis
tout au long de notre existence et ancré dans la mémoire a long terme sous forme de
souvenirs et de faits d’expérience, d’événements manquants
Le bagage cognitif existe préalablement a la lecture et est réactivé chaque fois que
le texte éveille un détail, un fait concerns Ce n’est pas pendant la lecture que tout le
bagage cognitif d'un individu est appelé a la compréhension du texte mais juste une partie que I'on appelle les connaissances pertinentes y participe et qui s’applique 4 tel
passage ou @ tel mol Si on participe 4 ume conférence sur les loxicomanes el les
prostitués, ce n’est certainement pas que lon a les connaissances sur ces deux types
seulement pendant la conférence mais c'est 4 cette occasion, nos connaissances
préacquises dans la vie nous viorment on aide pour micux comprendre Te vouloir dire de
V’auteur
‘Alors, le bagage cognitif joue sans doute un réle primordial dans non seulement la compréhension du texte mais encore dans la transmission du vouloir dire de Pauteur, 1a réexpression
b Connaissances linguistiques
Le savoir linguistique est ensemble des savoirs sur la lexivologie, morphologie, phonétique, la grammaire Nous devons non seulement s’enrichir les connaissances lexicales mais aussi Jes connaissances grammaticales, phonologiques, moiphologiques
Les conraissances linguistiques appartierment au bagage cogil ef jouenl ur réle
incontestablement important dans Ja compréhension ct Ja réexpression
Federer a ceri dans son ouvrage « Traduction d’aujourd’hui» © « Seule une
excelente connaissance de langue originale donne directement acces au sens ; seule une excellente matrise de langue d’arrivee permet la reexpression adequate de ce sens »
(1994:33)
18
Trang 22Le traducteur doit posséder đes oomnaissanoes profondos sur la langue source øt la
langue cible Non sculement les connaissances de la langue cible ameénent jes traduơlcurs
4 une bonne traduction mais celles de langue source nous permettent de produire une traduction incompréhensible de la communauté de langue d’arrivée
moment, les connaissances extralinguistiques sont réactivées et reconstituent dans son
esprit l'ensemble explicite ou implicite, qui est Je vouloir-dire de auteur L’intervention des connaissances cxtralinguistiques (conuaissances portinentes) dans la compréhension dun texte ou d'un discours passe le plus souvent inapergue
L’absence de comnaissances extralinguistiques peut bloquer la saisie du vouloir
dire de l’auteur Prenons un exemple : la célébre citation, attribuée 4 Marie-Antoineite,
qui aurait, élé prononcée pendant la diselle de 1789 « Fs n'ont pas de pain ? Qu'ils
mangent de la brioche } » Les cris de la foule avaient été seulement compris en langue
Pour en comprendre l’esprit et éviter des malentendus, Marie-Antoinette doit étre dotée
des commaissances cxiralinguisliques, c'est-4-dire les connaissances sur la condition de vie du peuple Le peuple est toujours aussi miséreux et il ne peut plus supporter
Vaugmentation des prix, notamment celui du pain
Cet exemple nous montre importance des connaissances extralinguistiques dans
Ja saisic du sens Faule de ce savoir pertinent, la traduction se base sculement sur la
langue et les significations de la langue Worigine du texte source sans transmettre le
vouloir-dire de auteur
d, Explicite et implicite
19
Trang 23Nguyen Chi Dan, dans son oeuvre « Cours de théorie de la traduction », observe que la Laduction pédagogique applique Papproche conlmslive : « on compare des codes linguistiques, on essaie de voir quelles sont les caractéristiques d’un code linguistique et dans quelle mesure on les trouve dans un autre code Tinguistique » (2015 p.3) Quand fe taducteur arrive a trouver toutes les correspondanecs do tous les termes ou temps utilisés dans le texte source, il peut comprendre le sens du texte a partir des éléments Imgunstiques Mais esl-co que le vouloirdire de Pauleur est loujours emballé dans les mots qu'il a choisis ? Nou, il peut se cacher dans les sous-entendus et les présupposés, appelés sous le terme généralement d’implicites
Selon I opinion de Philippe Blanchet: « Toute communication est partiellement
explicite, et partiellement amplicite Toute signification se construit en partie sur des
données implicites [ | Vimplicite est partout, car tout n’est pas dit |] Faute de cet
implicue, il serait impossible de commauniquer, puisqu’il faudrait toujours tout explicite
et le moindre message serait une spirale sans fin s’aulo-explicitant et explicitant son auto explicitation, » (Blanchet, 1995:90) Hn particulier :
-Tmplicile qui, sans élre exprimé en termes formels, résulle nalurellement, par
déduction et conséquence, de ce qui est formellement exprimé Ceci est contenu dans le contrat d’une maniére implicite L’implicite peut étre décomposé en présuppos¢ et sous- enlendu Cependanl, Pobjectil’ de taduetion ne vise pas a désambiguiser le sous-cnlendu
pour s’en servir dans la réexpression mais c’est le présupposé qui y participe
- Explicite est formellement expliqué dans 1’ énoneé
Sandrine Zufferey ol Jacques Moeschler (2012, p11), on expliquant les composants de ’implicite, ont indiqué que « fa présupposition [ ] fait partie dit savoir partagé énonciatif et qui peut donner lieu à UVaccommodation Une présupposition sémantique, dans une conversation, est une informakon qui n'est pas dite, mais que le locuteur considére comme connue de la part de son interlocuteur, ce qui ne Voblige pas &
la spécifier » Quant aux sous-entendns, ils sont les intentions qui fournissent Fimpulsion
20
Trang 24nécessaire a Ja production du dire (1979, p 237-246} Il existe le cas ot les interlocuteurs seraiont originaires de différentes cultures Ts auraicnt done de différenles conmarssances, expériences, habitudes, etc., cela aboutirait aux interprétations distinctes qui ne sont pas
toujours reconnaissables
115 Traduction par correspondances ct traduction par équivalences
Dans Pouvrage « Interpréter pour traduire » (1994), Lederer et Seleskovitch ont défini la correspondance ainsi: « La relation qui s'établit entre les significations [des
mois] de langues différentes » ; ot Péquivalonce dans ces termes : « Sont éguivalents des
discours ou des textes ou des segments de discours ou de textes lorsqu’ils présentent une
identité de sens, quelles que soient les divergences de structures grammaticales ou de
la (radustion par équivalences, le sens est déverbalis
général ct contextuel pour réexprimer le sens de fagon la plus naturelle possible
elle ext presque loujnurs indispensable ; s'agissant de textes entiers, elle est inopéranie
Forts de ces observations, traducteurs et interprétes recherchent la réussite de la
traduction dans une équivalence entre les textes »
Il existe aussi la proposition de Peter Newmark dans son «Approaches to
Translation » (1981) de Ta Waduction sémantique ef de la traduction vommunicalive Ta
premuére ost définic dans ccs termes : « La traduction communicative tente de produire
21
Trang 25sur ses lecieurs un effet aussi proche que possible de celui obtenu par les lecteurs dtu texte original», ol la scconde «Ja traduction sémantique lente de rendre, aussi fidélement que le permettent les structures sémantiques et syntaxiques de la deuxiéme langue, la signification contextuelle exacte de la langue dorigine » Nous reprenons te tableau récapitulatif (traduit do l'anglais) des différences ontre les deux méthodes donné dans son ceuvre « About Yvanslation » (1991, p.11-13)
Différences entre la traduction communicative ei La traduction sémantique
2 Poursuil le processus ds ponsée de
auteur, Relative ä la pensée,
3 Fait adapter et rend I’idée et le contenu
culturel du texte original plus accessibles
aux lecteurs,
3 Concerne Pauteur comme un individu,
4, Voriente vers Peffet Les éléments
formels ow originaux sont plus aptes a
Être supprimés
4, Soriente vers la sémantique et la syntaxe La longueur des phrases, la position ol Vintégrilé des propositions, là
position des mots, etc sont prẻservóes sĩ
7 Se Tit plus facilement, plus walurcile,
plus simple, plus claire, plus directe, plus
conventionnelle, conforme 4 un registre
de languc spécifique, mais plus longue
7, Souvert plus maladreile, plus délaille
9, Biaisée vers la langue cible
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Trang 2610 Insuffisamment traduite : utilisation
des termes génériques
10, Lixcessivement traduite ; plus centrée
et plus spécifique que original
11 Moins puissante 11 Plus puissante
12, Pourail dire meilleure que Ponginal
en raison du gain de la force et de la
clarté, en dépit de la perte de conten
sémantique
12 Toujours infércure & Fonginal on
raison de la perte de sens
13 Ephémére et basée sur le contenu
« existentielle »
1A, Destinnée 4 une catégorie particuliére
du Ieetorat ; ne fail qu’ une scule fouction
15, Un petit enjolivement, une synonymie
stylistique, un ajustement discret sont
pardonnés si les faits sont véritables et le
lecteur est convenablement impressionné
13 Hos du temps et de la place
« éternelle »
14 Universelle
15 L’inexactitude est toujours fausse
16 Le traducteur a le droit de corriger et
Paméliorer Ia logique el le style de
Voriginal, de clarifier les ambiguités, les
uHliaaHơn porsormelfe Inzarre đcs mots
17 Le taducteur pourrait corriger les
faits erronées dans I original
16 Le taducteur n'a pas le droit de
comer et @amdéliorer le Lexte original
17 Les erreurs dans l’original doivent tre signalées uniquement dans la note de bas de page
18 Vobjechif une traduchion
« agréable », c’est-a-dire un acte réussi
19 Les unités de traduction : les phrases
el les paragraphes 18 Tobjectif: une traduction « vraic »,
c’est-a-dire une déclaration exacte
19 Les umités de traduction : les mots, les
collocations et les proposilions
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