Nous découvrons et comprenons bien leurs problémes tels que le manque des connaissances soctoculturelles Ímngaiaes des apprenants, des supports pédagogiques, des contacts réguliers avec
Trang 1UNIVERSITE NATIONALE DE HANOL LNIVERSITE DE LANGUES ET DETUDES INTERNATIONALES
DEPARTEMENT D*ETUDES POST-UNIVERSITAIRES
wee ewes
HO THANH HUYEN
EXPLOITATION DES ELEMENTS CULTURELS
DANS LES MANUELS DE FRANCAIS DES CLASSES A OPTION
(CAS DES LYCEES A OPTION A HANOT}
KHAI THÁC CAC YEU T6 VAN HOA TRONG SACH GIAO KHOA
TIENG PHÁP DÀNH CHO CÁC LỚP CHUYÊN (CAC TRUONG THPT CHUYEN 6 HA NỘI)
MEMOIRE DE FIN D?ÉTUDE§ POST-UNIVERSLTALRES
Spécialisé : Didactique ct méthodologique du FLE Code : 6014.0111
Directeur de recherche : Pr Dr Tran Dinh Binh
Tlanof, 2016
Trang 2ATTESTATION SUR L'TIQNNEUCR
J’atteste sur ’honneur que ce mémoire a été réalisé par moi-méme
ef que les données et les résultats présentés ici n’ont jamais &é publiés ailleurs
TIo Thanh IJuyen
Trang 3REMERCIEMENTS
Je tiens tout d’abord a remercier sincérement Monsiew le Professeur-
Docteur ‘ran Dinh Binh, Directew de recherche de m’avow domné des recommandations, des remarques trés intéressantes et des encouragements constants
loul au loug de mon travail de recherche Je le prie Paccepler ici ma profonde
reconnaissance
Mes remerciements s’adressent ensuite aux professeurs et aux éléves de
quatre lyedes & option ä Hanoi, qui nous onl oréé des conditions nécessaires a la
réalisation de ce travail
Je voudrais aussi adresser mes remerciements au Département d'études Post-universitaires de 1’Universilé des Langues et d’Etndes inlermationales de son
aide efficace
Enfim, je voudrais expnmer ma recomuissance 4 ma famille pour sa
compréhension ct ses cneouragements sans lesquels je n’aurais jamais pu mener a bien ce mémoire.
Trang 4RESUME DU MEMOIRE
Notre travail 2 pour objectif d'identifier des problémes rencontrés par tes cnscignants ainsi que les apprenants des lyeées & option & Hanoi dans Penseignement/apprentissage des éléments culturels et ensuite d'avancer des propositions méthodologiques et pédagogiques perlinenies pour résoudre ces problemes I se compose de trois chapitres
Dans le premier chapitre, nous avons essayé d'établir un cadre théorique
conslitué des fondemertts théoriques relatls 4 enseignement des éléments culurels
dans un cours de frangais, langue étrangére ELE, dans notre cas Dans le chapitre qui suit, nous allons voir comment ces principes théoriques sont mis en oeuvre dans Tenscignement de la culture trangaisc et francophone par les enscignants de frangais
des lycées 4 option 4 Llanof 4 travers les manuels de francais en usage A partir des
analyses des résultats de nos enquétes menées auprés des enseignants et des apprenants des classes de frangais ả option 4 Hanoi, nous pouvons mieux comprendre la situation actuelle đe l’enseignement’ apprentissage des éléments culturels dans ces établissements Nous découvrons et comprenons bien leurs problémes tels que le manque des connaissances soctoculturelles Ímngaiaes des apprenants, des supports pédagogiques, des contacts réguliers avec des francophones, le manque du temps, la surcharge du programe denseignement, T'inadaptation des méthodes, otc, Tout cela peut provoquer la démotivation des apprenants dans leur apprentissage d'une langue étrangére en général ot du frangais
cu particulier Cette réalité nous améne 4 des inlerprélalions qui scrviront de base a nos propositions pédagogiques pour un meilleur enseignement des éléments
culturels dans le denier chapitre.
Trang 5TABLE DES MATIERES
TABLE DES MATIERES
1 Raisons du choix du sujet de recherche «0.0 scessesssetesetssneeneesioaeinsennsnessel
4, Methodologie de recherche .scesssssssssctessimssieetssssintenstinsinnsieessseiind
1.1 Notion de e0ÏfUfE ng egerererirereerroieoeỗ
11.2 Culture et civilisation eecceenseesinsento stitutes
1.2 Interculturel oo eeccecsissssesesssnisteentenssiesnesstseesietinsetsiensmesinatiesenesaes EL
2.1, Présentation des lycées & option & Hanoi 34 21.1, Lycée Hanoi-Amsterdam cjcisessesnessnnnnntinsnentuntsinensenseneeenniannS4
Trang 6
2.2 Présentation générale des manuels de frangais «'liéng Phap 10, Tiéng Phap 11
eL Tiéng Phap 12» cl « Tiéng Phap 10 ning cao, Tiếng Pháp 11 nâng cao, Tiếng
Pháp 12 nâng 68009 o.acseesssssssssenseesssssttestistiesesrsssssteeens Xem,
2.4.2 linseignanfs nong reerrrreere - ST
CHAPITRE 3: QUELQUES PROPOSITIONS PEDAGOGIQUES POUR
AMELIORER 1.’ENSEIGNEMENT DES ELEMENTS CULTURES DANS LES
CLASSES DE FRANCAIS DES LYCEES A OPTION A HANOI
3.1.2 Choix de documenfl co nhieu GF
3.3 Réle de l’enseignant dans I’ étude de la cultue Thun E2,
3.4 Tormation et auto-formation đes entseignanis M
3.5 Quelques activités culturelles et đémarche péđagogique - 75
3.6 En langue cible ơu en langue souroe ? -.-s- 79
Trang 7LISTE DES FIGURES
Figure 1 ‘Taux de bonnes réponses sur la culture frangaise/francophone des apprenants de ITanoi-Amsterdam (Le premier questionnaire) AS
Figure 2 Taux de bonnes réponses sur la culture frangaise/francophone des
sees MA AD
apprenants de Chu Van An (Le premier questionnaire)
Figure 3 Taux de bonnes réponses sur la culture frangaise/francophone des
Figure 4 Taux de bonnes réponses sur la culture frangaise/francophone des apprenants de Nguyen Hue (Le premier questionnaire) 46 Figwe 5 Rôle des eonnaissanees cullurelles dans Papprentissage Pune langue
Figure 6 Influence des connaissances socioculturelles sur les compétences
Figure 7, Taux de manque de connaissances sociocultuelles dans de différents
Figure 8, Domaines intéressés par les appronants dans l’apprentissage des contenus
Figure 9 Professeur frangais ou vietnarmien ? Quel choix 2 53 Figure 10 Documents @ utiliser par les apprenants dans ’apprentissage de la culture frangaise/Eancophowie cà r2 ga re essen SA
Figure 11 Présentation des thémes culturels dans « Tieng Phap 10,11,12 » et
Figure 12 Quantité des contenus culturels présentés dans « Teng Phap 10,11,12 > et «
56
56 Tieng phap 10,71,12 nang cao»
Eigure 13, Informations culturelles misss ä jour
Figure 14 Réle des connaissances culturelles dans I’ enseignements/apprentissage
Trang 8Figure 15; Comparaisons des faits culturels frangais ot vietrtemiens
Vigure 16 Cavse des difficultés dans I’enseignement des faits oulturels
Figure 17 Types de documents a uliliser dans Penseignement des (aits cullurels
Kigure 18 Supports de recherche des documents supplỏmentaires
Trang 9INTRODUCTION
1 Raisons du choix du sujet de recherche
De nos jours, Vapprentissage des langues étrangeres accéléré par la
mondialisation dans tous les domaines, devient une activité répandue dans toute
société car la connaissance des langues facilite la communication et la coopération
emre les nations I] est donc nécessaire d'apprendre ume ou plusieurs langue(s)
étrangére(s) pour connaitre d'autres pays et leurs cultures, ete.,, et pour voir le
monde aulrement L’enseignement/apprentissage dune langue étrangére deviertl
alors indispensable
Alors, dans l’enseignement/apprentissage d’une langue étrangére, une
boune connaissance linguislique ne suffil pas pour une bonne communication, la
culture exerce également une grande mfluence sur la formation linguistique, une
est complémentaire de l'autre et essentielle pour l'autre
Or, nos experiences d’onscignant de frangais montrenl que dans la classe
de langue, accent est souvent et essentiellement mis sur l’apprentissage des compétences linguistiques et que l'environnement culturel dans lequel fonctionne la langue Lrangaise est négligé L’onscignant, pour des raisons différentes (Laute de temps, manque d’expériences, etc ), s‘intéresse le plus souvent 4 la forme et 4 la signification des mots, et rarement au fond culturel des expressions linguistiques Les ¢leves, dans la phupart des cas, laissent échappor aussi le contenu culturcl des mots et des expressions, les désignations faisant allusion 4 un fait culturel
spécifique, ils se contentent alors de ce qu’expliquent leurs enseignants
Dans Porseignement des langues, on conslale que les apprenanis ont besoin non seulement de connaissances linguistiques mais encore des connaissances
socioculturelles pour pouvoir utiliser la langue étrangére en question dans des
silualons socioculturelles vaniées, dilférentes
A partir des constats ci-dessus, nous avons décidé de mener un travail de
recherche inlilulé: « Exploitation des éléments culturels dans les mannels de
frangais des classes & option (Cas des Iveées & option & Hanoi) ».
Trang 102 Objectifs de recherche
Notre travail a pour objectif d‘identifier des problémes rencomtrés par les onscignanis aimsi que les apprenanis des lycées à oplion ả Hanoi dang Venseignement/apprentissage des éléments culturels et ensuite d’avancer des propositions méthodologiques et pédagogiques pertinemes pour résoudre ces problémes
3 Questions et hypothéses de recherche
Notre problématique s’articule autour des questions suivantes :
a Quelles soni les difficultés renconirées par les apprenanis et les
enseignants des classes & option de francais a Lanot dans leur enseignement /apprentissage des éléments culturels francais, francophones ?
b Les contenus culturely frangais et francophones présentés dans les
manuels « Tieng phap 10,11,12 » et « Tieng phap nang cao 10,11,12 » répondent- ils aux objectifs de Uenseignement du F_L.E atx élaves de ces classes ?
¢ Quelles sont les propositions méthadologiques et pédagogiques destinées
a améliorer Venseignement des éléments culturels francais, francophones aux
apprenants des classes a option de frangais ?
A partir des questions ¢i-dessus, nous formulons les hypothéscs suivantes ;
Lypothese 1 Les difficultés dans l’enseignement/apprentissage des faits culturels
frangais, [raneophones sont dues aux dilTérentes raisons
- De la part des apprenants : limite de connaissances linguistiques et manque
de connaissances socicculturelles, niveau de langue hétérogéne, manque de
motivation, manque de l'environnement de communication, contacts limités
avec des natifs, etc
- De la part des enseignants : manque d’expériences et de méthodologie en
matiére denseignement de la culture en classe, surcharge du programme
d’enseignement, insuffisance de Thoraire, manque des documents complémentaires, de matériels, inadaptation des contenus culturels dans les méthodes de frangais aux objectils ’onscignementapprentissage, cle
Trang 11Ces facteurs constituent un obstacle majeur pour un cnscignement/apprentissage
efficace des éléments culturels frangais, francophones
Aypothése 2: V.es contenus culturels frangais, [maneophores présentés dans les
methodes de frangais « Tieng phap 10,11,12 » et « Tieng phap nang cao 10,11,12 » représentent les aspects principaux de la culture frangaise : société, éducation,
polilique, littérature, mazurs of coutumes, cic mais ils ne répondent pas tout a [ail
aux objectifs de enseignement du ¥.L.#, aux attentes des apprenants
Hypothése 3: L’insertion des documents authentiques complémentaires appropriés au
niveau, aux besoins des appreriants, aux objectifs de Penseignement/apprentissage du
VLU, Pajout d'un enviromement francophone favorable et une méthode denseignement adaptée des enseignants peuvent contribuer A améliorer la qualité de
Ponseignement/apprenlissage des éléments cullurels [rangais, franeophones dans les
lycées 4 option ả IIanoi
4 Méthodologie de recherche
Dans la réalisalion de ce travail de recherche, la inéthode deseriplive avec scx
propres techniques et opérations comme enquéte par questionnaire, par entretiens
auprés des enseignants ef des apprenanis esl ulilisée, ceci nous permel de décrire leur situation de lenscignement/apprentissage du frangais dont les faits culturels insérés dans les manuels de francais en usage Les analyses de données nous
amménent 4 des conclusions sur les dilficultés reneontrées par les cnsetgnars ef les
apprenants Les propositions pédagogiques de notre recherche sont fondées partir
du fondement théorique et de la réalité constatée
§ Structure du mémoire
Notre mémoire se compose de trois chapitres
Aprés une courte introduction dans laquelle nous essayons de justifier le
choix du sujet, les objectifs, les questions, les hypotheses, la mélhodologie de
recherche et la structure du mémoire Le premier chapitre sera consacré aux
fondements théoriques concernant la définition des termes: « culture»,
Trang 12« intereulturel » ct lour place dans Tenscignoment/apprentissage d'une langue étrangere, les principes méthodologiques
Dars le deusigme chapitre, en nous basanl sur Vanalyse du corpus
constitué de nos enquétes par questionnaire et par entretiens auprés des apprenants
et des enseignants, de nos analyses des éléments culturels présentés dans les manuels de frangais « Tieng phap 10,11,12 » et « Tieng phap nang cao 10,11,12 », nous présenterons T'état des lieux de lenseignement/apprentissage de la langue- culture frangaise, francophone dans les classes de frangais des lycées 4 option 4 Hanoi
Dans le dernier chapitre, nous apportons les propositions effectives et réalistes concemant Jes contenus culturels 4 enseigner et le choix de documents en
fonction dos objeotifs
d@enseignement du FIR dans le cadre du programme d’enseignement officiel; la démarche méthodologique 4 suivre pour améliorer Venseignement de la langue, de la culture frangaise, francophone dans ces dablissements
Nous pensons gue notre travail de recherche appoitera une petite
contnbulion a Varmélioration de la qualité de Venseignemert/apprentissage de la
culture frangaise dans les classes de frangais des lycéos a option a Hanoi ct a
Venrichissement et 4 ’approfondissement des connaissances de la Didactologie de langue of de culture franigaises ort contexte scolaire vicinariian
Trang 13CHAPITRE 1
CADRE THEORIQUE
Dans ce chapitre, nous allons mettre en humiére les notions de « culture »,
« interculturel » et leur place dans l’enseignement/apprentissage de langue et de culture frangaise a travers les méthodes de frangais, depuis la méthode traditionnelle jusqu’a Vapproche actionnelle et approche interdisciplinaire dans l’enscignement de la culture étrangere, la culture francaise et francophone dans notre cas
1.1 Notion de culture
1.1.1 Qu’est-ce que la culture?
Le mot «culture» provient du latin «cultura» et apparait en langue frangaise
désigner des phénoménes trés differents En cifet, dans le domaine des seiences
sociales, la diversité des significations et des usages semble infinie La premiére définition de Ja culture date de 1871 par Edward B Tylor, un anthropologue
anglais: «La culture est un tout complexe englobant les connaissances, les
croyances, les arts, la morale, les lows, les coutumes ainsi que les autres capacités et
habitudes acquises par l'homme en tant que membre d'une société.»
En 195
Alfred Krocber et Clyde Kluckholm, anthropologues américains,
ont rédigé une liste de plus de 150 définitions du mot « culture » dans leur livre «
Culture: a critical review of concepts and definitions »
Au fil du temps, les chercheurs ont donné leurs propros définitions de la
un
culture & savoir: La culture est, selon le sociologue quéhécois Guy Rocher,
ensemble lié de maniéres de penser, de sentir et d'agir plus ow moins formalisées qui, étant apprises et partagées par une pluralité de personnes, servent, d'une
maniére & la fois objective et symbolique, a constituer ces personnes en une
collectivité particuliére et distincte." (Guy Rocher, 1969, 88).
Trang 14D'aprés CORTES (1993-1994 : 46), la culture «c'est ce patrimoine de coutumes, de savoir, de gestes que les sociétés humaines se transmettent d'une géndration a Tautve: clest Vensemble des structures sociales, religieuses, artistiques» «La culture est @ la fois pour "homme le réceptacle dans lequel il déversera les produits de son wnagination, de sa création, et le réservoir qui lui dispensera une certaine maniire de vivre »
Louis Porcher, sociologue et écrivain frangais, a propose sa définition tés pertinente: “Une cullure est un ensemble de pratiques communes, de maniéres de voir, de penser ef de fire qui contribuent & définir les appartenances des individus,
cvest-a-dire les héritages partagés dont ceux-ci sont les produits et qui constituent
une partie de leur wdentité” (Porcher, 1995.)
On peut constater ’évolulion dans la défiration du terme « culinre » dans
le đicicnnaire « Le Petit Robert »
En 1995, la culture est définie comme suit :
© Développement de certaines faculiés de Vesprit pay les exercices
intellectuels appropriés; par exemple l'ensemble des connaissances acquises qui permettent de développer le sens critique, le gott, le
Jugement,
+ Hnsemble des aspects intellectuels propres & une civilisation, une
nation (Ia culture occidentale, orientale, la culture gréco-latine.) Récemment, en 2009, les auteurs de ce dictionnaire ont ajouté
* Développement de certaines facultés de Vesprit par les exercices
imtellectuels appropriés; par exemple Vensemble des connaissances
acquises qui permettent de développer le sens critique, le gofit, le jugement, la comaissance, l'éducation, la formation, U'instruction;
° Ensemble des aspects intellectuely propres & une civilisation, une
nation;
* Ensemble des formes acquises de comportement, dans les sociétés Jummeines et c'est le synonyme de «civilisation»
Trang 15Panui les différentes définitions du terme « culture », nous constatons que la définition de la culture de FUNLISCO, présentée 4 la suite de la conférence mondiale sur les politiques cullurelles, lemme 4 Mexico cu 1982, eat lá plus complete :
«La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l'ensemble
des trails distinctifs, spirituels ef maiériels, intellectuels et affectife: qui
caractérisent une société ou un groupe social Elle englobe, outre les arts et les
latires, les modes de vie, les droits fondamentaux de Véire humain, les systémes de
valeurs, les traditions et les croyances.»
*“Typologie de culture
La conception de « culture », sa typologie varient d'un auteur 4 l’autre selon
leur point de vue ef leur discipline
Pour les didacticiens et les pédagogues, dans lenseignement des langues étrangéres, on distingue différents types de culture: la culture cultivée, savante,
authropologique ou parlagée
- Culture cultivée
D'aprés Porcher, la culture cullivée occupe une place primordiale dans une
societé, par laquelle la société distingue sa propre idenuté Cette culture doit étre impérativement transmise par V’institution éducative, parce qu’elle “refléte une
culture nationale toute entiére” (Porcher, 2004, p54) File a été longtemps Ta scule
présente dans les methodes de langues
- Culture savante
Pour Robert Galisson, “la culture savante” correspond 4 des savoirs
touchant la littérature, les arts, histoire, ete
- Culture anthropologique ou partagée
Selon Porcher, la culture authropologique ou partagée, correspond a des
maniéres dont les natifs “voient le monde, la facon qu’ils ont de se comporier dans telle situation, ce qu’ils croient, leurs représentanons de l’étranger, leur image de Vinterculturel” (Porcher, 2004, p.55)
Trang 16Il souligne )’importance de cette culture dans ’onscignement du F.L.E, car
ce sont les pratiques culturelles qui marquent les comportements et les conduites des ciloyens [rangais par exemple Par rapport a“ la culture cullvée”, colle-ci a unc place inférieure dans l’enseignement des langues étrangéres depuis toujours Tusqu’au milieu des années quatre-vingt, cette dimension de l’enseignement du FLFR i's pas quasiment péndiré le cours de frangnis Cependanl, la culture parlagée constitue un obstacle dans l’apprentissage des langues étrangéres, car cette culture contient des comportements que l'on devrait adopter dans la vie quotidienne et ces
comportements devraient êlre traduits en acte gestuel el/ou verbal Depuis ces
demiéres amées, de plus en plus de didacticiens se sont rendu compte de la place importante de cette culture Maguy Pothier dit ainsi dans son livre: “ Si l'on retient Vidée que la culture partagée est la olé d’un certain nombre de comportemenis sociaux collectifs et individuels, une compétence culturelle plus axée sur cette
culture partagée devient incontournable pour l’apprenant étranger (appelé a vivre
dans le pays cible on éire en contact avec des nalifs), sil veut véritablement
comprendre et étre compris sans malentendus intercultureis” (Pothier, 2003, p.26)
1.1.2 Culture et civil
ition Les tonnes de « culture » ot de « civilisation » ont été l'objet d interpretations diverses pendant trés longtemps de la part des historiens, des philosophes et des
clhmolognes
Dans ]enseignement de langue ẻtrangẻre, ces deux termes son trés souvent
utilisés pour désigner l'ensemble des connaissances socioculturelles Sont-ils synonymes ou coneurrents dans la didactique des langues étrangéres ?
Dans plusieurs cas, nous trouvons nécessaire de recouri: 4 la définition du
terme de civilisation pour mieux définir la culture Le terme « civilisation » est
dérivé indirecterment, au 13® siécle, du alin civilis signifiant « ciloyen » par Vintermédiaire de « civil » qui signifie poli et « civiliser » qui signifie « cultivé » au sens figuré Il faut dire que ce terme est employé en des sens trés variés Le mot
«civilisation » ne figure dans le dictiormaire de Acndómio [rangase que depuis
Trang 171835, i contiont on général l’idée de progrés ct désigne souvent un état des mocurs
avaneé, résultant d’une certaine maitrise des arts et des techniques André Comte-
Sponville, philosophe frangais, définil la civilisalion comme « Pensemble des créations humaines (auvres, techniques, institutions, régles, normes, croyances, savoirs et savou-faire ) propres & une société donnée, par quoi elle se distngue
de la nature ei des autres socilés »
Dans le dictiomaire Le Petit Robert 2006, nous pouvons trouver les
définitions suivantes du terme « civilisation »:
+ Fail de civiliser ou se civiliser
+ Hnsemble des caractéres communs aux vastes sociétés considérées comme
avancées; ensemble des acqunsitions des sociétés Iumaines:
+ Fasemble des phénoménes sociaux (religiewe, morc, esthétiques, scientifiques,
techniques} communs & une grande société ou a un groupe de sociétés
Alors, il est 4 reconnaitre qu'il y a de différents points de vue autour de la
définition de ces deux termes: « culture» ct ¢ crvilisation», ile sont tantél
synonymes, tantét concurrents
Tout d@abord, selon Rdgar Morin (sociologue el philosophe (rangais né en
1921) la culture est «l’ensemble des crovances, des valeurs propres @ une
communauté particuliére » ou autrement dit, le terme « culture » est alors li a une
sowété donnée ef identifiable tandis que la civilisation sert 4 designer des ensembles,
plus étendus, plus englobants dans l’espace et dans le temps ; c’est ce qui peut étre transmis d’une communauté a une autre : les techniques, les savoirs, la science, ete
Cependant, la majorité des sociologues et anthropologues pensent que ces deux
notions sont synonymes
Dans son ouvrage imitulé «La civilisation», L Porcher (198612) souligne
Pimportance des questions culturelles dans la didactique des langues Tkans celle discussion,
les mots « culture » et « civilisation » n’apparaissent pas en tant que termes distincts, mais au
contraire, [auteur les pose comme étant des synonymes «Ce que l'on entend par culture comme par civilisation constitee, dil-on, un enjeu didackique essentiel et préalablen
Trang 18Reboullet (1973 :46) a considéré ccs deux termes comme synonymes : « civilisation (sens moderne) et culture (tel que l’emploient anjourd hui les anthropologues et les socivlogues anglo-saxons on de langue expagnole) recouvraient le méme contenu et powvaient donc étre indifféremment employés» Dans la didactique des langues étrangeéres, nous nous mettons daccord avec lanthropologue américain Sapir en considérant, que pour des raisons essenhellement opératoires, Ta cullure cl la civilisation sont synonymes, et que c'est «ensemble des attitudes, des visions du monde et des traits spécifiques de civilisation qui conférent & un peuple particulier
sa place originale dans Uunive
D'aprés Abdallah-Pretceille, la compétence culturelle est « Ja connaissance
des différences culturelles (dimensiem elhnographique), | | une analyse en termes de
structures et d’états » (1996 :32) A ce titre, elle est une simple connaissance des faits et
des caractéristiques des cultures sans um effort de compréhension de teur manipulation
réclle on situation de communication Mais, critiquant cette premiére definition, elle pense que « entendue comme connaissance de Ï'luire, la compétence culturelle, quelle que soil la finesse des savoirs, reste exiérieure a Vacle de comenunication » D'ou la nécessits d'évoluer pour une conception plus pratique
Pour Porcher (1988 :92), « la compétence culturelle est la capacité de percevoir les
systémes de classement & Vaide desquels fonctionne une comnumauté sociale et, par
conséquent, la capacité pour un étranger d'anticiper, dans une situation donnée, ce qui
va se passer (c'est-a-dire aussi quels comportements il convient d'avoir pour eniretenir
une relation adéquate avec les protagonistes en situation) »
Par rapport 4 Abdallah-Pretceille, Porcher évolue sensiblement Pour lui,
la compétence culturelle n'est plus statique, mais elle est envisagée en terme plutét
évoluuil, mouvanl $a concepuon de la compétence culturelle (1988 : 92) est ainsi
10
Trang 19« une approche en termes de savoir-faire, c'est-d-dire la capacité pour un individu
donné de s'orienter dans la culture de UAutre & partir d'une démarche
compréhensive et non plus seulement descriptive»
Pourtant et malgré cette evolution, linquiétude face aux mutations
culturelles de plus en plus nombreuses et accélérées demeure lancinante et
préocenpante C'est la raison pour laquelle bien que lapproche de Porcher (1988)
soit celle de «la culture en acte par opposition 4 la culture objet », Abdallah- Pretceille (1996) pense que Ja valeur théorique diune telle définition ne permet pas
de sortir de lipase au plan pédagogique Doi la nécessité denvisager ime
approche interculurelle
1.2 Interculturel
Actucllement, la mortdialisation engendre de plus en plus de rericomtyes et
déchanges avec les interlocuteurs venant de contextes linguistiques et
socioculturels variés Cette tendance a donné naissance a une nouvelle nation, celle
de « intercullurel », qui ost aujourd”hui connu de tout le monde
Pour savoir ce que c’est Finterculturel, il faut absolument aborder sa définition
Tintercullurel a la source frangaise, dans le contexte des migrations des armées
1870 Le mọt «interculturely s¢ compose de «inter» ct «culturel» qui viennent des
latins, signifient «entre» et «culture» Ll s’agit des rapports ou contacts entre
plusicurs cultures ou groupes de porsormes de cultures différentes, leurs points
communs, leurs interactions, leurs échanges, leurs relations, ete
Trang 20Abdallah Preitceille, citée par De Carlo (1998), «finterculturel est une construction susceptible de favoriser la compréhension des problémes sociaux et éducatifs, en liaison avec la diversité culturelle Hl se définit comme un choix pragmatique face
au multiculturalisme qui caractérise les sociétés contemporaines, C'est
Vimpossibilité de maintenir séparés des groupes gui vivent en contact constant qui
entruine la nécessité de construire des modalités de négociation et de médiation des espaces communs» Selon elle, le préfixe «inter» du terme «interculturel» indique ime mise en relation et ums prise en considération des interactions entre des groupes,
des imdividus, des identités T."interculturel s
élargil ef s’Ecarle du contexte des
migrants a d'autres publics, notamment la classe de langue J'out ce que le contact des langues et des cultures peut engendrer comme phénoménes peut s*inscrire dans
le procasaus de Pimlereulturel
Selon M.Abdallah Pretceille, l'interculturel donne tout son sens au préfixe
inter: interaction, échange, décloisonnement et au terme culture: reconnaissance des
valeurs, des mores de vie, des rep
scrlations symboliques auxquelles onl
les &tres humains, individus et sociétés, dans lews relations avec autrui et dans leur appréhension du monde; reconnaissance des interactions qui inlervierment a la fois
cntre les multiples registres d’ume méme culture ct entre les différentes cultures, et ceci, dans l’espace et dans le temps
T.ouis Porcher (2004, p118), lu aussi, a donmé son avis sur ce probléme : «
quand on apprend une langue étrangére, c'est Vinterculturel qui est en jeu, et
nullement l'international Certes, on vise une communication, donc une capacité
technique, mais qui ne saurait étre purement linguistique et formelle, sinon
Vespéranto suffirait On cherche aussi a respecter chacun des cultures, des croyances, chacun des modes de vie, & aller vers un métissage possible sans
abandon de son identilé Apprendre une langue ébrangére c'est affirmer a la fois sa
propre identité et celle de Pétranger en allant vers les conditions d'une coopération
et en se donnant les moyens d'éviter des affrontements ».
Trang 21Done, Vapproche intereulturelle n'a pas pour but d'identfier autrui on Tenfermant dans un réseau de significations, ni d'établir des comparaisons sur la
base dune échelle ethmocentrée Elle dorme ume place plus mportante a Vindividi
en tant que sujet qu'aux caractéristiques culturelles de l'individu La rencontre avec
un étranger, c'est d'abord une rencontre avec un sujet ayant des caractéristiques
propres Ce qui exige une competence interculturelle permetiant une compréhension
mutuelle entre les interloculteurs de culture différeme
1.2.2 Compétence interculturelle
La compétence interculturelle n'est pas celle permettant de communiquer avec
un éiranger (avec une personne de nalionalité, de cullure différentes), mais lend vers la reconnaissance de Jinterlocuteur comme "autrui” (une autre personne} L'objectif est
done dapprendre la rencontre et non pas d'apprendre la culture de Tautre Lin effet, un
mombre dun groupe social va utiliser oc crible cullurel ou on daule lorme issu de la
psvehologie soviale, une «representation collectives présentée sous diverses appellations
usuelles: «mentalitéss, «croyancess, «valeurs», «visions du monde», «attitudes»,
copinions», cévaluitions», epnijugéss, «cnylhass, cidéologies», «stéréolypes» (Royer,
1995), vest-d-dire des caractéristiques ainsi que des attitudes associées 4 telle ou telle culture étrangére de son propre système culuwel, et des savoirs préalables sur cette cullure étrangére afin d'enirer er: interaction avec Autre Face aux réalilés de la cullure
étrangére, la mise en relation de deux cultures entraine ume redéfimition de Iidentité
matemelle, la reconnaissance positive ou négative des différences, la production des
jugements de valeurs qui impliquert, dans la diversité de pratiques, la supérioritd ou
Vinfériorits dune culture par rapport a Tautre [it alors, la notion de «compétence
interculturelles est introduite dans l'étude de la culture et dans l'enseignement du E.L.E, car «oule communication entre deux personnes @origines différentes est toujours une
relation interculturellen (Charaudeau, 1987) On pounnit croire que la connaissance des moeurs él coulumes dune communaulé tous permet, de comprendre les acies de langage
ct les comportements de T'interlocuteur dans la mesure oi1 celui-ci respecte encore les modéles diinteraction bien répertoriés Pourtant, la réalité des échanges quotidiens
Trang 22ne I'est pas toujours, En réalité, dans les échanges, los interlocutours ont rarement recours aux principes stables et équilibrés de références, mais trés souvent A un
implicites de sa culure dorigine, s
ente la culture matemelle et la culture étrangére car Minterculturel n'est pas
sculement un phénoméne de représentations em contraste, — débouchant
inévitablement sur des stéréotypes, mais se configure comme un processus, un
échange entre ces deux cultures visant un objeetif de se débarrasser des barriéres,
dtétablir la réciprocité et la solidarité Tl {aul done pour lapprenant
+ Acquérir la conscience que tout systéme de valews qui régit les comportements est rela, dépend d'une culture dormée, et savoir traduire cetle conscience en
ete Acquérir par 1a la conscience que l'appartenance nationale d'un individu nest
pas le principe fondatewr de son identité, et quil y a dautres definitions et
Trang 23* Savoir expliquer cette norme et cn prévoir l'application dans une situation donnée, décrire ou adopter une attitude, un comportement permettant d’étre accepté dans une cullure élrangére (Berloletti, 1997 : 30, 31)
La classe de langue devra done pemetre đapprendre à percevoir les implicites autour desquels s'organisent les communautés culturelles dont notre
propre communauté en tant qu’un membre; a percevoi done le [onetionnement de
notre propre systéme Crest dans cette alternance dombre et de lumiẻre que se situe lapprentissage de la relativité «Pour dépasser les effets désastreux de
Fethnocentrisme, Vhomme doit juguler la hantise de Uinconnu et du vide, maitriser
les démarches d'autonomie» (Zarate, 1986 : 37), se regarder luiméme sans
complaisance Bt clest une prise de conscience de lidentité : dans la confrontation
avec l'Aulre se consiruil une défimitior de soi
In résumé, développer la dimension interculturelle de Penseignement des
langues, c'est reconnaitre les objectifs suivants : faire acquérir 4 lapprenant une
compélenee aussi bien intercullurelle que linguistique, le préparer a des relations
avec des personnes appartenant 4 d'autres cultwes ; permettre ả Ï'apprenant de
comprendre el, d’accepler ces persormes « autres » en lant qu’individus ayant des points de vuc, des valeurs ct des comportements différents ; enfin, aider )’apprenant
a saisir le caractere enrichissant de ce type d’expériences et de relations La
compélenee interculturelle pout élre congue comme dant la eapacilé du locuteur-
auditeur & saisir, a comprendre, a expliquer et 4 exploiter positivement les données
pluriculturelles ou multiculturelles dans une situation de communication donnée Une telle définition, pense Abdallah-Pretceille (1996: 29), n'implique pas une
simple connaissance descriptive des cultures ou une simple connaissance des faits
de civilisation, « mais une maiirise de la situation de communication dans sa
globalité, dans sa complexité et dans ses multiples dimensions (linguistique, sociologique, psychologique et culturelle) »
La compétence interculturelle đếborde la compétence culturelle en ceci que entre la connaissance des différences culturelles (dimension ethnographique) et
Trang 24la compréhension de la variation culturelle (dimension anthropologique), il n'y @ pas qu'une simple difference de formulation mais le passage d'une analyse en termes de structures ef d'élals & celle de processus, de situations mouvanles, complexes, imprévisibles et aléatoires compte tenu de Uhétérogénisation culturelle croissante au sein méme de ce que Ton appelle wadinomellement les cultures» (Mbdallab- Pretvuille,1 996 :32),
Elle devrait dés lors permettre au locuteur-auditeur d'acquérir une capacité
de perception et d'anticipation plus complexe Cette capacité ne doit pas étre persue,
isi¢ el mise en évidence essentiellement dans des situalions cla:
communication, mais aussi lors des situations d'enseignement ou les interactions
didactiques impliquent que Venseignant communique non seulement avec
Vapprenani, mais aussi cl surloul avec le texte - objet de Menseignement - el les
données culturelles qui en constiment le tissu In effet, il s'agit pour le locutew/enseignant de pouvoir réagir efficacement par rapport aux systémes de
clasa
ment a Vaide desquels foncliorment, non pas une commurauld, mais des
communautés sociales et de pouvoir anticiper dans les situations de communication Jes plus complexes el les plus diversifides, que ce soil par rapport au lexle on par Tapport aux capacités dappréhension des apprenants, Et ¢'cst ic1 que la competences interculturelle sinon déborde, du moins se rapproche de la compétence de
communigation telle que délime par Hyms Cité par Galisson ot Coste (1976
106), Hymes désigne sous lexpression de compétence de communication la connaissance (pratique et non nécessairement explicitée) des régles
psychologiques, culturelles et sociales qui commandent Vutilisation de la parole
dans un cadre social( ) fille] suppose la maitrise de codes et de variantes sociolinguistiques et des critéves de passage dun cade ou d'une variante &
@autres: elle implique aussi un savoir pragmatique quant aux conventions
énonciatives qui sont d'usage dans la communauté considérée »
Ainsi, la compréhension anthropologique des faits culturels prend le pas sur
leur connaissance sthnographiqua, T'élude de fails statques devient une analyse ont
16
Trang 25termes de phénoménes qui évolucnt ct d'interactions langagiéres entre les hommes Il faut done comprendre que dans cette étude, le phénoméne culturel est a la fois langagicr ct linguistique Tl est langagier parce que toute production lextuelle est une
communication qui vise un destinataire prét a évouter et 4 interpréter Ce fait
langagier se veut par ailleurs social parce qu'il implique plusieurs instances de parole Friin, le fait culturel est inguistique peree qu'il se transmel par ol ä travers
le code fait de sons et de sens qu’est la langue
1.3 Langue ct culture dans l’enseignement/apprentissage de langue étrangére 13.1 Langue ef culture
Dés les années 70, les chercheurs ont commence 4 s'iméresser 4 la relation
entre la langue et la culture dans les travaux de recherche sur la culture en
paycholinguislique cl socioliguislique Selon Michsel Bryam, lẻ bul final de Penseignement’ apprentissage d'une langue étrangére est de «développer la capacité
@utitiser la langue efficacement a des fins de communication pratiques (Michaél
Bryam, 1992, p30), Non seulement los conmmissarwes linguistiques mais aussi colles cultwrelles contribuent grandement au développement de cette capacité Cela veut dire
que, dans les couns de langue étrmgére, ka négligence des explications des [aits culturels
provoquera certainement des preblémes, conune Ta contumé Louis Porcher; « Les
erreurs linguistiques d’un étranger ne sont presque jamais stigmatisées (on Vaide au contraire) alors que ses munquements culturels engendrent souvent des jugements sévéres » (Louis Porcher, p.49) Bryam affirme que la langue ne peut pas étre utilisée sans tre porteuse de sens référentiel, et ce, méme dans T'environnement prétendument
neutre de la classe de langues: « / } on ne peut justifier Ïa tendance @ mettre la langue &
Pécart de la culture @ laquelle elle se réfere constamment: cette attitude ne tient pas compte de la nature de la langue » (Bryam, 1992, p.66) L'auteur va jusqu'a dire qu’
«apprendre la langue clest apprendre la culture » (Byram,1992 p67), car la négociation du sens culturel duquel la langue est porteuse est effectuse par la
communauté De plus, pour les apprenants dune langue étrangére, Je contact avec la
Trang 26culture cible est souvent lunité a la classe de langue: Voila une bonne raison de ne pas
séparer la langue cible de sa culture pour des raisons pédagogiques
Alors, dans Ponscignementapprontissage des langues dlrangéres, les
connaissances cultwelles explicites ou implicites jouent un réle primordial : la langue et
la culture sont intimement liées et doivent étre enseignées de concert En effet, un bon
apprenhissage de la langue dépend dune borme compréhersion cl dune bonne
connaissance de la culture A l'inverse, ue culture ne peut éte bien assimilée que par
ceux qui possédent ume bonne maittise de la langue cible
La langue est un moyen de communication, mais la communication en langue
étrangére ne se réduit nullement 4 une quelconque maitrise linguistique étroite et que
celle-ci ne sert 4 rien si elle n’est pas accompagnée de compétences culturelles et
inlorcullwrelles Rdward Sapir considére aussi que la langue eal un aspect de la culture,
et il a déja affine que « [ ] de tous les aspects dz la culture, la langue est le premier
a avoir atteint une forme irés développée et sa perfection fondamentale est un préalable au développement de Ta culture dans son ensemble» (Sapir, 1956) Kramsch
(1987) est du méme avis: « / 7 La culture est soigneusement tissée dans chaque
aspect ci processus d'apprentissage de la langue Tes auteurs semblent comscients de
ce que la culture n'est pas juste une cinguiéme compétence, elle constitue le modéle @ Vintévieur duquel se développe la compétence linguistique »
Dans un autre onvrage dori plus tard, Kramsch (1996, p 87), nous rappelle
que des manifestations les plus importantes de la culture a lieu par lintermediaire
de la langue, qui hủ sert de meédiatrice, d'instrument diinterprétation et de transmission Puisque la culture est une porte d'entrée -via la langue- dans une communauté de locuteurs, les enseignants de langue doivent lui préter une attention
toute particuliére Nous trouvons tout 4 fait évident que la connaissance d'une culture
el Pune société est indispensable 4 la cormaissance d’ une langue el réciproquement,
la connaissance d’une langue favorise Yétude d’une culture et d'une sociéte
étrengare Désormais, la culture est dans la langue, autour de la langue et partout oft
Trang 27connaissances dans la littérature mais aussi ot surtout dans Ia vie quotidicnne, dans la société contemporaine of s’utilise la langue L’enseignement de la langue ne peut done absohanent pas se dépasser celui de la culture et viee-versa Ta culure me peuL jamais s’acquérir si elle ne s’accompagne pas d'une bonne competence linguistique
De plus, au cours de notre enseignement de F.L.[, nous remarquons que ce sont les fants cullwels qui font la richesse d’unc classe de larygue, qui motivent Tes apprenants
et en paticulier les plus faibles qui voient d’autant plus d’intérét 4 leurs cours que
ceux-ci reflétent la vie extra-scolaire Une fois aborder la culture étrangére dans le
conlexle de lapprentissage dun : ronvelle langue, ona To sion de conlextualiser
des connaissances, de donner du sens 4 cet apprentissage On peut donc supposer que découvrir la civilisation d'un pays permet aux apprenants de faire des progrés sur le
er des modes de vie el des réahités
plan linguistique Comprendre of inlerpré
culturelles d’um autre pays permet de développer Ia tolérance, la compréhension, la
curiosité et par conséquent l’ouverture d’esprit Les faits culturels devierment un
malériau altrayanl pour s’ortramer 4 comprendre, & reproduire el a a al rr des outils linguistiques Au contraire, les faits linguistiques sont mieux mémorisés lorsqwils émanent, d’une silualion cullurelle authentique Atusi, la question de Tmdiasolubilitt entre langue ct culture ue s¢ pose plus ; enscigner la langue, o"est enseigner la culture Avec les compétences linguistiques, les apprenants acquiérent
des compéLences infercullurelles, car ils expérimanitent une nouvelle perspective da
monde, une nouvelle relativité morale
Cependant, il faut bien remarquer aussi qu’en réalité, l’enseignement de la culture, qui accompagne et compléte l'enseignement linguistique, cause bien des difficultés aux enseignants ainsi qu’aux apprenants: la limite du niveau des
enseignants, l’environnement de communication et les matériels, l’insuffisance de
Thoraire, les contacts limilés avec des natifs, le manque des documents complémentaires, et surtout la capacité d'acquisition des connaissances et J'attitude
et le style d'apprentissage des apprenants : L’apprenant d'une langue étrangére est
obligé đexprmer unc culture dont il a a peine de Vexpérienes, ou il doit aussi
19
Trang 28développer une sorte de nouvelle identité dans unc nouvelle rẻalité culturelle qui n'a
rien a voir avec son expérience quotidienne, ce qui peut entrainer des difficultés,
voire des problémes psychologiques dans des cas extrémes, cle
Desomnais, ce volet incontoumnable de l’enseignement de langues constitue
un enjeu préoccupant 4 l’égard des pédagogues
1.3.2 Enseignement de la culture 4 travers les méthodes
Depuis le XVIléme siécle jusqu’é nos jours, les différentes méthodologies
se sont suocédées, les unes en rupture avec la méthadologie précédente, les autres
comme une adaptation de celle-ci aux nouveanx besvins de la soviélé Cependant, il
est a remarquer qu’il est difficile de définir exactement Ja succession chronologique
des différentes méthodologies, étant denné que certaines d’entre elles ont cohabité
avant de s*imposer à la préeédents, Nous proposons ici une synthise des
meéthodologies qui ont marqué Denseignement des langues étrangéres depuis la
méthodologie waditionnelle jusqu’a présent
1.3.2.1 Méthode traditionnelle
La méthode traditionnelle est née au XVUe siécle, largement adoptée dans le 188me sitcle ef la premigre moitié du 19 éme siéele Elle est uolamment appelée la inethodologie de la grammaure- traduction Beaucoup de chercheurs considérent que
son utilisation massive a donné lieu 4 de nombreuses évolutions qui ont abouti 4
Vapparition des nouvelles méthodologies medemes Celle méthodologic se base sur
la lecture et la traduction de textes littéraires en langue étrangére, ce qui place done Voral au second plan La langue étrangére est décortiquée et présentée comme un
ensemble de régles grammaticales et d’exceptions, qui peuvent étre rapprochées de celles de la langue matemelle Cette méthode est donc profondément lexicaliste, en
accordant une grande importance au vocabulaire La langue matemelle n’était point bannie de la classe, élant dormé qu’elle permet de traduire mot a mol le texte objet d’étude: celui-ci peut méme étre accompagné de notes facilitant Faccés au sens des
extraits choisis On assiste aussi 4 la naissance du «livre de vocabulaire», un
ouvtage spéeialisé qui esl congu pour supporter le livre de grammaire ou qui ¥ est
Trang 29inséré Le vocabulaire est cnscigné sous forme de listes de mots que |’éléve doit
apprendre par coeur travers leur traduction en langue-source Alors, 'apprenant posséde un vocabulaire riche, soigné, liligraire mais passil On propose encore des exercices de version, de theme, d’application de regles grammaticales et méme
dictées Dans cette méthode, lenseignement des éléments culturels est
indispersable Ôn cnseigne la cuc para découvorle des
« patrimoines historiques» Ce sont les extraits littéraires des grands ameurs du
Moyen Age jusqu’'au XIXé siécle Les apprenants ont une large connaissance sur les
auteurs, les dates les événements hisloriques, les chefs d’ceuvres de la liltéralure
frangaise et d'autres symboles de la culture lÏ est done clair que les meéthodes
traditionnelles défavorisent Ja prise d’initiative chez les apprenants qui sont bien loin de Ja communication quolidierme, ils wont que des contacls avce la civilisation
du passé Ils ignorent l’actualité contemporaine De plus, le professeur domine
totalement sa classe: il n’a pas de manuel et il crée hii-méme des recueils de textes
qu’il choisil de fagem subjective, aprés la valour Hitléraire qu'il leur accords Tl est bien évident que ce modele d’enseignement ne peut que conduire a des résultats
décevants au niveau de la communication
1.3.2.2 Méthade directe
La méthode directe est largement utilisée dés la fin du XIX@ siecle jusqu’a
la moitié du XXeé siécle Elle s’insent en rupture avee Ja indéthode grammaire-
traduction car elle semble micux répondre aux nouveaux besoins d’apprentissage
des langues élrangéres qui visenl une maitrse de la langue comme oulil de
communication La méthode dircete constitue une approche naturelle de
Vapprentissage d’une langue étrangére fondee sur l’observation de Yacquisition de
Trang 30ou dimages, mais ne traduit jamais en langue maternelle L’objectif cst que P'apprenant pense en langue étrangére le plus tét possible
-T utilisation de la langue orale sans passer par Vintermédiaire de sa forme écrite On aecorde une importance particuliere @ la prononciation et on
considére la langue écrite comme une langue orale “soripburée”
- Tenseignement de la grammaire étrangére se [ail d'une maniere inductive
(les ragles ne s’étudient pas d’une maniére explicite) On privilégie les exercices de conversation et les questions-réponses dirigées par Pensignant
On peut estimer que c’est avec et a partir de la méthode directe que la didactique des langues vivantes strangéres a fait appel a la pédagogie générale: on
tenait cr effet compte de Ia motivation de l’éléve, on adaplail Jes méthiodes aux
intéréts, aux bescins et aux capacités de P’éléve, en faisant progresser les contenus
du simple au complexe
Cest pourquoi C Puren cstime que la rupture entre Ja méthodologic
traditionnelle et la méthodologie directe “se situe au niveau de la pédagogie générale de
ce qui apporle une grands nouveaulé dans lV enseignement/apprentissage des langues ctrangéres
Ln ce qui conceme l’enseignement de la culture, on voit bien qu’étant
dotmée la priorité accordée 4 la langue orale et la primaulé de celle-ci, elle est plutél
lige aux réalités quotidiennes Comme support, enseignant n’utilise plus de textes
littéraires, mais de textes informatifs traitant la vie quotidienne
Le déclin de la méthodologie directe est provoqué par des problémes aussi
bien internes qu’externes Les problémes internes les plus importants ont été
Vincontrélable mflation lexicale et l'intransigeance dans Vutilisation de la langue
matermelle En ce qui concerne Is problémes extermes, on peul citer le refus par les enseignants d'une meéthodologie qui leur a été imposée et l'ambition excessive de cette méthodologie qui exigeait des professeurs une excellente maitrise de la langue orale sans pour autant olTrir un recyclage massif des enscignanis
be 8
Trang 31apprenants A s’oxprimer on langue étrangére, on leur permelant dinloragir dans les
communications de la vie de tous les jours La priorité est toujours accordée a Poral
au détriment de I’éorit : on utilisait des phrases modéles, insérées dans un dialogue
ou hors conlexle, pour introduire el pour pratiquer la langue parlée Au niveau de la linguistique, la MAO s"inspirait du structuralisme distributionnaliste de Bloomfield,
théorie postulant que chaque langue était constituée par un systéme de structures
complexes élroitement mbnquées Au niveau de la psychologic de Papprentissage,
la MAO s‘inspirait du behaviourisme de type skinnérien, théorie préconisant la répétition de structures toutes faites pour passer, dans un deuxiéme moment, a la
consolidation par un processus de stimulus proposd par lo professaur ot de réporise
donnẻe par ’éléve; des exercices structuraux intervenaient pour proposer une pralique inlensive sur les pois de grammaire trailés
La méthede audic-orale concevait la langue comme un cusemble
@habitudes, d’automatismes permettant cutiliser de facon spontanée des formes
linguistiques appropriées On niail la conception universaliste de la langue on
considérant que chaque langue a son propre systéme phonologique, morphologique
et syntaxique Comme on ne considérait pas le niveau sémantique, la signification
des termes étrangers jouait un réle secondaire dans I’ enseignement/apprentissage ott
l'on privilégiait les structures syntaxiques La traduction était bamnie et le lexique
était réduit au strict minimum au moins jusqu’a P'acquisition d'un certain nombre de
structures Les dictionnaires élaient vus comme des outils depourvus d’ulilité, étart
domné que l'image et le contexte permettaient de pourvoir 4 la nécessité d’une définition explicite De plus, les habitudes linguistiques de 1a langue maternelle dlaicnt considérécs principalement comme une source dinterférences lors de
bề Đ
Trang 32Vapprentissage d’unc langue étrangare, ¢”est pour cette raison qu’il est recommandé utiliser la langue-cible en classe Quant 4 la composante culturelle, cette methodologic essaie de fournir aux apprenants les réalités de la vie quotidienme de
la langue-cible La place de la cultwe étrangére est tres importante mais elle est introduite comme une cause d’erreurs de compréhension La MAO a été critiquée pour le manque de transfert hors de 1a classe de ce qui a dé appris et on a comsidérd que sa validité se limitait au niveau élémentaire De méme, a enthousiasme pour les exercices structuraux a succédé la déception En effet les exercices emuyaient les dléves, les démotivaient et le passage du réemploi dirigé au réemploi spontané
ne se faisait que rarement
linguistique ct cela dés le débul des armées $0 C'est pourqum le Ministére de
T’Bducation Nationale a mis sur pied une Commission chargée de mettre au point « le
frangais élémentaire » ou « le ñangais fondamental », congu comme une gradation granmumaticale ct lexieale élaborée & parur de l’analyse de la langue parlée, C’eat le linguiste G.Gougenheim et le pédagogue P Rivene qui sont chargés de cette mission
on vue de facililer Papprentissage cl par JA méme la diffusion du lrangais Tos
meéthodologues du CREDIF ont publié en 1954 les résultats de cette étude lexivale
Le Trangais Fondamental en deux fascicules : Fondamental premier degré (F.F.1),
@environ 1500 mots, et Francais Fondamental deuxiéme degré (F F.2), comprenant
environ 1600 mots Le frangais fondamental est considéré comme une base
indispensable pour une premiére étape d’apprentissage du TLE pour des éléves en situation scolaire Tl leur proposer une acquisilion progressive et ralionmelle de la langue leur permettant de mieux la maitriser Ce frangais fondamental a été Fobjet
de beaucoup de critiques surtout d’ordre linguistique: pour certains, o"était um crime contre Vinkégnté de la langue Irmgaise, pour d'autres, il devail dire actualisé car
Trang 33certains dialogues ‘fabriqués” présentaicnt une langue pou vraisemblable, il devait également tenir compte des besoins langagiers et les motivations réelles du public
visú C’esi au milicu des années 1950 que P Guberina de Université de Zagreb en Yougoslavie a avancé les premiéres théoriques de la méthode audio-visuelle Selon lui, Venseignement d’une langue devait centrer sur la conception sensorielle et qu”il fallait reeourir aux éléments audio-visuels pour faciliter Papprentissage
La cohérence de la méthode audiovisuelle etait construite autour de Vutilisation conjointe de l'image et du son Le support sonore était constitué par des
euregistrements magnéliques eL le support visuel par des vues fixes En effet, les
Sur le plan de Papprantissage, la MAV suivail la théarie de la Gestall, qui
préconisait la perception globale de la forme, l'intégration par Je cerveau, dans un toul, des différents gléments pergus par les sens Dans le cas des langues, Ïapprcntissage passerait par l’oreille ct la vue La langue tant considérce comme
un ensemble acoustico-visuel, la grammiaire, les clichés, la situation et le contexte
linguistique avaient pour bul ds Jaciliter Vinldgration cérébrale des stimuli
exterieurs
La méthode audio-visuelle mettait accent sur l’oral pour apprendre aux
éléves 4 comprendre et a s’exprimer dans un francais standard, modeste mais trés
correct Pour elle, la langue était pergue comme un moyen d’expression et de
communication orale
La culuwe dans cette methods dail présente dans les dialogues et hées 4 la
vie quotidienne, a une culture contemporaine, superficielle.
Trang 34Alors, on peut affimmer que Venseignement de la culture fait toujours unc partie intégrante dans la didactique des langues en général et dans la didactique du
(rangais on particulier
Permettant d’obtenir des résultats rapides dans acquisition des langues étrangeres, la méthode audio-visuelle a connu une période de grande prospérité
Cependant elle accordait trés pou de place a Ja oréalivilé des apprerumts qui,
habitués 4 se wouver face a des conténus linguistiques segmentés, appris et automatisés, éprouvaient une grande difficulté lorsqu’ils devaient faire face a des situations de communication réelles Cetle méthode est entrée en déclin el a cédé sa place 4 [approche communicative basée sur d’autres théories linguistiques (le fonctionnalisme) et psychologiques (le cognitivisme)
1.3.2.5 Approche communicative
In réaction contre les méthodes précédentes, au milieu des années 1970 on a assisté en France a ‘apparition de l’Approche Communicative Elle est appelée
approche el non méthodologic par souci de prudence, puisqu’on ne la considérail pas
comme une méthodologie constitue solide Kile est le fruit de plusieurs courants de recherches en linguistique ef didactique et ta suile 4 différents besoins T’avénement de cette approche est lic a la publication d’um cuvrage commande par le Conseil de P'Lurope : « Un Niveau Seuil » Ce demier était un modéle opérationnel de ce qu'un
appronant devail étre capable de faire Joniqu’i] ulilisail une langue comme moyen de
communication dans un pays étranger La langue n’était plus congue comme un
ensemble de structures grammaticales mais comme une liste de notions et de fonctions On y a introdnit la notion d’acte de parole (se présenter, demander une information, etc.) L’enseignement était centré su les besoins et les motivations de
Papprenant Elle visait 4 développer la compétence communicative en langue élrangére chez, Papprenant ui pertneltant de s’adapler facilement a des situalions conorétes de la vie quotidienne On y privilégiait la transmission et la compréhension (un message dans un contexte donné plutat que la création de phrases hors contexte, pure applicalion de régles el de struciures grammuaticales apprises par ctour, T.a langue
Trang 35¥ tait congue comme un instrument de communication ou interaction seciale Les aspects linguistiques (sons, structures, lexique, etc.) constituaient en réalité une des
composantes de la compélenes de communication Ï
dimensions linguistique ot extralinguistique représentaient un savoir-faire a la fois verbal et non verbal, une connaissance pratique du code et des régles psychologiques, sociologiques et
cultuelles on Saveur de Pemploi approprié de la langue en situation Elle s’acquiert
en méme temps que la competence linguistique Il ne suffirait done pas de connaitre les régles grammaticales de la langue étrangére pour communiquer, il faudrait en plus
en conraitre les régles d’emploi (quelles Cormes linguistiques employer dans telle on
telle situation, avec telle ou telle personne, ete) L’objectif est darriver a une
communication efficace
Selon Vapproche communicative, apprendre une langue ne consisie pas,
comme le croyaient les béhavioristes et les tenants de la méthode audio-orale, 4 créer des habitudes, des réflexes Pour cette approche, l’apprentissage est un processus
beaucoup plus créaleur, plus sournis A des influences interncs qu'exlemes
L’apprentissage nvest plus considéré comme passif, recevant des stimuli
externes, sinim comme un processus actif qui se déroule a Pintérieur de Vindividu et
qui est susceptible d’étre intlueneé par ect individu Le résultat dépend du type d'information présenté a [apprenant et de la maniére dont il va traiter cette information Venscignant devient ainsi « un consciller », «un guids » ol « un coordinateu» Ll ui appartient de recourir a des documents appelés
« authentiques », o’est-d-dire non congus exclusivement pour une classe de langue
étrangére Le réle de l'apprenant est done actif et critique
L’approche communicative présente, au moins pour la compréhension orale, diverses formes linguistiques destinées 4 transmettre un méme message On
prend en comple le nivean du discours et on distingus entre cohésion (les Telations existant entre deux énoneés) et cohérence (les relations établies entre des énoncẻs et
la situation extralinguistique) On utilise en classe de préférence la langue étrangere,
mais il cst possible dutiliser la langue matermnelle ef la baduction Le statut de
Trang 36Varreur a égaloment évolué: on considére l’orrcur comme un élément formateur, un point de départ pour réfléchir et construire progressivement son propre langage Quant au lexique, cette approche a abandonné Ie principe de sélection Iexicale en privilegiant les documents authentiques (articles de journaux, plans de ville, ete.}, Vutilisation de ce type de documents pour la compréhension orale (émissions de radio ou de télévision, conversations informelles, ele.) propose aux apprenanis des registres de langue tres variés
Selon D Coste, l'acte de parole dans Vapproche communicative est un
hi
ouHl @analyse encore trop stalique el manque de réalilé psychologique T
es
de structures morphosyntaxiques et de mots ont fait place aux listes d’actes de
parole et de notions: on n’aurait alors pas dépassé le stade de la description-
inventaire D.Coste cntique le fonetionualisme pur ol dur pares qu'il vise um public
idéal et des enseignants surdoués, évoluant dans des situations d’enseignement- apprentissage débarrassées des contraintes matérielles et des programmes scolaires
classiques Tl estime que les appronants on miheu scolaire ne seul pas on mesure
dassumer leur éducation et que les enseignants sont insuffisamment formés pour apphiquer corectement celle approche
Dans cette approche, les contenus culturels ovcupent une place impertante
et sont présentés sous de formes trés vari¢es tant 4 I’écrit qu’A oral : texte, dialogue, transcription dun curegistremenl, cic Ce pour pormetire aux apprenants d’accéder
plus facilement a la culture frangaise
1.3.2.6 Approche actionnelle
L'Approche actiormelle s’est répandue vers le milieu des années 90 du siécle
dernier, Hlle vise interaction pergue comme le meilleur moyen apte a stimuler chez Papprenant le développement d'une compétence communicative « plurilingue et plunicullurelle » Celle approche, done, met accent tion seulement sur la maitnse des
langues étrangéres mais aussi sur les éléments culturels qui sont une partie intégrante
de celles-ci On encourage les stratégies dauto-évaluation, de réflexion sur P’auto- apprentissage Cependant, actucllemont on assisle & unc phase de slagnation
Trang 37caractériséc parfois par dos ajustements timides ne permettant pas de parler d'une nouvelle méthodologie unique, profonde et universelle,
Les enseignants proposent de plus en plus des siralégies plus souples destinées 4 adapter |’enseignement aux situations particuliéres de classe oi on essaie
de créer des parcours «personnalisésn, en complétant ou en transgressant la méthode proposée par le manuel Tis construisenl cux-mémes une méthode propre en empruntant des éléments de cours a différentes méthodes déja publiées, Pour y parvenir, c'est @ eux de posséder un bon nombre de comaissances de la langue a emseigner, des différentes techniques, méihodes d’enseignement
Cette approche considére l’apprenant 4 la fois comme un acteur social qui agit
et réagit face a des situations variées et différentes de la vie scolaire et sociale c’est-a-
dire il a ds lc complir toul on approraml & acquérir, a inaitriser, 4 utihsor la langue comme, interaction sociale dans les situations complexes de la vie
quotidienne Elle encourage les apprenants 4 développer leur autonomie et leur
créativité en cherchant eux-mémes sur I"Intemet et sur d'autres mass médias des
informations indispensables 4 enrichissement, a U'approfondissement de lenrs connaissances socieculturelles du pays dont ils apprennent la langue par la pédagogie
de projet pédagogie active, documentaire utilisées par l'enseignant
Fn bref, les méthodes et les approches @enseignement des langues mentiomnées ci-dessus ont pour but d’amener Ie public scolaire et Ie public adulte a
la fois acquérir, maitriser et 4 bien utiliser la langue étrangére et sa culture dans
la communication quolidiorme el socioprofessiormelle Chacune d’entre elles par ses propres caractéristiques utilise des moyens disponibles pour y parvenir Dans ce qui suit, nous allons voir quelles sont Jes approches a utiliser dans I’enseignement de la culture
1.3.3 Approche interdisciplinaire et I'enseignement de la culdure en FLE
L’enseignement de la culture exige toujows denseignant une attitude dynamique, unc démarche critique Son réle polyvalent comme consciller, guide, médiateur, consiste 4 aider lapprenant franchir les faisceaux des interferences
Trang 38culturclles séparant les doux univers culturcls La classe de langue doit étre le lieu
oủ se mettent en contact la culture maternelle et la culture étrangére et ot Penseignant aménage cel espace de rencontre entre le semblable el le different, Vintérieur et l’extérieur, le lointain et le proche Le probleme de I’acquisition des références pertinentes dans une culture étrangére a été débattu dans la classe de langue et jugé comme essentiel Ta question di statu de Venscignement de la culture est apparue comme indissociable des interrogations méthodologiques A ce propos, les différentes approches en sciences sociales et humaines sont utilisées dans un cours de culture frangaise
13.3.1 Approche thématique
Cette approche repose sur une présentation sélective des faits sociaux, on
présente quekqmes thên
(femme, famille, Sducalion, sanlé ) en gardanl une
perspective dé synthése (apprendre Lessentiel sur ce sujet) Les dossiers
thématiques offrent 4 l'enseignant les possibilités de les choisir et de les fabriquer
lu-tnéime
Sa démarche suit deux étapes : information sur le théme a aborder et synthese sollicitant le réemploi des informations acquises, Pappropriation Celle approche thematique avec sa propre démarche convient micux 4 la recherche documentaire sur les themes a enseigner et laisse 4 'enseignant la liberté de choix parmi les sources
mises a sa disposition
1.3.3.2 Approche sémiologique
Cette approche permet la découverte d’un document & travers l’interprétation
des signes, des indices implicites ou explicites Il s’agit d'interpréter le réel 4 partir
de la polysémie des données culturelles Selon Beacco, Lieutaud, elle « aidera a
reconnaitre, a interpréter, 4 comprendre et 4 mettre en rapport les significations, les sens, les cormolalions culturelles véliculées par les fails el les documents de
civilisation »
Elle donne aussi des perspectives nouvelles aux études contrastives Des signes équivalents peuvent avoir des signiliés divergonts, des stgnes drlérenls
30
Trang 39peuvent avoir des signitigs différents La sémiologic comparée a pour objet de comparer les signes et des connotations culturelles par exemple Je chien pour un Frangais ¢’eat un animal de compagnie alors que pour un Vietnamien c'est pour la viande
objectives, fail une large place aux données sociales, slalisliques, Geonomiques,
politiques, etc et elle utilise des documents chiffrés, des études, des enquites, des
articles de presse, des revues spécialisées C’est 4 I'enseignant d’aider I’apprenant 4
faire des Gludes comparalives avce d’anlres sociéiés ou avec celle ot it vil
1.3.3.4.Approche anthropologique
Celle approche se consacre a Pétude des réalilés quotidienmes, préfére le coneret a labstrait, Elle ost untéressée par la mamire dont Ics hommes vivent et par
les évenements de la vie courante et offre des pistes de travail intéressantes dans le
domame ds Yenseignement de ta civiisalion On on trouve Ja trace dans bren des
manuels et des méthodes de frangais langue étrangére KLE comme « Comment vivent les Frangais » Cette approche corrige la part abstraite de l'approche
sociologique et motive davantage le public car elle repose sur des témoignages
spontanés, des enquétes directes, des reportages sur place ete Hille répond au desir dauthenticité, de vérité qui se manifeste dans lenseignement de la culture et
contribue a montrer Vintérét de la vie ordinaire, a répondre 4 la curiosité du public
étranger de mieux connaitre les l'rangais dans leur vie de tous les jours
1.3.3.5 Approche linguistique
31
Trang 40Sclon Richard Lazslon, approche linguistique « pourrait étre celle qui
traiterait de facon effective et explicite le rapport langue/civilisation en établissant
un mouvement de continuité de lune a Uauire » (FDM 1976) En ellet dans bien
des dossiers, la volonté de lier la langue et la culture reste une précccupation dominante, Pour les auteurs connus tels que Francis Debyser, André Rebouillet
entire autres, il est conseillé pour un enscignant de frangais d’aborder la civilrsalion
a travers le lexique et des mots précis « apparenument universels » comme « maison
», « bois », « famille » tout en tenant compte des « situations », des « contextes
sovio-cullurels » Ainsi celle approche linguistique vise a intégrer l’enseignement de
la culture 4 celui de Ja langue
1.3.3.6 Approche interculturelle
Ta veritable approche inlereulturelle suppose deux mouvernents
- Le premier part de P’étranger qui va découvrir la culure d’un nouveau
pays
- Te deuxtéme est encore Ja découverte de Ja bivarreric de la culture de
l'Autre et s’accompagne d'une distanciation par rapport 4 sa culture
@ongine
Elle cst alors un processus de la découverte de l’Autre et de la redécouverte
de soi-méme, II appartient 4 l’enseignant de langue de préparer Ï'apprenant à la
rencontre de Autre afin qu'il manifesie des altstudes positives a Pégard de sa
propre culture et de celle de P-Autre
Ln bref, ces différentes approches en sciences sociales et humaines présentées ci-dessus sont appliquées en fonction de chaque type de documents et Wobjectifs determinés par Fenseignant de langue Compte tenu dé leur mise en
oeuvre dans lenseignement de la culture, il nous semble indispensable de varier les modes d’exploiter un cours de culture, un des [ails de culture en particulier afin de
motiver le public ciblé, de mobiliser et d’appliquer ses connaissances acquises dans
les contextes, les situations de la vie quotidienne Pour y arriver, i semble essentiel