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Luận văn thạc sĩ: Impact des programmes de prévention des populations clés (travailleurs du sexe...) sur la diminution ou l’élimination des nouvelles infections à VIH au Cameroun

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THÔNG TIN TÀI LIỆU

Thông tin cơ bản

Tiêu đề Impact Des Programmes De Prévention Des Populations Clés (Travailleurs Du Sexe...) Sur La Diminution Ou L’élimination Des Nouvelles Infections À VIH Au Cameroun
Tác giả Aba Mekongo Pascal Joseph
Người hướng dẫn Dr. Drogoul Alexis
Trường học Université Nationale Du Vietnam À Hanoï
Chuyên ngành Informatique
Thể loại Mémoire
Năm xuất bản 2024
Thành phố Hanoi
Định dạng
Số trang 125
Dung lượng 89,48 MB

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Nội dung

ABM : Agent Based Model ADN : Acide Désoxyribonucléique ARN : Acide Ribonucléique CNLS : Comité National de Lutte contre le Sida DFE: Diseases free equilibrium DHIS: District Health Info

Trang 1

UNIVERSITE NATIONALE DU VIETNAM A HANOi

INSTITUT FRANCOPHONE INTERNATIONAL

ABA MEKONGO PASCAL JOSEPH

IMPACT DES PROGRAMMES DE PREVENTION DES POPULATIONS CLES (TRAVAILLEURS DU SEXE ) SUR LA

DIMINUTION OU L’ELIMINATION DES NOUVELLES INFECTIONS

A VIH AU CAMEROUN

MEMOIRE DE FIN D’ETUDES DU MASTER INFORMATIQUE

HANOI - 2024

Trang 2

UNIVERSITE NATIONALE DU VIETNAM A HANOI

INSTITUT FRANCOPHONE INTERNATIONAL

ABA MEKONGO PASCAL JOSEPH

IMPACT DES PROGRAMMES DE PREVENTION DES POPULATIONS CLES (TRAVAILLEURS DU SEXE ) SUR LA

DIMINUTION OU L’ELIMINATION DES NOUVELLES INFECTIONS

MEMOIRE DE FIN D’ETUDES DU MASTER INFORMATIQUE

Sous la direction de:

Drogoul Alexis, Dr Informaticien Directeur d’ ACROSS IJL

HANOI - 2024

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ATTESTATION SUR LHONNEUR

J’atteste sur l’honneur que ce mémoire a été réalisé par moi-méme et que les données et

les résultats qui y sont présentés sont exacts et n’ont jamais été publiés ailleurs Les

sources des informations citées dans ce mémoire ont été bien précisées

LOI CAM DOAN

Tôi cam đoan đây là công trình nghiên cứu của riêng tôi Các số liệu, kết quả nêu trong Luận văn là trung thực và chưa từng được ai công bồ trong bất kỳ công trình nào khác Các thông tin trích dẫn trong Luận văn đã được chỉ rõ nguồn gốc.

ABA MEKONGO Pascal Joseph

Trang 4

Notre famille, au premier chef Mme Aba Catherine, mérite notre plus profonde

gratitude pour la confiance inébranlable, le soutien constant et les sacrifices sans limitetout au long de notre formation En conséquence, nous lui dédions humblement ce

travail

Trang 5

La création de toute œuvre résulte d'abord de I'inspiration accordée par l'Éternel

Tout-Puissant, suivie des contributions diverses de personnes et d'institutions, 4 qui nousexprimons notre gratitude Bien que nous reconnaissions que cette liste est loin d'étreexhaustive, nous tenons à exprimer notre reconnaissance sans risquer d'éventuellesomissions :

- A léquipe de formation de l'Institut Francophone International : I'administration, les

enseignants et tous les autres collaborateurs qui ont rendu cette formation possible.Vos efforts pour nous transmettre des connaissances et des compétences précieusespendant la formation sont hautement loués

- A la dynamique équipe du Laboratoire « Commun International ACROSS », qui a

gracieusement accepté de nous accueillir pour ce stage de fin de Master Votresoutien et vos conseils inestimables ont enrichi notre séjour

- A la grande famille Edzolo, notre famille biologique, pour votre soutien

indéfectible Votre amour et vos priéres nous ont accompagnés tout au long de celong parcours

- Nous adressons nos remerciements au Dr Stéphanie Tigyo, au Dr Sylvie Marlyse

Akoumba Mvom, a Christian Bekono Mveng et a Serge Mintyang NkoumouAssako Grace 4 vous, nous avons pu accéder aux données sensibles du Ministére

de la Santé, et grace 4 votre validation, ce travail a été rendu possible Merciinfiniment

- A nos encadrants : Dr Doanh, Dr Drogoul, Dr Tri, Dr Vinh et le Prof Samuel

Bowong Vos conseils, votre patience, votre professionnalisme et vos orientationsdans la recherche ont été primordiaux

- A nos amis particuliers : [Abbé Thomas Etoundi Bindzi, Caroline Rizza,

Christophe Ekouaga Medamé, Augustin Séraphin Biloa, Alain Mbazoa, Simon NnaMveng, Francois Marie Belinga, Jeanne Cottenceau, Léo Biré, Patrick Taillandie,Jean Claude Abada, Thérése Melounou Atcham, Cyrille Mbega Assomo

- A tous les camarades de la promotion 25 SIM, pour votre collaboration, votre

soutien et vos encouragements

A tous ceux, dont les noms ne sont pas explicitement mentionnés dans ce document,

pour vos innombrables contributions et Ï1mpact significatif que vous avez eu sur nous,

sachez que votre assistance et votre contribution sont grandement appréciées Nous ne

sommes pas en mesure d'énumérer chacun d'entre vous en raison de contraintes de

forme, mais votre soutien est inestimable

ii

Trang 6

LISTE DES FIGURES

Figure 1: Structure du VIH (Source : Wikipédia) - «ch ng giết 9 Figure 2:Variantes du VIH (Source : AFRAPPEDIA) - 5 +33 Ssseseeerererrreres 10

Figure 3: Cycle de vie simplifié du VIH (Source : LE MANUEL MSD) 12

Figure 4: Les populations clé du VIH au CamerOUI «+ + ++s*++skE+seeesseeseeees 20 Figure 5: Cartographie des populations clés et prévalences régionales du VIH au Cameroun

¬— 21Figure 6: Carte mentale des programmes de prévention proposés par les autorités de santé

publique pour la lutte contre le TVÍHH - - 5 s1 1192311993 1911 911 9v net 23 Figure 7: Carte mentale des différents modèles épidémiologiques du VIH/SIDA répertoriés

en revue de littérature - - - 5 s1 HT TH HT ni tre 28

Figure 8: Modéle SI eee ỐỐỐỐ 29Figure 9: Modèle SICCA - -c- cv TT TT HH HH HH HH Hư ch chờ 30

Figure 10: Modèle centré aØ€TIE SG 31111 1.11 net 31 Figure 11: Modèle mixte G5 E2 112301119101 11 9 1119 1H HH HH 33

Figure 12: Le processus de modélisation Figure adaptée de Schlesinger et al (1979) etParrot (2003) ccccscccccsssccessscccsssseceesseccessseceeesseccesseeceesseeceesseecesseeceesseeceesseeeseseeeeseseeeeesseeenes 35Figure 13: Modèle conceptuel du SystOMe - <6 25 111121 v.v ng ng rưy 37

Figure 14: Le MCD du modèÌ€ - - - 5 2E E111 91 E11 1 91 ghi ngư 39 Figure 15: Diagramme de flot du modèle SICA - 5 53+ + sssseesseeeseeek 44

Figure 16: Infectées et non infectées (Source : INRIA & IRD EPICASA09 2010) 55Figure 17: Variable d’état, flux entrant et sortant liés au compartiment 1 - 55

Figure 18: Environnement de développement eecceeeceeecsceseeceececeseeeeseeeeeeceneeceaeeesaes 71 Figure 19: Intervalle de ðẾnẾTfIOH - - - 5E 1E 911 11 91 910 ni HH ng 75

Figure 20: Aire de COnfAB1OSIẨẾ c2 1119911 1111011 1T HH net 76Figure 21: Dynamique du modèle mise en place - 55 2 + £++£+*E+ee+eeEseeeeeeess 79

Figure 22: Résultats des simulations avec variation de I et S2 « <+<<<++ 80

Figure 23: Résultats des simulations avec variation de I, S1 et Š2 -«+ s+>+ 81

Figure 24: Impact des programmes de prévention sur le modèÌe - -« «+ 82

11

Trang 7

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1: Estimation des PVVIH entre 2017 et 2022 -++++++++s++eesseereeeess 17

Tableau 2: Caractéristiques des TS - 5 s1 12301911991 9019 nh ng ng 25Tableau 3: Types de Modeéles épidémiologiques de l”état de l’art compatibles VIH 33

Tableau 4: Quelques Papiers les plus relevant de |’état de I’ art

Tableau 5: Paramétres du modéle SICA

Tableau 6: Paramétres du modèÌe - 5 ++5<<<<<< 55+

Tableau 7: Profil épidémiologique de Yaoundé en 2021 - - ese cee teeeseeeeneenee

LISTE DES GRAPHIQUES

Graphique 1:Différentes phases d’évolution de l’infection VIH en absence de traitement (Source :

Wikipedia) eee 14

Graphique 2: Evolution de la prévalence du VIH chez les 15-49 ans au Cameroun de 2004 a 2018

(Source : CNLS 2020) cccccccccccssssccssseccessecessseccesseeeesseecesseeceseeeesseeeesseeeessaeeeesseeessseeeesueceeeaeseneseeeeeaeees 16 Graphique 3: Prévalence du VIH par tranche d'age et par sexe (source EDS 2018) - 17 Graphique 4: Proportions de différents points chauds (points de rencontre entre TS et leurs clients)

identifiés dans la cartographie et l’estimation des TS au CamerOUI - 5 + ++*++£+v£+eseseesxe 24

Graphique 5: Cartographie des TS dans les principales villes du Cameroun (Source : CNLS 2016) 27

LISTE DES IMAGES

Image 1: Espace de réunion et espace de travail du Laboratoire ACROSS 3

1V

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ABM : Agent Based Model

ADN : Acide Désoxyribonucléique

ARN : Acide Ribonucléique

CNLS : Comité National de Lutte contre le Sida

DFE: Diseases free equilibrium

DHIS: District Health Information System

EDO : Equations Différentielles Ordinaires

EDSC-V : Cinquième Enquéte Démographique et de Santé du Cameroun

EE : Equilibre Endémique

IBM : Individual Based Model

HSH : Homme entretenant des rapports sexuels avec les autres hommes

ONUSIDA : Le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida

PC : Points Chauds

PNLS : Programme National de Lutte contre le Sida

PS : Professionnel du Sexe

PVVIH : Personne Vivant avec le VIH

SIDA : Syndrome d’Immunodéficience Acquise

TS : Travailleurs du sexe/Travailleuses du sexe

UD : Utilisateur des Drogues

UNICEF : Fonds des Nations unies pour l'enfance

VIH : Virus d’Immunodéficience Humaine

Trang 9

Ce manuscrit se concentre sur un enjeu majeur de santé publique, particuliérement sur

limpact des programmes de prévention ciblant les populations clés, notamment les

travailleurs du sexe, sur la réduction des nouvelles infections 4 VIH dans la ville de

Yaoundé au Cameroun Lesdits programmes, déterminant pour contrecarrer les

infections a VIH, stratégie de lutte à la portée des pays à faibles revenus, visent à cibler

de maniére efficace des groupes de populations clés Notre approche repose sur

l'implémentation d'un modéle mathématique épidémiologique 4 compartiments SICA,

basé sur les données épidémiologiques de Yaoundé, au Cameroun La crédibilité de ce

modèle a été renforcée par une validation rigoureuse, utilisant le principe de la

bornitude, l'existence d'un équilibre sans maladie et la stabilité globale de l*unique

équilibre endémique L'approche SICA, identifiée comme la meilleure alternative dans

l'état de l'art de I'épidémiologie 4 VIH, s'est avérée adaptée pour représenter la

dynamique épidémiologique du VIH 4 Yaoundé L'analyse des métriques du modèle,

notamment le nombre de reproduction de base Ro, |’équilibre endémique, |’incidence

du VIH, la prévalence du VIH, le taux de transmission a révélé l'importance cruciale des

programmes de prévention ciblés pour lutter efficacement contre le VIH parmi les

populations clés

Les résultats de notre modéle soulignent la nécessité d'intégrer les programmes de lutte

contre le VIH/SIDA dans une approche globale, car c'est un défi mondial Des stratégies

de prévention complémentaires pour la population générale sont nécessaires Lesrecherches futures visent 4 mieux comprendre I'interaction entre les groupes clés et a

optimiser les stratégies de prévention pour réduire les nouvelles infections 4 VIH

Renforcer la lutte internationale contribuera a confrôler et éradiquer le VIH/SIDA Desperspectives prometteuses s'ouvrent pour la santé publique au Cameroun et ailleurs

Mots clés : Epidémiologie, VIH/SIDA, Programmes de prévention, Population clés,

Nombre de reproduction de base, Intervalle de génération, modéle compartimental

SICA

vl

Trang 10

This manuscript focuses on a major public health issue, particularly the impact of

prevention programs targeting key populations, notably sex workers, on reducing new

HIV infections in the city of Yaoundé, Cameroon These programs, crucial for

countering HIV infections, represent a strategy feasible for low-income countries and

aim to effectively target key population groups Our approach relies on implementing

an SICA compartmental epidemiological mathematical model based on epidemiological

data from Yaoundé, Cameroon The credibility of this model has been reinforced by

rigorous validation, using the principle of boundedness, the existence of a disease-free

equilibrium, and the uniqueness of the global stability of the endemic equilibrium The

SICA approach, identified as the best alternative in the state of the art of HIV

epidemiology, has proven suitable for representing the epidemiological dynamics of

HIV in Yaoundé The analysis of the model metrics, including the basic reproduction

number Ro, the endemic equilibrium, HIV incidence, HIV prevalence, and transmission

rate, has revealed the crucial importance of targeted prevention programs in effectively

combating HIV among key populations

The results of our model underscore the need to integrate HIV/AIDS preventionprograms into a comprehensive approach, as it is a global challenge Complementary

prevention strategies for the general population are necessary Future research aims to

better understand the interaction between key groups and to optimize prevention

strategies to reduce new HIV infections Strengthening international efforts will help

control and eradicate HIV/AIDS Promising prospects are opening up for public health

in Cameroon and elsewhere

Keywords: Epidemiology, HIV/AIDS, Prevention programs, Key populations, Basic

reproduction number, Generation interval, SICA compartmental model

vil

Trang 11

TABLE DES MATIÈRES

51M L®.Y0500.057 1 335)/151540)15))/0206150012557 ii Liste 0i 11

Liste des tableaux 0n Ö iv

Liste des graphiques Ả 1V I9 5592807 6.1157 1V

j0 2-3 V

ÂN v1 I1) 0u vill Chapitre 1 : Introduction GENERALE G1219 ng nh nh nung Hưng nh ng 1

1.1 Présentation de la structure d'accuedl oo eee ececeeseeseeseeseceeceeceeceseeseeseeseeaecneceeeeeeeaseneenees 3

1.3 Question centrale de recherche ccccccccsssccessssccccessseceesssseccesseeecessseeecessseeceesseeeeeetseeees 5 1.4 Objectifs de la recherche 1 4 5

1.5 Hypothéses de recherche - + s16 9 91 11 10T hi ng nnện 5 1.6 Méthodologle ØÉnéTaÌe - 2 - G1119 910 0E HH cư 6

Chapitre 2 : Revue de littérature eee - c1 1931211910 911 9119111 HH ngư 7

2.1 Terminologie et définIfIO'S C1ES óc 1311211831119 8911 91 911 11 11 1 911g ng ng 7

2.2 Généralités sur le VIH/SIDA - óc s1 TH TH ng Hư 8

2.2.1 Biologie an 8

2.2.1.1 Anatomie du VIA na 3 9 2.2.1.2 Varianfes du VĨHH - c6 s99 nh nh TH HH nh ng 9

2.2.2 — Transmission du VĨHH - <3 x19 ngờ 10

2.2.2.1 Mécanisme de l’infection par le VÍH 5 65+ + £ssseeserseeeeeerse 11

2.2.2.2 Phases de l’infection par le VIH e cee escceseeeceeseeseeeseeeeceseceaeeeeeeneeeseeeaes 13

2.3.2 Les populations clés et la propagation du VỊTH - «+5 + ++++seeseeeseeese 19 2.3.3 Lutte contre le VIH/SIDA au CamerOUuI - «+ +£+x£+s+sE+sEseeeeeeeesee 21

2.3.3.1 Sensibilisation et éducations sur le VIA oes eeeeeeeeeeseeeeeeeseeeeeeneeeseeeaee 21 2.3.3.2 ACcCè§ aux DIẾS€TVAfIÍS - - SG SH HT TH TH TH HH nh nà 22

2.3.3.3 Dépistage du VI ec ecccseceseeseeeseceseceseceseseeeeeeeeeeaeeeseceseceaeceeeeeeeeseeeaes 22 2.3.3.4 Prise en charge méciCaÌÏ€ óc + 1311933 11311 911 811 111111111 kg 22

2.3.3.5 Prévention de la transmission de la mère a l'enfant - ‹- «+ 22 2.3.3.6 Programme đe réduction des T1SQU€S 5 5+2 *++*+svsEeeeeereerere 22

2.3.3.7 Partenarlats et COOFdInAfIOH - -ó- 5 2s k9 nh ng ng rệt 22 2.3.4 Le VIH et les Travailleurs du Sexe - - 5 5+ 1v 9v 9 9 ng ghe, 23

2.3.4.1 Profil épidémiologique des travailleurs dU seXe - «+55 «<< <2 24 a) Le travailleur du sexe de la ville de YaoundÉ - c5 5-5 3+2 *++*EE+eeexeeesreeesrxse 24

b) Les données épidémiologiques de TS dans la ville de Yaoundế: 25

vill

Trang 12

c) Facteurs et comportements à risque des TI - c5 sgk ntưệt 25 d) Stratégies de réduction des risques utilisées par les TS : -s.cS«cSsseeseres 26

2.4 Etat de I'art de la modélisation épiđémiologique du VIH 2 2 s2 s2 s2 s2 27

2.4.1 Les modèles mathémafIQU€S 6 6 222 21191 91 91 911511911 11 11 vn ghe, 28

“5N ðẽ (016 (0) (on) ằ 29

2.4.1.2 Modèle SÏICA - HH TH TH HH nh TH nh 29 2.4.2 Les modéles descriptifs nh h 30

2.4.2.1 Modèle de surveillance épiđémioÏlOgØ1QUe - 5 5 5555 *++*£+v£seeseesees 30

2.4.2.2 Le modèle de prévalence épidếmioÌog1qU€ 55 s5 +*£++v+see+sx+s 31

2.4.3 Les modèles centré IndiV1dU - c6 6 E511 91 91 11v nh ng ng ngư, 31 2.4.4 Les modèÏ€S m1ixtes -Q- G G1 TH HH TT nh nh ng gàng 32

2.4.6 Lacunes des recherches ©XISfATIf€S - - (G6 1919 211v ng ngư 33

0001900300027 4d35 - 34 Chapitre 3 : Méthodologie ET SOLUTION PROPOSEE ngư, 35

3.1 Situation réelle du VÍH - ĩ5 16263119311 9101 TH HH nh 35

3.2 Modélisation du SystOMe - G5 3 991191 HH HT HH cờ 36

3.2.1 Le modèle épidémiologique mathématique SICA - - 5+ ++s+++s+++s+s+ 36

3.3.1 Modèle conceptU€Ì <6 s11 1n ng nh nh ng ng ni 37 3.3.2 Modèle de donnếes - <4 k1 HH ni 38

3.3.3 Modèle desCTIp(IÍ Gà SH HH HH ng ng 40

3.3.3.1 Les paramètres du mOđèÌ€ - 6 6 s21 91 91 111 911v ng giết 41

3.3.3.2 Les variables du mOÈÌ << + E2 E930 1 9v 9v ng ng ng 42 3.3.3.3 Les constantes du mOèÌe - - 5< 6 6191193 91 1E ng ng ngư 42

3.3.3.4 La force d”infection du mmoOÈ€ 5 6 + S+ +2 £*k£sE+Eeeskeeeerseeeererse 43

3.3.3.5 Le systéme d’équations différentielles ordinaires du modeéle 43

3.3.4 Analyse mathématique du mOdèÌ€ 5 + E E23 E£sEEEsEEeskeeerskerske +4

3.3.4.1 Endémicitế ou épidémicité du modéle ? 5 2s 2s £+svesseeseess 44

3.3.4.2 Le systéme est-il bien DOSẾ ˆ? - G- SG s1 46 3.3.4.3 La recherche des équilibres du modéle - 5-5 «5s ++sx++£+e£sesxss 49 3.3.5.4 Le nombre de reproduction de base 7&Ũ 5S se eiee 54

La matrice de prochaine ðẾnẾTf1OT1 - <5 169101891893 1 911v ng vn 54 Chapitre 4 : Experimentation et RếSuÏfA{S - - - <1 x13 HH TH HH tt như 70

4.1 Cadre de [€expÉrlmenfafiOT - -G c1 119119119119 nh nh ng ng 70

4.2 L’environnement de déveÏoppeIm€fI -¿- 5 + 2+3 SE E+EE+vE+vE+vEeseeereerrerreee 71

4.3 PlanIficatiOn - Gv HTH nHH H H nrh 71 4.4 Analyse des données - G111 HH TT ni HH nh 72

4.4.1 Outils et techniques de collecte de données : 5 +5 + + *+*+sxsessex 72

4.4.2 Paramétrage et ajustement du mOdèÌe - . «+ + + 2xx #sEsseeeerseersee 72 4.5 Données épidémiologiques du VIH/SIDA de Yaoundé, Cameroun - 72

4.3 Présentation des résultats de la modélisation EpidéMiolOGique 555552 74

4.3.1 Les métriques du mOÈÌe - - 6 E3 33118311891 8 1E 1811511111111 11 re 74 4.32 Le point d’équilibre sans maladie DIFE:: - +55 5+ £++£++s+xereereerrerrrree 74 4.33 Le nombre de reproduction de base : - ĩ5 cv ng 74 4.34 Le point d’équilibre endémique E.E - 5 + E9 E# ESvESsEvseseskerkerere 74

4.3 5 La sensibilité du modèle s5 5+5 ss+ss++s+ Erreur ! Signet non défini

4.3 6 L’intervalle de 22( 2 00c 75 4.3 7 Aire de COTIfÀ1OSIKẾ - c1 TT TH HH 75 4.4 Simulations 79

Trang 13

Chapitre 5 : DisCUSSIONS TƯ ẽ 81

5.1 Interprétations des rẾSuÏffS ó6 5 4 111v TT TT HH HT nh nu nành 81

5.2 Les résultats du model face 4 la question centrale de recherche « «<2 82 5.3 Rapport des résultats du modéle avec les hypothéses de recherche - 82

Trang 14

CHAPITRE 1 : INTRODUCTION GENERALE

Le VIH/SIDA reste un sujet préoccupant de santé publique 4 l'échelle mondiale, et le

Cameroun malheureusement, depuis 1985 ou 21 cas d’infection ont été confirmés, vit

cette réalité Selon le rapport annuel de l ONUSIDA|UNICEF 2017 [1], le Cameroun

était classé au deuxiéme rang des pays les plus touchés par le VIH dans la région de

l'Afrique de l'Ouest et du Centre Parmi les populations les plus exposées aux risques

d'infection, on retrouve les travailleurs du sexe, dont la prévalence est de 24,3% [2, 3]

au Cameroun Les risques dont il est question sont liés a divers facteurs tels que la

stigmatisation, la violence, les conditions socio-économiques précaires et l'accés limité

aux services de santé de ces populations, ce qui les expose a des défis spécifiques en

matiére de prévention du VIH Dans ce contexte, I'élaboration et la mise en œuvre des

programmes de prévention ciblés jouent un réle crucial pour réduire la transmission du

VIH dans le cas général et améliorer le bien-étre de ces populations clés [4]

Ce mémoire de recherche se concentre sur l'impact des programmes de prévention

spécifiques aux travailleurs du sexe, identifiés comme population clé, sur la réduction

voire |’élimination des nouvelles infections du VIH au Cameroun L'objectif principal

étant d'évaluer l'efficacité de ces programmes en termes de sensibilisation au VIH,

d'utilisation des préservatifs, d'accés aux services de dépistage et de traitement aux

antirétroviraux, ainsi que la réduction des comportements à risque En appréhendant

mieux l'impact réel de ces programmes, il sera possible de renforcer les interventions

existantes et de développer de nouvelles stratégies pour protéger les travailleurs du sexe

et réduire le poids du VIH dans le pays

Pour atteindre ces objectifs, notre recherche s’accroche sur une multidisciplinarité de

domaines, combinant la collecte de données épidémiologiques et

socio-comportementales et la modélisation mathématique de lépidémie du VIH Les données

épidémiologiques permettront dévaluer l’influence de la prévalence générale du VIH

par les travailleurs du sexe et son évolution dans le temps Les données

socio-comportementales fourniront des informations essentielles sur les attitudes, les pratiques

et les comportements liés à la prévention du VIH, ainsi que l'accés aux services de santé

En utilisant la modélisation mathématique, il sera possible de simuler l'impact des

programmes de prévention et d'identifier les stratégies les plus efficaces pour réduire la

transmission du VIH

Trang 15

Les résultats de cette recherche auront des implications importantes pour les décideurs

politiques, les professionnels de santé et les organisations travaillant dans le domaine de

la prévention du VIH au Cameroun Ils permettront de renforcer les programmes de

prévention existants en fournissant des preuves tangibles de leur efficacité, et de guider

le développement de nouvelles interventions adaptées aux besoins spécifiques des

populations clés En fin de compte, cette recherche contribuera à la lutte contre le VIH

et 4 l'amélioration de la santé et du bien-étre des populations clés au Cameroun

Pour ce projet de mémoire, le travail est structuré comme suit :

- Dans le chapitre introductif, nous présentons la justification du choix de la

structure d'accueil, le contexte de notre sujet, les questions de recherche, ainsi

que les objectifs et les hypothéses de notre étude

- Le chapitre 2 sera consacré aux informations générales et à la terminologie

concernant le VIH/SIDA, la situation épidémiologique au Cameroun et un

examen de l'état actuel de la modélisation épidémiologique du VIH

- Lechapitre 3 traitera de la méthodologie que nous avons employée

- Le chapitre IV sera réservé à la présentation des résultats, tandis que le chapitre

V sera consacré a la discussion des résultats obtenus

Trang 16

1.1 Présentation de la structure d'accueil

Le laboratoire conjoint international ACROSS (ACROSS Internatonal Joint

Laboratory) a été notre lieu d'accueil pendant notre stage C’est un laboratoire

international commun qui offre un environnement de travail dynamique, comme illustré

dans la figure 1 Il se caractérise par sa nature multiculturelle et interdisciplinaire, et il

est soutenu et cofinancé par différentes institutions, notamment UMMISCO (une unité

mixte internationale de IIRD), l'Université Thuy Loi, l'Université sur les ressources en

eau et la gestion de l'environnement au Vietnam, I'IRIT (laboratoire francais

d'informatique) et l'Université d'Architecture de Hanoi (HAU)

Le laboratoire ACROSS se trouve au 175 Tay Son Street dans le District de Dong Da

Hanoi, au cinquiéme étage du batiment Al de l’Université Thuy Loi I] comprend une

zone de co-working, une salle de réunion, une salle de séminaire, une terrasse et un

espace d’exposition aménagé ou les gens peuvent expérimenter différentes simulations

participatives et interactives

ACROSS JJL est dirigé par une équipe mixte franvietnamienne à la téte deux

co-directeurs : le Dr Alexis Drogoul et le Dr Doanh Ngoc Nguyen Le labo accueille un

certain nombre de chercheurs et d'experts francais de missions de courte durée (2 a 11

mois) à long terme (2 4 4 ans) ainsi que leurs homologues vietnamiens pour travailler

sur différents sujets Ce rassemblement a pour vocation d’ ouvrir la voie aux opportunités

de collaboration multidisciplinaire pour les étudiants, les conférenciers et les chercheurs

Trang 17

1.2 Contexte et justification

Le Cameroun est confronté malgré les efforts déployés par les autorités publiques, a une

épidémie du VIH/SIDA 4 la fois généralisée et concentrée, affectant principalement

certains groupes d’individus a risque potentiel élevé Selon ONUSIDA, la prévalence

du VIH dans la population générale était de 2,7% en 2021, avec 15 000 nouvelles

infections enregistrées et un total de 500 000 personnes vivant avec le VIH au cours de

la méme période [5, 6] Plusieurs facteurs contribuent 4 cette augmentation de la

prévalence, tels que les comportements 4 risque des populations clés, les difficultés

auxquelles elles sont confrontées y compris les conditions d'accés aux soins de santé

Cette situation a des répercussions graves sur les populations touchées par la maladie et

engendre aussi parallélement des conséquences négatives sur le développement

économique du pays

Pour faire face a cette situation, les autorités gouvernementales et sanitaires sur l’égide

de l'OMS, ont initié des programmes de prévention spécifiques pour cibler les groupes

les plus exposés dans le cadre du PNLS [7] Ces programmes de santé diversifiés ont

pour objectif de réduire de maniére significative la propagation du VIH, se focalisant

sur les ressources disponibles

Parallélement, les technologies nouvelles ont révolutionné le domaine de

l'épidémiologie en permettant une surveillance plus précise, une analyse plus avancée

des données, une modélisation prédictive, une communication efficace et un suivi de

santé à distance [8, 9] Elles jouent ainsi un réle essentiel dans la prévention, la détection

et le contrôle des maladies, contribuant en méme temps 4 lamélioration de la santé

publique et la réponse aux épidémies

Tenant compte de tous ces aspects, nous proposons dans ce manuscrit un modèle

mathématique épidémiologique fondé sur la segmentation de la population totale Ce

modèle vise 4 soutenir les acteurs de la santé VIH/SIDA au Cameroun afin de mieux

comprendre la dynamique de l'épidémie, d'évaluer de maniére plus objective les moyens

et les possibilités de contrôle, ainsi que d'ajuster les stratégies de lutte contre l'infection

par le VIH

Trang 18

1.3 Question centrale de recherche

La recherche se concentre sur la question fondamentale suivante : « Quelle est

l'efficacité des programmes de prévention ciblant les populations clés sur la réduction voire l’élimination des nouvelles infections a VIH au Cameroun ? »

Cette évaluation ou plutôt cette question sera abordée dans une approche de

modélisation épidémiologique compartimentale

1.4 Objectifs de la recherche

L’évaluation sus évoquée se concentre sur l'efficacité des programmes de préventiondédiés aux populations clés, notamment les travailleurs du sexe pour notre modèle, dans

la réduction ou léliminaton des nouvelles infections 4 VIH au Cameroun Les

populations clés englobent des groupes présentant un risque accru d'infection par le VIH

en raison de leurs comportements, professions ou statuts sociaux particuliers Ainsi, les

objectifs visés par cette recherche sont les suivants :

— Evaluer l'efficacité des programmes de prévention spécifiquement concus pour

les travailleurs du sexe, identifiés populations clés dans notre étude

— Etudier les possibilités de réduction, voire léliminer les nouvelles infections a

VIH suite au déploiement des divers programmes de prévention au sein de ces

populations clés

— Analyser les facteurs qui influent sur [adoption et [efficacité des programmes de

prévention du VIH au sein de ces groupes spécifiques

— Identifier les bonnes pratiques et les stratégies réussies des programmes de

prévention du VIH ciblant les populations clés au Cameroun

A travers cette recherche, nous visons approfondir notre compréhension sur l'impact des

programmes de prévention ciblés pour les populations clés, dans la dynamique del'épidémie de VIH Ceci pour optimiser les mesures préventives et développer des

approches plus efficaces afin de contenir la propagation du VIH au Cameroun

1.5 Hypothéses de recherche

Le modéle envisagé pour l’atteinte de nos objectifs nous conduit à formuler des

hypothéses de recherche suivantes :

Trang 19

— Les populations clés, groupes spécifiques au sein de la population générale,

jouent un réle capital dans la dynamique de lépidémie du VIH

— Liefficacité des programmes de prévention du VIJH au sein des populations clés

dépend fortement de l’offre des services adaptés tels que le dépistage du VIH, la

distribution de préservatifs et l'éducation sur le VIH etc

— Les programmes de prévention du VIH ciblés contribuent de maniére

significative à la réduction des nouvelles infections 4 VIH au Cameroun

Trang 20

CHAPITRE 2 : REVUE DE LITTÉRATURE

Dans cette section, il sera question d'examiner les travaux épidémiologiques existants

pour le VIH/SIDA dans le monde, notamment sa modélisation épidémiologique Mais

avant, nous allons d’abord nous familiariser avec cette pathologie en revenant sur sa

biologie, sa transmission, les facteurs de risque associés a cette derniére, aussi sur

l’impact social et public qu’induit cette maladie Aprés, nous présenterons la situation

épidémiologique du VIH au Cameroun

Au cours de cette revue de littérature, nous collecterons des données, examinerons les

approches méthodologiques utilisées dans la modélisation épidémiologique du VIH, et

synthétiserons les résultats clés des études identifiées Cette synthése nous aidera a

élaborer notre propre modèle épidémiologique du VIH, en tirant parti des connaissances

et des expériences antérieures

2.1 Terminologie et définitions clés

Epidémiologie : L’épidémiologie se définit comme « l’étude de la distribution et des

facteurs étiologiques, des états ou phénomènes liés à la santé dans une population

déterminée et l’application de cette étude a la prévention et a la maitrise des problèmes

de santé » (OMS 2010)

Santé publique: La santé publique regroupe l'ensemble des mesures et des

recommandations mises en place pour préserver et protéger la santé des citoyens, que

ce soit a l'échelle d'un groupe spécifique de population ou à celle d'un pays tout entier

Ces actions sont déterminées et dépendent de la collectivité La santé publique englobe

également l'étude de la santé d'une population, que ce soit au niveau national, mondial

ou d'un groupe social particulier

Epidémie : L’épidémie désigne l’apparition et la propagation d'une maladie infectieuse

(contagieuse) qui frappe en méme temps et en un méme endroit un grand nombre

d’individus d’une population donnée (personnes, d'animaux, plantes).

Epidémie généralisée : Une épidémie est dite généralisée lorsque sa prévalence (soit la

proportion de personnes affectées par la maladie) dépasse 1 % dans la population

générale adulte (ONUSIDA)

Trang 21

Épidémie concentrée : L’épidémie est dite concentrée lorsque la prévalence dans des

sous-populations dites « vulnérables » dépasse 5 % alors que sa prévalence en

population générale est inférieure à 1% (ONUSIDA)

Exposition : Le contact d’un sujet sain avec une substance infectieuse par l'ingestion

(en avalant), par la respiration ou par la peau ou les yeux

Contact effectif : C’ est le contact au cours duquel un individu sain contracte la maladie.

Populations clés : Les populations clés désignent selon le Fonds mondial « des groupes fortement touchés par l’impact épidémiologique d’une maladie, ayant également un

accès moindre aux services et appartenant 4 des populations criminalisées ou

marginalisées »

Sida : C’est |’état clinique d’un organisme humain caractérisé par une incapacité de d’autodéfense suite a l’infection par le VIH.

Prévalence: C’est le nombre total des personnes chez lesquelles la maladie est

reconnue a tout moment donné pendant une période précise

Incidence: l’incidence représente le nombre de nouveaux cas repérés dans la

population vulnérable à la maladie pendant une période précise

Risque : le risque est défini comme la probabilité d'apparition d'une maladie pour un

lymphocytes T connus également sous le nom de lymphocytes T CD4+, qui jouent un

role essentiel dans la réponse immunitaire adaptative de l'organisme En s'attaquant a

ces cellules, le VIH entraine le développement du SIDA Cet état potentiellement mortel

survient lorsque le nombre de lymphocytes T CD4+ chute en decà de 200 copies/mm3,

généralement aprés une période d'environ dix années sans symptômes apparents [11]

Par la suite, les personnes atteintes du sida sont vulnérables 4 des maladies opportunistes

8

Trang 22

telles que le cancer, les maladies pulmonaires, etc., qui entrainent souvent a ϔ1ssue

La figure 2 représentant la structure du VIH montre que le virus est enveloppé dans une

membrane lipidique renfermant des glycoprotéines de liaison Ces derniéres sontcruciales pour la fusion du VIH avec la cellule hôte, essentiel 4 sa reproduction La

nucléocapside entoure et protége les brins d'ARN viral, qui composent le patrimoine

génétique du virus Au sein de la nucléocapside se trouve également l'enzyme

transcriptase inverse, qui induit la création d'ADN complémentaire (ADNc) à partir de

LARN viral L'incorporation de cet ADNc dans le génome de I'héte est un élément clé

du processus de reproduction virale, parfois latent pendant des années sans étre détecté

par le systéme immunitaire

La figure 3 présente deux variantes du VIH, le VIH-1 et le VIH-2 [11] Le VIH-1 est divisé

en quatre groupes (M, O, N, P) en fonction de leur découverte, tandis que le VIH-2 serépartit en neuf groupes (A 4 I) Bien que ces deux virus soient trés similaires avec une

Trang 23

homologie de 42 % au niveau de leur génome, il existe quelques différences entre les deux

variantes I] est important de noter que le VIH-1 est le plus répandu:

Types

F a

Sous-types 9 ss-types

(Aa K)

Population concernée 35 millions 20 personnes 208300000 2personnes 1 à2 millions

(Monde) (Cameroun) (Cameroun) (Monde) (Afrique de l'Ouest)

Figure 2:Variantes du VIH (Source : AFRAPEDIA)

2.2.2 Transmission du VIH

La transmission du VIH nécessite un contact avec un liquide biologique contenant le

virus ou des cellules infectées Le VIH peut étre détecté dans pratiquement tous les

liquides biologiques, mais la transmission se produit principalement par le sang, le

sperme, les sécrétions vaginales et le lait maternel Bien que des faibles concentrations

de virus puissent étre présentes dans les larmes, les urines et la salive, la transmission

par ces liquides est extrémement rare, voire inexistante

Les modes de transmission classiques du VIH sont les suivants :

e rapport sexuel avec une personne infectée, quand la muqueuse tapissant la

bouche, le vagin, le pénis, ou le rectum est exposée a des liquides biologiques

contaminés, comme le sperme ou les sécrétions vaginales, ce qui arrive au cours

d’un rapport non protégé

e Injection de sang contaminé, comme cela peut se produire en cas de partage de

seringues ou lorsqu’un professionnel de la santé est piqué accidentellement par

une aiguille contaminée par le VIH

e Transfert d’une mére infectée a son enfant avant la naissance, au moment de

l’accouchement, ou aprés la naissance par le lait maternel

10

Trang 24

e Procédures médicales, comme une transfusion sanguine contenant le VIH,

procédures effectuées avec des instruments mal stérilisés ou greffe d’un organe

ou de tissus infectés

La transmission du VIH est plus probable si la peau ou la muqueuse présente une

déchirure ou une lésion, méme minime

2.2.2.1 Mécanisme de l’infection par le VIH

Une fois dans l’organisme, le VIH se fixe sur plusieurs types de globules blancs Les

plus importants sont les lymphocytes T helper [11] Ces lymphocytes activent et

coordonnent d’autres cellules du système immunitaire Ils possédent a leur surface un

récepteur appelé CD4, qui permet la fixation du VIH Par conséquent, ces lymphocytes

T helper sont appelés les CD4+

Le rétrovirus a lintérleur des lymphocytes CD4+, utilise une enzyme appelée la

transcriptase inverse pour faire une copie de son ARN, mais cette copie est faite sous la

forme d’un acide désoxyribonucléique (ADN) Facilement le VIH mute 4 ce

moment-là, car la transcriptase inverse a tendance à faire des erreurs de transcription de l’ ARN

du VIH en ADN Ces mutations rendent le VIH plus difficile 4 contrôler, car les

nombreuses mutations augmentent la probabilité de produire un VIH susceptible de

résister aux attaques du système immunitaire de la personne infectée et/ou aux

médicaments antirétroviraux

LARN du VIH est incorporé dans LADN du lymphocyte infecté, comme illustré dans

la figure 4 Le matériel génétique du lymphocyte engendre la reproduction du VIH Parconséquent, le lymphocyte est ultimement détruit Chaque lymphocyte infecté génére

des milliers de nouveaux virus, lesquels envahissent d'autres lymphocytes et les

anéantissent En quelques jours ou semaines, une abondance significative de VIH setrouve dans le sang et les sécrétions génitales, accompagnée d'une baisse deslymphocytes CD4+ Cette multiplication rapide du VIH au début de [infection facilite

sa transmission a d'autres individus

Comme tous les virus, le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) se réplique en utilisant les mécanismes génétiques de la cellule hôte qu’il infecte, habituellement les

lymphocytes CD4+ Et le processus passe par des actions suivantes :

e Le VIH commence par se fixer sur la cellule cible puis y pénètre

11

Trang 25

Le VIH libère le code génétique du virus dans la cellule Pour que le virus se

réplique, son ARN doit étre converti en ADN grace à la transcriptase inverse une

enzyme produite par le VIH Le VIH mute facilement 4 cette étape car la

transcriptase inverse a tendance a produire des erreurs de transcription de l’ ARN

en ADN

L’ADN viral pénètre dans le noyau cellulaire

L’ADN viral est intégré a [ADN de la cellule avec l’aide d’une enzyme appelée

intégrase (également produite par le VIH)

LADN de la cellule infectée produit alors de 1’ ARN viral ainsi que des protéines

nécessaires a l’assemblage d’un nouveau VIH

Un nouveau virus est assemblé a partir de 1’ ARN et des fragments protéiques

Le virus bourgeonne a travers la membrane de la cellule, s’enveloppant lui-méme

dans un fragment de cette membrane cellulaire, et se détache de la cellule

infectée

Pour infecter d’autres cellules, le virus doit devenir mature Cela se produit quand

une autre enzyme virale (protéase) coupe les protéines structurales présentes a

l’intérieur du virus, et provoque un réarrangement de ces protéines.

Reverse

transcriptase

CD4+ lymphocyte Cells DNA

Nucleus

New virus forming

at cell membrane

FA Viral RNA 23ZŒVialDNA 27 Cell DNA

Figure 3: Cycle de vie simplifié du VIH (Source : LE MANUEL MSD)

Image du processus de réplication du VIH dans les lymphocytes CD4+ de l'organisme Une fois a l'intérieur de la

cellule cible, le VIH utilise divers mécanismes génétiques pour se reproduire et infecter d'autres cellules

Le systéme immunitaire qui protége l’individu contre de nombreuses infections et

cancers en utilisant les lymphocytes CD4+, sont détruits par les infections à VIH, ce qui

affaiblit le système immunitaire Cette immunité altérée explique pourquoi le VIH ne

peut pas être éradiqué une fois qu'il a infecté le corps Malgré ce défi, le système

immunitaire peut encore déclencher une réponse Dans le sang, les taux de virus sont

réduits et l'infection est gérée par les lymphocytes et les anticorps produits par

12

Trang 26

l'organisme environ un ou deux mois après avoir été infectés Les personnes qui

contractent le virus VIH, en cas de non traitement peuvent ne présenter aucun symptôme

ou nen ressentir que des symptômes mineurs pendant une période moyenne de 10 ans

[12], pouvant aller de 2 à plus de 15 ans

Le VIH infecte également d’autres cellules, comme les cellules de la peau, du cerveau,

de l’appareil génital, du cœur et des reins, entrainant une maladie de ces organes

2.2.2.2 Phases de l’infection par le VIH

En l'absence de traitement, l'infection par le VIH évolue 4 travers trois étapes

successives avant le développement du sida, comme indiqué dans la figure 5 La durée

de chaque étape varie d'une personne 4 l'autre, ce qui explique pourquoi la période

pendant laquelle une personne séropositive peut vivre sans symptômes significatifs varie

considérablement, allant de quelques mois à plus de dix ans

Stade 1: Primo-infection

L’infection passe souvent Inapercue pour beaucoup de personnes (état fiếvreux

passager) Deux 4 quatre semaines après |’infection, la personne est à ce moment la plus

contagieuse Les virus se multiplient dans un organisme sans défense organisée Les

semaines suivantes, les symptômes d’état fiévreux disparaissent et la personne ne

ressent rien de particulier

Stade 2: Phase de latence (symptémes généraux ou pas de symptémes)

En général, les personnes séropositives ne rencontrent aucun probléme particulier

pendant des années et peuvent mener une vie normale Pourtant, le virus se propage

insidieusement dans l°organisme et malméne le systéme immunitaire en permanence

En raison de sa sollicitation constante, le système immunitaire s’affaiblit toujours davantage jusqu’a ne plus arriver a se défendre contre tous les agents pathogènes.

L’organisme commence a montrer plus fréquemment des signes de déficience

immunitaire Il peut s’agir de maladies de la peau, de gonflements permanents des

ganglions lymphatiques, de fortes sueurs nocturnes ou d’autres symptômes

Stade 3: Sida

A ce stade, le système immunitaire est tellement affaibli qu’il ne peut plus empécher

Vapparition de maladies graves, voire mortelles On parle de sida en présence de

13

Trang 27

certaines associations spécifiques de maladies L’éventail de ces maladies est vaste II

va de différents cancers a l’envahissement de |’cesophage par le champignon Candida

albicans, en passant par certaines formes de pneumonie Aprés déclenchement du sida

et en l’absence de traitement, l’espérance de vie ne va plus que de quelques mois a trois

ans.

¬ Syndrome de I'infection aigùe par le VIH

Premiere Vaste dissemination du virus dans I'organisme Mort 7

1200 Infection Duplication du VIH dans les organes lymphoides 10

Le nombre de lymphocytes CD4+ dans le sang (numération des CD4) permet de

déterminer la capacité du système immunitaire a protéger l”organisme contre les

infections et la gravité des lésions causées par le VIH

La plupart des personnes en bonne santé ont un taux de CD4 d’environ 500 a 1 000

cellules par microlitre de sang En général, le nombre de lymphocytes CD4+ diminue

au cours des premiers mois de |’infection Aprés 3 à 6 mois environ, la numération des

CD4 se stabilise, mais sans traitement, elle continue habituellement 4 diminuer

lentement ou rapidement, selon les cas

Si la numération des CD4 descend en dessous de 200 cellules par microlitre de sang, lesystème immunitaire perd sa capacité à se défendre contre certaines infections (comme

la pneumonie 4 Pneumocystis jirovecii) La plupart de ces infections sont rares chez les

personnes saines En revanche, elles sont fréquentes chez les personnes dont le systémeimmunitaire est affaibli Elles sont appelées infections opportunistes car elles profitent

de la faiblesse du système immunitaire

14

Trang 28

La charge virale indique également :

e Le degré de contagion de |’infection ;

e La vitesse a laquelle la numération des CD4 est susceptible de diminuer ;

e La vitesse a laquelle les symptômes sont susceptibles d’ apparaitre

Plus le point de contrôle de la charge virale est élevé, plus la numération des CD4

diminuera rapidement jusqu’ aux taux inférieurs (moins de 200) qui augmentent le risque d’infections opportunistes, méme chez les personnes asymptomatiques.

Lorsque le traitement réussit, la charge virale diminue jusqu’a des taux trés faibles ou

indétectables (moins de 20 a 40 copies virales par microlitre de sang) Cependant, des

VIH Inactifs (latents) sont encore présents dans des cellules, et si le traitement est arrêté,

la réplication virale redémarre et la charge virale augmente

Une augmentation de la charge virale au cours du traitement peut indiquer :

e Le VIH a développé une résistance au traitement ;

e La personne ne prend pas les médicaments prescrits ;

e les deux.

2.2.3 Diagnostic

Il existe des autotests au VIH et des tests rapides donnant des résultats le jour méme du

diagnostic, mais aucun test ne peut pleinement confirmer le statut séropositif ou négatif

d'un individu Pour confirmer, un agent de santé qualifié ou un agent communautairedoit effectuer le test dans un centre de test agréé, une clinique communautaire ou une

clinique Pour atteindre le plus haut degré de précision, la détection du VIH est mieux

réalisée en utilisant le test approuvé par I'OMS dans le cadre d'une stratégie et d'un

algorithme de test reconnus à léchelle nationale

La majorité des tests de dépistage du VIH détectent les anticorps produits en réponse

immunitaire contre le virus de l’organisme infecté Le plus ses anticorps apparaissent

dans les 28 jours suivant l’infection Pendant cette période (fenétre sérologique) une

personne infectée peut ne manifester aucun signe d’ infection, mais elle est infectieuse

15

Trang 29

2.3 Situation épidémiologique du VIH/SIDA au Cameroun

Le Cameroun fait face 4 une épidémie mixte: généralisée, touchant la population

générale et concentrée dans certains groupes 4 haut risque Selon 1'Enquéte

Démographique de Santé de 2018, la prévalence du VIH chez les adultes âgés de 15 à

49 ans au Cameroun était de 2,7%, avec une prévalence plus élevée chez les femmes

3,4% contre 1 ,9% chez les hommes [13] Pour la méme période, CAMPHIA révélait

une prévalence nationale de 3,4% En 2020 IONUSIDA estimait 4 15 000 nouvelles

infections contractées et un total de 500 000 personnes vivant avec le VIH au Cameroun,

parmi 34 554 enfants et 329 334 femmes Le mode de transmission est principalement

le contact hétérosexuel

Les travailleurs du sexe et les hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes

(HSH) sont parmi les groupes les plus 4 risque au Cameroun Environ 78% des

personnes vivant avec le VIH connaissaient leur statut sérologique, et 74% étaient sous

traitement antirétroviral Environ 40% des personnes vivant avec le VIH avaient un

niveau d'éducation ne dépassant pas le primaire, et la couverture de protection sociale

était d'environ 20%

Cette description épidémiologique du VIH au Cameroun, présentée dans ce manuscrit,

est le résultat de la triangulation des données provenant des enquétes démographiques

de santé nationales, des enquétes des organismes de lutte contre le VIH, des données de

l'ONUSIDA, de OMS, etc

=s=Homme “=%=Femme “==Ensemble

Graphique 2: Evolution de la prévalence du VIH chez les 15-49 ans au Cameroun de 2004 a 2018 (Source : CNLS

2020)

Selon I'EDS 2018, les disparités entre les tranches d'age et les sexes demeurent

marquées Alors que la prévalence est presque la méme chez les hommes et les femmes

de 15 à 19 ans, elle diverge a partir de 20-24 ans Globalement, la prévalence est plus

16

Trang 30

élevée chez les femmes que chez les hommes (3,4% contre 1,9% chez les 15-49 ans),

observée dans toutes les tranches d'age après 19 ans La prévalence du VIH augmente

chez les femmes 4 partir de 0,8% chez les jeunes filles de 15-19 ans, pour atteindre un

maximum de 6,5% chez les 35-39 ans, puis redescend à 4,9% chez les 45-49 ans, pour

se stabiliser 4 4,8% chez les 50-64 ans

8,0 7,0

6,0

5,0 4,0 3,0

2,0 1,0 15 1,7 1,8 1,9

0,7

0,0 :

15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-64

Graphique 3: Prévalence du VIH par tranche d'âge et par sexe (source EDS 2018)

Malgré des efforts entrepris par les autorités pour lutter contre le VIH, la prévalencereste élevée placant le Cameroun a la premiére place des pays de la Région Afrique del’Ouest et du Centre qui porte le poids de |’épidémie devant le Nigéria

Le tableau suivant présente l?évolution de lépidémie du VIH au Cameroun pour la

Trang 31

— Répartition Géographique de I'Epidémie

Prévalence Régionale : L'Enquéte Démographique et de Santé (EDS) de 2018 révéleque 06 régions sur 10 ont une prévalence supérieure a la moyenne nationale (2,7%) Lesrégions les plus touchées sont le Sud (5,8%), l'Est (5,6%), l'Adamaoua (4,7%), le Nord-Ouest (4%), le Sud-Ouest (3,2%), et le Centre (3,5%) [14] Certaines régionsconnaissent une quasi-stabilité de la prévalence, tandis que la région du Centre (al'exception de Yaoundé) présente une décroissance relativement faible

Dans les deux grandes villes de Yaoundé et Douala, la prévalence est de 2,4% chacune

En revanche, la distribution épidémiologique ne montre pas de disparité significativeentre les zones urbaines (2,9%) et rurales (2,4%)

— Prévalence par Tranches d'Age

Disparités par Tranches d'age et Genre : Les données de I'EDS de 2018 montrent desdisparités marquées par tranche đâge et par genre La prévalence est similaire chez leshommes et les femmes de 15 4 19 ans, mais elle augmente chez les femmes 4 partir de

20 ans, atteignant un maximum de 6,5% chez les femmes de 35-39 ans Chez leshommes, la prévalence augmente plus lentement avec Lâge

Evolution Temporelle : L'analyse de I'évolution de la prévalence par tranche đ'âge entre

2004, 2011 et 2018 montre un glissement progressif de l'acquisition de l'infection versdes tranches đâge plus élevées Le différentiel homme/femme est moins marqué chezles 20-24 ans en 2018, mais devient plus prononcé entre 35-39 ans et 50-54 ans

— Couverture de Protection Sociale

Couverture de protection sociale : La couverture de protection sociale est d'environ20%, soulignant la nécessité d'améliorer I'accés aux services de santé pour les personnestouchées par le VIH

18

Trang 32

Incidence du VIH : Les estimations Spectrum 2020 montrent une baisse significative desnouvelles infections depuis 2010, avec une diminution de 48% Cependant, les jeunesfilles de 10-19 ans sont particulièrement touchées, avec une sex-ratio de 1:6.

— Transmission Mére-Enfant

Transmission Mére-Enfant (TME) : En 2019, environ 3 308 nouvelles infections VIHchez les enfants de moins de 15 ans sont attribuées à la TME, représentant 19% del'ensemble des nouvelles infections La majorité de ces cas provient de femmes ayantabandonné leur traitement ARV pendant la grossesse ou nayant pas recu de TARV

— Estimation des nouvelles infections

Les estimations Spectrum 2020 indiquent une diminution de 48 % des nouvelles

infections dans l'ensemble de la population camerounaise depuis 2010 En 2019, les

enfants de moins de 15 ans représentaient 19,3 % des nouvelles infections, tandis que

les femmes comptaient pour 2/3 des nouvelles infections chez les 15-49 ans Les jeunes

filles entre 15 et 19 ans enregistrent environ six fois plus de nouvelles infections que les

jeunes garcons du méme age Le groupe des 15-24 ans représentait plus de 30 % desnouvelles infections en 2019 L'inégalité entre les sexes est marquée, avec un sexe-ratio

de 1:1,8 en défaveur des femmes dans la population générale Les régions les plus

touchées sont le Nord-Ouest, Douala et Yaoundé

— Décès liés au VIH

Décés liés au VIH : Selon Spectrum 2020, les décés liés au VIH ont considérablementdiminué, passant de 22 244 en 2010 4 14 058 en 2019, soit une réduction de 37%.Environ 18% de ces décés surviennent chez les moins de 15 ans

Au total, malgré une régression sensible de l'épidémie de VIH depuis 2010, le Camerouncontinue de faire face à une épidémie généralisée, associée a une forte concentration ausein des populations clés (travailleurs du sexe et hommes ayant des rapports sexuelsavec d'autres hommes) L'épidémie affecte plus massivement les femmes, en particulierles jeunes filles La tranche d'age des jeunes (15-24 ans) et les enfants exposés au VIHpar la transmission mère-enfant représentent près de 50 % des nouvelles infections

2.3.2 Les populations clés et propagation du VIH

Les populations clés [15] pour le VIH au Cameroun sont généralement celles qui sont

les plus 4 risque de contamination Selon les données de l'ONUSIDA et autres sources

de santé publique, ces groupes au Cameroun comprennent:

19

Trang 33

Les travailleurs du sexe (TS): Les travailleurs du sexe ont souvent un risque

plus élevé d'infection par le VIH en raison de la nature de leur travail, de l'accéslimité aux soins de santé et de la stigmatisation

Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH): Ce groupe

a également 4 un risque plus élevé d'infection par le VIH La stigmatisation, la

discrimination et la violence a leur égard peuvent rendre l'accés aux services deprévention et de traitement du VIH difficile

Les usagers de drogues injectables (UDI): Ce groupe est à risque en raison du

partage d'aiguilles et d'autres comportements a risque Cependant ils sont trés peu

nombreux

Les travailleurs mobiles (TM): Ce sont les personnels souvent confrontés à des

conditions de travail difficiles, 4 une séparation prolongée de leur famille, à un

séjour dans une zone a haute prévalence et a un accès limité aux services de santé,

ce qui peut accroitre leur risque d'infection par le VIH

Les Jeunes et des adolescents (JADO): C’est une franche de population

vulnérable au VIH en raison de plusieurs facteurs qui contribuent 4 un risque

accru d'infection tels que : le manque de connaissances, les relations sexuelles

précoces, la pressions sociales et normes de genre, la migration et déplacement,

la Stigmatisation et discrimination, |’éducation et sensibilisation

Groupement d’individus 4 statut particulier : tels que les prisonniers et les

hommes de caserne, peuvent étre considérés comme des populations clés dans le

contexte de lépidémie du VIH Ces populations spécifiques présentent des

caractéristiques et des facteurs de risque qui les rendent particulièrementvulnérables a l’infection par le VIH

Hommes homosexuel et autres

hommes ayant des rapports sexuels

avec des hommes (HSH)

Figure 4: Les populations clé du VIH au Cameroun

Personnes qui s' injec

tent les drogues

(up)

20

Trang 34

Figure 5: Cartographie des populations clés et prévalences régionales du VIH au Cameroun

2.3.3 Lutte contre le VIH/SIDA au Cameroun

Au Cameroun, les programmes de prévention du VIH sont considérés comme la

meilleure approche pour faire face a la forte prévalence de l'infection, compte tenu des

coats élevés liés a la thérapie antirétrovirale Les relevés statistiques de IONUSIDA

montrent que peu de pays à faible économie ont réussi 4 éliminer les nouvelles infections

en se concentrant principalement sur les traitements Voici un apercu des principales

initiatives mises en place:

2.3.3.1 Sensibilisation et éducations sur le VIH

Des campagnes de sensibilisation sont menées pour informer la population sur le VIH,

ses modes de transmission et les comportements a risque Ces efforts visent a

promouvoir l'utilisation du préservatif, l'importance du dépistage régulier et l'accés auxservices de santé

21

Trang 35

2.3.3.2 Accès aux préservatifs

Des initiatives de distribution gratuite de préservatifs visent 4 rendre leur accés plus

facile De plus, des actions sont entreprises pour encourager l'utilisation adéquate et

réguliére des préservatifs, notamment parmi les groupes à risque élevé tels que les

travailleurs du sexe, les jeunes et les adolescents

2.3.3.3 Dépistage du VIH

Des services et des campagnes de dépistage volontaire et confidentiel sont disponibles

a l'échelle nationale Des centres de dépistage anonymes sont également offerts pour

encourager les individus 4 découvrir leur statut et 4 bénéficier d'un suivi médical

adéquat

2.3.3.4 Prise en charge médicale

Des programmes de prise en charge médicale sont mis en place pour offrir un traitement

antirétroviral (ARV) aux personnes vivant avec le VIH L'objectif est de garantir un

accés équitable aux médicaments et aux soins de santé, tout en fournissant un soutien

psychosocial aux patients

2.3.3.5 Prévention de la transmission de la mére à l'enfant

Des efforts sont déployés pour prévenir la transmission du VIH de la mére à l'enfant

Cela implique la promotion du dépistage précoce chez les femmes enceintes, l'accés aux

ARV pendant la grossesse et l'accouchement, ainsi que des soins appropriés pour les

nourrissons exposés au VIH

2.3.3.6 Programme de réduction des risques

Des programmes de réduction des risques sont mis en place pour les populations clés,

tels que les travailleurs du sexe et les consommateurs de drogues injectables Ces

programmes visent a réduire les comportements 4 risque, a fournir des informations sur

la prévention et a offrir des services de soutien et de traitement

2.3.3.7 Partenariats et coordination

Le gouvernement camerounais travaille en collaboration avec des organisations

internationales, des ONG et d'autres partenaires pour renforcer les efforts de prévention

22

Trang 36

du VỊH Cela comprend la coordination des ressources, I'échange de bonnes pratiques

et la mise en place de stratégies conjointes pour atteindre les objectifs de prévention et

de contrôle du VIH

Prise en charge et thérapie Gouvernance dans la riposte au VIH Programme de réduction des risques

lọ)

Traitement à Rétroviraux Mise en disposition équipements

Labo, Médicaments, Intrants traceurs

Sensibilisation pour adoption de

Toutes ces initiatives de prévention du VIH au Cameroun ont pour but de sensibiliser la

population, de diminuer les comportements a risque, d'accroitre l'accessibilité des

services de dépistage et de traitement, et d'atténuer les impacts sociaux et sanitaires de

l'épidémie de VIH dans le pays

2.3.4 Le VIH et les Travailleurs du Sexe

Au Cameroun, la prévalence du VIH chez les travailleurs du sexe est estimée à 3,4 %,

pour une population totale estimée à 112 580 (avec un intervalle de confiance de 103

446 à 121 723), ce qui représente environ 2 % de la population féminine adulte active

[16]

Les travailleurs du sexe (TS) se retrouvent généralement avec leurs clients dans des

endroits spécifiques désignés comme des points chauds Ces lieux favorisent les

comportements à risque tels que la consommation de drogues, de cigarettes et de

stupéfiants, ainsi que des activités sexuelles intenses Par conséquent, ces points chauds

sont considérés comme présentant un risque élevé de transmission de maladies La

cartographie des différents points révéle l'existence de 2194 points chauds au

23

Trang 37

Cameroun[19], dont 622 se trouvent dans la seule ville de Yaoundé, avec un nombre

total estimé de 6 596 travailleurs du sexe

8 Bar/bar chambre © Etablisse me nt/Borde l/Höte Ì

® Rue/Espace public Boite de nuit/Casino

Graphique 4: Proportions de différents points chauds (points de rencontre entre TS et leurs clients) identifiés dans la

cartographie et l’estimation des TS au Cameroun

Néanmoins, méme si 43% des Points chauds sont dotés de services de prévention du

VIH, la majorité de ces emplacements n'offrent aucun traitement contre le VIH En

outre, en raison de Iillégalté de l'exercice du travail du sexe selon les lois

camerounaises, l'accés et l'engagement aux services de prévention, de traitement, de

soins et de soutien pour les TS et leurs clients se trouvent considérablement restreints

2.3.4.1 Profil épidémiologique des travailleurs du sexe

a) Le travailleur du sexe de la ville de Yaoundé

Défini comme toute personne ayant des rapports sexuels avec un partenaire désigné

comme client en échange d'argent ou de bénéfices, quel que soit le lieu d'activité (rues,

bars, motels, hôtels, etc.), le travailleur du sexe au Cameroun, et spécifiquement dans la

ville de Yaoundé, est généralement de sexe féminin [17] présente les caractéristiques

suivantes :

24

Trang 38

Tableau 2: Caractéristiques des TS

Sans emploi 54,5%

Travailleuse indépendante 26,6%

Revenu mensuel moins de 85$ 29,5%

Revenu mensuel entre 85$ et 170% | 38,8%

Age moyen 30 ans

Source ONUSIDA 2020

Les papiers à notre disposition ne fournissent pas plus d'informations sur la nationalité,

l'origine ethnique ou la langue maternelle des TS

b) Les données épidémiologiques de TS dans la ville de Yaoundé:

Dans la ville de Yaoundé, Cameroun, la situation des travailleuses du sexe (TS) est aussi

préoccupante Selon les estimations de l’ ONUSIDA(2020) : le nombre de TS est estimé

a 6596, mais ce chiffre pourrait étre en augmentation selon d’autres sources La

prévalence du VIH dans cette population est particulièrement élevée, atteignant 23,3%,

avec 57,0% des TS diagnostiquées séropositives pour la premiére fois lors d’une étude.

De plus, la prévalence de la syphilis chez les TS est de 15%, et 11,5% sont séropositivespour le VIH

c) Facteurs et comportements a risque des TS

Les facteurs et comportements 4 risque chez les travailleurs du sexe peuvent inclureplusieurs aspects liés a leur profession et a leur mode de vie Voici quelques-uns deséléments a considérer :

- Des rapports sexuels fréquents, parfois forcés, avec des clients occasionnels

- Un manque de sensibilisation adéquate au risque de transmission du VIH

- Des difficultés 4 mettre en ceuvre les précautions nécessaires pour prévenir la

transmission du VIH lors des relations sexuelles avec des clients ou des

partenaires

- Des comportements sexuels a risque, tels que des rapports non protégés avec des

clients ou des partenaires intimes

- Les stigmates sociaux et professionnels associés au travail du sexe, qui peuvent

entraver l'accés aux soins de santé et aux informations sur la prévention du VIH

- Une faible utilisation de préservatifs, méme avec des partenaires réguliers non

25

Trang 39

rémunérés, voire avec des clients.

- Un faible taux de divulgation de leurs activités de travail du sexe a leur partenaire

intime

- Des expériences de violence de la part de clients, de partenaires intimes et de la

police

d) Stratégies de réduction des risques utilisées par les TS :

Les travailleurs du sexe utilisent diverses stratégies pour réduire les risques de contracter

le VIH Voici quelques-unes des approches couramment adoptées :

- Utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels

- Utilisation de lubrifiants pour réduire les risques de déchirure des préservatifs

- Eviter les clients qui refusent d'utiliser des préservatifs

- Réduire le nombre de partenaires sexuels

- Eviter les rapports sexuels pendant les menstruations

- Eviter les rapports sexuels anaux

- Avoir des relations sexuelles avec des clients réguliers plutôt qu'avec des clients

occasionnels

- Avoir des relations sexuelles avec des clients dans des lieux plus sôrs, tels que

des hôtels ou des appartements privés

- Eviter de consommer de l'alcool ou des drogues avant ou pendant les rapports

sexuels

Le VIH est une préoccupation majeure parmi les travailleurs du sexe (TS) au Cameroun,

ou la prévalence du VIH est estimée à 3,4 % Les TS se retrouvent souvent dans despoints chauds, favorisant des comportements 4 risque tels que la consommation de

drogues et des activités sexuelles intenses Malgré la présence de services de prévention

du VIH dans 43% des points chauds, la majorité n'offre pas de traitement contre le VIH

De plus, en raison de Iillégalité du travail du sexe, l'accés aux services de prévention,

de traitement et de soutien est limité A Yaoundé, la capitale, la situation est

particuliérement préoccupante, avec 23,3 % de prévalence du VIH chez les TS, dont57,0 % ont été diagnostiquées séropositives pour la premiere fois lors d'une étude La

prévalence de la syphilis active est également élevée, à 15 % Ces chiffres soulignent lanécessité de renforcer les programmes de prévention et de prise en charge pour réduire

la prévalence du VIH et des infections sexuellement transmissibles chez les TS aYaoundé

26

Trang 40

Graphique 5: Cartographie des TS dans les principales villes du Cameroun (Source : CNLS 2016)

2.4 Etat de l'art de la modélisation épidémiologique du VIH

La modélisaion épidémiologique du VIH, comme pour de nombreuses autres

pathologies, connait une croissance substantielle en littérature depuis la résurgence et

lémergence de diverses infections Une diversité de modèles, tels les modèles

mathématiques, les modéles multi-agents, les modéles réseaux voire de modéles plus

complexes, ont été développés, créant une nomenclature diversifiée, comme illustré

dans la carte mentale de la figure 12 Ces modèles jouent un rôle clé dans la

compréhension, Il'explication et l'analyse de la propagation des maladies au sein des

populations Ils représentent une ressource inestimable pour anticiper les défis

épidémiologiques et élaborer des stratégies efficaces de contrôle et de prévention En

fin de compte, ce sont des outils essentiels de la santé publique

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Ngày đăng: 25/01/2025, 14:56

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