Chacun son rôle ••• ChAcun sa mort~ ' 2 ~ il faut feconnaître que cette vérité que lui , ., plus de boucan, que les toits : s' e cr-oul.ërrt que le printemps ne revienne plus, que not
Trang 1LE THÈME DU DÉSESPOIR
.
de Louis Ferdinand CELINE
MEMOIRE PRESENTE PAR
LÂM · ·KIM • QUANG
Trang 2C _ H I 0 Ç" Ç
-MÉMOIRE P~SENTÉ PAR
"AM - KI - aUAMG ~ , , ' :"";; :i ,
, ' J ' ~ _ , , " •.:G." " " "
-., ·t+
Trang 3Î' 'lONSI EUR LE P ROF ESSE UR B Ù r - X U Jl N - B À 0
E N Hm~1AGE DE N OT RE RESPECTUEUSE
E T P 10FONDE G RAT ITUDE
Trang 4essai sur "la mort do
suivent même au dela de la vie : "Le cure de M e ud on refuse
de dire une prière sur sa tombe" C'est ainsi Cl ue se termine
'"
volontairement omis, ' l es etudes qu'on lui consacre ne sont '
guere proportionnelle~,a son importance
Cependant cette injustice qui m arque la vie de Ce- , ,
line n'est pas une raison majeure qui nous a decide a pren- ,. . , , dre Celine comme objet de notre etude puisque Celine n'est
pas le seul ecrivain victime de l'injustice des hommes ,
, Cet ecrivain maudit que Robert Poulet considere , comme un phenomene de la litterature contemporaine, nous
de'voca-moment de sa vie Comment expliquer cette attitude ment paradoxale ?
apparem-Dominique de Roux, dans son '"
L.F Celine", remarque que celui-ci
inverse de celle de Rimbaud" (1).
(1) D de Roux, "La Mort de L.F Céline" rp 87- r •
-~ _
Trang 5desespoir est
pl us legi times qui vaut la
, fraternite
littéraire'; le désir de still ustrer dans la carrière des
lettres ' Ce qui signifie que la f l oi r e qu'il connaît, il ne
l'a pas recherchee Ce qui si gnifie aussi que, maIgre son
manque de "vocation littéraire", Céline est pleinement
de lê culpabilité, de la responsabilit~ (l)r
Nous devons donc nous mettre en garde contre toute
,.
interpretation un , pe u hâtive de ses oeuvres.
La deuxième raison qui motive notre choix ne
Celine est un homme Qui redoute la solitude S'il
a dit "Chacun sa vie Chacun son rôle ••• ChAcun sa
mort~ ' ( 2 ) ~ il faut feconnaître que cette vérité que lui
, ,
plus de boucan, que les toits : s' e cr-oul.ërrt que le printemps
ne revienne plus, que notre maison di'paraisse" (3).
(1)
( 2)
(3)
R.Poulet ·, " Erit'.f8rJl' avee
Voy " élU b9ut de la nuit,
~iort 8 Credit " JY.9
, LoF' 0 Celine" p.7 5
po 92
Trang 6un ennemi des hommes? Quelle est la vraie cause de
l'in-,
comprehension radicale dont il est l'objet?
Si Celine deteste vrAiment les hommes, il g ar d er a
le silence pour ne pas attirer de si graves ennuis S'il
, est vraiment egọste et veut gỏter un e vie paisible, il
n'a qu'a se plier au conformisme soci Al, accepter ment son rơle de médecin de provinc e ~our , s'assurer d'une vie respeotable Or Celine a tout refuse, et les possibi-
(I) Voy au Qout de la nuit, p 78
(2) Preface a "Voyag~ au bout de la nui~~ p 11
(3) p Vandromme, "Celine", p 28.
Trang 7rer les blessures morales et sentimentales des hommes.
, Les hommes en souffrent et pRr une reaction na-
dans la mesure du possible.
Mais le devoir de l'homme varie suivant la tion de chacun dans la vi e Et dAns les mom ents ou la so~
ciete menace d û s' ecrouler, il n e suffit pas de 113 nir pourqu'elle ne s'effondre pAS sur notre tÂte Il fAut
soute-, avoir le courage de l'abattre en vue d'en edifier une nou- velle ' -
1, ) : "'~~_-="),-;- ; ::-' ;, " · ;:> · > , · ' 0 : ; , .: _
32.
Trang 8- 5
-L e devo i r d e Céli n e e st de dé bl;:rye r
l e s r ui ne s d e l a s oc i e t e d e son e Do ~ u e Q U A nt A
l , éd i fi CAtio n d 'un e no uve ll e so ci été , e l l e serA
l' o e uv r e d 'A u t r es hom mes , d es 2"énérA t ions f utur es
Ce m a t i e r d e fosso y eur d 'un e en oque n e l ui p l~ î t
pA S , po u r tant i l f a ut ~ u ' il s ' y dévoue En gu ise
d e r ec onn ai ssAnc e , o n l e pe rs ~cu te L'in g r at it ude
N ous t Âch e ro ns don c , d Ans n ot re e t u d e , d e
r echer ch er so us s on l An~a ~ e ordu r ier , l e s s ent ime nt s
s i ncè re s de c ett e â me SA in e e t bi env ei ll Ant e C Ar
s ' i l a gi t e l A c oupe d e l a v i e c' e s t pou r nou s f aire
A pe r cevo i r q ue n o tr e vi e n ' e st pAS S Ai ne
, ( 1) F e e r i e p our u ne a ut re f ois, p 64
Trang 9- 6 _
l ' t VOLUTION DU D ÉSESPOIR D ANS "VO YAGE AU BO UT DE L A NU IT "
C~l i ne d' Avo i r f ~ it une p ei nt ur e tr op so mb r e e t p A r f oi s m ême
d eses per ee d e l' h um nnit e Cer t rlins consid e r ent flu e l e d esespo i :
t empérament m al Rdif T el e s t l e p oi nt de v u e d e Pi erre He nri
D' Autres t ie nne nt c ett e vision du m onde in util e pour
d egỏt 9 pnrt, e cr i t G ONZ AGUE T RUC , o n s ent l e vi ce ini t i ql
ver ~-t-il, com me n ous l e cherch ions u ne m nt iè r e ?
ne s avent m ême t rouv er pl Ace e t l e de rni er mot rest e toujou rs
À c es d eux obj ection~, nous pouvons o pposer l es ar
for muler d' un e T a çon trop c at e g or-t qu e notr e ju g ement s a ns t enir
,
p.B5 ' ( 2)- GO NZAG UE TRUC , " Como ed L a'" , 3 1 Octobr e 19 3 2.
Trang 107 C'est sa réponse indirecte â tous ceux qui l'on~ A ccus é d'~tre maladivement pessimiste.
-Marc HANREZ se range o us s i du côté de Céline
qu'il ecrit~ " L'oeuvre de Louis - Ferdinnnd Celinü··.C'est
l A fresque impitoYAble d'un monde en décomposition peinte par
un homme Absolument s ain" (1) Cel a veut dire que Céline est
un écrivain du désespoir et non un écrivRin désespéré.
QU Ant au reproche de GONZAGUE TRUC, nous pouvons Y répliquer ou'il ne suffit p AS de r eindre la vi e plus belle
qu'elle ne l'est en realite pour l'ameliorer L'oeuvre de line n'est pAS celle d'un mornlist e bien qu'il Ait une inten- tion morAle C'est même À CAuse de cette intention mor~le que Céline cherche; ne "sAisir de l'existence Clue ce qu'il peut
Ce-Y avoir de sordide, d'infAme et ~ situer tout l'homme dAns c c
outil y a dans l'homme de plus d e gr-ade" (2) D'Ailleurs
n'est-ce PAS p8r lA reconnaiss 1nce sincèr e de l A n nture humAine que commence toute vie morAle authentique ?
D'autre part pourquoi ne veut-on pas reconnaître que le désespoir est devenu un des thèmes les plus importAnts de , l n
,
litterature de notre epoque ? , Il Y a, pAr exemple, plus d'un , point commun entre l a pensee de Celine et celle d'un Camus, d'un Sgrtre, ou d'un Henry Miller.
A- Conversntion entr e Bardamu et Arthur Ganat e ou LE PESSnnSl ·1E
Le roman débute pAr une attaque de BardAmu contre tout
un édifice de valeurs trAditionneDes • Succ essivement, les différents idéAUX de l'humanité comme la Race, ln Patrie, l'Amour, sont noy~s dans un déluge de mots orduriers qu'em- porte une verve truculente • BArdamu A tout brisé Néanmoins nous pouvons penser qu'il s'Agit simplement d'une plnisnn- terie p~rce que le ton n'est pAS sérieux.
MAis que cette convers1tion soit une pl , Aisanterie ou une prophetie, nous pouvons Y voir l'indice d'une Ame ardente
(1)- Marc - H:;nrel!:,lCéline", p.'14 (2)- GONZAGUE TRUC, "Comoedi n",3I - Oct 1932 _ L3J _il OVAtr P AlI hl'lllt np 1" nuit, pp.I3 _ 16.
Trang 11- 8 - ,
n aturelle se mêle à l a méch ~nceté v erb al e, ó l ~ grossièr eté
le pessimisme.
,
ntti-,
ou-si asme d <lns l' ~rmé e Son eng dg ement nous montr e Qu'il ne p ens e
être s ~isi e qu e p ar l ' action et non p Ar l A discuss ion.
Trang 129 Dès son premier cont~ct Avec lA guerre, Bnrdamu
-reconn~ỵt d'emblée l'absurdité foncière de celle-ci: " lA
guerre en somme c'ét~it tout ce qu'on ne comprêna1t~~ak~11).
Elle est pour lui, une sorte de fête sanglante d~ns l~quelle chacun sera 8 son tour, b?-te de sacrifice Partout ó l'on porte ses yeux, on ne voit que m8SSAcres et ~ill1ges Partout
ou l'on va on dev~ne lA mysterieuse presence de la mort CAr
ce n'est pas sur les champs de bAtaille que les valeurs maines sont observées et la dignité humAine respectée Tout
hu-ce qu'on peut y voir, hu-ce sont des morts, des ruines, de l~
chair humaine en bouillie et du snng.
Perdu AU milieu de ce d~lire de destruction, Bar-darnu
completement desoriente, scrute les tenebres du present pour chercher une lumci.êre de l'avenir, mais "18 première lumière qu'on verrait ce serait celle du coup de fusil de 1:::1 fin" (2) •
La guerre est donc l'ima~e de l'homme en agonie, de l'humanité en délire Et ce délire n'est pas près de toucher
Des Annees? Combien? Peut-être jusqu'a la mort de tout le monde, de tous les fous? Jusqu'au dernier 1" (3) Ce sont l~ autant de questions que sOlllèvent ~ la fois son horreur de
,
la guerre et sa colera devant 11 violence aveugle des hommes.
La guerre n'est pas un catalyseur de l'espoir mais de ln peur,
de la haine et du m~pris Elle ne stimule ni la compréhension.
ni même la solidarité entre les combattants d'un même camp.
Elle est simplement une occasion permettant AUX hommes
de s'abandonner librement à leur cruauté et à leur malveillance
Trang 13la
-•
Contrairement ~ ce que l'on pourr nit croire, I R guerre, A U
lieu d'engag er l'homme dAns les intérêts de sa p Atri e, le
d~gnge de toutes respons ~bilités p ersonnell es puisqu'àle lui permet de prendr e cette liberté d e h nlr e t d o m ~priser s es
sembl Abl es.
C'est Ainsi que nous voyons l e g en er11 des Entrnyes,
ce ch ef d'Et 3t-M3jor se soucier uniquem ent d e son confort et qui envoie délibérém ent ses sol.dat s ~ l a mort : " Il s emb L ai.t
préférer p "lr-dessus tout s es b onn o s : ü s e s Il Y p e ns-n t même S3ns arrêt ; ses a i s e s et bi en qu e nous fussions occupés ~
b Rttre en retr Aite depuis plus d'un mois, il e ng ue ul A i t tout
le monde qUAnd même si son ordonn anc e ne lui trouv ait pas dès l'arrivée; l,étape, dAns ch Aque nouveau c'1ntonnem ent, un lit
bi en propr e et une cuisin e R mena g ~e ~ l n mod~rne"(l).
Et c'est a us s i pour cett e r aison Qu e nous voyons le Capitaine ORTOLAN et le lieuten ant SAINTE-ENGENCE se réjouir
de tuer leurs enn emis pour leur se ul, pL1isir s ad.i cu e t "Il collAborAit A v e c l A mort On a ura i t pu jur er qu'elle avnit
un cont.r-at s v e c l e c apd t ndne Or-t o.Lnn" (2) C'est ce que Dense Bardamu a propos d'Ortol an.
Ainsi débute le règne d e l'injustice et de I R terreur,
le r8gn e des instincts meurtriers Et chAcun, perdu dAns cette
a-tion avec le reste du monde.
Dans cett e atmosphère suffocante de h aine, de mépris
et de peur, l'homme se meurt L'oxygèn e · n e suffit pas pour tretenir l él voie humaine Il est né c es saf r- e seule ment pour notr ; or.gan~que a~ors que nptre vi e •
en-v~e7 sPlrituell e reclame cet A U~ re oxygen e que sont l es bons sentiments, l ' amour et l ' Aff ection MA i s ch aque chos e A son temps et ces s cnt Iment s sont bi en refoul és dons l e p assé.
Mainten ant l es d~ton Ations ont chass~ l es gRrdiens de la bont~
et reveille l es demons de l'Âme La vie s e reduit À un e march e
precipitee vers l' Ane Antissem ent Elle frel e l ~ mort.
(1)- Voyage au bout de 113 nuit, p 27
Trang 14e n m€m e t emps q u ' e l l e ~ c c us e 1 "1 t end ~nc e d es hom m es ~ l ~
r ési gn R t ion Ce t t e d éco uv e rt e d e l A gu e r e r é du i t ~ bi en
p eu d e c h os e l' e s p oi r d e B ~rd "1 mu C e o u t l s ou h A it e m '-1 i nt e
-n a nt , c t e s t un e " p e t i t e p r iso n p é nè r ( ; ••• o ù l e s b a l L e s n e
p a s s e nt; p ns 1 N e p as s e n t j :J m '"! i s" (3) •
.
Ln c n a b'I e d e p-i r-t Lc i p e r- ~ c et t e " f ol i E: d u m ASS Pl Cr e " ,
n ' imp or te qu el m oye n I l ~ l ' i nt e n t i on d e s , e r e ndr e n ux ,
-v olt e Qu i en e s t e n c o re P. S '1 ph R s e nég Rtiv e e t n u i s e tr n duit si mpl e m e nt p n r un r efus d e c oll '1b or ntion A c e m ome nt
-,
d ecis if , il r e nco nt r e R o b ins on , u n p R rs on nA ge s e condî ire p A r
son e s t un B Pl rd a mu d o p oui l l e d e to us sc rup u l e s T ous d eux,
p A r d e s m oy ens qu i l e u r s ont p r o pr e s , o nt n c c o mp l i l e mêm e
Trang 15- 12
L e p remier s e cont ent e d e ru mine r son A me r t ume t~n dis que
prés en ce p res que t ouj our s in At t en du e d e Ro bins on con stitu e
r-ap p e L co nst a nt d e 1 <:1 ré :üité d e L a v i e e" D (~ 1 2 ren co n trer
à n ouve a u , Ro bins on , Ç A m ' ~ va it don c do nn é un co u p e t c omme
A v "'c s » g ueu l e tou t e b o rb o u i Ll e d e p e in e , Ç me f , ü
Tor-tur~ s n~ r l A m~me pe ur , cell e d 'êtr e t ués p our un e C Aus e
A b s ur d e , p o u s sé s p a r- l e mêm e d ~sir, c al u â de "S Auv er l e urs
t rip es" , i ls s e r endent e ns em ble ~ N oi r c e ur - s ur - I A - Ly s ; lA
ren contre d es A ll em ~nds p our s c f~ ir e p r i s onn i e r s M ais l es
II-LA VIE A L'A R RI ERE O U LA N AI SSA NC= D E L ' ANGOIS SE( 2 )
- '
I l ar r ive p Arfoi s qu e l e m A l he ur A son bon cot e
co mme cet t e bl ess ur e q ue B ar-d nmu A re çue (: t Qui l ui p erm et
d e q uitter A U p e t i t bo nh e ur l e fron t.
A l ' Ar ri ère, il e st vr A i Q u e l e s p~ct Ac l e d es e ffu sions d e s Anr, lu i est épA r gnp mA i s l A vi e n'y e s t p~ s m eil-
-l eure pour au t~ nt L' Arri ère c' est l A gu er r e vu e d e profil.
M a i s d e pr of i l , e l l e n ' e s t p ~s mo i n s h id eu s e q ue d e f Ac e PArt out on n e r encont r e qu e l e mê m e re g A r d h ni n e ux, l e mê me
p l a i s i r d e p ersécutio n L A m a lv ei ll ~n ce et 1 8 c r UAut é d es
Trang 1613
lis~it, '1vnlnit, ndmir nit, proclnm nit, réfutnit, d éfendnit,
-des"(Z) •
,
L' amour S( ) r~duit n' un ~chnnge de pl nisirs ch ar-neLs , 8 une
" ' , ,
, , 1;11 "
p 55
p 59
p 58
Trang 17MA i s ~ l ' arrier e, l a ch ;'Jleur d es A f f e c t i o n s l ui m ,gn o,ue
tOt-,
h antise de l a m or t , il co nn ~ft un e nouvell e p eur, c ell e d'un
E t co mme u n é~ uilib ri ste q ui, f ntigu G, t omb e d e S B
(3) •
•
eux.
Trang 1815 hom mes, l eur h nin e, l eur m n l v n i l 11 nce , l eurs instincts m eur-
-triers, tous sont mis e n pl eine lu mière On n e l es c nmoufle
P p.s T Rndis que d 1ns l es vf[es, ; l' orri ère, l'homm e e s t sous l ' empris e const~n t e du doute Qui, p~ r son Cgr 1ct~re
oscill Atoir e, C Ause u ne doul eu r plus , 0 r of o nd~ e t pl us
A t r oc e que l A p l us n t r oc e d es v erit es.
-d amu est poussé A U se~il du dés espoir C omme quelqu'un qui
m nrch e R r eculons, il s' Av nnc e d ~ ns l~ vie, l e r eg nrd fix~
sur l e p "!ss é : " A vingt a ns je n' : w " i s d8 i ~ plus q ue du
p ~ss~ (1) Cel n n e signifi e p"s que le p~ssé de 3 ardAmu soit
un Âge d'or Seule~ent s'il ét ~it rich o en m~lh eurs et en souffr Ances, il n'est p l us A cr ~i nd re p nrc e qU'il e s t m Ain-
t en nnt inoff e nsif.
P gr r 1pnort A l'Att ent e d es m nlh eurs ~ v enir, le souv enir d es ma l.hour- s é l"'rouvés e s t olus s uppor-t a b Le e t plus doux e t p Ar 1 ;, le p nss é dev ient un e sorte d e pe tit bonheur.
S él vision d e l' " v e ni r s e pe r d d arrs P o b s es s i on d e L a mort,
d Ans l e n ~nnt~ Sous l ~ pouss~d'un e t ell e A ng oi s se ,
Bnr-"
d nmu son ge A fuir s~ terr e n ~t nl~.
C~LA F UIT l!: D E BA RDPJ:tU E N AF !UQ UE O U LA D ECEPTION(2)
L ~ gu erre~ m" lgr~ s n viol enc e e t S A dur~e, ne tu e
et ne pe ut tuer tout l e monde B ar-demu en est un d es heureux r-es c npes , Il e n est sorti viv ant m ais non ind emn e : " • • • j' d · p u s o uv e r- m es tripes, mo i s j1~t."Jis m p.rqué; 18 t êt e
et pour toujours" (3).
S A première décision e s t d e p "rtir p our l'Afriqu e;
"En Af'r-â qu el, que j' :ü dit moi Plus qu e 9 :' s er rJ loin, mieux
ça v audr a t' (4).
Voyage ~ u bout d e l A nuit,
(1) (2 ) (3) (4 ) "
" " "
p 99
p, p, II4-185 , p II4
, p 11 4
Trang 19- 16
·-B ar-demu s' est tr ompé " pui s que ç n e V Aut gu ère mi eu x , Que
.
s uffit p AS d e c hAng er d e cli m A t g eogr Aphiq ue p our vo ir
l'hom-me s' Amélior er.
1 "l cr- uaut e , 1"1 l ;;-ch et ~ e t 1"' ~g oi sme n e son t pa s d es
~ "
L B n Atu r e n ' est pR S p 8 r e s se nce une bonn e nourric e
,
sole il , s e co nsum-d ent en h a.i n e a s i mor-d ant es , si insis
-t antes ,qu e b e ~ uc o up d e colons finiSS Aient pAr en cr eve r Su r
L' homme es t S Ans résist Ance d eVAnt l es C Aprices de
O n ne pe ut a l l ég ue r l A l ent e A d an t A ti on d 8s bl ancs
l eur dégr Ad Ation mor Ale~ CR r l es A ut ocht one s eux-mêm es
,
e t d Ans l e tr efond forestier st agnnient qu elques pe upl ade s
A-bl e • B Ard8mu s e s ent d équ et A b A t t u À l ' id ée que 1 1homm e est
( 3 ) " " ' , p 1 52
Trang 2017
-L' angoisse qu'il A ressent1e A U t emps de l A guerre
se fond d ans l n déception Il n'y A p l us d e doute p os s i bl e : l'hum anité est vouee À s n pe r t e L A v i e ~ dissous tout e s poi r
hu main : " J' en ArrivAis 3 n e p l us p re ndr e d e quinin e pour bien l ~isser l a fi ~v re m 2 c acher I R vi e "(1) •
Si, d ev Ant l ' hostilite d e 1 8 n 8ture, B 3 rd amu se sent
d~çu et non des espéré et qu'il s'en p re nne tou jours A UX hommes bien qu'il reconn aisse qu e dans c e C AS ci, l' Avilissement mo-
•
r aI provient pour une gr nnde part, d'un , e c,us e exterieur e,
la nature, c'est qu'il est outr age par l'inconscience et l'insouci ance d es homm es d evant l e d anger oui les guette .
cert aine viol ence, l es m auvais pe nch, nt s de l'homme et
n'e-p argn e même p as les noirs : "LR n égrerie pue S ,A misère, ses vani.t e s intermin nbles, s es résign Ations immond es" (2) •
Qu'ils soi ent de s blancs ou des n ègres, il les
.
etrille p a r ce e ue j am ais il n e pe ut su pporter l'im Age de L a
d~gr adAtion mor al e C'est l a col~r e, non l e d ~sespoir, qui lui f Rit prendre ce ton 'I'and'i s que 1 ::1 dec e ption Q ue lui c :m-
se l a nature le p ous s e ; r~agir tout 3 ut rem e nt Il n' 3 p AS
reg Rrdé , 1 ::1 n ature d'un bon o eil, e t c el f.l r e monte très loin,
a l'epoqu e de l A g ue r r e : "L a n Rtur e est u ne chos e e f f r ay ant e
et même qu and e l l e est fermement dom estiqu~e" (3).
Il n e s e sent nullement ex~lté Dour 1 1 célébrer
e n hymn es a r de nt s ~ l a f 1çon des rom~ntiques Il n'y a donc rien d'étonnant lorsoue, dev ant cette nature tronic , ale il
d e c.Lar-e : lT LA po esie des tropiqu es m e degỏtait" (4).
Plus encore, il a pouss~ son d~gỏt jusqu'~ l a lence C'est lA seule fois que nou s voyons B nr-d amu se livrer
vio-~ 13 violence Il R tout brûl~ a VA nt d e s'en A l l er Ce d~p Art
l a comp agnie des homm ~s est plus souh ait abl e oU O c elle de l a
n ature, quelles qu'en soient l es conséquenc es C ette tent
a-I
tive de reconcili ation a v ec l es homm es nous montre qu e B~r ctamu
11) Voyage au bout de la nuit t _p.I15
Trang 21- ~o
-"
DESESPOIR (1).
~
~
Il 1 ui reste son deuxieme voeu :" p-ir-t Lr- pour l' rique".
con-n~ître un nouve"lU mod e d'asserviss ement de l'homme L'homme
qU mythe de lA technocrAtie Sous ce nouveau règne, il est
con-duit l'homme vers ce qu'il redoute le plus: lA déchéance morale Il n'y a plus pour l'homme de consolation possible, parce qu'il reste éternellement le jouet des forces exté-
,
t~riel tout en esp ér~nt que ce progrès s~r a profit ~ble pour
Trang 2219
d e l n t echnique Simplement, plus l ~ t echni~ue e s t p ous se e
civili-s Ation s e d ~v eloppe, plus l n vi e int ~rieur 2 est men ~c~ e Et
insu pport qbl o L'ho mm e e s t m ~int enu d~ns un ét ~t d e l Rngueur
, ,
Fin ql emnnt l n vi e e s t r ;duit o ; l ~ s ~tisf ~ction des
, ,
tr ~v '1ille, on m ~n g e, on dort, on r es pire m 'lis on n'os A p RS
, ,
r eflechir E n un m ot , on n p eur d e l n vi e C c sp ect ~cle
P.pou-v ~nte BRrd Affiu jusqu'au d ~ses poir : "Ell e (Lol A) en vint ~ me
,
qu estionner sur ç ê! ou e j e »o nsvi s d e s on Am o r-Lqu e , J e lui
r edout 'l bl " e t n ua nt ~ son p "'ys il m' é pouv ;1 nt:ü t tout bonnement
pr evisibl es nue j'y trouv '1is, surtout r A r l ' enorme indifference
C!3-ract éris e notre si ocle.
,
s, ,,! rech erche du bonh eur : ):, r d es m oy e ns ,, ~ xt éri 0 ur s L A
l'ennui.
Trang 2320
-
n-courAg eAnt e Il e s t doulour eux d e const nt er ou e notr e soif de
b onheur d evi ent L n c aus e d e notr e d és espoir, qu e notr e p a ssd o n
du pro grès , 1 1'1 sourc ~ d e notr e d és Arroi e t qu e l n pA s s i on de
l n vi e, sous l' eff et d es é ch e cs , tourn e e n r ési gn Ati on
N ous p ouv ons c onsid érer l' A méri~u e c omm e l a d e r niè r e
est q u e , D U p oi nt d e vu e itin ér Air e, son vOY A g e s e t ermine l À
e t qu e bi entôt nous l e r etrouv erons ~ l A pl Ac e C l i chy L A
d p uxi èm e r Aiso n e st qu e l' Am érique e st A u s si l n d ern ièr e étA
-p e ct e son é volution p sycholo gique : il [] i v ouè l ui -m ême qu e
c ' est d ~ns c e mond e d e l n civiliS Ation qu 'il ry conn u l e vr Ai
nous e nt ret e ni r longu em ent d e l a vi e d e B Ard Amu Ap r è s son
r etour e n Fr p.nc e, c' est qu e, com m e il ~ é cr i t d Ans l ' é pi grR ph e
d e c e r-o m an : " No tr e vOY :l g e , ~ nous (~ st e nt i8 re mf m t im n gin ;li r e ••
Il v» d u 1 ::> vi e 1) ' 1 '"1 mortr, "Et L e V oy n g e" s « t e rrni.n e e n e f fet
p Ar l ~ mort d'un homm e, c ell e d p R obi nson
E - L E RETOU H D E BA HDAI'J1U ou LA RÉSIG NATION ( 1)
L e voici , d e nouv e AU, n l A p lA c e C l i chy C' est d e
c p r e mier p or t q u ' i l s' est 1 3nc é d nns l e voy ~ ge R P C un
-tum p d ém esur é e Individu ell ement c r e t our m n r 0u e l'éch e c d e
B ArdAmu d ev Ant l R vi e e t hum Ain ement , il si gnifi e ~ u e vOY Ager
ou rumi n er sur plAc e, c'e st l A mêm e chos e e t q ue l e m A lh eur
n e c esse d e m en ac er n ot r e A v e n i r L ' exp ~ri enc p., c omm e un e
pi erre d e touch e, D ri gour eus ement confirm e l a vision A pO
-c aLy ptd ou o d e C élin e s ur 1 '" vi p C' est c e qui l e dés es pèr e
A pr os c r etou r, no us v oyons B Ard n mu, com plè~~meht
c alme tr "lgiqu e : " J e n ta vn i s po s d e p réte nti on moi , ni d' tion non p lus, ri en q u e s eu l em ent l ' û nvi e d e souffl er un peu
,'3mbi-et d e mi eux b ouff er u n p e u" (2)
III - V OV A R' P AU bout d e b nu it ,PP 23' I ·:": 4 98
Trang 24'-:- '-'-J
• ~ ~ I _ _ .
~ ' M~ "'~40 ' -_ _ ,
e t l' nbs enc 8 d e direction ~u p oi nt d ~ vue n ct i on : :B nrd nmu
s e I niss e - e m n or t u r p nr l n vi e n V G c un e indiff ~rence ~ b s ol ue :
vi p ~u'il n' ::cc omplit plus nu' 1v ec b e ~ucoup d e pe i ne son de~
,
,
er-~ ,
,
sc en e pour ~ s s i st er A I R vi e e n sn ect ~t eur Il vit R U mond e
s~ns ch ercher n s e tromper p nr d es m ensong es e t d es
Trang 25v ~yons t ouj ours B n rd n mu p n r n g ~ e nt r e l ~ d ~ sir d e v en g e 'l nc e
e t l e s e nti m e nt d e cu l p ab â Lâ t e , C e c i n ' e st p-i s e n c ont r -id i c
Trang 2623
-s'engager Bveuglément d ~ns l e d~s ert d û l A vi e pour y ver tous une m ême mort n t r oce e t nbsurd e L'hOmM e y mourra
trou-de soif: soif d e bonheur, soif d'~miti~, d' ~mour e t d'~f
fection Bar-d amu e st per-su ade qu e l e "lp.m (! sort lui s e r-s
réser-vé m Rlgré s n bonn e volonté, ses e f f or t s d ~ns cett e recherche
d e l ' nmiti 8 d es homm es Il lui s embl e qu'il ~ it droit ~ la vengeAnce puisqu'il a fAit tout son possible •
•
MAis, chez lui, C G desir d e v enge ~nc e n'est jam~is poussé bien loin et rest e souv ent i nt entionnel : "Daris ma retrAite, en tr nin de rech erch er un e punition pour l'ego1sme universel, j e m n br-an.l a i.s l'im'1gin ' ltion en v ~rit~, j' ~l1.'ds
L a recherch er jusqu ' 1U nG1nt l n r-uni.td on" (1) t'lêm e lorsque
ce désir de v engeance est manf.f'est.e , 1.1 m a Lv e Ll.Lanc e de d~mu rest e toujours bi en douce : il r efus e de p or t er secours aux Autres m nis il ne f Rit ri en d e positif pour ~ggrRver leur souffrAnce.
Br>r-Tout efois il f nut not er I R prés ence trop fréouente
de Robinson dRns cett e d euxième pArtie du romnn ~obinson
est le double d e Bar-darnu , c' est-~-dir ( ~ un Bnrdarnu qui ose aller JUSqU' RU bout de s a vengeance, même jusqu'; ln tentA-
tion du meurtre MAis vers lA fin du rom nn, il est fr nppé
d'une mort subite N'est-c e p as 1; l a r econn~issnnce im
pli-cit e de Célin e qu e toute vengeAnc e est inutile pour le lagement d e ses m,lheurs.
sou-Ainsi, même d ans ses mom ents d e violent dépit,
damu n'est jam Ais feru d'egéisme Il se sent toujours
COUpA-bl e du mo Lheur- d es nutres : " •.• j n n'nrrivAis jnmais ::l me sentir entièrement innocent des m aLheur-s qui Rrriv :::lient" (2).
Il eng Age son bonheur dAn s l e bonheur de l'humRnité
et enviSAg e son d estin comme solidnir e du destin d'nutrui L'irresponsnbilit é lui e s t rénibl e ; supporter De mêm e
que l'indifférence deVAnt le mnlheur d"utrui l e dégỏte, de même cette tendAnc e ~ persévér er d nns le m nlheur, d~ns
l'ignominie le d éses~ơre Tell e e s t l'nttitude morAl e de
Bar-demu devant 1( ; mond o ,
1 1) Vov~ge a u bout de lA nuit P 377
Trang 2724
-,
accepte de tenir jusqu'au bout son rôle de victime tout en
Trang 28A pr emière vue, Céline semble vouloir démentir
,
me s s age s au morid e" (2) Pourtant nl us i.e ur s faits nous
toujours conscience que la medecine "consiste ment ~ rendre la vie plus f acile et m oi ns douloureuse aUx
D'ailleurs comme Bardamu a dit dans IIVoyage au bout
Marc Hanrez, "Celine", p.277
Trang 29i " 26
"Mort <) Cr edit" , 'Cl ec r i t e n q u elq u es m oi s , e nt r e l es <1 nnee s
1937 e t 19 3$, "B '1p.: ' 1t ell e s p our un m '1 SSA Cre " (! t "L' Ecol e d es
cnd a v r-e a '", C él in ~ v eut d e v a n ce r- l e s 8 V8 nep1.8n t s p olitiques
pour p re s e r ver l'Europ e du d es Astr e d e l A guerr e
D e p l us, '3 U cou rs d'un e nt r et i c m i W O C Rob ert Poul et ,
Ce l in e A dit : " En 1 930 - 1 940, j '~i jo u e en Fr nnc e 1 0 r ơle
d e l ' A v er tiss e ur su bt i l , q Uine v oi t p n s 1 0 d ~n~e r , mA i s q ui
l e s e nt, ; bon n e dist Ance, <1 VAnt t o ut l e mo nd e e t Qu i sign nl e:
" Arr êt e z t " ( l ) •
Donc, pou r lui , 1 '1 litt érRt ur e n' es t p R S u n j eu
d' esth et e 1 ' ecriv ain C eline n ' est pn s un pe i nt re SOCi Al Il
e s t e s s e nt i e l l e m e nt un p olémi s te , c ' est-n -dire un h omm e qu i
s' eng A g e d Rns 1 '1 lutt e p our p re ndr e 1 1 d éf ens e d e S A C A u s e
Et 1 , '1 c aus e q u'il d ~ fe nd e s t l 'hu m Anit é e l l e - même
Ne p ouva nt r e s t er ni i m p '1s s ibl (~ d e v a n t, l e s m AUX d e
l ' h uma rri t e n i Lnd if' f' o r- ent; d e va rrt 1 " co nditi on d e l'ho mme,
C eli n c ~ re nd a co eur d e d e no n cer t out c e q ui op~ r e s se l'ho
m-m e iVl ; ü s s n p ô e mi qu o e s t s urtout L yr-i q u e pa r- c o qu e S ,1 cons
-ci enc e d e 1 8 souf fr nnc e e t du m1 1 he ur e s t 1 f f e ct i v 8 e t non
li t t é r A i r e ou p ol i t i q u e
Pou r p lus d e p ré ci s i on , r e courons n s es p r opre s P A
-rol es : " Au co mm enc eme nt ~ tAi t l ' é motion Sous l E ! coup d'un e
,
em ot i on , l ' Ani m nl s e contr nct e, l ' homm e fR it d es v ers, ou d e
l A m us i q u e • •• J 'Ai voulu f ~ ire d e l n ~ r o se nui n R i s s e comm e
n Aỵt 1 1 m USiqu e, d e 1 8 pr os e qui e xpr im e c e ~u 'e xpr ime l A
musiqu e S nns pr ép ArAtion ni int erm édi A ir e" ( 2)
C eline e s t un pol emist e lyriqu e p~ r S R sourc e d'ins
d 'un "L an g a g e e n pris e dir ect e sur l e s sentim ents" (3)
E s t - i l p os s i bl e qu e Célin e soi t n n nt tout un po
lé nt st e p ol i t ique ? A s s ur-ene nt non L n p ol it i que l e d egỏt e.
Il se desin t er e ss e d e I R po l it i~u e e t ne nou r ri t R u c u n e
( 1) R Po).Ùet , " Ent f' n rn , :: H1: ~ C , L,F C~li ne, p 45 ( 2 )
Trang 3027 ambition d e r6former ln sociét & D' Rill eurs, A ses y eux, Ip-s politici ens sont "d es a v c ugL e s v nnit eux qui m ar-ch erit R U bord d'un ::; b î me " (1).
-Il n' est p AS non plus un d éf ens eur d e l n mor nle.
r ~nni e d e l n civilis ntion e t mêm e l n tyr nn ni e qu e l'homm e,
p ar s n n Atur e, e x o r c R sur lui-mêm e.
,
Il v eut 3g i r o n conn niss Ance d e c ~us e, jug er S Ans pr ejug es.
P our critiqu er lA civiliS Ati on, B nrd nmu p A s s e S 1 vi e e n A mé
-qu e, p our d énonc er ln g u e r r e , il s' eng ag e d nns l ' Armée.
- L'ACCUS ATION DE LA GUER
pr és ent e : d o u a spe ct s n ett e m ent o n nos és Un "l s p e ct né gAtif
e t un n sp e ct positif Incont est Abl em ent C ~li n e r efus e 1 1
g u er-r e , l ,l A i s c o r efus n e s e mo ndf' e st o p as s eul em ent darrs I R
voyons B1rd nmu fuir I r:! ~ ue rre L e ~n s snf 0 d p l n d énonci n tion
l'nspect nég ntif 8 l ' ns nect positif d 1ns l n p olémi q ue de
Celine Nous consid p-rons qu e ln d enonci 1tion d es horr eurs
de lA gu err e ~ t d e s es cnus es dir ec~ es e t indir 8ct es
titu e l ' Rsp ect n n g ntif d e S R p ol e mi q ue p n r c e qu e l A gu erre
e s t un e r 6 nlit ~ viv nnt e e t non u n e nbstr nction Il e s t
v Din d e p r ote s te r co ntr e l n g ue r r e p n r l n pe nsé e , p Rr les
(1)- Robert Poul et, " Ent f nm A v e c L.F. C eline", p 9g
(2)- VoY , 1g e p u bout d e ln nuit, p 3 12
Trang 31i nc e ndi es C e ci e x p l i que po ur quo i B n rd î mu d én o n c e e n pr e
T o ut ~ u tre e s t c et t e l ogi q u e d e s s en t i m ents q u ' o b s e r ve
p e inture r-i c h o e n d é t ni l s r é "list e s e t e n c o ul e u rs s ombr e s ,
qu i ill us t r e ~ m e r v e i l l e c e q u ' i l Appel le " l n f oli e du mA S
Trang 32-m 'li s ni Bn r bag ny , ni Noir c eu r - su r- l 'l - Lys d ont il no us î ,.
p l r l e D e p l us , c ' es t u n e gu er r e q ui n ''] p n s d e d n t e El l e
pourr 'li t ê t r e l n g u e r r e d ' un e ~po qu e r ~ c e nt e, d e l A n6 tr e
o u d 'un e é p oq ue D v e nir , o u p o ur e m p l o y e r l ' e x pr p.ssi on d e
o mis No tons d ' R i l l e urs qu 'il s ' R g it 1 ; d 'un e g u e r r e qu i
Trang 33h osti l it es e t d e 1 '1 c r- u o ut e hum -r i.n e: • insi l ' h o rr e ur d e 1 3
g ue r r e n e t i ent p ~ s un iqu ement d u nom b r e d es m o rts e t d es
s pe ctn cl e s s n n lan t s , E l l e s ': t r- ouv o su rt out d ms l e s "l t t i
-t ud e s d u s h o mm es , d ans l e ur s c om port e m e nt s , d -ins l eur f' a ç o n
d e s e t r nit e r mu t u e ll e m e nt : " L R to r t ur e du r ég i men t c onti
-( 1 )- V OJ a g e a u b o ut
" , p 39
Trang 3431
-t L ent cỴ( ~ plus ignoble et de plus sordid e.
C~line rl fouill ~ d a ns c ett o b.l e s s ur- e €l 8 l'Am e D our
degỏter d efinitivement les homm os de l A guerre l voit que le ( _ d~mg8r qui me n n c o l'hum nnité e s t immin ent Il ne mo- dèr e p l us son 1 ~ng8ge S A voi x n ou s ~ t o urdit p 1rce Qu'elle
e s t l A so mme d e s voix o p pressé e s S A co1 8r e est d' un e
site demesur oe p arc e qu' elle est un ec h o d e l a col er e de
~
l'hum Anit e.
La g uer r e n' e st p AS un fl ~ ~u d e Di eu Ell e rel ève
s oulem ent du f ~ n1t i s me m eurtri e r d es h omme s Elle es t un
m alh eur qu e I lhomme inflig e À lui-mê m e.
IIp.- - L A _ déD ~~<j _? t ~ o d 8S C '1 us es d "~ 1'1 guerre
a - ;L es ~ ~lses Eo ch es
IJ- L A SA crAl isat i on de 1,fr: : :"1t.
Il est éviden t que l'hom m e su pno rt e m rll la gu erre,
c ar, l'instinct de conserv ~tion n' e st pA S f ncil e ; ~touffer.
C e p e ndn nt, s i tou t l e mond e 1 p e ur de l n mort et qu e tout le
m ond e A s pir e A U bo nheur, co mm on t p our ra i t - on e xpl i q uer le
epoque et d e qu elq~e pa ys qu'il s oi t , A toujours be soin de
l a f.i pour vivre : soit l n fai e n soi-m~me , soit l R foi en une CAuse e xt ~ ri e ure , s 0crée ou non Seul ement, r Ar es sont ceu x q ui p os s è d e nt une foi en eux-mêmes, A s s e z fort e ~our
pouvoir r esi s t er a ce jeu de myst ifiC Ation d e l A societe.
D' o rdin:üre, ils r- e cenn a ase nt S Ans l ' n v e uer- Que
-"
leur vi e est Lndd.gn o d'être vecu e A l or s il suffit qu e L a
société s e mette À ~ lev er l ' Amour de l ~ P ~trie 8 U niveAU d'un e mystique, ~0ur ~ @ uv o i r l e s m Rint enir docilement sous son joug, pour leur ins pirer l e d ésir d 8 s e s Acrifi 8r, d e
s e d év ouer ~ ux c nuses de la gu err e e t pour l eur f Rir e A c c ep ter s es contr Aint e s inhum Aine s co mme d es oblig ~tions mo- rales.
Trang 35dit:" Lq r eligion drRpeautiqu e
c ~leste •• • tr (1).
Il e s t mAnif ost a qu e, pour s e don ner l'illusion ou'ils n'ont pA S v ~cu pour ri en, c os homm es f eront d e ln
P Atri e l eur s eul e e t v~rit~bl o r ~ison d'8tr o D ev enus Adept es
d e cette nouv elle r eligion ~tAtiqu e, ils considoreront le
A v eup,l éme nt tout c ~ qu'on l eur inculqu erA Ils f eront du
SA-crific n un crit ~ro d e l eurs ~cti ons C' est l~ lA source du
, plus gr And m Al d e l1hum ~nit e : lA g UA r rG
,
N e nous e t onnons donc r- ~ s d ~ voir ~u e c e mnl dont
s cuf'f'r-e not r- e 8 poque n e d.,t ( ~ p as d ''lujourd 'hui Il r emonte
~u plus loint Ain d es Rf, eS e t il y n d e gr And es chAnces qu'il
,
s e prolong erA ind efiniment dAns l' 0v enir.
v ent desarmes m s Lgr-e 1 (J f'or-c « d e L eur-s instincts de
conser-v a t i.on : " Ah t nos petits so Ldat s , rem ,'lrquez ~ l e , et dès les
premier es e p r-e uve s du feu, ont su s e liber er spont.anement
d e tous les sophismes et conce pts : '1 cc es s oi r e s , et p ar-t I lièrement des sophismes de , lA conserV Ation Ils sont , A l lA S d'instinct et d' emblee se fondr e Avec notre veritAble rAison
C es r emAr~ues du docteur B estomb os son t judici
eu-s es Il est vr Ai nue 1 "1 foi e n l A P ~tri 0 est une vérit é du
coeur " C nr e l l ~ ch erche
m , :~ mad s s eulement leur
hom-coeur et leurs -sehtinents En effet,
(1)- VOY Rg e A U bout de ln nuit, p.74
Trang 3633
-si el1 8 s ' off re entièr eme nt A l' 8xAm en d e 18 r Aison, elle perdr a ~ co up sû r tout e SA fo r ce m ysti nuc, t out son ry o uv oi r
.-d e f asci na t i on e t p art ant son e ff i c~ ci te
La raison, p 8r s es froid es a nA l y s 8s fr eine
i n 6 vit abl e~c nt l' enthousi as m e I l V Aut m i eux donc
q ue c ett e foi ~c ha pP8 ~ la co mryr~hension Il v aut
m ieux q u 'e l le soit ma i rrt e nue ' ( m s le v ag ue , d ans
Ainsi l a f oi n 'a p as b p soin d'êt r e co mpr i s e.
Ell e a s eul ement b esoin d'êtr e c r ue Il s uffit, p o ur s'en rendre compt e, de remArqu er le ton d es discours
~
et haran gu es adress es A UX sold ats, a u p e upl e : "la
Franc e, m p.s am i s , vous a fn it co nfi Anc e, c' est une
f emm8, l a ry lus b e ll e des f 8mm e s 1 8 Fra nce ! • • Ell e compt e su r votr e h érọsme l a Fr an c e ! V icti me de la
p l us lÂche, d e la plus abomin able Agr ession Elle a
"
.-le droit d' exi ger de S8S fils d'être v engee ment l a Fr Ance(l).
nrofonde-C' es t su r C 8 t on p lein d 8 l yris m8 et d' eXAl
-tation qu e l e do cteur B estomb8s, le n ronA~andiste de
l a PAtri e ~A rl e ~ ses sold~ts blessés Et les hommes
a a pp r i s e F asci nes p ar l B p ui s s ~ n c e m ystinue de cette
(1) VOY Age a u bout d e l A nuit , p 90
Trang 37but q ue c elui d e s ervir l eu r PAt ri e Ils s e croi ent
seul ement r es pons 8bles dev ant l a Na t i on , Dur e e nt i t é
'" ,
e n f ~ , it de r ~ ap: ~ s d e tout e
r espons abilit~ env ers l es
l e rè gn e du m épris.
2J/ - L A subl im<1tion d e s in sti nc ts m eu rtri ers.
'"
'"
ueu-lad e C'ét ait mê me r econnu, e n c ouraré SAns doute p ar
On n e l e s p uni t pas , c e s insti ncts, pa r ce qU'ils
fi~r, ·pqur , l ~ ~ cA!:lêes d~ ,la gu;rr~.
Trang 3835
On invite donc les homm e a l'l r).v ~lü: c r à n cr uaut o
" e n he r éd eme
en t r- eve st t se-m t c ett e cr-uaut o/jiour- se di s ou t.e r- une n l o ce
d ans l e p û m '1r ( is d e ln ,glo i r e" c ( 0 u i f' a i t o ue C ~li ne par-Le
d o Ilh ~r@ï sme e n c e s term e s ~ " A h ! Il hp r ọsme m ut in , c' est
;'j dcf nillir j e vous l e dis l li (1 )
On ch erche l us s i 3 gl ori fier l e suicide d evenu
mAin-t en Ant du s n crifi c o Et l e s ~ c rifi c 8 d~ n s c e c ns-c i n'est
qu 'une fRçon d 1 qt t endre p nisib i em 8nt l~ mort.
S o s ncrifi er s ~gnifi e s o f Rir e tu er d 'un e f ~90n o u
grnnd e p ui s s1nce i ncAntRtoire ,
,
Trop lucid e pour ne nrys np er ~~ voi r l e c ~r~cterc
,gro-t esqu e d o l n g uerr a et t ro p co nsci o nt p our ne p 1S s Avoir qu e
l e meurtr e res t e t ou j our s inju s t ::' fülbl t ( ; Cl ue le cour-age de tuer l es hommes n e r e1 1vo G ue d e 2 ~ monst r-u c s i.t e , Bar-darnu
"Ser élis-j 8 donc l e seul Lâche Sur L a t err e? pens qi-je Et Rvec quel effroi , 1 P ordu p~ rmi d eu ~ m i ll ions d G fo us h~ -
roiques et d e ch s ỵ n e s et A r me s jusqu ' '1UX ch eveux ? " (4).
Il est le seul l~che p Arc e 0u 1 i l A s t l e s eul ~ re
-f us er de tuer les A utr es e t d e s e f ~ire tu er Ainsi sa
(1 ) Voy ng e A U b out d e ln nuit, p.
S4 55
19 19
Trang 3936
-
p~rce qU'Avec B ardAmu nous pAssons du plAn de l a mor Ale
men-tAles.
respon-s~bilit~s Nous disons Que ce sont l~ des vAleurs
gue-
Vive La Fr- ance t En : w;:mt t (1) •
Trang 4037
~ s sa s si ner pe r s onne , l es P ,cifiq ues p unn t s j q u ' on s' en
P our an ne xer d afinitivement s os c i t oye ns , l' ~t At f Ait
bi en p ~r" L e p ntriot ism e et son cor- o'l L af.r- e 1 :'1 ~loir e" (2)
qu e l es homm e s se l Aiss ent conduir e docil ement v ers
l'immen-se ~ bntt oi r d e ln gu err e.
de-"
qu e" d estin~es À provoquer ch ez l 'homm e un n ng ouemerrt tel
L ~ d éne rsonnRlis 1tion d e l'homm e e st tot Ale
L'hom-m e e n t~nt q ue pe r s onne hum aine doit c ~d er s n pl Ace a u
é-,
l'hom-m e n u li eu d' ncc éd er A U m onde d e 1 13 s r1i nt ct é, tomb e g U
con-tr Air e d Ans u n m onde p l us bAS q ue c el ui d es bêt es C ar que rest e-t-il ; l'ho mme qui A p e rd u s a pe r s onnA l i té , S A digni-
d estin unique ,irr c lmpl A9 ·qble L'homm e n' existe plus que PAr
r egArd ~bstr Ait g agne l es homm es, A l or s commencent les