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Le thème du désespoir dans le voyage au bout de la nuit de louis ferdinand céline

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THÔNG TIN TÀI LIỆU

Thông tin cơ bản

Tiêu đề Le thème du désespoir dans le voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline
Tác giả Louis Ferdinand Céline
Người hướng dẫn Professeur B. X U Jn - B À 0
Trường học University of the Humanities and Social Sciences
Chuyên ngành Literature
Thể loại Thèse
Năm xuất bản 1961
Thành phố Paris
Định dạng
Số trang 125
Dung lượng 5,26 MB

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Nội dung

Chacun son rôle ••• ChAcun sa mort~ ' 2 ~ il faut feconnaître que cette vérité que lui , ., plus de boucan, que les toits : s' e cr-oul.ërrt que le printemps ne revienne plus, que not

Trang 1

LE THÈME DU DÉSESPOIR

.

de Louis Ferdinand CELINE

MEMOIRE PRESENTE PAR

LÂM · ·KIM • QUANG

Trang 2

C _ H I 0 Ç" Ç

-MÉMOIRE P~SENTÉ PAR

"AM - KI - aUAMG ~ , , ' :"";; :i ,

, ' J ' ~ _ , , " •.:G." " " "

-., ·t+

Trang 3

Î' 'lONSI EUR LE P ROF ESSE UR B Ù r - X U Jl N - B À 0

E N Hm~1AGE DE N OT RE RESPECTUEUSE

E T P 10FONDE G RAT ITUDE

Trang 4

essai sur "la mort do

suivent même au dela de la vie : "Le cure de M e ud on refuse

de dire une prière sur sa tombe" C'est ainsi Cl ue se termine

'"

volontairement omis, ' l es etudes qu'on lui consacre ne sont '

guere proportionnelle~,a son importance

Cependant cette injustice qui m arque la vie de Ce- , ,

line n'est pas une raison majeure qui nous a decide a pren- ,. . , , dre Celine comme objet de notre etude puisque Celine n'est

pas le seul ecrivain victime de l'injustice des hommes ,

, Cet ecrivain maudit que Robert Poulet considere , comme un phenomene de la litterature contemporaine, nous

de'voca-moment de sa vie Comment expliquer cette attitude ment paradoxale ?

apparem-Dominique de Roux, dans son '"

L.F Celine", remarque que celui-ci

inverse de celle de Rimbaud" (1).

(1) D de Roux, "La Mort de L.F Céline" rp 87- r •

-~ _

Trang 5

desespoir est

pl us legi times qui vaut la

, fraternite

littéraire'; le désir de still ustrer dans la carrière des

lettres ' Ce qui signifie que la f l oi r e qu'il connaît, il ne

l'a pas recherchee Ce qui si gnifie aussi que, maIgre son

manque de "vocation littéraire", Céline est pleinement

de lê culpabilité, de la responsabilit~ (l)r

Nous devons donc nous mettre en garde contre toute

,.

interpretation un , pe u hâtive de ses oeuvres.

La deuxième raison qui motive notre choix ne

Celine est un homme Qui redoute la solitude S'il

a dit "Chacun sa vie Chacun son rôle ••• ChAcun sa

mort~ ' ( 2 ) ~ il faut feconnaître que cette vérité que lui

, ,

plus de boucan, que les toits : s' e cr-oul.ërrt que le printemps

ne revienne plus, que notre maison di'paraisse" (3).

(1)

( 2)

(3)

R.Poulet ·, " Erit'.f8rJl' avee

Voy " élU b9ut de la nuit,

~iort 8 Credit " JY.9

, LoF' 0 Celine" p.7 5

po 92

Trang 6

un ennemi des hommes? Quelle est la vraie cause de

l'in-,

comprehension radicale dont il est l'objet?

Si Celine deteste vrAiment les hommes, il g ar d er a

le silence pour ne pas attirer de si graves ennuis S'il

, est vraiment egọste et veut gỏter un e vie paisible, il

n'a qu'a se plier au conformisme soci Al, accepter ment son rơle de médecin de provinc e ~our , s'assurer d'une vie respeotable Or Celine a tout refuse, et les possibi-

(I) Voy au Qout de la nuit, p 78

(2) Preface a "Voyag~ au bout de la nui~~ p 11

(3) p Vandromme, "Celine", p 28.

Trang 7

rer les blessures morales et sentimentales des hommes.

, Les hommes en souffrent et pRr une reaction na-

dans la mesure du possible.

Mais le devoir de l'homme varie suivant la tion de chacun dans la vi e Et dAns les mom ents ou la so~

ciete menace d û s' ecrouler, il n e suffit pas de 113 nir pourqu'elle ne s'effondre pAS sur notre tÂte Il fAut

soute-, avoir le courage de l'abattre en vue d'en edifier une nou- velle ' -

1, ) : "'~~_-="),-;- ; ::-' ;, " · ;:> · > , · ' 0 : ; , .: _

32.

Trang 8

- 5

-L e devo i r d e Céli n e e st de dé bl;:rye r

l e s r ui ne s d e l a s oc i e t e d e son e Do ~ u e Q U A nt A

l , éd i fi CAtio n d 'un e no uve ll e so ci été , e l l e serA

l' o e uv r e d 'A u t r es hom mes , d es 2"énérA t ions f utur es

Ce m a t i e r d e fosso y eur d 'un e en oque n e l ui p l~ î t

pA S , po u r tant i l f a ut ~ u ' il s ' y dévoue En gu ise

d e r ec onn ai ssAnc e , o n l e pe rs ~cu te L'in g r at it ude

N ous t Âch e ro ns don c , d Ans n ot re e t u d e , d e

r echer ch er so us s on l An~a ~ e ordu r ier , l e s s ent ime nt s

s i ncè re s de c ett e â me SA in e e t bi env ei ll Ant e C Ar

s ' i l a gi t e l A c oupe d e l a v i e c' e s t pou r nou s f aire

A pe r cevo i r q ue n o tr e vi e n ' e st pAS S Ai ne

, ( 1) F e e r i e p our u ne a ut re f ois, p 64

Trang 9

- 6 _

l ' t VOLUTION DU D ÉSESPOIR D ANS "VO YAGE AU BO UT DE L A NU IT "

C~l i ne d' Avo i r f ~ it une p ei nt ur e tr op so mb r e e t p A r f oi s m ême

d eses per ee d e l' h um nnit e Cer t rlins consid e r ent flu e l e d esespo i :

t empérament m al Rdif T el e s t l e p oi nt de v u e d e Pi erre He nri

D' Autres t ie nne nt c ett e vision du m onde in util e pour

d egỏt 9 pnrt, e cr i t G ONZ AGUE T RUC , o n s ent l e vi ce ini t i ql

ver ~-t-il, com me n ous l e cherch ions u ne m nt iè r e ?

ne s avent m ême t rouv er pl Ace e t l e de rni er mot rest e toujou rs

À c es d eux obj ection~, nous pouvons o pposer l es ar

for muler d' un e T a çon trop c at e g or-t qu e notr e ju g ement s a ns t enir

,

p.B5 ' ( 2)- GO NZAG UE TRUC , " Como ed L a'" , 3 1 Octobr e 19 3 2.

Trang 10

7 C'est sa réponse indirecte â tous ceux qui l'on~ A ccus é d'~tre maladivement pessimiste.

-Marc HANREZ se range o us s i du côté de Céline

qu'il ecrit~ " L'oeuvre de Louis - Ferdinnnd Celinü··.C'est

l A fresque impitoYAble d'un monde en décomposition peinte par

un homme Absolument s ain" (1) Cel a veut dire que Céline est

un écrivain du désespoir et non un écrivRin désespéré.

QU Ant au reproche de GONZAGUE TRUC, nous pouvons Y répliquer ou'il ne suffit p AS de r eindre la vi e plus belle

qu'elle ne l'est en realite pour l'ameliorer L'oeuvre de line n'est pAS celle d'un mornlist e bien qu'il Ait une inten- tion morAle C'est même À CAuse de cette intention mor~le que Céline cherche; ne "sAisir de l'existence Clue ce qu'il peut

Ce-Y avoir de sordide, d'infAme et ~ situer tout l'homme dAns c c

outil y a dans l'homme de plus d e gr-ade" (2) D'Ailleurs

n'est-ce PAS p8r lA reconnaiss 1nce sincèr e de l A n nture humAine que commence toute vie morAle authentique ?

D'autre part pourquoi ne veut-on pas reconnaître que le désespoir est devenu un des thèmes les plus importAnts de , l n

,

litterature de notre epoque ? , Il Y a, pAr exemple, plus d'un , point commun entre l a pensee de Celine et celle d'un Camus, d'un Sgrtre, ou d'un Henry Miller.

A- Conversntion entr e Bardamu et Arthur Ganat e ou LE PESSnnSl ·1E

Le roman débute pAr une attaque de BardAmu contre tout

un édifice de valeurs trAditionneDes • Succ essivement, les différents idéAUX de l'humanité comme la Race, ln Patrie, l'Amour, sont noy~s dans un déluge de mots orduriers qu'em- porte une verve truculente • BArdamu A tout brisé Néanmoins nous pouvons penser qu'il s'Agit simplement d'une plnisnn- terie p~rce que le ton n'est pAS sérieux.

MAis que cette convers1tion soit une pl , Aisanterie ou une prophetie, nous pouvons Y voir l'indice d'une Ame ardente

(1)- Marc - H:;nrel!:,lCéline", p.'14 (2)- GONZAGUE TRUC, "Comoedi n",3I - Oct 1932 _ L3J _il OVAtr P AlI hl'lllt np 1" nuit, pp.I3 _ 16.

Trang 11

- 8 - ,

n aturelle se mêle à l a méch ~nceté v erb al e, ó l ~ grossièr eté

le pessimisme.

,

ntti-,

ou-si asme d <lns l' ~rmé e Son eng dg ement nous montr e Qu'il ne p ens e

être s ~isi e qu e p ar l ' action et non p Ar l A discuss ion.

Trang 12

9 Dès son premier cont~ct Avec lA guerre, Bnrdamu

-reconn~ỵt d'emblée l'absurdité foncière de celle-ci: " lA

guerre en somme c'ét~it tout ce qu'on ne comprêna1t~~ak~11).

Elle est pour lui, une sorte de fête sanglante d~ns l~quelle chacun sera 8 son tour, b?-te de sacrifice Partout ó l'on porte ses yeux, on ne voit que m8SSAcres et ~ill1ges Partout

ou l'on va on dev~ne lA mysterieuse presence de la mort CAr

ce n'est pas sur les champs de bAtaille que les valeurs maines sont observées et la dignité humAine respectée Tout

hu-ce qu'on peut y voir, hu-ce sont des morts, des ruines, de l~

chair humaine en bouillie et du snng.

Perdu AU milieu de ce d~lire de destruction, Bar-darnu

completement desoriente, scrute les tenebres du present pour chercher une lumci.êre de l'avenir, mais "18 première lumière qu'on verrait ce serait celle du coup de fusil de 1:::1 fin" (2) •

La guerre est donc l'ima~e de l'homme en agonie, de l'humanité en délire Et ce délire n'est pas près de toucher

Des Annees? Combien? Peut-être jusqu'a la mort de tout le monde, de tous les fous? Jusqu'au dernier 1" (3) Ce sont l~ autant de questions que sOlllèvent ~ la fois son horreur de

,

la guerre et sa colera devant 11 violence aveugle des hommes.

La guerre n'est pas un catalyseur de l'espoir mais de ln peur,

de la haine et du m~pris Elle ne stimule ni la compréhension.

ni même la solidarité entre les combattants d'un même camp.

Elle est simplement une occasion permettant AUX hommes

de s'abandonner librement à leur cruauté et à leur malveillance

Trang 13

la

-•

Contrairement ~ ce que l'on pourr nit croire, I R guerre, A U

lieu d'engag er l'homme dAns les intérêts de sa p Atri e, le

d~gnge de toutes respons ~bilités p ersonnell es puisqu'àle lui permet de prendr e cette liberté d e h nlr e t d o m ~priser s es

sembl Abl es.

C'est Ainsi que nous voyons l e g en er11 des Entrnyes,

ce ch ef d'Et 3t-M3jor se soucier uniquem ent d e son confort et qui envoie délibérém ent ses sol.dat s ~ l a mort : " Il s emb L ai.t

préférer p "lr-dessus tout s es b onn o s : ü s e s Il Y p e ns-n t même S3ns arrêt ; ses a i s e s et bi en qu e nous fussions occupés ~

b Rttre en retr Aite depuis plus d'un mois, il e ng ue ul A i t tout

le monde qUAnd même si son ordonn anc e ne lui trouv ait pas dès l'arrivée; l,étape, dAns ch Aque nouveau c'1ntonnem ent, un lit

bi en propr e et une cuisin e R mena g ~e ~ l n mod~rne"(l).

Et c'est a us s i pour cett e r aison Qu e nous voyons le Capitaine ORTOLAN et le lieuten ant SAINTE-ENGENCE se réjouir

de tuer leurs enn emis pour leur se ul, pL1isir s ad.i cu e t "Il collAborAit A v e c l A mort On a ura i t pu jur er qu'elle avnit

un cont.r-at s v e c l e c apd t ndne Or-t o.Lnn" (2) C'est ce que Dense Bardamu a propos d'Ortol an.

Ainsi débute le règne d e l'injustice et de I R terreur,

le r8gn e des instincts meurtriers Et chAcun, perdu dAns cette

a-tion avec le reste du monde.

Dans cett e atmosphère suffocante de h aine, de mépris

et de peur, l'homme se meurt L'oxygèn e · n e suffit pas pour tretenir l él voie humaine Il est né c es saf r- e seule ment pour notr ; or.gan~que a~ors que nptre vi e •

en-v~e7 sPlrituell e reclame cet A U~ re oxygen e que sont l es bons sentiments, l ' amour et l ' Aff ection MA i s ch aque chos e A son temps et ces s cnt Iment s sont bi en refoul és dons l e p assé.

Mainten ant l es d~ton Ations ont chass~ l es gRrdiens de la bont~

et reveille l es demons de l'Âme La vie s e reduit À un e march e

precipitee vers l' Ane Antissem ent Elle frel e l ~ mort.

(1)- Voyage au bout de 113 nuit, p 27

Trang 14

e n m€m e t emps q u ' e l l e ~ c c us e 1 "1 t end ~nc e d es hom m es ~ l ~

r ési gn R t ion Ce t t e d éco uv e rt e d e l A gu e r e r é du i t ~ bi en

p eu d e c h os e l' e s p oi r d e B ~rd "1 mu C e o u t l s ou h A it e m '-1 i nt e

-n a nt , c t e s t un e " p e t i t e p r iso n p é nè r ( ; ••• o ù l e s b a l L e s n e

p a s s e nt; p ns 1 N e p as s e n t j :J m '"! i s" (3) •

.

Ln c n a b'I e d e p-i r-t Lc i p e r- ~ c et t e " f ol i E: d u m ASS Pl Cr e " ,

n ' imp or te qu el m oye n I l ~ l ' i nt e n t i on d e s , e r e ndr e n ux ,

-v olt e Qu i en e s t e n c o re P. S '1 ph R s e nég Rtiv e e t n u i s e tr n duit si mpl e m e nt p n r un r efus d e c oll '1b or ntion A c e m ome nt

-,

d ecis if , il r e nco nt r e R o b ins on , u n p R rs on nA ge s e condî ire p A r

son e s t un B Pl rd a mu d o p oui l l e d e to us sc rup u l e s T ous d eux,

p A r d e s m oy ens qu i l e u r s ont p r o pr e s , o nt n c c o mp l i l e mêm e

Trang 15

- 12

L e p remier s e cont ent e d e ru mine r son A me r t ume t~n dis que

prés en ce p res que t ouj our s in At t en du e d e Ro bins on con stitu e

r-ap p e L co nst a nt d e 1 <:1 ré :üité d e L a v i e e" D (~ 1 2 ren co n trer

à n ouve a u , Ro bins on , Ç A m ' ~ va it don c do nn é un co u p e t c omme

A v "'c s » g ueu l e tou t e b o rb o u i Ll e d e p e in e , Ç me f , ü

Tor-tur~ s n~ r l A m~me pe ur , cell e d 'êtr e t ués p our un e C Aus e

A b s ur d e , p o u s sé s p a r- l e mêm e d ~sir, c al u â de "S Auv er l e urs

t rip es" , i ls s e r endent e ns em ble ~ N oi r c e ur - s ur - I A - Ly s ; lA

ren contre d es A ll em ~nds p our s c f~ ir e p r i s onn i e r s M ais l es

II-LA VIE A L'A R RI ERE O U LA N AI SSA NC= D E L ' ANGOIS SE( 2 )

- '

I l ar r ive p Arfoi s qu e l e m A l he ur A son bon cot e

co mme cet t e bl ess ur e q ue B ar-d nmu A re çue (: t Qui l ui p erm et

d e q uitter A U p e t i t bo nh e ur l e fron t.

A l ' Ar ri ère, il e st vr A i Q u e l e s p~ct Ac l e d es e ffu sions d e s Anr, lu i est épA r gnp mA i s l A vi e n'y e s t p~ s m eil-

-l eure pour au t~ nt L' Arri ère c' est l A gu er r e vu e d e profil.

M a i s d e pr of i l , e l l e n ' e s t p ~s mo i n s h id eu s e q ue d e f Ac e PArt out on n e r encont r e qu e l e mê m e re g A r d h ni n e ux, l e mê me

p l a i s i r d e p ersécutio n L A m a lv ei ll ~n ce et 1 8 c r UAut é d es

Trang 16

13

lis~it, '1vnlnit, ndmir nit, proclnm nit, réfutnit, d éfendnit,

-des"(Z) •

,

L' amour S( ) r~duit n' un ~chnnge de pl nisirs ch ar-neLs , 8 une

" ' , ,

, , 1;11 "

p 55

p 59

p 58

Trang 17

MA i s ~ l ' arrier e, l a ch ;'Jleur d es A f f e c t i o n s l ui m ,gn o,ue

tOt-,

h antise de l a m or t , il co nn ~ft un e nouvell e p eur, c ell e d'un

E t co mme u n é~ uilib ri ste q ui, f ntigu G, t omb e d e S B

(3) •

eux.

Trang 18

15 hom mes, l eur h nin e, l eur m n l v n i l 11 nce , l eurs instincts m eur-

-triers, tous sont mis e n pl eine lu mière On n e l es c nmoufle

P p.s T Rndis que d 1ns l es vf[es, ; l' orri ère, l'homm e e s t sous l ' empris e const~n t e du doute Qui, p~ r son Cgr 1ct~re

oscill Atoir e, C Ause u ne doul eu r plus , 0 r of o nd~ e t pl us

A t r oc e que l A p l us n t r oc e d es v erit es.

-d amu est poussé A U se~il du dés espoir C omme quelqu'un qui

m nrch e R r eculons, il s' Av nnc e d ~ ns l~ vie, l e r eg nrd fix~

sur l e p "!ss é : " A vingt a ns je n' : w " i s d8 i ~ plus q ue du

p ~ss~ (1) Cel n n e signifi e p"s que le p~ssé de 3 ardAmu soit

un Âge d'or Seule~ent s'il ét ~it rich o en m~lh eurs et en souffr Ances, il n'est p l us A cr ~i nd re p nrc e qU'il e s t m Ain-

t en nnt inoff e nsif.

P gr r 1pnort A l'Att ent e d es m nlh eurs ~ v enir, le souv enir d es ma l.hour- s é l"'rouvés e s t olus s uppor-t a b Le e t plus doux e t p Ar 1 ;, le p nss é dev ient un e sorte d e pe tit bonheur.

S él vision d e l' " v e ni r s e pe r d d arrs P o b s es s i on d e L a mort,

d Ans l e n ~nnt~ Sous l ~ pouss~d'un e t ell e A ng oi s se ,

Bnr-"

d nmu son ge A fuir s~ terr e n ~t nl~.

C~LA F UIT l!: D E BA RDPJ:tU E N AF !UQ UE O U LA D ECEPTION(2)

L ~ gu erre~ m" lgr~ s n viol enc e e t S A dur~e, ne tu e

et ne pe ut tuer tout l e monde B ar-demu en est un d es heureux r-es c npes , Il e n est sorti viv ant m ais non ind emn e : " • • • j' d · p u s o uv e r- m es tripes, mo i s j1~t."Jis m p.rqué; 18 t êt e

et pour toujours" (3).

S A première décision e s t d e p "rtir p our l'Afriqu e;

"En Af'r-â qu el, que j' :ü dit moi Plus qu e 9 :' s er rJ loin, mieux

ça v audr a t' (4).

Voyage ~ u bout d e l A nuit,

(1) (2 ) (3) (4 ) "

" " "

p 99

p, p, II4-185 , p II4

, p 11 4

Trang 19

- 16

·-B ar-demu s' est tr ompé " pui s que ç n e V Aut gu ère mi eu x , Que

.

s uffit p AS d e c hAng er d e cli m A t g eogr Aphiq ue p our vo ir

l'hom-me s' Amélior er.

1 "l cr- uaut e , 1"1 l ;;-ch et ~ e t 1"' ~g oi sme n e son t pa s d es

~ "

L B n Atu r e n ' est pR S p 8 r e s se nce une bonn e nourric e

,

sole il , s e co nsum-d ent en h a.i n e a s i mor-d ant es , si insis

-t antes ,qu e b e ~ uc o up d e colons finiSS Aient pAr en cr eve r Su r

L' homme es t S Ans résist Ance d eVAnt l es C Aprices de

O n ne pe ut a l l ég ue r l A l ent e A d an t A ti on d 8s bl ancs

l eur dégr Ad Ation mor Ale~ CR r l es A ut ocht one s eux-mêm es

,

e t d Ans l e tr efond forestier st agnnient qu elques pe upl ade s

A-bl e • B Ard8mu s e s ent d équ et A b A t t u À l ' id ée que 1 1homm e est

( 3 ) " " ' , p 1 52

Trang 20

17

-L' angoisse qu'il A ressent1e A U t emps de l A guerre

se fond d ans l n déception Il n'y A p l us d e doute p os s i bl e : l'hum anité est vouee À s n pe r t e L A v i e ~ dissous tout e s poi r

hu main : " J' en ArrivAis 3 n e p l us p re ndr e d e quinin e pour bien l ~isser l a fi ~v re m 2 c acher I R vi e "(1) •

Si, d ev Ant l ' hostilite d e 1 8 n 8ture, B 3 rd amu se sent

d~çu et non des espéré et qu'il s'en p re nne tou jours A UX hommes bien qu'il reconn aisse qu e dans c e C AS ci, l' Avilissement mo-

r aI provient pour une gr nnde part, d'un , e c,us e exterieur e,

la nature, c'est qu'il est outr age par l'inconscience et l'insouci ance d es homm es d evant l e d anger oui les guette .

cert aine viol ence, l es m auvais pe nch, nt s de l'homme et

n'e-p argn e même p as les noirs : "LR n égrerie pue S ,A misère, ses vani.t e s intermin nbles, s es résign Ations immond es" (2) •

Qu'ils soi ent de s blancs ou des n ègres, il les

.

etrille p a r ce e ue j am ais il n e pe ut su pporter l'im Age de L a

d~gr adAtion mor al e C'est l a col~r e, non l e d ~sespoir, qui lui f Rit prendre ce ton 'I'and'i s que 1 ::1 dec e ption Q ue lui c :m-

se l a nature le p ous s e ; r~agir tout 3 ut rem e nt Il n' 3 p AS

reg Rrdé , 1 ::1 n ature d'un bon o eil, e t c el f.l r e monte très loin,

a l'epoqu e de l A g ue r r e : "L a n Rtur e est u ne chos e e f f r ay ant e

et même qu and e l l e est fermement dom estiqu~e" (3).

Il n e s e sent nullement ex~lté Dour 1 1 célébrer

e n hymn es a r de nt s ~ l a f 1çon des rom~ntiques Il n'y a donc rien d'étonnant lorsoue, dev ant cette nature tronic , ale il

d e c.Lar-e : lT LA po esie des tropiqu es m e degỏtait" (4).

Plus encore, il a pouss~ son d~gỏt jusqu'~ l a lence C'est lA seule fois que nou s voyons B nr-d amu se livrer

vio-~ 13 violence Il R tout brûl~ a VA nt d e s'en A l l er Ce d~p Art

l a comp agnie des homm ~s est plus souh ait abl e oU O c elle de l a

n ature, quelles qu'en soient l es conséquenc es C ette tent

a-I

tive de reconcili ation a v ec l es homm es nous montre qu e B~r ctamu

11) Voyage au bout de la nuit t _p.I15

Trang 21

- ~o

-"

DESESPOIR (1).

~

~

Il 1 ui reste son deuxieme voeu :" p-ir-t Lr- pour l' rique".

con-n~ître un nouve"lU mod e d'asserviss ement de l'homme L'homme

qU mythe de lA technocrAtie Sous ce nouveau règne, il est

con-duit l'homme vers ce qu'il redoute le plus: lA déchéance morale Il n'y a plus pour l'homme de consolation possible, parce qu'il reste éternellement le jouet des forces exté-

,

t~riel tout en esp ér~nt que ce progrès s~r a profit ~ble pour

Trang 22

19

d e l n t echnique Simplement, plus l ~ t echni~ue e s t p ous se e

civili-s Ation s e d ~v eloppe, plus l n vi e int ~rieur 2 est men ~c~ e Et

insu pport qbl o L'ho mm e e s t m ~int enu d~ns un ét ~t d e l Rngueur

, ,

Fin ql emnnt l n vi e e s t r ;duit o ; l ~ s ~tisf ~ction des

, ,

tr ~v '1ille, on m ~n g e, on dort, on r es pire m 'lis on n'os A p RS

, ,

r eflechir E n un m ot , on n p eur d e l n vi e C c sp ect ~cle

P.pou-v ~nte BRrd Affiu jusqu'au d ~ses poir : "Ell e (Lol A) en vint ~ me

,

qu estionner sur ç ê! ou e j e »o nsvi s d e s on Am o r-Lqu e , J e lui

r edout 'l bl " e t n ua nt ~ son p "'ys il m' é pouv ;1 nt:ü t tout bonnement

pr evisibl es nue j'y trouv '1is, surtout r A r l ' enorme indifference

C!3-ract éris e notre si ocle.

,

s, ,,! rech erche du bonh eur : ):, r d es m oy e ns ,, ~ xt éri 0 ur s L A

l'ennui.

Trang 23

20

-

n-courAg eAnt e Il e s t doulour eux d e const nt er ou e notr e soif de

b onheur d evi ent L n c aus e d e notr e d és espoir, qu e notr e p a ssd o n

du pro grès , 1 1'1 sourc ~ d e notr e d és Arroi e t qu e l n pA s s i on de

l n vi e, sous l' eff et d es é ch e cs , tourn e e n r ési gn Ati on

N ous p ouv ons c onsid érer l' A méri~u e c omm e l a d e r niè r e

est q u e , D U p oi nt d e vu e itin ér Air e, son vOY A g e s e t ermine l À

e t qu e bi entôt nous l e r etrouv erons ~ l A pl Ac e C l i chy L A

d p uxi èm e r Aiso n e st qu e l' Am érique e st A u s si l n d ern ièr e étA

-p e ct e son é volution p sycholo gique : il [] i v ouè l ui -m ême qu e

c ' est d ~ns c e mond e d e l n civiliS Ation qu 'il ry conn u l e vr Ai

nous e nt ret e ni r longu em ent d e l a vi e d e B Ard Amu Ap r è s son

r etour e n Fr p.nc e, c' est qu e, com m e il ~ é cr i t d Ans l ' é pi grR ph e

d e c e r-o m an : " No tr e vOY :l g e , ~ nous (~ st e nt i8 re mf m t im n gin ;li r e ••

Il v» d u 1 ::> vi e 1) ' 1 '"1 mortr, "Et L e V oy n g e" s « t e rrni.n e e n e f fet

p Ar l ~ mort d'un homm e, c ell e d p R obi nson

E - L E RETOU H D E BA HDAI'J1U ou LA RÉSIG NATION ( 1)

L e voici , d e nouv e AU, n l A p lA c e C l i chy C' est d e

c p r e mier p or t q u ' i l s' est 1 3nc é d nns l e voy ~ ge R P C un

-tum p d ém esur é e Individu ell ement c r e t our m n r 0u e l'éch e c d e

B ArdAmu d ev Ant l R vi e e t hum Ain ement , il si gnifi e ~ u e vOY Ager

ou rumi n er sur plAc e, c'e st l A mêm e chos e e t q ue l e m A lh eur

n e c esse d e m en ac er n ot r e A v e n i r L ' exp ~ri enc p., c omm e un e

pi erre d e touch e, D ri gour eus ement confirm e l a vision A pO

-c aLy ptd ou o d e C élin e s ur 1 '" vi p C' est c e qui l e dés es pèr e

A pr os c r etou r, no us v oyons B Ard n mu, com plè~~meht

c alme tr "lgiqu e : " J e n ta vn i s po s d e p réte nti on moi , ni d' tion non p lus, ri en q u e s eu l em ent l ' û nvi e d e souffl er un peu

,'3mbi-et d e mi eux b ouff er u n p e u" (2)

III - V OV A R' P AU bout d e b nu it ,PP 23' I ·:": 4 98

Trang 24

'-:- '-'-J

• ~ ~ I _ _ .

~ ' M~ "'~40 ' -_ _ ,

e t l' nbs enc 8 d e direction ~u p oi nt d ~ vue n ct i on : :B nrd nmu

s e I niss e - e m n or t u r p nr l n vi e n V G c un e indiff ~rence ~ b s ol ue :

vi p ~u'il n' ::cc omplit plus nu' 1v ec b e ~ucoup d e pe i ne son de~

,

,

er-~ ,

,

sc en e pour ~ s s i st er A I R vi e e n sn ect ~t eur Il vit R U mond e

s~ns ch ercher n s e tromper p nr d es m ensong es e t d es

Trang 25

v ~yons t ouj ours B n rd n mu p n r n g ~ e nt r e l ~ d ~ sir d e v en g e 'l nc e

e t l e s e nti m e nt d e cu l p ab â Lâ t e , C e c i n ' e st p-i s e n c ont r -id i c

Trang 26

23

-s'engager Bveuglément d ~ns l e d~s ert d û l A vi e pour y ver tous une m ême mort n t r oce e t nbsurd e L'hOmM e y mourra

trou-de soif: soif d e bonheur, soif d'~miti~, d' ~mour e t d'~f­

fection Bar-d amu e st per-su ade qu e l e "lp.m (! sort lui s e r-s

réser-vé m Rlgré s n bonn e volonté, ses e f f or t s d ~ns cett e recherche

d e l ' nmiti 8 d es homm es Il lui s embl e qu'il ~ it droit ~ la vengeAnce puisqu'il a fAit tout son possible •

MAis, chez lui, C G desir d e v enge ~nc e n'est jam~is poussé bien loin et rest e souv ent i nt entionnel : "Daris ma retrAite, en tr nin de rech erch er un e punition pour l'ego1sme universel, j e m n br-an.l a i.s l'im'1gin ' ltion en v ~rit~, j' ~l1.'ds

L a recherch er jusqu ' 1U nG1nt l n r-uni.td on" (1) t'lêm e lorsque

ce désir de v engeance est manf.f'est.e , 1.1 m a Lv e Ll.Lanc e de d~mu rest e toujours bi en douce : il r efus e de p or t er secours aux Autres m nis il ne f Rit ri en d e positif pour ~ggrRver leur souffrAnce.

Br>r-Tout efois il f nut not er I R prés ence trop fréouente

de Robinson dRns cett e d euxième pArtie du romnn ~obinson

est le double d e Bar-darnu , c' est-~-dir ( ~ un Bnrdarnu qui ose aller JUSqU' RU bout de s a vengeance, même jusqu'; ln tentA-

tion du meurtre MAis vers lA fin du rom nn, il est fr nppé

d'une mort subite N'est-c e p as 1; l a r econn~issnnce im

pli-cit e de Célin e qu e toute vengeAnc e est inutile pour le lagement d e ses m,lheurs.

sou-Ainsi, même d ans ses mom ents d e violent dépit,

damu n'est jam Ais feru d'egéisme Il se sent toujours

COUpA-bl e du mo Lheur- d es nutres : " •.• j n n'nrrivAis jnmais ::l me sentir entièrement innocent des m aLheur-s qui Rrriv :::lient" (2).

Il eng Age son bonheur dAn s l e bonheur de l'humRnité

et enviSAg e son d estin comme solidnir e du destin d'nutrui L'irresponsnbilit é lui e s t rénibl e ; supporter De mêm e

que l'indifférence deVAnt le mnlheur d"utrui l e dégỏte, de même cette tendAnc e ~ persévér er d nns le m nlheur, d~ns

l'ignominie le d éses~ơre Tell e e s t l'nttitude morAl e de

Bar-demu devant 1( ; mond o ,

1 1) Vov~ge a u bout de lA nuit P 377

Trang 27

24

-,

accepte de tenir jusqu'au bout son rôle de victime tout en

Trang 28

A pr emière vue, Céline semble vouloir démentir

,

me s s age s au morid e" (2) Pourtant nl us i.e ur s faits nous

toujours conscience que la medecine "consiste ment ~ rendre la vie plus f acile et m oi ns douloureuse aUx

D'ailleurs comme Bardamu a dit dans IIVoyage au bout

Marc Hanrez, "Celine", p.277

Trang 29

i " 26

"Mort <) Cr edit" , 'Cl ec r i t e n q u elq u es m oi s , e nt r e l es <1 nnee s

1937 e t 19 3$, "B '1p.: ' 1t ell e s p our un m '1 SSA Cre " (! t "L' Ecol e d es

cnd a v r-e a '", C él in ~ v eut d e v a n ce r- l e s 8 V8 nep1.8n t s p olitiques

pour p re s e r ver l'Europ e du d es Astr e d e l A guerr e

D e p l us, '3 U cou rs d'un e nt r et i c m i W O C Rob ert Poul et ,

Ce l in e A dit : " En 1 930 - 1 940, j '~i jo u e en Fr nnc e 1 0 r ơle

d e l ' A v er tiss e ur su bt i l , q Uine v oi t p n s 1 0 d ~n~e r , mA i s q ui

l e s e nt, ; bon n e dist Ance, <1 VAnt t o ut l e mo nd e e t Qu i sign nl e:

" Arr êt e z t " ( l ) •

Donc, pou r lui , 1 '1 litt érRt ur e n' es t p R S u n j eu

d' esth et e 1 ' ecriv ain C eline n ' est pn s un pe i nt re SOCi Al Il

e s t e s s e nt i e l l e m e nt un p olémi s te , c ' est-n -dire un h omm e qu i

s' eng A g e d Rns 1 '1 lutt e p our p re ndr e 1 1 d éf ens e d e S A C A u s e

Et 1 , '1 c aus e q u'il d ~ fe nd e s t l 'hu m Anit é e l l e - même

Ne p ouva nt r e s t er ni i m p '1s s ibl (~ d e v a n t, l e s m AUX d e

l ' h uma rri t e n i Lnd if' f' o r- ent; d e va rrt 1 " co nditi on d e l'ho mme,

C eli n c ~ re nd a co eur d e d e no n cer t out c e q ui op~ r e s se l'ho

m-m e iVl ; ü s s n p ô e mi qu o e s t s urtout L yr-i q u e pa r- c o qu e S ,1 cons

-ci enc e d e 1 8 souf fr nnc e e t du m1 1 he ur e s t 1 f f e ct i v 8 e t non

li t t é r A i r e ou p ol i t i q u e

Pou r p lus d e p ré ci s i on , r e courons n s es p r opre s P A

-rol es : " Au co mm enc eme nt ~ tAi t l ' é motion Sous l E ! coup d'un e

,

em ot i on , l ' Ani m nl s e contr nct e, l ' homm e fR it d es v ers, ou d e

l A m us i q u e • •• J 'Ai voulu f ~ ire d e l n ~ r o se nui n R i s s e comm e

n Aỵt 1 1 m USiqu e, d e 1 8 pr os e qui e xpr im e c e ~u 'e xpr ime l A

musiqu e S nns pr ép ArAtion ni int erm édi A ir e" ( 2)

C eline e s t un pol emist e lyriqu e p~ r S R sourc e d'ins

d 'un "L an g a g e e n pris e dir ect e sur l e s sentim ents" (3)

E s t - i l p os s i bl e qu e Célin e soi t n n nt tout un po

lé nt st e p ol i t ique ? A s s ur-ene nt non L n p ol it i que l e d egỏt e.

Il se desin t er e ss e d e I R po l it i~u e e t ne nou r ri t R u c u n e

( 1) R Po).Ùet , " Ent f' n rn , :: H1: ~ C , L,F C~li ne, p 45 ( 2 )

Trang 30

27 ambition d e r6former ln sociét & D' Rill eurs, A ses y eux, Ip-s politici ens sont "d es a v c ugL e s v nnit eux qui m ar-ch erit R U bord d'un ::; b î me " (1).

-Il n' est p AS non plus un d éf ens eur d e l n mor nle.

r ~nni e d e l n civilis ntion e t mêm e l n tyr nn ni e qu e l'homm e,

p ar s n n Atur e, e x o r c R sur lui-mêm e.

,

Il v eut 3g i r o n conn niss Ance d e c ~us e, jug er S Ans pr ejug es.

P our critiqu er lA civiliS Ati on, B nrd nmu p A s s e S 1 vi e e n A mé

-qu e, p our d énonc er ln g u e r r e , il s' eng ag e d nns l ' Armée.

- L'ACCUS ATION DE LA GUER

pr és ent e : d o u a spe ct s n ett e m ent o n nos és Un "l s p e ct né gAtif

e t un n sp e ct positif Incont est Abl em ent C ~li n e r efus e 1 1

g u er-r e , l ,l A i s c o r efus n e s e mo ndf' e st o p as s eul em ent darrs I R

voyons B1rd nmu fuir I r:! ~ ue rre L e ~n s snf 0 d p l n d énonci n tion

l'nspect nég ntif 8 l ' ns nect positif d 1ns l n p olémi q ue de

Celine Nous consid p-rons qu e ln d enonci 1tion d es horr eurs

de lA gu err e ~ t d e s es cnus es dir ec~ es e t indir 8ct es

titu e l ' Rsp ect n n g ntif d e S R p ol e mi q ue p n r c e qu e l A gu erre

e s t un e r 6 nlit ~ viv nnt e e t non u n e nbstr nction Il e s t

v Din d e p r ote s te r co ntr e l n g ue r r e p n r l n pe nsé e , p Rr les

(1)- Robert Poul et, " Ent f nm A v e c L.F. C eline", p 9g

(2)- VoY , 1g e p u bout d e ln nuit, p 3 12

Trang 31

i nc e ndi es C e ci e x p l i que po ur quo i B n rd î mu d én o n c e e n pr e

T o ut ~ u tre e s t c et t e l ogi q u e d e s s en t i m ents q u ' o b s e r ve

p e inture r-i c h o e n d é t ni l s r é "list e s e t e n c o ul e u rs s ombr e s ,

qu i ill us t r e ~ m e r v e i l l e c e q u ' i l Appel le " l n f oli e du mA S

Trang 32

-m 'li s ni Bn r bag ny , ni Noir c eu r - su r- l 'l - Lys d ont il no us î ,.

p l r l e D e p l us , c ' es t u n e gu er r e q ui n ''] p n s d e d n t e El l e

pourr 'li t ê t r e l n g u e r r e d ' un e ~po qu e r ~ c e nt e, d e l A n6 tr e

o u d 'un e é p oq ue D v e nir , o u p o ur e m p l o y e r l ' e x pr p.ssi on d e

o mis No tons d ' R i l l e urs qu 'il s ' R g it 1 ; d 'un e g u e r r e qu i

Trang 33

h osti l it es e t d e 1 '1 c r- u o ut e hum -r i.n e: • insi l ' h o rr e ur d e 1 3

g ue r r e n e t i ent p ~ s un iqu ement d u nom b r e d es m o rts e t d es

s pe ctn cl e s s n n lan t s , E l l e s ': t r- ouv o su rt out d ms l e s "l t t i

-t ud e s d u s h o mm es , d ans l e ur s c om port e m e nt s , d -ins l eur f' a ç o n

d e s e t r nit e r mu t u e ll e m e nt : " L R to r t ur e du r ég i men t c onti

-( 1 )- V OJ a g e a u b o ut

" , p 39

Trang 34

31

-t L ent cỴ( ~ plus ignoble et de plus sordid e.

C~line rl fouill ~ d a ns c ett o b.l e s s ur- e €l 8 l'Am e D our

degỏter d efinitivement les homm os de l A guerre l voit que le ( _ d~mg8r qui me n n c o l'hum nnité e s t immin ent Il ne mo- dèr e p l us son 1 ~ng8ge S A voi x n ou s ~ t o urdit p 1rce Qu'elle

e s t l A so mme d e s voix o p pressé e s S A co1 8r e est d' un e

site demesur oe p arc e qu' elle est un ec h o d e l a col er e de

~

l'hum Anit e.

La g uer r e n' e st p AS un fl ~ ~u d e Di eu Ell e rel ève

s oulem ent du f ~ n1t i s me m eurtri e r d es h omme s Elle es t un

m alh eur qu e I lhomme inflig e À lui-mê m e.

IIp.- - L A _ déD ~~<j _? t ~ o d 8S C '1 us es d "~ 1'1 guerre

a - ;L es ~ ~lses Eo ch es

IJ- L A SA crAl isat i on de 1,fr: : :"1t.

Il est éviden t que l'hom m e su pno rt e m rll la gu erre,

c ar, l'instinct de conserv ~tion n' e st pA S f ncil e ; ~touffer.

C e p e ndn nt, s i tou t l e mond e 1 p e ur de l n mort et qu e tout le

m ond e A s pir e A U bo nheur, co mm on t p our ra i t - on e xpl i q uer le

epoque et d e qu elq~e pa ys qu'il s oi t , A toujours be soin de

l a f.i pour vivre : soit l n fai e n soi-m~me , soit l R foi en une CAuse e xt ~ ri e ure , s 0crée ou non Seul ement, r Ar es sont ceu x q ui p os s è d e nt une foi en eux-mêmes, A s s e z fort e ~our

pouvoir r esi s t er a ce jeu de myst ifiC Ation d e l A societe.

D' o rdin:üre, ils r- e cenn a ase nt S Ans l ' n v e uer- Que

-"

leur vi e est Lndd.gn o d'être vecu e A l or s il suffit qu e L a

société s e mette À ~ lev er l ' Amour de l ~ P ~trie 8 U niveAU d'un e mystique, ~0ur ~ @ uv o i r l e s m Rint enir docilement sous son joug, pour leur ins pirer l e d ésir d 8 s e s Acrifi 8r, d e

s e d év ouer ~ ux c nuses de la gu err e e t pour l eur f Rir e A c c ep ter s es contr Aint e s inhum Aine s co mme d es oblig ~tions mo- rales.

Trang 35

dit:" Lq r eligion drRpeautiqu e

c ~leste •• • tr (1).

Il e s t mAnif ost a qu e, pour s e don ner l'illusion ou'ils n'ont pA S v ~cu pour ri en, c os homm es f eront d e ln

P Atri e l eur s eul e e t v~rit~bl o r ~ison d'8tr o D ev enus Adept es

d e cette nouv elle r eligion ~tAtiqu e, ils considoreront le

A v eup,l éme nt tout c ~ qu'on l eur inculqu erA Ils f eront du

SA-crific n un crit ~ro d e l eurs ~cti ons C' est l~ lA source du

, plus gr And m Al d e l1hum ~nit e : lA g UA r rG

,

N e nous e t onnons donc r- ~ s d ~ voir ~u e c e mnl dont

s cuf'f'r-e not r- e 8 poque n e d.,t ( ~ p as d ''lujourd 'hui Il r emonte

~u plus loint Ain d es Rf, eS e t il y n d e gr And es chAnces qu'il

,

s e prolong erA ind efiniment dAns l' 0v enir.

v ent desarmes m s Lgr-e 1 (J f'or-c « d e L eur-s instincts de

conser-v a t i.on : " Ah t nos petits so Ldat s , rem ,'lrquez ~ l e , et dès les

premier es e p r-e uve s du feu, ont su s e liber er spont.anement

d e tous les sophismes et conce pts : '1 cc es s oi r e s , et p ar-t I lièrement des sophismes de , lA conserV Ation Ils sont , A l lA S d'instinct et d' emblee se fondr e Avec notre veritAble rAison

C es r emAr~ues du docteur B estomb os son t judici

eu-s es Il est vr Ai nue 1 "1 foi e n l A P ~tri 0 est une vérit é du

coeur " C nr e l l ~ ch erche

m , :~ mad s s eulement leur

hom-coeur et leurs -sehtinents En effet,

(1)- VOY Rg e A U bout de ln nuit, p.74

Trang 36

33

-si el1 8 s ' off re entièr eme nt A l' 8xAm en d e 18 r Aison, elle perdr a ~ co up sû r tout e SA fo r ce m ysti nuc, t out son ry o uv oi r

.-d e f asci na t i on e t p art ant son e ff i c~ ci te

La raison, p 8r s es froid es a nA l y s 8s fr eine

i n 6 vit abl e~c nt l' enthousi as m e I l V Aut m i eux donc

q ue c ett e foi ~c ha pP8 ~ la co mryr~hension Il v aut

m ieux q u 'e l le soit ma i rrt e nue ' ( m s le v ag ue , d ans

Ainsi l a f oi n 'a p as b p soin d'êt r e co mpr i s e.

Ell e a s eul ement b esoin d'êtr e c r ue Il s uffit, p o ur s'en rendre compt e, de remArqu er le ton d es discours

~

et haran gu es adress es A UX sold ats, a u p e upl e : "la

Franc e, m p.s am i s , vous a fn it co nfi Anc e, c' est une

f emm8, l a ry lus b e ll e des f 8mm e s 1 8 Fra nce ! • • Ell e compt e su r votr e h érọsme l a Fr an c e ! V icti me de la

p l us lÂche, d e la plus abomin able Agr ession Elle a

"

.-le droit d' exi ger de S8S fils d'être v engee ment l a Fr Ance(l).

nrofonde-C' es t su r C 8 t on p lein d 8 l yris m8 et d' eXAl

-tation qu e l e do cteur B estomb8s, le n ronA~andiste de

l a PAtri e ~A rl e ~ ses sold~ts blessés Et les hommes

a a pp r i s e F asci nes p ar l B p ui s s ~ n c e m ystinue de cette

(1) VOY Age a u bout d e l A nuit , p 90

Trang 37

but q ue c elui d e s ervir l eu r PAt ri e Ils s e croi ent

seul ement r es pons 8bles dev ant l a Na t i on , Dur e e nt i t é

'" ,

e n f ~ , it de r ~ ap: ~ s d e tout e

r espons abilit~ env ers l es

l e rè gn e du m épris.

2J/ - L A subl im<1tion d e s in sti nc ts m eu rtri ers.

'"

'"

ueu-lad e C'ét ait mê me r econnu, e n c ouraré SAns doute p ar

On n e l e s p uni t pas , c e s insti ncts, pa r ce qU'ils

fi~r, ·pqur , l ~ ~ cA!:lêes d~ ,la gu;rr~.

Trang 38

35

On invite donc les homm e a l'l r).v ~lü: c r à n cr uaut o

" e n he r éd eme

en t r- eve st t se-m t c ett e cr-uaut o/jiour- se di s ou t.e r- une n l o ce

d ans l e p û m '1r ( is d e ln ,glo i r e" c ( 0 u i f' a i t o ue C ~li ne par-Le

d o Ilh ~r@ï sme e n c e s term e s ~ " A h ! Il hp r ọsme m ut in , c' est

;'j dcf nillir j e vous l e dis l li (1 )

On ch erche l us s i 3 gl ori fier l e suicide d evenu

mAin-t en Ant du s n crifi c o Et l e s ~ c rifi c 8 d~ n s c e c ns-c i n'est

qu 'une fRçon d 1 qt t endre p nisib i em 8nt l~ mort.

S o s ncrifi er s ~gnifi e s o f Rir e tu er d 'un e f ~90n o u

grnnd e p ui s s1nce i ncAntRtoire ,

,

Trop lucid e pour ne nrys np er ~~ voi r l e c ~r~cterc

,gro-t esqu e d o l n g uerr a et t ro p co nsci o nt p our ne p 1S s Avoir qu e

l e meurtr e res t e t ou j our s inju s t ::' fülbl t ( ; Cl ue le cour-age de tuer l es hommes n e r e1 1vo G ue d e 2 ~ monst r-u c s i.t e , Bar-darnu

"Ser élis-j 8 donc l e seul Lâche Sur L a t err e? pens qi-je Et Rvec quel effroi , 1 P ordu p~ rmi d eu ~ m i ll ions d G fo us h~ -

roiques et d e ch s ỵ n e s et A r me s jusqu ' '1UX ch eveux ? " (4).

Il est le seul l~che p Arc e 0u 1 i l A s t l e s eul ~ re

-f us er de tuer les A utr es e t d e s e f ~ire tu er Ainsi sa

(1 ) Voy ng e A U b out d e ln nuit, p.

S4 55

19 19

Trang 39

36

-

p~rce qU'Avec B ardAmu nous pAssons du plAn de l a mor Ale

men-tAles.

respon-s~bilit~s Nous disons Que ce sont l~ des vAleurs

gue-

Vive La Fr- ance t En : w;:mt t (1) •

Trang 40

37

~ s sa s si ner pe r s onne , l es P ,cifiq ues p unn t s j q u ' on s' en

P our an ne xer d afinitivement s os c i t oye ns , l' ~t At f Ait

bi en p ~r" L e p ntriot ism e et son cor- o'l L af.r- e 1 :'1 ~loir e" (2)

qu e l es homm e s se l Aiss ent conduir e docil ement v ers

l'immen-se ~ bntt oi r d e ln gu err e.

de-"

qu e" d estin~es À provoquer ch ez l 'homm e un n ng ouemerrt tel

L ~ d éne rsonnRlis 1tion d e l'homm e e st tot Ale

L'hom-m e e n t~nt q ue pe r s onne hum aine doit c ~d er s n pl Ace a u

é-,

l'hom-m e n u li eu d' ncc éd er A U m onde d e 1 13 s r1i nt ct é, tomb e g U

con-tr Air e d Ans u n m onde p l us bAS q ue c el ui d es bêt es C ar que rest e-t-il ; l'ho mme qui A p e rd u s a pe r s onnA l i té , S A digni-

d estin unique ,irr c lmpl A9 ·qble L'homm e n' existe plus que PAr

r egArd ~bstr Ait g agne l es homm es, A l or s commencent les

Ngày đăng: 22/08/2023, 02:48

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