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Le thème de la fraternité dans les romans dandré malraux mémoire de des de philosophie occidentale

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THÔNG TIN TÀI LIỆU

Thông tin cơ bản

Tiêu đề Le thème de la fraternité dans les romans d'André Malraux
Tác giả André Malraux
Người hướng dẫn Prof. Fui-Bao
Trường học Université de Saigon
Chuyên ngành Littérature et Philosophie Occidentale
Thể loại Mémoire de Diplôme dÉtudes Supérieures de Littérature
Năm xuất bản 1972
Thành phố Saigon
Định dạng
Số trang 164
Dung lượng 6,18 MB

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Nội dung

I.a révolte de l ' homme contre le deatdnidans l'oeuvre de Malraux a pour cadre une avent ure sans finalité historique , puis la révolution, pufa ]a guerre.. Part out , au cour s de son

Trang 2

d a n s l es r om a n s d l A nd r é Malr aux

Trang 3

UNIVERSITÉ CE S A I G O N FACULTÉ CES L E T T R E S

~ _ .II

1 •..- .

&.,'tt-. (()N_.fi ' ~~o~

~ ~~ " ' , \ </,' - ' :: >.; :~/ )

Mémoire pour le Diplôme dEtudes Supérieures

SAIGON ,972

Trang 4

' â n ' 1 - '

Profes seur F.ui -Xu -Bao, qui ma initie a

la littératur e hé r o ~qu e d XXe siècle, etqui m'a cons eillé et guidé dans l'élabora-

t on de ce trava i l

Trang 5

I N T R O DU C T I O N

Les années d'euphorie qui ont su ivi la première guer re mond iale

ont favor i sé en Europe un e littératur e d'évas ion et d'int rospec t ion psy

-cho1ogi que Mai s les temps d' i llusion et d'opt imi sme devront êt re de'c our te duré e et bient ơt à l'eup ori e de l'apr ès-guer re succédera le c1i -

mat anxieux d'un nouvel avan t -guer re Des troubles ébran l ant le monde,

se succédan t à un rythme angois sant , l'acc es sio au pouvo i r du fas c i s me,

les agi tat ions communi s tes , sont les signes précurseurs de l'imminente

: :, " : '.:catas t rophe vers laqu elle progresse inéluc tablement le monde

Avec Monther lant et s ai nt-Ex~ péry , André Mal raux a pr- ơn é une

littératur e héroJ q ue et prêché la mora le de l 'ac tion à un moment ó le

monde se berçait encor e de l'illus ion d' une paix univer s ell e durable

Malraux a révé lé dans son oeuvr e l ' image d'un monde ó dominent la v

io-lenc e , la terreur , la torture ct la mor t Et, dix ans après ~p

ublica-tion de son premier roman, l'image angois s ante du monde des Conqué rant s

est devenu e réalité en Eur ope , qui, enfin, s'est réve illé e de ses rêv es

d'harmonie et de bonheur universels

" Les valeurs sentimenta les, a écrit An ré Mauroi s, ava i ent

régné en des époques de stabi lité et de ~ o i sir. Une Jeun esse élevée au

Trang 6

Parce q\:e M9.l raux a vécu ses livres averrt de les écrire, son témoignage

puissant pour les,gén érations qui ont grand,i dans"un monde à l'heure,de

' , '

la vio ~enc ~ et,de la torture,

Témoin ,passi 0ffi,lé de son siècle, Mal r aux a,été.pr és en-p P.'lrtout;

ó se Jouait, le ?,ort du monde , Il est ar r i vé ~ As i e au moment ó'c e

cont i nent se rév eillait de son somme i l millénair e pour s'engager dans;

antifaeoiste..La " - guerre d'Espagne -" : le trouva aux cơtés,des Républicains, (

battait avec l es résistants français pendant les heures.cpi t i ques.de la

Né.en.19011 i ~lr aux a.as s i s té , à la fin de la pre~ière guerre

mondiale, à l'effondrement des valeurs spirituelles et mor~l es ·de la

l'abolition d'une image traditionnelle de l'homme r.éconcilié av ec, . . .' l'uni~. ",vers, La foi religi eus e avai permis d'aSSigner à l'homme une. ,; place bien,,définie dans l'u.nivers, la foi en Ia science, 1'l, U progrès des conna i s sa nc eshumaines ava i t laissé es pérer _ le bonheur de l'.homme dans un monde

Trang 7

- 9

-violence'du totalitarisme, Malr aux découvre que le mon de n' est pas har

-moni e, 'b onh eur , œai s souffrance, torture, 'humi l iat io L'homme se trouv e

en présence d'un monde host:'.le, incompréhensible : "Privé des signes

rassurants q e l'h om e y avai "plant és, le mon e devi ent.Btranger, i l

ne.par -tdcLpe pas à la même ave.rtur-e rationn elle de l'homme, i l es t

a bs ur de " (1) " r

,Quinze an s ava nt 'L'.§jranF;er et Le fr the de Sisyphe, Malraux

a dénoncé l'a bsur dit é' d' un mo de qui n'est pas' à'l 'échel e humaine

L' h omme aspire : à la clar té et à la jus t ice , mais le monde irrati ànn el,

rég i par des forces aveug las, ne ré pond pas à ses aspi rat i ons VincentBerger; dans Les Noy ers de ~ ~ ltenburg, constat e qu'il'y'a "entr e chacun

de nous:et la 'v ie Ỵ1niverse:"l e une sorte de crevas se ", et il ajout e :

"Quand je dis qüe chaqu e homme res s ent ave forc e la présence du des t in,

j ' ent ends qu'il ress ent - ût ~ ~ esqu e tou j ours tra giquement , du moins àcertains:instants - i'Lndépendanoe du monde àsm égard " (2),'Camus di ra

plus tard: "ce qui es t absrr-da, c'es t la conf ronta t ion de cet irrationnel et de c désir épervlu ,e clar té dont l 'appel rés onn e au plus

-profond de l'homme" (3 )

',',; L'homme se trouve tr'.g i q uement seul.dans, e monde abs urd e o

:t ou:t est é:triJ.rigé;',.ó i l n'eü s";e 'aucun repère ~assuran't, aucune prés enc esecourable :L'an ois se est 'n,e de la 's6li t ude,dC l'i I11PCSS1bilitép5url' h omme

Trang 8

"d e donner' une signification humain e à l'incohérence de i 'univers.

L'homme se'trouve écrasé'sous le poids du destin C emot - c l é qui serencc:ritre souvent dans l'oeuvr e de Malraux, i l en a donné une défini-

tien dans Les Voix du Silenc e : le destin est fait "de tout ce qui

impose à l'homme la c onsc fen cede sa cond i t ion" (1) or la conditionhumaine se définit par la s ol1~;ude, l'ang oiss e, l'humiliation,'la' mort

Devant l'emprise du des t i n , Malra ux fonde la dignité de l'homme

dans la révolte 'I.a lutte contr e le destin constitué la préoccupation

constante des hér os de Mal raux Ce souci fondamental qui appar a î t à

Chaque instant dans' l'ens emble des écr i ts de Malraux,'fait aussi l'unité

de son oeuvre I.a révolte de l ' homme contre le deatdnidans l'oeuvre de

Malraux a pour cadre une avent ure sans finalité historique , puis la

révolution, pufa ]a guerre Part out , au cour s de son actton, l'homme

décoUvre 'la'fraternité : ce mot revient sans ces se sous la plume de

Malraux et rés onne dans 'son oeuvr e comme un refrain'aux ac c ent s tantôt

tragiques, tant~t triompha n ts.'

Si on exce pte ses éc r i t s de Jeun esse : Lunes en PaPi er (1921),

Royaume Farf elu (1928), histoires fantastiques et allég or i ques , et

I.a Tentation de l'OCëident (1926 ) , eSsai sur la crise de la culture

occi-dentale, poür étudier l'écrivain de l'acti on , des Conquérants aux Noyers

.,' d ~ l'i::dt enburg , 0l1'h e' peut manquer de remarquer que la fraternité occupeune·place sans cesse grandissante dans l'oeuvr e de Malraux : elle lie

des av en t ur ier s solitair es PUi3 s'élargit progressivement et unit des

.' ~ - ~ ,.'

1 Les 'Voix du Si lence , p.628

Trang 9

11

-combattants pour une même cause , pourvgagner- enf i n tout un peuple semblé sous la bannière de la révo l ut ion , Lorsqu' à la fin, Malraux setourne vers la création ar t i s t i que pour y tent er de trouver le salut

ras-de l'homme, le souci de la fraternité restera aus si préoccupant, Nesemble-t-i1 pas ét rang e de cons tater combien la fraternité a fortementimprégné les pensées de Malrau x pour influender Jusque ses écr i t s surl'art?

En fait, dél,l)l;;.ce thème de la··fraternfté se rejoignent tousles autres thèmes de l'oeuvre de Malraux : ceux de la solitude, de

l'angoisse, de la dignité, de la liberté, de la mor t " , Dans la fro~~~~ o.n de:l'homme et du destin, la fraternité es t aux côtés de

con-l'homme face·aux man i f es tat i ons du destin: la solitude, l'ahgoissë,

la souffrance, l'humiliation; la mort,~, De la révolte métaphysique

à la lutte révolutionnaire, l'homme de Malraux rencontre sans cess e lafraternité virile, Quel recours', quelle solutiop"'la 'ft'àternité pourra-t-elle appor t er à l'homme a ba nd onné dans un monde hO~ 'lf.~ ë-, _âJa conquête

Il nous semble qu'aborder une étude de l'oeuvre de Malrauxsous l'angle de la fraternit é per me t t ra i t une vue plus claire, pluscohérente d'une oeuvr e dont l'unité est parfois di f f i c i l e à saisir enraison du foisonnement de ses thèmes et de la richess e de ses idées,

Trang 10

-Ôr Nous dés i gnerons les romans de Mal ra ux par leurs initi a l esi

L3. pagi nat ion renvoi e, pour les t ois romans : Les Conquérants,

La Voie Royale : Gr a s s et ~ 1 3 0, C o l l ec ti o~ Le Livre· de Poche,

Le Temps du Mépris : "Romans" , Gallirrard, 1951,

Les V oi~ du Silenc : Gallimard, 1951,

Antirnémoires : Gal limard , 1967.

Trang 11

, "

de l'Occident une nouvelle imag e"' inqui: étant e d' un con t i ne nt qui ~t ,ses

; ' ' -" ' , ' ', ' : " '

premiers pas dans l ',ère révolutionnair e Témoin du ré veil d' un c.ontanent,

"

'

Trang 12

Sign i f i cat ion de l'a ction

J

' 1

l'univers.". par une, fu, -. ri eus e af f i rrna- J ti on de s. a ,pui s s.anc'e d'homme L'action

;" '::' ;.:: ~.: - ' ~ ~: ~ z ,

"ri (Garine) f,inissa :i.t par cons i dérer l'exer Ci c e de la puissance

L'acti on fond e la dign ité de l'homne et -JUSt-ifle -son e X'1s.t enc

Trang 13

15

-La révol ut io est considérée comme un champ d'avent ure , unmil ieu privilégié p ur l'exercic e 'de l'acti on, A cel e-ci , n'es t

attachée aucune finalité hist ~ique o sociale, Garine part ic ipe à la

f '""

tr ouve satisfaction dans l'exer c i ce de l'actio et ne dési re rien

d'autre ,. I l n'aime pas envisager les résultats de son a ti on " cel le-ci

ayant deja en soi sa valeur et se suff it a el le-mo e

"Mon a t ion me rend abou l Iqüe à l'égard de tout ce qui nies t

~ s el le à commencer par ses résultats Si je me suis lié si facilement

a la Ré volut i on, c'est que ses rés ultats sont lointains et toujours enchangement" (c,r43)"

tiens pour abs urde " , précise lac on i quement Gar ine (C,46),

Garine es t , il l' av ue lui même, un êt re a- social , pour qui lasociété es t irr é médiablemer abs urde ; il'est'inut i le de chercher à la

't~ansformer ~ Il par lait m,ême " ve u e i onie mépr isante des hommes (•••)

qui-i:Jré tenda ient,travailhœ an b nheur de l 'huma.nité" (c.43 )',

" , ' " ' : '1 1 se peut,que des.e.ventur iers ~e mêlent à une ré volution, non

"

parc e' qu'ils,veulent"défendre un cer tain idéal, mais pour satisfaire des'int~r'êts' personnels ,";teJ,~e la recherche de l a richesse o d 'pouvofr , Cen'est pas le 'c s de Garinc do~t la s eui ~ ' pr éo ccupition es t :l 'aff i r mat io

de sa puissanc e fac e à l'absur-de :

Trang 14

, " De la pui s sance, i l ne souhaitait ni argent,·n i éons i dé rat ion,

ni r-espec t, rien qu'el le-même" (C 43 ),

Devant l es forc es d u de s t in , on p eut o u bi en s e s oumettr e e t

renonce/ à;'~a dignité'd'h omme , ou bien se ré volter , et pour cela , " e

lier à ' u~ ~ grande ac t i on quelc onque et ne pas la lâc h er, en êt re hanté,

.

en ê tr e" int~iqué , " (C.50), La révolut i on , c' es t cette "grand e ac t i on

quelconqu e" , dans laqu elle Gari ne s'est la nc é éperdfunent sans,~ . pourtantl ,. •

cr oi re en l'avenir de la lutte , Ce qui es t plu ~ grave, Gar i ne

n'aime pas les hommes, c ux- là ~ êm es pour qui il' comba t :

" Je n'aime pas les hommes Je n'aime pas même les pauvres

gens, le peuple, ceux en somme pour qui Je vai s combat t re , " (C.51)

Ii avoue toutefois pré férer les pauvres gens aux aut res ,

"mai s unique ment par ce qu1ils sont les vaincus" Et il expl i que :

"OUi, il s ont, dans l'ens embl e, pl us de coeur, plus d' humani t é

que les aut res : ver tus e vai nc us , •• Ce qui es t bien certain, c'est que

je n' ai qù'un dég oGt hai neux pour la bourgeoisie don t je sors, Mais

quant.aux aut res, je sais si bien qu tils deviendra ient ab jec t s , dè s qu e

nous aur i ons -triomphé ensemble , Nous avons en commun notre lutte, etc'est bien pâ.us cla i r , , " (C,51).·

Frat ernité des êt res écrasés

Ains i entre les révo l ut ionnai reÇch i no is'qui prenn ent les arme s, R~ l'inst auration d·lune société nouvell e, et Garine qui ne' croit - ~ ~

en l'avenir.de ~ette lutte, qui y partici pe uniquement pour répond~ e à;"

u ~ e exi gence pers onnelle,'peut-il exi s ter un lien quelconqu e;? Il es tindéniable:qu' au'départ, Qa:rinë n'a.eu auc une des préoc~tip8.ti~~ des'"

révolutionnair es chinois, Pỏrtan t , il n'est pas :uri av~nturier nihÙiste

et f'a r ouehemerrt individualiste ; Bient ơt 'ent re lui' et ses compagnons :

d armes , un, sentiment de solidarité, de frater n i té ne tarde Pas à naft re

Trang 15

17

-.au bours:d' une lutte commune ;Du rest e, Malraux s'est défendu d'avoirtracé en 'Qar i ne le portrai d' un ave n t ur ier pur eme~t di let tant e L'écrjvain a tenu'à préciser, dana un ar t i c le en 1929, une année, apr ès la paru,t i on d es Conquérants : "1 ~ : s e ntiment essent 'Ïel de garine es·t ,la frater-

nité d'armes Il nlest ~ s p o s~ibl e :qu ' un homme qui mène Pendant quatrE

à leur sort" (1)

La fraternité qui lie Garine à seS compagnons d'armes , plique par un combat côte à,cô te, une ave n t ure vécue en commun et aussipar une identité de situa tia1 d'êtres écra s és qui partent à , a conquête

s'ex-de leur dignité 'd ' h omme ~ es révolutionnaires chinois prennent les ar me

.contr- e l'oppression, la m:',sère"l'humiliation Hong, qui a vécu et

grandi dans la mf s è r- s de son peu le, a constaté : "Un.pauvre ne peut pa

s'èstimer" ;L'unique aouc; de ces êtres misérables es t de trouver une

: J : , ' ", , ~

maigre'nOu~riture,~~otidien~e pou~ assure~ leur subsistance Physiqueme

et moralement épuisés, ilG ne aav ent pl\i~ éprouver,ni haine, ni sentime

de dignité.,Rol1g et ses l:C:'1par;nons, an imés d'un e haine farouche, errt.rcp

nent la l ut te.contre cette mis ère, dans laquelle Hong voit "une sorte d

démon doucereux, sans ces se occu pé à prouv er à l'homme sa bassesse, salâcheté, sa faiblesse, son ap~itude à s'avilir" (c.I04).Conquérir la

dignité humaine, donner ur sens a la vi e , tels sont aussi les buts de

~Garine

,: " :' l ~ "ra question des:Cor:c;uérants"; in Variétés, 15 Oct 1929,.P 435

c'es't nous qui souli[nons'.'" " '

Trang 16

tutte c'ontre 'la mi sère ch ez Hong , lutte cont re''1 ' absurdité de

'socih 'é (L}, Cette société; pour Hong, es t celle des puissants et ·des

·r-i ches.,qu-4'l hait à·cause du "respect qu'ils 'o t d'eux - m'êmes " (C,I04),

rev olver, pour c sscr ce" , je ne sais pas di re, ce••• sour i re, quoi

L'aspect de t outes ces g eu les de gens qui n'ont ja mais été sans

bouffer ~" (C.39 )

' La hai ne de a société chez Gar i ne est enc ore plus profonde,

Si les rév~lutiannaires chin ois at endent l'avènement diüne ~ouvelle '.soc iété;'Garine ne partage pas cet 'espoi r Il'ne croi t pas que'la

soc iété pu i s se @tre transformée, amél ioré , m@me par l' a ~tl on ré v

"Abs urde Je ne veux nullement dire ~ d r';' is; n bl~ Qu 'o '

la transforme, cette société, ne m' in téres se.pas, Ce n'est pas l 'abspnc e

de"just i ce en elie qui m'attei n t , mai s quelque chose de plus 'pr-o onc,

l impo~sibilit é de donner a une for me social e, q el le qu el le soit ,

'Une compl i c i té d'h ommes opprimés rappr oche Gari né de ses

c orripagn ci-is d'armes A défaut d'espoi r , 'ils o t en cormnun leur lutte,

d'ó'le:bes'oi n d'une vic t oire commune Coume l 'a voue aari ne ":

"Ce"qui me l e au Knomi ntang,•• c'est l'habi'tuct e, mais' c'estsurt out le besoin d' une v.ictoire commune ," (C, 82)

Il es t d nc inexact de dire que Garine se dés intéress e t otale

-ment d sort de la rév olut i on Cel l e-ci représente pour lui l ' un i que

,.

' 1 "Garlnè'''et" les horrmes-qui·combattent' avec lui ont , ~' défaut, d1a~tr(:

ch ose, les mêmes hai nes" ("André -iVal rauX nous par le de so oeuvre",

in Monde, I8 Octobre I9;û),

Trang 17

- I 9

liée à'la Révol u t lo , qu' èIi è përdra'sa val eur s1 nous 's'orrrnes bat t us,

qu' el~e r.ede v 1end ra une loqu e•••" (C;82)•

affront er le desti n, Gar i ne s'est :at~ché jusqu' à la der n ière mi nui;e à

a ~s~er la v ic t oire de la lutte C' est ains i qu'à la vei l le même de son

dé part ~ au moment O~ ~l s' app ~ ête à qui tter défin 1tiveme~t la révo l ut ion ,

il suffit qu'un nouveau danger.sur-vâ nne pour.qu1 i l r-e pr- enne a lutte

llintent t on d'empoi sonner u pu its uti lisé par les tr oupes de,l 'armé erouge, oarine se r-en d préq ipitamment à la Sûreté pour c ommencer.itmnédâ a t.e-

une tentative infructueuse , Y/ i nt er rogatoire mené par Gar 1ne 'a permi s de

é carté ~ ' Ga~ine se séparera défi n itivement de l'ac ti on

' : 'j , ' " n suf fit dl une gaf.fe de la sûr-et é, remarque- t - ll.:,Pour me

pourtant, en c moment , i l me semble que'je s uis déjà par t i",( C I60)

Enfin,l orsqu ' _, ~ la-fin du roman, narine, en s 'apprêtant à

:qU :L~1;~r :la Ch ine , ent end l'é ch~ d pas mar telé " ;~ €s tr ou~s r é ~'()i~": ,; ',;

; r :

"une exalta t ion con fu se pénè tre en lui avec c lointain

Trang 18

" ,' :

Fraternité et présence du destin

a tenu à souligner l'auteur des Conquérants(l) Cet aventurier, accusésouvent de nihilisme et d'i!ldiviàual1sme, éprouve donc intensément cesentimen~virilqu'est la fraternité d'armes Au cours de la longuelutte commune, une fraternité est née et a grandi entre aarine et sescompagnons d'armes, en particulier entre aarine et le'régolutionnaire

allemand Klein, enfin entre aarine et le narrateur des Conquérants

"J'ai eu pour lui une amitié d'homme••• ", a confié Garine,parlant de Klein Celui-ci a été capturé, en même temps que,trois

Chinois, par les terroristes qui'ex i gent la libération de 'l eur chef,

que,r endent Garine et le narrateur aux corps massacrés de 'Kl ei n et destrois Chinois est la première confrontation de l 'homme avec là-mor tdans l'oeuvre romanesque d'André Malraux

Devant la mort, en présence ,du destin, la fraternité unitles hommes, comme devant un puissant ennemi commun, car la mort est

la consécration,de la victoire du destin Face aux compagnons morts,

un malaise poignant saisit les vivants :

( ••• hJ'ai d'abord été saisi et presque étourdi: ces corps dr~its ont

quelque chose, non de fantastique, mais de surréel, àanscette lumière

Trang 19

Dans la voi t ur e qui l, , e ramèn e , Garine, a. ba t t u par le choc

coudes sur lès genoux , semblant plus malade et plus fatigué Que Jamais.Ces instants ont acc ent ué sur son visag e les marqu es de l~ vie illesse

' : "' , :; :.

"et :dela:maladie~ Quat~,e ride s, "tirant sous ses tr'~its'c onme la'mor-t.,

" , i

momentanée du destin La hant i se de la mort, él émen t du destin,

nuera a marquer les romans a venir de l auteur des Conquérants Fac e a

la mort, la fraternité impuissante ne peut délivrer l'hOmme de l'angoissequi l'étreint

L'action a ét é choisie pour af f i rmer la pu i s sance.de l'homme

révolté qui,refus e de se soumettre aux 'i or ces avéu lès,dU '~ estin. Tant

Trang 20

c'est ai ns i que, malade, Garin e es t ra mené de f orc e, dans ses

acc ès de :flè~e,' au souvenir de son procès de Genè ve, procès qui a 'r évé l é

à se~ yeuX'toute la van i té d monde et l'absurdité de l'ordre social

'i l es t f ~~~é d cesse; la lutte :

:11 c'es t ét ;ange, la' force des souv enirs, quand on es t malad e

(C.114) •

de lui le narrateur , venu lui rendr e vi site à l'h ôpital :'

_" Veux-tu que je te laiss e ?

" , - tron, au cont raire Je ne désire pas rest er.seul,'Je n' a ime

plus pens er a moi, et, quand je suis malade, j'y pense toujours ( )

for teme nt - le sentiment de la vanité de toute vie, d' une hUll'l9.n i té

menée par les ,f orc es a bsurdes Mai nt ~ nant ça.r-evient,••• C'es t idiot ,

la mal ad ie " , Et pour tant , il me semble que je lutte contre l'absurde

humadn, en faisant,ce que; e fai s ici L'absurde.retr ouve ses

La mâ i ad i~ obligera à :la fi n Garlne à quitt er les lie~ :de la

Trang 21

: , ...~ '

23

-" Nous nous tai sons'tous deux Je voudrais souda in d1rë"qu

el-que chose qui,nous rapproche ; j'ai peur, comme un enfant d'un pr

es-sentiment, dé"voiY"'Ùnir'ainsi cette amit ié, de quitter ai ns i cet

homme,que J'ai atmé, que.J ' ~i m e en core , malgré c qu'il dit, malgré'

ce qu ' i l pense', et qui va 'mour i r ••• " (C.I52) •

Cette fr~ternité' int ens e que partagent le narrateur etGarine·rii ;i·eu'·l>ourtan· guère d'occas i ons pour se manif es ter tout aulong d ' cett ~ avent ure t ~ ~itu~~~e qu'ils ont vécue ense mble 01

surprend quelques fois chez Garine, comme au moment de la s~Par ation

" ~este f~at~rri:el qui tr<ihit l'intensité de son sentiment: llpose samain sur le bras de son compagnon et parle "av ec une lenteur ami cal e " •

.c· L LL~~ ~• ' " ' ~ ' k l ~ " ' que 'Gar ine pas s e"s es':-derni ers"'moment s sur la terre

ëhlnoise1les échos tumultueux de la marche triomphante de l'armée

~ ~v~lutionnaire a.ui: Pa rvi e ~ent Le narrateur croi t discerner de la

joie dans':'lia'-regard de Garine, une joie venue se mêler à la tristesse

qu,impose"cë gra ve' moment de la fin'd'une avent ure Et c'est dans uneatmOsphère iour ~e de fraternité que se :ter mine la'première oeuvre

romanesque d'André Mal raux :

" Lentement, mordant sa lèvre inférieure, i l sort de'l'é

-charpe son bras blessé, et le lève Nous nous ét re ignons Une

tris t es s e inconnue naît en moi, profonde, désespéré e, appel é e par tout

ce.qu'il'ya là de vain, par la mort présente•••.Lorsque la lumière,

yeux la joie que j'ai cru voir ; mais il n'y a rien de semblable,

rien qu'Une dure et pourtant fraternelle graVité" (C.I62)

Trang 22

Garine et Borodine

Deux figures sont opposé es dans Les conquérants : d'un côté

et de l'autre, le "révolutionnai re profes sionnel" Bor odine, "c ommunis te

en comparant Gar ine et Borodine, indique clai rement sa préférence :

n'es t pas c l ui d chef ré volut ionnaire c'est simple ment le plan h

u-main Bor odi ne est pres que mécanisé, chez Garine reste u plan très im

-p o r~nt : les sent ments fon amentaux q i font à mes yeux la grandeur

de l'homme, en par t iculier la c maraderie des armes et l'a mitié virile

D'aut e par t , Garine représ ente à un haut degré le sens tragiqu e de la

Si Malraux a été at t i ré par le commun isme'en raiso de l'e

f-ficacité de ses techniques rév l ut ionnaires et son apt i tu e à rass embler

les masses populai res, i n'a jamais caché sa rréfiance à l'égard d

commun isme qui modèle des hommes "mécanisés", en se rappel le le juge ment

de Borodi ne à l'égard de Garine : "Humain, trop hurrain;" G ar- L e , dont

1 "Andr é Mal raux nous parle de son oeuvre", in Monde, l8 oct 1930

c'es t nous qu i soulignons

Trang 23

- 2 5

respect de la val eur humaine qu'ign or e le commun is te or t h odoxe

'~

lui reproche "de n'a voir 'pas de pers pectiv~, d' ign orer oÙ il va, de

ne remporter q e des vi ctoi res de hasar d"

L'individualisme de Garine l'empêche d'admet t re la discipline

du par t i corrmun iste Ni colaleff remarque qu ' "il n'y a pas de plac e

! ;

exi s ter sé paré des a ut res " Tout cont r i bue donc Et rendre suspecte la

par t i c ipat ion de Garin e à i ~ r évo i~ti on aux ~ơ tés des c orrm unist e~ ; Sn '

présenc e es t toléré e tant qu ' i l reste indispensa ble à i'action

ré~olu-"

tionna i re mai s Borodine n'hési tera pas à le remplac er "par quel qu ' un de

Echec de l 'avent urier- révolutionnaire - L' i mpuissa nt ~ f atern ité

- ,

Trang 24

des troupes rév oluti onn ~ir G s Son a t on vigoureuse et ef i cace a

l' a bsurd ~ , à la solitude , mai s dès qu'el le cesse, les forces du destin

.

Trang 25

27

a été motivé e par les souf f r&nces indicibles du peuple chinois, l'état

de déchéanc e à laqu elle il a été réduit La victoire de la rév olution

célèbre dans une gaieté tUIJultueuse, Mais l'enthousias me du peuple

foule, ress ent toute l 'immensité de sa solitude tragique, Le narrateur

des Conquérants constat e tris tement

L'aventurier a voul u s'engager dans une a tion col lect i ve

mené à une victoir e de la ~ é vo luti o n , el le n'a pa s about i à une

er-révoluti onnaire des conquéra::t s cèdera la pla e à l'a venturier à

Trang 27

Chapitre 2

Dans l'oeuvre r omanesque d'André Mal raux , La Voie Royale

es t un livre souvent mis ent re parenthèses, En ef fe t , si Les conqu ~~

~, puis La Condition Humaine et ,L',ESPoi r ont pour toile de fond la

révolution, qu'elle ai t eu lieu en Chine o en Espagne, La Voie

bodgiennes,

Il faut ra ppeler que Mal raux a vécu l'ex pédition cambo

d-gienne, qui remontee~ 1 92 3 , avan t l'expéri ence révoluti~nna1re ~hi,noise, Mal raux' B.'consac;é so premier roman, LesConqué;ants, aux évé-

-nements r évolut~onnai r é s chi noi s de 1926 L'épopée chinoise sera r ep~is e

et la rùpture ent re Chang-Ka!-Shek et les communi s tes Pourquoi , après

Les Conquérants, l'écrivain a-t - i l senti le besoin de revenir à une

expér ienc e ant ér ieure'pour écr i re La Voie Royale , qui:Jet te une note

discordant e dans'une oeu re dont les plus belles pages"son't des hymnes

à la r év 6l ~tio ;; :,:? : ' n a mb.Le si ngulier:qu'André lI'Jâl raux , écr i va i n de la

rév oluti on,' ai t cherché sa mat i ère dans une avent ure solitair e et

Trang 28

; ,

Voie Royale"c onst itue unc'-'tentaHve de 'trbuver ,:'lé salut',:de:l'horrime dans

.certitude, sans la hant i se de la vanité du monde" (C.152 )•

ébaUch é e avant Les Conquérant s mais rédigée après eux (André

D autre part, consul te a c sujet , Mal raux a af irmé dans

3 Souligné dans le tex te

Trang 29

- 31

exa l tant Aus s i Perken a- t - il connu cette "exaltat i on qui sor t de l'a

b-sur di té de la vie , lor squ' on est en face d'el le comme d' une femme désha

-bi l lée Nue, tout à coup•••" (V.R.1 09) Comme dans le premier roman de

Mal raux, l'action restz le rec ours su pr~m e contre l ' empris e d dest in

sa pui s sance, une ac t ion qui sur v i vra apres sa mor t , ~ui resistera a

or , si Qar i ne s'ass ocie à une révolution , inscrit sa révo l te

métaphys i que dans le ca dre d' une action col lec t i ve, les hér os de La Voie

Royale aff rontent le dest i n dans une ave nture qu'ils ~réent eux-mgmes

jungle inextrica ble , ~' h ostilité des Mo~s , cons t i t uent des obstacles qui

se dressent contre la volonté de l 'h omme et qui tendent à le forcer à

Trang 30

l'abandon, à le rédui re à la dé héance I.e hér os, peur prouver sa p.lis

l'in-connu"

Trang 31

- 33

-et organ i sé une sorte d'empi re à lui dans la jungle Rev enant en Ind

o-chine après un séjour en EUrope, il a l'intention de rechercher un cer ta:

dans des circonstances obs cures

qui ress entent tragiquement le poids de la conditi on huma i ne se sentent

liés dès leur première rencontre

premier lieu par l'a dmir ati on C1auàe éta i t fasciné par la légende quientourait la vie mystérieuse et mouvementée de per ken , Il lui ar r i vait

d'apprendre que Perken ava i t ef fe ct ué des missions confié es par le

gouver ne ment du Siam aupr ès des tribus insoumises, or ga ni sé des t

de ses prédéc esseurs ava ient été tués Clau de se sentait at t i ré par cethomme "indifférent au plai s i r de jouer sa biographie, détaché du besoin

d'admi rer ses act es " (car pour Per ken , il importait de vaincre et non

de "bien jouer le rôle") Il admi r a i t l'ex péri enc e de Perken et re

vécues de son interlocuteur que des conna i s sance s acqui ses par une

lecture as sez étendue, c'est-à- dire "opposer des livres à des actes " ,

grand - père cet homme à la forte volonté, fier de ses ancêt res

•••

Trang 32

Il °k o "

dég ỏt de l'argent et qui fi nit par trouver une mor t de vieux V ~ ~ n ,

a lai s sé en lui une profonde impression Perken, à ses yeux, est de c s

rares êt res qui puis sent être apparentés à so grand-père :

"Perken était de la famille de s seuls hommes auxque ls son

grand-père - qui l'avait élevé - se sentit lié"( V, R.I6),

vieil homme : "même hostil i té à l'égard des valeurs établ ies , même

ma co sc ience d'homme : que Je vieilliss e, que cet te ch ose at roce :

le temps , se déve loppe en moi comme un cancer , ir révocableme nt •••"

p usse Perken à vouloir "lais ser une cicat r ice sur la terre , "f ai re un

royaume" Cette at tit ude est aus s i cel le de Claude, qui cherche dans

vie de pouss ière des hommes qu'il voyait chaque Joor"

Ces h mmes torturés par une conscienc e si t agi que de la

incohérent et host i le D'O c besoin de t ouver des compagnons qui

res sentent le même p ids d dest in et qui pourrai ent aider à surmo ter

Trang 33

- 3

" , Il finit par trouver en per ken l'image de lui-même La déco

Voie Royale Claud e , apr ès quel ques renc ontres avec Perken sur le batea u

qui les ~ène en Extrê me-orient, déc ouvre tout à 'co p c qui le l e à cet

dans La Voie Royale La préoccupat io cons tante de Clau e comm e de

Perken es t de ne pas mourir dans la déc héanc e, car la mort dans la

consacr e la victoir e de l'h omme"sur le dest i n es t u e mor t appelée,

,marche de Perken ver s les Mọ s , As iégé par les indigènes dans une cas e,

au lieu di.attendr e passivement la torture et u e mor t subie, Perken

par les Mols, image fr appant e,de la d&chéance, Perk en ref~se l 'attente

Trang 34

impuissante et passive, rej ette le domaine de ce qui es t subi pour

impos er celui de sa volonté lucide et ent reprend sa mar che vers les

Mols , "pour qu'un horrrne , enf i n, puisse cra cher à la face de la torture,

Le sentiment de lutt8 contre la déchéance gagne t out son être,

singuli er

"ri éprouva i t si furieus ement l'exal tation de'jouer plus que

libérati on de l'état humai n , qu'il sentit lutter cont re une folie

dress ent con t re sa vol onté Pl us ieur s foi s , il est jeté à t erre, "vaincu

l'homme" La chair ici se fai t compl i ce d des t i n pour br i ser la volonté

de l'h omme, le ré duir e à la soum i s s ion, à la déchéance Pour-l'homme

1 ; ,

soucL eux d'affir mer la dign i té humaine , la déchéance r eprés ente "le pire

l'attitud e dU,hé r os révolté qui veut nier tout ce qui es t fai b leSse ,

v

so umi~ s ion, pour fair e triompher la puissance de la volonté humaine

La lutte co ntr ~ la déchéance consi s te en fai t à nier c qui

es t subi par l'h om me et imposer ce qui est v u l u Le ges t e de Grab ot qui

Trang 35

37

.

'rab ot offre un exemple déchi rant de la déchéance humai ne

+

pour supprimer c vi sag e, pour chaseen "cct t.e preuve de sa condi tiond'homme", .

Trang 36

déc idée • "c'est quan d on déchoit qu1 i l faut se tuer", (V.R.98) di ra

sa mort" Perkeri pense m ê me q i e "fai re sa mor t sembl e beaucoup plus

Trang 37

- 39

-les mêmes dang ers , p ur tant aucune al l us ion à la f aternité n'a été

·r·

destin occ upant tout ent ier l ' es pri t des aven t ur iers, ne laissaient

A la fin de l'a ventwe , Perken, ra~ené dans un.villa g e sia mois ,

impuis sant , à l'infection ra pIde de sa bles sure et à l 'a yanc e impl

dé sespérés, se trouve da nG l'impossibilité de commun ier ave c son c

"I l Y ava i t en ce re gar d u e compl ic ité in tense o se heurtait

êtres devantla chair condum ée ( •• ) Ils se regar daient , soumis à ce

~ ~ lg é la gravi té de sa blessure, Perk en ne pouva i t se rési gner

effort , il décida de r-epr-e ndr'r l 'a t io pour défen dre l 'empire qu 'lI

Trang 38

Claude, se r-endrr t bien compte de la fraternité qui le liait

,

prométhéen, il a~ fronta lE à : ,ti ~ , la mor t vi ol ent ~ à c e moment fulgurant

Trang 39

- l ~ L

-qui fut une longue quête de La dignité humai ne Au lieu de cette mort

gangrène qui se développe ler.tement et qui gagne tout son être Aya nt

cons c i ence de la dêch~ance qli le mena e ,·Perken fait appel aux

fin, avec une,"s ensat io démcrrc d' emp igner la mor t , de la comba t t recomme un an frra l '", Se r-et'us ant à l ' im obilité, i l déploie toute l'éne r gie

dont es t ca pable son cor-ps uans une act io auss i impétueuse que

cet te affirmati on 'de sa cé réanco, De n;ouveau, combat tre" (v.R.r63).

Mais ses ef for ts ne seront bientôt qu 'une agi tat ion vaine :

la dislocation de so oeu re est imminente et t oute sa vie ne sera i t

qu lune "atte nte vaine" Sa vLe es t deven ue irrémédiabl ement abs ur de

mor t at te i nt des dimensio s t agiques , el le entraîne la hai n e des c

on-solat ions religieus es, puisqu ' " uc une pensé di v ine, auc une réc ompens efuture, rien ne peut justi:"i€<' la fin d' une existence humai ne

Claud e tente déoe s•,. rérément de rejoindre son ami dans une

,

commun ion dev enue impossible :

"Exprimer par les ::- i ns·et les yeux, sillon par les parol es,

cet te fra ter n i té déses pér5e qu i le jetait hors de lui-même ~ Il

l'étreignit aux épau les" : V n I 8 )

• ••

Trang 40

Perken meurt sans pouvoi r écha pper à la solitude or i g i nel le

d e.l'hom~ , e : A ses yeux, Claude n'es t pl us qu'un témoin, "étranger canme

un êtr e d'un'·autr e monde" L'homme es t seul devant la mort L'action,

en s'oppos ant au des t in, a per mis de surmonter momentané ment l'angoisse

de l'existence, mai s devan t la mort , 'l 'homme retrouve lé' 's ol i t ude et lavanité de l a ~i e La fraternité à laquelle l'homme ten~ e de recourirpour renv et;s er.:lesmurs 'de.la solitude -ne peut êt re opposé e ave c"succès

au destin La commun ion frater ne l le reste impossible

,La fraternité des avent ur ier s prend un.accent tra gique Com me

"

même, c'est de ne pouvoir échapper au néant et à l'absurd e que parl'exas pération de leur solit ude Durement, impitoya blement les isole

leur violente af f irmatio de soi " (1)

L'homm e peut- il trouver u e sol ut io à ses tourments phys i ques, apai ser sès angoi ss es d'êt re homme dans un monde abs ur de par

méta-une act ion véhémente qui n'a d'aut re but que l'af firmati on de la

puis-san c é de l'homme'fac e aux forces aveugles du dest i n ? Les rév oltes denarine , de Perken, de Claude mont rent que l' homme ne peut êt re délivrépar cet héroi sme grat ui t et solitair e L'exercic e de l'a cti on permet ~

l 'homme de tenir tête au dest in mai s son désar roi ne peut êt re surmontédéfinitiv ement et quan d l 'act ion s'estompe ; l'homme voi t s'imposer denouveau les images_du.des t i n que la f atern i té, impuis sante , ne peut

' " ' ;

effacer

1. Gastan Picon, f,n ré j;ulr aux, p.3 4

Ngày đăng: 01/07/2023, 11:32

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